1 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
1 ses lois, dit le premier des troubadours connus, Guillaume, septième comte de Poitiers et neuvième duc d’Aquitaine, qui mourut e
2 1939, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). Nicolas de Flue et la Réforme (1939)
2détruits figure un Jeu de Frère Claus et de Frère Tell ! Mais la pièce la plus importante de cette série est celle que fit j
3 1953, La Confédération helvétique. 2. Les institutions politiques
3s baillis : c’est par exemple l’épisode fameux de Guillaume Tell et de Gessler. Or ces baillis jouaient un rôle comparable à celui des
4 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur le crépuscule d’un régime (octobre 1957)
4e désertée, un orchestre attaque l’ouverture du « Guillaume Tell » de Rossini. Les rois déchus s’attablent chez « Quadri », et les rég
5 1964, Preuves, articles (1951–1968). Un district fédéral pour l’Europe (août 1964)
5leraient le touriste à l’entrée de chaque salle : Guillaume Tell, père de la plus vieille démocratie, ce petit peuple pacifique, ce pe
6 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.1. Puissance du mythe
6le Téméraire. La Providence a fait les montagnes, Guillaume Tell a fait les Suisses. Ainsi rêve un touriste au sommet du Righi : Vict
7allée, au fond du précipice, j’avais Küssnacht et Guillaume Tell. Il me semblait voir Rome, Carthage, l’Allemagne et la France, représ
8 l’histoire suisse est ici fixée pour un siècle : Guillaume Tell, pâtre libérateur, triomphant des despotes féodaux et fondant d’un se
9s fortement noué, et stable depuis lors. [p. 25] Tell n’a probablement pas existé, mais sans lui la Suisse fédérale que nou
10e renvoie en appendice le récit de l’invention de Guillaume Tell, moins connue que les actes du héros. Non certes dans l’idée sotte ou
7 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.2. « L’histoire suisse commence avec Guillaume Tell »
11 « L’histoire suisse commence avec Guillaume Tell » Le Suisse moyen, quand il lui arrive de penser à son histoire, imag
8 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.4. « Le pacte de 1291 a fondé la Suisse »
12s à l’usage des traités. Guillaume le Simplet, le Tell de la légende, n’eût pas entendu ce latin-là. Ni les pâtres en Lederh
13t les trois vallées -— et parfois même on dit que Tell y assistait, ou bien on nomme les conjurés : les trois Tells. Ce myth
14aucoup moins durs que le Gessler de la légende de Tell — légende qui s’est formée d’ailleurs à l’époque même où les « Schwyz
15aient du grand exemple des pâtres du Grütli et de Guillaume Tell, — ancêtres apocryphes mais non moins efficaces. Une conclusion d’int
9 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.8. « Il a fallu plus de six siècles pour fédérer les cantons suisses »
16 Que la notion de fédéralisme, loin de remonter à Guillaume Tell, n’est devenue bien consciente parmi nous que vers la fin du xixe si
17 venaient de s’enthousiasmer pour les légendes de Tell et du Grütli, ne manquaient pas de juger scandaleux le contraste entr
18mbolise déjà le nom de la Suisse, lié au mythe de Tell 45 . Et le seigneur de Ferney le sait aussi, qui aime à signer « Le S
10 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. III. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
19e la couleur, et enfin par son sens du mythe. Son Guillaume Tell trapu surgit d’un brouillard blanc qui s’écarte en volutes devant le
20ssée du héros à la lourde arbalète. C’est le vrai Tell, archétypique, force têtue sortant de l’espace imaginaire et qui crée
21ieille souche mais homme de gauche : plus près de Tell que les conservateurs qui s’en réclament et qui gouvernent ce canton
22isse alémanique au xvie siècle, avec des Jeux de Tell ou de Nicolas de Flue, culmine dans la Fête des Vignerons, célébrée à
11 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. IV. La Suisse, dans l’avenir européen
23leraient le touriste à l’entrée de chaque salle : Guillaume Tell, père de la plus vieille démocratie, ce petit peuple pacifique, ce pe
12 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. V. Appendice. Bref historique de la légende de Tell
24. 311] Appendice Bref historique de la légende de Tell [p. 313] Le mythe de Tell a sans nul doute contribué à édifier (au d
25rique de la légende de Tell [p. 313] Le mythe de Tell a sans nul doute contribué à édifier (au double sens du mot) la Suiss
26le de 1848, mais il paraît plus que douteux qu’un Guillaume Tell ait existé, historiquement, lors de la formation de la Suisse primiti
27 percer une pomme placée sur la tête de son fils, Tell réussit cet exploit qui le sauve, mais se voit arrêté parce qu’il gar
28arten et du Pacte public de Brunnen, pas trace de Tell, ni d’un bailli nommé Gessler, ni même d’un serment du Grütli. Tel es
29. [p. 315] Le plus ancien récit des aventures de Tell figure dans une chronique que l’on peut consulter aux archives du can
30 315] de la Suisse primitive. Etterlin attribue à Tell le prénom de Wilhelm. En 1515, l’humaniste Glareanus exhorte ses comp
31prendre pour modèles les anciens Romains et nomme Tell « notre Brutus ». Dans le même sens, les réformateurs Zwingli et Bull
32t Bullinger, au milieu du siècle, font l’éloge de Tell, « auteur des libertés confédérées ». Mais c’est au fameux Ægidius Ts
33lassique d’une Confédération née de la révolte de Tell et des conjurés du Grütli chassant le despote autrichien. C’est de lu
34 de Bonaparte — « Point de chaînes aux enfants de Guillaume Tell ! » — enfin les manuels scolaires jusqu’à nos jours. Mais avant même
35avaient exprimé leurs doutes sur l’historicité de Tell : ainsi le Fribourgeois Guillimann vers 1600 traite le récit de « fab
36s 1565, observe une ressemblance troublante entre Tell et Toko, héros nordique [p. 316] des légendes citées ci-dessus. Son c
37é de tant de choses… Il ne fera pas plus de mal à Tell qu’à la Pucelle. C’est un obscur pasteur bernois, nommé Uriel Freuden
38t en 1760, sans nom d’auteur, et qui s’intitule : Guillaume Tell, une fable danoise. La brochure anonyme soulève des tempêtes : condam
39liquement quelques années plus tard, « justifie » Tell et condamne la mémoire du pasteur, qui est mort entretemps. Il est cu
40 Tschudi et partisan de l’existence historique de Tell, ainsi que du Serment du Grütli, Gleser n’a pas compris qu’il apporta
41 Bünde, dans lesquelles il rejette comme fictions Tell, le Grütli, l’expulsion des baillis, le despotisme des Habsbourg et t
42les documents à l’appui de ses thèses initiales : Tell et les cruels baillis n’apparaissent nulle part dans l’histoire de no
43y dans ses Recherches critiques sur l’histoire de Guillaume Tell (1843), tout en éliminant les traits mythiques de la légende (la flèc
44ts attestés, et par les conclusions négatives sur Tell. Au xxe siècle cependant, une réaction se manifeste de toutes parts
45t la Tellforschung. « Ils ne se demandent plus si Tell a vécu, mais se préoccupent surtout de la fonction vivante qu’exerce
46tude sur l’état présent des recherches concernant Tell. (Neue Zürcher Zeitung, 21 octobre 1962). Que cette légende ait pris
47crit encore M. Wehrli, le succès de la légende de Tell est plus significatif et plus réel qu’un fait historique accidentel. 
48isse. Raconter l’histoire des Ligues suisses sans Guillaume Tell n’est plus une entreprise paradoxale : c’est un devoir élémentaire de
49probité intellectuelle, puisqu’il est attesté que Tell n’a joué aucun rôle vérifiable dans le complexe des intérêts et des p
50if et pas moins vrai de constater que le mythe de Tell, par la suite, a joué un rôle important dans [p. 319] l’évolution des
51comprendre l’histoire suisse sans tenir compte du Tell de la légende, — celle-ci étant elle-même devenue un fait d’histoire
52 en tant que réalité de la psyché collective. Que Tell ait existé ou non matériellement, qu’il ait tué ou non un bailli, est
53 au cœur pur — ont composé un archétype national. Guillaume Tell est plus vrai qu’un drapeau, qui n’est qu’un signe, car il est le sym
54rapidement acquis un prestige presque universel.) Guillaume Tell n’a pas « fait les hommes » de ce pays, comme l’écrivait Victor Hugo,
55rien ; mais on ne saurait douter que la figure de Tell soit fidèle à leur idéal, puisque c’est eux qui l’ont imaginée. p.
13 1965, Fédéralisme culturel (1965). Fédéralisme culturel
56obles troubadours de Grandson et de Neuchâtel ? À Guillaume Tell, qui est très probablement un personnage mythique, et qui n’est sûrem
14 1971, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Dépolitiser la politique (printemps 1971)
57éputé de Nancy ose refuser le salut à l’État, tel Guillaume Tell.   4. Le seul problème politique sérieux d’aujourd’hui est de défaire
15 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
58s son temps et son lieu la personne fulgurante de Guillaume et le conflit merveilleusement fécond qui opposa le duc au moine. ⁂ L
59 le catharisme. Et derrière les dons poétiques de Guillaume, il y a la séculaire tradition littéraire des cours aquitaines 238 ,
60ns sa phase la plus idéalisée » 239 . Du Poitevin Guillaume et de ses proches amis, les Ventadour et les d’Ussel du Limousin, la
61n’est pas moins féconde. Aliénor, petite-fille de Guillaume, épousera Louis VII de France, puis Henri II Plantagenêt. Désespéréme
62rand sera leur ami et obligé, Chrétien de Troyes. Guillaume est le prince le plus puissant sur les terres qu’on nomme France aujo
63 Audéoude, passent dans le camp du moine, renient Guillaume, et prennent le voile à Fontevrault. Guillaume IX ne semble pas avoi
64t l’asag avant tous les troubadours, et avant que Guillaume en parle dans un vers, opposons Bezzola, ici plus réaliste : Peut-on
65moindre façon ?… Il nous paraît très probable que Guillaume fut vivement impressionné par le mouvement de Fontevrault et par les
66oisinage immédiat (p. 207). Première réaction de Guillaume au défi que lui portent ces « succès éclatants » : le sarcasme et l’é
67îchir ma chair et renouveler mon corps », traduit Guillaume ; pour notre salut par l’amour, diront les troubadours classiques… J
68 « l’abbé laïc » de Saint-Martial n’est autre que Guillaume, septième comte du Poitou, neuvième duc d’Aquitaine, et premier troub
69 duc d’Aquitaine, et premier troubadour d’Europe. Guillaume commence par imiter, dans une intention parodique — contre l’ambiance
70ssent sur le poète à son insu et le transforment. Guillaume découvre que l’amour, c’est beaucoup plus que faire faire [p. 404] l’
71 la naissance du lyrisme courtois dans l’œuvre de Guillaume, il est un second facteur formel dont l’action n’a guère été moindre
72t — l’une des sources attestées de la courtoisie. Guillaume a certainement connu les procédés de composition lyrique des poètes r
73 si souvent relevée sur cinq des onze chansons de Guillaume. Mais encore : dans la lutte à jamais créatrice de toute mystique de
74 ni cathares ni jongleurs. Robert est catholique, Guillaume est grand seigneur… Pour peu que l’on renonce aux clichés, il est fac
75] vers la fin de ce xiie siècle. C’est aussi que Guillaume n’est pas encore « converti » à la courtoisie, et qu’elles ont des ra
76amp spirituel ou poétique 244 . Enfin, proches de Guillaume dans l’espace et le temps, une [p. 408] troisième paire d’adversaires