1 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Alexandre, par Klaus Mann (septembre 1932)
1 [p. 477] Alexandre, par Klaus Mann (septembre 1932) h Ce n’est pas pour l’amour du lau
2 ami Clitus, poète abstrait à la mode de 1920, qu’Alexandre a conquis le monde. Le défaut de ce point de vue, c’est qu’il n’étonn
3de vue, c’est qu’il n’étonnera personne, alors qu’Alexandre est tout de même un phénomène assez bouleversant. Klaus Mann a racont
2 1934, Le Semeur, articles (1933–1949). Sur la méthode de M. Goguel (novembre 1934)
4ons ? Prenons, à peu près au hasard, l’exemple de Marc, chapitre 16. De ce que l’ange qui apparaît au tombeau vide rassure l
3 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
5st le Prologue. Quelques années plus tard, le roi Marc décide d’épouser la femme dont un oiseau lui apporta un cheveu d’or.
6bain. Alors, il lui révèle la mission dont le roi Marc l’a chargé. Et Iseut lui fait grâce, car elle veut être reine. (Selon
7ristan et la princesse voguent vers les terres de Marc. En haute mer, le vent tombe, la chaleur est pesante. Ils ont soif. L
8ion qu’il a reçue du roi. Il conduit donc Iseut à Marc, malgré leur trahison. Brangien, substituée à Iseut par ruse, passera
9’une nouvelle ruse (scène du verger), il convainc Marc de son innocence et revient à la cour. Le nain Frocine, complice des
10ine, il sème de la « fleur de blé ». Tristan, que Marc a chargé d’une nouvelle mission, veut rejoindre une dernière fois son
11 qu’il a reçue à la jambe se rouvre par l’effort. Marc et les barons, alertés par le nain, font irruption dans le dortoir. I
12 ils y mènent une vie « aspre et dure ». Un jour, Marc les surprend endormis. Mais il se trouve que Tristan a déposé entre l
13quel Tristan offre au roi de lui rendre sa femme. Marc promet son pardon. Les amants se séparent à l’approche du cortège roy
14er dans le pays jusqu’à ce qu’il soit certain que Marc la traite bien. Puis, par une dernière ruse féminine, exploitant cett
15cet acte 5 . Pourquoi Tristan rend-il la reine à Marc, et cela même dans les versions où le philtre continue d’agir ? Si, c
16 « félons » les barons qui défendent l’honneur de Marc ? Même si la jalousie meut ces barons, ils n’ont du moins ni menti ni
17la fidélité au suzerain exige que Tristan livre à Marc la fiancée qu’il alla quérir — et qu’il avait conquise de plein droit
18, dans Tristan, les barons dénoncent Iseut au roi Marc : ils devraient donc passer pour « féaux » et loyaux. Et si l’auteur
19qu’ils ont bu le philtre. Cependant il la livre à Marc : c’est que la règle de l’amour courtois s’oppose à ce qu’une telle p
20il se souvient du monde. Il revoit la cour du roi Marc. Il regrette « le vair et le gris » et l’apparat de chevalerie, et le
21’ermite pour obtenir son pardon — et celui du roi Marc pour Iseut. Ici se place le court dialogue si dramatique entre l’ermi
22ces sociales qui menacent les amants (présence de Marc, méfiance des barons, jugement de Dieu, etc.), Tristan bondit par-des
4 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
23a mort de ses parents, fut élevé à la cour du roi Marc son oncle. Or il était fréquent, chez les plus anciens Celtes, que l’
24… des druides. » 88 [p. 144] Tristan élevé par Marc, son oncle maternel, devient ainsi, en vertu du fosterage, le « fils 
25qu’Iseut, soupçonnée de trahir sa fidélité au roi Marc, s’offre au jugement par un mouvement d’orgueil et de défi démesuré.
26le mariage sans amour d’Iseut la Blonde et du roi Marc. L’un et l’autre se voient stigmatisés comme relevant de la nécessité
5 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
27abord, il n’a pas su le reconnaître. Quand le roi Marc — l’autorité constituée — l’envoie chercher la princesse lointaine qu
6 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
28que, trop fidèle, et lui-même. Il manque un « roi Marc » à ce jeu. C’est la situation des amants au terme des trois ans pass
29l’opinion est toujours avec Tristan contre le roi Marc, avec le séducteur contre le mari trompé ; elle n’est jamais avec les
30Tristan à la mesure d’une société moderne. Le roi Marc est devenu le Cocu ; Tristan, le jeune premier, ou gigolo ; Iseut, l’
7 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
31 voir également dans la rivalité de Tristan et de Marc le symbole de la lutte entre les Bretons armoricains et les Gallo-Fra
8 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 3. Kierkegaard
32x grands obsédés [p. 61] de l’Histoire, Don Juan, Alexandre et tous les conquérants, Loyola et tous les sectaires, Caligula et to
9 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). La guerre est morte (5 septembre 1945)
33ent en principe aux musées, depuis le 6 août. Les Alexandre, les Condé, les MacArthur et leurs troupes même motorisées, ne pourro
10 1945, Le Figaro, articles (1939–1953). Le savant et le général (8 novembre 1945)
34s grand que tous les capitaines connus, y compris Alexandre », je pense que le général Marshall a tort, si le docteur Oppenheimer
11 1946, Lettres sur la bombe atomique. 2. La guerre est morte
35ent en principe aux musées, depuis le 6 août. Les Alexandre, les Condé, les MacArthur et leurs troupes même motorisées, ne pourro
12 1946, Lettres sur la bombe atomique. 6. Le savant et le général
36s grand que tous les capitaines connus, y compris Alexandre », je pense que le général Marshall a tort, si le docteur Oppenheimer
13 1946, Présence, articles (1932–1946). Le Nœud gordien renoué (avril 1946)
37e culte de Gordius, religion de l’inextricable. ⁂ Alexandre impatient et tricheur pénétra dans le temple au jour dit par ses astr
38son côté 16 . ⁂ — Quelle histoire édifiante ! dit Alexandre. p. 45 i. « Le Nœud gordien renoué », Présence, Lausanne, Genè
14 1947, Doctrine fabuleuse. 10. La gloire
39e.) La gloire antique était virile, comme le don. Alexandre exemplaire, plus beau que tous, plus fort et plus heureux que tous, n
15 1947, Doctrine fabuleuse. 11. Le nœud gordien renoué
40 le culte de Gordium, religion de l’inextricable. Alexandre impatient et tricheur pénétra dans le temple au jour dit par ses astr
41out, de son côté. Quelle histoire édifiante ! dit Alexandre.
16 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Troisième partie. Où allons-nous ? — 10. Le drame occidental
42ècles, quelque chose qui n’a pas de précédent » ? Alexandre n’avait conquis qu’un quart des continents alors connus. S’il a cru q
17 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Troisième partie. Où allons-nous ? — 11. Où l’Aventure et la Voie se rejoignent
43 qu’elles ne favorisaient d’échanges désordonnés. Alexandre n’a pas rejoint Chandragupta, le grand empereur du Gange. La mission
18 1959, Preuves, articles (1951–1968). Nouvelles métamorphoses de Tristan (février 1959)
44tiers qui fait obstacle à leur étreinte, — un Roi Marc qui sépare Tristan d’Iseut — l’obstacle étant généralement social (mo
45stan séparés d’une Iseut « interdite » par un Roi Marc, qui est la Morale commune, la Société ou le Régime — ces trois roman
46nt il semble être le Tristan ? Et quel est le Roi Marc qui l’en sépare ? Je me mis à lire plus avant. Une jeune fille, Lara,
19 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 1. Nouvelles métamorphoses de Tristan
47tiers qui fait obstacle à leur étreinte, — un Roi Marc qui sépare Tristan d’Iseut — l’obstacle étant généralement social (mo
48stan séparés d’une Iseut « interdite » par un Roi Marc qui est la Morale commune, la Société ou le Régime — ces trois romans
49nt il semble être le Tristan ? Et quel est le Roi Marc qui l’en sépare ? Je me mis à lire plus avant. Une jeune fille, Lara,
20 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 5. Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
50visiblement, que pour tenir le rôle obligé du Roi Marc. L’extrême de la séparation étant la mort, Emmanuèle devra mourir, et
21 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. IV. L’Ère de la Révolution de Kant à Hegel — IV.2. Plans d’union européenne contemporains de la Révolution
51une lassitude désenchantée. Cet homme que le tsar Alexandre avait pu baptiser « le chevalier de l’Europe » et « le Secrétaire-Gén
22 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. IV. L’Ère de la Révolution de Kant à Hegel — IV.5. L’Europe des adversaires de l’Empereur
52erre des alliances des Princes, que Metternich et Alexandre allaient tenter de réaliser, en vain, et il propose l’élection de dép
23 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. V. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914)
53éloignant, comme s’éteignit, sous la domination d’Alexandre, la rivalité des cités grecques… et de même, l’Europe commence à n’êt
54s. L’empire assyrien, l’empire persan, l’empire d’Alexandre ne furent pas non plus des patries. Il n’y eut jamais de patriotes as
24 1961, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Esquisse d’une biographie : J. H. Retinger (1960-1961)
55magne et de l’Italie. Parmi ses chefs : Brugmans, Marc, Silva, Voisin, Spinelli, Kogon, von Schenk, Miss Josephy, Adler. Les
25 1968, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Vers une fédération des régions (hiver 1967-1968)
56Akkad, plus tard de la Chine et de l’Inde, puis d’Alexandre, puis de Rome et de Byzance, et enfin, en Europe, empire de Charlemag
26 1970, Lettre ouverte aux Européens. IV. Vers une fédération des régions
57Akkad, plus tard de la Chine et de l’Inde, puis d’Alexandre, puis de Rome et de Byzance, et enfin, en Europe, empire de Charlemag
27 1970, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). Le testament de Tristan (14-15 novembre 1970)
58captive. Il l’a ramené au mari légitime, à ce roi Marc que figurait le Pays légal, la République. Puis il a dû s’éloigner d’
59était le plus fort — Tristan plus fort que le roi Marc — n’a-t-il pas déposé une épée symbolique ? » J’écrivais cela en 1961
28 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
60emme promise de son « père », c’est-à-dire du roi Marc, son oncle maternel, lequel joue le rôle du père chez les Celtes, il
61aible, et il choisit de faire d’Iseut l’épouse de Marc, son véritable « père » coutumier. Du même coup, il culpabilise son a
62ze ou quinze ans, séjourner chez son oncle le roi Marc « comme un homme étranger, et il fit si bien qu’en peu de temps il n’
63maille en comparaison de lui ». À ce moment donc, Marc aime Tristan, qu’il ignore être son neveu. Puis Tristan triomphe du M
64 moindre transition, le Roman nous dit : « Le roi Marc prend bientôt Tristan en haine, car il le craint plus qu’autrefois. »
65pouvoir ». (Sa culpabilité œdipienne vis-à-vis de Marc, substitut du père décédé, est redoublée par le souvenir de sa mère,
66c dans les relations triangulaires entre Tristan, Marc et Iseut. Ces contradictions sont illustrées par tous les épisodes du
67 tabou courtois. S’il couchait avec elle mariée à Marc, il violerait le tabou de l’inceste, et tout s’effondrerait — l’ordre
68it. Le deuxième voyage, en quête de la fiancée de Marc, répète à peu près le premier. Le troisième ressemble le plus à ce qu
29 1977, L’Avenir est notre affaire. I. Système de la crise — 1. La religion de la croissance
69de Ménandre sera celle des généraux successeurs d’Alexandre, et dans notre ère, d’un Bonaparte, aujourd’hui, des aventuriers de l