(1974) Journal d’un Européen (fragments 1974) « Note liminaire » p. p. 3

Note liminaire

Les textes de discours et conférences que l’on va lire ne sont sans doute que les approches d’un même thème, varié selon les circonstances et adapté aux préoccupations des différents congrès où je les ai prononcés.

Le lecteur y trouvera bien des répétitions. Puissent-elles l’aider à se familiariser avec une attitude de pensée politique dont il faut bien reconnaître qu’elle rencontre encore la résistance tenace, chez nos contemporains, du vieux système de certitudes et d’évidences que l’École et la Presse ont inculqué à cinq ou six générations d’Européens, quant à l’État et à sa souveraineté illimitée dans ses frontières, quant à l’Économie, vrai sérieux de l’existence, quant au Progrès qu’on n’arrête pas et qui, grâce à la Science, va toujours vers le mieux, comme chacun le sait jusqu’au fond de la Polynésie.

Or nous n’avons plus tellement de temps pour l’arrêter avant le bang final vers quoi nous emmène tous son accélération imperturbable.

Le sentiment croissant de l’imminence des désastres explique sans doute la multiplication des tentatives « pour y voir clair ensemble » qu’ont été les congrès de septembre et d’octobre dont j’essaye de tirer ici les conclusions.

D. R.