(1968) Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968) «  Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929) » pp. 168-170
[p. 168]

Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929) s

Prison

Prisonnier de la nuit
mais plus libre qu’un ange
prisonnier dans ta tête
mais libre comme avant
cette naissance aux lents vertiges
Quand la nuit s’effeuille et se fane
prisonnier d’une saison morte
au tombeau des fleurs obscures
les mains de l’absence
se ferment sur le vide
  Tu pleurerais
Mais la grâce est facile comme un matin d’été
la grâce tendrement dénouée de ta vie
comme de cette nuit le jour d’un grand été
  qui consent…

[p. 169]

Ailleurs

Colombes lumineuses
des mains de mon amour
écloses voyageuses
ah ! que d’aucun retour
vous ne laissiez le gage
aux plaintes de mon cœur
il est d’autres rivages
où mieux qu’ici l’on meurt.

[p. 170]

Étoile de jour

Il naissait à son destin
des rayons glissent et rient
c’est la caresse des anges
parmi les formes de l’ombre
C’était l’aube et le sourire
adorable de savoir
la dansante liberté
d’un désir à sa naissance
L’étoile qui l’accueille au
sommet ravi d’un silence
c’est le miroir d’une absence
mais le signe de sa grâce
Dans l’or vert évanouie
au cœur éclatant du jour
scintillera l’invisible
gage d’un amour perdu.