(1938) L’Ordre nouveau, articles (1933–1938) « Positions d’attaque (décembre 1933) » pp. II-III
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Positions d’attaque (décembre 1933) f

1° Sans théorie révolutionnaire, pas d’action révolutionnaire.

2° Dans l’état présent des choses, il n’y a pas d’ordre concevable sur le plan capitaliste, au déterminisme duquel les soviets n’échappent pas.

3° La dialectique historique ne peut que rendre compte du passé — mais seul l’acte créateur opère le changement de plan et permet d’instituer un ordre nouveau.

4° Cet acte créateur dont nous faisons dépendre tout l’ordre nouveau, cette « source d’énergie » permanente de la révolution, c’est la personne humaine telle que nous l’avons définie.

5° Dans l’« Ordre nouveau », les institutions reproduisent à tous les degrés le conflit et la tension qui définissent la personne en acte.

6° Ces institutions sont :

— dans le domaine politique : la petite patrie décentralisatrice et le centre de contrôle doctrinal et juridique ;

— dans le domaine économique : les syndicats libres de [p. III] production et d’instruction professionnelles, d’une part, et de l’autre, le service prolétarien collectif soumis directement à un centre de contrôle économique et statistique.

7° Ce régime doit entraîner par son jeu normal la disparition des cadres de l’État et du statut des classes, c’est-à-dire : l’élimination des facteurs décisifs de l’inflation, du chômage et de la guerre moderne économique et militaire.

8° C’est au nom d’antagonismes naturels féconds et créateurs que nous voulons éliminer les antagonismes artificiels et destructeurs que fait naître le capitalisme matérialiste.

9° Nous sommes avec le prolétariat, par-dessus la tête de ses vieux meneurs, contre la condition prolétarienne.