1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
1Russie, vers le passé, vers l’Orient, tentant des amours nouvelles et les fuites les plus folles hors de la réalité, ils forme
2 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
2scille entre la violence et le désespoir (c’est l’amour), et, déchiré de contradictions, tire du désordre de ses certitudes f
3est fille de la fatigue. La Muse a trop veillé. L’amour moderne, nerveux, saugrenu jusqu’au sadisme, trop lucide, est un amou
4x, saugrenu jusqu’au sadisme, trop lucide, est un amour de fatigués (Les Nuits, l’Europe galante, de Morand). La lucidité aig
3 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Wilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926)
5fut aussi le prosateur charmant du Pédagogue et l’Amour — sourit avec une grâce un peu frileuse et se permet de bâiller en pu
4 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
6ouvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveillé l’envahit. Et Closain rencontre, dans l’inévitable bar, le c
5 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
7ire. Cependant que ma joie — un état de grâce, un amour — ne pouvait se satisfaire de telle possession particulière, ne pouva
8es et jongleries verbales. Regards au-dessus de l’amour ! Voir l’heure à la pendule pendant l’étreinte d’un adieu et calculer
6 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
9 prétentieuse qu’incertaine. Son affaire, c’est l’amour, et certain désespoir vaste et profond comme l’époque. « Voulez-vous
7 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
10ation qui orne de beautés illusoires l’objet de l’amour. Mais les jeunes gens de ce temps ne cultivent point cette fièvre. Et
11nche d’allure. On ne sait ce qui la retient : son amour ? son manque d’amour ? Pour Jacques, il souffre d’une incurable adole
12sait ce qui la retient : son amour ? son manque d’amour ? Pour Jacques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un défaitis
8 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
13». Mais plus voluptueux que philosophe, c’est à l’amour qu’il ira demander la souffrance indispensable au perfectionnement de
14ordonnée. Pourtant, entre Montclar et Ameline, un amour se noue, qui commence où souvent l’on finit. Et peut-être l’amour n’e
15ui commence où souvent l’on finit. Et peut-être l’amour n’est-il possible qu’entre deux cœurs que l’épreuve du plaisir n’a pa
16autre ces êtres égoïstes, et fonde lentement leur amour, à force de petites blessures. Ce n’est pas le moins troublant d’une
9 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
17rne aussitôt à ses yeux tout ce qu’il attend de l’amour. Une confidence, un baiser, et il ne la reverra jamais. Il aime encor
18urde tristesse des choses qui vous échappent, des amours impossibles, des histoires dont on ne sait pas la fin ni le sens véri
10 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)
19 [p. 244] Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927) an Ces trois nouvelles n’ont guère de commun entre elle
20iétudes du désir viennent troubler de ravissantes amours d’adolescents. Et c’est Un vieil été. Cette nouvelle, très supérieure
11 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Billets aigres-doux (janvier 1927)
21vier 1927) c Pour Harriet V. A.-W. Poste aux amours perdues Sur le mont gris pâlissants Des bouquets de vagues brumes. I
22ses, ô col roide, En souffrance mes baisers. L’amour est un alibi Nos lèvres sitôt que jointes, Ô dernier mensonge tu, Je
12 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
23’humain, l’imperfection secrète qui fait naître l’amour. Parce que la création est venue après la théorie. Parce qu’une fois
13 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
24fini. Rien à craindre de ce côté. Retournez à vos amours. ....................................................................
25...... Solitude, antichambre du ciel. À travers l’amour ou la poésie — et d’autres, à travers les déserts de la sainteté que
26rnées. Nous aimions la révolution comme on aime l’amour. Nous n’aimions pas telle révolution — la russe, par exemple, — parce
27age de tendresse va crever sur le monde. Aigles d’amours, oiseaux doux et cruels, nous parlerons vos langues aériennes. On n’a
14 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
28ai si fort… En un quart d’heure, je connaissais l’amour dans ce qu’il a de plus étrangement prosaïque à la fois et bêtement h
15 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
29abitude de boire et de fumer excessivement, leurs amours, l’égoïsme, le mépris de la réalité, l’exaltation maladive de l’imagi
16 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
30 et ce n’est pas que je m’en vante, — j’ai tué un amour naissant, à force de le crier sur les toits. Ainsi, parler littératur
31, qui sont à la vraie vie ce que le flirt est à l’amour. [p. 234] II Sur l’insuffisance de la littérature On reconnaît un é
32 des mépris qui sont de sournoises déclarations d’amour. Tel qui raille l’Église et les curés, c’est qu’il se fait une très h
17 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
33sus, le roman repart dans une troisième action (l’amour de Catherine pour un aviateur français) assez peu intéressante à vrai
18 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
34sent par leurs écrits. Aragon, qui a le sens de l’amour, a dit conséquemment beaucoup de choses vraies (belles). Il est même
19 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
35 aimer. Le sujet de Liszt et de Chopin, c’était l’amour, donc la douleur ; ici, c’est l’absence d’amour, par refus de souffri
36l’amour, donc la douleur ; ici, c’est l’absence d’amour, par refus de souffrir. Mais chez un être raffiné, la peur d’étreindr
37 un être raffiné, la peur d’étreindre aboutit à l’amour de soi dans « l’illusion ». Sachons gré à M. de Pourtalès de ce qu’il
20 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
38t il y a les raisons. Hors le domaine de [p. 9] l’amour, où tout se confond miraculeusement, gémir n’est pas un argument. Je
21 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
39her de voir une intention providentielle dans cet amour de la destruction et de l’anarchie que les génies destructeurs de ce
22 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
40st simplement un homme libre qui a une foi (ou un amour) et qui s’y consacre. (Mais alors !… Je vois à votre mine stupidement
41t les accords imitent la blancheur éclatante de l’amour… Que dirons-nous ?… Par la force des choses et de l’Esprit, l’homme s
23 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
42console des nécessités modernes, dégradantes. Cet amour de l’invention romanesque considérée comme une revanche de la poésie
24 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
43ne viendra pas disputer à M. Benda, c’est son dur amour de la vérité tout court. Celle-là même qui paraît anarchique dans un
25 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
4469] Ailleurs Colombes lumineuses des mains de mon amour écloses voyageuses ah ! que d’aucun retour vous ne laissiez le gage a
45clatant du jour scintillera l’invisible gage d’un amour perdu. p. 168 s. « Prison. Ailleurs. Étoile de jour », Revue
26 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
46loppe qu’hier vous m’adressâtes une déclaration d’amour destinée à une femme blonde. Je suis noire. Mais je sais qui c’est. J
27 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Jullien du Breuil, Kate (avril 1930)
47 peu ou pas mal de littérature. Et c’est à un tel amour qu’on va demander sa revanche contre la mesquinerie morale du milieu…
48ssions sexuelles. Qui viendra rendre le sens de l’amour idéal — celui qui transfigure ? Le roman de M. Jullien de Breuil effl
28 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
49ui des rêveries de certaines pubertés ; quant à l’amour, Maldoror ne paraît pas de taille à le concevoir au-delà de sa tendre
29 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
50mais si je me défends du pittoresque, ce n’est qu’amour jaloux du merveilleux, avec quoi l’on est trop souvent tenté de confo
51 l’être profond de la race. On ne discute pas cet amour, on ne réfute pas cette haine. Ici, la sympathie est un devoir de pol
30 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
52nt fascinant à la fois, qu’il me préserve de tout amour pour quelque bien particulier où je serais tenté de me complaire. Oh 
53 choses disparaîtraient… Le vertige (la peur et l’amour du vertige). Qu’est-ce qu’il y aurait de l’autre côté ? Se laisser ch
54 se serait mis à tourbillonner sur place. 14. L’amour en Hongrie (généralités) Les Allemands aiment les femmes comme ils ai
55re à la fois cocasses et fades. En Italie… Mais l’amour hongrois t’emportera dans une inénarrable confusion de sentimentalism
56vec une vertigineuse docilité dans les voies d’un amour ineffable et se perd avec lui vers le désert et ses mirages. On ne sa
57aintenant, maintenant, où tu n’es pas — et tant d’amour perdu… Un train dormait devant la gare campagnarde. Je me suis étendu
58n seul et même acte. Peut-être l’ai-je aimée d’un amour égoïste, comme un être dont on a besoin et en qui l’on chérit surtout
59réclame et dont personne ne vit… Et certes un tel amour est un amour mineur. Mais qui saura jamais la vérité sur aucun être ?
60nt personne ne vit… Et certes un tel amour est un amour mineur. Mais qui saura jamais la vérité sur aucun être ? Et s’il fall
31 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
61commerce humain qui vaille la peine, qui vaille l’amour. Durant cette méditation, nous avons gagné une rue pauvrement éclairé
32 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
62eux. C’est ainsi encore que l’idéal chrétien de l’amour du prochain a tourné pratiquement à la méfiance systématique du voisi
33 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
63n ami Hilaire Belloc dont voici la traduction : L’amour de Dieu qui mène aux royaumes d’en-haut est contrecarré par le dieu d
64yaumes d’en-haut est contrecarré par le dieu de l’Amour. [p. 345] « Si vous désirez savoir comment cela s’applique à mon his
65sa dernière heure, d’aimer et de souffrir par son amour. C’était là choisir un sujet inévitablement tragique. Car si l’histoi
66e se souvenir, c’est-à-dire souffrir, vieillir. L’amour étant d’essence éternelle, ses manifestations dans notre vie — dans l
67 force de souffrance, le courage de sacrifier son amour. Mais elle ne peut survivre à cet acte suprême, à cette grâce. Aussi
34 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
68s raconte dans ces deux volumes, témoignent que l’amour chrétien peut encore aujourd’hui pénétrer un monde revendiqué par le
69 L’organisme social demande des sacrifices pour l’amour des vivants. » Le conflit intérieur s’intensifie bientôt jusqu’à pro
70e, s’accrochent à ses manches et l’escortent avec amour. ⁂ [p. 630] Avant de tirer les conclusions qu’impose cette œuvre avec
71C’est dans un tel état de désespoir que soudain l’amour de la vie revient s’emparer de lui et décide de sa conversion : Il s
35 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
72ge de M. Édouard Martinet, intitulé André Gide, l’amour et la divinité, M. Albert Thibaudet exprime son regret de ce qu’un te
36 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931)
73uvrant son impuissance à susciter dans le monde l’amour dont il aurait besoin, qu’il imagine et dont il meurt. Car la vie est
74reils faits lorsque l’esprit s’y attache et que l’amour ou la pitié essaient sur eux [p. 805] leurs forces. Le monde est habi
37 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
751  ? Tout devenait incompréhensible et certain, l’amour n’existait pas ailleurs que dans mes bras, et nul chemin, nulle dista
76efuse de s’accomplir pleinement. L’Italien fait l’amour et n’épilogue pas. L’Allemand ne fait pas l’amour [p. 26] et en tire
77amour et n’épilogue pas. L’Allemand ne fait pas l’amour [p. 26] et en tire une métaphysique 4 . Le plaisir est pour lui raret
38 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
78indre. Me voici tout abandonné à l’évocation d’un amour tragiquement mêlé à des [p. 36] forces inconnues et menaçantes. Mais
79ue l’approche d’une grandeur où se perdraient nos amours terrestres dans d’imprévisibles transfigurations — l’heure anxieuse e
80 de lumière m’apparaît avec le visage même de mon amour. Je me sens voluptueusement perdre pied. Vertige de te revoir, vertig
81i du moins n’a guère changé, dis-je, songeant aux Amours de Vienne. Certes, répondit Gérard, malgré les apparences, cette vie
82gens fatigués. — Pour moi, dit Gérard, je situe l’amour dans un monde où la question fidélité ou inconstance ne se pose plus.
83un instant, c’était parce qu’elles évoquaient cet amour, c’était parce que je découvrais en elles de secrètes ressemblances,
84 dans la même minute toutes les incarnations d’un amour dont l’être éternel peu à peu transparaît au travers de ses manifesta
85sion, il connaît enfin la substance unique de ses amours, il communie avec quelque chose d’éternel. Tous les drames du monde n
39 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
86ueurs transfigurantes, — il faudrait un miracle d’amour qui fasse pousser un grand cri à un homme qu’on verrait alors s’ageno
87onne, ah ! que n’êtes-vous celles des désirs de l’amour ! La traîne d’une robe tournoie, éclair de roses sur un seuil. C’étai
88prême délice de libération, une prière pour que l’amour soit bien-aimé… Oh ! qu’il y ait eu cette joie par un regard de jeune
89e personne ne l’ait vu ! Ils ne savent plus que l’amour seul eût mérité ces fastes ; l’usage de leurs politesses imite dériso
90 complice d’une angoisse plus bouleversante que l’amour, à la minute où l’on voit de très près, entre la nuit qui s’évapore e
40 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
91mais si je me défends du pittoresque, ce n’est qu’amour jaloux du merveilleux, avec quoi l’on est trop souvent tenté de [p. 7
92 l’être profond de la race. On ne discute pas cet amour, on ne réfute pas cette haine. Ici, la sympathie est un devoir de pol
93nt fascinant à la fois, qu’il me préserve de tout amour pour quelque bien particulier où je serais tenté de me complaire. Oh 
94 choses disparaîtraient… Le vertige (la peur et l’amour du vertige). Qu’est-ce qu’il y aurait de l’autre côté ? Se laisser ch
95e serait mis à tourbillonner sur place. xiv L’amour en Hongrie (généralités) Les Allemands aiment les femmes comme ils [p
96re à la fois cocasses et fades. En Italie… Mais l’amour hongrois t’emportera dans une inénarrable confusion de sentimentalism
97vec une vertigineuse docilité dans les voies d’un amour ineffable et se perd avec lui vers le désert et ses mirages. On ne sa
98aintenant, maintenant, où tu n’es pas — et tant d’amour perdu… Un train dormait devant la gare campagnarde. Je me suis étendu
99n seul et même acte. Peut-être l’ai-je aimée d’un amour égoïste, comme un être dont on a besoin et de qui l’on chérit surtout
100réclame et dont personne ne vit. Et certes un tel amour est un amour mineur. Mais qui saura jamais la vérité sur aucun être ?
101nt personne ne vit. Et certes un tel amour est un amour mineur. Mais qui saura jamais la vérité sur aucun être ? Et s’il fall
41 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
102rté… Et voici dans sa vie cette double venue de l’amour et du chant prophétique, confondant leurs flammes. Dix années dans le
103cet être faible, humilié par le [p. 123] monde. L’amour s’éloigne le premier, quand Hölderlin doit quitter la maison de Mme G
104 femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour. Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux, une pipe qui traîn
105ais rien ? Ou bien, peut-être, seulement, quand l’amour leur donne une petite fièvre, — cette semaine de leur jeunesse où ils
106oses généreuses autour d’eux… Cela s’oublie. Et l’amour, tout justement, nous fait comprendre, dans le temps même qu’il nous
42 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
107 Et j’ai copié dans Swedenborg des passages sur l’amour des anges et des humains, — l’amour, qui est le lieu des [p. 146] cor
108assages sur l’amour des anges et des humains, — l’amour, qui est le lieu des [p. 146] correspondances, qui est le degré suprê
109possessions en rêve, — ce signal d’alarme, — et l’amour qu’ils essayent encore le samedi soir n’est plus cet infini repos dan
110nteur est chose souveraine, — elle seule domine l’amour. Les plus grands spectacles naturels sont des spectacles de lenteur o
111 sale, retenir des larmes ? Un soudain excès de l’amour s’est libéré dans tout mon être et s’élance vers ces vies proches. Oh
112ur du cœur humain, c’est de donner sans mesure un amour dont notre vie, peut-être, n’a que faire. ⁂ Le reste de la vie, c’est
43 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
113commerce humain qui vaille la peine, qui vaille l’amour. Durant cette méditation, nous avons gagné une rue pauvrement éclairé
44 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
114ercice de ces activités, composerait des poèmes d’amour, des romans, des drames philosophiques, les meilleurs de son époque.
115quand bien même il fait intervenir, à la fin, « l’amour d’En-Haut » venant à sa rencontre — Goethe nous apparaît comme non ch
45 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
116rifié le corps, et l’âme est prête à recevoir « l’amour d’en haut ». Car telle est la yoga occidentale, dont le Second Faust
46 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Alexandre, par Klaus Mann (septembre 1932)
117aus Mann (septembre 1932) h Ce n’est pas pour l’amour du laurier, mais pour l’amour de son ami Clitus, poète abstrait à la
118Ce n’est pas pour l’amour du laurier, mais pour l’amour de son ami Clitus, poète abstrait à la mode de 1920, qu’Alexandre a c
47 1932, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La pluie et le beau temps (Dialogue dans une tête) (1932)
119Vos actions et vos pensées, votre conception de l’amour se réfèrent en vérité à une carte postale en couleurs. Et non pas à l
48 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — a. L’engagement politique
120ynisme d’un Talleyrand n’en jugea nécessaires ? L’amour du [p. 15] peuple et des victimes d’une société affolée s’étale sur l
49 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — c. Le vrai pouvoir des intellectuels et son usage
121’éléments imprévisibles. Un autre trouble est cet amour théorique de l’Humanité, qui traduit une fuite devant l’humanité part
50 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 1. Destin du siècle ou vocation personnelle ?
122s d’accord réel, jamais plus de haine déclarée. L’amour des hommes, transposé dans la collectivité, devient automatiquement d
123e d’obéissance à l’ordre de Dieu, qui s’appelle l’amour du prochain. Je dis bien : acte, et il faut insister là-dessus. Le mo
124a complètement perverties. On nous a présenté cet amour du prochain comme un sentiment bienveillant, une tolérance à l’égard
125e en société. On a transporté dans l’histoire cet amour qui doit être un acte, une présence et un engagement immédiat. Acte,
51 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 4. Ni ange ni bête : ni gauche ni droite, (Fondements théologiques d’une action politique)
126humainement bienfaisante que l’Évangile appelle l’amour du prochain. Ni ange ni bête, ni droite ni gauche. Pessimisme quant a
52 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 8. Humanisme et christianisme
127ntre christianisme, n’est-ce donc qu’un conflit d’amour, assez touchant ? Est-ce à celui qui soignera le mieux cet homme que
53 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 9. Antimarxiste parce que chrétien
128le, ces trois notions : le travail, le service, l’amour du prochain. Le travail est pour le chrétien un pur exercice. Il n’a
129étendre plus sur le troisième exemple, celui de l’amour du prochain. Il est évident pour un chrétien que cet amour est inconc
130prochain. Il est évident pour un chrétien que cet amour est inconcevable et impossible, est une pure hypocrisie en dehors de
54 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
131homme qui voudrait témoigner par des actes de son amour réel, de sa pitié pour le peuple trompé, passerait infailliblement po
132re, négliger les précautions d’usage, épouser par amour, faire scandale sans épiloguer, là où il faut, mépriser, admirer. D’u
55 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iv. Qu’est-ce que la politique ?
133nt de militer bruyamment dans le parti, moins par amour passionné pour son idéal que par haine des autres partis, et souvent
56 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Destin du siècle ou vocation personnelle ? (février 1934)
134s d’accord réel, jamais plus de haine déclarée. L’amour des hommes, transposé dans la collectivité, devient automatiquement d
135e d’obéissance à l’ordre de Dieu, qui s’appelle l’amour du prochain. Je dis bien : acte, et il faut insister là-dessus. Le mo
136a complètement perverties. On nous a présenté cet amour du prochain comme un sentiment bienveillant, une tolérance à l’égard
137e en société. On a transporté dans l’histoire cet amour qui doit être un acte, une présence et un engagement immédiat. Acte,
57 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
138entiment. Pour Nietzsche, on s’en souvient 46 , l’amour chrétien n’est que « la fine fleur du ressentiment » que les natures
139s savons ce qu’ils font »). On parle aussi de l’« amour de ses ennemis » et l’on « sue à grosses gouttes ». Il est facile de
140 centrale : nous en sommes venus à substituer « l’amour de l’humanité » à l’amour du prochain commandé par le Christ : et c’e
141 venus à substituer « l’amour de l’humanité » à l’amour du prochain commandé par le Christ : et c’est au nom de cet amour de
142n commandé par le Christ : et c’est au nom de cet amour de l’humanité que nous revendiquons les fausses valeurs décrites par
143ites par Nietzsche. Nous ne voulons plus l’acte d’amour personnel, — qui est une valeur héroïque — mais nous prônons tout sim
144exige de nous un moindre sacrifice. (On éloigne l’amour : ainsi l’amour de la patrie passe avant celui du prochain, l’amour d
145 moindre sacrifice. (On éloigne l’amour : ainsi l’amour de la patrie passe avant celui du prochain, l’amour du genre humain a
146our de la patrie passe avant celui du prochain, l’amour du genre humain avant celui de la patrie.) Cet humanitarisme entraîne
147ent contre l’héroïsme chrétien ; à l’origine de l’amour de l’humanité, il y a, comme Fichte l’avait vu, une haine des hommes 
58 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
148ière si touchante, et c’est ce qu’ils appellent l’amour. 57  » Rire du solitaire, qui ressemble peut-être à la pitié énigmati
59 1934, Esprit, articles (1932–1962). Préface à une littérature (octobre 1934)
149parce qu’elles décrivent ses désirs réalisés. Cet amour à peu près unanime figure la bonne conscience conservatrice du régime
150remières, ceux qui méprisent la vie bourgeoise, l’amour et le mariage bourgeois, l’idéalisme romantique, la croyance vulgaire
151e, la Puissance nationale, l’Honneur, l’Esprit, l’Amour, la Civilisation, — les lieux communs de l’ère finissante ne sont plu
60 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
152se pour une réponse. La plénitude est un combat d’amour. Mais aimer ? C’est d’abord répondre, — c’est en même temps et c’est
153it je, n’a pas d’autre mouvement que la peur ou l’amour. Non qu’il ait à choisir : déjà il fuit, déjà il s’offre. C’est le je
154alors le secret du grand Pan s’ouvrirait-il à son amour ? Mais serait-ce amour ou défi ? Empédocle n’a rien sauvé. Je garde m
155d Pan s’ouvrirait-il à son amour ? Mais serait-ce amour ou défi ? Empédocle n’a rien sauvé. Je garde ma raison. Et, pour le r
156xprime chez les lakistes ce même sentiment mêlé d’amour et de terreur, que ces mots soient intraduisibles en notre langue 13
157re divisent l’homme en esprit et en corps, seul l’amour d’espérance, charité de la foi, nous permet d’apporter à la Nature un
158ui embrasse l’être anxieux de la créature. En cet amour, enfin, l’homme et les choses accèdent au concret de leur existence,
61 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
159-ce que cela veut dire : J’aime les hommes pour l’amour de Dieu ? Est-ce autre chose que de dire : J’aime les gendarmes pour
160e chose que de dire : J’aime les gendarmes pour l’amour de la justice ? Ou de s’écrier, comme cette jeune fille : J’aime Scho
62 1935, Esprit, articles (1932–1962). André Rouveyre, Singulier (janvier 1935)
1616] André Rouveyre, Singulier (janvier 1935) j L’amour d’un homme de cinquante ans et d’une jeune femme forme l’unique sujet
162ux êtres dont la vocation paraît inséparable de l’amour qui les domine. Une analyse racinienne des sentiments s’unit ici à la
163té tendre de son « inquisition » rend un sens à l’amour humain, disqualifié dans la littérature d’aujourd’hui par trop d’indi
63 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
164ui l’exigent ! — mais j’ai fait l’expérience de l’amour, et c’est elle que je veux attester. Galopins ! voilà ce que vous ête
64 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Lawrence et Brett par Dorothy Brett ; Matinées mexicaines suivi de Pansies (poèmes), par D. H. Lawrence (octobre 1935)
165spèce de charité patiente et ingénieuse. D’où son amour des travaux manuels. Comme tout cela est rafraîchissant, satisfaisant
65 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). « Le plus beau pays du monde » (octobre 1935)
166e, elle veut dire simplement : j’aime mon pays. L’amour exclut toute comparaison. Dire que tel pays « est le plus beau du mon
167us absurde que de comparer un pays à un autre, un amour à un autre, car où est l’étalon, où est la mesure commune, et qui con
66 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Quatre indications pour une culture personnaliste (février 1935)
168t la puissance, et la vertu, et l’invention, et l’amour même. Et ce chiffre n’est pas un « nombre d’or », un secret de la vie
169nvention de banquiers. Il est contre nature que l’amour, la puissance, dépendent d’une chose morte, quand leur essence est vi
67 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
170es de bonne volonté sans volonté, se lançant, par amour d’une idée, dans des complots dont ils ignorent le vrai but, dans une
68 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.1. Le problème de la culture
171, mais c’est là qu’il cesse d’être un mensonge. L’amour est le comble de l’esprit, et l’amour du prochain est un acte, c’est-
172mensonge. L’amour est le comble de l’esprit, et l’amour du prochain est un acte, c’est-à-dire une main tendue, non pas un sen
173e leur emploi le plus précis ? (« Révolution », « amour », « esprit » pour ne citer que les plus courants.) À quoi sert encor
174artir du moment où son objet (Dieu, la culture, l’amour, la nation, le travail, etc.) s’éloigne ou s’affaiblit, ou même cesse
69 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.4. Hegel, Comte, Marx, ou la rationalisation
175el à la « juste confiance des Français » et à « l’amour qu’ils ont toujours montré pour leur roi » 14 , la Chambre lui oppose
70 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.10. La mesure soviétique
176les facultés humaines de création, d’espérance, d’amour ? Pour nous borner à un exemple : les disciplines imposées par le Pla
71 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.13 Commune mesure et acte de foi
177critiques leur vraie portée : ce n’est pas pour l’amour des hommes de là-bas que je m’attache à distinguer dans leur régime c
72 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
178a morale qui correspond à tout cela ? — On fait l’amour, on ne fait plus des enfants. Cette formule symbolise tout le reste.
179du mauvais temps, de la guerre ou des pestes. Cet amour, ce culte rendu à des déterminismes de plus en plus pesants, cette pi
73 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
180 le drame de l’éthique personnelle, une affaire d’amour, une affaire de solitude menacée. Une pensée et une vie sont aux pris
181mais dans un acte créateur, règne le mystère de l’amour, le mystère de la communion. Mais ce mystère ne souffre point définit
74 1936, Esprit, articles (1932–1962). Francfort, 16 mars 1936 (avril 1936)
182dant six minutes. Et quand ce [p. 19] hurlement d’amour s’apaisa, on entendait encore une rumeur d’océan au-dehors. Le journa
183ant 1933. Il ne s’agit pas de haine : il s’agit d’amour. Il ne s’agit pas de politique, mais de religion, mais de cérémonies
75 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
184 le Règne de l’esprit malin), entrée du cinéma (l’Amour du Monde), approche de la fin du monde (Présence de la Mort, Les Sign
185e avec l’objet ; elle est dans la volonté, dans l’amour, dans la création du contact avec l’objet. » Mais on peut dire cela d
76 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
186les facultés humaines de création, d’espérance, d’amour ? Pour nous borner à un exemple : les disciplines imposées par le Pla
77 1936, Esprit, articles (1932–1962). Erskine Caldwell, Le Petit Arpent du Bon Dieu (novembre 1936)
187e à opposer l’esprit gaulois aux conventions de l’amour courtois, et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposi
188rtois, et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposition avec la conception romantique. Or la gauloiserie, auss
189tes les complications naturelles et sociales de l’amour, l’indulgence pour les mensonges et les égoïsmes de la vie sexuelle,
78 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Qu’est-ce que la politique ? (juin 1936)
190nt de militer bruyamment dans le parti, moins par amour passionné pour son idéal que par haine des autres partis, et souvent
79 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. I. N’habitez pas les villes !
191 de sa longue expérience, de ses rancunes, de son amour caché, et de sa science hétéroclite de praticien et de collectionneur
192ons. Et il est très tentant d’appeler cette haine amour du peuple… Troisième constatation : la plupart des discours que l’on
193rente à la commune et naturelle. Mon page faict l’amour, et l’entend : lisez-lui Léon Hebreu et Ficin ; on parle de luy, de s
80 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
194istent. (Je crois que Ramuz en a parlé, et de son amour pour les feux qui prennent mal, les maisons trop grandes…) 12 janvi
195argent que de parler, comme tant d’autres, de mes amours, en donnant toutes les précisions qu’un collégien puisse désirer.) R.
196sser plus loin, d’aborder des réalités. Donc, par amour du peuple, n’écoutons plus ses assemblées, ce n’est pas lui. Écoutons
81 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Vaillant-Couturier, Au service de l’Esprit (février 1937)
197alifier : C’est la générosité française, c’est l’amour français de l’indépendance, c’est ce sens français de l’universel, c’
82 1937, Esprit, articles (1932–1962). Retour de Nietzsche (mai 1937)
198des créateurs ! C’est leur fait d’être pauvres en amour du prochain » ; et : « Toute création est communication. Celui qui co
83 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). N’habitez pas les villes (Extrait d’un Journal) (juillet 1937)
199 de sa longue expérience, de ses rancunes, de son amour caché, et de sa science hétéroclite de praticien et de collectionneur
84 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Gösta Berling, par Selma Lagerlöf (novembre 1937)
200t la réalité sociale plus toutes les autres. Et l’amour d’une femme pour son peuple, au lieu de ces vantardises en service co
85 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
201e ici ma liberté. Mon premier livre dit assez mon amour de l’Europe centrale ; et mon deuxième, l’idée que je me fais des rég
202» Non, ce n’est pas de haine qu’il s’agit, mais d’amour. J’ai entendu le râle d’amour de l’âme des masses, le sombre et puiss
203u’il s’agit, mais d’amour. J’ai entendu le râle d’amour de l’âme des masses, le sombre et puissant râle d’une nation possédée
204 y en aurait autant, ce serait peu au regard de l’amour que le grand nombre a voué au Führer. Que [p. 54] voulez-vous, M. Hit
86 1938, Journal d’Allemagne. i. Instruction spirituelle donnée aux étudiants hitlériens, (Extrait de lettre d’un étudiant allemand)
205juive ; la négation de la vie ; l’immoralité de l’amour du prochain sans choix préalable ; l’internationalisme, etc. Toutefo
87 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
206ites d’un ouvrage qui paraîtra sous ce titre : L’Amour et l’Occident . Partant d’une analyse approfondie des cinq légendes p
207l spirituel vers le monde incréé de la Lumière. L’Amour mystique, dont le symbole était la « Dame des pensées » dans la lyriq
208non-possession des corps. D’Amor mou castitaz : d’Amour vient la chasteté, chante Guilhem Montanhagol. Un tel Amour n’admet p
209t la chasteté, chante Guilhem Montanhagol. Un tel Amour n’admet point le mariage, car il n’a pas pour fin suprême la vie, mai
210comme l’a magnifiquement montré Wagner. C’est cet Amour mystique, bientôt sécularisé et « profané » par la littérature, qui d
211 siècle, [p. 653] à une forme toute nouvelle de l’amour humain : la passion. Ignorée des Anciens, ou considérée par eux comme
212 ces trois refus était en vérité la doctrine de l’Amour, c’est-à-dire de l’Éros divinisant, en conflit éternel et angoissé av
213incts asservissants. L’apparition de la passion d’Amour devait donc transformer radicalement le jugement porté sur l’adultère
214is nous avons montré que le symbole courtois de l’amour pour une Dame spirituelle, amour évidemment incompatible avec le mari
215le courtois de l’amour pour une Dame spirituelle, amour évidemment incompatible avec le mariage dans la chair, devait amener
216 c’est vivre ! » Dès le xiie siècle provençal, l’amour était considéré comme noble. Non seulement il ennoblissait mais encor
217 armés chevaliers parce qu’ils savaient chanter l’Amour. Et c’est pourquoi certains auteurs ont pu parler d’une féodalité dém
218n tel jugement se fonde sur une équivoque : car l’Amour dont il s’agissait n’était rien d’autre que la foi cathare, et l’acce
219confusion inévitable de la Dame, pur symbole de l’Amour, avec telle femme réelle et désirable ; la rhétorique de l’Amour cath
220le femme réelle et désirable ; la rhétorique de l’Amour cathare servit aux amoureux profanes. La conséquence en fut l’extrava
221eul adéquat en l’occurrence — de la primauté de l’amour sur l’ordre social établi. Que la passion profane soit une absurdité,
222e. Le moderne, l’homme de la passion, attend de l’amour fatal quelque révélation, sur lui-même ou la vie en général : dernier
223couronne s’il est roi.) Voilà le vrai « mariage d’amour » moderne : le mariage avec la passion ! Mais aussitôt paraît une anx
224ers le type contraire du Don Juan, de l’homme aux amours successives. Les catégories se détruisent. L’aventure n’est plus même
225uisse de nouveau le poursuivre et « ressentir » l’amour en soi… Tout cela signifie, une fois de plus, que le mythe des amants
226comparable et autonome à son côté, une exigence d’amour actif. ⁂ Je n’entends pas ici attaquer la passion : je me borne à la
227Personne, que je sache, n’a encore osé dire que l’amour tel qu’on l’imagine de nos jours est la négation pure et simple du ma
228ce des contraintes matrimoniales et du mythe de l’amour mortel. Déjà l’on voyait affleurer le fond de désespoir et d’anarchie
229nc artificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident no
230tra en octobre, on tentera de définir une forme d’amour exactement opposée à l’amour-passion : l’amour-action. p. 652 a
88 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
231 [p. 231] L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938) ap I. Nécessité d’un par
232n que l’on fixe ? Pour attaquer la passion dans l’amour, il faudrait développer une violence spirituelle qui tue mieux que la
233olence spirituelle qui tue mieux que la passion d’amour : celle au moins de l’orthodoxie contre l’hérésie primitive, mais enc
234pieux qui estimait que la religion devait être un amour heureux, un mariage avec sa vertu. Car l’amour du pécheur pour Dieu e
235un amour heureux, un mariage avec sa vertu. Car l’amour du pécheur pour Dieu est « essentiellement malheureux », et cette pas
236’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour pour l’autre. L’analyse des légendes courtoises nous a révélé que Tri
237nous a révélé que Tristan n’aime pas Iseut mais l’amour même, et au-delà de cet amour, la mort, appelée comme la délivrance d
238me pas Iseut mais l’amour même, et au-delà de cet amour, la mort, appelée comme la délivrance du moi coupable et asservi. Tri
239r sa femme serait une preuve d’indigence et non d’amour. La fidélité veut bien plus : elle veut le bien de l’être aimé, et lo
240pour la mort (c’était la passion de Tristan). ⁂ L’amour fidèle de Tristan détruisait son bonheur et sa vie pour témoigner en
241aveur de la Nuit, c’est-à-dire du moi glorifié. L’amour fidèle dans le mariage chrétien témoigne que la volonté de Dieu, même
242 quand elle ruine notre bonheur, est salutaire. L’amour de Tristan et d’Iseut c’était l’angoisse d’être deux ; et son aboutis
243 ait plus que « moi-le-monde » ! [p. 244] Mais l’amour du mariage est la fin de l’angoisse, l’acceptation de l’être limité,
244e l’on subit ?) 5. Éros sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa ple
245 Éros sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa pleine stature : il est
246tion de l’être. Et c’est Éros, l’amour-passion, l’amour païen, qui a répandu dans notre monde occidental le poison de l’ascès
247ne et revendicateur. Elle procède du mystère de l’amour, elle n’est que le signe et la démonstration du triomphe d’Agapè sur
248démonstration du triomphe d’Agapè sur Éros. Car l’amour réellement réciproque exige et crée l’égalité de ceux qui s’aiment. D
249’égalité de ceux qui s’aiment. Dieu manifeste son amour pour l’homme en exigeant que l’homme soit saint comme Dieu est saint.
250 comme Dieu est saint. Et l’homme témoigne de son amour pour une femme en la traitant comme une personne humaine totale, — no
251t qu’elle habitue à ne plus séparer le désir et l’amour. Car si le désir va vite et n’importe où, l’amour est lent et diffici
252amour. Car si le désir va vite et n’importe où, l’amour est lent et difficile, il engage vraiment toute une vie, et il n’exig
253e le mariage ne serait plus que le « tombeau de l’amour ». Mais c’est encore le mythe, naturellement, qui nous le fait croire
254 qui nous le fait croire, avec son obsession de l’amour contrarié. Il serait plus vrai de dire avec Benedetto Croce que « le
255edetto Croce que « le mariage est le tombeau de l’amour sauvage » 101 (et plus communément du sentimentalisme). L’amour sauv
256 101 (et plus communément du sentimentalisme). L’amour sauvage et naturel se manifeste par le viol, preuve d’amour chez tous
257age et naturel se manifeste par le viol, preuve d’amour chez tous les barbares. Mais le viol, comme la polygamie, révèle que
258a qualité d’égale — en la réduisant à son sexe. L’amour sauvage dépersonnalise les relations humaines. Par contre, l’homme qu
259’est qu’il aime, justement, et qu’en vertu de cet amour, il refuse de s’imposer, il se refuse à une violence qui nie et détru
260ent la passion non plus par la morale, mais par l’amour. [p. 249] 6. Les paradoxes de l’Occident Ces quelques remarques sur
261core une vie secrète. L’amour-passion n’est pas l’amour chrétien, ni même le « sous-produit du christianisme » ou le « change
262ui est l’Éternel et le Saint— que des relations d’amour mortellement malheureux. « Dieu crée tout ex nihilo » et celui que Di
263e tout ex nihilo » et celui que Dieu élit par son amour, « il commence par le réduire à néant ». Du point de vue du monde et
264 ! Car voici : cet homme mort au monde, tué par l’amour infini, devra marcher maintenant et vivre dans le monde comme s’il n’
265 108 … » Ainsi l’extrême de la passion, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’être présente, mai
266n », pour qui croit que Dieu est fidèle, et que l’amour ne trompe jamais l’aimé. Certes, Kierkegaard ne parvint à « ressaisir
267n état de présence parfaite à l’objet aimant de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors
268tique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’indifférence quasi divine. Elle est au-delà du doute
269un déchirement ; elle ne désire plus rien que son amour ne veuille, elle est une avec lui dans la dualité, qui n’est plus qu’
270s en l’âme de brûlure, ni même de conscience de l’amour, mais seulement la sobriété heureuse de l’agir. Dans l’analogie de la
89 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Avertissement
271u mariage. ⁂ L’agrément de parler des choses de l’amour est un prétexte assez peu convaincant, lorsqu’il s’agit d’un volume a
272t les femmes, tolèrent fort bien que l’on parle d’amour, et même ils ne s’en lassent jamais, si commun que soit le discours ;
273crer tout un livre. Les uns diront qu’à définir l’amour, on le perd ; les autres, qu’on y perd son temps. À qui plairai-je ?
90 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Préface à l’édition de 1956
274dépend sa structure sociale, est plus grave que l’amour qu’elle cultive, et veut d’autres fondements qu’une belle fièvre. Les
275ression écrite, plastique ou picturale — comme un amour de son premier aveu. D. de R. p. 11 1. Voir en particulier le be
91 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
276igneurs, vous plaît-il d’entendre un beau conte d’amour et de mort ?… » Rien au monde ne saurait nous plaire davantage. À tel
277sait-il rejoindre dans nos cœurs ? Que l’accord d’amour et de mort soit celui qui émeuve en nous les résonances les plus prof
278omme une définition de la conscience occidentale… Amour et mort, amour mortel : si ce n’est pas toute la poésie, c’est du moi
279tion de la conscience occidentale… Amour et mort, amour mortel : si ce n’est pas toute la poésie, c’est du moins tout ce qu’i
280les légendes, et dans nos plus belles chansons. L’amour heureux n’a pas d’histoire. Il n’est de roman que de l’amour mortel,
281ux n’a pas d’histoire. Il n’est de roman que de l’amour mortel, c’est-à-dire de l’amour menacé et condamné par la vie même. C
282de roman que de l’amour mortel, c’est-à-dire de l’amour menacé et condamné par la vie même. Ce qui exalte le lyrisme occident
283sens, ni la paix féconde du couple. C’est moins l’amour comblé que la passion d’amour. Et passion signifie souffrance. Voilà
284uple. C’est moins l’amour comblé que la passion d’amour. Et passion signifie souffrance. Voilà le fait fondamental. Mais l’en
285 qui est passionnant ». Et pourtant, la passion d’amour signifie, de fait, un malheur. La société où nous vivons et dont les
286’est insister sur la réalité que notre culte de l’amour masque et transfigure à la fois ; c’est mettre au jour ce que ce cult
287t trahir le tourment innombrable et obsédant de l’amour en rupture de loi ? Ne serait-ce pas qu’on cherche à s’évader de son
288ment, ou au contraire, est-ce une conception de l’amour dont on n’a peut-être pas vu qu’elle rend ce lien, dès le principe, i
289 nous vient ce goût du malheur ? Quelle idée de l’amour trahit-il ? Quel secret de notre existence, de notre esprit, de notre
290ètes, des mal mariés, des midinettes qui rêvent d’amours miraculeuses. Le mythe agit partout où la passion est rêvée comme un
291. Il vit de la vie même de ceux qui croient que l’amour est une destinée (c’était le philtre du Roman) ; qu’il fond sur l’hom
292ur destruction et leur mort ». Ils s’avouent leur amour et ils y cèdent. (Notons ici que le texte primitif, suivi par le seul
293le l’importance du philtre, et présente [p. 29] l’amour de Tristan et d’Iseut comme une affection spontanée, apparue dès la s
294ependant des barons « félons » dénoncent au roi l’amour de Tristan et d’Iseut. Tristan est banni. Mais à la faveur d’une nouv
295 Iseut veut y voir un « conflit cornélien entre l’amour et le devoir ». Cette interprétation classique est d’un aimable anach
296de la chevalerie du Midi. La décision des cours d’amour de la Gascogne est bien connue : félon sera celui qui révèle les secr
297ue : félon sera celui qui révèle les secrets de l’amour courtois. Ce seul exemple suffirait à démontrer que les auteurs du Ro
298 conception de la fidélité et du mariage, selon l’amour courtois, est seule capable d’expliquer certaines contradictions frap
299du récit. Selon la thèse officiellement admise, l’amour courtois est né d’une réaction à l’anarchie brutale des mœurs féodale
300énérateurs de querelles infinies et de guerres, l’amour courtois oppose une fidélité indépendante du mariage légal et fondée
301dépendante du mariage légal et fondée sur le seul amour. Il en vient même à déclarer que l’amour et le mariage ne sont pas co
302 le seul amour. Il en vient même à déclarer que l’amour et le mariage ne sont pas compatibles : c’est le fameux jugement d’un
303mpatibles : c’est le fameux jugement d’une cour d’amour tenue chez la comtesse de Champagne. (Appendice 3.) Si Tristan, et l’
304 à la loi supérieure du donnoi, c’est-à-dire de l’amour courtois. (Donnoi, ou domnei en provençal, désigne la relation de vas
305 autant qu’au mariage, à la « satisfaction » de l’amour. « Il ne sait de donnoi vraiment rien, celui qui désire l’entière pos
306re possession de sa [p. 36] dame. Cela n’est plus amour, qui tourne à réalité. » 7 Voilà qui nous met sur la voie d’une prem
307dant il la livre à Marc : c’est que la règle de l’amour courtois s’oppose à ce qu’une telle passion « tourne à réalité », c’e
308dopte, faire valoir le droit de la force… Étrange amour, va-t-on penser, qui se conforme aux lois qui le condamnent, afin de
309are et les martyrise ? Répondre : ainsi le veut l’amour courtois, ce n’est pas encore répondre sur le fond, car il s’agit de
310car il s’agit de savoir pourquoi l’on préfère cet amour à l’autre, à celui qui se « réalise », à celui qui se « satisfait ».
311 la solution se trouve simplement reculée. 7. L’amour du roman Si l’on se reporte à notre résumé de la légende, on ne peut
312u que les obstacles extérieurs qui s’opposent à l’amour de Tristan sont dans un certain sens gratuits, c’est-à-dire qu’ils ne
313u lecteur ? Mais c’est tout un, car le démon de l’amour courtois qui inspire au cœur des amants les ruses d’où naît leur souf
314mants ? Oui, mais au nom de la passion, et pour l’amour de l’amour même qui les tourmente, pour l’exalter, pour le transfigur
315, mais au nom de la passion, et pour l’amour de l’amour même qui les tourmente, pour l’exalter, pour le transfigurer — au dét
316 et qui se défend au sein de la tentation… 8. L’amour de l’amour De tous les maux, le mien diffère ; il me plaît ; je me r
317défend au sein de la tentation… 8. L’amour de l’amour De tous les maux, le mien diffère ; il me plaît ; je me réjouis de l
318près de son ami ; plus heureuse dans le malheur d’amour que dans leur vie commune du Morrois… ⁂ On sait d’ailleurs que par la
319elle, elle par lui… » L’égoïsme apparent d’un tel amour expliquerait à lui seul bien des « hasards », bien des malices opport
320it et tout le confirme. Ce qu’ils aiment, c’est l’amour, c’est le fait même d’aimer. Et ils agissent comme s’ils avaient comp
321’ils avaient compris que tout ce qui s’oppose à l’amour le garantit et le consacre dans leur cœur, pour l’exalter à l’infini
322mants résulte ainsi de leur passion même, et de l’amour qu’ils portent à leur passion plutôt qu’à son contentement, plutôt qu
323 la flamme secrète, ravivée par l’absence. 9. L’amour de la Mort Mais il nous faut pousser plus loin : l’amabam amare d’Aug
324é par l’existence concrète du mari, méprisé par l’amour courtois. Occasion de prouesse classique et de rebondissements facile
325ns le mari, je ne donne pas plus de trois ans à l’amour de Tristan et Iseut. Et en effet, la grande sagesse du vieux Béroul,
326ogrès [p. 48] vers la Mort ! Mais vers une mort d’amour, vers une mort volontaire au terme d’une série d’épreuves dont Trista
327e leur destin qu’ils accomplissent en mourant par amour ; c’est une revanche sur le philtre. Et l’on assiste, in extremis, au
328i transfigure. Nous touchons au secret dernier. L’amour de l’amour même dissimulait une passion beaucoup plus terrible, une v
329re. Nous touchons au secret dernier. L’amour de l’amour même dissimulait une passion beaucoup plus terrible, une volonté prof
330ère à égarer le jugement. La passion interdite, l’amour inavouable, se créent un système de symboles, un langage hiéroglyphiq
331u’on aime et besoin de le soustraire au jugement, amour du risque et instinct de prudence. Interrogez celui qui use d’un tel
332e Dieu qui promet sa grâce, et la « vive flamme d’amour » éclose aux « déserts » de la Nuit. Tristan, lui, ne peut rien avoue
333i bu à longs traits de délice !… [p. 53] 11. L’amour réciproque malheureux Passion veut dire souffrance, chose subie, prép
334tin sur la personne libre et responsable. Aimer l’amour plus que l’objet de l’amour, aimer la passion pour elle-même, de l’am
335 responsable. Aimer l’amour plus que l’objet de l’amour, aimer la passion pour elle-même, de l’amabam amare d’Augustin jusqu’
336e toute sa raison condamne ? Pourquoi veut-il cet amour dont l’éclat ne peut être que son suicide ? C’est qu’il se connaît et
337quoi préférons-nous à tout autre récit celui d’un amour impossible ? C’est que nous aimons la brûlure, et la conscience de ce
338ître, et de se connaître. Il cherche simplement l’amour le plus sensible. Mais c’est encore l’amour dont quelque entrave vien
339ent l’amour le plus sensible. Mais c’est encore l’amour dont quelque entrave vient retarder l’heureux accomplissement. Ainsi,
340ureux accomplissement. Ainsi, soit qu’on désire l’amour le plus conscient, ou simplement l’amour le plus intense, on désire e
341désire l’amour le plus conscient, ou simplement l’amour le plus intense, on désire en secret l’obstacle. Au besoin, on le cré
342e partie de notre psychologie. Sans traverses à l’amour, point de « roman ». Or c’est le roman qu’on aime, c’est-à-dire la co
343en l’on tombe dans une idylle de carte postale. L’amour heureux n’a pas d’histoire dans la littérature occidentale. Et l’amou
344 d’histoire dans la littérature occidentale. Et l’amour qui n’est pas réciproque ne passe point pour un amour vrai. La grande
345r qui n’est pas réciproque ne passe point pour un amour vrai. La grande trouvaille des poètes de l’Europe, ce qui les disting
346 qu’il repousse, magnifié par sa catastrophe, — l’amour réciproque malheureux. ⁂ Arrêtons-nous sur cette formule du mythe. Am
347reux. ⁂ Arrêtons-nous sur cette formule du mythe. Amour réciproque, en ce sens que Tristan et Iseut « s’entr’aiment », ou du
348fidélité exemplaire. Mais le malheur, c’est que l’amour qui les « demeine » n’est pas l’amour de l’autre tel qu’il est dans s
349c’est que l’amour qui les « demeine » n’est pas l’amour de l’autre tel qu’il est dans sa réalité concrète. Ils s’entr’aiment,
350par moi, perdu par moi ! » chantait Isolde en son amour sauvage. Et la chanson du marinier, du haut du mât, prédit leur sort
351 réel et la Norme du Jour, malheur essentiel de l’amour : ce que l’on désire, on ne l’a pas encore — c’est la Mort — et l’on
352les prive à jamais de tout espoir humain, de tout amour possible, au sein de l’obstacle absolu et d’une suprême exaltation qu
353Derrière le goût du romanesque, il y a celui de l’amour pour lui-même. Et cela suppose une recherche secrète de l’obstacle fa
354une recherche secrète de l’obstacle favorable à l’amour. Mais ce n’est encore là que le masque d’un amour de l’obstacle en so
355amour. Mais ce n’est encore là que le masque d’un amour de l’obstacle en soi. Et l’obstacle suprême, c’est la mort, qui se ré
356talité. Incidemment, nous avons indiqué qu’un tel amour n’est pas sans lien profond avec notre goût de la guerre. Enfin, s’il
92 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
357uissant pas du plaisir d’aimer à cœur saoul, leur amour en demeure toujours frais, et que leurs enfants en viennent plus robu
358tatation des lois du corps n’explique nullement l’amour d’un Tristan, par exemple. Elle rend d’autant plus évidente l’interve
359enne… L’antiquité n’a rien connu de semblable à l’amour de Tristan et d’Iseut. On sait assez que pour les Grecs et les Romain
360n sait assez que pour les Grecs et les Romains, l’amour est une maladie (Ménandre) dans la mesure où il transcende la volupté
361ur la troubler d’humeurs malignes. Ce n’est pas l’amour tel qu’il le loue. Mais il est une autre espèce de fureur, ou de déli
362divinité et porte notre élan vers Dieu. Tel est l’amour platonicien : « délire divin », transport de l’âme, folie et suprême
363près de l’être aimé « comme dans le ciel », car l’amour est la voie qui monte par degrés d’extase vers l’origine unique de to
364-delà du malheur d’être soi et d’être deux dans l’amour même. L’Éros, c’est le Désir total, c’est l’Aspiration lumineuse, l’é
365s sans rappeler la dialectique platonicienne de l’Amour. La femme figure aux yeux des druides un être divin et prophétique. C
366n proie au lumineux Désir. Tel est le combat de l’amour sexuel et de l’Amour, et il exprime l’angoisse fondamentale des anges
367ésir. Tel est le combat de l’amour sexuel et de l’Amour, et il exprime l’angoisse fondamentale des anges déchus dans des corp
368rs que pour les sacrifier. L’accomplissement de l’Amour nie tout amour terrestre. Et son Bonheur nie tout bonheur terrestre.
369 sacrifier. L’accomplissement de l’Amour nie tout amour terrestre. Et son Bonheur nie tout bonheur terrestre. Considéré du po
370stre. Considéré du point de vue de la vie, un tel Amour ne saurait être qu’un malheur total. Tel est le grand fond du paganis
371 secrète incantation d’un mythe ? 3. Agapè ou l’amour chrétien Prologue de l’Évangile de Jean : « Au commencement était la
372centre de tout le christianisme, et le foyer de l’amour chrétien que l’Écriture nomme agapè. Événement sans précédent, et « n
373n tant que l’Esprit veut les sauver. Désormais, l’amour n’est plus fuite et perpétuel refus de l’acte. Il commence au-delà de
374se retourne vers la vie. Et cette conversion de l’amour fait apparaître le prochain. Pour l’Éros, la créature n’était qu’un p
375et séparé, mais sans pécher et sans se diviser, l’Amour de Dieu nous a ouvert une voie radicalement nouvelle : celle de la sa
376tion. Éros cherchait le dépassement à l’infini. L’amour chrétien est obéissance dans le présent. Car aimer Dieu, c’est obéir
377nstant, changent de sens. Le nouveau symbole de l’Amour ce n’est plus la passion infinie de l’âme en quête de lumière, mais c
378mais c’est le mariage du Christ et de l’Église. L’amour humain lui-même s’en trouve transformé. Tandis que les mystiques païe
379ordre, et là, le sanctifie par le mariage. Un tel amour, étant conçu à l’image de l’amour du Christ pour son Église (Éph., 5,
380mariage. Un tel amour, étant conçu à l’image de l’amour du Christ pour son Église (Éph., 5, 25), peut être vraiment réciproqu
381autre tel qu’il est — au lieu d’aimer l’idée de l’amour ou sa mortelle et délicieuse brûlure. (« Il vaut mieux se marier que
382it saint Paul aux Corinthiens.) De plus, c’est un amour heureux — malgré les entraves du péché — puisqu’il connaît dès ici-ba
383vons donc point de prochain. Et l’exaltation de l’Amour sera en même temps son ascèse, la voie qui mène au-delà de la vie. A
384issant. Dieu nous cherche et nous a trouvés par l’amour de son Fils abaissé jusqu’à nous. L’Incarnation est le signe historiq
385ton prochain comme toi-même. » C’est ainsi dans l’amour du prochain que le chrétien se réalise et s’aime lui-même en vérité.
386fusion ni d’exaltée dissolution du moi en Dieu. L’Amour divin est l’origine d’une vie nouvelle, dont l’acte créateur s’appell
387est-on pas en droit de conclure que cette forme d’amour nommée passion doit normalement se développer au sein des peuples qui
388e 4), et dans la Grèce contemporaine de Platon, l’amour humain est très généralement conçu comme le plaisir, la simple volupt
389éalisation historique Paganisme Union mystique (amour divin heureux). Amour humain malheureux. Hédonisme, passion rare et m
390 Paganisme Union mystique (amour divin heureux). Amour humain malheureux. Hédonisme, passion rare et méprisée. Christianis
391hristianisme Communion (pas d’union essentielle). Amour du prochain. (Mariage heureux.) Conflits douloureux, passion exaltée.
392 religion dont on trahit l’esprit. Platon liait l’Amour à la Beauté. Mais la Beauté qu’il entendait, c’était d’abord l’essenc
393its à une terrible confusion : à cette idée que l’amour dépend avant tout de la beauté physique — alors qu’en fait cette beau
394ibut conféré par l’amant à l’objet de son choix d’amour. L’expérience quotidienne montre bien que « l’amour embellit son obje
395our. L’expérience quotidienne montre bien que « l’amour embellit son objet », et que la beauté « officielle » n’est pas un ga
396e un nom par ailleurs bien connu : la cortezia, l’amour courtois. [p. 78] 6. L’amour courtois : Troubadours et Cathares Que
397u : la cortezia, l’amour courtois. [p. 78] 6. L’amour courtois : Troubadours et Cathares Que toute la poésie européenne soi
398que la poésie des troubadours ? L’exaltation de l’amour malheureux. « Il n’y a dans toute la lyrique occitane et la lyrique p
399yrique pétrarquesque et dantesque qu’un thème : l’amour ; et pas l’amour heureux, comblé ou satisfait (ce spectacle ne peut r
400que et dantesque qu’un thème : l’amour ; et pas l’amour heureux, comblé ou satisfait (ce spectacle ne peut rien engendrer), l
401atisfait (ce spectacle ne peut rien engendrer), l’amour perpétuellement insatisfait au contraire ; enfin, que deux personnage
402exaltante et fervente. Ce qu’elle exalte, c’est l’amour hors du mariage, car le mariage ne signifie que l’union des corps, ta
403 de l’âme vers l’union lumineuse, au-delà de tout amour possible en cette vie. Voilà pourquoi l’Amour suppose la chasteté. E
404out amour possible en cette vie. Voilà pourquoi l’Amour suppose la chasteté. E d’amor mou castitaz (d’amour vient chasteté) c
405our suppose la chasteté. E d’amor mou castitaz (d’amour vient chasteté) chante le [p. 79] troubadour toulousain Guilhem Monta
406 79] troubadour toulousain Guilhem Montanhagol. L’amour suppose aussi un rituel : le domnei ou donnoi, vasselage amoureux. Le
407 fidélité, comme on fait à un suzerain. En gage d’amour, la dame donnait à son paladin-poète un anneau d’or, lui enjoignait d
408 femme. D’où vient cette conception nouvelle de l’amour « perpétuellement insatisfait », et cette louange enthousiaste et pla
409 que la poésie provençale et les conceptions de l’amour qu’elle illustre, « loin de s’expliquer par les conditions où elle na
410paraît non moins évident que leur conception de l’amour venait d’ailleurs. Quel pouvait être cet ailleurs ? La même question
411 de nos professeurs — de voir dans ces chansons d’amour, qui forment les trois quarts de la poésie provençale, une image fidè
412s de leurs variations, les dogmes de l’« Église d’Amour », nom que l’on a donné parfois à l’hérésie aussi dite « albigeoise »
413 mondes et de deux créations. En effet : Dieu est Amour, mais le monde est mauvais. Donc Dieu ne saurait être l’auteur du mon
414des « purs » jusqu’à la mort volontaire, mort par amour de Dieu, consommation du détachement suprême de toute loi matérielle.
415les suivantes. D’une part, l’hérésie cathare et l’amour courtois se développent simultanément, dans le temps (xiie siècle) c
416s troubadours, joyeux et fous, dit-on, chantant l’amour, le printemps, l’aube, les vergers fleuris et la Dame ? Tout notre ra
417âteau de Fanjeaux, qui me semble le Paradis ; car amour et joie s’y enferment, ainsi que tout ce qui convient à l’honneur, et
418 l’entendeire) comme on distingue dans l’Église d’Amour les « croyants » et les « parfaits » ? Et s’ils raillent les liens du
419 même de cette question débattue dans les cours d’amour : « Un chevalier peut-il être à la fois marié et fidèle à sa dame ? »
420dans leurs « pensées » une autre Dame, l’Église d’Amour… Bernard Gui, dans son Manuel de l’Inquisiteur, n’affirme-t-il pas qu
421 ce qui le guérirait de son désir, si justement l’amour sans fin n’était le mal qu’il aime, la « joy d’amor », le délire qui
422le thème de la séparation, le leitmotiv de tout l’amour courtois : Dieu ! comment se peut-il faire Que plus m’est loin, plus
423initiatique ? Renoncez, je vous le dis, au nom d’Amour et au mien renoncez, perfides délateurs, accomplis en toute malice, à
424l est l’esprit qui leur donna naissance ? Et quel Amour en fut l’idée platonicienne ? Dans sa chanson Du moindre tiers d’Amou
425latonicienne ? Dans sa chanson Du moindre tiers d’Amour — celui des femmes — Guiraut de Calanson dit des deux autres tiers, l
426 Guiraut de Calanson dit des deux autres tiers, l’amour des parents et l’amour divin : Au second tiers conviennent Noblesse
427t des deux autres tiers, l’amour des parents et l’amour divin : Au second tiers conviennent Noblesse et Merci ; et le premie
428tion qu’au-dessus du ciel plane son pouvoir. Cet Amour un en trois, ce principe féminin (Amor en provençal est du genre fémi
429plement », qu’une manie d’idéaliser la femme et l’amour naturel. Mais d’où provient donc cette manie ? D’une « humeur idéalis
430erche. Si la Dame n’est pas simplement l’Église d’Amour des Cathares (comme ont pu le croire Aroux et Péladan), ni la Maria-S
431ue son âme emprisonnée dans le corps appelle d’un amour nostalgique que la mort seule pourra combler ? Dans les Képhalaïa ou
432a main droite et le salue également d’un baiser d’amour ; comment enfin l’élu vénère sa propre forme de lumière, sa salvatric
433lieu » pour lui 46 , le troubadour souffrant de l’amour vrai ? Un seul baiser, un seul regard, un seul salut. [p. 98] Jaufré
434 seul salut. [p. 98] Jaufré Rudel, au terme d’un amour conçu pour une femme qu’il n’a jamais vue, rejoignant enfin cette ima
435ais tirée des poèmes qui chantent bel et bien « l’amour de loin ». Il y eut aussi des dames « réelles »… Mais le furent-elles
436it d’elle qu’ils parlaient ; 3° qu’au contraire l’amour qu’ils exaltent n’est que l’idéalisation ou la sublimation du désir s
437er comme absurde une poétique et une éthique de l’amour d’où sont issues, dans les siècles suivants, les plus belles œuvres d
438se. Sublime encore, quand il suit les usages de l’amour profane et célèbre le jour de l’an et le premier mai en offrant une c
439 l’honneur de la Trinité, et le dernier quart par amour pour la Mère céleste qui donnait à manger une pomme à son tendre enfa
440ux des initiés et des sympathisants de l’Église d’Amour. Normalement, il ne serait venu à personne cette idée, strictement mo
441ic en majorité favorable à l’hérésie, une forme d’amour qui se trouvait correspondre (et répondre) à la situation morale très
442religieuse d’un vêtement profane, à appliquer à l’amour divin les formules consacrées par l’usage à l’expression de l’amour h
443rmules consacrées par l’usage à l’expression de l’amour humain. » 51 Le trobar clus ne serait ainsi qu’un jeu littéraire, un
444» un symbolisme même dogmatique à l’origine. 3. L’Amour courtois serait une idéalisation de l’amour charnel C’est la thèse la
445 3. L’Amour courtois serait une idéalisation de l’amour charnel C’est la thèse la plus courante. On pourrait se borner à rapp
446généralement sur la conception qu’on se fait de l’amour, et surtout que le vocabulaire de la galanterie se règle sur celui de
447e, sont ici rapportées expressément au refus de l’amour physique. Au surplus, nous verrons plus tard les poèmes de Dante être
448sexuel, ou comme dit Platon dans le Banquet : « l’amour de gauche ». ⁂ Tout ceci m’amène à conclure — quels qu’aient pu être
449 de Shiraz et Sohrawardi d’Alep, troubadours de l’Amour suprême, chantres courtois de l’Idée voilée, objet aimé mais en même
450nterdit, devint le symbole de la divine ivresse d’amour.) Mais compte tenu de cette difficulté particulière — qui n’est d’ail
451nt ainsi une communauté — comparable à l’Église d’Amour des Cathares. [p. 114] b) selon le manichéisme iranien, dont s’insp
452sistent sur la nécessité de garder le secret de l’Amour divin. Ils dénoncent sans relâche les indiscrets qui voudraient s’enq
453es siècles ?). g) Enfin, la louange de la mort d’amour est le leitmotiv du lyrisme mystique des Arabes. Ibn Al-Faridh : Le
454stique des Arabes. Ibn Al-Faridh : Le repos de l’amour est une fatigue, son commencement une maladie, sa fin la mort. [p. 1
455la mort. [p. 116] Pour moi cependant la mort par amour est une vie ; je rends grâce à ma Bien-aimée de me l’avoir offerte.
456e l’avoir offerte. Celui qui ne meurt pas de son amour ne peut en vivre. C’est ici le cri même de la mystique occidentale m
457it été le martyre religieux au sommet de la joy d’amour : Al-Hallaj se rendait au supplice en riant. Je lui dis : Maître qu’
458 à elle les amoureux. 60 ⁂ On sait enfin que l’amour platonique fut révéré par une tribu dont le prestige était grand dans
459de arabe, celle des Banou Odrah où l’on mourait d’amour à force d’exalter le désir chaste, selon le verset du Coran : « Celui
460 tout ce qui est [p. 117] interdit, qui garde son amour secret, et qui meurt de son secret, celui-là meurt martyr. » « L’amou
461meurt de son secret, celui-là meurt martyr. » « L’amour odrih » devint, jusqu’en Andalousie, le nom même de l’amour qui va s’
462h » devint, jusqu’en Andalousie, le nom même de l’amour qui va s’appeler courtois dans le Midi, puis remonter vers le Nord ce
463sa doctrine ésotérique de la Sophia-Maria et de l’amour pour la « forme de lumière ». D’autre part, une rhétorique hautement
464liées depuis quinze ans par les spécialistes de l’amour courtois, du catharisme et du manichéisme, et peut-être l’expérience
465 autant qu’il est possible, la problématique de l’amour courtois — parce que je la crois vitale pour l’Occident moderne, et p
466condamnant le mariage mais fondant une « Église d’Amour », opposée à l’Église de Rome 63 , envahit rapidement la France, de R
467 platonicienne du principe féminin, le culte de l’Amour contre le mariage, en même temps que la chasteté. Saint Bernard de Cl
468faits, puis oppose à la cortezia la mystique de l’Amour divin. De nombreux commentaires du Cantique des Cantiques sont écrits
469 cette montée puissante et comme universelle de l’Amour et du culte de la Femme idéalisée, l’Église et le clergé ne pouvaient
470’agressivité du fils contre le père (obstacle à l’amour pour la mère) et par le sentiment de culpabilité qui en résulte. Le p
471lié à la mère (donc au principe féminin) inhibe l’amour : tout ce qui touche à la femme reste « impur ». Ce complexe de senti
472ut se porter sur le Dieu-Esprit. En même temps, l’amour pour la femme se trouve partiellement libéré : il peut enfin s’avouer
473e ; enfin, à cette montée puissante du culte de l’Amour, dont je viens de rappeler les manifestations. Nous voici donc devant
474pparaît la cortezia, « religion » littéraire de l’Amour chaste, de la femme idéalisée, avec sa « piété » particulière, la joy
475oute l’Europe. Or nous voyons cette religion de l’amour ennoblissant célébrée par les mêmes hommes qui persistent à tenir la
476 qui leur demandaient non pas tant une illusion d’amour sincère qu’un antipode spirituel au mariage où elles avaient été cont
477y accorde une grande importance à toute sorte d’« amour » et le rituel de maithuna apparaît comme le couronnement d’un lent e
478La « chasteté » tantrique consiste donc à faire l’amour sans le faire, à rechercher l’exaltation mystique et la béatitude à t
479ant dans la réalité fatale du Karma. 5. La joie d’amour. — En contraste indéniable avec ces textes mystiques et cette abstrus
480décrivent comme de purs « rhétoriqueurs » 74 . D’Amour, je sais qu’il donne aisément grande joie à celui qui observe ses loi
481 1127. Dès le début du xiie siècle, ces « lois d’Amour » sont donc déjà fixées, comme un rituel. Ce sont Mesure, Service, Pr
482ici la Chasteté : Celui qui se dispose à aimer d’amour sensuel se met en guerre avec lui-même, car le sot après avoir vidé s
483ance ! (Marcabru.) [p. 131] Écoutez ! Sa voix (d’Amour) paraîtra douce comme le chant de la lyre, si seulement vous lui coup
484r « d’éterniser le désir ».) C’est au comble de l’amour (vrai) et de sa « joie » que Jaufré Rudel se sent le plus éloigné de
485e » que Jaufré Rudel se sent le plus éloigné de l’amour coupable et de son « angoisse ». Il va plus loin dans la libération :
486 joie ne me plaît autant que la possession de cet amour lointain. La « joie d’Amour » n’est pas seulement libératrice du dés
487la possession de cet amour lointain. La « joie d’Amour » n’est pas seulement libératrice du désir dominé par Mesure et Proue
488a cent ans qui réussira à posséder la joie de son amour. (Guillaume de Poitiers.) Je n’ai cité que des poètes de la première
489eurs modèles avaient chanté. « Ce n’est plus de l’amour courtois, si on le matérialise ou si la Dame se rend comme récompense
490nt Désir, Prière, Servir, Baiser et Faire, par où Amour périt. » Les quatre degrés sont « honorer, dissimuler, bien servir, p
491 servir, patiemment attendre » 76 . Quant à Faux Amour, il se voit vertement dénoncé par Marcabru et ses successeurs, en des
492peuvent éclairer indirectement sur la nature de l’amour vrai ou du moins sur certains de ces aspects. Et tout d’abord, dit Ma
493l lie partie avec le Diable, celui qui couve Faux Amour ». (Et en effet, le Diable n’est-il pas le père de la création matéri
494le catharisme ?) Les adversaires du [p. 133] vrai Amour sont les « homicides, traîtres, simoniaques, enchanteurs, luxurieux,
495s à toute ruine », et tourmentés en enfer. Noble Amour a promis qu’il en serait ainsi, là sera la lamentation des désespérés
496là sera la lamentation des désespérés. Ah ! noble Amour, source de bonté, par qui le monde entier est illuminé, je te crie me
497vent des ambiguïtés ménagées par le « service » d’amour courtois, Cercamon n’hésite pas à écrire en mettant les points sur le
498ants, les femmes et les époux. Ils vous disent qu’Amour va de travers, et c’est pourquoi les maris deviennent jaloux et les d
499 En lieu et place de conclusions définitives. — L’amour courtois ressemble à l’amour encore chaste — et d’autant plus brûlant
500ons définitives. — L’amour courtois ressemble à l’amour encore chaste — et d’autant plus brûlant — de la première adolescence
501e la première adolescence. Il ressemble aussi à l’amour chanté par les poètes arabes, homosexuels pour la plupart, comme le f
502prendre — si rien ne suffit à l’« expliquer » — l’amour courtois. Au terme de l’espèce de contre-enquête à laquelle je viens
503rale au-dessus de mes premières constatations : l’amour courtois est né au xiie siècle, en pleine révolution de la psyché oc
504ence intime, perpétuellement nouvelle. 11. De l’Amour courtois au roman breton Remontons maintenant du Midi vers le Nord :
505en — une transposition romanesque des règles de l’amour courtois et de sa rhétorique à double sens. « C’est du contact des lé
506i roman qui a donné son style et sa doctrine de l’amour aux « romanciers » du cycle de la Table ronde. Et l’on peut suivre le
507toriques. Aliénor de Poitiers, quittant sa cour d’amour languedocienne, avait épousé Louis VII, puis en l’an 1154, Henri II P
508anglo-normands reçurent le code et le secret de l’amour courtois 79 . Chrétien de Troyes déclare tenir le fond et l’esprit de
509omtesse Marie de Champagne, célèbre par sa cour d’amour où le mariage fut condamné. Chrétien avait écrit un Roman de Tristan
510s si Chrétien de Troyes a bien compris les lois d’amour que lui enseignait Marie de Champagne. Nous ne savons dans quelle mes
511eurs. Ils ont traité un thème nouveau, celui de l’amour physique, c’est-à-dire de la faute. (Et j’entends bien la faute au se
512royes [p. 141] ne sont pas seulement des poèmes d’amour, comme on le répète, mais de véritables romans. C’est qu’à la différe
513aux, ils s’attachent à décrire les trahisons de l’amour, au lieu d’exprimer seulement l’élan de la passion dans sa pureté mys
514elot — comme de Tristan — c’est le péché contre l’amour courtois, la possession physique d’une femme réelle, la « profanation
515sique d’une femme réelle, la « profanation » de l’amour. Et c’est à cause de cette faute initiale que Lancelot ne trouvera pa
516este. Il a choisi la voie terrienne, il a trahi l’Amour mystique, il n’est pas « pur ». Seuls les « purs » et les vrais « sau
517 courtois, c’est la tragédie intérieure. Enfin, l’amour celtique (en dépit de la sublimation religieuse de la femme par les d
518use de la femme par les druides) est avant tout l’amour sensuel 89 . Le fait que dans certaines légendes cet amour s’oppose s
519suel 89 . Le fait que dans certaines légendes cet amour s’oppose secrètement à l’amour religieux orthodoxe, et se voit donc c
520aines légendes cet amour s’oppose secrètement à l’amour religieux orthodoxe, et se voit donc contraint de s’exprimer par des
521. 146] du vieux fond breton. Ce principe, c’est l’amour de la douleur considérée comme une ascèse, le « mal aimé » des trouba
522nt-il à beaucoup de gens. Dans d’amers déboires d’amour, angoisses, lourdes peines et tourments, ce qu’ils font pour s’y sous
523 éléments sur lesquels la doctrine hérétique de l’Amour, profondément manichéenne dans son esprit, opéra ses transmutations.
524l remplace la forêt du Morrois par une « Grotte d’Amour », la Minnegrotte, qui lui permet de comparer l’architecture d’une ég
525e d’une église chrétienne et celle du temple de l’amour ; c) il décide que le mariage de Tristan avec Iseut aux blanches mai
526rofonde subsiste ici encore) de la substance de l’Amour. Or cet Amour s’oppose à la ferveur du cœur des Clunisiens dans les m
527te ici encore) de la substance de l’Amour. Or cet Amour s’oppose à la ferveur du cœur des Clunisiens dans les mêmes termes qu
528ialisé : le mariage unissant deux corps même sans amour, et que les Cathares n’ont pas cessé de dénoncer comme jurata fornica
529 évité par Thomas — avec [p. 151] le mariage sans amour d’Iseut la Blonde et du roi Marc. L’un et l’autre se voient stigmatis
530eucharistique opérée dans la Minnegrotte. Faire l’amour sans aimer selon la courtoisie (ici Minne), céder à la sensualité pur
531gieux du xiie siècle, toutes les confusions de l’amour deviennent mieux que possibles : inévitables. Nous n’en sommes pas so
532 les corps sont voués au désir, dont le philtre d’amour symbolise l’inéluctable tyrannie. L’homme n’est pas libre. Il est dét
533e au-delà du temps et de l’espace la réalité de l’Amour, cette fusion de deux « moi » cessant de souffrir l’amour : la Joie S
534ette fusion de deux « moi » cessant de souffrir l’amour : la Joie Suprême. Ce que Wagner a repris à Gottfried, c’est tout ce
535n tragique entre le Bien — qui ne peut être que l’Amour — et le Mal triomphant dans le [p. 153] monde créé. Ce que Wagner, en
536e qui s’opère dans les expressions poétiques de l’amour courtois lorsqu’on passe du Midi des troubadours au Nord plus barbare
537ue est parfois étrangement semblable à celui de l’amour courtois. Nos grandes littératures sont pour une bonne partie des laï
93 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
538cisme en le « ramenant » à quelque déviation de l’amour humain, c’est-à-dire en fin de compte : à la sexualité. Or l’examen d
539Il faudrait alors expliquer pourquoi c’est dans l’amour sexuel, et non pas dans la respiration ou la nutrition, par exemple,
540 quoi l’on parle. Si au contraire on rapporte cet amour à quelque chose d’étranger au sexe [p. 157] — il en résulte des chose
541 effet de reposer sur une faute contre les lois d’amour courtois, puisque tout le drame vient de l’adultère consommé. De là q
542teurs de la légende. Et la faute n’est pas dans l’amour, mais dans sa « réalisation »… ⁂ Si délicate et périlleuse que se rév
543il beaucoup de nos poètes qui aient trouvé leur « amour mortel » ? Pour certains, tout se réduit à une petite croisière dont
544tous publient le secret… Tristan, lui, a trouvé l’amour. Mais tout d’abord, il n’a pas su le reconnaître. Quand le roi Marc —
545ait le préparer, c’est l’élection d’une âme par l’Amour tout-puissant, la vocation qui la surprend comme malgré elle. Une vie
546er le sacrilège. Mais le malheur essentiel de cet amour n’est pas seulement la rançon du péché. L’ascèse qui rachètera la fau
547de toutes les facultés dans la contemplation de l’amour seul. Un trait profond de la passion — et de la mystique en général —
548l ne s’agissait dans le Roman que d’une passion d’amour sensuel : mais tout indique que nous sommes ici sur la via mystica de
549 récit de leurs souffrances. Plus la lumière et l’amour divin sont vifs, plus l’âme se voit souillée et misérable en sorte qu
550 dans le temps même de la plus vive ardeur de son amour. Il y aurait à citer cent pages où revient la même plainte de l’âme s
551 l’on ne veut pas errer gravement — à partir de l’amour humain, et par voie de sublimation, non par la voie inverse, allant d
552sublimation, non par la voie inverse, allant de l’Amour divin aux métaphores, qui convient pour les grands mystiques.) Ceci d
553s m’est loin plus la désire ? [p. 162] Jamais l’amour n’enflamme Tristan si follement que lorsqu’il est séparé de sa « dame
554 mais elle est aussi autre chose, le symbole de l’Amour lumineux. Quand Tristan erre au loin, il l’aime davantage, et plus il
555plus il se veut séparé, c’est-à-dire rejeté par l’amour. Au point qu’il doutera même de l’« amitié » d’Iseut, qu’il la tiendr
556n Dieu, et des amants qui souffrent pour un autre Amour… Ils se repentent (c’est la première et dernière fois). Iseut va reve
557an cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cesserait d’être ce qu’il fut, pour se mettre à ressembler à
558 ce qui se trouve en question, c’est la passion d’amour, et non l’amour purement profane et naturel. Voici, me semble-t-il, l
559e en question, c’est la passion d’amour, et non l’amour purement profane et naturel. Voici, me semble-t-il, le principe vérit
560 ce monde. Il s’ensuivait — théoriquement — que l’amour profane était le malheur absolu, l’attachement impossible et condamna
561éature imparfaite ; tandis que pour le chrétien l’amour divin est un malheur recréateur. Loin de nier l’amour profane, il abo
562r divin est un malheur recréateur. Loin de nier l’amour profane, il aboutit à le sanctifier par le mariage. Les amants mystiq
563e, où non seulement le monde et le prochain, et l’amour avec son objet, mais jusqu’au désir de l’amour semblent se dérober au
564 l’amour avec son objet, mais jusqu’au désir de l’amour semblent se dérober au comble de l’élan : « Vide de toute convoitise,
565tien ne se jette pas dans l’illusion d’une mort d’amour transfigurante, mais au contraire accepte les limites de sa terrestre
566évitables Toute la poésie d’Occident procède de l’amour courtois et du roman breton qui en dérive. C’est à cette origine que
567iter en présence de tel épisode : s’agissait-il d’amour profane — selon la lettre du Roman — ou d’un symbole de l’Éros lumine
568n symbole de l’Éros lumineux, voire de l’Église d’Amour ? On conçoit donc que, par la suite, le lecteur ignorant des mystères
569parce que tu étais en moi. » Il parle à Dieu, à l’amour éternel. Mais supposez qu’un troubadour ait exprimé la même prière en
570tait à idéaliser tout l’Évangile, et à regarder l’amour sous toutes ses formes comme un élan hors du monde créé. Cette fuite
571 fatale, par une exaltation en termes divins de l’amour sexuel. À l’inverse, on peut observer chez les mystiques les plus « c
572 soif, volonté. Exaltation en termes humains de l’amour de Dieu. Ainsi se dessinent deux grands courants que nous retrouveron
573’être. Eckhart ne connaît ni cette ivresse ni cet amour « pathologique ». L’amour, pour lui, c’est la vertu chrétienne de l’a
574ni cette ivresse ni cet amour « pathologique ». L’amour, pour lui, c’est la vertu chrétienne de l’agapè, forte comme la mort,
575ême temps volontaire et active comme le kantien « amour pratique ». C’est par ce trait, tout particulièrement, que Eckhart se
576ste à faire son maître. Plotin lui aussi prêche l’amour mystique, mais l’amour plotinien n’est nullement l’agapè chrétienne ;
577 Plotin lui aussi prêche l’amour mystique, mais l’amour plotinien n’est nullement l’agapè chrétienne ; c’est l’Éros grec, qui
578nerait à une union suprême, au sommet d’un élan d’amour : L’amour n’unit point, écrit-il. Il unit bien à une œuvre, non à une
579ne union suprême, au sommet d’un élan d’amour : L’amour n’unit point, écrit-il. Il unit bien à une œuvre, non à une essence.
580me reste l’âme, et Dieu reste Dieu 103 . L’acte d’amour spirituel est initial, et non final. Pour le chrétien, la mort à soi-
581t source et origine du fleurissant resplendissant amour. » 104 Ce n’est donc pas, conclut Otto, la plus haute joie mystique
582tique des Cathares et la doctrine chrétienne de l’amour. ⁂ Mais Eckhart ne fut pas en odeur de sainteté. Le pape Jean XXII co
583l revendique contre lui un certain activisme de l’amour. C’est qu’il ne croit nullement que toute distinction entre l’âme et
584e. Si l’âme peut s’unir essentiellement à Dieu, l’amour [p. 173] de l’âme pour Dieu est un amour heureux. On peut prévoir qu’
585 Dieu, l’amour [p. 173] de l’âme pour Dieu est un amour heureux. On peut prévoir qu’il ne sera pas porté à s’exprimer en term
586 ne sais si l’on rencontre jamais le langage de l’amour humain. » À l’inverse, si l’âme ne peut s’unir essentiellement à Dieu
587ient l’orthodoxie chrétienne, il en résulte que l’amour de l’âme pour Dieu est, dans ce sens précis, un amour réciproque malh
588r de l’âme pour Dieu est, dans ce sens précis, un amour réciproque malheureux. On peut alors prévoir que cet amour s’exprimer
589iproque malheureux. On peut alors prévoir que cet amour s’exprimera dans le langage passionnel, c’est-à-dire dans le langage
590a prose enflammée de Ruysbroek : immersion dans l’amour, défaillements, embrassements, ouragans de l’impatience, brûlure d’am
591mbrassements, ouragans de l’impatience, brûlure d’amour qui dévore nuit et jour, orgie d’amour, délices ruisselantes, ivresse
592 brûlure d’amour qui dévore nuit et jour, orgie d’amour, délices ruisselantes, ivresses, [p. 174] meurtrissures… « Il m’a bu
593utre. Et une troisième : « Boire les regards de l’amour et s’y engloutir enivrée… » Je me suis arrêté à l’exemple de Ruysbroe
594e étroitement j’embrasse mon Seigneur, criant : l’amour de l’Amour me consume, je m’unis à l’Amour, enivré d’amour. [p. 176]
595nt j’embrasse mon Seigneur, criant : l’amour de l’Amour me consume, je m’unis à l’Amour, enivré d’amour. [p. 176] Dans les fl
596nt : l’amour de l’Amour me consume, je m’unis à l’Amour, enivré d’amour. [p. 176] Dans les flammes, je brûle et je languis, e
597l’Amour me consume, je m’unis à l’Amour, enivré d’amour. [p. 176] Dans les flammes, je brûle et je languis, en criant ; en vi
598ais j’ai soif d’aimer, et j’ai faim de m’unir à l’Amour. 112 5. La Rhétorique courtoise chez les mystiques espagnols Si
599s les plus précieuses, la rhétorique entière de l’amour courtois. À défaut d’une anthologie qui tiendrait décidément trop de
600mourir. » 114 La « brûlure suave ». Le « dard d’amour » qui blesse sans tuer. Le « salut » de l’amour. La passion qui « iso
601d’amour » qui blesse sans tuer. Le « salut » de l’amour. La passion qui « isole » du monde et des êtres. La passion qui décol
602 et des êtres. La passion qui décolore tout autre amour. Se plaindre d’un mal que l’on préfère cependant à toute joie et à to
603ment « ineffable » et qu’il faut pourtant dire. L’amour qui purifie et chasse toute pensée vile. Le vouloir de l’amour se sub
604ifie et chasse toute pensée vile. Le vouloir de l’amour se substituant au vouloir propre. Le « combat » d’amour, dont il faut
605se substituant au vouloir propre. Le « combat » d’amour, dont il faut sortir vaincu. Le symbolisme des « châteaux », havres d
606incu. Le symbolisme des « châteaux », havres de l’amour. Le symbolisme du « miroir », amour imparfait renvoyant à l’amour par
607, havres de l’amour. Le symbolisme du « miroir », amour imparfait renvoyant à l’amour parfait. [p. 177] Le « cœur volé », l’
608isme du « miroir », amour imparfait renvoyant à l’amour parfait. [p. 177] Le « cœur volé », l’« entendement ravi », le « rap
609œur volé », l’« entendement ravi », le « rapt » d’amour. L’amour considéré comme « connaissance » suprême ( canoscenza en pr
610», l’« entendement ravi », le « rapt » d’amour. L’amour considéré comme « connaissance » suprême ( canoscenza en provençal).
611produire : Si l’on se borne à la conception de l’amour dans les romans de chevalerie et dans les traités spirituels du xvie
612n divine. [C’est moi qui souligne.] c) Surtout l’amour courtois et l’amour divin s’exaltent l’un et l’autre dans la même con
613 qui souligne.] c) Surtout l’amour courtois et l’amour divin s’exaltent l’un et l’autre dans la même conception héroïque de
614pour agir ». [Ici, je ferai quelques réserves : l’amour courtois, dans sa pureté première, aime pour souffrir, pour « pâtir »
615 Escarraman) qu’il faut chercher la synthèse de l’amour divin et de l’amour courtois, mais chez les troubadours provençaux du
616aut chercher la synthèse de l’amour divin et de l’amour courtois, mais chez les troubadours provençaux du xiie siècle. Les p
617us, elle va jusqu’à confondre avec la poésie d’un amour qui serait tout profane ; les confusions qu’elle entretient de la sor
618 moderne n’hésite pas à tenir ce raisonnement : « Amour désigne pour moi l’attrait sexuel — or sainte Thérèse parle sans cess
619ait sexuel — or sainte Thérèse parle sans cesse d’amour — donc cette mystique est une érotomane qui s’ignore. » Mais nous avo
620rs par une mystique, convient à l’expression de l’amour spirituel qu’ils vivent. Et elle convient même d’autant mieux à l’exp
621entraînait le bonheur divin et le malheur de tout amour humain ; tandis que l’orthodoxie pose que l’union est impossible, ce
622sible, ce qui entraîne le malheur divin et rend l’amour humain possible en ses limites. D’où il résulte que le langage de la
623es telles que « aveuglé par la passion », « fou d’amour » — mais l’excès de l’esprit sur l’instinct. « L’amour existe lorsque
624 » — mais l’excès de l’esprit sur l’instinct. « L’amour existe lorsque le désir est si grand qu’il dépasse les limites de l’a
625désir est si grand qu’il dépasse les limites de l’amour naturel », disait le troubadour Guido Cavalcanti, au xiiie siècle. O
626aire et au-delà de la satisfaction. La passion, l’amour de l’amour, c’est au contraire l’élan qui va au-delà de l’instinct et
627delà de la satisfaction. La passion, l’amour de l’amour, c’est au contraire l’élan qui va au-delà de l’instinct et qui, par l
628 l’âme parvient à aimer Dieu sans plus sentir son amour. C’est un état d’indifférence parfaite, croirait-on ; en vérité, c’es
629C’est lui qui donne un sens tout différent au mot amour dans les deux cas. Les hérétiques cathares opposent la Nuit au Jour c
630nité du Christ.) Ils veulent aller tout droit à l’Amour par l’amour, et de la Nuit au Jour sans nul intermédiaire. Sombrant a
631st.) Ils veulent aller tout droit à l’Amour par l’amour, et de la Nuit au Jour sans nul intermédiaire. Sombrant alors, comme
632ent aboutir à la passion humaine malheureuse. Cet amour impossible laissait au cœur des hommes une brûlure inoubliable, une a
633pouvait [p. 189] éteindre : ce fut la « torture d’amour » qu’ils se mirent à aimer pour elle-même. La passion des « parfaits 
634s la mort que la suprême sensation. Et de même, l’amour de la Dame, dès qu’il cessera d’être un symbole de l’union avec le Jo
635xication par l’esprit. L’histoire de la passion d’amour, dans toutes les grandes littératures, du xiiie siècle jusqu’à nous,
94 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
636e : c’est à la rhétorique du mythe, héritage de l’amour provençal. Il n’est pas nécessaire de supposer ici quelque pouvoir ma
637 amoureux s’ils n’avaient jamais entendu parler d’amour ? ⁂ Passion et expression ne sont guère séparables. La passion prend
638rniers troubadours. Que va devenir la tradition d’Amour ? Il semble bien que, dès le xive siècle, les hérétiques répandus dé
639s, n’arrête pas son progrès. [p. 193] L’Église d’Amour donnera naissance à d’innombrables sectes plus ou moins secrètes, plu
640Canada et jusqu’au Paraguay. Leur conception de l’amour n’a pas varié. Plusieurs auteurs ont supposé qu’une élite cléricale d
641remière partie du roman, dite courtoise — c’est l’amour de la femme idéale, vraie femme déjà mais femme inaccessible dans son
642se normale que l’homme païen oppose au mythe de l’amour malheureux. (Peut-être, pratiquement, est-elle [p. 195] bien proche d
643ure les Siciliens « savaient » encore ce qu’est l’Amour. N’avaient-ils retenu du trobar clus que le procédé mystifiant ? On s
644ment symbolique. Tel est le secret paradoxal de l’amour courtois : guindé et froid quand il ne vante que la femme, mais tout
645ardent de sincérité quand il célèbre la Sagesse d’amour : c’est là vraiment que bat son cœur. Et Dante n’est jamais plus pass
646quoi ne me consume-t-il point ? Dante de même : Amour qui, dans ma pensée, me parle de ma Dame avec grand désir, souvent m’
647’agirait de définir enfin ce dont on parle. « Cet Amour est-il vie ou mort ? » demande courageusement le premier. Et le secon
648premier. Et le second répond : « Du pouvoir de l’amour provient souvent la mort… L’amour existe lorsque le désir est si gran
649Du pouvoir de l’amour provient souvent la mort… L’amour existe lorsque le désir est si grand qu’il dépasse les limites de l’a
650désir est si grand qu’il dépasse les limites de l’amour naturel… Comme il ne provient point de la qualité, il réfléchit perpé
651templation. » Aucun doute ne demeure possible : l’Amour est la passion mystique. Mais encore faut-il définir le rôle de l’amo
652ystique. Mais encore faut-il définir le rôle de l’amour naturel dans cette perspective céleste. C’est ce qu’a fait Davanzati,
653rimant dans une petite fable la vraie nature de l’amour qu’il chante et le danger de s’arrêter aux formes terrestres qui n’en
654 poursuit point ; de même celui qui est pénétré d’amour puise la vie dans la contemplation de sa dame, car ainsi il soulage s
655cœur impitoyable est bien la femme qui détourne l’Amour à son profit. Dans un Bestiaire moralisé de cette époque, je trouve l
656est volatilisé : il ne joue plus. Le langage de l’Amour est enfin devenu la rhétorique du cœur humain. Cette « profanation »
657rd.) Voici le Sonnet du premier anniversaire de l’amour de Pétrarque pour Laure : Je bénis le lieu, le temps, l’heure Où si
658on qu’il me plaît de brûler. 133 (Triomphe de l’amour.) Mais présente ou absente — ici encore — la femme ne sera jamais qu
659 me fuit, Brûler de loin — de près geler. Tout l’amour romantique est dans ce dernier vers. Et le secret de cette mélancolie
660il vive encore, quoique séparé de sa dame : Mais Amour me répond : ne te souvient-il pas que c’est là le privilège des amant
661oir en « cette fausse douceur fugitive » qu’est l’amour idéalisé. Et je me sens au cœur venir, heure par heure, une belle co
662s désire honneur ! Mais comment s’arracher à cet amour blasphématoire, à ce besoin dément, d’un plaisir que l’usage en moi
663ieu seul est due et à lui seul convient », avec l’amour d’« une chose mortelle », en fut la conséquence inévitable. Et c’est
664 le début du xiie siècle, en plein triomphe de l’amour courtois, l’on voit paraître cette tendance contraire, celle qui glor
665inga 136 — l’esprit gaulois aux conventions de l’amour courtois et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposit
666urtois et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposition avec la conception romantique. Or la gauloiserie, auss
667tes les complications naturelles et sociales de l’amour, l’indulgence pour les mensonges et les égoïsmes de la vie sexuelle,
668xure. » Ce lien profond de la gauloiserie et de l’amour alambiqué, on le surprend dans une satire du xiiie siècle [p. 206] i
669l’Europe entière. Les Minnesänger (chanteurs de l’Amour) en Allemagne sont nourris de légendes cathares 138 et par ailleurs
670sfigurantes, de la nuit abyssale où l’éclair de l’amour illumine parfois une face immobile et fascinante — ce nous-même d’hor
671s moi pourrai-je Nommer cette mort éclair ? Ô mon amour, ma femme, La mort a sucé le miel de ton haleine Et n’a pas eu de pri
672barque épuisée, malade de la mer ! Voilà pour mon amour ! (Il boit.) … Honnête apothicaire Ta drogue est rapide. En un baiser
673rrait le croire à une doctrine « courtoise » de l’amour. Entre un monisme qui assimile l’esprit à la matière (ou l’inverse),
674 sujet du roman demeure les « contrariétés » de l’amour, mais l’obstacle n’est plus la volonté de mort, si secrète et métaphy
675échos mélancoliques. Il y a bien les douze lois d’Amour, les séparations ingénieuses, l’éloge de la chasteté, voire les défis
676el s’obscurcit, le tonnerre gronde, le génie de l’Amour paraît dans un nuage et annonce la fin de l’enchantement. Astrée et C
677lique, et aimé d’elle, « se trouve incommodé d’un amour qui l’attache trop » et il veut faire en sorte que sa maîtresse se do
678ur d’être trahi par Angélique le guérirait de son amour ? Cet Alidor serait un curieux monstre ! Disons plutôt qu’on voit tro
679jet qui nous possède ; Il ne faut point nourrir d’amour qui ne nous cède : Je le hais s’il me force : et quand j’aime, je veu
680; [p. 218] « C’est de vous que j’ai appris que l’amour d’un honnête homme doit être toujours volontaire ; qu’on ne doit jama
681 aimée nous a beaucoup plus d’obligation de notre amour, alors qu’elle est toujours l’effet de notre choix et de son mérite,
682u don, c’est une des exigences fondamentales de l’amour courtois (l’un des articles des Leys d’Amors). Et que cette exigence
683riés, à quoi notre héros veut échapper non pour l’amour de la liberté — qu’il allègue — mais pour l’amour de la passion. À t
684amour de la liberté — qu’il allègue — mais pour l’amour de la passion. À tel prix que ce soit, il faut rompre mes chaînes De
685inte qu’un hymen, m’en ôtant le pouvoir, Fît d’un amour par force un amour par devoir. C’est le plus pur langage courtois. M
686’en ôtant le pouvoir, Fît d’un amour par force un amour par devoir. C’est le plus pur langage courtois. Mais voyez la curieu
687oit, dans un Examen de sa pièce : [p. 219] « Cet amour de son repos n’empêche point qu’au cinquième acte (Alidor) ne se mont
688parfaitement mené à chef. L’essence du mythe de l’amour malheureux, nous le savons, c’est une passion inavouable. L’originali
689un « moderne » dans la perspective courtoise de l’amour réciproque malheureux. Ainsi devient-elle la formule même de notre my
690ge Racine à rendre le jeune prince insensible à l’amour de Phèdre. Il déclare donc cet amour incestueux, encore que cette rei
691sensible à l’amour de Phèdre. Il déclare donc cet amour incestueux, encore que cette reine ne soit que la belle-mère d’Hippol
692tels de son père. » Ainsi donc, Aricie, c’est « l’amour que le Père interdit » — un substitut voilé de l’amour incestueux 144
693 que le Père interdit » — un substitut voilé de l’amour incestueux 144 . (La psychanalyse nous a accoutumés à des déguisement
694d’horreur que le crime même ; les faiblesses de l’amour y [p. 225] passent pour de vraies faiblesses ; les passions n’y sont
695était de la race des troubadours qui trahissent l’Amour pour l’amour : ceux-là finissent presque toujours en religion. Mais n
696ace des troubadours qui trahissent l’Amour pour l’amour : ceux-là finissent presque toujours en religion. Mais notons-le : da
697ssions champêtres du dimanche.) Spinoza définit l’amour : un sentiment de joie accompagné de l’idée d’une cause extérieure. C
698t toujours liées à des passions contraires, notre amour toujours lié à notre haine, et nos plaisirs à nos douleurs. Il n’est
699re. Et l’on parle de « passionnettes ». Le dieu d’Amour n’est plus un dur destin mais un enfant impertinent. Presque plus rie
700ique du désir, mais non plus même pour celle de l’amour. « Belle vertu, dit Mme d’Épinay, qu’on s’attache avec des épingles !
701 ces épingles ne sont point citées par hasard : « Amour vous point », disait la rhétorique. Un peu plus tard, le sang coulera
702 : « Au lieu de lui donner les satisfactions de l’amour sensuel et de la fixer dans la volupté, l’amour la remplit d’inquiétu
703l’amour sensuel et de la fixer dans la volupté, l’amour la remplit d’inquiétude, la pousse d’essai en essai, de tentatives en
704ité voluptueuse. Cette boutade, qui réduit tout l’amour au contact de deux épidermes j’y vois bien moins l’affirmation d’un m
705 Antithèse vraiment parfaite des deux vertus de l’amour chevaleresque : la candeur et la courtoisie. Il me semble que la fasc
706t sa course éperdue. L’un recherche dans l’acte d’amour la volupté d’une profanation, l’autre accomplit en restant chaste la
707andonne le terrain, il s’enfuit. Or la règle de l’amour courtois faisait du viol précisément le crime des crimes, la félonie
708e ces extrêmes : la femme-idéal, pur symbole d’un Amour qui entraîne l’amour au-delà des formes visibles ; et la femme-objet
709emme-idéal, pur symbole d’un Amour qui entraîne l’amour au-delà des formes visibles ; et la femme-objet de plaisir, instrumen
710récises de sa révolte. C’est dans les Crimes de l’amour que Sade nous parle de son admiration pour la poésie de Pétrarque. Ad
711st cela qui nous enchaîne. On ne tue bien que son amour, parce que lui seul est souverain. Le crime d’amour impur sauvera la
712our, parce que lui seul est souverain. Le crime d’amour impur sauvera la pureté. Lisons maintenant avec cette clé la défense
713 désespère d’échapper à ses liens, et qui défie l’amour spirituel de se manifester en tuant le criminel 151 . Car là seulemen
714la fin de sa vie, n’est dupe de la « religion » d’amour. Qu’on relise la grande lettre de Julie mariée (IIIe partie, lettre X
715ceurs de l’amitié tempèrent les emportements de l’amour… » Le Tristan qui se réveille en lui après la « faute » de la possess
716leurs épreuves, Julie appelle « sainte ardeur » l’amour chaste qui les ravissait — bien qu’il fût dès ce moment condamnable —
717 « crime », « horreurs », « corruption », ce même amour après la possession. La faute qui compte, pour eux, on le voit bien,
718vidente renaissance du thème courtois — donc de l’amour réciproque malheureux — chez tous les romantiques allemands sans exce
719léchi sur la passion. Sans doute, la passion de l’amour suprême ne trouve jamais son accomplissement ici-bas ! Comprends bien
720e et la foi dans la toute-puissante divinité de l’Amour qui à jamais nous guidera, invisible, et renforcera sans cesse notre
721e pour la Nuit. [p. 239] C’est dans la mort que l’amour est le plus doux ; pour le vivant, la mort est une nuit de noces, un
722ères. L’ivresse des sens appartient peut-être à l’amour comme le sommeil à la vie. Ce n’est pas la plus noble part, et l’homm
723t citer toutes les œuvres de Tieck, définissant l’amour comme « une maladie du désir, une divine langueur… » 157 . L’exaltati
724ge invisible de Jean-Paul. Elle se confond avec l’amour chez Novalis. Elle fut pour Kleist « le seul accomplissement » possib
725seul accomplissement » possible d’une « passion d’amour suprême » à laquelle se refusait son corps. Mais les poètes ne sont p
726nition de l’amour-par-essence-impossible, le vrai amour qui repousse tout objet pour s’élancer à l’infini. C’est, dit-il, « l
727que à l’horizon spirituel, ni de véritable joie d’amour au sommet de ces élancements. Le moi n’est jamais transcendé, il se r
728à croire à leurs chimères les plus consolantes, l’amour ne sera pas longtemps félicité ineffable de la vie supérieure » dont
729 » dont parle E. T. A. Hoffmann ; mais plutôt cet amour « taciturne et toujours menacé » des plus beaux vers de Vigny. Cette
730t pas Iseut pour elle-même, mais seulement pour l’amour de l’Amour dont sa beauté lui offrait une image. Lui pourtant l’ignor
731 pour elle-même, mais seulement pour l’amour de l’Amour dont sa beauté lui offrait une image. Lui pourtant l’ignorait, et sa
732gative. La plupart reviendront aux illusions de l’amour humain, sans retrouver pourtant la forte naïveté du mythe. Ils raffin
733justifier ce besoin ; d’où son fameux traité De l’Amour. Aux premières lignes de la préface vous le sentez en pleine polémiqu
734tez en pleine polémique : « Quoiqu’il traite de l’amour, ce petit volume n’est point un roman, et surtout n’est pas amusant c
735e monde connaît la thèse du traité. Il y a quatre amours différents : l’amour-passion, l’amour-goût, l’amour physique et l’amo
736urs différents : l’amour-passion, l’amour-goût, l’amour physique et l’amour de vanité. Le premier seul trouve grâce aux yeux
737mour-passion, l’amour-goût, l’amour physique et l’amour de vanité. Le premier seul trouve grâce aux yeux de l’auteur. La théo
7381 que cette célèbre théorie revient à faire de l’amour passionné une simple erreur. « Non point que la passion se trompe sou
739cond que l’inconstance, se voit amené à définir l’amour comme une maladie de l’esprit — dans la pure tradition antique, sauf
740abord inexacte, au regard des faits. Il existe un amour qui, loin de se tromper, est seul capable de découvrir dans l’être ai
741s « brûlé ». Il consacre deux longs chapitres à l’amour en Provence au xiie siècle, et [p. 248] reproduit le code d’amour co
742 au xiie siècle, et [p. 248] reproduit le code d’amour courtois en appendice. (Raynouard et Fauriel venaient de provoquer la
743eule qui remplis toute mon âme, suprême volupté d’amour ! » L’homme qui a écrit cela (dans Tristan et Isolde) savait que la
744destiné à le faire mourir : mais d’une mort que l’Amour condamne, d’une mort selon les lois du jour et de la vengeance, bruta
745me inspire à Brangaine l’erreur qui doit sauver l’Amour. Au philtre de mort, elle substitue le breuvage d’initiation. Ainsi l
746rt, celle qui est le seul accomplissement de leur amour. Le deuxième acte est le chant de la passion des âmes prisonnières de
747spérance. Et c’est pourquoi le leitmotiv du duo d’amour est déjà celui de la mort. Encore une fois revient le jour : le traît
748faute des amants légendaires contre les lois de l’amour chaste transforme l’hymne des troubadours en un roman 163 — ainsi le
749dame Bovary, Thérèse Raquin, La Porte Étroite, Un Amour de Swann : étapes françaises de la dissociation psychologique, de la
750e « prolétariennes », par le roman, et le roman d’amour s’entend, traduit exactement l’envahissement de notre conscience par
751e du romantisme, des droits imprescriptibles de l’amour, et elle implique la supériorité « spirituelle » de la maîtresse sur
752nes de pages, par Marcel Proust. (Voir surtout Un Amour de Swann.) Littérature bourgeoise ai-je dit : ses conclusions réguliè
753 c’est-à-dire totalement invertis par rapport à l’amour courtois. La religion des troubadours se prêtait aux complicités les
754assion dans tous les domaines Le mythe sacré de l’amour courtois, au xiie siècle, avait eu pour fonction sociale d’ordonner
755 favorisait malgré elle, cette glorification de l’amour humain qui était l’envers de sa doctrine, ce langage d’une ambiguïté
756l n’avait pu se traduire que dans les termes de l’amour humain, bien qu’entendus au sens mystique. Ce sens évanoui restait un
757s ce que signifiait cette diffuse exaltation de l’amour. Nous la prenions pour un printemps de l’instinct et pour une renaiss
758es exprimer en figures. Les dernières formes de l’amour ont été balayées par la guerre. Et j’insisterai sur cet exemple symbo
759olique : nous ne faisons plus de « déclarations d’amour » dans le même temps que nous admettons la guerre sans « déclaration 
95 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
760 [p. 264] Livre V Amour et guerre 1. Parallélisme des formes Du désir à la mort par la passi
761Or passion signifie souffrance. Notre notion de l’amour, enveloppant celle que nous avons de la femme, se trouve donc liée à
762e l’une ou de l’autre. 2. Langage guerrier de l’amour Dès l’Antiquité, les poètes ont usé de métaphores guerrières pour déc
763étaphores guerrières pour décrire les effets de l’amour naturel. Le dieu d’amour est un archer qui décoche des flèches mortel
764 décrire les effets de l’amour naturel. Le dieu d’amour est un archer qui décoche des flèches mortelles. La femme se rend à l
765éliodore (iiie siècle) parle déjà des « luttes d’amour » et de la « délicieuse défaite » de celui « qui tombe sous les trait
766e la tactique des Anciens et leur conception de l’amour. Les deux domaines restent soumis à des lois tout à fait distinctes,
767 processus décrit plus haut, dans le domaine de l’amour divin. Francisco de Ossuna (l’un des maîtres de sainte Thérèse les pl
768n Ley de Amor : « Ne pense pas que le combat de l’amour soit comme les autres batailles où la fureur et le fracas d’une guerr
769e guerre épouvantable sévit des deux côtés, car l’amour ne combat qu’à force de caresses et n’a d’autres menaces que ses tend
770aite du monde et la victoire de la vie lumineuse. Amour et mort sont reliés par l’ascèse, comme par l’instinct sont reliés dé
771chevalerie. [p. 268] 3. La chevalerie, loi de l’amour et de la guerre « Donner un style à l’amour », telle est, selon J. Hu
772 de l’amour et de la guerre « Donner un style à l’amour », telle est, selon J. Huizinga, l’aspiration suprême de la société m
773que les mœurs sont plus féroces. Il faut élever l’amour à la hauteur d’un rite, la violence débordante de la passion l’exige.
774l’étiquette, les tournois, la chasse et surtout l’amour ». Elle a même exercé une influence déterminante sur le droit des gen
775 le mythe, physiquement : — « Les transports de l’amour romanesque ne devaient pas seulement être présentés sous forme de lec
776hevaleresque duché de Bourgogne au xve siècle. L’amour et la mort s’y marient dans un paysage artificiel et symbolique de tr
777olique de très haute mélancolie. « L’héroïsme par amour — voilà le motif romanesque qui doit apparaître partout et toujours.
778n une chose plus élevée : l’action entreprise par amour. La mort devient alors la seule alternative à l’accomplissement du dé
779as moins que les conventions de la guerre et de l’amour courtois ont marqué les coutumes occidentales d’une empreinte qui ne
780relatif à un changement dans les conceptions de l’amour, ou inversement. 5. Condottieri et canons « L’Italie n’avait jamais
781e l’emploi des canons.) Et comment concevait-on l’amour ? Burckhardt insiste 175 sur le fait que les mariages se concluaient
782énale dans la pratique, il en allait de même de l’amour. Semblables aux hétaïres de la Grèce antique, les courtisanes jouaien
783iers… La passion n’y joue plus le moindre rôle. L’amour lui-même, d’ailleurs, va devenir une tactique. Il perd son auréole dr
784 est le plus propre à illustrer le parallèle de l’amour et de la guerre. Il suffira de quelques touches pour l’indiquer. Don
785tité foncière des phénomènes de la guerre et de l’amour au xviiie . Voici dans quels termes ils décrivent la « tactique » des
786époque : « C’est dans cette guerre et ce jeu de l’amour que le siècle révèle peut-être ses qualités les plus profondes, ses r
787la Nation… Nous savons toutefois que la passion d’amour, par exemple est en son fond un narcissisme, auto-exaltation de l’ama
788’aimée. Ce que désire Tristan, c’est la brûlure d’amour plus que la possession d’Iseut. Car la brûlure intense et dévorante d
789onaliste, elle aussi, est une auto-exaltation, un amour narcissiste du Soi collectif. Il est vrai que sa relation avec autrui
790sa relation avec autrui s’avoue rarement comme un amour : presque toujours, c’est la haine qui apparaît en premier lieu, et q
791… Ainsi la Nation et la Guerre sont liées comme l’Amour et la Mort. Désormais le fait national sera le facteur dominant de la
792 assez curieux de préciser le parallèle entre les amours de Bonaparte puis de Napoléon d’une part, et les campagnes d’Italie p
793randes compagnies. Vers la fin du xixe siècle, l’amour 183 était devenu ; dans les classes bourgeoises, un bien bizarre mél
794 institué par la chevalerie entre les formes de l’amour et de la guerre, soit rompu. Certes, le but concret de la guerre fut
795son équivalent dans nulle éthique imaginable de l’amour. C’est que la guerre échappe à l’homme et à l’instinct ; elle se reto
796s détendent ses ressorts intimes et personnels. L’amour, dans l’entre-deux-guerres, fut un curieux mélange d’intellectualisme
797. Et comme on le voit dans le cas de la passion d’amour, ce but est non seulement nié avec vigueur par les intéressés, mais i
96 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
798 ces trois refus était en vérité la doctrine de l’Amour, c’est-à-dire de l’Éros divinisant, en conflit éternel et angoissé av
799incts asservissants. L’apparition de la passion d’Amour devait donc transformer radicalement le jugement porté sur l’adultère
800is nous avons montré que le symbole courtois de l’amour pour une Dame (spirituelle), amour évidemment incompatible avec le ma
801 courtois de l’amour pour une Dame (spirituelle), amour évidemment incompatible avec le mariage dans la chair, devait amener
802 c’est vivre ! » Dès le xiie siècle provençal, l’amour était considéré comme noble. Non seulement il ennoblissait mais [p. 3
803eul adéquat en l’occurrence — de la primauté de l’amour sur l’ordre social établi. Que la passion profane soit en réalité une
804e. Le moderne, l’homme de la passion, attend de l’amour fatal quelque révélation, sur lui-même ou la vie en général : dernier
805couronne s’il est roi.) Voilà le vrai « mariage d’amour » moderne : le mariage avec la passion ! Mais aussitôt paraît une anx
806 fallait donc qu’Iseut fût l’Impossible, car tout amour possible nous ramène à ces liens, nous réduit aux limites dans l’espa
807int de « créatures » — alors que le seul But de l’amour infini ne peut être que le divin : Dieu, notre idée de Dieu, ou le Mo
808ers le type contraire du Don Juan, de l’homme aux amours successives. Les catégories se détruisent, l’aventure n’est plus même
809uisse de nouveau le poursuivre et « ressentir » l’amour en soi… Tout cela signifie, une fois de plus, que le mythe des amants
810comparable et autonome à son côté, une exigence d’amour actif. ⁂ Je n’entends pas ici attaquer la passion : je me borne à la
811Personne, que je sache, n’a encore osé dire que l’amour tel qu’on l’imagine de nos jours est la négation pure et simple du ma
812ce des contraintes matrimoniales et du mythe de l’amour mortel. Déjà l’on voyait affleurer le fond du désespoir et d’anarchie
813nc artificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident no
814 mille ans qu’elles se succèdent, n’a donné à « l’amour » nommé romance 196 cette publicité quotidienne : par l’écran, par
815e périlleuse de faire coïncider le mariage et « l’amour » ainsi compris, et de baser le premier sur le second. Pendant une gr
816 journal qui rapportait l’histoire l’intitula : L’Amour est classé parmi les cas d’urgence. Ce petit fait banal illustre des
817u’il nous intéresse. Il montre que les termes d’« amour » et de mariage sont pratiquement équivalents ; que si l’on « aime »
818me » il faut se marier sur l’heure ; qu’enfin « l’amour » doit normalement triompher de tous les obstacles, ainsi que le font
819 films, romans et bandes dessinées. De fait, si l’amour romanesque triomphe d’une quantité d’obstacles, il en est un contre l
820r rang. Vouloir fonder le mariage sur une forme d’amour instable par définition, c’est travailler en fait pour l’État de Neva
821ce, de proximité quotidienne. La romance veut « l’amour de loin » des troubadours ; le mariage, l’amour du « prochain ». Si d
822l’amour de loin » des troubadours ; le mariage, l’amour du « prochain ». Si donc l’on s’est marié à cause d’une romance, une
823ussitôt de divorcer pour trouver dans le nouvel « amour », qui entraîne un nouveau mariage, une nouvelle promesse de bonheur 
824ue l’on a rendu trop facile, en acceptant que « l’amour » suffise pour le conclure, au dédain des convenances démodées de mil
825ns autant de chances que le mariage fondé sur « l’amour » seul. Mais toute l’évolution de l’Occident va de la sagesse tribale
97 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
826 [p. 322] Livre VII L’amour action, ou de la fidélité 1. Nécessité d’un parti pris À l’heure où
827’un œil fasciné ? Pour attaquer la passion dans l’amour il [p. 323] faudrait développer une violence spirituelle qui tuât mie
828lence spirituelle qui tuât mieux que la passion d’amour : celle au moins de l’orthodoxie contre l’hérésie primitive, mais enc
829pieux qui estimait que la religion devait être un amour heureux, un mariage avec sa vertu. Car l’amour du pécheur pour Dieu e
830un amour heureux, un mariage avec sa vertu. Car l’amour du pécheur pour Dieu est « essentiellement malheureux », et cette pas
831’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour pour l’autre. L’analyse des légendes courtoises nous a révélé que Tri
832nous a révélé que Tristan n’aime pas Iseut mais l’amour même, et au-delà de cet amour, la mort, c’est-à-dire la seule délivra
833me pas Iseut mais l’amour même, et au-delà de cet amour, la mort, c’est-à-dire la seule délivrance du moi coupable et asservi
834r sa femme serait une preuve d’indigence et non d’amour. La fidélité veut bien plus : elle veut le bien de l’être aimé, et lo
835e pour la mort (c’était la passion de Tristan). L’amour de Tristan et d’Iseut c’était l’angoisse d’être deux\ et son aboutiss
836 qu’il n’y ait plus que « moi-le-monde » ! Mais l’amour du mariage est la fin de l’angoisse, l’acceptation de l’être limité,
837 de sa liberté. 5. Éros sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa ple
838 Éros sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa pleine stature : il est
839l’être en acte. Et c’est Éros, l’amour-passion, l’amour païen, qui a répandu dans notre monde occidental le poison de l’ascès
840ne et revendicateur. Elle procède du mystère de l’amour. Elle n’est que le signe et la démonstration du triomphe d’Agapè sur
841démonstration du triomphe d’Agapè sur Éros. Car l’amour réellement réciproque exige et crée l’égalité de ceux qui s’aiment. D
842’égalité de ceux qui s’aiment. Dieu manifeste son amour pour l’homme en exigeant que l’homme soit saint comme Dieu est saint.
843 comme Dieu est saint. Et l’homme témoigne de son amour pour une femme en la traitant comme une personne humaine totale — non
844t qu’elle habitue à ne plus séparer le désir et l’amour. Car si le désir va vite et n’importe où, l’amour est lent et diffici
845amour. Car si le désir va vite et n’importe où, l’amour est lent et difficile, il engage vraiment toute une vie, et il n’exig
846e le mariage ne serait plus que le « tombeau de l’amour ». Mais c’est encore le mythe, naturellement, qui nous le fait croire
847 qui nous le fait croire, avec son obsession de l’amour contrarié. Il serait plus vrai de dire après Benedetto Croce que « le
848edetto Croce que « le mariage est le tombeau de l’amour sauvage » 205 (et plus communément du sentimentalisme). L’amour sauv
849 205 (et plus communément du sentimentalisme). L’amour sauvage et naturel se manifeste par le viol, preuve d’amour chez tous
850age et naturel se manifeste par le viol, preuve d’amour chez tous les barbares. Mais le viol, comme la polygamie, révèle que
851a qualité d’égale — en la réduisant à son sexe. L’amour sauvage dépersonnalise les relations humaines. Par contre, l’homme qu
852’est qu’il aime, justement, et qu’en vertu de cet amour, il refuse de s’imposer, il se refuse à une violence qui nie et détru
853ent la passion non plus par la morale, mais par l’amour. 6. Les paradoxes de l’Occident Ces quelques remarques sur la passi
854core une vie secrète. L’amour-passion n’est pas l’amour chrétien, ni même le « sous-produit du christianisme » ou le « change
855i est l’Éternel et le Saint — que des relations d’amour mortellement malheureux. « Dieu crée tout ex nihilo » et celui que Di
856e tout ex nihilo » et celui que Dieu élit par son amour, « il commence par le réduire à néant ». Du point de vue du monde et
857 ! Car voici : cet homme mort au monde, tué par l’amour infini, devra marcher maintenant et vivre dans le monde comme s’il n’
858 » 210 … Ainsi l’extrême de la passion, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’être présente, mai
859n », pour qui croit que Dieu est fidèle, et que l’amour ne trompe jamais l’aimé. Certes, Kierkegaard ne parvint à « ressaisir
860n état de présence parfaite à l’objet aimant de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors
861tique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’indifférence quasi divine. Elle est au-delà du doute
862un déchirement ; elle ne désire plus rien que son amour ne veuille, elle est une avec lui dans la dualité, qui n’est plus qu’
863s en l’âme de brûlure, ni même de conscience de l’amour, mais seulement la sobriété heureuse de l’agir. Dans l’analogie de la
98 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
864bolique des personnages dont ils nous content les amours. Et les traces qui subsistent, dans leur texte, d’anciennes pratiques
865es chansons de clercs parlent très peu ou point d’amour. Une seule, la Légende de Girard de Roussillon (composée entre 1150 e
866 1150 et 1180 selon Bédier) contient un épisode d’amour courtois. Elle est écrite dans un dialecte intermédiaire entre le fra
867rançaise au « roman » proprement dit. L’épisode d’amour nous intéresse d’autant plus qu’il décrit une situation fort analogue
868 nous permet de mesurer l’influence décisive de l’amour courtois sur les auteurs du cycle breton. Voici la donnée : le duc Gi
869ite reine, et ma sœur, vous l’avez épousée pour l’amour de moi. Écoutez-moi, vous, comtes Bertolai et Gervais. Et vous, ma ch
870 témoins que par cet anneau je donne à jamais mon amour au duc Girard. Je lui donne de mon oscle la fleur, parce que je l’aim
871Dès ce moment, ajoute le poète, « dura toujours l’amour de Girard et d’Elissent, pur de tout reproche, sans qu’il y eût entre
872c son homonyme) — enfin dans les deux légendes, l’amour courtois et sa fidélité triomphent idéalement du mariage et de sa fid
873is que dans le second, il est épique. Là, c’est l’amour qui conduit à la mort ; ici, ce sont les intérêts féodaux qui entraîn
874eur des présentes, nous disons et soutenons que l’amour ne peut étendre ses droits entre mari et femme. Les amants s’accorden
875stance de sa maîtresse. Celle-ci l’a privé de son amour, disant qu’il s’en est rendu indigne en implorant et en acceptant par
876êt de la reine Éléonore. Telle est la nature de l’amour : les amants feignent souvent de souhaiter d’autres nœuds, pour s’ass
877n du même ordre. 4. Conceptions orientales de l’amour Il est bien entendu que j’appelle Orient une certaine attitude totale
878eu l’auteur avec un jeune Chinois : Le concept d’amour » n’existe pas en Chine. Le verbe « aimer » est employé seulement pou
879fondement quelque chose qui se rapproche du mot « amour », est oubliée tout de suite pendant la dynastie Han. Les Chinois son
880rès jeunes par leurs parents, et le problème de l’amour ne se pose pas. Ils n’ont pas à poursuivre toute la vie cette ombre :
881ont pas à poursuivre toute la vie cette ombre : l’amour, ce sentiment aussi vague, incertain, indéfini que tous les autres, e
882opéen qui se demande toute sa vie : « Est-ce de l’amour ou non ? Est-ce que j’aime vraiment cette femme, ou est-ce que j’ai d
883Est-ce que j’aime cet être ou est-ce que j’aime l’amour ? », etc., son désespoir quand il découvre après une analyse acharnée
884dée sur la famille, et la famille sur l’absence d’amour. Les traditions chinoises insistent sur ce point. Toute manifestation
885Gulik.) (Note de 1971.) [p. 359] 5. Mystique et amour courtois Dans un appendice à son beau livre sur la Théologie mystique
886cette hypothèse en montrant : 1° que l’objet de l’amour n’est pas le même pour saint Bernard et pour les troubadours, ces der
887, la sensualité naturelle ; 2° que la nature de l’amour est très différente dans les deux cas, malgré d’apparentes analogies
888crit notre auteur — sur l’objet et la nature de l’amour mystique tel que le conçoit saint Bernard : c’est un amour spirituel,
889tique tel que le conçoit saint Bernard : c’est un amour spirituel, par opposition à tout amour charnel » (p. 195). L’amour co
890: c’est un amour spirituel, par opposition à tout amour charnel » (p. 195). L’amour courtois serait au contraire « l’expressi
891par opposition à tout amour charnel » (p. 195). L’amour courtois serait au contraire « l’expression poétique de la concupisce
892du saint Bernard souhaiter d’être débarrassé de l’amour de Dieu. » Or les troubadours gémissent sous le joug de l’Amour. Donc
893 » Or les troubadours gémissent sous le joug de l’Amour. Donc cet amour n’est pas spirituel. — Mais plus tard, d’autres mysti
894dours gémissent sous le joug de l’Amour. Donc cet amour n’est pas spirituel. — Mais plus tard, d’autres mystiques catholiques
895et souhaiteront d’être libérés des tourments de l’amour divin : c’est là bien entendu, comme chez les troubadours, une manièr
896is, si l’on veut déduire d’un tel « refus » que l’Amour courtois était purement sensuel, la déduction vaudrait aussi pour sai
897aurait se réjouir. c) Les troubadours chantent l’amour malheureux. Mais l’amour divin des cisterciens obtient au contraire s
898s troubadours chantent l’amour malheureux. Mais l’amour divin des cisterciens obtient au contraire sa récompense. « On lui es
899, l’obstacle de la transcendance introduit dans l’amour un malheur essentiel (quoi qu’en ait dit tout à l’heure M. Gilson). O
900ve donc la situation du troubadour vis-à-vis de l’amour des êtres. Certes : « la pureté de l’amour courtois sépare les amants
901s de l’amour des êtres. Certes : « la pureté de l’amour courtois sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les
902ourtois sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les unit ». Mais il faut voir que les amants courtois ne son
903s ne sont séparés sur la terre qu’en vertu de cet amour mystique qui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique
904ique qui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique orthodoxe n’unit pas de cette façon, mais fait seulement com
905ait seulement communier. d) Pour démontrer que l’amour courtois est sensuel, M. Gilson cite encore une strophe de Thibaut de
906ins de réformer sérieusement notre conception des amours d’Yseult et de Tristan, nous ne pouvons avoir de doutes sur la nature
907, de « réformer sérieusement notre conception des amours d’Yseult et de Tristan »… 6. Freud et les surréalistes Sur les rela
908l’explication du langage symbolique des fidèles d’Amour dans les compositions lyriques, romans et épopées chevaleresques [p. 
909mir debout, obtenant une vogue européenne, et des amours d’une pureté angélique à servir de modèle aux races futures ! (On dir
910te leur vie, correspond à la première touche de l’amour divin, à la conversion du chrétien. Gottfried de Strasbourg peignant
911n du chrétien. Gottfried de Strasbourg peignant l’amour de Rivalen pour Blanchefleur (ce sont les parents de Tristan) accumul
912mation de ma définition de la passion opposée à l’amour naturel. 10. Passion et Ascèse Dans le Tristan de Gottfried de Stra
913 contrée sauvage. Cela veut dire Que le lieu de l’amour N’est pas dans les routes battues Ni autour des habitations humaines.
914ur qui conserverait des doutes sur la nature de l’amour en question, précisons que Gottfried confesse qu’il a, lui aussi, err
915lé en Cornouailles. Comment pourrait-il s’agir d’amour physique ? Et le dernier vers indique bien que la « fossure » est pur
916iode de l’humanité, le régime de la grâce et de l’Amour. Certains troubadours le connurent. (Richard Cœur de Lion par exemple
917l fut influencé par l’atmosphère de la religion d’Amour, en transporta toute la passion dans l’Église et l’orthodoxie, auxque
918ure, à la littérature courtoise ». Leurs poèmes d’amour divin sont connus, publiés et traduits aujourd’hui en plusieurs langu
919orte les thèmes, les mètres, les expressions de l’amour courtois… Parfois, le premier vers semble traduit d’un poème provença
920ma thèse, qu’un « abîme sépare » le catharisme, l’amour courtois, et la mystique européenne ? 13. Sur le sadisme Je trouve
99 1939, La Vie protestante, articles (1938–1961). Nicolas de Flue et la tradition réformée (1er septembre 1939)
921rnière fois, les adjure de garder le Pacte dans l’amour fraternel et la vigilance. Puis il salue l’ange de Dieu qu’il voit ve
100 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
922 [p. 760] Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939) as Mon cher Davenson, Votre article
923n, Votre article brillant, méditerranéen sur mon Amour et l’Occident , par sa forme même d’apostrophe amicale et ironique, p
924qui ne sont autres que les dogmes. — Ça existe, l’amour courtois !… dites-vous. Mais voilà, je le « vide de sa riche, émouvan
925sé le reproche inverse : celui d’avoir donné de l’amour courtois une description si enthousiaste qu’à la fin, la conception c
926’était pas de décrire les différents aspects de l’amour courtois, mais seulement cet aspect, à mon sens décisif, que je rappo
927tion dépassée, je n’aurais pas écrit mon livre. L’amour courtois, ça existe tellement que j’en ai fait la cause principale de
928 essayer de formuler ce qu’il y a, au cœur de cet amour, d’antichrétien. Or, c’est à cela seulement que je veux renoncer. Sur
929cause une certaine conception « dissonante » de l’amour courtois tel qu’il put être vécu au xiie siècle, mais une certaine c
930sion des dogmes essentiels du christiani‌sme. « L’Amour vient de Dieu, appartient à Dieu et tend vers Dieu. » Le vieux fou de
931Dans ce monde concret, il n’est pas vrai que tout amour tende vers Dieu. Il n’est pas vrai non plus que tout l’humain soit hu
932 moi » écrit l’Apôtre. Nous trouvons en nous deux amours, et même trois. C’est là précisément le sujet de mon livre. Le premie
933 là précisément le sujet de mon livre. Le premier amour, c’est le désir, c’est l’amour sensuel, sa fièvre et son bonheur, un
934 livre. Le premier amour, c’est le désir, c’est l’amour sensuel, sa fièvre et son bonheur, un « aspect éternel du cœur humain
935voulez… (Mais pourquoi ne pas dire du corps ?) Un amour dont l’exaltation cependant, était considérée par les anciens comme u
936ffet de confusions mystiques, l’exaltation de cet amour naturel est subitement considérée comme vertueuse, [p. 764] ennobliss
937vient un symbole religieux : et voilà le deuxième amour, l’origine de l’amour-passion. Or cette exaltation ne tend pas vers l
938’exalte. C’est une espèce de narcissisme. Le seul amour qui tende vers Dieu et qui l’atteigne à travers la vraie créature, c’
939i l’atteigne à travers la vraie créature, c’est l’amour qui est venu de Dieu, rendu aux hommes par le Christ, cette Agapè qui
940rases d’une lettre reçue hier, et relative à mon Amour : « Quand j’étais jeune, j’aurais parfaitement méprisé votre manière