1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1 La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)n « Je lui ai raconté qu’il habite une chaumière au b
2 La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)n « Je lui ai raconté qu’il habite une chaumière au bord d’un ruis
3’apparaît comme une chose si douce et si grande… »11 Et Bettina terminant sa lettre sur Hölderlin : « Ce piano dont il a
4et si grande… »11 Et Bettina terminant sa lettre sur Hölderlin : « Ce piano dont il a cassé les cordes, c’est vraiment l’i
5s se préparent à tenter le climat, — j’avais rêvé sur ce passage de l’émouvante Bettina, rêvé sans doute assez profondément
6ngage sacré ? Cette langue de feu qui s’est posée sur Hölderlin et qui l’a consumé… Digne ? — Un adolescent au visage de je
7t du chant prophétique, confondant leurs flammes. Dix années dans le Grand Jeu. Dix années où le génie tourmente cet être f
8dant leurs flammes. Dix années dans le Grand Jeu. Dix années où le génie tourmente cet être faible, humilié par le monde. L
9Hölderlin doit quitter la maison de Madame Gontard12, déchirement à peine sensible dans son œuvre. Car ce poète n’est peut
10 feu s’éteint — l’esprit souffle où il veut. Juin 1802 : au moment où meurt Diotima, Hölderlin errant loin d’elle (dans la r
11de vieillard qui reparaît en Allemagne. Et durant trente années, ce pauvre corps abandonné vivra dans la petite tour de Tubing
12nd plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. Sur l’autre rive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne r
13e de jour férié, les clochers de la ville sonnent deux heures. Allons. Un de ces corridors de vieille maison souabe, hauts e
14n se met à raconter les choses les plus affreuses sur son compte, simplement parce qu’il a aimé une femme, pour écrire Hype
15par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour… Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux, une pipe qui traîne sur l
16es ornées de cactus miséreux, une pipe qui traîne sur l’appui ; le jardinet avec son banc et ses lilas fleuris qui trempent
17 passait des heures à cette fenêtre, à marmotter. Vingt-sept ans dans cette chambre, avec le bruit de l’eau et cette complainte de
18core plus de paix que maintenant. La grande allée sur l’île n’existait pas, en face, ni les maisons. Il voyait des prairies
19l ne vient pas tant de visiteurs, et seulement de 2 à 4… Une rue étouffée entre des maisons pointues et les contreforts d
20 vient pas tant de visiteurs, et seulement de 2 à 4… Une rue étouffée entre des maisons pointues et les contreforts de l’
21e café au bord du Neckar, sous les marronniers. À quatre heures, l’orchestre s’est mis à jouer des ringues charmantes, jazz et
22t tellement d’ailleurs… Faut-il donc que l’un des deux soit absurde, de ces mondes à mes yeux soudain simultanés ?… Le trag
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
23 M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)a M. de Montherlant est considéré par plusieurs comm
24 Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)a M. de Montherlant est considéré par plusieurs comme l’un des hé
25mée et casquée pour la lutte de l’après-guerre. ⁂ Deux philosophies, affirme-t-il, se disputent le monde. L’une vient de l’O
26’a saisi aux pattes de la guerre encore contus de huit coups de griffes et chaud de l’étreinte du fauve merveilleux ». Il n’
27. de Montherlant ne s’est même pas demandé si ces deux contrepoisons pouvaient être administrés ensemble. L’opération faite,
28. Toute une partie du Paradis à l’ombre des épées 1, son dernier livre, est consacrée à « fondre dans une unité supérieur
29avoue bien volontiers qu’il n’est pas une opinion sur le monde à laquelle je ne préfère le monde ». Je préfère à la dogmati
30nnée et calme » des « grands corps athlétiques ». Sur le stade au soleil se déploient les équipes, et l’équipier Montherlan
31e l’ordre », et aussi parfois, de la pensée que « sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix sont désignés… ». V
32ée que « sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix sont désignés… ». Voici passer un coureur : « À peine a-t-il
33e « sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix sont désignés… ». Voici passer un coureur : « À peine a-t-il touc
34sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix sont désignés… ». Voici passer un coureur : « À peine a-t-il touché l
35t posée, est pleine du désir de l’air. Danse-t-il sur une musique que je n’entends pas ? » — Mais plus que le corps en mouv
36ps en mouvement, c’est la domination de la raison sur ce corps qui est exaltante, et c’est cette domination qui est le but
37cun envers l’ensemble (Montherlant insiste plutôt sur le sentiment des hiérarchies que sur celui de la solidarité, comme bi
38siste plutôt sur le sentiment des hiérarchies que sur celui de la solidarité, comme bien l’on pense). Enfin, enseignement p
39 se font pas en vain. Le chef se dresse entre les dix qui sont à lui. Il dit : « Je ne demande pas qu’on m’aime. Je demande
40re et prenant : « Si l’on s’échauffe, s’échauffer sur de la précision. » On évitera ainsi tout niais romantisme. Je sais bi
41oxe, qu’il rejoint Kant, Kant qui écrit : « C’est sur des maximes, non sur la discipline, qu’il faut fonder la conduite des
42nt, Kant qui écrit : « C’est sur des maximes, non sur la discipline, qu’il faut fonder la conduite des jeunes gens : celle-
43ler une « morale constructive » : porter l’effort sur ce qui doit être, et ce qui ne doit pas être tombera de soi-même. Ain
44endra mieux compte à distance de la contradiction sur laquelle est bâtie son œuvre. L’intéressant sera de voir ce qu’il sac
45dmets que ses « idées générales » ne vaillent rien2 ; sa morale virile nous est néanmoins plus proche que la sensualité v
3 1924, Articles divers (1924–1930). Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)
46 Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)b Lundi so
47Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)b Lundi soir, dans la salle du Lyceum, M. Conrad Meil
48 Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)b Lundi soir, dans la salle du Lyceum, M. Conrad Meili parla des é
49 : cubisme et futurisme. Les voici revenus, après 125 ans, à peu près à leur point de départ. Mais leurs recherches n’ont p
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
50ant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)a Henry de Montherlant, héritier d’une tradition chevaleresque, mè
51, avec un bref soupir s’y résignent, puis tablent sur eux, et d’autres qui tiennent qu’une telle attitude est responsable d
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
52 André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)b Sous une « vague de rêves », la logique, dernier agent de liaiso
53l préconiser l’existence d’une littérature fondée sur de tels principes ? Le Rêve est la seule matière poétique. Dans le mo
54ux poète s’il ne s’efforçait de donner raison aux 75 pages où il voulut nous persuader que tout poème doit être une dictée
55il psychologique si scolaire ? À donner le change sur la pauvreté d’un art purement formel. Car c’est ici le tragique de ce
56ttres françaises qui risquent d’y perdre au moins deux grands artistes : Aragon, Éluard. Sans oublier Breton, enchanteur des
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
57 Paul Colin, Van Gogh (août 1925)c Le nouveau volume de la collection des « Maîtres de l’art modern
58st au moins le cinquième ouvrage publié en France sur Van Gogh, depuis 1922. Il contient pourtant des vues assez neuves. M.
59ème ouvrage publié en France sur Van Gogh, depuis 1922. Il contient pourtant des vues assez neuves. M. Colin s’est contenté d
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
60 Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)d Lucien Fabre, ingénieur, poète, chroniqueur scientifique, « Prix
61: il calcule un plan, un poème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valéry, St John Perse. On le vit naguère e
62ème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valéry, St John Perse. On le vit naguère en province liquider des sto
63né, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions traitées est
64mme le fait son maître — : « La marquise sortit à cinq heures ». Une telle platitude est presque indispensable, mais il s’en
65res qui le sont moins. On n’écrit pas un roman en trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligences. Mais on ne
66ais on ne demande pas non plus au puissant boxeur sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était un portrait balzacien d
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
67 Les Appels de l’Orient (septembre 1929)e Le xxᵉ siècle s’annonce comme le siècle de la découverte du mond
68s qui, disons-le tout de suite, renseignent mieux sur l’esprit occidental que sur l’oriental, en sorte que cette enquête re
69te, renseignent mieux sur l’esprit occidental que sur l’oriental, en sorte que cette enquête rejoint parfois celle qu’ouvri
70ejoint parfois celle qu’ouvrit la Revue de Genève sur « l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André Gide en part
71 de Genève sur « l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André Gide en particulier). Car la plupart des enquêtés se
72homisme et ceux qui pensent inévitable le choc de deux mondes, et que seule une intime connaissance mutuelle l’adoucira. Il
73ucoup, l’Orient n’est qu’un prétexte à variations sur le thème favori. M. Massis, par exemple, qui cependant produit un gra
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
74 Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)f « Dès que nous sommes seuls, nous sommes des fous. Oui, le contr
10 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
75 Almanach 1925 (septembre 1925)g En 1886, lors de sa fondation, la nouvelle maiso
76 Almanach 1925 (septembre 1925)g En 1886, lors de sa fondation, la nouvelle maison d’édition Fisc
77 Almanach 1925 (septembre 1925)g En 1886, lors de sa fondation, la nouvelle maison d’édition Fischer passait po
78e définition de M. A. Eloesser dans l’Almanach du 25ᵉ anniversaire. Les révolutionnaires y faisaient pourtant bon ménage av
79 de ce que fut la littérature d’avant-garde entre 1900 et 1910. Depuis, la maison paraît s’être un peu embourgeoisée… Disons
80ue fut la littérature d’avant-garde entre 1900 et 1910. Depuis, la maison paraît s’être un peu embourgeoisée… Disons plutôt q
11 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
81 Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)h Dans l’atmosphère trouble où s’agite l’Allemagne nouvelle — et p
12 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
82 Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)j M. Valéry L
83s nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)j M. Valéry Larbaud est vraiment un étonnant esprit. Pour présente
84on et le gage de sa légitimité. Nul doute que les Trois nouvelles exemplaires ne suscitent un intérêt très profond : elles no
85dello. N’annonce-t-il pas que les personnages des trois nouvelles « sont réels, très réels, de la réalité la plus intime, de
86tail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une iro
87olupté des formes. Une sensation de barre d’acier sur la nuque.
13 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
88 Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)k Peut-être n’est-il pas trop tard pour parler du Vinet de M. Seil
89 chapitre qu’il vient d’ajouter à sa grande étude sur les rapports du christianisme et du romantisme. M. Seillière cherchai
90 l’autorité d’un verdict essentiellement chrétien sur le mysticisme naturiste ». Il ne pouvait trouver mieux que Vinet. Et
91M. Seillière. C’est peut-être pourquoi il insiste sur le fait que Vinet se déclarait « un chrétien sans épithète ». Croit-i
14 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)
92 Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)l « Quel est celui-là qui s’avance » avec ce visage d’entre la vie
93ns sa profondeur, mais qui se penche sans vertige sur ses abîmes. Simplicité de notre temps ! Au-dessus de la trépidation i
15 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Simone Téry, L’Île des bardes (décembre 1929)
94 Simone Téry, L’Île des bardes (décembre 1929)m L’Irlande contemporaine offre un spectacle bien passionnant : ce
95on, comme fut celle des Yeats, Synge, Joyce même… Trois noms qui permettent, je crois, de parler d’un grand siècle littéraire
96d siècle littéraire irlandais ; ce que d’ailleurs Mlle Simone Téry ne fait pas. Car elle veut éviter l’emballement et con
16 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
97 Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)n La Révolution russe va-t-elle usurper dans le roman d’aventures
98l sait qu’un grand mouvement est la résultante de millions de petits. Voici naître la révolution dans un cœur, puis dans une fam
99Cite secrète » de la vie privée, quelques regards sur la foule suffisent pour en préciser les conséquences. C’est ainsi qu’
100es conséquences. C’est ainsi qu’interviennent les trois Anglais mêlés au drame. M. Walpole leur a dévolu le soin d’entrer tan
101iques. Je donnerai tous les essais de M. de Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secrète. Pour celle-
102us les essais de M. de Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secrète. Pour celle-ci par exemple (caché
103ssais de M. de Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secrète. Pour celle-ci par exemple (caché dans un r
104ngle le plus éloigné du réduit, et se blottit là, sur le sol, les yeux grands ouverts dans le vide, sans rien voir. Ainsi
17 1926, Articles divers (1924–1930). Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)
105 Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)c M. René Guisan, professeur de théolog
106 Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)c M. René Guisan, professeur de théologie à Lausanne
107érence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)c M. René Guisan, professeur de théologie à Lausanne et directeur
18 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
108 Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)d Pour la première fois cette année, les conférences de
109 Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)d Pour la première fois cette année, les conférences de l’Associat
110les discussions philosophiques provoquées par ces deux travaux. Avec la conférence de M. Jean Cadier, un jeune pasteur franç
111ie moderne avec l’action religieuse en s’appuyant sur des expériences faites pendant le réveil de la Drôme, dont il est l’u
112sposé, M. Pierre Maury fit une causerie émouvante sur l’Évolution religieuse de Jacques Rivière, qui se trouva préciser bie
113is M. A. Brémond, étudiant en théologie, présenta deux ouvriers de Paris, Clerville et Janson, dont il a eu l’occasion de pa
114s nous compromettre, si nous écopons, tant pis. » Cinq conférences et autant de cultes en trois jours, cela peut paraître ex
115nt pis. » Cinq conférences et autant de cultes en trois jours, cela peut paraître excessif à qui n’a pas connu l’atmosphère p
116ent l’usage de la parole, puis on va se dégourdir sur un ballon ou bien l’on poursuit hors du village une discussion toujou
117ntre un banquier et un philosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de professeurs suisses et français. Miracle qui nous f
19 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
118 L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)e Cette conférence s’ouvrit par une bise qu’on
119 L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)e Cette conférence s’ouvrit par une bise qu’on peut bien
120 L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)e Cette conférence s’ouvrit par une bise qu’on peut bien dire du d
121aussi à l’émotion qui accueillit l’étude de Maury sur Jacques Rivière : combien reconnurent dans le tourment de cette âme l
122pre recherche, — et dans ses lumineuses conquêtes sur le doute, le modèle des réponses désirées. Tout cela, c’est l’atmosph
123d’une salle où les spectateurs étendus en pyjamas sur des paillasses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièc
124llasses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièce inexistante. Enfin le dernier soir, l’on vit apparaître un
125e délibérative en pleine forêt, où Henriod debout sur un tronc coupé n’eut pas trop de toute sa souplesse pour maintenir l’
126anta « les Crapauds » avec âme, appuyé d’une main sur l’épaule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air des phrases mu
127fisait de souscrire à la brochure de la conférence3 pour savoir tout ce que je n’ai pas dit dans ces quelques notes. 3.
20 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
128 Confession tendancieuse (mai 1926)f Écrire, pas plus que vivre, n’est de nos jours un art d’agrément
129un art d’agrément. Nous sommes devenus si savants sur nous-mêmes, et si craintifs en même temps, si jaloux de ne pas nous d
130es. Amour de soi… Mais moi, qui suis-je ? Par ces trois mots commence le drame de toute vie. Ha ! Qui je suis ? Mais je le se
131 mes amis ; quel est le vrai ? — Ils me proposent vingt visages que je puis à peine reconnaître. Reste le monde, — les choses
132te incapacité à jouir de mes victoires, à pleurer sur mes déboires, ce malaise seul liait les personnages auxquels je me pr
133iolence s’était levée. Ce fut elle qui m’entraîna sur les stades où je connus quelle confiance sourde aux contradictions in
134e. J’allais plier des résistances à mon gré, agir sur les choses… Vers le soir, l’ardeur tombe : agir ? dans quel sens ? Pr
135s parfait que je lui préparerai les voies. Agir ? Sur moi d’abord. Il ne faut plus que je respecte tout en moi. Je ne suis
136 un arrêt artificiel dans ma vie, une vue stupide sur mon état qui peut m’être dangereuse. (On donne corps à une faiblesse
137e en la nommant ; or je ne veux plus de faiblesses4.) Et demain peut-être, agir dans le monde, si je m’en suis d’abord re
138ctrine, me dit-on. L’avouerai-je, quand je médite sur une doctrine possible, sur une systématisation de mes petites certitu
139ai-je, quand je médite sur une doctrine possible, sur une systématisation de mes petites certitudes5, j’éprouve vite le sen
140 sur une systématisation de mes petites certitudes5, j’éprouve vite le sentiment d’être dans un débat étranger à ce vérit
141ps que ma puissance d’agir. Que tout cela s’agite sur fond de néant, je le comprends par éclairs, mais une secrète espéranc
142 — au soir, je m’amuserai à mettre des étiquettes sur mes actes… Déjà je sens un sourire, — en songeant à ces raisonnements
21 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
143 Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)g Je ferme les Bestiaires, et me tirant hors de ce « 
144s Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)g Je ferme les Bestiaires, et me tirant hors de ce « long songe de
145y a de plus bondissant en nous ; en prise directe sur notre énergie physique. Partout rôdent des présences animales. Tandis
146Partout rôdent des présences animales. Tandis que sur la plaine s’élève le long beuglement des taureaux et le ohéohéohé des
147n aime, et les victorieux sont d’immenses amants »6. Mais envers les taureaux cet amour tourne en adoration ou en une vér
148n, saligaud ! » Il l’apostrophait ainsi tout bas, sur un ton révérenciel, et comme on déroule une litanie. Sous les grands
149l’arrière-train, tenta de se raidir, enfin croula sur le flanc, accomplissant sa destinée. Quelques secondes encore elle cl
150t, avec le bruit d’un câble de navire qu’on serre sur un treuil. Elle arriva avec emphase à la cime de son spasme, comme l’
22 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
151 Soir de Florence (13 novembre 1926)h Des cris mouraient vers les berges du fleuve jaune
152 Soir de Florence (13 novembre 1926)h Des cris mouraient vers les berges du fleuve jaune, entre les de
153raient vers les berges du fleuve jaune, entre les deux façades longues que la ville présente au couchant, dans ce corridor d
154nt lentement les eaux et les lueurs, vers la mer. Sur le Lung’Arno trop vaste et nu, les voitures revenaient au pas des Cas
155es, il n’y en eut presque plus. Nous étions seuls sur le pavé qui exhalait sa chaleur, au long des quais sans bancs pour no
156rd du fleuve, plus bas que la Promenade désertée. Sur les eaux, comme immobiles, des nuages rouges et le vert dur des berge
157ais entendue qui nous accompagne depuis un moment sur le chemin de l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avant d’un char
158ure… L’homme chante une plainte inouïe de pureté. Deux phrases rapides ondulent dans l’air lourd. Le chant descend très douc
159 — jusqu’à ce que les bœufs ruisselants remontent sur notre rive. Fraîcheur humide, parfums à peine sensibles, bruissement
160mmes retournés vers la ville. Fleurs de lumières sur les champs sombres du ciel de l’est, et une façade parfaite répond en
161e parfaite répond encore au couchant. San Miniato sur sa colline. Derrière nous, les arbres se brouillent dans une buée san
162eurs, angles purs, repos de l’esprit qui s’appuie sur son œuvre ! La sérénité de cette façade élevée lumineuse sur le ciel
163re ! La sérénité de cette façade élevée lumineuse sur le ciel fut le signe d’un équilibre retrouvé. Un grand pont de fer, p
23 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
164 Adieu, beau désordre… (mars 1926)o L’époque s’en va très vite vers on ne sait quoi. On a mis le bon
165hose, catastrophe ou révélation, brusque échappée sur des pays nouveaux ou chute irrémédiable. Peut-être pouvons-nous chois
166prétendre à l’action sociale que l’époque réclame 1. C’est aussi pourquoi l’on ne saurait accorder trop d’importance à le
167s s’opposent avec hostilité. Dans l’intérieur des deux maisons pourtant se débattent les mêmes brouilles de famille entre Ar
168amille entre Art et Morale, Pensée et Action… Ces deux moralistes adonnés à la culture et à la libération du moi paraissent
169 une action, une expérience. Et, le plus souvent, sur soi-même. On écrit pour cultiver son moi, pour l’éprouver et le prému
170ère s’y appliqua dans un de ses derniers articles 2. Il rendait responsable de tout le « mal », le Romantisme — et c’est
171mps aux Français pour pousser à bout l’expérience 3. Ingénieux équilibres entre la raison et les sens, entre le moi et le
172facile à juger du dehors n’était pas ce qu’il y a vingt ans on nommait blasé. Rien n’était émoussé en nous, mais pouvions-nou
173vions-nous faire abstraction du plan intellectuel sur lequel tout apparaît inutile et vain ? Je cite ces phrases, tirées d’
174es phrases, tirées d’un récit d’ailleurs admirable4, de Louis Aragon, pour marquer l’aboutissement d’une évolution qui a
175tes dont il s’étonne mais qu’il se garde de juger 5. Il y a véritablement une littérature de l’acte gratuit, qui restera
176même, qui lui faisait mépriser son propre intérêt 6… » c’est proprement la perversion d’une vertu qui se brûle elle-même.
177les rationnels. Nous ne pensons plus par ensembles7 : symptôme de fatigue. Mais tout cela : dégoût universel, désir de vi
178surde de quelques problèmes moraux et littéraires 8, à quoi beaucoup sacrifièrent leur jeunesse. (« Nous sommes une génér
179es révolutions, quelles anarchies, quels Niagaras 9 !) Quelques jeunes hommes l’ont compris. Ils sont modestes — ne s’is
180hoisir parmi leurs instincts, ni de les améliorer 10. Tout ceci est assez nouveau. (Après tant de cocktails, quelle saveur
24 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
181 Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir,
182 Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que
183 tout cela baigne dans le même lyrisme et s’agite sur un fond sombre et riche de passions inconscientes qui donnent à tous
184e œuvre inégale des idées vieilles comme Rousseau sur les droits de la passion, — et dans sa trame quelques chapitres inspi
25 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926)
185 Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926)q Un artiste de grand talent à qui la guerre a fait perdre le goût
186en action plutôt qu’en commentaires. Le talent de Mme de Watteville paraît mieux à l’aise dans la description du milieu p
26 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Wilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926)
187 Wilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926)r Un léger flirt avec la muse, parce que c’est dimanche, parce qu’
27 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
188 Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)s C’est le récit de la découverte de Dieu par une jeune fille élev
189semblablement ignorante de toute religion jusqu’à vingt ans, Denise s’abandonne à « la vie », laquelle — un peu aidée par l’a
190lu dès les premières pages, mais qu’il faut louer Mme Rivier d’avoir posé courageusement. Dirai-je que l’abus des points
28 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
191 Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)t Sous ce titre, le plus étonnant peut-être qu’il ait trouvé, Jean
192u’il aime pour les matériaux qu’on en peut tirer. L[e] malheur de Cocteau est qu’il se veuille poète. Il ne l’est jamais
193la poésie. (« Le poète ne rêve pas, il compte. ») Six projecteurs convergent sur une machine luisante et tournante. L’espri
194êve pas, il compte. ») Six projecteurs convergent sur une machine luisante et tournante. L’esprit de Cocteau est une arme a
195r varier il tire tantôt à gauche tantôt à droite, sur Barrès, sur Wagner, sur quelques fantômes, sur le public. (Bientôt su
196tire tantôt à gauche tantôt à droite, sur Barrès, sur Wagner, sur quelques fantômes, sur le public. (Bientôt sur lui-même j
197à gauche tantôt à droite, sur Barrès, sur Wagner, sur quelques fantômes, sur le public. (Bientôt sur lui-même je le crains,
198e, sur Barrès, sur Wagner, sur quelques fantômes, sur le public. (Bientôt sur lui-même je le crains, pour renaître catholiq
199r, sur quelques fantômes, sur le public. (Bientôt sur lui-même je le crains, pour renaître catholique.) Certes, il bannit l
29 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
200 René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)u Les témoignages ne manquent pas sur la détresse morale de la gén
201oi (mai 1926)u Les témoignages ne manquent pas sur la détresse morale de la génération surréaliste. Mais tandis que la p
202 dissoudre, à me perdre. » Vouloir la vérité pure sur soi, c’est se refuser à l’élan vital qui nous crée sans cesse : l’ana
30 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
203 Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)v Nous disons adieu aux charmes troubles et inhumains de la nature
204métrie… Elle use et conduit lentement l’usure des milliers d’êtres humains ». Elle n’est plus adaptée aux conditions nouvelles d
205 détail des rues. Congestion : « un cheval arrête 1 000 chevaux-vapeurs ». Et pourtant « la ville est une image puissante
206étail des rues. Congestion : « un cheval arrête 1 000 chevaux-vapeurs ». Et pourtant « la ville est une image puissante qui
207e et de ciment blanc, flamboyantes au soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-
208errasses. Des perspectives régulières recoupées à 200 et 400 mètres par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100
209s. Des perspectives régulières recoupées à 200 et 400 mètres par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heu
210ar les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des encein
211 cette parfaite expression du triomphe de l’homme sur la Nature. Architecture : « tout ce qui est au-delà du calcul… Ce ser
31 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
212 Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)w Je ne crois pas exagéré de dire qu’en publiant ce recueil d’essa
213es négatives est contenue surtout dans ses essais sur Proust, Pater et Stendhal. Certes, il était temps que l’on dénonce la
214 le moi, comme le fait M. Fernandez dans un essai sur l’Autobiographie et le Roman, dont pour ma part je suis loin d’admet
215connaissance personnelle. Après quoi il écrit : « II y a, en fait, deux manières de se connaître, à savoir se concevoir et
216onnelle. Après quoi il écrit : « II y a, en fait, deux manières de se connaître, à savoir se concevoir et s’essayer. » Fort
217 décèle. Le meilleur morceau du livre est l’essai sur Proust et sa théorie des « intermittences du cœur » dont Fernandez do
218’un moralisme nouveau qui se fonderait solidement sur les données modernes de la psychologie et de la philosophie. Pour nou
32 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
219 Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)x J’éprouve quelque gêne à porter un jugement littéraire sur ce no
220ouve quelque gêne à porter un jugement littéraire sur ce nouveau tome des mémoires de Montherlant : dans ce récit plus enco
221eur ; dans ce portrait de Montherlant toréador, à seize ans, c’est surtout le Montherlant actuel que l’on sent. C’est dire qu
222agnoles pleines de simple grandeur, j’ai supporté mille fastidieux détails techniques et des délires taurologiques avec lesqu
223ommes ! » Mais ce jeune homme qui écrivit naguère sur les Fontaines du désir certaines pages magnifiques et sobres, jetées
224ts, je compte qu’il saura fonder sa gloire future sur des valeurs plus humaines.
33 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jacques Spitz, La Croisière indécise (décembre 1926)
225 Jacques Spitz, La Croisière indécise (décembre 1926)y L’auteur veut amuser en nous quelques idées graves en leur prése
34 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
226 Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une
227ù des amis très fins, précieux poètes, dissertent sur leurs fantaisies ? Ç’aurait été si délicieusement invraisemblable… Ma
228ieux abandonné à son sujet, d’un pathétique assez neuf.
35 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
229dré Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)aa Un Chinois écrit d’Europe à un Français qui lui répond de Chine
230ambition la plus haute échoue. La tristesse règne sur nos villes. (Neurasthénie, ce mal de l’Occident.) Et notre vertu supr
231thiser avec son idéal de culture. Il n’y a pas là deux points de vue irréductibles, du moins M. Malraux a fait parler son Ch
36 1926, Journal de Genève, articles (1926–1982). Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)
232 Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)a Il y a dans le monde intellectuel une « Question d’
233 Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)a Il y a dans le monde intellectuel une « Question d’Orient » dont
234tes enquêtes ont dénoncé certaines des confusions sur quoi se fondent ces poétiques espérances ou ces craintes imaginaires.
235sistent encore. Or, le nouveau livre de M. de Traz1, par les précisions importantes qu’il apporte sur les rapports de l’O
236az1, par les précisions importantes qu’il apporte sur les rapports de l’Orient et de l’Europe, me paraît destiné à lever pl
237rs en Orient, mais une suite de coups d’œil aigus sur l’âme orientale de l’islam, que nous l’avons lu avec un intérêt si so
238i soutenu et parfois — je pense à certaines pages sur Jérusalem qui touchent particulièrement une sensibilité protestante —
239ons tout leur prix. Elles ne nous renseignent pas sur une partie orientale de lui-même, comme c’est si souvent le cas, mais
240ui-même, comme c’est si souvent le cas, mais bien sur l’Orient. Encore faut-il s’entendre : les meilleurs documents sur l’O
241core faut-il s’entendre : les meilleurs documents sur l’Orient sont les œuvres des Orientaux. L’intérêt d’un livre comme ce
242vre comme celui-ci est plus dans l’opposition des deux mondes que dans la peinture elle-même de l’Orient. Tandis que s’accum
243tal, c’est peut-être la fidélité. » Ses remarques sur la psychologie de l’Égyptien ne sont pas moins subtiles et le mènent
244que pour parler comme j’aurais voulu le faire des deux autres parties du volume, d’une importance moins actuelle, mais d’une
245alité d’art peut-être supérieure. Les méditations sur les ruines de la Haute-Égypte révèlent en de Traz un philosophe de l’
37 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
246 Avant-propos (décembre 1926)a Une mauvaise humeur qui flotte dans l’air nous proposerait de dé
247 proposerait de débuter par l’inévitable discours sur les difficultés du temps, en général, et sur celles en particulier qu
248ours sur les difficultés du temps, en général, et sur celles en particulier qu’implique la publication de notre revue. Mais
249du « déluge » peut-elle faire réfléchir utilement sur ses causes…   Nous ne proposerons pas, lecteur bénévole, un exercice
250us le saurez un peu mieux quand vous aurez lu nos huit numéros. Il faut que notre revue reste cette chose unique et indéfini
38 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
251 Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)b Nous voyons un mythe prendre corps parmi les ruines de ce temps.
252fin la notion concrète de sincérité s’évanouit en mille définitions tendancieuses et contradictoires. Êtes-vous sincères en a
253 gratuite au lecteur parce qu’il ne sait pas tout sur le personnage. Mais quant à l’auteur, il n’y a pas de gratuité. Le ge
254é passés au crible de la minute où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’une image plus précise, cette minute est b
255tion : ce daltonisme du souvenir. Si l’un de ces deux procédés peut m’apprendre quelque chose, c’est bien le second. La qua
256qu’il me livre me renseigne assez exactement, non sur mon passé, mais sur le moment que je vis1. Il est bien clair qu’on ne
257nseigne assez exactement, non sur mon passé, mais sur le moment que je vis1. Il est bien clair qu’on ne saurait atteindre «
258, non sur mon passé, mais sur le moment que je vis1. Il est bien clair qu’on ne saurait atteindre « la vérité sur soi » e
259bien clair qu’on ne saurait atteindre « la vérité sur soi » en se servant de la méthode indiquée dans le premier exemple. C
260me telle qu’elle est ». Il voyait dans cet effort sur soi le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu ma
261d’un Crevel nous montre assez ce qu’il faut penser2. Il ne s’en suit pas que contenue dans des limites assez étroites emp
262es ? Peut-être juste assez pour qu’ils vous aident3 — mais jamais au point d’oublier la vérité qu’on désirait qu’ils cach
263lle à l’illusion qu’il était capable d’entretenir sur lui-même. (Marcel Jouhandeau.) Ce qu’on appelle une œuvre sincère est
264oupçonnais la plus riche d’inconnu, je m’élançais sur la voie qu’elle m’ouvrait, avec tant de rires amis, vers tout ce que
39 1927, Articles divers (1924–1930). Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)
265 Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)i Le sujet
266smonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)i Le sujet que M. Esmonin, professeur à la Faculté de
267« La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)i Le sujet que M. Esmonin, professeur à la Faculté des lettres de
268nin montra avec beaucoup de clarté comment, entre 1578, date de la proclamation de l’Édit, et 1685, date de la Révocation, la
269entre 1578, date de la proclamation de l’Édit, et 1685, date de la Révocation, la France passa de la plus grande liberté à la
270a France de l’Édit, victorieuse dans la guerre de Trente Ans, l’orateur expose comment on en vint à la Révocation. C’est d’abo
271jésuites ont déjà réussi à « tourner » l’Édit par mille arguties juridiques. Et les statistiques faussées peuvent faire croir
272 le jugement d’Albert Sorel, selon qui la date du 16 octobre 1685 marque une déviation dans l’histoire de la France. Dévia
273t d’Albert Sorel, selon qui la date du 16 octobre 1685 marque une déviation dans l’histoire de la France. Déviation telle, e
40 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
274 Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)j Neuchâtel va-t-elle redevenir le centre artistique qu’elle fut
275 se pose me paraît indiquer que l’un au moins des deux éléments nécessaires à ce regroupement existe : il y a de jeunes pein
276ues autorisés. Du benjamin, Eugène Bouvier, qui a vingt-cinq ans, jusqu’à André Evard, qui en a près de cinquante, si les peintres
277t-cinq ans, jusqu’à André Evard, qui en a près de cinquante, si les peintres dont nous allons parler méritent d’être appelés jeun
278urichois qui nous arriva de Genève il y a de cela cinq ou six ans. Il peignait alors des natures mortes, de petits paysages,
279 qui nous arriva de Genève il y a de cela cinq ou six ans. Il peignait alors des natures mortes, de petits paysages, il des
280ans cette petite maison qu’on reconnaissait entre trente pareilles, aux cactus qui ornaient les fenêtres, dans une chambre pei
281ompositions de la nature, à ces natures remises à neuf, l’imperfection humaine qui touche. Mais l’atmosphère pure de ces esp
282 une vision aigüe de la vie. La série de gravures sur bois colorées qu’il intitule la Cité est un petit chef-d’œuvre de réa
283n prenant une initiative comme celle de Neuchâtel 1927 7 il aura bien mérité sa place parmi les artistes neuchâtelois. Actue
284nant une initiative comme celle de Neuchâtel 1927 7 il aura bien mérité sa place parmi les artistes neuchâtelois. Actuell
285 Bouvier. Ce garçon aux allures discrètes promène sur le monde des yeux de Japonais d’une ironie mélancolique et qui voient
286t tout. Mais la nostalgie de Bouvier l’entraîne à mille lieues des jardins de sourires qui s’épanouissent sur les toiles de M
287lieues des jardins de sourires qui s’épanouissent sur les toiles de Meuron. Il semble toujours qu’il peigne entre deux plui
288 de Meuron. Il semble toujours qu’il peigne entre deux pluies. Il aime ces heures où ciel et onde se mêlent, et sait rendre
289paraitre… Charles Humbert ou comment on passe en cinq ans de Baudelaire à Rubens. Il fut un temps où l’on put craindre que
290e les formes, il y a une belle richesse de lueurs sur une matière traitée largement et d’une abondance très sûrement ordonn
291implifie et renforce l’expression. Décidément ces trois frères sont une école. Délaissant un moment ce trésor du meilleur réa
292 douter qu’il avait pris quelques années d’avance sur ses contemporains. Un jour les jeunes le rattrapent. Salutations, pré
293 l’on apprend peu à peu des choses bien curieuses sur son compte. Il a fait de la pâtisserie, mais on m’assure qu’il se nou
294: cette fois-ci c’est un Evard : des roses noires sur une table, dans un espace bizarrement lumineux où se coupent des plan
295former un mouvement actif déjà, et dont Neuchâtel 1927 sera la première manifestation collective. Est-il possible, au sein
296e où elles se réalisent que celles de Le Corbusier8, Meili, Evard, Perrin, manifestent toutes une recherche de la simplic
41 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
297 Dés ou la clef des champs (1927)k « On sent l’absurdité d’un semblable système. » Musset. Une r
298stème. » Musset. Une rose et un journal oubliés sur le marbre vulgaire d’une table de café. Je venais de m’asseoir et de
299 une consommation. Comme d’habitude, un peu après six heures. J’étais seul. Le café est un lieu anonyme bien plus propice a
300familiers d’une vie honnête de type courant. Pour dix sous et le prétexte d’un apéro, on entre ici dans le jardin des songe
301. Les Petites nouvelles ont un pouvoir tyrannique sur mon esprit. Non que cela m’intéresse au fond : les faits-divers, rien
302oudain, portant la main à son gilet, il en retira trois dés qu’il jeta sur la table. Les yeux brillants, il compta. Une indéc
303in à son gilet, il en retira trois dés qu’il jeta sur la table. Les yeux brillants, il compta. Une indécision parut sur ses
304s yeux brillants, il compta. Une indécision parut sur ses traits. Puis il reprit les dés brusquement, et me fixant avec un
305r s’animait aussi : une fièvre faisait s’épanouir sur son visage je ne sais quel plaisir cruel. C’était un jeu très simple
306 lié à la possession, et que j’allais vivre aussi sur le dogme l’argent-fait-le-bonheur. En somme, tu croyais que j’allais
307e à tous ces gens qui perdent leur vie à la gagner9, et leur façon inexplicable de lier des valeurs morales aux cours de
308 la leur. Ils voudraient que leur vie garantît un 5 % régulier de plaisirs, avec assurance contre faillites morales et do
309angoisse. Ça les dérange terriblement, sauf un ou deux qui s’imaginent gagner à mes dépens, témoin ce brave homme qui est en
310st en train de me soutirer les quelque billets de mille dont je venais de régler le sort, puisque demain dès l’aube, j’irai t
311tendresse éperdue et la mort. » Il ferma les yeux sur des visions. Les lustres doraient un brouillard de fumée, et la musiq
312rent, pour un dernier enjeu. Alors la femme lança sur la table cette rose qui s’effeuilla sur les dés, et partit d’un long
313mme lança sur la table cette rose qui s’effeuilla sur les dés, et partit d’un long rire. Elle me regardait et l’étranger au
314dans ma chambre, avant d’aller souper, je m’abats sur mon lit, les cheveux dans les mains. Et je voudrais pouvoir pleurer s
315ux dans les mains. Et je voudrais pouvoir pleurer sur ma lâcheté. Et je t’apostrophe, soudain plein de mépris et de désespo
42 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
316 Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)ab « Je n’admets pas qu’on reprenne mes paroles, qu’on me les oppo
43 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
317 Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)ac « Quel admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze
318 admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la décristallisation progressive
319t de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la décristallisation progressive et réciproque
320rbre coupé découvrant le manoir perdu, des fumées sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visag
321e d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visages tordus de passion. Cette fin est admirable, dont la brutalité
44 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
322 Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)ad L’on aime que, pour certains hommes, écrire ne soit que le rece
323. Et peut-être l’amour n’est-il possible qu’entre deux cœurs que l’épreuve du plaisir n’a pas exténués. Mais alors quelle av
324ternité. » Il est juste, ce me semble, d’insister sur ce qui forme dans le récit de cette vie comme une arrière-pensée inqu
45 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
325 Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)af M. Edmond Jaloux offre l’exemple rare d’un homme que son évolut
326ce déjà riche de romancier. Son regard se promène sur le même monde où se plaisent nos jeunes poètes cosmopolites, mais il
327 gagne la puissance d’une merveilleuse obsession. II lui écrit de longues lettres, sans les envoyer. Il apprend sa mort, e
328s dressé notre orgueilleuse raison à nous tromper sur tout ce qui est profond en nous, et elle ne manque guère à ce devoir
329yrique, par l’équilibre qu’il maintient entre ces deux inconscients : l’époque et l’être secret du héros. Il sait mieux que
330Personne ne peut juger du drame qui se joue entre deux êtres, personne, pas même eux ». Dans ce roman, comme dans l’Âge d’or
46 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
331 Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)ag Il faut souhaiter que ce témoignage sur les générations nouvell
332il 1927)ag Il faut souhaiter que ce témoignage sur les générations nouvelles et leurs maîtres soit lu par tous ceux qui
333 en face de l’inquiétude », M. Rops considère les deux solutions les plus parfaites qui s’offrent aux jeunes gens d’aujourd’
334ciente ruse d’un inquiet qui veut le rester ? Ces deux solutions peuvent se résumer en deux mots : inquiétude ou foi. Dès lo
335rester ? Ces deux solutions peuvent se résumer en deux mots : inquiétude ou foi. Dès lors sont-elles vraiment les deux terme
336quiétude ou foi. Dès lors sont-elles vraiment les deux termes d’un dilemme, l’une n’étant que le chemin qui mène à l’autre ?
47 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
337 Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)ah Voici un livre dur et sans grâces, qui ne manque pas d’une beau
48 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
338 René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’
339ou de ce sauvage égoïsme ; mais qu’elle s’acharne sur le détail dégoûtant et mesquin de certain milieu bourgeois, et l’on v
49 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
340 Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)aj Nocturnes aux caresses coupantes comme certaines herbes. Capita
341t gracieux des noctambules. Rêves éveillés, entre deux gorgées d’un élixir dont il voudrait bien nous faire croire que le di
342ètent, se balancent au bord des verres, se posent sur les cordes d’une lyre dont ils font grésiller l’accord, une patte en
50 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
343e Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)al « De quoi s’agit-il ? de détruire ou de rafistoler ? » Entre ce
344t-il ? de détruire ou de rafistoler ? » Entre ces deux tentations, cédant à l’une autant qu’à l’autre, Drieu s’examine. Enco
345ant qu’il n’est que le triomphe de la littérature sur la vie, mais d’avoir su en garder une passion pour la pureté, un « ju
51 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
346ard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)am Quand vous avez fermé ce petit livre, vous partez en chantonnan
347 petit livre, vous partez en chantonnant le titre sur un air sentimental, bien décidé au fond, à retrouver Patsy, l’Irlanda
348e matin, de sortir la nuit, et qui lui fait jurer sur la Bible de ne pas entrer dans les cafés. Et puis, c’est égal, ce soi
52 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)
349 Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)an Ces trois nouvelles n’ont guère de commun entre elles que la fo
350s Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)an Ces trois nouvelles n’ont guère de commun entre elles que la forme : ce sont de
351 « encore jeune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme médite à côté du cor
352n ami suicidé pour une femme qu’ils ont aimé tous deux (L’Amie du Mort.) Ou bien c’est le récit d’un été de vacances, quand
353Un vieil été. Cette nouvelle, très supérieure aux deux autres, est une réussite rare par la justesse de l’observation autant
354a nostalgie, de la jeune étrangère dont on rêve à quinze ans ; et voici ce je ne sais quoi, ce délice furtif, ce que l’auteur
53 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
355 Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)ao À ceux qui se contentent du mot fumeux pour caractériser tout l
356 déjà, au moins obscurément, le sens des réalités sur lesquelles s’opère l’expérience. On ne prouve la religion qu’aux conv
54 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
357 Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)ap Un jeune auteur raconte dans une lettre à une amie comment il a
358te dans une lettre à une amie comment il a écrit, sur commande, une Promenade dans le Midi. Récit alerte et familier (un br
359re moins convaincantes certaines de ses remarques sur l’inspiration. D’autre part la simplicité de l’objet était nécessaire
360 plus de choses qu’il n’y paraît d’abord dans ces 50 pages. Beaucoup sont excellentes et leur facilité même est une réussi
55 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Billets aigres-doux (janvier 1927)
361 Billets aigres-doux (janvier 1927)c Pour Harriet V. A.-W. Poste aux amours perdues Sur le mo
362 Harriet V. A.-W. Poste aux amours perdues Sur le mont gris pâlissants Des bouquets de vagues brumes. Insulter ta be
56 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
363ysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)d Comme le démiurge venait de peser sur le commutateur des étoiles
364nvier 1927)d Comme le démiurge venait de peser sur le commutateur des étoiles… l’une, se décrochant sans plus d’hésitati
365dormait. L’étoile, jeune fille, roulait gentiment sur ses pointes, tout scintillement pudiquement dissimulé. Vers 1 heure,
366s, tout scintillement pudiquement dissimulé. Vers 1 heure, elle éclaira d’une rose caresse lumineuse la chevelure rouge d
57 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Dans le Style (janvier 1927)
367 Dans le Style (janvier 1927)e Nous recevons d’un Bellettrien facétieux cet « Hommage à Paul Mo
368 Anglais fragiles. L’aube tire un écran de pluies sur le paysage commercial. Terminus : Morand, s’éveillant en français, te
369eillant en français, termine : … Irène. (Grasset, 1924… … y compris la Suède et la Norvège.) On lit dans les Nouvelles litt
370vège.) On lit dans les Nouvelles littéraires, du 8 janvier 1927, l’information suivante : Mardi dernier a été célébré en
371 lit dans les Nouvelles littéraires, du 8 janvier 1927, l’information suivante : Mardi dernier a été célébré en l’église grec
58 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
372 Lettre du survivant (février 1927)f « Triste, mais vrai. » (Les journaux.) Mademoiselle, Il faut d
373 allusion de mauvais goût.) Je vous ai rencontrée quatre ou cinq fois dans des lieux de plaisir, comme on dit, sans doute parc
374de mauvais goût.) Je vous ai rencontrée quatre ou cinq fois dans des lieux de plaisir, comme on dit, sans doute parce que c’
375is, au théâtre. Dans l’ombre, j’ai suivi le drame sur vos traits seulement ; l’écho n’en fut que plus douloureux dans mon c
376J’avais demandé à un de mes amis, qui vous connaît4, de me présenter. Il m’en avait donné la promesse. Vos regards rencon
377mme on voit au dénouement des films populaires et sur des cartes postales illustrées. Déjà la foule des danseurs nous sépar
378 ami que j’en avais repris … Les archets jouaient sur mes nerfs. Le jazz martelait mon désespoir. Désespoir étroit, ces œil
379rtrit jusqu’à l’âme.)   Convulsions d’oriflammes sur l’orchestre pensif. Ton re gard est plus grand que le chant des violo
380passer trop souvent devant les ascenseurs. « Vers 4 heures, me disais-je elle y entrera, et, me glissant auprès d’elle, j
381is paraître si perdu. Chaque fois qu’un paquet de dix personnes s’engouffrait dans la cage rouge et or et s’élevait, j’épro
382tre bel ami laqué, souriante… Enfin, un peu après 6 heures, je suis sorti. Il y avait beaucoup de monde dans les rues, so
383es lumières des boulevards glissaient des reflets sur l’asphalte mouillé. Les pieds dans l’eau, les jambes fatiguées, les p
384se qui devait contracter mon visage. Je promenais sur tous des regards angoissés, avides, implorants. Oh ! toutes les femme
385geurs s’inquiéter. Bientôt on m’entraîna de force sur un trottoir roulant qui me remonta dans la rue. La fraîcheur de la br
386a dans la rue. La fraîcheur de la brume m’apaisa. Sur la promesse que je fis que je me sentais mieux, on me laissa rentrer
387vant de retrouver ma rue. Il doit être maintenant 5 heures du matin. Premiers appels d’autos dans la ville, mais il me se
388vertigineusement, par cette aube incolore. Il y a vingt-quatre heures donc, j’étais encore au bal. Cette constatation machinale ne c
389 plus intime de mon être… Le revolver est chargé, sur cette table. (Je le caresse, entre deux phrases.) Mais voici que ce g
390st chargé, sur cette table. (Je le caresse, entre deux phrases.) Mais voici que ce geste de ma mort aussi me lasse, l’image
59 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
391 Orphée sans charme (février 1927)g « Cet âge est sans pitié. » « Le véritable symbole n’est jamai
392i me gêne pourtant, c’est d’y découvrir possibles deux interprétations symboliques au moins ; de ne pouvoir m’empêcher d’y s
393es sortes de calembours… Art chrétien, a-t-on dit5. Certes, cette pièce n’est pas dépourvue de certaines des qualités qu
394.)… Cocteau s’est trop exercé avant de se lancer sur la corde raide. Je suis sûr qu’il ne tombera pas. J’admire sans émoi.
60 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
395 L’autre œil (février 1927)h Décembre L’époque s’ouvre où l’on attend un miracle pour l
396s, nous ne sommes pas de ces gens qui croient que 2 et 2 font 22, et qui confondent Jérôme et Jean Tharaud ! » Il y a des
397us ne sommes pas de ces gens qui croient que 2 et 2 font 22, et qui confondent Jérôme et Jean Tharaud ! » Il y a des soir
398ommes pas de ces gens qui croient que 2 et 2 font 22, et qui confondent Jérôme et Jean Tharaud ! » Il y a des soirs où tout
399 nous. Et nous calculons qu’il s’agit de déranger 5 000 personnes en huit soirées, et de les occuper quatre heures durant
400ous. Et nous calculons qu’il s’agit de déranger 5 000 personnes en huit soirées, et de les occuper quatre heures durant… Ma
401ulons qu’il s’agit de déranger 5 000 personnes en huit soirées, et de les occuper quatre heures durant… Mais la vision, rapi
402 000 personnes en huit soirées, et de les occuper quatre heures durant… Mais la vision, rapidement entrevue par chacun dans so
403, à propos d’une apparition La vieille Monture 6 un soir nous apparut, lugubrement fardée, l’haleine mauvaise, édentée
404nnaître Cinématoma. Naissance de Cinématoma Cinq Bellettriens furent commis au soin d’engendrer cet adorable monstre.
405. Quelquefois, Mossoul amène un scénario né entre deux cafés-nature, et presque sans qu’il s’en soit rendu compte. Clerc ent
406en soit rendu compte. Clerc entrevoit un projet à deux faces. Lugin, qui est théologien, et de la Tchaux, n’a pas la foi. To
407gue dans la langue de Lugin : « Le rideau se lève sur un miroir qui occupe toute la largeur de la scène. Titre : Socrate et
408nterdit à l’écran. Pitoëff avait prêté un accent, Mme d’Assilva deux actrices, M. Grosclaude son fils Lucas Loukitch et u
409ran. Pitoëff avait prêté un accent, Mme d’Assilva deux actrices, M. Grosclaude son fils Lucas Loukitch et une mise en scène
410 que par métaphore. À la Chaux-de-Fonds, il y eut trente membres et cent doigts dans deux lits. Combien cela fait-il de pieds
411. À la Chaux-de-Fonds, il y eut trente membres et cent doigts dans deux lits. Combien cela fait-il de pieds et d’oreillles ?
412onds, il y eut trente membres et cent doigts dans deux lits. Combien cela fait-il de pieds et d’oreillles ? À signaler la fu
61 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
413r’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)i Surprendre est peu de chose, il faut transplanter. Max Jacob.
414naire, de René Clair. La Mort de Phèdre (environ 1905) : quelques acteurs d’une troupe de province s’agitent incompréhensib
415cipe est simple : « Je vous aime » se traduit par trois ou quatre claques sur la poitrine ; et une crise intérieure par un co
416simple : « Je vous aime » se traduit par trois ou quatre claques sur la poitrine ; et une crise intérieure par un court accès
417ous aime » se traduit par trois ou quatre claques sur la poitrine ; et une crise intérieure par un court accès de danse de
418s gens bien habillés. » Soudain éclate Entr’acte (1925). « Une étude sur le Monde des Rêves ». Rondes de cheminées dans le c
419s. » Soudain éclate Entr’acte (1925). « Une étude sur le Monde des Rêves ». Rondes de cheminées dans le ciel où des pressen
420 d’une colonnade, puis un jeu d’échec serré, mais sur la corniche d’un gratte-ciel, d’où se met à descendre un petit bateau
421’où se met à descendre un petit bateau de papier, sur fond de boulevards et parmi les toits flottants, c’est assez tragique
422ssez tragique. Mitrailleuse de phares d’auto, les 100 000 yeux de la nuit. Des imprécisions rapides. Un chasseur, toujours
423 tragique. Mitrailleuse de phares d’auto, les 100 000 yeux de la nuit. Des imprécisions rapides. Un chasseur, toujours sur
424. Des imprécisions rapides. Un chasseur, toujours sur son toit ; il tire sur l’œuf d’où naît une colombe. Chasse. Mais un p
425des. Un chasseur, toujours sur son toit ; il tire sur l’œuf d’où naît une colombe. Chasse. Mais un papillon éclatant qui ba
426ème de seconde, par intermittences, se pose enfin sur l’écran : une danseuse sur une plaque de verre, vue par-dessous. Quel
427ttences, se pose enfin sur l’écran : une danseuse sur une plaque de verre, vue par-dessous. Quelques miracles qui suivent s
428qui s’ouvre pour dégager le mouvement obsédant de deux jambes, l’harmonie de leurs arabesques à trois dimensions mêlées avec
429 de deux jambes, l’harmonie de leurs arabesques à trois dimensions mêlées avec une lenteur et une perfection dont une brève v
430es personnages et lui-même. ⁂ Le tout ne dure pas 20 minutes. Et c’est heureux. Nous manquons d’entraînement dans le domai
431tique ingénieuse et précise de certaines théories sur le rêve, le peuple, qui n’a pas vu ces dessous mais accueille le résu
432il exprime, et se suffit. Mais comme pour le film 1905, on a sans cesse envie de crier : « Trop de gestes ! » C’est une quest
433l » nous apparaît alors comme l’une seulement des mille figures que peut revêtir une substantia dont nos sens trop faibles —
434e, car alors quoi de plus surréaliste que le film 1905. Ce n’est peut-être qu’une question d’imagination ; il reste qu’un fil
62 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
435 Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)j Ah ! je sens qu’une puissance étrangère s’est emparée de mon êt
436isie, même si cela doit m’anéantir. Hoffmann. I (Notes écrites en décembre 1925, au sortir d’une conférence sur le
437ir. Hoffmann. I (Notes écrites en décembre 1925, au sortir d’une conférence sur le Salut de l’humanité.)   Ce soir en
438ites en décembre 1925, au sortir d’une conférence sur le Salut de l’humanité.)   Ce soir en moi trépigne une rage. Sur quel
439 l’humanité.)   Ce soir en moi trépigne une rage. Sur quelles épaules jeter ce manteau de flammes, puis à qui dédier l’ennu
440’on est enfin rassuré. C’est incompréhensible !, trois mots dont l’un savant. Je ne connais pas de meilleur remède contre Di
441 éprouvées par le repas dont vous sortez, que ces trois mots où se résume la défense de la loi sociale, patriotique, religieu
442 protège votre paresse à concevoir en esprit. Ces trois mots vous ont délivré du plus absurde malaise, et vous rallumez votre
443re. Vous vous êtes assuré que la porte ferme bien sur l’infini. Rien à craindre de ce côté. Retournez à vos amours. .......
444gon, c’est l’éclat de sa joie brusque d’être seul sur un faux sommet vers quoi des faibles s’efforcent — mais déjà c’est de
445 et labiles à l’immobilité miraculeuse des statues7. » Il s’agit bien de critique littéraire! Nous sommes ici en présence
446dédaigneuses, de bravades et de faciles tricheries8 — qu’ait connue l’esprit humain. Sens de l’Absolu, sens de la pureté
447s encore quelques-uns à jouer nos derniers atouts sur notre salut. Nous courons enfin l’Aventure. « Le salut pour nous n’es
448 l’Aventure. « Le salut pour nous n’est nulle part9 ». Ultime affirmation d’une foi que plus rien ne peut duper. Depuis c
449plus rien ne peut duper. Depuis certaines paroles sur la Croix, il n’y a peut-être pas eu d’expression plus haute de l’ango
450ches qu’on veut nommer renoncements ! Jouant tout sur une révélation possible, ou la naissance d’un prophète qui rapprenne
451atteindre Dieu ou n’espérer plus aucun pardon. II Novembre 1926. Je viens de retrouver quelques pages écrites il y a
452ou n’espérer plus aucun pardon. II Novembre 1926. Je viens de retrouver quelques pages écrites il y a un an, tel soir d
453 tel soir de colère où le thermomètre eût indiqué 39° selon toute vraisemblance. Et voici Aragon revêtu d’une dignité tragi
454 Aujourd’hui, je le verrais plutôt comme un Musset10 plus véritablement désespéré. Un Musset moins frivole et plus pervers
455un Musset triple-sec). Au lieu du cynisme verbeux 1830, une théorie du scandale pour le scandale qui a le mérite de n’être pa
456 dont il serait le premier à s’amuser ?   Février 1927. Relu Une vague de rêves et la préface de Libertinage. Sous une certai
457dans ces œuvres, à droite, à gauche, — nulle part sur cette terre où l’orgueil des hommes croit pouvoir nous le désigner, v
458sible par sous-entendu. Pas plus « ailleurs » que sur ce « globe d’attente » comme dit Crevel. Pourtant, le plus irrévocabl
459est encore qu’un appel à la foi la plus haute.   1er mai 1927. Mieux vaut pécher par ridicule que par scepticisme ; par
460re qu’un appel à la foi la plus haute.   1er mai 1927. Mieux vaut pécher par ridicule que par scepticisme ; par excès que pa
461avages bien plus étendus qu’on n’osait le craindre11. Si dans un essai sur la sincérité j’ai soutenu qu’une introspection
462dus qu’on n’osait le craindre11. Si dans un essai sur la sincérité j’ai soutenu qu’une introspection immobile ne retient ri
463f. certaines remarques — pas toutes — de novembre 1926.   2 mai 1927. « Nous avons dressé notre orgueilleuse raison à nous tr
464ines remarques — pas toutes — de novembre 1926.   2 mai 1927. « Nous avons dressé notre orgueilleuse raison à nous trompe
465emarques — pas toutes — de novembre 1926.   2 mai 1927. « Nous avons dressé notre orgueilleuse raison à nous tromper sur ce q
466s dressé notre orgueilleuse raison à nous tromper sur ce qu’il y a de profond en nous, et elle ne manque guère à ce devoir
467« l’artiste serait peu de chose s’il ne spéculait sur l’incertain », c’est un académicien qui l’a dit. Voulez-vous me faire
468errière un rideau). — J’attends votre plaisir… III Il y a des gens qui croient avoir tout dit quand ils ont montré à
469ves de ce siècle sont écrites en haine de l’époque12. Le reproche d’obscurité que l’on fait à la littérature moderne n’est
470ce divorce radical entre l’époque et les quelques centaines (?) d’individus pour qui l’esprit est la seule réalité. C’est pourquo
471nds ce mot dans son sens le plus vaste. Il y a eu quatre-vingt-treize, la Réforme, Karl Marx, la préface de Cromwell. Mais il ne s’agit pas
472as s’acoquiner avec des gens qui ont fait, il y a 10 ans, une révolution en fonction du capitalisme. Est-ce que vraiment v
473uations acquises, sièges faits, autorités fondées sur la gloire et la sénilité, etc., etc. Et certes ce n’étaient pas des ê
474vague vers des souvenirs, quand nous allions tous deux, ces bonnes farces, et aussi pourtant des histoires de copains qui on
475omment dites-vous, surréalisme ? — Baptisé il y a cinq ou six ans et mort des suites. Quand cesserez-vous de nous faire la j
476ites-vous, surréalisme ? — Baptisé il y a cinq ou six ans et mort des suites. Quand cesserez-vous de nous faire la jambe, p
477 vainement pourquoi il n’arrive pas à se contenter13 ». Acculés à ce choix : inconscience de ruminants ou neurasthénie, es
478sommes dangereux. Un orage de tendresse va crever sur le monde. Aigles d’amours, oiseaux doux et cruels, nous parlerons vos
63 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
479 Quatre incidents (avril 1927)l La maîtresse d’École Au printemps pur
480 Quatre incidents (avril 1927)l La maîtresse d’École Au printemps pur comme une joue, École
481ine, quelques roses, un sourire qui perce le cœur sur les glaces du passé. Cet abandon aux fuyantes chansons, et des violon
64 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
482 Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)m … et je jure par Mercure, dieu du commerce, qu’on m’a appris à
483st l’âge où l’on atteint la vie. On s’y maintient cinq ans, dix ans au plus. Après, c’est un long adieu et le corps se fige
484ù l’on atteint la vie. On s’y maintient cinq ans, dix ans au plus. Après, c’est un long adieu et le corps se fige à mesure
485 le corps se fige à mesure que l’esprit s’établit sur ses positions. Or donc, j’avais vingt ans. Je vivais chez mes parents
486rit s’établit sur ses positions. Or donc, j’avais vingt ans. Je vivais chez mes parents, comme tant d’autres à cet âge, logé,
487a lumière, mon pays natal ! — Je vécus d’articles sur la mode et la politique, que j’envoyais à divers journaux. Un jour, p
488me en bleu dansait en regardant au plafond. Après deux tangos, nous montions ensemble dans une chambre d’hôtel où l’on ne vo
489 fenêtres que j’ouvris firent tourner des soleils sur les parois claires. Du balcon, on voyait la mer, des bateaux, des nua
490 fut endormie, je me rhabillai. Je ne trouvai que 100 francs dans son sac à main : c’était assez pour me permettre d’entrep
491endarmes. Je sais bien ce que vous me direz : Les millions que je pourrais leur soustraire ne compenseront jamais cette escroque
492e chapelle que j’édifiai à mes parents un tombeau sur lequel je fis graver : Prêté — rendu, pour la gloire de l’Église. (Ic
493même la plus générale et la moins compromettante, sur cette vie dont le récit n’avait pas laissé que de l’agacer en maint e
494té naturelle dont il paraissait lui-même gêné. En deux mots, vous ne me trouvez pas sérieux. Le reproche est grave. Je ne sa
65 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
495 Conseils à la jeunesse (mai 1927)n « On a reproché bien des choses aux romantiques : le goût du sui
496société même. »   Ceci est tiré d’un livre récent sur Aloysius Bertrand. Est-ce vraiment aux romantiques de 1830 que ces re
497sius Bertrand. Est-ce vraiment aux romantiques de 1830 que ces reproches s’adressent, ou bien plutôt — vous alliez le dire —
498, qui, dans un petit article du Journal de Genève sur « La maladie du siècle », écrit : « Plante des pommes de terre, jeune
499terre, jeune homme ! Quand tu seras au bout de la 20e ligne de 200 mètres, ce qui représente quatre kilomètres de plantati
500homme ! Quand tu seras au bout de la 20e ligne de 200 mètres, ce qui représente quatre kilomètres de plantation, le siècle
501 de la 20e ligne de 200 mètres, ce qui représente quatre kilomètres de plantation, le siècle ne sera plus malade, les temps se
502de Lavaux. » Seulement, il y a tout de même un ou deux petits phénomènes sociaux de notre temps que cette méthode ne suffira
66 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
503 La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)o I Parler littérature
504 Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)o I Parler littérature Si je prononce le nom de tel de vos co
505 le mépris de la littérature (juillet 1927)o I Parler littérature Si je prononce le nom de tel de vos confrères,
506je dis : « Avez-vous lu… », vous voilà rouge ; et sur moi les foudres de votre paradis poétique. Si je cite tel auteur dont
507n. À ce coup, l’évocation de Cocteau fait fleurir sur vos lèvres le mot de Cambronne : hommage à Louis Aragon. Ce cristal e
508léry, cette œillade se souvient d’un vers d’Éluard14. Et des phrases, des cris, des mots. Au défaut de l’ivresse naissante
509 où vous aimiez à la folie votre douleur. Narcisse1 se contemple au miroir de son monocle. Au petit matin, il se noie dan
510royance : nommer une chose, c’est avoir puissance sur elle. Images, pensées des autres, je vous ai mis un collier avec le n
511ollier avec le nom du propriétaire ; tirez un peu sur la laisse, que j’éprouve la fermeté de ma main. Je vous tiens. Je sai
512— j’ai tué un amour naissant, à force de le crier sur les toits. Ainsi, parler littérature, c’est faire la part du feu. Je
513 à la vraie vie ce que le flirt est à l’amour. II Sur l’insuffisance de la littérature On reconnaît un écrivain, auj
514la vraie vie ce que le flirt est à l’amour. II Sur l’insuffisance de la littérature On reconnaît un écrivain, aujourd
515térieurs qui sont parfois des actions en puissance15. Il faudrait des choses plus lourdes et plus irrésistibles, percutant
516comme un destin, comme le goût d’une pierre rêche sur ta langue et grinçante sous ta dent. Des souplesses qui se retournent
517 mais rien n’est plus facile que d’y échapper. III Sur l’utilité de la littérature Montherlant me paraît être le moin
518s rien n’est plus facile que d’y échapper. III Sur l’utilité de la littérature Montherlant me paraît être le moins « 
519ossible ; mais, pour sûr, jamais vivre pour écrire16. De tous les prétextes que l’on a pu avancer pour légitimer l’activit
520ous permette d’échanger les signaux de l’angoisse sur quoi se fondent, en ces temps, nos amitiés miraculeuses.   Voici donc
67 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
521 Les derniers jours (juillet 1927)p Ces « cahiers politiques et littéraires »17, rédigés par Drieu l
522927)p Ces « cahiers politiques et littéraires »17, rédigés par Drieu la Rochelle et Emmanuel Berl, sont — avec la Revue
68 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
523 Adieu au lecteur (juillet 1927)q Nous passons la main au central de Genève, fidèles à la traditio
524es nos cartouches. Ni que l’indignation provoquée sur tous les bancs par certains de nos articles nous épouvante. Notre ret
525es additionnons : ils s’annulent. Il reste à dire deux mots sur la paradoxale situation intellectuelle d’une revue d’étudian
526nnons : ils s’annulent. Il reste à dire deux mots sur la paradoxale situation intellectuelle d’une revue d’étudiants comme
527ous parvient un signe d’amitié qui ne trompe pas. Deux ou trois mots, on s’est compris. Que pouvions-nous espérer d’autre ?
528ient un signe d’amitié qui ne trompe pas. Deux ou trois mots, on s’est compris. Que pouvions-nous espérer d’autre ? Il y eut
69 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
529 Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)l À Pierre Jeanneret et à son étoile nervalienne. Je v
530 Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)l À Pierre Jeanneret et à son étoile nervalienne. Je vins à Vien
531a Petite-Entente, applaudissait chaque soir entre deux airs anglais le Beau Danube bleu, en commémoration polie d’un passé i
532u sifflement des balles perdues d’une révolution. Sept heures du soir : le moment était venu d’arrêter le plan de la soirée,
533nu. Il portait une cape bleu sombre, à la mode de 1830, qui, à la rigueur, pouvait passer pour une élégance très moderne. Il
534ous le savez, je n’ai aimé qu’une femme — au plus deux, en y réfléchissant bien, mais peut-être était-ce la même sous deux a
535issant bien, mais peut-être était-ce la même sous deux attributs différents. Toutes les femmes qui m’ont retenu un instant,
536s qu’à lui prendre chacun un bras, une femme pour deux hommes — et ce fut bien dans cette anecdote dont Gérard attendait évi
537ptiser en style viennois « Mehlspeis-Schlagobers »10. Heureusement qu’au Moulin-Rouge, souterrain où nous nous engouffrâme
538e place dans leur vie aux “divertissements” entre 10 heures du soir et 4 heures du matin, moyennant tant de schillings, da
539 aux “divertissements” entre 10 heures du soir et 4 heures du matin, moyennant tant de schillings, dans un décor banal et
540és jusqu’à l’insensibilité et l’Illusion étendait sur toutes choses une aile d’ombre flatteuse aux caprices redoutables. Ce
541t indéfiniment — c’est un ciel suspendu assez bas sur nos têtes. Lumière orangée, tamisée ; un piano dissimulé joue très do
542tite table lumineuse, verdâtre, et Gérard, penché sur cet aquarium de rêves, discourt et décrit les images qu’il y découvre
543oissante. Il mêle tout dans le temps et l’espace. Cent années et tous les visages aimés revivent dans cette coupe de songes
544porche grand ouvert. Les chauffeurs faisaient les cent pas dans la neige fraîche ou s’accoudaient à la banquette d’une bouti
545pour s’étonner. Transi, je me balançais d’un pied sur l’autre dans de la neige fondante, tout en croquant une de ces saucis
546s tandis que sa tête frisée jetait des insolences sur les chapeaux noirs de ses cavaliers. Tout cela s’empila dans des auto
547cavaliers. Tout cela s’empila dans des autos ; en dix minutes, il n’y eut plus personne, la place s’éteignit. Mais Gérard ?
548aient fixés intensément, à la sortie des invités, sur une femme qui s’en allait toute seule vers une auto à l’écart des aut
70 1928, Articles divers (1924–1930). Miroirs, ou Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928
549 Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928m « Remonte aux vrais regards ! Tire-toi de tes ombres… » Paul Val
550tion. Seulement chez lui, cela ne s’est pas porté sur les autos. Il préfère s’intéresser aux divers types humains. Mais on
551lle des miroirs. C’est pourquoi il en installe un sur sa table de travail, de façon à pouvoir s’y surprendre à tout instant
552es entières à se regarder dans les yeux. Il varie sur son visage les jeux de lumière et de sentiments. Il découvre une sort
553oir encore cette fatigue dans son regard : appuyé sur lui-même il se perd en méditations éléates. Le sommeil l’en délivre.
554n cette expérience folle le mène à une découverte sur les sept sens de laquelle il convient de méditer : la personne se dis
555 Un peu plus tard, ce fut un jour de grand soleil sur toutes les verreries de la capitale. Les fenêtres battaient. Le solei
71 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
556 Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)aq C’est un livre sympathique ; et il vaut la peine de le dire car
72 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Marguerite Allotte de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)
557 de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)ar Livre passionnant pour tous ceux que Jules Verne passionne. Pou
558 emprunté le véhicule à la mode pour conduire des millions de lecteurs dans un monde purement fantaisiste où les équations tyran
559les détenus des maisons de correction se jetaient sur ces volumes « au travers desquels ils respiraient l’air du monde ». N
73 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
560 Aragon, Traité du style (août 1928)as Ce n’est pas le seul talent de M. Aragon qui le rendrait digne
561tion. J’admire autant le talent de celui qui mène 60 parties d’échecs simultanément, et c’est naturel : je m’en avoue plus
562 ce livre, malgré son premier chapitre, variation sur un mot bien français et ses applications faciles à cent célébrités lo
563n mot bien français et ses applications faciles à cent célébrités locales. (Quant à Goethe, traité de clown, cela ne va pas
564vainement passée (quitte à renaître heureusement) sur des gens qui ne m’intéressent pas ou bien qui ne sont pas atteints pa
74 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
565lle, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)at Les derniers écrits des surréalistes débattent la question de s
566as entraîner, à leur point de vue, celui d’autrui sur eux-mêmes. Ils se tournent donc naturellement vers l’action, c’est-à-
75 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
567 André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)au Ce récit de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud
568928)au Ce récit de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud du monde moderne : on y voit s’affronter en quelqu
569entiellement contradictoires : elles représentent deux manières de sentir l’unité d’une époque obsédée d’action.) Autour de
76 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
570alès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)av L’histoire de Louis II exalte et déçoit l’imagination. On compr
571t de charme : Wagner et Nietzsche lui fournissent deux tons fermes dont le jeu donne aux nuances assez troubles du personnag
572biographe. D’ailleurs, réussir un livre attrayant sur une vie manquée n’était pas un problème aisé : Guy de Pourtalès l’a r
77 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
573 Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)aw Au hasard d’une rencontre, l’auteur de ce récit se lie avec un
574ins. Enfin, le Français reçoit une lettre trouvée sur le corps de son ami suicidé, pathétique confession qui doit expliquer
78 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
575 Le péril Ford (février 1928)a On a trop dit que notre époque est chaotique. Je crois bien, au
576 buts que sa civilisation poursuit depuis près de deux siècles, l’Occidental est saisi d’un étrange malaise. Il soupçonne, p
577egarder autour de nous et d’en croire nos yeux. I. L’homme qui a réussi Je prends Henry Ford comme un symbole du mon
578et du capitaliste. Le succès immense de ses livres1, sa popularité universelle sont signe que l’époque a senti en lui son
579motive routière. « Depuis l’instant où, enfant de douze ans, j’aperçus cette machine de route, jusqu’au jour présent, ma gran
580son rêve, le type unique d’automobile utilitaire »2. Dès lors, c’est une suite de chiffres indiquant le progrès de sa pro
581née. On pourrait ajouter à ces chiffres celui des milliards qu’il possède, ou plutôt qu’il gère, mais ce n’est pour lui qu’un rés
582é comme il est donné à peu d’hommes de le faire : 7 000 voitures par jour, et la possibilité d’augmenter encore cette pro
583comme il est donné à peu d’hommes de le faire : 7 000 voitures par jour, et la possibilité d’augmenter encore cette product
584ave question qu’on puisse poser à notre temps. II. M. Ford a ses idées, ou la philosophie de ceux qui n’en veulent pas
585téresse plus réellement. Il croit qu’il va gagner 5 francs en achetant 5 francs moins cher un objet que, sans cette baiss
586nt. Il croit qu’il va gagner 5 francs en achetant 5 francs moins cher un objet que, sans cette baisse, il n’eût pas achet
587se superflue ; le scandale est qu’il l’ait trompé sur ses véritables besoins. Car cela va bien plus profond, cette tromperi
588le intitulé « Le grand paradoxe du monde moderne »3, ce qu’il y a de profondément anti-humain dans la conception fordienn
589tal n’empêche pas notre industriel de philosopher sur les sujets les plus divers. Les aphorismes sont assez révélateurs de
590 de sa vie privée. Cette liberté particulière, et cent autres pareilles, composent, au total, la grande Liberté idéale et me
591Et que dire de cette admirable simplification : « Sur quoi repose la société ? Sur les hommes et les moyens grâce auxquels
592e simplification : « Sur quoi repose la société ? Sur les hommes et les moyens grâce auxquels on cultive, on fabrique, on t
593Réjouissons-nous… Mais, comment expliquer que des centaines de milliers de lecteurs, dans une Europe « chrétienne », applaudissen
594ous… Mais, comment expliquer que des centaines de milliers de lecteurs, dans une Europe « chrétienne », applaudissent sans réser
595philosopher. Je le veux. Mais si j’insiste un peu sur ses « idées », c’est pour souligner ce hiatus étrange : l’homme qu’on
596actif du monde, l’un de ceux qui influent le plus sur notre civilisation, possède la philosophie la plus rudimentaire. Le p
597ivement le divorce de l’esprit et de l’action. III. Le fordisme contre l’Esprit La formidable erreur de la bourgeoisi
598hoses de l’âme avec une maladresse de barbare. IV. « En être » ou ne pas en être Une fois qu’on a compris à quel poi
599er presque fatalement dans un anarchisme stérile. Accepter la technique et ses conditions. Dans cette mécanique bien hu
600 immuable comme la mort le restitue au monde vers 5 heures du soir, dans la détresse des dernières sirènes. Au monde, c’e
601et intermittente détresse, — qu’il met d’ailleurs sur le compte de sa fatigue. Neurasthénie. La conquête du confort matérie
602lui a donné une auto pour admirer la nature entre 17 et 19 heures : vraiment, il ne lui manque plus rien — que l’envie. Ma
603donné une auto pour admirer la nature entre 17 et 19 heures : vraiment, il ne lui manque plus rien — que l’envie. Mauvais
604ir, les forces mêmes qui nous la firent désirer. Accepter l’esprit, et ses conditions. Je dis que les êtres encore dou
605anage d’une sorte de franc-maçonnerie de quelques centaines d’individus. Et cette franc-maçonnerie sera bientôt traquée avec la d
606e périr. Il se prépare déjà des révoltes terribles4, celles d’un mysticisme exaspéré, devenu presque fou dans sa prison.
79 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
607son, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)ax Le critique se sent désarmé et légèrement absurde en face d’un
608it pas encore apparaître sous cet aspect dans ces deux premiers tomes, où il décrit des scènes de son enfance et de sa jeune
609[à] et là s’ouvrent des perspectives saisissantes sur l’époque. Anderson est avant tout un poète, un homme qui aime invente
610à peu près universelle conspiration pour insister sur la laideur. “C’est une frasque de gosses à laquelle nous nous livrons
80 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
611 Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)ay Ce petit livre de poèmes est comme une initiation au silence. I
612peine quelques « motifs », objets usuels et usés, sur la nuance mate d’un paravent chinois). Ce qu’elle décrit, ce sont des
81 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
613 Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)az Après cet austère Pays qui n’est à personne paru l’année derniè
82 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)
614dré Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)ba À lire ce petit livre et le parallèle qu’il établit entre la Yo
615ourrait donner lieu à de mélancoliques réflexions sur le génie « poétique » français… Mais non, nous préférons voir ici l’u
83 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
616 Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)bc Ce n’est plus l’heure de venir prendre position dans un débat o
617ue connaissent la thèse de la Trahison des Clercs 11, thèse dont la Fin de l’Éternel ne fait que reprendre la défense cont
84 1929, Journal de Genève, articles (1926–1982). Panorama de Budapest (23 mai 1929)
618 Panorama de Budapest (23 mai 1929)b Passer de Vienne à Budapest, c’est, en six heures d’exp
619 Panorama de Budapest (23 mai 1929)b Passer de Vienne à Budapest, c’est, en six heures d’express, cha
620 1929)b Passer de Vienne à Budapest, c’est, en six heures d’express, changer totalement d’atmosphère, passer de la lassi
621nfirmer cette première impression. Vienne : assis sur les banquettes rembourrées de profondes loges, les clients dégustent
622s, qui passent des après-midi entières devant les deux verres d’eau que le garçon renouvelle de temps à autre, à lire des po
623 la Hongrie, des portraits de lord Rothermere, et sur toutes les portes le fameux : « Non ! non ! jamais ! » Officiers élég
624l représente l’ancienne Hongrie découpée en blanc sur fond noir et portant, en cœur noir, la nouvelle… « Savez-vous qu’on n
625, la nouvelle… « Savez-vous qu’on nous a pris les deux tiers de notre pays ?… Non, non, jamais ! » La rue est sale à cause d
626frénésie et les petits taxis rouges qui déferlent sur les boulevards comme une nuée d’insectes affolés. Les maisons sont ba
627 prétentions munichoises. Puis un palais gothique 1880, qui est le Parlement. Et voici la trouée du Danube, Bude solidement a
628uée du Danube, Bude solidement amarrée à Pest par quatre énormes ponts de fer. Contre leurs piles, en hiver, viennent se brise
629nes suffit à votre bonheur et vous voyez bien que Mme Varshany est une grande artiste. Vous vous êtes levé, comme tout le
630ent tourbillonnantes et finissent en chutes ivres sur des divans couverts de coussins Rothermere et Grande Hongrie… Ivresse
85 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
631lles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)r 1. Belles-Lettres, c’est la clef des champs. 2. L’essence de Bel
632es, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)r 1. Belles-Lettres, c’est la clef des champs. 2. L’essence de Belles-Lett
633r 1. Belles-Lettres, c’est la clef des champs. 2. L’essence de Belles-Lettres, c’est de l’alcool à brûler les cervelles
634lcool à brûler les cervelles et les réputations. 3. Belles-Lettres n’est compréhensible et légitime que dans la mesure où
635sure où la poésie est compréhensible et légitime. 4. Je suis de sang-froid, je dis : Belles-Lettres est essentiellement un
636muler cette ivresse ; autrement que par des cris. 5. Avec toutes les erreurs et turpitudes que cela comporte, Belles-Lettr
637pas cru, c’est qu’ils sont foncièrement mauvais.) 6. Peu de choses dans le monde moderne ont encore une « essence ». Celle
638st-ce point de se livrer, purement et simplement. 7. (Secret).
86 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
639 Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)s Prison Prisonnier de la nuit mais plus libre qu’un ange pri
640fleurs obscures les mains de l’absence se ferment sur le vide   Tu pleurerais Mais la grâce est facile comme un matin d’ét
87 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)
641enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)t Quand avec un air fin mais un ton convaincu l’on a répété dans u
642rai, s’y prêtait, peu complexe et comme réduite à deux dimensions ; la conscience ne pouvait y tuer un lyrisme quasi inexist
643’anecdote bien tournée, des noms connus. Tout est sur le même plan ; le dessin d’ailleurs est élégant. Mais comme tout cela
88 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
644e social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)u L’ordre social Il y avait une fois un jeune homme comme les
645nspiration Comme le poète terminait sa théorie sur la nature de l’inspiration, un doute lui vint. Il alla au cinéma. On
89 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
646 bonne fois.   Il ne faut pas songer à décrire en 50 petites pages tous les méfaits de l’instruction publique. C’est à pei
647re de grandeur ; à quoi je me bornerai. Il a paru sur le sujet de l’instruction publique deux petits livres1 excellents don
648 Il a paru sur le sujet de l’instruction publique deux petits livres1 excellents dont je considère les thèses comme acquises
649sujet de l’instruction publique deux petits livres1 excellents dont je considère les thèses comme acquises : L’Éloge de l
650 haines. Je serai méchant, parce que j’en ai gros sur le cœur. D’ailleurs, ce petit écrit ne peut servir à rien. — Alors ?
651 Il retrousse ses manches. Il s’apprête à cracher sur ce que je dirai de plus beau… Oh ! oh ! oh ! il va parler, de grâce m
652 oh ! il va parler, de grâce mettez-lui les mains sur la bouche ! Donnez-lui sa choucroute, tapez-lui dans le dos, amenez-l
653oute, tapez-lui dans le dos, amenez-lui le Guguss 2, des bretzels, sa petite amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots
654els, sa petite amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots à dire. Dès qu’une voix s’élève pour mettre en doute l’excellenc
655ce du principe de l’instruction publique, on crie sur tous les bancs : « Alors, vous êtes pour un retour à la barbarie ? »
656ants par inertie, je ne sais. Mais je m’attends à cent « réponses » de cette sorte. Et je tiens à les classer par avance en
657te sorte. Et je tiens à les classer par avance en deux catégories dont je vais régler le compte sommairement. Cela n’empêche
658si, ceux qui croient aux faits. Je leur réponds : qu’ils ne peuvent me dénier le droit de juger ces faits ; 2° qu’ils n
659e peuvent me dénier le droit de juger ces faits ; qu’ils ne peuvent, en vertu même de leur scepticisme quant à la valeu
660ées, m’accuser de faire une critique dangereuse ; que néanmoins je crois à l’efficace de certaines utopies. (Les religi
661as de le dire : l’instruction publique.) Résumé : On a le droit d’aller contre l’époque, et on le peut efficacement. 2°
662ller contre l’époque, et on le peut efficacement. rira bien qui rira le dernier. B. Réponses du type : vous êtes un ré
663s de langage. Je les renvoie en corps au chapitre 5 où je traiterai de cet aspect du problème que l’on peut appeler la qu
90 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
664 1. Mes prisons Il existe des gens qui s’attendrissent sur leurs souven
665 prisons Il existe des gens qui s’attendrissent sur leurs souvenirs de classe. C’est qu’ils les confondent avec ceux de l
666ur emplir ou pour vider un bassin (et souvent les deux), (pour emplir et vider ensemble), (drôle d’occupation), (après combi
667e souvenirs, n’est qu’une dissonance douloureuse. 3 Deux angoisses dominent mon enfance : les séances chez le dentiste et
668souvenirs, n’est qu’une dissonance douloureuse. 3 Deux angoisses dominent mon enfance : les séances chez le dentiste et l’ho
669ut cela tient trop de place dans notre enfance. À cinq ans, j’avais appris à lire, en cachette avec ma sœur aînée. L’année s
670 formule de mes premières douleurs morales. Après six ans de ce régime, on m’avait suffisamment rabroué pour que je ne mont
671isante. L’école me rendit au monde, vers l’âge de dix-huit ans, crispé et méfiant, sans cesse en garde contre moi-même à cause d
672te donc, et le cerveau saturé d’évidences du type 2 et 2 font 4, ou : tous les hommes doivent être égaux en tout. Deux fo
673nc, et le cerveau saturé d’évidences du type 2 et 2 font 4, ou : tous les hommes doivent être égaux en tout. Deux fois de
674le cerveau saturé d’évidences du type 2 et 2 font 4, ou : tous les hommes doivent être égaux en tout. Deux fois deux quatr
675 ou : tous les hommes doivent être égaux en tout. Deux fois deux quatre, c’est stérile, mais ça ne fait de mal à personne, e
676 les hommes doivent être égaux en tout. Deux fois deux quatre, c’est stérile, mais ça ne fait de mal à personne, et de plus,
677hommes doivent être égaux en tout. Deux fois deux quatre, c’est stérile, mais ça ne fait de mal à personne, et de plus, toutes
678iques, qui sont une généralisation de la règle de trois, aussi profondément certes qu’un Voltaire le fut par les Jésuites : d
91 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
679 2. Description du monstre Le service militaire me permit de retrouver
680 avait coutume de dire à une classe de garçons de 10 à 11 ans : « J’ai bien su mater les quarante hommes de ma section, je
681t coutume de dire à une classe de garçons de 10 à 11 ans : « J’ai bien su mater les quarante hommes de ma section, je saur
682garçons de 10 à 11 ans : « J’ai bien su mater les quarante hommes de ma section, je saurai aussi vous mater. » On imagine à quoi
683adies dites « sociales ». Je reviendrai peut-être sur ce point. Pour l’instant je ne veux que décrire l’école telle qu’on l
684es souvenirs. Et la poussière dans l’air, l’encre sur les tables — c’était pourtant un refuge pour l’imagination que ces in
685 ses crottes de mouches… Dans ce décor s’écoulent huit années de votre vie, citoyens ! Et vous pensez que c’est un grand pro
686oyens ! Et vous pensez que c’est un grand progrès sur la Nature. Quelle peut bien être la vertu éducatrice d’un tel milieu,
687té, et ils sont déjà démodés. On dit que le style 1880 n’en est pas un : mais l’absence de style est encore un style : c’est
92 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
688 3. Anatomie du monstre Ayant épanché un peu de ma rancune, à seule fin
689à repousser la difficulté dans l’avenir, d’une ou deux générations. Pendant ce temps elle s’aggrave, et nous voici avec l’hé
690 elle s’aggrave, et nous voici avec l’héritage de cinquante ans de radicalisme sur les bras. L’écheveau est tellement embrouillé
691i avec l’héritage de cinquante ans de radicalisme sur les bras. L’écheveau est tellement embrouillé que déjà plusieurs prop
692es modalités locales de réalisations pratiques. 3.a. Le programme a) l’horaire : c’est un cadre, ou plutôt un moule, d
693roclites, sans égard à leurs qualités propres. De 8 à 9 arithmétique ; de 9 à 10 composition, etc. Ces disciplines se suc
694ites, sans égard à leurs qualités propres. De 8 à 9 arithmétique ; de 9 à 10 composition, etc. Ces disciplines se succède
695eurs qualités propres. De 8 à 9 arithmétique ; de 9 à 10 composition, etc. Ces disciplines se succèdent sans transition,
696 qualités propres. De 8 à 9 arithmétique ; de 9 à 10 composition, etc. Ces disciplines se succèdent sans transition, dans
697ntiques pour tous les écoliers. Ce plan régit les huit années réglementaires de la scolarité, et englobe la totalité de la s
698it pour établir ce programme de disposer d’une ou deux feuilles de papier, d’un crayon et d’une règle (pour diviser la page
699 — Mais on nous paye, et ils n’en meurent pas. 3.b. Les examens Ce sont en principe des « contrôles » comparables à c
700ler sans cesse des vérités aussi élémentaires. 3.c. L’égalitarisme des connaissances De l’existence des programmes, q
701les enfants doivent à tout instant être en mesure d’ingurgiter la même quantité de « matière » ; 2° d’en rendre compte
7021° d’ingurgiter la même quantité de « matière » ; d’en rendre compte de la même façon, dans le même temps. Contentons-n
703incipe est à la base du système ; qui repose donc sur une tranquille méconnaissance de la nature humaine. L’histoire enregi
704nature humaine. L’histoire enregistre bien une ou deux autres bêtises de cette épaisseur, mais il faut reconnaître que jamai
705réduit avec acharnement à son commun dénominateur 4. Nos bourgeois assistent sans honte à ce crime quotidien, et se félic
706nsive et extensive des veaux et des médiocres. 3.d. Le gavage Moyen de réaliser les précédents. Plus ou moins rationa
707en commerce intime avec elles. On apprend plus de deux que de mille, dit un sage oriental dont j’ai oublié le nom. Une autre
708intime avec elles. On apprend plus de deux que de mille, dit un sage oriental dont j’ai oublié le nom. Une autre conséquence
709 ? On va supprimer les leçons de calligraphie. 3.e. La discipline On conçoit que la réalisation d’un programme entièr
710iste à faire tenir les enfants immobiles et muets 6 heures par jour durant 8 ans. Il paraît que cela facilite le travail
711fants immobiles et muets 6 heures par jour durant 8 ans. Il paraît que cela facilite le travail du maître. Il se peut. To
712 et dont la vue permet à ceux qui tombent du ciel sur notre sol de s’écrier sans hésiter : « Liberté, liberté chérie, voilà
713berté, liberté chérie, voilà bien ta patrie. » 3.f. La préparation civique Tous les pontifes de l’instruction publiqu
714 pontifes de l’instruction publique sont d’accord sur ce point : l’école primaire doit être une école de Démocratie. Ils in
715 doit être une école de Démocratie. Ils insistent sur le fait que les leçons d’instruction civique sont insuffisantes pour
716niature. » Ceci est une énorme bourde. Juxtaposez trente enfants sur les bancs d’une salle d’école, vous n’aurez rien qui ress
717 est une énorme bourde. Juxtaposez trente enfants sur les bancs d’une salle d’école, vous n’aurez rien qui ressemble en quo
718 oblige les enfants à vivre ensemble dès l’âge de cinq ans, favorise le développement de leurs penchants les plus « communs 
719cation sociale qui enlève l’enfant à la famille ? 5 Quel est cet instrument de perfectionnement civique qui assure l’écra
720ent des plus délicats par les plus vulgaires ? 3.g. L’idéal du bon élève Le bon sens voudrait que le bon élève soit c
721s… Enfoncés, les perroquets. Dans une composition sur La Neige, Victoria, 10 ans, écrit : « C’est l’hiver. Déjà la terre a
722ets. Dans une composition sur La Neige, Victoria, 10 ans, écrit : « C’est l’hiver. Déjà la terre a revêtu son blanc mantea
723 la terre a revêtu son blanc manteau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand
724 terre a revêtu son blanc manteau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand il
725re a revêtu son blanc manteau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand il neig
726c manteau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand il neige, c’est comme des
727manteau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand il neige, c’est comme des pet
728eau. » Elle aura 10 sur 10. Mais on donnera 3 sur 10 à Sylvie pour avoir trouvé : « Quand il neige, c’est comme des petits
729r chez nos petits Helvètes un légalisme écoeurant 6, un conformisme d’imbéciles ou d’impuissants, qui d’ailleurs ne peut
730d’un de ces coqs de village qu’on vient de jucher sur la flèche de l’édifice administratif. Et c’est ce qui s’appelle une b
731nées d’instruction publique qu’ils ont subies. 3.h. Le dilemme J’ai indiqué que les principes de l’instruction publiq
93 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
732 4. L’illusion réformiste Bien entendu, tout cela a été dit. (Un peu au
733ncre de parcourir l’abondante littérature publiée sur le « problème de l’école nouvelle ». On appelle école nouvelle tout é
734tion des enfants, c’est-à-dire : en contradiction sur toute la ligne avec l’enseignement officiel. Les promoteurs de ces mo
735t en général judicieuses, dictées par le bon sens 7, et retouchées par le pédantisme inhérent à toute science. On a const
736ce. On a constaté que l’école actuelle est fondée sur une remarquable ignorance de la psychologie infantile. Où il y avait
737 d’enfants » où l’on apprend à des élèves âgés de trois à quatre ans à lacer leurs souliers ; et cela s’appelle l’école prati
738ts » où l’on apprend à des élèves âgés de trois à quatre ans à lacer leurs souliers ; et cela s’appelle l’école pratique. Plus
739uvriers un second dimanche afin qu’ils consomment deux fois plus de machines. Jeu du chat avec la souris. On n’impose plus d
740ne tarde pas à se développer… Prenez un enfant de 6 ans… Mettez ensemble trois enfants… Je reconnais que les buts de l’éc
741opper… Prenez un enfant de 6 ans… Mettez ensemble trois enfants… Je reconnais que les buts de l’école nouvelle sont honnêteme
742on officielle. Ils éduquent de futurs anarchistes 8, bravo ! Mais ce qu’on leur avait confié, c’était la fabrication en s
94 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
743 5. La machine à fabriquer des électeurs Je crois à l’absurdité de fait
744er la nature qui répète par toutes ses voix, d’un milliard de façons, que c’est absurde. Pour qu’on n’ait pas le temps de découv
745 qu’on n’ait pas le temps de découvrir la Liberté 9, parce que celui qui l’a embrassée une fois, une seule fois, sait bie
746e qu’ils faisaient — et je les excuse pour autant 10. Je dis simplement ceci : leur œuvre n’a été possible que parce qu’el
747Je me souviens d’un dessin humoristique publié en 1914, représentant l’œuvre de Kitchener : une machine qui absorbait des gen
748 été décervelés et dotés d’une petite mécanique à quatre sous qui suffit à régler désormais l’automatisme de la vie civique. L
749ns son fonctionnement. Cet avantage inappréciable sur le cerveau naturel explique que les autorités compétentes n’aient poi
750s qu’on n’ose les imaginer de ne pas entreprendre sur l’heure une véritable révolution scolaire ; car il ne faudrait pas mo
751ion dont je viens de décrire la marche nécessaire 11. On ne manquera pas d’insinuer qu’à l’origine de tout ceci il y a sur
95 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
752 6. La trahison de l’instruction publique (Ici, le procureur prit un to
753son unique moyen de parvenir. Elle participe donc sur une vaste échelle à cette « Trahison des clercs » décrite par M. Juli
96 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
754 7. L’instruction publique contre le progrès Un beau titre. Et qui a me
755nstruction publique s’est arrêtée aux environs de 1880 et depuis lors n’a guère bougé. Le moteur n’en continue pas moins de
756uits excrétés. On forme nos gosses, dès l’âge de six ans, à ne se point poser de questions dont ils n’aient appris par cœu
757me tout entier. Je distingue dans cette opération deux temps : d’abord critiquer ce qui est — par la comparaison avec ce qui
758mocratie, vous trouverez bien vite qu’elle repose sur des postulats rationalistes. En vérité, démocratie et rationalisme ne
759En vérité, démocratie et rationalisme ne sont que deux aspects, l’un politique, l’autre intellectuel, d’une même mentalité.
760les sentiments. Maintenant il y a le rationalisme 12 et la sentimentalité. Ce rationalisme-là triomphe non seulement dans
761ette formidable expérience négative qui aura duré deux siècles au moins. L’évolution de l’humanité paraît conforme à la dial
762que la république qu’ils appelaient serait livrée cent ans plus tard à peine à la folie démocratique, cette danse de Saint-G
97 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
763 Les économistes (mot stupide) et les philosophes 13 les mieux informés de ce temps s’accordent sur un point : le salut de
764hes 13 les mieux informés de ce temps s’accordent sur un point : le salut de l’Europe est lié à la naissance d’une nouvelle
765uel retrouvent le courage d’être, malgré les mots 14, des anarchistes et des utopistes. J’appelle anarchiste, tout ce qui
766qui déteste l’école a pourtant faim d’instruction 15, et se croirait lésé dans un de ses droits fondamentaux. Le peuple ve
767 leur force vient du Yoga. Et tout le Yoga repose sur la concentration. En vérité, toute force résulte d’une concentration,
768stre, mais il recouvrerait la domination du monde 16 et non plus en barbare cette fois-ci. Ce qui l’empêche de comprendre,
769intensité avec un minimum de moyens. J’en citerai deux exemples : la discipline jésuite et le drill militaire. Le drill corr
770Il s’agit bien d’un geste identique, exécuté dans deux plans différents. Le drill est un Yoga corporel, le Yoga est un drill
771le Yoga est un drill de l’esprit. Je sais que ces deux mots sont bien dangereux et impopulaires. Tout comme ce qu’ils désign
772e de milices suisses fait des soldats en moins de trois mois. Si l’école appliquait en les transposant des méthodes de concen
773raient, mais se légitimeraient du même coup ; car sur ce plan elles ne font que traduire la diversité des besoins individue
774end plus d’une chose longuement contemplée que de mille aperçues au passage. Ab uno disce omnes. Une minute de concentration
775-t-il sauvé de sa folie démocratique ?   AREUSE, 26 décembre 1928 — 10 janvier 1929. NOTE A On est toujours tenté d’attr
776de sa folie démocratique ?   AREUSE, 26 décembre 1928 — 10 janvier 1929. NOTE A On est toujours tenté d’attribuer à ses ad
777olie démocratique ?   AREUSE, 26 décembre 1928 — 10 janvier 1929. NOTE A On est toujours tenté d’attribuer à ses adversa
778atique ?   AREUSE, 26 décembre 1928 — 10 janvier 1929. NOTE A On est toujours tenté d’attribuer à ses adversaires des inten
779peut faire des haltères et rester pacifiste. NOTE C Vous parlez de la grande vulgarité de mes attaques. Ce qui est vulgai
98 1930, Articles divers (1924–1930). Le prisonnier de la nuit (avril 1930)
780 Le prisonnier de la nuit (avril 1930)o I Depuis le temps qu’on tire du canon à son perdu depuis le tem
781 Le prisonnier de la nuit (avril 1930)o I Depuis le temps qu’on tire du canon à son perdu depuis le temps que s
782 la coupole errante des prières à dieux perdus. II Je ne sais pas où tu m’entends mais ces hauts murs d’ombre et de ven
783 immobile tourné vers l’ombre où tu m’entends. III Fais rentrer dans leur peau d’ombre ces mots qui voudraient fleurir
784r tourne le dos ferme les poings ne fais qu’un ou deux pas que les souvenirs s’épousent entre eux pendant que tes yeux s’o
785uffle tes lèvres battent doucement écoute-les. IV Tends moi la main à travers cette ombre rapide si je te joins nous l
786ment nue dans la douceur du feu et de la joie. V Oh qui a retiré tes mains des miennes quand je te regardais trop prof
787à redescendre au jour dans l’aube sans refuges… VI Prisonnier de la nuit mais plus libre qu’un ange prisonnier dans ta t
788fleurs obscures les mains de l’absence se ferment sur le vide tu pleurerais mais la grâce est facile comme un matin d’été l
99 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
789 Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)p 1. Un petit volume « lourd de pensée », comme disent
790u sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)p 1. Un petit volume « lourd de pensée », comme disent bizarrement
791d’un certain esprit français » (1er mai 1930)p 1. Un petit volume « lourd de pensée », comme disent bizarrement les jou
792ui allège ? Ce qui fait s’envoler les ballons ?) 2. En vérité, ce temps est peu propice au mépris et à l’adoration : où q
793mbition convient seule l’activité de la critique. Trois ou quatre grands écrivains — Claudel, Gide, Valéry… — suffisent à nou
794onvient seule l’activité de la critique. Trois ou quatre grands écrivains — Claudel, Gide, Valéry… — suffisent à nous rassurer
795laudel, Gide, Valéry… — suffisent à nous rassurer sur la valeur littéraire de l’époque, mais non sur le sort de l’esprit. À
796er sur la valeur littéraire de l’époque, mais non sur le sort de l’esprit. À côté d’eux, s’écrient nos auteurs, « qu’on nou
797ous montre un seul Français qui n’ait pas le cœur sur les lèvres, qui ait quelque chose à dire, ou une qualité, une richess
798e — et nul ne s’en déclare gêné, me semble-t-il… 3. Si nous jetons sur les lettres parisiennes un regard distrait mais ci
799 déclare gêné, me semble-t-il… 3. Si nous jetons sur les lettres parisiennes un regard distrait mais circulaire, comme dir
800udes à la Nouvelle Revue française , et qui ont, sur un tas de sujets pas importants, des idées « pertinentes », comme dit
801as d’être tués par des statues !) Tout d’un coup, trois hommes qui ont du cran. Deux qui viennent : Bernanos et Malraux ; un
802 !) Tout d’un coup, trois hommes qui ont du cran. Deux qui viennent : Bernanos et Malraux ; un qui s’éloigne : Montherlant.
803-là… Enfin, l’ultime raison de ne pas désespérer, cinq ou six poètes. 4. « Quelque grande que soit » mon envie — comme dise
804in, l’ultime raison de ne pas désespérer, cinq ou six poètes. 4. « Quelque grande que soit » mon envie — comme disent Beau
805raison de ne pas désespérer, cinq ou six poètes. 4. « Quelque grande que soit » mon envie — comme disent Beausire et la G
806e Maldoror. « Qu’on nous montre un homme… » Un ou deux. Il suffit de très peu de sel pour rendre mangeables beaucoup de noui
807tique, impitoyable de rigueur et d’enthousiasme. 5. La critique est aisée, répètent ceux qui en ont peur, ceux-là mêmes,
808fonçait, or on lui avait commandé une maison. Nos trois compères se moquaient fort. Le journaliste expliquait qu’on eut dû co
809t terminé, l’on interdit l’entrée du palais à nos trois amis (qui pourtant n’eussent pas demandé mieux que de reconnaître, et
810ellement, Nietzsche est encore très mal compris. 6. Il s’agit ici de la critique d’un certain état d’esprit moins facile
811fecter d’un commun penchant au libertinage mental trois phénomènes littéraires partout ailleurs divergents : « Barrès dans so
812 Ainsi Beausire nous montre un Barrès tout crispé sur quelques certitudes et quelques doutes immédiatement utilisables. Sim
813ents au-delà, — au-dessous — de leurs prétextes. 7. Nous souffrons d’une terrible carence d’héroïsme intellectuel. Ces me
814ne se porte plus, — voire même à paraître ennuyeux13… Ils recherchent tous un équilibre, le trouvent bien vite, comme de j
815 de quitter sa chambre, son cigare ou son moi. » 8. « La France… n’a pas su faire la révolution morale… parce qu’elle man
816volution morale. Voilà notre aphorisme démontré. 9. Enfin je citerai deux petites phrases qui suffisent presque à situer
817là notre aphorisme démontré. 9. Enfin je citerai deux petites phrases qui suffisent presque à situer la position d’attaque
818ceci, comme dit Kipling, est une autre histoire. 10. Nous voici parvenus au point où cessent d’eux-mêmes nos bavardages. J
819 justifier aux yeux de quelques-uns. Paris, avril 1930. 13. C’est ici que paraît tout-de-même la grandeur d’un Ramuz, dont
100 1930, Articles divers (1924–1930). « Vos fantômes ne sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)
820onse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)q I Vos fantômes ne sont pas les miens, et qui saura jamais s’ils
821nquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)q I Vos fantômes ne sont pas les miens, et qui saura jamais s’ils ne sont
822oi cette première question est assez indiscrète. II Il y aurait beaucoup à dire sur l’admiration dont certains littérateu
823assez indiscrète. II Il y aurait beaucoup à dire sur l’admiration dont certains littérateurs français témoignent en face d
824ance d’adoration, à se créer une part angélique. III L’amour, loin de causer une « désorganisation du moral », multiplie à