1 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
1t bien l’anti-allemand, ou encore comme le disait Curtius, le premier classique allemand. Bien plus que Nietzsche, type du déch
2 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
2 on le sait. Mais, comme l’établit fort justement Curtius « le Goethe païen et rien que païen est une légende, et une légende d
3 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
3nde, c’est qu’on lui raconte une histoire, me dit R. — Mais si je raconte mon histoire ? — Le lecteur veut des histoires i
4s les précisions qu’un collégien puisse désirer.) R. me disait aussi : En somme, vous n’êtes pas un vrai chômeur, puisque
5t vrai, dans le détail… ⁂ Cette conversation avec R. m’a rendu attentif à un fait qui m’apparaît soudain fondamental : c’e
4 1937, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Pages inédites du Journal d’un intellectuel en chômage (octobre 1937)
6radicalement à toute culture véritable. ⁂ Île de R. — La nuit ! Je l’avais oubliée à Paris. La nuit des villes n’est pas
5 1946, Journal des deux Mondes. 5. Anecdotes et aphorismes
7et de plus graves, et personne n’a crié au fou. ⁂ R. vient d’être reçu au Palais de Venise et me raconte sa visite. Il pén
8 Duce. — Alors je m’assieds. » En sortant, ajoute R., je n’ai vu que des dos !… La nouvelle s’était répandue et l’on salua
6 1946, Journal des deux Mondes. 7. La route de Lisbonne
9 Tout à l’heure, comme j’essayais de me faufiler, R. s’extrait du groupe, me cède sa place, et je l’entends dire à sa femm
7 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur le crépuscule d’un régime (octobre 1957)
10près-midi pâle sur les dômes de Saint-Marc. A. et R. boivent un negroni en regardant passer par bancs les touristes en che
11es touristes en chemise, ceints d’étuis à Leica. R. — Avez-vous entendu cette femme à l’autre table ? Elle trouve Venise
12 » ! A. — Je comprends bien ce qu’elle veut dire. R. — Moi je m’y refuse absolument. Elle n’avait qu’à rester tranquille d
13router. A. — Vous êtes bien dur et bien maussade. R. — C’est qu’il y a de quoi ! Venise n’a rien de plus artificiel qu’une
14mis de voyager, ce n’est pas très… démocratique ? R. — Ce ne l’est pas le moins du monde, et après ? Vous croyez à la Démo
15s souvenirs, elle apprend à connaître l’étranger… R. — Je demande une expertise de ces clichés. Je n’entends ici, dans les
16ment éduquée, que vous semblez vouloir condamner. R. — Oh ! je ne la condamne pas ! Je la crois dépassée. On va me couper
17es du paradoxe, vous n’êtes pas « bien sérieux ». R. — Je suis aussi sérieux que l’étymologie. Démocratie veut dire pouvoi
18e. Ils entendent par démocratie tout autre chose. R. — Quoi, selon vous ? A. — Eh bien, l’égalité d’abord, l’abolition des
19itraire du Pouvoir. Seriez-vous devenu fasciste ? R. — C’est ce qu’on lance à la tête de quiconque émet le moindre doute s
20. — Il faut donc devenir fasciste ou communiste ? R. — Au contraire, il faut dénoncer les illusions démocratiques qui cond
21tendez et quelle sorte de régime vous paraît bon. R. — J’avoue que j’ignore son nom, on le trouvera bien un jour, et je n’
22ls sont aristocratiques. A. — Comme par exemple ? R. — L’éducation ouverte à tous, mais en vue de favoriser la promotion a
23irs qui deviennent tous abusifs quand ils durent. R. — Puis-je vous faire observer que l’élection n’est pas un procédé dém
24prouvez les élections. A. — Je ne vous suis plus. R. — C’est pourtant simple. Si les démocraties égalitaires croyaient vra
25z une aristocratie. A. — Vous jouez sur les mots. R. — Non, je les prends au sérieux. A. — Vous approuvez donc l’élection
26l’élection en tant que procédé antidémocratique ? R. — Cette raison ne serait pas suffisante. Voyons plutôt le mérite du p
27ste. A. — Que faites-vous du suffrage universel ? R. — Les démocrates eux-mêmes en limitent les dégâts. Dès qu’il s’agit d
28éputés. A. — Vous oubliez le Président américain. R. — Là, vous marquez un point. Ce mélange de plébiscite et de rugby, ce
29. Que deviendraient alors les libertés humaines ? R. — Il est douteux que l’homme soit libre. Luther le nie énergiquement,
30rlez plus bas, on nous entend aux autres tables ! R. — Croyez-moi, la Démocratie restera dans l’Histoire le rêve du dix-ne
31vons su l’entourer. A. (chuchotant). — Et après ? R. — Nos ministères seront remplacés par des cerveaux électroniques, seu
32es. A. — Les machines en tiendront-elles compte ? R. — Ce qu’il faut revendiquer, désormais, laissant tomber en chemin tou
33omme, un vieux système… Il a bien peu de chances… R. — Ce sont les chances de l’homme.   La nuit est là. Les dômes dorés
8 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur un certain cynisme (septembre 1957)
34er. Je suis ami de la France. Je me sens déprimé. R. — Vous ne l’avez pas volé, et cela vous apprendra à croire tout ce qu
35aconte et tout ce qu’on me donne à lire m’égare ? R. — Regardez ce que l’on fait, tous ces gosses, par exemple. Les grands
36t que le pessimisme, l’amertume et le ricanement. R. — C’est en effet la convention commune à l’extrême-droite et à la gau
37la tenons pour typiquement française en Amérique… R. — J’en déduis que votre pays se franciserait plus facilement que la F
38st-ce pas déprimant, pour les amis de la France ? R. — Je vous les laisse, mais je vous conseille de laisser cela qui se v
39 la santé de la France ». A. — Un nouveau livre ? R. — Non, c’est une petite liste qui compte huit à dix noms. A. — Faites
40un. Deux sont morts et pas un n’est un « jeune »… R. — Mais pas un seul n’est un cynique, notez-le bien, et ce sont eux qu
41cet égard. Que faites-vous de Céline le Cynique ? R. — Que voulez-vous que j’en fasse ? Céline est le modèle de votre Henr
42vent » 67 . A. — Vos auteurs vivent-ils à Paris ? R. — Quelques-uns, mais comme n’y étant pas. Les autres en province ou à
43de théâtre et aux poètes la qualité de créateurs. R. — Toute l’histoire littéraire de la France, des Serments de Strasbour
44A. — Quelle est la moyenne d’âge de vos auteurs ? R. — Soixante-quatre ans et demi, et saluez, je vous prie, car ce n’est
45l’homme. A. — Faut-il jouer la « Marseillaise » ? R. — Non, mais changez un peu vos mesures de la France. p. 72 ah. «
9 1969, Journal de Genève, articles (1926–1982). « Non, notre civilisation n’est pas mortelle ! » (30-31 août 1969)
46t employé au cours des émeutes de mai 1968. D. d. R. — Il n’y a pas de culture bourgeoise. Il n’y a pas de culture ouvrièr
47ion. — Et la culture, qu’est-ce que c’est ? D. d. R. — Je ne sais pas très bien ce que l’on entend par culture bourgeoise,
48sommes entrés dans une ère de révolutions ? D. d. R. — Il y a une nécessité révolutionnaire qui vient de cette mauvaise ad
49ications ne sont pas assez bien formulées ? D. d. R. — C’est exact. On dit n’importe quoi, parce qu’on n’a pas fait une bo
50ne mutation tant physique que spirituelle ? D. d. R. — Je n’en sais rien. Je sais vers quoi je voudrais qu’on aille. Le pr
51 à la mort de la civilisation occidentale ? D. d. R. — C’est impossible. Paul Valéry a écrit : « Nous autres, civilisation
52utre civilisation qui pourrait s’épanouir ? D. d. R. — Je n’en vois aucune. Question. — Et la Chine ? D. d. R. — Encore fa
53n’en vois aucune. Question. — Et la Chine ? D. d. R. — Encore faudrait-il que ce soit une civilisation vraiment différente
54nce faites-vous entre marxisme et maoïsme ? D. d. R. — Le maoïsme prétend être le vrai marxisme. Mais c’est un mélange de
55succès des révolutions que des évolutions ? D. d. R. – Je ne crois pas du tout au succès des révolutions. Il n’y en a jama
56us l’apogée et la chute des civilisations ? D. d. R. — Personnellement, je ne crois pas que les civilisations soient comme
57l’artiste dans un monde en transformation ? D. d. R. — Dans une société qui s’agrandit follement, qui perd ses mesures, la
58averse notre siècle a-t-elle été préparée ? D. d. R. — Je vous dirais sans trop réfléchir : par le nationalisme militarisé
10 1970, Le Cheminement des esprits. II. Diagnostics de la culture — II.5. Pronostics 1969 (une interview)
59Max Ernst… — Et la culture, qu’est-ce que c’est ? R. — La culture occidentale repose sur l’héritage gréco-romain et la thé
60 nous sommes entrés dans une ère de révolutions ? R. — Il y a une nécessité révolutionnaire qui vient de cette mauvaise ad
61revendications ne sont pas assez bien formulées ? R. — C’est exact. On dit n’importe quoi, parce qu’on n’a pas fait une bo
62me ? une mutation tant physique que spirituelle ? R. — Je n’en sais rien. Je sais vers quoi je voudrais qu’on aille. Le pr
63istons à la mort de la civilisation occidentale ? R. — C’est impossible. Paul Valéry a écrit : « Nous autres, civilisation
64une autre civilisation qui pourrait s’épanouir ? R. — Je n’en vois aucune. — Et la Chine ? R. — Encore faudrait-il que ce
65ouir ? R. — Je n’en vois aucune. — Et la Chine ? R. — Encore faudrait-il que ce soit une civilisation vraiment différente
66ifférence faites-vous entre marxisme et maoïsme ? R. — Le maoïsme prétend être le vrai marxisme. Mais, c’est un mélange de
67us au succès des révolutions que des évolutions ? R. — Je ne crois pas du tout au succès des révolutions. Elles ont toutes
68uez-vous l’apogée et la chute des civilisations ? R. — Je ne crois pas que les civilisations soient comme les plantes, qui
69té de l’artiste dans un monde en transformation ? R. — Dans une société qui s’agrandit follement, qui perd ses mesures, la
70que traverse notre siècle a-t-elle été préparée ? R. — Je vous dirai sans trop réfléchir : par le nationalisme militarisé,
11 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.11. L’Europe des régions
71érieux. — À quoi attribuez-vous cette situation ? R. — Au fait que les États-nations n’ont aucunement l’intention de renon
72riez-vous cette « difficulté d’être » de l’État ? R. — Tout d’abord, nous devons constater que la formule de l’État, qui b
73[p. 178] — Comment définissez-vous cette région ? R. — Elle peut être ethnique quelquefois, purement économique d’autres f
74cer de plus en plus la constitution de l’Europe ? R. — Ces facteurs sont au nombre de deux. Le premier, déjà mentionné, pr
75e domaine, il n’y a plus place pour le folklore. R. — Il subsistera pendant longtemps encore trois niveaux d’action europ
76 cas où elles seraient multinationales. [p. 181] R. — Les régions vont progressivement former entre elles un tissu de rel
77r, ou qu’alors il courra un risque d’éclatement. R. — C’est en effet la critique que l’on adresse immanquablement à celui
78faire contrepoids à la prépondérance alémanique… R. — Le sens de la réalité des régions n’est pas absent de Suisse. Mais
79plus vite, celle des États ou celle des régions ? R. — Nous avons déjà constaté qu’au point de vue politique l’unité fondé
12 1972, Les Dirigeants et les finalités de la société occidentale (1972). Les Dirigeants et les finalités de la société occidentale
80ement observé un philosophe roumain contemporain, E. M. Cioran. L’agriculture, c’est en effet le premier moyen de commande
13 1974, Journal d’un Européen (fragments 1974). Journal d’un Européen (fragments 1974)
81ri, Robert Schuman, Arnold Toynbee, l’ambassadeur E. van Kleffens, le prof. Eugen Kogon, et le Dr Einar Löfstedt, recteur
14 1979, Rapport au peuple européen sur l’état de l’union de l’Europe. Introduction
82l’humanité ne soit pas entraînée dans sa perte. E. Ce qui est acquis Le Conseil de l’Europe Tels étant les motifs de s’
15 1979, Rapport au peuple européen sur l’état de l’union de l’Europe. IV. Les Régions
83est faux que le plus grand soit le plus efficace. E. M. Schumacher a démontré le contraire, d’une manière décisive, dans s
16 1981, Cadmos, articles (1978–1986). Un falsificateur vu de près (été 1981)
84ux qui ont commencé » émanaient l’une de Mounier (E. M.) sur les mouvements catholiques, l’autre de moi (D. R.) sur les pr
85 19. Au surplus, il n’est pas de moi, étant signé E. M. et non D. R. (Je n’avais guère de raisons de m’intéresser aux démê