1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1re que le lieu de sa poésie, — d’une poésie, l’on dirait, qui ne connaît pas son auteur. Qui parle par sa bouche ? Il règne da
2e, par quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! To
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
3ent est peut-être prématuré, tout au plus peut-on dire qu’à l’heure présente déjà, son œuvre, comme celle de Barrès, nous of
4e chef se dresse entre les dix qui sont à lui. Il dit : « Je ne demande pas qu’on m’aime. Je demande qu’on me soit dévoué. 
5on m’aime. Je demande qu’on me soit dévoué. » Ils disent : « Tu es notre capitaine. » Ces choses ne sont pas dites en vain. St
6« Tu es notre capitaine. » Ces choses ne sont pas dites en vain. Stades que parcourent de jeunes et purs courages, donnez-moi
7sage de la vie, est l’apprentissage de la guerre, dira-t-on. M. de Montherlant répondra : non, car la faiblesse est le péché c
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
8 pour celles de l’adversaire, ce qui est beaucoup dire. Il y avait dans le Paradis je ne sais quel relent de barbarie, un as
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
9cation : la plupart des surréalistes n’ont rien à dire, mais savent admirablement parler. Ils érigent donc en doctrine leur
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
10péril n’existe que pour autant qu’on en parle, la vraie « question asiatique » étant une question politique. On peut prévoir
11devant le dilemme Orient-Occident. Réactions qui, disons-le tout de suite, renseignent mieux sur l’esprit occidental que sur l
12ient…, toi qui n’as qu’une valeur de symbole », a dit A. Breton. C’est de cet Orient qu’il s’agit, et Jean Schlumberger le
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
13u par le contrôle que les autres nous imposent », dit un héros de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le deda
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
14is, la maison paraît s’être un peu embourgeoisée… Disons plutôt que voici venu le temps de la moisson, — le temps des éditions
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
15nnexer à son propre corps de doctrines critiques. Dirai-je pourtant que je crains qu’il n’ait été incité parfois, et presque
16e cadre solidement moral, c’est-à-dire rationnel, dit M. Seillière — me paraît infiniment plus forte que celle d’un Maurras
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
17uines. On sait le reste. Tout cela, Walpole ne le dit pas. Mais ses personnages le suggèrent de toute la force du trouble q
10 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
18 de plus aéré, au moral comme au physique. Chacun dit ce qu’il pense sans se préoccuper d’être bien pensant et les Romands
11 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
19 conférence s’ouvrit par une bise qu’on peut bien dire du diable et se termina sous le plus beau soleil de printemps. Libre
20a conférence3 pour savoir tout ce que je n’ai pas dit dans ces quelques notes. 3. Il suffit encore : f 2.50, nom et adres
12 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
21eaucoup de personnages, faudrait choisir. Vous me direz qui je suis, mes amis ; quel est le vrai ? — Ils me proposent vingt v
22Vous me direz qui je suis, mes amis ; quel est le vrai ? — Ils me proposent vingt visages que je puis à peine reconnaître. R
23monde, — les choses, les faits, la vie, comme ils disent. Je me suis abandonné au jeu du hasard, jusqu’au jour où l’on me fit
24a transformation. Mais il y faut une doctrine, me dit-on. L’avouerai-je, quand je médite sur une doctrine possible, sur une
13 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
25ats qui griffent et lèchent alternativement, « en vraies bêtes de désir ». Une intelligence si profonde de la vie animale supp
26lein de simple grandeur. Voici la mort du taureau dit « le Mauvais Ange » : La bête chancela de l’arrière-train, tenta de
27 Bestiaires font pardonner bien d’autres pages de vrais délires taurologiques. Quand le lyrisme de Montherlant décolle de la
28ccord avec la vie. Ni métaphysicien, ni logicien, dit-il d’Alban — (de lui-même) — il n’« accroche » pas à ce qui est trist
29ité que dans les choses voluptueuses, je n’ai pas dit les choses sentimentales. Le tragique de la vie ne lui échappe pas. I
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
30s ne pouvons le suivre jusque-là : il est vain de dire qu’une époque s’est trompée, puisqu’elle seule permet la suivante qui
31 des autres et quelles prières cela fait à Dieu » disait Drieu La Rochelle. Mais il faudra bien se remettre à manger, tout de
32. Mais on trouve tout dans les livres des jeunes, dites-vous, le pire et le meilleur, toutes les vieilleries morales et immor
33issance de leur misère. Pareils à ceux dont Vinet disait qu’ils s’en vont « épiant toutes les émotions de l’âme, et lui multip
34 pour se hisser dans la lumière. « Il vaut mieux, dit encore Vinet, ne voir d’abord que les grands traits de sa nature, ne
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
35aut louer Mme Rivier d’avoir posé courageusement. Dirai-je que l’abus des points d’exclamation — trait commun à presque toute
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
36a, il ne le conduit pas pour autant à l’Académie. Disons pour aller vite que sa recherche de l’ordre révèle simplement une vol
17 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
37core à des symboles équivoques et, quoi qu’ils en disent, « artistiqués », — ils n’osent plus le mensonge de l’art, et pas enc
18 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
38 Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)v Nous disons adieu aux charmes troubles et inhumains de la nature. Il s’agit de cr
19 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
39ges (juillet 1926)w Je ne crois pas exagéré de dire qu’en publiant ce recueil d’essais, M. Fernandez a donné la première
20 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
40urtout le Montherlant actuel que l’on sent. C’est dire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composi
41et sobres, jetées de haut avec la nonchalance des vrais puissants, je compte qu’il saura fonder sa gloire future sur des vale
21 1926, Journal de Genève, articles (1926–1982). Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)
42 Traz ne pouvait trouver mieux que lui-même. S’il dit des Égyptiens : « Le mensonge, autant qu’une politesse, leur paraît u
43r contraste une « préférence irréductible pour le vrai ». Ce qui lui permet de voir profond dans cet islam qu’il qualifie de
44s inflige ». « Ils mettent leur âme en veilleuse, dit-il des rêveurs orientaux. De leur immense paresse, jusqu’à leur mysti
45is, juger ; préférant obstinément à la légende le vrai, même amer, non par défaut d’un sens artistique dont plusieurs de ses
22 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
46ésistiblement l’obligation d’être nous-mêmes. Et, disons-le tout de suite, c’est en cela uniquement — être nous-mêmes — que co
47faire les modestes…   Être nous-mêmes, avons-nous dit, c’est à la fois notre but et notre excuse en publiant cette revue. N
48enne. Que sommes-nous donc ? Le plus qu’on puisse dire, c’est que vous le saurez un peu mieux quand vous aurez lu nos huit n
23 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
49veut donner à l’acte gratuit une valeur morale en disant qu’il révèle ce qu’il y a de plus secret dans la personnalité. Ce ser
50ôde dans certaine littérature d’aujourd’hui. J’ai dit : ravages du sincérisme. C’est plus exactement faillite qu’il faudrai
51ar l’analyse la plus savante, comme l’a fort bien dit Ramon Fernandez, « retient tous les éléments du moi, moins le princip
52ensonge, mais un bon artiste n’est pas menteur », dit Max Jacob. « Être sincère, c’est avoir toutes les pensées » (Rivière)
53 proie pour l’ombre que de tendre vers ce modèle. Dirais-je que c’est ma sincérité d’y aller par les moyens les plus efficaces
54 d’un moi que la vie me montrait si désespérément vrai, tyrannique, insuffisant. Mais un pli de ta lèvre, un peu sceptique,
24 1927, Articles divers (1924–1930). Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)
55se. Le roi, « un niais en matière religieuse » au dire de sa belle-sœur, la princesse palatine, se laisse facilement convain
25 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
56Royce et fortune faite, tout le monde s’accorde à dire qu’on n’attendait pas moins du fils d’un tel père. « Voilà le train d
57s précipitations » annonce le bulletin. Tiens, me dis-je, Bouvier va peindre. Comme peintre religieux, il se cherche encore
58tempérament très rassurant. C’était, je crois, le vrai Humbert qui commençait à s’affirmer. Puis il y eut une période interm
59és par d’autres côtés. Un avenir peut-être proche dira dans quelle mesure de tels groupements correspondent à une réalité ar
60inale dans un pays qu’on s’est trop souvent plu à dire si âpre, prosaïque et d’une maigre végétation artistique. Pays où l’o
26 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
61 de dés, je bouscule tous tes calculs, ha ! tu te disais : le voilà riche, le voilà classé, le voilà prêt à faire des bassesse
62s de bourse. « Heureux quoique pauvre » comme ils disent dans leurs manuels scolaires. Les voler, pour leur apprendre. Et leur
27 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
63s rire : « À mort ceux qui paraphrasent ce que je dis ». Il y a chez Aragon une folie de la persécution, qui se cherche par
64nce dans le mauvais goût ne m’empêchera pas de le dire, Aragon possède le tempérament le plus hardi et le plus original de l
28 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
65fficiellement comblé, et par dedans… comment bien dire ? inquiet ? aride ? heureux ? » pour lui, comme pour Barnabooth, il s
66Il se connaît avec une sorte de froideur que l’on dirait désintéressée si elle n’avait pour effet de souligner, plus que ses s
29 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
67dessinés un de ces drames tout intérieurs dont il dit : « Personne ne peut juger du drame qui se joue entre deux êtres, per
30 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
68 La Mort difficile (mai 1927)ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous
69incérité qui me paraît proprement inhumaine. Tout dire, vraiment ? C’est l’exigence d’une détresse cachée ; elle fait bientô
31 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
70 vous la donner. Alors pour vous venger, vous lui dites que, « d’abord », son livre n’est pas sérieux. Il sourit. Vous ajoute
71s noms géographiques vous fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Clerc, M
72si nous ne regardions que les jambes des femmes » dit-il, pour vous apprendre ! — sans se douter que rien ne saurait vous r
32 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
73sieurs fois Rilke, trace de lui un portrait qu’on dirait, en peinture, très « interprété ». Non pas une photographie morale, m
74de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Rilke y a
75ns son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Rilke y apparaît comm
33 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
76ale », « si arbitraire et si facultative », je me dis qu’il n’en saurait être autrement tant qu’on se tient à cette attitud
34 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
77avocats et un chapelier dont tous s’accordaient à dire qu’il ne péchait que par excès de bonne humeur printanière, Urbain do
78nité. « Éternité désaffectée, c’est bien dommage, dit-il en s’étirant ; le printemps désormais rendra le ciel plus pâle, et
35 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
79e du survivant (février 1927)f « Triste, mais vrai. » (Les journaux.) Mademoiselle, Il faut d’abord que je m’excuse : c
80irez pas — et pourtant… Il faut aussi que je vous dise qu’il fait très froid dans ma chambre : le feu n’a pas pris, et d’ail
81 ou cinq fois dans des lieux de plaisir, comme on dit, sans doute parce que c’est là que se nouent les douleurs les plus at
82ée… D’autres fois… je n’ai plus le courage de les dire. Enfin, avant-hier, à ce bal. J’avais demandé à un de mes amis, qui
83lle que vous en éprouviez vaguement la menace. Je dis menace, parce que mes airs sombres vous effrayaient sans doute plus q
84ouvent devant les ascenseurs. « Vers 4 heures, me disais-je elle y entrera, et, me glissant auprès d’elle, je pourrai lui dire
85ra, et, me glissant auprès d’elle, je pourrai lui dire très vite quelques mots si bouleversants qu’avant le dernier étage… »
86 un enfant qui monte pour la première fois… Je me disais encore : Si je prends cet ascenseur et que je la croise en route dans
36 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
87ffel. Et une note d’Orphée précise : « Inutile de dire qu’il n’y a pas un seul symbole dans la pièce. » Ce qui me gêne pourt
88 un poète surréaliste. « Il faut jeter une bombe, dit-il, il faut obtenir un scandale. Il faut un de ces orages qui rafraîc
89i des sortes de calembours… Art chrétien, a-t-on dit5. Certes, cette pièce n’est pas dépourvue de certaines des qualités q
90, un style parfaitement pauvre dans le détail, un vrai style de théâtre, d’une netteté qui pourtant n’est pas maigre, d’une
91e dépassent, feignons d’en être l’organisateur », disait le photographe des Mariés. Dans Orphée, le mystère ne peut plus dépas
92être cette indispensable « part de Dieu » — comme dit Gide — qui serait aussi la part de l’humain, l’imperfection secrète q
37 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
93n miracle pour la fin de la semaine. « Messieurs, disait Dardel, y a pas à tortiller, il faut faire quelque chose. Nous devons
94ntemplent un certain temps en silence. « Well ! » dit enfin Dardel. Les autres n’en pensent pas moins. Quelquefois, Mossoul
95ge de nos veilles et de nos rêves », ainsi que le disait si poétiquement le programme.   Un peu d’histoire (erratum de la chr
38 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
96ndent que le moment où ils pourront se pousser en disant : « C’que c’est cochon ! » Mais le moment ne vient pas, ils sont déçu
97mure : « On va tous devenir fous ! » — « Hé ! lui dis-je, si seulement. » Mais tout de même, là par exemple, où nous ne pou
98 résultat avec la naïveté qu’il faut, approuve et dit : « C’est bien ça, c’est comme quand on rêve. » Un des défauts d’Entr
99ir crée ma chambre en tournant un commutateur. Le vrai miracle du cinéma, c’est, par exemple, l’éclosion d’une rose, un homm
39 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
100entrée de l’éternelle anarchiste, la Poésie.   On dit : « Des mots ! » au lieu de « Je ne comprends pas ». On dit : « Je ne
101s mots ! » au lieu de « Je ne comprends pas ». On dit : « Je ne comprends pas », et l’on pense : « C’est donc incompréhensi
102 l’on pense : « C’est donc incompréhensible ». On dit : « C’est incompréhensible ! » — et l’on est enfin rassuré. C’est in
103 meilleur remède contre Dieu. Monsieur, vous avez dit : « C’est incompréhensible ! » — avec une indignation où j’admire une
104 humaine, et vous aurez beau rire, pharisiens, et dire qu’elle est née dans un café de Paris. « Je n’attends rien du monde,
105vant tout, un écrivain, un bel écrivain, comme on dit. Et qui sait tirer un admirable parti littéraire de son tempérament v
106 Je ne sais qu’un Montherlant qui pourrait l’oser dire comme Aragon sans ridicule. Et ce que je prenais pour le ton prophéti
107« ailleurs » que sur ce « globe d’attente » comme dit Crevel. Pourtant, le plus irrévocable désespoir n’est encore qu’un ap
108ppareil à frigorifier de sa raison, est destiné à dire des bêtises. Cf. certaines remarques — pas toutes — de novembre 1926.
109m’a paru que depuis quelque temps… enfin, comment dirais-je… je me suis dit que je pourrais, en quelque sorte, vous être de qu
110elque temps… enfin, comment dirais-je… je me suis dit que je pourrais, en quelque sorte, vous être de quelque utilité… Moi
111t sur l’incertain », c’est un académicien qui l’a dit. Voulez-vous me faire quelque chose là-dessus pour la Revue ? Mais pl
112 le Sens Critique, un peu bousculé.) Moi. — Vous disiez, ma vie ? La Muse (mais oui, la Muse, sortant de derrière un rideau)
113 III Il y a des gens qui croient avoir tout dit quand ils ont montré à l’origine de telle doctrine mystique une exalt
114 s’allier aux dogmatiques d’extrême-gauche. Je ne dirai pas, comme on a fait, que c’est très joli de crier merde pour Horace,
115nd des œuvres complètes de Karl Marx ? Si vous ne dites pas aussi merde pour Marx ou Lénine, je le dirai pour vous. Quand on
116 dites pas aussi merde pour Marx ou Lénine, je le dirai pour vous. Quand on a entrepris la Révolution au nom de l’esprit, on
117t de crier rouge pour la simple raison qu’ils ont dit blanc ? Pensez-vous combattre cet esprit « bien français » qui s’asso
118rait vivre ailleurs… Mais non, il y aurait trop à dire, et puis l’on croirait encore que je suis avec ceux qui traitent Arag
119s voyons des affaires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y a encore cette histoire, co
120aires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y a encore cette histoire, comment dites-vous,
121it oublier, il y a encore cette histoire, comment dites-vous, surréalisme ? — Baptisé il y a cinq ou six ans et mort des suit
40 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
122sous une table, complètement ivre, et Bettina lui disait à l’oreille : « Mon chéri, si j’aime la comtesse ? Mais tu es si laid
123ore plus de plaisir. » Le duc paya et s’enfuit en disant que ce n’était pas lui. L’enterrement aura lieu sans suite. Suicid
124e ou la promenade en bateau À Grego More. Il disait : « Je suis né pour la mort. » Il fait assez beau pour que s’ouvre ce
125s pas le retenir, Je ne pouvais pas le suivre. On dit de ces phrases. Même, on en pleure.
41 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
126es et sans gendarmes. Je sais bien ce que vous me direz : Les millions que je pourrais leur soustraire ne compenseront jamais
127uelques observations théoriques que je tiens pour vraies, et j’en vérifie les manifestations vivantes avec une prodigalité d’é
128e vois le véritable intérêt de ma vie. C’est vous dire que seule une certaine caresse de l’événement naissant peut encore m’
129ommeil. Je rêve beaucoup. Cela explique, m’a-t-on dit, le peu de goût que j’ai pour la poésie imprimée. » J’allais oublier
130ur la poésie imprimée. » J’allais oublier de vous dire qu’on me nomme Saint-Julien. Vous n’ignorez point que l’on considère
131maint endroit. « Une chose avant tout me frappe — dit-il, lâchant tout de suite ses compliments, ce qui est de mauvaise pol
132 paraît impliquer, c’est ce caractère de, comment dirai-je…, de juvénile insouciance, pour ne pas dire inconscience ! qui s’a
133t dirai-je…, de juvénile insouciance, pour ne pas dire inconscience ! qui s’attache à vos faits et gestes. L’on croirait ouï
134grave. Je ne saurais y répondre. Je pourrais vous dire que si vous me trouvez un peu potache, il n’est pas prouvé par là que
42 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
135ches s’adressent, ou bien plutôt — vous alliez le dire — aux surréalistes ?   Si le mal du siècle consistait véritablement d
136 — Citez-m’en de ces phénomènes ! — Mon Dieu, que dire… Il y aurait, par exemple, ce fait du triomphe de la Machine ; ce fai
43 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
137je prononce le nom de tel de vos confrères, si je dis : « Avez-vous lu… », vous voilà rouge ; et sur moi les foudres de vot
138ictus de votre bouche, une injure de pythie. Vous dites de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop a
139. Vous dites de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait
140ous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsche : que c’est de la littérature.
141ur un ami poète. « L’autre jour au Grand Écart… » dit quelqu’un. À ce coup, l’évocation de Cocteau fait fleurir sur vos lèv
142maintenant je vais me fâcher chaque fois que vous direz : « extravagant », « invraisemblable », « fou », « hallucinant » ou «
143arler littérature, c’est faire la part du feu. Je dis ces noms, ces opinions, ces titres de livres : tout cela jaillit, s’e
144 et de ces jeux, simulacres de vie, qui sont à la vraie vie ce que le flirt est à l’amour. II Sur l’insuffisance de la lit
145ne la mesure de ce que vous attendez d’elle. Pour dire le fond de ma pensée, je crois ce mépris et cette attente également e
146-à-dire agissantes, que nulle poésie même ne peut dire, parce que rien de ce qui nous importe véritablement n’est dicible. (
147primer ; depuis le temps qu’on l’oublie.) Vous me direz que la poésie, l’état poétique, est notre seul moyen de connaissance
148l’air de mettre un peu les pieds dans le plat, de dire de ces choses qu’entre gens du métier l’on a convenu de passer sous s
44 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
149tres — la seule revue de langue française où l’on dise la vérité librement et pour elle-même. Nous regrettons de n’en pouvoi
45 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
150e retraite est toute « statutaire » — si l’on ose dire. Elle nous permet donc de considérer la situation sans fièvre, sans l
151ous les additionnons : ils s’annulent. Il reste à dire deux mots sur la paradoxale situation intellectuelle d’une revue d’ét
46 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
152e responsable de ma déception, sinon moi-même, me dis-je bientôt. Car je professe qu’un désir vraiment pur parvient toujour
153u’on pense généralement le contraire. Il est très vrai que les notions réaliste et idéaliste du monde ne sont séparées que p
154éra, Gérard de Nerval et moi, sans nous être rien dit d’autre, comme des amis qui se connaissent depuis si longtemps qu’un
155ux homard enrubanné. « Cela vexe les Viennois, me dit-il, parce qu’ils y voient une façon de me moquer de leurs petits chie
156 trop s’amuser. — Ceci du moins n’a guère changé, dis-je, songeant aux Amours de Vienne. — Certes, répondit Gérard, malgré
157e et par attitude, des gens fatigués. — Pour moi, dit Gérard, je situe l’amour dans un monde où la question fidélité ou inc
158 Mais je bavarde, je philosophe, et vous allez me dire que c’est trop facile pour un homme retiré du monde depuis si longtem
159ce que c’est que de prendre des femmes au hasard, disait-il. Je sens très bien que nous allons nous ennuyer terriblement. Du m
160 ces lieux de plaisir — autre façon de parler. On dit que j’ai vécu d’illusions, avouez que les miennes étaient de meilleur
161 de distributeurs automatiques de plaisir. Autant dire que ceux qui les fréquentent ne savent plus ce que c’est que le plais
162uet, et n’en buvait pas moins. « Pourquoi vous ne dites rien ? » fit-elle d’un ton de reproche, évidemment scandalisée par ce
163regarda avec une certaine pitié : « Chère enfant, dit-il doucement, pauvre colombe dépareillée, vous n’avez pas de ressembl
164. « Encore une proie inutile lâchée pour l’ombre, dit Gérard d’un ton rêveur et malicieux. Mais l’ombre de cette ville illu
165 ils ne sont que reflets, épisodes, symboles : le vrai drame de son destin est ailleurs. Il se met à m’expliquer des signes,
166 en pleine barbarie spirituelle. Il plaisante. Il dit que la vie ressemble surtout à un film où les épisodes s’appellent pa
167voient par transparence au travers de l’autre. Il dit : « Pour celui qui saisit les correspondances, chaque geste, chaque m
168autos s’appelaient dans la nuit froide. Gérard ne disait presque plus rien ; à peine, de temps en temps, s’il parlait à voix b
47 1928, Articles divers (1924–1930). Miroirs, ou Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928
169e et soi-même » (décembre 1928m « Remonte aux vrais regards ! Tire-toi de tes ombres… » Paul Valéry. Stéphane est maniaq
170uer pour rien.) Cette histoire idiote, d’ailleurs vraie, se borne à décrire l’aspect psychologique d’une aventure qui en a bi
48 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
171 un livre sympathique ; et il vaut la peine de le dire car la chose n’est pas si fréquente dans la production actuelle. On r
49 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
172leurs écrits. Aragon, qui a le sens de l’amour, a dit conséquemment beaucoup de choses vraies (belles). Il est même un des
173e l’amour, a dit conséquemment beaucoup de choses vraies (belles). Il est même un des très rares parmi les jeunes qui ait vrai
50 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
174 premier plan qui nous empêche de bouger », comme dit fort bien M. Breton. Mais à condition d’aller plus loin et de prendre
51 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
175ux fait preuve d’un art du détail où se révèle le vrai romancier. On serait parfois tenté de le rapprocher de Morand, mais i
52 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
176’auteur de ce récit se lie avec un inconnu qui se dit prince russe et entretient autour de sa vie le plus grand mystère. Ce
177entation pour tous les poètes. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui rabaiss
178r tous les poètes. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui rabaisse tout, peut
53 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
179 Le péril Ford (février 1928)a On a trop dit que notre époque est chaotique. Je crois bien, au contraire, que l’hi
180ement. Un certain ordre s’élabore, ou, pour mieux dire, une organisation générale de la vie mondiale. Toutes les forces du t
181st avec des outils qu’il joue encore à présent », dit‑il. Le plus mémorable événement de ces années de jeunesse, son « chem
182es de jeunesse, son « chemin de Damas » (comme il dit sans qu’on sache au juste quelle dose d’« humour » il met dans l’expr
183sophie de ceux qui n’en veulent pas Nous avons dit tout à l’heure quel fut le but de la vie de Ford, sa « grande et cons
184nce n’étant bien entendu qu’une cause accessoire. Dire que l’état du marché est tel que le client n’achète plus, cela signif
185maine, « retouché l’œuvre de la Création », comme dit Ferrero. Le bon peuple s’extasie. Il ne peut voir la duperie : ce jeu
186ges, n’est-ce pas charmant et prometteur ? Et que dire de cette admirable simplification : « Sur quoi repose la société ? Su
187ichesse qui en est le fruit. On ne saurait mieux dire. Mais il faudrait en tirer des conséquences, alors que Ford passe out
188 aux plus grands esprits de tous les temps. On me dira que Ford a mieux à faire que de philosopher. Je le veux. Mais si j’in
189réunies pour admirer mutuellement leur culture », dit Ford. Et tout est dit ! Le simplisme arrogant avec lequel, de nos jou
190utuellement leur culture », dit Ford. Et tout est dit ! Le simplisme arrogant avec lequel, de nos jours, on tranche les gra
191ltés de l’âme, inutilisées, s’atrophient. Pourvu, dit-on, que subsiste le peu de morale nécessaire aux affaires, tout ira b
192rer. 2° Accepter l’esprit, et ses conditions. Je dis que les êtres encore doués de quelque sensibilité spirituelle devienn
193parmi les jeunes gens, jusqu’au jour où, comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». Irréguliers aux yeux du
194nôtre ? « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon », dit l’Écriture. ⁂ Je ne pense pas qu’une attitude réactionnaire qui cons
54 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
195 nous livrons, voilà tout, moi et les autres”, me disais-je parfois, et il y avait des moments où j’arrivais presque à me conv
196derrière d’un homme ou d’une femme quelconque, et disais “houu !” il ou elle se secouerait enfin, que moi aussi je me secouera
55 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
197nde un peu plus léger, un peu plus profond que le vrai, où l’Éloge de la folie nous entraînait naguère. Jean Cassou vagabond
56 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
198 dans un débat où les voix les mieux écoutées ont dit ce qu’elles avaient à dire. Et d’autre part, les lecteurs de cette re
199 les mieux écoutées ont dit ce qu’elles avaient à dire. Et d’autre part, les lecteurs de cette revue connaissent la thèse de
200oin… dans l’ordre moral ». Et quand cela serait ! dirons-nous, — avec le Benda qui ne trahit pas.) D’autre part, de plus imper
201bon à quelque chose, où rien plus n’est tenu pour vrai que relativement à un rendement. Rien, pas même la religion. 11. Cf
57 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
202ensible et légitime. 4. Je suis de sang-froid, je dis : Belles-Lettres est essentiellement une mystique. Mais parce que je
203 Mais parce que je suis de sang-froid, je ne puis dire grand-chose de plus. On ne se comprend bien qu’entre jeunes hommes iv
204plus large de ces mots.) (Mais je tiens à le leur dire ici : Les Anciens Bellettriens qui ont perdu toute foi ne connaîtront
58 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)
205 que cela n’a point stérilisé : sa nature, il est vrai, s’y prêtait, peu complexe et comme réduite à deux dimensions ; la co
59 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
206aignit de le perdre. — « Eh ! quoi, — vinrent lui dire ses amis, — l’orgueil t’aveugle-t-il ? Veux-tu conserver, ô cruel, de
207ns défendaient la Démocratie outragée, les autres disaient qu’il n’y a plus de morale, et ces jeunes gens ont une façon de tranc
60 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
208 Avant-propos Le dire une bonne fois.   Il ne faut pas songer à décrire en 50 petites pages
209ses manches. Il s’apprête à cracher sur ce que je dirai de plus beau… Oh ! oh ! oh ! il va parler, de grâce mettez-lui les ma
210te amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots à dire. Dès qu’une voix s’élève pour mettre en doute l’excellence du princip
211ères Wright, et tout bêtement, c’est le cas de le dire : l’instruction publique.) Résumé : 1° On a le droit d’aller contre l
61 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
212égales d’ailleurs, dans un certain domaine, c’est vrai. (Il y a encore des poètes pour nous faire comprendre avec enthousias
213’est-à-dire que je me posais la question : est-ce vrai que tous les hommes doivent être égaux en tout ? Et la première répon
214 Et la première réponse fut : Il faut que ce soit vrai, pour que la démocratie prospère et étende ses conquêtes. C’était déc
62 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
215ion d’âge, non d’expérience vécue. Ce que je vais dire est sans doute injuste et faux dans un très grand nombre de cas, mais
216nd nombre de cas, mais pourquoi ai-je envie de le dire ? L’instituteur sous l’uniforme peut être défini par son incompréhens
217 élite responsable, cela se voit de loin. Il faut dire que ce ridicule n’échappe pas à ceux qu’ils méprisent le plus, et ils
218s aux finesses de l’ironie paysanne. Mais je n’en dirai pas plus, de peur de m’échauffer inutilement. Si l’on me poussait un
219essionnelle. J’en connais un qui avait coutume de dire à une classe de garçons de 10 à 11 ans : « J’ai bien su mater les qua
220oujours jaune.) Je n’ai ni le droit ni l’envie de dire du mal des petits-bourgeois. Ils sont au moins aussi sympathiques que
221oigné au même titre que certaines autres maladies dites « sociales ». Je reviendrai peut-être sur ce point. Pour l’instant je
222auté ni à l’utilité, et ils sont déjà démodés. On dit que le style 1880 n’en est pas un : mais l’absence de style est encor
63 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
223nes ont les yeux faibles. Il serait plus juste de dire que la passion n’a qu’une clairvoyance intéressée : mais celle-là est
224stement par cette psychologie de l’enfant dont je disais tout à l’heure que la connaissance n’est pas exigée de ceux qui établ
225gaz. Mais ils se fâchent tout rouge quand on leur dit que la Suisse est caractérisée, aux yeux de l’étranger impartial, par
226avec elles. On apprend plus de deux que de mille, dit un sage oriental dont j’ai oublié le nom. Une autre conséquence du ga
227 ce soit à aucun état social existant. Ce qui est vrai, c’est que le fait, absolument nouveau dans l’Histoire, que l’on obli
228us êtes, de ce fait, contre le régime. Il y a là, dirait M. Prudhomme, un bien grave dilemme.   4. Ce ne sont pas seulement
64 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
229lusion réformiste Bien entendu, tout cela a été dit. (Un peu autrement, j’en conviens). On n’a pas attendu ma colère pour
230mant : je siège ; un troisième lèvera la main, et dira : je lève la main, — au lieu de demander ce qu’on croit. Tout porte à
231oquent des programmes et dont les classes sont de vraies foires ; ils ont toute mon amitié. Cela me permet de leur faire remar
232s à MM. les Inspecteurs des Écoles. Je le crains, dis-je ; car le monde ne progresse qu’à la faveur de malentendus (si tant
65 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
233l’une c’est faire pleurer l’autre. Écouter ce que dit l’une, c’est savoir ce que l’autre pense. Elles ne mourront qu’ensemb
234. Car dans ce monde-là « tout se paye » comme ils disent avec une satisfaction sordide et mal dissimulée. Certes je ne prétend
235s faisaient — et je les excuse pour autant 10. Je dis simplement ceci : leur œuvre n’a été possible que parce qu’elle était
236 députés pour célébrer les bienfaits sociaux, que dis-je, la valeur hautement moralisatrice de ces glapissants entonnoirs.
237 savent ce qu’ils font. Tout se tient, comme vous dites, sans doute pour m’ôter l’envie de bousculer quoi que ce soit. J’aime
238 douleurs de jeune bourgeois. Essayez de venir me dire ça chez moi, n’est-ce pas, mes agneaux. C’est justement dans la mesur
66 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
239oque ! On parle sans cesse de ses besoins. Il est vrai qu’elle est anormalement insatiable… Je crois qu’elle a surtout besoi
240nui, c’est-à-dire de démoralisation — qu’on se le dise ! —, puissance de crétinisation lente, standardisation de toutes les
67 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
241oir obtenu un conformisme de la curiosité. Il est vrai qu’il ne fallait pas moins pour assurer la sécurité d’un régime établ
242ie peut se conserver des siècles encore… Or si je dis que l’École est contre le progrès, c’est que le progrès consiste à dé
243té, comme vous ne manquerez cependant point de le dire, avec ce sens du cliché qui est un hommage à vos maîtres respectés. L
244Cette critique du fonctionnarisme, vous alliez le dire, est un ramassis de lieux communs. Mais il s’en faut, hélas, de beauc
245ous m’attendez à ce tournant et vous me sommez de dire comment, maintenant, je vais m’y prendre pour préparer les temps nouv
246, à un degré supérieur d’inconscience, si je puis dire. Alors ce sera au tour de l’instinct d’intégrer la raison. Je crois q
247l eût fallu certes une imagination prodigieuse au dit sujet pour se représenter même très vaguement notre actuelle civilisa
68 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
248 d’une nouvelle attitude de l’âme. Ceci revient à dire que seule une grande vague de l’imagination collective peut désensabl
249nous usons le plus clair de nos forces — le Poète dira un mot, ou bien fera un acte, et ces peuples de somnambules s’éveille
250s à votre mine stupidement rassurée que vous vous dites : c’est tout à fait moi ! — Détrompez-vous. Vous ne savez pas ce que
251 beugle longuement tout en le suivant. Que faire, diront les gens de bonne volonté dont mon imagination romantique suppose l’e
252r mépris pour l’instruction publique. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent à propos de n’importe quoi, comme on sait, et ils a
253semblance de petites réformes. Mais j’en ai assez dit pour éviter ce malentendu : je ne crois pas à la possibilité d’une ré
254 On croit devoir se défendre : on se moque. On me dit : vous ne voyez tout de même pas une classe de gamins répétant la syl
255uxquelles on l’applique généralement. Ces gens-là diront que je veux militariser l’enseignement ou transformer les collèges en
256connaissance. Je ne sais s’il est très exagéré de dire que tout homme gagnerait à posséder une plus grande puissance intelle
257ds imitent la blancheur éclatante de l’amour… Que dirons-nous ?… Par la force des choses et de l’Esprit, l’homme sera-t-il sau
258ue des personnes bien intentionnées viennent vous dire : « Mais Monsieur, M. Machin que vous attaquez est pourtant un très b
69 1930, Articles divers (1924–1930). Le prisonnier de la nuit (avril 1930)
259 perdus j’écoute encore une voix nue qui vient de dire ton nom même avec l’accent de notre amour et mon visage est immobile
70 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
260 1. Un petit volume « lourd de pensée », comme disent bizarrement les journalistes. (L’esprit n’est-il pas ce qui allège ?
261s le cœur sur les lèvres, qui ait quelque chose à dire, ou une qualité, une richesse d’âme comparable à celle d’un Goethe ou
262siennes un regard distrait mais circulaire, comme dirait Aragon, — et je suppose que Beausire et Simond se livrèrent à ce peti
263 pas importants, des idées « pertinentes », comme dit M. Charly Clerc ; des révolutionnaires sans idéal et sans puissances
264oujours excellemment du « cœur des autres » comme dit M. Gabriel Marcel, présente Nietzsche en Nouveau Messie, comme dit An
265rcel, présente Nietzsche en Nouveau Messie, comme dit Annie Besant. Et c’est charmant, disent les dames. Je ne suis pas aus
266essie, comme dit Annie Besant. Et c’est charmant, disent les dames. Je ne suis pas aussi dur que les dames. … et M. Maurois, c
267s aussi dur que les dames. … et M. Maurois, comme disent beaucoup de gens, qui persiste à passer pour un écrivain ; alors qu’i
268 4. « Quelque grande que soit » mon envie — comme disent Beausire et la Grammaire — mon envie, ma passion d’admirer, je cherch
269on » libère « le lion de mes certitudes » — comme disent Simond et ce grand potache de Maldoror. « Qu’on nous montre un homme…
270ne manière aussi peu compromettante que possible. Direz-vous que les Allemands ne les posent pas mieux ? Du moins n’ont-ils p
271 chose par-dessus, tout de même… Mais ceci, comme dit Kipling, est une autre histoire. 10. Nous voici parvenus au point où
272 est quelque chose qui doit être surmonté » comme dit Zarathoustra — développant sans doute une vue évangélique. Que ce pet
71 1930, Articles divers (1924–1930). « Vos fantômes ne sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)
273 sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)q I Vos fantômes ne sont pas les miens,
274 est assez indiscrète. II Il y aurait beaucoup à dire sur l’admiration dont certains littérateurs français témoignent en fa
275 d’autre que la qualité du regard qui le perçoit. Dis-moi qui te hante… Ainsi, la vulgarité évidente des fantômes décrits p
72 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
276ysages, que dans ses dessins, dont Kikou Yamata a dit ailleurs la précision curieusement nipponne. Quelle admirable maîtris
73 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
277de voyage au hasard et commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… …………………………………………………………………………………………………………… Le
278te angoisse. J’irai chercher moi-même, me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si ta
279 sur les traits de mes auditeurs. — Vous êtes, me dit-on, un amateur de troubles distingués. Peu de sens du réel. Mais nous
280omb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, disiez-vous, le tombeau du prophète Gül-Baba. Puis, comme le soleil se couch
281hemin du Rozsadomb. « Vous n’y verrez, m’avait-on dit, qu’une paire de babouches dans une mosquée vide que personne n’a plu
282ême qu’on impose une livrée. — « Je comprends, me dit-on. Vous êtes pour la fantaisie, c’est bien joli !… » — Non, Monsieur
283ous êtes déjà bien malade. Il perd le sentiment, disait-on, du temps que l’on parlait français. J'expliquais donc que je ne v
284éries d’heures de travail consacrées, si l’on ose dire, à assurer cette mastication. Mais je m’égare, laissons-là ces mouton
285re. C’est le faux merveilleux qui a discrédité le vrai, lequel est quotidien, circonspect, souvent microscopique, moralement
286les de ne le point apercevoir.) Je vais cependant dire quelque chose d’une scène pittoresque. Mais c’est une autre fois que
287rien, gênante comme un cadeau de pauvre, comme un vrai cadeau. Si le conteur ment, — pendant qu’il y est, il ferait mieux de
288’oublierai pas le sourire de ce vieux prince : un vrai sourire, adressé personnellement à l’homme, — et le mot « affable » r
289n cadeau de Dieu. (« C’est Dieu qui vous envoie » dit la formule traditionnelle.) La liqueur de pêche rend démonstratif, do
290t en scandale au monde moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’agence : les journalistes, une fois de plus,
291andeur, d’imaginations absurdes et de souffrances vraies, n’est-ce point le climat de la passion ? — C’est celui de la Hongrie
292a plus vieille capitale de la Hongrie. Attila, me dit-on, y régna. Aujourd’hui c’est la résidence du Prince Primat. Au-dess
74 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
293lon les lois d’une plastique exubérante. Quand je dis que j’observe, je n’observe rien. Il y a des femmes si belles qu’on e
294e drôleries ou de supplication. Je ne sais ce que disent les paroles. Je vois des chevauchées sous le soleil, des campements n
295 : nous entrons dans une ère égyptienne. Mais que dire des pouvoirs de la plaine qui s’agrandit pendant des heures ? — Ce qu
296, c’est de devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protest
297devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protestante ». Mais
298plissé, et cet abruti de contrôleur qui rit et me dit je ne sais quoi, — alors que justement j’allais rattraper, comme un p
299 Il s’agit toujours d’autre chose que de ce qu’on dit. (L’imprudence de penser dans l’insomnie ! Cela tourne tout de suite
300at d’âme et non pas une question de transport. Un vrai voyage, on ne sait jamais où cela mène, c’est une aventure qui relève
301des définitions)… pas de but. — C’est vous qui le dites ! — Vous, naturellement… (Encore un qui se réveille dans ma tête.) —
302grie de mes rêves, ma Hongrie intérieure ? Il est vrai que l’on connaît depuis toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les u
303s toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les uns disent qu’il faut connaître pour aimer ; les autres, aimer pour connaître, a
304minute et à d’autres semblables, en voyage, je me dis que c’est de là que j’ai tiré le sentiment d’absurdité foncière qu’il
75 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
305onteste dans une classe internationale — comme on dirait en style sportif — c’est l’aisance avec laquelle il aborde un Pater,
306respondante en profondeur. Il la possède. On peut dire de sa critique qu’elle pose le problème de l’homme dans sa totalité,
76 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
307la même extension que l’humanité. On n’en saurait dire autant de notre raison. Les faits mystiques — qu’on les prenne en l’é
77 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
308le fantôme de l’Odéon qui m’accompagne et nous ne disons presque rien, nous savons les mêmes histoires et nous avons durant la
309 de politesse distante avec les personnes qui ont dit, ne fût-ce qu’une fois en leur vie : « J’ai horreur de la sentimental
310i donc en taxi, « nous deux le fantôme » comme on disait au village où je suis né, qui n’est pas ma patrie. Ce soir-là, le fan
78 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
311raternité désespérée » devant la mort. Tout cela, dira-t-on, compose une figure originale certes, mais à tel point que sa port
312 M. Malraux se fait de lui-même. Je suis tenté de dire : son moi idéal, celui auquel il donne sa plus profonde et intime adh
313us de quoi composer un semblable personnage, plus vrai que nous-mêmes parce que plus cohérent, plus représentatif et plus ac
79 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
314 qu’elle n’invente ou qu’elle ne stylise. On peut dire, avec plus de louange d’ailleurs que d’ironie, qu’elle touche à tout
315ux : J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie… — Où était placé notre mal ? dan
316c.), qui croient que le pire est toujours le plus vrai ; que la prose est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai
317est toujours le plus vrai ; que la prose est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai que le haut fait, la mesquiner
318 est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai que le haut fait, la mesquinerie plus vraie que la grandeur. C’est sa
319t plus vrai que le haut fait, la mesquinerie plus vraie que la grandeur. C’est sans doute qu’on les a par trop dupés ; ils ne
320r toujours le « distingué » et le « conforme » au vrai. Mais n’est-il pas grand temps de dépasser une réaction de vulgarité
321ici la thèse marxiste, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle sent son xixe siècle. On peut lui faire un grief plus gr
322 viendront y trouver leur liberté. Mais pourquoi dira-t-on, s’arrêter à ces cris d’une révolte égarée par la haine ? C’est qu
323ont on ne saurait prévoir les avatars. Tout cela, disons-le nettement, est d’une singulière incohérence. Et il est évident que
324ue, à l’endroit d’un philosophe caractérisé, nous dit-on, par « sa terreur sincère de la vérité qui menace ». Mais partout
325as comme un homme devrait vivre ». Mais alors, se dit-on souvent en lisant les critiques marxistes — et c’est ici le nœud d
80 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
326ril 1931)e C’est donc qu’il y en a ? avez-vous dit. Depuis le temps qu’on cherchait à nous faire croire qu’une origine p
327 la recherche du beau et le goût intransigeant du vrai, c’est le trait le plus évidemment « protestant » de l’art français.
328n plus que quiconque de principes définis — je ne dis pas de cadres — qui lui servent de thèmes dans ses variations, d’appu
329 », il n’y a pas de « sujets protestants ». Mais, dira-t-on, il y a tous les sujets chrétiens ! C’est bien là que nous voulion
81 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
330e, on pourrait résumer la pensée de Keyserling en disant qu’il oppose à l’idéal actuel d’assurances à tous les degrés — idéal
331itif, immédiat parce qu’éternel. Là où Keyserling dit seulement adaptation, nous ajoutons régénération ; et lorsqu’il dit s
332tation, nous ajoutons régénération ; et lorsqu’il dit spiritualité, nous pensons connaissance mystique.
82 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
333ez savoir comment cela s’applique à mon histoire, dit l’auteur dans sa préface, lisez-la, et si vous la lisez, ne dites pas
334ans sa préface, lisez-la, et si vous la lisez, ne dites pas à vos amis ce qui arrive avant qu’ils n’aient lu eux-mêmes le liv
335-mêmes le livre. J’espère que les critiques ne le diront pas non plus ; mais je sais que c’est beaucoup leur demander. » Eh bi
336 de multiples week-ends… » Il y aurait beaucoup à dire pour et contre le roman mondain — entendons mondain par le cadre et l
337plus pures que celles de la vie courante, on peut dire que les romans « mondains » de Baring ne manquent pas à cette tâche,
338orte à proprement parler de morale, malgré ce que dit l’auteur dans sa préface. Bien plutôt, elle est l’expression concrète
339t cela qui forme le sujet implicite, nous l’avons dit, de son œuvre romanesque. Et c’est par tout ce qu’elle contient d’ine
340en et vit dans un milieu catholique qui n’exerce, dit-elle, aucune pression sur ses convictions religieuses. Mais le mot co
341le-mère sont nettement antipathiques, mais ils ne disent rien, eux !) Comment Blanche ne se sentirait-elle pas attirée par la
342e adhésion à ce qui lui semble être la vérité. Sa vraie conversion a lieu beaucoup plus tard, lorsqu’elle trouve, à force de
343nche se souvint que Lady Mount-Stratton lui avait dit presque la même chose dans le Podere à Florence. — Je sens, il est vr
344hose dans le Podere à Florence. — Je sens, il est vrai, que j’ai commis des erreurs irréparables. — Vous avez le droit de vo
345e pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles Du Bos « cette tristesse par-delà la tristesse que Baring exc
83 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
346re, en France tout au moins, — du plus actuel, je dirais même du plus urgent de tous. Soeren Kierkegaard naquit à Copenhague e
347, se demande-t-il ? Les prêtres sont-ils, dans le vrai sens du mot, les successeurs du Christ ? Ne sont-ils pas plutôt des f
84 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
348 c’est surtout le fond des vallées, — si l’on ose dire, — où il fait vivre d’imaginaires bons sauvages. Et pour la grande ma
85 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
349 Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)j Dire de ce livre qu’il ne ressemble à rien serait une louange trop littéra
350gences véritables et sans grandeur. Peut-être, se dit-on en le fermant, est-il réellement impossible à une âme chrétienne d
351st qu’un de ces meneurs écrive un livre pour nous dire comment il voit le peuple, comment il l’aime, et quel est le secret d
352s, en plein accord avec son expérience intime (je dirais même sentimentale), et avec sa foi chrétienne. Il peut livrer sans cr
353mplicité, il parvient à être si émouvant. On peut dire que dans ces deux gros volumes si nourris, il n’y a pas deux lignes d
354et de descriptions des lieux où ils vivent. C’est dire que l’œuvre mérite l’effort d’attention soutenue que plusieurs chapit
355osophie. Il entendait une voix intérieure qui lui disait : « Si tu te mêles de ces affaires, tu ne seras toi-même, à la fin, p
356. » Mais au même moment une autre voix intérieure disait : « La bonté est le sel de la vie. L’organisme social demande des sac
357 n’est par une révolution ? Je vous demande de me dire clairement votre pensée à ce sujet. Eiichi se taisait. Une minute, de
358 se taisait, car il savait qu’il était inutile de dire quoi que ce soit à cet homme en colère. Trois, quatre, cinq minutes s
359usqu’au bout des doigts. Il eut été impossible de dire lequel des deux était le juge de l’autre. Eiichi est provisoirement
360sentait graduellement attiré par le Christ. Il se disait que ce n’était pas dans la mer qu’il fallait se jeter, mais dans les
86 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
361elligence sera de son côté. — « Causons un peu », dit le serpent… ⁂ Divers, recueil d’aphorismes, de « caractères » et de
362et. Que Gide ne soit pas si « mauvais » qu’on l’a dit, — ou qu’il a bien voulu s’en donner l’air — je suis prêt à le concéd
363it pas supporter qu’on l’engage. Mais qu’est-ce à dire lorsqu’on comprend que, non satisfait de s’y complaire, il croit y dé
364croit y découvrir son originalité, ou comme il le dit : son « paysage intérieur ». « Je puis dire que ce n’est pas à moi-mê
365 il le dit : son « paysage intérieur ». « Je puis dire que ce n’est pas à moi-même que je m’intéresse, mais au conflit de ce
366ence de sa « réforme » et de sa nouveauté. Luther disait : « Je ne puis autrement. » Gide, lui, se préoccupe sans cesse de fai
367amment mesuré, conscient, exquis, mais, pour tout dire, complaisant et sans vénération. Complaisant à sa propre modestie. Et
87 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
368s romans est un indice révélateur, car quoi qu’on dise de la différence entre la vie et le roman, la composition de celui-ci
88 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
369ôt incomplet et coupable. Il est donc possible de dire que le péché est la mesure du démesuré, et que pour le chrétien il n’
370 de tout son être spirituel des faits nouveaux et vrais, dans un certain style. Car il n’est point de vérité sans forme. Quel
371 certaine clarté dispense le lecteur. On pourrait dire aussi que l’indiscret est celui qui se préoccupe de défendre plutôt q
372et parfois tourne en sournoise malice. On ne peut dire précisément de Kassner qu’il réfute ses adversaires — Freud en partic
89 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
373-Paul par l’actualité (peut-être même faudrait-il dire : par la nécessité) la plus brûlante : Américains et Allemands chez n
374éciales décrites par Léon Bloy. Joli monde, comme disent les échotiers. Remercions Candide d’avoir poussé les choses assez loi
90 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
375s l’état où se trouve la France en 1932. Est-ce à dire qu’il faille entreprendre une description méthodique des circonstance
376ridiques déduits par voie de faits — si l’on peut dire — des mêmes principes. Sangnier devait relever l’anomalie : Briand me
377 feraient volontiers tuer. Jean-Richard Bloch l’a dit à la barre des témoins : Martin fait dans la paix ce que firent à la
378 « Nous avons proposé un maître à ce jeune homme, dit le pasteur Cooreman. C’était le Christ. Martin est coupable de l’avoi
91 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
379traité en profondeur, — roman-plongée pourrait-on dire — d’une sourde et hautaine gravité, apparaît comme le premier chef-d’
380les-ci comme leur accusation perpétuelle ? Car la vraie question qu’elles posent, chrétiennement, c’est de savoir si nous les
381t de savoir si nous les méritons encore. Comme le disait un homme d’esprit, plus l’ancêtre dont on se réclame est éloigné, moi
382res « bien protestants ». Je serais même tenté de dire, forçant un peu ma thèse, que ces traits négatifs, alliés à d’évident
383qui vont aux produits déviés de notre foi. Il est vrai que ceux-ci sont souvent les plus éclatants. Car un système politique
384dans le détail une accusation que certains, déjà, disent banale, pour lui ôter sa force, je le crains. ⁂ Le puritanisme, expre
385e. Car il est certains cas où celui qui craint de dire toute la vérité n’exprime par là rien d’autre que sa méfiance vis-à-v
386« selon l’immensité de sa grandeur » comme il est dit au dernier psaume. 28. Denis Saurat, dans la Nouvelle Revue frança
92 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
387t une de ces « questions au christianisme » comme dit Barth, une de ces questions qui nous sont posées comme autant d’accus
388 mais plutôt pour en faire sentir l’acuité. Mais, dira-t-on d’emblée, le simple fait qu’une équivoque si grave subsiste et par
389 Seigneur et Jésus son fils bien-aimé. C’est vous dire que j’ai acquis plus de raison et d’expérience : la crainte du Seigne
390affirmations nettement immanentistes, ou comme on disait alors, panthéistes. Source de malentendus perpétuellement renaissants
391 communauté de la foi chrétienne l’homme qui a pu dire qu’il s’inclinait devant le Christ comme devant la « révélation divin
392d elle juge le monde séparé de Dieu. Il n’est pas vrai de dire qu’un monde séparé de Dieu doit ou peut être envisagé comme u
393uge le monde séparé de Dieu. Il n’est pas vrai de dire qu’un monde séparé de Dieu doit ou peut être envisagé comme un monde
93 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
394ond : christianisme ou marxisme. Ce qui revient à dire que seuls les chrétiens, en tant que chrétiens, non pas en tant que b
395: péril de gauche et péril de droite, pourrait-on dire, afin de simplifier. M. Thierry Maulnier vient de réunir en volume un
396bordés dans son livre montre un esprit averti des vraies valeurs de ce temps. Il réfute MM. Berl et Guéhenno, sur la question
397gativisme m’apparaît caractéristique de la pensée dite « de droite », et c’est par là surtout que M. Thierry Maulnier révèle
398ieuses, sont donc abstraites. Il ne suffit pas de dire à ses contemporains qu’ils ont tort de penser ceci ou cela avec passi
399de se borner à sa défense ; de ne pas voir que la vraie défense, c’est l’attaque. Nous avons moins besoin d’idées justes que
400 sont retournées ici. La philosophie présente qui dit et croit qu’elle se déroule au profit de l’homme, est-elle dirigée ré
401aractérisée par son refus d’aborder les questions dites vulgaires, qui conduiraient à des conclusions dangereuses pour l’ordr
402d’immanence, de contingence, et l’on ne voit pas, dit M. Nizan, « comment ces produits tératologiques de la méditation pour
403ne tombe pas sous le coup de leurs techniques. On dira sans doute que l’auteur exagère quand il dénonce le péril d’une pensé
404lle et dépourvue d’intérêt humain concret. On lui dira que ce n’est pas si grave, que le monde n’est plus mené par les philo
405érents à l’être concret. Seul l’Évangile, — je ne dis pas les religions, ni leurs morales, ni leurs prêtres, ni tout leur a
94 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Hic et nunc [éditorial] (novembre 1932)
406ste — hic et nunc — un certain nombre de choses à dire, un certain ordre de vérités qu’il n’est plus possible de taire. Mais
407 ce lieu : ce lieu de témoignage où puissent être dites avec tout le sérieux, toute l’ironie, toute la décence, toute la viol
408des vérités actuelles, personnelles, dangereuses. Dites à nous-mêmes, d’abord ; à tous ceux qui voudront les entendre ; à ceu
409 ; en face d’une pensée religieuse qui, pour tout dire, trahit sa mission de scandale, et tente lâchement de réduire le divi
410d’espérance, car ce n’est pas aux hommes que nous disons : nous voici.
95 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
411le signe même de notre condition. Et lorsque nous disons le « monde-chrétien », nous exprimons par ces deux mots l’antinomie h
412— faussement appelée esthétique, qui consistait à dire : comme elles sont bien peintes ! (ou mal). — Pauvre type ! Peut-être
96 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
413. Ce n’est pas un art d’après le peuple4, mais on dirait presque : d’avant. Il n’est pas jusqu’à son Antiquité qui ne coïncide
414fficace des choses les plus simples. Mais il faut dire maintenant l’actualité tout à fait singulière d’un tel livre. Il y a
415perpétuel — et la Fin du Monde est l’un d’eux. Un vrai mythe, c’est-à-dire un événement perpétuellement possible, qui reçoit
416e ces Signes. Aussi serait-il bien insuffisant de dire d’une telle œuvre, datée de 1919 et reparue en un temps de crise, qu’
417lle : c’est en quelque sorte le contraire qui est vrai ; c’est notre temps qui revêt une actualité7 et une réalité véritable
97 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
418 Le silence de Goethe (mars 1932)d « L’homme, dit Goethe, ne reconnaît et n’apprécie que ce qu’il est lui-même en état
419es vies, à leur équation d’existence, pourrait-on dire. Or c’est, chez l’un comme chez l’autre, une révolution profonde de l
420 quelques essais d’alchimie. Coquetteries, a-t-on dit, — mais il n’est point de sentiments intermédiaires qui ne conduisent
421rmes d’existence que la Nature se voit pour ainsi dire contrainte d’assigner à l’homme actif 8, l’on découvre que c’est la m
422ement dès lors est fatal. « Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un
423e passage fameux de la Saison : « moi qui me suis dit mage ou ange… » rappelle étrangement ces vers du Premier Faust que l’
424ère, et les yeux, entre cette bouche et ce front, disent d’un sobre et méditant regard le mot suprême de la Saison, ce cri sou
425n fait de notre vie ne vaut pas en tant qu’il est vrai, mais en tant qu’il signifie quelque chose… Il est bien rare que l’on
426 redevient notre seul critère de cohérence. C’est dire que nous demandons aux œuvres que nous aimons de témoigner d’une cert
98 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling (juillet 1932)
427 sont fermés à toute poésie à l’état sauvage — la vraie.
99 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
428aire. Une simple question de vocabulaire comme on dit, — lorsqu’on se soucie peu de savoir ce qu’on dit.
429dit, — lorsqu’on se soucie peu de savoir ce qu’on dit.
100 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
430i sourds qu’ils ne s’irritent de nos cris. Il est vrai que certains, au lendemain de la guerre, ont trop souvent crié au lou
431tent Marx : une « utopie » sans doute, — du moins vraie celle-là.   Les témoignages qu’on a pu lire plus haut définissent deu
432de marcher. Nous jouerons tout sur une révolution vraie. Les catastrophes sont proches. Nous ne sommes plus les seuls à le di
433 sont proches. Nous ne sommes plus les seuls à le dire. Beaucoup de capitalistes l’ont si bien compris qu’on peut les voir d
434st la mort19. Mais la coefficience de deux termes vrais, et assumés comme tels, c’est la personne. L’opposition de Proudhon e
435ns22. Proposition antirévolutionnaire, il faut le dire, et niée par les faits dont elle se réclame implicitement, Lénine réu
436ons de membres sévèrement contrôlés. « Mais, nous dit-on, les constructions d’un Lénine n’étaient pas songes, elles s’appuy
437re : jusqu’à ce point où le marxisme, révélant sa vraie nature, apparaît comme un cas privilégié de la folie capitaliste-maté
438nt, l’enjeu de la révolution nouvelle. Ici, je ne dirai plus nous, mais je. À la question « Prenez-vous au sérieux vos idées,
439il n’est de pardon que pour celui qui agit. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous ret