(1982) Journal de Genève, articles (1926–1982) « Mes amis et Nerval (9 octobre 1982) » p. V
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Mes amis et Nerval (9 octobre 1982) ag

Comme chaque année, je suis parti en vacances avec une pleine valise de manuscrits en train et de livres « à lire en vacances », livres d’amis, reçus depuis des mois, et livres qui m’aident à travailler, comme la série des petits volumes d’Après l’exil de Hugo et de Tel quel de Valéry, compagnons de mes mises en train.

Le sort a voulu que je n’arrive à lire qu’un seul des « livres d’amis » : le Poisson-scorpion de Nicolas Bouvier, avec le plaisir constant, finalement envoûtant, d’une surprise ou d’une trouvaille de langage par phrase, ou presque ; un écrivain digne du nom, c’est devenu tellement rare aujourd’hui !

Mais pour le reste, hélas, je n’ai pu que relire, et de très près, sept ou huit de mes propres livres, en vue de traductions nouvelles en anglais, roumain, serbo-croate, exigeant ajouts et préfaces, ou pour des rééditions revues et augmentées en livres de poche, à paraître à l’automne, ces tâches bloquant tout, écriture et lectures.

À la seule exception d’une plongée de quelques jours dans Nerval : je m’étais aperçu à ma honte que je ne savais plus par cœur les sonnets des Chimères : c’est réparé.