1 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. Les Origines d’Hésiode à Charlemagne, (du ixe siècle av. J.-C. au xie siècle de notre ère)
1éesse, paraît le continent.10 3.Le Mythe de Japhet S’il reste vrai que le mythe du rapt d’Europe se trouve traduire l
2ante de la Grèce : nous l’appellerons le Mythe de Japhet. Selon saint Jérôme (346-420) dans son Liber hebraicarum questionum i
3 (né en 340), les trois fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, ont reçu en partage les trois parties du monde que sont respectiveme
4. Ils ne furent pas traités également, car Sem et Japhet ayant couvert la nudité de Noé ivre furent seuls bénis par lui : Bén
5leur esclave ! Que Dieu étende les possessions de Japhet, qu’il habite dans les tentes de Sem, et que Canaan soit leur esclave
6s de Sem sont bons, ceux de Cham mauvais, ceux de Japhet « indifférents », c’est-à-dire païens, « attachés aux biens de ce mon
7 la tripartition d’Ambroise. Pour saint Augustin, Japhet est l’ancêtre des peuples de l’Occident, qui comprend l’Europe et l’A
8ainsi : les tentes de Sem représentent l’Église ; Japhet, par sa postérité « s’étendra » jusqu’au domaine de Sem, donc les peu
9ans le verset 27 cité : dilatet selon la Vulgate. Japhet (ou Yepheth, de phatah = se dilater, se répandre) signifie latitude,
10aphique. Isidore fait entrer dans la postérité de Japhet les Cappadociens, Ciliciens, Ioniens, Thraces, Gaulois et Espagnols :
11spagnols : Tels sont les peuples de la lignée de Japhet, qui, du Mont Taurus dans l’Asie médiane jusqu’à l’Océan Britannique
12 d’auteurs du ve au xve siècle qui rattachent à Japhet et à ses 23 ou 26 fils et petits-fils, les diverses « nations » ou fa
13 hommes libres, fils de Sem, les soldais, fils de Japhet, et les esclaves, fils de Cham. Il n’est certes pas démontrable, mai
14démontrable, mais possible, que la relation entre Japhet et l’Europe se soit vue confirmée dans l’esprit de ces auteurs par la
15ept acceptable aux yeux des Pères. Et le mythe de Japhet, ainsi interprété, exprimerait assez bien l’état du continent dans la
16gues. Campanella se demande si « l’expansion » de Japhet dans les tentes de Sem ne peut pas signifier « domination » de l’Euro
17’on songe à l’immense popularité de la légende de Japhet chez les clercs de tout rang, pendant quatorze siècles, on s’étonne d
18lavage. Le mythe gréco-phénicien et la légende de Japhet se recouperaient donc en ce point, non sans qu’il en résulte de nouve
19n la tradition biblique, c’est aux descendants de Japhet qu’aurait été promis le continent occidental. Non moins curieux est l
20 assimilé ces deux ancêtres. Ainsi Bossuet 18 : Japhet, qui a peuplé la plus grande partie de l’Occident, y est demeuré célè
21de l’hébreu et que notre continent fut la part de Japhet. (Il s’agit donc, comme on l’a vu plus haut, de donner une racine bib
22oropius écrit, selon Mercator : Nous voyons qu’à Japhet est promise dilatation, ou, comme d’autres l’interprètent, joie, laqu
23de cette portion des terres, laquelle Noé donna à Japhet pour sa demeure. Car combien que la postérité de Sem a été plusieurs
24ais rompu : de sorte qu’à bon droit la portion de Japhet est dite Europe. b) Après l’étymologie fantaisiste, voici la celtiq
25nc l’arrière-petit-fils du Japet grec, tandis que Japhet était le fils du Noé biblique. La mère de Hellén, Pyrrha, serait la m
2 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. Prises de conscience européennes. De Pierre de Bois à l’Abbé de Saint-Pierre, (xive au xixe siècle) — Sur plusieurs siècles de silence « européen »
26elins et aux Guelfes. L’Islam a séparé la part de Japhet de celle de Sem et de celle de Cham. Il n’y a donc plus, en tête à tê
3 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. Prises de conscience européennes. De Pierre de Bois à l’Abbé de Saint-Pierre, (xive au xixe siècle) — « Têtes de Turcs »
27de France, puisque ce roi descend du fils aîné de Japhet, Gomer, fondateur de la race gallique au témoignage de Josèphe… Toute
4 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère de la Révolution de Kant à Hegel — L’Europe des adversaires de l’Empereur
28’une diversité tranchante. La race audacieuse de Japhet n’a cessé, s’il est permis de s’exprimer ainsi, de graviter vers ce q