1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
1On le vit naguère en province liquider des stocks américains. Et ses romans, c’est aussi une liquidation : les faits s’y pressent
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
2rope [p. 1154] « conscience du monde », entre une Amérique affolée de vitesse, édifiant ses gratte-ciels comme des tours de Babe
3 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
3ujours ratés — on ne m’y prendra plus ! — morales américaines et hygiéniques en tous genres, instruction publique, situations acqui
4 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
4cile mais fort goûté du grand public, de l’humour américain, l’on comprendra sans peine la popularité mondiale des « idées » d’He
5ont assez révélateurs de la mentalité capitaliste américaine. Voici, par exemple, une définition de la liberté : La liberté consi
6avons assez en quel mépris l’homme d’affaires à l’américaine tient les choses de l’Esprit. Dans le cas le plus favorable, « il se
7n. Cette perte du sens de l’âme se nomme bon sens américain. On en fait quelque chose de jovial et d’alerte, quelque chose de trè
5 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
8aines utopies. (Les religions, la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, l’Europe napoléonienne, la Russie d’après Karl
6 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
9de lui sans doute le plus méridional des conteurs américains. Avec cela, un réalisme, plein de verdeur et souvent d’amertume. Mais
10religieuse tendresse ? C’est un Chinois, c’est un Américain qui viennent nous rapprendre que les sources de la poésie sont dans n
7 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
11 Citoyen du Monde, voici le Bon Européen, voici l’Américain à rendement maximum. Et comptez que l’on poussera plus avant la dégra
8 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
12alyse spectrale de l’Europe, de Psychanalyse de l’Amérique, le célèbre philosophe fondateur de l’École de la Sagesse de Darmstad
13e. Décidément, le goût du colossal — transmis aux Américains — reste un trait marquant de l’âme allemande : le choix de la salle,
9 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
14ous le titre d’Au-delà de la ligne de la mort, en Amérique, en Angleterre, en Allemagne, et en France, sous celui d’Avant l’Aube
10 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
15étoile nervalienne. Je vins à Vienne pour fuir l’Amérique. Mais les Viennois avaient fui dans les opérettes de Strauss, qu’on n
11 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
16ain ! Et quelle tenue. Ici l’on sait encore qu’un Américain n’est qu’un nouveau riche ; ailleurs on les imite. Il est vrai que vo
12 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
17 dit « jusque chez nous », ce qu’on ne dit pas en Amérique.) Grands dieux ! je le vois bien, à tout prix il vous faut un prétext
13 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
18it-il dire : par la nécessité) la plus brûlante : Américains et Allemands chez nous. Laissons les Américains. Ils réussissent mal
19: Américains et Allemands chez nous. Laissons les Américains. Ils réussissent mal à nos satiristes. M. Hermann-Paul en les peignan
14 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
20me que les Européens trouvent commode de nommer « américain ». 3° L’hérésie de la synthèse est inhérente à tout système rationali
21êmes — d’avoir sécrété la mystique du capitalisme américain. Les uns l’accusent de livrer le monde au Malin, les autres — ou parf
15 1933, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Histoires du monde, s’il vous plaît ! » (janvier 1933)
22ennal s’édifier sur les ruines d’un continent ; l’Amérique s’enrichir au-delà de toute raison européenne, puis s’affoler, entrer
23et sur le Plan de cinq ans, autant sur les formes américaines de la vie sociale, des albums de photos qui pour la première fois, no
16 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
24 constituent dans leur ensemble, du Moyen Âge à l’Amérique moderne, la grande Imposture dont nous avons à dénoncer l’origine per
17 1933, Esprit, articles (1932–1962). Protestants (mars 1933)
25 le plus frappant, mais tout porte à croire que l’Amérique, demain, l’imitera, et même la France, si les questions économiques e
26ivez-vous ? » ⁂ La caractéristique des mouvements américains de rénovation réside dans leur effort pour « christianiser l’ordre [p
27ton, président de l’association des mécaniciens d’Amérique exprime ce point de vue en une phrase typique : « La grande majorité
28 moins le mérite de débarrasser le protestantisme américain de son piétisme optimiste et moralisant. Mais qu’entendent-ils par « 
29évolutionnaires chrétiennes qui se manifestent en Amérique. On remarque dans la liste de ses collaborateurs des noms d’évêques s
30la (Italie), N. Stufkens (Hollande) et F. Heuson (Amérique). C’est un document de premier ordre sur la « rupture » à laquelle no
18 1933, Esprit, articles (1932–1962). Loisir ou temps vide ? (juillet 1933)
31orale officielle de la Troisième République, de l’Amérique et des Soviets. Nous croyons ici que la dignité de l’homme consiste à
19 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Liberté ou chômage ? (mai 1933)
32elativement lente et passe, par exemple, pour les États-Unis, de l’index 100 en 1899 à l’index 104 en 1919 2 . Durant toute cette
20 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Spirituel d’abord (juillet 1933)
33 contrairement à ce que pensent les réalistes à l’américaine. (Leur puissance ne reposait que sur l’illusion matérielle, monétaire
21 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 1. Destin du siècle ou vocation personnelle ?
34iens en chemise brune. On nous dit que la vie, en Amérique, est impossible, parce que tous les appartements sont pareils et qu’u
22 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 5. Sur la devise du Taciturne
35me que les Européens trouvent commode de nommer « américain ». 3° L’hérésie de la synthèse est inhérente à tout système rationali
23 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 7. Comment rompre ?
36 constituent dans leur ensemble, du moyen âge à l’Amérique moderne, la grande Imposture dont nous avons à dénoncer l’origine per
24 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
37 le contraire d’un idéal. Perspectives (I) Si l’Amérique se soviétise à son tour, si les fascismes soumettent de plus en plus
25 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — i. Liberté ou chômage ?
38elativement lente et passe, par exemple, pour les États-Unis, de l’index 100 en 1899 à l’index 104 en 1919 73 . Durant toute cette
26 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — ii. Loisir ou temps vide ?
39orale officielle de la Troisième République, de l’Amérique et des Soviets. Nous croyons ici que la dignité de l’homme consiste à
27 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Destin du siècle ou vocation personnelle ? (février 1934)
40iens en chemise brune. On nous dit que la vie, en Amérique, est impossible, parce que tous les appartements sont pareils et qu’u
28 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kasimir Edschmid, Destin allemand (octobre 1934)
41u monde ; il a séjourné longtemps en Orient et en Amérique ; [p. 816] il s’est enfoncé profondément dans la vie africaine ; et,
29 1935, Esprit, articles (1932–1962). Kasimir Edschmid, Destin allemand (mai 1935)
42 roman d’idées, et une description étonnante de l’Amérique qu’il nous reste à découvrir : celle du Sud. Enfin, c’est un livre qu
30 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Les trois temps de la Parole (mai 1935)
43s tant d’auteurs religieux — qui ne sont pas tous américains — de nous représenter un « Jésus-homme », un « ami suprême », présent
31 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Lawrence et Brett par Dorothy Brett ; Matinées mexicaines suivi de Pansies (poèmes), par D. H. Lawrence (octobre 1935)
44r Lawrence à Taos sont irritants à cause de cette Américaine qu’on y voit trop, et passionnants à cause du sujet, même maltraité.
32 1935, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). René Guisan : un clerc (1935)
45on pas en « homme d’action » — cette sotte espèce américaine — mais en homme de pensée agissante. Nous méprisons trop facilement l
33 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.8. Décadence des lieux communs
46vinezza ! Tod den Juden ! Nous ferons mieux que l’Amérique ! Achetez français ! Passez vos vacances à la mer ! C’est avec ça qu’
34 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.10. La mesure soviétique
47ification socialiste ». On peut concevoir que des Américains, chargés de coloniser ces terres immenses, [p. 90] n’eussent pas adop
48 à nous avec cette morgue que l’on disait naguère américaine, et qui ressemble à celle des nouveaux riches de tous les temps. Nous
35 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
49 à nous avec cette morgue que l’on disait naguère américaine, et qui ressemble à celle des nouveaux riches de tous les temps. Nous
36 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Qu’est-ce que la politique ? (juin 1936)
50l’Asie ; il y a l’URSS qui veut faire mieux que l’Amérique et qui ne demande rien de moins à ses ingénieurs que d’établir les pl
37 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Les Jacobins en chemise brune (décembre 1936)
51, aussitôt au pouvoir : « Nous ferons mieux que l’Amérique » ?) Mais on ne peut pas refaire l’histoire. Nous sommes là pour la c
38 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. Préambule
52 fantomatique, sans ville derrière lui, vaguement américain et militaire, sous un ciel bas couleur d’acier où rien ne bougeait, e
39 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. I. N’habitez pas les villes !
53 des journaux de Paris et de fumer des cigarettes américaines au goût de miel, introuvables dans l’île. Pendant que ma femme lit de
40 1937, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). L’autorité assure les libertés (mai 1937)
54ires du personnalisme, tout de même qu’un citoyen américain peut demander à la Cour suprême des États-Unis de statuer sur la cons
55yen américain peut demander à la Cour suprême des États-Unis de statuer sur la constitutionnalité d’une loi ou d’une mesure gouver
41 1938, Journal d’Allemagne. iii. Les jacobins en chemise brune
56, aussitôt au pouvoir : « Nous ferons mieux que l’Amérique » ?) Mais on ne peut pas refaire l’histoire. Nous sommes là pour la c
42 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Préface à l’édition de 1956
57ercontinentale. De plus, un séjour de sept ans en Amérique m’a fait voir que le mythe de la Passion — dégradée en simple romance
43 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
58ctement conventionnels et rhétoriques que le film américain des premières années de l’entre-deux-guerres. C’était l’époque du hap
44 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
59 la crise Pour mieux voir notre état, regardons l’Amérique — cette Europe délivrée de ses routines, mais aussi de ses freins tra
60 illustre des croyances toutes naturelles pour un Américain : c’est [p. 317] par là qu’il nous intéresse. Il montre que les terme
61 simplement par les statistiques de divorce, où l’Amérique tient le premier rang. Vouloir fonder le mariage sur une forme d’amou
62our la deuxième fois, elle pour la quatrième », l’Américain cherche l’ajustement. Il ne le cherche pas à l’intérieur de l’ancienn
63i ont précédé. C’est pourquoi le divorce revêt en Amérique un caractère moins désastreux et même plus normal qu’en Europe. Là où
64rimoine de souvenirs et d’expériences communes, l’Américain a plutôt l’impression qu’il met de l’ordre dans sa vie et qu’il s’ouv
65 la crise présente du mariage, en Europe comme en Amérique, résulte d’une pluralité de causes profondes ou prochaines, dont le c
45 1940, Mission ou démission de la Suisse. Appendice, ou « in cauda venenum » Auto-critique de la Suisse
66en de moins suisse que notre Parlement, importé d’Amérique à une époque récente, et plus ou moins contaminé par les mœurs politi
46 1942, La Part du Diable (1982). Introduction. Que la connaissance du vrai danger nous guérit des fausses peurs
67manque le plus aux démocraties en général, et à l’Amérique en particulier, c’est de croire au Diable. On sortit de table. C’étai
47 1942, La Part du Diable (1982). I. L’Incognito et la révélation
68ire que le Diable est juif comme l’automobile est américaine, ou comme la Panzerdivision est allemande. En fait, l’idée première d
48 1942, La Part du Diable (1982). II. Hitler ou l’alibi
69t responsable des méfaits de l’alcool frelaté, en Amérique. ⁂ Viendront les remous de la dictature. Viendront les grands diététi
49 1942, La Part du Diable (1982). III. Le Diable démocrate
70e nous ». Voilà le danger que court la démocratie américaine, après toutes les autres. Elle aussi a cru que les Nazis étaient des
71étaient des animaux d’une tout autre race que les Américains. Elle aussi risque de découvrir un jour qu’« après tout, ils sont des
50 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
72quoi la morale du succès, qui fut la vraie morale américaine depuis un siècle, m’a toujours paru diabolique 20 . Ses signes extéri
73nce croissante que l’on observe, dans la jeunesse américaine par exemple, à l’égard des pudeurs et interdits qui prêtaient à l’act
51 1943, La Vie protestante, articles (1938–1961). Les tours du Diable III : Diable et sexe (29 octobre 1943)
74nce croissante que l’on observe, dans la jeunesse américaine par exemple, à l’égard des pudeurs et interdits qui prêtaient à l’act
52 1944, Les Personnes du drame. Note de l’auteur
75é par hasard un jeu d’épreuves, que j’emportai en Amérique. Plusieurs des chapitres de ce livre ont été publiés en première vers
53 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 4. Franz Kafka, ou l’aveu de la réalité
76plets de trois romans : le Procès, le Château, et Amérique. Le regard qu’il y porte sur le monde est d’une précision proprement
54 1946, Journal des deux Mondes. Avertissement
77sième récit, qui se passe surtout en Suisse et en Amérique pendant la guerre, mais aussi dans d’autres pays, a pour véritable su
55 1946, Journal des deux Mondes. 5. Anecdotes et aphorismes
78 les magazines populaires, chez nous autant qu’en Amérique.) ⁂ Pourquoi les Suisses ne condamnent-ils que les excès, et jamais l
79que part dans le Proche-Orient » et une autre des États-Unis. La première me dit : « Le petit nuage n’est pas passé. Il passera, e
56 1946, Journal des deux Mondes. 6. Intermède
80suit, jusqu’au 20 août, date de mon départ pour l’Amérique, je ne retrouve dans mes papiers que des notes décousues, des lettres
81étranger, m’offrait une « mission culturelle » en Amérique. L’armée démobilisait les deux tiers de ses effectifs. La Ligue s’eng
82nt décisif allait venir et ne pouvait venir que d’Amérique. Peut-être bien était-ce là-bas qu’il me serait donné quoique « neutr
57 1946, Journal des deux Mondes. 7. La route de Lisbonne
83ommes le billet du Clipper ou d’un petit paquebot américain n’est-il pas le dernier coupon de cette carte de bonheur que tous cro
84e, oublie l’Europe. Demain nous embarquons pour l’Amérique. Mais ici je fais le serment d’opposer une stricte mémoire à la cande
85bateaux de la dernière ligne reliant l’Europe à l’Amérique ont tous des noms en « Ex » : Exeter, Excalibur, Excambion. Et ils ne
86oire anglaise. 19 septembre 1940 Un journaliste américain, qui revient de Paris, s’appuie au bastingage, près de moi, et me dit
87euit les rives. Je ne m’attendais pas à la nature américaine, à la voir la première et de si près, avant les gratte-ciel, la statu
88e longue façade claire et neuve : la première rue américaine ! Nous approchons. Tournant la tête vers l’avant, un peu au-dessus de
58 1946, Journal des deux Mondes. 8. Premiers contacts avec le nouveau monde
89s une atmosphère irrémédiablement désertique. Les Américains des plaines de l’Ouest, venant à New York, ont coutume de se plaindre
90gare de Pennsylvanie, j’ai pris mon premier train américain. Comme tout le monde, j’ai glissé mon billet dans le ruban de mon cha
91ture de mon journal. Il n’y a que deux classes en Amérique : l’une où les fauteuils au dossier très haut sont fixes (deux de cha
92mes en pleine campagne, et l’on cesse de sentir l’Amérique. Forêts et plaines ondulées, quelques villages en bordure de la route
93on intimité. Rien d’étonnant si l’idéal du paysan américain est de se retirer à la ville ! Washington, 30 octobre 1940 Depuis l
94ourquoi n’a-t-on jamais parlé des superhighways d’Amérique ? Ici, l’on n’a pas eu besoin de changer de régime et de pendre les r
95rk, nom indien (prononcez Taxido) qui désigne aux États-Unis le vêtement qu’en français l’on appelle un smoking, et en anglais din
96res. On dirait que la religion va de soi pour les Américains. C’est le pire danger pour leur foi. 12 novembre 1940 Efficiency.
97lendemain. Il est clair qu’on n’atteint le public américain que par la radio et le film, les magazines à grand tirage, ou le théâ
98d’un jardin, à Forest Hills (Long Island). La vie américaine commence à m’amuser. Si l’on peut s’amuser en 1940. Forest Hills, 3
99re réparer une porte : toutes ferment mal, et les Américains s’en [p. 111] tirent en ne les fermant jamais. Les ouvriers qui sont
100 1941 « Highbrow ». — Les critiques des journaux américains ont répandu un terme dont il faut craindre qu’il finisse par tuer tou
101tion, ni un salon — rien de tout cela n’existe en Amérique — mais une party. Et cette party n’était pas animée par la vivacité d
102les noms dans les petites revues de l’avant-garde américaine. Peu de gaîté bruyante mais un humour bonhomme, un peu loufoque, et b
103politique, spectateurs irrités [p. 117] de la vie américaine, disciples réticents de nos écoles d’Europe, cherchant une méthode de
104livre sur la Suisse que je projette à l’usage des Américains. J’ai cru bon de l’avertir qu’il n’y serait question ni d’edelweiss,
105stique, il mène campagne pour l’intervention de l’Amérique dans le conflit. Une petite revue virulente et dense, Christianity an
106 c’est aussi parce qu’on ne croit plus au mal, en Amérique. « C’est trop affreux pour être vrai », dit-on des récits de réfugiés
107ens. On m’y a présenté trois génies. Un génie aux États-Unis, c’est une catégorie précise d’étudiants. « Génie » n’est pas un élog
108 Et je touche ici la limite des fameuses libertés américaines ; non sans angoisse. Point de bohème en Amérique. C’est la misère tot
109éricaines ; non sans angoisse. Point de bohème en Amérique. C’est la misère totale ou le niveau bourgeois, celui que revendiquen
110ifiait rien, ne se rapportait à rien, violente, — américaine. [p. 129] 15 mai 1941 Terminé mon petit livre sur la Suisse. Il ne
111raduit, truffé et adapté par les soins d’une amie américaine qui adore mon pays et qui connaît le sien 7 . 28 mai 1941 Prendre u
59 1946, Journal des deux Mondes. 9. Voyage en Argentine
112ains de soleil dans un parterre de jeunes déesses américaines, danse aux salons et farandoles sur les ponts, et tout le monde saute
113st une ville d’un grand commerce et plus purement américaine que rien de ce que j’ai vu dans les États-Unis. Les maisons ont des n
114nt américaine que rien de ce que j’ai vu dans les États-Unis. Les maisons ont des numéros qui indiquent à un mètre près la distanc
115 le faisiez exprès… » ⁂ Conférences. — Comme aux États-Unis, ne point dépasser l’heure. Mais ces Latins ne rient ni ne sourient à
116aisanteries d’orateur qui amusent si facilement l’Américain. Il faut être sérieux et éloquent, devant un premier rang de diplomat
117ence sur le Diable dans notre siècle, un reporter américain chez qui je dînais me proposa d’aller voir le directeur d’El Mundo, g
118gnole d’origine que n’est anglo-saxonne celle des États-Unis, la société d’ici n’en compte pas moins bon nombre de noms italiens,
119érique. — Ce terme pourrait désigner le continent américain du sud, puisque sud se dit sur en espagnol. Mais il évoque aussi la q
120Il semble qu’ici, plus encore qu’au Canada et aux États-Unis, la terre soit vierge, et qu’elle impose à l’homme tous les vertiges
121fait exception, n’ayant de nègres que les boxeurs américains de passage, et deux petites tribus indiennes qui sont [p. 143] plutôt
122istes virulents. Un dernier trait : le gaspillage américain atteint ici son paroxysme. Mais c’est nous qui l’appelons gaspillage.
123st un usage normal de l’abondance. Ici, comme aux États-Unis, mais plus encore, les bonnes manières veulent que bien loin de vider
124e prolonge dans l’attente d’un visa de retour aux États-Unis. Téléphoné ce soir à Mme B. Je m’ennuie, je m’énerve, chère amie. Vou
125 faubourgs contre les libéraux. 7. La propagande américaine (du Nord) me paraît travailler à contre-fins. Sous le prétexte sacro-
126 Retiro va disparaître. Nous montons vers l’hiver américain. 7 novembre 1941, en mer Saudades do Brazil ! Mélancolie de Rio !
60 1946, Journal des deux Mondes. 10. Solitudes et amitiés
127tler gagnait la guerre, pensez-vous que notre vie américaine en serait vraiment fort changée ? [p. 154] — Madame, il faudrait tou
128onc la section de langue française d’un organisme américain qui tient le rang et joue le rôle de Ministère de l’Information. Il p
129er dans une atmosphère orageuse ! [p. 164] Mais l’Amérique n’est pas son fort. Il y tient le succès à distance, laissant à Salva
130oreilles clandestines entendront : « la Voix de l’Amérique parle aux Français. » Il est temps que je recueille et dépouille les
131942 St. J. Perse 12 . — Lorsqu’il est arrivé en Amérique, il n’a paru de lui qu’une seule photo, encore était-elle prise de do
132 rhume. La semaine dernière, il gelait presque. L’Américain doit conserver sa garde-robe entière et tout son équipement d’apparei
133s l’Europe. Leur dire que la production de guerre américaine peut leur sembler une tartarinade, mais que lorsqu’on la voit de ses
134uvelle pour la France, à l’instant même où le GQG américain nous fait savoir qu’on peut y aller. Bevin House, fin octobre 1942
135 et l’automne atténue la sauvagerie de la verdure américaine. Que fais-je ici, que rejoindre ma vie, pas à pas dans les bois solit
61 1946, Journal des deux Mondes. 12. L’Amérique en guerre
136 [p. 177] L’Amérique en guerre New York, 31 janvier 1943 Les deux décades. — La journée
137s le plus détesté du monde, Roosevelt a fait de l’Amérique l’espoir puissant des libertés du monde. L’un qui ne voulait que la g
138alingrad, les Russes triomphent, avec du matériel américain. La grande décade d’Hitler est terminée, la décadence est commencée.
139es châteaux au fond de nos mémoires. L’idéal de l’Américain serait sans doute la maison d’une seule pièce, avec au centre un gran
140’OWI me permet d’observer de près le comportement américain, et de le comparer au nôtre : car il n’y a guère moins d’Européens qu
141ôtre : car il n’y a guère moins d’Européens que d’Américains dans nos bureaux. La correction soigneuse de l’exposé et le méthodism
142traits d’humour) caractérisent l’élément [p. 179] américain dans les séances du comité de direction. Les Français ont plus de mor
143hes et d’enthousiasmes contagieux. Aux étages des Américains, tout est calme et bien ordonné, quitte à mettre la jambe sur le bras
144 tours de phrase qui leur paraissent fautifs. Les Américaines, au contraire, que je vois passer d’un pas lent mais dansant, chargée
145 dans les domaines les plus variés de l’existence américaine. Exemple inquiétant des singes. — Si l’on en croit le professeur Koe
146sans relâche, il n’a pas l’expérience du monde. L’Amérique, ennemie de la mémoire, et même dans ses écoles de la mémorisation, —
147, et même dans ses écoles de la mémorisation, — l’Amérique où les livres durent six mois ; où l’on néglige l’enseignement de l’H
148agance enfantine, et qu’on prend pour moderne ; l’Amérique sans passé vivant ni traditions instrumentales, s’imagine qu’elle inv
149tiroir vide ! Irrésistiblement, je l’applique à l’Amérique, habituée par cent ans de morale du succès à courir vers des frigidai
150 de [p. 183] tel leader d’un des grands syndicats américains, de tel chef militaire — des chefs d’État eux-mêmes. Peu ou point de
151 ce que l’on pouvait craindre, les réactions de l’Amérique se révèlent souples et disciplinées. Il est vrai que nous manquons de
152ri des pages illustrées qui déshonorent la presse américaine). C’est ici que l’Amérique est à l’échelle du siècle, et des menaces
153éshonorent la presse américaine). C’est ici que l’Amérique est à l’échelle du siècle, et des menaces qui pèsent sur le siècle. I
154 une démesure, et celle-là vient du fond de l’âme américaine, puisque les mythes populaires l’annonçaient et l’avaient à l’avance
155ux enfants, et ressortissant d’un pays neutre. (L’Amérique est le seul pays qui mobilise les étrangers, si je ne me trompe.) [p
156oadcasts, qui font partie de la machine de guerre américaine, — comme on renvoie dans leur usine les ouvriers spécialisés. Mai 1
157 journal, et deux ou trois essais pour des revues américaines. Mais ces essais-là m’ont suffi pour déceler l’influence sur mon styl
158de propagande. Ou bien serait-ce l’influence de l’Amérique en général ? Mais elles convergent ou même s’identifient. Je constate
159ulement, pour moi, d’écrire en vue de traductions américaines, mais également en vue d’une transmission directe à la radio. Dans le
160r avance la nostalgie. Le soir vient dans un luxe américain d’ocres, de roses, d’argents et d’éclats d’or sur les fenêtres des us
161eure du pardon délivrant — et je me donne au jour américain ! Sur le grand fond sonore à bouche fermée des usines de l’autre rive
62 1946, Journal des deux Mondes. 13. Virginie
162 [p. 193] Virginie Septembre 1943 Un éditeur américain m’ayant demandé d’écrire une version élargie de mon Diable, j’ai sais
163rvice d’une si ferme vision ? Nous répétons que l’Amérique est barbare. Mais qu’avons-nous fait de la force ? Nous la laissons à
164eu que je ne fusse mobilisé dans quelque division américaine. Je me battais, je devenais un héros… J’ai eu de la chance, dit-on. «
165 les ai vus avec des amis tantôt français, tantôt américains. Les Français critiquaient beaucoup. Le décor était inexact, les situ
166n critiquant, ils essuyaient une larme. Quant aux Américains, qui y allaient de confiance, ils exultaient en crescendo jusqu’à la
63 1946, Journal des deux Mondes. 15. Le choc de la paix
167ent depuis un certain temps déjà, du moins ici en Amérique. Jamais on n’avait vu un peuple aussi bien préparé à subir passivemen
168rus d’écureuils et d’oiseaux-mouches. C’est ici l’Amérique de mon enfance. Non point la vraie — il n’y en a point — mais l’une d
169s séculaires. Il me semble avoir lu parfois que l’Amérique est un pays sans traditions ni religion, où toutes les races se mêlen
170quis l’âme des pionniers et gouverne par elle une Amérique secrète, qui sent mieux son histoire réelle que ses trop larges ouver
171troduction est en passe de devenir proverbiale en Amérique, et c’est fort bien : on ne tue les préjugés que par le ridicule ; qu
172rovoque pour peu qu’on l’énonce. Quelques-uns des Américains que j’estime le plus pensent qu’il existe encore de « bons Allemands 
173Nation. Dans une ville allemande occupée par les Américains, un officier en charge du gouvernement civil réunit cent personnes, a
174allemand — vite désigné — interrompt à ce point l’Américain : « Ce que vous dites là, crie-t-il, ce ne sont que des mensonges pro
175agés à l’étranger par les Juifs, les ploutocrates américains, les démocrates et les bolcheviks ! » Qu’il y ait ou non de « bons Al
176dans la même phrase « les Juifs, les ploutocrates américains, les démocrates et les bolcheviks ». Et cette définition vaut pour to
177de mon espèce aiment les maisons trop grandes, en Amérique). L’un des maris se nomme Robert, son père était un Canadien français
178rlande. « True average Americans all ! » de vrais Américains moyens, concluent-ils en souriant. Nous leur avons offert des boisson
179a longueur des bâtiments ». (Il est peu de villes américaines qui ne réussissent à se vanter de quelque chose d’unique au monde, co
180t autres pareilles, fait voir en coupe la société américaine. C’est une coupe mégaloscopique — le contraire de microscopique — per
181e vers les magasins s’est déclenchée dans toute l’Amérique, inaugurant officiellement le Yuletide, la saison de Noël. Nous somme
182barras de trafic. Aux vitrines triomphait le rêve américain, le clinquant, l’irréel, le rose et le doré. Rêve d’enfance et d’inno
183orius, « Une rose est née… » Et je me dirai que l’Amérique n’a pas encore très bien compris les traditions, parce qu’elle les re
184la précision du détail », qualités préférées de l’Américain. Déjà l’on nous annonce de Hollywood un superfilm sur la bombe atomiq
185retenu, parce que frappant, de mes lectures sur l’Amérique avant d’y venir, c’était justement inexact, et peut-être inventé de t
186re inventé de toutes pièces. Les reportages sur l’Amérique que publient en Europe nos journalistes me paraissent arbitraires et
187res. Et moi qu’ai-je écrit dans ces pages dont un Américain ou un Européen qui aurait vécu longtemps ici ne puisse me dire avec q
188mois, — ils me demandent : « Que pensez-vous de l’Amérique ? » [p. 234] On leur demande : « Que pensez-vous de l’Europe ? » Et c
189e l’on peut penser de l’Europe en général et de l’Amérique en général est réfuté par la vision à bout portant d’un coin de pays
190rien compris. Personne n’a jamais vu réellement l’Amérique, sinon dans une inspiration lyrique aussitôt ridiculisée par vingt pe
191blier à chaque instant. Je n’ai donc pas décrit l’Amérique telle qu’elle est, puisque c’est impossible par définition. Plongé en
64 1946, Journal des deux Mondes. 16. Journal d’un retour
192it pour eux de partir. Je vois les avantages de l’Amérique et ses défauts, mieux qu’ils ne sont en mesure de les imaginer. Cela
193le et longue la préparation des voyages. Passer d’Amérique en Europe ne demandait plus que quelques heures ? On y ajouta plusieu
194etrouver là-bas, c’est celui de ma nostalgie de l’Amérique. D’un présent vécu comme passé dans le futur que j’anticipe. Je me pr
195 puérilité ? Le doute n’est plus permis. J’aime l’Amérique. Ils me demanderont pourquoi je l’aime, et je ne saurai comment répon
196 me diront encore : — Vous estimez vraiment que l’Amérique est si bien ? Vous préférez y vivre ? Vous reniez l’Europe ? Mais je
197eniez l’Europe ? Mais je ne sais pas du tout si l’Amérique est bien ou mal, si elle vaut mieux que l’Europe, si j’y reviendrai j
198dame qui vient de passer le temps de la guerre en Amérique frémit de toutes ses fourrures et se récrie : — Quel goût ! Voilà l’E
199ut est beau !… — Mais tout ici a été fait par les Américains pendant la guerre… — Taisez-vous, me crie-t-elle, je retrouve l’Europ
200ce grape-fruit. Ils la vengent, croit-elle, d’une Amérique « où tout est laid », mais d’où ils viennent. [p. 243] 2 avril 1946
201s chambres pour le reste de la nuit ? Deux jeunes Américains du convoi m’interrogent. Cet hôtel ne leur plaît qu’à moitié. Je les
202des chambres libres, faites-moi signe. (Comme les Américains paraissent bizarres, ici. Comme ils se mettent immédiatement à ressem
203quant l’entrée du règne de l’autre Grand. Entre l’Amérique et la Suisse, il se peut que bientôt l’on ne survole plus qu’un no ma
204tesque palais vide, pour nous ruer vers la grande Amérique où l’on ne trouve pas une chambre à louer pour plus d’une nuit. Parad
65 1946, Lettres sur la bombe atomique. 2. La guerre est morte
205te frustration. (L’Europe sera plus touchée que l’Amérique.) On ne se guérit pas facilement de l’ablation à chaud d’une coutume
66 1946, Lettres sur la bombe atomique. 3. Le point de vue moral
206, vous pourriez le prévoir, puisqu’il s’agit de l’Amérique : les uns ont adopté le point de vue de la morale, les autres celui d
207ur indignée, voire humiliée, qu’un grand nombre d’Américains ont accueilli la nouvelle de la Bombe. — Nous avons perdu la face, s’
208 en tous cas terni notre victoire, et le prestige américain ne s’en relèvera pas. — Pas du tout, disent les autres, nous avons ab
209s sauvé un million de vies. Voilà du beau travail américain. — Êtes-vous sûrs, répliquent les premiers, que c’est la Bombe qui a
67 1946, Lettres sur la bombe atomique. 4. Utopies
210rrait donc en porter une dizaine. Le gouvernement américain nous annonce comme « certaine » la fabrication d’appareils volant plu
211importe quel point de la planète » en partant des États-Unis. On annonce au [p. 26] surplus que ce mode de transport sera rapideme
212stériles sont aujourd’hui enceintes. Les médecins américains estiment [p. 31] que le fait est dû à la fin des hostilités, plutôt q
68 1946, Lettres sur la bombe atomique. 5. Ni secret, ni défense
213éside dans la [p. 35] puissance industrielle de l’Amérique. C’est assez dire qu’il n’est que temporaire. Quant au secret techniq
214par surprise. Voici cependant l’état de l’opinion américaine en cette fin d’année 1945. M. Georges Gallup vient d’établir que 71 p
215tre gardé ». D’où je déduis que la proportion des Américains raisonnables (j’entends capables de rapprocher deux idées et d’en tir
216croit — les grosses dépenses ont été faites par l’Amérique, pendant les recherches — [p. 37] mais d’ingéniosité et d’équipement
217lle allusion à des circonstances trop réelles.) L’Amérique ne doute pas un instant que les projectiles ne viennent de Russie. Il
69 1946, Lettres sur la bombe atomique. 6. Le savant et le général
218ons humaines qu’elles affectent. Comme partout en Amérique — mais dans notre réserve d’intellectuels avec plus de compétence qu’
219oici d’abord l’opinion du chef suprême des forces américaines, le général Marshall. La bombe atomique, déclare-t-il, devant une com
22043] raid atomique contre les centres populeux des États-Unis puisse tuer quarante millions d’Américains ?”, le savant a répondu : 
221ux des États-Unis puisse tuer quarante millions d’Américains ?”, le savant a répondu : “Je crains que oui.” » Or ceci tue cela, me
222 stupide. Supposez encore que la Russie attaque l’Amérique par la stratosphère. Que peut faite l’infanterie américaine ? Attaque
223 par la stratosphère. Que peut faite l’infanterie américaine ? Attaquer ? Où et quand ? Se défendre ? Contre qui ? On dit : « C’es
224actives. De même, si la Russie est attaquée par l’Amérique, ou encore si l’une des deux attaque l’Europe. Calculez les distances
225esquelles il s’ébranlera. Il a fallu deux ans aux Américains pour débarquer en Europe, et leur pays était resté à l’abri des bomba
70 1946, Lettres sur la bombe atomique. 7. Tout est changé, personne ne bouge
226ue cependant le sous-comité judiciaire du Congrès américain discute encore la question de savoir si la guerre a pris fin légaleme
227taires, on discute la couleur des parements, et l’Amérique parle d’établir la conscription obligatoire. [p. 50] Politique. La v
228blis pour la prochaine. Progrès. Un hebdomadaire américain a posé récemment la question : « Quel est le but de la science ? Fair
71 1946, Lettres sur la bombe atomique. 8. Un salon atomique
229s, laisserait environ 2 pour 100 de la population américaine, grattant la terre entre les ruines, pour y chercher sa subsistance.
72 1946, Lettres sur la bombe atomique. 9. Paralysie des hommes d’État
230 voudrait la paix, car le commerce et l’industrie américains y trouveraient leur espace vital, mais il ne renonce pas aux barrière
231a presse. Mais qui l’a dit au sujet de Truman ? L’Amérique est trop grande pour lui, et le voici chargé du monde en plus ! Ainsi
232ar les tribunaux ? [p. 60] Je demande à mes amis américains : imaginez-vous ce pays conduit non par un cabinet fédéral, mais par
73 1946, Lettres sur la bombe atomique. 10. La tâche politique du siècle
233nnes ont disparu de la première page des journaux américains. Libéré de la pression d’une actualité haletante qui renouvelait chaq
74 1946, Lettres sur la bombe atomique. 11. Tous démocrates
234ienne méritent au mieux un sourire indulgent. « L’Amérique vous a contaminé », ajoutez-vous moins poliment. Et je relève dans vo
235 donné des leçons de slang !) qui caractérisent l’Amérique aux yeux des réalistes de l’Europe. (Mais pour autant, ils ne se font
236s raconter une histoire. Elle vous prouvera qu’en Amérique, on trouve parfois des occasions de penser aussi complexes et irritan
75 1946, Lettres sur la bombe atomique. 12. Les Quatre Libertés
237rit si rapide, si vite occupé d’autre chose. Et l’Amérique a la mémoire si courte : cela produit parfois les mêmes effets… Les Q
238érils extérieurs. Ce sont les détenus des prisons américaines. (On leur donne même des séances de cinéma.) La liberté ne peut être
239 George Washington était plus libre qu’un citoyen américain qui tourne le bouton de sa radio. Ils combattaient. Et nous ? Nous ne
76 1946, Lettres sur la bombe atomique. 13. La pensée planétaire
240pas la faute du député local ni de « l’hypocrisie américaine ». Que faire ? Tout le monde ne peut pas tout savoir, encore moins to
77 1946, Lettres sur la bombe atomique. 17. La fin du monde
241st « au moins prématuré ». Voilà. Le gouvernement américain, ayant fait annoncer par la presse que des essais de bombe atomique a
242 été qu’un bain de pied. Le [p. 107] gouvernement américain ayant également annoncé son intention de jeter une bombe sur la calot
78 1946, Lettres sur la bombe atomique. 18. La paix ou la mort
243e j’ai exagéré. Vous pensez que j’ai cédé au goût américain de la sensation, du biggest in the world. Et de vrai, c’est dans ce p
79 1946, Lettres sur la bombe atomique. i. Les cochons en uniforme ou. Le nouveau déluge
244déluge Pendant l’hiver 1945-1946, le gouvernement américain fit annoncer une expérience sensationnelle : au mois de mai ou de jui
245ce, j’en retiens trois. 1. Une mission de savants américains formée de quatorze biologistes, botanistes et océanographes, et de de
80 1946, Lettres sur la bombe atomique. iv. La vérité n’est plus du côté des canons
246uestion au temps de la Russie des tzars. Mais les États-Unis auront-ils le sang-froid d’utiliser leur avantage ? Je ne le pense pa
81 1946, Politique de la Personne (1946). Préface pour l’édition de 1946
247e, terre des droits de la personne, prise entre l’Amérique et la Russie ? Mais les faits sont des preuves ambiguës. Et de même q
82 1946, Foi et Vie, articles (1928–1977). Fédéralisme et œcuménisme (octobre 1946)
248s, non pas avec les syndicalistes russes, ni même américains, pour ne donner qu’un exemple.) À part la Croix-Rouge, dont la tâche
83 1946, Esprit, articles (1932–1962). Épilogue (novembre 1946)
249p. 741] Épilogue (novembre 1946) au Comment un Américain juge la France Au lendemain de la démission d’un nième cabinet à Pari
250in de la démission d’un nième cabinet à Paris, un Américain me disait : — En France, n’importe quel problème d’ajustement économi
251e dissout. C’est ainsi que de 1942 à 1946, l’État américain a contrôlé les prix, la répartition de la main-d’œuvre aux entreprise
252oires. Ce qui veut dire que pendant quatre ans, l’Amérique a « nationalisé » (ou plus exactement étatisé) toute son industrie et
253ou méprisantes. Nous sommes adultes. Comment un Américain moyen voit le Monde — Quels sont, se dit-il, les pays qui marchent le
254es trois idéaux. Et je ne les vois réalisés qu’en Amérique. Comment l’Europe peut aider l’Amérique Comme je m’en veux de chacu
255s qu’en Amérique. Comment l’Europe peut aider l’Amérique Comme je m’en veux de chacun de mes articles trop favorables ou trop
256 articles trop favorables ou trop critiques sur l’Amérique ! Car le contraire, chaque fois, peut aussi être vrai. Car ces rêveur
257t qu’on l’éprouve.) Or justement, la civilisation américaine souffre d’une grave incohérence interne. Mais je vois bien que je n’a
258s que l’Europe seule peut opposer ou proposer à l’Amérique. Cinq choses témoignent de l’esprit et de sa présence active dans une
259éer. La réduction du fait à une signification. L’Américain croit aux faits, dur comme fer. Il les réduit d’ailleurs en chiffres
260els malheurs historiques un réveil spirituel de l’Amérique ne pourrait pas lui épargner ? Si l’Europe peut y contribuer, elle au
261 elle aura bien mérité de la planète. Comment l’Amérique peut aider l’Europe Seuls, les Européens — je connais leurs complexes
262is leurs complexes — trouveront trop dures pour l’Amérique les quelques pages qui précèdent. L’Amérique a les reins solides. Ell
263ur l’Amérique les quelques pages qui précèdent. L’Amérique a les reins solides. Elle a, sur tout autre pays que je connaisse, l’
264orce. Qui n’a pas lu les éreintements de l’esprit américain auxquels se livrent avec exubérance les revues et les journaux améric
265ivrent avec exubérance les revues et les journaux américains ne sait pas ce que c’est que la confiance en soi. Ceci dit, je me ret
266 ne vous contentez pas d’appeler périodiquement l’Amérique à votre secours, quitte à la mépriser sitôt le travail fait. Sachez q
267la mépriser sitôt le travail fait. Sachez que les Américains ont beaucoup mieux à nous donner que des frigidaires, des capitaux et
84 1947, Doctrine fabuleuse. 4. Quatrième dialogue sur la carte postale. Ars prophetica, ou. D’un langage qui ne veut pas être clair
268expédition de Colomb partant pour reconnaître une Amérique de vision. Et cette fin, ce terme, ce télos, tous les hiatus, toutes
85 1947, Vivre en Amérique. Avertissement
269. 7] Avertissement Je ne pensais pas écrire sur l’Amérique, parce que j’y avais vécu cinq ans — et l’on sait bien qu’il faut un
270uelques articles pour un hebdomadaire français. L’Amérique est indescriptible. On peut en prendre mille instantanés sur la côte
271nés, désiraient quitter leur pays et s’établir en Amérique. Le jeu de comparer les deux nations, décidément, devenait sérieux :
272nc pas un instant peindre un tableau complet de l’Amérique. La table des matières non traitées dans le volume tiendrait plus de
86 1947, Vivre en Amérique. Prologue. Sentiment de l’Amérique
273 [p. 11] Prologue Sentiment de l’Amérique Cinq ans déjà, et chaque matin je m’étonne encore de me réveiller en
274haque matin je m’étonne encore de me réveiller en Amérique. J’ai vécu en Suisse, en Autriche, en Italie, en Allemagne et en Fran
275’était pas le mien. C’était l’Europe. C’est ici l’Amérique, et je n’ai pas fini de m’en ébahir. Ce Nouveau Monde m’apparaît à ch
276e me disent : « Alors, qu’en pensez-vous ? » De l’Amérique ? Tout ce que je vais vous en dire, tout ce que l’on peut en dire en
277pilleur ; plus puritain et plus libre de mœurs. L’Amérique ne se définit pas. Elle ne s’explique pas dans l’ensemble. Elle se se
278e s’explique pas dans l’ensemble. Elle se sent. L’Amérique, c’est d’abord un sentiment. J’avais avant d’y venir vu tant de films
279t d’y venir vu tant de films et lu tant de romans américains : ils donnaient, je le sais aujourd’hui, des images vraies de la vie
280ts, les plus quelconques. Mais je ne voyais pas l’Amérique dans ces photos et ces livres, où elle est. Et quand j’y ai débarqué,
281 autre chose — une autre civilisation. [p. 13] L’Amérique est un continent dont je tiens pour possible et même facile de parler
282este nouvelle. ⁂ Du sentimentalisme à l’épopée, l’Amérique de la vie quotidienne, comme celle du mythe politique et planétaire,
283et passe ici, vers l’oubli, vers la vie. La jeune Américaine quitte son fiancé qui s’embarque pour une guerre lointaine : elle ple
284 y en a pour tout le monde. La jalousie n’est pas américaine. Comment décrire ces légers déplacements d’accent, vers le sérieux ou
285 la vie quotidienne, naît une aisance générale. L’Américain ne supporte pas d’être gêné aux entournures, matériellement ou morale
286e bizarreries dans le monde, et dans ce continent américain on en voit chaque jour tant d’exemples. Tant d’espèces de gens, et de
287découvrais un aspect tout contraire de la coutume américaine : le formalisme et la passion du décorum dès qu’il s’agit de manifest
288. 17] Qu’il y ait là quelque chose de typiquement américain, j’en vois la preuve dans les formalités d’une nature pour le moins p
289ent dans nul autre pays. Un étranger résidant aux États-Unis, même depuis dix ou vingt ans, s’il veut devenir Américain, doit se s
290, même depuis dix ou vingt ans, s’il veut devenir Américain, doit se soumettre au rite suivant : il lui faut tout d’abord quitter
291 vie privée. Giraudoux a écrit quelque part que l’Amérique n’est pas une nation comme les autres, mais un club. Cette remarque e
292tes, dans cette préface à quelques articles sur l’Amérique. C’est que je crois aux signes plus qu’aux faits ; aux courants d’opi
293certaines démarches surprenantes de la diplomatie américaine, de parler tout d’abord et surtout de ce qu’on ne dit pas dans les dé
87 1947, Vivre en Amérique. 1. Vie politique
294 [p. 19] I Vie politique [p. 21] Le rêve américain L’Amérique n’est pas un pays de rêve, quand on y vit, mais c’est un p
295 19] I Vie politique [p. 21] Le rêve américain L’Amérique n’est pas un pays de rêve, quand on y vit, mais c’est un pays de rêve
296e secret de ce que l’on nomme leur optimisme. ⁂ L’Américain ne croit pas aux limites. Une limite, c’est toujours la fin d’un rêve
297 faits, domine encore l’inconscient collectif des Américains d’aujourd’hui. Et leur [p. 23] grand rêve, leur american dream comme
298secret de ce que l’on nomme à tort l’impérialisme américain. ⁂ Où trouveront-ils désormais la frontière qui mettrait au défi leur
299nde est ma limite. Et c’est pourquoi la politique américaine, désormais, va se tourner vers deux objectifs principaux : la liberté
300ans mon premier article : on ne comprend rien à l’Amérique, si d’abord on ne l’a pas sentie dans les rythmes de sa vie quotidien
301thmes de sa vie quotidienne. Prenons maintenant l’Américain, devant le monde, sa nouvelle frontière. En ce milieu du xxe siècle,
302ns, il y aurait huit à neuf chances sur dix que l’Amérique retourne à l’isolationnisme. Rien de tel pour blesser l’amour entre d
303e de les mélanger dans leurs épreuves. Les jeunes Américains se sont trouvés mêlés au grand malheur des peuples qu’ils aimaient de
304eur patron, leurs concurrents… L’homme d’affaires américain est le petit-fils des pionniers qui luttaient sur la « frontière ». I
305ticulier par sa politique de bon voisinage avec l’Amérique latine. Cette politique comportait deux branches, curieusement juxtap
306je me l’explique de la manière suivante : le rêve américain évoque une vie sans cesse plus large et libre. Mais la « frontière »
307ésormais se confond avec les frontières mêmes des États-Unis. Il faut donc en sortir, et deux voies sont possibles : répandre les
308deux voies sont possibles : répandre les produits américains [p. 27] sur tous les marchés du monde, c’est-à-dire multiplier les éc
309s tous les pays du monde l’idéal de la démocratie américaine, c’est-à-dire multiplier les échanges culturels. Or ces deux ambition
310prétextes les plus frappants. Et voilà pourquoi l’Amérique, malgré le choc en retour inévitable que provoque la rentrée massive
311e, en vertu d’une nécessité constitutive. Le rêve américain l’exige. Nous voici loin de nos danseurs de Broadway ? Peut-être, mai
312a vie libre, vers l’avenir. On pourrait définir l’Amérique comme le pays où ce qui va venir émeut autant qu’en Europe le souveni
313plement une grande poussée [p. 28] d’impérialisme américain ? Vos rêveurs nous paraissent terriblement pratiques, et parfaitement
314irment. Et pourtant je persiste à penser que si l’Amérique, suivant son rêve, cherche à sortir de ses limites et à déborder sur
315rgie surexcitée. [p. 29] Santé de la démocratie américaine (Écrit en novembre 1940.) J’étais à Times Square, au cœur de Manhat
316 été perdue en France. La seconde a été gagnée en Amérique. En attendant le résultat de la troisième et dernière manche, c’est-à
317les plus violentes se résolvent si rapidement aux États-Unis, c’est en grande partie à cause de la constante circulation d’idées e
318qui se passe dans d’autres républiques, l’opinion américaine discute réellement les problèmes posés. Elle cherche réellement à les
319ue voici : en réalité, il n’y a pas de partis aux États-Unis. Il serait en effet absolument faux d’assimiler les républicains et l
320ux d’assimiler les républicains et les démocrates américains à nos radicaux, conservateurs et socialistes. Ni les républicains ni
321endances générales, signifie pratiquement que les États-Unis sont une démocratie sans partis. Entre le citoyen et les autorités, p
322s d’autre intermédiaire que l’opinion publique. L’Américain ne possède légalement ni le droit de referendum, ni le droit d’initia
323ndements et des manifestes. Sait-on assez que les Américains sont très conscients et très jaloux de la qualité de leur esprit publ
324 voit que c’est vrai. Maladies de la démocratie américaine Relisant le chapitre qui précède après cinq ans d’expériences quotidi
325 cinq ans d’expériences quotidiennes des libertés américaines, la guerre finie, certaines polémiques apaisées, et toute nuance de «
326 Pendant plusieurs années, j’ai répété à mes amis américains : « Vous croyez n’aimer que le grand, mais à vrai dire, ce que vous a
327ndances communautaires locales. Un beau jour, les États-Unis deviendront l’État unifié. Ce sera violent. Car l’État unifié se fond
328éissent qu’à la tyrannie. Que serait une tyrannie américaine ? Une brutalité panique dort au secret de l’âme de ce pays. Dans les
329masses comme dans l’inconscient de presque chaque Américain, il y a peut-être un gangster qui sommeille. Voyez leur goût des douc
330sins, en toute inefficacité. Il faut avouer que l’Américain ne s’en prive pas, et s’étonne fort de voir certains esprits tirer de
331 précieuse permission de se taire. La familiarité américaine s’étend, hélas, à des domaines où elle devient nécessairement sottise
332rs, s’il s’intitule savant, peut faire croire à l’Américain tout ce que le corps entier des philosophes, des pasteurs et des écri
333ralement pour l’un des grands succès sociaux de l’Amérique : l’absence d’antagonismes réels, moraux et idéologiques, entre patro
334et d’hygiène de travail. Pour le reste, l’ouvrier américain partage la conception de la vie de son patron, ses préjugés, ses goût
335révolution sanglante. Mais le danger qui guette l’Amérique, c’est l’uniformité librement acceptée, la pire espèce d’intolérance
336cevoir de nouvelles formes de vie. À cet égard, l’Amérique risque bien de rejoindre plus vite que l’Europe, à moindres frais, le
337es intimes et spécifiques de l’idéal démocratique américain, tandis que le conflit des races en est une survivante négation. Oui,
338e sous la plume d’un fermier du Middle West que l’Amérique est le seul pays décent au monde, et tandis qu’un agent d’assurances
339ent pratiquement idéal, le Contrôleur général des États-Unis écrit de [p. 42] son côté : « Notre gouvernement est une vaste pétaud
340s quelques-unes sont formulables. Tout d’abord, l’Amérique ne possède pas d’écoles de fonctionnaires spécialisés. Elle ne produi
341émission et la tyrannie déclarée. Les bureaux à l’américaine semblent avoir été créés pour épargner aux gouvernants cette tragédie
342tique, au siècle du collectivisme. Impérialisme américain ? Et maintenant, j’en reviens à notre grande question : faut-il crain
343ous Napoléon, les Italiens sous Mussolini. Or les Américains n’ont pas de chefs de cette espèce. Mais l’Opinion publique, chez eux
344n jour prochain cette Opinion publique, reine des États-Unis, devienne nationaliste à notre image ? Et qu’elle décrète d’imposer a
345er la loi yankee ? Il faudrait tout d’abord que l’Amérique se forme une conscience nationale. Le phénomène est-il probable ? Et
346rte à des voisins organisés. Or c’est le cas de l’Amérique, virtuellement, depuis que sa mouvante frontier a rejoint ses frontiè
347t l’Europe ; et deux territoires géographiquement américains, mais historiquement étrangers au génie yankee : le Mexique latin, le
348 le monde germanique vient déclarer la guerre aux États-Unis, puis que le monde russe, provisoirement allié, entre en concurrence
349 entre en concurrence déclarée avec la production américaine et l’idéal démocratique d’un Roosevelt. L’Amérique atteignant ses lim
350ricaine et l’idéal démocratique d’un Roosevelt. L’Amérique atteignant ses limites se voit donc subitement confrontée non plus av
351tir, prendre un exemple au langage quotidien de l’Amérique. Lorsqu’un citoyen des États-Unis désapprouve une certaine action, un
352ge quotidien de l’Amérique. Lorsqu’un citoyen des États-Unis désapprouve une certaine action, une certaine conduite, une certaine
353 [p. 51] possible : It’s unamerican, ce n’est pas américain. Nationalisme, direz-vous. Oui, mais non pas à la manière européenne.
354 manière européenne. Car la phrase « ce n’est pas américain » ne veut pas dire : c’est contraire à l’honneur en soi, à la morale
355s le sens de l’idéal commun vers quoi tendent les Américains, et qui les fait devenir vraiment Américains, quelles que soient par
356 les Américains, et qui les fait devenir vraiment Américains, quelles que soient par ailleurs leurs origines. On ne se réfère pas
357ttendent de ce pays, plus digne du mythe, du rêve américain. Voici donc un nationalisme « ouvert » et pour qui la nation est en a
358e, ce qu’il y a de rassurant dans le nationalisme américain, c’est qu’on y sent une volonté d’élargissement, une soif de proposer
359ppliqués à l’échelle mondiale. Ici l’impérialisme américain vient se confondre, pratiquement, avec le rêve d’une communion planét
360Je me borne à marquer une différence capitale : l’Américain n’insiste pas, quand on ne l’aime pas [p. 53] — comme en Europe — ou
361onc pour l’Europe les dangers de cet impérialisme américain ? J’entends d’ici nos méfiants à moustaches et à cols durs : le comme
362éfiants à moustaches et à cols durs : le commerce américain va nous submerger et détruire nos coutumes d’économie paysanne ; on a
363 sera notre faute et non pas celle de l’industrie américaine, qui aura mis dans un coin de nos cuisines ces appareils où tout resp
364u’on la mette dans la glace. De même, le commerce américain ne peut nous submerger qu’au moyen de produits que nous aurons bien v
365x. De même encore, la « sottise humanitaire » des États-Unis nous a fait moins de mal, semble-t-il, que « l’intelligence » inhumai
366 en Europe « l’américanisme » n’est pas un danger américain, mais européen. Je veux dire par là que si un homme devient l’esclave
367nes qui vitupèrent l’impérialisme commercial de l’Amérique, d’une part, et qui se plaignent de ce que l’Amérique ne leur vende p
368ique, d’une part, et qui se plaignent de ce que l’Amérique ne leur vende pas assez de blé, d’autre part. Quand l’Amérique envoie
369eur vende pas assez de blé, d’autre part. Quand l’Amérique envoie, on parle d’impérialisme ; quand elle n’envoie pas, on parle d
370s insister sur ce point. Ceux qui se méfient de l’Amérique, en Europe, l’accusent à la fois d’être là et de n’être pas là. Quand
371rendre. Ce qu’on voudrait en somme, c’est que les Américains interviennent quand les choses vont très mal — par notre faute — et q
372 contradiction dans les jugements européens sur l’Amérique. On n’a pas épargné les critiques à la politique d’occupation américa
373épargné les critiques à la politique d’occupation américaine [p. 56] en Allemagne : ils sont trop doux, ils sont naïfs, ils ne com
374nts d’avoir fait quelques gaffes à la Patton, les Américains donnent des signes de leur envie de s’en aller. Mais aussitôt : ah !
375 en va de même pour l’occupation du Japon. Si les Américains s’installent solidement : voyez ces impérialistes ! S’ils se montrent
376À ce propos j’entendais l’autre jour un diplomate américain parler de l’attitude hostile des Soviétiques à l’égard de toutes les
377 d’isolationnisme et d’impérialisme, la politique américaine hésite parfois. D’autant plus qu’il existe bel et bien aux États-Unis
378rfois. D’autant plus qu’il existe bel et bien aux États-Unis des factions isolationnistes et des factions impérialistes, et que ce
379is tout à l’heure. Cette timidité de la politique américaine me paraît beaucoup plus dangereuse, pour l’Europe, que cet impérialis
88 1947, Vivre en Amérique. 2. Vie culturelle et religieuse
380e je récidive à propos cette fois-ci de l’exemple américain ? Je tiens compte des difficultés que rencontrent aujourd’hui les jou
381sions aisément applicables. ⁂ Les grands journaux américains admettent dans leurs colonnes l’exposé de points de vue contradictoir
382lons-nous faire ? ⁂ Ce n’est pas que les journaux américains craignent la discussion violente, la dénonciation personnelle ou le s
383 qui pose chaque jour aux rédacteurs d’un journal américain, en plus des problèmes d’un grand quotidien, le problème d’une volumi
384faudrait être à Paris pour comprendre. Je suis en Amérique, que voulez-vous ! Et les Américains ne comprennent pas non plus. — V
385re. Je suis en Amérique, que voulez-vous ! Et les Américains ne comprennent pas non plus. — Vous savez bien, leur dis-je, qu’il s’
386 est qu’une dépêche de Paris par un correspondant américain, qui occupe chaque matin une ou deux colonnes de son journal, en appr
387nnent ici en tombent d’accord. ⁂ Le correspondant américain à l’étranger est une espèce humaine bien définie. Hollywood en a fait
388mocratie aux sadiques de la Gestapo, et rentre en Amérique avec une belle fiancée. Rabattons-nous à la réalité : il s’agit d’un
389peu, une réputation lucrative : à ses passages en Amérique, entre deux missions, on le fait parler à la radio, on lui donne des
390 à expliquer, il tend à l’essai. Le correspondant américain cherche à faire voir, il tend au roman. Sa gloire et son statut socia
391rands romanciers de ce pays. « Journaliste », aux États-Unis, ne sera jamais une épithète dépréciative, bien au contraire. ⁂ Trois
392s. Enfin, vous ne trouverez pas dans les journaux américains cet héritage inexcusable de la presse du siècle dernier, que nous app
393ns leurs brutalités stéréotypées, voilà les films américains au lendemain de la guerre. Les critiques, les échos de presse, et mêm
394s moutons de Hollywood. Je ne vois qu’un homme en Amérique, qui ait su tirer du cinéma quelques-uns des moyens d’expression radi
395ais goût me paraît irrémédiable, étant celui de l’Américain moyen en matière d’art et surtout de peinture. (La fin de Fantasia, s
396omme il s’en envoie des millions à chaque Noël en Amérique.) Mais il a le secret de ce rythme endiablé, cette ingéniosité foison
397 le succès personnel ou la rareté. L’écrivain aux États-Unis vit dans une sorte de vide social. Il évolue entre la réalité de tous
398ogue assez complet de ce qui peut compter, hors d’Amérique, dans la littérature américaine. Tout le reste est promesses, ou best
399eut compter, hors d’Amérique, dans la littérature américaine. Tout le reste est promesses, ou best-sellers. Cette dernière express
400tte dernière expression domine le marche du livre américain. Un best-seller, c’est un auteur (ou son produit) qui se vend à quelq
401qu’on pourrait appeler le mouvement littéraire en Amérique. Exemples : MacLeish et Steinbeck, frappés d’ostracisme par les jeune
402s proches d’un public influent. Mais le phénomène américain qui mérite tout notre intérêt d’explorateur reste à n’en pas douter c
403uisse rêver un écrivain. Jamais on n’a tant lu en Amérique — les guerres font lire, entre autres conséquences — et jamais on n’a
404cès. Et les éditeurs le savent bien. Or l’éditeur américain n’est pas « un monsieur qui aime les livres parce qu’il n’en écrit pa
405 est clair que la seule influence bénéfique que l’Amérique puisse subir, sur ce plan, est celle de l’édition européenne, des édi
406ent ce qu’ils aiment… (Je sais bien que les vices américains pouvaient être observés avant la guerre, chez nous aussi, mais à une
407lturelle. Car si le public des « petites revues » américaines, qui tirent à 2 ou 3 mille exemplaires, n’ignore rien de la dernière
408 en France, à un ou deux noms près, les écrivains américains que j’ai cités, et beaucoup d’autres qui le méritent moins. Mais le f
409itent moins. Mais le fait est que le grand public américain sait peu de choses de nos bons écrivains. De la France, il retient qu
410écrivains français amenés à vivre et à publier en Amérique par les hasards de la guerre ou d’une mission. Mais on ignore sereine
411ance intellectuelle ? Esquisse d’une rhétorique américaine I Je venais d’arriver à New York. « Ne prenez pas la peine d’écrire p
412me dit l’un de nos écrivains les plus célèbres en Amérique, vendez-leur une idée et votre nom. » Il contait l’anecdote suivante 
413’il existait dans les revues et chez les éditeurs américains des personnages nommés re-writers ou editors, dont toute l’activité c
414me du rewriting [p. 87] avec un jeune journaliste américain. Il avait lu ma lettre et souriait sans mot dire. Je sentis qu’il tro
415traint de le faire, je pense, pour expliquer à un Américain les procédés de votre rhétorique française : le discours en trois poi
416rs, un grand livre à mon sens, et le premier où l’Amérique d’aujourd’hui se reconnaisse, critiquée et jugée d’un point de vue im
417tiquée et jugée d’un point de vue impitoyablement américain… Mais je ne vois pas de novateurs, non, pas un seul depuis Faulkner.
418nt à juger barbare, sans examen, la préoccupation américaine d’immédiate efficacité. Mais, en retour, l’Américain jugera vaines et
419icaine d’immédiate efficacité. Mais, en retour, l’Américain jugera vaines et vaniteuses nos précautions logiques, nos excuses au
420, c’est de durer par une forme achevée. Mais si l’Américain écrit, c’est pour agir : il acceptera donc sans douleur d’amour-propr
421s présent. Ici encore les procédés du journalisme américain fournissent l’un des secrets de l’art du roman qu’illustra la générat
422 fait que, dans le jargon des salles de rédaction américaines, un reportage s’appelle [p. 92] une « histoire », qu’il s’agisse d’un
423 en une formule, en une maxime, en un proverbe. L’Américain cherche au contraire à « réaliser » le réel, à nous y enfoncer, et pe
424. Au désir de « réaliser » répondent le reportage américain et le roman. Et c’est pourquoi l’information, dans le sens large que
4253] compte davantage que le jugement aux yeux de l’Américain moyen et de l’écrivain qui se propose de l’atteindre. Peut-être oubli
426n’être point compris, peu lu, ou refusé. L’auteur américain, et pour d’autres raisons le soviétique, et d’une manière plus généra
427es, enfin par le spectacle de leurs cultes.   Les États-Unis ont été fondés par des groupes successifs de colons, la plupart exilé
428rejetés par l’Europe, et qui venaient chercher en Amérique la liberté de célébrer leur culte. Ils y trouvèrent aussi la possibil
429gieux de leur civisme. La structure politique des États-Unis reflète encore, de nos jours, le jeu complexe de ces apports confessi
430nt, avec les apports nationaux. C’est ainsi qu’un Américain qui appartient à l’Église Réformée a bien des chances d’avoir des anc
431onstitués, discrètement archéologiques. Le peuple américain, — est-il puéril ou sain ? — adore plus que tout autre les costumes e
432 et vie publique J’ai fait une découverte sur les États-Unis : c’est qu’il n’est pas de pays moderne où la religion tienne dans la
433en pour s’en étonner, me dit-on. De fait, pour un Américain qui connaît tant soit peu son histoire, rien n’apparaît plus naturel.
434resque. tous les bons observateurs européens de l’Amérique. Ouvrez le New York Times : vous y trouverez, le samedi, deux grandes
435tre de prudences aussi, que l’on n’imagine pas en Amérique… Cherchant à louer une maison, je parcours les annonces. J’en trouve
436 de cultes. En tête : « Préservez votre privilège américain : allez au culte de votre paroisse. » Certes, l’on peut sourire de la
437ns les paroisses. Devenir membre d’une Église, en Amérique, c’est aussi trouver un milieu social, des amis, des appuis matériels
438eur sens à certains incidents de la vie politique américaine. Imaginez, par exemple, le gouverneur d’un des grands États de l’Unio
439t. Le choix de lord Halifax comme ambassadeur aux États-Unis est particulièrement approuvé, parce que, dit-on, sa piété profonde l
440iels à la compréhension [p. 107] de la démocratie américaine. Il est important de savoir que les grandes cérémonies civiques et po
441t, bref de toutes les grandes causes publiques en Amérique, vous trouverez une église ou des pasteurs, plus dynamiques au nom de
442rai-je, et voilà bien le mystère du christianisme américain. Tout acte civique, social, moral, jugé conforme au bien du plus gran
443ur jouir du paradis terrestre que pourrait être l’Amérique, si seulement tous ses habitants se décidaient à mener une vie « déce
444 de Dieu, un martyr — un pécheur ! Cependant, ces Américains répètent le Credo chaque dimanche à haute voix tous ensemble et debou
445 de parler en général de 65 millions de chrétiens américains, j’entends de membres inscrits d’une paroisse, dont 40 millions de pr
446ose à un esprit européen le spectacle des églises américaines. Ou bien l’église va dans le siècle, l’organise, et tend à se confond
447rkegaard, précisément, est entièrement traduit en Amérique, et que j’ai trouvé partout des étudiants — non seulement chez les th
89 1947, Vivre en Amérique. 3. Vie privée
448] III Vie privée [p. 115] La Guerre des sexes en Amérique Le flirt en public (outdoor love-making) vient d’être interdit à la
449ime avec un grain d’humour l’attitude de la jeune Amérique vis-à-vis du problème des [p. 116] sexes. Si vous tenez entre vos mai
450que je voudrais dégager d’un séjour de six ans en Amérique. Les mœurs sexuelles de l’Europe peuvent être définies comme un jeu t
451ègles sans les détruire. Les mœurs sexuelles de l’Amérique ne sont point si faciles à définir. Comment expliquer le contraste en
452 et de l’importance de la sexualité. Tandis qu’en Amérique nous trouvons deux morales également admises, semble-t-il, l’une fait
453aierai de décrire. De la passion Je pense que l’Amérique en tant qu’américaine ignore le phénomène que nous nommons passion. J
454 De la passion Je pense que l’Amérique en tant qu’américaine ignore le phénomène que nous nommons passion. J’écrivais dans un livr
455stiné par un acte divin. » Ces lignes, écrites en Amérique, trahissent une critique inconsciente de l’atmosphère du Nouveau Mond
456u Nouveau Monde : elles en peignent le négatif. L’Américain paraît peu doué pour les raffinements spirituels, peu capable de conc
457rande densité de la vie. Comme on demandait à une Américaine intelligente si le suicide par amour existait aux États-Unis : non, d
458intelligente si le suicide par amour existait aux États-Unis : non, dit-elle, si nous nous suicidons au lendemain d’une rupture ou
459ue le business comme nous disons). Le mariage à l’américaine est une institution d’un type nouveau. Il se fonde sur l’égalité écon
460es se multiplient dans une cuisine et un sous-sol américain, c’est justement pour libérer la femme des soucis qui l’absorbent che
461e, pour la plus grande satisfaction des hommes. L’Américaine a renversé le rapport des forces. C’est le mari qui peine pour payer
462s — ou d’en écrire. Regardez maintenant le couple américain au restaurant ou dans un train. Vous verrez une femme très soignée — 
463ofondément dans la psychologie et dans l’économie américaine. On assure que les femmes possèdent plus des trois quarts de la fortu
464ent plus des trois quarts de la fortune privée en Amérique, soit que le système de l’héritage les favorise, soit qu’elles montre
465ent. Mais c’est dans la psychologie de la famille américaine que le statut royal de la femme a ses bases vraiment profondes. Et ce
466cer le « momisme » comme la Gorgone du matriarcat américain. « Mom est partout, elle est tout et dans tous, et d’elle dépend le r
467 tout et dans tous, et d’elle dépend le reste des États-Unis. Déguisée en bonne vieille Mom, chère vieille Mom, votre Mom aimante,
468, dit-on, sait occuper les mains oisives. La mère américaine, libérée des travaux qui la maintiennent [p. 123] ailleurs dans les l
469ucune autre. Dans la femme qu’il épouse, le jeune Américain, inconsciemment, cherche la mère. Il la sert, elle l’endort et le sem
470rnée d’un couple bourgeois, dans une grande ville américaine, ménage peu de contacts entre mari et femme, et sans doute n’en souff
471ans les alcools. Tout se passe comme si l’homme d’Amérique n’avait qu’un goût modéré pour la femme, [p. 125] dont il ne serait q
472ui offrent le plus de garanties contre le divorce américain. Du divorce Les statistiques établissent qu’aux États-Unis l’on div
473 Du divorce Les statistiques établissent qu’aux États-Unis l’on divorce davantage que dans tout autre pays du monde, Suède compr
474t différente. Aux yeux des intéressés, le divorce américain ne saurait être, comme chez nous, la douloureuse rupture d’une longue
475dont la rupture du couple entraînera la perte. En Amérique, tout cela pèse bien peu au regard des chances de repartir à neuf, de
476vent les jambes : divorce accordé. La loufoquerie américaine se donne libre carrière dans ce domaine, comme si elle excusait tout
477’incline à croire que la facilité avec laquelle l’Américain divorce, révèle que ses mariages manquent de sens et de sérieux. II n
478reviens à ma première définition : le divorce à l’américaine est considéré avant tout comme la mise en ordre de deux vies. Derrièr
479re offrir à l’Opinion une façade de normalité. En Amérique, on se refuse à cette hypocrisie sociale. Le premier accroc fait par
480, du séjour et des avocats. L’hygiène morale de l’Amérique ne tolère pas dans un foyer les miasmes d’une situation irrégulière,
481t-être, en fin de compte, le phénomène du divorce américain. De la sexualité Je mets en fait que le puritanisme, hérésie morali
482ienne, et transplantée dans toute sa virulence en Amérique, détermine de nos jours encore les mœurs sexuelles du Nouveau Monde.
483n ou d’ascendance puritaine ne représente plus en Amérique qu’une infime minorité. Boston, son ancienne citadelle, est aujourd’h
484t naturalisés. On leur inculque à tous qu’être un Américain, c’est être un homme « décent » ; et comme je demandais à quelques ét
485 trouver trace de ce qu’il nommait libertinage. L’Américain, me semble-t-il, n’est pas vicieux. Il est moral ou sans morale, mais
486eau de la culture. Puritain ou émancipé, le jeune Américain semblerait un peu fade à nos romanciers de l’amour. Il reste chaste o
487 les deux romans européens les moins pensables en Amérique seraient sans doute Adolphe et Les Liaisons dangereuses. Ajoutons-y l
488 livre. Mais il me paraît vain de l’écrire, car l’Amérique est en pleine transition, à cet égard plus qu’à tout autre. Il convie
489s sont par nature discutables. Certains critiques américains déclarent que la jeunesse de leur pays est sex-obsessed, mais il se p
490lus intéressant de l’évolution actuelle des mœurs américaines, c’est qu’on y pressent un avenir qui sera sans doute celui de la Rus
491ble qu’au contraire de ce que pensent la jeunesse américaine et ses censeurs de plus en plus timides, la violence primitive et la
492 » limites, fixées par le Comité Hays, — le jeune Américain, s’il trouve une voie saine et quelques disciplines praticables, sera
493péciale. Or c’est bien ce qu’il pense être, étant Américain. Je ne l’observe pas sans inquiétude ; non plus sans beaucoup d’amiti
90 1947, Vivre en Amérique. 4. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
494 [p. 135] IV Conseil à un Français pour vivre en Amérique [p. 137] 1. Comment on entre en Amérique Tous les Américains, sauf l
495ivre en Amérique [p. 137] 1. Comment on entre en Amérique Tous les Américains, sauf les Indiens, seuls « premiers possesseurs d
496[p. 137] 1. Comment on entre en Amérique Tous les Américains, sauf les Indiens, seuls « premiers possesseurs du bois et du rocher 
497étermineront le cours du siècle, la Confédération américaine et la Confédération soviétique, sont aujourd’hui ceux qui paraissent
498, mais cela ne suffit pas. N’oubliez jamais que l’Amérique est un pays d’immigration, non de tourisme. Elle exige, quand vous y
499déologiques, et physiologiques. Trouvez donc deux Américains qui s’engagent à vous entretenir en cas de besoin. Rassemblez vos act
500i vous examinera au port. (C’est ce que le Consul américain omet le plus souvent de vous indiquer.) L’Immigration [p. 139] Servi
501 vous un usager décent des libertés et servitudes américaines, si l’on omet de vous donner les moyens de pénétrer l’âme du pays. C’
502raité : Ce qu’il ne faut plus dire ni penser de l’Amérique Mettez sur votre liste noire un certain nombre de lieux communs qui o
503rs en France, et que plusieurs récitent encore en Amérique après des années de séjour. En Amérique, tout se ressemble : vous tr
504ncore en Amérique après des années de séjour. En Amérique, tout se ressemble : vous trouverez partout le même drugstore, le coc
505lage, les mêmes apéros, et la même Grand Rue ? Un Américain pourrait le dire. Un Blanc débarquant en Chine ne manque jamais de re
506’ordonnance géométrique des rues. Et le reste des États-Unis ! Drugstore à part (et ces magasins clairs, où l’on peut s’asseoir au
507ien que de plaisant) les différentes régions de l’Amérique se ressemblent bien moins entre elles que la Nouvelle-Angleterre, par
508ant rentrer chez soi. Tout d’abord, les cottages américains, en bois blanc, entourés de gazon, et qui vous accueillent par une al
509ieur par le confort, je n’ai jamais observé qu’un Américain, même saoul, ne reconnaisse pas son [p. 142] porch, sa large cheminée
510oui. Partout ailleurs, dans la vie quotidienne, l’Américain est plus lent que le Français. L’homme d’affaires arrivé se reconnaît
511nnaît pas seulement dans la manière de danser des Américains, mais dans leur démarche, dans leur manière de prendre la vie, tantôt
512 ne se bouscule pas pour sortir. C’est la lenteur américaine qui agacera le Parisien. Leur matérialisme. Ils attachent beaucoup p
513pensent que vous manquez d’idéalisme. Hypocrisie américaine. L’expression suppose que les Américains seraient notablement plus hy
514pocrisie américaine. L’expression suppose que les Américains seraient notablement plus hypocrites que les Européens. Or s’il exist
515Par [p. 144] tradition, éducation et situation, l’Américain est l’un des êtres les plus ouverts et les plus francs de la planète.
516l’hypocrisie, et de nos mœurs. Quant à l’attitude américaine vis-à-vis de la question sexuelle — mais c’est bien à cela que vous p
517 idéaux tout faits doive exclure l’autre. L’élite américaine a su les combiner, peut-être mieux que l’élite européenne, sans toute
518 délicates fantaisies. Quant au citoyen moyen des États-Unis, il tend de plus en plus à nous considérer comme des gens à qui l’on
519elques points de comparaison entre les mœurs de l’Amérique et de l’Europe. Les jugements de la morale courante, et non les lois
520entons ici un catalogue rapide des standards de l’Américain, que nous supposerons moyen pour l’occasion. Il est vrai que l’homme
521ois de plus. Et cela se raconte chez les amis. En Amérique, je ne sais si l’on triche moins, mais je sais qu’on ne s’en vante ja
522moins, mais je sais qu’on ne s’en vante jamais. L’Américain moyen se plaint beaucoup des mille complications de sa feuille d’impô
523t gratuitement dans tous les bureaux de poste des États-Unis, le jour de l’échéance.) Il achète, en réglant ses taxes, une bonne c
524vées.   L’argent en général. — Tout le monde, en Amérique, en parle ouvertement. C’est qu’on n’y attache aucune pudeur. Et ce n
525  L’homme d’affaires. — Il prouve son succès, en Amérique par le calme olympien qui baigne ses bureaux. C’est un homme qui a to
526ion créatrice ?   La religion. — Dans un village américain, si vous ne faites partie d’aucune église, ce qui est autant dire d’a
527guère lentement à une espèce de respectabilité. L’Américain moyen, l’Américaine surtout, considère, au contraire, que la durée d’
528ne espèce de respectabilité. L’Américain moyen, l’Américaine surtout, considère, au contraire, que la durée d’une affair mesure sa
529Je crois qu’à cet égard les jugements moraux de l’Américain sont exactement inverses des nôtres. Le sauteur est bien vu, ou n’est
530nouveau mariage. Entre ou sors ! dit sans cesse l’Amérique, qu’il s’agisse de visas ou de questions sentimentales. Et c’est peut
531 de métier, d’épouse, d’appartement. — Bien vu en Amérique. Mal vu chez nous. On dit là-bas : il sait ce qu’il veut, et il pours
532sur le bilan de son passé.   Passe-droits. — Les Américains vous apprendront, par voie de fait s’il est besoin, à ne jamais coupe
533équivalence des deux jugements dans l’esprit d’un Américain.) Grâce à quoi les mesures décrétées par l’État peuvent jouer. Chacun
534 vingt ans qui se donnaient encore du Monsieur. L’Américain apprend votre prénom avant d’avoir bien compris votre nom, plus souci
535en écrire. — Il arrive très souvent qu’un éditeur américain réponde à l’écrivain qui lui a soumis un manuscrit : « Votre livre es
536 ne vais pas la publier. » Pourquoi ? Parce que l’Américain ne demande pas d’abord qu’un livre soit bon en soi, mais qu’il soit e
537Et l’on se demande : va-t-elle durer ? [p. 152] L’Américain, lui, se demande : va-t-elle se vendre ? Applique-t-elle la recette d
538naient de tirer une invisible fermeture éclair. L’Américain s’ouvre, au contraire, comme sa bouche sur des dents éclatantes, et c
539amis À la deuxième rencontre, ou tout de suite, l’Américain vous dit votre prénom, vous raconte sa vie sentimentale et l’état de
540rançais, de Montaigne à Paul Valéry. Tandis qu’en Amérique, il vous arrive souvent de vous sentir seul au monde en connaissant t
541vaises fortunes, par chance… Le sourire large des Américains dissimule leur vraie tragédie : la solitude. [p. 155] 6. Comment il
542 sous-partis, tendances et nuances politiques. En Amérique, il y a les républicains et les démocrates, c’est simple ; mais il y
543s ou naguère par des réfugiés religieux. Mais les Américains changent facilement d’église, selon leur domicile ou leur cercle d’am
544 et les récits de la Résistance pour que certains Américains pressentent enfin que la France est le pays du sérieux sobre, de l’in
545 sur la laïcité ou les écoles confessionnelles. L’Américain lui, passe encore en Europe pour un Anglo-Saxon puritain du type dyna
546as la jalousie. Le « réalisme terre-à-terre » des Américains dans ce domaine, présente un tel contraste avec les mœurs des Europée
547 se remonte même si rapidement qu’elle bat déjà l’américaine sur le terrain le plus favorable à cette dernière. Mais tout compte f
548l exemplaire. Et pendant qu’on le construisait, l’Amérique a produit quelques milliers d’appareils plus lourds et plus lents, qu
549ente sans relâche, et cent fois plus que le génie américain ; mais aussitôt il généralise son invention, son prototype ; c’est à
550 et passe à l’invention suivante. [p. 158] Vue d’Amérique, l’Europe apparaît comme une petite région de la planète proprement s
551te par la densité de ses inventions, tandis que l’Amérique vue d’Europe stupéfie par sa production standardisée. C’est que l’Eur
552vite et supporte moins de s’ennuyer. Tandis que l’Américain se contente plus longtemps des mêmes idées, des mêmes types d’apparei
553ou par les Suisses ou par les Hollandais. Mais en Amérique, on copie le gothique, tant pour les églises que pour les universités
554 hollandais ou espagnol… Par contre, les cottages américains ont infiniment plus d’originalité, de diversité et d’élégance, que le
555ables. 10. Comment ils sont scrupuleux ou non L’Américain ne pardonne pas une erreur de 2 cents dans un compte, mais se trompe
556entends vis-à-vis de l’État. Quand vous entrez en Amérique, on vous demande de remplir des questionnaires comportant des questio
557tendant au [p. 160] renversement des institutions américaines ? » Vous pouvez répondre que vous êtes alcoolique et anarchiste, on v
558n Service, déjà nommé, institution spécifiquement américaine dans ce sens qu’on n’en connaît point ailleurs l’équivalent, et cepen
559endant bien faite pour exciter l’indignation de l’Américain moyen s’il en soupçonnait les coutumes. Ce qui ne risque guère de se
560 le Japonais, ni par esprit quasi sportif comme l’Américain, mai par une sorte de fatalisme inconscient. (Je ne parle pas du héro
561s des siècles, et qu’on ne peut pas y échapper. L’Américain, bien au contraire, considère la souffrance et la mort comme des acci
562 avancent sous le feu de l’ennemi, tandis que les Américains s’assurent d’abord — quitte à payer le prix qu’il faut en matériel —
563 se nourrit de sacrifices. Tandis que le bon sens américain trahit une certaine ignorance des conditions premières de la vie spir
564’ignorer ? 13. Comment vous réussirez ou non en Amérique L’Américain moyen vit encore sur l’idée qu’il a tout comme un autre s
565 13. Comment vous réussirez ou non en Amérique L’Américain moyen vit encore sur l’idée qu’il a tout comme un autre sa chance de
566l’exporte. Vous pensez donc, quand vous entrez en Amérique, que c’est là que se cachait cette fortune qu’un juste sort vous doit
567lure qu’on attribue chez eux à l’homme d’affaires américain. Soyez calmes, sans froideur mesquine, n’essayez pas d’en imposer. Su
568cret des banques.) Sur le chapitre de l’argent, l’Américain n’est point naïf, ni hâbleur. Il est exact et réaliste, exempt de nos
569 ni les choses, mais vous seul : alors vous serez Américain, et vous aurez une chance de réussir. Aux femmes de toute condition q
570oute condition qui débarquent dans leur pays, les Américains recommandent : prenez un avocat, un docteur, un dentiste, un compte e
571 qui s’empare des Européens après quelques mois d’Amérique, précisons : de grande ville américaine. Les mesures ont changé autou
572ques mois d’Amérique, précisons : de grande ville américaine. Les mesures ont changé autour d’eux. Les cadres sociaux n’y sont plu
573urs dates de naissance. [p. 168] 15. Comment un Américain moyen juge la France Au lendemain de la démission d’un énième cabinet
574n de la démission d’un énième cabinet à Paris, un Américain me disait : — En France, n’importe quel problème d’ajustement économi
575e dissout. C’est ainsi que de 1942 à 1946, l’État américain a contrôlé les prix, la répartition de la main-d’œuvre aux entreprise
576oires. Ce qui veut dire que pendant quatre ans, l’Amérique a « nationalisé » (ou plus exactement étatisé) toute son industrie et
577éprisantes. Nous sommes adultes. 16. Comment un Américain moyen voit le monde Quels sont, se dit-il, les pays qui marchent le m
578es trois idéaux. Et je ne les vois réalisés qu’en Amérique. 17. Comment l’Europe peut aider l’Amérique Comme je m’en veux de c
579’en Amérique. 17. Comment l’Europe peut aider l’Amérique Comme je m’en veux de chacun de mes [p. 175] articles trop favorables
580 articles trop favorables ou trop critiques sur l’Amérique ! Car le contraire, chaque fois, peut aussi être vrai. Car ces rêveur
581’éprouve.) Or justement, la civilisation [p. 176] américaine souffre d’une grave incohérence interne. Mais je vois bien que je n’a
582s que l’Europe seule peut opposer ou proposer à l’Amérique. Cinq choses témoignent de l’esprit et de sa présence active dans une
583éer. La réduction du fait à une signification. L’Américain croit aux faits, dur comme fer. Il les réduit d’ailleurs en chiffres
584els malheurs historiques un réveil spirituel de l’Amérique ne pourrait pas lui épargner ? Si l’Europe peut y contribuer, elle au
585e aura bien mérité de la planète. 18. Comment l’Amérique peut aider l’Europe Seuls, les Européens — je connais leurs complexes
586complexes — trouveront trop dures pour [p. 179] l’Amérique les quelques pages qui précèdent. L’Amérique a les reins solides. Ell
5879] l’Amérique les quelques pages qui précèdent. L’Amérique a les reins solides. Elle a, sur tout autre pays que je connaisse, l’
588orce. Qui n’a pas lu les éreintements de l’esprit américain auxquels se livrent avec exubérance les revues et les journaux améric
589ivrent avec exubérance les revues et les journaux américains ne sait pas ce que c’est que la confiance en soi. Ceci dit, je me ret
590 ne vous contentez pas d’appeler périodiquement l’Amérique à votre secours, quitte à la mépriser sitôt le travail fait. Sachez q
591la mépriser sitôt le travail fait. Sachez que les Américains ont beaucoup mieux à nous donner que des frigidaires, des capitaux et
91 1947, Vivre en Amérique. Épilogue. La route américaine
592 [p. 181] Épilogue La route américaine L’Européen parle parfois de sa conception de la vie ; l’Américain (l’
593péen parle parfois de sa conception de la vie ; l’Américain (l’Anglais aussi) de son way of life, littéralement : de sa route de
594ouvement. C’est pourquoi je prendrai les routes d’Amérique comme un symbole du rêve et de la volonté du Nouveau Monde. On croyai
595 à Wall Street. Un grand malaise étreignait l’âme américaine, [p. 182] prise de nausée dès qu’elle ressent l’approche d’une limite
596re des routes. Depuis quinze ans, les autostrades américaines allongent sans répit leur ruban de béton, semblables à la trace d’un
597anger de régime pour le réaliser. Les autostrades américaines ne sont pas une réclame politique, ni même un expédient pour lutter c
598n de prison… ou les deux ensemble… Dieu bénisse l’Amérique… » Je ferme les yeux et j’écoute le grondement sourd des pneus qui mo
599elphie et Baltimore. La vitesse rétrécit l’espace américain ; les routes de la vitesse lui créent enfin des cadres. Quand cette s
92 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
600etit cap de l’Asie ». Aujourd’hui l’Europe, vue d’Amérique, et j’imagine aussi, vue de Russie, paraît plus petite que nature : p
601 semble avoir évacué l’Europe pour émigrer vers l’Amérique et la Russie. C’est une notion qui s’étiole chez nous [p. 22] d’autan
602le libéralisme politique, qui ont fait fortune en Amérique, venaient d’Europe ; comme en venaient le matérialisme dialectique, l
603tous les barrages de douanes ou de coutumes que l’Amérique ne connaît pas. Et de même le progrès social s’est vu bridé et contra
604s, par leur masse, le colosse russe et le colosse américain, et malgré toutes les tentations que représentent leurs succès littér
605es machines et par ses capitaux. Mais voici que l’Amérique et la Russie viennent de lui ravir coup sur coup les machines et les
606 et les grands hommes d’affaires regardent vers l’Amérique. À tort ou à raison — je n’en juge pas ici — ils s’imaginent que ces
607e contente d’un double refus de la Russie et de l’Amérique, se résigne à la décadence, ou la déplore mais sans faire mieux. Je n
608rs, quand ils se demandent si c’est l’Europe ou l’Amérique qu’il leur faut souhaiter pour leurs enfants. Car nous pensons à notr
609 comme à un « Vaterland », pays des pères, mais l’Amérique, ou la Russie, ne serait-ce pas ce « Kinderland » qu’appelait Nietzsc
610aint, le mystique, le martyr. Tandis que le héros américain ou russe sera l’homme le plus conforme au standard du bonheur, celui
611gonismes, de l’opposition créatrice, tandis que l’Américain et le Russe soviétique considèrent l’existence de l’opposition comme
612 32] et abstraite entre l’Européen, d’une part, l’Américain et le Soviétique, de l’autre, je n’ai pas à chercher bien loin. Je pr
613xemple de l’entreprise qui nous rassemble ici. En Amérique, je pense que ces rencontres seraient un four, ou un flop, comme ils
614ait l’auditeur plus qu’elle ne l’intéresserait. L’Américain moyen demande une solution qu’il puisse appliquer en sortant, là où n
615 banc des aveux spontanés. Et je ne dis pas que l’Américain et le Russe n’aient quelques bonnes raisons de se comporter ainsi, je
616 préfère emprunter, pour un moment, à nos voisins américains leurs méthodes pragmatiques, et à nos voisins soviétiques leur sens a
617e rebelle aux planifications sur table rase que l’Amérique, et surtout la Russie — ces deux grandes plaines d’un seul tenant — p
618 souvent proposé cette petite parabole à mes amis américains « Vous croyez, leur disais-je, que le plus grand est nécessairement l
619aux crises économiques qui menacent constamment l’Amérique. Celle de 1930 eut pour effet de la réveiller, de l’humaniser, et par
620et c’est là mon espoir, que les Russes, comme les Américains, viendront s’enquérir auprès de nous des secrets de notre désordre et
621odernes, en verre et en ciment armé, tandis que l’Amérique en est encore à bâtir des églises en gothique neuf. [p. 45] C’est pa
622anète unie ou la Bombe. Et je veux dire : Si les États-Unis et la Russie ne s’entendent pas, si la guerre atomique éclate, il n’y
623er au plus vite soit au bloc russe soit au dollar américain. Mais les seconds proclament qu’ils ne choisiront pas entre la peste
624, quand on compare le rôle de l’URSS et celui des États-Unis dans notre monde : c’est que nous avons chez nous un parti stalinien,
625ope : c’est qu’elle veut diviser pour régner. Les États-Unis, au contraire, poussent à la collaboration européenne, et surtout sur
626ns chaque pays sabotent notre reconstruction, les Américains la financent. Où faut-il donc chercher l’impérialisme ? Avouons qu’il
627 frappant. En Russie, on liquide l’opposition, en Amérique elle est entièrement libre, et, mieux que cela : on en tient compte.
628res sans précédent dans les pays capitalistes. En Amérique, les ouvriers se mettent en grève et gagnent à peu près à chaque fois
629 [p. 54] germano-soviétique. Tout au contraire en Amérique on dénonce l’injustice commise ou établie — par exemple le sort des N
630e est un bloc dans tous les sens du terme. Mais l’Amérique n’en est pas un, elle qui vise aux libres échanges, tolère les pires
631e et nous croit ses ennemis, et les esclaves de l’Amérique. Et tout le verbiage des communistes contre un prétendu « bloc améric
632erbiage des communistes contre un prétendu « bloc américain » n’a d’autre but que de masquer ce fait brutal : la Russie ne veut p
633ndre en nous jetant simplement dans les bras de l’Amérique. Non seulement nous ne le devons pas, mais c’est pratiquement impossi
634ns pas, mais c’est pratiquement impossible. Car l’Amérique n’a nullement l’intention de nous entretenir à grands frais comme des
93 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. II
635mme [p. 90] moderne est démodé » comme l’a dit un Américain : sa conscience est en retard sur le milieu nouveau, sur les périls c
636n globe, il verrait que le plus court chemin de l’Amérique à la Russie ne passe plus par l’Europe, mais par le pôle. La radio, l
637est pas celle du Kremlin, ni celle du businessman américain. Nous ne voulons pas d’un régime de terreur, de parole asservie, d’ép
638cupation russe, et dans les camps. Vis-à-vis de l’Amérique, notre attitude doit être, évidemment, bien différente. Nous avons be
639l’obsession de l’argent qui dénature les libertés américaines ; un régime qui traduise en politique, dans l’économie et les mœurs,
640e, qu’ils se cantonnent dans le double refus de l’Amérique et de la Russie, qu’ils y ajoutent un troisième refus, celui de l’Eur
641 sommes plus libres qu’eux, et plus sages que les Américains. Mais nous restons les bras ballants, regardant à droite et à gauche
94 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. III
642ntité, plus que la Russie et deux fois plus que l’Amérique ; l’organiser au-delà des États en une grande unité politique et en u
643i dans ce cas, soyez sérieux, devenez une colonie américaine, ou bien demandez aux Russes d’établir parmi nous l’ordre qui règne à
644la Russie. Mais le croient-ils ? Il y a un an, en Amérique, je parlais de ces choses avec un homme qu’il serait difficile de sou
645rd Shaw à [p. 115] propos de l’Angleterre et de l’Amérique : « Nous sommes séparés par un langage commun. » Et la question n’est
646ontinent. Il est temps de donner aussi à nos amis Américains la certitude que nous ne sommes pas ce qu’ils ont parfois presque rai
647 veut que la Terre promise ne soit pour nous ni l’Amérique ni la Russie, mais cette vieille terre à rajeunir, à libérer de ses c
648t au plan européen le système de la Suisse et des États-Unis : qu’à la Chambre nommée par les peuples, réponde une Chambre nommée
95 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. IV
649se laisser gouverner par une commission d’experts américains… Et, d’autre part, si l’on prétend que la seule chose sérieuse, c’est
96 1948, Suite neuchâteloise. VII
650euf, de la première nuit… Et ces deux grands étés américains, dans [p. 75] les demeures trop vastes du Lake George, nommé jadis La
97 1948, Esprit, articles (1932–1962). Thèses du fédéralisme (novembre 1948)
651 et les grands hommes d’affaires regardent vers l’Amérique. À tort ou à raison — je n’en juge pas ici — ils s’imaginent que ces
652e contente d’un double refus de la Russie et de l’Amérique, se résigne à la décadence, ou la déplore mais sans faire mieux. Je n
98 1950, Lettres aux députés européens. Troisième lettre
653éluge, ni même jusqu’aux Anciens qui manquent à l’Amérique, ou à la Renaissance qui manque aux Russes — sens de la mesure et sen
654x Empires qui prétendent partager notre monde ? L’Amérique, la Russie moderne, sont des produits de notre culture, de Calvin et
99 1950, Lettres aux députés européens. Quatrième lettre
655rt bien que leurs armées soient commandées par un Américain. On prétend même qu’ils auraient accepté que leur monnaie perde un ti
100 1950, Lettres aux députés européens. Cinquième lettre
656se moque des principes vaut beaucoup moins qu’une Amérique qui les professe, et ne vaut rien en face des Russes qui les assènent