1 1940, Mission ou démission de la Suisse. 5. Esquisses d’une politique fédéraliste
1es steppes de l’Asie. Le fait géographique que le Gothard est le seul point où un seul col permette de traverser les Alpes suff
2fin du xiie siècle ; puis sur l’autre versant du Gothard, aux environs de 1291 34 . En vérité, dès ce début, c’est la mission
3e confiée aux Waldstätten — j’entends la garde du Gothard — qui définit l’existence de la Suisse et assure son indépendance. La
4de la petite patrie et de l’Empire. Peu à peu, le Gothard perdra son importance économique, mais il prendra la valeur d’un symb
5, de nouveaux cantons s’allieront aux communes du Gothard. Un réseau compliqué de pactes reliera les villes aux campagnes. Et c
6ntée des régions alpestres, l’ouverture du col du Gothard au xiiie siècle, l’influence du mouvement des communes italiennes, l
2 1940, Qu’est-ce que la Ligue du Gothard ? (1940). Qu’est-ce que la Ligue du Gothard ?
7 Qu’est-ce que la Ligue du Gothard ? [p. 1] I. Naissance de la Ligue Au mois de juin 1940, une douzaine
8un comité d’action, adoptaient le nom de Ligue du Gothard, fixaient les cadres de l’organisation et publiaient un premier Manif
9gramme définitif de la Ligue. II. Le symbole du Gothard « Bastion naturel de la Suisse, cœur de l’Europe et limite des races,
10 Suisse, cœur de l’Europe et limite des races, le Gothard est le grand symbole autour duquel tous les Confédérés peuvent s’unir
11sités », disait notre premier appel. En effet, le Gothard est à la fois la principale réalité physique sur quoi se fonde notre
12 pareille sauvegarde militaire. Adopter le nom du Gothard, c’était déjà tout un programme : double programme de défense à tout
13idélité à une mission européenne et créatrice. Le Gothard, invincible bastion : c’est l’héritage suisse qu’il s’agit de mainten
14’agit de maintenir contre la menace étrangère. Le Gothard, croix de fleuves et carrefour de cultures : c’est le symbole d’une m
15 forces, notre grande espérance. C’est au pied du Gothard dont elles gardaient les cols que les premières communes des Waldstät
16ent leur alliance perpétuelle. Historiquement, le Gothard représente tout un passé de solidarité confédérale, d’esprit communau
17r toutes les forces vivantes du pays. La Ligue du Gothard veut être avant tout une activité. Elle compte sur le travail d’équip
18éfense nationale à tout prix autour du bastion du Gothard ; études et projets techniques ; contact avec la presse ; etc., etc.
19in autour de nous : 1. La création de la Ligue du Gothard a produit un choc salutaire sur l’opinion suisse. Elle a rendu confia
3 1940, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). L’Église et la Suisse (août 1940)
20que de notre Confédération se dresse le massif du Gothard, mystérieux et inexpugnable. Bastion naturel de la Suisse, cœur de l’
21se, cœur de l’Europe et rendez-vous des races, le Gothard est le grand symbole de notre mission politique et de notre sécurité.
22arce qu’elle saurait que dans cette forteresse du Gothard, que n’atteignent ni chars ni avions, dans cet Alcazar de l’Europe, q
23ourbés, mais le grondement lointain des canons du Gothard nous dirait d’espérer. Maintenant, je poserai cette question : dans l
24e, pourrions-nous penser à l’Église comme à notre Gothard spirituel ? L’existence permanente — même secrète — et la parole de n
4 1946, Journal des deux Mondes. 4. Puisque je suis un militaire…
25te marche prolongée. Février 1940 Monté hier au Gothard, pour une affaire de service. Ce haut lieu de la Suisse, ce vrai cœur
26sibles à cette qualité ? Savent-ils qu’ils ont au Gothard un haut lieu, non pas seulement un tunnel et des forts ? [p. 47] Fi
5 1946, Journal des deux Mondes. 5. Anecdotes et aphorismes
27mpire. Or il se trouve que providentiellement, le Gothard est le type même de la position imprenable dans la guerre actuelle. I
28 le pays, pour la résistance à tout prix, avec le Gothard comme symbole et comme grand atout militaire… » [p. 69] Il acquiesce
29rmée et Foyer. Écrit le manifeste de la Ligue du Gothard. Il paraît sur une page entière dans soixante-quatorze journaux du pa
6 1946, Journal des deux Mondes. 6. Intermède
30et de coupures de journaux concernant la Ligue du Gothard, des plans d’organisation, le programme de plusieurs rencontres avec
31e, cet été-là, le péril militaire s’éloignait. Le Gothard était devenu plus qu’un symbole. Centre du Réduit national 5 il se
32lité. L’opinion s’était ressaisie. Notre Ligue du Gothard, fondée sur l’idée simple d’organiser les volontés de résistance, voy
7 1946, Journal des deux Mondes. 7. La route de Lisbonne
33mon pays élève, nuit et jour, autour du massif du Gothard, cœur mystérieux du continent, dernier symbole d’une liberté qui ne p
8 1950, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). Europe unie et neutralité suisse (novembre-décembre 1950)
34té accordés par l’empereur afin que le passage du Gothard fût gardé libre pour tout le Saint-Empire. Ainsi donc, dès le début,
9 1953, La Confédération helvétique. 1. Le peuple et son histoire
35, le Tessin et le Rhin, porte le nom de massif du Gothard. (L’Inn prend sa source à 80 km plus à l’est.) Le Gothard n’est pas l
36 (L’Inn prend sa source à 80 km plus à l’est.) Le Gothard n’est pas le centre géométrique du pays — celui-ci s’étendant surtout
37 conserve de nos jours. C’est autour du massif du Gothard, singulier accident géographique, que l’histoire suisse prend son dép
38sait d’agrandir ses domaines dans la direction du Gothard. Uri, Schwyz et Unterwald, les « communes forestières » qui occupaien
39l était de son intérêt de les soutenir. Le col du Gothard venait en effet d’être ouvert, au début du siècle. Il allait jouer un
40ui permettait des échanges fructueux. La route du Gothard était donc vitale pour le commerce des Waldstätten. Mais avec les mar
41omme on vient de le voir. Le fait géographique du Gothard, le fait social de l’existence des coopératives forestières, le fait
42ommandait en effet les débouchés nord et ouest du Gothard, et disposait d’une force armée apte à tenir en respect les seigneurs
43onfédération. Car un État puissant, centré sur le Gothard, eût été une menace permanente pour les nations voisines, alors en fo
44 sommes considérables au percement des tunnels du Gothard, du Lötschberg et du Simplon, dont les nations voisines devaient tire
45ntinelles au fusil chargé. Cependant qu’autour du Gothard, symbole séculaire transformé en bastion puissamment fortifié, les di
46 coïncider — à la faveur de l’ouverture du col du Gothard — avec les intérêts de l’Empire, puis de l’Europe, c’est-à-dire avec
47La fonction, nous l’avons définie en décrivant le Gothard et son rôle décisif à l’origine de la Confédération. Celle-ci reste u
10 1953, La Confédération helvétique. 6. Le peuple suisse et le monde
48é le sens et la mission de notre État fédéral. Du Gothard jaillissent le Rhin, le Rhône et le Tessin, les trois cours d’eau qui
49plus importants dans l’histoire de l’Occident. Le Gothard divise et unit à la fois ces trois territoires. Ce serait une entrepr
50e l’esprit. C’est un fait admirable, qu’autour du Gothard, montagne qui sépare et col qui unit, une grande idée, une idée europ
51ine précise de la première alliance fédérale : le Gothard, « montagne qui sépare et col qui unit ». C’est en effet pour garder
52ve ne peut laisser indifférents les « gardiens du Gothard » et les dépositaires du prototype réduit de l’Europe fédérée. Mais s
11 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. V. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914)
53un hasard le fait rencontrer en 1871 au sommet du Gothard — lieu sacré, cœur et toit de l’Europe —, il touche aux deux extrémit
12 1964, Preuves, articles (1951–1968). Un district fédéral pour l’Europe (août 1964)
54premières libertés pour assurer la grand-garde du Gothard, elle a seule conservé jusqu’à nos [p. 5] jours le principe de l’Empi
55u l’immédiateté impériale pour défendre le col du Gothard au nom de la communauté européenne du Saint-Empire, de même la Conféd
56es et le réduit national des Alpes, centré sur le Gothard. Des dispositions spéciales préviennent toute ingérence particulièr
13 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.2. « L’histoire suisse commence avec Guillaume Tell »
57 en ces termes au xviiie siècle : Le passage du Gothard est une de ces créations étonnantes qui prouvent jusqu’à quel point l
58 pas de m’émouvoir chaque fois que je m’arrête au Gothard : Ici les chemins se séparent. Ami, où vont tes pas ? Descendras-tu
59 châteaux forts et péages contrôlant le trafic du Gothard. L’interrègne qui suit la mort de Frédéric (de 1250 à 1273) a laissé
14 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.3. « La Suisse est née de la révolte de pâtres libertaires contre le despote autrichien »
60wyz, et de la vallée d’Urseren, située au cœur du Gothard. Des baillis ou intendants, leurs créatures, [p. 37] tentent de gouve
61égitime chez les têtes politiques des communes du Gothard, quant au maintien de leur statut particulier. D’où le besoin qu’ils
15 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.4. « Le pacte de 1291 a fondé la Suisse »
62aires [p. 42] qui venaient d’Italie par le col du Gothard, et qui savaient rédiger les traités à la manière des ligues lombarde
63des et des jurandes florentines. C’est à cause du Gothard, nous l’avons vu, qu’Uri et Schwyz avaient reçu de l’Empire des franc
64s des villes libres, et c’est aussi par le col du Gothard que l’esprit des communes urbaines est venu féconder leur civisme, ta
65ient à leur mouvance directe de l’Empire (donc au Gothard), à leur commune volonté de rester chacun maître chez soi et à la bon
66bien située au débouché nord-ouest de la route du Gothard, est la première commune urbaine qui « entre en confédération », avec
16 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.5. Ce « petit peuple pacifique… »
67s Habsbourg d’Argovie, l’enjeu étant le trafic du Gothard. À bout de patience et sûr de sa victoire, Léopold de Habsbourg — lan
68oberait Lotharingie et Lombardie. Les gardiens du Gothard en détiendraient les clefs. Ce qui va faire échouer ce grand dessein,
17 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.7. « Un pays traditionnellement neutre »
69bien accrochée au sol et contrôlant le passage du Gothard, vital pour l’Axe. Pour en venir à bout, il eût fallu payer un prix e
18 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.8. « Il a fallu plus de six siècles pour fédérer les cantons suisses »
70moins de treize taxes différentes sur la route du Gothard, avec obligation de décharger chaque fois la marchandise pour la pese
19 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. II. L’union, sauvegarde de la diversité ou comment fonctionne une fédération — II.1. Les institutions et la vie politique
71réduit national » dont le centre est le massif du Gothard, à cause de toute l’histoire des confédérés. Cette armée ultra-démocr
20 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. III. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
72ngs wagons bruns qui s’engouffraient au tunnel du Gothard : Amsterdam — Köln — Olten — Venezia — Zagreb — Bucuresti. Voilà la S
73engiadinana, que l’on pense dérivée du « style du Gothard ». J’ajoute que toute la Suisse est en train de se couvrir de grands
74première confédération des Waldstätten est née du Gothard, ce col n’est devenu viable et carrossable qu’au moment où le pont du
21 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. IV. La Suisse, dans l’avenir européen
75premières libertés pour assurer la grand-garde du Gothard, elle a seule conservé jusqu’à nos jours le principe de l’Empire d’Oc
76u l’immédiateté impériale pour défendre le col du Gothard au nom de la communauté européenne du Saint-Empire, de même la Conféd
77es et le réduit national des Alpes, centré sur le Gothard. Des dispositions spéciales préviennent toute ingérence particulièr
22 1968, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Hölderlin dans le souvenir des noms splendides (1968)
78Palmyre en ruine « aux plaines du désert », et ce Gothard d’où partent les grands fleuves, le Rhin allemand, mais aussi l’Aigle
79t activer la nostalgie constitutive du poème : le Gothard et l’Olympe, Pister, l’Indus, Patmos, et Dodone, et Delos, et Delphes
23 1970, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. Préface 1970
80 probablement répondu, vers 1300, par un nom : le Gothard, et par un concept politique : la Commune autonome, élément de base d
81igues et confédérations. Aujourd’hui le massif du Gothard n’est qu’un pli de terrain entre mille, survolé en moins de cinq minu
24 1971, Gazette de Lausanne, articles (1940–1984). Au défi de l’Europe, la Suisse (31 juillet-1er août 1971)
82ommunes forestières » commandant les approches du Gothard. La Suisse n’est nullement née comme on le croit trop souvent (et pas
83i fut au xiiie siècle celle de trois communes du Gothard et qui se « généralisa » par la suite aux XIII cantons ligués, puis à
25 1972, Les Nouvelles littéraires, articles (1933–1972). De l’unité de culture à l’union politique (17-23 avril 1972)
84 toujours des deux côtés. Et la Suisse est née du Gothard, au cœur des Alpes. L’unité et les vraies diversités La vérité qu’o
26 1979, Cadmos, articles (1978–1986). L’Université par l’Europe et vice-versa (hiver 1979)
85z et Nidwald, qui commandent les abords du col du Gothard, reçoivent au xiiie siècle des chartes « d’immédiateté impériale » :
86hartes « d’immédiateté impériale » : en effet, le Gothard est le seul col qui relie au croisement des deux principales chaînes
27 1986, Cadmos, articles (1978–1986). Denis de Rougemont tel qu’en lui-même… [Entretien] (printemps 1986)
87 romanes, un mouvement de résistance, la Ligue du Gothard. Chose curieuse (j’ai l’air de me vanter beaucoup), c’est le premier
88e nous étions en train d’organiser cette Ligue du Gothard avec des gens que nous avions pris à droite et à gauche conformément
89ureau. » J’ai continué à participer à la Ligue du Gothard, mais cela devenait difficile et risqué parce qu’elle comptait des me