1 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
1s… » Ajoutons [p. 137] que le jardinier s’appelle Simard, « Fernane », sa femme Marguerite, son chien basset, Pernod. Et qu’il
2ire ». (Légère nuance de supériorité sociale chez Simard.) Nos hôtes nous avaient signalé la famille d’un mineur retraité, don
3etites et toujours vertes ; on ne les mange pas.) Simard nous a indiqué une ferme, de l’autre côté de la colline du sud, où no
4randes villes et de leur caricature de société. — Simard, le jardinier, est à demi métayer. Est-ce un prolétaire ? Il serait v
5préférerait ? » (En prononçant tous les e muets.) Simard, à propos de la récente baisse des salaires à la filature : — « Je vo
6p grandes…) 12 janvier 1935 Ces cochons-là ! — Simard le jardinier s’est fait une forte entaille au doigt en travaillant. C
7 « une personne encore plus compétente » que lui, Simard, et cette personne lui a conseillé d’écrire une nouvelle lettre recom
8it des ravages, et ces cochons-là vous diminuent. Simard m’explique encore que les gens s’en vont d’ici pour travailler à la v
9doutais bien, et la mère Calixte me le confirme : Simard me tient pour un minus, un incapable, peut-être même pour une espèce
10aube d’été. « Un vrai temps de Pâques ! » me crie Simard. [p. 213] ⁂ Hier il pleuvait. Vendredi, c’était grand soleil. Et les
11eau faisait son apparition au haut de la colline. Simard et moi leur avons lancé quelques pierres, pour voir. Ils s’éloignaien
12s simples qui empêcheraient « Hidler » (comme dit Simard) de faire la guerre. Conclusion : il appartient à un seul Chef, à un
13mort et les cérémonies dans le Gard. La maison de Simard recèle un effrayant secret qu’on m’avait laissé ignorer : une belle-m
14 chargée, bou die ! l’estomac et tout. — Mais les Simard ne m’avaient jamais parlé d’elle ! — Peuchère ! ils languissaient de
15ables discussions nous parvient de la cuisine des Simard. Un beau-frère est arrivé, et on partage. C’est toujours assez compli
16nt la fenêtre. Je me précipite : ce sont les deux Simard qui font un grand feu dans la cour. Est-ce qu’ils la rôtissent ? On d
17s réveillé tard. Tandis que je me rase, j’entends Simard qui apostrophe la mère Calixte près du bassin. « Je ne veux pas qu’on
18se la tête par la fenêtre. — Qu’est-ce que c’est, Simard ? Il est rouge et boursouflé, tremblant de colère et gesticulant. Il
19pas se moquer des gens en deuil ! — Mais Monsieur Simard… — Il est parti. Le bassin est à 50 mètres de la maison, sur une terr
20eaucoup. 9 mai 1935 Me voilà donc brouillé avec Simard. Après l’algarade d’hier matin, je ne me sentais pas le cœur à lui jo
21 donc borné à exprimer mes « condoléances » à Mme Simard, que j’ai trouvée hier soir devant son seuil, entourée de commères qu
22mère Calixte qui me l’apprend ce matin. Le ménage Simard est furieux. Nous n’avons pas du tout fait ce qu’il fallait. Je me ré
23ais comment, j’ai pourtant dit ma sympathie à Mme Simard. — Je sais, mais vous n’êtes pas entré chez eux. — Entré chez eux ? —
24 C’est un fait d’ordre religieux. Et la colère de Simard en témoigne. 15 mai 1935 Comme l’année dernière, à la même date je
2 1937, Esprit, articles (1932–1962). Journal d’un intellectuel en chômage (fragments) (juin 1937)
25aube d’été. « Un vrai temps de Pâques ! » me crie Simard. ⁂ Hier il pleuvait. Vendredi, c’était grand soleil. Et les bonnes fe
26eau faisait son apparition au haut de la colline. Simard et moi leur avons lancé quelques pierres, pour voir. Ils s’éloignaien
27mort et les cérémonies dans le Gard La maison de Simard recèle un effrayant secret qu’on m’avait laissé ignorer : une belle-m
28 chargée, bou die ! l’estomac et tout. — Mais les Simard ne m’avaient jamais parlé d’elle ! — Peuchère ! ils languissaient de
29ables discussions nous parvient de la cuisine des Simard. Un beau-frère est arrivé, et on partage. C’est toujours assez compli
30nt la fenêtre. Je me précipite : ce sont les deux Simard qui font un grand feu dans la cour. Est-ce qu’ils la rôtissent ? On d
31s réveillé tard. Tandis que je me rase, j’entends Simard qui apostrophe la mère Calixte près du bassin. « Je ne veux pas qu’on
32asse la tête par la fenêtre. Qu’est-ce que c’est, Simard ? — Il est rouge et boursouflé, tremblant de colère et gesticulant. I
33 se moquer des gens en deuil ! » — Mais, monsieur Simard… — Il est parti. Le bassin est à 50 mètres de la maison, sur une terr
34 beaucoup. [p. 385] 9 mai Me voilà brouillé avec Simard. Après l’algarade d’hier matin, je ne me sentais pas le cœur à lui jo
35nc borné à exprimer mes « condoléances » à madame Simard, que j’ai trouvée hier soir devant son seuil, entourée de commères qu
36mère Calixte qui me l’apprend ce matin. Le ménage Simard est furieux. Nous n’avons pas du tout fait ce qu’il fallait. Je me ré
37 comment, j’ai pourtant dit ma sympathie à Madame Simard. — Je sais, mais vous n’êtes pas entré chez eux. — Entré chez eux ? —
38 C’est un fait d’ordre religieux. Et la colère de Simard en témoigne. 15 mai Comme l’année dernière, à la même date je crois,
3 1937, Bulletin de la Guilde du Livre, articles (1937–1948). Pages inédites du Journal d’un intellectuel en chômage (octobre 1937)
39ment rayées — nous avons couru implorer l’aide de Simard. « Ce cochon-là » refuse, prétextant une hernie ; sa femme aussi, pré