1 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
1ls se fâchent tout rouge quand on leur dit que la Suisse est caractérisée, aux yeux de l’étranger impartial, par sa culture in
2des moutons aux partis et prédispose les citoyens suisses à prendre au sérieux les innombrables défense de, petites crottes noi
3qu’ils donnent une image mensongère de l’ancienne Suisse, à l’usage du peuple souverain qui ne manque pas d’en être flatté. Et
2 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
4 exemple d’éducation efficace. L’armée de milices suisses fait des soldats en moins de trois mois. Si l’école appliquait en les
3 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
5 [p. 385] Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930) be Peut-être faut-il venir du Japon pour accueillir du
6e secrète parenté de l’âme. Kikou Yamata peint la Suisse avec un pinceau « fait du poil de novembre des chamois ». On s’émerve
4 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
7re pour cette fois. 13. Chansons hongroises Les Suisses chantent immobiles, les yeux fixes, le visage impassible. Mais rien d
8es Français aiment par goût d’en bien parler. Les Suisses aiment avec une bonne ou une mauvaise conscience. À Vienne on voit de
9exemplaires, tels que banlieue française, village suisse, gare allemande grouillante de questions sociales. La Puszta est une
5 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
10ques articles parus dans des revues françaises ou suisses nous avaient appris à connaître les résultats considérables de l’œuvr
6 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
11ur sang ; moi qui prétendais l’autre jour que les Suisses les avaient tous tués au Morgarten ! — et mes Juifs de grogner d’aise
7 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
12pour cette fois. xiii Chansons hongroises Les Suisses chantent immobiles, les yeux fixes, le visage impassible. Mais rien d
13s. Les Français aiment par goût du bavardage. Les Suisses aiment avec une bonne ou une mauvaise conscience. À Vienne on voit de
14emplaires, tels que : banlieue française, village suisse, gare allemande grouillante de questions sociales. La Puszta est une
8 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Poésie dialectique (juillet 1933)
15 (juillet 1933) e Au cours d’un article paru en Suisse allemande, le professeur O.-E. Strasser déclare que le sonnet publié
9 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
16 ; trois républiques démocratiques seulement : la Suisse, la Finlande et la France ; et enfin trois semi-dictatures : Pologne,
10 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Un exemple de tactique révolutionnaire chez Lénine (janvier 1935)
17préparent les années de solitude à Paris, puis en Suisse pendant la guerre. Elles préparent aussi le retour de Lénine en Russi
11 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). L’Édit de Nantes et sa Révocation (mars-avril 1935)
18e cas en Angleterre, en Allemagne et plus tard en Suisse — c’est-à-dire qu’on écarte brutalement la solution fédéraliste qui s
12 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Conversation avec un SA (décembre 1935)
19marche et le chant par groupes. Ainsi, tenez, les Suisses se passionnent pour le tir au fusil. Vous n’irez pas leur reprocher,
13 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.14. L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle
20s de moins en moins. En France, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, en Scandinavie, il n’est question que du « désarroi gén
14 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
21l’attitude de quelques pays — France, Angleterre, Suisse, Belgique, Hollande — qui disposent encore du recul nécessaire par ra
15 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
22 pas « sublimes » comme on chante dans les écoles suisses. Et il est faux de « chanter » la montagne : les montagnards l’appell
16 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
23s en moins. [p. 266] En France, en Angleterre, en Suisse, en Belgique, en Scandinavie, il n’est question que du « désarroi gén
17 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plébiscite et démocratie (avril 1936)
24petite échelle : celle de certains petits cantons suisses où les affaires publiques sont discutées par l’assemblée plénière des
25lisateur, comme tend à le prouver l’exemple de la Suisse. (On a remarqué depuis longtemps que le referendum suisse est toujour
26(On a remarqué depuis longtemps que le referendum suisse est toujours dirigé contre l’État. C’est-à-dire que toute loi proposé
27Encore une fois : le referendum n’est possible en Suisse, il n’est « démocratique » que dans la mesure où le fédéralisme suiss
28mocratique » que dans la mesure où le fédéralisme suisse subsiste, et où l’État centralisé n’a que des pouvoirs limités et ne
18 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
29 de rappeler que le spectacle de pays tels que la Suisse, la Hollande et l’Amérique du Nord y suffirait peut-être ! Pour ne ri
19 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
30l’optimisme assez épais où s’endorment les jeunes Suisses, trop assurés, comme le dit Cingria, de trouver chaque matin sur leur
31otre vie dans la cité, de notre existence comme « Suisses ». Ils affectent nos tabous les plus inébranlés, nos sécurités matéri
32p. 23] Je voudrais souligner ceci : que c’est aux Suisses, finalement, que Ramuz pose ces questions ; mais que s’il garde en mê
33isins, c’est peut-être que notre lot, en tant que Suisses, et non en tant que Vaudois, ou Genevois, ou Zurichois, est d’exister
34ssion à accomplir, et que nul autre n’a reçue. La Suisse existe-t-elle ? nous demande Ramuz. Cela revient à dire : a-t-elle un
35t-être la plus importante qu’il faille poser à la Suisse. Parce que la Suisse se figure justement que c’est la question qui ne
36ante qu’il faille poser à la Suisse. Parce que la Suisse se figure justement que c’est la question qui ne se pose pas. Que nou
37. Hors de chez nous, l’on pense généralement : la Suisse tire son épingle du jeu. Neutralité égale prudence, égoïsme, ambition
38éen. Et quand bien même il serait démontré que la Suisse ne peut plus prétendre à jouer un rôle analogue, croit-on que son dro
39oi ils ont reçu ce droit. Je ne dirai pas que les Suisses l’aient déjà oublié. Mais la conscience qu’ils en gardent 73 paraît
40ts économiques, c’est la réalité européenne de la Suisse qu’on perd de vue. On l’a senti à l’occasion des sanctions contre l’I
41anctions contre l’Italie : la participation de la Suisse à la Société des Nations repose sur une équivoque que la Déclaration
42stifier l’espèce d’exterritorialité dont jouit la Suisse sur le continent, nous le voyons, lui aussi, se transformer d’année e
43ger de notre effort. La mission essentielle de la Suisse est une mission personnaliste au premier chef : sauvegarder une Welta
44éviations morbides. Et dès lors, la mission de la Suisse peut être définie à l’échelle de l’Europe : la Suisse doit être la ga
45se peut être définie à l’échelle de l’Europe : la Suisse doit être la gardienne de ce principe central, fédératif ; et elle ne
46sure où ils existent pour l’ensemble, — voilà les Suisses, grands Portiers de l’Europe, et mainteneurs de ses communes mesures.
47devrait nous unir. [p. 27] La première devise des Suisses, ce fut « Un pour tous, tous pour un ». C’est la formule la plus frap
48te mission de gardienne du principe commun que la Suisse peut et doit maintenant revendiquer face à l’Europe son droit à la ne
49aux : opinions, culture, et armée. 1. — L’opinion suisse, telle que la traduisent nos journaux — et spécialement dans les cant
50 que nous avons à incarner, on pourra dire que la Suisse a retrouvé sa raison d’être, et d’être neutre. Quoi de plus comique e
51e d’une nation. L’autorité qu’une certaine presse suisse s’était acquise à l’étranger reposait justement sur le fait que nous
52ignaient même en quelque mesure.) Mais une presse suisse partisane, à la manière des partisans français ou allemands, n’est pl
53qu’on ne déplore pas le fait que les cultures des Suisses ne forment pas une culture homogène. Elles forment quelque chose de m
54 du cœur de l’Europe. Vouloir créer une « culture suisse », ce serait trahir notre mission, ce serait le péché même d’idolâtri
55grandeur culturelle est de n’avoir pas de culture suisse, mais seulement une culture européenne ? On nous a donné par-dessus u
56ns que parce qu’ils sont d’abord, et génialement, Suisse allemand et Vaudois rhodanien. Mais deux poètes « enracinés » ne font
57deux poètes « enracinés » ne font pas une culture suisse. Ce sont deux vocations personnelles, et la culture suppose une tradi
58mmunautaire. Mais je me représente volontiers une Suisse culturelle pluraliste, avec ses centres successifs ou parfois même si
59nte de disciples d’auberge en auberge. C’était la Suisse spirituelle de la Renaissance, le microcosme de toutes ses grandeurs.
60. Puis Zurich et l’hégémonie passagère de l’École suisse sur la littérature allemande. Avec le xixe , la Suisse réapparaît sur
61e sur la littérature allemande. Avec le xixe , la Suisse réapparaît sur la grande scène de l’Europe. De Genève, c’est une autr
62e de l’Europe. De Genève, c’est une autre « école suisse » qui domine les lettres françaises ; après Rousseau : Constant et St
63 Nietzsche. Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une assez belle culture européenne 77 . Je ne vois pas pourquoi nous
64ns autant que lui. (Que serait-ce si je vivais en Suisse ?) Mais je pense qu’on n’atteint la grandeur qu’en utilisant ses défa
65essayer de rassurer ces gens sérieux que sont les Suisses moyens — et même les autres.) 3. — Avec l’armée, je reviens au concre
66urs proportionné au sens des raisons d’être de la Suisse dont témoignent ces mêmes milieux. Ce serait à croire parfois que pou
67. Ce serait à croire parfois que pour être un bon Suisse, il faut et il suffit que l’on soit un bon soldat. Peut-être oserons-
68son profit « le reste », on fait œuvre de mauvais Suisse, car c’est ce « reste » justement qui donne un sens à la fédération,
69s nous pouvions compter, et la mission même de la Suisse. Tout cela tend à nous réduire à nos proportions matérielles, qui son
20 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
70marche et le chant par groupes. Ainsi, tenez, les Suisses se passionnent pour le tir au fusil. Vous n’irez pas leur reprocher,
21 1938, Journal d’Allemagne. ii. Plébiscite et démocratie. (À propos des « élections » au Reichstag, 29 mars 1936)
71chelle réduite : celle de certains petits cantons suisses où les affaires publiques sont discutées par l’assemblée plénière des
72(On a remarqué depuis longtemps que le referendum suisse est généralement dirigé contre l’État. C’est-à-dire que la plupart de
73Encore une fois : le referendum n’est possible en Suisse, il n’est « démocratique » que dans la mesure où le fédéralisme suiss
74mocratique » que dans la mesure où le fédéralisme suisse subsiste, et où l’État centralisé n’a que des pouvoirs limités, ne « 
22 1938, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Page d’histoire (novembre 1938)
75issante d’une Fédération des Égaux, dont la seule Suisse figurait le microcosme. C’est dans cette perspective historique que l
23 1939, La Vie protestante, articles (1938–1961). Nicolas de Flue et la tradition réformée (1er septembre 1939)
76 réformée (1er septembre 1939) b Tout ce que le Suisse romand moyen connaît de Nicolas de Flue, c’est que ce pieux ermite vi
77, Nicolas fut revendiqué par tous les réformés de Suisse comme l’un de leurs plus grands précurseurs. Il m’a paru que la quest
78éritage commun des catholiques et des protestants suisses. Mais dès les premiers jours de la Réforme, la question se posa de sa
79u’il n’ait rien mangé, je ne puis le croire : les Suisses eux-mêmes ne l’affirment et ne le croient pas. » Rappelons que lorsqu
80 von Unterwalden ». Les autres réformateurs de la Suisse allemande en font autant. Joachim von Watt, ou Vadian, le savant huma
81y personnifie l’idée confédérale, créatrice de la Suisse. Autour de lui, gravitent des figures symboliques ou historiques : le
24 1940, Mission ou démission de la Suisse. Avertissement
82culture, neutralité, fédéralisme et défense de la Suisse. Si je me décide à réunir ces textes — les uns « parlés », les autres
83ans la communauté ; et tous, ils s’adressent à la Suisse, ou pour mieux dire, ils s’adressent à des Suisses. Par une série de
84Suisse, ou pour mieux dire, ils s’adressent à des Suisses. Par une série de cercles concentriques, ils s’efforcent de situer no
85interdise de « causer » et de m’entendre avec les Suisses d’autres croyances. Bien au contraire ! Car les seuls entretiens féco
86e du recueil est consacré à définir cette mission suisse, ses objectifs immédiats et lointains, ses limites et sa vraie grande
87ar une vision générale du monde, et du rôle de la Suisse dans le monde. Soyons modestes, c’est entendu. Nous ne sommes pas les
88ire imprudence. Que cette heure ait sonné pour la Suisse, qu’il soit temps de voir grand et d’oser, au sein d’un grand péril e
25 1940, Mission ou démission de la Suisse. 1. Le protestantisme créateur de personnes
89s ; trois républiques démocratiques seulement, la Suisse, la Finlande et la France ; et enfin trois semi-dictatures : Pologne,
90ments lyriques sur les ossements sacrés des héros suisses, sachons reconnaître les premières racines de quelque chose qu’il ne
91onde cette défense spirituelle sur la notion de « Suisse chrétienne », [p. 47] défions-nous de certains élans qui nous feraien
92nfusion du temporel et du spirituel. Parler d’une Suisse chrétienne quand beaucoup de Suisses, et des plus influents, sont inc
93 Parler d’une Suisse chrétienne quand beaucoup de Suisses, et des plus influents, sont incroyants, cela mène tout simplement, d
94est-à-dire au césaro-papisme. Si le mot d’ordre « Suisse chrétienne » doit être lancé, ce ne peut être que par les Églises seu
95ules, et non par un parti ou par une ligue. Une « Suisse chrétienne », ce serait une Suisse dont les citoyens seraient chrétie
96e ligue. Une « Suisse chrétienne », ce serait une Suisse dont les citoyens seraient chrétiens, ou tout au moins accepteraient
26 1940, Mission ou démission de la Suisse. 2. La bataille de la culture
97us dirais ce soir, je me trouvais quelque part en Suisse, dans une ferme montagnarde, au fond d’une chambre assez sombre et gl
98 groupes personnalistes, répandus en France et en Suisse, et vingt autres mouvements analogues, tous animés de cet esprit d’éq
99endre la culture, et pour ceux qui veulent rester Suisses. La guerre actuelle m’apparaît comme la guerre la plus anti-Suisse de
100 est faite, attestée par le sang, que la solution suisse et [p. 99] fédérale est seule capable de fonder la paix, puisque l’au
101ent enfin que l’heure est venue, pour nous autres Suisses, de voir grand, de voir aux [p. 101] proportions de l’Europe moderne,
27 1940, Mission ou démission de la Suisse. 3. Neutralité oblige, (1937)
102er de l’optimisme épais où s’endorment les jeunes Suisses, [p. 104] trop assurés, comme le dit Cingria, de trouver chaque matin
103otre vie dans la cité, de notre existence comme « Suisses ». Ils affectent nos tabous les plus inébranlés, nos sécurités matéri
104tres ? Je voudrais souligner ceci : que c’est aux Suisses, finalement, que Ramuz pose ces questions ; mais que s’il garde en mê
105isins, c’est peut-être que notre lot, en tant que Suisses, et [p. 105] non en tant que Vaudois, ou Genevois, ou Zurichois, est
106ssion à accomplir, et que nul autre n’a reçue. La Suisse existe-t-elle ? nous demande Ramuz. Cela revient à dire : a-t-elle un
107t-être la plus importante qu’il faille poser à la Suisse. Parce que la Suisse se figure justement que c’est la question qui ne
108ante qu’il faille poser à la Suisse. Parce que la Suisse se figure justement que c’est la question qui ne se pose pas. Que nou
109. Hors de chez nous, l’on pense généralement : la Suisse tire son épingle du jeu. Neutralité égale prudence, égoïsme, ambition
110éen. Et quand bien même il serait démontré que la Suisse ne peut plus prétendre à jouer un rôle analogue, croit-on que son dro
111oi ils ont reçu ce droit. Je ne dirai pas que les Suisses l’aient déjà oublié. Mais la conscience qu’ils en gardent paraît souv
112iques, c’est la réalité européenne [p. 109] de la Suisse que l’on perd de vue. On l’a senti à l’occasion des sanctions contre
113stifier l’espèce d’exterritorialité dont jouit la Suisse sur le continent, nous le voyons, lui aussi, se transformer d’année e
114nos risques sont là. La mission essentielle de la Suisse est une mission personnaliste au premier chef : sauvegarder une Welta
115éviations morbides. Et dès lors, la mission de la Suisse peut être définie à l’échelle de l’Europe : la Suisse doit être la ga
116se peut être définie à l’échelle de l’Europe : la Suisse doit être la gardienne de ce principe central, fédératif ; et elle ne
117esure où ils existent pour l’ensemble — voilà les Suisses, grands Portiers de l’Europe, et mainteneurs de ses communes mesures.
118n de l’idéal qui devrait nous unir. La devise des Suisses : « Un pour tous, tous pour un », c’est la formule la plus frappante
119te mission de gardienne du principe commun que la Suisse peut et doit maintenant revendiquer face à l’Europe son droit à la ne
120cipaux : opinions, culture et armée. 1. L’opinion suisse, telle que la traduisent nos journaux est en contradiction fréquente
121 que nous avons à incarner, on pourra dire que la Suisse a retrouvé sa raison d’être, et d’être neutre. [p. 114] Quoi de plus
122e d’une nation. L’autorité qu’une certaine presse suisse s’était acquise à l’étranger reposait justement sur le fait que nous
123ignaient même en quelque mesure.) Mais une presse suisse partisane, à la manière des partisans français ou allemands, n’est pl
124qu’on ne déplore pas le fait que les cultures des Suisses ne forment pas une culture homogène. Elles forment quelque chose de m
125 du cœur de l’Europe. Vouloir créer une « culture suisse », ce serait trahir notre mission, ce serait le péché même d’idolâtri
126grandeur culturelle est de n’avoir pas de culture suisse, mais seulement une culture européenne ? On nous a donné par-dessus u
127deux poètes « enracinés » ne font pas une culture suisse. Ce sont deux vocations isolées, et la culture suppose une suite, un
128 milieu, un écho. Je me représenterais plutôt une Suisse culturelle pluraliste, avec ses centres successifs ou parfois même si
129nte de disciples d’auberge en auberge. C’était la Suisse spirituelle de la Renaissance, le microcosme de toutes ses grandeurs.
130. Puis Zurich et l’hégémonie passagère de l’École suisse sur la littérature allemande. Et le Lausanne des beaux esprits cosmop
131bon et le marquis de Boufflers. Avec le xixe , la Suisse réapparaît sur la grande scène de l’Europe. De Genève, c’est une autr
132e de l’Europe. De Genève, c’est une autre « école suisse » qui domine les lettres françaises ; après Rousseau : Constant et St
133 de Wagner… Et tout cela fait, par le moyen de la Suisse, une assez belle culture européenne 25 . Je [p. 120] ne vois pas pour
134essayer de rassurer ces gens sérieux que sont les Suisses moyens — et même les autres.) 3. Avec l’armée, je reviens au concret,
135oportion du sens profond des raisons d’être de la Suisse dont nous témoignons par ailleurs. N’allons pas croire que pour être
136illeurs. N’allons pas croire que pour être un bon Suisse, il faut et il suffit que l’on soit un bon soldat ! Car on ne peut êt
137ous, que si d’abord on prouve que l’on est un bon Suisse. Après tout, notre armée n’est qu’un aspect de notre défense fédérale
138son profit « le reste », on fait œuvre de mauvais Suisse, car c’est ce « reste » justement qui donne un sens à la fédération,
139s nous pouvions compter, et la mission même de la Suisse. Tout cela tend à nous réduire à nos proportions matérielles, qui son
28 1940, Mission ou démission de la Suisse. 4. La Suisse que nous devons défendre
140 [p. 129] La Suisse que nous devons défendre 31 Les voix que rien n’arrête Nous sommes
141 nous fassions : elles nous demandent, à nous les Suisses, si nous avons encore une raison d’être, si nous osons encore la proc
142e notre sol n’appartienne qu’à nous seuls, à nous Suisses. Elles nous demandent quelle est la Suisse que nous sommes décidés à
143 nous Suisses. Elles nous demandent quelle est la Suisse que nous sommes décidés à défendre. Voilà le défi que nous adresse l’
144vons fait serment, le 2 septembre, de défendre la Suisse jusqu’à la mort. Eh bien, il serait fou de mourir pour une Suisse don
145a mort. Eh bien, il serait fou de mourir pour une Suisse dont nous ne serions pas sûrs qu’elle a le droit et le devoir d’exist
146I à prendre conscience des raisons de vivre de la Suisse, et de nos raisons de vivre en tant que Suisses. [p. 135] Nos priv
147la Suisse, et de nos raisons de vivre en tant que Suisses. [p. 135] Nos privilèges Si nous voulons prendre une conscience sé
148orique. Nous entendons dire, très souvent, que la Suisse mérite d’être défendue parce qu’elle détient d’immenses privilèges. A
149 et bonnes raisons de nous montrer fiers de notre Suisse ? Certes. Mais il convient de se demander ce que valent ces fameux pr
150Sommes-nous « à la hauteur » de notre nature ? La Suisse est belle, c’est entendu, c’est connu dans le monde entier. On a fait
151ous m’entendez bien : je ne dis pas que le peuple suisse, dans son ensemble, représente, selon l’expression de Hugo, « la post
152-nous qu’on peut aussi nous comparer, nous autres Suisses, à ces grandeurs, à ces beautés… Et c’est ici le lieu de relire quelq
153ommes-nous vraiment libres ? Il faut donc que les Suisses deviennent et restent « à la hauteur » de leur géographie. Mais il fa
154lques phrases extrêmement désobligeantes pour les Suisses. Je n’hésite pas à vous les lire, persuadé que l’une des marques de n
155rofit s’il y a lieu. « Un jour, écrit Goethe, les Suisses se délivrèrent d’un tyran. Us purent se croire libres un moment : mai
156 aristocrates ? Sommes-nous bien certains que les Suisses sont, plus que d’autres, libérés des préjugés bourgeois ? Sommes-nous
157courage de le reconnaître en toute franchise : la Suisse actuelle n’est pas, comme elle devrait et pourrait l’être, l’un des p
158dans notre histoire. C’est parce que les premiers Suisses avaient la passion de leurs libertés civiles et quotidiennes qu’ils o
159ibérer du joug autrichien. Et c’est parce que les Suisses du xviiie siècle ne jouissaient plus d’une véritable liberté intérie
160Voilà ce que j’entends par paresse d’esprit : les Suisses jouissent d’une instruction publique remarquable, mais ils ont la plu
161e véritable liberté d’esprit. Je connais bien des Suisses cultivés que l’intolérance de leurs concitoyens simplistes a réduits
162e, comme on l’a peut-être trop dit. Autrefois les Suisses se méfiaient des personnalités trop affichées, parce qu’ils craignaie
163ique dans l’effacement volontaire des plus grands Suisses de ces temps-là. Mais aujourd’hui, l’égalitarisme hérité du xixe siè
164 et « pratiquement » (comme nous aimons à dire en Suisse), le meilleur fondement de notre indépendance nationale, c’est encore
165e la nécessité n’est guère valable que pour nous, Suisses. Nos voisins n’ont aucune raison d’en tenir compte, bien au contraire
166orcent. Et certes, aux yeux d’un chrétien et d’un Suisse, les traités ne seront jamais de simples chiffons de papier ! La Conf
167ligérantes de ne point utiliser le passage par la Suisse, qui les découvrirait sur leur flanc. Mais vous savez fort bien que c
168 put jouer un rôle en 1914-1918. Je crois que les Suisses, aujourd’hui, sont unanimes à reconnaître lesquels, parmi les belligé
169i maintenant et malgré tout nous affirmons que la Suisse a le devoir de rester neutre, ce ne peut donc être qu’au nom d’une ré
170elle au premier chef : au nom de la mission de la Suisse dans la communauté européenne. Non, la neutralité de la Suisse ne sau
171a communauté européenne. Non, la neutralité de la Suisse ne saurait être un privilège : c’est une charge ! Et ce serait bien m
172’Europe entière. Seule, la mission positive de la Suisse rend un sens et un poids aux arguments que nous jugions tout à l’heur
173t Acte que la neutralité et l’inviolabilité de la Suisse, et son indépendance de toute influence étrangère, sont dans les vrai
174s permettre d’accomplir notre mission spéciale de Suisses. Disons-nous donc : beauté du sol oblige, liberté oblige, neutralité
175erté oblige, neutralité oblige ! Vocation de la Suisse Mais il est temps que je définisse ce que j’appelle la mission de la
176ue je définisse ce que j’appelle la mission de la Suisse, ou mieux, d’un terme plus chrétien, sa vocation. C’est très facile à
177es mots. La vocation actuelle et historique de la Suisse, c’est de défendre et d’illustrer aux yeux de l’Europe le principe du
178ntérieur de nos frontières. C’est faire que notre Suisse ait vraiment le droit de s’offrir en exemple à l’Europe, sur le plan
179 chrétienne pour vous parler de la vocation de la Suisse. Qui, en effet, mieux qu’un chrétien, mieux qu’un protestant calvinis
180droit et le devoir de parler d’une vocation de la Suisse, si ce n’était à nous, chrétiens Suisses ? C’est pourquoi je voudrais
181ion de la Suisse, si ce n’était à nous, chrétiens Suisses ? C’est pourquoi je voudrais consacrer cette dernière partie de ma co
182de réaliser notre vocation chrétienne en tant que Suisses. Quand on parle d’une vocation de la Suisse vis-à-vis de l’Europe, no
183 que Suisses. Quand on parle d’une vocation de la Suisse vis-à-vis de l’Europe, nombreux sont ceux qui crient à l’utopie. Eh b
184rte des possibilités concrètes. Si par exemple un Suisse croyait avoir la vocation d’un dictateur ou d’un conquérant, d’un Hit
185e ne se fonde sur aucune possibilité existante en Suisse. Il n’en va pas de même pour notre vocation fédéraliste : elle s’appu
186nt condamnés à l’idéalisme. Mais beaucoup de bons Suisses ne le voient pas de leurs yeux, et par suite, ne veulent pas y croire
187ment l’indication d’une vocation européenne de la Suisse. Dans un certain sens, ils n’ont pas tort. Une vocation n’est jamais
188 s’agit pour nous tous de reconnaître la vocation suisse, d’en revêtir la [p. 160] charge, d’en être les porteurs. Premièremen
189se fédéraliste européenne, sur l’initiative de la Suisse. Or on pourrait me faire remarquer qu’une vocation est toujours un ap
190 mobiliser l’opinion en faveur d’une action de la Suisse auprès de ses voisins en guerre. Peut-être n’y a-t-il rien à faire ho
191e que cette réduction d’Europe fédérée, qu’est la Suisse, soit au moins de l’ouvrage bien faite, digne d’être exposée, et en b
192Il nous reste à connaître vraiment nos confédérés Suisses allemands, qui savent souvent tellement mieux que nous ce qu’est la S
193ent souvent tellement mieux que nous ce qu’est la Suisse. Il nous reste surtout à développer en profondeur ce que j’appellerai
194r, précisément, au nom de leur vocation d’Églises suisses. Ceci m’amène à mon troisième et dernier point. C’est comme chrétiens
195r à cette défense, à cette illustration de l’idée suisse. Je m’explique. Le chrétien a le devoir d’agir, d’agir dans le monde
196en, placé par sa naissance dans la communauté des Suisses, doit naturellement s’insérer dans les données de fait qui sont celle
197ère du citoyen chrétien sera dans l’intérêt de la Suisse, certes. Mais elle sera d’abord obéissance à la foi. J’insiste sur ce
198as être chrétiens parce [p. 165] que nous sommes Suisses, mais nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétien
199ous sommes Suisses, mais nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Je tiens à dissiper ici tout
200s de gens, chez nous, pour dire qu’un bon citoyen suisse a le devoir d’être chrétien, comme si ce devoir était la conséquence
201paraît subordonné à celui qu’ils portent à l’État suisse. Or nous devons croire exactement le contraire, je le répète : nous d
202ontraire, je le répète : nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens [p. 166] d’abord. Gardons-nous du Sch
203us, à vrai dire, qu’une seule idée : c’est que la Suisse que nous devons défendre n’est pas la Suisse des manuels, des cartes
204e la Suisse que nous devons défendre n’est pas la Suisse des manuels, des cartes postales, des discours de tirs fédéraux ; n’e
205les, des discours de tirs fédéraux ; n’est pas la Suisse qui se vante de ses beautés, de ses libertés et de sa neutralité, mai
206de ses libertés et de sa neutralité, mais bien la Suisse qui sait reconnaître dans ces privilèges les signes d’une mission don
207té. Si nous refusons de considérer le fait d’être Suisses comme une espèce de « filon », dans notre Europe déchirée, si nous le
208 donner, nous serons mieux armés pour défendre la Suisse où Dieu nous veut à son service. p. 129 31. Conférence prononcé
29 1940, Mission ou démission de la Suisse. 5. Esquisses d’une politique fédéraliste
209appeler ici. Quand abandonnerons-nous cette manie suisse de dénoncer comme « utopistes », « rêveurs abstraits », « idéologues
210ues ! Il reste que la position géographique de la Suisse semble l’avoir prédestinée à un statut fédéraliste. C’est tout ce qu’
211rdée aux trois Waldstätten, et fondant la liberté suisse. Mais dès cet instant-là, les facteurs historiques apparaissent beauc
212 garde du Gothard — qui définit l’existence de la Suisse et assure son indépendance. La nécessité de s’entr’aider et le besoin
213faut protéger le cœur. [p. 174] Toute l’histoire suisse, à partir de ces temps, illustre le même équilibre entre les conditio
214prendra la valeur d’un symbole, et la mission des Suisses s’élargira. Peu à peu, de nouveaux cantons s’allieront aux communes d
215 et la grandeur territoriale viendront tenter les Suisses. L’Italie s’ouvre à eux, la Souabe et la Bourgogne… Vont-ils faillir
216arfois Zwingli d’avoir brisé l’essor guerrier des Suisses, [p. 175] leur élan vers la mer et l’aventure. En vérité, Zwingli nou
217ité, Zwingli nous a sauvés, la Réforme a sauvé la Suisse. Et c’est elle qui est restée fidèle aux préceptes du Frère Claus. Un
218jusqu’au démembrement inévitable. La division des Suisses en deux camps religieux eut au moins pour effet de tuer en germe l’am
219 rêver, les Zurichois et les Bernois. Dès lors la Suisse est ramenée à sa mission exceptionnelle. Les deux partis renoncent au
220ts. [p. 180] 4. Prenons maintenant la fédération suisse au seul titre d’exemple enseignant pour l’Europe. En vérité, ce ne so
221 des choses enfin, la préférence accordée par les Suisses à la coutume sur la loi ; leur goût d’utiliser ce qui existe plutôt q
222. 6. Le grand danger de l’heure présente, pour la Suisse, je le vois dans ce fait qu’elle doit se [p. 184] formuler. Elle doit
223suite d’approches bien diverses.) 7. L’expérience suisse est minuscule, mais concluante. Elle peut et doit servir d’exemple pa
224fédération. Beaucoup de gens s’imaginent, hors de Suisse, que l’Europe ne peut être fédérée que par l’action d’une grande puis
225tains neutres admirateurs de l’Angleterre. Ici la Suisse peut dire : Regardez-moi ! Je n’ai réussi à vivre et à durer qu’en co
226u lieu de la lutte stérile dont nous souffrons en Suisse, entre le parti des centralisateurs et le parti des régionalistes, le
227ent négatif que nous devons tirer de l’expérience suisse est d’un ordre plus quotidien et intime. Le morcellement d’un pays — 
228Notons que cette maladie a fait son apparition en Suisse à partir du moment où les cantons ont conclu une alliance unique et u
229 cette maladie, dans l’Europe de demain, comme en Suisse, il est essentiel d’insister [p. 192] sur le caractère non systématiq
230x. Je préciserai par un exemple très concret : en Suisse, les esprits les plus libres et les plus personnels sont ceux qui se
231ntimentalement à une région ; légalement à l’État suisse ; religieusement à une Église dont les frontières sont bien plus vast
232r tout cela risquerait d’apparaître à beaucoup de Suisses négligents un peu banal, « tout naturel »… Je rappelle donc que la fo
233 vouloir qu’un organisme fédéral. Or il existe en Suisse un « personnel » plus apte qu’aucun autre à préparer les bases de la
234 personnes responsables.) C’est le charisme de la Suisse que de produire des hommes dont la fonction est avant tout de connaît
235teurs d’accords internationaux, cosmopolites ou « Suisses de l’étranger » 39 , directeurs d’unions universelles, secrétaires d’
236 international de la Croix-Rouge, etc., etc. Le « Suisse international » est un homme qui peut et doit connaître l’Europe, [p.
237pour s’en servir. 14. La mission historique de la Suisse fut, à partir du xiiie siècle, de garder libres pour les peuples et
238l’idéal d’où renaîtra la paix si Dieu le veut, la Suisse tient les clefs de l’Europe, et c’est là sa vraie vocation. Elle est
239soit fécondé… Il y a beaucoup à faire pour que la Suisse puisse prétendre à jouer le rôle de germe d’une Europe nouvelle. Mais
30 1940, Mission ou démission de la Suisse. Appendice, ou « in cauda venenum » Auto-critique de la Suisse
240us souvent expliqué à lui-même et au monde que la Suisse. C’est qu’il en a besoin plus que nul autre. Sa devise est un paradox
241sition gauche-droite est étrangère au génie de la Suisse. Son origine parlementaire le prouve : rien de moins suisse que notre
242n origine parlementaire le prouve : rien de moins suisse que notre Parlement, importé d’Amérique à une époque récente, et plus
243es. Je vois que dans le budget moyen d’un ouvrier suisse, le cadre matériel de l’existence (logement, vêtement, mobilier, assu
244est nier le fédéralisme et ruiner les bases de la Suisse. Que nos moralistes s’en souviennent, et que nos conformistes ne l’ou
245, voilà des drôles de fédéralistes, des drôles de Suisses 41 . [p. 206] Je les estime intolérables, s’ils parlent en connaissan
246quer la ressemblance entre ce qu’ils détestent en Suisse et ce qu’ils admirent au dehors…) 9. Notre naïveté. — Elle éclate dan
247géographie ! dit ce poète. Et de nous décrire une Suisse héroïque protégée par les Alpes, ce rempart, le Jura, cette barrière,
248 mais les géographes, plus sobres, définissent la Suisse en ces termes : « Une dépression entre deux chaînes de montagnes. » R
249 droit que nul État humain n’est éternel ; que la Suisse est un État humain ; et que par conséquent l’épithète « éternelle » n
250e » ne saurait désigner l’attitude adoptée par la Suisse en politique. De plus, la Suisse n’est devenue neutre qu’à partir d’u
251e adoptée par la Suisse en politique. De plus, la Suisse n’est devenue neutre qu’à partir d’un certain moment de son histoire.
252 cette manière notre opinion. En tant que citoyen suisse respectueux des décisions de nos autorités suprêmes, j’ai donc le dro
253 sa matérialité (le territoire). Le vrai patriote suisse ne dit pas : « Plutôt renoncer à ma liberté d’opinion que de risquer
254ier à dominer les masses 43 . Il est temps que la Suisse comprenne que le souci de son économie ne saurait plus servir d’excus
255édérales ». Sur le plan diplomatique européen, la Suisse pourrait et devrait jouer dans notre siècle une partie magnifique. Ma
31 1940, La Vie protestante, articles (1938–1961). De Luther à Hitler (15 mars 1940)
256ien et catholique. Un billet, s’il vous plaît, au Suisse inquiet, au protestant scandalisé que je suis, pour expliquer cette a
32 1940, La Vie protestante, articles (1938–1961). « Dieu premier servi » (26 avril 1940)
257res. Là-dessus, quelques remarques à propos de la Suisse. Je suis de ceux qui pensent que la foi n’est pas « une affaire privé
258ien placé par sa naissance dans la communauté des Suisses doit naturellement s’insérer dans les données de fait qui sont celles
259ère du citoyen chrétien sera dans l’intérêt de la Suisse, certes. Mais elle sera d’abord obéissance à la foi. J’insiste sur ce
260e devons pas être chrétiens parce que nous sommes Suisses et que la Suisse est officiellement un pays chrétien. Mais nous devon
261chrétiens parce que nous sommes Suisses et que la Suisse est officiellement un pays chrétien. Mais nous devons être de bons Su
262t un pays chrétien. Mais nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Or, je constate qu’on entret
263ou simplement laisser entendre, qu’un bon citoyen suisse a le devoir d’être chrétien, comme si ce devoir était la conséquence
264ontraire, je le répète : nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Gardons-nous du Schweizer Ch
33 1940, La Vie protestante, articles (1938–1961). Neutralité (3 mai 1940)
265s un volume intitulé : Mission ou démission de la Suisse . Pendant tout l’hiver, nous avons pu lire dans les journaux cet aver
34 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
266Thomas Mann, Zweig, Valéry. Et les quatre langues suisses — n’oubliez pas le ladin des Grisons — viennent dire au dessert leur
267 bien la constellation ramuzienne. Rien de plus « Suisse » que ces créations spontanées, comme accidentelles, de centres europ
35 1942, La Part du Diable (1982). Introduction. Que la connaissance du vrai danger nous guérit des fausses peurs
268 premiers apôtres irlandais qui évangélisèrent la Suisse expliquait à son auditoire de paysans que les martyrs sont nos meille
269cesseurs auprès de [p. 14] Dieu. Les pâtres de la Suisse alpestre sont des gens simples et réalistes. Ils crurent l’apôtre. Il
36 1942, La Part du Diable (1982). II. Hitler ou l’alibi
270llent. [p. 62] Il me souvient d’avoir entendu en Suisse, au début de la guerre, le grand théologien Karl Barth répondre à la
37 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 7. Vues sur Ramuz
271 pas « sublimes » comme on chante dans les écoles suisses. Et il est faux de « chanter » la montagne : les montagnards l’appell
38 1946, Journal des deux Mondes. Avertissement
272rope. Ce troisième récit, qui se passe surtout en Suisse et en Amérique pendant la guerre, mais aussi dans d’autres pays, a po
39 1946, Journal des deux Mondes. 2. Journal d’attente
273 ces deux ardeurs montées jusqu’à la haine ? En Suisse, 2 mai 1939 Combien oseraient avouer que cette menace leur rend enfin
40 1946, Journal des deux Mondes. 4. Puisque je suis un militaire…
274re… En cantonnement, quelque part à la frontière suisse, fin septembre 1939 — Tu te rends compte ? dit un camarade. — Pas tro
275sible. J’aime beaucoup les adresses militaires en Suisse. Deux ou trois chiffres pour l’incorporation, et cette mention si bel
276 est faite, attestée par le sang, que la solution suisse et fédérale est seule capable de fonder la paix, puisque l’autre abou
277s bases vivantes de la paix. ⁂ Autre chose est la Suisse vue de loin, dans sa vérité séculaire, autre chose les bureaux où se
278envergure. (Frappé de constater qu’au sujet de la Suisse, de ses institutions, de sa neutralité, radicaux et conservateurs ou
279, pour une affaire de service. Ce haut lieu de la Suisse, ce vrai cœur de l’Europe, je ne m’en suis jamais approché sans resse
280 qui en émane… Je me disais en redescendant : les Suisses sont-ils sensibles à cette qualité ? Savent-ils qu’ils ont au Gothard
281e : l’exposition des chefs-d’œuvre de la peinture suisse du xvie siècle, repliés de Bâle à Berne, avant d’être cachés en lieu
282l avec une dure exactitude : face au danger. Leur Suisse est au sommet de son élan vers la conquête et la richesse, au comble
283ont des vagues à peine figées dans leur élan. Une Suisse réelle, et non pas un décor ; non pas un état d’âme vaporeux, comme l
284ine sur ce vers : Amen. Scellé avec le poignard suisse. 2 Et voilà qui résume toute sa vie. Car ce poignard, c’était déjà
285 ses tableaux ; ce sera l’arme réelle du guerrier suisse, signe des vieilles libertés ; et maintenant c’est le sceau des poème
41 1946, Journal des deux Mondes. 5. Anecdotes et aphorismes
286 chez nous autant qu’en Amérique.) ⁂ Pourquoi les Suisses ne condamnent-ils que les excès, et jamais le défaut de grandes vertu
287radio. Il a parlé de la Suisse romande, moi de la Suisse allemande. En sortant du studio, nous apprenons que Paris vient d’êtr
288i dit : « Si la France est battue, le moral de la Suisse va flancher. Beaucoup seront tentés de céder à diverses pressions. Po
289n qui réunirait tous les groupements organisés en Suisse, mais en dehors des partis politiques… — Oui, dit-il, c’est une idée.
290étranger. Vous mettez en danger la sécurité de la Suisse. C’est grave, c’est… très grave ! Terminé. — Terminé. Bon. Nous verro
291 pendant des heures. La débâcle est consommée, la Suisse cernée par l’Axe — les colonnes de Guderian descendent vers la Faucil
292 précisément, qui aurait le moins à perdre, si la Suisse cédait à la pression allemande !) Mi-juillet 1940 Je vois se compos
42 1946, Journal des deux Mondes. 6. Intermède
293été arrêtés ce matin à six heures… » Mais pour la Suisse, cet été-là, le péril militaire s’éloignait. Le Gothard était devenu
294tures en moins. Les mêmes peuvent rire de l’armée suisse parce qu’elle n’eut pas l’occasion de se battre. Pourtant elle l’aura
295, probablement, si les Allemands avaient senti la Suisse militairement moins forte et moins bien alertée. Et notre petit mouve
296 16 juillet, Pro Helvetia, par le Secrétariat des Suisses à l’étranger, m’offrait une « mission culturelle » en Amérique. L’arm
43 1946, Journal des deux Mondes. 7. La route de Lisbonne
297 d’extraire de votre poche une cigarette. Douanes suisse et française sans histoire : on s’en tire avec trois heures d’attente
298 femme s’approche de la portière. « Vous venez de Suisse ? dit-elle anxieuse. Est-il vrai que vous êtes bombardés chaque nuit
299et le surhumain. Et j’ai vu, aux frontières de la Suisse, l’invasion des herbes sauvages venant des terres abandonnées du Nord
44 1946, Journal des deux Mondes. 8. Premiers contacts avec le nouveau monde
300bres que les New Yorkais vous désignent comme les Suisses énumèrent leurs Alpes au visiteur qui en contemple la chaîne. Le vent
301[p. 119] Cet éditeur doit publier le livre sur la Suisse que je projette à l’usage des Américains. J’ai cru bon de l’avertir q
302 les illustre abondamment… Écrire ce livre sur la Suisse, ma première tentative de vulgarisation ? Mais il y faudra quelques m
303 être joué avant avril ou mai. Et l’on m’écrit de Suisse pour me presser de rentrer. Mais là-bas, que pourrai-je bien faire ?
304. 129] 15 mai 1941 Terminé mon petit livre sur la Suisse. Il ne paraîtra qu’en octobre, traduit, truffé et adapté par les soin
45 1946, Journal des deux Mondes. 9. Voyage en Argentine
305000 habitants presque tous fils ou petits-fils de Suisses. On m’y reçoit dans une très vaste halle décorée d’écussons de nos vi
306ue je m’en aille. ⁂ Accompagné le jeune intendant suisse — c’est un cavalier consommé — chez les institutrices qui tiennent l’
307res, à la courte veste brodée, brutal et beau. Le Suisse voudrait épouser l’Irlandaise, mais c’est visiblement l’Argentine qui
46 1946, Journal des deux Mondes. 11. Intermède
308en vrai. Nous étions trop nombreux. En France, en Suisse aussi, avant la guerre, nous trouvions qu’il y avait [p. 175] trop de
47 1946, Journal des deux Mondes. 13. Virginie
309s boiseries, les rideaux et les plats viennent de Suisse, le couple de domestiques d’Avignon ; et je suis seul. Le soir je vai
48 1946, Journal des deux Mondes. 16. Journal d’un retour
310arres, les signes d’anxiété… 7 avril 1946 Plus Suisse que nature. — Que la Suisse soit restée aussi suisse m’a paru proprem
311 7 avril 1946 Plus Suisse que nature. — Que la Suisse soit restée aussi suisse m’a paru proprement incroyable. Je ne trouve
312sse que nature. — Que la Suisse soit restée aussi suisse m’a paru proprement incroyable. Je ne trouve ici d’autre sujet de m’é
313ents les méritent. Ce qu’il y a de plus intact en Suisse, peut-être, c’est le mythe helvétique par excellence d’une décence fo
314nce d’une décence fondamentale. Il se peut que la Suisse ait seule gagné la guerre, et seule n’ait pas été contaminée par le g
315du règne de l’autre Grand. Entre l’Amérique et la Suisse, il se peut que bientôt l’on ne survole plus qu’un no man’s land, où
316présentés dans cette enceinte. Nous laissons à la Suisse minuscule un gigantesque palais vide, pour nous ruer vers la grande A
49 1946, Journal des deux Mondes. 17. Le mauvais temps qui vient
317arge des batailles. Ce que je voudrais dire de la Suisse n’est donc pas sans me concerner sur plus d’un point. Souffrir, en so
318nse, mais souvent un simple accident. Je vois les Suisses qui se disent honteux de n’avoir pas souffert comme les autres, comme
319 le drame continue, c’est trop clair. Le tour des Suisses viendra, [p. 250] qu’ils se rassurent ! Et s’ils ont constitué la rés
320eillance universelle dont l’existence rassure les Suisses… L’ennui c’est qu’il n’y a pas du tout de bienveillance universelle.
321s du tout de bienveillance universelle. Et que la Suisse est mal préparée, par sa probité même, à faire face aux gangsters. Ri
322é même, à faire face aux gangsters. Rien de moins suisse que le cynisme, honoré dans le reste du monde. Rien de plus suisse qu
323isme, honoré dans le reste du monde. Rien de plus suisse que le réflexe de critiquer sèchement tout ce qui dépasse alors que l
324uffisent plus à le protéger. Il est temps que les Suisses découvrent que pécher par défaut, dans ce temps dur, est plus grave q
325Voilà qui éclate aux yeux dès qu’on sort de l’île Suisse et qu’on navigue en pleine débâcle printanière des valeurs civiques e
326 sépare du désordre profond. Mais ce n’est pas en Suisse qu’on voit ces déchirures. J’ai donc pris le parti de circuler, malgr
50 1946, Lettres sur la bombe atomique. 1. La nouvelle
327en est bleue comme dans mes souvenirs des lacs de Suisse et du Tyrol. La grande galerie ouverte où je suis installé, à l’ombre
51 1946, Lettres sur la bombe atomique. 5. Ni secret, ni défense
328qui a tiré. Supposez qu’un petit pays, disons la Suisse, manufacture une douzaine de bombes. Ce n’est pas une question d’arge
329é et d’équipement technique, et vous savez que la Suisse possède tout cela. En fait, c’est à l’École polytechnique de Zurich q
52 1946, Lettres sur la bombe atomique. 11. Tous démocrates
330Les Soviets qui se disent démocrates dénoncent la Suisse, qui est la plus vieille démocratie du monde, et la traitent de « fas
331tre autres, à la nationalisation des banques. Les Suisses peuvent répondre que cette mesure est précisément celle qui fut prise
53 1946, Politique de la Personne (1946). Préface pour l’édition de 1946
332de groupes d’action (en France, en Belgique et en Suisse, principalement), il s’est dissout et dispersé pendant la guerre. En
333ues personnalistes viennent d’apparaître, deux en Suisse, une en Angleterre… Partout le mot ; la chose suivra-t-elle ? Que peu
54 1946, Esprit, articles (1932–1962). Épilogue (novembre 1946)
334nt le mieux en Europe ? Les États scandinaves, la Suisse, la Hollande, et la Grande-Bretagne. Ce sont des démocraties en major
55 1947, Doctrine fabuleuse. 11. Le nœud gordien renoué
335. La guerre civile était près d’éclater entre les Suisses, au xve siècle. Un messager fut envoyé à l’Ermite qui vivait dans le
56 1947, Vivre en Amérique. Prologue. Sentiment de l’Amérique
336 encore de me réveiller en Amérique. J’ai vécu en Suisse, en Autriche, en Italie, en Allemagne et en France : quelques mois et
57 1947, Vivre en Amérique. 2. Vie culturelle et religieuse
337 la France laïque de naguère ! Je songe même à la Suisse, à tant de timidités, de cloisonnements, et peut-être de prudences au
58 1947, Vivre en Amérique. 4. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
338ruites par les Allemands avant Hitler, ou par les Suisses ou par les Hollandais. Mais en Amérique, on copie le gothique, tant p
339x en Europe ? [p. 172] Les États scandinaves, la Suisse, la Hollande, et la Grande-Bretagne. Ce sont des démocraties en major
59 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
340eine marée totalitaire. Je la voyais à l’œuvre en Suisse, pays où la vie politique épouse mieux que nulle part ailleurs les ré
341tatons que ce sont sans contredit : la fédération suisse, et les royaumes démocratiques et socialistes du Nord, Scandinavie, H
60 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. II
342tre, une constitution commune. Dans cette vue, la Suisse moderne serait une sorte de « bon exemple » à suivre. Rien de plus ba
343ivre. Rien de plus banal que cette référence à la Suisse, dès qu’il est question d’États-Unis d’Europe [p. 64] ou d’un gouvern
344e aux grands. De plus, il a fallu des siècles aux Suisses pour se fédérer, et nous avons besoin de solutions rapides. » À la de
345 deuxième objection, je répondrai que les cantons suisses n’ont adopté une constitution commune qu’en 1848, au terme d’une cris
346Quant à ce que l’on répète sur la petitesse de la Suisse, et sur l’impossibilité de transposer ses institutions à l’échelle co
347 détails de la mise en pratique du fédéralisme en Suisse, mais non pas si l’on cherche à dégager de cette expérience l’idée fé
348fondamental, que l’exemple de notre vie politique suisse illustre très clairement. En effet, les mots Fédération et Fédéralism
349compris de deux manières très différentes par les Suisses alémaniques et par les Suisses romands. En allemand, Confédération se
350ifférentes par les Suisses alémaniques et par les Suisses romands. En allemand, Confédération se dit Bund, qui signifie union,
351oint est parfaitement exprimé par la devise de la Suisse, devise paradoxale ou « dialectique » dans sa forme : « Un pour tous,
352blables à celles que je viens de signaler pour la Suisse. Nous aurons des fédéralistes qui ne penseront qu’à faire l’union et
353ion féconde. Lorsqu’on lit les anciens historiens suisses, j’entends ceux d’avant 1848, on est frappé de constater qu’ils n’emp
354 guider les démarches des meilleurs hommes d’État suisses, pendant des siècles. Mais il est non moins certain que cette idée es
355la vie du civisme et de la pratique politique des Suisses. C’est le défi que représente l’esprit totalitaire, qui les force à f
356 vivons ce moment de l’histoire où le fédéralisme suisse, s’il veut durer, doit devenir à son tour missionnaire. Telle est la
357ère. Le grand danger de l’heure présente, pour la Suisse, je le vois dans ce fait qu’elle doit se formuler. Elle doit dire ce
358es nations composantes. [p. 71] Toute l’histoire suisse illustre ce principe. Chaque fois qu’un des cantons, comme Zurich, ou
359se de l’état fédératif moderne. C’est pourquoi la Suisse ne verra jamais sans une certaine méfiance certains « Grands » s’arro
360açable. (On pourrait aussi dire une fonction.) En Suisse, ce respect des qualités ne se traduit pas seulement dans le mode d’é
361culturelle, où l’on voit la Suisse romande, et la Suisse italienne jouer un rôle sans proportion avec le chiffre de leurs habi
362egarder leurs qualités propres. La richesse de la Suisse, par exemple, réside dans ses diversités jalousement défendues et mai
363onnent de l’extrême complication des institutions suisses, de cette espèce de mouvement d’horlogerie fine que composent nos rou
364c les réalités humaines et naturelles du pays. La Suisse est formée d’une multitude de groupes et d’organismes politiques, adm
365ée des gouverneurs des quarante-huit États, ni la Suisse par les délégués des vingt-deux cantons. Ce serait impraticable. Ces
366er, et rapidement, comme le fut celle des cantons suisses en 1848. La nécessité en est évidente, la maturation historique en es
367oies nouvelles. Seul il peut surmonter — voyez la Suisse — les vieux conflits de races, de langues et de religions sclérosés d
61 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. III
368 En transposant au plan européen le système de la Suisse et des États-Unis : qu’à la Chambre nommée par les peuples, réponde u
62 1948, Suite neuchâteloise. I
369su regarder ?   [p. 11] On lui dit : — Vous êtes Suisse ? Vous en avez de la chance ! Mais vous avez si peu l’air suisse. — C
370n avez de la chance ! Mais vous avez si peu l’air suisse. — C’est qu’il n’y a pas d’air suisse, ou qu’il y en a vingt-deux. —
371i peu l’air suisse. — C’est qu’il n’y a pas d’air suisse, ou qu’il y en a vingt-deux. — De quelle région de la Suisse êtes-vou
372qu’il y en a vingt-deux. — De quelle région de la Suisse êtes-vous ? De Neuchâtel ? Attendez, Neuchâtel, rappelez-moi…   Ainsi
373iaget sur la psychologie de l’enfant. Le seul vin suisse qui se vende à New York, mais à quel prix ! c’est le Neuchâtel blanc.
374 étonné. Principauté prussienne [p. 13] et canton suisse français ; traditions aristocratiques à peine éteintes (moins de cent
375d rentrer.   Je suis rentré, c’est la coutume des Suisses ; reparti, revenu, et ce n’est [p. 14] pas fini. Comment un peuple au
63 1948, Suite neuchâteloise. III
376tres nations de l’Europe. La plupart des citoyens suisses, qu’ils soient bourgeois, ouvriers ou paysans, pourraient sans peine
377 nos voisins, que les familles de la noblesse. La Suisse n’est pas démocratique pour avoir tardivement aboli ce que l’on nomme
378tres sur l’état politique, civil et naturel de la Suisse, écrit en 1776 : « La constitution de Neuchâtel est une monarchie lim
64 1948, Suite neuchâteloise. IV
379eptante-six ouvrages publiés par des Rougemont en Suisse, en France et en Allemagne, entre 1830 et 1900. Et cela va d’un essai
380n petit pays. Ainsi l’on répète volontiers que la Suisse est le « carrefour de l’Europe ». Pour vérifier ce lieu commun, exami
65 1948, Suite neuchâteloise. V
381tres… Je la voyais dans son canton ; mais dans la Suisse ; mais dans l’Europe, que devient ce fil rouge que je croyais tenir ?
382ours il n’est que de [p. 52] la haine. Comment un Suisse le croirait-il ? Si je me sens presque partout chez moi dans l’Europe
383 et se marient. Pour moi comme pour tant d’autres Suisses, passer de la petite patrie à la plus vaste, ce n’est pas infidélité
384s catholique, elle cachait ses messages au fiancé suisse dans l’écorce d’un arbre, au fond du parc, et devenait protestante en
66 1948, Suite neuchâteloise. VII
385, qui faisait fête à des adieux… Petits déjeuners suisses sur un balcon d’hôtel à Vevey, à Montreux, patries du roman russe. Et
67 1948, Suite neuchâteloise. VIII
386fin d’une phrase. Je sais bien que l’influence du suisse allemand y est pour beaucoup, et qu’on ne peut pas déplacer le canton
68 1948, Esprit, articles (1932–1962). Thèses du fédéralisme (novembre 1948)
387ée des gouverneurs des quarante-huit États, ni la Suisse par les délégués des vingt-deux cantons. Ce serait impraticable. Ces
388oies nouvelles. Seul il peut surmonter — voyez la Suisse — les vieux conflits de races, de langues et de religions sclérosés d
69 1950, Lettres aux députés européens. Première lettre
389oient encore souveraines ? Voyons l’Histoire. Les Suisses ont réussi : voyons la Suisse. Tout le monde croit l’avoir vue et s’e
390ns l’Histoire. Les Suisses ont réussi : voyons la Suisse. Tout le monde croit l’avoir vue et s’en va répétant qu’il a fallu pl
391États absolument souverains. Point de citoyenneté suisse, point de liberté d’établissement ou d’échange commercial entre Canto
392l, organe exécutif, entre en fonction. Le drapeau suisse est arboré à côté des drapeaux des Cantons. Aucun des troubles graves
393calculées ne se produisirent. L’essor que prit la Suisse, dès cet instant, n’a pas fléchi durant un siècle. Messieurs les Dépu
394Vous me direz que l’Europe est plus grande que la Suisse ; qu’il fallut une bonne guerre pour briser le tabou des souveraineté
395uverainetés cantonales absolues ; que les Cantons suisses vivaient [p. 10] ensemble depuis des siècles ; que les problèmes écon
396ue l’Europe d’aujourd’hui soit plus grande que la Suisse d’alors : vous êtes venus de Stockholm à Strasbourg — ou de Rome, ou
397litique. Messieurs les Députés, n’oubliez pas la Suisse : elle existe en dépit de tous les arguments qu’on oppose aujourd’hui
398 vous supplier d’y réfléchir quelques minutes. La Suisse s’est unie en neuf mois. Il vaut la peine de s’arrêter devant ce fait
70 1950, Lettres aux députés européens. Quatrième lettre
399ait empêché les États des US ou les Cantons de la Suisse de se fédérer. La souveraineté nationale absolue n’est donc plus qu’u
400t mieux qu’elles, et qu’elles sabotent. Le peuple suisse, il y a cent ans, n’a pas voté la suppression des souverainetés. Ses
71 1950, Lettres aux députés européens. Cinquième lettre
401nterroge. Il n’en fallut pas plus pour fédérer la Suisse. Mais l’opinion veut qu’on l’entraîne. « On suit ceux qui marchent »,
72 1952, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Rapport moral présenté par M. Denis de Rougemont (novembre 1952)
402tituée en association internationale selon la loi suisse, et qu’il ne dépend ni du Conseil de l’Europe, ni des gouvernements,
73 1953, La Confédération helvétique. Introduction (par Lucien Febvre)
403Introduction (par Lucien Febvre) Révélation de la Suisse : j’intitulerais volontiers ainsi, pour ma part, le beau travail de M
404d’encordés — à la question : « Vous connaissez la Suisse ? » — peuvent répondre en conscience : « Bien sûr ! » D’autant que, c
405çais ». Ce qui rend naturellement inaccessible la Suisse à beaucoup de pèlerins possibles, obligés par « faute d’argent » de c
406rants involontaires des terres et des [p. 8] lacs suisses, figurent beaucoup d’hommes capables, en se promenant, d’observer, de
407résidence, ont été de bonne heure attirés vers la Suisse — il y a frontière commune entre les Neuchâtelois, les Vaudois, les G
408oir avec ces souvenirs et ces paysages. C’est une Suisse grave, lucide et didactique. Une Suisse pour [p. 9] l’intelligence — 
409C’est une Suisse grave, lucide et didactique. Une Suisse pour [p. 9] l’intelligence — car l’essai qu’on va lire fait merveille
410ussi, des agents de l’histoire. Il semble que les Suisses aient pudeur d’en parler. Compartiments, oui. Et qui, souvent, assez
411pays rhétiques. Mais qui ne voit l’histoire de la Suisse que d’en bas, du creux, du fond même du compartiment, la voit mal. Ca
412 agrégat de compartiments clos qui s’est nommé la Suisse — c’est que les gens d’en bas étaient montés en haut. Pour le pâturag
413ous. Ceci sera Nous. » ⁂ Si proche de nous, cette Suisse : je veux dire de la France, de l’Italie, de l’Autriche, de l’Allemag
414n tout ; et d’abord, en son mode de formation. La Suisse, c’est la boule de neige. Trois petits cantons qui se donnent la main
415z, d’instinct, la « famille royale » qui « fit la Suisse ». Vous ne trouverez même pas de familles qui en aient « fait » les c
416i naissent de la nature ? Et ne faut-il prêter au Suisse que les façons d’être et de sentir du Flamand des plaines, coupé de l
417les œuvres de l’homme européen : la Confédération suisse. ⁂ Au fond, telle qu’elle est devenue, la Suisse n’est pas loin d’êtr
418 suisse. ⁂ Au fond, telle qu’elle est devenue, la Suisse n’est pas loin d’être une nécessité. La détruire, la rayer de la cart
419Des Italiens, mais comment mordraient-ils sur les Suisses alémaniques et romands ? Des Français, hypothèse grotesque et cependa
420 fil à retordre. Et le reste, à qui ? les 200 000 Suisses italiens ? et les 3 millions de Suisses alémaniques ? — on détruirait
421s 200 000 Suisses italiens ? et les 3 millions de Suisses alémaniques ? — on détruirait la Suisse ? Peut-être, mais sitôt l’opé
422lions de Suisses alémaniques ? — on détruirait la Suisse ? Peut-être, mais sitôt l’opération terminée, la Suisse se reformerai
423 ? Peut-être, mais sitôt l’opération terminée, la Suisse se reformerait. Ou plus exactement, la Confédération se reconstituera
4240 kilomètres en moyenne on passe une frontière en Suisse — et on change d’État. Ne dites pas que c’est jouer sur les mots. On
425 saisissant — n’oublions pas que Le Corbusier est Suisse — et ce que je dis de Fribourg, il faut le redire de toutes les autre
426 et Zurich, Berne, Lausanne, Genève… Et le peuple suisse tient à ce pluralisme universitaire, comme il tient à l’intégrité de
427e tous les pays de parler toujours de « la petite Suisse » avec un accent de supériorité comique. Développez et étalez sur un
428ute de le dire et de le répéter. Il est vrai, les Suisses ne se font pas remarquer. À telle enseigne qu’ils n’ont jamais intére
429. Avec âcreté parfois et injustice flagrante. Les Suisses ? Ils ne se sont même pas créé de Beulemans. Et personne n’a songé à
430grandeur. Et plus d’obstacle devant la pensée. Le Suisse s’appelle Jean-Jacques. Il s’appelle Germaine de Staël. Il s’appelle
74 1953, La Confédération helvétique. 1. Le peuple et son histoire
431ple et son histoire L’image conventionnelle de la Suisse semble avoir été fixée par le vers célèbre de Victor Hugo : Le Suiss
432té fixée par le vers célèbre de Victor Hugo : Le Suisse trait sa vache et vit paisiblement. Mais il se trouve que le même po
433, dans un accès de prophétisme, a pu écrire : La Suisse, dans l’Histoire, aura le dernier mot. Entre l’idylle de carte posta
434millénariste, nous allons essayer de découvrir la Suisse réelle. Disons tout de suite qu’une telle réalité ne saurait être rec
435éographie et d’une histoire. Géographiquement, la Suisse ne forme pas une unité visible au premier coup d’œil sur la carte, co
436s courte. Quant à l’Inn, elle quitte très vite la Suisse pour l’Autriche. Il est remarquable que le degré d’importance géograp
437d’importance linguistique et culturelle qu’ont en Suisse la civilisation germanique, la française, l’italienne et l’autrichien
438u rôle historique qu’il a joué aux origines de la Suisse, et du rôle stratégique qu’il conserve de nos jours. C’est autour du
439, singulier accident géographique, que l’histoire suisse prend son départ. ⁂ Les manuels scolaires donnent pour date de naissa
440 discours, manuels scolaires et écrits politiques suisses. C’est en effet la clause de la foi jurée. Or une fédération, comme l
441lisme d’un homme, d’un groupe ou d’une nation. La Suisse ne subsiste que par la fidélité de ses cantons à une alliance indiscu
442ulaire perpétue jusqu’à nos jours dans les foyers suisses et dans les salles d’école, le souvenir de trois députés des cantons
443 la droite vers le ciel. Avec ce geste est née la Suisse. [p. 24] Ce fameux « serment des trois Suisses » doit être situé dan
444la Suisse. [p. 24] Ce fameux « serment des trois Suisses » doit être situé dans un contexte historique qui n’enlève rien à la
445ière, dont les châteaux s’élevaient au nord de la Suisse actuelle, ne cessait d’agrandir ses domaines dans la direction du Got
446jouer un rôle déterminant dans la formation de la Suisse. Soulignons le fait que cette route, construite au seul endroit où l’
447i des villes d’Empire. Les premières libertés des Suisses sont donc nées d’une mission spéciale, celle de garder le Col libre p
448e pour tout l’Empire. La vocation constante de la Suisse, son statut d’exception au cœur du continent, la nécessité conjointe
449est ainsi que le meilleur historien moderne de la Suisse peut écrire : La naissance de la Confédération et sa défense victori
450de faits aussi surprenants. La science historique suisse aura toujours pour tâche essentielle de rendre cet événement intellig
451ndre cet événement intelligible. La Confédération suisse est le seul mouvement qui ait survécu au combat pour l’idée démocrati
452cession d’éléments citadins 2 . Toute l’histoire suisse, à partir de ce temps, illustrera cet équilibre difficile entre des c
453mbres souffrent et s’entredéchirent. Les premiers Suisses ne décidèrent donc pas de créer un État ou un régime nouveau. Ils s’a
454 temps de guerre. En réalité, ce sont les cantons suisses qui ont créé et pratiqué les premiers, d’une manière qui n’a plus été
455ît plus concluant. On peut dire que la fédération suisse s’est formée et consolidée précisément dans la lutte constante contre
456 a marqué et marque encore profondément les mœurs suisses. Il ne s’agissait nullement, à cette époque, d’établir une égalité ju
457t la Révolution française. La plupart des paysans suisses étaient des « hommes libres », certes, mais le seigneur restait un se
458ient parfois durement. L’égalitarisme des anciens Suisses se traduisait par une méfiance active à l’égard des personnalités tro
459r de certains traits déplaisants du caractère des Suisses modernes : car il était fatal qu’au cours des âges, et à mesure que l
460faits. Du xiiie au xve siècle, l’histoire de la Suisse se confond avec la lutte des cantons contre les Habsbourg. À mesure q
461n dans son pays d’origine. Une série de victoires suisses, plus étonnantes les unes que les autres, marque cette période. Au co
462 Au combat de Morgarten par exemple, en 1315, 600 Suisses exterminent une « Panzer division » de 11 000 chevaliers lourdement a
463plique par la rumeur qui courait sur les communes suisses à cette époque : leur organisation républicaine, antiféodale, certain
464nsolente d’indépendance, avaient fait du nom de « Suisse » un synonyme d’esprit subversif, de mauvaise tête. C’est ainsi que l
465les guerres de Bourgogne, au cours desquelles les Suisses battirent et tuèrent le duc Charles le Téméraire, dont la France et l
466 la première puissance militaire de l’Europe. Les Suisses passèrent les Alpes, envahirent la Lombardie, prirent Milan et battir
467les trois actes du drame où se joua le sort de la Suisse moderne. [p. 34] Soldat, puis juge, puis retiré sur sa terre qu’il c
468d’abord comme le type idéal du paysan libre de la Suisse centrale, de bon sens et de bon conseil, les deux pieds sur la terre,
469 car son conseil est devenu si puissant parmi les Suisses qu’on a coutume de s’adresser à lui avant de négocier un traité. Cepe
470en 1947) représente la plus authentique tradition suisse : réalisme, sobriété, spiritualité, fidélité à l’Alliance primitive.
471nation des Confédérés. La puissance militaire des Suisses, à ce moment, paraissait justifier l’entreprise. Mais son succès même
472abord de grands succès, en conduisant les troupes suisses en Italie au cours de plusieurs expéditions foudroyantes. À la batail
473complètement battu. Mais à Marignan, en 1515, les Suisses furent contraints de quitter le terrain après deux jours d’une batail
474ilitaire n’eût pas suffi à lui seul à ramener les Suisses dans leurs limites. Un phénomène d’un tout autre ordre allait les y c
475re. En vérité, Zwingli et sa Réforme ont sauvé la Suisse en la ramenant au sens de sa mission exceptionnelle. Zwingli avait gr
476 de combourgeoisie entre les cités germaniques et suisses, système auquel devaient s’intégrer peu à peu la France, le Danemark
477s, vers le Rhin, la Bourgogne et la Lombardie, la Suisse allait entrer dans une longue période de paix. Au Congrès de Munster
478onnait un état de fait déjà ancien. (Bien que les Suisses déclarassent encore la guerre au nom de l’Empereur, ils avaient cessé
479 politique de puissance dynastique, tandis que la Suisse conservait l’ancien idéal des libertés impériales. Plutôt qu’une rupt
480 termine la période d’émancipation héroïque de la Suisse, mais elle inaugure une période d’expansion spirituelle. La Confédéra
481ut du xvie siècle, la vocation spirituelle de la Suisse s’était révélée par la création de foyers et de places d’échanges int
482es ; Zurich avec Zwingli, le centre de la Réforme suisse ; Genève, avec Calvin, le centre de la Réforme internationale, dont l
483vie, les uns campagnards, les autres citadins, la Suisse ne pouvait prétendre à créer une culture de type uniforme (ou « natio
484its cantons à Landsgemeinde. Goethe, voyageant en Suisse vers la fin du xviiie siècle, pouvait écrire dans son journal : Un
485, pouvait écrire dans son journal : Un jour, les Suisses se délivrèrent d’un tyran. Ils purent se croire libres un moment : ma
486 monarchies jésuites et des lettres de cachet, la Suisse aristocratique et [p. 41] républicaine conservait à la faveur d’un in
487raîna la Convention venait de Genève — alliée aux Suisses — autant que de Londres. Et cela non seulement du fait de Rousseau, «
488on : le service étranger. On a souvent accusé les Suisses de manquer d’esprit d’aventure. On a raison dans ce sens que l’étroit
489 d’imagination et d’action. Mais on oublie que la Suisse est l’un des pays qui a exporté le plus de têtes chaudes. Dès le xvie
490 La Diète fédérale autorisa bientôt les officiers suisses à recruter pour leur compte des régiments, dont ils allaient ensuite
491uvent la garde royale. C’est ainsi que les gardes suisses furent les derniers à protéger Louis XVI contre l’émeute populaire, l
492 se rapporte le proverbe : « Pas d’argent, pas de Suisse. » Il est en partie calomnieux 3 . Comme un prince français disait un
493e français disait un jour au Maréchal de camp des Suisses, qui voulait faire payer ses troupes : « Avec l’argent que nous vous
494ux, et les milliers d’officiers supérieurs que la Suisse donna aux armées européennes, [p. 43] ne revinrent pas tous les mains
495 richesses s’accumulèrent ainsi dans les châteaux suisses. Beaucoup aussi revenaient mariés à des filles de seigneurs étrangers
496des filles de seigneurs étrangers. L’aristocratie suisse devint ainsi l’une des plus internationales de l’Europe, tant par les
497la Bérézina en 1813, comme l’épopée de l’ancienne Suisse s’était terminée trois siècles auparavant sur la plaine de Marignan.
498nan. ⁂ Lorsque éclata la Révolution française, la Suisse se vit brusquement dépassée par les événements, et prit figure d’État
499pas ». Dans un discours qu’il adressa aux députés suisses convoqués à Paris en 1802, le conquérant ne se contenta pas de faire
500 en effet, ne tentèrent nullement de démembrer la Suisse. Au contraire, tout en sanctionnant le retour au statut de la Ligue d
501 pu écrire qu’elle est « la porte par laquelle la Suisse entre dans le grand siècle de son histoire : le siècle où elle créera
502i venaient d’agiter toute l’Europe, laissaient la Suisse inquiète, ébranlée, incertaine. Le régime de la souveraineté absolue
503 la circulation des personnes. De 1815 à 1847, la Suisse fut en proie à une longue effervescence politique, souvent accompagné
504e à voter la première Constitution fédérale de la Suisse : la Ligue des cantons devenait, après cinq cents ans, un État doté d
505somme, ce ne fut guère qu’à partir de 1848 que la Suisse devint une « démocratie » au sens actuel de ce terme. Mais sa longue
506e. Aussi, durant le siècle de paix que valut à la Suisse sa constitution, le foyer de tous les débats politiques en Suisse fût
507tution, le foyer de tous les débats politiques en Suisse fût-il le problème des droits respectifs des cantons et de la Confédé
508e et bourgeoise qui va de 1848 à 1914 permit à la Suisse de se consacrer de plus en plus à sa mission européenne. Tandis qu’un
509 devaient tirer plus d’avantages matériels que la Suisse. En même temps, des institutions internationales telles que l’Union p
510ion monétaire latine choisissaient d’installer en Suisse leur siège central. La mission originelle [p. 48] de la Suisse trouva
511iège central. La mission originelle [p. 48] de la Suisse trouvait ses formes de réalisation moderne. Elle allait se manifester
512anique au monde latin, devait représenter pour la Suisse une épreuve décisive de son fédéralisme. N’allait-on pas voir les can
513 effet. Pendant quatre ans, il ne fut question en Suisse que du « fossé moral » qui se creusait entre les deux groupes linguis
514 se manifester dans le haut commandement, l’armée suisse veilla fidèlement aux frontières ; et les déplacements fréquents de t
515les déplacements fréquents de troupes romandes en Suisse alémanique ou de troupes alémaniques en terre romande ne firent qu’au
516 le sentiment de commune appartenance de tous les Suisses à leur idéal « national », ou plus exactement « supra-national », sup
517e monarchique, puis de la Révolution jacobine, la Suisse redevint la terre de refuge des exilés et des persécutés de tous les
518tes. Grand Hôtel de l’Europe en temps de paix, la Suisse se fit Grand Hôpital du continent déchiré par la guerre. L’entre-deux
519la guerre. L’entre-deux guerres parut offrir à la Suisse l’occasion de couronner sa mission séculaire : en décidant de siéger
520on d’une Fédération mondiale ayant sa capitale en Suisse. Mais une fois le premier enthousiasme calmé, les Suisses, experts en
521 Mais une fois le premier enthousiasme calmé, les Suisses, experts en matière de fédéralisme, s’aperçurent très vite des faible
522lité à la continuité profonde de son histoire, la Suisse demanda et obtint un statut spécial dans la Ligue. La Convention de L
523 prudence — jugée excessive en son temps — que la Suisse doit d’avoir été épargnée par la Seconde Guerre mondiale. [p. 50] De
524onde Guerre mondiale. [p. 50] De 1940 à 1944, la Suisse se vit plus isolée qu’elle ne l’avait jamais été au cours de son hist
525 mille mètres de rochers et de glaciers. Ainsi la Suisse menacée se resserrait autour de ses origines, et des lieux mêmes d’où
526uelques-uns des caractères fondamentaux du peuple suisse, dans la mesure où l’on peut considérer qu’il forme une unité. Nous a
527rder de très près les circonstances de l’histoire suisse et les motifs des actes principaux qui la jalonnent, on est tenté de
528orial. De même, au xxe siècle, on a vu le peuple suisse refuser de s’annexer le Vorarlberg, qui avait pourtant plébiscité son
529la politique de l’Europe tout entière ». C’est un Suisse, Benjamin Constant, qui observait que les gouvernements, lorsqu’ils p
530s grande régularité géométrique… Il semble que la Suisse soit l’un des rares pays qui ait sacrifié des avantages territoriaux
531utre trait qui se dégage à l’examen de l’histoire suisse, c’est une curieuse absence d’idéologie directrice, une méfiance pron
532fédéralisme n’apparaît dans les écrits politiques suisses qu’à une époque toute récente. Les anciens chroniqueurs ignorent le m
533ions personnelles ou collectives tolérées par les Suisses se révèle bien souvent la rançon de leurs plus sûres vertus civiques.
534 que l’on peut voir l’unité véritable de tous les Suisses. Nous avons indiqué au début que l’unité géographique du pays n’est g
535, les hégémonies personnelles ou spirituelles, la Suisse présente bien peu des caractères reconnus d’une nation, et ne se défi
536ne se définit pas spontanément comme telle 7 . La Suisse peut être comparée à l’Europe, en ce sens qu’elle ne conçoit et ne re
537uère plus de ressemblance entre les paysans de la Suisse centrale et les citoyens de Genève qu’entre les Grecs et les Hollanda
538le garantie d’une pareille liberté. L’unité de la Suisse, en dernière analyse, est donc proprement politique, soit que l’on pr
539mesure d’apercevoir pourquoi l’on peut parler des Suisses comme d’un seul peuple, malgré toutes leurs diversités. p. 24 1.
75 1953, La Confédération helvétique. 2. Les institutions politiques
540tutions politiques La Commune Comment devient-on Suisse ? En obtenant l’agrégation à une commune dans un canton. Ce fait très
541lieu de marquer entre le régime fédéraliste de la Suisse et les régimes centralistes de la plupart des États modernes. Pour de
542 territoire des États-Unis. [p. 60] Pour devenir Suisse, au contraire, l’étranger doit d’abord adresser aux autorités fédéral
543ton ; c’est alors seulement qu’il sera un citoyen suisse » 8 . Dans notre description des institutions suisses, nous ferons bi
544sse » 8 . Dans notre description des institutions suisses, nous ferons bien de suivre le même ordre, celui qui va de bas en hau
545montré que la caractéristique de l’État populaire suisse « réside dans la dépendance de l’administration vis-à-vis de la justi
546ce » 10 . Les premières légendes nationales de la Suisse décrivent en effet la lutte contre les baillis : c’est par exemple l’
547Gasser « un instrument de la centralisation ». En Suisse, au contraire, les droits de la commune ne sont limités que par la lo
548périence directe. L’origine ancienne des communes suisses laisse des traces notables dans leur organisation présente. C’est ain
549e mentionner.) Aujourd’hui un tiers seulement des Suisses se trouvent habiter leur commune d’origine, mais ce phénomène n’a pas
550ecté jusqu’ici le statut des « bourgeoisies ». La Suisse compte un peu plus de 3000 communes. Chacune possède son conseil comm
551 la preuve que cette autonomie va de soi chez les Suisses. Le contrôle du canton sur les communes se limite à examiner la confo
552ur lesquels repose l’édifice fédéral. Les cantons suisses sont des États souverains « dans la mesure où leur souveraineté n’est
553ience heureuse a rendu cette notion familière aux Suisses. Ils n’oublient jamais que leurs cantons sont antérieurs à la Confédé
554collège dans son ensemble, trait particulier à la Suisse, et que nous retrouverons à l’échelon fédéral. Le Conseil d’État prép
555ts et des meilleurs observateurs des institutions suisses, M. André Siegfried, ayant assisté à la Landsgemeinde de Glaris en 19
556it, l’économie, le parti politique au pouvoir. En Suisse au contraire, toutes les combinaisons et permutations de ces diverses
557ix qui se trouve laissée à chacun, que le citoyen suisse court chaque jour les chances d’une liberté réelle, dont il ne prend
558sage de la fédération d’États qu’était l’ancienne Suisse à l’État fédératif [p. 68] qu’elle devint en 1848. Mais bien d’autres
559es, plus rarement idéologiques. Politiquement, la Suisse du xviiie siècle n’était pas un État, mais un enchevêtrement d’allia
5603), la France révolutionnaire tenta d’imposer aux Suisses un régime totalement unifié, mais la résistance fut si forte, surtout
561 si forte, surtout dans les anciens cantons de la Suisse centrale, que Bonaparte se vit contraint de revenir à l’organisation
562ifiées, l’Allemagne et l’Italie, aux portes de la Suisse. Économiquement, la situation devenait rapidement intenable. Sous le
563e de 1815, écrit l’historien William Martin, « la Suisse ressemblait à l’Europe d’aujourd’hui. Les cantons souverains [p. 69]
564e leur politique économique. On comptait alors en Suisse 11 mesures de pieds, 60 espèces d’aunes, 87 mesures de grains, 81 pou
565 était impuissante. [p. 70] Oui, vraiment, cette Suisse « ressemblait à l’Europe d’aujourd’hui ». Son unification n’apparaiss
566écrite, votée et mise en vigueur. Elle valut à la Suisse un long siècle de paix. Mais non moins que la ressemblance entre l’ét
567 non moins que la ressemblance entre l’état de la Suisse ancienne et celui de l’Europe d’aujourd’hui, ce qui frappe, c’est la
568ient « embrasser dans leurs plans stratégiques la Suisse, comme si la grande forteresse des Alpes était un désert livré au pre
569urs. L’essor économique, social et culturel de la Suisse fut immédiat. Aucune des catastrophes prédites et calculées par les t
570érales C’est la Constitution de 1848 qui régit la Suisse d’aujourd’hui, nonobstant un assez grand nombre de révisions partiell
571 sans doute l’institution la plus originale de la Suisse. Ses membres sont élus pour quatre ans par l’Assemblée et sont immédi
572ment que le commandant d’une grande unité d’armée suisse n’est pas appelé général, mais colonel commandant de corps (ou de div
573n primus inter pares. À la vérité, le pouvoir, en Suisse, reste d’ordre essentiellement collégial, qu’il s’agisse des cantons
574stion d’un Département, il ne démissionne pas. La Suisse ne connaît pas les crises ministérielles et le ballet des portefeuill
575nnent ou décèdent. C’est ainsi qu’en cent ans, la Suisse n’a compté que 63 ministres, dont un seul n’a pas été réélu bien qu’i
576de l’appareil gouvernemental. Ce danger existe en Suisse, mais il est en grande partie neutralisé par les droits des cantons e
577itiser l’exécutif, et la très grande majorité des Suisses s’y refuse. Le Conseil fédéral doit rester, à leurs yeux, au-dessus d
578 les catholiques-conservateurs, puissants dans la Suisse centrale et campagnarde, et par les libéraux-conservateurs, dont les
579qu’il est le plus représentatif de l’esprit de la Suisse moderne, née de la Constitution de Quarante-huit. Le parti agrarien s
580s bourgeois. On le voit, le tableau des partis en Suisse ne présente rien de très typique, rien qui ne se retrouve à quelques
581 traces profondes dans la structure de l’économie suisse. Des plis ont été pris, des milliers d’emplois dans les bureaux fédér
582usiasme ou l’indignation. En revanche, le citoyen suisse qui lit les comptes rendus des sessions, voit que ce sont ses affaire
583politique, peut très bien signifier que le peuple suisse est satisfait de ses institutions et ne se pose pas de question de pr
584ns accroc sont normalement un peu ennuyeuses. Les Suisses savent bien qu’on ne fait pas marcher une montre avec des arguments s
585eferendum qui le ménagent. Grâce à eux, le peuple suisse n’a jamais l’impression que les pouvoirs qu’il a délégués à ses élus
586 fait pas de doute : dans son ensemble, le peuple suisse est l’un des moins révolutionnaires et l’un des plus évolutionnistes
587hapitre suivant que la situation économique de la Suisse lui interdit tout gaspillage, bien loin de l’exiger comme il arrive d
588 en matière économique et sociale. ⁂ Les penseurs suisses ont souvent souligné les avantages que présentent les « petits États 
589ser des institutions et coutumes politiques de la Suisse illustre ces déclarations. Encore faut-il bien préciser que la petite
590homme ou d’un clan. Dans ses limites étroites, la Suisse eût fort bien pu perdre ses libertés, si elle n’avait pas su préserve
591s. C’est dans ce sens que l’on a pu écrire : « La Suisse est une victoire de l’homme sur l’homme. 21  » p. 60 8. G. Sau
76 1953, La Confédération helvétique. 3. Institutions et aspirations économiques
592pitre, de donner un tableau complet de l’économie suisse, ni d’analyser ses problèmes actuels : certaines modifications de la
593es en réponse à ce challenge : la pauvreté du sol suisse. On s’imagine volontiers la Suisse comme un pays de pâtres pittoresqu
594auvreté du sol suisse. On s’imagine volontiers la Suisse comme un pays de pâtres pittoresques qui chantent des jodels, font de
595que 57 % vivent de l’industrie et du commerce. La Suisse est un des pays les plus industrialisés du monde. Cependant, près d’u
596hés sur la mer. Le développement industriel de la Suisse apparaît donc au plus haut point paradoxal. Rappelons-en d’abord les
597trouvons une première « constante humaine » de la Suisse avec les Markgenossenschaften (corporations forestières ; traduit-on
598d, dans le Jura. Au xviiie siècle, les filatures suisses entrent en concurrence avec les cotonnades anglaises : déjà, les obse
599’étonnent du haut degré d’industrialisation de la Suisse. Mais dans l’ensemble, l’économie du pays reste essentiellement agric
600 ou de compenser les désavantages de la situation suisse. Il fallait tout d’abord se procurer les matières premières. Le choix
601t de loin, ne coûtaient pas beaucoup plus cher en Suisse que dans les pays immédiatement voisins : le coton, la laine ; d’autr
602nsèque : la soie, les métaux précieux. L’économie suisse se trouvait ainsi orientée, dès le départ, vers la spécialisation, le
603ours encore, la principale source de richesse des Suisses. Leurs traditions artisanales les préparaient à cet effort depuis des
604 l’apparition des machines, les populations de la Suisse orientale avaient porté l’industrie textile à son plus haut point de
605e pouvait assurer la supériorité de la production suisse dans certaines branches de l’industrie et pour un certain temps, ne d
606t à la précision héréditaire du coup de main, les Suisses se virent contraints d’ajouter une qualité nouvelle, un nouveau moyen
607s ici l’un des traits permanents du caractère des Suisses (Romands aussi bien qu’Alémaniques) : le besoin d’appliquer les résul
608ne dira jamais assez que la supériorité technique suisse est à base de culture : le fameux Polytechnicum de Zurich, dont la ré
609atoire de Neuchâtel, qui donne l’heure à toute la Suisse, collabore étroitement avec les fabricants d’horlogerie, en soumettan
610ire que « proportionnellement à sa population, la Suisse est le premier pays du monde pour les inventions… Depuis 1925, on y a
611sont nées dans les laboratoires industriels de la Suisse : la crémaillère, la poudre DDT, le nescafé, la fermeture-éclair. Et
612pécialisés, dépasse de très loin, dans les usines suisses, tout ce qu’on observe dans le reste du monde. À cette stratégie effi
613e départ particulièrement défavorables, la nature suisse devait enfin venir en aide au xxe siècle, de la manière la plus impr
614ière et de la propreté. Tout le monde sait que la Suisse est un pays propre, et même propret. Elle le doit en partie à son éle
615nt largement à la distribution : 98 % des maisons suisses sont éclairées à l’électricité, plus de la moitié sont pourvues de cu
616tions générales du développement économique de la Suisse, telles que nous venons de les esquisser, présentent une certaine log
617râce à l’une des rares richesses naturelles de la Suisse, l’eau des montagnes) l’aluminium, dont les usages se multiplient dan
618’une des cinq branches principales de l’industrie suisse, qui sont (classées d’après le nombre des personnes qu’elles emploien
619ines, adaptées à la production de série. L’esprit suisse n’est pas porté à la recherche de la quantité, des effets de masse, m
620uples ne s’unissent pas. ⁂ L’essor de l’industrie suisse, par un nouveau paradoxe, s’est produit dans la période même qui a vu
621les barrières douanières s’élevaient autour de la Suisse. Or il est peu de pays qui dépendent aussi étroitement des échanges i
622es dans les pays les plus fermés aux échanges. La Suisse s’est donc mise à exporter ses techniques et ses techniciens, ses mon
623s extra-européens. Dans la réalité économique, la Suisse s’est éloignée de ses voisins européens pour se rapprocher des Amériq
624isme exaspéré, s’exprime par un seul chiffre : la Suisse continue d’exporter près du tiers de sa production globale, alors que
625 des montres sont vendues à l’étranger. Ainsi les Suisses, si jalousement attachés à leurs particularismes locaux et ennemis de
626guère que dans le domaine de l’agriculture que la Suisse ait tenté une expérience d’autonomie relative, sous la menace d’étran
627opulation et de ses besoins alimentaires. Pour la Suisse, la menace d’une guerre européenne constituait donc une menace de fam
628nstitution de réserves alimentaires. Dès 1940, la Suisse se vit entièrement cernée par les puissances de l’Axe. Pour parer aut
629e [p. 104] plan Wahlen, s’il n’avait pas rendu la Suisse totalement autonome quant à son alimentation, n’en avait pas moins ob
630a largement rétabli l’équilibre alimentaire de la Suisse. Cependant, l’avenir de la classe paysanne reste inquiétant, en dépit
631ion des campagnes. Il n’en reste pas moins que la Suisse doit importer plus qu’elle n’exporte, et nous avons dit qu’elle expor
632ire, une fois de plus, que le sort matériel de la Suisse dépend étroitement de l’équilibre européen et mondial. On imagine dif
633nsemble ce que l’on pourrait appeler la mentalité suisse, ou l’attitude du Suisse devant la vie. Nous avons vu comment un bon
634ait appeler la mentalité suisse, ou l’attitude du Suisse devant la vie. Nous avons vu comment un bon sens souvent un peu étroi
635e la science. Nous avons vu aussi que l’industrie suisse n’est pas, comme dans les grands pays voisins, une de ces créations t
636onditionnés par la psychologie profonde du peuple suisse et par ses traditions les plus solides. C’est pourquoi l’on peut affi
637sa mesure. L’examen du budget moyen d’une famille suisse moyenne (4 personnes) d’ouvriers ou d’employés va nous permettre des
638rié en particulier) est notablement plus élevé en Suisse que dans les pays voisins. Dans le budget annuel d’une famille d’ouvr
639orte du [p. 107] logement et de l’habillement. Le Suisse tient donc beaucoup plus que le Français ou l’Italien au confort maté
640t un « bon client » pour la technique moderne, le Suisse moyen l’est aussi, on l’aura vu, pour les compagnies d’assurance. Cel
641es d’assurance. Celles-ci sont au nombre de 48 en Suisse, y compris 7 compagnies de réassurance, qui détiennent le premier ran
642imes qui leur sont payées — un milliard de francs suisses par an — provient des polices conclues à l’étranger. La Confédération
643ntionnés en décrivant les origines de l’industrie suisse. Cette combinaison singulière de prudence et de science, de matériali
644rdiesse dans l’invention pratique, c’est le génie suisse. Il ne donne sa pleine mesure que dans les circonstances où il se sen
645 risques immédiats. ⁂ S’il est vrai que le peuple suisse, dans son ensemble est adapté à son économie, celle-ci s’étant dévelo
646c’est en effet l’impression générale que donne la Suisse. Les inégalités de niveau de vie y sont moins marquées que dans les g
647 la population entière bénéficie de la « richesse suisse ». Les bâtiments publics : postes, gares, salles d’attente de tramway
648ents d’un passé soigneusement conservé. Le peuple suisse n’a pas donné de très grands peintres et n’a pas créé de [p. 109] gra
649rait dire : de l’instinct — fédéraliste, chez les Suisses, que la structure des organisations syndicales. En 1946, il y avait e
650 organisations syndicales. En 1946, il y avait en Suisse environ 440 000 syndiqués, sur plus de 860 000 ouvriers 28 . Il exist
651. Les fédérations qui composent l’Union syndicale suisse, et surtout celles de la Suisse [p. 112] romande, restent jalouses de
652l’Union syndicale suisse, et surtout celles de la Suisse [p. 112] romande, restent jalouses de leur autonomie, méfiantes à l’é
653égard du secrétariat central dont le siège est en Suisse alémanique. On se trouve donc en présence d’une double organisation d
654t revivre de nos jours la plus ancienne tradition suisse, et répondent comme les Markgenossenschaften des premiers cantons, à
655 ⁂ Si par rapport aux peuples qui l’entourent, la Suisse peut paraître « américanisée », ce n’est qu’à certaines apparences ma
656ermes, le statut social et le statut matériel, en Suisse, nous semblent dépendre moins automatiquement l’un de l’autre que dan
657essemblance des ouvriers américains, les ouvriers suisses ont une conception de la vie très voisine de celle des patrons : mais
658s principes » — Ordre ou Révolution — laissent le Suisse relativement indifférent, ne donnent pas lieu à des discours enflammé
659rréductibles, reste beaucoup plus grand entre les Suisses qu’ils ne semblent le croire eux-mêmes. Il pourrait être caractérisé
660ions de banques privées avec l’étranger. La Radio suisse est une fédération de studios locaux largement autonomes, mais le Con
661onc de l’État. Ce régime mixte s’est développé en Suisse sous la pression des nécessités pratiques de l’époque, mais en tenant
662 la lenteur à s’adapter, qu’on peut reprocher aux Suisses, est une nécessité profonde de leur économie, si dangereusement liée,
77 1953, La Confédération helvétique. 4. La famille et l’éducation
663on la religion, le niveau de vie et l’habitat. En Suisse, la situation se trouve singulièrement compliquée par l’adjonction de
664udier séparément au moins vingt types de familles suisses, si l’on s’en tenait aux seuls facteurs énumérés et à leurs combinais
665aisons. Car il existe des familles catholiques en Suisse alémanique et en Suisse romande ; et dans chacun de ces domaines ling
666 maniement des données générales sur « la famille suisse ». L’Annuaire statistique de la Suisse indique par exemple pour le no
667la famille suisse ». L’Annuaire statistique de la Suisse indique par exemple pour le nombre d’enfants vivants en 1941 par femm
668chiennes, allemandes ou italiennes voisines de la Suisse, et que les mêmes régularités se vérifient ici comme là : les famille
669 d’en avoir le moins. Ce qui est particulier à la Suisse, c’est la juxtaposition de ces extrêmes, entre lesquels s’échelonnent
6700,9 Ville de Genève 9,4 Pour l’ensemble de la Suisse, en 1940, l’indice des divorces était de 3,59 pour 1000 couples. Seul
671vec un indice de 4,32 %. Vers 1940, le mariage en Suisse était donc moins stable qu’en France (2,33 %), qu’en Suède (2,63 %),
672 les attaches que la grande majorité des familles suisses, des plus modestes aux plus anciennes, gardent avec une commune et de
673res que pourraient provoquer tant de divorces. La Suisse, divisée en cantons, est un pays où « tout le monde se connaît », où
674ypique le fera voir : l’impôt que doit payer tout Suisse qui n’accomplit pas de service militaire est calculé partiellement d’
675 mais elle ne semble pas près d’être modifiée. La Suisse est en effet l’un des derniers États qui persiste à refuser les droit
676ir, par les sondages de l’opinion, que les femmes suisses elles-mêmes dans leur majorité, ne revendiquent point ce que les homm
677, ou moins souvent encore, lors des élections. En Suisse, au contraire, les « votations » se multiplient : referendums, initia
678ent pas suffisant. À l’origine de la méfiance des Suisses, dans ce domaine, [p. 124] on devine certaines traditions germaniques
679ts, la cuisine, l’église). Et de fait, les femmes suisses, en société, laissent parler leurs maris ou parlent entre elles — à l
680de cette absence de droits politiques, les femmes suisses jouent un rôle actif dans la vie professionnelle. Plus de 800 000 gag
681sible d’estimer dans quelle mesure la famille, en Suisse, détermine plus ou moins qu’ailleurs la formation morale et civique d
682t d’abord qu’il n’existe pas un type de « famille suisse » que l’on puisse étudier avec un minimum d’objectivité scientifique,
683éducatif est comme diffus dans toute l’atmosphère suisse, famille, sociétés, [p. 125] syndicats, armée, écoles. « Tout Suisse
684ciétés, [p. 125] syndicats, armée, écoles. « Tout Suisse est pédagogue », répètent les auteurs suisses. Et cela s’explique ais
685Tout Suisse est pédagogue », répètent les auteurs suisses. Et cela s’explique aisément, sinon par une cause unique. Dans un pet
686lutte ouverte de principes et de convictions, les Suisses se bornent à un échange insistant de bons conseils, d’avis moraux, de
687otestante. Aux petites dimensions des communautés suisses, il convient d’ajouter un second facteur de didactisme : le goût de l
688 à se procurer. Or le génie technique, surtout en Suisse, est affaire de tradition, de transmission personnelle de père en fil
689nouvelle. Elle se réclame de deux grands ancêtres suisses, Rousseau (avec l’Émile), et Pestalozzi. Dans [p. 127] cette lignée s
690ttribuer la réputation universelle des pédagogues suisses et de leurs établissements privés. Certes, on a pu accuser certains d
691ignement primaire dans plus d’un pays, et même en Suisse. Si l’on prend pour points de comparaison l’éducation américaine et l
692on américaine et la française, il apparaît que la Suisse, ici comme ailleurs, a pris la voie médiane. La musique, la rythmique
693ennent beaucoup plus de place dans les programmes suisses que ce n’est le cas en France, mais les sports y sont moins envahissa
694 envahissants qu’en Amérique. En général, l’élève suisse acquiert plus de connaissance précises que l’américain, et ne souffre
695érale (à une seule exception près). Dans toute la Suisse, l’instruction primaire est à la fois obligatoire et gratuite. Les éc
696oles publiques. En fait, presque tous les enfants suisses passent par l’école primaire publique, de l’âge de 6 ou 7 ans jusqu’à
697) est un des traits particuliers de la démocratie suisse moderne, née de la Constitution de 1848. La coéducation des sexes est
698e bénédictins ou de capucins de Fribourg et de la Suisse alémanique. La part des humanités y est très variable. Elle définit l
699s, la Confédération avait pu créer l’« Université suisse » prévue par la Constitution, l’on eût assisté à la naissance d’un pr
700igilance leurs caractères locaux, les universités suisses s’efforcent de plus en plus d’attirer les étudiants étrangers. Elles
701n s’apercevra que la « fédéralisation » répond en Suisse aux exigences de l’efficacité, bien plus qu’à celles d’une doctrine o
702 typique de la France centralisée, est inconnu en Suisse, puisque aucune des sept universités ne saurait être considérée comme
703alvin. ⁂ Cette esquisse du système d’éducation en Suisse resterait par trop incomplète si l’on n’y ajoutait quelques aperçus s
704lisme prêcheur tient davantage à la légende d’une Suisse calviniste, qu’à la réalité présente. Ce qui distingue la presse suis
705à la réalité présente. Ce qui distingue la presse suisse de ses voisines, c’est plutôt sa méfiance à l’égard des jugements hât
706mmune la plus profonde que reçoivent les citoyens suisses, leur est donnée par le service militaire. L’armée L’armée suisse e
707onnée par le service militaire. L’armée L’armée suisse est une armée de milices. La Constitution fédérale interdit à la Conf
708on est fournie par ce simple fait : chaque soldat suisse entre les périodes d’instruction ou de mobilisation, conserve chez lu
709re. Ni anti-militariste ni militariste, le peuple suisse considère son armée, avant tout, comme une école pour adultes : école
78 1953, La Confédération helvétique. 5. La vie religieuse
710e religieuse Sur les origines du christianisme en Suisse, l’historien ne dispose que de récits légendaires. Il semble que dès
711t qui ne tardent pas à coloniser toute l’actuelle Suisse alémanique. Les Alamans adorent Zin, le créateur du monde, et célèbre
712mains. Nombre de traits typiques de la démocratie suisse actuelle (particularisme, répugnance à subir l’autorité, goût du serv
713ouest resté burgonde, la plus grande partie de la Suisse est donc redevenue païenne au vie siècle. Lorsque les missionnaires
714évangélisation, en sorte que le christianisme, en Suisse, sera le dernier rejeton de la « civilisation de Iona » comme dirait
715érité matérielle autant que spirituelle 39 de la Suisse orientale, [p. 143] avec son hôtellerie et ses fermes, ses écoles et
716est celui d’Einsiedeln, situé en plein cœur de la Suisse primitive, et d’ailleurs continuellement attaqué par les Schwyzois. O
717ffichage des thèses de Luther. À cette époque, la Suisse alémanique détenait pour la Curie romaine une importance politique et
718rasbourg, comptait beaucoup de disciples chez les Suisses : Nicolas de Flue, qui venait de mourir, [p. 144] avait résumé dans s
719 alsacienne 40 . Il avait d’autre part montré aux Suisses la voie de cette politique de neutralité dans laquelle Zwingli allait
720 a donné sa forme et son esprit au protestantisme suisse. Les débuts de sa réforme, à Zurich, datent de 1518, lorsqu’il déclar
721ent à Genève qu’en 1540. Or Genève n’est liée aux Suisses que par quelques traités de combourgeoisie. Elle ne fait pas partie d
722n Amérique bien plus qu’elle ne le fera jamais en Suisse. C’est Zwingli qui conduit les protestants lors des premières guerres
723siècle. Dès l’époque de Zwingli, le partage de la Suisse entre les deux confessions s’est opéré dans ses grandes lignes. Il va
724u dernier recensement (1941), la population de la Suisse, résidents étrangers compris, offrait la composition confessionnelle
725 d’établissement était refusé par les cantons aux Suisses d’une confession différente de celle de la majorité. La Constitution
726’établissement définitif de la paix religieuse en Suisse. Et tout d’abord, la renonciation totale aux alliances particulières
727r le fait déjà remarquable que le peuple [p. 148] suisse est acquis au respect effectif des consciences, il ne comprend plus l
728es que religieux, ne paraît nullement frapper les Suisses. Bien qu’ils se coudoient journellement, et qu’il existe dans presque
729régime fédéraliste et la religion. La Réforme, en Suisse, fut l’œuvre personnelle de Zwingli, et dans l’ensemble, le protestan
730de Zwingli, et dans l’ensemble, le protestantisme suisse est resté beaucoup plus zwinglien que calviniste. Non point qu’on lis
731octrines soient enseignées. Mais il a proposé aux Suisses la forme de religion qui convenait le mieux au tempérament du plus gr
732enève, s’est heurté à des résistances typiquement suisses, et ne les a jamais surmontées. Les formes liturgiques qu’il préconis
733et inné dont nous avons vu qu’il se manifeste, en Suisse, par une résistance instinctive à l’égard des titres, des formes et d
734ment des formes culturelles, chez les protestants suisses, ne saurait être attribué à la seule influence de Zwingli. Il traduit
735e intransigeant, et aussi une pudeur profonde. Le Suisse est plus naturellement porté qu’aucun autre Européen à traiter de « s
736emière moitié du xixe siècle, a doté les églises suisses de cantiques anglo-saxons aux rythmes tantôt allègres, tantôt traînan
737 conseil d’église ». Il en résulte que « l’Église suisse » comme telle n’existe guère, n’est qu’une fédération assez lâche d’É
738ière. On comprendra dès lors qu’il n’y ait pas en Suisse de parti politique protestant. Il existe au contraire un parti cathol
739ois de plus que l’adjectif évoque généralement en Suisse non pas le lien fédéral, mais l’autonomie des cantons. Chez certains
740 Il existe une doctrine catholique spécifiquement suisse de l’État et du fédéralisme, illustrée par les œuvres de Ph. A. de Se
741 domaine politique, si bien qu’il n’existe pas en Suisse d’antagonismes profonds et essentiels quant à la doctrine de l’État,
742ns toute la civilisation occidentale, s’ajoute en Suisse une cause historique très précise. Les fondateurs de la Confédération
743rmanente pour la solidité du lien confédéral. Les Suisses ne sont pas anticléricaux, pour la raison que le cléricalisme a depui
744ncères le matérialisme assez épais qui menace les Suisses dans leur prospérité. Une seule exception mérite d’être signalée à la
745oncent les meilleurs restaurants. La religion des Suisses ne saurait être mesurée à ses manifestations extérieures. Plus morale
79 1953, La Confédération helvétique. 6. Le peuple suisse et le monde
746 [p. 157] Chapitre VI. Le peuple suisse et le monde Nous pensons en avoir assez dit, dans les chapitres précé
747s précédents, pour établir en toute clarté que la Suisse n’est pas une nation, au sens que le terme a pris pendant le xixe si
748a majorité le leur fait sentir sans scrupules. En Suisse, nous l’avons dit, le problème des minorités ne se pose pas : chaque
749lturelle ou dynastique, ce qui rassemble tous les Suisses en un seul corps aux membres bien articulés, c’est l’attachement comm
750s Alpes il y a plus de six siècles et demi. Si la Suisse a donné à l’histoire de l’Europe et du monde quelque chose d’unique,
751à le nier. Mais il n’est pas moins évident que la Suisse moderne a pris conscience d’elle-même en tant qu’unité fédérale, et q
752e de ce lien politique, [p. 159] tous les auteurs suisses sont d’accord. Citons-en trois : un homme d’État, un général, un roma
753dans un pays centralisé. Le moindre morceau de la Suisse qu’un de nos voisins voudrait s’annexer lui pèserait à l’estomac bien
754Guisan, loin de déplorer la diversité des troupes suisses, soulignait sa nécessité : Si le fédéralisme est la sauvegarde du pa
755ule ! Il serait aussi vain de vouloir unifier les Suisses que de tenter de niveler leurs montagnes ! Si les différences sont in
756t son 14 avril, Neuchâtel son 1er mars ; toute la Suisse a son 1er août ! Et si l’armée est la seule éducation générale qu’un
757itié » : Qu’il est donc réjouissant que tous les Suisses ne soient pas sortis du même moule, qu’il y ait des Zurichois et des
758tion de ce que l’on peut appeler le « patriotisme suisse », mêlant le sentiment de la nature à une espèce particulière d’entho
759ne importance particulière : L’appartenance de la Suisse à trois grandes civilisations de l’Occident, et la réunion de ces tro
760re, il est remarquable que l’« appartenance de la Suisse à trois grandes civilisations » soit mentionnée précisément comme une
761talie et l’Allemagne ? Ce problème spécifiquement suisse a donné lieu à des études aussi nombreuses que peu concluantes dans l
762emble, les unes cherchant à définir une « culture suisse » qui apparaîtrait en filigrane dans les œuvres des trois principales
763duisible. Néanmoins, du point de vue culturel, la Suisse alémanique n’a rien de « provincial » au regard de l’Allemagne, beauc
764concert des voix germaniques. Bodmer et « l’école suisse », Jean de Haller, Gessner, Lavater, ont dominé pendant plusieurs déc
765indéterminé, toujours prêt à suivre un Führer, le Suisse particularisé de la manière la plus précise — de même que son pays es
766se ; l’Allemand du Nord plus ou moins slavisé, le Suisse formé par une tradition chrétienne beaucoup plus ancienne, et forteme
767ge ; l’Allemand volontiers « catastrophique », le Suisse calculateur, empirique et posé. L’opposition entre Luther et Zwingli
768emagne s’unifiait sous la férule de la Prusse, la Suisse alémanique s’en distinguait davantage par son climat moral et ses ins
769Zurich et de Bâle. Pendant la guerre de 14-18, la Suisse neutre fut divisée en deux camps, l’un pro-allemand à l’est de l’Aar,
770egardent les hommes d’affaires et les industriels suisses. Quant aux milieux intellectuels, coupés de leurs bases depuis 1933,
771 à la Suisse romande d’être à la France ce que la Suisse alémanique fut souvent à l’Allemagne ; du moins l’a-t-il protégée dan
772 catholique 47  ; politiquement, enfin, il est un Suisse. Laissons ici la parole à un auteur français qui a su dire mieux que
773 que tout autre comment on voit, de son pays, les Suisses romands : Membres de la famille spirituelle française, ils se flatte
774 esprit libertaire n’est pas un héritage [p. 168] suisse, mais il remonte directement au mouvement des communes lombardes, don
775ts de la Péninsule répandus dans tous les cantons suisses. L’helvétisation du Tessin a progressé très rapidement depuis 1848, e
776’ancien provençal. ⁂ La vocation européenne de la Suisse est donc clairement inscrite dans son « appartenance à trois grandes
777saisissant les principes directeurs de l’histoire suisse et la mission internationale qui en découle : Les différentes chaîne
778 Ce n’est pas par hasard que les premières ligues suisses ont pris naissance près du col qui le franchit. Ce fait providentiel
779oppi, le Tessin remplit d’autant mieux sa mission suisse qu’il maintient plus purs ses liens spirituels avec ce qui fait la gr
780 un raisonnement analogue est vrai aussi pour les Suisses romands et pour les Suisses alémaniques. Précisément parce que nous r
781t vrai aussi pour les Suisses romands et pour les Suisses alémaniques. Précisément parce que nous refusons d’admettre la théori
782ultures allemande, française et italienne. L’idée suisse n’est pas un produit de la race, c’est-à-dire de la chair, mais une œ
783irituelle. L’origine permanente de la neutralité suisse est clairement désignée dans cette page. Comment un pays dont l’essen
784nt partisanes : c’est bien pourquoi la neutralité suisse s’est affirmée comme principe politique permanent au cours de la guer
785es et des religions, diversité qui contraignit la Suisse moderne à une neutralité seconde, pour la sauvegarde, cette fois, du
786squ’ils reconnaissent que « l’inviolabilité de la Suisse et son indépendance de toute influence étrangère, sont dans les vrais
787l’Europe entière ». Ainsi, « l’appartenance de la Suisse à trois grandes civilisations » devient la raison même de son « indép
788[p. 172] On voit maintenant comment la neutralité suisse, nécessaire à l’Europe, est vitale pour la Suisse ; et comment elle e
789suisse, nécessaire à l’Europe, est vitale pour la Suisse ; et comment elle exprime à la fois la raison d’être du pays et l’équ
790is que cet équilibre est renouvelé, la neutralité suisse prend de nouveaux aspects. (Traités de Westphalie en 1648, traités de
791ration de Londres en 1920, lors de l’entrée de la Suisse dans la Société des Nations.) Et l’on comprend enfin pour quelles rai
792plir les conditions qui définissent la neutralité suisse : grand-garde montée autour d’un principe universel, et sauvegarde d’
793ive n’est pas absente de l’esprit des gouvernants suisses, comme en font foi les lignes suivantes, signées par l’actuel ministr
794ées par l’actuel ministre des Affaires étrangères suisse : Il n’est pas sans intérêt de relever qu’aujourd’hui se manifestent
795 ⁂ Dans la communauté des nations, le rôle de la Suisse est donc de maintenir conjointement les deux principes de neutralité
796ns leurs motifs allégués, a souvent fait taxer la Suisse d’égoïsme, d’isolationnisme, et de propension à [p. 174] juger de hau
797oublier que la volonté de neutralité s’accorde en Suisse avec une obligation à la fois constitutionnelle et internationale. Au
798uelle. De plus, à ces reproches d’ordre moral, la Suisse a répondu en actes, mieux qu’en paroles. Durant la dernière guerre, e
799ardements ou la famine. En 1945, l’œuvre du « Don suisse » en faveur des victimes de la guerre ou « Aide à l’Europe » s’est vu
800ant en 1863, ait adopté pour pavillon celui de la Suisse, en intervertissant simplement ses couleurs. On sait que le Comité in
801 siège à Genève, est constitué uniquement par des Suisses : son autorité, si peu contestée pendant les deux dernières guerres,
802 témoignage de l’interdépendance de la neutralité suisse et de la solidarité européenne, se révèle dans le choix de la Suisse
803idarité européenne, se révèle dans le choix de la Suisse comme siège d’un très grand nombre d’institutions internationales. La
804nique des Églises allait s’installer à Genève, la Suisse devenait la gardienne du premier organisme politique universel, au se
805 la guerre de [p. 176] 1939-1945, le gouvernement suisse accepta de défendre les intérêts de 43 États belligérants sur le terr
806érences internationales ont tenu leurs assises en Suisse, et ce nombre s’accroît rapidement d’année en année. ⁂ Tous ces faits
807année en année. ⁂ Tous ces faits démontrent qu’en Suisse — prototype d’une Fédération d’États autonomes et librement associés 
808s, en les hébergeant. Mais la participation de la Suisse aux entreprises même qu’elle accueille, pose un problème bien différe
809t fédératif moderne, la politique étrangère de la Suisse fut non seulement neutre, mais quasi inexistante. La direction du Dép
810uer de profonds changements dans l’attitude de la Suisse en ce domaine. Le nombre des légations suisses est actuellement de 55
811 la Suisse en ce domaine. Le nombre des légations suisses est actuellement de 55. (Point d’ambassades, de même qu’il n’y a poin
812s généraux sont appelés colonels : le tempérament suisse est nettement réfractaire à l’inflation des titres.) Le Département p
813ortants tendent à entraver la participation de la Suisse en tant qu’État aux conseils internationaux. C’est tout d’abord une v
814populaire, voire paysanne, et surtout sensible en Suisse alémanique, à l’endroit des « aventures étrangères ». Elle se traduit
815tume [p. 178] bizarre, qui veut que les ministres suisses, c’est-à-dire les Conseillers fédéraux, ne quittent pas le pays pour
816ns jugées prématurées ou peu sincères. Lorsque la Suisse fut invitée à entrer dans la Société des Nations, elle se préoccupa t
817i) la refusant. Une fois entrée dans la Ligue, la Suisse fut la première à signer la clause d’arbitrage obligatoire, mais elle
818té ne sont pas certaines, explique le fait que la Suisse n’ait pas encore adhéré à l’Organisation des Nations unies. Elle est
819é se verrait alors compromise, mais parce que les Suisses connaissent, en vertu d’une longue expérience, les conditions d’une v
820nce générale, tout tend à confirmer, aux yeux des Suisses, que l’heure n’est pas encore venue de sacrifier la raison d’être de
821 témoins les plus proches, induit la majorité des Suisses à persister dans une position d’attente. « Chat échaudé craint même l
822 brûlant encore, ne manquera pas de se poser à la Suisse au cours des années qui viennent, dans le plan plus restreint de l’Eu
823peuvent-ils s’y associer ? Ici, la position de la Suisse devient au plus haut point paradoxale. Car, d’une part, on l’offre en
824181] Le paradoxe, pourtant, n’est qu’apparent. La Suisse fédéraliste, neutre, et armée, représente en effet une conception pos
825ope, enfin réconciliée avec elle-même. Mais cette Suisse-là, précisément, doit être la dernière, en bonne logique, à s’intégre
826n invoque la solidarité, laissant entendre que la Suisse y manque en se tenant seule aux principes qui ont assuré sa liberté,
827s’accomplir qu’à l’échelle de l’Europe : alors la Suisse s’évanouirait pour ainsi dire dans le succès de son idée. Mais elle c
828comme surent le faire il y a cent ans les cantons suisses. Encore faut-il que cette fédération soit bien réelle et sincèrement
829tes de puissances ou de blocs. Alors seulement la Suisse pourra, sans renier sa vocation profonde, se fondre en une Europe « h
80 1953, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Situation de l’Europe en août 1953 : Lettre aux Six (juillet-août 1953)
830prouve l’expérience vécue des États-Unis et de la Suisse. Le Projet, certes, n’est pas encore un Pacte, mais il prépare les vo
81 1954, Preuves, articles (1951–1968). La Table ronde de l’Europe (janvier 1954)
831eci après avoir précisé, au mot fédéral, que « la Suisse et les États-Unis ont des gouvernements fédéraux ».) Le même Littré a
832centralisé. Et combien savent que la Constitution suisse de 1848, pourtant exemplairement fédéraliste, loin d’abolir la souver
82 1954, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Deux notes sur la souveraineté nationale (mai 1954)
833armi les fédérations réussies, l’on peut citer la Suisse sans soulever d’objections. Tout le monde sait que son régime politiq
834a pris naissance en 1848 ? Jusqu’à cette date, la Suisse n’était qu’une alliance d’États souverains. Pendant des siècles, leur
835éon reconnaissant l’erreur commise, déclarait aux Suisses en 1802 : « La nature a fait votre État fédératif. Vouloir la vaincre
836s pouvoir central et de la totale unification, la Suisse chercha pendant près d’un demi-siècle un équilibre malaisé. Toute ten
837renonciation à leur souveraineté, la Constitution suisse de 1848 garantit expressément cette souveraineté, en même temps qu’el
838s peuples des vingt-deux Cantons souverains de la Suisse, unis par la présente alliance… forment dans leur ensemble la Confédé
839ance… forment dans leur ensemble la Confédération suisse. Article 3. — Les Cantons sont souverains en tant que leur souveraine
83 1954, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Éducation européenne (octobre-novembre 1954)
840 publiés depuis 1947 dans les 16 pays du CE et en Suisse, s’élève à 491. Leur tirage total a légèrement dépassé 3 millions d’e
84 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 3. La spire et l’axe
841 ni de Déclaration des droits de l’homme ; et les Suisses ont refusé soigneusement — jusqu’à nos jours — de formuler la doctrin
85 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Troisième partie. Où allons-nous ? — 10. Le drame occidental
842s pays marqués par la Réforme — nord de l’Europe, Suisse, USA — qui se trouvent être en même temps, notons-le, les pays qui on
86 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur la honte et l’espoir de l’Europe (janvier 1957)
843 plus une auto), jusqu’à la place où les couleurs suisses et hongroises furent hissées, sous les projecteurs, pendant une minut
87 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur la neutralité européenne (mars 1957)
844 en Europe. Elle semblait jusqu’ici réservée à la Suisse. Et voici qu’on en parle même en France. Que se passe-t-il donc ? Dan
845 réunion avec les provinces occupées. Beaucoup de Suisses et de Suédois s’imaginent que leur neutralité les protégerait encore
846, dont ils se moquent. Il n’en va pas ainsi de la Suisse. Ce pays court le risque d’abuser d’une neutralité justifiée, et scru
847e contraire d’une mesure politique. La neutralité suisse date de 1815. Les traités de Vienne et de Paris la reconnaissent, « d
848s luttes opposant des voisins immédiats comme les Suisses sont français, allemands ou italiens par leur langue, leur culture et
849éclater ne peuvent plus opposer les voisins de la Suisse, mais l’Europe tout entière à ce qui n’est pas l’Europe. Si la Suisse
850e tout entière à ce qui n’est pas l’Europe. Si la Suisse, prétextant de sa neutralité, refusait de participer non plus aux lut
851nue tabou, la conduirait en pleine absurdité : la Suisse se dirait neutre entre l’Europe, dont elle est une partie centrale, e
852s l’abus n’enlève pas l’usage, et le même exemple suisse peut illustrer les conditions concrètes d’une vraie neutralité. Un Ét
853uerres franco-allemandes, en ce qui concernait la Suisse) 2°) s’il juge que des raisons vitales d’ordre intérieur lui interdis
854endre parti militairement (l’union fédérale de la Suisse se serait disloquée en 1914, par exemple, les Romands tenant pour la
855e de prisonniers, négociations secrètes menées en Suisse en 1916-1917 et dès 1942) 4°) enfin, s’il a renoncé à tout esprit de
856 d’étendre à toute l’Europe une neutralité « à la Suisse » se nourrit à la fois du désir défaitiste de tirer son épingle du je
88 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur la neutralité européenne (II) (avril 1957)
857ité (donc limitée et contingente, comme celle des Suisses) sont réalisés en Europe, pour l’ensemble de nos nations soi-disant s
858n Parlement et d’une armée. Une neutralité « à la suisse » n’aurait donc aucun sens avant l’union. Elle serait pratiquement im
859 statut. Le principal obstacle à l’adhésion de la Suisse (plus neutre que la Suède et que l’Autriche), disparaîtrait d’un coup
89 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur deux écrivains politiques (juin 1957)
860onc l’existentialisme ? Deux confusions et deux Suisses Le même Sartre écrivait naguère que je me suis tu sur Suez mais « abo
861omme doux, bien élevé, et par-dessus le marché un Suisse : le prestige militaire de la France ne l’éblouit pas. » De son côté,
862té, Aspects de la France croit savoir que je suis Suisse, trouve que j’ai bien de la chance, mais que cela m’ôte le droit de «
90 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur le pouvoir des intellectuels (juillet 1957)
863ur un fond de ruines antiques ; s’il s’agit de la Suisse, des jodleurs. Le tourisme prétend « promouvoir une meilleure compréh
864mitié prépare l’union. Je survole en une heure la Suisse, petite unité politique bien compacte et modèle de civisme. On passe
865 langue commune. Cela n’empêche pas la Fédération suisse de tourner rond : elle n’est pas une affaire de sentiment, ni même de
91 1957, Preuves, articles (1951–1968). Pourquoi je suis Européen (octobre 1957)
866 Allemands et des Scandinaves, des Anglais et des Suisses suivront. Quant aux jeunes des pays de l’Est, il est possible qu’ils
92 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur l’Europe à faire (novembre 1957)
867ule, qu’elle n’a même pas su faire une place à la Suisse ». L’étudiant de première année qui commettrait une erreur si grossiè
93 1957, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). La Suisse et l’Europe après 1945 (avril 1957)
868 [p. 43] La Suisse et l’Europe après 1945 (avril 1957) ak 1. La Suisse épargnée Alors
869e et l’Europe après 1945 (avril 1957) ak 1. La Suisse épargnée Alors que la plupart des autres pays de l’Europe (sauf la Su
870été dévastés par la guerre et les révolutions, la Suisse se retrouve en 1945 moralement et physiquement intacte, et plus prosp
871e de grande prospérité économique s’ouvre pour la Suisse. Les capitaux étrangers s’accumulent dans nos banques. La monnaie sui
872rangers s’accumulent dans nos banques. La monnaie suisse reste la plus solide du continent. Cependant, le commerce avec les pa
873qu’avec l’aide de subventions de l’État. Ainsi la Suisse conserve une situation privilégiée, mais qui ne peut se prolonger lon
874tion économique (OECE), groupant 16 pays, dont la Suisse. Mais le continent reste divisé par d’innombrables barrières douanièr
875semble, dont font partie les grands voisins de la Suisse. Le mouvement vers l’union européenne ne cesse donc de se développer.
876tion helvétique a groupé en 1848 tous les cantons suisses. 5. La Suisse dépend de l’Europe Jusqu’ici, la Suisse est restée à
877 groupé en 1848 tous les cantons suisses. 5. La Suisse dépend de l’Europe Jusqu’ici, la Suisse est restée à l’écart du mouve
878. 5. La Suisse dépend de l’Europe Jusqu’ici, la Suisse est restée à l’écart du mouvement vers l’union européenne. Quelles so
879 sont les raisons de cette attitude réservée ? La Suisse occupe une position centrale dans notre continent, mais n’a pas de dé
880ux se fait avec ses voisins européens. La [p. 46] Suisse dépend donc de l’ensemble de l’Europe pour sa prospérité économique.
881nant de l’Est. Mais la neutralité militaire de la Suisse l’a empêchée d’adhérer à l’alliance conclue en 1949 entre les pays de
882raité de l’Atlantique Nord, ou OTAN). De même, la Suisse n’est pas devenue membre du Conseil de l’Europe lors de la création d
883Cependant, les nécessités économiques poussent la Suisse à coopérer toujours plus étroitement avec les organisations européenn
884les organisations européennes. C’est ainsi que la Suisse adhère déjà à l’OECE, passe des accords avec le CECA et le Marché com
885globant tous les pays de l’Ouest du continent. La Suisse observe fidèlement son devoir de neutralité. Mais cette neutralité a
886Europe entière », et ne peut donc pas empêcher la Suisse de coopérer avec les institutions qui ont pour but d’unir nos peuples
887t pour but d’unir nos peuples. Les intérêts de la Suisse et ceux de l’Europe entière sont inséparables. Résumé 1. Au lendema
8881. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Suisse est le seul pays intact au centre de l’Europe. Elle connaît une grand
889 créer entre eux un Marché commun. [p. 47] 5. La Suisse étant neutre ne peut adhérer aux alliances militaires des autres pays
890s européennes créées depuis 1949 ? 7. Pourquoi la Suisse n’est-elle pas membre des Nations unies ? 8. La neutralité suisse ser
891e pas membre des Nations unies ? 8. La neutralité suisse sert-elle seulement les intérêts de la Suisse ? p. 43 ak. « L
892ité suisse sert-elle seulement les intérêts de la Suisse ? p. 43 ak. « La Suisse et l’Europe après 1945 », Bulletin du
94 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur un centre qui doit être partout (mai 1958)
893i l’Allemagne, ni l’Italie, ni la Hollande, ni la Suisse, ni l’Espagne, ni même la Grande‑Bretagne n’ont une capitale comparab
894de son demi‑milliard d’habitants, qu’on prenne la Suisse, tout équipée pour cette fonction désignée par sa neutralité traditio
895r sa neutralité traditionnelle. Finalement, si la Suisse refuse au nom de cette même neutralité, qu’on renonce alors à l’impro
896 où est Ferney. Morceau de France détaché vers la Suisse au‑delà de la barrière du Jura, le Pays de Gex est caractérisé par un
897 la vocation plusieurs fois séculaire des troupes suisses fut de défendre les institutions et les symboles d’intérêt général eu
95 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur le régime fédéraliste (I) (août 1958)
898’on me dise alors ce que l’on choisit, du système suisse ou de son nom ? La Confédération helvétique est le type même d’une au
899égime fort bon pour les sauvages, par exemple les Suisses et les Américains, quand ce n’est pas un complot contre la République
96 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur le vocabulaire politique des Français (novembre 1958)
900me concret, plus poussé que partout ailleurs. (La Suisse républicaine est bien moins progressiste à cet égard.) C’est que la r
97 1958, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Le Centre européen de la culture : ce qu’il fait — d’où il vient — où il va (février 1958)
901 de Lausanne et par des dons privés recueillis en Suisse, la Conférence a lieu du 8 au 12 décembre dans le palais du Tribunal
902ymboliques » jusqu’en 1956, où la France, puis la Suisse et Genève, commencèrent à fournir une part de nos recettes 20 .) La f
98 1958, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Éducation européenne (février 1958)
903, et les méthodes appliquées. [p. 12] Fribourg (Suisse) Objectif : mesurer l’action que les maîtres (primaires et secondair
904’histoire nationale, ce chapitre traitant de « La Suisse et l’Europe ». Le succès remporté par cette première expérience dans
905ions scolaires à étudier des projets analogues en Suisse, France, Belgique et Italie ; ils devraient être lancés dès la rentré
906jumelages » de la ville avec d’autres communes de Suisse, Belgique, France, Algérie, Allemagne. L’action européenne proprement
99 1959, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Éducation et loisirs : les mass media (mai 1959)
907000 adhérents —, et bien d’autres en Autriche, en Suisse, en Hollande, en Scandinavie : toutes ensemble, elles ont fait surgir
100 1959, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Neuf expériences d’éducation européenne [Introduction] (décembre 1959)
908laires ont touché 880 maîtres et 4 664 élèves, en Suisse, en France et en Belgique. Les enquêtes sociologiques ont porté sur u