1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
1 l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André Gide en particulier). Car la plupart des enquêtés se font de l’Orient une
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
2n cynique secrètement tourmenté qui enchantera M. Gide. p. 1567 n. « Hugh Walpole : La Cité secrète (Perrin, Paris) »
3 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
3fondeur : c’est une unité d’inquiétude. Barrès et Gide : ils ont construit des édifices très différents de style, et dont le
4raît chez les émules de Barrès comme chez ceux de Gide, qu’il faut préciser. L’éthique et l’esthétique convergent dans la li
5d’une évolution qui a son origine dans l’œuvre de Gide. Entre les Nourritures terrestres, les Caves du Vatican et Dada, il y
6plupart des romans de jeunes qui se situent entre Gide et Aragon nous montrent le même personnage : un être sans foi, à qui
7a caractéristique de notre époque. [p. 317] Mais Gide est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensific
4 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
8r que M. Fernandez aborde par ce biais l’œuvre de Gide, qui plus qu’aucune autre me paraît liée à cette confusion. Mais s’il
5 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
9onsentement immédiat à toute impulsion spontanée (Gide), ou « perpétuel effort pour créer son âme telle qu’elle est » (Riviè
10s sincères sont aussi les moins calculés », écrit Gide. D’où l’on peut tirer par une sorte de passage à la limite que les fa
11 en premier lieu à la spontanéité. C’est pourquoi Gide écrit ailleurs : « En chaque être, le pire instinct me paraissait le
12mpose plus laid que nature. Faut-il conclure avec Gide : « L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où
6 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
131927) ac « Quel admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la décristalli
7 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
14ns de prudence mais aussi de lucidité. Séduit par Gide ; admirant Maurras sans l’aimer ; saluant en Valéry une réussite uniq
15urd’hui. Il [p. 564] constate que l’une (celle de Gide) ne fait que différer notre inquiétude, tandis que l’autre « ne ruine
8 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
16 cette indispensable « part de Dieu » — comme dit Gide — qui serait aussi la part de l’humain, l’imperfection secrète qui fa
9 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
17 « comte ». D’autres que lui s’y sont trompés. M. Gide déclarait naguère qu’il fallait voir en Lautréamont « le maître des é
10 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
18n vérité moins généreuse que ne veut le croire M. Gide, — si pareil entre les griffes de son égoïsme à la souris qu’un chat
11 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
19 [p. 725] André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931) k La manièr
20u moins le mérite de la spontanéité, qualité dont Gide aime à douer les héros de ses récits, mais dont lui-même se révèle dé
21 valéryenne d’exquis. On sait quels « jugements » Gide s’attira naguère, dont la « saine rudesse » m’a toujours paru plus ru
22aîner sur le terrain purement moral ou immoral où Gide provoque ses lecteurs à le juger, sûr d’avance que l’intelligence ser
23s » et de lettres, est en somme un plaidoyer pour André Gide. J’avoue qu’il sait dans un grand nombre de cas me convaincre ; et qu
24ain levée, sans examen des preuves. Non seulement Gide a presque toujours raison de ses juges, mais il sait avoir raison com
25t avec un talent disproportionné à son objet. Que Gide ne soit pas si « mauvais » qu’on l’a dit, — ou qu’il a bien voulu s’e
26ndra vraiment vivante », répète inlassablement M. Gide 25 . Seulement, celui qui, de propos délibéré, veut perdre sa vie, et
27sont moins intelligents, moins conséquents que M. Gide, ou qu’ils reculent devant l’audace de conclusions en toute logique i
28ent inextricable. Les Lettres au cours desquelles Gide répond à ses critiques sont tout à fait significatives à cet égard. L
29 protestant veut dire témoin (protestari), jamais Gide n’est plus loin du protestantisme que dans cette attitude sereinement
30veauté. Luther disait : « Je ne puis autrement. » Gide, lui, se préoccupe sans cesse de faire entendre qu’il « pourrait autr
31tie. Et, par là même, d’une étrange indiscrétion. Gide saura-t-il rester un maître pour cette jeunesse qui aimait sa ferveur
32la liberté, mais dans l’acceptation d’un devoir. Gide aurait-il pressenti que l’ère n’est plus de certaines complaisances ?
33nt que j’écris ces mots : Kierkegaard, — et c’est Gide qui, l’un des premiers, l’a prononcé en France. Kierkegaard, un homme
12 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
34res d’un ouvrage de M. Édouard Martinet, intitulé André Gide, l’amour et la divinité, M. Albert Thibaudet exprime son regret de ce
35 réponde pas à son attente. Selon lui, c’est un « André Gide vu de Genève » qu’il nous faudrait. M. Martinet a pris pour épigraphe
36au moins suffirait à la critique pour maintenir à Gide une place instructive, qu’il est, depuis l’Édit de Nantes, notre seul
37al intime — que Loti est un journal intime, comme Gide — que le journal intime, la littérature intime sont un produit autoch
38 des œuvres récentes comme les Faux-monnayeurs de Gide, ou Contrepoint d’Aldous Huxley. Combien actuelles aussi ces remarque
13 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
39n vérité moins généreuse que ne veut le croire M. Gide, —  [p. 198] si pareil entre les griffes de son égoïsme à la souris q
14 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
40firment cette vue théorique : Loti, Schlumberger, Gide, le désenchanté, le stoïcien, le révolté, — trois noms parfaitement r
15 1933, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Histoires du monde, s’il vous plaît ! » (janvier 1933)
41icultés à suivre les développements lumineux d’un André Gide, par exemple, mais simplement parce que ces écrits faisaient penser.
16 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La Légion étrangère soviétique (juin 1933)
42r, par exemple, la dernière liste des promotions, André Gide passant colonel honoraire, Vaillant tambour-major et Nizan sergent re
17 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 9. Antimarxiste parce que chrétien
43st « retombe à plat », comme l’écrivait récemment André Gide 38 . La religion n’a pas de sens humain : jamais les hommes n’arriver
18 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iv. Qu’est-ce que la politique ?
44it pas de soi ! (Exemple : les Pages de Journal d’André Gide.) Cette fausse honte ou cette mauvaise conscience, cette crainte de «
19 1935, Esprit, articles (1932–1962). André Rouveyre, Singulier (janvier 1935)
45nt dépouillés et des essais à coup de griffes sur Gide et Balthazar Gracian. La jeune femme qu’il aime et qu’il entreprend d
20 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.1. Le problème de la culture
46: un Spengler, un Huxley, un Joyce, un Proust, un Gide et d’une manière générale, tous nos romanciers à la mode, bourgeois c
21 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.8. Décadence des lieux communs
47e avait un millier d’auditeurs ; Valéry, Claudel, Gide, Péguy n’ont guère eu davantage de lecteurs durant la période de leur
22 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
48ue l’on en prend 63 . » Une seule chose intéresse André Gide lorsqu’il écrit son premier roman 64  : les moyens du romancier et la
23 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
49’ils sont évidemment moins meurtriers. Comment un Gide ne voit-il pas que les méandres surveillés du « style exquis » entraî
24 1936, Esprit, articles (1932–1962). André Gide, Retour de l’URSS (décembre 1936)
50 [p. 465] André Gide, Retour de l’URSS (décembre 1936) w Quel que soit le domaine qu’il
51merveilleuse précision de son vocabulaire sauvera Gide du journalisme. Car ce n’est pas l’actualité toute passagère de son o
52essage unique et par là même généralement humain. Gide retrouve la manière classique d’humaniser l’anecdote, l’aperçu. C’est
53on et une astuce inexprimables… 63  » Mais voici Gide de son côté, observant les acheteurs et l’étalage du bazar de Moscou 
54ise. » — (Il est plaisant de rapprocher Goethe et Gide ; mais comparez aussi, Venise et Moscou — 1786 et 1936 —, et ces deux
55storique.) ⁂ Pour qui lirait, sans bien connaître Gide, l’avant-propos de son petit livre et cette espèce de happy end que f
56xte en deux petites phrases : l’une prononcée par Gide au début de son voyage, l’autre écrite au retour en France. Point de
57 en URSS, d’une mentalité petite-bourgeoise. Mais Gide : « Je crains que ne se reforme bientôt une nouvelle sorte de bourgeo
58ilà assez, la cause est jugée, dira-t-on. Voire ! Gide reproche à la fameuse autocritique soviétique de ne consister « qu’à
59erait à pousser plus loin ! » Je demande alors si Gide pratique cette espèce-là d’autocritique, — ou s’il entend pousser plu
60critique, — ou s’il entend pousser plus loin ? Si Gide reste marxiste en devenant antistalinien, il se met dans une situatio
61site ou bien l’échec de ses prévisions pratiques. Gide le sent-il ? « D’autres plus compétents que moi diront si ce changeme
62. Les staliniens auront beau jeu : ils traiteront Gide de bourgeois libéral, de monsieur susceptible et réactionnaire. Si l’
63par l’intervention de Staline-Métaneire. Pourquoi Gide continue-t-il à croire qu’en d’autres circonstances, l’expérience mar
64 l’Homme Nouveau — appelle la bête, le dictateur. Gide voudrait ne pas croire au péché. Mais moi, je ne crois pas aux dieux.
65faut dire aussi la joie que nous éprouvons à voir Gide, en dépit de tout, et avec tant de courage malgré tant de prudences,
66auteur que nous l’appliquerons : c’est lui, c’est Gide « qui n’a pas fini de nous instruire et de nous étonner ». p. 465
25 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Qu’est-ce que la politique ? (juin 1936)
67it pas de soi ! (Exemple : les Pages de Journal d’André Gide.) Cette fausse honte ou cette mauvaise conscience, cette crainte de «
26 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Vaillant-Couturier, Au service de l’Esprit (février 1937)
68 plus de mal au parti stalinien que les livres de Gide et de Céline.   P.-S. — On a corrigé par un erratum manuscrit la faut
69st pacifiste). Mais on a laissé figurer le nom de Gide parmi « les plus grands écrivains de ce temps » embrigadés par les vr
27 1937, Esprit, articles (1932–1962). Albert Thibaudet, Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours (mars 1937)
70s Sorel ? Et même de celle de Nietzsche, sans qui Gide et tant d’autres nous demeurent inexplicables ? [p. 971] Ceci dit, l
28 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
71ère génération d’avant le régime. Ils connaissent Gide, Claudel, Giraudoux, mieux que moi. L’un d’eux me présente un travail
72 travail sur les Nouvelles Nourritures [p. 22] de Gide, que je viens de recevoir et lui ai prêtées. Il s’étonne sincèrement
29 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
73 intime et subjective. (Religieuse dans le cas de Gide, quasi physique dans celui de Proust.) Parallèlement, il convient de
30 1940, Mission ou démission de la Suisse. 2. La bataille de la culture
74ent-ils dans notre monde démesuré ? Un Valéry, un Gide ou un Claudel ont quelques milliers de lecteurs, tandis que la presse
31 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
75 [p. 24] Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940) ar Il ne serait guère honnête, et moins encore adroi
76incertitude où pareil livre entraîne le jugement. Gide a tant répété : Ne jugez pas ! qu’il a fini par se rendre lui-même li
77pèce d’intérêt que l’on prend à lire le Journal d’André Gide. Il est probable que, du seul point de vue de l’art, cet intérêt deme
78ne existence. Malgré les pages plus élaborées que Gide a groupées ça et là sous des titres particuliers (Feuillets, Numquid
79ici se pose le problème de la vérité du portrait, Gide note lui-même dès 1924 : « Si plus tard on publie mon journal, je cra
80ne idée fausse », c’est bien ce que devait éviter Gide, plus [p. 26] jalousement qu’aucun autre. Est-ce vraiment pour le dim
81 pour une pose raffinée. J’imaginerais plutôt que Gide est fasciné par l’obstacle qu’il veut éviter. Son horreur du malenten
82Et par exemple, les choses tues dans ce recueil — Gide a marqué qu’une grave lacune mutile l’image qu’il nous y livre de lui
83 ? Ainsi l’on se peint plus « rosse » que nature. Gide lui-même, à ce jeu, ne s’est pas épargné : « Je ne suis qu’un petit g
84i, crée ce qu’il cherche… » Or, en écrivant cela, Gide n’a-t-il point cédé à la tentation qu’il décrit ? Cercle vicieux de l
85es, oubliant ce qui va de soi : l’autoportrait de Gide est aussi ressemblant. On l’y retrouve aussi au naturel, avec toutes
86cien comme Goethe encore se voulait peintre (mais Gide est, je crois, plus doué). On l’y découvre enfin, et cela me paraît n
87ué jusqu’à quel point l’« anti-christianisme » de Gide est chrétien dans ses déterminations ? Je crois qu’on s’est trop lais
88nécessairement, à la sollicitude des catholiques. Gide fut élevé dans un milieu où la religion paraissait se réduire à ces d
89ues : libre examen et moralisme. Du libre examen, Gide conserve son exigence de vérité et de véracité « advienne que pourra 
90te réaction gauchit parfois certains jugements de Gide sur la Réforme. (Il la confond souvent, me semble-t-il, avec l’image
91savons ! ») Ceci explique que le souci central de Gide ait été de débarrasser [p. 30] son christianisme de toutes les adjonc
92nce d’honnêteté qui rappelle si fort Kierkegaard. Gide répugne à paraître plus qu’il n’est, à affirmer plus qu’il ne croit.
93imait pas digne, et qu’il confessait par là même. Gide paraît surtout attentif à sa nature complexe et réticente. Or toute n
94re s’y ordonner. « Orthodoxie protestante — écrit Gide —, ces mots n’ont pour [p. 31] moi aucun sens. Je ne reconnais point
95 libératrice. ⁂ Si, malgré son génie du scrupule, Gide s’expose parfois au reproche de prendre position non sans légèreté su
96moins. À cet égard, il m’apparaît que la leçon de Gide, pour ceux de mon âge, est moins urgente dans l’ordre de l’éthique, q
97probe adversaire des orthodoxies orgueilleuses, « André Gide à n’en plus finir » ! p. 24 ar. « Au sujet du Journal d’André Gi
32 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
98int d’œuvre sans la collaboration du démon », dit André Gide, l’un des rares hommes que j’aie connus qui croie au Diable et qui en
99’on fait de la mauvaise littérature », dit encore Gide. Et William Blake estimait que Milton « peint très mal le parti céles
100ssions mêmes et de la vraie vie. J’emprunte ici à André Gide une pénétrante et minutieuse description de ce glissement du vrai ver
33 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 2. Goethe médiateur
101suivi sa pente, il se trouve que, selon le mot de Gide, c’est en la remontant. Du fait que Goethe a résisté à l’élément germ
34 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 6.. Le Journal d’André Gide
102 [p. 147] 6. Le Journal d’André Gide I Il ne serait guère honnête, et moins encore adroit de ne point avou
103incertitude où pareil livre entraîne le jugement. Gide a tant répété : Ne jugez pas ! qu’il a fini par se rendre lui-même « 
104ide la cause des plus étranges contradictions que Gide subit ou entretient. (Jusqu’à masquer parfois de vraies fenêtres par
105pèce d’intérêt que l’on prend à lire le Journal d’André Gide. Il est probable que, du seul point de vue de l’art, cet intérêt deme
106ne existence. Malgré les pages plus élaborées que Gide a groupées çà et là sous des titres particuliers (Feuillets, Numquid
107se le problème de la vérité du portrait. [p. 149] Gide note lui-même dès 1924 : « Si plus tard on publie mon journal, je cra
108ne idée fausse », c’est bien ce que devait éviter Gide, plus jalousement qu’aucun autre. Est-ce vraiment pour le diminuer qu
109 pour une pose raffinée. J’imaginerais plutôt que Gide est fasciné par l’obstacle qu’il veut éviter. Son horreur du malenten
110Et par exemple, les choses tues dans ce recueil — Gide a marqué qu’une grave lacune mutile l’image qu’il nous y livre de lui
111nsi [p. 151] l’on se peint plus rosse que nature. Gide lui-même, à ce jeu, ne s’est pas épargné : « Je ne suis qu’un petit g
112i, crée ce qu’il cherche… » Or, en écrivant cela, Gide n’a-t-il point cédé à la tentation qu’il décrit ? Cercle vicieux de l
113s, oubliant ce qui va de soi : l’auto-portrait de Gide est aussi ressemblant. On l’y retrouve aussi au naturel, avec toutes
114ué jusqu’à quel point « l’anti-christianisme » de Gide est chrétien dans ses déterminations ? Je crois qu’on s’est trop lais
115nécessairement, à la sollicitude des catholiques. Gide fut élevé dans un milieu calviniste où la religion paraissait se rédu
116ues : libre examen et moralisme. Du libre examen, Gide a conservé son exigence de vérité et de véracité « advienne que pourr
117soi, cette réaction gauchit certains jugements de Gide sur la Réforme : il la confond souvent, je crois, avec l’image couran
118. [p. 154] L’évangélisme anti-confessionnel, que Gide retient de cette première éducation chrétienne, l’a mis en garde cont
119savons ! ») Ceci explique que le souci central de Gide ait été de débarrasser son christianisme de toutes les adjonctions « 
120sée, c’est l’Évangile. » Mais n’y a-t-il pas chez Gide à l’origine de ce refus de la visibilité de toute église (tant réform
121nce d’honnêteté qui rappelle parfois Kierkegaard. Gide répugne à paraître plus qu’il n’est, à affirmer plus qu’il ne croit.
122imait pas digne, et qu’il confessait par là même. Gide paraît surtout attentif à sa nature complexe et réticente. Or toute n
123re s’y ordonner. « Orthodoxie protestante — écrit Gide — ces mots n’ont pour moi aucun sens. Je ne reconnais point d’autorit
124onfrontons ces trois remarques : 1. Le Journal de Gide se présente comme une illustration de sa sincérité. Mais il nous donn
125éformée, faute de retouches « artificielles. » 2. Gide nous dit qu’il a supprimé de ses carnets les pages qu’il jugeait trop
126turelles. Or il est très curieux de remarquer que Gide adopte dans sa vie — telle que la révèle son Journal — la première co
127est dominée par la seconde. Toute l’esthétique de Gide, — son style écrit — s’ordonne au choix le plus classique : concision
128and message est qu’il faut se libérer des règles. Gide, à l’interviewer fictif qui lui demandait ce qu’est l’éthique, répond
129a jusqu’à la casuistique : l’intérêt passionné de Gide pour les détails les plus subtils de l’écriture est attesté par cent
130. Et si le puritain est un styliste de la morale, Gide reste un puritain du style. Peut-être tenons-nous ici le principe de
131re. Toutefois, j’ai dit la méfiance d’artiste que Gide nourrit à l’endroit des « idées ». C’est par là que je sens le mieux
132cet égard, il m’apparaît [p. 160] que la leçon de Gide, pour ceux de mon âge, est moins urgente dans l’ordre de l’éthique qu
133obe adversaire des orthodoxies orgueilleuses, que Gide, n’en doutons pas, restera jusqu’au bout. p. 150 68. Cf. Journal
35 1946, Journal des deux Mondes. 12. L’Amérique en guerre
134s qu’on trouvait à chaque ligne chez Valéry, chez Gide et leurs disciples de la NRF, et qui en anglais retombent à plat, à l
135d’un Tolstoï ou d’un Goethe ; d’un Valéry et d’un Gide, parmi nous. La gloire est devenue le droit d’énoncer des banalités m
36 1947, Vivre en Amérique. 2. Vie culturelle et religieuse
136uniste, je le savais bien, parbleu ! comme dirait Gide, et je savais que quel que fût le problème posé, ils resteraient atta
137 sereinement, dans le grand public, je le répète, Gide, Claudel, Valéry (jamais traduit), Mauriac, Bernanos, Ramuz, Breton,
37 1948, Suite neuchâteloise. VI
138 heures, en face du lac ? Et certes, j’ai pensé à Gide, le plus fidèle de tous nos hôtes, en écrivant ces phrases sur le ban
139— Qu’est-ce que le style ? Catherine, la fille de Gide, lut sa dernière réponse : — L’originalité de mon père. Gide s’éclair
140a dernière réponse : — L’originalité de mon père. Gide s’éclaircit la voix pour observer que le jeu devenait bien personnel,
38 1951, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Un complot de protestants (novembre 1951)
141ée qui donne sur la bibliothèque où il travaille, Gide apparaît en robe de chambre grise, le corps un peu tassé et de large
142s les offre. Au milieu du studio pend un trapèze. Gide [p. 282] s’y appuie des deux mains, se balance en regardant nos valis
143inquisiteur. Je me garde de répondre. Finalement, Gide en riant : « On va dire que c’est un complot de protestants ! » Le mo
144. J’avais eu l’impression ce jour-là que [p. 283] Gide passait la prudence dans l’aveu, qu’il me disait ce qu’il ne pouvait
145 » (C’est ainsi qu’on l’appelait dans ce groupe.) Gide s’éclaircit la voix pour observer que le jeu devenait bien personnel,
146ésolu, croient-ils. Je ne dis pas qu’il torturait Gide, hors quelques crises dont nous avons les témoignages, mais il restai
147témoignages, mais il restait, pour lui, problème. Gide avait peu d’instinct religieux, et moins encore de goût pour la métap
148lème aux stades les plus variés de l’évolution de Gide. [p. 286] Ce qui l’a vraiment torturé, c’est l’éthique, non le relig
149ques ? Ce débat nous éloignerait de la réalité de Gide. Une intense affectivité le liait, le reliait, au monde du christiani
150qu’un concept bâtard, engendré par le romantisme. Gide recherchait plutôt la rectitude, qu’il tenait pour la vérité. Il lui
151r des symboles, où Valéry se fût poliment récusé, Gide objectait, déduisait, s’émouvait… Peu d’écrivains, même chrétiens, no
152 ne dis pas qu’elle soit chrétienne pour autant.) Gide était [p. 287] individualiste. Savons-nous encore mesurer le sens et
153r la place du Juge, ou mêler vanités et salut. Si Gide a refusé totalement quelque chose, c’est justement le totalitarisme,
154 lumière sans ombre. Et je n’entends pas dire que Gide fut un croyant, mais il reste un douteur exemplaire. p. 281 at.
39 1952, Preuves, articles (1951–1968). « L’Œuvre du xxᵉ siècle » : une réponse, ou une question ? (mai 1952)
155le de Paris, Groupe des Six, surréalisme, Proust, Gide et Valéry, et leurs commentateurs, et leurs adversaires de tout bord,
40 1959, Preuves, articles (1951–1968). Rudolf Kassner et la grandeur (juin 1959)
156s meilleurs, certes, mais presque seuls : Valéry, Gide, Eliot, Auden, Paulhan, Saint-John Perse, Keyserling, C. J. Burckhard
41 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 5. Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
157p. 160] Dialectique des mythes II Les deux âmes d’André Gide … à présent que j’y vois un peu plus clair… Et nunc manet in te. A
158 Et nunc manet in te. Au lendemain de la mort d’André Gide, j’avais écrit pour un Hommage collectif quelques pages dont le ton p
159ée qui donne sur la bibliothèque où il travaille, Gide apparaît en robe de chambre grise, le corps un peu tassé et de large
160s les offre. Au milieu du studio pend un trapèze. Gide s’y appuie des deux mains, se balance en regardant nos valises. « Tou
161inquisiteur. Je me garde de répondre. Finalement, Gide, en riant : « On va dire que c’est un complot de protestants ! » Le m
162u 20 juin. J’avais eu l’impression ce jour-là que Gide passait la prudence dans l’aveu, qu’il me disait ce qu’il ne pouvait
163 » (C’est ainsi qu’on l’appelait dans ce groupe.) Gide s’éclaircit la voix pour observer que le jeu devenait bien personnel,
164oient-ils. Je ne dis pas qu’il [p. 166] torturait Gide, hors quelques crises dont nous avons les témoignages, mais il restai
165oignages, mais il restait, pour lui, un problème. Gide avait peu d’instinct religieux, et moins encore de goût pour la métap
166lème aux stades les plus variés de l’évolution de Gide. Ce qui l’a vraiment torturé, c’est l’éthique, non le religieux ; la
167ques ? Ce débat nous éloignerait de la réalité de Gide. Une intense affectivité le liait, le reliait, au monde du christiani
168qu’un concept bâtard, engendré par le romantisme. Gide recherchait plutôt la rectitude, qu’il tenait pour la vérité. Il lui
169r des symboles, où Valéry se fût poliment récusé, Gide objectait, déduisait, s’émouvait… Peu d’écrivains, même chrétiens, no
170 ne dis pas qu’elle soit chrétienne pour autant.) Gide était individualiste. Savons-nous encore mesurer le sens et la portée
171r la place du Juge, ou mêler vanités et salut. Si Gide a refusé totalement quelque chose, c’est justement le totalitarisme,
172 lumière sans ombre. Et je n’entends pas dire que Gide fut un croyant, mais il reste un douteur exemplaire. Un cas-limite
173 j’avais cru pouvoir tirer de mes entretiens avec Gide, touchant sa vie intime, ses jugements sur lui-même, ou son attitude
174e été que le prétexte — ou la motivation réelle ? Gide avait-il seulement cédé à ce curieux besoin (dont il se plaint souven
175ssionnant ouvrage de Jean Delay sur La Jeunesse d’André Gide m’a permis de lever une partie de ces doutes. Au cours d’une conversa
176(une bonne dizaine d’années après nos entretiens) Gide, écrit le Dr Delay « me dit attacher une importance toute particulièr
177ers d’André Walter et des premiers « Traités » de Gide, mais dont la persistance à travers toute une vie est attestée par la
178le, le cas-limite que figure à mes yeux la vie de Gide : un exemple à peu près parfait de dissociation de la personne, perme
179ré Walter, ou l’angélisme Dès le premier livre de Gide, toutes les « notes » de Tristan sont manifestes. L’amour est lié à l
180ccident dans le sens du mythe. Comme Kierkegaard, Gide s’est plaint très souvent d’une « écharde dans la chair » qui, pensai
181 » étant l’un des mouvements les plus typiques de Gide 66 , considérons en lui sans transition, Don Juan. C’est pendant son
182dant qu’il vit l’échec atroce de son mariage, que Gide écrit les Nourritures Terrestres, bréviaire du nomadisme dionysiaque.
183 que sa doctrine est justifiée par la religion de Gide : « L’Évangile y mène, dit Euclide ; on appellera ta doctrine Nomadis
184’assumer l’autre, caractéristiques de Don Juan. « Gide ne tient pas en place — note Jean Paulhan. Il préfère la chasse à la
185e impatience des « redites », car c’est ainsi que Gide qualifie toute liaison qui impliquerait quelque durée. (Il n’a d’aill
186emords. 69  » C’est de cette « joie immense » que Gide voulait parler, lorsqu’il me dit, dans l’entretien que j’ai rapporté,
187 celle qu’on ne désire pas : ce drame de la vie d’André Gide est celui d’une dissociation presque totale de la personne, et qui l’
188nage romanesque. Dans quelle mesure peut-on tenir Gide pour responsable de cette « inhabileté foncière à mêler l’esprit et l
189 ses amours réside sans doute la vraie personne d’André Gide 70 . Dès les Cahiers d’André Walter, il se sent et se connaît double 
190commis par forfanterie d’immoraliste. Or le jeune Gide, en pressent l’épouvante, s’il vient à désirer une femme qu’il aime.
191e. Tout à la fin de sa vie, parlant de ses rêves, Gide remarque : « … mais dans le rêve seulement, la figure de ma femme se
192e Madeleine, qu’il épousera malgré tout — comment Gide eût-il pu surmonter l’interdit jeté de la sorte sur la femme ? Incapa
193orien ; au surplus, sanctionnée par la Mère. Donc Gide « prend son parti de dissocier le plaisir de l’amour ». Et même il fa
194 plus « normal » dirais-je, eût peut-être donné à Gide l’agressivité nécessaire pour briser ces structures puritaines, comme
195iril » dirait-on, que la mère, du moins telle que Gide l’a décrite — le petit André allait avoir onze ans. Sa mère le prit s
196moi dissociés — j’allais dire qu’au sens littéral Gide l’a payée de sa personne. L’expression, pour être toute faite, est po
197 toute faite, est pourtant fausse. C’est l’âme de Gide qui a fait les frais de sa ruse vitale. Il faut s’entendre, évidemmen
198âme. Je le prends ici au sens de Nietzsche, et de Gide lui-même dans sa maturité. Selon la conception traditionnelle des gno
199 coordonnatrice des instincts et passions ». Pour Gide, « un faisceau d’émotions, de tendances, de susceptibilités, dont le
200de l’un à l’autre reste toujours possible 76  »). Gide ne distingue pas davantage. « Animus, Animum, Anima… ces discriminati
2011] Cet aveu pathétique est l’un de ces moments où Gide existe, « irremplaçable », où il rejoint sa vraie personne, parce qu’
202ses deux âmes ne l’aimaient plus. Je parle ici du Gide achevé, équilibré dans son dialogue intime, et tel qu’il se décrit dè
203 mais simultanément actualisés, ils avaient privé Gide de cette Ombre qui est le refoulement d’une part virtuelle [p. 182] d
204uire à la longue dans l’évolution de sa personne. Gide fut-il la victime d’une fin d’époque cruelle [p. 183] et déjà tout ab
205l ouvrage au monde qui se termine par ou bien ? — Gide ici l’a rejoint, mais par sa vie. p. 163 59. — « Vous allez cro
42 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 6. Rudolf Kassner et la grandeur humaine
206s meilleurs, certes, mais presque seuls : Valéry, Gide, Eliot, Auden, Paulhan, Saint John Perse, Keyserling, C. J. Burckhard
43 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Annexes — iii. Post-scriptum
207tum I Une querelle de famille Dans sa Jeunesse d’André Gide, Jean Delay cite une lettre inédite qu’adressait le fameux économiste
208 en couchant avec la jolie Mériem, fille de joie, Gide avait justement essayé de normaliser ses goûts sexuels. Et l’on sait
209aume de Dieu, l’oncle le rejetait à l’incroyance. André Gide jugea la lettre de son oncle « admirable ». Elle le condamnait certes
210minine ne pouvait pas déplaire à l’homosexuel que Gide venait de découvrir en lui-même. Il ne trouva rien à répondre. Pourta
211réter d’ordonner les moyens à la fin spirituelle. André Gide, connaissant les Écritures, eût aussi pu répondre à l’Oncle Charles q
44 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VI. L’Europe en question : de Spengler à Ortega — VI.2. Crépuscule ou nouvelle aurore ?
212, Taine, Renan, Liszt, Nietzsche, Romain Rolland, André Gide. Ai-je besoin de dire si ce mouvement a été violemment enrayé par le
45 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VII. L’Ère des fédérations. De l’Unité de culture à l’union politique — VII.4. L’Unité dans la diversité. Fondement de l’Union fédérale
213, Sémiramis, Faust, Don Juan. La dernière œuvre d’André Gide, et la plus mûre, fut un Thésée 319 . C’est également de son expéri
46 1961, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Esquisse d’une biographie : J. H. Retinger (1960-1961)
214Vuillard, Bonnard et Laprade, parmi les peintres, André Gide, Arnold Bennett, Larbaud, Paul Valéry et Léon-Paul Fargue parmi les é
215entsia parisienne de cette époque. Il a rencontré Gide dans un train entre Prague et Paris, et il note que c’est aussi dans
216afford Cripps. (C’est d’ailleurs par Retinger que Gide et Larbaud ont connu Joseph Conrad.) En 1908, à vingt ans, il passe e
217aire polonaise, dans laquelle la Porte étroite de Gide est traduite en polonais avant même de paraître en volume à Paris. Ma
218us serez jamais un écrivain ! » lui a dit un jour André Gide en riant, après avoir passé des heures à corriger le manuscrit d’un d
219ut son aventure — comme en témoigne le Journal de Gide des 26 et 28 août 1914 — et se fait recevoir par plusieurs ministres
220ouvrages, surtout aux débuts de sa carrière, mais Gide avait raison, il n’était pas un écrivain. Je ne connais pas d’article
47 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. III. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
221rand poète français ? « Hugo, hélas ! » répondait André Gide. Le plus grand peintre suisse, c’est Ferdinand Hodler 90 . Les criti
48 1970, Le Cheminement des esprits. II. Diagnostics de la culture — II.1. L’Europe contestée par elle-même
222 spirituels et des jugements éthiques. Les noms d’André Gide, de Marcel Proust, d’André Breton, de Kafka, de Joyce, ainsi que de F
49 1970, Le Cheminement des esprits. II. Diagnostics de la culture — II.2. Préface à « L’Œuvre du xxe siècle »
223le de Paris, Groupe des Six, surréalisme, Proust, Gide et Valéry, et leurs commentateurs et adversaires de tout bord, et le
50 1970, Lettre ouverte aux Européens. Lettre ouverte, suite et fin
224murmurer avec les loups, comme je le reprochais à André Gide, du temps qu’il se laissait produire dans les meetings par la « cliqu
51 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
225 l’on tienne compte d’une vérité aussi choquante. André Gide a pu dire à Jean Delay que mon livre lui avait expliqué ce que (sa le
226vingt-cinq pages du premier tome de La Jeunesse d’André Gide. Mme Lot-Borodine, aussitôt, avertit le docteur [p. 381] d’avoir à se
227é — il fait part aux lecteurs de son second tome. André Gide a sans doute eu tort d’imaginer se comprendre mieux à travers l’œuvre