1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1 » — Et puis plus tard on encadre les lettres des amants, on propose le couple à l’admiration des écoliers en promenade, et le
2 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
2 ce qu’on aime, et les victorieux sont d’immenses amants »6. Mais envers les taureaux cet amour tourne en adoration ou en une
3 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
3e rêves, la misère qui fait des soirs si doux aux amants quand ils n’ont plus que des baisers au goût d’adieu, et l’avenir où
4 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — La Tour de Hölderlin
4 » — Et puis plus tard on encadre les lettres des amants, on propose le couple à l’admiration des écoliers en promenade, et le
5 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
5t une anxiété dans l’entourage (ou le public) : l’amant comblé va-t-il encore aimer cette Iseut une fois épousée ? Une nostal
6cela signifie, une fois de plus, que le mythe des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est
6 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
7qui a reconnu dans sa femme une Iseut ? Lorsque l’amant de la légende manichéenne a traversé les grandes épreuves d’initiatio
7 1939, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Non, Tristan et Iseut ne s’aiment pas, nous dit Denis de Rougemont (12 février 1939)
8avec preuves à l’appui, que Tristan et Yseut, les amants légendaires, les héros de la passion, ne s’aimaient pas ? — Quand j’a
9e fois ce fameux triangle, le mari, la femme et l’amant, qui est le sujet essentiel de toute la littérature occidentale, n’a
8 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe de Tristan
10la forme de l’adultère. Et j’entends bien que les amants invoqueront tous les cas d’exception, mais la statistique est cruelle
11 de la Nuit ; dresser cette figure de la Mort des Amants qu’exalte l’angoissant et vampirique crescendo du second acte de Wagn
12ne, complice des barons, cherche à surprendre les amants et leur tend un piège. Entre le lit de Tristan et celui de la reine,
13 lui rendre sa femme. Marc promet son pardon. Les amants se séparent à l’approche du cortège royal. Iseut supplie encore Trist
14stant, monte au château, embrasse le corps de son amant, et meurt. 5.Énigmes Résumé de la sorte, et tout « charme » dét
15u’il est lié par la fidélité du chevalier ; — les amants se séparent, au terme des trois années dans la forêt, parce que le ph
16e de chasteté entre les corps dans la forêt ? Les amants ont déjà péché ; ils refusent de se repentir, à ce moment-là ; enfin
17a passion, pour ce qui empêche le « bonheur » des amants, les sépare et les martyrise ? Répondre : ainsi le veut l’amour court
18démon de l’amour courtois qui inspire au cœur des amants les ruses d’où naît leur souffrance, c’est le démon même du roman tel
19t le vrai sujet de la légende ? La séparation des amants ? Oui, mais au nom de la passion, et pour l’amour de l’amour même qui
20s Valéry.) Rien d’humain ne paraît rapprocher nos amants, bien au contraire. Lors de leur première rencontre, ils n’ont que de
21s de la légende, ce sont les deux visites que les amants font à l’ermite Ogrin. La première fois, c’est pour se confesser. Mai
22rer leur pardon… En vérité, comme tous les grands amants, ils se sentent ravis « par-delà le bien et le mal », dans une sorte
23 naissante n’est pas du tout d’unir davantage les amants, mais au contraire de leur montrer qu’ils ont tout intérêt à se quitt
24 suite, et bien que le philtre n’agisse plus, les amants seront repris par la passion, jusqu’au point qu’ils en perdront la vi
25 opportunes du sort qui s’opposent au bonheur des amants. Mais comment l’expliquer lui-même, dans sa profonde ambiguïté ? Tout
26is bien plutôt de son absence ! La séparation des amants résulte ainsi de leur passion même, et de l’amour qu’ils portent à le
27ipe les séparations et les revoirs successifs des amants9. Or les causes de séparation sont de deux sortes : circonstances ext
28 sont les circonstances sociales qui menacent les amants (présence de Marc, méfiance des barons, jugement de Dieu, etc.), Tris
29 elle nous met sur la trace du dessein secret des amants : leur recherche du péril pour lui-même. Mais tant que le péril n’est
30e rien d’extérieur à eux-mêmes ne sépare plus les amants. C’est même l’inverse qui se produit alors : l’épée nue déposée par T
31s le fait voir. Quand le roi vient surprendre les amants, l’on se rappelle qu’il substitue son arme à celle de son rival. Cela
32 qu’à l’obstacle désiré et librement créé par les amants, il substitue le signe de son pouvoir social, l’obstacle légal, objec
33le fist. » Sans le mari, il ne resterait aux deux amants qu’à se marier. Or on ne conçoit pas que Tristan puisse jamais épouse
34rûlure demeure inoubliable, et c’est elle que les amants veulent prolonger et renouveler à l’infini. D’où les périls nouveaux
35, pour empêcher Tristan de se dédire. C’est que l’amant pressent, dans cette nouvelle épreuve qu’il s’impose, l’occasion d’un
36à une fatalité interne, librement assumée par les amants. C’est le rachat de leur destin qu’ils accomplissent en mourant par a
37ou de la périlleuse chasteté. Sans le savoir, les amants malgré eux n’ont jamais désiré que la mort ! Sans le savoir, en se tr
38de la passion. C’est ce qui permet aux malheureux amants de dire : « Vous voyez que je n’y suis pour rien, vous voyez que c’es
39bée. Considérez notre littérature. Le bonheur des amants ne nous émeut que par l’attente du malheur qui le guette. Il y faut c
40res mais qui les précipitent au même vertige, les amants ne pourront se rejoindre qu’à l’instant qui les prive à jamais de tou
9 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Les origines religieuses du mythe
41transport de l’âme, folie et suprême raison. Et l’amant est auprès de l’être aimé « comme dans le ciel », car l’amour est la
42e cité) qui veut retenir dans la sombre matière l’amant en proie au lumineux Désir. Tel est le combat de l’amour sexuel et de
43te beauté même n’est que l’attribut conféré par l’amant à l’objet de son choix d’amour. L’expérience quotidienne montre bien
44i déposait un baiser sur le front. Désormais, ces amants seront liés par les lois de la cortezia : le secret, la patience, et
45de cette école donnent une idée : le Familier des Amants, le Roman des Sept Beautés… Il y a plus. À l’occasion de ces traités
46 détails il se poursuit. a) Sohrawardi nomme les amants des Frères de la Vérité, « appellation s’adressant à des amants mysti
47res de la Vérité, « appellation s’adressant à des amants mystiques qui s’entendent dans une idéalisation, commune » et fondent
48n, chap. VIII du Livre Ier ). c) Le Familier des Amants est construit sur l’allégorie du « Château de l’Âme » et de ses diffé
49 doigt que nous avons déjà teint dans le sang des amants. » De plus, les indiscrets sont soupçonnés d’intentions mauvaises : c
50entions mauvaises : ce sont eux qui dénoncent les amants à l’autorité orthodoxe, c’est-à-dire qui révèlent à la censure dogmat
51 tentent de s’en débarrasser en affirmant que les amants du xiie siècle tenaient énormément au secret de leurs liaisons (ce q
52aisons (ce qui les distinguerait, sans doute, des amants de tous les autres siècles ?). g) Enfin, la louange de la mort d’amo
53our les mystiques arabes le symbole du plus grand Amant, puisqu’en exprimant le désir de voir Dieu sur le Sinaï, il exprima l
54, en mêlant la vérité au mensonge, corrompent les amants, les femmes et les époux. Ils vous disent qu’Amour va de travers, et
55oureusement rachetée par une longue pénitence des amants. C’est pourquoi le roman finit « bien » — au sens de la mystique cath
56’idylle tragique de Diarmaid et Grainne, les deux amants se sauvent dans la forêt où le mari les poursuit. Dans Bailé et Ailli
57st la volonté secrète, mais infaillible, des deux amants mystiques. Dans les légendes celtiques, c’est l’élément épique qui co
58us en reste près de 19 000 vers, mais la mort des amants, quoique annoncée, ne fut jamais écrite — est à la fois plus religieu
59ue au Christ, s’opère le sacrement courtois : les amants « communient » dans la passion. En lieu et place du miracle eucharist
60l’esprit en unité transcendantale. Et ce sont les amants, non les croyants, qui vont être divinisés par la « consommation » (s
10 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Passion et mystique
61 que cette fatalité joue le rôle d’un alibi : les amants ne se veulent responsables de rien, leur passion étant inavouable tan
62ominante — celle qui s’épanouira dans la mort des amants. Reprenons par exemple le récit de l’« aspre vie » dans la forêt de M
63it saint Jean de la Croix ? « Éloigne les choses, amant ! — Ma voie est fuite. » Et Thérèse d’Avila disait, plusieurs siècles
64trice. Nous avons vu que les séparations des deux amants, dans le Roman, répondent à une nécessité tout intérieure de la passi
65contre de celui qui souffre pour son Dieu, et des amants qui souffrent pour un autre Amour… Ils se repentent (c’est la premièr
66le roi s’approche avec son cortège de barons, les amants échangent l’anneau de l’éternelle fidélité et du secret. La soumissio
67e, il aboutit à le sanctifier par le mariage. Les amants mystiques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non
68nt parlent Eckhart et saint Jean de la Croix. Les amants se plaignent parfois de leur passion et maudissent le poison fatal, c
69ême prière en feignant de l’adresser à sa Dame. L’amant habitué aux métaphores mystiques, qu’il entend à leur sens profane, s
70nte Thérèse n’ignore rien, et qu’au contraire les amants « passionnés » sont sans doute des mystiques qui s’ignorent… Ainsi le
11 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe dans la littérature
71ais un raffinement de l’esprit, qui doit amener l’amant à mériter le don. Au contraire, pour Jean de Meung, qui terminera le
72 te souvient-il pas que c’est là le privilège des amants déliés de toutes les qualités de l’homme135 ? ⁂ Puis il y eut cette
73scurité plus profonde que jamais, la tragédie des Amants de Vérone, c’est le voile un instant déchiré, ne laissant au souvenir
74e le monstre maigre te conserve Ici pour être ton amant dans la ténèbre ? Par crainte de cela je demeure avec toi Et plus jam
75e à des jeux de pénombre. Entre le corps des deux amants plus d’épée nue, mais la houlette dorée de Céladon ornée d’une faveur
76e, selon l’oracle, que par la mort du plus fidèle amant et de la plus fidèle amante. (Thème de Tristan : c’est le rachat de l
77 Place Royale, comédie fort désobligeante. Alidor amant d’Angélique, et aimé d’elle, « se trouve incommodé d’un amour qui l’a
78 bonheur qui serait fatal au repos de cet étrange amant ? Et le malheur d’être trahi par Angélique le guérirait de son amour 
79 un « roi Marc » à ce jeu. C’est la situation des amants au terme des trois ans passés dans la forêt. Tristan avait le recours
80yez comme il est habile : Cléandre Vit-on jamais amant de la sorte enflammé Qui se tînt malheureux pour être trop aimé ? Ali
81cette croyance donne au drame et aux épreuves des amants une justification grandiose. S’ils aiment l’obstacle et le tourment q
82ontre le mari trompé ; elle n’est jamais avec les amants incestueux. Ensuite, Racine se punit par personnes interposées en ref
83IIe partie, lettre XVIII), analysant le passé des amants : on ne saurait dépister avec plus de rigueur, quoique féminine, les
84état d’âme sentimental — et non mystique153 — des amants de la Nouvelle Héloïse que le romantisme va tâcher de rejoindre une m
85rétextes » traditionnels à la séparation des deux amants : du Lys dans la vallée (le plus naïf) jusqu’à Adolphe (le plus lucid
86cial, ou la vertu, ou le secret mélancolique de l’amant, ou quelque scrupule religieux, enfin le narcissisme avoué… Intériori
87s formes. Tous les obstacles surmontés, quand les amants sont seuls enveloppés de ténèbres, c’est le désir charnel qui les sép
88dans le monde le temps ; de même que la faute des amants légendaires contre les lois de l’amour chaste transforme l’hymne des
89t traduire à ma vue le sens profond de l’exil des amants dans l’extase. Par ce qu’il a d’artificiel, de trop violent, cet écla
12 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Amour et guerre
90ssentie, mais bien d’un minutieux parallélisme. L’amant fait le siège de sa Dame. Il livre d’amoureux assauts à sa vertu. Il
91 inversion bien typique de la courtoisie, c’est l’amant qui sera son prisonnier en même temps que son vainqueur. Il deviendra
92 en son fond un narcissisme, auto-exaltation de l’amant, bien plus que relation avec l’aimée. Ce que désire Tristan, c’est la
93a guerre ; non plus que dans l’amour-passion, les amants ne disent : je veux la mort. Seulement, tout ce que l’on fait prépare
13 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe contre le mariage
94t une anxiété dans l’entourage (ou le public) : l’amant comblé va-t-il encore aimer cette Iseut une fois épousée ? Une nostal
95cela signifie, une fois de plus, que le mythe des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est
14 1939, L’Amour et l’Occident (1972). L’amour action, ou de la fidélité
96qui a reconnu dans sa femme une Iseut ? Lorsque l’amant de la légende manichéenne a traversé les grandes épreuves d’initiatio
15 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
97ides, rival de son oncle Markh, le roi-cheval, et amant d’Essylt, dont on a pu supposer que le nom signifiait « spectacle mys
98tan, fils de Tallwch, gardien des porcs de Markh, amant d’Essylt. » (C’est dans une énumération des amants fameux de la Breta
99amant d’Essylt. » (C’est dans une énumération des amants fameux de la Bretagne.) On a voulu voir également dans la rivalité de
100 peut étendre ses droits entre mari et femme. Les amants s’accordent toute chose réciproquement et gratuitement, sans aucune o
101n : Jugement de la reine Eléonore : Demande. Un amant heureux avait demandé à sa dame la permission d’offrir ses hommages à
102ne Éléonore. Telle est la nature de l’amour : les amants feignent souvent de souhaiter d’autres nœuds, pour s’assurer davantag
103ce de la personne aimée. C’est léser le droit des amants que de refuser, sous un prétexte semblable, ses embrassements ou sa t
104sse, hormis le cas où il y aurait certitude que l’amant eût manqué à ses devoirs et à la foi promise. Or on n’a pas oublié q
105 ou moins. Quant aux rapports entre la femme et l’amant on dit : « It is romance » ; mais Daj n’a pas trouvé le verbe avec le
106rtes : « la pureté de l’amour courtois sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les unit ». Mais il faut voir
107ur mystique les unit ». Mais il faut voir que les amants courtois ne sont séparés sur la terre qu’en vertu de cet amour mystiq
108e foudre » et conversion Le premier regard des amants, qui va changer toute leur vie, correspond à la première touche de l’
109ried de Strasbourg, la grotte où se réfugient les amants (correspondant à la Forêt de Morrois chez Béroul) est décrite en déta
16 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
110derniers instants, de Tristan et d’Isolde, ou des amants de Vérone. La contradiction torturante que souffre l’infini désir, sé
111 Je mets en fait qu’il n’y a guère plus de grands amants que de vrais mystiques, la passion étant au sentimentalisme normal ce
112incère… Mais il en fait, hélas, une théorie. Tout amant romantique parle ici comme une femme, s’il n’est plus maîtrisé par l’
17 1947, Doctrine fabuleuse. Angérone
113 soirs, aubes, passages.) L’ivresse naissante des amants, c’est le silence qui s’établit entre eux. L’approche des yeux, dès q
114t l’approche du viol de l’interdit qui impose aux amants leur silence, fascination de l’horreur sacrée, attirance de l’effroi
115ndis que le plaisir est solitaire, instant où les amants sont le plus séparés, arrachés, retirés en soi. Le plaisir est la fin
18 1947, Doctrine fabuleuse. Contribution à l’étude du coup de foudre
116t des officiants… Tout se passe comme si les deux amants se trouvaient désignés non par un sort aveugle, mais au contraire par
19 1947, Vivre en Amérique. Vie privée
117eaux romans d’amour. Les obstacles au bonheur des amants, indispensables au développement d’une grande passion, sont à ses yeu
20 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
118e sera tantôt un révolutionnaire ou un apôtre, un amant passionné ou un mystique, un polémiste ou un guerrier, un maniaque ou
21 1955, Preuves, articles (1951–1968). Le Château aventureux : Passion, Révolution, Nation (mai 1955)
119alutaire, mais dans la catastrophe de la mort des amants. « Viens, douce mort », chante l’âme apaisée au plus pur des chorals
120oif n’attendait rien de moins. Mais semblable aux amants tragiques de la légende, avec ce philtre enthousiasmant qui annule le
22 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Première partie. La Voie et l’Aventure — Où les voies se séparent
121l’auteur de cette phrase : « Écarte les choses, ô Amant, ta voie est fuite » ? De quelle yana bouddhique relève celui qui a d
23 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — Le Château aventureux
122alutaire, mais dans la catastrophe de la mort des amants. « Viens, douce mort », chante l’âme apaisée au plus pur des chorals
123oif n’attendait rien de moins. Mais semblable aux amants tragiques de la légende, avec ce philtre enthousiasmant qui annule le
24 1959, Preuves, articles (1951–1968). Nouvelles métamorphoses de Tristan (février 1959)
124lita de Vladimir Nabokov, s’intitule « Le dernier amant ». Et l’héroïne de L’Homme sans qualités de Robert Musil, dit à plusi
125es, du coup de foudre initial jusqu’à la mort des amants séparés, conséquence d’un amour interdit qui les exile de la communau
126l’Éros, et il le dit75. Comme dans Tristan, « les amants fuient le monde et lui, eux ». Enfin, comme dans Tristan, ils meurent
127sions du xiie siècle et dans Wagner, la Mort des Amants légendaires. C’est qu’en réalité, H. H. et Lolita n’ont jamais connu
128actère spectral si fascinant. C’est pourquoi les amants passionnés en viennent toujours à invoquer le mythe platonicien des d
129n, entrelacés et enlacés à l’indicible comme deux amants qui, l’instant d’après, se précipiteront dans le vide. Ils se précipi
130uite à écrire — Musil transpose ici l’épisode des amants légendaires bannis dans la Forêt du Morois : le philtre ayant cessé d
131forêt, le second mariage, la dernière réunion des amants dans la mort… Il n’y a qu’un seul roman dans nos littératures ! Une s
132ut l’inaccessible. Cet état dans lequel les vrais amants, poètes, mystiques et créateurs, voudraient se maintenir une fois qu’
25 1961, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La personne, l’ange et l’absolu, ou le dialogue Occident-Orient (avril 1961)
133chaque être aimé se manifeste au regard de chaque amant… car il est impossible d’aimer un être sans se représenter en lui la
134 qui ? « Ibn ’Arabî observe que les plus parfaits amants mystiques sont ceux qui aiment Dieu simultanément pour lui-même et po
135rel, possessif — mais une virtualité divine que l’amant « imagine » (dont il devine l’Image) et qu’il tend à faire exister da
136n ’Arabî ne cesse de gagner en profondeur : que l’amant tende à contempler l’être aimé, à s’unir en lui, à en perpétuer la pr
137e pas pour avoir désiré l’amour de l’Ange que les amants de la Forêt du Morois en viennent à découvrir que c’est leur passion
138’amour, on le pense bien.) « Écarte les choses, ô amant, ta voie est fuite ! » s’écriait saint Jean de la Croix. Écarte le pr
139ie en lui, mais qu’en même temps le vrai moi de l’amant s’y découvre, autrement éclairé, et par là subtilement changé, un peu
26 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (I) (avril 1961)
140e, et les penseurs qui en manquent sont comme des amants sans passion, c’est-à-dire de piètres partenaires. Mais le paroxysme
141’est lui-même, en tant que philosophe, en tant qu’amant de la « Sagesse » qui se croit devenu Don Juan, et qui se définit com
142e ; — oui, peut-être sommes-nous, nous aussi, des amants malheureux. La connaissance s’est transformée chez nous en passion qu
27 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (II) (mai 1961)
143mpératrice Théodora faisait tuer avant l’aube ses amants d’une nuit. Tristan veut au contraire l’éternité, car il veut échappe
144attachements terrestres, — elle veut ce ciel où l’amant et l’aimée se confondent en un seul être, dans le règne sans fin de l
28 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Nouvelles métamorphoses de Tristan
145lita de Vladimir Nabokov, s’intitule « Le dernier amant ». Et l’héroïne de L’Homme sans qualités de Robert Musil, dit à plusi
146es, du coup de foudre initial jusqu’à la mort des amants séparés, conséquence d’un amour interdit qui les exile de la communau
147l’Éros, et il le dit19. Comme dans Tristan, « les amants fuient le monde et lui, eux ». Enfin, comme dans Tristan, ils meurent
148sions du xiie siècle et dans Wagner, la Mort des Amants légendaires. C’est qu’en réalité, H. H. et Lolita n’ont jamais connu
149actère spectral si fascinant. C’est pourquoi les amants passionnés en viennent toujours à invoquer le mythe platonicien des d
150n, entrelacés et enlacés à l’indicible comme deux amants qui, l’instant d’après, se précipiteront dans le vide. Ils se précipi
151uite à écrire — Musil transpose ici l’épisode des amants légendaires bannis dans la Forêt du Morois : le philtre ayant cessé d
152forêt, le second mariage, la dernière réunion des amants dans la mort… Il n’y a qu’un seul roman dans nos littératures ! Une s
153ut l’inaccessible. Cet état dans lequel les vrais amants, poètes, mystiques et créateurs, voudraient se maintenir une fois qu’
29 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
154e, et les penseurs qui en manquent sont comme des amants sans passion, c’est-à-dire de piètres partenaires. Mais le paroxysme
155’est lui-même, en tant que philosophe, en tant qu’amant de la « Sagesse », qui se croit devenu Don Juan, et qui se définit co
156e ; — oui, peut-être sommes-nous, nous aussi, des amants malheureux. La connaissance s’est transformée chez nous en passion qu
157mpératrice Théodora faisait tuer avant l’aube ses amants d’une nuit. Tristan veut au contraire l’éternité, car il veut échappe
158attachements terrestres, — elle veut ce ciel où l’amant et l’aimée se confondent en un seul être, dans le règne sans fin de l
30 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Première partie — Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
159ifestes. L’amour est lié à la séparation des deux amants : la mère d’André Walter s’est opposée à son amour pour Emmanuèle ; c
160« but » de l’ange, « l’essor de l’ange » chez son amant. Elle n’est jamais un moi distinct, indépendant, aimé dans sa réalité
31 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Deuxième partie — La personne, l’ange et l’absolu ou Le dialogue Occident-Orient
161chaque être aimé se manifeste au regard de chaque amant… car il est impossible d’aimer un être sans se représenter en lui la
162r qui ? « Ibn’Arabî observe que les plus parfaits amants mystiques sont ceux qui aiment Dieu simultanément pour lui-même et po
163rel, possessif — mais une virtualité divine que l’amant « imagine » (dont il devine l’Image) et qu’il tend à faire exister da
164a Mekke, comme figure de la Sophia divine). Que l’amant tende à contempler l’être aimé, à s’unir en lui, à en perpétuer la pr
165e pas pour avoir désiré l’amour de l’Ange que les amants de la Forêt du Morrois en viennent à découvrir que c’est leur passion
166’amour, on le pense bien). « Écarte les choses, ô amant, ta voie est fuite ! » s’écriait saint Jean de la Croix. Écarte le pr
167ie en lui, mais qu’en même temps le vrai moi de l’amant s’y découvre, autrement éclairé, et par là subtilement changé, un peu
32 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Deuxième partie — L’amour même
168ées aux autres existences. « Écarte les choses, ô amant ! » Jusqu’au point où l’Élue, devenant le monde — « On est seul avec
169uit de l’indifférencié, d’un seul coup submerge l’amant : il s’abîme dans le « flot houleux » et dans la « tourmente du Monde
33 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Annexes — Post-scriptum
170ens. Les épreuves que le tantrisme fait subir à l’amant ont pour but de le faire accéder à une maîtrise de soi telle que le j
34 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des fédérations. De l’Unité de culture à l’union politique
171e sera tantôt un révolutionnaire ou un apôtre, un amant passionné ou un mystique, un polémiste ou un guerrier, un maniaque ou
35 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. L’union, sauvegarde de la diversité ou comment fonctionne une fédération — Les institutions et la vie politique
172 Qui peut encore les maintenir et illustrer ? Les amants du passé se lamentent. Qu’ils se consolent en écoutant les récriminat
36 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
173ur par les Banou Odrah, tribu bédouine, jusqu’aux amants de Cornouailles dont Béroul et Thomas, puis Gottfried et Richard nous
174exercent sur le corps autant que sur le cœur de l’amant : Par sa joie elle peut guérir le malade Et par sa colère le tuer P
175 dans le Parzifal de Wolfram d’Eschenbach, où les amants se couchent ensemble nus, mais séparés par une épée, ou un agneau, ou
176ses suites procréatrices. (La retenue imposée aux amants par des dames croyantes combine d’une manière exemplaire les deux mot
177 plus grand scandale de l’époque en obligeant son amant, Philippe Ier, à répudier sa femme pour l’épouser, et en attirant ain
178tant légitimé par Courtoisie, laquelle veut que l’amant s’adresse à une femme mariée. Mais l’inverse du complexe d’Œdipe, sa
179t d’un coup qu’à cette incitation tout l’être des amants se met à réagir, dans un branle-bas général, par une fièvre, une roug
180 à laquelle il rapporte expressément la faute des amants. Rappelons ici la double confession qu’il met dans leur bouche (p. 40
181 S’il m’aime, c’est par la poison »…), et quand l’amant se retrouve devant l’Iseut réelle, il s’aperçoit que ce n’est pas ell
182ue. Le dernier est celui d’Iseut voguant vers son amant pour tenter de le guérir d’une nouvelle blessure empoisonnée, mais ce
183rêve de l’un au rêve de l’autre. Mais si les deux amants partagent cette illusion, ne devient-elle pas la vérité de leur passi
37 1979, Cadmos, articles (1978–1986). La chronique européenne de Denis de Rougemont (printemps 1979)
184e avec les traverses du destin qui « impose » aux amants de se quitter une fois de plus. Mais c’est lui qui a tout machiné, en