1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1rer là-dessus l’attention du médecin, mais il est plus difficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver
2es auxquels notre temps doit vouer l’attention la plus grave — car il vécut dans ces marches de l’esprit humain qui confinen
3nfinent peut-être à l’Esprit et dont certains des plus purs d’entre nous se préparent à tenter le climat, — j’avais rêvé sur
4hasard… Hier, c’était la Pentecôte. La fête de la plus haute poésie. Mais dans ce siècle, où tant de voix l’appellent, combi
5ar aussitôt l’on se met à raconter les choses les plus affreuses sur son compte, simplement parce qu’il a aimé une femme, po
6. Avril et Mai et Juin sont lointains, Je ne suis plus rien, je n’aime plus vivre. Il y avait encore plus de paix que maint
7n sont lointains, Je ne suis plus rien, je n’aime plus vivre. Il y avait encore plus de paix que maintenant. La grande allé
8us rien, je n’aime plus vivre. Il y avait encore plus de paix que maintenant. La grande allée sur l’île n’existait pas, en
9u bon sens hochent la tête et citent la phrase la plus malencontreuse de Pascal : le « Qui veut faire l’ange… » a autorisé d
10de l’âne… Écoutons plutôt Bettina — la vérité est plus humaine, est plus divine, quand c’est une telle femme qui la confesse
11 plutôt Bettina — la vérité est plus humaine, est plus divine, quand c’est une telle femme qui la confesse : « Celui qui ent
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
12Le rapprochement est peut-être prématuré, tout au plus peut-on dire qu’à l’heure présente déjà, son œuvre, comme celle de Ba
13éjà, son œuvre, comme celle de Barrès, nous offre plus qu’un agrément purement littéraire : une leçon d’énergie. Il se pique
14a bravement affirmé son unité. Car le temps n’est plus, où les jeunes gens se faisaient, avec sérieux, des âmes exceptionnel
15ment compliquées, qui s’exprimaient en une langue plus compliquée encore et nuancée jusqu’à l’ennui. La guerre a donné le co
16, c’est-à-dire libres. Et cela me semble d’autant plus paradoxal que M. de Montherlant est justement un des premiers Françai
17l sur une musique que je n’entends pas ? » — Mais plus que le corps en mouvement, c’est la domination de la raison sur ce co
18 règle ; on l’assimile, à tel point qu’elle n’est plus une entrave à la violence animale déchaînée dans le corps du joueur à
19e un jeu sérieux dont on respecte les règles, non plus comme une lutte sauvage et déloyale, la morale d’équipe devient toute
20rité, comme bien l’on pense). Enfin, enseignement plus général de la morale sportive : « la règle de rester en dedans de son
21e et qui gouverna le monde ancien : La moitié est plus grande que le tout ». Le sport comme un apprentissage de la vie : tou
22bien ce qu’on objectera : le sport ainsi compris, plus que l’apprentissage de la vie, est l’apprentissage de la guerre, dira
23sez fortes pour pouvoir tout lire, et il n’y aura plus besoin de roman catholique. » C’est ce qu’on pourrait appeler une « m
24orale jésuite. Mais enfin, voici un homme, et non plus seulement un homme de lettres. Un homme en qui s’équilibrent déjà l’e
25ent rien 2  ; sa morale virile nous est néanmoins plus proche que la sensualité vaguement chrétienne de tel autre écrivain c
3 1924, Articles divers (1924–1930). Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)
26s. Ils en reviennent chargés de chefs-d’œuvre, et plus conscients de leurs moyens d’expression. Très maîtres de leur techniq
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
27 en arrière. Montherlant est dur pour ses erreurs plus encore que pour celles de l’adversaire, ce qui est beaucoup dire. Il
28 la tourmente humaine ne la moleste ni ne l’avive plus, cruelle et désolée comme cette « flamme pensante » dans l’Ossuaire d
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
29eton à masquer la banalité de la pensée. D’autant plus que les rares passages où il expose directement les principes de sa «
30jourd’hui concevable. Mais par quelles tricheries plus ou moins conscientes M. Breton peut-il préconiser l’existence d’une l
31s. Mais elle risque bien de nous en rendre un peu plus esclaves. Car depuis Freud — dont ils se réclament imprudemment, — on
32 Philosophies laissent pressentir des révolutions plus réelles. On souhaite qu’après faillite faite, les surréalistes trouve
33ridicule le cède ici à un ton de mage qui ne fera plus longtemps impression. C’est grand dommage pour les lettres françaises
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
34 des groupes dissidents. Le miracle, c’est que le plus sauvage génie ait choisi un être de cette espèce pour le tourmenter e
35étique terrassant un corps minable, il ne restera plus que les flammes, les soleils et aussi les grimaces de douleur de ses
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
36es et des négligences. Mais on ne demande pas non plus au puissant boxeur sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
37ing, les Guénon, qui les font entendre, autant et plus que les Tagore et les Gandhi, demi-européanisés. Ceci convenu, il fau
38érons pourtant quelques-uns des points de vue les plus riches ou les mieux définis. Pour Valéry, la supériorité de l’Europe
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
39t, tentant des amours nouvelles et les fuites les plus folles hors de la réalité, ils forment un cortège pittoresque et déso
10 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
40s nous transportent au cœur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité littéraire, problème de la personnal
41velles « sont réels, très réels, de la réalité la plus intime, de celle qu’ils se donnent eux-mêmes dans leur pure volonté d
42d’action les possède, les exalte, les affole. Les plus beaux types créés par Unamuno sont ces femmes dures et passionnées, R
43ante volonté. Car on imagine difficilement un art plus dépouillé de détail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de ces troi
11 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
44tantisme de Vinet ? Ne voit-il pas que rien n’est plus protestant qu’une telle attitude ? Mais ces réserves sont de peu d’im
45e nous rend en réintroduisant dans l’actualité la plus brûlante les richesses intellectuelles et morales du grand vaudois. V
46ationnel, dit M. Seillière — me paraît infiniment plus forte que celle d’un Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité es
47Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité est plus réellement profonde, son point d’appui plus central. Pour notre époqu
48é est plus réellement profonde, son point d’appui plus central. Pour notre époque déchirée entre un thomisme et un nihilisme
49u mal du siècle, il n’est peut-être pas de pensée plus vivante, ni de plus tonique que celle de ce « Pascal protestant ».
12 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)
50e qu’il invente nous lasse quand elle ne l’étonne plus assez lui-même (pourtant l’autel et le surréalisme l’ont enrichie d’i
51me trouble mieux que son lyrisme cosmique. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. «
13 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
52ent où l’on est sûr que ça brûle bien. Quel sujet plus riche pouvait-on rêver pour un psychologue de la puissance de Walpole
53l quitta sa fenêtre, se traîna jusqu’à l’angle le plus éloigné du réduit, et se blottit là, sur le sol, les yeux grands ouve
54lte. Aucun cadre logique ne détermine l’avenir le plus proche. Il n’y a pas même des forces endormies dans l’âme russe : mai
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
55er, un Bainville, quelques autres, sont parmi les plus conscients de ce temps ; mais si l’on songe aux bataillons de pâles o
56onnaissent ne pas pouvoir les séparer. On n’écrit plus pour s’amuser : ni pour amuser un public. Un livre est une action, un
57. Un livre est une action, une expérience. Et, le plus souvent, sur soi-même. On écrit pour cultiver son moi, pour l’éprouve
58able de tout le « mal », le Romantisme — et c’est plus que probable. Mais il en tirait une raison nouvelle de le condamner,
59douleurs, plaisirs rares ; et les dissonances les plus aiguës prennent la place d’honneur dans des esthétiques construites e
60sayé. Dégoût, parce qu’on se connaît trop, et que plus rien ne retient. (Or on ne crée que contre quelque chose, contre soi,
61faire du pain ; et c’est très beau, Aragon, de ne plus rien attendre du monde, mais on voudrait que de moins de gloriole s’a
62 finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, — plus jeune, il n’a pas fait la guerre — c’est le même désenchantement préc
63té par ceux qui le portent en eux qu’il en paraît plus incurable. Ces jeunes gens n’en finissent pas de peindre leur déséqui
64os, etc. — Certes, aucune époque ne fut à la fois plus morale et plus immorale, parce qu’aucune ne s’est autant attachée à c
65es, aucune époque ne fut à la fois plus morale et plus immorale, parce qu’aucune ne s’est autant attachée à chercher dans le
66r que les tendances négatives l’emportent, il est plus facile et plus enivrant de se laisser glisser que de construire. Et l
67nces négatives l’emportent, il est plus facile et plus enivrant de se laisser glisser que de construire. Et l’on y prend vit
68s chaînons d’inquiétude, de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de Lafcadio géné
69orgueil, sachant une chose si forte, de me sentir plus fort encore et de la vaincre. — Mais la joie d’une si haute victoire
70 l’esprit qui n’utilise une borne que pour sauter plus loin. Ainsi, c’est par humilité qu’on renoncera à la vertu, sous prét
71le sens des ensembles rationnels. Nous ne pensons plus par ensembles 7  : symptôme de fatigue. Mais tout cela : dégoût unive
72 sommeil.) La fatigue devient un des éléments les plus importants de notre psychologie. Images des surréalistes — ils l’indi
73matismes. En art, la fatigue est un des états les plus riches de visions nouvelles, et qui résiste le mieux à l’analyse. Seu
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
74es qui donnent à tous les actes une signification plus profonde. (Il serait aisé de montrer quel parti Jouve a su tirer des
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926)
75e l’auteur l’ait alourdi d’une idéologie, souvent plus généreuse que neuve, et qui eût gagné à être mise en action plutôt qu
17 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Wilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926)
76s fatigant. « Le paon dédaigne encor mais ne fait plus sa roue. » Ce poète — qui fut aussi le prosateur charmant du Pédagogu
18 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
77Rappel à l’ordre (mai 1926) t Sous ce titre, le plus étonnant peut-être qu’il ait trouvé, Jean Cocteau a réuni ce qui me p
78le poète. Il ne l’est jamais moins qu’en vers. Sa plus incontestable réussite à ce jour est le Secret professionnel, petit c
79 intelligence, et dont l’audace est de se vouloir plus juste que bizarre. Il sait bien d’ailleurs que les miracles les plus
80rre. Il sait bien d’ailleurs que les miracles les plus étonnants sont ceux de la lumière. « Le mystère se passe en plein jou
19 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
81 qu’ils en disent, « artistiqués », — ils n’osent plus le mensonge de l’art, et pas encore la vérité pure — Crevel décrit sa
82a génération. Terrible aveu d’impuissance, il n’a plus même la force de l’hypocrisie. Isolé dans un hôtel perdu, avec son co
83dévoile cyniquement René Crevel. Il en est peu de plus effrayants. Ah ! Seigneur, donnez-nous la force et le courage de con
20 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
84’usure des milliers d’êtres humains ». Elle n’est plus adaptée aux conditions nouvelles de travail ou de repos, ni dans son
85atière. Si Le Corbusier réalise son plan, ce sera plus fort que Mussolini (lequel s’est d’ailleurs inspiré de lui dans son f
86odernes. Voici sans aucun doute un des livres les plus représentatifs de l’époque de Lénine, du fascisme, du ciment armé. « 
87à l’heure des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des enceintes transparentes, et minces en regard de leur hauteur,
88is aux lois de l’esprit et de la vie sociale, non plus à un opportunisme anarchique. Tirer des lignes droites, est le propre
21 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
89ernandez aborde par ce biais l’œuvre de Gide, qui plus qu’aucune autre me paraît liée à cette confusion. Mais s’il est bien
90 en train d’ôter sa valeur littéraire au genre le plus encombré et le plus impur qui soit. On n’a pas ménagé les critiques à
91valeur littéraire au genre le plus encombré et le plus impur qui soit. On n’a pas ménagé les critiques à cette œuvre. Cela t
22 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
92 tome des mémoires de Montherlant : dans ce récit plus encore que dans les œuvres précédentes, on voit beaucoup moins l’œuvr
93sent. C’est dire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composition ou de perfection formelle. Pour q
94’il saura fonder sa gloire future sur des valeurs plus humaines. p. 397 x. « Henry de Montherlant : Les Bestiaires (Gra
23 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
95ce cœur fatigué se reprend à souffrir, il ne sait plus de quels souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour rév
96renait pas comment on pouvait tant souffrir et ne plus aimer ». Closain se tue pour finir le livre. Livre charmant et bizarr
97ue qui lui convient, mais ici mêlée à une émotion plus grave, qui transparaît parfois et nous fait regretter que l’auteur ne
24 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
98l avec nos rêves de puissance : notre ambition la plus haute échoue. La tristesse règne sur nos villes. (Neurasthénie, ce ma
99dieux ? — nous prenons chaque jour une conscience plus claire de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice
100re race… ». Et peut-être n’est-il pas de position plus périlleuse, puisqu’elle risque de ne laisser subsister en nous qu’un
25 1926, Journal de Genève, articles (1926–1982). Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)
101lectuel une « Question d’Orient » dont on ne peut plus méconnaître l’urgence. Des prophètes — hindous à demi-européanisés ou
102l’Europe, me paraît destiné à lever plusieurs des plus tenaces de ces confusions. M. de Traz a visité l’Égypte, ses habitant
103 en rien à un don de sympathie qui est parfois la plus subtile de ses ruses de psychologue. C’est parce que son livre, aux p
104t ni un album de vues pittoresques, ni le journal plus ou moins lyrique auquel nous ont habitués les voyageurs en Orient, ma
105rientaux. L’intérêt d’un livre comme celui-ci est plus dans l’opposition des deux mondes que dans la peinture elle-même de l
106ceci que je trouve si juste : « Ce qui définit le plus profondément l’Occidental, c’est peut-être la fidélité. » Ses remarqu
107rdies — de la hardiesse de ce bon sens qui est le plus éloigné du sens commun — mais qui reste trop méfiant de tout romantis
108ge à Jérusalem : le christianisme n’est-il pas le plus beau don de l’Orient à l’Europe ? Il y a là des pages d’un accent trè
26 1926, Articles divers (1924–1930). Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)
109on morale ou leurs souffrances semblent s’être le plus rapprochés du Christ ; et dans l’Église persécutée, le martyre devien
110tinue à faire des saints, tandis que ce terme n’a plus qu’un sens relatif pour nous protestants. Est-ce là nous juger ? Les
111critiques. Mais c’est pour affirmer avec d’autant plus de force que « en situant tout le devoir chrétien dans l’accomplissem
112 sainteté parfaite ne commence qu’aux limites les plus hautes de la vertu. Dans ce sens, il ne peut exister de saint véritab
27 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
113enne d’étudiants eurent lieu au printemps, et non plus à Sainte-Croix, mais à Aubonne. Un plein succès a répondu à cette inn
114il de la Drôme, dont il est l’un des artisans les plus actifs. Pour remplacer un travail promis par M. A. Reymond malheureus
115qui ont vu, qui ont souffert, et qui ne se payent plus de mots ni d’utopies, Clerville, Janson et Brémond ont su arracher le
116ous voulons, c’est élever l’homme au-dessus de la plus dégradante condition, et nous n’y arriverons que par un travail d’édu
117 repas réunissent tout le monde dans la gaieté la plus charmante. On y vit un ouvrier en maillot rouge assis entre un banqui
28 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
118on peut bien dire du diable et se termina sous le plus beau soleil de printemps. Libre à qui veut d’y voir un symbole. On ne
119t simplement. Mais précisons : [p. 45] c’est bien plus que la liberté de défendre sa petite hérésie personnelle et de s’affi
120trui, — c’est la liberté dans la recherche. Chose plus rare qu’on ne pense, à Aubonne on se sent prêt à tout lâcher pour une
121s en matières sociales. Mais ce qui est peut-être plus important, on eut l’impression, durant les discussions entre de Sauss
29 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
122rdons voix dans le débat d’écrire, aux forces les plus secrètes de notre être comme aux calculs les plus rusés. Nous choisis
123plus secrètes de notre être comme aux calculs les plus rusés. Nous choisissons les idées comme on choisit un amour dont on e
124 dégoûts étranges viennent m’habiter ; je ne sais plus… Je suis beaucoup de personnages, faudrait choisir. Vous me direz qui
125s et dominateurs par quoi l’homme ne se distingue plus de l’animal. Louée soit ma force et tout ce qui l’exalte, et tout ce
126r ma vie — toute ma joie ! » [p. 146] Ce n’était plus une douleur rare que j’aimais dans ces brutalités, c’était ma liberté
127out. S’il est une révélation, c’est en me rendant plus parfait que je lui préparerai les voies. Agir ? Sur moi d’abord. Il n
128rai les voies. Agir ? Sur moi d’abord. Il ne faut plus que je respecte tout en moi. Je ne suis digne que par ce que je puis
129tionner : cela consiste à retrouver l’instinct le plus profond de l’homme, la vertu conservatrice qui ne peut dicter que les
130nservatrice qui ne peut dicter que les gestes les plus favorables. J’ai d’autres instincts et je n’entends pas tous les cult
131as dans ces limites. Ma liberté est de les porter plus loin sans cesse, de battre mes propres records. De ce lent effort naî
132rps à une faiblesse en la nommant ; or je ne veux plus de faiblesses 4 .) Et demain peut-être, agir dans le monde, si je m’e
30 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
133ui faisait la richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était périlleux : si par
134u Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était périlleux : si particulier, il prêtait à d
135herlant reste poète jusque dans la description la plus réaliste de la vie animale. Et n’est-ce pas justement parce qu’il est
136aureaux ne se manifeste ce passage du réalisme le plus hardi à un lyrisme plein de simple grandeur. Voici la mort du taureau
137rce qu’il est poète : le chant fini, il n’y pense plus. On comprend qu’une telle attitude agace des gens qui se soucient ava
138de l’instinct universel et nous élèvent à une vie plus âpre et violemment contractée, par la grâce de l’éternel Désir ? p
31 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
139lle accueille le ciel — et derrière, elle devient plus secrète. Vers l’est, des collines fluides et roses. De l’autre [p. 54
140 Cascine. Vers sept heures, il n’y en eut presque plus. Nous étions seuls sur le pavé qui exhalait sa chaleur, au long des q
141suivions maintenant le sentier du bord du fleuve, plus bas que la Promenade désertée. Sur les eaux, comme immobiles, des nua
142rt dur des berges : un malaise montait dans l’air plus frais, avec l’odeur du limon. Nous marchions vers ces hauts arbres cl
143ant entrer là-bas dans je ne sais quelle harmonie plus reposante. Cette imparfaite accoutumance au monde de sensations incon
144baignés nous promettait pourtant une connaissance plus intime de certaine tristesse. Seule une maison blanche est arrêtée to
145, de romantisme… nous voici dans une réalité bien plus étrange.) Une atmosphère de triste volupté emplit notre monde à ce ch
146œufs s’engagent dans le marais, cherchant le gué. Plus proches, les syllabes nous parviennent au ras du fleuve sombre. Nul d
147ui s’impose à nos pensées. Ici la vie n’a presque plus de sens, comme le fleuve. Elle n’est qu’odeurs, formes mouvantes, rem
148fatigués de l’esprit qui les exerce, des voluptés plus faciles — pour infuser dans nos corps charmés d’un repos sans rêves u
149repos sans rêves une langueur dont on ne voudrait plus guérir… Mais nous voyons la ville debout dans ses lumières. Architect
150rapide dans un décor qui est le rêve éternisé des plus voluptueuses intelligences — tous les tableaux dans le noir des musée
151 pour être seul parmi la foule, lève les yeux, au plus beau ciel du monde. p. 547 h. « Soir de Florence », La Semaine
32 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
152ès bien. Les circonstances l’exigent, d’ailleurs, plus que jamais, et plus que jamais, nous semble-t-il, notre revue a sa ra
153tances l’exigent, d’ailleurs, plus que jamais, et plus que jamais, nous semble-t-il, notre revue a sa raison d’être. La vie
154as la meilleure raison pour nos aînés de chercher plus patiemment encore à nous comprendre et de nous accorder une confiance
155toujours « autre chose ».) Nous ne prétendons pas plus être « bien Bellettriens » — prétention éminemment peu bellettrienne.
156ment peu bellettrienne. Que sommes-nous donc ? Le plus qu’on puisse dire, c’est que vous le saurez un peu mieux quand vous a
33 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
157e anarchie dont on ne veut pas avouer qu’elle est plus nécessaire — provisoirement — que satisfaisante pour l’esprit. C’est
158que fier et un peu douloureux des défaitismes les plus subtils comme des plus pures et loyales inquiétudes. Sincérité, le ma
159oureux des défaitismes les plus subtils comme des plus pures et loyales inquiétudes. Sincérité, le mal du siècle. Tout le mo
160endu les éclaircissements du subtil abbé pour n’y plus rien comprendre. ⁂ Qu’on imagine un personnage de tableau se mettre à
161ns aussi perfides et si profondément mêlées à ses plus chères aventures. [p. 15] Sincérité et spontanéité « Nos actes les p
162 [p. 15] Sincérité et spontanéité « Nos actes les plus sincères sont aussi les moins calculés », écrit Gide. D’où l’on peut
163En chaque être, le pire instinct me paraissait le plus sincère. » La sincérité spontanée, vertu moderne en qui renaît un myt
164à l’auteur, il n’y a pas de gratuité. Le geste le plus incongru du héros n’est jamais que le résultat d’un mécanisme inconsc
165 personnalité. Ce serait un moyen de connaissance plus intégrale de soi. Mais pour être moins pittoresque et plus « entachée
166grale de soi. Mais pour être moins pittoresque et plus « entachée d’utilitarisme », la décision réfléchie, aussi peu gratuit
167nant à nous donner de nous-mêmes une connaissance plus intense et plus émouvante ; mais la morale, plutôt que de nous consta
168er de nous-mêmes une connaissance plus intense et plus émouvante ; mais la morale, plutôt que de nous constater, doit nous c
169onstater, doit nous construire — selon le mode le plus libre, le plus conscient à la fois et le plus voluptueux. Sincérité
170nous construire — selon le mode le plus libre, le plus conscient à la fois et le plus voluptueux. Sincérité envers soi-mêm
171 le plus libre, le plus conscient à la fois et le plus voluptueux. Sincérité envers soi-même Noli me tangere. Premier e
172ant de partir. Ou bien je me mettrai à l’analyser plus longuement. Mais alors je le fausse, puisque je le prive de la puissa
173 en gestes, en conséquences matérielles. Ce n’est plus l’élan pur que je décris : c’est un élan freiné dans mon esprit, c’es
174suis-je ? Je revois des actes accomplis, je revis plus ou moins fortement des sentiments que je crois avoir éprouvés à tel m
175penchais sur mon passé. Ou, pour user d’une image plus précise, cette minute est baignée d’une lueur de tristesse ou de séré
176surtout de René Crevel ont donné les exemples les plus récents et significatifs ? Tous ces livres évoquent assez précisément
177 poignant de René Crevel, est la démonstration la plus cynique que je connaisse de ces ravages du sincérisme. Dans la solitu
178er quelque raison de vivre, il voulait se voir le plus purement (« cette curiosité donnée comme raison d’une perpétuelle att
179ourd’hui. J’ai dit : ravages du sincérisme. C’est plus exactement faillite qu’il faudrait. Faillite de toute introspection,
180r de faire mon autoportrait moral : je me compose plus laid que nature. Faut-il conclure avec Gide : « L’analyse psychologiq
181 qui ajoutait que l’homme sincère « en vient à ne plus pouvoir même souhaiter d’être différent », ce qui est la négation de
182ésagrégation de la personnalité, car l’analyse la plus savante, comme l’a fort bien dit Ramon Fernandez, « retient tous les
183 F. Raub. La sincérité obstinée d’un Rivière n’a plus rien de spontané. En quoi est-ce encore de la sincérité ? Trop sincèr
184uissiez-vous avouer moins de sincérité et montrer plus de style. (Georges Duhamel.) … Nous ne sommes pas, nous nous créons.
185tains, peut-être, jouent leur vie. Rien ne paraît plus sinistre à la sincérité presque pure de cet âge. Mais il le faut dépa
186éal que j’appelle en chaque minute de ma joie est plus réel que celui qu’une analyse désolée s’imaginait retenir. Dès lors,
187e c’est ma sincérité d’y aller par les moyens les plus efficaces ? Mais on nommera cela de l’hypocrisie. Soit, j’accepte. Et
188proposait une ferveur nouvelle, et chaque être un plus prenant sourire. Cependant que ma joie — un état de grâce, un amour —
189 de telle possession particulière, ne pouvait non plus s’imaginer qu’elle en pût être privée. Alors, acquiesçant vivement à
190iesçant vivement à l’invite que je soupçonnais la plus riche d’inconnu, je m’élançais sur la voie qu’elle m’ouvrait, avec ta
191s possibles. C’est ainsi que fidèle à soi-même au plus profond de l’être, on entretient comme une arrière-pensée sagace et o
192, peut-être lointain, en quoi consiste l’unité la plus réelle de l’individu — en dehors du corps. Et ce ne sont point là jeu
193u et calculer rapidement le retour à une fidélité plus profonde. Fidélité à sa loi individuelle, quelles merveilleuses duper
194 cela suppose. Mais c’est une honnêteté peut-être plus réelle que l’autre. Et l’on conçoit que ce constant et secret assujet
195t au moi idéal exige une politique des sentiments plus subtile et, je pense, moins vulgaire que cette agilité offensive qu’o
196ace — qui m’interdit de nommer ce dont je ne veux plus souffrir. (Car il n’est peut-être qu’une espèce de souffrance véritab
197 sphinx ; hypocrisie, masque ambigu d’une liberté plus précieuse que toute certitude… Ô vérité, ma vérité, non pas ce que je
34 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
198 pas de le dire, Aragon possède le tempérament le plus hardi et le plus original de la jeune littérature française. Il le pr
199Aragon possède le tempérament le plus hardi et le plus original de la jeune littérature française. Il le proclame « J’appart
200uteur de divaguer de la philosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par la description réaliste ou imaginée d’une boî
201l’auteur d’Anicet. C’est pourtant [p. 124] un des plus significatifs du romantisme nouveau. J’ai nommé Rousseau, Nerval Muss
202dresse, un Nerval sans pudeur, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-êt
35 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
203nt point cette fièvre. Et comme la morale ne sait plus leur imposer de feindre encore ce que le cœur ne ressent plus, il suf
204poser de feindre encore ce que le cœur ne ressent plus, il suffit de quelques mois aux jeunes époux de la Maladère pour se d
205es. C’est d’Armande surtout qu’on les attendrait, plus franche d’allure. On ne sait ce qui la retient : son amour ? son manq
206autour de ces êtres dont la détresse est d’autant plus cruelle qu’elle est contenue sous des dehors trop polis. Une fois fer
207 oublie la justesse de son analyse pour n’évoquer plus que des visions où se condense le sentiment du récit. Dans le Cœur gr
36 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
208on de sa vie est peut-être ce qui nous le rend le plus sympathique. « Officiellement comblé, et par dedans… comment bien dir
209t de « déjouer le complot de la commodité ». Mais plus voluptueux que philosophe, c’est à l’amour qu’il ira demander la souf
210i, fréquente sont ae , pour notre plaisir, un peu plus viennois que naturel s’il parle de choses d’art comme on fait dans Pr
211téressée si elle n’avait pour effet de souligner, plus que ses succès, certaines faiblesses qu’il recherche secrètement, par
212dans le temps que sévit l’inflation littéraire la plus ridicule. Pourtant, qu’elle ne laisse point oublier que ce livre d’un
37 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
213 j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages pour remercier ; (pouvai
214 confidences qu’elle livre si facilement au héros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille de se mari
38 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
215étude », M. Rops considère les deux solutions les plus parfaites qui s’offrent aux jeunes gens d’aujourd’hui. Il [p. 564] co
39 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
216nnaît mon orgueil : osez donc me condamner d’être plus fort que cette bourgeoisie fatiguée, et de suivre le destin que vous
40 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
217e (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous couleur de démasq
41 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
218abes sereines, et dans cette ville, Éluard est le plus séduisant, le plus dangereusement gracieux des noctambules. Rêves éve
219ans cette ville, Éluard est le plus séduisant, le plus dangereusement gracieux des noctambules. Rêves éveillés, entre deux g
220le mot sang n’évoque ici qu’une tache de couleur, plus sentimental que cruel. « J’ai la beauté facile et c’est heureux. » Il
42 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
221e aimés qui faussaient leurs voix pour les rendre plus touchantes. Celui-ci bat sa coulpe avec une saine rudesse. « Il s’exa
222tre chose que les « éclats de l’impuissance ». Un plus délicat eut compris que certains des morceaux très divers qui compose
43 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
223 de « procédés lassants ». Pierre Girard n’écoute plus : il pense à des Vénézuéliennes ou à Gérard de Nerval. Bientôt vous v
224able de cette douceur de vivre. Déjà vous ne niez plus sa drôlerie, son aisance. Vous accordez que s’il force un peu la dose
225he. Vous voilà même tenté de l’en féliciter. Bien plus, vous découvrez dans ses fantoches une malicieuse et fine psychologie
44 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
226e et de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Ril
227t peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Rilke y apparaît comme une de ces âmes my
228cience ou au nom de l’esprit. « Pour moi qui aime plus que tout la poésie, écrit Jaloux, aussitôt que je vis Rilke, je compr
229e prouve la religion qu’aux convertis — qui n’ont plus besoin de preuves. Il reste qu’un livre comme celui-ci tend un mervei
230 la raison raisonnante. Et qu’il nous mène un peu plus loin que la sempiternelle « stratégie littéraire », de gazetiers ; au
45 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
231 affronter d’autres dédales ! Mais il a su mettre plus de choses qu’il n’y paraît d’abord dans ces 50 pages. Beaucoup sont e
46 1927, Articles divers (1924–1930). Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)
232érences, devant un très bel auditoire, est un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceux, au
233el auditoire, est un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceux, aussi, où il est le plus di
234 de l’histoire. L’un de ceux, aussi, où il est le plus difficile de rester impartial. M. Lombard, recteur de l’Université, e
235 d’après un système préconçu. (Cette attitude est plus rare qu’on ne le croit, de nos jours.) M. Esmonin montra avec beaucou
236685, date de la Révocation, la France passa de la plus grande liberté à la plus grande tyrannie. En proclamant la liberté re
237n, la France passa de la plus grande liberté à la plus grande tyrannie. En proclamant la liberté religieuse, Henry IV mettai
238uitter le pays, Louis XIV commit un des actes les plus vexatoires que l’histoire ait enregistrés. Après avoir fait un tablea
47 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
239istes, en effet, n’ignorent rien des courants les plus modernes, et sont bien situés pour n’en prendre que le meilleur ; mai
240 Paris, ou bien ils se retirent dans une solitude plus effective, quitte à nous revenir munis du passeport indispensable d’u
241inait des nus aux crayons de fard. C’était un peu plus Blanchet que Barraud, plus Picasso que Matisse ; mais il y avait enco
242e fard. C’était un peu plus Blanchet que Barraud, plus Picasso que Matisse ; mais il y avait encore du flou, des courbes com
243 courbes complaisantes. Meili est devenu [p. 124] plus net, plus cruel aussi. À Marin, près Neuchâtel, dans cette petite mai
244omplaisantes. Meili est devenu [p. 124] plus net, plus cruel aussi. À Marin, près Neuchâtel, dans cette petite maison qu’on
245elure, sans doute ! On ne pourrait pas se tromper plus. ⁂ À vrai dire j’en vois peu parmi les jeunes qui vouent tout leur am
246 Japonais d’une ironie mélancolique et qui voient plus loin qu’on ne croit, mais il a toujours l’air de songer à la Hollande
247 l’impression, à voir ses dernières toiles, d’une plus grande certitude intérieure. Les visages sont plus calmes, les couleu
248lus grande certitude intérieure. Les visages sont plus calmes, les couleurs s’avivent, le soleil est sur le point de reparai
249es Humbert livré à sa fougue originale. Il y en a plus encore chez un Aurèle Barraud. Il suffit de le voir peint par lui-mêm
250ipline qu’elle s’impose. Et voilà qui fait encore plus « Renaissance » : le costume est drapé avec un soin minutieux, mais u
251ait son mari). Et puis voici François Barraud, le plus jeune des frères. Il vient apporter des dessins qui ressemblent beauc
252s huiles de Charles, moins intensément réalistes, plus fins, mais tout aussi habiles dans l’utilisation du clair-obscur qui
253s y introduire, et nous ne saurions trouver guide plus pittoresque. Celui-ci s’était égaré en avant, très en avant, sans s’e
254s un éclairage très net, mais inusité, l’objet le plus banal se charge de mystère. Que va-t-il se passer là-dedans ? Et ces
255e Joueur de rugby. C’était le poids de la pierre, plus que celui du corps de l’athlète ; l’œuvre n’atteignait pas encore ple
256 Depuis, Léon Perrin semble avoir évolué vers une plus grande harmonie de lignes. Je pense surtout à ses bas-reliefs du BIT
257stes qui, par le fait des circonstances peut-être plus que par de naturelles affinités, se trouvent former un mouvement acti
258au sein de ce mouvement, d’en distinguer d’autres plus organiques ? D’une part il y a des préoccupations décoratives qui pou
259e à l’harmonie des lignes ; où la lumière éclaire plus qu’elle ne caresse ; où pourtant les hivers les plus durs réservent d
260s qu’elle ne caresse ; où pourtant les hivers les plus durs réservent des douceurs secrètes. p. 123 j. « Jeunes artis
48 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
261s. J’étais seul. Le café est un lieu anonyme bien plus propice au rêve que ma chambre où m’attendent tous les soirs quand je
262ro, on entre ici dans le jardin des songeries les plus étranges qu’appelle la musique. Je me gardai donc d’ouvrir le journal
263et cette mécanique me restitue chaque fois un peu plus de lassitude, un peu plus d’ennui. J’essayai donc de rêver. Mais cett
264itue chaque fois un peu plus de lassitude, un peu plus d’ennui. J’essayai donc de rêver. Mais cette rose oubliée me gênait :
265iqueur. Et quand j’eus fini de boire, mes pensées plus rapides s’en allèrent un peu vers l’avenir et j’osai quelques rêves.
266fait des soirs si doux aux amants quand ils n’ont plus que des baisers au goût d’adieu, et l’avenir où se mêlent incertaines
267ai jamais rien… (sinon qu’au lendemain je n’avais plus un sou). Je n’ai jamais revu l’étranger. Quelquefois je songe à ses p
268s ? Je me répète : paradoxes, mais cela ne suffit plus à m’en délivrer. Ma vie m’a repris, je ne suis pas heureux. Je sais t
269 me regarde avec inquiétude, parce que je ne suis plus tout à fait le même. Puis elle me laisse, parce que le lait va monter
270 désespoir, ô vie sans faute, vie sans joie… Ah ! plus amère, plus amère encore, saurai-je un jour te désirer, te haïr…
271ô vie sans faute, vie sans joie… Ah ! plus amère, plus amère encore, saurai-je un jour te désirer, te haïr… p. 97 k.
49 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
272ommutateur des étoiles… l’une, se décrochant sans plus d’hésitation, se mit à pérégriner dans les régions de chasse gardée d
273s’étirant ; le printemps désormais rendra le ciel plus pâle, et nous irons chercher [p. 55] dans le souvenir les vent-coulis
50 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
274écrire au moment où je vais me suicider, d’autant plus que vous n’y croirez pas — et pourtant… Il faut aussi que je vous dis
275le feu n’a pas pris, et d’ailleurs cela n’en vaut plus la peine. (Veuillez ne pas voir dans cette phrase quelque allusion de
276parce que c’est là que se nouent les douleurs les plus atrocement inutiles. La première fois, au théâtre. Dans l’ombre, j’ai
277me sur vos traits seulement ; l’écho n’en fut que plus douloureux dans mon cœur. Puis je vous ai oubliée. Puis je vous ai re
278 de vous voir si entourée… D’autres fois… je n’ai plus le courage de les dire. Enfin, avant-hier, à ce bal. [p. 68] J’avais
279 la promesse. Vos regards rencontrèrent les miens plus d’une fois pendant une danse qu’il fit avec vous, mais vous les détou
280 que mes airs sombres vous effrayaient sans doute plus qu’ils ne vous attiraient. Mais, maintenant, je pense que ces regards
281outes les lampes, et les couples charlestonnaient plus furieusement dans l’ombre livide, aux cris fêlés et déchirants des sa
282riflammes sur l’orchestre pensif. Ton re gard est plus grand que le chant des violons. Aube dure ! En ma tête rôde ton souve
283 j’ai perdu la notion du temps. Je ne me souviens plus que de cette déception insupportable et définitive de mon désir. Je n
284te sournoise recherche de tout ce qui me navre au plus intime de mon être… Le revolver est chargé, sur cette table. (Je le c
285lasse, l’image que je m’en forme… Je ne comprends plus pourquoi je devrais me tuer, pourquoi je souffre, ce que c’est que la
286que c’est que ma vie, ma mort. Mon Dieu, il n’y a plus qu’un glissement gris, sans fin… Il faudrait que je dorme : il n’y au
287ans fin… Il faudrait que je dorme : il n’y aurait plus rien. p. 67 f. « Lettre du survivant », Revue de Belles-Lettres,
51 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
288cette « tragédie » ; de ne pouvoir m’empêcher non plus de soupçonner Cocteau d’en avoir plus ou moins consciemment concerté
289mpêcher non plus de soupçonner Cocteau d’en avoir plus ou moins consciemment concerté la possibilité. Orphée, par exemple, s
290n lorsqu’il écrivit certains vers qu’on peut lire plus haut : Les anges véritables qui connaissent les signes Sont moins bo
291brillant et définitif restera l’un des titres les plus authentiques de Cocteau. Précision et relief du dialogue, ingénieuse
292raphe des Mariés. Dans Orphée, le mystère ne peut plus dépasser l’auteur : il l’a trop bien organisé. En somme, ce qu’il fau
52 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
293n, rapidement entrevue par chacun dans son for le plus intérieur, d’une fuite en auto, nous rassure provisoirement… Prosop
294en hurlant : « Bas-toi là, bas-toi là ! »… Est-il plus atroce spectacle que celui d’une maîtresse jadis belle et diserte qui
53 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
295lusion. Le film japonais : une historiette un peu plus banale que nature, très bien photographiée. C’est le film du type « J
296nt dans le domaine du merveilleux moderne. Un peu plus et nous demandions grâce de trop de plaisir. Mais [p. 126] je ne suis
297st une question d’épuration des moyens. Rendre le plus par le moins, c’est le fait d’un art à sa maturité. Mais ce sont là c
298us frotter les yeux… Peut-être, quand nos regards plus assurés sauront enfin gagner de vitesse les prodiges que déclenche Re
54 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
299est emparée de mon être et a saisi les cordes les plus secrètes de mon âme, qu’elle peut faire désormais vibrer à sa fantais
300ats dont les plaidoyers, tissus des mensonges les plus beaux et des plus mélodieuses palinodies, font encore rêver les anges
301oyers, tissus des mensonges les plus beaux et des plus mélodieuses palinodies, font encore rêver les anges écœurés d’azur. A
302oir en esprit. Ces trois mots vous ont délivré du plus absurde malaise, et vous rallumez votre cigare. Vous vous êtes assuré
303] y pénètrent, et le goût de s’amuser ne renaîtra plus en eux. Ni même celui de souffrir. Le dernier rire d’Aragon, c’est l’
304grand Rêve, au matin pâle des édifices, ne quitte plus, attiré par les premiers sophismes de l’aurore, ces corniches de crai
305n présence d’une des tentatives de libération les plus violentes et belles — malgré tant de maladresses dédaigneuses, de bra
306nts, de Ford à Clément Vautel, le matérialisme le plus pauvre auquel se soit jamais abaissée une civilisation. Mais nous som
307nulle part 9  ». Ultime affirmation d’une foi que plus rien ne peut duper. Depuis certaines paroles sur la Croix, il n’y a p
308 la Croix, il n’y a peut-être pas eu d’expression plus haute de l’angoisse humaine, et vous aurez beau rire, pharisiens, et
309 c’est qu’il lui faut atteindre Dieu ou n’espérer plus aucun pardon. II Novembre 1926. Je viens de retrouver quelques page
310urd’hui, je le verrais plutôt comme un Musset 10 plus véritablement désespéré. Un Musset moins frivole et plus pervers, moi
311ritablement désespéré. Un Musset moins frivole et plus pervers, moins sentimental et plus sensuel, moins spirituel et plus c
312ins frivole et plus pervers, moins sentimental et plus sensuel, moins spirituel et plus cinglant. Au lieu de vin doux, on no
313s sentimental et plus sensuel, moins spirituel et plus cinglant. Au lieu de vin doux, on nous sert des cocktails (un Musset
314le et chez qui tout est devenu de quelques degrés plus violent, plus acerbe, plus profond. En somme, et avant tout, un écriv
315 tout est devenu de quelques degrés plus violent, plus acerbe, plus profond. En somme, et avant tout, un écrivain, un bel éc
316enu de quelques degrés plus violent, plus acerbe, plus profond. En somme, et avant tout, un écrivain, un bel écrivain, comme
317bertinage. Sous une certaine rhétorique — mais la plus belle, — ce qui tressaille et m’atteint au vif, c’est tout de même un
318 est sans dérobade possible par sous-entendu. Pas plus « ailleurs » que sur ce « globe d’attente » comme dit Crevel. Pourtan
319 globe d’attente » comme dit Crevel. Pourtant, le plus irrévocable désespoir n’est encore qu’un appel à la foi la plus haute
320le désespoir n’est encore qu’un appel à la foi la plus haute.   [p. 137] 1er mai 1927. Mieux vaut pécher par ridicule que p
321istiques de librairie montrèrent les ravages bien plus étendus qu’on n’osait le craindre 11 . Si dans un essai sur la sincér
322reconduisant :) Croyez, Monsieur, à mon estime la plus vive. Mais décidément nous sommes débordés, voyez vous-même, pas moye
323mps dont on s’éprenne ! [p. 140] Les œuvres les plus significatives de ce siècle sont écrites en haine de l’époque 12 . Le
324la seule réalité. C’est pourquoi nous ne pourrons plus séparer du concept de l’esprit celui de Révolution. Et j’entends ce m
325 Révolution. Et j’entends ce mot dans son sens le plus vaste. Il y a eu quatre-vingt-treize, la Réforme, Karl Marx, la préfa
326 de conscience toujours ratés — on ne m’y prendra plus ! — morales américaines et hygiéniques en tous genres, instruction pu
327 synonyme de magnifique perdition dans des choses plus grandes que nous. Nous nous connaissions dans les coins et nous mouri
328mme par hasard nasille : Nous avons tous fait ça Plus ou moins, n’est-ce pas ? Et puis l’aiguille divague vers des souveni
329en, ah ! cette jeunesse, mais voyons des affaires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y
330s chers principes. [p. 144] Révolution, ce n’est plus détruire, ce n’est plus combattre, c’est l’épanouissement violent d’u
331144] Révolution, ce n’est plus détruire, ce n’est plus combattre, c’est l’épanouissement violent d’une immense fleur palpita
332s parlerons vos langues aériennes. On n’acceptera plus que des valeurs de passion. Balayez ces douanes de l’esprit, proclame
333ici déjà s’avancer des prodiges à cette invite la plus persuasive : nous sommes prêts à les accueillir. p. 131 j. « Lo
55 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
334ofils jusqu’au soleil toujours de face. Il ne vit plus que la foule des yeux bleus, son éblouissement. Soudain la voici, ell
335sse ? Mais tu es si laid que cela me donne encore plus de plaisir. » Le duc paya et s’enfuit en disant que ce n’était pas lu
336 le sommeil s’évaporait aux caresses des flocons, plus perfides que des murmures d’adieu. Il tomba parmi les statues, dans l
337 et des êtres véritables. Un bateau ne glisse pas plus doucement vers le soleil du haut-lac. Justement, voici que tout va s’
56 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
338int la vie. On s’y maintient cinq ans, dix ans au plus. Après, c’est un long adieu et le corps se fige à mesure que l’esprit
339Le goût de la propriété étant à mon sens l’un des plus vulgaires et des plus généralement répandus, j’ai vite fait de classe
340é étant à mon sens l’un des plus vulgaires et des plus généralement répandus, j’ai vite fait de classer mon monde d’après le
341séance l’obligeait à émettre une opinion, même la plus générale et la moins compromettante, sur cette vie dont le récit n’av
342e sont que la traduction en actes de jeux de mots plus ou moins cruels… » — Je vous entends, interrompit Saint-Julien, par p
57 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
343uatre kilomètres de plantation, le siècle ne sera plus malade, les temps seront guéris de leur crise, les valeurs auront ret
344tisfait » est un être inadmissible aujourd’hui. À plus forte raison, le satisfait artificiel. p. 186 n. « Conseils à la
58 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
345 Mais j’ai tué la littérature en moi, n’en parlez plus, j’en sors, je l’abandonne… Mais notre paysan, rusé : — Vous l’abando
346e l’impossibilité des miracles ! Quelles voluptés plus subtiles et plus aiguës ? On vaincra jusqu’à sa gueule de bois pour e
347 des miracles ! Quelles voluptés plus subtiles et plus aiguës ? On vaincra jusqu’à sa gueule de bois pour en faire des poème
348 actions en puissance 15 . Il faudrait des choses plus lourdes et plus irrésistibles, percutantes. Qui vous échappent en vou
349sance 15 . Il faudrait des choses plus lourdes et plus irrésistibles, percutantes. Qui vous échappent en vous blessant. Des
350ans l’infini de la seconde. Des peurs sans cause, plus vides que la mort. Toutes ces choses mystiques, c’est-à-dire réelles,
351vrait pas. Je pressens encore dans vos poèmes les plus obscurs des allusions furtives à certains états de la réalité. Mais p
352ons furtives à certains états de la réalité. Mais plus les mots se plient à des exigences sémantiques — dont on connaît la p
353 selon les rites d’une esthétique ou d’une autre, plus ils perdent leur pouvoir de signifier les choses qui nous importent.
354ilibre — et dont on tire parfois quelque plaisir, plus rarement, de quoi se payer un petit voyage. C’est l’aveu d’une faible
355ce. (« Connaissance » étant pris avec son sens le plus profond, qui est proche du sens biblique. Il ne s’agit pas de la conn
356e, c’est d’un ridicule écrasant : mais rien n’est plus facile que d’y échapper. III Sur l’utilité de la littérature Monthe
357 avancer pour légitimer l’activité littéraire, le plus satisfaisant, celui qui rend le mieux compte de la réalité, c’est And
358ittérature vous ferait bientôt renier le signe le plus certain par lequel ces « quelques-uns » peuvent encore se reconnaître
359ore se reconnaître. Quand bien même elle n’aurait plus d’autre excuse que celle-là, la littérature mériterait d’exister : qu
360couvrir quelques êtres par le monde… Il ne s’agit plus de mépris ni d’adoration. J’ai défini une « maladie » dont je parvien
361s soins qu’elle exige me coûteront des sacrifices plus grands que les bienfaits que j’en escompte, il sera temps de songer s
59 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
362éçu cette catégorie de lecteurs. Aucun remord non plus d’avoir troublé quelques bonnes petites somnolences par des cris inte
363uis, en voilà assez pour ranimer la curiosité des plus blasés. Lecteur, fais confiance au Central de Genève. Souviens-toi de
60 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
364où les directions d’une civilisation apparaissent plus nettement. Un certain ordre s’élabore, ou, pour mieux dire, une organ
365ement de cette organisation toute-puissante n’est plus qu’une question de quelques années. Mais peut-être est-il temps encor
366le meilleur, parce que personne ne s’est approché plus que lui du type idéal de l’industriel et du capitaliste. Le succès im
367ne que l’époque a senti en lui son incarnation la plus parfaite. Qu’on ne m’accuse donc pas de caricaturer l’objet de ma cri
368 outils qu’il joue encore à présent », dit‑il. Le plus mémorable événement de ces années de jeunesse, son « chemin de Damas 
369 d’augmenter encore cette production. Ford est le plus puissant industriel du monde ; le plus riche, au point qu’il peut par
370ord est le plus puissant industriel du monde ; le plus riche, au point qu’il peut parler d’égal à égal avec beaucoup d’États
371t parler d’égal à égal avec beaucoup d’États ; le plus parfait aussi. Son succès sans précédent le met à l’abri de toutes le
372les industriels européens s’en inspirent toujours plus. Ford leur montre le chemin qu’ils seront bien obligés de prendre tôt
373’est l’homme qui a réussi. Mais à quoi ? C’est la plus grave question qu’on puisse poser à notre temps. II. M. Ford a ses
374ent, il a vite fait de démêler les conditions les plus rationnelles de la production, avec cette netteté et cette décision q
375tition, on fait croire aux gens qu’ils ne peuvent plus vivre heureux sans auto. Voilà l’affaire lancée. La passion de Ford s
376assion de Ford se donne libre cours. Il ne s’agit plus maintenant que de lui donner une apparence d’utilité publique. À chaq
377 de ses livres, on pourrait relever les sophismes plus ou moins conscients par lesquels il prétend ramener le bénéfice de la
378e l’état du marché est tel que le client n’achète plus, cela signifie parfois que la marchandise est momentanément trop chèr
379. Il semble alors que [p. 194] l’industriel n’ait plus qu’à plier bagage. Mais c’est ici que Ford montre le bout de l’oreill
380 au point qu’il en oublie que cela ne l’intéresse plus réellement. Il croit qu’il va gagner 5 francs en achetant 5 francs mo
381ompé sur ses véritables besoins. Car cela va bien plus profond, cette tromperie-là. Elle peut amener, en se généralisant, un
382i de la réclame a même but, mêmes effets. Mais le plus grave est peut-être le sophisme du loisir. M. Guglielmo Ferrero a for
383ble [p. 195] d’augmenter la consommation. Il rend plus complet l’esclavage de l’ouvrier, puisqu’il englobe jusqu’à son repos
384 dans le cycle de la production. Cercle vicieux : plus la production s’intensifie, plus il faut créer de besoins et de loisi
385Cercle vicieux : plus la production s’intensifie, plus il faut créer de besoins et de loisirs. Or, l’industrie ne peut subsi
386otre industriel de philosopher sur les sujets les plus divers. Les aphorismes sont assez révélateurs de la mentalité capital
387attitude ne porte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et ses pré
388orte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et ses prétentions « id
389angeront rien. D’ailleurs, voici des déclarations plus nettes [p. 196] encore : « Je ne considère pas les machines Ford simp
390. Il ne se demande jamais si la technique même la plus perfectionnée mérite les sacrifices qu’elle exige de l’homme moderne.
391fices qu’elle exige de l’homme moderne. Paradoxes plus ou moins intéressés, optimisme d’homme à qui tout réussit, messianism
392e celui que M. Cambon, dans sa préface, égale aux plus grands esprits de tous les temps. On me dira que Ford a mieux à faire
393iatus étrange : l’homme qu’on pourrait appeler le plus actif du monde, l’un de ceux qui influent le plus sur notre civilisat
394plus actif du monde, l’un de ceux qui influent le plus sur notre civilisation, possède la philosophie la plus rudimentaire.
395sur notre civilisation, possède la philosophie la plus rudimentaire. Le phénomène n’est pas nouveau en Occident, mais il est
396On se refuse à l’idée d’une catastrophe, pourtant plus que probable, par crainte de se voir obligé à la révision des valeurs
397e de se voir obligé à la révision des valeurs, la plus difficile et la plus grave : celle qu’on ne peut faire qu’au nom de l
398 la révision des valeurs, la plus difficile et la plus grave : celle qu’on ne peut faire qu’au nom de l’Esprit et de ses exi
399aine tient les choses de l’Esprit. Dans le cas le plus favorable, « il se passera bien de cette littérature ». Plus tard, « 
400questions humaines est une des manifestations les plus frappantes de notre régression. Cette perte du sens de l’âme se nomme
401e d’aliéner au profit de plaisirs tarifés, soumis plus subtilement encore que son travail aux lois d’une offre et d’une dema
402dans le corps de la Nature, lié par les liens les plus subtils et les plus profonds à tous les autres membres de la Nature,
403Nature, lié par les liens les plus subtils et les plus profonds à tous les autres membres de la Nature, choses, bêtes et ang
404absurde des lois économiques et des exigences les plus rudimentaires de son corps. Il a perdu le contact avec les choses nat
405 les valeurs de l’esprit au point qu’il n’éprouve plus même cette carence ; seulement, peu à peu, il découvre qu’il s’ennuie
406ntre 17 et 19 heures : vraiment, il ne lui manque plus rien — que l’envie. Mauvais travail. Il a perdu le sens religieux, co
407ligieux, cosmique, de l’effort humain. Il ne peut plus situer son effort individuel dans le monde, lui attribuer sa véritabl
408ême de l’ordre de la nature, il est condamné à ne plus saisir que des rapports abstraits entre les choses. Il ne comprend pr
409bstraits entre les choses. Il ne comprend presque plus rien à l’Univers. Par la technique, l’Occidental a prétendu maîtriser
410du maîtriser la matière et parvenir à une liberté plus haute. Or, la technique a révélé des exigences telles que l’Esprit ne
411. Elle nous donne une liberté dont nous ne sommes plus dignes. Nous perdons, en l’acquérant, par l’effort de l’acquérir, les
412oire utopique. Nous avons mieux à faire, il n’est plus temps de se désintéresser simplement des buts — si bas soient-ils — d
61 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
413iques à leur propos. Mais dans ce roman, il n’y a plus seulement la femme, avec le miracle perpétuel de sa sensibilité. Il y
414egretter que ce livre ne réalise pas une synthèse plus organique du roman et des mémoires. Mais si son début permet de croir
62 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Marguerite Allotte de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)
415uls les poètes savent se perdre. Et c’est bien sa plus grande ruse que d’avoir emprunté le véhicule à la mode pour conduire
416ir que jolis livres d’étrennes dans les œuvres du plus grand créateur de mythes modernes, du seul écrivain dont l’influence
417a littérature si pédante qu’elle exclut un de nos plus grands conteurs sous prétexte qu’il n’est styliste ni psychologue ? L
63 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
418s simultanément, et c’est naturel : je m’en avoue plus éloigné et m’en sais plus dépourvu si possible. Je ne demande aux écr
419naturel : je m’en avoue plus éloigné et m’en sais plus dépourvu si possible. Je ne demande aux écrivains que des révélations
420nt en créant une belle œuvre serait, par exemple, plus efficace. Aragon se retourne sans cesse pour crier : Lâches, vous ref
421t magnifiquement. Mais qu’on nous laisse chercher plus loin, dans ce silence où l’on accède à des objets qui enfin valent le
64 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
422oses justement détesté, mais dont ils participent plus qu’ils ne le croient. Certes il était urgent de faire la critique de
423dit fort bien M. Breton. Mais à condition d’aller plus loin et de prendre une connaissance positive de ce qu’il y a sous cet
65 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
424ois tenté de le rapprocher de Morand, mais il est plus nerveux, sans doute aussi plus sensible. Et il ne se borne pas à des
425orand, mais il est plus nerveux, sans doute aussi plus sensible. Et il ne se borne pas à des effets pittoresques : ce récit
66 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
426ssez troubles du personnage central une résonance plus profonde. Louis II, ce chimérique, disposait par hasard de moyens d’a
67 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
427it prince russe et entretient autour de sa vie le plus grand mystère. Cependant il aime à raconter certaines scènes terrifia
428une tentation pour tous les poètes. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui ra
68 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
429ui dans les opérettes de Strauss, qu’on ne trouve plus nulle part. Dans les dancings, un peuple de fêtards modérés, Juifs et
430enche vers un voisin pour lui demander je ne sais plus quoi. Mais sans doute évadé dans son rêve, beaucoup plus loin que moi
431oi. Mais sans doute évadé dans son rêve, beaucoup plus loin que moi, il n’entend pas ma question. L’envie me prend d’aller l
432ôde ici comme une tristesse amoureuse. Elle n’est plus que l’approche d’une grandeur où se perdraient nos amours terrestres
433lique où l’on quitte ce visage aimé pour d’autres plus beaux peut-être, mais inconnus. Voilà que la forme blanche, sous un b
434ouffrance… Mais le temps approche où vous n’aurez plus besoin de souffrir pour comprendre. Le faisceau de lumière quitta la
435où la question fidélité ou inconstance ne se pose plus. Vous le savez, je n’ai aimé qu’une femme — au plus deux, en y réfléc
436us. Vous le savez, je n’ai aimé qu’une femme — au plus deux, en y réfléchissant bien, mais peut-être était-ce la même sous d
437ccepter et vint à nous avec un sourire du type le plus courant : « Vous êtes bien gentils, messieurs ! » Il n’y avait plus q
438ous êtes bien gentils, messieurs ! » Il n’y avait plus qu’à lui prendre chacun un bras, une femme pour deux hommes — et ce f
439aine, parce qu’elles le rattachaient aux buts les plus hauts de notre vie. Ces citadins blasés s’amusent plus grossièrement
440hauts de notre vie. Ces citadins blasés s’amusent plus grossièrement que des barbares, ils s’imaginent pouvoir faire une pla
441utant dire que ceux qui les fréquentent ne savent plus ce que c’est que le plaisir. Ils prennent au hasard des liqueurs qui
442t pas été préparées pour leur soif. Ils ne savent plus les signes ni les ressemblances. Aussi l’ennui règne-t-il bruyamment
443crois que l’Orient est devenu fou. Il ne comprend plus rien. » Des bugles agonisaient, aux dernières mesures d’un tango. Not
444andalisée par cette atteinte aux lois du genre le plus conventionnel qui soit. Gérard la regarda avec une certaine pitié : «
445eux. Mais l’ombre de cette ville illusoire est la plus douce à mes vagabondages sans but. Vous savez, je lance mes filets da
446ent dans la nuit froide. Gérard ne disait presque plus rien ; à peine, de temps en temps, s’il parlait à voix basse à son ho
447mpila dans des autos ; en dix minutes, il n’y eut plus personne, la place s’éteignit. Mais Gérard ? Ses yeux s’étaient fixés
69 1928, Articles divers (1924–1930). Miroirs, ou Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928
448ute est-il trop impatient, demande-t-il aux êtres plus qu’ils ne peuvent donner… D’ailleurs on ne lui doit rien, n’est-ce pa
449ntrer en lui-même. « Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre » comme parle un de nos classiques. Repoussé par le mon
450’énervent, mais l’aveu qu’il en consent l’attache plus secrètement à son aventure.      Nous vivons dans un décor flamboyant
451on s’hypnotiser avec son propre regard ? Il n’y a plus que cette incantation à soi-même qui pourrait lui rendre la certitude
452s l’homme moderne un besoin de vérifier qui n’est plus légitime dès l’instant qu’il se traduit par la négation de l’invérifi
453ersonnalité est un acte de foi : Stéphane ne sait plus ce qu’il est. Semblablement, il ne sait plus aimer. (Ces jeunes gens
454sait plus ce qu’il est. Semblablement, il ne sait plus aimer. (Ces jeunes gens ne veulent pas se fatiguer pour rien.) Cette
455prises : « Je ne sais pas : je suis !… Je ne sais plus… mais je suis ! » [p. 42] Un peu plus tard, ce fut un jour de grand
70 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
456tant je sais qu’à droite comme à gauche, ils sont plus nombreux qu’on ne le pense, ceux qui refusent d’être complices dans c
457éant ici-même ; mais — gain de temps — je n’aurai plus qu’à renvoyer aux lettres A ou B, selon. A. Réponses du type : on ne
71 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
458a l’enfance insouciante ? Qu’est-ce qui ressemble plus au souci quotidien des grandes personnes ? Mais l’enfance est ailleur
459ait suffisamment rabroué pour que je ne montrasse plus aucune velléité d’originalité. [p. 15] Mais pour être rentrée, ma co
4605] Mais pour être rentrée, ma colère n’en fut que plus malfaisante. L’école me rendit au monde, vers l’âge de dix-huit ans,
461 mesure exacte de leurs besoins. Nous ne croyions plus aux démons, mais à la Commission Scolaire. Nous n’avions plus de « su
462ons, mais à la Commission Scolaire. Nous n’avions plus de « superstitions grossières » comme celles qui touchent à [p. 17] l
463 empêcher de croire que le petit ouvrier est bien plus malin. Nous savions un tas de choses douloureusement ennuyeuses qui s
464supporter longtemps encore l’action. Je n’eus pas plus tôt découvert et nommé cet asservissement de l’esprit et ces mythes s
465bles de ma perte de contact avec les réalités les plus élémentaires de la vie.   p. 14 3. Dans le cas le plus favorable
72 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
466 On s’entendait d’autant mieux qu’on était devenu plus différents. Car ces différences sont les premières marques de la vie
467aient jamais sortis de l’école. Rien ne ressemble plus à un bon élève qu’un instituteur : de l’un à l’autre, il n’y a pas de
468ridicule n’échappe pas à ceux qu’ils méprisent le plus, et ils auraient souvent l’occasion de s’en douter s’ils étaient sens
469sses de l’ironie paysanne. Mais je n’en dirai pas plus, de peur de m’échauffer inutilement. Si l’on me poussait un peu, je c
73 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
470les et qu’elles ont la valeur d’un témoignage, ni plus ni moins — il est temps que je fasse passer un petit examen aux princ
471que ces personnes ont les yeux faibles. Il serait plus juste de dire que la passion n’a qu’une clairvoyance intéressée : mai
472ne clairvoyance intéressée : mais celle-là est la plus vive. Enfin, je tiens à reconnaître qu’ici je ne cherche point l’équi
473œud. Je me bornerai à l’examen des caractères les plus généraux de l’instruction publique, ceux que n’atteignent dans leur p
474t un moule, dans lequel on verse les matières les plus hétéroclites, sans égard à leurs qualités propres. De 8 à 9 arithméti
475nge pour faire tenir dans cette classification le plus possible de « connaissances » qui dès lors deviennent obligatoires. L
476ge donc que les meilleurs ralentissent et que les plus faibles se forcent. Elle ne convient donc qu’aux médiocres, dont elle
477 3.d. Le gavage Moyen de réaliser les précédents. Plus ou moins rationalisé. Son instrument le plus parfait s’appelle le man
478nts. Plus ou moins rationalisé. Son instrument le plus parfait s’appelle le manuel. Un bon manuel est un résumé clair et por
479i entre en commerce intime avec elles. On apprend plus de deux que de mille, dit un sage oriental dont j’ai oublié le nom. U
480a discipline perd tout son sens éducatif et n’est plus qu’une entrave énervante, un système de vexations mesquines, propres
481 favorise le développement de leurs penchants les plus « communs » : jalousie, vanité, panurgisme, concurrence sournoise, ad
482fectionnement civique qui assure l’écrasement des plus délicats par les plus vulgaires ? 3.g. L’idéal du bon élève Le bon
483qui assure l’écrasement des plus délicats par les plus vulgaires ? 3.g. L’idéal du bon élève Le bon sens voudrait que le b
484’on lui donne à l’école. (Cet argent de poche, ni plus ni moins). Ou encore : que le bon élève soit celui qui supporte le mi
74 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
485 reproche d’une autre nature. Elle prétend donner plus de liberté aux enfants en leur rendant le travail amusant, en leur la
486 second dimanche afin qu’ils consomment deux fois plus de machines. Jeu du chat avec la souris. On n’impose plus de résultat
487machines. Jeu du chat avec la souris. On n’impose plus de résultats, on les fait trouver. Notez que cela revient au même, sa
488que par la méthode nouvelle, on atteint un enfant plus profondément, on se glisse à l’intérieur de son esprit, là où s’élabo
489» peut être la formule d’une tromperie subtile et plus grave que la brutalité primaire, parce qu’elle n’excite pas de réacti
490rganisme dont il s’agit d’obtenir le rendement le plus élevé. On cultive les petits d’hommes comme des plantes de serre dans
491e permet de leur faire [p. 39] remarquer d’autant plus librement qu’ils trahissent le destin profond de l’instruction publiq
492ntendu ne soit décidément trop gros pour échapper plus longtemps à MM. les Inspecteurs des Écoles. Je le crains, dis-je ; ca
75 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
493l y aurait une insigne hypocrisie à feindre de ne plus la reconnaître, une fois dissipée la fumée des civets, des cigares et
494, il faut un nombre considérable de leçons, et le plus longtemps possible, pour qu’on n’ait pas le temps de se rendre compte
495le qu’une utopie de partisans. Il ne serait guère plus fou de proposer aujourd’hui qu’on répande universellement et obligato
496 désintéressée, les gouvernements seraient un peu plus fous qu’on n’ose les imaginer de ne pas [p. 44] entreprendre sur l’he
497èce de gens qui font confiance à leur sensibilité plus qu’aux idées des autres. Or, c’est une révolte de ma sensibilité qui
498te aventure des valeurs d’âme auxquelles je tiens plus qu’à tout. Ma haine de la démocratie est l’aboutissement de l’évoluti
76 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
499struction publique (Ici, le procureur prit un ton plus grave).   L’école s’est vendue à des intérêts politiques. C’était là,
500er ce crime contre la civilisation. Elle ne croit plus qu’au péché contre les lois sociales, eh bien ! elle apprendra que le
501r de faim. Par ce qu’elle enseigne à ignorer bien plus que par ce qu’elle enseigne à connaître, elle constitue la plus grand
502e qu’elle enseigne à connaître, elle constitue la plus grande force anti-religieuse de ce temps. L’instruction religieuse qu
77 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
503égimes anciens peut nous amener à constater, sans plus, que notre soi-disant progrès social correspond à un recul humain. Pa
504 réserve ? L’instruction publique est la forme la plus commune de la peste rationaliste qui sévit dans le monde [p. 54] depu
505onde. Laissons ce [p. 55] soin, à des générations plus libres d’imaginer, bénéficiant de notre colère jacobine et de cette f
506s vient où elles renaîtront à une vie nouvelle et plus complète, à un degré supérieur d’inconscience, si je puis dire. Alors
78 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
507esse et d’ennui à quoi présentement nous usons le plus clair de nos forces — le Poète dira un mot, ou bien fera un acte, et
508 [p. 60] géographie bien connus, pour l’esprit le plus dangereusement plat qui soit. (Il est plus que plat : il est creux.)
509rit le plus dangereusement plat qui soit. (Il est plus que plat : il est creux.) Si beaucoup de personnes répondent oui, cel
510es journalistes s’engagent désormais à ne publier plus un seul article de fond où ne perce leur mépris pour l’instruction pu
511e lui faire [p. 61] comprendre que l’école est le plus gros obstacle à sa culture. Et c’est cela, préparer le terrain. D’aut
512it donner à l’enfant ce que son entourage ne peut plus lui donner : des modèles de pensées. Un entraînement de l’esprit, au
513l recouvrerait la domination du monde  16 et non plus en barbare cette fois-ci. Ce qui l’empêche de comprendre, ici encore,
514andidat possède une énergie suffisante pour aller plus loin, — et en même temps constituent des sources d’énergie nouvelle.
515é de dire que tout homme gagnerait à posséder une plus grande puissance intellectuelle, une meilleure mémoire, une sensibili
516lectuelle, une meilleure mémoire, une sensibilité plus aiguisée. En tout cas, c’est à cultiver ces facultés atrophiées que d
517viduels. Méditez un peu ces truismes : On apprend plus d’une chose longuement contemplée que de mille aperçues au passage. A
518e de concentration intense dégage dans l’individu plus d’énergie que des heures d’exercices gémissants. De même, le bien sup
519s. De même, le bien supérieur de quelques-uns est plus utile à tous que le bien médiocre de beaucoup. La valeur vaut mieux q
520veur à ses jugements. C’est pourquoi l’on ne peut plus attaquer un fonctionnaire dans ses activités publiques sans que des p
79 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
521t appeler ça du bluff — fait de lui sans doute le plus méridional des conteurs américains. Avec cela, un réalisme, plein de
522onde moderne, [p. 124] ce monde de fous qui n’ont plus que leur raison, ce monde où l’on ne sait plus créer avec joie des fo
523nt plus que leur raison, ce monde où l’on ne sait plus créer avec joie des formes belles, ce monde qui devient impuissant. I
80 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
524 qu’elle décrit, ce sont des perceptions de l’âme plus que de l’esprit ou des sens. « Reste immobile et sache attendre que t
525ard. » Le poète des Gravitations est ici descendu plus profond en soi-même ; son art y gagne en densité, en émotion. Des mot
526est-elle pas proprement « saisissante » ? Mais le plus émouvant, c’est ici l’approche d’un silence partout pressenti, qui s’
81 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
527uveau une dérive fantaisiste dans ce monde un peu plus léger, un peu plus profond que le vrai, où l’Éloge de la folie nous e
528ntaisiste dans ce monde un peu plus léger, un peu plus profond que le vrai, où l’Éloge de la folie nous entraînait naguère.
529ent, comme des souvenirs, et l’on retrouve un peu plus loin d’autres souvenirs attristés par le temps, des visages qui ne so
530s attristés par le temps, des visages qui ne sont plus tout à fait les mêmes, des bonheurs qui signifient plus de désespoir
531out à fait les mêmes, des bonheurs qui signifient plus de désespoir qu’ils ne s’en doutent… C’est un dévergondage sentimenta
532s des grands bourgeois, où tout, soudain, devient plus terne. Mais bien vite un intermède bouffon, impossible et d’une désop
82 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)
533oétique de Rimbaud, l’on s’étonne qu’il ait fallu plus d’un demi-siècle pour qu’une telle interprétation voie le jour. Cela
534ncent une rentrée de l’âme dans la littérature la plus spirituelle du monde. La thèse que défend l’auteur de cet essai — la
535te, de leur indifférence à l’endroit de l’être le plus monstrueusement pur qui se soit révélé par le truchement de la poésie
536. 251] Regrettons seulement qu’il n’élargisse pas plus une question aussi centrale — qui est, si l’on veut, la question d’Or
537uvage », un catholique qui s’ignore, il n’est pas plus admissible d’inférer du mépris de Rimbaud pour le catholicisme à son
83 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
538La Fin de l’Éternel (novembre 1929) bc Ce n’est plus l’heure de venir prendre position dans un débat où les voix les mieux
539 philosophique en particulier, où je me sens bien plus près de M. Gabriel Marcel, qu’il attaque. (M. Benda trahit à son tour
540ible. Et quand bien même elle croirait n’en avoir plus besoin. Cet extrémisme de la pensée intemporelle, en butte aux sarcas
541émistes de droite et de gauche, n’en apparaît que plus pur. « Noms de clowns qui me viennent l’esprit : Julien Benda… », écr
542un monde où tout est bon à quelque chose, où rien plus n’est tenu pour vrai que relativement à un rendement. Rien, pas même
84 1929, Journal de Genève, articles (1926–1982). Panorama de Budapest (23 mai 1929)
543le d’ailleurs correspondre à son état d’esprit le plus naturel. Mais de quoi vivent ces bourgeois aimables et insipides, qui
544olon vient vous siffler à l’oreille les notes les plus aiguës d’une chanson populaire, et à l’autre extrémité de la salle, p
545ement incompréhensible, rient et s’enivrent comme plus un Européen ne sait le faire, et dansent à tout propos de folles « cz
85 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
546r en religion : rond de cuir ou poète (au sens le plus large de ces mots.) (Mais je tiens à le leur dire ici : Les Anciens B
86 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
547mars 1929) s Prison Prisonnier de la nuit mais plus libre qu’un ange prisonnier dans ta tête mais libre comme avant cette
87 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
548ocratie outragée, les autres disaient qu’il n’y a plus de morale, et ces jeunes gens ont une façon de trancher les questions
88 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
549 encore maître de la redresser. C’est qu’il n’y a plus d’humanisme, s’il subsiste des humanités. L’humanisme est compromis v
550ment, l’ont renié. Mais pourquoi tant et toujours plus de mal à prouver la liberté humaine ? C’est que l’on s’est trop bien
551u’on les prenne en l’état brut où notre pensée le plus souvent les a laissés — sont au moins aussi « objectifs » que les fai
552à rendement maximum. Et comptez que l’on poussera plus avant la dégradation de cette idole qu’est l’Homme pour l’homme. Tout
553ux ; nous aurons celui des races de la Terre. Non plus une foi commune, mais une moyenne de nos manières d’être. Une sorte d
89 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henri Michaux, Mes propriétés (mars 1930)
554 vous mènent tranquillement aux points de vue les plus cocasses, que la forme des fleurs, que les animaux qui circulent. Un
555oit qu’il se décrive comme un lieu de miracles le plus souvent malencontreux, ou qu’il invente des animaux dont la complexit
556 ne le cède en rien à celle de l’introspection la plus poussée. Il invente aussi des mots et en fait de courts poèmes d’une
557ge). Cependant je préfère ses proses : il y a ici plus qu’une manière et qu’un ton, il y a une vision du monde véritablement
90 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
558e de lithographies de Meili. Ce peintre se montre plus occidental dans les beaux volumes pleins de ces paysages, que dans se
91 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
559ue ses devanciers. Son sadisme n’est pas beaucoup plus « horrible » que celui des rêveries de certaines pubertés ; quant à l
560se pour les adolescents. Ce qui le caractérise le plus fortement, c’est sa « révolte absolue », forcenée, jusqu’au rire déme
561térateur. Dans un chapitre excellent et peut-être plus audacieux que les autres, M. Pierre-Quint montre en quoi cette révolt
562e la révolte rend moins sympathique, certes, mais plus réellement dangereuse. On sent bien ici que le critique a dominé son
92 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
563 Et on me regarde. J’ai beau feindre l’intérêt le plus singulier pour ce château sur la rive, ils en ont tant vu ! Ils aimen
564ntre soi l’eau de ce beau Danube jaune qui est le plus inodore des fleuves. Dormir. Sans avoir pu retrouver cette mélodie de
565nt nous savons seulement que tout y a son écho le plus pur. Le voyage trompe un temps cette angoisse. J’irai chercher moi-mê
566 me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si tant d’erreurs ne composeront pas un jour
567oue à toutes les magies ! [p. 408] Les désirs les plus incompréhensibles s’emparent de moi comme des superstitions. Tout mon
568 babouches dans une mosquée vide que personne n’a plus l’idée de visiter. » Mais comment ne pas voir qu’un lieu qui porte un
569t charmantes. (Vue sur des maisons pauvres un peu plus bas, avec du linge dans des courettes poussiéreuses.) On aboutit à un
570e étroite on passe ensuite à une seconde terrasse plus vaste, où il y a quelques arbres devant une sorte de tour peu élevée,
571d’ailleurs mensongers. Alors que dans ce domaine, plus visiblement qu’en tout autre, un non-conformisme intransigeant serait
572erme ces pages et vaque à ses devoirs. Nous voici plus à l’aise. Eh bien oui : je me ferai un mérite de perdre tout mon temp
573j’entends : leur monde, avec leurs « problèmes du plus haut intérêt », le « prix de l’action » et leur morale qui ne parle q
574re se débarrasser sans courir les risques 12 les plus graves et provoquer une crise, bref, sans le payer cher. Tout cela es
575outes sortes de ruses et de scepticismes, dont le plus simple consiste à traduire ce que l’on voit. Cette banque à la façade
576autre séjour, dans la semaine qui suit Noël, — la plus sombre de l’année par les rues vides sous la pluie étrangère. Une por
577ent vite, et devient extrêmement exigeant, car le plus beau mensonge atteint à peine le degré d’intérêt d’une vérité banale,
578geur de ma sorte sous ses modalités sentimentales plus que documentaires, peut-être serait-il bon que je parsème ce texte de
579us avez sous la langue ; je vous conseille de n’y plus penser quelque temps… Car on ne trouve vraiment que ce qu’on a consen
580, la minorité hongroise y comptait cependant pour plus ; elle était seule active et créatrice. Le reste : des porteurs d’eau
581etenir autour d’une action certes méritoire, mais plus symbolique qu’efficace. Et sans lendemain. Ce mélange, en toutes chos
582ia » serait assez hongroise… Mais l’expression la plus libre et la plus vivante du génie littéraire de cette race me paraît
583 hongroise… Mais l’expression la plus libre et la plus vivante du génie littéraire de cette race me paraît bien avoir été do
584Esztergóm, où il passe ses étés. Esztergóm est la plus vieille capitale de la Hongrie. Attila, me dit-on, y régna. Aujourd’h
93 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
585anément, et l’on annonce Hypérion. Il ne manquera plus que les longs poèmes de la maturité — mais ceux-là difficilement trad
586et de Hegel, le précurseur de Nietzsche, l’un des plus admirables et des plus mystérieux génies poétiques de notre ère. On d
587eur de Nietzsche, l’un des plus admirables et des plus mystérieux génies poétiques de notre ère. On doit beaucoup de reconna
588l n’est peut-être pas donné à une race d’en créer plus d’un, c’est-à-dire de s’en libérer. Ainsi la France conçut l’homme ra
589nt messianiques… Ce par quoi Hölderlin diffère le plus peut-être des poètes français, c’est que son lyrisme est l’expression
590garde encore la connaissance au sein d’une flamme plus grande, l’autre seulement d’une plus faible… Le grand poète n’est jam
591d’une flamme plus grande, l’autre seulement d’une plus faible… Le grand poète n’est jamais abandonné par lui-même ; il peut
592bstraite qui est celle de ses Noces. Jouve est le plus « germanique » des poètes français d’aujourd’hui ; ce sont les harmon
593s… Or, si comme je le crois et voudrais l’établir plus longuement, le sens des poèmes de la maturité de Hölderlin est à cher
94 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
594ans un de ces paysages de nulle part qui sont les plus émouvants, entre des collines basses grattées par les vents, aux arbr
595e soir nous redirait un adieu bref, — chaque soir plus infime, à cause de l’éloignement en nous-mêmes. À l’entrée d’un tunne
596enté de me complaire. Oh ! je sais ! — Je ne sais plus. — Le train s’attarde dans sa fumée, on respire une lourde obscurité
597ne lourde obscurité qui sent l’enfer. Je ne pense plus qu’ « au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des fau
598esse considérée comme un des beaux-arts Ils n’ont plus de noms, ils ne sont qu’une ivresse aux cent visages, lorsque j’entre
599ner en sens inverse ; frapper des talons toujours plus vite, mains à la nuque, mains à la hanche, mains à la danseuse ; part
600’à produire un roulement continu, marteler encore plus vite en tourbillonnant, choir enfin dans une vaste culbute sur les di
601e les yeux. Quel style dans la liberté ! Il n’y a plus qu’ici qu’on aime l’ivresse comme un art. Et qu’on soigne sa mise en
602ace, mais tout se met à fuir, alors il faut voler plus vite pour rattraper ces apparences adorables… Si je « lâchais » un in
603ngrie sans talisman, s’il a du cœur, n’en revient plus. 15. La plaine et la musique L’ouverture de Stravinsky exécutée par
604 l’enroule et d’un coup la subtilise, ne laissant plus qu’un long silence soutenu, comme un appel à la rafale dont l’approch
605nant ferme les yeux sous la vague toujours un peu plus haute que profonde ne fut l’attente, et lâche tout. C’est l’âme qui j
606tit train en rumeur depuis un moment ne redescend plus : il gouverne avec une vertigineuse docilité dans les voies d’un amou
607 qui succombe à l’excès du sommeil) — et me voici plus seul, avec une nostalgie qui ne veut pas de la romance à mon oreille
608moment, c’est que la ligne est droite. Je ne sais plus dans quel sens je roule. J’aime ces heures désorientées ; le sentimen
609rser avant de parvenir à la Réalité. Entre « déjà plus » et « pas encore »… Bon point de vue pour déconsidérer nos raisons d
610r, tu t’éveilles dans une lueur jaune, ne sachant plus en quel endroit du temps tu vis, — c’en est fait, toutes choses ont r
611 c’est une aventure qui relève de la métaphysique plus que de la psychologie. — Une vaste licence poétique… (Voici bien la f
612(une sorte de cauchemar de la pensée, qui ne peut plus s’arrêter de penser). Se peut-il qu’on cherche le sens de la vie ! Je
613n jamais pu « déclarer » d’important ? Je ne sais plus parler en vers et la prose n’indique que les choses les plus évidente
614 en vers et la prose n’indique que les choses les plus évidentes. C’est bien pourquoi l’Objet n’a pas de nom. Parfois je me
615 cherchent. Et qui sait si vraiment elle n’existe plus, l’Hermétique Société 18   de ceux qui ne désespèrent pas encore du
616it-ce là tout ce qu’elle m’a donné ? Cette notion plus vive d’un univers où la présence de l’Objet deviendrait plus probable
617’un univers où la présence de l’Objet deviendrait plus probable ? Ou bien n’ai-je [p. 589] su voir autre chose que la Hongri
618aduisent, à tout prendre, une vérité particulière plus importante que cette vérité générale dont tout le monde se réclame et
619 réelle… Comme j’ai peine à m’imaginer que jamais plus je ne la reverrai, cette lumière en ce lieu, secrète et familière. So
620l’image, née en rêve, d’une plaine, d’un couchant plus grandiose au ciel et sur la terre plus secret que dans ton pays. Tu a
621n couchant plus grandiose au ciel et sur la terre plus secret que dans ton pays. Tu attendais une révélation, non point de c
95 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
622n de la qualité pure, je persiste à tenir pour le plus efficace. Ce n’est peut-être pas fortuitement que M. Charles Du Bos a
623s que par le style des « approches », le livre le plus significatif de son tempérament critique. Le style d’abord : on y ret
624 » dans l’exercice de sa probité ? Défaut combien plus précieux que l’élégance à bon marché qu’on nous prodigue dans la pres
625entre d’une œuvre. La méthode de M. Du Bos est la plus propre à dégager l’élément spécifique des génies qu’elle « approche »
626, elle risque de nous laisser l’image d’un auteur plus conscient de ses propres difficultés que ne saurait l’être le créateu
96 1930, Articles divers (1924–1930). Le prisonnier de la nuit (avril 1930)
627re un feu rose éclôt voici ton heure au regard le plus pur je suis à toi dans le triomphe du silence sereine tu es toujours
628ans le triomphe du silence sereine tu es toujours plus sereine infiniment nue dans la douceur du feu et de la joie. V Oh
629 refuges… [p. 12] VI Prisonnier de la nuit mais plus libre qu’un ange prisonnier dans ta tête mais libre comme avant cette
97 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
630 en effet ? Une grande nuée de romanciers à peine plus réels que leurs personnages ; des êtres gris, marqués d’un point roug
631e contre l’insignifiance ! On ne nous laisse même plus la colère. Ah ! nous ne risquons pas d’être tués par des statues !) T
632s que l’outrancière habileté contemporaine écœure plus que tout. Plutôt donc que de discuter ces thèses, je voudrais suivre
633 — ont la chance de vivre à l’une des époques les plus violentes de l’histoire humaine ; ils assistent à des bouleversements
634eure de domination et de puissance… On ne se pose plus, en France, de questions qui dépassent un certain plan. C’est mal vu.
635champ. Ils mettent en jeu des systèmes de valeurs plus ramifiés, plus organiques. Ils ne sont pas obscurs, ils sont arboresc
636ent en jeu des systèmes de valeurs plus ramifiés, plus organiques. Ils ne sont pas obscurs, ils sont arborescents. Voyez Ber
637t vous mener à crever de faim, ce qui ne se porte plus, — voire même à paraître ennuyeux 13 … Ils recherchent tous un équili
638ur néglige sa personnalité » et « Kant est un peu plus redoutable que Robespierre ». Bien. Ah ! très bien ! Mais qu’ensuite
639e », mais obligent l’homme à « assumer » d’autant plus héroïquement sa vérité — une vérité qu’il doit se créer de toute sa v
98 1930, Articles divers (1924–1930). « Vos fantômes ne sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)
640 d’âme. Car on ne voit que ce qu’on mérite. — Les plus beaux fantômes, et les plus réels, ce sont les anges. Mais ceux-là se
641e qu’on mérite. — Les plus beaux fantômes, et les plus réels, ce sont les anges. Mais ceux-là seuls parmi nous les verront,
642ns à ce signe qu’il nous transporte dans un monde plus hautement organisé, c’est-à-dire plus réel. (L’absurdité des choses m
643ns un monde plus hautement organisé, c’est-à-dire plus réel. (L’absurdité des choses mesurait seulement notre impuissance à
644impuissance à les aimer.) Dès lors, il ne s’agira plus de réduire les fantômes qui nous tenteront, mais de leur égaler notre
645ntenir cet effort sous le signe de la sobriété la plus rusée mais la plus amoureuse. L’audace et l’humilité de la prière nou
646ous le signe de la sobriété la plus rusée mais la plus amoureuse. L’audace et l’humilité de la prière nous font entendre l’a
99 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
647r est vêtu de la gloire d’un pourpoint [p. 162] « plus rouge que rouge ». On assure qu’il possède encore une harpe et un pia
648die n’est pas mon fort, même la triste. Je n’aime plus que les choses lentement émouvantes, monotones et aiguës, comme la pl
649visage dans ma mémoire (d’heure en heure ces yeux plus vivants…) De là, je le suppose, une certaine misanthropie en germe :
650u’au sens moral.) Le goût de se perdre est un des plus profonds mystères de notre condition, et je ne crois pas trop absurde
651 l’on s’est administrée accapare nos facultés les plus vulgaires, libérant par là cette part gratuite de nous-mêmes qui se p
652édaction s’empresse de faire rentrer la partie la plus incongrue de cette chronique. Enfin, un Étranger raconte l’histoire s
653anger raconte l’histoire suivante qui est une des plus belles du monde :   Un prince italien ayant commandé à Pergolèse un
654t dans une grande fièvre tout le Stabat Mater, sa plus belle œuvre, sur le thème des pleurs de la vieille, et mourut comme i
655rs ces Allemagnes où, tu le sais, la tristesse la plus amère invente encore des mélodies sentimentales, un peu bêtes, un peu
656us les coups d’un Kühnrich à la basse rugissante, plus traître que nature avec sa large face mangée par une barbe en crin de
657s sauvages. Laquelle des trois filles est donc la plus jolie ? Sans doute celle qui dort dans la mansarde, et qui n’a pas pe
100 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
658blie pas facilement. C’est qu’il y apporte un peu plus d’expérience humaine qu’on n’a coutume d’en attendre aujourd’hui d’un
659t l’aventure chinoise de l’auteur. C’est un roman plus dépouillé, plus inégal aussi à certains égards et qui cette fois ne m
660noise de l’auteur. C’est un roman plus dépouillé, plus inégal aussi à certains égards et qui cette fois ne montre pas l’homm
661avec l’humanité civilisée, mais avec la nature la plus sauvage. Comme Les Conquérants, c’est une sorte de roman d’aventures
662ans le souvenir du lecteur : leur tempérament est plus fortement marqué que leurs particularités extérieures, et c’est sans
663, n’est-ce point cela qui forme l’autoportrait le plus profondément ressemblant du maître ? Ainsi apparaissent au travers de
664dualité morale qui n’est sans doute que l’idée la plus forte que M. Malraux se fait de lui-même. Je suis tenté de dire : son
665de dire : son moi idéal, celui auquel il donne sa plus profonde et intime adhésion. Nous avons tous en nous de quoi composer
666en nous de quoi composer un semblable personnage, plus vrai que nous-mêmes parce que plus cohérent, plus représentatif et pl
667le personnage, plus vrai que nous-mêmes parce que plus cohérent, plus représentatif et plus accompli. Perken-Garine est la p
668plus vrai que nous-mêmes parce que plus cohérent, plus représentatif et plus accompli. Perken-Garine est la personnification
669es parce que plus cohérent, plus représentatif et plus accompli. Perken-Garine est la personnification la plus frappante d’u
670ccompli. Perken-Garine est la personnification la plus frappante d’un certain « homme moderne », — l’homme sans Dieu, qui n’