1 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
1 agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsche : que c’est de la littérature. Alors, quelque paysan du Danube surven
2 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
2 avec beaucoup d’adresse et de charme : Wagner et Nietzsche lui fournissent deux tons fermes dont le jeu donne aux nuances assez
3 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
3onsolables, ô sans cœur, ô pervers, ô disciple de Nietzsche ! » — Sous le poids de cette accusation, comment ne point céder : il
4 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
4rateur de Schelling et de Hegel, le précurseur de Nietzsche, l’un des plus admirables et des plus mystérieux génies poétiques de
5 C’est qu’elle est de demain plutôt, — tout comme Nietzsche qui en fut obsédé. Empédocle est de ces mythes tels qu’il n’est peut-
5 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
6p d’esprits en quête d’absolus, le maître que fut Nietzsche pour leurs aînés. Il n’est pas sûr que les « religions » y gagnent, m
6 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
7sonances vraiment altières, celle-là : la voix de Nietzsche. ⁂ Ici, nous changeons de monde. À vrai dire, nous quittons la littér
8a conquises, physiquement aussi. Toute l’œuvre de Nietzsche est pleine de repères alpestres. « Comme ces vues précises, aiguës, e
9nes au très bel essai que Robert de Traz intitula Nietzsche et les hauteurs 23 , et qui, posé en face du tableau franco-anglais,
10ne à la joie… C’est un thème très « protestant ». Nietzsche l’a développé avec une ampleur inégalable : il y trouvait tous les sy
11r la dureté. Mais l’a-t-il épuisé ? Il y a depuis Nietzsche un style alpestre dans la pensée. Ne pourrait-il pas informer d’autre
7 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
12ius, le premier classique allemand. Bien plus que Nietzsche, type du déchiré, qui glorifie l’instinct perdu, en véritable sentime
8 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
13on ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche » à fond plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. Sur l’autre r
9 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
14it bientôt en révolte, en insolence, en démence : Nietzsche. Ainsi l’atmosphère moraliste a tué les germes de l’imagination créat
10 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
15 notions « correctes » que de notions dynamiques. Nietzsche réclamait une « philosophie à coups de marteau ». Ce peut être le mar
11 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
16hrétienne, plus tragique que l’époque romantique (Nietzsche plus chrétien que son idée du christianisme). Plus goethéenne aussi.
12 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
17eu terrible. Et sa vertu est choix. L’absolu d’un Nietzsche, c’est le Grand Midi ; et sa vertu : dépassement. Jouhandeau à son to
18e but de ce débat, celui de Kierkegaard, celui de Nietzsche, celui présentement de Jouhandeau, c’est de transcender la morale et
13 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Pétrarque, par Charles-Albert Cingria (avril 1933)
19ètes, chroniqueurs, musicographes, Notker, Dante, Nietzsche —, une pétulance idéologique qui s’exprime en notes, digressions et p
14 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — b. Ridicule et impuissance du clerc qui s’engage
20Elle les a, beaucoup plus simplement, supprimées. Nietzsche, déjà, ne scandalise plus, fait figure de Don Quichotte littérateur.
15 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — v. Trop d’irresponsables s’engagent ! (Responsabilité des intellectuels)
21rs les plus violemment libres du xixe siècle, un Nietzsche, un Kierkegaard, un Baudelaire 82 , ont été les plus violemment engag
16 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
22tudie dans ce petit livre, c’est le phénomène que Nietzsche a baptisé ressentiment. Pour Nietzsche, on s’en souvient 46 , l’amour
23nomène que Nietzsche a baptisé ressentiment. Pour Nietzsche, on s’en souvient 46 , l’amour chrétien n’est que « la fine fleur du
24 rancunière de l’esclave opprimé, a trouvé, selon Nietzsche, son expression détournée dans l’affirmation paradoxale que les premi
25e à grosses gouttes ». Il est facile de dire que Nietzsche exagère ; plus difficile de contester la cruelle pénétration dont tém
26este à voir si les causes en sont bien celles que Nietzsche allègue. Pour Scheler, les reproches de Nietzsche s’adressent en véri
27Nietzsche allègue. Pour Scheler, les reproches de Nietzsche s’adressent en vérité à l’humanitarisme, et nullement à l’Évangile. L
28t à l’Évangile. Le « christianisme » qu’attaquait Nietzsche, c’est, en réalité, la morale bourgeoise. Scheler le démontre avec ma
29ous revendiquons les fausses valeurs décrites par Nietzsche. Nous ne voulons plus l’acte d’amour personnel, — qui est une valeur
30nt à la « morale des commerçants » — comme disait Nietzsche — qui domine notre société. p. 415 r. « Deux essais de philosoph
17 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notice biographique [Kierkegaard] (août 1934)
31vocation chrétienne. ⁂ On a comparé Kierkegaard à Nietzsche, à Dostoïevski, à Pascal. Lui-même ne s’est jamais comparé qu’aux gra
18 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
32e et comme un jugement de l’homme ; ainsi Pascal, Nietzsche, Dostoïevski. On pourrait en citer quelques autres. Qu’ont-ils donc d
19 1934, Esprit, articles (1932–1962). Sur une nouvelle de Jean Giono (novembre 1934)
33t une formule nietzschéenne, et qui signifie chez Nietzsche à peu près le contraire de ce que cette femme veut expliquer à Giono.
20 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Éditorial (juillet 1934)
34 serait d’être relus. Nous aimons cette maxime de Nietzsche : « Ne rien écrire d’autre que ce qui pourrait désespérer l’espèce d’
21 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
35 [p. 250] Notes en marge de Nietzsche (mars 1935) v Il vient de paraître au Mercure de France un volumine
36phorismes et notes tirés des papiers posthumes de Nietzsche. On ne saurait surestimer l’importance de ces écrits demeurés longtem
37e d’une œuvre dont les volumes parus du vivant de Nietzsche ne seraient guère que le commentaire. Je ne sais ce qu’il faut penser
38souvent beaucoup plus directe que celle qu’adopta Nietzsche dans les écrits qu’il fit paraître. On ne saurait trop recommander la
39s Kierkegaard, en effet, qui, cinquante ans avant Nietzsche, partait en guerre contre la philosophie de l’Évolution selon Hegel,
40! — « à la disposition » du moindre d’entre nous. Nietzsche croit faire un reproche terrible au christianisme en le traitant d’ag
41st admirable ici, c’est la lucidité avec laquelle Nietzsche décèle l’idolâtrie de notre temps, même s’il y participe pour [p. 252
42’a pas la mâchoire solide. (Mais je vois bien que Nietzsche voulait dire autre chose…). Même pour l’homme le plus pieux, le déje
43t dans sa nostalgie d’un christianisme vrai. Mais Nietzsche ? Est-ce mépris tout simplement ? Ou bien plutôt, dernier défi, secrè
44ns, cette sentence est grossière, voire naïve, si Nietzsche entendait parler de la foi. La foi, qui donne à l’homme la vision réa
45avec puissance cette vérité fondamentale. Mais si Nietzsche croit autre chose, s’il croit que la nature est bonne, pourquoi crie-
46e ! Quelle que soit la justesse des critiques de Nietzsche — et jusque dans leur injustice, car il y a une manière « injuste » d
47ocure la critique nietzschéenne, je trouve ceci : Nietzsche parle sans autorité. Il a tendance à confondre l’autorité et la viole
48 parle avec autorité, tandis que les critiques de Nietzsche feront toujours l’effet de criailleries. L’intensité de la vie prise
49itale » ? — « Pensée insupportable aux hommes » ? Nietzsche écrivait ceci en 1880. Cinquante-cinq ans plus tard, je serais tenté
50étonné de voir un esprit de la trempe de celui de Nietzsche se livrer à d’aussi grossières confusions (pauvreté en esprit, ou esp
51i régna sur le siècle dernier, et dont l’œuvre de Nietzsche a subi trop souvent les atteintes. Dans ce même livre, quatre pages p
52re pages plus bas, j’en trouve un autre exemple : Nietzsche croit découvrir que la notion chrétienne du Dieu paternel dérive de l
53 historique ».   Parmi toutes les criailleries de Nietzsche, certaines prennent un accent prophétique : « Des hommes de commandem
54é. Il est bien significatif que les fragments de Nietzsche sur la religion se terminent par cet aphorisme d’une éblouissante vér
22 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
55s à mépriser les seuls philosophes de ce temps, — Nietzsche en est le fameux exemple — sous prétexte qu’ils ne répondent pas au s
56ses rencontres, ses courtes habitudes (louées par Nietzsche), ses brusques changements de décor suivis de guerre d’usure contre l
23 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Quatre indications pour une culture personnaliste (février 1935)
57doctrinale, gardienne du statut de la personne ». Nietzsche, me semble-t-il, avait prévu et précisé l’action proprement culturell
58. » Mais il nous faut arrêter là cette citation : Nietzsche, en effet, exprime tôt après deux revendications, dont l’une est ridi
59par excellence d’une société ouverte. L’erreur de Nietzsche est manifeste : il a conçu sa nouvelle culture hors du cadre communau
24 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.9. Tentatives de restauration d’une commune mesure
60Schopenhauer, Baudelaire, Dostoïevski, Rimbaud et Nietzsche… Si nous disons qu’ils furent les plus grands de ce siècle, quelle es
61ément malade, ce fut l’angoisse. De Kierkegaard à Nietzsche, toutes ces angoisses individuelles ont porté témoignage en faveur de
25 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
62 n’a-t-on pas dit sur cette vieille Histoire ! De Nietzsche au dernier nietzschéen, sans oublier les pamphlets de Péguy : elle ne
63nes les plus imprévus. Nous y viendrons. Écoutons Nietzsche, qui ricane sa sagesse : « Ne pas périr imperceptiblement ! » C’est p
64om de je ne sais quelle arithmétique, d’un autre, Nietzsche au nom du petit Liré, d’un troisième Rimbaud, parce qu’il a renoncé t
65es grandes questions sont dans la rue », écrivait Nietzsche ; dans la rue, et non pas dans leurs livres ! Et voilà bien l’usage «
66r que plusieurs générations — contemporaines d’un Nietzsche, d’un Ibsen, d’un Rimbaud, d’un Tolstoï ! mais la durée du monde, sa
26 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
67maîtresse, et non que tu t’es échappé d’un joug. Nietzsche. De même que toute conscience réelle du péché suppose une action de
68 retrouvons ici le conflit entre les marxistes et Nietzsche. Mais derrière eux et avant eux, deux noms : Hegel et Kierkegaard dom
69tuelle, il s’agit de la force d’un Pascal ou d’un Nietzsche, mais aussi de la force qui commande aux soldats. Que cette force dis
70 anti-humaine et spiritualiste — celle qu’attaque Nietzsche dans Généalogie de la Morale — étant plutôt conforme à l’ordre religi
71sespérer l’espèce d’homme qui se hâte », écrivait Nietzsche. Nous dirions : Ne rien écrire d’autre que ce qui pourrait désespérer
72ris à nous méfier des maîtres. Je viens de nommer Nietzsche, — Nietzsche qui, le premier, substitua délibérément la notion de sty
73fier des maîtres. Je viens de nommer Nietzsche, — Nietzsche qui, le premier, substitua délibérément la notion de style à celle de
27 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
74mparée qu’à celle de Pascal, de Dostoïevski et de Nietzsche. Aujourd’hui Kierkegaard est cité par tout le monde. On m’assure qu’i
28 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Précisions utiles sur l’industrie des navets (mars 1936)
75lzac, Stendhal, Baudelaire, Rimbaud, Dostoïevski, Nietzsche, Rilke, Hamsun. Quant à Victor Hugo et à Tolstoï, qui paraissent cont
29 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
76rent des « hommes debout », des hommes en marche. Nietzsche au-dessus de Gênes et sur les bords des lacs de l’Engadine, Kierkegaa
77il faut encore que je pense. Sum, ergo cogito… » (Nietzsche, Le Gai Savoir, Pensée pour la nouvelle année.) 3 novembre 1934 Min
30 1937, Foi et Vie, articles (1928–1977). Luther et la liberté (À propos du Traité du serf arbitre) (avril 1937)
78ou moi. Je dirai : moi. Dussé-je tuer Dieu, comme Nietzsche a proclamé qu’il avait fait. L. — Mais l’homme est « chair », et cet
79u christianisme dans les temps [p. 231] modernes, Nietzsche, aboutit à un dilemme qui me paraît correspondre, terme à terme, à ce
80 dois » des chrétiens, qui est prononcé par Dieu, Nietzsche oppose le « je veux » de l’homme divinisé. Puis, à l’existence de Die
81eraine, demeure entière. La différence, c’est que Nietzsche nous propose d’adorer un Destin muet, tandis que nous adorons une Pro
31 1937, Esprit, articles (1932–1962). Robert Briffaut, Europe (janvier 1937)
82tacle où Jaurès, Mussolini, Lénine, d’Annunzio et Nietzsche viennent faire de petits sketches non dénués d’à-propos, album de car
32 1937, Esprit, articles (1932–1962). Albert Thibaudet, Histoire de la littérature française de 1789 à nos jours (mars 1937)
83ndes questions gisent dans la rue », comme disait Nietzsche. Nous disons « existence » (dure, naïve et banale) quand il parle d’é
84t de celle de Georges Sorel ? Et même de celle de Nietzsche, sans qui Gide et tant d’autres nous demeurent inexplicables ? [p. 9
33 1937, Esprit, articles (1932–1962). Retour de Nietzsche (mai 1937)
85 [p. 313] Retour de Nietzsche (mai 1937) af Après la vague kierkegaardienne, qui marque un léger
86’est une facilité que les professeurs cultivent : Nietzsche précurseur du national-socialisme, ou « à quoi mène le mépris des val
87curseur de Hitler !) Mais on oublie peut-être que Nietzsche a condamné l’antisémitisme, raillé le nationalisme, dénoncé le social
88ernier numéro d’Acéphale, intitulé « Réparation à Nietzsche ». « Acéphale » est le signe de l’anti-étatisme radical, c’est-à-dire
89ation. Sur ce point, qui est central, l’accord de Nietzsche et de ses disciples avec le personnalisme paraît beaucoup plus facile
90anti-chrétienne — qui, assimilant selon un mot de Nietzsche « Dieu » à « la plus parfaite organisation de l’Univers », postule la
91athée. Mais si l’on veut parler, comme le faisait Nietzsche, de Dieu l’Éternel, première personne de la Trinité, je ne vois plus,
92arallèlement à de nombreuses études de revues sur Nietzsche : le Zarathoustra et la Volonté de Puissance 67 . Beaucoup mieux tra
93on, qui est le véritable message « religieux » de Nietzsche. Les notes et aphorismes traduits pour la première fois à la suite du
94onstitue la tension la plus féconde de l’œuvre de Nietzsche, on n’a rien écrit de meilleur que le livre de Karl Löwith : Nietzche
95ederkunft des Gleichen (Berlin, 1935, Die Runde). Nietzsche tente de surmonter le nihilisme européen (résultant de la « mort de D
34 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
96tre à Bâle : Jacob Burckhardt, Overbeck, le jeune Nietzsche. Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une assez belle cultur
35 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
97vres ou des enfants : aut liberi aut libri disait Nietzsche. Et Kierkegaard a raison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la
98 les vérités « cruelles » de l’esprit, dont parle Nietzsche. [p. 236] Mais si je sais que l’Apôtre a raison, et si je l’accepte,
99e poison de l’ascèse idéaliste — et tout ce qu’un Nietzsche absurdement reproche à l’Évangile. C’est Éros, et non pas Agapè, qui
36 1938, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Trop d’irresponsables s’engagent ! (Responsabilité des intellectuels) (juin 1938)
100urs les plus violemment libres du xixᵉ siècle, un Nietzsche, un Kierkegaard, un Baudelaire 78 , ont été les plus violemment engag
37 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
101nent vénéneux comme les vérités mortes dont parle Nietzsche. 3. Actualité du mythe ; raisons de notre analyse Nul besoin d’avoi
38 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
102e à « expliquer » Dostoïevski par le haut mal, et Nietzsche par la syphilis. Curieuse manière de libérer l’esprit, qui se « ramèn
103de lui céder. (Ce paradoxe annonce l’amor fati de Nietzsche.) Quand Béroul limitait à trois ans l’action du philtre, et quand Tho
39 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
104hopenhauer sur Wagner. Quoi qu’en aient pu penser Nietzsche, et Wagner lui-même, il me paraît que cette influence est fortement s
40 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
105vres ou des enfants : aut liberi aut libri disait Nietzsche. Et Kierkegaard a raison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la
106 les vérités « cruelles » de l’esprit, dont parle Nietzsche. Mais si je sais que l’Apôtre a raison, et si je l’accepte, je consid
107l le poison de l’ascèse idéaliste — tout ce qu’un Nietzsche injustement reproche au christianisme. C’est Éros, et non pas Agapè,
41 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Don Juan (juillet 1939)
108Aux sommets de [p. 63] l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ? Faut-il a
109itue un ordre neuf par le décret de sa rigueur. ⁂ Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
110’on ne l’a fait jusqu’à lui. Polémiste perpétuel, Nietzsche se trouve entièrement déterminé par le bon et le juste — contre eux.
111ndeur. Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
112haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
113 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image obscure, et à lui-même infiniment secrète, d’une Vér
114isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
115qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
116S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
117ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan [p. 68] doutent de leur grâce. Les voici donc contraints
42 1940, Mission ou démission de la Suisse. 2. La bataille de la culture
118s du xixe siècle ! Il n’y eut que Kierkegaard et Nietzsche pour protester du fond de leur solitude 15 . Kierkegaard qui osa écri
119istianisme dans un monde où règne la presse. » Et Nietzsche, de son côté, dénonçait la manie d’organiser [p. 75] et de centralise
120ataille. Entre l’esprit de lourdeur, comme disait Nietzsche, et les forces de création, la lutte sera toujours ouverte, tant qu’i
43 1940, Mission ou démission de la Suisse. 3. Neutralité oblige, (1937)
121 : Jacob Burckhardt, Overbeck, Bachofen, le jeune Nietzsche, ami de Wagner… Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une ass
44 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
122siècle, Coppet, Bâle au temps de Burckhardt et de Nietzsche… Mais le centre vaudois s’est distingué par sa méfiance à l’égard des
45 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
123noblement) à la tête. Car ainsi que le remarquait Nietzsche : « Ne trouve-t-on pas dans la tête ce qui unit les hommes — la compr
46 1942, La Part du Diable (1982). V. Le Bleu du Ciel
124ire, où l’Arbitre tricheur nous affole à plaisir. Nietzsche a bien vu que la philosophie de ce monde-là ne pouvait être que le ni
47 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 1. Le silence de Goethe
125rétienne, plus tragique que l’époque romantique — Nietzsche plus chrétien que son idée du christianisme. Plus goethéenne aussi. M
48 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 3. Kierkegaard
126vocation chrétienne. ⁂ On a comparé Kierkegaard à Nietzsche, à Dostoïevski, à Pascal. Lui-même ne s’est jamais comparé qu’aux gra
127ns. Ce qui est sûr, c’est qu’à la différence d’un Nietzsche même, personne ne parviendra jamais à « utiliser » Kierkegaard pour d
128 irrémédiable. Tous les autres, sauf Empédocle et Nietzsche, ont refusé de signer de leur sang le pacte qui lie le penseur à Méph
129 enfin parler avec ce sérieux infini dont le seul Nietzsche, dans notre ère, paraît avoir gardé le sens. Encore, le philosophe du
130e et comme un jugement de l’homme ; ainsi Pascal, Nietzsche, Dostoïevski. On pourrait en citer quelques autres. Qu’ont-ils donc d
49 1944, Les Personnes du drame. II. Liberté et fatum — 5. Luther et la liberté de la personne
131ou Moi. Je dirai : moi. Dussé-je tuer Dieu, comme Nietzsche a proclamé qu’il l’avait fait. L. — Comment le temps tuerait-il l’éte
132peut tuer que l’idée fausse qu’elle s’en formait… Nietzsche l’a bien vu : ce n’est que le « Dieu moral » qui est passible de réfu
133rsaires du christianisme dans les temps modernes, Nietzsche, aboutit à un dilemme qui me paraît correspondre, terme à terme, à ce
134er et Paul posent ensemble à notre foi. C’est que Nietzsche a poussé comme Luther jusqu’aux extrêmes limites de l’homme, jusqu’au
135cale de la vie. Au « tu dois » prononcé par Dieu, Nietzsche oppose le « je veux » de l’homme divinisé. Puis à l’existence de Dieu
136emeure entière. La [p. 144] différence, c’est que Nietzsche nous propose d’adorer un Destin muet, tandis que Luther adore une Pro
50 1947, Doctrine fabuleuse. Orientation
137couvre Don Juan dans le mouvement de la pensée de Nietzsche, le Supplice de Tantale dans un récit de Jean-Paul. De même nous appl
51 1947, Doctrine fabuleuse. 9. Don Juan
138stinct. Aux sommets de l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ? Faut-il a
139n nouvel ordre, par décret de rigueur subversive. Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
140’on ne l’a fait jusqu’à lui. Polémiste perpétuel, Nietzsche se trouve entièrement déterminé par le bon et le juste — contre eux.
141deur ! Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
142haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
143 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image obscure, et à lui-même infiniment secrète, d’une Vér
144isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
145qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
146S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
147ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan doutent de leur grâce. Les voici donc contraints de gagne
52 1947, Vivre en Amérique. 4. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
148rie (pays des enfants, ou Kinderland comme disait Nietzsche). Vous qui entrez, ne pensez plus, avec le proverbe latin, qu’il est
53 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
149par les polémiques de Feuerbach, d’Engels puis de Nietzsche, pratiquement appuyée dans le même temps et dans les masses élargies
150e, ne serait-ce pas ce « Kinderland » qu’appelait Nietzsche de ses vœux ? Ce n’est pas assez de donner des ancêtres à ses enfants
54 1955, Preuves, articles (1951–1968). L’aventure occidentale de l’homme : L’exploration de la matière (août 1955)
151es implications du christianisme. C’est ainsi que Nietzsche, le premier, a su décrire la différence fondamentale qui sépare la sc
55 1955, Preuves, articles (1951–1968). L’aventure technique (octobre 1955)
152t qui n’a jamais rien inventé 32 . Finalement, de Nietzsche à Spengler, en passant par Scheler et Schubert, on nous a représenté
56 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 7. L’exploration de la matière
153es implications du christianisme. C’est ainsi que Nietzsche, le premier, a su décrire la différence fondamentale qui sépare la sc
57 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 8. L’aventure technique
154t qui n’a jamais rien inventé 69 . Finalement, de Nietzsche à Spengler, en passant par Scheler et Schubart, on nous a représenté
58 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur un patriotisme de la terre (mars 1958)
155que » incontestée. Mais la science est d’Europe — Nietzsche l’avait fort bien vu — comme tout ce qui la supplie de ne pas lancer
59 1958, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Un essai de synthèse (mai 1958)
156e aux faits sociaux, tandis que Kierkegaard, puis Nietzsche, redécouvraient que les réalités religieuses et philosophiques n’exis
60 1959, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Luis Diez del Corral, El rapto de Europa (septembre 1959)
157 aux philosophes et historiens allemands — Hegel, Nietzsche, Meinecke, Max Weber, Spengler, Dilthey et Jaspers — mais aussi à Aug
61 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 3. Don Juan
158stinct. Aux sommets de l’esprit révolté, on verra Nietzsche, cent ans plus tard, renouveler ce défi mortel. Mais quoi ! faut-il a
159n nouvel ordre, par décret de rigueur subversive. Nietzsche s’est dressé face au siècle. Et l’adversaire qu’il s’est choisi, c’es
160deur ! Or Dieu se tait. Il ne relève pas le défi. Nietzsche attend dans la nuit désertique des hauteurs. Une aube vient. C’est en
161haque idée, de chaque croyance, de chaque valeur, Nietzsche a voulu violer le secret ; et leur défaite rapide les rend toutes mép
162 intellectuel. Comme Don Juan l’image de la Mère, Nietzsche poursuit l’image [p. 107] obscure, et à lui-même infiniment secrète,
163isse d’une puissance anéantie par son succès, que Nietzsche a rencontré soudain la fascinante idée du Retour éternel. Devant le r
164qu’il a vécu ? Dieu revivra éternellement ! Ainsi Nietzsche devient le Tristan d’un Destin qu’il ne peut posséder que par l’amour
165S’il gagne, c’est en violant la vérité des êtres. Nietzsche pose des valeurs qui détruisent les règles anciennes, mais qui ne val
166ndamnés, ou bien nous recevrons notre grâce. Mais Nietzsche et Don Juan doutent de leur grâce. Les voici donc contraints de gagne
62 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 4. Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
167ombre papillon fasciné par la flamme de Don Juan. Nietzsche a vécu plus seul encore, et guère moins chaste, mais toute son œuvre
168on unique pour l’intériorité de la Vérité. III. Nietzsche et son ombre Deux vies dénuées. Deux célibataires maladifs, chastes s
169dité sur l’amour, sur la femme et sur le mariage. Nietzsche en a, certes, moins longuement écrit que Kierkegaard, mais son œuvre
170mes. Il est remarquable que les contradictions de Nietzsche offrent un raccourci fidèle de celles de Kierkegaard, qui à leur tour
171ui-même ! Sur le mariage, par exemple, voici chez Nietzsche qui rappelle à la fois la « difficulté » initiale et la réponse du Ma
172ue plus qu’humain, le mariage est ici aux yeux de Nietzsche « une conception surhumaine qui élève l’homme. » Mais combien plus pr
173rsonnellement Kierkegaard en tant qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne
174qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne que Kierkegaard : « Toutes les gra
175ion créatrice de la morale et de la civilisation, Nietzsche met tout l’accent non sur l’ascèse, mais sur la maîtrise des instinct
176 que l’amour désintéressé ; mais dans l’esprit de Nietzsche, elle désigne déjà cette passion « noble » qui dès le xiie siècle a
177ir et se déprimer physiquement et psychiquement), Nietzsche en vient à découvrir qu’en réalité « la volonté de combattre la viole
178t. 40 Passage capital pour mon propos ! Ce que Nietzsche y appelle « instincts rivaux » se ramène en fait à deux possibilités
179e non-nécessaire biologiquement). Et l’amour, que Nietzsche suggère comme un possible instinct rival, est la passion de l’âme par
180r grande polémique dans l’œuvre et dans la vie de Nietzsche. ⁂ « Par la musique, les passions jouissent d’elles-mêmes. » Il est c
181nt d’elles-mêmes. » Il est curieux de relever que Nietzsche, comme Kierkegaard, commence sa carrière d’auteur par un ouvrage sur
182lie règne entre la musique et le drame parfait. » Nietzsche voit dans le mythe en général « le but réel de la science », s’il est
183ment. 42 Sans les paroles et l’image scénique, Nietzsche imagine qu’il ne pourrait supporter l’audition du [p. 134] troisième
184 tout au moins, — et l’on veut dire : dans ce que Nietzsche exprime consciemment — Tristan s’est évanoui et Don Juan domine tout.
185mblé de Cosima… — loin du Nord désormais détesté, Nietzsche vit à Gênes, et il écrit Aurore. « Presque chaque phrase de ce livre
186 Et que peut enseigner cette Carmen de Bizet, que Nietzsche opposera « comme une antithèse ironique » au marécage, à la magie, à
187a plus. Le don-juanisme érotique n’est guère pour Nietzsche qu’une image, voire un argument polémique, mais c’est lui-même, en ta
1888] n’a pu manquer de réveiller dans la mémoire de Nietzsche les motifs tristaniens du Désir, de l’Invocation à la Nuit, de la Dél
189t « cloue » le Don Juan de la connaissance. C’est Nietzsche lui-même qui tend la main au Commandeur — à l’Éternel Revenant, au Pè
190ne façon de l’éterniser en soi-même ». ⁂ Le « cas Nietzsche » n’a pas été tranché par la folie. Et personne n’en a mieux formulé
191 Et personne n’en a mieux formulé les données que Nietzsche lui-même. Le dernier aphorisme d’Aurore se termine ainsi : Où voulon
192? Ou bien, mes frères, ou bien ? Dans Ecce Homo, Nietzsche commente : « Ce livre se termine par un « Ou bien ? » — c’est le seul
193istan de la Foi. Était-ce vraiment la destinée de Nietzsche « d’échouer devant l’infini » ? Ou au contraire son choix délibéré ?
194t temporaire de la « noble » passion dont parlait Nietzsche, pendant le siècle des lumières. « Comme on voit, en fermant les yeux
195. (Je songe par exemple [p. 153] au choc reçu par Nietzsche à l’annonce de la mort de Wagner : le motif de Tristan reparaît peu a
196nt à l’invincible ordre des Assassins, — écrivait Nietzsche en humeur donjuanesque — … ils obtinrent, je ne sais par quelle voie,
197béissance au vérifiable. Pourtant, la liberté que Nietzsche veut aimer cessera [p. 156] vite d’être désirable quand il aura tué l
198ême : pas de « vraie » liberté sans vérité. Comme Nietzsche l’indique — pour l’oublier tout aussitôt lorsqu’il attaque l’esprit c
63 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 5. Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
199nt, sur ce mot d’âme. Je le prends ici au sens de Nietzsche, et de Gide lui-même dans sa maturité. Selon la conception traditionn
200corps mental ou spirituel. Le psychique est, pour Nietzsche, « l’âme mortelle… l’âme coordonnatrice des instincts et passions ».
201ra bien autant que notre Occident et ses mythes ? Nietzsche se vantait d’avoir écrit le seul ouvrage au monde qui se termine par
64 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 7. La personne, l’ange et l’absolu ou Le dialogue Occident-Orient
202kara. L’Occident découvre Zoroastre à la suite de Nietzsche, et publie les grands textes des mystiques soufis, mais l’Iran, l’Ara
203 de mort… Contre cet ascétisme non-transfigurant, Nietzsche n’écrit pas sans raison : « Il faut craindre celui qui [p. 227] se ha
65 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. V. L’Ère des nations, (de 1848 à 1914)
204ution de l’idéal européen, de Ranke à Renan et de Nietzsche à Sorel, aboutiront à une série de prophéties uniformément pessimiste
205tateur doublé d’un démagogue, admiré par le jeune Nietzsche qu’un hasard le fait rencontrer en 1871 au sommet du Gothard — lieu s
206 des Russes par la passion spirituelle, annonçant Nietzsche (qui venait de le découvrir, lorsqu’il sombra dans la démence), Soere
207qu’on ne saurait attendre des prophètes inspirés. Nietzsche l’excessif n’a cessé de rechercher l’amitié de Burckhardt le mesuré.
208e de Zarathoustra. Au moment de sombrer, à Turin, Nietzsche envoie deux dépêches suprêmes : l’une à Cosima Wagner (« Ariane je t’
209 l’humanité »… Cette incidente (qui fait penser à Nietzsche) trahit le pessimisme irrépressible de l’historien de la civilisation
210sociale et culturelle. Tout est contradictoire en Nietzsche, y compris sa passion pour l’Europe, pourtant constante, mais qui le
211née à régner sur l’Europe », — et c’est là, écrit Nietzsche, « la question qui me tient le plus à cœur au seuil du problème europ
212rs maladies de l’esprit affectent l’Europe, selon Nietzsche. Tout d’abord le nationalisme, déguisé en patriotisme « jovial et sol
213ne la pensée européenne du siècle. La position de Nietzsche devant l’historisme est nécessairement ambiguë, car sa vision de l’Eu
214e ? Dans la préface à Par delà le bien et le mal, Nietzsche répond par un « peut-être » (en pensant aux tensions fécondes dont l’
66 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VI. L’Europe en question : de Spengler à Ortega — VI.1. « Tout s’est senti périr »
215dictoires (et les mieux dénoncés par Renan et par Nietzsche) d’un nationalisme scolaire. Le problème des colonies ne fut pas posé
216e au xxe siècle. Ses deux maîtres sont Goethe et Nietzsche. Au premier, il emprunte (abusivement peut-être) une théorie organici
67 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VI. L’Europe en question : de Spengler à Ortega — VI.2. Crépuscule ou nouvelle aurore ?
217’est poursuivie avec Goethe, Taine, Renan, Liszt, Nietzsche, Romain Rolland, André Gide. Ai-je besoin de dire si ce mouvement a é
218e, selon l’ordre du temps. Ainsi traduit le jeune Nietzsche, dans son essai terminé en 1873 et intitulé La philosophie à l’époque
219lle nos représentations actuelles de l’Histoire ? Nietzsche, de la philosophie duquel Spengler a déduit, par une grossière incomp
68 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VII. L’Ère des fédérations. De l’Unité de culture à l’union politique — VII.1. Les sources vives
220C’est Karl Jaspers qui l’a mis en lumière d’après Nietzsche 279  : La passion pour la science appartient en propre à l’Europe, a
69 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. Appendice. Manifestes pour l’union européenne, (de 1922 à 1960)
221s, l’Abbé de Saint-Pierre, Kant, Mazzini, Hugo et Nietzsche décoraient la tribune. Encouragé par cette action, Aristide Briand, a
70 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (I) (avril 1961)
222ombre papillon fasciné par la flamme de Don Juan. Nietzsche a vécu plus seul encore, et guère moins chaste, mais toute son œuvre
223passion unique pour l’intériorité de la Vérité. Nietzsche et son ombre Deux vies dénuées. Deux célibataires maladifs, chastes s
224dité sur l’amour, sur la femme et sur le mariage. Nietzsche en a certes moins longuement écrit que Kierkegaard, mais son œuvre n’
225mes. Il est remarquable que les contradictions de Nietzsche offrent un raccourci fidèle de celles de Kierkegaard, qui à leur tour
226ui-même ! Sur le mariage, par exemple, voici chez Nietzsche qui rappelle à la fois la « difficulté » initiale et la réponse du Ma
227ue plus qu’humain, le mariage est ici aux yeux de Nietzsche « une conception surhumaine qui élève l’homme ». Mais combien plus pr
228rsonnellement Kierkegaard en tant qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne
229qu’Exception et Nietzsche en tant que philosophe. Nietzsche paraît plus naturellement misogyne que Kierkegaard : Toutes les gran
230ion créatrice de la morale et de la civilisation, Nietzsche met tout l’accent non sur l’ascèse mais sur la maîtrise des instincts
231 que l’amour désintéressé ; mais dans l’esprit de Nietzsche, elle désigne déjà cette passion « noble » qui dès le xiie siècle a
232r et se déprimer physiquement et psychiquement !) Nietzsche en vient à découvrir qu’en réalité « la volonté de combattre la viole
233 » 114 Passage capital pour mon propos ! Ce que Nietzsche y appelle « instincts rivaux » se ramène en fait à deux possibilités
234e non nécessaire biologiquement). Et l’amour, que Nietzsche suggère comme un possible instinct rival, est la passion de l’âme par
235r grande polémique dans l’œuvre et dans la vie de Nietzsche.   « Par la musique, les passions jouissent d’elles-mêmes ». Il est
236nt d’elles-mêmes ». Il est curieux de relever que Nietzsche, comme Kierkegaard, commence sa carrière d’auteur par un ouvrage sur
237lie règne entre la musique et le drame parfait. » Nietzsche voit dans le mythe en général « le but réel de la science », s’il est
238 [p. 13] Sans les paroles et l’image scénique, Nietzsche imagine qu’il ne pourrait supporter l’audition du troisième acte de T
239 tout au moins, — et l’on veut dire : dans ce que Nietzsche exprime consciemment — Tristan s’est évanoui et Don Juan domine tout.
240mblé de Cosima… — loin du Nord désormais détesté, Nietzsche vit à Gênes, et il écrit Aurore. « Presque chaque phrase de ce livre
241 Et que peut enseigner cette Carmen de Bizet, que Nietzsche opposera « comme une antithèse ironique » au marécage, à la magie, à
242 a plus. Le donjuanisme érotique n’est guère pour Nietzsche qu’une image, voire un argument polémique, mais c’est lui-même, en ta
243 manquer de réveiller dans la mémoire musicale de Nietzsche les motifs tristaniens du Désir, de l’Invocation à la Nuit, de la Dél
244t « cloue » le Don Juan de la connaissance. C’est Nietzsche lui-même, qui tend la main au Commandeur — à l’Éternel Revenant, au P
245ne façon de l’éterniser en soi-même. »   Le « cas Nietzsche » n’a pas été tranché par la folie. Et personne n’en a mieux formulé
246 Et personne n’en a mieux formulé les données que Nietzsche lui-même. [p. 15] Le dernier aphorisme d’Aurore se termine ainsi :
247Ou bien, mes frères, ou bien ? — Dans Ecce Homo, Nietzsche commente : Ce livre se termine par un « Ou bien ? » — c’est le seul
248istan de la Foi. Était-ce vraiment la destinée de Nietzsche « d’échouer devant l’infini » ? Ou au contraire son choix délibéré ?
71 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (II) (mai 1961)
249t temporaire de la « noble » passion dont parlait Nietzsche, pendant le siècle des Lumières. Comme on voit, en fermant les yeux,
250s une vie. (Je songe par exemple au choc reçu par Nietzsche à l’annonce de la mort de Wagner : le motif de Tristan reparaît peu a
251nt à l’invincible ordre des Assassins, — écrivait Nietzsche en humeur donjuanesque — ils obtinrent, je ne sais par quelle voie, q
252béissance au vérifiable. Pourtant, la liberté que Nietzsche veut aimer cessera vite d’être désirable quand il aura tué la vérité
253ême : pas de « vraie » liberté sans vérité. Comme Nietzsche l’indique — pour l’oublier tout aussitôt lorsqu’il attaque l’esprit c
72 1961, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La personne, l’ange et l’absolu, ou le dialogue Occident-Orient (avril 1961)
254kara. L’Occident découvre Zoroastre à la suite de Nietzsche, et publie les grands textes des mystiques soufis, mais l’Iran et l’A
255 de mort… Contre cet ascétisme non-transfigurant, Nietzsche n’écrit pas sans raison : « Il faut craindre celui qui se hait lui-mê
73 1962, Les Chances de l’Europe. I. L’aventure mondiale des Européens
256e en dérive, comme l’a montré Jaspers, commentant Nietzsche 7 (ce très lucide anti-chrétien) et nos principes politiques en déri
74 1962, Les Chances de l’Europe. III. L’Europe s’unit
257esquieu, Rousseau et Saint-Simon, et de Leibniz à Nietzsche en passant par Kant. Pour tous ces hommes, et pour des centaines d’au
258, mais aussi Dostoïevski, Ernest Renan mais aussi Nietzsche, prédisent le pire. Nietzsche écrit dans la Volonté de Puissance : « 
259st Renan mais aussi Nietzsche, prédisent le pire. Nietzsche écrit dans la Volonté de Puissance : « Un peu d’air pur ! Il ne faut
75 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. III. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
260ieri autant que des artistes, et toute l’œuvre de Nietzsche, son fervent disciple et jeune collègue de faculté, est marquée par c
261r une sorte de lyrisme de la fatalité qu’eût aimé Nietzsche. (Je pense à quelques admirables lacs de Silvaplana ou de Sils-Maria,
262les lacs de Silvaplana ou de Sils-Maria, lieux où Nietzsche conçut en un éclair l’idée du Retour éternel.) [p. 213] Toute la carr
263 dans son sein un créateur de haut rang. Loué par Nietzsche et par Jacob Burckhardt, et plus tard par Romain Rolland qui l’égalai
76 1970, Le Cheminement des esprits. II. Diagnostics de la culture — II.1. L’Europe contestée par elle-même
264ls nous paraissent vraiment grands : Kierkegaard, Nietzsche, Rimbaud, Dostoïevski. Quant à la philosophie, de Bergson aux divers
77 1970, Le Cheminement des esprits. Postface. L’écrivain et l’événement
265à l’Apocalypse, d’Eschyle à Dante, de Hölderlin à Nietzsche et à Rimbaud, mais c’est aussi toute l’imagination de la « vraie vie 
78 1970, Lettre ouverte aux Européens. I. L’unité de culture
266 tous deux créés par Dieu. Il est remarquable que Nietzsche, le premier, l’ait compris et l’ait dit : la science occidentale n’eû
267te pour Kierkegaard ou qui nous intéresse en lui. Nietzsche maudit le « nationalisme bovin » de nos [p. 61] pays, il n’y voit qu’
268ondu de nos jours sur l’Europe : de Kierkegaard à Nietzsche et à Dostoïevski, de Tocqueville à Jacob Burckhardt et de Donoso Cort
269ionalismes et les racismes, dénoncés d’avance par Nietzsche, prolifèrent sur les ruines de l’Empire austro-hongrois. Et bientôt c
79 1970, Lettre ouverte aux Européens. II. L’union fédérale
270ux esprits dialectiques, à Pascal, Kierkegaard ou Nietzsche, et aux doctrinaires politiques comme Rousseau, Tocqueville et Proudh
80 1970, Lettre ouverte aux Européens. III. La puissance ou la liberté
271conde. 35. Critique fédéraliste du nationalisme Nietzsche, témoin de la montée de nos délires, écrit ceci : « Un diagnostic de
272 opposées » et la « vivisection » préconisées par Nietzsche. La patrie, pour le fédéraliste, est une réalité d’instinct et de sen
81 1970, Lettre ouverte aux Européens. IV. Vers une fédération des régions
273États 50 .  Or le petit État, selon le maître de Nietzsche, c’est ce que nous nommons la région, unité de participation. Mais co
82 1970, L’Un et le Divers ou la Cité européenne. I. Pour une nouvelle définition du fédéralisme
274ux esprits dialectiques, à Pascal, Kierkegaard ou Nietzsche, et aux doctrinaires politiques comme Rousseau, Tocqueville et Proudh
83 1975, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Paradoxes de la prospective (automne 1975)
275e siècle, de Tocqueville à Jacob Burckhardt et à Nietzsche, pour ne citer que les plus grands noms. 116 Certes, ils ont tous n
84 1977, L’Avenir est notre affaire. Introduction. Crise de l’Avenir
276n dépit des objurgations des Pascal, Kierkegaard, Nietzsche et Dostoïevski. Mais pourrons-nous longtemps encore ignorer la questi
85 1977, L’Avenir est notre affaire. I. Système de la crise — 3. La clé du système ou l’État-nation
277ralisé, bureaucratique, technocratique, celui que Nietzsche, inoubliablement, nomma « le plus froid de tous les monstres froids »
86 1977, L’Avenir est notre affaire. II. De la prévision — 6. L’avenir sensible au cœur
278 siècle, de Tocqueville à Jacob Burckhardt et de Nietzsche à Georges Sorel, pour ne citer que les plus grands noms. Certes, ils
87 1977, L’Avenir est notre affaire. III. Repartir de l’Homme — 9. Devenir soi-même
279que je suis, selon le précepte antique repris par Nietzsche 117 . De cela seul, à [p. 203] coup sûr, je suis seul responsable. Ma
88 1982, La Part du Diable (1982). Postface après quarante ans
280siècle. Malraux avait repris le thème de [p. 237] Nietzsche, Sartre allait lui emboîter le pas. Mais personne n’a parlé — même pa
281oid, plus « monstre froid » que l’État même selon Nietzsche. Jamais distrait par la pitié, la peur, l’indignation ou la fatigue,
282 et près de nous par Goethe, par Kierkegaard, par Nietzsche, par la sagesse mystique mise en pratique, par l’humilité devant Dieu