1 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
1faits religieux admettent à côté de l’explication mystique une explication scientifique. C’est donc à la seule volonté de choisi
2 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
2le un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, — plus jeune,
3 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
3ans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne, émouvan
4s de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un monde poétique où il paraît inco
5alienne de Stendhal ; si d’autre part l’évolution mystique de Paulina semble parfois un peu trop « classique » et prévue, l’orig
6lle des événements inconscients. Certaines proses mystiques de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Trag
4 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
7ion, et tout devient satisfaisant. Ce lyrique, ce mystique exige pour être compris une complicité de sentiments ou d’état d’âme.
5 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
8e tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : ce sont bien les grands traits de notre inquiétude. (
6 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
9fut Rilke. Rilke y apparaît comme une de ces âmes mystiques et raffinées telles qu’on en découvre chez certaines femmes et l’on y
7 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
10itatives barbes. Je viens d’entendre la voix d’un mystique. Que si l’on vient nous empêtrer de dogmes bassement ingénieux : « Si
11uand ils ont montré à l’origine de telle doctrine mystique une exaltation nerveuse ou des troubles organiques. Ils opposent à ce
8 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
12 cause, plus vides que la mort. Toutes ces choses mystiques, c’est-à-dire réelles, c’est-à-dire agissantes, que nulle poésie même
9 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
13ord. Alors les hommes hurleront un affreux besoin mystique. Vous réveillerez-vous pour les désaltérer, dieux de l’Orient et de l
10 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
14mblances, qui pour d’autres paraissaient purement mystiques… Mais vous savez, « les autres » n’y comprennent jamais rien, dès qu’
11 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)
15del s’est montré partial en faisant de Rimbaud, « mystique à l’état sauvage », un catholique qui s’ignore, il n’est pas plus adm
12 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
16, je dis : Belles-Lettres est essentiellement une mystique. Mais parce que je suis de sang-froid, je ne puis dire grand-chose de
13 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
17ulture des facultés physiques, intellectuelles et mystiques. Toute leur force vient du Yoga. Et tout le Yoga repose sur la concen
14 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
18 surréalistes certains sophismes et ce « badinage mystique » sans l’accompagnement desquels, semble-t-il, nul Français ne saurai
15 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
19elque chose de « moderne », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa mu
20 » de la vie n’est-il pas comparable à ce que les mystiques appellent leur désert, — cette zone vide qu’il faut traverser avant d
16 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
21urs participe de la liberté : j’entends la pensée mystique. L’expérience mystique a la même extension que l’humanité. On n’en sa
22erté : j’entends la pensée mystique. L’expérience mystique a la même extension que l’humanité. On n’en saurait dire autant de no
23en saurait dire autant de notre raison. Les faits mystiques — qu’on les prenne en l’état brut où notre pensée le plus souvent les
24 nouveau sous l’aspect d’une culture des facultés mystiques ; d’une technique spirituelle8 indépendante de toute fin religieuse p
17 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
25ique. Mais rien n’est plus hasardeux qu’une telle mystique, — rien n’est plus incertain que son objet. Comme il est déchirant en
18 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
26rps du Christ déjà presque transfiguré en symbole mystique sur le ciel vert du plus grand jour de l’Histoire. On a beaucoup rema
19 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
27qu’il dit spiritualité, nous pensons connaissance mystique.
20 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
28 contemplaient d’en bas ; non pas en curieux : en mystique. Pareille attitude ne surprendra pas un moderne ; mais elle est uniqu
21 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
29Eiichi produit en témoignage de sa conversion. En mystique véritable, il évite rigoureusement les expressions sentimentales ou r
22 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931)
30 il risque de les priver par là de cette autorité mystique, absolue et naïve où gît leur profonde raison d’être. C’est pourquoi
23 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
31que tableau d’un domaine et d’une famille dont la mystique se révèle au cours d’un épisode central traité en profondeur, — roman
24 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
32endorf. C’était le temps du réveil sentimental et mystique dans une Allemagne luthérienne ravagée par l’Aufklärung et le rationa
33nt à ce jeune homme plein d’une exigeante ferveur mystique. « Mes rapports avec les dévots, — écrit-il de Strasbourg — ne sont p
34’un Jacobi. Mais ce « reste », cette connaissance mystique, il ne tardera pas à découvrir qu’on n’y atteint qu’en outrepassant l
25 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
35utres — ou parfois les mêmes — d’avoir sécrété la mystique du capitalisme américain. Les uns l’accusent de livrer le monde au Ma
26 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
36e pouvoir de le susciter dans son œuvre, comme le mystique dans sa prière. Et c’est pourquoi le poète, Ramuz, l’homme qui vit co
27 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
37itable. Et si, comme chez Goethe, c’est une forme mystique, celle du terrible « Meurs et deviens ! », et s’il l’assume en connai
38pirituelle par où l’homme pénètre dans la réalité mystique. Et cet acte ne peut se produire que dans le plus profond silence de
39de la spéculation et de l’existence, de l’au-delà mystique et de l’immédiat éthique. Et quels sont les plus grands Occidentaux ?
40si que le voyant audacieux qui écrivit les chœurs mystiques du Second Faust peut aussi faire figure de sage officiel parmi les ph
28 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
41: lutte contre le capitalisme, le fascisme, leurs mystiques et leurs créations politiques (nationalisme, SDN, etc.), condamnation
42it. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous retrouvez que trop bien dans les vôtres ! Déjà
29 1932, Le Paysan du Danube. Le Paysan du Danube — Un soir à Vienne avec Gérard
43lances, qui pour les autres paraissaient purement mystiques… Mais vous savez, « les autres » n’y comprennent jamais rien, dès qu’
30 1932, Le Paysan du Danube. Le Paysan du Danube — Voyage en Hongrie
44elque chose de « moderne », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa mu
45 » de la vie n’est-il pas comparable à ce que les mystiques appellent leur désert, — cette zone vide qu’il faut traverser avant d
31 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Petit journal de Souabe
46e avec mystère des objets que nous touchons, — ce mystique avec naturel de ce qui nous est invisible. Tous deux orientent la réf
32 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le Deuxième Jour de la Création, par Ilya Ehrenbourg (décembre 1933)
47s les faits, même en Russie, ne sont rien sans la mystique. La force et le charme de ce roman sont ceux mêmes d’une jeunesse fru
33 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Liberté ou chômage ? (mai 1933)
48poque. C’est qu’il a tout infecté, ou presque. La mystique bourgeoise du travail-vertu, associée à une conception purement quant
49rement quantitative de l’activité, n’est plus une mystique de classe : elle est devenue quasi universelle. Que le « travailleur 
50r cette seule raison 4. On ne voit pas en quoi la mystique quinquennale porterait remède à cette perversion. L’engouement que pr
34 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La Légion étrangère soviétique (juin 1933)
51là ce qu’on appelle sa révolution ! 3° Raisons mystiques Car il y a parmi eux des mystiques. Ils sont rares : ils ont compr
52 3° Raisons mystiques Car il y a parmi eux des mystiques. Ils sont rares : ils ont compris le marxisme. Ils considèrent avec d
35 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Grammaire de la personne (janvier 1934)
53’est mort que pour renaître dans le collectif. La mystique de la masse ou du groupe qui domine la moitié de l’Europe, n’a pas d’
36 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). D’un humour romand (24 février 1934)
54acismes.) On avait, dans ce groupe, une espèce de mystique des objets, du détail authentique, de l’aspect brut des choses et des
37 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Le mouvement des groupes — Kagawa (4 août 1934)
55n contre les prophètes. Kagawa est aussi un grand mystique, c’est-à-dire un grand poète. Le livre d’Axling nous donne d’admirabl
38 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plans de réforme (octobre 1934)
56ée par une « oligarchie de profiteurs ». Mais les mystiques fascistes ne la sauveront pas : il faut rééduquer les citoyens. Je ci
57outir qu’au « fascisme ». Mais à un fascisme sans mystique, pas même populaire. Jules Romains y insiste : ce plan n’est qu’un pr
39 1934, Politique de la Personne (1946). Primauté du spirituel ? — Personne ou individu ? (d’après une discussion)
58l’entretien des personnes. Privé de toute dignité mystique, il doit devenir un simple organe d’économie et de distribution des t
40 1934, Politique de la Personne (1946). Idoles — Antimarxiste parce que chrétien
59t. Nous avons longtemps cru que le « point de vue mystique » pouvait servir à la vie dans le monde, même sans la foi. Nous avons
41 1934, Politique de la Personne (1946). Idoles — Fascisme
60’antifascisme est en passe de devenir la nouvelle mystique de la gauche. Cette mystique est d’autant plus vive qu’elle se dévelo
61 devenir la nouvelle mystique de la gauche. Cette mystique est d’autant plus vive qu’elle se développe — provisoirement — à l’ab
62ils concrets — à l’abri de toutes précisions. Une mystique n’est jamais puissante que dans le vague. Or, celle-ci s’alimente à l
63 fonde des ligues antifascistes40, on cultive une mystique antifasciste, les intellectuels se déchaînent : déjà la nervosité des
42 1934, Politique de la Personne (1946). Problèmes de la révolution personnaliste — D’un Cahier de revendications
64: lutte contre le capitalisme, le fascisme, leurs mystiques et leurs créations politiques, condamnation de l’individu, de la « pe
65it. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous retrouvez que trop bien dans les vôtres ! Déjà
43 1934, Politique de la Personne (1946). Problèmes de la révolution personnaliste — Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
66s les plus pratiques… Mais eux, ils veulent de la mystique, des discours et des revendications « excitantes ». Toute la politiqu
67n niveau concret. D’où sa vitalité et son pouvoir mystique. On dit souvent (surtout les intellectuels de gauche) que le Français
44 1934, Politique de la Personne (1946). À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
68iers de petits Führer — mais c’est l’État et sa « mystique » qui les créent. On ne leur laisse d’initiative que dans les cadres
45 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — Liberté ou chômage ?
69poque. C’est qu’il a tout infecté, ou presque. La mystique bourgeoise du travail-vertu, associée à une conception purement quant
70rement quantitative de l’activité, n’est plus une mystique de classe : elle est devenue quasi universelle. Que le « travailleur 
71 cette seule raison 75. On ne voit pas en quoi la mystique quinquennale porterait remède à cette perversion. L’engouement que pr
46 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — Groupements personnalistes
72ui l’empêcheront toujours d’agir et de créer : la mystique parlementaire et le marxisme — l’une trop française, au mauvais sens
73s le domaine de la pensée ; refus du nationalisme mystique, considéré comme une captation, au profit de l’État et de la finance,
74ouvel esprit communautaire, fondé non pas sur une mystique de race, de classe ou de parti, mais sur un sens concret des responsa
47 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
75’intensité » de la vie ? Ne voyons-nous pas cette mystique de « l’intensité prise comme but », c’est-à-dire cette mystique de la
76l’intensité prise comme but », c’est-à-dire cette mystique de la vie prise comme but de la vie, et même de la religion, s’introd
77onscience, notion humaine de la justice, science, mystique de la vie, droit au bonheur, etc., l’idée de la toute-puissance et de
48 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
78 renfort d’images impressionnantes, de métaphores mystiques, d’influx spirituel dans le vieil homme, de grâce infuse et de radioa
49 1935, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Trois traités de Jean Calvin (20 juillet 1935)
79 c’est le Traité de la Cène ; enfin, aux diverses mystiques de l’humanisme antichrétien et c’est le Traité des Scandales. Ce troi
50 1935, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Les mystiques allemands du xiiie au xixe siècle, par Jean Chuzeville (2 novembre 1935)
80 Les mystiques allemands du xiiie au xixe siècle, par Jean Chuzeville (2 novembre
81elle est don de Dieu ; elle s’oppose donc à toute mystique qui ne serait qu’une fuite hors du monde, comme à toute action en rév
82 l’ordre de la Parole. En confondant la foi et la mystique, comme le fait par malheur M. Chuzeville, on contribue à renforcer un
83 dont le bénéfice ne saurait être pour la foi. La mystique, nous dit-il, en effet, c’est « la recherche des moyens par lesquels
84, la traduction ferme et coulante. La plupart des mystiques que M. Chuzeville nous révèle sont inconnus du public français, Noval
85 sans doute de le voir figurer dans un choix de « mystiques », alors qu’il est le premier défenseur de l’expérience. Mais la beau
86rs cette erreur de classification. En vérité, les mystiques allemands nous apparaissent surtout intéressants dans la mesure où il
51 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ni gauche ni droite (août 1935)
87 » Nation et peuple se confondaient alors dans la mystique de la révolution. Aujourd’hui l’on se voit sommé de choisir entre un
88pposition n’est pas dans les faits, mais dans les mystiques. Que valent ces mystiques détachées du réel ? Je vois à gauche la peu
89es faits, mais dans les mystiques. Que valent ces mystiques détachées du réel ? Je vois à gauche la peur de Chiappe, et à droite,
90 tort disent les gauches ; et c’est à cause de la mystique. Et Staline, disent les droites, a tort : car nous voulons une armée
91rer les grands mots d’ordre populaires, au nom de mystiques sans puissance contre les menaces réelles, — qui sont la guerre et l’
52 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Paracelse, par Frédéric Gundolf (septembre 1935)
92 a-t-on souvent tendance à le rejeter du côté des mystiques, où cependant il n’a que faire, avec son goût de l’expérience et de l
53 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Recherches philosophiques (septembre 1935)
93s de E. Weil sur l’histoire, de M. Souriau sur la mystique de la joie, les esquisses phénoménologiques du Dr Minkowski, les appr
54 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les mystiques allemands du xiiiᵉ au xixᵉ siècle, par Jean Chuzeville (octobre 1935)
94 Les mystiques allemands du xiiiᵉ au xixᵉ siècle, par Jean Chuzeville (octobre 1935)
95la curiosité moderne les témoignages écrits de la mystique médiévale ou renaissante. Notre optique actuelle doit fatalement les
96t nous incite à séparer ce qui était lié chez les mystiques : la vision de foi et les symboles concrets qui essayent de l’envelop
97pper pour la transmettre. Nous estimons alors les mystiques selon les critères du lyrisme moderne, qui ne préjugent pas nécessair
98 plupart d’entre nous à récuser la Vérité que les mystiques ont prétendu traduire, ce qui reviendrait à les taxer de mythomanie.
99. La question est alors de savoir s’il existe une mystique vraiment chrétienne, une mystique qui ne soit pas cette « transgressi
100s’il existe une mystique vraiment chrétienne, une mystique qui ne soit pas cette « transgression » et cet oubli de nos limites,
101, la traduction ferme et coulante. La plupart des mystiques que M. Chuzeville nous présente sont inconnus du public français, Nov
102 sans doute de le voir figurer dans un choix de « mystiques », alors qu’il est le premier défenseur de l’expériencev. Mais la bea
103ns autant que Novalis de figurer parmi les grands mystiques modernes. Mais sans doute M. Chuzeville s’est-il laissé guider dans s
104 que dégageât sans équivoque la confrontation des mystiques et de la mentalité moderne. 35. Ce que je pardonne moins à M. Chuze
55 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). « Le plus beau pays du monde » (octobre 1935)
105nalisme existe parce qu’on l’enseigne ; c’est une mystique, un idéal abstrait, un orgueil. Il existe dans la mesure où on l’exal
56 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). À propos du 14 juillet (juillet-août 1935)
106 fait les gros bailleurs de fonds. Erreur sur la mystique : la lutte des « nationaux » contre les « populaires » ne fait que pr
57 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
107recouvrir de plus en plus exactement la carte des mystiques qui divisent la France depuis 150 ans. Il n’y a plus une gauche génér
108 populaire et un Front national, où se confondent mystique et politique, et entre deux la débandade des radicaux, en tout cas le
109yers de la vie publique, et si d’autre part leurs mystiques se sont à ce point modifiées, il importe plus que jamais de définir l
110e M. de la Rocque. Le fascisme, en effet, est une mystique de la jeunesse ; Service public nous propose, au contraire, une mysti
111 ; Service public nous propose, au contraire, une mystique d’anciens combattants. Le fascisme est anti-capitaliste (en théorie),
58 1935, Le Semeur, articles (1933–1949). La cité (avril-mai 1935)
112 conforme à ses cadres simplistes ; — dénoncer la mystique des partis, cette tyrannie démocratique ; combattre et dénoncer cette
59 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
113de l’avenir d’un peuple qui dispose de ressources mystiques aussi puissantes. Peut-être était-ce inévitable. Peut-être les bienfa
114n d’une angoisse que l’on apprend à fuir dans les mystiques collectives. Et l’on se rassure en attendant par de faciles raillerie
115ne mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là encore, derrière les grandes façades aux symbole
60 1936, Esprit, articles (1932–1962). André Gide, Retour de l’URSS (décembre 1936)
116nce marxiste eût réussi ? Sa croyance est d’ordre mystique, contredite par les faits connus. C’est une espèce d’acte de foi. Ou
61 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Dictature de la liberté, par Robert Aron (mars 1936)
117e critique qui « contingentât » l’importation des mystiques étrangères. Oui, mais on ne se défend qu’en attaquant. Sachons gré à
62 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plébiscite et démocratie (avril 1936)
118une nation unitaire, centralisée, une solide base mystique et étatique pour les conquêtes futures, militaires ou pacifiques. Dan
63 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Du socialisme au fascisme (novembre 1936)
119 entre les mains de l’État, il faut l’appui d’une mystique qui paralyse les éléments d’opposition. C’est la mystique de « l’unio
120 qui paralyse les éléments d’opposition. C’est la mystique de « l’union sacrée », autrement dit, le nationalisme. En vérité, le
121confiance disciplinée, à toute épreuve. Seule une mystique nationaliste la lui donnera. Ainsi la formule socialiste : tout par l
64 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Les Jacobins en chemise brune (décembre 1936)
122a fonder un parti unitaire qui s’appuiera sur une mystique renouvelée du Pangermanisme. C’est ici que s’insère le racisme. Et l’
65 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — Fatalités du rationalisme bourgeois
123ornichon : le communisme des bourgeois, c’est une mystique, un lyrisme, ou une croyance au chambardement libérateur. On comprend
66 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — Décadence des lieux communs
124s et les articles de journaux, avec État, nation, mystique raciale, peuple et coutumes, ou terre natale, esprit de clocher, etc.
125 chose : les mêmes choses sous d’autres noms, des mystiques et des dictateurs. Les lieux communs sont morts et embaumés : déjà, o
67 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — La mesure soviétique
126de l’avenir d’un peuple qui dispose de ressources mystiques aussi puissantes. Peut-être était-ce inévitable. Peut-être les bienfa
68 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — La mesure nationale-socialiste
127ions d’électeurs communistes. Il a compris que la mystique était plus forte que les intérêts, d’autant plus forte que la misère
128s. Ils n’avaient pas même de bottes ! Et c’est la mystique « nationale » qui fit la force de l’armée du Rhin. Mais surtout Hitle
129mée du Rhin. Mais surtout Hitler a compris que la mystique la plus puissante sur le peuple, serait celle qui lui offrirait la pr
130u à l’honneur national menacé, c’est-à-dire à des mystiques, contre toute critique « désintéressée ». Il fallait d’abord donner l
69 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle
131llon d’une angoisse qu’on apprend à fuir dans les mystiques collectives. Et pour le reste, on se rassure par de faciles raillerie
132ne mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là encore, derrière les grandes façades aux symbole
133qu’ils n’ont pas encore pu s’en affranchir par la mystique au point de ne plus redouter la pauvreté. (Les civilisations à princi
70 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — La pensée prolétarisée
134tits, dans leur obsession d’assurances, dans leur mystique de la richesse, dans leur recours à l’idée d’homme moyen pour justifi
71 1937, Esprit, articles (1932–1962). Journal d’un intellectuel en chômage (fragments) (juin 1937)
135ent, quand elle exprime une réalité sentimentale, mystique ou sensuelle, qui ne saurait se traduire en termes de raison. Mais je
72 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Éluard, L’Évidence poétique (juin 1937)
136s objets, artificiels, créés ! (arts, techniques, mystique). Éluard parle, comme nous, de « construire un monde à la taille de l
73 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
137ention extrême à Swedenborg du vivant de ce grand mystique. L’excellente analyse qu’il nous donne des principaux écrits de son c
138. Si étranger qu’on le connaisse aux spéculations mystiques, et aux problèmes théologiques qui s’y rattachent étroitement, c’est
139ion très raisonnable, à des « rêveries » purement mystiques. On s’imagine couramment que la doctrine théosophique de Swedenborg e
140uablement cohérente. En somme, les grands traités mystiques de Swedenborg — dont l’influence fut si profonde sur les meilleurs es
141révèle un parti pris assez brutal de réduction du mystique à l’illusoire. Par exemple, il relate une des premières extases de S.
142de même que celles qu’on note chez la plupart des mystiques, doivent être considérées comme des pseudo-hallucinations, qui, à la
143tu dormitive »… 2. Les auteurs qui s’occupent des mystiques et, en général, d’objets religieux qui leur paraissent inquiétants po
144eudo-hallucinatoire » des plus fréquents chez les mystiques, et qui « expliqueraient » physiologiquement le chemin de Damas et be
145tein… Tout ceci tendait à prouver que le problème mystique n’est nullement justiciable de « la science » d’aucune époque, et qu’
146t du moi, qui est sans conteste celui de tous les mystiques, orientaux ou occidentaux, païens ou chrétiens, hétérodoxes ou orthod
147 humaniste. Ce serait — je simplifie — le cas des mystiques orientales, dont l’influence est loin d’être négligeable chez les jeu
148facés. c’est ce que Madame Guyon appelle “la mort mystique”. L’âme ne vit plus désormais de sa vie propre, c’est Dieu qui vit et
149 profonde raison d’être. Or il semble bien que la mystique occidentale, catholique ou protestante (Swedenborg était luthérien72,
74 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
150ir cette conscience aux proportions nouvelles des mystiques qui régissent l’Europe d’aujourd’hui. Notre chance et nos risques son
75 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Pauvre province
151ent, quand elle exprime une réalité sentimentale, mystique ou sensuelle, qui ne saurait se traduire en termes de raison. Mais je
152grands journaux d’information. On leur impose une mystique confectionnée à l’usage des moujiks… Quel est l’homme sain qui oserai
76 1938, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). La vraie défense contre l’esprit totalitaire (juillet 1938)
153peuple. C’est parce que les fascistes avaient une mystique, tandis que les autres n’en avaient plus, que les fascistes n’ont pas
154ns vu, et seule une religion plus vraie que leurs mystiques saura nous indiquer les vraies fins de la lutte. Conscience civique e
155 totale de notre foi. La foi chrétienne, pour les mystiques idolâtres, c’est un adversaire plus sérieux que les canons et que les
77 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
156ituel vers le monde incréé de la Lumière. L’Amour mystique, dont le symbole était la « Dame des pensées » dans la lyrique des tr
157l’a magnifiquement montré Wagner. C’est cet Amour mystique, bientôt sécularisé et « profané » par la littérature, qui donne nais
158 occidentale. Son vocabulaire sera repris par les mystiques orthodoxes. Sa rhétorique, d’origine sacrée, transformera peu à peu n
159 conséquences dans les domaines les plus divers : mystique, littérature, guerre, mariage. C’est l’influence actuelle du mythe ma
160t encore du fait que l’on ignore la signification mystique de ses symboles, et que ceux-ci ne paraissent plus révélateurs que d’
161er de pécher et le remords, devient soudain vertu mystique (dans le symbole), puis se dégrade (dans la littérature) en aventure
162on d’un roturier à la chevalerie était un symbole mystique bien plutôt qu’une dérogation aux coutumes du droit féodal. Mais là-d
163-même ou la vie en général : dernier relent de la mystique primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujo
164ui. Pitoyables victimes d’un mythe dont l’horizon mystique s’est refermé depuis longtemps. Pour Tristan, Iseut n’était rien que
165. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin terrestre — et c’est par là que cette passion se déta
166 des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est plus qu’une sensation, — n’aboutit pas. On reto
78 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
167ité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour po
168se un moi purifié, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’acc
169ment pris pour ce monde. Partant d’une déraison « mystique » (si l’on veut), indifférente, sinon hostile au bonheur et à l’insti
170ain que l’Occidental christianisé se distingue du mystique Oriental par son pouvoir d’approfondir l’être créé dans ce qu’il a de
171nt de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’in
172evoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et accomplie que par la rencontre d’un autr
79 1938, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Une révolution refoulée (juillet 1938)
173be de l’expérience : il s’agissait d’affirmer une mystique, mais de ne faire que les réformes qu’imposait la pression des « mass
174s d’autres voies, et les trouve. Encore un peu de mystique Front populaire, encore quelques réformes à contretemps, à contre-fin
80 1938, Journal d’Allemagne. Conclusion 1938
175ir à concentrer l’économie, il faut l’appui d’une mystique, qui paralyse les éléments d’opposition. Tout « étatisme » (au sens a
176 confiance disciplinée, à toute épreuve. Seule la mystique nationaliste la lui donnera. Ainsi le socialisme « nationalise » l’éc
177urarmés, c’est celui qui dispose de la plus forte mystique qui doit fatalement triompher. Et en s’armant autant que l’État total
178que perdrait ses meilleures forces morales : sa « mystique » de la liberté. Il n’y a de solution pratique que dans un vaste effo
81 1938, Journal d’Allemagne. Plébiscite et démocratie. (À propos des « élections » au Reichstag, 29 mars 1936)
179une nation unitaire, centralisée, une solide base mystique et étatique pour les conquêtes futures, militaires ou pacifiques. Dan
82 1938, Journal d’Allemagne. Les jacobins en chemise brune
180a fonder un parti unitaire qui s’appuiera sur une mystique renouvelée du Pangermanisme. C’est ici que s’insère le racisme. Et l’
83 1939, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). Nicolas de Flue et la Réforme (1939)
181dance, la plus importante à mes yeux, celle de la mystique germanique. Nous savons que par sa mère et par certains amis de celle
182t pas sans d’intimes relations avec les doctrines mystiques de Suso et de Tauler, et par eux, de Maître Eckhart. On sait que Luth
183t qui se rapprocherait plutôt de celle des sectes mystiques qui foisonnèrent en Occident à partir du xiie siècle et du mouvement
184phique est en réalité la paraphrase d’un texte du mystique Heinrich Suso : Mon Seigneur et mon Dieu, ôte de moi tout ce qui m’é
185s cette « piété germanique », de forme proprement mystique. Qu’il suffise d’indiquer qu’elle représentait, face à l’Église établ
84 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
186tir du xiie siècle, et par l’effet de confusions mystiques, l’exaltation de cet amour naturel est subitement considérée comme ve
85 1939, Le Figaro, articles (1939–1953). L’ère des religions (22 février 1939)
187. Et cet appel à une communauté nouvelle, à une « mystique » comme on le répète un peu partout, plus simplement : à des raisons
188s. On demande souvent quel est le contenu de la « mystique » nationale-socialiste. L’effrayant, c’est qu’il n’y en a pas. Il n’y
86 1939, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Non, Tristan et Iseut ne s’aiment pas, nous dit Denis de Rougemont (12 février 1939)
189ui resteront au cours des siècles ceux des grands mystiques. — Ainsi tous les troubadours étaient des cathares ? — J’en suis pers
87 1939, La Revue de Paris, articles (1937–1969). L’Âme romantique et le rêve (15 août 1939)
190r là même — car nous vivons au seuil de l’ère des mystiques collectives — cette lecture nous introduit aux vertiges spirituels d’
191 frappante, l’intérêt de beaucoup pour les études mystiques ; voici que se répand l’usage, et même l’abus, du terme de « mystique
192 se répand l’usage, et même l’abus, du terme de « mystique » dans l’ordre politique ; voici enfin qu’un grand empire réalise au
193thèse de religiosité, de politique, de rêve et de mystique élémentaire. Or, ces faits ne sont pas seulement coïncidents. Ce n’es
194 s’émeut leur commune origine. I. Le Rêve et la Mystique La conscience claire est la première conquête spirituelle des homm
195e siècle des Lumières. Ainsi renaissent nos soifs mystiques élémentaires après un siècle de science positiviste. Est-il vrai que
196ssi un monde supérieur, c’est entrer dans la voie mystique. Si la plupart des romantiques n’ont pas choisi en toute clarté — rus
197s inclinent à penser qu’ils sont plus proches des mystiques que des psychanalystes. Au fond, lorsqu’ils se demandent si le rêve e
198mulent le problème crucial qui se pose à tous les mystiques. Albert Béguin lui-même nous invite trop souvent à établir ce parall
199ses pleines de sens » dont nous parlent aussi les mystiques. Une autre analogie, assez frappante, c’est le rôle de la rhétorique
200e de la rhétorique chez les poètes du rêve et les mystiques. Le philosophe G. von Schubert, comme plus tard le poète Jean-Paul, i
201t de veille. D’autre part, l’on sait bien que les mystiques, fussent-ils de religions différentes — hindous, musulmans ou chrétie
202onde ineffable, qui est proprement le domaine des mystiques. Toute expérience mystique ou romantique présuppose l’existence d’un
203rement le domaine des mystiques. Toute expérience mystique ou romantique présuppose l’existence d’un centre ou d’un tréfonds div
204ci le paradoxe —, nous voyons bien que les grands mystiques, et après eux les romantiques, passent leur vie à en parler, à en écr
205oindre irrévérence : nul n’est plus verbeux qu’un mystique, si ce n’est un romantique allemand. Car l’un et l’autre ont l’ambiti
206 saurait être dit… Et pourtant si, romantiques et mystiques sont persuadés que, nonobstant leur impuissance à traduire l’inconsci
207vulgarisée de nos jours qu’on en oublie l’origine mystique : « Le poète et le rêveur sont passifs ; ils écoutent le langage d’un
208 du Silence et de l’indicible dont nous parlaient mystiques et romantiques : c’est la négation et la mort du monde des formes et
209ve, s’identifie avec le terme de toute expérience mystique : c’est la « pure présence ineffable », la « contemplation sans objet
210xil que nous trouvons à l’origine des expériences mystiques les plus diverses, d’où naît-il, dans quel souvenir d’une patrie heur
211graphie des romantiques quelques lumières sur les mystiques proprement dits, tout au moins sur les causes humaines du sentiment d
212nce prémystique (ou faut-il dire d’une expérience mystique privée de la grâce, réduite à ses aspects purement humains ?) Le poin
213mmise que par son existence même ». Un philosophe mystique tel que Ignaz Troxler n’hésitera pas à élargir le processus jusqu’à y
214est que la tendance à la dilatation panthéiste ou mystique de l’être revêt presque toujours la forme d’un vœu de mort. Le sommei
215ssive à soi-même est l’ambition de tous les vrais mystiques. Mais pourquoi voudrait-on mourir ? La biographie de plusieurs des po
216e. Et peut-être pourrait-on dire que l’expérience mystique générale ne devient proprement chrétienne que dans le cas où l’être a
217ie devant la mort de Tristan et d’Isolde. III. Mystique et Personne L’exemple des romantiques allemands illustre une relat
218que et de la vie sociale par ce qu’on nomme les « mystiques » collectives ? Certaines catégories que nous venons de dégager pourr
88 1939, La Vie protestante, articles (1938–1978). Nicolas de Flue et la tradition réformée (1er septembre 1939)
219 le miracle du jeûne prolongé de Nicolas. Seul le mystique luthérien Sébastien Franck dit à la fin de sa chronique : « Qu’il n’a
89 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Avertissement
220nt ses effets dans les domaines les plus divers : mystique, littérature, art de la guerre, morale du mariage. ⁂ L’agrément de pa
90 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe de Tristan
221de son affreuse réalité ? Tourner la situation en mystique ou en farce, c’est toujours avouer qu’elle est insupportable… Mal mar
222este au-delà de tout repentir possible ! Certains mystiques ont fait plus qu’avouer : ils ont su et se sont expliqués. Mais s’ils
223ce, n’est-ce pas l’acte même, et l’audace, de nos mystiques les plus lucides ? Érotique au sens noble, et mystique : que l’une de
224ues les plus lucides ? Érotique au sens noble, et mystique : que l’une de l’autre soit cause ou effet, ou qu’elles aient une com
91 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Les origines religieuses du mythe
225nous que Platon et les druides, une sorte d’unité mystique du monde indo-européen se dessine comme en filigrane à l’arrière-plan
226n lui-même s’en trouve transformé. Tandis que les mystiques païennes le sublimaient jusqu’à en faire un dieu, et en même temps le
227ures expressions. J’entends parler d’une forme de mystique à la fois dualiste dans sa vision du monde, et moniste dans son accom
228éorique réalisation historique Paganisme Union mystique (amour divin heureux). Amour humain malheureux. Hédonisme, passion ra
229 formes catholiques, toutes les reviviscences des mystiques païennes capables de le « libérer ». C’est ainsi que les doctrines se
230 manière la plus complexe à la grande renaissance mystique. D’autre part, elles trouvaient des complaisances profondes dans la m
231e connaissait pas toujours l’origine et la portée mystique de valeurs qu’elle prenait pour une mode et qu’elle accommodait à ses
232 la fois historique et archétypique, psychique et mystique, concret et symbolique, ou si l’on veut littéraire et religieux. Les
233n’est-ce point déjà la Divinité en soi des grands mystiques hétérodoxes, le Dieu d’avant la Trinité dont nous parlent la Gnose et
234 le Cantique des Cantiques, le ton est réellement mystique. Les érudits nous ressassent leur formule : il n’y aurait là, « tout
235— : n’y trouve-t-on pas la démarche précise de la mystique négative, et ses métaphores invariables ? Je l’aime et la recherche
236e passion proprement religieuse, d’une conception mystique fortement attestée dans la vie même des âmes. Essayons à nouveau de r
237t des exemples topiques ; celui, entre autres, du mystique Suso : « La vie de la chrétienté médiévale est, dans toutes ses manif
238atérialisme à prétentions d’au-delà. Même chez un mystique de l’envergure d’un Henri Suso, le sublime nous semble parfois frôler
239ue des expressions courtoises et leurs résonances mystiques. « II est certain — doit-il avouer — que les idées religieuses d’une
240 veut voir un trait biographique, détient un sens mystique évident : « Ce que le corps me refuse, l’âme me l’octroie » (par exem
241vera davantage dans une hiérarchie d’abstractions mystiques, figurant d’abord la philosophie, puis la Science, puis la Science sa
242verse, il serait excessif de soutenir que l’idéal mystique sur quoi elle se fondait à l’origine fût toujours et partout observé 
243 je donne à ce mot — sont d’origine religieuse et mystique, il est certain qu’elles se trouvent flatter, par cela même qu’elles
244et nous engage dans un nouveau chapitre. 9.Les mystiques arabes Comment de la confuse combinaison de doctrines plus ou moin
245 dès le ixe siècle, dans l’Islam, d’une école de mystiques poètes qui devaient avoir plus tard pour principales illustrations Al
246hevaleresque, dont les titres de quelques traités mystiques de cette école donnent une idée : le Familier des Amants, le Roman de
247 ne peut aimer que le fini. Il en résulta que les mystiques furent obligés de recourir à des symboles dont le sens restait secret
248inité. Or le langage érotico-religieux des poètes mystiques tendait à établir cette confusion du Créateur et de la créature. Et l
249 le verrons, mutatis, mutandis, au cas des grands mystiques occidentaux, de Maître Eckhart à Jean de la Croix. ⁂ Une brève revue
250. ⁂ Une brève revue des thèmes « courtois » de la mystique arabe fera sentir à quelles profondeurs le parallélisme trouve ses or
251la Vérité, « appellation s’adressant à des amants mystiques qui s’entendent dans une idéalisation, commune » et fondent ainsi une
252on le manichéisme iranien, dont s’inspiraient les mystiques de l’école illuminative de Sohrawardi, une jeune fille éblouissante a
253 toi-même ! » Or selon certains interprètes de la mystique des troubadours, la Dame des pensées ne serait autre que la part spir
254 prend garde au sens liturgique du salut. f) Les mystiques arabes insistent sur la nécessité de garder le secret de l’Amour divi
255ge de la mort d’amour est le leitmotiv du lyrisme mystique des Arabes. Ibn Al-Faridh : Le repos de l’amour est une fatigue, son
256ur ne peut en vivre. C’est ici le cri même de la mystique occidentale mais aussi du lyrisme provençal et de Tristan. C’est l’or
257n avec l’Être absolu. Aussi Moïse est-il pour les mystiques arabes le symbole du plus grand Amant, puisqu’en exprimant le désir d
258ogies la nature des relations possibles entre une mystique, une conception religieuse, ou simplement une théorie de l’homme — et
259ommes » ou Parfaits, puis oppose à la cortezia la mystique de l’Amour divin. De nombreux commentaires du Cantique des Cantiques
260 de Poitiers — jusqu’au Paraclet d’Héloïse. Cette mystique épithalamique se retrouve à la fois chez Bernard de Clairvaux, Hughes
261’interdit maintenu sur la femme de chair. L’union mystique avec cette divinité féminine devient alors une participation à la pui
262aussi des disciplines profondes élaborées par des mystiques lointaines à la fois dans le temps et dans l’espace. 4. Une technique
263 femme est commune d’ailleurs à tous les courants mystiques du moyen âge indien… Le tantrisme est par excellence une technique, b
264 fondamentalement il soit une métaphysique et une mystique… La méditation éveille certaines forces occultes qui dorment en chaqu
265eillées, transforment le corps humain en un corps mystique. »66 Il s’agit, par le cérémonial du yoga tantrique (contrôle de la r
266 pur principe, sans visage et sans nom. Une école mystique du tantrisme tardif, le Sahajiyâ, « amplifie l’érotique rituelle jusq
267 l’amour sans le faire, à rechercher l’exaltation mystique et la béatitude à travers une Elle qu’il s’agit de « servir » en post
268’amour. — En contraste indéniable avec ces textes mystiques et cette abstruse technique psycho-physiologique, citons maintenant q
269mes qui seront repris par presque tous les grands mystiques de l’Occident. Il nous semble parfois se réduire à des fadaises sophi
270 de simples allégories illustrant la morale et la mystique courtoise (comme j’inclinerais à le penser). Toutes les hypothèses so
271t inférieurs aux troubadours dans la connaissance mystique, ils n’ont pas introduit dans leurs romans que des erreurs. Ils ont t
272mer seulement l’élan de la passion dans sa pureté mystique. Le point de départ de Lancelot — comme de Tristan — c’est le péché c
273Il a choisi la voie terrienne, il a trahi l’Amour mystique, il n’est pas « pur ». Seuls les « purs » et les vrais « sauvages » c
274 pourquoi le roman finit « bien » — au sens de la mystique cathare — c’est-à-dire aboutit à la double mort volontaire.84 Ainsi
275olonté secrète, mais infaillible, des deux amants mystiques. Dans les légendes celtiques, c’est l’élément épique qui commande l’a
276nt modernes le principe de cohésion qu’apporte la mystique courtoise aux éléments religieux, sociologiques ou épiques, hérités d
277e : il nous échappe doublement, étant poétique et mystique. Mais nous savons maintenant d’où vient le mythe, et où il mène. Et p
278rs hérétiques très dangereusement voisins de la « mystique du cœur ». Théologien, poète, et conscient de ses choix, Gottfried ré
279te toute la dialectique qui sera celle des grands mystiques du xiiie et du xviie siècle : les trois voies purgative, illuminati
280pérégrinations. Les religions antiques, certaines mystiques du Proche-Orient, l’hérésie qui les fit revivre en Languedoc, le cont
281 passion n’agissent que dans nos vies privées. La mystique d’Occident est une autre passion dont le langage métaphorique est par
92 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Passion et mystique
282 Livre IIIPassion et mystique 1.Position du problème On a souvent tenté d’expliquer le mysti
283 la passion mortelle qu’il faut « ramener » à une mystique, plus ou moins consciente et précise. Il est certain que ce seul exem
284tait cru en mesure de trancher au détriment de la mystique. À vrai dire, je ne suis pas très sûr que ce problème comporte une so
285, sa position. Qu’on parte de la passion ou de la mystique pour tenter de ramener l’une à l’autre, ce que l’on admet impliciteme
286marqué depuis longtemps l’analogie des métaphores mystiques et amoureuses. Mais d’une entière analogie des mots, peut-on conclure
287les plus convaincantes, que tout intoxiqué est un mystique qui s’ignore96. Or, qu’elle soit physique, ou morale, toute intoxicat
288s animaux ne s’intoxiquent pas97… Inversement, la mystique à elle seule, rend-elle compte de la passion ? Il faudrait alors expl
289nstinct sexuel que l’on a tenté de « ramener » la mystique, et cela bien avant Freud et son école. Voici donc le dilemme que pos
290 et d’une œuvre antérieure à l’essor de la grande mystique orthodoxe, que nous aurons les meilleures chances de surprendre à l’é
291 « choses bizarres »… 2.Tristan : une aventure mystique Nous avons constaté que le Roman de Tristan est, à bien des égards
292en des égards, une première « profanation » de la mystique courtoise et de ses sources (néo-platonisme, manichéisme, soufisme).
293s situations romanesques la progression d’une vie mystique. Certains « moments » relèvent de la pure tradition cathare, d’autres
294d’autres peuvent être rapprochés d’une expérience mystique plus générale, et qu’on retrouve identique, dans sa forme, aussi bien
295fidélité d’Iseut, c’est l’hérésie, c’est la vertu mystique des « purs », c’est une vertu, selon les auteurs de la légende. Et la
296 se révèle toute comparaison entre deux formes de mystique — et d’autant plus qu’ici l’un des termes en présence se trouve dénat
297rallèle très général entre le Roman et l’aventure mystique. Quitte à rectifier par la suite les conclusions trop téméraires où n
298 poison de son sang. C’est le type même du départ mystique, de l’abandon à l’aventure surnaturelle. C’est la quête de l’âme péch
299mais encore éloquents ! Rudiments d’une recherche mystique, qui ne laisse oublier ni la lyre ni l’épée symbolique du défi à la s
300r seul. Un trait profond de la passion — et de la mystique en général — paraît ici. « On est seul avec tout ce qu’on aime », écr
301out ce qu’on aime », écrira plus tard Novalis, ce mystique de la Nuit et de la Lumière secrète. Cette maxime traduit d’ailleurs,
302ligieux du premier ordre et un poème où l’élément mystique revêt les formes les plus rudimentaires ? Certes, ce serait une sorte
303n autre point de comparaison. On sait combien les mystiques espagnols ont coutume d’insister sur le récit de leurs souffrances. P
304’une impure et parfois équivoque traduction de la mystique courtoise. (Il arrive que les situations les plus apparemment « mysti
305 arrive que les situations les plus apparemment « mystiques » du Roman doivent être interprétées — si l’on ne veut pas errer grav
306ivin aux métaphores, qui convient pour les grands mystiques.) Ceci dit, nous pouvons retrouver dans le mythe plus d’un aspect des
307er dans le mythe plus d’un aspect des souffrances mystiques. On se souvient de la plainte du troubadour : Dieu ! comment se peut
308ration voulue… Nous rejoignons alors la situation mystique (par l’autre extrême) : plus Tristan aime, et plus il se veut séparé,
309le croiront les siècles à venir — les similitudes mystiques que nous venons de dégager ne seraient plus que de l’ordre du langage
310l, le principe véritable de l’opposition des deux mystiques. L’orthodoxe aboutit au « mariage spirituel » de Dieu et de l’âme, dè
311boutit à le sanctifier par le mariage. Les amants mystiques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non son apaise
312 mort volontaire dans l’endura. Au contraire, les mystiques chrétiens voient dans les actes et les œuvres qui découlent de l’état
313s les actes et les œuvres qui découlent de l’état mystique les critères de sa vérité99. C’est du moins le mouvement constant de
314mouvement qui fait défaut, théoriquement, à toute mystique fondée sur l’Éros lumineux. Mais il faut indiquer la dernière limite,
315atériel d’un processus de divinisation. Les vrais mystiques, tout au contraire, sont la prudence même, la rigueur même, l’obéissa
316abus, et sans le savoir, un langage dont la seule mystique définissait le sens valable. Plus d’une fois, l’ambiguïté du mythe no
317dresser à sa Dame. L’amant habitué aux métaphores mystiques, qu’il entend à leur sens profane, sera tenté de voir dans cette même
318r « expliquer » le plus élevé par le plus bas, la mystique pure par la passion humaine. Elle a fondé cette « science » nouvelle
319deux cas. Or d’où venaient ces métaphores ? D’une mystique, comme nous l’avons vu — mais déguisée, persécutée, puis oubliée. À t
320e, et passée dans les mœurs comme poésie, que les mystiques chrétiens utiliseront ses métaphores devenues profanes comme si elles
321ns. Par exemple, là où la science proclame que la mystique résulte d’une sublimation de l’instinct, il suffira de changer le sen
322nct » en question résulte d’une profanation de la mystique primitive. ⁂ Cependant, la conscience moderne montre une si grande ré
323es objections courantes. Car enfin, dira-t-on, la mystique, au moins dans une de ses tendances, ne s’est-elle pas prêtée à toute
324la première du langage de l’Éros païen ? 4.Les Mystiques orthodoxes et le langage de la passion Le fait central de toute vi
325ur sexuel. À l’inverse, on peut observer chez les mystiques les plus « christocentriques » une propension à s’adresser à Dieu dan
326eux grands courants que nous retrouverons dans la mystique universelle. Ils seront d’ailleurs rarement purs dans telle ou telle
327se est claire. Le premier courant est celui de la mystique unitive : il tend à la fusion totale de l’âme et de la divinité. Le s
328é. Le second courant peut être appelé celui de la mystique épithalamique : il tend au mariage de l’âme et de Dieu, et suppose do
329emier exemple à l’ouvrage de Rudolf Otto intitulé Mystique occidentale-orientale 101. L’auteur compare, puis oppose le fondateur
330 L’auteur compare, puis oppose le fondateur de la mystique allemande au xive siècle. Maître Eckhart, et le mystique hindou Sank
331 allemande au xive siècle. Maître Eckhart, et le mystique hindou Sankara. Ce qui est intéressant pour notre objet, c’est que Ru
332istingue l’Orient de l’Occident en ramenant leurs mystiques respectives à l’Éros et à l’Agapè, d’une manière assez analogue à cel
333r le fait qu’il existe au moyen âge une tradition mystique parallèle à celle de Sankara. « Mystique de l’ivresse sentimentale — 
334radition mystique parallèle à celle de Sankara. « Mystique de l’ivresse sentimentale — écrit Otto — à la faveur de laquelle le J
335faire son maître. Plotin lui aussi prêche l’amour mystique, mais l’amour plotinien n’est nullement l’agapè chrétienne ; c’est l’
336de l’homme fervent. » Pour Eckhart, la vraie voie mystique n’est pas celle qui, s’élevant d’un état de sentiment, mènerait à une
337 n’est donc pas, conclut Otto, la plus haute joie mystique qui figure pour Eckhart l’expression authentique de l’union divine, m
338kara. » Voici donc, semble-t-il, deux pôles de la mystique universelle très nettement caractérisés. L’Orient (c’est-à-dire Sanka
339es par lesquels nous avons tenté de distinguer la mystique des Cathares et la doctrine chrétienne de l’amour. ⁂ Mais Eckhart ne
340 côté de « l’Orient », c’est-à-dire du côté d’une mystique essentiellement unitive, et par cela même hérétique… Ce qui est certa
341ificatif de constater que Eckhart souleva dans la mystique flamande une opposition très violente, et sur les chefs précis dont O
342c’est bien ce que l’Histoire démontre. « Chez les mystiques eckhartiens — écrit l’abbé Paquier106 — je ne sais si l’on rencontre
343e la distinction essentielle qu’apparaît, dans la mystique du Nord, le langage « épithalamique ». « Voici donc venu l’irrésistib
344t possible une confrontation. Mais la lecture des mystiques franciscains, dès le xiiie siècle, nous eût fourni un autre exemple
345tour devait influencer si profondément le langage mystique des siècles suivants. Souviens-toi, ô créature, que ta nature est ce
346Amour.112 5.La Rhétorique courtoise chez les mystiques espagnols Si maintenant nous parcourons les textes des grands myst
347 maintenant nous parcourons les textes des grands mystiques espagnols, sainte Thérèse et saint Jean de la Croix au xvie siècle,
348 principaux thèmes communs aux troubadours et aux mystiques orthodoxes : « Mourir de ne pas mourir. »114 La « brûlure suave ».
349sans compter que le jugement matérialiste sur les mystiques est plus révélateur de l’obsession de ceux qui le portent que de l’ob
350ge de la passion — tel qu’on le retrouve chez les mystiques — n’est pas, à l’origine, celui des sens et de la nature, mais il est
351 tout d’abord, soulignons bien que le langage des mystiques ne saurait être confondu avec la nature profonde de l’expérience qu’i
352oute, le plus purement, sa nature ? »115 Tous les mystiques, et sainte Thérèse la première, se plaignent de n’avoir pas de mots n
353ésitent encore lorsqu’il s’agit d’attribuer à tel mystique fort bien connu, et orthodoxe par-dessus le marché (Ruysbroek ou sain
354ces certaines. « On a souvent signalé le goût des mystiques pour la littérature chevaleresque. Sainte Thérèse raffolait dans sa j
355rs de romans de chevalerie comme ceux des traités mystiques se caractérisent par le même réalisme quand ils sacrifient le sentime
356es pauvres extravagances des romans de chevalerie mystique (la Gallarda Espirituel, El divino Escarraman) qu’il faut chercher la
357ymbolisme et de leur terminologie passent dans la mystique du xiiie siècle par l’intermédiaire de saint François d’Assise. En
358u’il cachait autre chose que la nature — c’est la mystique chrétienne qui vient le reprendre pour en revêtir l’Agapè ! ⁂ Quant à
359que les mouvements de la chair attirée par l’élan mystique en ses débuts (Nuit obscure, I, v. 3), ne s’exagère pas plus qu’il ne
360 métaphores empruntées au langage courant par les mystiques n’est pas sans d’étroites relations avec leur doctrine de l’union ou
361nte de celles d’Eckhart. Voilà pourquoi ce fut la mystique orthodoxe — la moins suspecte de troubles complaisances ! — qui se vi
362nt impliqués. Par exemple, dans le cas du langage mystique : sommes-nous en présence d’une matérialisation du spirituel — et cel
363nte Thérèse parle sans cesse d’amour — donc cette mystique est une érotomane qui s’ignore. » Mais nous avons vu que sainte Thérè
364ire les amants « passionnés » sont sans doute des mystiques qui s’ignorent… Ainsi les arguments s’annulent. Nous ne savons rien d
365, et devient langage commun. Maintenant, quand un mystique veut exprimer ses expériences ineffables, il est contraint de se serv
366s sont celles de la rhétorique courtoise. Que les mystiques s’en emparent sans hésiter ne signifie donc pas du tout qu’ils « subl
367ituelle de ces passions, créée d’ailleurs par une mystique, convient à l’expression de l’amour spirituel qu’ils vivent. Et elle
368re la donnée première. 7.Libération finale des mystiques Cette décision tout arbitraire, il est temps de la prendre ici, et
369 reste pas moins que celui-ci est postérieur à la mystique pseudo-chrétienne des Cathares. 3° C’est sans doute à tort qu’à la pr
370ort qu’à la proposition : « Tout érotomane est un mystique qui s’ignore », on a cru pouvoir répondre : « Ou l’inverse. » Il se p
371inverse. » Il se peut que les épigones des grands mystiques122 nous apparaissent parfois comme des érotomanes qui s’ignorent. Mai
372l’on est en droit d’y voir le rudiment d’un appel mystique, il n’en reste pas moins que l’intoxiqué est avant tout l’esclave de
373ffaiblit, et qui finit dans l’idiotie. Les grands mystiques, tout au contraire, insistent sur la nécessité de dépasser l’état de
374 à mieux agir, à mieux aimer. Surtout, les grands mystiques s’accordent à voir le terme de leur ascension dans la liberté souvera
375 termes différents la même chose : il faut que le mystique arrive « à se passer du don », à ne plus le désirer pour lui-même. Da
376là des transes et au-delà de l’ascèse, l’aventure mystique culmine dans un état d’extrême « désintoxication » de l’âme. Dans la
377ce de l’Éros, mais fécondité de l’Agapè. Ainsi la mystique orthodoxe apparaît-elle enfin comme la voie purgative par excellence,
378me de l’Incarnation qui distingue radicalement la mystique orthodoxe de l’hérétique. C’est lui qui donne un sens tout différent
379ble union avec la femme ; gardant de ses origines mystiques on ne sait quoi de divin, de faussement transcendant — une illusion d
380 que fait l’Éros, pour remplacer la transcendance mystique par une intensité émue. Mais grandiloquentes ou plaintives, les figur
93 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe dans la littérature
381t simplifications.) En esquissant la courbe de la mystique classique, nous avons pu décrire une assomption du mythe. C’était la
382souvent troublants : nous l’avons vu à propos des mystiques. Mais en l’absence de preuves presque impossibles à établir, je m’en
383ttérature courtoise s’est détachée de ses racines mystiques ; elle s’est alors trouvée réduite à une simple forme d’expression, c
384lus du tout religieuse : Ce n’est plus une ascèse mystique, mais un raffinement de l’esprit, qui doit amener l’amant à mériter l
385oute ne demeure possible : l’Amour est la passion mystique. Mais encore faut-il définir le rôle de l’amour naturel dans cette pe
386 poésie plus adéquate que nulle autre à servir la mystique orthodoxe. Et cette dernière ne manquera pas d’y puiser ses meilleure
387menés à redécouvrir le sens original des légendes mystiques. Mais alors ils ne peuvent se servir que d’une mythologie toute catho
388s sectes néo-manichéennes. 8. L’Astrée : de la mystique à la psychologie L’histoire du mythe dans le Roman, au xviie sièc
389çais, peut se réduire, hélas, en une formule : la mystique se dégrade en pure psychologie. Le roman devient l’objet d’une littér
390me de sa perfection, n’est qu’un sous-produit des mystiques créatrices de formes et de mythes ? Et qu’elle suppose, pour fleurir
391 — comme il apparaît de nos jours ? Alors que les mystiques et les religions prennent au contraire une grande vigueur dans les ré
392. Il y manque l’aspect nocturne, l’épanouissement mystique dans la vie infinie de la Nuit. Il y manque ce que l’on pourrait appe
393ndé à contester la vérité dernière de la croyance mystique (manichéenne) qui est à l’origine de la passion et de son mythe : du
394e en un seul cas, d’ailleurs le seul prévu par ce mystique : si la cause extérieure est un Dieu auquel notre âme pourrait s’iden
395aint-Preux, malgré son beau nom, n’a plus rien du mystique ni du chevalier. Au surplus, le roman n’aboutit à la mort qu’après un
396est à partir de l’état d’âme sentimental — et non mystique153 — des amants de la Nouvelle Héloïse que le romantisme va tâcher de
397oïse que le romantisme va tâcher de rejoindre une mystique primitive qu’il ignore, mais dont il redécouvre, par éclairs, la vert
398 à jamais insatiable. C’est toute l’aventure des mystiques unitives qui de nouveau prend son départ dans la conscience occidenta
399e inspiré par le souvenir des Cathares et de leur mystique fut composé par l’un des plus purs romantiques : c’est l’épopée des A
400« endieusement » des troubadours, l’endiosada des mystiques espagnols, la joy d’amor dans son délire dionysiaque. Il en jaillit p
401la passion de la Nuit. Mais il n’est point d’aube mystique à l’horizon spirituel, ni de véritable joie d’amour au sommet de ces
402te, et plus proche qu’on ne pourrait croire de la mystique négative. La plupart reviendront aux illusions de l’amour humain, san
403lture, et spécialement de la littérature, puisque mystique et religion, pour lui, sont mortes. Mais il est obligé de constater q
404 vengeance, brutale, accidentelle, privée de sens mystique. Or la Minne suprême inspire à Brangaine l’erreur qui doit sauver l’A
405ssion, accomplissement mortel : ces trois moments mystiques auxquels Wagner, par une géniale simplification, a su réduire les tro
406-vivre obscurcissant la connaissance, toute cette mystique que l’on s’empresse de qualifier de bouddhiste, Wagner n’avait pas à
407rouve privé de son cadre sacral, et que le secret mystique qu’il exprimait en le voilant se vulgarise et se démocratise. Le droi
408ents de cette littérature à concevoir une réalité mystique, une ascèse, un effort de l’esprit pour s’affranchir des liens sensue
409par rapport à l’ivresse divine que chantaient les mystiques arabes. L’exemple du théâtre « parisien » détient une signification p
410nte de la passion. Car celle-ci survivait à toute mystique, par la grâce équivoque du romantisme. L’hérédité — ou ce qu’on nomma
411a volonté même de le nier. L’ambiguïté du langage mystique de l’hérésie devait faire naître, dès le xiiie siècle, une rhétoriqu
412tant de vitalité qu’une vache. » ⁂ Cette nouvelle mystique de la « Vie » a pu donner naissance à de belles œuvres littéraires. M
413l’artificiel — rhétorique idéalisante, éthique et mystique du « parfait » — l’on prétend s’enfoncer dans le flot primitif de l’i
414ier les puissances anarchiques de la passion. Une mystique transcendante orientait secrètement, polarisait vers l’au-delà les no
415ermes de l’amour humain, bien qu’entendus au sens mystique. Ce sens évanoui restait une rhétorique. Elle pouvait exprimer nos in
416’avait laissé dans la conscience une connaissance mystique réprouvée, puis perdue. Telle fut la chance de la littérature en Occi
417rulence provisoire qu’en se mettant au service de mystiques partisanes ? Serait-ce la fin du romantisme ? Le spectacle de nos mœu
418ient prétexte à « passion » et déjà s’exalte en « mystiques ». C’est que nous sommes devenus incapables de faire la part du feu,
94 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Amour et guerre
419u — d’un ensemble de mœurs et de coutumes dont la mystique courtoise a créé les symboles. Or passion signifie souffrance. Notre
420lit ! » Il ne faudra pas s’étonner si les auteurs mystiques reprennent ces métaphores devenues banales, et les transposent selon
95 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe contre le mariage
421t encore du fait que l’on ignore la signification mystique de ses symboles, et que ceux-ci ne paraissent plus révélateurs que d’
422er de pécher et le remords, devient soudain vertu mystique (dans le symbole), puis se dégrade (dans la littérature) en aventure
423-même ou la vie en général : dernier relent de la mystique primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujo
424ui. Pitoyables victimes d’un mythe dont l’horizon mystique s’est refermé depuis longtemps. Pour Tristan, Iseut figurait le symbo
425. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin — et c’est par là que cette passion se détachait des
426 des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est plus qu’une sensation — n’aboutit pas. On retom
96 1939, L’Amour et l’Occident (1972). L’amour action, ou de la fidélité
427ité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour po
428se un moi purifié, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’acc
429ment pris pour ce monde. Partant d’une déraison « mystique » (si l’on veut), indifférente, sinon hostile au bonheur et à l’insti
430comme le croira cependant Novalis, renouvelant la mystique courtoise et les vieilles traditions celtiques. En même temps, elle é
431nt de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’in
432evoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et accomplie que par la rencontre d’un autr
97 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
433ozat, Maspero et Van Gulik.) (Note de 1971.) 5.Mystique et amour courtois Dans un appendice à son beau livre sur la Théolo
434ns un appendice à son beau livre sur la Théologie mystique de saint Bernard (Paris, 1934, p. 193 à 216), M. Étienne Gilson exami
435xamine le problème d’une influence possible de la mystique cistercienne sur les troubadours. En effet, « chronologiquement parla
436r l’opposition évidente entre la courtoisie et la mystique de saint Bernard n’est pas seulement, comme l’a vu M. Gilson, celle d
437otre auteur — sur l’objet et la nature de l’amour mystique tel que le conçoit saint Bernard : c’est un amour spirituel, par oppo
438r n’est pas spirituel. — Mais plus tard, d’autres mystiques catholiques, sainte Thérèse et saint Jean de la Croix, reprendront be
439 sans être transcendant, il n’y a pas de problème mystique au sens où les chrétiens l’entendent. Ce qu’ils ont à expérimenter… c
440s sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les unit ». Mais il faut voir que les amants courtois ne sont séparés
441ont séparés sur la terre qu’en vertu de cet amour mystique qui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique orthodoxe
442ui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique orthodoxe n’unit pas de cette façon, mais fait seulement communier.
443un Asin Palacios sur une possible influence de la mystique soufiste dans la Comédie, il peut être intéressant de mentionner la t
444du templarisme albigeois, qui par un dédoublement mystique de l’âme et du corps, étaient censés avoir les deux sexes, hommes en
445 influence possible de l’hérésie courtoise sur la mystique franciscaine. Il commence par nier toute communication directe de l’u
446 barbare. 12.Les Béguines : du catharisme à la mystique chrétienne par la poétique courtoise « À la fin du xiie siècle et
447sies voisines d’une part, le franciscanisme et la mystique du cœur de saint Bernard de Clairvaux d’autre part. Le nom de « bégui
448Eckhart, puis Ruysbroeck, puis Suso et les autres mystiques flamands et rhénans. Les poèmes de la béguine Hadewych d’Anvers (mili
449e sépare » le catharisme, l’amour courtois, et la mystique européenne ? 13.Sur le sadisme Je trouve une confirmation de mo
98 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
450nent dire au dessert leur couplet. Ce complexe de mystique paysanne, de goût de « l’authentique », de musique russe, d’avant-gar
99 1940, Mission ou démission de la Suisse. Le protestantisme créateur de personnes
451iers de petits Führer — mais c’est l’État et sa « mystique » qui les créent. On ne leur laisse d’initiative que dans les cadres
100 1940, Mission ou démission de la Suisse. Neutralité oblige, (1937)
452 cette conscience aux proportions nouvelles des « mystiques » qui régissent l’Europe d’aujourd’hui. Notre chance et nos risques s