1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1r quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! Tout redev
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
2rent de jeunes et purs courages, donnez-moi votre silence jusqu’à l’heure. Que je taise votre mot de ralliement, paradis à l’om
3 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
3 en nous de comprendre ce lamento. Le ciel est un silence qui s’impose à nos pensées. Ici la vie n’a presque plus de sens, comm
4arle jamais. Nous fûmes si près de choir dans ton silence. Nature ! qui nous enivrait, promettant à nos sens, fatigués de l’esp
4 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
5aérodrome-gare circulaire, prismes perdus dans le silence de l’azur au-dessus des rumeurs de la ville. Puis s’étendent les quar
5 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
6enfin Orpha, sa maîtresse, le fuit, parce que son silence devient insupportable : « Orpha ne comprenait pas comment on pouvait
6 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
7ur d’un feu et le contemplent un certain temps en silence. « Well ! » dit enfin Dardel. Les autres n’en pensent pas moins. Quel
7 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
8s pour faire taire en nous l’appel vertigineux du Silence. On nous montre des Dieux, mais c’est pour détourner nos regards de c
8 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
9ds échappés tombaient, les ailes coupées. Puis le silence se reprit à ses songes désolés. Autre suicide ou la promenade en b
9 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
10mie quand il voulut m’adresser la parole après un silence vertigineux. Il vit mon sourire et pleura. Alors une rage s’empara de
10 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
11ntre gens du métier l’on a convenu de passer sous silence. C’est assez drôle de voir le malaise des chers confrères. Ils ne par
11 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
12ais qu’on nous laisse chercher plus loin, dans ce silence où l’on accède à des objets qui enfin valent le respect.
12 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
13n de savoir s’ils vont se taire ou non. Mais leur silence ne doit pas entraîner, à leur point de vue, celui d’autrui sur eux-mê
13 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
14s l’Ennemi des Lois — son expression amoureuse du silence et cet ensemble idéal d’étudiant assidu aux sociétés de musique… » Ba
14 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
15petit livre de poèmes est comme une initiation au silence. Il faut s’en approcher avec une douceur patiente, et le laisser crée
16douceur patiente, et le laisser créer en nous son silence particulier avant d’entendre les signes qu’il nous propose. Une telle
17e l’âme quitte, redevient minéral, statue dans le silence « aux yeux gelés de rêverie », il se confond avec l’ombre du monde. E
18 Mais le plus émouvant, c’est ici l’approche d’un silence partout pressenti, qui s’impose, qui apaise le vain débat de notre es
15 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
19ce L’étoile qui l’accueille au sommet ravi d’un silence c’est le miroir d’une absence mais le signe de sa grâce Dans l’or v
16 1930, Articles divers (1924–1930). Le prisonnier de la nuit (avril 1930)
20ard le plus pur je suis à toi dans le triomphe du silence sereine tu es toujours plus sereine infiniment nue dans la douceur du
17 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
21u tragiques que possible. « Il n’y a en eux aucun silence, aucune interrogation, aucune volonté supérieure de domination et de
18 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
22iateur d’une miraculeuse et royale Venue. Dans le silence de l’adoration comblée, j’en sortirais de ces objets sans nom, inutil
23 banquette, quelques bougres isolés produisent en silence cette fumée, les yeux à terre, dans l’attente. Nous sommes assis auto
24tout seul, un archiduc. On salue profondément, en silence (cliquetis des rangées de décorations sur l’uniforme kaki, et du sabr
19 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
25e aux gestes ! Vous voici, longs coups d’ailes en silence au-dessus du gouffre. Je vole sur place, mais tout se met à fuir, alo
26un coup la subtilise, ne laissant plus qu’un long silence soutenu, comme un appel à la rafale dont l’approche déjà fait grésill
27être n’importe où… évadé ? Mais soudain, c’est au silence que je me heurte, comme réveillé dans l’absurdité d’être n’importe où
20 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
28 put retenir ses larmes. Tandis qu’il marchait en silence à la suite de la procession funèbre, toutes ses relations avec son pè
29qui cherchait à intimider Eiichi. Eiichi garda le silence ; il ne voulait pas se laisser aller à la colère comme le Procureur.
21 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
30time et péremptoire s’élabore et s’impose dans le silence d’une vie : la loi de Dieu s’oppose à cette loi des hommes qui veut q
22 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
31 Le silence de Goethe (mars 1932)d « L’homme, dit Goethe, ne reconnaît et n’ap
32ement se traduire que par une qualité nouvelle de silence. Encore faut-il que le destin favorise concrètement cette assomption
33e l’initiation : et d’abord la plus difficile, le silence. Ainsi, les premières séductions du dépaysement spirituel, de la conn
34fficile et le seul humainement fécond. Car un tel silence n’est pas absence de mots. C’est encore chez Goethe une activité réel
35ffort d’équilibre crée des énergies nouvelles. Le silence mûrit à la faveur du secret, et dans la profondeur, des conceptions s
36acte ne peut se produire que dans le plus profond silence de l’esprit, dans la région où seul accède celui qui sait préserver s
37e est désormais protégé par une cotte d’invisible silence. Vous pouvez lui parler sans le troubler : les mots n’atteignent plus
38teignent plus son rêve profond. Et le cérémonieux silence du ministre renouvelle le vieux mythe germanique de la « Tarnkappe »,
39ce temps au plus dur effort d’organisation de son silence intérieur. Période de repliement et de refus, si douloureuse que le s
40e discipline libératrice comporte pour Rimbaud le silence, alors qu’elle propose à Goethe, comme un exercice de choix, l’écritu
41que la littérature de Goethe est un des moyens de silence dont il dispose. Ni plus ni moins que l’étude des sciences naturelles
42out en se taisant. Et ceux-là seuls entendront ce silence, qui auront su percevoir l’accent dominateur et tendu des pages les p
43puissance d’une voix volontairement assourdie. Le silence de Goethe n’est pas moins dangereux, pour qui sait l’entendre, que l’
23 1932, Présence, articles (1932–1946). Penser avec les mains (fragments) (janvier 1932)
44 exige sa réalisation ». Phrase qui n’imposera le silence à personne, mais fera prendre les armes à quelques-uns. Phrase cardin
24 1932, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La pluie et le beau temps (Dialogue dans une tête) (1932)
45vous n’aimez pas réfléchir à la souffrance.   (Un silence.)   Sans doute, Sonnette, portez-vous de ces courtes bottes vernies,
25 1932, Le Paysan du Danube. Le sentiment de l’Europe centrale
46rde. Rien désormais ne pourra plus nous rendre le silence et la lenteur des choses. Derniers refuges, vastes auberges de la Sou
26 1932, Le Paysan du Danube. Le Paysan du Danube — Une « tasse de thé » au Palais C…
47rand monde qui accorde, s’égarent parfois dans un silence qui s’approfondit au long de corridors capitonnés d’amarante, du côté
48n homme qu’on verrait alors s’agenouiller dans un silence impressionnant et rester longtemps, les yeux agrandis, aux pieds d’un
49Parfois, au cœur des grandes fêtes, une sphère de silence descend, s’arrête quelques secondes, et ceux qu’elle baigne d’une grâ
50 invente la passion. Ils reviennent. Tombé de mon silence parmi les bavardages, où irai-je avec peut-être un air de dégoût, par
51ante, et des vaisseaux qui ramènent Iseut dans le silence d’un midi d’été nordique, à l’heure de mourir dans une légèreté éperd
52ous attendions. Les escaliers s’abaissent dans le silence nouveau, nous entendons nos pas jusqu’aux jardins tendus en tapisseri
27 1932, Le Paysan du Danube. Le Paysan du Danube — Voyage en Hongrie
53iateur d’une miraculeuse et royale Venue. Dans le silence de l’adoration comblée, j’en sortirais de ces objets sans nom, inutil
54 banquette, quelques bougres isolés produisent en silence cette fumée, les yeux à terre, dans l’attente. Nous sommes assis auto
55tout seul, un archiduc. On salue profondément, en silence (cliquetis des rangées de décorations sur l’uniforme kaki, et du sabr
56e aux gestes ! Vous voici, longs coups d’ailes en silence au-dessus du gouffre. Je vole sur place, mais tout se met à fuir, alo
57un coup la subtilise, ne laissant plus qu’un long silence soutenu, comme un appel à la rafale dont l’approche déjà fait grésill
58n’importe où… évadé ? Mais soudain, c’est au silence que je me heurte, comme réveillé dans l’absurdité d’être n’importe où
28 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — La Tour de Hölderlin
59r quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! Tout redev
29 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Petit journal de Souabe
60is. Et je croyais m’enfoncer et me perdre dans le silence d’une mémoire bienheureuse. 21 mai 1929 Matinées végétales, dep
61bscur qui vit tout près de moi dans son véritable silence, les yeux clos. L’arbre, en sa nuit vivante, rêve de nous. Plus tard,
62nbourg. La lumière délirait doucement, au sein du silence et du regard. Et nous sommes demeurés des heures au-delà de ce que l’
30 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Châteaux en Prusse
63s roues s’enfoncent parfois avec un cahot mou. Le silence grandit ; cris de pics, vibration basse des cylindres. On voit paraît
64nées À huit heures, tout le monde se réunit en silence dans la grande salle du château. Une douzaine de domestiques, homme e
65rnent, ou scintille une mer dorée. Tout impose un silence heureux.   Les plus proches voisins habitent à 40 km., plus loin vers
66y a une sorte de violence aussi dans ces bains de silence forestier. Qui peut en calculer le bienfait d’énergie ? Les journées,
67rc incertain. Palpitation lointaine et animale du silence. Le long de la crête des forêts, une rougissante lueur avance de l’Oc
31 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Le balcon sur l’eau
68e blanc doucement luisant de la surface ; mais le silence a des vagues profondes. L’eau clapote avec tendresse, et se reti
32 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Les parlementaires contre le Parlement (octobre 1933)
69anques, l’entente franco-anglaise établie dans le silence du cabinet de Delcassé, l’organisation scolaire élaborée par des fonc
33 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
70, et son recours à la raison pour leur imposer le silence. Ordre géométrique, loi des choses muettes, mesure des apparences per
34 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Au sujet d’un roman : Sara Alelia (3 novembre 1934)
71t qu’elle est le vrai sujet de ce grand livre. Le silence à peu près général de la critique à propos d’une telle œuvre donnerai
35 1934, Présence, articles (1932–1946). L’œuvre et la mort d’Arnaud Dandieu (1934)
72e audace précise. Ils ont paru dans une espèce de silence. Il a vu qu’une jeunesse avait compris, venait à lui comme il savait
36 1934, Politique de la Personne (1946). Primauté du spirituel ? — Personne ou individu ? (d’après une discussion)
73té de ce genre. Le plus souvent, on la passe sous silence, et le système s’établit sur une équivoque fondamentale. C’est le cas
37 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
74t d’estimer la prose. Ils observent une minute de silence. Puis ils s’occupent de choses « sérieuses » qui, elles, n’ont pas to
75ura leur imposer un conformisme monstrueux, ou le silence. Il n’y a pas de solution pratique dans l’économie actuelle. Ni de so
38 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
76s ; et vous ne recevez pas notre témoignage. » Un silence pesant et solennel accueillit cette brève lecture. Nicodème paraissai
77 vous embrasser. Nicodème se leva, au milieu d’un silence ému, et donna l’accolade à chacun. Puis il fit un grand geste de ses
78os disputes sont si vaines… Minuit sonna, dans ce silence. Il était temps de prendre congé de nos hôtes. Mais un des étudiants,
39 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
79ttre fin aux craintes qu’avait pu faire naître le silence prudent de M. de la Rocque. Le fascisme, en effet, est une mystique d
40 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Conversation avec un SA (décembre 1935)
80éactionnaire », n’est-ce pas ? Lui. — Ah ! oui… (silence poli). Moi. — Allons au fait. Je vous disais l’autre jour : Comment
41 1935, Le Semeur, articles (1933–1949). La cité (avril-mai 1935)
81i, pour des raisons tactiques, nous passions sous silence cette radicale différence : le chrétien ne proteste pas seulement con
42 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
82rnière est posée : celle de notre destination. Le silence perd alors son pouvoir ; mais la parole n’appartient plus à l’homme.
43 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
83s, de boutades et d’échappées romantiques (sur le silence de la femme, par exemple, à la fin du Miroir de la Parole) une appréh
44 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — Tentatives de restauration d’une commune mesure
84 quelques cris rauques de désespoir, épuisé, fait silence et laisse entendre un chant nouveau. Un chant sentimental et rude, qu
45 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — La pensée prolétarisée
85e ironie ! Et sinon je ne crierais point. Mais le silence n’est pas donné à l’homme par son effort. Le silence et l’intelligenc
86ence n’est pas donné à l’homme par son effort. Le silence et l’intelligence pitoyable sont l’œuvre seule du Pardon. J’assume l’
46 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — Éléments d’une morale de la pensée
87sement, activement insupportables. Au bénéfice du silence, pour les bavards, et de l’action pour ceux qui pensent. Mais c’est e
47 1937, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Pages inédites du Journal d’un intellectuel en chômage (octobre 1937)
88 que les jours. Ici, tout repose complètement. Un silence implacable et mat enserre l’homme qui chemine sur la route incertaine
48 1937, Esprit, articles (1932–1962). Journal d’un intellectuel en chômage (fragments) (juin 1937)
89ucher un peu plus loin. Un ou deux se défilent en silence. « J’ai pris la nature sur le fait. » Vertige de l’animalité. 17 avri
49 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
90uvrages « spéciaux » que tout le monde passe sous silence, et qui se trouvent des plus aptes à illustrer ou élargir notre visio
50 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). N’habitez pas les villes (Extrait d’un Journal) (juillet 1937)
91s et journaux. Grande facilité de travail dans le silence à peu près absolu. Mais aussi j’ai l’impression nette d’utiliser la f
92er longuement avec les clients qui attendaient en silence, le nez sur leurs sabots, que je sois sorti. La mère Aujard n’a pas t
93 la démesure collective d’un Plan quinquennal. Le silence de la lande et des marais, la rumeur de la côte, les petits chocs irr
51 1937, La Revue de Paris, articles (1937–1969). Paysans de l’Ouest (15 juin 1937)
94et les rires redoublent. L’instituteur réclame le silence, et la projection commence. C’est un film d’avant-guerre, la Course a
95anderai donc de bien vouloir proposer des noms. » Silence. Chuchotements. — Vas-y ! — Non ! Moi ? penses-tu ! — Vas-y, Charles,
96dent demande s’il y a des questions à poser. Long silence embarrassé. Enfin un type se lève au fond de la salle et demande « s’
97et que tout cela peut bien suffire à expliquer le silence de ces cultivateurs. Mais le type qui m’a parlé avait la langue bien
98champ, en costume de moujik, il y a eu un profond silence au lieu des rires que je craignais. (On peut donc gouverner sans être
52 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. N’habitez pas les villes !
99s et journaux. Grande facilité de travail dans ce silence à peu près absolu. Mais aussi j’ai l’impression nette d’utiliser la f
100er longuement avec les clients qui attendaient en silence, le nez sur leurs sabots, que je sois sorti. La mère Aujard n’a pas t
101s la multitude en tumulte, tandis qu’ici, dans le silence, se prolonge une rumeur de foule invisible. 6 décembre 1933 Il
102et les rires redoublent. L’instituteur réclame le silence, et la projection commence. C’est un film d’avant-guerre, la Course a
103anderai donc de bien vouloir proposer des noms ». Silence. Chuchotements. « Vas-y ! — Non ! moi ? penses-tu ! » « Vas-y Charles
104dent demande s’il y a des questions à poser. Long silence embarrassé. Enfin un type se lève au fond de la salle et demande « s’
105et que tout cela peut bien suffire à expliquer le silence de ces cultivateurs. Mais le type qui m’a parlé avait la langue bien
106ole, et il était trop tard pour aller en acheter. Silence, froid, solitude, et ce vent qui ne cesse pas de siffler autour de la
107 la démesure collective d’un Plan quinquennal. Le silence de la lande et des marais, la rumeur de la côte, les petits chocs irr
108 champ en costume de moujik, il y a eu un profond silence au lieu desrires que je craignais. (On peut donc gouverner sans être
53 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Pauvre province
109rnière bûche fume, il fait presque froid. Dans ce silence vide de la nuit campagnarde, me voici seul encore éveillé, les yeux b
110sans accompagnement profond. Dès qu’on a perçu ce silence où plus rien ne palpite et n’attend, le pittoresque du décor devient
111ucher un peu plus loin. Un ou deux se défilent en silence. « J’ai pris la nature sur le fait. » Vertige de l’animalité. 17 a
54 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. L’été parisien
112racas rythmé qui rejoint parfois l’asymptote d’un silence mort — cette absence de musique quand le silence a été tué, absence q
113 silence mort — cette absence de musique quand le silence a été tué, absence qui se confond avec la présence d’un bruit univers
114 sans rien dire, comme le médecin qui ausculte en silence et déjà votre sort lui est connu. Je conçois un métro silencieux, plu
55 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
115us sérieux ? Poussez la première porte venue ! Ce silence que l’épouse est censée ménager autour du vaillant travailleur qui re
56 1938, Journal d’Allemagne. Journal (1935-1936)
116eur de nos études romanes, Sieg heil ! » Un court silence, puis il se reprend : — « Et aussi en l’honneur de l’Allemagne !… » G
117éjà le rythme de ces chants — une phrase, puis un silence pendant quatre pas — nous est devenu familier. Le défilé fait partie
118éactionnaire », n’est-ce pas ? Lui. — Ah ! oui… (silence poli). Moi. — Allons au fait. Je vous disais l’autre jour : Comment
119ui n’eût pas manqué de réduire l’un et l’autre au silence, me verrai-je contraint de choisir celui qui résiste le mieux ? Cet h
120lleuse, fragments de chœurs désordonnés, haineux. Silence morne. Alors une voix plus claire s’élève : « Mais la vieille légende
57 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Don Juan (juillet 1939)
121l va de défi en défi, excité puis exaspéré par le silence ou les lâchetés de l’adversaire. Les idées se retournent au caprice d
58 1939, La Revue de Paris, articles (1937–1969). L’Âme romantique et le rêve (15 août 1939)
122it. C’est l’ineffable, l’indicible, le royaume du Silence absolu ; et pourtant — voici le paradoxe —, nous voyons bien que les
123e « passivité » nous fait comprendre la nature du Silence et de l’indicible dont nous parlaient mystiques et romantiques : c’es
124ir par la parole et l’acte, et ils recherchent le silence passif. Aussi n’ont-ils laissé pour la plupart que des fragments, des
59 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe de Tristan
125he : son énoncé désarme toute critique, réduit au silence la raison, ou tout au moins, la rend inefficace. Or je me propose d’e
60 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Passion et mystique
126lérable, et il est impossible de le conserver. Le silence même n’a pas assez de force pour l’étreindre de ses mains. » Et toute
127 telles qu’ils les vivent dans leur âme. Et leurs silences furent plus réels que leurs paroles. Il ne s’agit donc, ici, que de t
61 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe dans la littérature
128Dialogue sur les Héros de Roman — pour réduire au silence et à l’oubli, jusque dans les manuels de notre siècle, la féerie roma
129atisfaction serait folie. Mourir ensemble ! (Mais silence ! ceci paraît exalté, et pourtant c’est si vrai !) Voilà le seul acco
62 1939, L’Amour et l’Occident (1972). L’amour action, ou de la fidélité
130us sérieux ? Poussez la première porte venue ! Ce silence que l’épouse est censée ménager autour du vaillant travailleur qui re
63 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
131ains détails, certaines allusions, et beaucoup de silence, font pressentir un drame secret, un nœud vital où peut-être réside l
64 1941, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). La route américaine (18 février 1941)
132es urbains. Cet effort gigantesque se poursuit en silence à travers tout le continent. Personne n’en parle. On n’a pas eu besoi
65 1941, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). Souvenir de la paix française (15 mars 1941)
133martine je suis aux champs Paix du village, silence des rues vides, ouvertes sur le ciel et sur les blés. J’étais là fasc
66 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable démocrate
134tais un Blanc… Autour de moi régnait un religieux silence. Chacun savait qu’il en devait passer par là. Passer, c’était la seul
135 le bruit et la fureur qui se déchaînent dans vos silences conjugaux, sans même que vous le sachiez, sauf quand une lampe s’étei
67 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
136es cartes parlent, les pensées se transmettent en silence. Tous les signes du monde nous appellent. Pourquoi se rendre sourd à
68 1942, La Part du Diable (1982). Le Bleu du Ciel
137 qui remonte à travers nos rumeurs et rétablit le silence adorant : nous ne sommes pas maîtres de détruire la vraie Parole ! To
138e, au secret d’un cachot. Ils pourront réduire au silence les bavards et les grands orateurs, les remplacer par des disques off
69 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Le silence de Goethe
139 1.Le silence de Goethe « L’homme, dit Goethe, ne reconnaît et n’apprécie que ce
140ement se traduire que par une qualité nouvelle de silence. Encore faut-il que le destin favorise concrètement cette assomption
141s de l’initiation : d’abord la plus difficile, le silence. Ainsi, les premières séductions du dépaysement spirituel, de la conn
142fficile et le seul humainement fécond. Car un tel silence n’est pas absence de mots. Il est encore chez Goethe une activité, et
143r l’équilibre a dégagé des énergies nouvelles. Le silence mûrit à la faveur du secret, et dans la profondeur, des conceptions s
144acte ne peut se produire que dans le plus profond silence de l’esprit, dans la région où seul accède celui qui sait préserver s
145e est désormais protégé par une cotte d’invisible silence. Vous pouvez lui parler sans le troubler : les mots n’atteignent plus
146ce temps au plus dur effort d’organisation de son silence intérieur. Période de repliement et de refus, si douloureuse que le s
147que la littérature de Goethe est un des moyens de silence dont il dispose. Ni plus ni moins que l’étude des sciences naturelles
148out en se taisant. Et ceux-là seuls entendront ce silence, qui auront su percevoir l’accent dominateur et tendu des pages les p
149puissance d’une voix volontairement assourdie. Le silence de Goethe n’est pas moins dangereux, pour qui sait l’entendre, que l’
70 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Goethe médiateur
150rer, il veut guérir. Et ce sont ces dix années de silence et de repli, si émouvantes, si pures, c’est-à-dire si conformes à la
71 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Kierkegaard
151t gravé, qui ne cessent de nous accuser dans leur silence d’éternité. Trois rapsodies sur des thèmes empruntés à Kierkegaard
152t-il, s’appuyant sur lui-même, s’imposer un autre silence que le silence de la mort ? La raison s’y emploie, communément. On lu
153t sur lui-même, s’imposer un autre silence que le silence de la mort ? La raison s’y emploie, communément. On lui délègue volon
72 1944, Les Personnes du drame. Sincérité et authenticité — Le Journal d’André Gide
154tains détails, certaines allusions et beaucoup de silences font pressentir un drame secret, un nœud vital où peut-être réside la
155ns convenues, aux partis-pris de la morale, à ses silences intéressés, bref aux censures qui tendent à réduire les contradiction
73 1944, Les Personnes du drame. Sincérité et authenticité — Vues sur Ramuz
156e est posée : celle de notre origine décisive. Le silence perd alors son pouvoir ; mais la parole n’appartient plus à l’homme.
74 1944, Les Personnes du drame. Une maladie de la personne — Le Romantisme allemand
157it. C’est l’ineffable, l’indicible, le royaume du Silence absolu ; et pourtant — voici le paradoxe — nous voyons bien que les g
158e « passivité » nous fait comprendre la nature du Silence et de l’indicible dont nous parlaient mystiques et romantiques : c’es
159ir par la parole et l’acte, et ils recherchent le silence passif. Aussi n’ont-ils laissé pour la plupart que des fragments, des
75 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). La guerre est morte (5 septembre 1945)
160 découvrira ce luxe inouï : la lenteur au sein du silence.
76 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). Le dernier des Mohicans (11 octobre 1945)
161impide. Une grande flèche rouge rase les cimes en silence, devient oiseau, devient petit avion luisant au cirque lumineux des c
77 1946, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Beekman Place (octobre 1946)
162e, modèle de grand luxe, elle s’orne d’arbres, de silence et de grands portiers galonnés. Une buée bleue, pendant l’été, emplit
78 1946, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Souvenir d’un orage en Virginie (novembre 1946)
163d’un bleu très pâle et dur. Il n’a pas salué. Son silence nous supprime. C’est sans doute le nouvel intendant. « Je vous retrou
79 1946, Esprit, articles (1932–1962). Épilogue (novembre 1946)
164lace ; et de musiques qui empêchent d’entendre le silence. Ils s’imaginent qu’un certain nombre de recettes et de martingales,
80 1946, Le Figaro, articles (1939–1953). Demain la bombe, ou une chance d’en finir avec la terre (30 juin 1946)
165re mots (et cette faute de français) réduisent au silence toute espèce d’objection humanitaire ou même scientifique. Posons ici
81 1946, Journal de Genève, articles (1926–1982). Journal d’un retour (11-12 mai 1946)
166 retrouvé les grandes mesures de Paris. Dans quel silence, à quatre heures du matin. Nous donnera-t-on des chambres pour le res
82 1946, La Revue de Paris, articles (1937–1969). Tableaux américains (décembre 1946)
167e, modèle de grand luxe, elle s’orne d’arbres, de silence et de grands portiers galonnés. Une buée bleue, pendant l’été, emplit
168d’un bleu très pâle et dur. Il n’a pas salué. Son silence nous supprime. C’est sans doute le nouvel intendant. « Je vous retrou
169es urbains. Cet effort gigantesque se poursuit en silence à travers tout le continent. Personne n’en parle. On n’a pas eu besoi
83 1946, Journal des deux Mondes. Journal d’attente
170medi soir, où la Sainte Cène est partagée dans un silence de catacombes. Centres du monde ! Il s’en va, coudoyant la foule et t
84 1946, Journal des deux Mondes. Puisque je suis un militaire…
171: martine je suis aux champs   Paix du village, silence des rues vides, ouvertes sur le ciel et sur les blés. J’étais là fasc
85 1946, Journal des deux Mondes. Anecdotes et aphorismes
172ire nuit à son pays. » Fort bien. Mais il y a des silences plus dangereux pour l’âme d’un peuple que les paroles imprudentes… Il
86 1946, Journal des deux Mondes. Premiers contacts avec le nouveau monde
173 pas le temps de bâtir. C’est le mauvais temps du silence et de l’ascèse purifiante avant la lutte ! Mais vous ne le savez pas,
87 1946, Journal des deux Mondes. Voyage en Argentine
174s paquets de cordage ; et ce départ enfin vers le silence, à minuit, dans la ténèbre chaude. Un vrai départ, déjà dépaysé. Rien
88 1946, Journal des deux Mondes. L’Amérique en guerre
175e, modèle de grand luxe, elle s’orne d’arbres, de silence et de grands portiers galonnés. Une buée bleue, pendant l’été, emplit
89 1946, Journal des deux Mondes. Virginie
176d’un bleu très pâle et dur. Il n’a pas salué. Son silence nous supprime. C’est sans doute le nouvel intendant. — « Je vous retr
90 1946, Journal des deux Mondes. Intermède. Mémoire de l’Europe
177 J’ai tout dit. L’Europe était patrie d’amour. Le silence attendait, l’absence était profonde, et chaque être présent questionn
178e possession la plus tenace, il nous réduisait au silence. La force était chanson fredonnée sur le seuil, au matin d’une journé
91 1946, Journal des deux Mondes. Le choc de la paix
179impide. Une grande flèche rouge rase les cimes en silence, devient oiseau, devient petit avion luisant au cirque lumineux des c
92 1946, Journal des deux Mondes. Journal d’un retour
180 retrouvé les grandes mesures de Paris. Dans quel silence, à quatre heures du matin. Trouverons-nous quelques chambres pour le
93 1946, Lettres sur la bombe atomique. La nouvelle
181e une jetée de bois, où parfois vient accoster en silence un canoë dont la rameuse est lasse. Vous ne sauriez imaginer lumière
94 1946, Lettres sur la bombe atomique. La guerre est morte
182 découvrira ce luxe inouï : la lenteur au sein du silence. C’est la grâce que je vous souhaite.
95 1946, Lettres sur la bombe atomique. Le point de vue moral
183 bords de mon lac. J’ai perdu cette lenteur et ce silence aimés. Je doute de les retrouver jamais dans cet « âge atomique » don
96 1947, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Consolation à Me Duperrier sur un procès perdu (décembre 1947)
184i le nationalisme, c’est pour mieux « passer sous silence l’hitlérisme ». Qui croire ? Ainsi donc, selon Me Duperrier, j’
185gon, j’aurais passé le même temps à « passer sous silence » le nazisme et l’antisémitisme, et cela pour publier mes livres sous
97 1947, Doctrine fabuleuse. Premier dialogue sur la carte postale. La pluie et le beau temps
186ité. Vous n’aimez pas penser à la souffrance. (Un silence.) Sans doute, Sonnette, portez-vous de ces courtes bottes vernies, qu
98 1947, Doctrine fabuleuse. Angérone
187rend fleurissante. Mais l’amour même est chose du silence. Cela dont je ne puis parler sans l’offenser dans sa grandeur, c’est
188t le lieu d’un mutisme sacré. Angérone, déesse du Silence : on croit qu’elle avait sa statue dans le temple de la Volupté. Et c
189iment. Il n’aime que cela : regarder longtemps en silence, se perdre dans des yeux. (Certaines heures, soirs, aubes, passages.)
190ssages.) L’ivresse naissante des amants, c’est le silence qui s’établit entre eux. L’approche des yeux, dès qu’ils ont accepté
191it… Adolescence ! Le charme du désir est celui du silence : il éloigne sans fin le terme. Tu n’entends que ce qui s’interrompt.
192 du viol de l’interdit qui impose aux amants leur silence, fascination de l’horreur sacrée, attirance de l’effroi mortel. Dans
193ur sacrée, attirance de l’effroi mortel. Dans le silence du désir, la possession a fait une brusque rumeur de vagues affrontée
194 point la femme qu’ils viennent de posséder, leur silence meurt à cette minute du plaisir. Ils fuient, bavardent. Tristesse pla
195acial : vous n’irez pas au-delà de votre union. Ô silence des astres ! Fondues nos âmes ? Deux corps s’endorment dans leur paix
196ou encore, il n’y a que deux doctrines : celle du silence et celle de la parole. La négation du désir amoureux par l’acte même
99 1947, Doctrine fabuleuse. Contribution à l’étude du coup de foudre
197lui, et de moi aussi, je crois. Nous voici seuls. Silence. Silence encore dans la voiture qu’elle conduit avec une expression c
198e moi aussi, je crois. Nous voici seuls. Silence. Silence encore dans la voiture qu’elle conduit avec une expression concentrée
100 1947, Doctrine fabuleuse. Don Juan
199l va de défi en défi, excité puis exaspéré par le silence ou les lâchetés de l’adversaire. Les idées se retournent au caprice d