1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1 île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre, dans cette paresse de jour férié
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
2 pouvoir tout lire, et il n’y aura plus besoin de roman catholique. » C’est ce qu’on pourrait appeler une « morale constructi
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
3sacrifices ne lui devra-t-il pas offrir ainsi les romans « intéressants » ou « curieux » ; le « grand lyrisme » à la Chateaubr
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
4n province liquider des stocks américains. Et ses romans, c’est aussi une liquidation : les faits s’y pressent et s’y bouscule
5, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions trait
6que Fabre, disciple de Valéry, puisse rédiger des romans si bouillonnants, si mal équarris. Certes, ce n’est pas lui qui se re
7met d’autres qui le sont moins. On n’écrit pas un roman en trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligences. M
8a paix. M. Fabre avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un sujet de vaste envergure, et brûlant, une intrigue puis
9on a presque l’impression qu’il a réussi ce grand roman… Qu’y manque-t-il ? Un style ? L’absence de style, n’est-ce pas le me
10 première partie, qui est confuse. Non pas que le roman soit mal construit, au contraire. Mais le tissu des faits se relâche
11, une entreprise bien téméraire de nos jours : un roman à thèse aussi intelligent que vivant.
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
12 résumer les nombreuses péripéties de son dernier roman sans exposer et discuter toutes les idées qu’elles illustrent. Les pe
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
13 La Révolution russe va-t-elle usurper dans le roman d’aventures le rôle de la mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac
14, voir Dostoïevski. M. Walpole, lui, commence son roman quelques mois avant que n’éclate le sinistre, et s’arrête au moment o
15. M. Walpole, dont nous commençons aujourd’hui un roman bien différent, a vu la Révolution sans romantisme, dans le détail de
7 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
16teur l’appelle un « poème solaire », l’éditeur un roman, parce que ça se vend mieux. Ce récit des premiers combats de taureau
8 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
17es ancêtres des nouvelles générations de héros de roman, lesquels sont tous éperdument égoïstes. Égoïstes avec une profonde c
18in si général de s’incarner, dans le héros de son roman, de se voir vivre, dans son œuvre ? C’est ici la conception même de l
19éalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que prétendent mener les surréalistes, il n’a fall
20emps pour une folie de s’emballer. La plupart des romans de jeunes qui se situent entre Gide et Aragon nous montrent le même p
9 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
21uve semble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un chapitre d’observation psychologique ironique et minutieuse, à la
22 classique » et prévue, l’originalité foncière du roman de Jouve reste indéniable : c’est son mouvement purement lyrique, sa
10 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
23tation à coups d’exemples vivants qu’un véritable roman. La profusion souvent facile des incidents et le style volontairement
11 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
24rnandez dans un essai sur l’Autobiographie et le Roman, dont pour ma part je suis loin d’admettre plusieurs thèses beaucoup
25t dans la plupart de ces essais : l’esthétique du roman. Fernandez en formule une théorie assez proche du cubisme littéraire,
12 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
26Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère tro
13 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
27aboutit naguère au surréalisme. Tous les héros de roman se sont mis à gesticuler « gratuitement ». Et les critiques d’abord d
14 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
28ère (février 1927)ac « Quel admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la
29sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combien cette analyse trahi
15 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
30éros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille de se marier, Jérôme Parseval, journaliste parisien, ren
31vite le péril d’un réalisme trop amer et celui du roman lyrique, par l’équilibre qu’il maintient entre ces deux inconscients 
32tre deux êtres, personne, pas même eux ». Dans ce roman, comme dans l’Âge d’or, un désenchantement profond prend le masque d’
16 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
33que d’un goût du malheur ? Le sujet profond de ce roman, où l’on voit comment Pierre en vient à sacrifier Diane, son apaiseme
34es de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche par la force de ce tourment ou de ce sauvage égoïs
17 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Dans le Style (janvier 1927)
35, auteur de « Lewis et Irène » L’auteur de maint roman de caractère gras quitte Charing-Cross, songeant aux titres, aux tire
18 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
36 de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsc
19 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
37issertations lyriques à leur propos. Mais dans ce roman, il n’y a plus seulement la femme, avec le miracle perpétuel de sa se
38a richesse. L’enfance de Catherine à Paris est du roman pur ; la tournée des cours de l’Europe centrale, qu’elle subit comme
39ue l’auteur du Perroquet Vert. Mais là-dessus, le roman repart dans une troisième action (l’amour de Catherine pour un aviate
40i la précède. Ces défaillances de la technique du roman sont sauvées par un style brillant, plein de trouvailles spirituelles
41vre ne réalise pas une synthèse plus organique du roman et des mémoires. Mais si son début permet de croire que le Perroquet
20 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
42ement passionnant de l’action, il se dégage de ce roman un désespoir sec, sans grimace. Cette intelligence et cette sensibili
21 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
43coup de ces petites merveilles qui valent de gros romans « bien faits ». Car il y a toujours assez de vérité dans une histoire
22 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
44a foi et s’arrêtent chez un éditeur. Cela fait un roman de plus. Il obtiendra le Prix d’assiduité et l’approbation de tous le
23 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Jullien du Breuil, Kate (avril 1930)
45ens de l’amour idéal — celui qui transfigure ? Le roman de M. Jullien de Breuil effleure un autre problème de non moindre val
24 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
46, ne s’étendit guère au-delà des limites du monde roman. Le type de chevalier et ses succédanés militaires et wagnériens a to
25 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
47es au printemps. Ou encore : comme la lecture des romans anglais, les loisirs obsédés du jaloux, le travail jusqu’à l’aube, la
48honé au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fera-t-elle croire qu’il apporte un soin tout parti
26 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
49ndre aujourd’hui d’un jeune écrivain. Son premier roman, Les Conquérants, décrivait la révolution communiste en Chine, et la
50édèrent l’aventure chinoise de l’auteur. C’est un roman plus dépouillé, plus inégal aussi à certains égards et qui cette fois
51auvage. Comme Les Conquérants, c’est une sorte de roman d’aventures significatives, et dont le tragique est décuplé par la va
27 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
52 Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)g M. Maurice B
53ige, Daphné Adeane. On vient de traduire un autre roman du même auteur16, et il nous aide à mieux définir le charme de cette
54… » Il y aurait beaucoup à dire pour et contre le roman mondain — entendons mondain par le cadre et les personnages, non par
55e celles de la vie courante, on peut dire que les romans « mondains » de Baring ne manquent pas à cette tâche, et c’est là l’i
56tion des passions humaines, et comme la morale du roman. Mais nous ne croyons pas qu’une œuvre de cette envergure comporte à
57sque bouleversante. Il est pourtant un endroit du roman où l’auteur intervient visiblement, force les faits, agit comme un « 
58manifeste cette tournure d’esprit au cours de ses romans. Le trait satirique, ailleurs presque imperceptible, est nettement ap
59rale courante. Presque tous les événements de son roman le contredisent. Ceci entraîne cela — bonheur ou catastrophe — non pa
60ir, mais pas plus loin. Et c’est ainsi que de ce roman au charme pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles
28 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
61mé le souhait formel que l’on n’ouvrît pas par ce roman la série de traductions de ses livres. Mais ce Journal, s’il est l’œu
29 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
62l’alpinisme. On commence à nous donner quelques « romans de l’air », et certains sont remarquables. Se trouvera-t-il un romanc
30 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
63une nouvelle. C’est, en effet, sous la forme d’un roman dont le héros, Eiichi, est évidemment l’auteur lui-même, le récit de
31 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
64 la jouissance présente. La structure même de ses romans est un indice révélateur, car quoi qu’on dise de la différence entre
65oi qu’on dise de la différence entre la vie et le roman, la composition de celui-ci dépend toujours de la manière de concevoi
66son essai, Frommel donnait ainsi le diagnostic du roman moderne ; ne serait-il pas frappant, en effet, d’appliquer ses derniè
32 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
67 littéraires de l’année 1931 soient allés à trois romans d’écrivains protestants : Pierre Bost, Jacques Chardonne et Jean Schl
68ous, qu’on put écrire de Saint-Saturnin qu’un tel roman exprime « toute la grandeur — et toute la misère — des protestants sa
69 de marquer ici d’une pierre blanche « l’année du roman protestant ». À la réflexion, l’on y a renoncé, pour des raisons d’or
70ment religieux : cela n’a point empêché ces trois romans de faire figure, aux yeux de beaucoup, de livres « bien protestants »
71ntent, ne pouvait s’exprimer que dans la forme du roman moraliste (forme qui par ailleurs flattait un penchant traditionnel d
72 l’observation scientifique. Reflet du siècle, le roman bientôt s’affaiblit à force de se compliquer, et tend à se réduire à
73ec Charles Dickens, Jenny Lind, Thorwaldsen). Les romans russes et les romans anglais du xixe siècle nous laissent entrevoir
74enny Lind, Thorwaldsen). Les romans russes et les romans anglais du xixe siècle nous laissent entrevoir ce que pourraient êtr
75 de la grâce souveraine. C’est cela qui donne aux romans de Dostoïevski ou d’Émily Brontë ces prolongements poétiques, ces per
33 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
76es activités, composerait des poèmes d’amour, des romans, des drames philosophiques, les meilleurs de son époque. Cela ne donn
34 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — La Tour de Hölderlin
77 île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre, dans cette paresse de jour férié
35 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Petit journal de Souabe
78esius ; un petit recueil des Upanishad ; quelques romans modernes.) Le pasteur suédois et le mage d’Einsiedeln représentent as
36 1932, Le Paysan du Danube. La lenteur des choses — Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
79ampagnes au printemps. Ou encore : la lecture des romans anglais, les loisirs obsédés du jaloux, le travail jusqu’à l’aube, la
80honé au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fera-t-elle croire qu’il apporte quelque préciosité
37 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
81nt appel aux écrivains : qu’ils nous écrivent des romans contre le bolchevisme, et l’on donnera 50 000 fr. au mieux pensant. E
38 1933, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Histoires du monde, s’il vous plaît ! » (janvier 1933)
82similable, mais tout de même reconstituante ? Des romans, répondra-t-on, sans doute. Je ne suis pas du tout de cet avis. Et je
83 divertissement dans des fictions romanesques. Le roman est un genre bourgeois — et c’est peut-être par là qu’il plaît tant a
84llectuelles la plupart du temps, et le goût des « romans qui posent des problèmes ». On appelait cela de la « littérature diff
85. On voudrait être dirigé, plutôt qu’ébloui. ⁂ Le roman était un genre bourgeois, en ce sens que dans le monde bourgeois, pri
86e plus subversif dans les salons. « Se nourrir de romans », dans certains milieux, c’était le commencement de la fin, c’était
87t, annonça son intention de « casser les reins au roman », on put croire à un mouvement de mauvaise humeur, voire à une tenta
88blic. On n’a pas cessé pour autant de publier des romans nouveaux, mais le fait est que le seul grand succès, dans cet ordre,
89a nuit, chef-d’œuvre de « documentaire », mauvais roman… Autre signe : les jeunes maisons, fondées depuis deux ans, se spécia
39 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le Deuxième Jour de la Création, par Ilya Ehrenbourg (décembre 1933)
90blique désigne le Plan quinquennal. Voici donc le roman type de l’Édification socialiste. Bourré de petits faits vrais dont l
91ien sans la mystique. La force et le charme de ce roman sont ceux mêmes d’une jeunesse fruste, innocente jusque dans ses crua
40 1934, Esprit, articles (1932–1962). Préface à une littérature (octobre 1934)
92s’était faite complice. Nous avons vu déjà que le roman bourgeois servait à toutes fins capitalistes. Nous risquons de voir,
93imes à condamner sans nul recours, c’est celui du roman à thèse. Méfiance significative ! Les thèses de Bourget ne valaient p
94s buts, et préfère parler d’autre chose. Tous nos romans ne sont que diversions, idéalistes ou immoralistes, s’ils ne sont pas
41 1934, Esprit, articles (1932–1962). Sur une nouvelle de Jean Giono (novembre 1934)
95d, mon lecteur enthousiaste de Clochemerle, grand roman de la pissotière, croyez-vous que cet homme tout de même ne disait pa
42 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kasimir Edschmid, Destin allemand (octobre 1934)
96 de l’année. Je crois bien pouvoir l’affirmer. Le roman le plus fort, le mieux fait, le plus impressionnant, celui qui apport
97de, d’un auteur inconnu en France jusqu’ici, d’un roman qui veut dire quelque chose, — quelque chose qui ne plaira pas au pub
98 le sixième camarade. Voilà qui donne l’idée d’un roman d’aventures. Destin allemand est bien, entre autres, un roman d’avent
99tures. Destin allemand est bien, entre autres, un roman d’aventures, et même d’une intensité peu commune. Mais cet aspect-là,
100és — le sentiment d’une fraternité humaine que le roman d’André Malraux, qui porte précisément ce titre, était loin d’évoquer
101utant plus libre pour affirmer aujourd’hui que le roman d’Edschmid est d’une classe nettement supérieure. J’ajouterai même qu
43 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
102. Il faut lire ce chef-d’œuvre qu’est son dernier roman, Adam et Ève. C’est toute la simple grandeur calvinienne retrouvée, —
44 1934, Journal de Genève, articles (1926–1982). Sara Alelia (25 mai 1934)
103hose au monde plus difficile à réussir qu’un beau roman : c’est un roman chrétien. Qu’est-ce donc qu’un roman chrétien ? Une
104s difficile à réussir qu’un beau roman : c’est un roman chrétien. Qu’est-ce donc qu’un roman chrétien ? Une histoire où tout
105n : c’est un roman chrétien. Qu’est-ce donc qu’un roman chrétien ? Une histoire où tout le monde « se conduit bien » ? Il n’y
106 monde « se conduit bien » ? Il n’y aurait pas de roman. Une histoire dont le personnage principal est « la main du Seigneur 
107ins anglais du xixe — en conséquence de quoi les romans des « païens », d’un Thomas Hardy, par exemple, se devaient en conséq
108nisme. Et l’on serait en droit de prétendre qu’un roman pessimiste à la Thomas Hardy a plus de chances d’être chrétien qu’un
109le sobre courage d’avouer sa dégradation. Un vrai roman chrétien est d’abord réaliste. Car il faut bien connaître la nature e
110 de traductions qui ne valent pas dix pages de ce roman ! La mode passe, le public se fatigue, paraît-il. « Achetez français 
45 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Le mouvement des groupes — Kagawa (4 août 1934)
111rs. Il écrit une Psychologie de la pauvreté et un roman dont le tirage atteint 250 000 exemplaires. Son œuvre s’étend dans le
112n le met en prison. Il y écrit en treize jours un roman : L’Archer tirant contre le soleil. Accueilli à sa sortie de prison p
113d’admirables citations de ses Méditations. Si les romans de Kagawa l’ont fait comparer à Gorki, ses poèmes en prose sont d’un
46 1934, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Au sujet d’un roman : Sara Alelia (3 novembre 1934)
114 Au sujet d’un roman : Sara Alelia (3 novembre 1934)g Voulez-vous un paradoxe ? Littéra
115ire ? Je détiendrais volontiers celui-ci : que le roman est un genre protestant. — Et Balzac ? dites-vous, car vous êtes Fran
116 êtes Français. Eh bien, Balzac n’est pas tout le roman. Il n’est même pas tout le roman français. Balzac, c’est le roman soc
117’est pas tout le roman. Il n’est même pas tout le roman français. Balzac, c’est le roman social. Balzac — et Stendhal, bien s
118même pas tout le roman français. Balzac, c’est le roman social. Balzac — et Stendhal, bien sûr — ce sera l’honorable, la géni
119es Anglais, les Allemands, les Scandinaves, et le roman d’analyse français, de Rousseau jusqu’à Gide, en passant par Constant
120 Gide, en passant par Constant. Quand on parle du roman, vous ne voyez que Balzac et Zola. Je vois aussi le pasteur Sterne, l
121 tous des chrétiens. Plusieurs ont même écrit des romans furieusement antichrétiens — des romans justement comme ne peuvent en
122écrit des romans furieusement antichrétiens — des romans justement comme ne peuvent en écrire que des protestants, malgré eux.
123de climats protestants. Que faut-il pour faire un roman ? Des caractères, de la vie intérieure, une morale qui mette des obst
124 toutes leurs œuvres, vous chercheriez en vain un roman véritablement chrétien. La Porte étroite ne décrit guère qu’une aberr
125ttante ? À parler franc, je ne connais qu’un seul roman moderne authentiquement « réformé ». Un grand roman, je crois. C’est
126man moderne authentiquement « réformé ». Un grand roman, je crois. C’est Sara Alelia, de Mme Hildur Dixelius. On vient de le
127ent de le traduire du suédois9. ⁂ Qu’est-ce qu’un roman chrétien ? Une histoire où tout le monde « se conduit bien » ? Il n’y
128 monde « se conduit bien » ? Il n’y aurait pas de roman. Une histoire dont le personnage principal est « la main du Seigneur 
129lais du xixe siècle — en conséquence de quoi les romans des « païens », d’un Thomas Hardy, par exemple, se devaient de finir
130nisme. Et l’on serait en droit de prétendre qu’un roman pessimiste à la Thomas Hardy a plus de chances d’être chrétien qu’un
131le sobre courage d’avouer sa dégradation. Un vrai roman chrétien est d’abord réaliste. Car il faut bien connaître la nature e
132qui le juge. On a dit de Sara Alelia que c’est un roman de la grâce : oui, mais c’est aussi, et d’abord, un roman de la perdi
133 la grâce : oui, mais c’est aussi, et d’abord, un roman de la perdition. J’y vois une suite d’illustrations vivantes du fameu
47 1934, Politique de la Personne (1946). Idoles — Comment rompre ?
134nt appel aux écrivains : qu’ils nous écrivent des romans contre le bolchevisme, et l’on donnera 50 000 francs au mieux pensant
48 1935, Esprit, articles (1932–1962). Albert Soulillou, Nitro (février 1935)
135ent simultanément le besoin de s’exprimer par des romans du format standard : 224 ou 600 pages exactement. Il me semble que ce
49 1935, Esprit, articles (1932–1962). Roger Breuil, Les uns les autres (avril 1935)
136 Marcel Arland. Sans doute a-t-il reconnu dans ce roman (paru quelque temps avant les Vivants) une intention toute voisine de
137s une « classe » définie par les sociologues. Son roman tendrait à prouver au contraire l’inexistence des classes dans la réa
50 1935, Esprit, articles (1932–1962). Kasimir Edschmid, Destin allemand (mai 1935)
138de la critique littéraire d’aujourd’hui. Voici un roman qui pose les questions les plus tragiques de l’heure avec une puissan
139amateurs de quelques dames lettrées. Pourtant, ce roman d’Edschmid aurait pu provoquer des polémiques révélatrices : il fait
140une admirable réussite littéraire, c’est aussi un roman d’aventures, et un roman d’idées, et une description étonnante de l’A
141ttéraire, c’est aussi un roman d’aventures, et un roman d’idées, et une description étonnante de l’Amérique qu’il nous reste
142. Je ne lui vois d’analogue que dans les derniers romans de Malraux. Même sens de la fraternité tragique, même goût des situat
51 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
143, et honoré en soi. Un écrivain fameux, gloire du roman français à l’étranger, vient confirmer de son côté que ce Palais de l
144hage qui rapporte. Publiez un poème, un essai, un roman, dans une revue « de haute tenue intellectuelle » vous ne serez pas p
52 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
145d’école, qui domina et qui domine encore tous les romans à la Bourget, consiste à rattacher par convention, presque par accide
146ilise que des faits se range dans la catégorie du roman policier : il n’a pas de psychologie. Et la critique parle beaucoup d
147z un individu, qui constitue le vrai sujet de ses romans. Passage du Poète, — ou du Diable, (dans le Règne de l’esprit malin),
148souffrance (La Guérison des Maladies), etc. Et le roman n’a pas d’autre mouvement que le mouvement même des images propagées
149hésitent pas à prendre au sérieux l’intrigue d’un roman bourgeois. On s’est trop arrêté à l’insolite du style chez Ramuz. Ce
53 1936, Penser avec les mains (1972). La commune mesure — La mesure nationale-socialiste
150ébut. Un peu plus tard, il envahira les films, le roman, le théâtre…   Rôle de l’écrivain et de l’artiste : « L’artiste est
54 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — La pensée prolétarisée
151 de drames inoffensifs se nouent par jeu dans nos romans, trop de scribes inoffensifs nous singent la fureur, ou la révolte, l
152 intéresse André Gide lorsqu’il écrit son premier roman64 : les moyens du romancier et la conscience qu’il en prend — plutôt
55 1936, Penser avec les mains (1972). Penser avec les mains — Éléments d’une morale de la pensée
153erche de phrases toutes faites, ou de l’auteur de romans policiers combinant des situations cataloguées. Il ne s’agit dans tou
154ture, — celle du film, celle du journal, celle du roman, — qui est l’opium des peuples incroyants. La mauvaise qualité de la
56 1937, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Introduction au Journal d’un intellectuel en chômage (août 1937)
155nce réelle, étaient en somme peu connues : ni les romans, ni les journaux, ni les théories politiques ne m’en avaient donné la
57 1937, Esprit, articles (1932–1962). Défense de la culture (janvier 1937)
156r aux tirages invraisemblables des Allemands ? Un roman historique en 3 volumes sur Paracelse, coûtant 25 marks, soit près de
157bout de deux ans le 93e mille. Les trois derniers romans d’un jeune auteur, Ernst [W]iechert, ont atteint 80, 75 et 100 milles
58 1937, Esprit, articles (1932–1962). La fièvre romanesque (janvier 1937)
158(janvier 1937)y Marcel Arland note à propos du roman d’un débutant : « Les personnages n’y semblent naître et se nourrir q
59 1937, Esprit, articles (1932–1962). Jean Blanzat, Septembre (janvier 1937)
159 Jean Blanzat, Septembre (janvier 1937)z Roman d’une jalousie qui se crée son objet, par masochisme. Un jeune mari t
160ige de nouveau en URSS et en Allemagne.) Mais nos romans ne veulent plus de morale — à cause de « l’art » — et l’art consiste
161geste franc, il est clair qu’il n’y aurait pas de roman. Mais, nous dit-il : « le plus petit geste m’a toujours coûté ».
60 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Vaillant-Couturier, Au service de l’Esprit (février 1937)
162(Les communistes) repoussent la pièce à thèse, le roman à thèse, la thématique obligatoire. Ils appellent le retour à l’art s
61 1937, Esprit, articles (1932–1962). Brève introduction à quelques témoignages littéraires (septembre 1937)
163e de textes qui paraîtront au cours de cet hiver. Romans, nouvelles, poèmes, essais sur le rôle de la littérature ou ses métho
62 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
164e. Il est totalement inutile de parler du dernier roman, dont tout le monde parle, parce qu’il n’apporte rien. On ne peut pas
63 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
165s, et de nos singularités sinon latines, du moins romanes. On se découvre en s’opposant, mais en s’opposant réellement, c’est-à
166que Ramuz eût écrit ce Chant de notre Rhône, si « roman », sans le voisinage germanique qui l’a contraint à formuler sa diffé
64 1937, Journal de Genève, articles (1926–1982). Condition de l’écrivain (II) : La grande misère de l’édition (22 février 1937)
167 un éditeur pour Guerre et Paix : pensez donc, un roman en 10 volumes ! Et l’Adolphe de Constant, ce serait bien court… Et Ni
65 1937, Journal de Genève, articles (1926–1982). Condition de l’écrivain (III) : Mission civique de la culture (1er mars 1937)
168voyons aujourd’hui ce même peuple se contenter du roman policier ou de quelques pornographies situées dans un grand monde de
66 1937, Journal de Genève, articles (1926–1982). L’Âme romantique et le rêve (23 mars 1937)
169ès-guerre, fécondant de vastes domaines : poésie, roman, philosophie et sciences de l’homme. Il était temps qu’un ouvrage d’e
67 1937, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Selma Lagerlöf, conteur de légende (3 juillet 1937)
170C’est une légende encore qui donne le départ à ce roman des Löwensköld, et porte sur lui de grandes ombres. Il y puise sa vie
171ante et perverse, — cela suffirait pour animer un roman romantique de la grande tradition. Mais tout ce pittoresque humain re
172rlotte Löwensköld et Anna Svärd — forment un seul roman, aux péripéties magistralement variées et fuguées. À défaut de tout r
173omme une anthologie de scènes mineures des grands romans de Lagerlöf. On y admire, appliquées au réel, toutes les vertus subti
174oriques, décors, personnages et coutumes, que les romans mettront en œuvre : il n’y manque rien que le rythme, c’est-à-dire la
175plexes dont s’est nourri depuis cent ans le grand roman occidental : vies intérieures profondes, structure sociale stable et
176ersonnages. Considérez ces trois facteurs dans le roman de la grande époque (xixe siècle) et voyez si leur décadence ne suff
68 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. N’habitez pas les villes !
177monde, empruntant toutes les formes qu’on voudra, roman, essai, commentaires ou poèmes, la fiction n’étant plus qu’un alibi,
178s pour éviter de répondre au présent. À lire les romans d’aujourd’hui, disons « le roman » bourgeois pour simplifier, on croi
179nt. À lire les romans d’aujourd’hui, disons « le roman » bourgeois pour simplifier, on croirait que les hommes ne peuvent pl
69 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Pauvre province
180velles : elle se plaint de ce que les auteurs des romans qu’on lui donne à lire « passent à côté d’elle sans rien dire, sans m
181d, mon lecteur enthousiaste de Clochemerle, grand roman de la pissotière, croyez-vous que cet homme tout de même ne disait pa
182t état. Je retrouve toutes mes réactions dans son roman. Et de les voir aussi crûment avouées, m’oblige enfin à les considére
70 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. L’été parisien
183se que les bourgeois, tandis que les duchesses de romans font encore les délices du peuple. Je regarde autour de moi ces homme
71 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
184nduit à rechercher les origines religieuses de ce roman, dont l’influence, du xiie siècle jusqu’à nos jours, se révèle exact
185nt assimilable à celle d’un mythe. Tristan est un roman « courtois ». La courtoisie est née dans le Midi au xiie siècle, sou
186l’amateur non initié des poèmes provençaux et des romans bretons, l’adultère de Tristan reste une faute parce qu’il est consom
187prisable. Mais Tristan, s’il enlève Iseut, vit un roman, et se rend admirable… Ce qui était « faute » et ne pouvait donner li
188nne ne peut plus le croire, à l’âge du film et du roman — nous sommes tous plus ou moins intoxiqués, — et cette nuance est dé
189s la connaissance du mythe primitif, le succès du roman et du film apparaissent comme les signes certains d’une décadence de
72 1938, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Victoire à Waterloo, par Robert Aron (février 1938)
190 après tout, c’est une histoire, un des meilleurs romans de l’année, et qui se fait lire avec le plus constant plaisir, d’auta
191t de la facilité, le même que donne la lecture de romans d’anticipation. Il y a bien plus que de l’ingéniosité dans ce livre :
73 1938, Journal d’Allemagne. Avertissement
192iologues et des hommes politiques. De même que le roman psychologique, centré sur des héros individuels, a traduit la réalité
74 1938, Journal d’Allemagne. Journal (1935-1936)
193e, j’ai pris contact avec le Séminaire de langues romanes où je vais enseigner. (Le semestre s’ouvrira au début de novembre.) D
194 geste timide : — « Et en l’honneur de nos études romanes, Sieg heil ! » Un court silence, puis il se reprend : — « Et aussi en
195 d’études, aide bénévole aux étudiants en langues romanes, voyages, bibliothèques créées ou enrichies, concerts… « Tout cela es
196és allemandes, le nombre des étudiants en langues romanes est tombé au dixième de ce qu’il était en 1932. Certes, il fallait co
197 cette question : « Pourquoi j’étudie les langues romanes ». Trois sur six donnent pour raison que la radio des Jeunesses hitlé
75 1939, Le Figaro, articles (1939–1953). Directeurs d’inconscience (11 avril 1939)
198e laine, la Mode vous impose des bas de soie. Les romans et les films nous enfièvrent d’une nostalgie d’amour-passion dont nou
76 1939, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). Non, Tristan et Iseut ne s’aiment pas, nous dit Denis de Rougemont (12 février 1939)
199Mais plus je relisais les différentes versions du roman, plus je me sentais gêné, mal à l’aise. Ce Tristan et cette Yseut qui
200d’avoir été élevés dans une double contradiction. Romans, poèmes, musique, l’art et la littérature nous représentent la passio
201ces, il me semble. — Ne devez-vous pas publier un roman, dont le titre, La Folle Vertu, illustre bien votre pensée ? — Oui, j
77 1939, La Revue de Paris, articles (1937–1969). L’Âme romantique et le rêve (15 août 1939)
202crée à des analyses de rêves, Moritz écrivit deux romans autobiographiques qui nous permettent de pénétrer l’intimité d’une ex
203e passé. Moritz décrit ainsi le héros d’un de ses romans : « Il lui parut qu’il s’était échappé entièrement à lui-même et qu’i
78 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe de Tristan
204ivre premierLe mythe de Tristan 1.Triomphe du roman, et ce qu’il cache « Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau c
205ser pour le type idéal de la première phrase d’un roman. C’est le trait d’un art infaillible qui nous jette dès le seuil du c
206qu’établit à première vue le succès prodigieux du roman. Il est d’autres raisons, plus secrètes, d’y voir comme une définitio
207. L’amour heureux n’a pas d’histoire. Il n’est de roman que de l’amour mortel, c’est-à-dire de l’amour menacé et condamné par
208al. Mais l’enthousiasme que nous montrons pour le roman, et pour le film né du roman ; l’érotisme idéalisé diffus dans toute
209ous montrons pour le roman, et pour le film né du roman ; l’érotisme idéalisé diffus dans toute notre culture, dans notre édu
210s Occidentaux. On aurait vite dressé la liste des romans qui n’y font aucune allusion ; et le succès remporté par les autres,
211existe un grand mythe européen de l’adultère : le Roman de Tristan et Iseut. Au travers du désordre extrême de nos mœurs, dan
212. ⁂ Mais d’abord, dira-t-on, est-il exact que le roman de Tristan soit un mythe ? Et dans ce cas, n’est-ce pas détruire son
213ement : communes. L’œuvre d’art — poème, conte ou roman — se distingue donc radicalement du mythe. Sa valeur ne relève en eff
214ement sacré — voilant le secret qu’il exprime, le roman mythique de Tristan posséderait-il au même degré les qualités contrai
215le de contrainte absolue, n’interviennent dans le roman qu’à titre d’obstacle mythique et de figures rituelles de rhétorique.
216 ». Elle appelait une réaction vive. Le succès du Roman de Tristan fut donc d’ordonner la passion dans un cadre où elle pût s
217is de l’exigence mythique à laquelle répondait le Roman. Élargissant notre définition, nous appellerons mythe, désormais, cet
218de Tristan et Iseut, ce ne sera plus seulement le Roman, mais le phénomène qu’il illustre, et dont l’influence n’a pas cessé
219un tel mythe. Il se trahit dans la plupart de nos romans et de nos films, dans leurs succès auprès des masses, dans les compla
220e l’amour est une destinée (c’était le philtre du Roman) ; qu’il fond sur l’homme impuissant et ravi pour le consumer d’un fe
221 répugnance du lecteur à envisager mon projet. Le Roman de Tristan nous est « sacré » dans la mesure exacte où l’on estimera
222 si l’on se borne à considérer la donnée sèche du Roman. Elle n’en paraît pas moins vexante et « prosaïquement » restrictive.
223me ou un drame affreux… Enfin, c’est un drame, un roman. Et romantisme vient de roman… Le problème s’élargit magnifiquement —
224 c’est un drame, un roman. Et romantisme vient de roman… Le problème s’élargit magnifiquement — et mon cas empire d’autant. J
225nt de nous indiquer. 4.Le contenu manifeste du Roman de Tristan3 Amors par force vos demeine ! Béroul. Tristan naî
226aucun des motifs allégués de l’action centrale du Roman. Et je les ai même soulignés. On a pu voir qu’ils se réduisent à fort
227ons l’occasion d’y revenir — on s’aperçoit que le Roman repose sur une série de contradictions énigmatiques. Une première rem
228 éditeurs récents de la légende : tout au long du Roman, Tristan paraît physiquement supérieur à tous ses adversaires et, par
229erie contre Mariage Un moderne commentateur du Roman de Tristan et Iseut veut y voir un « conflit cornélien entre l’amour
230t-être n’a-t-on pas assez marqué à quel point les romans bretons la reflètent et la cultivent. Il est probable que la chevaler
231ement de se réaliser ? D’autre part, la chance du roman n’est-elle pas d’opposer la fiction d’un certain idéal de vie aux réa
232 tyranniques ? Plus d’une énigme que nous pose le Roman nous incite à chercher de ce côté les éléments d’une première solutio
233 solution d’une manière significative. En quoi le roman breton se distingue-t-il de la chanson de geste, qu’il supplanta dès
234eur. D’où naîtront des conflits de droit, dont le Roman offre plus d’un exemple. Reprenons l’épisode des trois barons « félon
235 exemple suffirait à démontrer que les auteurs du Roman avaient choisi en toute conscience pour la chevalerie « courtoise » c
236mpagne. (Appendice 3.) Si Tristan, et l’auteur du Roman, partagent une telle manière de voir, la félonie et l’adultère sont e
237incompatible avec celle du mariage, on l’a vu. Le Roman ne manque pas une occasion de rabaisser l’institution sociale, d’humi
238courant à l’hypothèse, fort vraisemblable, que le Roman illustre un conflit de « religions », nous avons pu préciser et cerne
239ion se trouve simplement reculée. 7.L’amour du roman Si l’on se reporte à notre résumé de la légende, on ne peut manque
240dans les seules situations où elles permettent au roman de rebondir 8. Cette remarque à son tour ne saurait constituer par el
241nt ainsi parce qu’autrement il n’y aurait plus de roman. Mais cette réponse ne paraît convaincante qu’en vertu d’une coutume
242on fondamentale : pourquoi faut-il qu’il y ait un roman ? Et ce roman, précisément ? Question que l’on dira naïve, non sans u
243e : pourquoi faut-il qu’il y ait un roman ? Et ce roman, précisément ? Question que l’on dira naïve, non sans une inconscient
244e sorte de complicité les lie : la volonté que le roman continue, ou comme on dit, qu’il rebondisse. Supprimez cette volonté,
245d’où naît leur souffrance, c’est le démon même du roman tel que l’aiment les Occidentaux. Quel est le vrai sujet de la légen
246, à la faveur de ce destin magique ? Dans tout le Roman, dans ces milliers de vers, je n’en ai trouvé qu’une seule trace. C’e
247ivant objet. D’où les obstacles multipliés par le Roman ; d’où l’indifférence étonnante de ces complices d’un même rêve au se
248fond du mythe ? ⁂ Nous avons vu que le progrès du roman a pour principe les séparations et les revoirs successifs des amants9
249e dégager cette dialectique de l’obstacle dans le Roman. Lorsque ce sont les circonstances sociales qui menacent les amants (
250rce qu’il fournit un prétexte à faire rebondir le roman. Tout autre est l’attitude du chevalier lorsque rien d’extérieur à eu
251ra la même dialectique entre les deux mariages du Roman : celui d’Iseut la Blonde avec le roi, et celui d’Iseut aux blanches
252aintenant le problème qui se posait à l’auteur du Roman primitif. De quel matériel symbolique — apte à cacher ce qu’il fallai
253probation sans condition de la part du lecteur de roman. La chevalerie, c’est la règle sociale que les élites du siècle rêven
254outume de la chevalerie fournira donc le cadre du Roman. Et nous avons marqué, en maint endroit, le caractère de « prétexte r
255tané. Et c’est pourquoi les plus belles scènes du Roman sont celles que les auteurs n’ont pas su commenter, et qu’ils décrive
256 Il n’y aurait pas de mythe, il n’y aurait pas de roman, si Tristan et Iseut pouvaient dire quelle est la fin qu’ils se prépa
257les hommes d’aujourd’hui. Le succès prodigieux du Roman de Tristan révèle en nous, que nous le voulions ou non, une préférenc
258psychologie. Sans traverses à l’amour, point de « roman ». Or c’est le roman qu’on aime, c’est-à-dire la conscience, l’intens
259verses à l’amour, point de « roman ». Or c’est le roman qu’on aime, c’est-à-dire la conscience, l’intensité, les variations e
260vieille et grave mélodie Un résumé objectif du Roman nous a fait pressentir certaines contradictions. L’hypothèse d’une op
261ite à suivre en ses détours la logique interne du Roman puisse paraître vaguement injurieuse, je le sens bien, et m’en consol
262« physionomique » des formes et des structures du Roman, nous avons pu saisir le contenu originel du mythe, dans sa pureté fr
79 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Les origines religieuses du mythe
263« origine » sacrée des motifs caractéristiques du Roman. La quête de la fiancée lointaine, par exemple, se rattache au cérémo
264ion, qui est justement ce qui nous touche dans le Roman ? Parler de déviation de l’instinct, c’est ne rien dire puisqu’il s’a
265 goûts qui avaient été ceux des Celtes.16 » L’art roman et les langues romanes attestent l’importance de l’héritage celtique.
266é ceux des Celtes.16 » L’art roman et les langues romanes attestent l’importance de l’héritage celtique. Plus tard, ce furent d
267Antiquité ni dans les quelques siècles de culture romane qui succèdent à la renaissance carolingienne. Ou bien tout cela « tom
268ole donnent une idée : le Familier des Amants, le Roman des Sept Beautés… Il y a plus. À l’occasion de ces traités, les même
269obateur, le Bien connu : comment ne pas songer au Roman de la Rose ? Et le symbolisme chevaleresque se retrouve dans l’ouvrag
270e retrouve dans l’ouvrage de Nizami de Ganja : le Roman des Sept Beautés, qui conte les aventures de sept jeunes filles vêtue
271Un abîme sépare la forme et l’esprit de la poésie romane de la forme et de l’esprit de la poésie arabe. » Un autre savant, Doz
272n poèmes courtois et en lettres, le premier grand roman d’amour-passion de notre histoire. Jaufré Rudel va mourir dans les br
273ite sur une ancienne version arabe. Le périple du Roman de Barlaam et Josaphat est encore plus surprenant. Sous sa forme conn
274n’en reste pas moins que l’origine manichéenne du Roman est attestée par les fragments de son texte original (en langage ouig
275tuellement nouvelle. 11.De l’Amour courtois au roman breton Remontons maintenant du Midi vers le Nord : nous découvrons
276nt du Midi vers le Nord : nous découvrons dans le roman breton — Lancelot, Tristan et tout le cycle arthurien — une transposi
277s avec les idées courtoises que naquit le premier roman courtois », écrit M. E. Vinaver. Ces légendes « exotiques », c’étaien
278on soit actuellement résolue : c’est bien le Midi roman qui a donné son style et sa doctrine de l’amour aux « romanciers » du
279e Troyes déclare tenir le fond et l’esprit de ses romans de la comtesse Marie de Champagne, célèbre par sa cour d’amour où le
280 le mariage fut condamné. Chrétien avait écrit un Roman de Tristan dont les manuscrits sont perdus. Béroul était Normand, Tho
281tous ces points, bornons-nous à remarquer que les romans bretons sont tantôt plus « chrétiens » et tantôt plus « barbares » qu
282s ne savons dans quelle mesure il a voulu que ses romans fussent des chroniques secrètes de l’Église persécutée (thèse de Rahn
283our la Sainte Cène. Cependant, même dans le grand roman de Lancelot (qui date de 1225 environ) le symbolisme et l’allégorie s
284 vraie barbarie est dans la conception moderne du roman, photographie truquée de faits insignifiants, alors que le roman bret
285phie truquée de faits insignifiants, alors que le roman breton procède d’une cohérence intime dont nous avons perdu jusqu’au
286ance mystique, ils n’ont pas introduit dans leurs romans que des erreurs. Ils ont traité un thème nouveau, celui de l’amour ph
287s d’amour, comme on le répète, mais de véritables romans. C’est qu’à la différence des poèmes provençaux, ils s’attachent à dé
288ne longue pénitence des amants. C’est pourquoi le roman finit « bien » — au sens de la mystique cathare — c’est-à-dire abouti
289spirituelles la formation d’un genre nouveau — le roman — qui ne deviendra proprement littéraire que par la suite, quand il s
290t du xviie siècle. 12.Des mythes celtiques au roman breton Tristan nous apparaît comme le plus purement courtois des
291nous apparaît comme le plus purement courtois des romans bretons, en ce sens que la part épique — combats et intrigues — y est
292en même temps, Tristan est le plus « breton » des romans courtois, en ce sens qu’on y trouve incorporés des éléments religieux
293eux et plus exactement identifiables que dans les Romans de la Table ronde. ⁂ Hubert note très bien à propos de la littérature
294ent les prototypes assez exacts des situations du Roman de Tristan. Par exemple, dans l’idylle tragique de Diarmaid et Grainn
295urenchère, subsiste également dans Tristan et les Romans de la Table ronde. On y voit un grand nombre d’aventures débuter par
296 ⁂ Gaston Paris remarquait avec profondeur que le roman de Tristan et d’Yseut rend un son particulier, qui ne se trouve guère
297de l’action et le dénouement, tandis que dans les romans courtois, c’est la tragédie intérieure. Enfin, l’amour celtique (en d
298reton se soit si aisément adapté au symbolisme du roman courtois. Mais cette analogie reste purement formelle. Tout au plus d
299 recréer dans une vie ou dans une œuvre. 13.Du roman breton à Wagner, en passant par Gottfried La première recréation d
300 vie. Mais il est non moins clair que le cadre du roman, son intrigue et ses thèmes directeurs se prêtaient au projet du poèt
301nt confondre avec la « science ». Tristan est un roman bien plus profondément et plus indiscutablement manichéen que la Divi
302etentir dans le mythe. Nous avons donc rejoint le Roman de Tristan et situé sa nécessité à telle date, à l’intersection de te
303° que la passion, vulgarisée de nos jours par les romans et par le film, n’est rien d’autre que le reflux et l’invasion anarch
80 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Passion et mystique
304en fin de compte : à la sexualité. Or l’examen du Roman de Tristan et de ses sources historiques nous a conduit à renverser l
305e aventure mystique Nous avons constaté que le Roman de Tristan est, à bien des égards, une première « profanation » de la
306icés que ceux du Midi. Le caractère distinctif du Roman est en effet de reposer sur une faute contre les lois d’amour courtoi
307de l’adultère consommé. De là que nous ayons un « roman » selon la formule moderne du genre, et non pas un simple poème. Il n
308de cause, on ne saurait plus parler d’un vulgaire roman d’adultère : l’infidélité d’Iseut, c’est l’hérésie, c’est la vertu my
309que — risquons un parallèle très général entre le Roman et l’aventure mystique. Quitte à rectifier par la suite les conclusio
310e semblent parfois étrangement confondues dans le Roman, il est toujours possible de reconnaître, à de tels traits, la tendan
311e monde, et le monde nous », gémit Iseut (dans le Roman en prose). Et Tristan de répondre : « Si le monde entier était orendr
312une sorte de blasphème s’il ne s’agissait dans le Roman que d’une passion d’amour sensuel : mais tout indique que nous sommes
313 situations les plus apparemment « mystiques » du Roman doivent être interprétées — si l’on ne veut pas errer gravement — à p
314s vu que les séparations des deux amants, dans le Roman, répondent à une nécessité tout intérieure de la passion. Iseut est u
315doit refuser la communion ! En un seul passage du Roman, l’orthodoxie triomphe provisoirement. C’est quand, le philtre ayant
316 confusion du Créateur et de la créature, dans le Roman : la fameuse « divinisation de la femme » selon la formule des manuel
317nc à zéro pour ce qui est du sens du mythe, et le Roman cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cessera
318du sens du mythe, et le Roman cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cesserait d’être ce qu’il fut, po
319anctifier par le mariage. Les amants mystiques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non son apaisement heur
320position est dans le mystère de l’Incarnation. Le Roman est baigné par l’atmosphère celtique de l’orgueil chevaleresque : c’e
321ésie d’Occident procède de l’amour courtois et du roman breton qui en dérive. C’est à cette origine que notre poésie doit son
322’agissait-il d’amour profane — selon la lettre du Roman — ou d’un symbole de l’Éros lumineux, voire de l’Église d’Amour ? On
323s sa jeunesse et qu’il faisait ses délices de nos romans de chevalerie. Il rêvait de devenir le « meilleur chevalier du monde 
324 élans vers le Souverain Bien !… Se souvenant des romans français, François fit de la Pauvreté sa « Dame », et s’honora d’être
325ttestent que la rhétorique des troubadours et des romans courtois sont les sources directes du lyrisme franciscain, lequel à s
326ue. Sainte Thérèse raffolait dans sa jeunesse des romans de chevalerie (voir sa Vie par elle-même, chap II) ; elle eut même, p
327l’on se borne à la conception de l’amour dans les romans de chevalerie et dans les traités spirituels du xvie siècle, on obse
328Château intérieur. b) En Espagne, les auteurs de romans de chevalerie comme ceux des traités mystiques se caractérisent par l
329) Ce n’est pas dans les pauvres extravagances des romans de chevalerie mystique (la Gallarda Espirituel, El divino Escarraman)
330’évolution de sainte Thérèse, on constate que les romans de chevalerie ont eu sur elle une influence psychologique, et une inf
81 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe dans la littérature
331Le meilleur point de départ nous est donné par le Roman de la Rose, écrit entre les années 1237 et 1280 environ. Il y a cent
332ction dite « réaliste ». Double mouvement dont le Roman de la Rose nous donne l’illustre témoignage. La Rose de Guillaume de
333 Guillaume de Lorris — dans la première partie du roman, dite courtoise — c’est l’amour de la femme idéale, vraie femme déjà
334u contraire, pour Jean de Meung, qui terminera le Roman, la Rose n’est plus que la volupté physique. Le réalisme le plus fran
335t — jusqu’à Pétrarque et bien au-delà : jusqu’aux romans allégoriques du xviie , jusqu’à la Nouvelle Héloïse… Et par Jean de M
336e succès (auprès du même public, souvent, que les romans idéalistes). C’étaient des historiettes grivoises colportées et repri
337ute l’Europe médiévale. Les fabliaux annoncent le roman comique, qui annonce le roman de mœurs, qui annonce le naturalisme po
338bliaux annoncent le roman comique, qui annonce le roman de mœurs, qui annonce le naturalisme polémique du dernier siècle. Mai
339a chevalerie, jusqu’à Cervantès L’influence du roman breton est attestée par des centaines de textes à travers les xiiie ,
340s les récits de Chrétien de Troyes. On traduit le Roman de Tristan dans toutes les langues d’Occident. L’Anglais Thomas Malor
341mboles. Cervantès ne cite point les très nombreux romans de « chevalerie célestielle » qu’on lisait de son temps avec passion1
342139. Il ne s’en prend, dans son Quichotte, qu’aux romans d’aventures profanes. Cette omission est mystérieuse. Elle militerait
343e à la psychologie L’histoire du mythe dans le Roman, au xviie siècle français, peut se réduire, hélas, en une formule :
344 : la mystique se dégrade en pure psychologie. Le roman devient l’objet d’une littérature raffinée. D’Urfé, La Calprenède, Go
345 les induit simplement à composer d’interminables romans à clef. Polexandre est Louis XIII, Cyrus est le Grand Condé, Diane es
346ndé, Diane est Marie de Médicis, etc. Le sujet du roman demeure les « contrariétés » de l’amour, mais l’obstacle n’est plus l
347esque soupirant, et l’on voit Polexandre, dans le roman de Gomberville, parcourir comme un fou les cinq parties du monde pour
348rsque l’auteur est un champion du genre. C’est le roman allégorique du xviie siècle qui inventa le happy ending. Le vrai rom
349viie siècle qui inventa le happy ending. Le vrai roman courtois débouchait dans la mort, s’évanouissait dans une exaltation
350t la société qui l’emporte, et dès lors la fin du roman ne saurait être qu’un retour à ce qui n’est plus le roman : au bonheu
351 saurait être qu’un retour à ce qui n’est plus le roman : au bonheur. Les grands thèmes tragiques du mythe n’éveillent guère
352ut le reste. Au cinquième et dernier volume de ce roman que l’on n’ose nommer un roman-fleuve, puisqu’il n’est parcouru que p
353armes ne sont point inégaux à ceux de nos récents romans féeriques. Et la psychologie des écrivains français n’a pas cessé de
354été à ce point harmonisées. L’on n’imagine pas de roman mieux écrit ; plus strictement réglé, dans son progrès, sur les lois
355ndiscrets et de hasards immérités (comme sont les romans d’aujourd’hui). En un mot, l’Astrée est une œuvre. Elle suppose un mé
356ieux Boileau — le court Dialogue sur les Héros de Roman — pour réduire au silence et à l’oubli, jusque dans les manuels de no
357ècle, la féerie romanesque née de l’Astrée, et le roman comique, son parasite142. Il n’y eut plus qu’une dernière flamme, min
358tte joie majestueuse qui fait toute la douleur du Roman ». Car pour l’atteindre ou seulement la pressentir, il eût fallu pous
359fondes et qui n’est autre que le pétrarquisme. Le roman de Rousseau à proprement parler n’est pas une renaissance du mythe pr
360nts par un éditeur zélé à la troisième édition du roman : l’on y retrouve les situations que prévoyaient les leys de cortezia
361 rien du mystique ni du chevalier. Au surplus, le roman n’aboutit à la mort qu’après un renoncement à la passion, et cette mo
362de confesser un goût très vif pour le style de ce roman — seul comparable à l’Astrée sous ce rapport — et une admiration séri
363 rousseauisme » moral en attribuant à l’auteur du roman les croyances de ses personnages. Si Rousseau fut le premier à décrir
364’est la grande éclipse du mythe. Mais à partir du roman de Rousseau, qui naît comme en marge du siècle, nous allons parcourir
365traite de l’amour, ce petit volume n’est point un roman, et surtout n’est pas amusant comme un roman. C’est tout uniment une
366t un roman, et surtout n’est pas amusant comme un roman. C’est tout uniment une description exacte et scientifique d’une sort
367l venaient de provoquer la renaissance des études romanes.) « Singulière civilisation », dit-il. Et il rêve un peu là-dessus. O
368r chaste transforme l’hymne des troubadours en un roman163 — ainsi les puissances du jour, évoquées par le premier acte, intr
369agner — Anna Karénine, et presque tous les grands romans de l’ère victorienne, et surtout Tess des d’Urberville et Jude l’Obsc
370Urberville et Jude l’Obscur ; et de nos jours les romans platonisants d’un Charles Morgan. ⁂ Mais les chefs-d’œuvre, désormais
371 sur la descente du mythe dans les mœurs, que les romans de série, le théâtre à succès, enfin le film. Le vrai tragique de not
372, tant bourgeoises que « prolétariennes », par le roman, et le roman d’amour s’entend, traduit exactement l’envahissement de
373oises que « prolétariennes », par le roman, et le roman d’amour s’entend, traduit exactement l’envahissement de notre conscie
374ession de luxe et d’aventures exotiques que les « romans de gare » suffisent à satisfaire symboliquement. Que cela n’ait plus
375eut, l’épouse insatisfaite, oisive et lectrice de romans. Ici encore, deux morales s’affrontent. Les barons félons de la légen
376e ses contradictions intimes. En effet : point de roman sans obstacles. On les multiplie donc, sans souci d’une invraisemblan
377d insensible. Ainsi, pendant une heure ou deux le roman pourra rebondir et notre cœur haleter, et c’est ce que nous cherchons
378le à temps, ce qui amène par définition la fin du roman et du film : « et ils eurent beaucoup d’enfants » signifie qu’il n’y
379ent du bourgeois. Ainsi, dans le théâtre, dans le roman à succès et dans le film qui exploitent inlassablement la formule du
380s ce ton de désespoir ? Comment se fait-il que le roman qui triompha pendant trente ans, au xxe siècle, de toutes les autres
381ors ? Ne voit-on pas, dès les années 1930, que le roman a perdu toute sève ? qu’il ne retrouve une virulence provisoire qu’en
82 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Amour et guerre
382 possession d’une femme. Et l’un des plus anciens romans que nous possédions, le Théagène et Chariclée d’Héliodore (iiie sièc
383t plus propre à restituer l’atmosphère de rêve du Roman de Tristan que les descriptions de tournois qu’on peut lire dans les
384mise en scène des tournois emprunte ses idées aux romans de la Table Ronde. Ainsi, au xve siècle, le Pas d’Armes dit de la Fo
385à la pèlerine » ; parfois il apparaît en héros de roman et s’appelle le chevalier au cygne ou porte les armes de Lancelot, de
386maculé de son sang. (Ainsi fait Lancelot dans les romans de la Table Ronde.) « L’atmosphère de passion qui entourait les tourn
387a douceur de vivre ». Les légendes épiques et les Romans de la Table Ronde multiplient les récits de tueries inouïes ; la gloi
388ébrile d’aventure, voilà le climat des principaux romans de cette période. Et cela signifie sans équivoque que les relations i
83 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Le mythe contre le mariage
389l’amateur non initié des poèmes provençaux et des romans bretons, l’adultère de Tristan reste une faute189, mais il se trouve
390prisable. Mais Tristan, s’il enlève Iseut, vit un roman, et se rend admirable… Ce qui était « faute » et ne pouvait donner li
391nne ne peut plus le croire, à l’âge du film et du roman — nous sommes tous plus ou moins intoxiqués — et cette nuance est déc
392 la connaissance du mythe primitif, les succès du roman et du film apparaissent comme les signes certains d’une décadence de
393cles, ainsi que le font voir journellement films, romans et bandes dessinées. De fait, si l’amour romanesque triomphe d’une qu
84 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
394 certain que Béroul, Thomas, Eilhart, l’auteur du Roman en prose et celui de la Folie Tristan n’étaient pas initiés à cette t
395ordre. (Ibid., p. 80.) 3.Chansons de geste et romans courtois Les chansons de geste sont nées au xie siècle, et pas av
396e marque la transition de l’épopée française au « roman » proprement dit. L’épisode d’amour nous intéresse d’autant plus qu’i
397uation fort analogue — dans sa forme — à celle du Roman de Tristan. Or il est évident que cette situation ne peut être qu’une
398inon peut-être du Japon médiéval (voir le célèbre roman Gengi), du Japon. Dans un très beau recueil posthume de poèmes et d’e
399s fidèles d’Amour dans les compositions lyriques, romans et épopées chevaleresques des troubadours (1856). C’est un lexique do
85 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
400ndré Walter, et surtout dans La Porte étroite, ce roman janséniste et « cathare »… ⁂ D’autres causes d’erreur interviennent
86 1940, Mission ou démission de la Suisse. Neutralité oblige, (1937)
401s, et de nos singularités sinon latines, du moins romanes. On se découvre en s’opposant, mais en s’opposant réellement, c’est-à
402que Ramuz eût écrit ce Chant de notre Rhône, si « roman », sans le voisinage germanique qui l’a contraint à formuler sa diffé
87 1942, La Part du Diable (1982). Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
403e cultive en Occident. Depuis un siècle, tous les romans illustrent, avec d’autant moins d’art qu’ils y rencontrent plus de co
404oderne fut la littérature romantique, et dont les romans et les films sont les agents de diffusion. Cette obsession était deve
405tion qui l’apprennent par correspondance dans les romans et dans les magazines à gros tirage. Car cette insignifiance est en t
406. Ce composé ne saurait être aussi commun que les romans et l’opéra nous l’ont fait croire. Je mets en fait qu’il n’y a guère
407’est plus maîtrisé par l’homme en lui. Contre les romans et les films, et contre l’opinion courante du temps, qui voient le si
88 1944, Les Personnes du drame. Sagesse et folie de la personne — Franz Kafka, ou l’aveu de la réalité
408 papiers les manuscrits presque complets de trois romans : le Procès, le Château, et Amérique. Le regard qu’il y porte sur le
409 plus de réalité que les vapeurs d’une héroïne de roman bourgeois. Le réalisme de Kafka réside dans la sobriété de sa vision,
410sé, autrement dit : du dépassé. C’est pourquoi le roman de Kafka suppose, du seul fait qu’il existe, une sorte de révélation,
411crits que son ami se refusait à publier — dont ce roman. Quels étaient les scrupules de Kafka ? « Il voulait son œuvre à l’éc
412au moins l’entrevision d’une foi — et pourtant le roman se termine par le triomphe atroce de la Loi, c’est-à-dire dans le dés
413dra jamais à rejoindre Monsieur le Comte. Tout le roman se passe au village, et se borne à décrire minutieusement les vaines
414gesse de Goethe Il semble bien que le Château, roman posthume, devait se terminer sur un échec de K. qui serait mort d’épu
89 1944, Les Personnes du drame. Sincérité et authenticité — Le Journal d’André Gide
415ndré Walter, et surtout dans la Porte Étroite, ce roman janséniste et « cathare »… ⁂ D’autres causes d’erreur interviennent,
90 1944, Les Personnes du drame. Sincérité et authenticité — Vues sur Ramuz
416d’école, qui domina et qui domine encore tous les romans à la Bourget, consiste à rattacher par convention, presque par accide
417ilise que des faits se range dans la catégorie du roman policier : il n’a pas de psychologie. Et la critique parle beaucoup d
418z un individu, qui constitue le vrai sujet de ses roman. Passage du Poète, ou passage du Diable (dans le Règne de l’esprit ma
419nce d’une femme (La Guérison des Maladies). Et le roman n’a pas d’autre mouvement que le mouvement même des images propagées
420hésitent pas à prendre au sérieux l’intrigue d’un roman bourgeois. On s’est trop arrêté à l’insolite du style chez Ramuz. Ce
421cieuses sur la syntaxe et sur la construction des romans de Ramuz. ⁂ Tout portrait représente un dialogue entre le peintre et
91 1944, Les Personnes du drame. Une maladie de la personne — Le Romantisme allemand
422crée à des analyses de rêves, Moritz écrivit deux romans auto-biographiques qui nous permettent de pénétrer l’intimité d’une e
423e passé. Moritz décrit ainsi le héros d’un de ses romans : « Il lui parut qu’il s’était échappé entièrement à lui-même et qu’i
92 1945, Carrefour, articles (1945–1947). L’Amérique de la vie quotidienne (19 octobre 1945)
424, avant d’y venir, vu tant de films et lu tant de romans américains : ils donnaient, je le sais aujourd’hui, des images vraies
93 1945, Carrefour, articles (1945–1947). Hollywood n’a plus d’idées (13 décembre 1945)
425d’inventions. Hollywood achète n’importe quoi, un roman non terminé, un bout de conversation, l’esquisse d’une histoire, un «
94 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). Le mensonge allemand (16 août 1945)
426lenway Wescott, qui vient de le démontrer dans un roman intitulé Appartements d’Athènes (l’a-t-on publié en français ?). Nous
95 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). Le dernier des Mohicans (11 octobre 1945)
427e s’asseoir et l’on pose au café des problèmes de roman détective. Les Européens vus d’ici, au travers des questions qu’on m’
96 1946, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Souvenir d’un orage en Virginie (novembre 1946)
428 de ma vie, je me sens tenté d’écrire la suite du roman.
97 1946, Carrefour, articles (1945–1947). Deux presses, deux méthodes : l’Américain expose, le Français explique (4 avril 1946)
429ondant américain cherche à faire voir, il tend au roman. Sa gloire et son statut social éclipsent bien souvent ceux des grand
98 1946, Réforme, articles (1946–1980). Vues générales des Églises de New York (12 octobre 1946)
430essions (ils les indiquent et je note beaucoup de Roman Catholics). Passons maintenant dans Park Avenue. Des coupoles byzanti
431ark Avenue. Des coupoles byzantines sur un porche roman : Saint-Barthélemy, l’église des riches, avec son chœur immense et fr
99 1946, La Revue de Paris, articles (1937–1969). Tableaux américains (décembre 1946)
432 de ma vie, je me sens tenté d’écrire la suite du roman. La route américaine L’Européen parle parfois de sa conception
100 1946, Journal des deux Mondes. Journal d’attente
433à l’été. La lumière mûrit là-haut, sur le clocher roman de cette église mystérieusement demeurée, malgré la ville environnant