1 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
1i se fit avec beaucoup d’intelligence l’avocat du diable, en montrant que tous les faits religieux admettent à côté de l’expli
2 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
2nce s’ouvrit par une bise qu’on peut bien dire du diable et se termina sous le plus beau soleil de printemps. Libre à qui veut
3 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
3ir dont il voudrait bien nous faire croire que le diable est l’auteur. Beaucoup d’oiseaux volètent, se balancent au bord des v
4 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
4ous devons, nous pouvons faire quelque chose. Que diable ! nous ne sommes pas des imbéciles, nous ne sommes pas de ces gens qu
5 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
5at de rire de condamné à mort et à l’éternité. Le Diable avait pris des avocats dont les plaidoyers, tissus des mensonges les
6matique, d’une voix torturée, hurle au Pape et au Diable un anathème sanglant. Louis Aragon, avocat de l’infini, annonce l’ent
6 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
7t pas si cher. Il y en a aussi qui posent pour le Diable et ne se baignent que dans des bénitiers : on voit trop qu’ils trouve
7 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
8 peut-être cette plainte heureuse des violons. Le diable sort des parois, noir et blanc, la ravissante héroïne est à son piano
8 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
9ge face mangée par une barbe en crin de cheval du diable. L’héroïne est belle comme une ballade de Bürger, tandis qu’elle arro
9 1932, Le Paysan du Danube. Le Paysan du Danube — Un soir à Vienne avec Gérard
10 peut-être cette plainte heureuse des violons. Le diable sort des parois, noir et blanc, la ravissante héroïne est à son piano
10 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Petit journal de Souabe
11ge face mangée par une barbe en crin de cheval du diable. L’héroïne est belle comme une ballade de Bürger, tandis qu’elle arro
11 1934, Politique de la Personne (1946). À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
12il est de gauche ou de droite, alors qu’il est du diable, et que c’est en chrétiens que nous avons maintenant à nous défendre,
12 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Paracelse, par Frédéric Gundolf (septembre 1935)
13à vieux et ne voulant pas mourir, il s’adressa au diable qui lui conseilla de se faire enterrer pour une année, coupé en petit
13 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
14ai sujet de ses romans. Passage du Poète, — ou du Diable, (dans le Règne de l’esprit malin), entrée du cinéma (l’Amour du Mond
14 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — Décadence des lieux communs
15 Mais ce que l’homme ne fait pas pour l’homme, le Diable le fait à sa place, et contre l’homme, qu’il séduit et qu’il trompe.
15 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Gösta Berling, par Selma Lagerlöf (novembre 1937)
16ette année folle, inaugurée par un traité avec le diable, vient mourir dans la nuit de Noël au rythme familier des marteaux de
16 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Pauvre province
17rdien de but dans une équipe de football. Mais où diable a-t-il ramassé cette platitude du mépris de l’intellectualisme ? (ter
18estions d’argent, on ne croit plus ni à Dieu ni à diable et à peine à la politique, l’hiver est « pourri », la « pulmonie » fa
19ont accouché d’un des plus beaux complexes que le Diable ait jamais pu concevoir pour dresser les humains les uns contre les a
17 1938, La Vie protestante, articles (1938–1978). Le temps des fanatiques (25 novembre 1938)
20n ? Le fanatisme et le simplisme, voilà ce que le Diable juge assez bon, de nos jours, pour attraper les enfants de la Lumière
18 1938, Journal d’Allemagne. Journal (1935-1936)
21tons-nous sur le seuil du mystère, car dès ici le diable en sait plus que nous.   J’aurais pu dire tout cela beaucoup plus vit
19 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Les origines religieuses du mythe
22vérences ». On a vu le rôle de la Femme, appât du Diable pour entraîner les âmes dans les corps. En retour (en revanche, dirai
23e chrétienne, décrétant la damnation éternelle du Diable et des pécheurs endurcis, aboutit à un dualisme final, bien qu’à l’en
24n de ce qu’il fait avec son corps — cette part du Diable — ne saurait engager le salut de son âme : « Point de péché au-dessou
25ut d’abord, dit Marcabru, « Il lie partie avec le Diable, celui qui couve Faux Amour ». (Et en effet, le Diable n’est-il pas l
26e, celui qui couve Faux Amour ». (Et en effet, le Diable n’est-il pas le père de la création matérielle… et de la procréation,
20 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Passion et mystique
27r le Christ qui est « le chemin », celui-là va au Diable, disait énergiquement Luther.) Ils pressentent que la Nuit est un mys
21 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Amour et guerre
28 sentiments moraux ; la sensualité, abandonnée au diable, se venge terriblement. Que l’un ou l’autre de ces penchants prédomin
22 1940, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). L’heure sévère (juin 1940)
29 croit pas en Dieu ne sait pas non plus croire au Diable, et ne sait pas le reconnaître. À l’origine de notre aveuglement, il
23 1940, Mission ou démission de la Suisse. Le protestantisme créateur de personnes
30il est de gauche ou de droite, alors qu’il est du diable, et que c’est en chrétiens que nous avons maintenant à nous défendre,
24 1942, La Part du Diable (1982). Introduction. Que la connaissance du vrai danger nous guérit des fausses peurs
31t à l’Amérique en particulier, c’est de croire au Diable. On sortit de table. C’était au club. Tandis que nous attendions l’as
32 Philosophe1 : — Fort bien, mais si je parlais du Diable, c’est moi qui passerais aussitôt pour un personnage diabolique, ou q
33ur un personnage diabolique, ou qui sait, pour le Diable lui-même ! — Peut-être devriez-vous accepter le risque ? répondit-il
34 enfin une situation tragique nouvelle : se faire Diable soi-même pour prouver qu’il existe ! — Je sais une belle histoire, re
35 remit à parler des nouvelles du jour comme si le Diable n’existait pas. Pourtant le Philosophe me prit encore à part : — Pour
36 : — Pourquoi n’écririez-vous pas un livre sur le Diable ? J’y songeais depuis quelques instants. ⁂ Ce n’est pas sans quelque
37ait-on jamais lequel a choisi l’autre ? Parler du Diable, écrire sur lui, n’était-ce pas une manière imprudente de le provoque
38 des artifices de séduction les plus efficaces du Diable, c’est de nous provoquer au combat. C’est comme la lutte avec une fem
39sprits pas assez égarés ? Faut-il encore jeter le Diable dans la bagarre à l’heure où nous aurions besoin, dit-on, d’un « mess
40 de redouter le vrai Péril. Montrer la réalité du Diable dans ce monde, ce n’est pas augmenter la peur, c’est lui donner son v
41outefois, qu’on ne s’attende pas à un portrait du Diable : il faut tenir tous ses portraits pour autant de victoires qu’il rem
42orte sur notre complaisance ou nos crédulités. Le Diable est l’anti-modèle absolu, son essence étant précisément le déguisemen
43ent pittoresque, on tentera de décrire l’œuvre du Diable au temps présent, en face de nous et parmi nous : le grand Truquage.
44ge. La plupart des auteurs qui se sont occupés du Diable, au cours des siècles, me paraissent d’accord sur ce point : comme to
45oyait un effort pour « démontrer » l’existence du Diable. Il ne s’agit ici que d’un essai d’interpréter certains déboires de n
25 1942, La Part du Diable (1982). L’Incognito et la révélation
46ar un moderne sur Satan : La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. 2. L’incognito Reco
47royons « encore » en Dieu, nous croyons si peu au Diable que l’on m’accusera certainement d’obscurantisme, ou simplement de ma
48e lui consacrer tout un livre. Le premier tour du Diable est son incognito. Dieu dit : « Je suis celui qui suis. » Mais le Di
49. Dieu dit : « Je suis celui qui suis. » Mais le Diable toujours jaloux d’imiter Dieu, fût-ce à rebours puisqu’il voit tout d
50Nobody. Comme le chat de Cheshire dans Alice, le Diable a, de nos jours, achevé de disparaître, ne laissant plus flotter dans
51essés. Cependant, la Bible dénonce l’existence du Diable à chaque page, de la première où il apparaît sous la forme du Serpent
52ssible de douter un seul instant de la réalité du Diable. Mais qui croit encore à la Bible, sérieusement, dans un monde où l’o
53’indulgente incrédulité : — « Vous croyez donc au Diable ? Auquel ? Celui du Moyen Âge avec ses cornes rouges ? Ou au vrai Dia
54 du Moyen Âge avec ses cornes rouges ? Ou au vrai Diable ? » Ces questions sont inévitables à notre époque. Elles traduisent f
55nant au ciel violent de la Sixtine. On nous dit « Diable », et nous voyons un démon ricanant et cornu, qui circule dans l’ombr
56nt qu’il s’agisse là d’un camouflage prémédité du Diable. À première vue, il paraîtra rudimentaire, et pourtant il est fort ha
57nsif aux yeux des personnes instruites. Car si le Diable est simplement le démon rouge armé d’un grand trident, ou le faune à
58matique et médiévale qu’éveille en nous le nom du Diable est devenue la Tarnkappe, le manteau qui rend invisible et que Satan
59 évidemment puérile, ils ne se doutent pas que le Diable agit ailleurs, sans queue ni barbe, par leurs mains peut-être. Ce qui
60tre. Ce qui me paraît incroyable, ce n’est pas le Diable, et ce ne sont pas les Anges, mais bien la candeur et la crédulité de
61sophisme dont ils se montrent les victimes : « Le Diable est un bonhomme à cornes rouges et à longue queue ; or je ne puis cro
62ouges et à longue queue ; donc je ne crois pas au Diable. » C’est tout ce qu’il demandait. Et ceux qui en restent aux contes d
63es femmes, ce sont ceux qui refusent de croire au Diable à cause de l’image qu’ils s’en font, et qui est tirée des contes de b
64t, c’est ainsi qu’elle se pose à nous. (Ou que le Diable nous la pose.) — Le Diable n’est qu’un mythe, nous dira l’historien.
65ose à nous. (Ou que le Diable nous la pose.) — Le Diable n’est qu’un mythe, nous dira l’historien. Preuve en soit que je puis
66s hommes ont créé ce fantôme. Et tout d’abord, le Diable est une invention juive. C’est-à-dire que le Diable est juif comme l’
67able est une invention juive. C’est-à-dire que le Diable est juif comme l’automobile est américaine, ou comme la Panzerdivisio
68vision est allemande. En fait, l’idée première du Diable fut donnée aux Juifs par l’Orient et ses mystères dualistes, lorsqu’I
69rciers disparaissent. Et bientôt à leur suite, le Diable quitte la scène, comme l’évêque à la fin d’une procession. Rien de pl
70ir que cette histoire : les hommes ont inventé le Diable, ce fantôme les a tourmentés pendant des siècles d’ignorance, et fina
71étend prouver quelque chose quant à la réalité du Diable. Car tout cela revient à dire que le Diable est un être mythique, une
72té du Diable. Car tout cela revient à dire que le Diable est un être mythique, une réalité de l’esprit. Dès lors, si l’on me d
73lité de l’esprit. Dès lors, si l’on me dit : « Le Diable n’est qu’un mythe donc il n’existe pas » — formule rationaliste — je
74 pas » — formule rationaliste — je réponds : « Le Diable est un mythe, donc il existe et ne cesse pas d’agir. » C’est ici le f
75u mythe. Car lorsqu’il déclare par exemple : « Le Diable est un mythe, donc il n’existe pas », il entend dire plus exactement 
76e et nom, tout est personnifié. Ainsi, parler du Diable ne sera pas ici quelque moyen facile d’illustrer des idées. Le réel n
77écrire dans ce livre porte le nom traditionnel de Diable. Ce Diable-là n’est pas sorti d’une série de textes plus ou moins aut
78 ce livre porte le nom traditionnel de Diable. Ce Diable-là n’est pas sorti d’une série de textes plus ou moins authentiques o
79n, quand ce mal prend un sens, nous les dénommons Diable, et j’accepte ce nom. Dans les pages qui suivent, je voudrais exposer
80nt, je voudrais exposer la conception biblique du Diable, non pas dans ses aspects théologiques proprement dits, mais en tant
81e d’« enfants de Dieu ». C’est la seule chance du Diable. Il ne la manquera pas… 7. Le Tentateur Le serpent était le pl
82tincts qu’aux yeux de Dieu — pas même aux yeux du Diable, toujours la dupe d’un acte de charité qu’il tiendra pour sottise. C’
83ent à dire que le mal n’existe pas. Pour agir, le Diable est forcé d’utiliser ce qui existe, et qui est bon par définition, ay
84 de notre liberté et des biens de la terre. Ni le Diable ni l’homme pécheur ne peuvent réellement faire le mal, comme nous por
85ituation fondamentale et primitive. Cependant, le Diable étant jaloux de Dieu, il entend nous faire croire qu’il peut aussi cr
86otre orgueil la Création parfaite et la figure du Diable. C’est plus tard, c’est après plusieurs générations de pécheurs dans
87s par le détail de notre vie présente, comment le Diable arrive à s’insérer dans les structures de l’être, donc du bien. J’ai
88dieusant » du désir… Comprenons maintenant que le Diable ne pourrait rien sans notre liberté. Car c’est par nous seulement qu’
89énergiquement, que lorsque nous mentons, c’est le Diable lui-même qui « tire sa langue dans notre langue ». Mais il est deux m
90ertu. C’est là le mensonge pur, l’œuvre propre du Diable. À partir de l’instant où vous faussez la mesure même de la vérité, t
91u mal et sont complices de l’œuvre du Malin. « Le Diable est menteur et le Père du mensonge », dit l’Évangile tel qu’on le cit
92l de ce passage est infiniment plus étrange. « Le Diable est menteur, nous dit-on, et il est le père de son propre mensonge. »
93l’invention bâtarde et de l’art inauthentique. Le Diable est le père du faux-art, de toutes ces œuvres qui ne sont « ni bien n
94sse pas n’en connaîtra jamais toute l’étendue. Le Diable est cet Accusateur qui veut nous faire douter de notre pardon pour no
95on prochain ou soi-même, soyons sûrs que c’est le Diable qui parle, l’Accusateur qui tient le pardon pour une simple faute de
96olte. 11. Légion Enfin, la Bible appelle le Diable : Légion. Ici nous n’en finirions pas de commenter, conformément à la
97nous les suivrons tout au travers du livre. Si le Diable est Légion, cela signifie d’abord que tout en étant un, il peut revêt
98r le monde. Mais cela peut signifier aussi que le Diable est la masse anonyme. Et finalement, qu’étant tout le monde, ou n’imp
99ous venons d’énumérer les rôles principaux que le Diable revêt dans la Bible : ils sont tous, en quelque manière, des déguisem
100qu’il attribue la défaite aux seuls chefs. Ici le Diable joue avec notre terreur de nous reconnaître responsables de nos vies.
101 son triomphe est son incognito. La preuve que le Diable existe, agit et réussit, c’est justement que nous n’y croyons plus. M
102comme le soleil fait renaître les ombres ? 13. Diable et péché Imaginez que le Diable aille se cacher dans le péché même
103mbres ? 13. Diable et péché Imaginez que le Diable aille se cacher dans le péché même, dans le péché en général, tel que
104out d’abord, nous serions induits à croire que le Diable n’est « rien d’autre » qu’une figuration naïve du péché ; en second l
105u, nous n’aurions plus l’idée d’aller chercher le Diable dans nos vertus. En vérité, le Diable n’est pas dangereux là où il se
106chercher le Diable dans nos vertus. En vérité, le Diable n’est pas dangereux là où il se montre et nous fait peur, mais là seu
107fait moins peur qu’envie. Si nous savions voir le Diable dans le péché, nous serions beaucoup plus prudents. Son astuce sera d
108mes charmantes qui se récrient dès qu’on parle du Diable : — C’est trop affreux, vous me faites trop peur, je sens que je ne p
109trouble de conscience. Elles ne conçoivent pas le Diable comme l’instigateur de leurs péchés, mais comme une sorte d’apparitio
110 leur veut du mal. Elles ne se doutent pas que le Diable est sans aucun pouvoir sur nous ailleurs que dans notre péché, et par
111irituels mieux réveillés : « Pourquoi parler d’un Diable personnel ? Nous voyons bien le péché, mais pas le Diable. Ne peut-on
112ersonnel ? Nous voyons bien le péché, mais pas le Diable. Ne peut-on pas en faire l’économie ? Si l’on dissipait le péché, l’o
113 qu’il n’y a personne derrière l’écran. » Ici, le Diable au lieu de se distinguer abusivement de notre péché, a choisi de se c
114chancetés de toute espèce. Il est possible que le Diable en personne ne se dérange pas pour si peu. Comme un directeur de jour
115t les seuls où j’essaierai de décrire l’action du Diable dans nos péchés catalogués8. Pour les autres, je les laisse aux moral
116 à un sport beaucoup plus excitant : la chasse au Diable dans nos idéaux et dans l’insignifiance de nos actes. Et ce n’est poi
117récède tendait à dégager. En dernière analyse, le Diable ne peut agir que dans le bien, par le moyen de nos vertus. Car nous s
118ices mêmes ne sont pas de véritables créations du Diable, mais seulement des vertus mal orientées. Le sens originel de leur él
119duite à l’insignifiance. C’était le bien, mais le Diable s’y est mis, à l’instant même où nous avions le choix entre l’usage l
120s de ce bien. Si donc j’évite d’aller chercher le Diable là où chacun s’attend à le trouver, dans les mauvais lieux des faubou
121part nul désir de surprendre. Tout simplement, le Diable habite ailleurs en temps normal. Poussé par la logique impérative du
122, de ces pages. Dès que vous croyez apercevoir le Diable, parce qu’il en a fait un peu trop, dès que vous tentez de le démasqu
123es des alchimistes. Nous essayons de dissoudre le Diable dans les eaux troubles du subconscient. Ce n’est encore qu’une varian
124scientifique du sophisme de l’incognito. Point de Diable aux yeux des freudiens, mais seulement une croyance au Diable, résult
125eux des freudiens, mais seulement une croyance au Diable, résultant de la « projection » d’un sentiment de culpabilité. Guéris
126ce sentiment-là, vous n’aurez plus de croyance au Diable, ni donc de Diable. Le Démon ne serait qu’une image de névrose, quelq
127us n’aurez plus de croyance au Diable, ni donc de Diable. Le Démon ne serait qu’une image de névrose, quelque chose qui se soi
26 1942, La Part du Diable (1982). Hitler ou l’alibi
128ous n’avons pas su composer une vision moderne du Diable. Seul Kierkegaard l’avait peut-être reconnu précisément sous les espè
129t vécu de religion. — Si cela continue, se dit le Diable, les hommes s’apercevront que j’existe toujours. Or il faut que cela
130me tour Et c’est ainsi qu’à partir de 1933, le Diable nous fit croire qu’il était simplement M. Adolf Hitler, et personne d
131 ne l’imaginaient ceux qui ont cru voir en lui le Diable en personne. Si le Führer était le Diable ou l’Antéchrist, ce serait
132 lui le Diable en personne. Si le Führer était le Diable ou l’Antéchrist, ce serait peut-être un peu trop simple. Il suffirait
133i est dans ce monde. Et, qu’on me pardonne, si le Diable était le Führer, il ne serait qu’un assez pauvre Diable. Quand nous n
134 était le Führer, il ne serait qu’un assez pauvre Diable. Quand nous nous figurons qu’Hitler est le Diable, nous faisons évide
135Diable. Quand nous nous figurons qu’Hitler est le Diable, nous faisons évidemment trop d’honneur à l’ex-caporal autrichien ; m
136és de les prendre au sérieux ! Pour n’être pas le Diable en personne, on peut être tout de même passablement diabolique. Et je
137ortent en évidence l’insigne satanique. 18. Le Diable en chemise brune Certes Hitler ne fut pas le grand ange déchu. Mai
138e invincible. Il leur répète les vieux slogans du Diable : « Vous ne mourrez pas ! Vous serez comme des Dieux ! » En combattan
139t, pitié pour eux, sans doute ? (Et pitié pour le Diable et son angoisse…) Mais le pardon ne nous appartient pas. Et le nation
140 pitié, justement, nous rappelle l’un des noms du Diable que nous citions plus haut : l’Accusateur. Nous ne savions plus dist
141a grandeur de nos misères secrètes. En Hitler, le Diable avait trouvé l’alibi le plus populaire qu’il eût jamais imaginé. C’es
142absence, pourtant certaine. Et c’est la chance du Diable pour demain. Hitler battu, nous n’aurons plus d’Ennemi 12. Une dimens
143es grands délires qui rythment notre Histoire. Le Diable, admettons-le, n’est pas si court de vue. Il n’oublie pas que l’homme
144l’image de Dieu et qui veut s’emparer du Ciel. Le Diable a tiré bon parti des égarements rationalistes de l’Occident, maître d
145 l’Histoire — faute de concevoir un équilibre. Le Diable prétendra nous faire choisir follement entre les deux moitiés de la r
146 en tenant compte de tous les éléments en jeu. Le Diable nous dira : il faut choisir. Nous choisirons sans doute la folie, au
147f l’Évangile et la sobriété de la Croix. Et si le Diable échoue dans certains peuples, dans certains groupes, dans certaines â
27 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable démocrate
148 Troisième partieLe Diable démocrate 24. Erreur fatale des démocrates Avec une aisance al
149mi nous. Le tour est joué. Nous voilà pris. Si le Diable est Hitler, nous sommes du bon côté ? C’est un ennemi battu, nous som
150st un ennemi battu, nous sommes donc quittes ? Le Diable n’en demandait pas plus ; il adore notre bonne conscience. C’est la g
151ettons pas qu’il est une part de nous, la part du diable dans nos cœurs. L’adversaire est toujours en nous. Et c’est pourquoi
152e passe dans le monde, et dites qui l’a fait ? Le Diable ? Oui, mais par nos mains et nos pensées. C’est ici le moment de nous
153risme, chez les nazis et chez nous. C’est le même Diable. Et ceci n’est qu’un post-scriptum à l’adresse des pacifistes : « Nou
154e faisons pas notre métier. 27. Signalement du Diable déguisé en démocrate N’ayant pas su reconnaître l’un des traits le
155 Progrès automatique n’était qu’un déguisement du Diable. Non pas qu’aucun progrès réel soit diabolique en soi ! Mais si l’on
156vons bien qu’il y a du mal, qu’il y a l’action du Diable. Mais cela nous scandalise et nous effraie. Alors nous essayons de co
157nière, nous l’aimions ! Voilà le grand secret. Le Diable a réussi à faire croire aux démocrates qu’ils n’aimaient pas du tout
158aujourd’hui aux braves démocrates : — Regardez le Diable qui est parmi nous ! Cessez de croire qu’il ne peut ressembler qu’à H
159 cessé d’y croire. Puis nous avons imaginé que le Diable était Hitler. Et le Diable s’est frotté les mains (Hitler aussi). Pe
160s avons imaginé que le Diable était Hitler. Et le Diable s’est frotté les mains (Hitler aussi). Peut-être serait-il plus féco
161ement plus vrai, d’essayer de nous représenter le Diable sous les traits d’un playboy dynamique et optimiste vierge de toute p
162its d’un intellectuel libéral qui ne croit pas au Diable… 28. L’Humour et la démocratie Il faut se moquer de la démocra
163al presque entièrement profane. Voici comment. Le Diable est sardonique et ironique à souhait, mais il ne supporte pas l’humou
164vais passer en revue les principaux démons que le Diable délègue au soin de faire de nos démocraties ses colonies-modèles.
165plaît, et vous ferez probablement ce qui plaît au Diable. Mais soyez libres de rejoindre et d’accomplir la vocation que Dieu v
166cation, la liberté qu’il revendique est vide ; le Diable s’y mettra sous mille formes diverses, dont l’Opinion publique est la
167portance pratique, ou inconnu. Quand il serait le Diable en personne, vous n’en sauriez pas davantage et n’auriez pas plus qu’
168t pas mieux en cour que son client. Je dis que le Diable a toutes les chances de mener le jeu partout où le sens s’évanouit, q
169r pour affronter la mort. J’imagine volontiers le Diable en agent d’assurances générales. Il comprend tout et il a tout prévu.
170rtu, l’ordre et la santé. Ils ont raison, mais le Diable les mène, car ils voudraient la paix sans lutte et la vertu sans tent
171ns combat. Tout l’avantage, désormais, revient au Diable. On sait l’histoire du Grand Vizir qui rencontre la Mort dans un jard
172te dire que je t’attendrais ce soir ici. Ainsi le Diable nous fait signe dans nos vices et nous attend dans nos vertus. Sachan
173 On passe. C’est la vie, c’est le monde… C’est le Diable, vous dis-je ! Car si vous « passez » là, vous passerez aussi avec l’
174t à vous rendre contemporain de son éternité. Le Diable est insignifiant, au sens propre du mot, et sa plus grande victoire d
175si l’Incarnation et le miracle. Caricaturé par le Diable, l’absurde est au contraire la fixation d’une réalité temporelle dans
176 toutes les créatures qui aient jamais existé, le Diable est celle qui sait le mieux « how to win friends and influence people
177otre « progrès moral ». Allez donc reconnaître le Diable dans un monde où chacun ne profère que les banalités profitables aux
178on. Le beau travail ! Le bel avenir ! Revenons au Diable. 36. La cinquième colonne de tous les temps J’ai dit du mal de
179autres, de nous, et donc de moi aussi. Mais si le Diable est partout, sa figure se brouille. Et les définitions que j’en ai do
180de se compenser, finissent par se neutraliser. Le Diable n’est pas Hitler, qui pourtant est démoniaque ; il n’est pas non plus
181nnaissable de la personne de Satan ? C’est que le Diable, par nature, ne sera jamais clairement et honnêtement définissable. I
182ement de vraies et de fausses nouvelles. Voilà le Diable à l’œuvre dans nos vies : le maître du confusionnisme dirigé ! Hitler
183ceci doit me rendre prudent, personnellement — le Diable est l’être qui, lorsqu’une dénonciation le fait déguerpir de sa cache
184se — Si vous voulez déjouer le premier tour du Diable, et son second tour du même coup, si vous tenez sérieusement à l’attr
28 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
185 Quatrième partieLe Diable dans nos Dieux et dans nos maladies 38. Le Diable dans nos dieux
186le dans nos Dieux et dans nos maladies 38. Le Diable dans nos dieux Certes, il existe aussi un incognito divin, et c’es
187entier de village. Mais l’incognito et l’alibi du Diable sont exactement inverses : c’est dans l’image de nos dieux qu’il va s
188 nous confabulons en dehors de la foi révélée. Le Diable nous empêche de reconnaître Dieu dans Jésus-Christ, mais à l’inverse,
189es dieux des hommes sont sans pardon. Ce sont des diables. Toutefois, le Diable est sans doute moins dangereux lorsqu’il nous t
190t sans pardon. Ce sont des diables. Toutefois, le Diable est sans doute moins dangereux lorsqu’il nous tue que lorsqu’il préte
191les armées stériles n’entrent en ligne. 39. Le Diable dans l’Église Un jour l’Église a été qualifiée de « Satan » par Jé
192ait selon le Père, parle-t-il maintenant selon le Diable ? Ce coup de théâtre, l’un des plus stupéfiants de l’Évangile et de l
193 moi Satan ! Car tu m’es en scandale. » 40. Le Diable théologien Mais tout cela, dira-t-on, c’est de la théologie. Je co
194ériences spirituelles. Tout porte à croire que le Diable en est ravi. Car selon le dicton médiéval et renaissant, « le Diable
195 Car selon le dicton médiéval et renaissant, « le Diable est bon théologien ». Notre inculture lui donne une chance inespérée.
196nd il se contente de « faire du bien »… 41. Le Diable et le philanthrope Un jour un Philanthrope marchait le long de la
197r. À quelques mètres, derrière lui, suivaient le Diable et l’un de ses compères. Ils observaient le Philanthrope, d’un œil cr
198uf. « Tu n’as pas peur de lui ? dit le compère au Diable, il m’a l’air terriblement bon ! Et ses plans sont irréprochables, pa
199lligents et généreux, idéalistes, réalistes… » Le Diable ne répondit rien, il souriait, tout en lisant un bout de papier qu’il
200gnais. Mais moi je vais l’organiser ! » 42. Le Diable homme du monde Qui donc disait que le Diable est un monsieur très
201e Diable homme du monde Qui donc disait que le Diable est un monsieur très bien ? Entre les gens du monde et le Prince de c
202vaguement satanique. Il imaginerait volontiers un Diable en cravate blanche et monoclé. Le Diable, affirme un proverbe espagno
203tiers un Diable en cravate blanche et monoclé. Le Diable, affirme un proverbe espagnol, n’est pas à craindre parce qu’il est s
204rrect et moral peut fort bien être préféré par le Diable à ces milieux bohèmes et de mœurs relâchées qui se disent volontiers
205Mr. Time : c’est le temps qui l’a. On sait que le Diable est le Prince du Temps, comme Dieu le Roi de l’Éternité. Le temps san
206La présence parfaite, voilà l’Éternité. 44. Le Diable auteur « Point d’œuvre sans la collaboration du démon », dit André
207un des rares hommes que j’aie connus qui croie au Diable et qui en parle bien. La discussion de cette sentence inconfortable n
208« et l’étendue célèbre l’œuvre de ses mains ». Le Diable a voulu faire aussi son propre Ouvrage. Mais il ne peut œuvrer que pa
209 : dès qu’ils prennent le pinceau ou la plume, le Diable est là pour les guider. Et comment faire la part de son incitation ?
210riser dans un monde autonome. Il est fatal que le Diable s’en mêle, et que les meilleurs se voient tentés plus que les autres
211s. C’est qu’il était un vrai poète et du parti du Diable sans le savoir ». Cette opinion s’est curieusement vulgarisée, dans n
212rai danger subsiste. Comment éliminer l’apport du Diable aux plus sublimes créations de l’esprit ? Je ne pense pas qu’aucun cr
213 dans la rêverie aux yeux fixes qui la médite, le Diable est là. Il n’est pas seul, mais il est là. La solution, c’est de le f
214res fins. On connaît la légende du Moyen Âge : le Diable portant pierre parmi les ouvriers qui édifient la cathédrale. J’imagi
215iers qui édifient la cathédrale. J’imagine que ce Diable va devenir à son tour une des pierres de la cathédrale, la pierre d’a
216fécondée ? Pourrons-nous un jour concevoir que le Diable est finalement un mystère du Bien ? Peut-être Dante a-t-il raison lor
217e qui justifie les moyens ambigus de l’art. Si le Diable même y collabore, qu’importe : la dédicace est le vrai sens de l’œuvr
218ue vaut la mission qu’il accepte et s’assigne. Le Diable y sera sans doute encore, dans tous les artifices du délire créateur,
219de ne pas croire au bien. 45. Le pacte avec le Diable Peter Schlemihl ayant vendu son ombre au Diable devint très riche,
220iable Peter Schlemihl ayant vendu son ombre au Diable devint très riche, mais perdit le goût de vivre. C’est l’une des plus
221dait son âme ? » dit l’Évangile. Le Pacte avec le Diable consiste exactement à gagner le monde au prix de notre âme et de notr
222t figure l’expression légendaire de pacte avec le Diable. Nous sentons tous obscurément qu’un succès trop rapide dans le monde
223 en croix. Ce sacrifice a rompu le Pacte entre le Diable et notre humanité. Et ce sang a racheté l’âme du monde, que nous avio
224s avions vendue pour un peu de plaisir… 46. Le Diable tire les cartes On pressent assez facilement pourquoi les arts div
225 cette puissance diabolique est une erreur que le Diable lui-même entretient soigneusement dans nos esprits. Car la divination
226ccueillir avec une amoureuse astuce… Ceci dit, le Diable a deux chances de se glisser en nous par la voie clandestine, lorsqu’
227mes d’attitudes intérieures. La seconde chance du Diable est de flatter notre tendance à nous sentir irresponsables, par le mo
228e nous verrons se déployer la Grande Stratégie du Diable dans ce siècle. La meilleure interprétation des phénomènes collectifs
229es, et montrer comment l’humanité qui se donne au Diable, de nos jours, le fait en masse. C’est pour cela que les gens se rass
230italisme et du nationalisme. Lui seul avait vu le Diable à l’œuvre dans ces œuvres, — les nôtres, à nous, nations démocratique
231 sicut dii. Or quand nous nous perdons, c’est le Diable qui nous trouve. Et quand pour échapper à notre condition, nous voulo
232n, nous voulons devenir comme des dieux, c’est le Diable encore qui nous accueille au sommet de notre ascension. Comme le mont
233é dans le récit du chapitre onze de la Genèse, le Diable est de toute évidence le principal Entrepreneur de la Tour primitive
234 mieux armée pour les détruire. « Montez ! dit le Diable, et soyez comme des dieux, oubliez votre mesure d’hommes ! » Mais, pl
235 des vices et des vertus se modifie, selon que le Diable renouvelle la stratégie des tentations. Je crois pourtant qu’un senti
236ive. J’y vois trop facilement le coup de pouce du Diable. Certes, je n’accuse pas la Science — rien de moins diabolique qu’une
237ement les sophismes qui s’en autorisent. C’est le Diable qui m’intéresse, et les prétextes qu’il nous sert pour justifier nos
238combattre les doctrines nationalistes ? 51. Le Diable au cœur This passion hath its floods in very times of weakness. Fr
239 C’est une affaire si tragiquement confuse que le Diable seul est sûr de s’y retrouver. Niera-t-on qu’il s’en donne à cœur joi
240oyen court de le dépister, ici encore. La part du Diable dans « l’amour », c’est simplement tout ce qui n’est pas de l’amour.
241 se glisse en nous sous le couvert du mot. Car le Diable est celui qui n’aime pas, et qui n’aime pas qu’on aime, et dont tout
242age de l’amour, avec si peu d’exigence réelle. Le Diable nous a fait nommer « amour » une vague obsession contagieuse dont le
243e révèle de la manière la plus précise l’œuvre du Diable. Ce qui distingue l’amour dans notre siècle, ce qui devrait disqualif
244 Il faudrait un critère absolu… Mais justement le Diable a substitué dans nos esprits le respect de la sincérité au respect — 
245t l’aveugle penchant ? » C’est par le cœur que le Diable nous a pris. Certes, ce n’est pas d’hier qu’on trompe sa femme, et qu
246ts drastiques, des préjugés solides, — même si le Diable en propose quelques-uns — et le sens sacré du contrat, sous peine de
247 on risque bien d’en faire un possédé. Où donc le Diable est-il intervenu ? Ce Désir qui prenait son essor comme une question
248on s’enclot avec l’image de l’objet aimé. Mais le Diable est assis dans un coin de la cellule. Il ne fait rien, il vous attend
249pour traverser une grande passion sans réjouir le Diable ou susciter les plus subtils de ses démons. Il faudrait une abnégatio
250amour est confiance. Contre cette alliance-là, le Diable ne peut rien. « L’amour parfait bannit la crainte. » 53. Diable et
251en. « L’amour parfait bannit la crainte. » 53. Diable et sexe Le jeune lecteur qui parcourt le sommaire de ce livre se r
252 animale, comme les autres fonctions du corps, le Diable ne s’y mêlerait pas. Mais en fait elle se lie à l’amour, et à l’espri
253ités de l’esprit, que la sexualité donne prise au Diable. Et certes il ne s’y intrique pas davantage que dans nos créations le
254el Féminin L’amour n’est pas un crime, mais le Diable s’en sert, et de préférence à toute autre passion, pour aveugler notr
255des valeurs. Le sexe n’est pas une honte, mais le Diable y trouve l’occasion la plus commune de nous faire abuser de notre lib
256ire un ange ou un démon. « Instrument dont use le Diable pour posséder nos âmes », dit saint Cyprien, et Tertullien plus énerg
257s situations sans issue, reconnaissons l’œuvre du Diable. Il intervient, pour les porter au pire, dans les circonstances limit
258dre à notre époque. Mais si vous ne croyez pas au Diable, je me demande à quel Mal vous croyez. Contre quoi lutterez-vous jusq
259 ? Dira-t-on que je suis un fou qui croit voir le Diable partout ? D’autres ne savent le voir nulle part. C’est plus dangereux
29 1942, La Part du Diable (1982). Le Bleu du Ciel
260 partieLe Bleu du Ciel 59. La lutte contre le Diable Ne réponds pas à l’insensé selon sa folie De peur que tu ne lui r
261ral, qu’il s’agisse de la résistance d’une âme au Diable, ou de la guerre des démocraties contre les dictatures totalitaires.
262e les dictatures totalitaires. Si vous opposez au Diable la ruse, la subtilité, l’ironie et l’intelligence froide, vous risque
263e plus vous cherchez à être forts à la manière du Diable, plus vous lui donnez d’avantages, son but étant de vous rendre sembl
264iendrons pas fous. La solution est de résister au Diable par la ruse et la subtilité, par l’ironie et l’intelligence froide, e
265réserver de l’abus des vertus mineures, par où le Diable pourrait nous asservir. La solution est d’attaquer le tyran — puisqu’
266eur. J’ai tenté jusqu’ici de dénoncer l’action du Diable, en me servant parfois de ses propres armes. Et pendant que j’écris,
267r, tout serait bientôt gâché et dans les mains du Diable. Si nous étions des dieux, il n’y aurait plus d’espoir : la catastrop
268 ? « Qui est comme Dieu ? » Et ce cri terrasse le Diable, cette lance transperce le serpent qui sifflait : « Vous serez comme
269les et frappantes, la tactique et la stratégie du Diable. Elles nous aident, elles nous forcent à reconnaître, par la plus évi
270 L’archange Michel, lorsqu’il contestait avec le Diable et lui disputait le corps de Moïse, n’osa pas porter contre lui un ju
271s… 61. L’exorcisme, ou l’ordre personnel Le Diable et sa colonne d’anges noirs « qui n’ont pas conservé leur dignité, ma
272layés ! Qu’est-ce que se sanctifier ? L’action du Diable étant d’obnubiler en nous le sentiment de la culpabilité, et de nous
273 une vie plus responsable est une défaite pour le Diable, d’ores et déjà, pour les Tyrans aussi ; une défaite absolue et sans
274pose dans la certitude que nos méfaits et ceux du Diable ne changent rien à l’Ordre de ce monde, où le hasard n’existe pas, si
275 je veux dire dans l’insignifiance. Ah ! comme le Diable se réjouit du bavardage aimable ou ému des speakers ! Lui qui est le
276 détruire la vraie Parole ! Tous les mensonges du Diable, et tous nos bavardages, s’évanouissent dès que l’Esprit nous parle,
277 est clair et juste de nouveau. N’opposons pas au Diable des injures, qu’il prendrait pour autant d’hommages. Détournons-nous
278 Car le pardon connaît le péché aussi bien que le Diable lui-même. Mais il connaît mieux le pécheur, puisqu’il réveille en lui
279bo te in sapphiris. Ésaïe 54, 11. J’oppose au Diable toutes les choses du monde dont il ignore la vertu et la splendeur. J
30 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du diable I : « Je ne suis personne » (15 octobre 1943)
280 Les tours du diable I : « Je ne suis personne » (15 octobre 1943)g C’est dans les Peti
281ar un moderne sur Satan : « La plus belle ruse du Diable est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Reconnaissons que ce tour
282royons « encore » en Dieu, nous croyons si peu au Diable que l’on m’accusera certainement d’obscurantisme, ou simplement de ma
283consacrer de nombreuses pages. Le premier tour du Diable est son incognito. Dieu dit : Je suis celui qui suis. Mais le Diable,
284gnito. Dieu dit : Je suis celui qui suis. Mais le Diable, qui a la manie de vouloir imiter la vérité en la retournant, le Diab
285 de vouloir imiter la vérité en la retournant, le Diable nous dit comme Ulysse au Cyclope : Je ne suis personne. De quoi aurai
286Voici : depuis deux ou trois siècles, il a plu au Diable de revêtir une apparence moyen-âgeuse qui le rend inoffensif aux yeux
287if aux yeux de la plupart d’entre nous. Car si le Diable est simplement le démon rouge et cornu des mystères médiévaux, ou le
288hommes qui voulaient bien admettre en souriant un Diable de ce genre, mais non pas croire en Dieu ; ce qui revient à ne pas cr
289roire en Dieu ; ce qui revient à ne pas croire au Diable. Cette mascarade anachronique et bouffonne n’a pas médiocrement contr
290 évidemment puérile, ils ne se doutent pas que le Diable agit ailleurs, sans queue ni barbe, par leurs mains peut-être… Ce qui
291tre… Ce qui me paraît incroyable, ce n’est pas le Diable, et ce ne sont pas les Anges, mais bien la candeur et la crédulité de
292sophisme dont ils se montrent les victimes : « Le Diable est un bonhomme à cornes rouges et à longue queue ; or je ne puis cro
293ouges et à langue queue ; donc je ne crois pas au Diable. » C’est tout ce qu’il demandait. Et ceux qui en restent aux contes d
294es femmes, ce sont ceux qui refusent de croire au Diable à cause de l’image qu’ils s’en font, et qui est tirée des contes de b
295femmes. Cependant la Bible dénonce l’existence du Diable à chaque page, de la première où il apparaît sous la forme du Serpent
296douter un seul instant de la réalité objective du Diable.
31 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable II : Le menteur (22 octobre 1943)
297 Les tours du Diable II : Le menteur (22 octobre 1943)h L’homme seul, dans toute la Cré
298ge proféré nous lie… Comprenons maintenant que le Diable ne pourrait rien sans notre liberté. Car c’est par nous seulement qu’
299énergiquement, que lorsque nous mentons, c’est le Diable lui-même qui « tire sa langue dans notre langue ». Mais il est deux m
300ertu. C’est là le mensonge pur, l’œuvre propre du Diable. À partir de l’instant où vous faussez la mesure même de la vérité, t
301u mal et sont complices de l’œuvre du Malin. « Le Diable est menteur et le Père du mensonge », dit l’Évangile tel qu’on le cit
302l de ce passage est infiniment plus étrange. « Le Diable est menteur, nous dit-il, et il est le père de son propre mensonge. »
303l’invention bâtarde et de l’art inauthentique. Le Diable est le père du faux art, de toutes ces œuvres qui ne sont « ni bien n
32 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable III : Diable et sexe (29 octobre 1943)
304 Les tours du Diable III : Diable et sexe (29 octobre 1943)i Le jeune lecteur — et peut
305 Les tours du Diable III : Diable et sexe (29 octobre 1943)i Le jeune lecteur — et peut-être aussi l
306 animale, comme les autres fonctions du corps, le Diable ne s’y mêlerait pas. Mais en fait elle se lie à l’amour, et à l’espri
307ités de l’esprit, que la sexualité donne prise au Diable. Et certes il ne s’y intrigue pas davantage que dans nos créations le
33 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable IV : L’accusateur (5 novembre 1943)
308 Les tours du Diable IV : L’accusateur (5 novembre 1943)j Il n’est peut-être au monde q
309sse pas n’en connaîtra jamais toute l’étendue. Le Diable est cet Accusateur qui veut nous faire douter de notre pardon pour no
310son prochain ou soi-même, soyez sûrs que c’est le Diable qui parle, l’Accusateur qui tient le pardon pour une simple faute de
34 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable V : Le tentateur (12 novembre 1943)
311 Les tours du Diable V : Le tentateur (12 novembre 1943)k « Le serpent était le plus r
35 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable VI : Le mal du siècle : la dépersonnalisation (19 novembre 1943)
312 Les tours du Diable VI : Le mal du siècle : la dépersonnalisation (19 novembre 1943)l
313s. Ici nous abordons enfin la grande stratégie du Diable dans ce siècle. La meilleure interprétation des phénomènes collectifs
314es, et montrer comment l’humanité qui se donne au Diable, de nos jours, le fait en masse. C’est pour cela que les gens se rass
315italisme et du nationalisme. Lui seul avait vu le Diable à l’œuvre dans ces œuvres — les nôtres à nous, nations démocratiques.
36 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable VII : La cinquième colonne (26 novembre 1943)
316 Les tours du Diable VII : La cinquième colonne (26 novembre 1943)m J’ai dit du mal de
317autres, de nous, et donc de moi aussi. Mais si le Diable est partout, sa figure se brouille. Et les définitions que j’en ai do
318nnaissable de la personne de Satan ? C’est que le Diable est justement celui qui n’est jamais clairement et honnêtement défini
319ement de vraies et de fausses nouvelles. Voilà le Diable à l’œuvre dans nos vies ! Il est l’essence même de la Cinquième Colon
320ceci doit me rendre prudent, personnellement — le Diable est l’être qui, lorsqu’une dénonciation le fait déguerpir de sa cache
321 ?… Eh bien ! si vous voulez déjouer les tours du Diable, si vous tenez sérieusement à l’attraper, je vais vous dire où vous l
37 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable VIII : Le Diable démocrate (3 décembre 1943)
322 Les tours du Diable VIII : Le Diable démocrate (3 décembre 1943)n Le xixe siècle, san
323 Les tours du Diable VIII : Le Diable démocrate (3 décembre 1943)n Le xixe siècle, sans s’en douter, a
324 Progrès automatique n’était qu’un déguisement du Diable. Non pas qu’aucun progrès réel soit diabolique en soi ! Mais si l’on
325vons bien qu’il y a du mal, qu’il y a l’action du Diable. Mais cela nous scandalise et nous effraye. Alors nous essayons de co
326nière, nous l’aimions ! Voilà le grand secret. Le Diable a réussi à faire croire aux démocrates qu’ils n’aimaient pas du tout
327aujourd’hui aux braves démocrates : — Regardez le Diable qui est parmi nous ! Cessez de croire qu’il ne peut ressembler qu’à v
38 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable IX : « Nous sommes tous coupables » (10 décembre 1943)
328 Les tours du Diable IX : « Nous sommes tous coupables » (10 décembre 1943)o Chacun sai
329se passe dans le monde, et dites qui l’a fait. Le Diable ? Oui, mais par nos mains et nos pensées. C’est ici le moment de nous
330qu’un crime, en moi et hors de moi. C’est le même Diable ! Et ceci n’est qu’un post-scriptum à l’adresse des pacifistes : « No
39 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable X : Le Diable homme du monde (17 décembre 1943)
331 Les tours du Diable X : Le Diable homme du monde (17 décembre 1943)p Qui donc disait q
332 Les tours du Diable X : Le Diable homme du monde (17 décembre 1943)p Qui donc disait que le Diable e
333nde (17 décembre 1943)p Qui donc disait que le Diable est un monsieur très bien ? Entre les gens du monde et le Prince de c
334vaguement satanique. Il imaginerait volontiers un Diable en cravate blanche et monoclé. Le Diable, dit un proverbe espagnol, n
335tiers un Diable en cravate blanche et monoclé. Le Diable, dit un proverbe espagnol, n’est pas à craindre parce qu’il est si mé
336rrect et moral peut fort bien être préféré par le Diable à ces milieux bohèmes et de mœurs relâchées qui se croiraient volonti
40 1943, La Vie protestante, articles (1938–1978). Les tours du Diable XI : Le Diable dans nos dieux (24 décembre 1943)
337 Les tours du Diable XI : Le Diable dans nos dieux (24 décembre 1943)q Nous avons parlé
338 Les tours du Diable XI : Le Diable dans nos dieux (24 décembre 1943)q Nous avons parlé de l’incognito
339mbre 1943)q Nous avons parlé de l’incognito du Diable. Mais il existe aussi un incognito divin, et c’est l’Incarnation, c’e
340entier de village. Mais l’incognito et l’alibi du Diable sont exactement inverses : c’est dans l’image de nos dieux qu’il va s
341 nous confabulons en dehors de la foi révélée. Le Diable nous empêche de reconnaître Dieu dans Jésus-Christ, mais à l’inverse,
342es dieux des hommes sont sans pardon. Ce sont des diables. Toutefois le Diable est sans doute moins dangereux lorsqu’il nous tu
343nt sans pardon. Ce sont des diables. Toutefois le Diable est sans doute moins dangereux lorsqu’il nous tue, que lorsqu’il prét
344 pur. À quelques mètres derrière lui suivaient le Diable et l’un de ses compères. Ils observaient le Philanthrope, d’un œil cr
345uf. « Tu n’as pas peur de lui ? dit le compère au Diable. Il m’a l’air terriblement bon ! Et ses plans sont irréprochables, pa
346lligents et généreux, idéalistes, réalistes… » Le Diable ne répondit rien ; il souriait, tout en lisant un bout de papier qu’i
41 1944, Les Personnes du drame. Sincérité et authenticité — Vues sur Ramuz
347jet de ses roman. Passage du Poète, ou passage du Diable (dans le Règne de l’esprit malin), entrée du cinéma (L’Amour du Monde
42 1946, Combat, articles (1946–1950). Tous démocrates (22 mai 1946)
348itlérisme. Lui. — Je vous entends ! J’entends le diable ! D’ailleurs, on n’entend guère que lui dans ce siècle trois fois mau
43 1946, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). Monsieur Denis de Rougemont, de passage en Europe, nous dit… [Entretien] (4 mai 1946)
349emar… N’était-ce pas le contraste avec ces grands diables d’Américains ? Non, car en Suisse je n’ai rien éprouvé de semblable.
350qui a commencé par éditer en anglais L a Part du diable et Les Personnes du drame . D’autres de mes ouvrages seront traduit
44 1946, Journal des deux Mondes. Puisque je suis un militaire…
351dant à pied d’Andermatt et passant par le pont du Diable. Et ce qui me saisit ne fut pas la grandeur presque lugubre du paysag
45 1946, Journal des deux Mondes. Premiers contacts avec le nouveau monde
352mes « d’avenir »… Celui qui ne veut pas croire au diable travaille fatalement pour lui. 5 février 1941 Le Mauvais Temps
353éalité du mal, c’est-à-dire, concrètement, sur le Diable. La conversation que j’eus avant-hier avec Maritain au Cosmopolitan C
354 et envoyé au traducteur mon petit article sur le Diable. Dans les cinquante pages que je relis, cette note sur le roman me se
46 1946, Journal des deux Mondes. Voyage en Argentine
355-Diable. — L’avant-veille de ma conférence sur le Diable dans notre siècle, un reporter américain chez qui je dînais me propos
356re le lendemain, où l’on discute mes idées sur le Diable. — Qu’en savez-vous ? Je n’ai pas encore écrit ma conférence ? — No
357’occupent les bureaux de mon journal, on croit au Diable et on le connaît, monsieur ! Une fois par mois, il se déchaîne, penda
358 feuille de contrôle. Et sitôt la chose faite, le diable se tient tranquille. On a voulu me proposer des anti-diables plus per
359nêtre. Il me raconte encore quelques histoires du diable. Je prends congé, nous déjeunerons ensemble, c’est convenu, et j’expr
360 crois pas, je regrette… Nous parlerons encore du diable. C’est ainsi. Entre nous, rien n’est plus important ! ⁂ Nueva Helvec
47 1946, Journal des deux Mondes. Solitudes et amitiés
361 m’ayant remarqué, je l’entends dire : « Voilà le diable ! » Ils se retournent à demi et rient. J’ai fui. Pas d’autre restaura
362crypte de pierre nue. Exorciser en moi la part du diable, celle qu’il a sans doute prise à mon ouvrage. Idée bizarre : si j’ai
363t que je m’escrimais contre son image fuyante, le Diable a tranquillement vidé mon compte en banque, et je ne suis pas plus av
364uit. Profité de ce bref loisir pour reprendre mon Diable abandonné dans un tiroir depuis des mois, et pour en récrire deux cha
48 1946, Journal des deux Mondes. Virginie
365ayant demandé d’écrire une version élargie de mon Diable, j’ai saisi l’occasion pour obéir aux avertissements du médecin et me
49 1946, Journal des deux Mondes. Le choc de la paix
366. Il écrit un roman inspiré de votre livre sur le Diable — est-ce bien cela ? — et il voulait absolument vous voir, il ne sait
50 1946, Lettres sur la bombe atomique. Tous démocrates
367itlérisme. Lui. — Je vous entends ! J’entends le Diable ! D’ailleurs on n’entend guère que lui dans ce siècle trois fois maud
51 1946, Lettres sur la bombe atomique. Le goût de la guerre
368absence, pourtant certaine. Et c’est la chance du diable pour demain. Hitler battu, nous n’aurons plus d’ennemi. Une dimension
52 1947, Doctrine fabuleuse. L’ombre perdue
369ù vient le sentiment qu’il a d’être inférieur. Le Diable sait cela : c’est par là qu’il le tient. Peter lui donne son ombre co
53 1947, Doctrine fabuleuse. La fin du monde
370sions spirituelles. L’homme fuyant la Terre où le Diable sévit, se réfugie sur les hauteurs et découvre que Dieu y est plus da
54 1951, Les Libertés que nous pouvons perdre (1951). Libertés « formelles » et libertés « réelles »
371s. J’avais entièrement tort. Je ne croyais pas au Diable ! Je n’avais pas encore compris, vu et senti, que toutes les libertés
55 1955, Preuves, articles (1951–1968). L’aventure technique (octobre 1955)
372r le bien ? Je dis que ce serait une invention du Diable : elle priverait l’homme de sa liberté, voulue par Dieu. Le vrai p
56 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Première partie. La Voie et l’Aventure — Où le drame se noue
373issement d’un mont sacré, l’urgence d’éliminer un diable trop puissant, la querelle entre un roi et des dieux, la rivalité de
57 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — L’aventure technique
374r le bien ? Je dis que ce serait une invention du Diable : elle priverait l’homme de sa liberté, voulue par Dieu. Le vrai p
58 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Annexes — L’amour selon les évangiles
375faire réfléchir puritains et ascètes : lorsque le Diable tente Jésus qui a jeûné quarante jours dans le désert, il le tente pa
59 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914) — De l’historisme au pessimisme
376 sorte de composés chimiques. Ça met le feu ; que diable ! Prenez-en votre parti ! 18 décembre 1912. — L’Europe, ce cimetière,
60 1963, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Mais qui est donc Denis de Rougemont (7 novembre 1963)
377Amérique où il passera six ans, écrira La Part du diable et se liera avec plusieurs écrivains français. — On décida que je ser
378enue pour l’exposition de mon livre : La Part du Diable . Rentré en Europe en 1946, Denis de Rougemont s’engage alors dans l’
61 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
379re et du Paradis de Milton (il a pris le parti du diable, comme Blake, Shelley et Bakounine), c’est un peintre de genre fantas
380 viable et carrossable qu’au moment où le pont du Diable a permis de franchir les gorges de la Reuss, et de relier le Midi au
62 1966, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). André Breton à New York (8-9 octobre 1966)
381Duchamp signèrent celle qui annonçait ma Part du Diable ). J’allais chez lui, il me lisait de la poésie sur un ton d’emphase
63 1966, Preuves, articles (1951–1968). André Breton (novembre 1966)
382Duchamp signèrent celle qui annonçait ma Part du Diable ). J’allais chez lui, il me lisait de la poésie sur un ton d’emphase
64 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
383 leurs termes : nous n’avons pas ce pouvoir et le Diable lui-même ne peut éliminer ni le bien ni le mal, et pas même sa person
65 1973, Journal de Genève, articles (1926–1982). « Denis de Rougemont, l’amour et l’Europe » (3-4 mars 1973)
384our en livre de poche), un chapitre de la Part du diable et une brève nouvelle dans Doctrine fabuleuse , sur les trente volum
66 1977, Foi et Vie, articles (1928–1977). Pédagogie des catastrophes (avril 1977)
385uissance est la plus grande des tentations que le Diable dresse au désert devant Jésus. Toute la Bible exalte en revanche « la
67 1977, L’Avenir est notre affaire. Système de la crise — La religion de la croissance
386sements, le bétonnage universel. À cette œuvre du diable faite par les mains de l’homme tout collabore dans notre société, où
68 1977, L’Avenir est notre affaire. De la prévision — Naissance de la prospective
387d du ciel, dévorant les nations et précipitant le diable dans l’étang de soufre ; enfin, le Jugement dernier — bilan des temps
69 1977, L’Avenir est notre affaire. De la prévision — Deuxième histoire de fous : Hitler
388ssibles111… » Enfin, on peut lire dans La Part du diable que je publiais à New York en 1942, trois ans avant la mort du Führer
389ission » satanique. Certes, Hitler n’était pas le Diable. Mais certains ont pensé pour l’avoir éprouvé en sa présence par un f
70 1977, L’Avenir est notre affaire. Repartir de l’Homme — Que tout appelle les Régions
390ales nucléaires était sans doute un pacte avec le Diable, un « pacte de Faust ». Il ajoutait que s’il devait choisir entre séc
71 1977, L’Avenir est notre affaire. Conclusion. « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? »
391uissance est la plus grande des tentations que le Diable dresse au désert devant Jésus. Toute la Bible exalte en revanche « la
72 1981, Cadmos, articles (1978–1986). Un falsificateur vu de près (été 1981)
392e Politique de la personne (1934) à La Part du Diable (1942), en passant par le Journal d’Allemagne (1938) entièrement c
73 1982, La Part du Diable (1982). Postface après quarante ans
393 m’ayant remarqué, je l’entends dire : « Voilà le Diable ! » Ils se retournent à demi et rient. J’ai fui. Pas d’autre restaura
394Bergamin assure que le printemps est la saison du Diable. Mais j’aurai terminé dans peu. 23 mars Une lettre du proprié
395crypte de pierre nue. Exorciser en moi la part du Diable, celle qu’il a sans doute prise à mon ouvrage. Idée bizarre : si j’
396un de nous avait écrit : « Qu’arriverait-il si le diable entrait dans cette pièce ? » Le partenaire lut sa réponse : « Toutes
397lité. Est-ce que je crois encore à l’existence du Diable ? Je crains bien de ne pouvoir donner à cette question directe une ré
398ble. En effet, si je dis que je ne crois plus au Diable, c’est qu’il m’a eu, selon le premier chapitre de ce livre ; et s’il
399en doute ? En revanche, si je dis que je crois au Diable, ce n’est nullement une preuve qu’il existe, ou qu’il n’ait plus ni r
400e dire aux lecteurs de cette réédition, ce que le Diable signifie pour moi dans la conjoncture actuelle. Projection ? L’u
401ommes simples et qui n’ont pas lu Freud. Ainsi le Diable ne serait rien qu’une projection. Si vous voulez savoir le sens du te
402une illusion au second degré que de croire que le Diable n’est rien parce que Jean de Roma se trompait, alors que son erreur t
403s que son erreur témoigne du contraire, révèle le Diable, est typiquement œuvre du Diable. La projection est illusion, dit-on.
404raire, révèle le Diable, est typiquement œuvre du Diable. La projection est illusion, dit-on. Si le Diable est projection, il
405Diable. La projection est illusion, dit-on. Si le Diable est projection, il est donc illusoire. Mais cette illusion-là opère ;
406é de quoi, sinon de ce qui n’est pas ? Réalité du Diable, donc. Quant à la seconde forme de projection, on ne peut dire qu’ell
407 non de nous, voilà ce qu’implique la croyance au Diable. Il est à l’œuvre dans l’intimité la mieux gardée de mon individu, ma
408 de « méconnaissance » : je sais très bien que le Diable est en moi et que c’est là que je puis l’attraper. Il s’agit encore m
409onc nullement établi l’existence « objective » du Diable en décrivant le mécanisme de la projection, mais j’ai montré comment
410 latent installé dans tout cœur humain »44. Ni le Diable ni Dieu n’existeraient pour nous si nous n’avions aucun moyen de les
411 désert mystique. — La question de l’existence du Diable (ou de l’existence de Dieu) n’est donc pas une question détachée, dét
412ui se pose ensuite : à savoir si « Dieu » ou « le Diable », produits en nous et projetés par nous, coïncident avec Dieu ou le
413 et projetés par nous, coïncident avec Dieu ou le Diable tels qu’ils agissent hors de nous. Autocritique Je n’ai donc pa
414e répondu à ma propre question sur l’existence du Diable : j’ai fait sentir seulement que ce n’est pas si simple… En ce point,
415 ou moins radicalement impossible de connaître le Diable que Dieu. Comme si j’étais donc dans l’idée que nous avons tous une e
416 réalisables : ce nombre représentant le Mal. (Le Diable est Légion.) Mal est ce qui empêche le bien de s’épanouir. Je me form
417on transistor. L’homme a peu de chances contre le Diable. L’intervention d’un agent différent (qu’on appelle transcendance, en
418i peu de critiques s’en soient avisés jusqu’ici… Diable et Invention. — À Madrid, dans le parc du Retiro, on peut voir une st
419ans le parc du Retiro, on peut voir une statue du Diable Créateur. C’est une espèce de Prométhée. J’ai cru voir la même à Cata
420is d’un ordre du monde, voulu par Dieu, auquel le Diable nous incite à contrevenir. Mais aujourd’hui je ne suis plus sûr du to
421 des énergies. Ai-je assez montré l’efficacité du Diable en tant que dénonciateur, contestateur, semeur de doute et négateur,
422 ne peut rien que par Faust.) Il est clair que le Diable inspire les techniques, c’est-à-dire les moyens de changer la Créatio
423eau piqueur et la Bombe H procèdent évidemment du Diable, mais aussi tous les remèdes, instruments de chirurgie, avions, laser
424reprise. L’Administrateur. — Cioran écrit que le Diable n’est « qu’un administrateur, qu’un préposé aux basses besognes, à l’
425t-être aurais-je dû consacrer un bref chapitre au Diable bureaucrate, fonctionnaire de l’État, impeccable jusqu’au sadisme. Ce
426ns leurs versions contemporaines. On dira que mon Diable est « bien intellectuel »… Mais ma seule crainte est d’avoir laissé c
427a Production, ou un social-fascisme.) L’action du Diable est le modèle de l’action des intellectuels : ils n’ont jamais le pou
428s, le divan remplacera le lit de torture. Mais le Diable sera, comme avant, chez les Inquisiteurs et non chez leurs victimes —
429rsonne n’a parlé — même pas moi ! — de la mort du Diable. Et pourquoi cette étrange omission ? Parce que le Diable était mort
430Et pourquoi cette étrange omission ? Parce que le Diable était mort depuis longtemps déjà, et qu’on n’avait même plus l’idée d
431 de n’avoir pas été le premier à proclamer : « Le Diable est mort ! » Ou bien devrais-je m’en féliciter ? Et d’avoir été le pr
432t été son triomphe majeur ? Se garder de haïr le Diable. — La plus grave, peut-être, des critiques que je me fais, c’est d’av
433pression que je me croyais radicalement contre le Diable et le condamnais sans rémission, mais surtout que je le haïssais comm
434e se fouetter pour le haïr serait de condamner ce Diable sans lequel nous n’irions pas loin. Car en fait nous ne pouvons le tu
435nde est ce qu’il est — et n’est rien d’autre — le Diable en est le Prince inéluctable. Une longue patience et une maîtrise int
436e analogue : oui, je suis bien forcé de croire au Diable quand j’éprouve son action dans la nôtre et que j’en souffre dans mon
437n Je rappelais dans ma première version que le Diable, selon l’Évangile, est « le père de son propre mensonge ». Et j’ajout
438tait des vers du Faust de Goethe dans lesquels le Diable lui-même désigne son adversaire : ce n’est pas ce qui est saint et bo
439perte, celle des personnes, celle de l’espèce. Le Diable est là. On craignait l’incendie, on attendait l’éruption volcanique,
440 arrêtant le criminel, vous ne tiendrez jamais le Diable. Pas plus qu’en brûlant le martyr vous n’atteindrez la foi ni l’hérés
441 homme ou de toute une cité. Vous me direz que ce Diable-là devient étrangement fuyant, trop difficile à reconnaître, et je se
442 faut-il être pour dire non, un peu, du moins. Le diable augustinien serait forcément muet, le méphistophélique est négateur.
443cation de la vertu, de la vérité et de la vie. Le Diable est le Néantissant, le devenir du Rien, pôle d’anti-Esprit. Dieu suje
444le d’anti-Esprit. Dieu sujet pur personnalise, le Diable dépersonnalise, agent de la dissolution des structures créatrices, do
445uvement même de toute création, qui est amour. Le Diable se retire du crime admis pour tel, et il renie le criminel : il aband
446énée nous apprend que ces gnostiques faisaient du Diable leur instrument pour exténuer les vices à force d’y céder. L’orgie le
4473. Pardonner. G. Papini, dans un bon livre sur le Diable paru quelques années après le mien (comme sa formule le prouve plus e
448le livre. Mais enfin, pour pouvoir être sauvé, le Diable devrait exister en tant que personne. Or on a vu qu’il n’est qu’un an
449as ipso facto sa suppression. Le pacte avec le Diable Newton a toute une théorie sur la position géographique de l’Enfer
450a personne devant l’espèce et l’uniforme. Mais le Diable nous dit : Et d’abord qui es-tu ? Es-tu sûr d’être ? Vas-tu passer ta
451ent au long d’une vie : le fameux « pacte avec le Diable ». Chaque fois que m’échoit un « succès » qui ne répond à rien de ce
452omme une greffe. Le désir même de traiter avec le Diable dans l’espoir mal dissimulé de le rouler, traduit toujours une certai
453une et beau sorcier venu d’Italie pour évoquer le Diable et traiter avec lui. Il se flattait d’obtenir du Démon la puissance a
454oyens de vivre ? On voit ici que le pacte avec le Diable est non seulement inévitable mais vital, et de fait, presque universe
455) du jeu de l’eros impérialiste. Le pacte avec le Diable résume en un seul acte un procès perpétuel, qui semble continu, mais
456se de l’Attrait universel. L’irréductible part du Diable est en fin de compte celle de la dure nécessité de prolonger dans le
457 je trouve ceci : qu’il dirige l’attention sur le Diable non pas imaginé en Enfer ou au Ciel, c’est-à-dire refoulé dans l’inco
458is pris sur le fait dans nos vies. J’ai montré le Diable à l’œuvre dans nos créations — c’est la part de « l’esprit qui toujou
459ns le vice catalogué que j’ai cherché la trace du Diable, mais dans l’immense, lente et sûre dégradation des énergies humaines