1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
1 pour celles de l’adversaire, ce qui est beaucoup dire. Il y avait dans le Paradis je ne sais quel relent de barbarie, un as
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
2cation : la plupart des surréalistes n’ont rien à dire, mais savent admirablement parler. Ils érigent donc en doctrine leur
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
3péril n’existe que pour autant qu’on en parle, la vraie « question asiatique » étant une question politique. On peut prévoir
4devant le dilemme Orient-Occident. Réactions qui, disons-le tout de suite, renseignent mieux sur l’esprit occidental que sur l
5ient…, toi qui n’as qu’une valeur de symbole », a dit A. Breton. C’est de cet Orient qu’il s’agit, et Jean Schlumberger le
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
6u par le contrôle que les autres nous imposent », dit un héros de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le deda
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
7is, la maison paraît s’être un peu embourgeoisée… Disons plutôt que voici venu le temps de la moisson, — le temps des éditions
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
8nnexer à son propre corps de doctrines critiques. Dirai-je pourtant que je crains qu’il n’ait été incité parfois, et presque
9e cadre solidement moral, c’est-à-dire rationnel, dit M. Seillière — me paraît infiniment plus forte que celle d’un Maurras
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
10uines. On sait le reste. Tout cela, Walpole ne le dit pas. Mais ses personnages le suggèrent de toute la force du trouble q
8 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
11s ne pouvons le suivre jusque-là : il est vain de dire qu’une époque s’est trompée, puisqu’elle seule permet la suivante qui
12 des autres et quelles prières cela fait à Dieu » disait Drieu La Rochelle. Mais il faudra bien se remettre à manger, tout de
13. Mais on trouve tout dans les livres des jeunes, dites-vous, le pire et le meilleur, toutes les vieilleries morales et immor
14issance de leur misère. Pareils à ceux dont Vinet disait qu’ils s’en vont « épiant toutes les émotions de l’âme, et lui multip
15 pour se hisser dans la lumière. « Il vaut mieux, dit encore Vinet, ne voir d’abord que les grands traits de sa nature, ne
9 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
16aut louer Mme Rivier d’avoir posé courageusement. Dirai-je que l’abus des points d’exclamation — trait commun à presque toute
10 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
17a, il ne le conduit pas pour autant à l’Académie. Disons pour aller vite que sa recherche de l’ordre révèle simplement [p. 662
11 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
18core à des symboles équivoques et, quoi qu’ils en disent, « artistiqués », — ils n’osent plus le mensonge de l’art, et pas enc
12 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
1997] Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926) v Nous disons adieu aux charmes troubles et inhumains de la nature. Il s’agit de cr
13 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
20ges (juillet 1926) w Je ne crois pas exagéré de dire qu’en publiant ce recueil d’essais, M. Fernandez a donné la première
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
21urtout le Montherlant actuel que l’on sent. C’est dire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composi
22et sobres, jetées de haut avec la nonchalance des vrais puissants, je compte qu’il saura fonder sa gloire future sur des vale
15 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
23ésistiblement l’obligation d’être nous-mêmes. Et, disons-le tout de suite, c’est en cela uniquement — être nous-mêmes — que co
24faire les modestes…   Être nous-mêmes, avons-nous dit, c’est à la fois notre but et notre excuse en publiant cette revue. N
25enne. Que sommes-nous donc ? Le plus qu’on puisse dire, c’est que vous le saurez un peu mieux quand vous aurez lu nos huit n
16 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
26veut donner à l’acte gratuit une valeur morale en disant qu’il révèle ce qu’il y a de plus secret dans la personnalité. Ce ser
27ôde dans certaine littérature d’aujourd’hui. J’ai dit : ravages du sincérisme. C’est plus exactement faillite qu’il faudrai
28ar l’analyse la plus savante, comme l’a fort bien dit Ramon Fernandez, « retient tous les éléments du moi, moins le princip
29ensonge, mais un bon artiste n’est pas menteur », dit Max Jacob. « Être sincère, c’est avoir toutes les pensées » (Rivière)
30 proie pour l’ombre que de tendre vers ce modèle. Dirais-je que c’est ma sincérité d’y aller par les moyens les plus efficaces
31 d’un moi que la vie me montrait si désespérément vrai, tyrannique, insuffisant. Mais un pli de ta lèvre, un peu sceptique,
17 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
32s rire : « À mort ceux qui paraphrasent ce que je dis ». Il y a chez Aragon une folie de la persécution, qui se cherche par
33nce dans le mauvais goût ne m’empêchera pas de le dire, Aragon possède le tempérament le plus hardi et le plus original de l
18 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
34fficiellement comblé, et par dedans… comment bien dire ? inquiet ? aride ? heureux ? » pour lui, comme pour Barnabooth, il s
35Il se connaît avec une sorte de froideur que l’on dirait désintéressée si elle n’avait pour effet de souligner, plus que ses s
19 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
36dessinés un de ces drames tout intérieurs dont il dit : « Personne ne peut juger du drame qui se joue entre deux êtres, per
20 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
37 La Mort difficile (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous
38incérité qui me paraît proprement inhumaine. Tout dire, vraiment ? C’est l’exigence d’une détresse cachée ; elle fait bientô
21 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
39 vous la donner. Alors pour vous venger, vous lui dites que, « d’abord », son livre n’est pas sérieux. Il sourit. Vous ajoute
40s noms géographiques vous fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Clerc, M
41si nous ne regardions que les jambes des femmes » dit-il, pour vous apprendre ! — sans se douter que rien ne saurait vous r
22 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
42sieurs fois Rilke, trace de lui un portrait qu’on dirait, en peinture, très « interprété ». Non pas une photographie morale, m
43de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Rilke y a
44ns son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je veux dire, plus rilkienne que ne fut Rilke. Rilke y apparaît comm
23 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
45ale », « si arbitraire et si facultative », je me dis qu’il n’en saurait être autrement tant qu’on se tient à cette attitud
24 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
46avocats et un chapelier dont tous s’accordaient à dire qu’il ne péchait que par excès de bonne humeur printanière, Urbain do
47nité. « Éternité désaffectée, c’est bien dommage, dit-il en s’étirant ; le printemps désormais rendra le ciel plus pâle, et
25 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
48e du survivant (février 1927) f « Triste, mais vrai. » (Les journaux.) Mademoiselle, Il faut d’abord que je m’excuse : c
49irez pas — et pourtant… Il faut aussi que je vous dise qu’il fait très froid dans ma chambre : le feu n’a pas pris, et d’ail
50 ou cinq fois dans des lieux de plaisir, comme on dit, sans doute parce que c’est là que se nouent les douleurs les plus at
51ée… D’autres fois… je n’ai plus le courage de les dire. Enfin, avant-hier, à ce bal. [p. 68] J’avais demandé à un de mes am
52lle que vous en éprouviez vaguement la menace. Je dis menace, parce que mes airs sombres vous effrayaient sans doute plus q
53ouvent devant les ascenseurs. « Vers 4 heures, me disais-je elle y entrera, et, me glissant auprès d’elle, je pourrai lui dire
54ra, et, me glissant auprès d’elle, je pourrai lui dire très vite quelques mots si bouleversants qu’avant le dernier étage… »
55 un enfant qui monte pour la première fois… Je me disais encore : Si je prends cet ascenseur et que je la croise en route dans
26 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
56ffel. Et une note d’Orphée précise : « Inutile de dire qu’il n’y a pas un seul symbole dans la pièce. » Ce qui me gêne pourt
57 un poète surréaliste. « Il faut jeter une bombe, dit-il, il faut obtenir un scandale. Il faut un de ces orages qui rafraîc
58rtes de calembours… [p. 86] Art chrétien, a-t-on dit 5 . Certes, cette pièce n’est pas dépourvue de certaines des qualités
59, un style parfaitement pauvre dans le détail, un vrai style de théâtre, d’une netteté qui pourtant n’est pas maigre, d’une
60e dépassent, feignons d’en être l’organisateur », disait le photographe des Mariés. Dans Orphée, le mystère ne peut plus dépas
61être cette indispensable « part de Dieu » — comme dit Gide — qui serait aussi la part de l’humain, l’imperfection secrète q
27 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
62n miracle pour la fin de la semaine. « Messieurs, disait Dardel, y a pas à tortiller, il faut faire quelque chose. Nous devons
63ntemplent un certain temps en silence. « Well ! » dit enfin [p. 95] Dardel. Les autres n’en pensent pas moins. Quelquefois,
64ge de nos veilles et de nos rêves », ainsi que le disait si poétiquement le programme.   Un peu d’histoire (erratum de la chr
28 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
65ndent que le moment où ils pourront se pousser en disant : « C’que c’est cochon ! » Mais le moment ne vient pas, ils sont déçu
66mure : « On va tous devenir fous ! » — « Hé ! lui dis-je, si seulement. » Mais tout de même, là par exemple, où nous ne pou
67 résultat avec la naïveté qu’il faut, approuve et dit : « C’est bien ça, c’est comme quand on rêve. » Un des défauts d’Entr
68ir crée ma chambre en tournant un commutateur. Le vrai miracle du cinéma, c’est, par exemple, l’éclosion d’une rose, un homm
29 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
69entrée de l’éternelle anarchiste, la Poésie.   On dit : « Des mots ! » au lieu de « Je ne comprends pas ». On dit : « Je ne
70s mots ! » au lieu de « Je ne comprends pas ». On dit : « Je ne comprends pas », et l’on pense : « C’est donc incompréhensi
71 l’on pense : « C’est donc incompréhensible ». On dit : « C’est incompréhensible ! » — et l’on est enfin rassuré. C’est in
72 meilleur remède contre Dieu. Monsieur, vous avez dit : « C’est incompréhensible ! » — avec une indignation où j’admire une
73 humaine, et vous aurez beau rire, pharisiens, et dire qu’elle est née dans un café de Paris. « Je n’attends rien du monde,
74vant tout, un écrivain, un bel écrivain, comme on dit. Et qui sait tirer un admirable parti littéraire de son tempérament v
75 Je ne sais qu’un Montherlant qui pourrait l’oser dire comme Aragon sans ridicule. Et ce que je prenais pour le ton prophéti
76« ailleurs » que sur ce « globe d’attente » comme dit Crevel. Pourtant, le plus irrévocable désespoir n’est encore qu’un ap
77ppareil à frigorifier de sa raison, est destiné à dire des bêtises. Cf. certaines remarques — pas toutes — de novembre 1926.
78m’a paru que depuis quelque temps… enfin, comment dirais-je… je me suis dit que je pourrais, en quelque sorte, vous être de qu
79elque temps… enfin, comment dirais-je… je me suis dit que je pourrais, en quelque sorte, vous être de quelque utilité… Moi
80t sur l’incertain », c’est un académicien qui l’a dit. Voulez-vous me faire quelque chose là-dessus pour la Revue ? Mais pl
81 le Sens Critique, un peu bousculé.) Moi. — Vous disiez, ma vie ? La Muse (mais oui, la Muse, sortant de derrière un rideau)
82. 139] III Il y a des gens qui croient avoir tout dit quand ils ont montré à l’origine de telle doctrine mystique une exalt
83 s’allier aux dogmatiques d’extrême-gauche. Je ne dirai pas, comme on a fait, que c’est très joli de crier merde pour Horace,
84nd des œuvres complètes de Karl Marx ? Si vous ne dites pas aussi merde pour Marx ou Lénine, je le dirai pour vous. Quand on
85 dites pas aussi merde pour Marx ou Lénine, je le dirai pour vous. Quand on a entrepris la Révolution au nom de l’esprit, on
86t de crier rouge pour la simple raison qu’ils ont dit blanc ? Pensez-vous [p. 141] combattre cet esprit « bien français » q
87rait vivre ailleurs… Mais non, il y aurait trop à dire, et puis l’on croirait encore que je suis avec ceux qui traitent Arag
88s voyons des affaires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y a encore cette histoire, co
89aires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y a encore cette histoire, comment dites-vous,
90it oublier, il y a encore cette histoire, comment dites-vous, surréalisme ? — Baptisé il y a cinq ou six ans et mort des suit
30 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
91sous une table, complètement ivre, et Bettina lui disait à l’oreille : « Mon chéri, si j’aime la comtesse ? Mais tu es si laid
92ore plus de plaisir. » Le duc paya et s’enfuit en disant que ce n’était pas lui. L’enterrement aura lieu sans suite. Suicide
93cide ou la promenade en bateau À Grego More. Il disait : « Je suis né pour la mort. » Il fait assez beau pour que s’ouvre ce
94s pas le retenir, Je ne pouvais pas le suivre. On dit de ces phrases. Même, on en pleure. p. 151 l. « Quatre incident
31 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
95es et sans gendarmes. Je sais bien ce que vous me direz : Les millions que je pourrais leur soustraire ne compenseront jamais
96uelques observations théoriques que je tiens pour vraies, et j’en vérifie les manifestations vivantes avec une prodigalité d’é
97e vois le véritable intérêt de ma vie. C’est vous dire que seule une certaine caresse de l’événement naissant peut encore m’
98ommeil. Je rêve beaucoup. Cela explique, m’a-t-on dit, le peu de goût que j’ai pour la poésie imprimée. » J’allais oublier
99ur la poésie imprimée. » J’allais oublier de vous dire qu’on me nomme Saint-Julien. Vous n’ignorez point que l’on considère
100maint endroit. « Une chose avant tout me frappe — dit-il, lâchant tout de suite ses compliments, ce qui est de mauvaise pol
101 paraît impliquer, c’est ce caractère de, comment dirai-je…, de juvénile insouciance, pour ne pas dire inconscience ! qui s’a
102t dirai-je…, de juvénile insouciance, pour ne pas dire inconscience ! qui s’attache à vos faits et gestes. L’on croirait ouï
103grave. Je ne saurais y répondre. Je pourrais vous dire que si vous me trouvez un peu potache, il n’est pas prouvé par là que
32 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
104ches s’adressent, ou bien plutôt — vous alliez le dire — aux surréalistes ?   Si le mal du siècle consistait véritablement d
105 — Citez-m’en de ces phénomènes ! — Mon Dieu, que dire… Il y aurait, par exemple, ce fait du triomphe de la Machine ; ce fai
33 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
106je prononce le nom de tel de vos confrères, si je dis : « Avez-vous lu… », vous voilà rouge ; et sur moi les foudres de vot
107ictus de votre bouche, une injure de pythie. Vous dites de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop a
108. Vous dites de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait
109ous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsche : que c’est de la littérature.
110ur un ami poète. « L’autre jour au Grand Écart… » dit quelqu’un. À ce coup, l’évocation de Cocteau fait fleurir sur vos lèv
111maintenant je vais me fâcher chaque fois que vous direz : « extravagant », « invraisemblable », « fou », « hallucinant » ou «
112arler littérature, c’est faire la part du feu. Je dis ces noms, ces opinions, ces titres de livres : tout cela jaillit, s’e
113 et de ces jeux, simulacres de vie, qui sont à la vraie vie ce que le flirt est à l’amour. [p. 234] II Sur l’insuffisance d
114ne la mesure de ce que vous attendez d’elle. Pour dire le fond de ma pensée, je crois ce mépris et cette attente également e
115-à-dire agissantes, que nulle poésie même ne peut dire, parce que rien de ce qui nous importe véritablement n’est [p. 235] d
116primer ; depuis le temps qu’on l’oublie.) Vous me direz que la poésie, l’état poétique, est notre seul moyen de connaissance
117l’air de mettre un peu les pieds dans le plat, de dire de ces choses qu’entre gens du métier l’on a convenu de passer sous s
34 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
118tres — la seule revue de langue française où l’on dise la vérité librement et pour elle-même. Nous regrettons de n’en pouvoi
35 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
119e retraite est toute « statutaire » — si l’on ose dire. Elle nous permet donc de considérer la situation sans fièvre, sans l
120ous les additionnons : ils s’annulent. Il reste à dire deux mots sur la paradoxale situation intellectuelle d’une revue d’ét
36 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
121. 189] Le péril Ford (février 1928) a On a trop dit que notre époque est chaotique. Je crois bien, au contraire, que l’hi
122ement. Un certain ordre s’élabore, ou, pour mieux dire, une organisation générale de la vie mondiale. Toutes les forces du t
123st avec des outils qu’il joue encore à présent », dit‑il. Le plus mémorable événement de ces années de jeunesse, son « chem
124es de jeunesse, son « chemin de Damas » (comme il dit sans qu’on sache au juste quelle dose d’« humour » il met dans l’expr
125ilosophie de ceux qui n’en veulent pas Nous avons dit tout à l’heure quel fut le but de la vie de Ford, sa « grande et cons
126nce n’étant bien entendu qu’une cause accessoire. Dire que l’état du marché est tel que le client n’achète plus, cela signif
127maine, « retouché l’œuvre de la Création », comme dit Ferrero. Le bon peuple s’extasie. Il ne peut voir la duperie : ce jeu
128ges, n’est-ce pas charmant et prometteur ? Et que dire de cette admirable simplification : « Sur quoi repose la société ? Su
129ichesse qui en est le fruit. On ne saurait mieux dire. Mais il faudrait en tirer des conséquences, alors que Ford passe out
130 aux plus grands esprits de tous les temps. On me dira que Ford a mieux à faire que de philosopher. Je le veux. Mais si j’in
131réunies pour admirer mutuellement leur culture », dit Ford. Et tout est dit ! Le simplisme arrogant avec lequel, de nos jou
132utuellement leur culture », dit Ford. Et tout est dit ! Le simplisme arrogant avec lequel, de nos jours, on tranche les gra
133ltés de l’âme, inutilisées, s’atrophient. Pourvu, dit-on, que subsiste le peu de morale nécessaire aux affaires, tout ira b
134 201] 2° Accepter l’esprit, et ses conditions. Je dis que les êtres encore doués de quelque sensibilité spirituelle devienn
135parmi les jeunes gens, jusqu’au jour où, comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». Irréguliers aux yeux du
136nôtre ? « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon », dit l’Écriture. ⁂ [p. 202] Je ne pense pas qu’une attitude réactionnaire
37 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
137 un livre sympathique ; et il vaut la peine de le dire car la chose n’est pas si fréquente dans la production actuelle. On r
38 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
138leurs écrits. Aragon, qui a le sens de l’amour, a dit conséquemment beaucoup de choses vraies (belles). Il est même un des
139e l’amour, a dit conséquemment beaucoup de choses vraies (belles). Il est même un des très rares parmi les jeunes qui ait vrai
39 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
140 premier plan qui nous empêche de bouger », comme dit fort bien M. Breton. Mais à condition d’aller plus loin et de prendre
40 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
141ux fait preuve d’un art du détail où se révèle le vrai romancier. On serait parfois tenté de le rapprocher de Morand, mais i
41 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
142’auteur de ce récit se lie avec un inconnu qui se dit prince russe et entretient autour de sa vie le plus grand mystère. Ce
143entation pour tous les poètes. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui rabaiss
144r tous les poètes. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui rabaisse tout, peut
42 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
145 [p. 7] Avant-propos Le dire une bonne fois.   Il ne faut pas songer à décrire en 50 petites pages
146ses manches. Il s’apprête à cracher sur ce que je dirai de plus beau… Oh ! oh ! oh ! il va parler, de grâce mettez-lui les ma
147te amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots à dire. Dès qu’une voix s’élève pour mettre en doute l’excellence du princip
148ères Wright, et tout bêtement, c’est le cas de le dire : l’instruction publique.) Résumé : 1° On a le droit d’aller contre l
43 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
149égales d’ailleurs, dans un certain domaine, c’est vrai. (Il y a encore des poètes pour nous faire comprendre avec enthousias
150’est-à-dire que je me posais la question : est-ce vrai que tous les hommes doivent être égaux en tout ? Et la première répon
151 Et la première réponse fut : Il faut que ce soit vrai, pour que la démocratie prospère et étende ses conquêtes. C’était déc
44 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
152ion d’âge, non d’expérience vécue. Ce que je vais dire est sans doute injuste et faux dans un très grand nombre de cas, mais
153nd nombre de cas, mais pourquoi ai-je envie de le dire ? L’instituteur sous l’uniforme peut être défini par son incompréhens
154 élite responsable, cela se voit de loin. Il faut dire que ce ridicule n’échappe pas à ceux qu’ils méprisent le plus, et ils
155s aux finesses de l’ironie paysanne. Mais je n’en dirai pas plus, de peur de m’échauffer inutilement. Si l’on me poussait un
156essionnelle. J’en connais un qui avait coutume de dire à une classe de garçons de 10 à 11 ans : « J’ai bien su mater les qua
157oujours jaune.) Je n’ai ni le droit ni l’envie de dire du mal des petits-bourgeois. Ils sont au moins aussi sympathiques que
158oigné au même titre que certaines autres maladies dites « sociales ». Je reviendrai peut-être sur ce point. Pour l’instant je
159auté ni à l’utilité, et ils sont déjà démodés. On dit que le style 1880 n’en est pas un : mais l’absence de style est encor
45 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
160nes ont les yeux faibles. Il serait plus juste de dire que la passion n’a qu’une clairvoyance intéressée : mais celle-là est
161stement par cette psychologie de l’enfant dont je disais tout à l’heure que la connaissance n’est pas exigée de ceux qui établ
162gaz. Mais ils se fâchent tout rouge quand on leur dit que la Suisse est caractérisée, aux yeux de l’étranger impartial, par
163avec elles. On apprend plus de deux que de mille, dit un sage oriental dont j’ai oublié le nom. Une autre conséquence du ga
164 ce soit à aucun état social existant. Ce qui est vrai, c’est que le fait, absolument nouveau dans l’Histoire, que l’on obli
165us êtes, de ce fait, contre le régime. Il y a là, dirait M. Prudhomme, un bien grave dilemme.   p. 27 4. Ce ne sont pas
46 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
166illusion réformiste Bien entendu, tout cela a été dit. (Un peu autrement, j’en conviens). On n’a pas attendu ma colère pour
167mant : je siège ; un troisième lèvera la main, et dira : je lève la main, — au lieu de demander ce qu’on croit. Tout porte à
168oquent des programmes et dont les classes sont de vraies foires ; ils ont toute mon amitié. Cela me permet de leur faire [p. 3
169s à MM. les Inspecteurs des Écoles. Je le crains, dis-je ; car le monde ne progresse qu’à la faveur de malentendus (si tant
47 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
170l’une c’est faire pleurer l’autre. Écouter ce que dit l’une, c’est savoir ce que l’autre pense. Elles ne mourront qu’ensemb
171. Car dans ce monde-là « tout se paye » comme ils disent avec une satisfaction sordide et mal dissimulée. Certes je ne prétend
172faisaient — et je les excuse pour autant  10 . Je dis simplement ceci : leur œuvre n’a été possible que parce qu’elle était
173 députés pour célébrer les bienfaits sociaux, que dis-je, la valeur hautement moralisatrice de ces glapissants entonnoirs.
174 savent ce qu’ils font. Tout se tient, comme vous dites, sans doute pour m’ôter l’envie de bousculer quoi que ce soit. J’aime
175 douleurs de jeune bourgeois. Essayez de venir me dire ça chez moi, n’est-ce pas, mes agneaux. C’est justement dans la mesur
48 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
176oque ! On parle sans cesse de ses besoins. Il est vrai qu’elle est anormalement insatiable… Je [p. 48] crois qu’elle a surto
177st-à-dire de [p. 49] démoralisation — qu’on se le dise ! —, puissance de crétinisation lente, standardisation de toutes les
49 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
178oir obtenu un conformisme de la curiosité. Il est vrai qu’il ne fallait pas moins pour assurer la sécurité d’un régime établ
179ie peut se conserver des siècles encore… Or si je dis que l’École est contre le progrès, c’est que le progrès consiste à dé
180e vous ne manquerez [p. 52] cependant point de le dire, avec ce sens du cliché qui est un hommage à vos maîtres respectés. L
181Cette critique du fonctionnarisme, vous alliez le dire, est un ramassis de lieux communs. Mais il s’en faut, hélas, de beauc
182ous m’attendez à ce tournant et vous me sommez de dire comment, maintenant, je vais m’y prendre pour préparer les temps nouv
183, à un degré supérieur d’inconscience, si je puis dire. Alors ce sera au tour de l’instinct d’intégrer la raison. Je crois q
184l eût fallu certes une imagination prodigieuse au dit sujet pour se représenter même très vaguement notre actuelle civilisa
50 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
185 d’une nouvelle attitude de l’âme. Ceci revient à dire que seule une grande vague de l’imagination collective peut désensabl
186nous usons le plus clair de nos forces — le Poète dira un mot, ou bien fera un acte, et ces peuples de somnambules s’éveille
187s à votre mine stupidement rassurée que vous vous dites : c’est tout à fait moi ! — Détrompez-vous. Vous ne savez pas ce que
188 beugle longuement tout en le suivant. Que faire, diront les gens de bonne volonté dont mon imagination romantique suppose l’e
189r mépris pour l’instruction publique. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent à propos de n’importe quoi, comme on sait, et ils a
190semblance de petites réformes. Mais j’en ai assez dit pour éviter ce malentendu : je ne crois pas à la possibilité d’une ré
191 On croit devoir se défendre : on se moque. On me dit : [p. 62] vous ne voyez tout de même pas une classe de gamins répétan
192uxquelles on l’applique généralement. Ces gens-là diront que je veux [p. 63] militariser l’enseignement ou transformer les col
193connaissance. Je ne sais s’il est très exagéré de dire que tout homme gagnerait à posséder une plus grande puissance intelle
194ds imitent la blancheur éclatante de l’amour… Que dirons-nous ?… Par la force des choses et de l’Esprit, l’homme sera-t-il sau
195ue des personnes bien intentionnées viennent vous dire : « Mais Monsieur, M. Machin que vous attaquez est pourtant un très b
51 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
196 nous livrons, voilà tout, moi et les autres”, me disais-je parfois, et il y avait des moments où j’arrivais presque à me conv
197derrière d’un homme ou d’une femme quelconque, et disais “houu !” il ou elle se secouerait enfin, que moi aussi je me secouera
52 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
198nde un peu plus léger, un peu plus profond que le vrai, où l’Éloge de la folie nous entraînait naguère. Jean Cassou vagabond
53 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
199 dans un débat où les voix les mieux écoutées ont dit ce qu’elles avaient à dire. Et d’autre part, les lecteurs de cette re
200 les mieux écoutées ont dit ce qu’elles avaient à dire. Et d’autre part, les lecteurs de cette revue connaissent la thèse de
201oin… dans l’ordre moral ». Et quand cela serait ! dirons-nous, — avec le Benda qui ne trahit pas.) D’autre part, de plus imper
202bon à quelque chose, où rien plus n’est tenu pour vrai que relativement à un rendement. Rien, pas même la religion. p. 63
54 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
203ensible et légitime. 4. Je suis de sang-froid, je dis : Belles-Lettres est essentiellement une mystique. Mais parce que je
204 Mais parce que je suis de sang-froid, je ne puis dire grand-chose de plus. On ne se comprend bien qu’entre jeunes hommes iv
205plus large de ces mots.) (Mais je tiens à le leur dire ici : Les Anciens Bellettriens qui ont perdu toute foi ne connaîtront
55 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)
206 que cela n’a point stérilisé : sa nature, il est vrai, s’y prêtait, peu complexe et comme réduite à deux dimensions ; la co
56 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
207aignit de le perdre. — « Eh ! quoi, — vinrent lui dire ses amis, — l’orgueil t’aveugle-t-il ? Veux-tu conserver, ô cruel, de
208ns défendaient la Démocratie outragée, les autres disaient qu’il n’y a plus de morale, et ces jeunes gens ont une façon de tranc
57 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
209la même extension que l’humanité. On n’en saurait dire autant de notre raison. Les faits mystiques — qu’on les prenne en l’é
58 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
210ysages, que dans ses dessins, dont Kikou Yamata a dit ailleurs la précision curieusement nipponne. Quelle admirable maîtris
59 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
211de voyage au hasard et commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… …………………………………………………………………………………………………………… Le
212te angoisse. J’irai chercher moi-même, me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si ta
213 sur les traits de mes auditeurs. — Vous êtes, me dit-on, un amateur de troubles distingués. Peu de sens du réel. Mais nous
214omb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, disiez-vous, le tombeau du prophète Gül-Baba. Puis, comme le soleil se couch
215hemin du Rozsadomb. « Vous n’y verrez, m’avait-on dit, qu’une paire de babouches dans une mosquée vide que personne n’a plu
216ême qu’on impose une livrée. — « Je comprends, me dit-on. Vous êtes pour la fantaisie, c’est bien joli !… » — Non, Monsieur
217ous êtes déjà bien malade. Il perd le sentiment, disait-on, du temps que l’on parlait français. J'expliquais donc que je ne v
218éries d’heures de travail consacrées, si l’on ose dire, à assurer cette mastication. Mais je m’égare, laissons-là ces mouton
219re. C’est le faux merveilleux qui a discrédité le vrai, lequel est quotidien, circonspect, souvent microscopique, moralement
220les de ne le point apercevoir.) Je vais cependant dire quelque chose d’une scène pittoresque. Mais c’est une autre fois que
221rien, gênante comme un cadeau de pauvre, comme un vrai cadeau. Si le conteur ment, — pendant qu’il y est, il ferait mieux de
222’oublierai pas le sourire de ce vieux prince : un vrai sourire, adressé personnellement à l’homme, — et le mot « affable » r
223n cadeau de Dieu. (« C’est Dieu qui vous envoie » dit la formule traditionnelle.) La liqueur de pêche rend démonstratif, do
224t en scandale au monde moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’agence : les journalistes, une fois de plus,
225andeur, d’imaginations absurdes et de souffrances vraies, n’est-ce point le climat de la passion ? — C’est celui de la Hongrie
226a plus vieille capitale de la Hongrie. Attila, me dit-on, y régna. Aujourd’hui c’est la résidence du Prince Primat. Au-dess
60 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
227lon les lois d’une plastique exubérante. Quand je dis que j’observe, je n’observe rien. Il y a des femmes si belles qu’on e
228e drôleries ou de supplication. Je ne sais ce que disent les paroles. Je vois des chevauchées sous le soleil, des campements n
229 : nous entrons dans une ère égyptienne. Mais que dire des pouvoirs de la plaine qui s’agrandit pendant des heures ? — Ce qu
230, c’est de devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protest
231devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protestante ». Mais
232plissé, et cet abruti de contrôleur qui rit et me dit je ne sais quoi, — alors que justement j’allais rattraper, comme un p
233 Il s’agit toujours d’autre chose que de ce qu’on dit. (L’imprudence de penser dans l’insomnie ! Cela tourne tout de suite
234at d’âme et non pas une question de transport. Un vrai voyage, on ne sait jamais où cela mène, c’est une aventure qui relève
235des définitions)… pas de but. — C’est vous qui le dites ! — Vous, naturellement… (Encore un qui se réveille dans ma tête.) —
236grie de mes rêves, ma Hongrie intérieure ? Il est vrai que l’on connaît depuis toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les u
237s toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les uns disent qu’il faut connaître pour aimer ; les autres, aimer pour connaître, a
238minute et à d’autres semblables, en voyage, je me dis que c’est de là que j’ai tiré le sentiment d’absurdité foncière qu’il
61 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
239onteste dans une classe internationale — comme on dirait en style sportif — c’est l’aisance avec laquelle il aborde un Pater,
240respondante en profondeur. Il la possède. On peut dire de sa critique qu’elle pose le problème de l’homme dans sa totalité,
62 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
241le fantôme de l’Odéon qui m’accompagne et nous ne disons presque rien, nous savons les mêmes histoires et nous avons durant la
242 de politesse distante avec les personnes qui ont dit, ne fût-ce qu’une fois en leur vie : « J’ai horreur de la sentimental
243i donc en taxi, « nous deux le fantôme » comme on disait au village où je suis né, qui n’est pas ma patrie. Ce soir-là, le fan
63 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
244raternité désespérée » devant la mort. Tout cela, dira-t-on, compose une figure originale certes, mais à tel point que sa port
245 M. Malraux se fait de lui-même. Je suis tenté de dire : son moi idéal, celui auquel il donne sa plus profonde et intime adh
246us de quoi composer un semblable personnage, plus vrai que nous-mêmes parce que plus cohérent, plus représentatif et plus ac
64 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
247 qu’elle n’invente ou qu’elle ne stylise. On peut dire, avec plus de louange d’ailleurs que d’ironie, qu’elle touche à tout
248ux : J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie… — Où était placé notre mal ? dan
249c.), qui croient que le pire est toujours le plus vrai ; que la prose est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai
250est toujours le plus vrai ; que la prose est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai que le haut fait, la mesquiner
251 est plus vraie que la poésie, le petit fait plus vrai que le haut fait, la mesquinerie plus vraie que la grandeur. C’est sa
252t plus vrai que le haut fait, la mesquinerie plus vraie que la grandeur. C’est sans doute qu’on les a par trop dupés ; ils ne
253r toujours le « distingué » et le « conforme » au vrai. Mais n’est-il pas grand temps de dépasser une réaction de vulgarité
254ici la thèse marxiste, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle sent son xixe siècle. On peut lui faire un grief plus gr
255t y trouver leur liberté. [p. 187] Mais pourquoi dira-t-on, s’arrêter à ces cris d’une révolte égarée par la haine ? C’est qu
256ont on ne saurait prévoir les avatars. Tout cela, disons-le nettement, est d’une singulière incohérence. Et il est évident que
257ue, à l’endroit d’un philosophe caractérisé, nous dit-on, par « sa terreur sincère de la vérité qui menace ». Mais partout
258as comme un homme devrait vivre ». Mais alors, se dit-on souvent en lisant les critiques marxistes — et c’est ici le nœud d
65 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
259ril 1931) e C’est donc qu’il y en a ? avez-vous dit. Depuis le temps qu’on cherchait à nous faire croire qu’une origine p
260 la recherche du beau et le goût intransigeant du vrai, c’est le trait le plus évidemment « protestant » de l’art français.
261n plus que quiconque de principes définis — je ne dis pas de cadres — qui lui servent de thèmes dans ses variations, d’appu
262 », il n’y a pas de « sujets protestants ». Mais, dira-t-on, il y a tous les sujets chrétiens ! C’est bien là que nous voulion
66 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
263e, on pourrait résumer la pensée de Keyserling en disant qu’il oppose à l’idéal actuel d’assurances à tous les degrés — idéal
264itif, immédiat parce qu’éternel. Là où Keyserling dit seulement adaptation, nous ajoutons régénération ; et lorsqu’il dit s
265tation, nous ajoutons régénération ; et lorsqu’il dit spiritualité, nous pensons connaissance mystique. p. 287 f. « Co
67 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
266ez savoir comment cela s’applique à mon histoire, dit l’auteur dans sa préface, lisez-la, et si vous la lisez, ne dites pas
267ans sa préface, lisez-la, et si vous la lisez, ne dites pas à vos amis ce qui arrive avant qu’ils n’aient lu eux-mêmes le liv
268-mêmes le livre. J’espère que les critiques ne le diront pas non plus ; mais je sais que c’est beaucoup leur demander. » Eh bi
269 de multiples week-ends… » Il y aurait beaucoup à dire pour et contre le roman mondain — entendons mondain par le cadre et l
270plus pures que celles de la vie courante, on peut dire que les romans [p. 346] « mondains » de Baring ne manquent pas à cett
271orte à proprement parler de morale, malgré ce que dit l’auteur dans sa préface. Bien plutôt, elle est l’expression concrète
272t cela qui forme le sujet implicite, nous l’avons dit, de son œuvre romanesque. Et c’est par tout ce qu’elle contient d’ine
273en et vit dans un milieu catholique qui n’exerce, dit-elle, aucune pression sur ses convictions religieuses. Mais le mot co
274le-mère sont nettement antipathiques, mais ils ne disent rien, eux !) Comment Blanche ne se sentirait-elle pas attirée par la
275e adhésion à ce qui lui semble être la vérité. Sa vraie conversion a lieu beaucoup plus tard, lorsqu’elle trouve, à force de
276nche se souvint que Lady Mount-Stratton lui avait dit presque la même chose dans le Podere à Florence. — Je sens, il est vr
277hose dans le Podere à Florence. — Je sens, il est vrai, que j’ai commis des erreurs irréparables. — Vous avez le droit de vo
278e pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles Du Bos « cette tristesse par-delà la tristesse que Baring exc
68 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
279re, en France tout au moins, — du plus actuel, je dirais même du plus urgent de tous. Soeren Kierkegaard naquit à Copenhague e
280, se demande-t-il ? Les prêtres sont-ils, dans le vrai sens du mot, les successeurs du Christ ? Ne sont-ils pas plutôt des f
69 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
281 c’est surtout le fond des vallées, — si l’on ose dire, — où il fait vivre d’imaginaires bons sauvages. Et pour la grande ma
70 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
2823] Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931) j Dire de ce livre qu’il ne ressemble à rien serait une louange trop littéra
283gences véritables et sans grandeur. Peut-être, se dit-on en le fermant, est-il réellement impossible à une âme chrétienne d
284st qu’un de ces meneurs écrive un livre pour nous dire comment il voit le peuple, comment il l’aime, et quel est le secret d
285s, en plein accord avec son expérience intime (je dirais même sentimentale), et avec sa foi chrétienne. Il peut livrer sans cr
286mplicité, il parvient à être si émouvant. On peut dire que dans ces deux gros volumes si nourris, il n’y a pas deux lignes d
287et de descriptions des lieux où ils vivent. C’est dire que l’œuvre mérite l’effort d’attention soutenue que plusieurs chapit
288osophie. Il entendait une voix intérieure qui lui disait : « Si tu te mêles de ces affaires, tu ne seras toi-même, à la fin, p
289. » Mais au même moment une autre voix intérieure disait : « La bonté est le sel de la vie. L’organisme social demande des sac
290 n’est par une révolution ? Je vous demande de me dire clairement votre pensée à ce sujet. Eiichi se taisait. Une minute, de
291 se taisait, car il savait qu’il était inutile de dire quoi que ce soit à cet homme en colère. Trois, quatre, cinq minutes s
292usqu’au bout des doigts. Il eut été impossible de dire lequel des deux était le juge de l’autre. Eiichi est provisoirement
293sentait graduellement attiré par le Christ. Il se disait que ce n’était pas dans la mer qu’il fallait se jeter, mais dans les
71 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
294elligence sera de son côté. — « Causons un peu », dit le serpent… ⁂ Divers, recueil d’aphorismes, de « caractères » et de
295et. Que Gide ne soit pas si « mauvais » qu’on l’a dit, — ou qu’il a bien voulu s’en donner l’air — je suis prêt à le concéd
296it pas supporter qu’on l’engage. Mais qu’est-ce à dire lorsqu’on comprend que, non satisfait de s’y complaire, il croit y dé
297croit y découvrir son originalité, ou comme il le dit : son « paysage intérieur ». « Je puis dire que ce n’est pas à moi-mê
298 il le dit : son « paysage intérieur ». « Je puis dire que ce n’est pas à moi-même que je m’intéresse, mais au conflit de ce
299ence de sa « réforme » et de sa nouveauté. Luther disait : « Je ne puis autrement. » Gide, lui, se préoccupe sans cesse de fai
300amment mesuré, conscient, exquis, mais, pour tout dire, complaisant et sans vénération. Complaisant à sa propre modestie. Et
72 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
301s romans est un indice révélateur, car quoi qu’on dise de la différence entre la vie et le roman, la composition de celui-ci
73 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
302ôt incomplet et coupable. Il est donc possible de dire que le péché est la mesure du démesuré, et que pour le chrétien il n’
303 de tout son être spirituel des faits nouveaux et vrais, dans un certain style. Car il n’est point de vérité sans forme. Quel
304 certaine clarté dispense le lecteur. On pourrait dire aussi que l’indiscret est celui qui se préoccupe de défendre plutôt q
305et parfois tourne en sournoise malice. On ne peut dire précisément de Kassner qu’il réfute ses adversaires — Freud en partic
74 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
306r, fût-ce à l’aide d’un seul exemple. L’Allemand, dit-on, est brutal ; le Français malin. Deux traits de caractère dont les
307 de sa validité, la preuve d’humanité pourrait-on dire. (On appelle inhumain l’être qui ne sent rien.) Selon l’autre, elle i
308éité, est à son tour plus audacieux, et pour tout dire, plus chrétien que le monde de l’Europe centrale. L’intelligence es
309ur origine dans un perpétuel et anxieux besoin de dire les choses, comme pour s’en assurer à la fois et s’en délecter 3 . À
310sens est bien l’anti-allemand, ou encore comme le disait Curtius, le premier classique allemand. Bien plus que Nietzsche, type
311’avait jamais vus, l’orage s’amassait. Ma mère me dit : « Il va y avoir une averse. Cours à la rencontre de ton père et don
75 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
312e responsable de ma déception, sinon moi-même, me dis-je bientôt. Car je professe qu’un désir vraiment pur parvient toujour
313éra, Gérard de Nerval et moi, sans nous être rien dit d’autre, comme des amis qui se connaissent depuis si longtemps [p. 38
314ux homard enrubanné. « Cela vexe les Viennois, me dit-il, parce qu’ils y voient une façon de me moquer de leurs petits chie
315as trop s’amuser. Ceci du moins n’a guère changé, dis-je, songeant aux Amours de Vienne. Certes, répondit Gérard, malgré le
316e et par attitude, des gens fatigués. — Pour moi, dit Gérard, je situe l’amour dans un monde où la question fidélité ou inc
317 Mais je bavarde, je philosophe, et vous allez me dire que c’est trop facile pour un homme retiré du monde depuis si longtem
318’est que de prendre des femmes au hasard, [p. 42] disait-il. Je sens très bien que nous allons nous ennuyer terriblement. Du m
319 ces lieux de plaisir — autre façon de parler. On dit que j’ai vécu d’illusions, avouez que les miennes étaient de meilleur
320 de distributeurs automatiques de plaisir. Autant dire que ceux qui les fréquentent ne savent plus ce que c’est que le plais
321uet, et n’en buvait pas moins. « Pourquoi vous ne dites rien ? » fit-elle d’un ton de reproche, évidemment scandalisée par ce
322regarda avec une certaine pitié : « Chère enfant, dit-il doucement, pauvre colombe dépareillée, vous n’avez pas de ressembl
323. « Encore une proie inutile lâchée pour l’ombre, dit Gérard d’un ton rêveur et malicieux. Mais [p. 45] l’ombre de cette vi
324 ils ne sont que reflets, épisodes, symboles : le vrai drame de son destin est ailleurs. Il se met alors à m’expliquer des s
325 en pleine barbarie spirituelle. Il plaisante. Il dit que sa vie ressemble surtout à un film où les épisodes s’appellent pa
326t par transparence l’un au travers de l’autre. Il dit : « Pour celui qui saisit les correspondances, chaque geste, chaque m
327autos s’appelaient dans la nuit froide. Gérard ne disait presque plus rien 5 à peine, de temps en temps, s’il parlait à voix b
76 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
328s en lamé qui sont presque des dames, et aussi de vrais messieurs et de vraies dames : ils montent et descendent de toutes pa
329sque des dames, et aussi de vrais messieurs et de vraies dames : ils montent et descendent de toutes parts, du haut des grands
330squ’au petit salon où il y a deux Bellini. Et que dire des portraits, des valets immobiles, des portes dissimulées derrière
331’un nouveau riche ; ailleurs on les imite. Il est vrai que voici enfin des Autrichiens pur sang ; moi qui prétendais l’autre
332ue, parce qu’il n’y est pas avoué. — Ce que je me dis là, c’est un truisme. Truisme a l’air d’être le nom d’une de ces sirè
333e éperdu des ballerines est émouvant, masque plus vrai que leurs visages.) On éteint. Et c’est alors, d’un balcon qui domine
334ente confiance qui était tout ce qu’on ne pouvait dire, — qui était, dans un suprême délice de libération, une prière pour q
335s longs rayons, ils ont encore des lèvres pour me dire une phrase à l’oreille, de leur voix trop naturelle, voix de jour. Pa
336mal de bonheur, mais laide !… ah ! magnifique ! » dit quelqu’un près de moi. Ma tête cède, vient contre la colonne, paupièr
337ure assourdissante du monde : je vois une lumière vraie, chaude et triomphante, et des vaisseaux qui ramènent Iseut dans le s
77 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
338 d’un voyage au hasard commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… Le monde renaît dans des accords. Une mélodi
339te angoisse. J’irai chercher moi-même, me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si ta
340z nous ? » (En Hongrie, à 30 heures d’express, on dit « jusque chez nous », ce qu’on ne dit pas en Amérique.) Grands dieux 
341express, on dit « jusque chez nous », ce qu’on ne dit pas en Amérique.) Grands dieux ! je le vois bien, à tout prix il vous
342 sur les traits de mes auditeurs. — Vous êtes, me dit-on, un amateur de troubles distingués. Peu de sens du réel. Mais nous
343omb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, disiez-vous, le tombeau du prophète Gül-Baba. Puis, comme le soleil se couch
344hemin du Rozsadomb. « Vous n’y verrez, m’avait-on dit, qu’une [p. 71] paire de babouches dans une mosquée vide que personne
345ême qu’on impose une livrée. — « Je comprends, me dit-on. Vous êtes pour la fantaisie, c’est bien joli ! » — Non, Monsieur,
346ous êtes déjà bien malade. Il perd le sentiment, disait-on, du temps que l’on parlait français. [p. 75] J’expliquais donc qu
347éries d’heures de travail consacrées, si l’on ose dire, à assurer cette mastication. Mais je m’égare, laissons-là ces mouton
348ie. C’est le faux merveilleux qui a discrédité le vrai, lequel est quotidien, circonspect, souvent microscopique, moralement
349les de ne le point apercevoir.) Je vais cependant dire quelque chose d’une scène pittoresque. Mais c’est une autre fois que
350rien, gênante comme un cadeau de pauvre, comme un vrai cadeau. Si le conteur ment, — pendant qu’il y est, il ferait mieux de
351ai [p. 82] pas le sourire de ce vieux prince : un vrai sourire, adressé personnellement à l’homme, — et le mot « affable » r
352 cadeau de Dieu. (« C’est Dieu qui vous envoie », dit la formule traditionnelle.) La liqueur de pêche rend démonstratif, do
353ndale au monde [p. 86] moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’agence : les journalistes, une fois de plus,
354andeur, d’imaginations absurdes et de souffrances vraies, n’est-ce point le climat de la passion ? — C’est celui de la Hongrie
355a plus vieille capitale de la Hongrie. Attila, me dit-on, y régna. Aujourd’hui c’est la résidence du Prince Primat. Au-dess
356lon les lois d’une plastique exubérante. Quand je dis que j’observe, je n’observe rien. Il y a des femmes si belles qu’on e
357e drôleries ou de supplication. Je ne sais ce que disent les paroles. Je vois des chevauchées sous le soleil, des campements n
358 : nous entrons dans une ère égyptienne. Mais que dire des pouvoirs de la plaine qui [p. 102] s’agrandit pendant des heures 
359, c’est de devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protest
360devenir une grande personne. On me l’a dit, c’est vrai : cette ville historique est aussi l’autre « Rome protestante ». Mais
361plissé, et cet abruti de contrôleur qui rit et me dit je ne sais quoi, — alors que justement j’allais rattraper, comme un p
362 Il s’agit toujours d’autre chose que de ce qu’on dit. [p. 109] (L’imprudence que de penser dans l’insomnie ! Cela tourne
363at d’âme et non pas une question de transport. Un vrai voyage, on ne sait jamais où cela mène, c’est une aventure qui relève
364des définitions)… pas de but. — C’est vous qui le dites ! — Vous, naturellement… (Encore un qui se réveille dans ma tête.) — 
365grie de mes rêves, ma Hongrie intérieure ? Il est vrai que l’on connaît depuis toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les u
366s toujours ce qu’une fois l’on aimera. Et les uns disent qu’il faut connaître pour aimer ; les autres, aimer pour connaître. D
367minute et à d’autres semblables, en voyage, je me dis que c’est de là que j’ai tiré le sentiment d’absurdité foncière qu’il
78 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
368re que le lieu de sa poésie, — d’une poésie, l’on dirait, qui ne connaît pas son auteur. Qui parle par sa bouche ? Il règne da
3690] par quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! To
79 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
370es de la bourgeoisie. Quant au chien, de l’espèce dite « Schnautzer », il montre un poil de couleur neutre, et quelque bienv
371 chambre, « pour que vous ayez une compagnie ! », dit sa mère, avec un clin d’œil. C’est une jolie fille [p. 136] potelée,
372’étouffait tout bruit. « Ô crépuscule adolescent, disais-je, chasseur au cœur battant, que poursuis-tu dans le mystère des oré
373frémissement des hautes branches. L’architecture, dit Goethe, est une musique glacée. Mais l’arborescence est une musique v
374rement en substance grise qui n’eussent pas mieux dit cela, — mauvais signe. J’ai pourtant dans la tête et dans la peau tou
375re je voudrais que l’on joue sur ma tombe : Schon die Abendglocken klangen et ensuite : Heil’ge Nacht, oh giesse du ! »
376! » — « À ma fenêtre ? Je ne m’en souviens pas », dis-je, mentant. Une grosse averse d’orage nous a fait fuir sous la tonne
377lire les Affinités « sans y rien voir », comme on dit 17 . Mais lorsqu’on « voit » soudain — quelle prise ! Et combien j’ai
378 regarde avec des yeux écarquillés. « Maintenant, dit-il (et l’on sent qu’il pense : maintenant que nous avons clos cette j
379 1929 Rencontre avec la jeune fille tzigane. Le dirai-je ici comme un rêve ? ou comme quelque chose de bien vrai et qui s’e
380ci comme un rêve ? ou comme quelque chose de bien vrai et qui s’est passé cette nuit ? Plusieurs choses sont douces au désir
381nous nous sommes regardés sans fin. (Ah ! comment dire ! Vraiment ce fut cette nuit.) Un vent léger écartait une branche et
80 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.3. Châteaux en Prusse
382teau, salmigondis de styles, résume, si l’on peut dire, une enquête que poursuivit son constructeur parmi toutes les demeure
383de l’égarement des esprits au siècle dernier. Qui dit style d’abord dit sacrifice à une vue de l’esprit. Qui dit confort d’
384 esprits au siècle dernier. Qui dit style d’abord dit sacrifice à une vue de l’esprit. Qui dit confort d’abord dit refus de
385 d’abord dit sacrifice à une vue de l’esprit. Qui dit confort d’abord dit refus de tout style. Cette maison qui offre les [
386ce à une vue de l’esprit. Qui dit confort d’abord dit refus de tout style. Cette maison qui offre les [p. 176] commodités d
387 fictif de la responsabilité. Nous développons au vrai un hamlétisme. Notre préparation à l’autonomie de l’individu demeure
388à deux, l’arme en ballant, durant des heures sans dire un mot, — car il ne fallait pas effrayer le gibier sensible au moindr
389ne expression méprisable de gêne et de morgue. Et dire que ce sont ces gens-là, — cette tourbe, — qui se permettent de juger
390qui se permettent de juger la noblesse terrienne. Dire que ce sont ces bourgeois-là, bassement incapables de brutalité ou d’
391es et de provocantes civilités, qui viennent vous dire, entre deux bridges, que les « terreux » sont démodés. Bien joli quan
392l n’y a d’aristocratie qu’inévitable. On pourrait dire : de droit divin, c’est encore à dire : du droit des choses telles qu
393On pourrait dire : de droit divin, c’est encore à dire : du droit des choses telles que Dieu les a créées. Aristocratie de l
394aysans qui s’inclinent sans contrainte. Est-ce là dire que le « retour » à tel état soit souhaitable ? La question me paraît
81 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.4. Le balcon sur l’eau
395r ou l’éternité qui ouvre la [p. 191] bouche pour dire quelque chose, écoute, attends… Peut-être que déjà la parole fut dite
396écoute, attends… Peut-être que déjà la parole fut dite et reçue quelque part en nous-mêmes, dans la brume où nous sommes per
82 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
397sie, et la France c’est la Chambre des Députés », disait un amoureux de la France. Quand vous prenez un taxi passé onze heures
398le fantôme de l’Odéon qui m’accompagne et nous ne disons presque rien, nous savons les mêmes histoires et nous avons durant la
399 politesse distante avec les personnes qui ont pu dire, ne fut-ce qu’une fois en leur vie : « J’ai horreur de la sentimental
83 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
400traité en profondeur, — roman-plongée pourrait-on dire — d’une sourde et hautaine gravité, apparaît comme le premier chef-d’
401les-ci comme leur accusation perpétuelle ? Car la vraie question qu’elles posent, chrétiennement, c’est de savoir si nous les
402t de savoir si nous les méritons encore. Comme le disait un homme d’esprit, plus l’ancêtre dont on se réclame est éloigné, moi
403res « bien protestants ». Je serais même tenté de dire, forçant un peu ma thèse, que ces traits négatifs, alliés à d’évident
404qui vont aux produits déviés de notre foi. Il est vrai que ceux-ci sont souvent les plus éclatants. Car un système politique
405dans le détail une accusation que certains, déjà, disent banale, pour lui ôter sa force, je le crains. ⁂ Le puritanisme, expre
406e. Car il est certains cas où celui qui craint de dire toute la vérité n’exprime par là rien d’autre que sa méfiance vis-à-v
407« selon l’immensité de sa grandeur » comme il est dit au dernier psaume. p. 56 m. « Romanciers protestants », Foi et
84 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
408t une de ces « questions au christianisme » comme dit Barth, une de ces questions qui nous sont posées comme autant d’accus
409 mais plutôt pour en faire sentir l’acuité. Mais, dira-t-on d’emblée, le simple fait qu’une équivoque si grave subsiste et par
410 Seigneur et Jésus son fils bien-aimé. C’est vous dire que j’ai acquis plus de raison et d’expérience : la crainte du Seigne
411affirmations nettement immanentistes, ou comme on disait alors, panthéistes. Source de malentendus perpétuellement renaissants
412 communauté de la foi chrétienne l’homme qui a pu dire qu’il s’inclinait devant le Christ comme devant la « révélation divin
413d elle juge le monde séparé de Dieu. Il n’est pas vrai de dire qu’un monde séparé de Dieu doit ou peut être envisagé comme u
414uge le monde séparé de Dieu. Il n’est pas vrai de dire qu’un monde séparé de Dieu doit ou peut être envisagé comme un monde
85 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
415ond : christianisme ou marxisme. Ce qui revient à dire que seuls les chrétiens, en tant que chrétiens, non pas en tant que b
416: péril de gauche et péril de droite, pourrait-on dire, afin de simplifier. M. Thierry Maulnier vient de réunir en volume un
417ns son livre montre un esprit averti [p. 480] des vraies valeurs de ce temps. Il réfute MM. Berl et Guéhenno, sur la question
418gativisme m’apparaît caractéristique de la pensée dite « de droite », et c’est par là surtout que M. Thierry Maulnier révèle
419ieuses, sont donc abstraites. Il ne suffit pas de dire à ses contemporains qu’ils ont tort de penser ceci ou cela avec passi
420de se borner à sa défense ; de ne pas voir que la vraie défense, c’est l’attaque. Nous avons moins besoin d’idées justes que
421 sont retournées ici. La philosophie présente qui dit et croit qu’elle se déroule au profit de l’homme, est-elle dirigée ré
422aractérisée par son refus d’aborder les questions dites vulgaires, qui conduiraient à des conclusions dangereuses pour l’ordr
423d’immanence, de contingence, et l’on ne voit pas, dit M. Nizan, « comment ces produits tératologiques de la méditation pour
424ne tombe pas sous le coup de leurs techniques. On dira sans doute que l’auteur exagère quand il dénonce le péril d’une pensé
425lle et dépourvue d’intérêt humain concret. On lui dira que ce n’est pas si grave, que le monde n’est plus mené par les philo
426érents à l’être concret. Seul l’Évangile, — je ne dis pas les religions, ni leurs morales, ni leurs prêtres, ni tout leur a
86 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
427-Paul par l’actualité (peut-être même faudrait-il dire : par la nécessité) la plus brûlante : Américains et Allemands chez n
428éciales décrites par Léon Bloy. Joli monde, comme disent les échotiers. Remercions Candide d’avoir poussé les choses assez loi
87 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
429s l’état où se trouve la France en 1932. Est-ce à dire qu’il faille entreprendre une description méthodique des circonstance
430déduits par voie de faits — si l’on peut [p. 300] dire — des mêmes principes. Sangnier devait relever l’anomalie : Briand me
431 feraient volontiers tuer. Jean-Richard Bloch l’a dit à la barre des témoins : Martin fait dans la paix ce que firent à la
432 « Nous avons proposé un maître à ce jeune homme, dit le pasteur Cooreman. C’était le Christ. Martin est coupable de l’avoi
88 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Hic et nunc [éditorial] (novembre 1932)
433ste — hic et nunc — un certain nombre de choses à dire, un certain ordre de vérités qu’il n’est plus possible de taire. Mais
434 ce lieu : ce lieu de témoignage où puissent être dites avec tout le sérieux, toute l’ironie, toute la décence, toute la viol
435des vérités actuelles, personnelles, dangereuses. Dites à nous-mêmes, d’abord ; à tous ceux qui voudront les entendre ; à ceu
436 ; en face d’une pensée religieuse qui, pour tout dire, trahit sa mission de scandale, et tente lâchement de réduire le divi
437d’espérance, car ce n’est pas aux hommes que nous disons : nous voici. p. 1 a. « Hic et nunc », Hic et Nunc, Paris, n° 1,
89 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
438le signe même de notre condition. Et lorsque nous disons le « monde-chrétien », nous exprimons par ces deux mots l’antinomie h
439— faussement appelée esthétique, qui consistait à dire : comme elles sont bien peintes ! (ou mal). — Pauvre type ! Peut-être
90 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
440Ce n’est pas un art d’après le peuple 4 , mais on dirait presque : d’avant. Il n’est pas jusqu’à son Antiquité qui ne coïncide
441fficace des choses les plus simples. Mais il faut dire maintenant l’actualité tout à fait singulière d’un tel livre. Il y a
442perpétuel — et la Fin du Monde est l’un d’eux. Un vrai mythe, c’est-à-dire un événement perpétuellement possible, qui reçoit
443e ces Signes. Aussi serait-il bien insuffisant de dire d’une telle œuvre, datée de 1919 et reparue en un temps de crise, qu’
444lle : c’est en quelque sorte le contraire qui est vrai ; c’est notre temps qui revêt une actualité 7 et une réalité véritab
91 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
445] Le silence de Goethe (mars 1932) d « L’homme, dit Goethe, ne reconnaît et n’apprécie que ce qu’il est lui-même en état
446es vies, à leur équation d’existence, pourrait-on dire. Or c’est, chez l’un comme chez l’autre, une révolution profonde de l
447 quelques essais d’alchimie. Coquetteries, a-t-on dit, — mais il n’est point de sentiments intermédiaires qui ne conduisent
448rmes d’existence que la Nature se voit pour ainsi dire contrainte d’assigner à l’homme actif 8 , l’on découvre que c’est la
449ement dès lors est fatal. « Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un
450e passage fameux de la Saison : « moi qui me suis dit mage ou ange… » rappelle étrangement ces vers du Premier Faust que l’
451ère, et les yeux, entre cette bouche et ce front, disent d’un sobre et méditant regard le mot suprême de la Saison, ce cri sou
452n fait de notre vie ne vaut pas en tant qu’il est vrai, mais en tant qu’il signifie quelque chose… Il est bien rare que l’on
453 redevient notre seul critère de cohérence. C’est dire que nous demandons aux œuvres que nous aimons de témoigner d’une cert
92 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling (juillet 1932)
454 sont fermés à toute poésie à l’état sauvage — la vraie. p. 149 f. « Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling. Tradu
93 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
455aire. Une simple question de vocabulaire comme on dit, — lorsqu’on se soucie peu de savoir ce qu’on dit. p. 442 g. «
456dit, — lorsqu’on se soucie peu de savoir ce qu’on dit. p. 442 g. « Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (Les
94 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
457i sourds qu’ils ne s’irritent de nos cris. Il est vrai que certains, au lendemain de la guerre, ont trop souvent crié au lou
458tent Marx : une « utopie » sans doute, — du moins vraie celle-là.   Les témoignages qu’on a pu lire plus haut définissent deu
459de marcher. Nous jouerons tout sur une révolution vraie. Les catastrophes sont proches. Nous ne sommes plus [p. 841] les seul
460ches. Nous ne sommes plus [p. 841] les seuls à le dire. Beaucoup de capitalistes l’ont si bien compris qu’on peut les voir d
461 la mort 19 . Mais la coefficience de deux termes vrais, et assumés comme tels, c’est la personne. L’opposition de Proudhon e
462 22 . Proposition antirévolutionnaire, il faut le dire, et niée par les faits dont elle se réclame implicitement, Lénine réu
463ons de membres sévèrement contrôlés. « Mais, nous dit-on, les constructions d’un Lénine n’étaient pas songes, elles s’appuy
464re : jusqu’à ce point où le marxisme, révélant sa vraie nature, apparaît comme un cas privilégié de la folie capitaliste-maté
465nt, l’enjeu de la révolution nouvelle. Ici, je ne dirai plus nous, mais je. À la question « Prenez-vous au sérieux vos idées,
466il n’est de pardon que pour celui qui agit. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous ret
95 1932, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La pluie et le beau temps (Dialogue dans une tête) (1932)
467 reste, cela me rend plus jolie, quelqu’un me l’a dit hier encore, vous ne saurez pas qui. Lord Artur. — Ravissante Sonnet
468serait sage, si seulement vous saviez ce que vous dites. Mais, en vérité, que signifient pour vous le beau temps et la pluie 
469x les herbes mouillées. [p. 58] Lord Artur. — On dit souvent des femmes qu’elles sont naturellement païennes. Mais les peu
470n ce lieu la demeure de tes pensées. Ainsi, nous dit la Fable, fit Myscille, habitant d’Argos. N’ayant pu débrouiller le s
471 pu débrouiller le sens de l’Oracle qui lui avait dit d’aller bâtir une ville là où il trouverait la pluie et le beau temps
472— J’aime vos histoires, Lord Artur. (Un temps.) — Dites-moi, Lord Artur, si je pleurais, quel temps ferait-il pour vous ? Lo
96 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
473u’elle vient lourdement [p. 910] buter. On a tout dit pour la rendormir, mais en vain : elle s’est fait mal, et la douleur
474urquoi il y a un imposteur dans tout homme qui se dit chrétien. (Je ne dis pas cela d’un point de vue antichrétien.) Mais c
475steur dans tout homme qui se dit chrétien. (Je ne dis pas cela d’un point de vue antichrétien.) Mais c’est aussi pourquoi,
476oir ! — Toi qui t’assieds sur les hauteurs et qui dis en toi-même : Qui me précipitera jusqu’à terre ? — Quand tu placerais
477 ton nid parmi les étoiles, je t’en précipiterai, dit l’Éternel… Car le jour de l’Éternel est proche pour toutes les nation
478» : 50 000 francs. Ah ! qu’un Sans-Dieu vienne me dire : je ne crois pas à vos paroles, chrétiens menteurs ! — et je lui rép
479s encore plus sceptique que toi… Tu ne crois pas, dis-tu à ces docteurs, mais pourquoi les crois-tu soudain, quand ils se d
480te à l’attaque du désordre. « On voit maintenant, dit Kierkegaard 7 , toute l’extraordinaire sottise (s’il faut lui laisser
481avenir. L’office de l’Église est en tout temps de dire au monde : Tu ne dois pas ! Mais c’est à la foi seule de me dire : Tu
482 Tu ne dois pas ! Mais c’est à la foi seule de me dire : Tu dois ! En son nom je ne puis engager que moi-même, hic et nunc.
97 1933, Esprit, articles (1932–1962). Protestants (mars 1933)
483Fried déclarait récemment dans l’importante revue die Tat, dont il exprime en général la pensée directrice, que la seule do
98 1933, Esprit, articles (1932–1962). Loisir ou temps vide ? (juillet 1933)
484sère : une misère qui nous rabat au sol. L’homme dit « j’agis », et il trouve dans l’acte sa mesure, son rythme et sa joie
485dominer ses moyens. Selon sa loi. Mais le moderne dit : « Je gagne » ou « je produis », ou bien « Je chôme », et ce sont au
486de la condamnation portée sur notre race. On peut dire que nous en remettons. [p. 605] Fausse dignité du travail Les néces
487ité nouvelle. La dignité de l’homme consisterait, dit-on, dans le travail qu’il fournit pour « gagner sa vie », pour assure
488iliser les effets du travail. Mais nous savons le vrai nom du « temps vuide » et c’est chômage. Tout le mal est venu d’une s
489que le « temps vuide » de l’Encyclopédie n’est au vrai qu’un temps vidé, irréel renversement d’un temps rempli, d’un travail
490e. Nous penserons avec des mains créatrices. Nous dirons : le but du travail, ce n’est pas le loisir, mais la création. Et le
491ce rouleau un crabe ». — « Il me faut vingt ans » dit le peintre. Et pendant vingt ans, l’Empereur subvient à l’existence d
492e constructive est d’abord d’ordre spirituel. Qui dit précédence dit primauté. 2° que dans l’ordre, immédiatement consécuti
493est d’abord d’ordre spirituel. Qui dit précédence dit primauté. 2° que dans l’ordre, immédiatement consécutif, des institut
99 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Solutions pratiques ? (mars 1933)
494sence d’une question, c’est tout simplement de se dire : cette question est justifiée par le fait même qu’elle a surgi à l’o
495es ordres sont pratiques, ou ils ne sont rien. On dirait, à entendre parler certains chrétiens, que la foi est une espèce d’in
496que la foi, précisément, c’est cette force qui me dit : « Tu dois, ici et maintenant. » — Mieux vaudrait cent mille fois s’
497raiment prier de toute sa pauvreté, plutôt que de dire, comme certains : « J’ai la foi, mais dites-moi ce qu’il faut que j’e
498que de dire, comme certains : « J’ai la foi, mais dites-moi ce qu’il faut que j’en fasse ? » Car, où la foi existe, existe le
499tère ou du scandale ? Non, je ne le crois pas. Je dirai qu’ils ont mieux que cela, Ils savent simplement ce qu’il faut faire
500éraux, n’étant pas autre chose qu’un ordre qui me dit, à tel endroit précis du temps et de l’espace : voici ce que tu dois
501risseurs, mais des malades Doctrine désespérante, dites-vous. Oui, et plus encore que vous ne l’imaginez peut-être, car si vo
100 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Dialectique des fins dernières (juillet 1933)
502immanente à toute solution humaine. Cette sagesse dit oui à toutes les contradictions du monde. Elle les assume dans une vu
503n’y a plus qu’à compter un, deux, trois, comme le dit Kierkegaard dans La Répétition. Qu’il y ait une virtu dans l’acceptat
504ompte suffisant de l’ensemble du monde. Ce serait dire qu’elle constitue finalement la solution au nom de quoi l’on refuse t
505t précis, intervient la critique barthienne. Nous disons « la critique » au sens le plus littéral de ce mot : l’accusation qui
506 toutes humaines qui trahissent une vanité, et la vraie joie n’est pas avec ceux qui nous parlent de la « tristesse » du mess
507a vérité vivante, le contenu [p. 99] décisif d’un vrai discours sur Dieu. Mais comment établir le rapport nécessaire de ces
508ux aspects de la vérité à leur centre vivant ? Le vrai dialecticien sait que ce centre ne peut être ni appréhendé, ni contem
509ute que notre perpétuel refus de l’éternité. Dieu dit oui : l’homme comprend non, se découvrant soudain plongé dans la néga
510e, nous revenions au schéma hégélien, il faudrait dire qu’ici la synthèse précède et seule provoque l’antithèse, dont le sen
511ge tous nos mots. Je voudrais simplement en avoir dit assez pour qu’il soit inutile d’insister davantage sur ce fait : nos
512dont toutes les deux procèdent ? Langage affreux, dira-t-on non sans raison. Traduisez-nous un peu tout cela dans notre parler
513n peu tout cela dans notre parler quotidien. Nous dirons donc : Dieu premier et dernier, et ensuite seulement notre recherche,
514 notre recherche, mais en même temps, si elle est vraie, notre salut. Et c’est Pascal, traduisant Augustin : « Tu ne Me cherc