1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1on ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche » à fond plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. Sur l’autre r
2 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
2 agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsche : que c’est de la littérature. Alors, quelque paysan du Danube surven
3 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
3 avec beaucoup d’adresse et de charme : Wagner et Nietzsche lui fournissent deux tons fermes dont le jeu donne aux nuances assez
4 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
4onsolables, ô sans cœur, ô pervers, ô disciple de Nietzsche ! » — Sous le poids de cette accusation, comment ne point céder : il
5 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
5es autres » comme dit M. Gabriel Marcel, présente Nietzsche en Nouveau Messie, comme dit Annie Besant. Et c’est charmant, disent
6ndé mieux que de reconnaître, etc.) Actuellement, Nietzsche est encore très mal compris. 6. Il s’agit ici de la critique d’un ce
7ançaise, il vous reste à choisir entre le sort de Nietzsche et celui de Schiller. Romancer la vie de ces excessifs est assez bien
8 Le Français qui n’est ni chrétien ni disciple de Nietzsche, demandera pourquoi il faut faire la révolution morale. Voilà notre a
9gnore que la grâce seule permet de vouloir… C’est Nietzsche, et quelque chose par-dessus, tout de même… Mais ceci, comme dit Kipl
6 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
10rateur de Schelling et de Hegel, le précurseur de Nietzsche, l’un des plus admirables et des plus mystérieux génies poétiques de
11 C’est qu’elle est de demain plutôt, — tout comme Nietzsche qui en fut obsédé. Empédocle est de ces mythes tels qu’il n’est peut-
7 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
12p d’esprits en quête d’absolus, le maître que fut Nietzsche pour leurs aînés. Il n’est pas sûr que les « religions » y gagnent, m
8 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
13sonances vraiment altières, celle-là : la voix de Nietzsche. ⁂ Ici, nous changeons de monde. À vrai dire, nous quittons la littér
14a conquises, physiquement aussi. Toute l’œuvre de Nietzsche est pleine de repères alpestres. « Comme ces vues précises, aiguës, e
15nes au très bel essai que Robert de Traz intitula Nietzsche et les hauteurs 23, et qui, posé en face du tableau franco-anglais, f
16ne à la joie… C’est un thème très « protestant ». Nietzsche l’a développé avec une ampleur inégalable : il y trouvait tous les sy
17r la dureté. Mais l’a-t-il épuisé ? Il y a depuis Nietzsche un style alpestre dans la pensée. Ne pourrait-il pas informer d’autre
9 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
18it bientôt en révolte, en insolence, en démence : Nietzsche. Ainsi l’atmosphère moraliste a tué les germes de l’imagination créat
10 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
19 notions « correctes » que de notions dynamiques. Nietzsche réclamait une « philosophie à coups de marteau ». Ce peut être le mar
11 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
20hrétienne, plus tragique que l’époque romantique (Nietzsche plus chrétien que son idée du christianisme). Plus goethéenne aussi.
12 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
21eu terrible. Et sa vertu est choix. L’absolu d’un Nietzsche, c’est le Grand Midi ; et sa vertu : dépassement. Jouhandeau à son to
22e but de ce débat, celui de Kierkegaard, celui de Nietzsche, celui présentement de Jouhandeau, c’est de transcender la morale et
13 1932, Présence, articles (1932–1946). Penser avec les mains (fragments) (janvier 1932)
23ritable honneur de la langue française. Ainsi, un Nietzsche, qui le premier substitua délibérément la notion de style à celle de
14 1932, Le Paysan du Danube. Le sentiment de l’Europe centrale
24ius, le premier classique allemand. Bien plus que Nietzsche, type du déchiré, qui glorifie l’instinct perdu, en véritable sentime
15 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — La Tour de Hölderlin
25on ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche » à fond plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. Sur l’autre r
16 1933, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Parole de Dieu et parole humaine, par Karl Barth (30 décembre 1933)
26là un homme, une puissance. Le défi de Marx et de Nietzsche était relevé. Le tirage du Römerbrief alla au vingtième mille. Barth,
17 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Pétrarque, par Charles-Albert Cingria (avril 1933)
27ètes, chroniqueurs, musicographes, Notker, Dante, Nietzsche —, une pétulance idéologique qui s’exprime en notes, digressions et p
18 1934, Esprit, articles (1932–1962). Sur une nouvelle de Jean Giono (novembre 1934)
28t une formule nietzschéenne, et qui signifie chez Nietzsche à peu près le contraire de ce que cette femme veut expliquer à Giono.
19 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
29tudie dans ce petit livre, c’est le phénomène que Nietzsche a baptisé ressentiment. Pour Nietzsche, on s’en souvient46, l’amour c
30nomène que Nietzsche a baptisé ressentiment. Pour Nietzsche, on s’en souvient46, l’amour chrétien n’est que « la fine fleur du re
31 rancunière de l’esclave opprimé, a trouvé, selon Nietzsche, son expression détournée dans l’affirmation paradoxale que les premi
32e à grosses gouttes ». Il est facile de dire que Nietzsche exagère ; plus difficile de contester la cruelle pénétration dont tém
33este à voir si les causes en sont bien celles que Nietzsche allègue. Pour Scheler, les reproches de Nietzsche s’adressent en véri
34Nietzsche allègue. Pour Scheler, les reproches de Nietzsche s’adressent en vérité à l’humanitarisme, et nullement à l’Évangile. L
35t à l’Évangile. Le « christianisme » qu’attaquait Nietzsche, c’est, en réalité, la morale bourgeoise. Scheler le démontre avec ma
36ous revendiquons les fausses valeurs décrites par Nietzsche. Nous ne voulons plus l’acte d’amour personnel, — qui est une valeur
37nt à la « morale des commerçants » — comme disait Nietzsche — qui domine notre société. 43. On trouvera dans les excellents art
20 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notice biographique [Kierkegaard] (août 1934)
38vocation chrétienne. ⁂ On a comparé Kierkegaard à Nietzsche, à Dostoïevski, à Pascal. Lui-même ne s’est jamais comparé qu’aux gra
21 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
39e et comme un jugement de l’homme ; ainsi Pascal, Nietzsche, Dostoïevski. On pourrait en citer quelques autres. Qu’ont-ils donc d
22 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Éditorial (juillet 1934)
40 serait d’être relus. Nous aimons cette maxime de Nietzsche : « Ne rien écrire d’autre que ce qui pourrait désespérer l’espèce d’
23 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Quelques œuvres et une biographie de Kierkegaard (26 mai 1934)
41sens moderne, et le contraire d’un esthète. Comme Nietzsche, avec lequel il a pas mal de traits communs, Kierkegaard nous laisse
24 1934, Présence, articles (1932–1946). L’œuvre et la mort d’Arnaud Dandieu (1934)
42ologie morbide et primitive, sur les nomades, sur Nietzsche ou Diderot, sur des questions de droit, sur le régime du travail. Tou
25 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — Ridicule et impuissance du clerc qui s’engage
43Elle les a, beaucoup plus simplement, supprimées. Nietzsche, déjà, ne scandalise plus, fait figure de Don Quichotte littérateur.
26 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — Trop d’irresponsables s’engagent ! (Responsabilité des intellectuels)
44rs les plus violemment libres du xixe siècle, un Nietzsche, un Kierkegaard, un Baudelaire82, ont été les plus violemment engagés
27 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
45s à mépriser les seuls philosophes de ce temps, — Nietzsche en est le fameux exemple — sous prétexte qu’ils ne répondent pas au s
46ses rencontres, ses courtes habitudes (louées par Nietzsche), ses brusques changements de décor suivis de guerre d’usure contre l
28 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
47 Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)v Il vient de paraître au Mercure de France un volumine
48phorismes et notes tirés des papiers posthumes de Nietzsche. On ne saurait surestimer l’importance de ces écrits demeurés longtem
49e d’une œuvre dont les volumes parus du vivant de Nietzsche ne seraient guère que le commentaire. Je ne sais ce qu’il faut penser
50souvent beaucoup plus directe que celle qu’adopta Nietzsche dans les écrits qu’il fit paraître. On ne saurait trop recommander la
51s Kierkegaard, en effet, qui, cinquante ans avant Nietzsche, partait en guerre contre la philosophie de l’Évolution selon Hegel,
52! — « à la disposition » du moindre d’entre nous. Nietzsche croit faire un reproche terrible au christianisme en le traitant d’ag
53st admirable ici, c’est la lucidité avec laquelle Nietzsche décèle l’idolâtrie de notre temps, même s’il y participe pour son com
54’a pas la mâchoire solide. (Mais je vois bien que Nietzsche voulait dire autre chose…). Même pour l’homme le plus pieux, le déje
55t dans sa nostalgie d’un christianisme vrai. Mais Nietzsche ? Est-ce mépris tout simplement ? Ou bien plutôt, dernier défi, secrè
56ns, cette sentence est grossière, voire naïve, si Nietzsche entendait parler de la foi. La foi, qui donne à l’homme la vision réa
57avec puissance cette vérité fondamentale. Mais si Nietzsche croit autre chose, s’il croit que la nature est bonne, pourquoi crie-
58e ! Quelle que soit la justesse des critiques de Nietzsche — et jusque dans leur injustice, car il y a une manière « injuste » d
59ocure la critique nietzschéenne, je trouve ceci : Nietzsche parle sans autorité. Il a tendance à confondre l’autorité et la viole
60 parle avec autorité, tandis que les critiques de Nietzsche feront toujours l’effet de criailleries. L’intensité de la vie prise
61itale » ? — « Pensée insupportable aux hommes » ? Nietzsche écrivait ceci en 1880. Cinquante-cinq ans plus tard, je serais tenté
62étonné de voir un esprit de la trempe de celui de Nietzsche se livrer à d’aussi grossières confusions (pauvreté en esprit, ou esp
63i régna sur le siècle dernier, et dont l’œuvre de Nietzsche a subi trop souvent les atteintes. Dans ce même livre, quatre pages p
64re pages plus bas, j’en trouve un autre exemple : Nietzsche croit découvrir que la notion chrétienne du Dieu paternel dérive de l
65 historique ».   Parmi toutes les criailleries de Nietzsche, certaines prennent un accent prophétique : « Des hommes de commandem
66é. Il est bien significatif que les fragments de Nietzsche sur la religion se terminent par cet aphorisme d’une éblouissante vér
29 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Quatre indications pour une culture personnaliste (février 1935)
67doctrinale, gardienne du statut de la personne ». Nietzsche, me semble-t-il, avait prévu et précisé l’action proprement culturell
68. » Mais il nous faut arrêter là cette citation : Nietzsche, en effet, exprime tôt après deux revendications, dont l’une est ridi
69par excellence d’une société ouverte. L’erreur de Nietzsche est manifeste : il a conçu sa nouvelle culture hors du cadre communau
30 1935, Présence, articles (1932–1946). Contre Nietzsche (avril-mai 1935)
70 Contre Nietzsche (avril-mai 1935)g Ce qui ne résiste pas n’existe pas ; mais toute
71 donne au sérieux toute sa force. Fr. H. Jacobi Nietzsche restera la meilleure description de l’anarchie spirituelle du xixe s
72ions qui la condamnent. La forme aphoristique que Nietzsche cultiva de plus en plus exclusivement avant sa chute, trahit assez ex
73me du siècle présent. Mais les contradictions de Nietzsche ne renvoient justement qu’à cette forme du monde qui provoquait sans
74ns répit son dégoût. L’absence de dogmatique chez Nietzsche est le sinistre négatif du dogmatisme mort de ses contemporains. Il a
75rit à ce qui seul peut transformer le monde. Mais Nietzsche n’a pas voulu distinguer et saisir le sens dernier de cette transform
76 la réponse du Christ aux Sadducéens, Luc 20/33.) Nietzsche, opposant l’antithèse à la thèse par haine de ce qui est, non par amo
77en compté, — reste la seule angoisse. Etc., etc.) Nietzsche a horreur de toute dogmatique13 : il est par là le type le plus parfa
78et une action vraie, et transforme le monde. Mais Nietzsche a beau se colleter avec son temps, il a beau, par dépit de l’impuissa
79ations rageusement neutralisées, il nous reste de Nietzsche sa rage, son style souverain de pensée. Qu’il ne reste d’une œuvre qu
80ées de pensée ? ⁂ Je ne cherche pas à être juste. Nietzsche non plus. Qu’importe le nom qu’un observateur « impartial » voudra do
31 1935, Présence, articles (1932–1946). Autour de Nietzsche : petite note sur l’injustice (novembre 1935)
81 Autour de Nietzsche : petite note sur l’injustice (novembre 1935)h Plus une personne e
82ebeller. Beaucoup de chrétiens devraient envier à Nietzsche cette loyauté désespérée, qui se croient trop vite au-delà. « Et moi-
83peut que mon « injustice » déclarée, vis-à-vis de Nietzsche, rende justice à ce que Nietzsche a refusé d’être ; et que, dans ce q
84e, vis-à-vis de Nietzsche, rende justice à ce que Nietzsche a refusé d’être ; et que, dans ce qu’il a refusé d’être, réside juste
85stes !) Cela dit, l’imprudence de mon article sur Nietzsche demeure visible, au point qu’on la croirait préméditée. Je m’en conso
86de nos choix. Et qu’ainsi, c’est toujours « notre Nietzsche » que nous jugeons ou que nous défendons, — ou les deux à la fois, — 
32 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
87mparée qu’à celle de Pascal, de Dostoïevski et de Nietzsche. Aujourd’hui Kierkegaard est cité par tout le monde. On m’assure qu’i
33 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Précisions utiles sur l’industrie des navets (mars 1936)
88lzac, Stendhal, Baudelaire, Rimbaud, Dostoïevski, Nietzsche, Rilke, Hamsun. Quant à Victor Hugo et à Tolstoï, qui paraissent cont
34 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — Tentatives de restauration d’une commune mesure
89Schopenhauer, Baudelaire, Dostoïevski, Rimbaud et Nietzsche… Si nous disons qu’ils furent les plus grands de ce siècle, quelle es
90ément malade, ce fut l’angoisse. De Kierkegaard à Nietzsche, toutes ces angoisses individuelles ont porté témoignage en faveur de
35 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — La pensée prolétarisée
91 n’a-t-on pas dit sur cette vieille Histoire ! De Nietzsche au dernier nietzschéen, sans oublier les pamphlets de Péguy : elle ne
92nes les plus imprévus. Nous y viendrons. Écoutons Nietzsche, qui ricane sa sagesse : « Ne pas périr imperceptiblement ! » C’est p
93om de je ne sais quelle arithmétique, d’un autre, Nietzsche au nom du petit Liré, d’un troisième Rimbaud, parce qu’il a renoncé t
94es grandes questions sont dans la rue », écrivait Nietzsche ; dans la rue, et non pas dans leurs livres ! Et voilà bien l’usage «
95r que plusieurs générations — contemporaines d’un Nietzsche, d’un Ibsen, d’un Rimbaud, d’un Tolstoï ! mais la durée du monde, sa
36 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — Éléments d’une morale de la pensée
96maîtresse, et non que tu t’es échappé d’un joug. Nietzsche. De même que toute conscience réelle du péché suppose une action de
97 retrouvons ici le conflit entre les marxistes et Nietzsche. Mais derrière eux et avant eux, deux noms : Hegel et Kierkegaard dom
98tuelle, il s’agit de la force d’un Pascal ou d’un Nietzsche, mais aussi de la force qui commande aux soldats. Que cette force dis
99 anti-humaine et spiritualiste — celle qu’attaque Nietzsche dans Généalogie de la Morale — étant plutôt conforme à l’ordre religi
100sespérer l’espèce d’homme qui se hâte », écrivait Nietzsche. Nous dirions : Ne rien écrire d’autre que ce qui pourrait désespérer
101ris à nous méfier des maîtres. Je viens de nommer Nietzsche, — Nietzsche qui, le premier, substitua délibérément la notion de sty
102fier des maîtres. Je viens de nommer Nietzsche, — Nietzsche qui, le premier, substitua délibérément la notion de style à celle de
37 1937, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Pages inédites du Journal d’un intellectuel en chômage (octobre 1937)
103e volumes en l’espace de dix ans : Kierkegaard et Nietzsche. Le premier était riche et dépensait sans compter1. Le second était s
38 1937, Esprit, articles (1932–1962). Robert Briffaut, Europe (janvier 1937)
104tacle où Jaurès, Mussolini, Lénine, d’Annunzio et Nietzsche viennent faire de petits sketches non dénués d’à-propos, album de car
39 1937, Esprit, articles (1932–1962). Albert Thibaudet, Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours (mars 1937)
105ndes questions gisent dans la rue », comme disait Nietzsche. Nous disons « existence » (dure, naïve et banale) quand il parle d’é
106t de celle de Georges Sorel ? Et même de celle de Nietzsche, sans qui Gide et tant d’autres nous demeurent inexplicables ? Ceci
40 1937, Esprit, articles (1932–1962). Retour de Nietzsche (mai 1937)
107 Retour de Nietzsche (mai 1937)af Après la vague kierkegaardienne, qui marque un léger
108’est une facilité que les professeurs cultivent : Nietzsche précurseur du national-socialisme, ou « à quoi mène le mépris des val
109curseur de Hitler !) Mais on oublie peut-être que Nietzsche a condamné l’antisémitisme, raillé le nationalisme, dénoncé le social
110ernier numéro d’Acéphale, intitulé « Réparation à Nietzsche ». « Acéphale » est le signe de l’anti-étatisme radical, c’est-à-dire
111ation. Sur ce point, qui est central, l’accord de Nietzsche et de ses disciples avec le personnalisme paraît beaucoup plus facile
112anti-chrétienne — qui, assimilant selon un mot de Nietzsche « Dieu » à « la plus parfaite organisation de l’Univers », postule la
113athée. Mais si l’on veut parler, comme le faisait Nietzsche, de Dieu l’Éternel, première personne de la Trinité, je ne vois plus,
114arallèlement à de nombreuses études de revues sur Nietzsche : le Zarathoustra et la Volonté de Puissance 67. Beaucoup mieux tradu
115on, qui est le véritable message « religieux » de Nietzsche. Les notes et aphorismes traduits pour la première fois à la suite du
116onstitue la tension la plus féconde de l’œuvre de Nietzsche, on n’a rien écrit de meilleur que le livre de Karl Löwith : Nietzche
117ederkunft des Gleichen (Berlin, 1935, Die Runde). Nietzsche tente de surmonter le nihilisme européen (résultant de la « mort de D
41 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
118tre à Bâle : Jacob Burckhardt, Overbeck, le jeune Nietzsche. Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une assez belle cultur
42 1937, Foi et Vie, articles (1928–1977). Luther et la liberté (À propos du Traité du serf arbitre) (avril 1937)
119ou moi. Je dirai : moi. Dussé-je tuer Dieu, comme Nietzsche a proclamé qu’il avait fait. L. — Mais l’homme est « chair », et cet
120rsaires du christianisme dans les temps modernes, Nietzsche, aboutit à un dilemme qui me paraît correspondre, terme à terme, à ce
121 dois » des chrétiens, qui est prononcé par Dieu, Nietzsche oppose le « je veux » de l’homme divinisé. Puis, à l’existence de Die
122eraine, demeure entière. La différence, c’est que Nietzsche nous propose d’adorer un Destin muet, tandis que nous adorons une Pro
43 1937, Journal de Genève, articles (1926–1982). Condition de l’écrivain (II) : La grande misère de l’édition (22 février 1937)
123t l’Adolphe de Constant, ce serait bien court… Et Nietzsche ? Qui voudrait de ce Zarathoustra dont on vendit, lorsqu’il parut, 15
44 1937, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Luther contre Érasme (19 juin 1937)
124n simultanée de ses deux termes. Et l’on sait que Nietzsche lui-même aboutit à un paradoxe tout semblable à celui de Luther : la
125 comme telle. Mais cette nécessité s’appelle pour Nietzsche le fatum, la fatalité sans visage du Retour éternel de toutes choses.
45 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Pauvre province
126rent des « hommes debout », des hommes en marche. Nietzsche au-dessus de Gênes et sur les bords des lacs de l’Engadine, Kierkegaa
127il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito… » (Nietzsche, Le Gai Savoir, Pensée pour la nouvelle année.) 3 novembre 1934
46 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
128vres ou des enfants : aut liberi aut libri disait Nietzsche. Et Kierkegaard a raison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la
129 les vérités « cruelles » de l’esprit, dont parle Nietzsche. Mais si je sais que l’Apôtre a raison, et si je l’accepte, je consi
130e poison de l’ascèse idéaliste — et tout ce qu’un Nietzsche absurdement reproche à l’Évangile. C’est Éros, et non pas Agapè, qui
47 1938, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Trop d’irresponsables s’engagent ! (Responsabilité des intellectuels) (juin 1938)
131urs les plus violemment libres du xixᵉ siècle, un Nietzsche, un Kierkegaard, un Baudelaire78, ont été les plus violemment engagés
48 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Don Juan (juillet 1939)
132stinct. Aux sommets de l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ? Faut-il a
133itue un ordre neuf par le décret de sa rigueur. ⁂ Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
134’on ne l’a fait jusqu’à lui. Polémiste perpétuel, Nietzsche se trouve entièrement déterminé par le bon et le juste — contre eux.
135ndeur. Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
136haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
137 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image obscure, et à lui-même infiniment secrète, d’une Vér
138isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
139qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
140S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
141ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan doutent de leur grâce. Les voici donc contraints de gagne
49 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe de Tristan
142nent vénéneux comme les vérités mortes dont parle Nietzsche. 3.Actualité du mythe ; raisons de notre analyse Nul besoin d’a
50 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Les origines religieuses du mythe
143e à « expliquer » Dostoïevski par le haut mal, et Nietzsche par la syphilis. Curieuse manière de libérer l’esprit, qui se « ramèn
144de lui céder. (Ce paradoxe annonce l’amor fati de Nietzsche.) Quand Béroul limitait à trois ans l’action du philtre, et quand Tho
51 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe dans la littérature
145hopenhauer sur Wagner. Quoi qu’en aient pu penser Nietzsche, et Wagner lui-même, il me paraît que cette influence est fortement s
52 1939, L’Amour et l’Occident (1972). L’amour action, ou de la fidélité
146vres ou des enfants : aut liberi aut libri disait Nietzsche. Et Kierkegaard a raison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la
147 les vérités « cruelles » de l’esprit, dont parle Nietzsche. Mais si je sais que l’Apôtre a raison, et si je l’accepte, je consid
148l le poison de l’ascèse idéaliste — tout ce qu’un Nietzsche injustement reproche au christianisme. C’est Éros, et non pas Agapè,
53 1940, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). La bataille de la culture (janvier-février 1940)
149s du xixe siècle ! Il n’y eut que Kierkegaard et Nietzsche pour protester du fond de leur solitude. Kierkegaard qui osa écrire c
150istianisme dans un monde où règne la presse. » Et Nietzsche, de son côté, dénonçait la manie d’organiser et de centraliser en écr
151ataille. Entre l’esprit de lourdeur, comme disait Nietzsche, et les forces de création, la lutte sera toujours ouverte, tant qu’i
54 1940, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). L’heure sévère (juin 1940)
152tre un Burckhardt, un Kierkegaard, un Vinet ou un Nietzsche ? Rien, sinon leur mépris pour les idoles bourgeoises, et leur vision
153 un champ illimité aux dictatures collectivistes. Nietzsche ricane que le monde moderne est en train d’adopter « une morale de co
55 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
154siècle, Coppet, Bâle au temps de Burckhardt et de Nietzsche… Mais le centre vaudois s’est distingué par sa méfiance à l’égard des
56 1940, Mission ou démission de la Suisse. La bataille de la culture
155s du xixe siècle ! Il n’y eut que Kierkegaard et Nietzsche pour protester du fond de leur solitude15. Kierkegaard qui osa écrire
156istianisme dans un monde où règne la presse. » Et Nietzsche, de son côté, dénonçait la manie d’organiser et de centraliser en écr
157ataille. Entre l’esprit de lourdeur, comme disait Nietzsche, et les forces de création, la lutte sera toujours ouverte, tant qu’i
57 1940, Mission ou démission de la Suisse. Neutralité oblige, (1937)
158 : Jacob Burckhardt, Overbeck, Bachofen, le jeune Nietzsche, ami de Wagner… Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une ass
58 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
159noblement) à la tête. Car ainsi que le remarquait Nietzsche : « Ne trouve-t-on pas dans la tête ce qui unit les hommes — la compr
59 1942, La Part du Diable (1982). Le Bleu du Ciel
160ire, où l’Arbitre tricheur nous affole à plaisir. Nietzsche a bien vu que la philosophie de ce monde-là ne pouvait être que le ni
60 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Le silence de Goethe
161rétienne, plus tragique que l’époque romantique — Nietzsche plus chrétien que son idée du christianisme. Plus goethéenne aussi. M
61 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Kierkegaard
162vocation chrétienne. ⁂ On a comparé Kierkegaard à Nietzsche, à Dostoïevski, à Pascal. Lui-même ne s’est jamais comparé qu’aux gra
163ns. Ce qui est sûr, c’est qu’à la différence d’un Nietzsche même, personne ne parviendra jamais à « utiliser » Kierkegaard pour d
164 irrémédiable. Tous les autres, sauf Empédocle et Nietzsche, ont refusé de signer de leur sang le pacte qui lie le penseur à Méph
165 enfin parler avec ce sérieux infini dont le seul Nietzsche, dans notre ère, paraît avoir gardé le sens. Encore, le philosophe du
166e et comme un jugement de l’homme ; ainsi Pascal, Nietzsche, Dostoïevski. On pourrait en citer quelques autres. Qu’ont-ils donc d
62 1944, Les Personnes du drame. Liberté et fatum — Luther et la liberté de la personne
167ou Moi. Je dirai : moi. Dussé-je tuer Dieu, comme Nietzsche a proclamé qu’il l’avait fait. L. — Comment le temps tuerait-il l’éte
168peut tuer que l’idée fausse qu’elle s’en formait… Nietzsche l’a bien vu : ce n’est que le « Dieu moral » qui est passible de réfu
169rsaires du christianisme dans les temps modernes, Nietzsche, aboutit à un dilemme qui me paraît correspondre, terme à terme, à ce
170er et Paul posent ensemble à notre foi. C’est que Nietzsche a poussé comme Luther jusqu’aux extrêmes limites de l’homme, jusqu’au
171cale de la vie. Au « tu dois » prononcé par Dieu, Nietzsche oppose le « je veux » de l’homme divinisé. Puis à l’existence de Dieu
172eraine, demeure entière. La différence, c’est que Nietzsche nous propose d’adorer un Destin muet, tandis que Luther adore une Pro
63 1946, Combat, articles (1946–1950). Les intellectuels sont-ils responsables ? (5 juillet 1946)
173urs les plus violemment libres du xixᵉ siècle, un Nietzsche, un Kierkegaard, un Baudelaire1, ont été les plus violemment engagés
64 1947, Doctrine fabuleuse. Orientation
174couvre Don Juan dans le mouvement de la pensée de Nietzsche, le Supplice de Tantale dans un récit de Jean-Paul. De même nous appl
65 1947, Doctrine fabuleuse. Don Juan
175stinct. Aux sommets de l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ? Faut-il a
176n nouvel ordre, par décret de rigueur subversive. Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
177’on ne l’a fait jusqu’à lui. Polémiste perpétuel, Nietzsche se trouve entièrement déterminé par le bon et le juste — contre eux.
178deur ! Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
179haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
180 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image obscure, et à lui-même infiniment secrète, d’une Vér
181isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
182qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
183S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
184ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan doutent de leur grâce. Les voici donc contraints de gagne
66 1947, Vivre en Amérique. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
185rie (pays des enfants, ou Kinderland comme disait Nietzsche). Vous qui entrez, ne pensez plus, avec le proverbe latin, qu’il est
67 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
186par les polémiques de Feuerbach, d’Engels puis de Nietzsche, pratiquement appuyée dans le même temps et dans les masses élargies
187e, ne serait-ce pas ce « Kinderland » qu’appelait Nietzsche de ses vœux ? Ce n’est pas assez de donner des ancêtres à ses enfants
68 1953, Réforme, articles (1946–1980). « Les écrivains protestants » (11 avril 1953)
188 Fils de pasteur comme les trois sœurs Brontë, Nietzsche, Herman Hesse, Pearl Buck, Curzio Malaparte et tant d’écrivains scand
69 1955, Preuves, articles (1951–1968). L’aventure occidentale de l’homme : L’exploration de la matière (août 1955)
189es implications du christianisme. C’est ainsi que Nietzsche, le premier, a su décrire la différence fondamentale qui sépare la sc
70 1955, Preuves, articles (1951–1968). L’aventure technique (octobre 1955)
190 et qui n’a jamais rien inventé32. Finalement, de Nietzsche à Spengler, en passant par Scheler et Schubert, on nous a représenté
71 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — L’exploration de la matière
191es implications du christianisme. C’est ainsi que Nietzsche, le premier, a su décrire la différence fondamentale qui sépare la sc
72 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — L’aventure technique
192 et qui n’a jamais rien inventé68. Finalement, de Nietzsche à Spengler, en passant par Scheler et Schubart, on nous a représenté
73 1958, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Un essai de synthèse (mai 1958)
193e aux faits sociaux, tandis que Kierkegaard, puis Nietzsche, redécouvraient que les réalités religieuses et philosophiques n’exis
74 1958, Journal de Genève, articles (1926–1982). Hommage à Pasternak (31 octobre 1958)
194’ont osé. Pascal et Kierkegaard devant leur Dieu. Nietzsche au seuil du délire mental, Dostoïevski devant la potence, au petit ma
75 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur un patriotisme de la terre (mars 1958)
195que » incontestée. Mais la science est d’Europe — Nietzsche l’avait fort bien vu — comme tout ce qui la supplie de ne pas lancer
76 1958, Définition, valeurs, énergie, recherche : quatre essais européens (1958). Comment définir l’Europe ?
196rsaire du christianisme à la fin du xixe siècle, Nietzsche, ait été le premier à l’avoir vu : les sciences physiques n’ont été p
77 1959, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Luis Diez del Corral, El rapto de Europa (septembre 1959)
197 aux philosophes et historiens allemands — Hegel, Nietzsche, Meinecke, Max Weber, Spengler, Dilthey et Jaspers — mais aussi à Aug
78 1961, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La personne, l’ange et l’absolu, ou le dialogue Occident-Orient (avril 1961)
198kara. L’Occident découvre Zoroastre à la suite de Nietzsche, et publie les grands textes des mystiques soufis, mais l’Iran et l’A
199 de mort… Contre cet ascétisme non-transfigurant, Nietzsche n’écrit pas sans raison : « Il faut craindre celui qui se hait lui-mê
79 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (I) (avril 1961)
200ombre papillon fasciné par la flamme de Don Juan. Nietzsche a vécu plus seul encore, et guère moins chaste, mais toute son œuvre
201assion unique pour l’intériorité de la Vérité. Nietzsche et son ombre Deux vies dénuées. Deux célibataires maladifs, chaste
202dité sur l’amour, sur la femme et sur le mariage. Nietzsche en a certes moins longuement écrit que Kierkegaard, mais son œuvre n’
203mes. Il est remarquable que les contradictions de Nietzsche offrent un raccourci fidèle de celles de Kierkegaard, qui à leur tour
204ui-même ! Sur le mariage, par exemple, voici chez Nietzsche qui rappelle à la fois la « difficulté » initiale et la réponse du Ma
205ue plus qu’humain, le mariage est ici aux yeux de Nietzsche « une conception surhumaine qui élève l’homme ». Mais combien plus pr
206rsonnellement Kierkegaard en tant qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne
207qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne que Kierkegaard : Toutes les gran
208ion créatrice de la morale et de la civilisation, Nietzsche met tout l’accent non sur l’ascèse mais sur la maîtrise des instincts
209 que l’amour désintéressé ; mais dans l’esprit de Nietzsche, elle désigne déjà cette passion « noble » qui dès le xiie siècle a
210r et se déprimer physiquement et psychiquement !) Nietzsche en vient à découvrir qu’en réalité « la volonté de combattre la viole
211t. »114 Passage capital pour mon propos ! Ce que Nietzsche y appelle « instincts rivaux » se ramène en fait à deux possibilités
212e non nécessaire biologiquement). Et l’amour, que Nietzsche suggère comme un possible instinct rival, est la passion de l’âme par
213r grande polémique dans l’œuvre et dans la vie de Nietzsche.   « Par la musique, les passions jouissent d’elles-mêmes ». Il est
214nt d’elles-mêmes ». Il est curieux de relever que Nietzsche, comme Kierkegaard, commence sa carrière d’auteur par un ouvrage sur
215lie règne entre la musique et le drame parfait. » Nietzsche voit dans le mythe en général « le but réel de la science », s’il est
216ment.116 Sans les paroles et l’image scénique, Nietzsche imagine qu’il ne pourrait supporter l’audition du troisième acte de T
217 tout au moins, — et l’on veut dire : dans ce que Nietzsche exprime consciemment — Tristan s’est évanoui et Don Juan domine tout.
218mblé de Cosima… — loin du Nord désormais détesté, Nietzsche vit à Gênes, et il écrit Aurore. « Presque chaque phrase de ce livre
219 Et que peut enseigner cette Carmen de Bizet, que Nietzsche opposera « comme une antithèse ironique » au marécage, à la magie, à
220 a plus. Le donjuanisme érotique n’est guère pour Nietzsche qu’une image, voire un argument polémique, mais c’est lui-même, en ta
221 manquer de réveiller dans la mémoire musicale de Nietzsche les motifs tristaniens du Désir, de l’Invocation à la Nuit, de la Dél
222t « cloue » le Don Juan de la connaissance. C’est Nietzsche lui-même, qui tend la main au Commandeur — à l’Éternel Revenant, au P
223ne façon de l’éterniser en soi-même. »   Le « cas Nietzsche » n’a pas été tranché par la folie. Et personne n’en a mieux formulé
224 Et personne n’en a mieux formulé les données que Nietzsche lui-même. Le dernier aphorisme d’Aurore se termine ainsi : Où voulo
225Ou bien, mes frères, ou bien ? — Dans Ecce Homo, Nietzsche commente : Ce livre se termine par un « Ou bien ? » — c’est le seul
226istan de la Foi. Était-ce vraiment la destinée de Nietzsche « d’échouer devant l’infini » ? Ou au contraire son choix délibéré ?
80 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (II) (mai 1961)
227t temporaire de la « noble » passion dont parlait Nietzsche, pendant le siècle des Lumières. Comme on voit, en fermant les yeux,
228s une vie. (Je songe par exemple au choc reçu par Nietzsche à l’annonce de la mort de Wagner : le motif de Tristan reparaît peu a
229nt à l’invincible ordre des Assassins, — écrivait Nietzsche en humeur donjuanesque — ils obtinrent, je ne sais par quelle voie, q
230béissance au vérifiable. Pourtant, la liberté que Nietzsche veut aimer cessera vite d’être désirable quand il aura tué la vérité
231ême : pas de « vraie » liberté sans vérité. Comme Nietzsche l’indique — pour l’oublier tout aussitôt lorsqu’il attaque l’esprit c
81 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Don Juan
232stinct. Aux sommets de l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ! faut-il a
233n nouvel ordre, par décret de rigueur subversive. Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
234deur ! Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
235haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
236 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image obscure, et à lui-même infiniment secrète, d’une Vér
237isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
238qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
239S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
240ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan doutent de leur grâce. Les voici donc contraints de gagne
82 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
241ombre papillon fasciné par la flamme de Don Juan. Nietzsche a vécu plus seul encore, et guère moins chaste, mais toute son œuvre
242on unique pour l’intériorité de la Vérité. III.Nietzsche et son ombre Deux vies dénuées. Deux célibataires maladifs, chaste
243dité sur l’amour, sur la femme et sur le mariage. Nietzsche en a, certes, moins longuement écrit que Kierkegaard, mais son œuvre
244mes. Il est remarquable que les contradictions de Nietzsche offrent un raccourci fidèle de celles de Kierkegaard, qui à leur tour
245ui-même ! Sur le mariage, par exemple, voici chez Nietzsche qui rappelle à la fois la « difficulté » initiale et la réponse du Ma
246ue plus qu’humain, le mariage est ici aux yeux de Nietzsche « une conception surhumaine qui élève l’homme. » Mais combien plus pr
247rsonnellement Kierkegaard en tant qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne
248qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne que Kierkegaard : « Toutes les gra
249ion créatrice de la morale et de la civilisation, Nietzsche met tout l’accent non sur l’ascèse, mais sur la maîtrise des instinct
250 que l’amour désintéressé ; mais dans l’esprit de Nietzsche, elle désigne déjà cette passion « noble » qui dès le xiie siècle a
251ir et se déprimer physiquement et psychiquement), Nietzsche en vient à découvrir qu’en réalité « la volonté de combattre la viole
252nct.40 Passage capital pour mon propos ! Ce que Nietzsche y appelle « instincts rivaux » se ramène en fait à deux possibilités
253e non-nécessaire biologiquement). Et l’amour, que Nietzsche suggère comme un possible instinct rival, est la passion de l’âme par
254r grande polémique dans l’œuvre et dans la vie de Nietzsche. ⁂ « Par la musique, les passions jouissent d’elles-mêmes. » Il est c
255nt d’elles-mêmes. » Il est curieux de relever que Nietzsche, comme Kierkegaard, commence sa carrière d’auteur par un ouvrage sur
256lie règne entre la musique et le drame parfait. » Nietzsche voit dans le mythe en général « le but réel de la science », s’il est
257lement.42 Sans les paroles et l’image scénique, Nietzsche imagine qu’il ne pourrait supporter l’audition du troisième acte de T
258 tout au moins, — et l’on veut dire : dans ce que Nietzsche exprime consciemment — Tristan s’est évanoui et Don Juan domine tout.
259mblé de Cosima… — loin du Nord désormais détesté, Nietzsche vit à Gênes, et il écrit Aurore. « Presque chaque phrase de ce livre
260 Et que peut enseigner cette Carmen de Bizet, que Nietzsche opposera « comme une antithèse ironique » au marécage, à la magie, à
261a plus. Le don-juanisme érotique n’est guère pour Nietzsche qu’une image, voire un argument polémique, mais c’est lui-même, en ta
262on n’a pu manquer de réveiller dans la mémoire de Nietzsche les motifs tristaniens du Désir, de l’Invocation à la Nuit, de la Dél
263t « cloue » le Don Juan de la connaissance. C’est Nietzsche lui-même qui tend la main au Commandeur — à l’Éternel Revenant, au Pè
264ne façon de l’éterniser en soi-même ». ⁂ Le « cas Nietzsche » n’a pas été tranché par la folie. Et personne n’en a mieux formulé
265 Et personne n’en a mieux formulé les données que Nietzsche lui-même. Le dernier aphorisme d’Aurore se termine ainsi : Où voulon
266? Ou bien, mes frères, ou bien ? Dans Ecce Homo, Nietzsche commente : « Ce livre se termine par un « Ou bien ? » — c’est le seul
267istan de la Foi. Était-ce vraiment la destinée de Nietzsche « d’échouer devant l’infini » ? Ou au contraire son choix délibéré ?
268t temporaire de la « noble » passion dont parlait Nietzsche, pendant le siècle des lumières. « Comme on voit, en fermant les yeux
269s une vie. (Je songe par exemple au choc reçu par Nietzsche à l’annonce de la mort de Wagner : le motif de Tristan reparaît peu a
270nt à l’invincible ordre des Assassins, — écrivait Nietzsche en humeur donjuanesque — … ils obtinrent, je ne sais par quelle voie,
271béissance au vérifiable. Pourtant, la liberté que Nietzsche veut aimer cessera vite d’être désirable quand il aura tué la vérité
272ême : pas de « vraie » liberté sans vérité. Comme Nietzsche l’indique — pour l’oublier tout aussitôt lorsqu’il attaque l’esprit c
83 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
273nt, sur ce mot d’âme. Je le prends ici au sens de Nietzsche, et de Gide lui-même dans sa maturité. Selon la conception traditionn
274corps mental ou spirituel. Le psychique est, pour Nietzsche, « l’âme mortelle… l’âme coordonnatrice des instincts et passions ».
275ra bien autant que notre Occident et ses mythes ? Nietzsche se vantait d’avoir écrit le seul ouvrage au monde qui se termine par
84 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Deuxième partie — La personne, l’ange et l’absolu ou Le dialogue Occident-Orient
276kara. L’Occident découvre Zoroastre à la suite de Nietzsche, et publie les grands textes des mystiques soufis, mais l’Iran, l’Ara
277 de mort… Contre cet ascétisme non-transfigurant, Nietzsche n’écrit pas sans raison : « Il faut craindre celui qui se hait lui-mê
85 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914) — De l’harmonie entre les nations libérées à l’anarchie des États souverains
278ution de l’idéal européen, de Ranke à Renan et de Nietzsche à Sorel, aboutiront à une série de prophéties uniformément pessimiste
86 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914) — Un idéal de compensation : les États-Unis d’Europe
279tateur doublé d’un démagogue, admiré par le jeune Nietzsche qu’un hasard le fait rencontrer en 1871 au sommet du Gothard — lieu s
87 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914) — Un problème séculaire : la Russie et l’Europe
280 des Russes par la passion spirituelle, annonçant Nietzsche (qui venait de le découvrir, lorsqu’il sombra dans la démence), Soere
88 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914) — De l’historisme au pessimisme
281qu’on ne saurait attendre des prophètes inspirés. Nietzsche l’excessif n’a cessé de rechercher l’amitié de Burckhardt le mesuré.
282e de Zarathoustra. Au moment de sombrer, à Turin, Nietzsche envoie deux dépêches suprêmes : l’une à Cosima Wagner (« Ariane je t’
283 l’humanité »… Cette incidente (qui fait penser à Nietzsche) trahit le pessimisme irrépressible de l’historien de la civilisation
284sociale et culturelle. Tout est contradictoire en Nietzsche, y compris sa passion pour l’Europe, pourtant constante, mais qui le
285née à régner sur l’Europe », — et c’est là, écrit Nietzsche, « la question qui me tient le plus à cœur au seuil du problème europ
286rs maladies de l’esprit affectent l’Europe, selon Nietzsche. Tout d’abord le nationalisme, déguisé en patriotisme « jovial et sol
287ne la pensée européenne du siècle. La position de Nietzsche devant l’historisme est nécessairement ambiguë, car sa vision de l’Eu
288e ? Dans la préface à Par delà le bien et le mal, Nietzsche répond par un « peut-être » (en pensant aux tensions fécondes dont l’
89 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Europe en question : de Spengler à Ortega — « Tout s’est senti périr »
289dictoires (et les mieux dénoncés par Renan et par Nietzsche) d’un nationalisme scolaire. Le problème des colonies ne fut pas posé
290e au xxe siècle. Ses deux maîtres sont Goethe et Nietzsche. Au premier, il emprunte (abusivement peut-être) une théorie organici
90 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Europe en question : de Spengler à Ortega — Crépuscule ou nouvelle aurore ?
291’est poursuivie avec Goethe, Taine, Renan, Liszt, Nietzsche, Romain Rolland, André Gide. Ai-je besoin de dire si ce mouvement a é
292e, selon l’ordre du temps. Ainsi traduit le jeune Nietzsche, dans son essai terminé en 1873 et intitulé La philosophie à l’époque
293lle nos représentations actuelles de l’Histoire ? Nietzsche, de la philosophie duquel Spengler a déduit, par une grossière incomp
91 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des fédérations. De l’Unité de culture à l’union politique
294C’est Karl Jaspers qui l’a mis en lumière d’après Nietzsche279 : La passion pour la science appartient en propre à l’Europe, aut
92 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. Appendice. Manifestes pour l’union européenne, (de 1922 à 1960)
295s, l’Abbé de Saint-Pierre, Kant, Mazzini, Hugo et Nietzsche décoraient la tribune. Encouragé par cette action, Aristide Briand, a
93 1962, Les Chances de l’Europe. I. L’aventure mondiale des Européens
296e en dérive, comme l’a montré Jaspers, commentant Nietzsche7 (ce très lucide anti-chrétien) et nos principes politiques en dérive
94 1962, Les Chances de l’Europe. III. L’Europe s’unit
297esquieu, Rousseau et Saint-Simon, et de Leibniz à Nietzsche en passant par Kant. Pour tous ces hommes, et pour des centaines d’au
298, mais aussi Dostoïevski, Ernest Renan mais aussi Nietzsche, prédisent le pire. Nietzsche écrit dans la Volonté de Puissance : « 
299st Renan mais aussi Nietzsche, prédisent le pire. Nietzsche écrit dans la Volonté de Puissance : « Un peu d’air pur ! Il ne faut
95 1963, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). L’éloge, l’élan, l’amour, le monde ouvert à ceux qui s’ouvrent, cela existe… (2-3 février 1963)
300es, cela existe aussi, qui vous retient ? Écoutez Nietzsche : « Je veux que tu me dises ta pensée maîtresse, et non que tu t’es é
96 1963, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Mais qui est donc Denis de Rougemont (7 novembre 1963)
301t une idée un peu scolaire. Comment définirait-on Nietzsche ou Kierkegaard ? Si l’on veut absolument coller une étiquette, disons
97 1965, Fédéralisme culturel (1965). II. « Devenons nous-mêmes ! »
302e formule d’origine grecque, et si goethéenne, de Nietzsche : Werde, was du bist ! Deviens ce que tu es. Avec quoi nous passons a
98 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
303ieri autant que des artistes, et toute l’œuvre de Nietzsche, son fervent disciple et jeune collègue de faculté, est marquée par c
304r une sorte de lyrisme de la fatalité qu’eût aimé Nietzsche. (Je pense à quelques admirables lacs de Silvaplana ou de Sils-Maria,
305les lacs de Silvaplana ou de Sils-Maria, lieux où Nietzsche conçut en un éclair l’idée du Retour éternel.) Toute la carrière d’Ho
306 dans son sein un créateur de haut rang. Loué par Nietzsche et par Jacob Burckhardt, et plus tard par Romain Rolland qui l’égalai
99 1968, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). L’écrivain et l’événement (7-8 septembre 1968)
307à l’Apocalypse, d’Eschyle à Dante, de Hölderlin à Nietzsche et à Rimbaud, mais c’est aussi toute l’imagination de la « vraie vie 
100 1969, La Revue de Paris, articles (1937–1969). L’avenir du fédéralisme (septembre 1969)
308ux esprits dialectiques, à Pascal, Kierkegaard ou Nietzsche, et aux doctrinaires politiques comme Rousseau, Tocqueville et Proudh