1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
1rdun, et ce « haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une phrase, il justifie son livre : « Ranimons ces horreurs
2trop descendre ». N’est-ce pas une éclatante mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « desc
3est l’autre qui impose son absolu. Une soumission au réel durement consentie, voilà ce que nous admirons dans le Chant fun
4s, dont il est capable et qu’il lui faudra livrer au « feu de vérité » qui [p. 382] brûle dans son temple intérieur, s’il
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
5nt s’en effraie lui-même : « Il y a quelque chose au dedans de moi. Qu’est-ce que c’est donc ? » Ses premiers dessins sont
6illira enfin, dans l’éblouissement d’Arles, jusqu’au jour où cette consomption frénétique terrassant un corps minable, il
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
7aîné, ébahi, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des q
8 des négligences. Mais on ne demande pas non plus au puissant boxeur sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était un
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
9ie grecque. D’autres attribuent cette supériorité au machinisme, et la déplorent. Plusieurs jeunes songent que dans une Eu
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
10avec les derniers champions du naturalisme puisqu’au début Fischer publia Zola et Ibsen, Tolstoï, Hauptmann et Maeterlinck
11sen, Tolstoï, Hauptmann et Maeterlinck. On trouve au tableau des auteurs édités depuis lors les grands noms de la littérat
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
12d est vraiment un étonnant esprit. Pour présenter au public français cette œuvre « d’importance européenne », croyez-vous
13un intérêt très profond : elles nous transportent au cœur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité litt
14’une volonté presque inhumaine torture et conduit au crime. Et s’ils s’imposent comme types, c’est encore et uniquement pa
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
15s réserves sont de peu d’importance si l’on songe au service que M. Seillière nous rend en réintroduisant dans l’actualité
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)
16on lyrisme cosmique. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. « Jules Supervielle :
17e. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. « Jules Supervielle : Gravitations (NRF
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
18st ainsi qu’interviennent les trois Anglais mêlés au drame. M. Walpole leur a dévolu le soin d’entrer tantôt dans un foyer
10 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
19ic reste le témoin souvent sceptique ou railleur. Au cœur de la crise de notre civilisation, il y a un problème de morale
20, secouant son dégoût, un Montherlant s’abandonne au salut par la violence. Une sensualité moins énervée lui permet de bru
21re de quelques pamphlets par quoi il se raccroche au monde. Mais il a touché [p. 315] certains bas-fonds de l’âme où s’éve
22l’âme où s’éveille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel
23 un qui s’est complu dans son dégoût ; mais jusqu’au point d’y percevoir comme un appel du Dieu perdu. Il avoue enfin la c
24 absolue que certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Cette lassitude facile à juger du dehors n’était p
25 de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de Lafcadio généralisé : c’est le surr
26 veillé. L’amour moderne, nerveux, saugrenu jusqu’au sadisme, trop lucide, est un amour de fatigués (Les Nuits, l’Europe g
11 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
27 Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926) p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que les fenê
28 crime ; et l’étrange apaisement d’une vieillesse au soleil. Jouve semble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un
29conscients. Certaines proses mystiques de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vo
12 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
30 le véritable désordre. Une intelligence parvenue au point où elle « ne semble avoir rien d’autre à faire que son propre p
13 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
31est ainsi que le problème de l’Urbanisme se place au croisement [p. 798] des préoccupations esthétiques et sociales d’aujo
32métries de verre et de ciment blanc, flamboyantes au soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espace
33soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-gare circulaire, prismes per
34s par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des en
35os cités congestionnées, ce serait peut-être tuer au soleil des germes de révolution. Déjà des ingénieurs se sont mis à ca
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
36ons qui sont en train d’ôter sa valeur littéraire au genre le plus encombré et le plus impur qui soit. On n’a pas ménagé l
37est peut-être inhérent, dans une certaine mesure, au genre de critique pratiqué par Fernandez. Périlleuse situation que la
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
38ffrir, il ne sait plus de quels souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveillé l’envahit. Et Closain re
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
39rdre. Nous humilions sans trêve notre sensibilité au profit de ce « mythe cohérent » vers quoi tend notre esprit. La passi
40 absurdité essentielle » que le Chinois distingue au cœur de la vie occidentale apparaît mieux par la comparaison de l’idé
41de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d’action qui tord
17 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
42boîter le pas, mais seulement de retenir sa place au spectacle qu’ils offrent et de les considérer avec sympathie. Il est
18 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
43M. Brémond ne s’est pas encore mêlé de l’affaire. Au reste, on n’a pas attendu les éclaircissements du subtil abbé pour n’
44ent littéraire, celui-là même qui aboutit naguère au surréalisme. Tous les héros de roman se sont mis à gesticuler « gratu
45e plan moral. Telle action peut paraître gratuite au lecteur parce qu’il ne sait pas tout sur le personnage. Mais quant à
46telle sensation physique de bonheur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles étoilent le brouillard, l
47 qui se proposaient à mon souvenir ont été passés au crible de la minute où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’
48te assez pour qu’ils vous aident 3 — mais jamais au point d’oublier la vérité qu’on désirait qu’ils cachent pour un momen
49 de sincérité, c’est-à-dire une sincérité tournée au vice, invertie, qui retient de l’oser. [p. 22] Petite anthologie ou
50 devenait inintelligible en même temps qu’odieux. Au hasard de quelques lectures, je pris note des passages suivants (les
51r serait d’une ingratitude insigne — ils marquent au reste fort bien les jalons de cette recherche) : Puissiez-vous avoue
52ours possibles. C’est ainsi que fidèle à soi-même au plus profond de l’être, on entretient comme une arrière-pensée sagace
53onçoit que ce constant et secret assujettissement au moi idéal exige une politique des sentiments plus subtile et, je pens
19 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
54 de fanfaronnade et d’intense désespoir, on songe au Frank de La Coupe et les Lèvres, à qui ses compagnons criaient : « Te
55i permet à l’auteur de divaguer de la philosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par la description réaliste ou im
20 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
56 ferait se meurtrir l’un l’autre. Pourtant, jusqu’au bout, il semble qu’un mot, un geste décisif, ou certaine amitié de la
57 un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combien cette analyse trahit Barbey : son art est juste
21 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
58ur qu’il ira demander la souffrance indispensable au perfectionnement de son âme. Et qu’importe si les Allemands qui, fréq
22 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
59ux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages pour remercier ; (p
60de si l’Auber de Jean Cassou ne va pas s’attabler au café en face des personnages de Jaloux. Et peut-être que la comtesse
61faire ces confidences qu’elle livre si facilement au héros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille
23 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
62e sans cesse l’inquiétude autant que la sérénité… Au reste, n’est-elle pas de M. Rops lui-même, cette phrase qui formule a
24 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
63 : il devient grand industriel, assure sa fortune au prix du peu cynique reniement de ses origines. Le vieux père s’effond
25 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
64heureux. » Il y a aussi un certain tragique, mais au filet si acéré qu’on ne sent presque pas sa blessure. Mais c’est ici
26 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
65ulpe avec une saine rudesse. « Il s’examine jusqu’au ventre de sa mère et cognoit que dès lors il a esté corrompu et infec
66mme Keyserling, Ferrero, commencent à être prises au sérieux en France par quelques jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avo
67 jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avoir échappé au surréalisme en tant qu’il n’est que le triomphe de la littérature sur
68 en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine » qui seul peut redonner quelque vitalité à notre civilisat
27 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
69nant le titre sur un air sentimental, bien décidé au fond, à retrouver Patsy, l’Irlandaise perdue par cet improbable et sy
70don de Buibuis, qui parle toujours de Weber… Mais au fait, si vous n’aviez pas lu ce livre ? Ah ! sans hésiter, je vous fe
28 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
71ternelle « stratégie littéraire », de gazetiers ; au cœur de ces sujets qui paraît-il, ne sont pas d’actualité : la solitu
29 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Billets aigres-doux (janvier 1927)
72auté froide ? Oui, mais à qui s’adresser. Automne au sourire absent, Or luisant, terreau qui fume… Et tu laisses, ô col ro
30 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
73sens de l’éternel rendait pourtant considérables, au sens étymologique du terme. Il loucha vers le néant, retourna ses poc
31 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Dans le Style (janvier 1927)
74, sifflant comme un fusil automatique, fait balle au cerveau du poète qui meurt de sommeil naturel. Le tunnel sous la Manc
32 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
75s les plus atrocement inutiles. La première fois, au théâtre. Dans l’ombre, j’ai suivi le drame sur vos traits seulement ;
76 couple heureux et banal, votre sourire répondant au mien, comme on voit au dénouement des films populaires et sur des car
77l, votre sourire répondant au mien, comme on voit au dénouement des films populaires et sur des cartes postales illustrées
78d aux genoux, odeur de vieille fumée, et ce refus au sommeil qui meurtrit jusqu’à l’âme.)   Convulsions d’oriflammes sur
79mps que j’ignorais vous aimer. En sortant du bal, au vestiaire, je vous avais entendue donner un rendez-vous au thé du Pri
80ire, je vous avais entendue donner un rendez-vous au thé du Printemps. J’ai rôdé dans la joie féminine des grands magasins
81. Il y a vingt-quatre heures donc, j’étais encore au bal. Cette constatation machinale ne correspond à rien dans mon espri
82cette sournoise recherche de tout ce qui me navre au plus intime de mon être… Le revolver est chargé, sur cette table. (Je
33 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
83s comme poèmes et comme dictées de l’inconscient, au fond desquels on a si vite fait de distinguer les quelques préoccupat
34 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
84 d’une maîtresse jadis belle et diserte qui tombe au ruisseau en prononçant de séniles calembours… Pénétrés d’horreur, les
85Pénétrés d’horreur, les Bellettriens avaient fui. Au détour d’une ivresse, ils rencontrèrent une créature évadée d’anciens
86nce de Cinématoma Cinq Bellettriens furent commis au soin d’engendrer cet adorable monstre. Ils se réunissent parfois auto
87onstate que jamais « la Montagne » ne saura venir au prophète, même s’il se nomme Mossoul. Pourtant, au milieu de ce palud
35 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
88te jusqu’à éclater, tandis que des villes passent au fond à toute vitesse. Rigueur voluptueuse d’une colonnade, puis un je
89du paysage urbain vu par les poursuivants, arbres au ciel renversé, maisons obliques, montagnes russes. (J’ai regretté que
90ence que le nôtre. Les gens rient à l’enterrement au ralenti, à l’éclatement des têtes de poupées, à la conclusion. Ce n’e
91forme un homme en chien, cela n’a rien d’étonnant au cinéma. C’est la photographie d’une chose qui ne serait étonnante que
92xemple, l’éclosion d’une rose, un homme qui court au ralenti, certaines coïncidences de mouvements… C’est une réalité quot
36 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
93. Hoffmann. I (Notes écrites en décembre 1925, au sortir d’une conférence sur le Salut de l’humanité.)   Ce soir en moi
94 juron mélodramatique, d’une voix torturée, hurle au Pape et au Diable un anathème sanglant. Louis Aragon, avocat de l’inf
95dramatique, d’une voix torturée, hurle au Pape et au Diable un anathème sanglant. Louis Aragon, avocat de l’infini, annonc
96es phrases d’un fascinant éclat : « Ô grand Rêve, au matin pâle des édifices, ne quitte plus, attiré par les premiers soph
97 absolue que certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Nos jugements se rendaient sans cesse à l’échelle
98xtrême moyenne d’où sont exclues toutes grandeurs au profit de fuites lâches qu’on veut nommer renoncements ! Jouant tout
99n nous sert des cocktails (un Musset triple-sec). Au lieu du cynisme verbeux 1830, une théorie du scandale pour le scandal
100s la plus belle, — ce qui tressaille et m’atteint au vif, c’est tout de même un désespoir en quoi je ne vais pas m’empêche
101l y a de plus français ; que c’est elle qui donne au surréalisme ce petit côté jacobin si authentiquement, si déplorableme
102éplorablement français. Et puisque nous en sommes au surréalisme, ce produit parisien qui, comme tout ce qui est parisien,
103ouissement violent d’une immense fleur palpitante au parfum de passions, c’est une atmosphère toute chargée d’éclairs qui
104 chargée d’éclairs qui nous atteignent sans cesse au cœur et nous revêtent miraculeusement d’aigrettes de folies et de joi
37 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
105 incidents (avril 1927) l La maîtresse d’École Au printemps pur comme une joue, École errait, École suivait une femme d
106t de l’une à l’autre deux séries de profils jusqu’au soleil toujours de face. Il ne vit plus que la foule des yeux bleus,
107ent un fauteuil et un violon, pour qu’il en joue, au printemps, s’il savait … [p. 152] R.S.V.P. À Max-Marc-Jean Jacob R
108triste baisa cette main cruelle… et quitta le bal au matin. Il neigeait dans les rues sourdes comme un songe de son enfanc
38 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
109tteint la vie. On s’y maintient cinq ans, dix ans au plus. Après, c’est un long adieu et le corps se fige à mesure que l’e
110 et d’insouciance dans le bonheur de la saison. — Au soir, mon père savait tout. Il effleura mon front de ses lèvres sans
111 musique. » La femme en bleu dansait en regardant au plafond. Après deux tangos, nous montions ensemble dans une chambre d
112ance. Ne m’avait-on pas dérobé des années de joie au profit d’une [p. 183] vertu que tout en moi reniait obscurément. Je s
113s élémentaires qui ne manquent jamais de succéder au moindre vol. » J’ajouterai, cher Monsieur, que l’analyse psychologiqu
39 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
114rlait naguère, tu mangeras avec appétit une poule au riz arrosée d’un savoureux “demi” de Lavaux. » Seulement, il y a tout
115fait surtout de la sacro-sainte Raison utilitaire au service des sacro-saints Principes au nom desquels tout se ligue aujo
116 utilitaire au service des sacro-saints Principes au nom desquels tout se ligue aujourd’hui pour anéantir la seule chose q
40 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
117e pensée tendre pour un ami poète. « L’autre jour au Grand Écart… » dit quelqu’un. À ce coup, l’évocation de Cocteau fait
118d’Éluard 14 . Et des phrases, des cris, des mots. Au défaut de l’ivresse naissante se glisse un poème où vous aimiez à la
119 à la folie votre douleur. Narcisse1 se contemple au miroir de son monocle. Au petit matin, il se noie dans un verre à liq
120 Narcisse1 se contemple au miroir de son monocle. Au petit matin, il se noie dans un verre à liqueur. Poisson dans l’eau,
121r. Poisson dans l’eau, plumes dans le vent, poète au bar, le paradis n’est pas si cher. Il y en a aussi qui posent pour le
122ela fournit un merveilleux sujet de conversation, au café. Dans un salon, par contre, c’est d’un ridicule écrasant : mais
41 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
123 [p. 256] Adieu au lecteur (juillet 1927) q Nous passons la main au central de Genève,
124u lecteur (juillet 1927) q Nous passons la main au central de Genève, fidèles à la tradition — en ceci au moins. Nous no
125un peu là, du grand Arthur-Alfred-Albert [p. 258] au non moins grand Tanner. (On a fait ses preuves, quoi !) Et puis, qui
126uriosité des plus blasés. Lecteur, fais confiance au Central de Genève. Souviens-toi de la grandeur de ses traditions et n
42 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
127 chemin de Damas » (comme il dit sans qu’on sache au juste quelle dose d’« humour » il met dans l’expression), c’est la re
128ouze ans, j’aperçus cette machine de route, jusqu’au jour présent, ma grande et constante ambition a été de construire une
129lus puissant industriel du monde ; le plus riche, au point qu’il peut parler d’égal à égal avec beaucoup d’États ; le plus
130n ajoute à cela le plaisir qu’on éprouve toujours au récit de succès mirobolants, et le charme un peu facile mais fort goû
131onomiste. Ford, perfection de l’industriel, offre au monde moderne le premier exemple de son achèvement intégral. Il a att
132a comparaison. Il est impressionné par la baisse, au point qu’il en oublie que cela ne l’intéresse plus réellement. Il cro
133roduire peut très bien envahir un cerveau moderne au point d’en exclure toute considération de finalité. Mais cet aveuglem
134articulière, et cent autres pareilles, composent, au total, la grande Liberté idéale et mettent de l’huile dans les rouage
135la vie quotidienne. Cette Liberté idéale réduite au rôle d’huile dans les rouages, n’est-ce pas charmant et prometteur ?
136on attitude ne porte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et se
137e porte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et ses prétentions
138ses conditions. Dans cette mécanique bien huilée, au mouvement si régulier qu’il en devient insensible et que la fatigue s
139 et qu’il sent immuable comme la mort le restitue au monde vers 5 heures du soir, dans la détresse des dernières sirènes.
140 du soir, dans la détresse des dernières sirènes. Au monde, c’est-à-dire à une nature dont l’usine lui a fait oublier jusq
141ence, et à une liberté qu’il s’empresse d’aliéner au profit de plaisirs tarifés, soumis plus subtilement encore que son tr
142tériel l’a laissé oublier les valeurs de l’esprit au point qu’il n’éprouve plus même cette carence ; seulement, peu à peu,
143elles que le développement de la technique impose au monde moderne. Ces êtres, d’une espèce de plus en plus rare, qui save
144 en rencontre encore parmi les jeunes gens, jusqu’au jour où, comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». I
145rigueur de la nécessité — puisqu’elle est inutile au grand dessein matérialiste de l’Occident. La logique, parlant par la
146pressante : chercher s’il est possible d’échapper au fatal dilemme. Premiers pas vers la solution : l’existence du dilemme
43 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
147s, grand seigneur médiatisé, vaguement prétendant au trône de Pologne, est plutôt d’un mémorialiste. Madame Bibesco y mont
44 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Marguerite Allotte de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)
148 sont réellement dans la lune, ou bien descendent au fond des mers adorer la Liberté et jouer de l’orgue sous les yeux de
149isons de correction se jetaient sur ces volumes « au travers desquels ils respiraient l’air du monde ». N’en ferons-nous p
45 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
150tain que s’ils avaient le courage de se soumettre au concret de l’esprit, ils comprendraient que le « service dans le temp
46 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
1517] André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928) au Ce récit de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud du
152it de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud du monde moderne : on y voit s’affronter en quelques hommes d’ac
153d’ouvriers armés, toute cette Chine qui s’éveille au sein même de la lutte qui met aux prises l’Europe et le monde du Paci
154aux veut sans issues : l’angoisse que fait naître au cœur du monde contemporain l’absurdité de ses ambitions. Écoutons Gar
155 exprimer en un tel drame, et voici André Malraux au premier rang des romanciers contemporains. p. 1547 au. « André
47 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
156niel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928) aw Au hasard d’une rencontre, l’auteur de ce récit se lie avec un inconnu q
48 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
157-lui le Guguss  2 , des bretzels, sa petite amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots à dire. Dès qu’une voix s’élève p
158t à ces excès de langage. Je les renvoie en corps au chapitre 5 où je traiterai de cet aspect du problème que l’on peut ap
159on publique dans ses réalisations actuelles, puis au terme de ce recensement lamentable, je poserai la question de savoir
160stion de savoir si tant de laideurs et d’outrages au bon sens peuvent être légitimés par le but final de notre institution
49 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
161ourant. Encore que je prenne les sentiments trop au sérieux pour faire ici du sentiment, je suis sensible au charme de ce
162eux pour faire ici du sentiment, je suis sensible au charme de cette fantaisie. Mais ce qui fait très bien dans un Cahier
163nfance insouciante ? Qu’est-ce qui ressemble plus au souci quotidien des grandes personnes ? Mais l’enfance est ailleurs.
164 n’en fut que plus malfaisante. L’école me rendit au monde, vers l’âge de dix-huit ans, crispé et méfiant, sans cesse en g
165e la science appliquée. On nous faisait voir tout au long de notre histoire le Progrès constant de l’humanité vers les lum
50 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
166 me poussait un peu, je crois que je m’oublierais au point d’insinuer que les instituteurs galonnés causent autant de tort
167rais de la peine à d’excellents garçons. Revenons au civil. J’ai fait allusion au lieutenant-instituteur qui veut faire de
168ts garçons. Revenons au civil. J’ai fait allusion au lieutenant-instituteur qui veut faire de la pédagogie avec sa section
169able virus de mesquinerie, et devrait être soigné au même titre que certaines autres maladies dites « sociales ». Je revie
170n frisson de dégoût au moment de passer la porte, au son de la cloche : l’odeur de goudron et d’urinoirs qui imprègne les
51 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
171 chacune un certain nombre d’heures par semaines, au jugé. On s’arrange pour faire tenir dans cette classification le plus
172articipants du Tour de Science doivent s’inscrire au terme de chaque trimestre. Ceux qui arrivent après la clôture ont à r
173la qualité et la quantité des efforts « fournis » au cours du trimestre. Ce phénomène déconcertant s’explique justement pa
174igner qu’il s’agit, mais de soumettre les esprits au contrôle de l’État, voyons donc, — n’avez-vous pas honte de vous fair
175 la science dans sa réalité, puis qu’on se réfère au résumé comme à un aide-mémoire. Mais l’école veut qu’on commence par
176es à la compromission sociale établie) et cueilli au passage un grade universitaire, prennent leur essor de chérubins du p
177que l’école est publique, obligatoire, et soumise au contrôle de l’État. Alors ? Ou bien vous acceptez le régime — mais au
52 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
178gageure de réformer l’école primaire sans toucher au principe de l’instruction publique. Les réformes qu’ils ont proposées
179tats, on les fait trouver. Notez que cela revient au même, sauf que par la méthode nouvelle, on atteint un enfant plus pro
180me officiel qui pourrait bien un jour l’atteindre au cœur, et je vois tout ce que cela entraînerait, dans une ruine d’où r
181… Je songe à un enseignement sans école. Je songe au maître antique, dont toute la personne était un enseignement, et qui
53 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
182quement irréalisable. Ici, je demanderai poliment au lecteur de vouloir bien ne point trop faire la bête, sinon je me verr
183l faut bien se représenter qu’elle n’était encore au xviiie siècle qu’une utopie de partisans. Il ne serait guère plus fo
54 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
184ime contre la civilisation. Elle ne croit plus qu’au péché contre les lois sociales, eh bien ! elle apprendra que le seul
185 d’un peu de bon sens et d’information pour jouer au prophète, on nous promet de tous côtés de belles catastrophes. Je sui
55 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
186les forces de réaction collaborent à leur manière au progrès, elles corrigent, stimulent, vivifient. L’École se contente d
187e moyen de l’instruction publique, limite l’homme au citoyen. Il s’agit donc de dépasser le citoyen, de retrouver l’homme
188u passé ne signifie pas que l’on désire un retour au passé. Mais la considération de régimes anciens peut nous amener à co
189. 53] un pis-aller, dont la méthode est le tirage au flanc lucratif, dont l’esprit est la jalousie rancie armée de pédanti
190tuel, d’une même mentalité. Elle s’est développée au xviiie dans l’aristocratie qui n’y voyait qu’un jeu. Durant tout le
191ur d’inconscience, si je puis dire. Alors ce sera au tour de l’instinct d’intégrer la raison. Je crois que nous approchons
192. Il eût fallu certes une imagination prodigieuse au dit sujet pour se représenter même très vaguement notre actuelle civi
56 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
193 l’importance primordiale dans le Yoga correspond au garde-à-vous ! par quoi l’on impose au corps une immobilité absolue.
194correspond au garde-à-vous ! par quoi l’on impose au corps une immobilité absolue. L’un et l’autre de ces exercices montre
195haque matin l’enfant parvenait à mettre sa pensée au garde-à-vous durant quelques instants, il s’épargnerait de longs éner
196chose longuement contemplée que de mille aperçues au passage. Ab uno disce omnes. Une minute de concentration intense déga
197ourquoi l’aristocratie de l’esprit est nécessaire au bien public. Certains proposent en rougissant de leur hardiesse quelq
198ent criminelles. Ce travers a été développé jusqu’au ridicule par la démocratie. Les journaux, les cercles, les coulisses
199e vulgarité de mes attaques. Ce qui est vulgaire, au plein sens du mot, c’est le genre distingué de la bourgeoisie qui se
57 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
200é. J’avoue prendre cette autobiographie tellement au sérieux que j’ai été bien étonné du passage où il rappelle qu’il écri
58 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
201Ce petit livre de poèmes est comme une initiation au silence. Il faut s’en approcher avec une douceur patiente, et le lais
202it dans une autre lumière : « Tout semblait vivre au fond d’un insistant regard. » Le poète des Gravitations est ici desce
59 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
203 pour entrer en religion : rond de cuir ou poète (au sens le plus large de ces mots.) (Mais je tiens à le leur dire ici :
60 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
204ffeuille et se fane prisonnier d’une saison morte au tombeau des fleurs obscures les mains de l’absence se ferment sur le
205n désir à sa naissance L’étoile qui l’accueille au sommet ravi d’un silence c’est le miroir d’une absence mais le signe
206is le signe de sa grâce Dans l’or vert évanouie au cœur éclatant du jour scintillera l’invisible gage d’un amour perdu.
61 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
207itait ses ailes non sans une ingénue fierté. Mais au courant d’air s’enrhuma le grand-papa. On craignit de le perdre. — « 
208ture de l’inspiration, un doute lui vint. Il alla au cinéma. On donnait un film voluptueux. Il aima l’héroïne, mais sans e
62 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
209hénon et le courage de Mucius Scevola. On croyait au progrès, sous n’importe quelle forme. Brusquement, nous voici « gagné
210on du gentleman. Le rabais est notable. On solde. Au rayon des idéaux de confection voici le Citoyen du Monde, voici le Bo
211main. Être véritablement homme, c’est avoir accès au divin. Que sert de parler d’humanisme « chrétien » ? L’humanisme est
212 nouvel homme. Tout humanisme véritable conduit « au seuil » : et qu’irions-nous lui demander de plus, s’il laisse en blan
63 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henri Michaux, Mes propriétés (mars 1930)
213 peut que vous les trouviez médiocrement riantes, au premier coup d’œil, assez dénuées de ces effets faciles qu’on aime à
64 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
214nt, c’est sa « révolte absolue », forcenée, jusqu’au rire dément, — ses injures de Caliban littérateur. Dans un chapitre e
215randiloquence « anti-littéraire » et des révoltes au hasard d’un Maldoror. Elle demande une pensée forte et orientée plutô
65 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
216bh à Albert Gyergyai. [p. 405] 1. Le dormeur au fil de l’eau Où s’asseoir ? Le pont est encombré de jambes de dormeus
217e : « Bonsoir, Monsieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me
218sieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me donnait l’autre à
219serrer, la main n’étant pas encore sortie… Dormir au fil de l’eau, entre l’étrange nuit d’un autre bal et cette perspectiv
220uit d’un autre bal et cette perspective de voyage au hasard et commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… ………
221et déjà nous passons sous de hauts ponts sonores, au long d’un quai tout fleuri de terrasses ; on nous déverse dans cette
222ns les bazars, aux étalages des fêtes populaires, au fond des boutiques de vieux en province, dans les combles d’un châtea
223 faut se taire pour écouter ce qu’il entend. 3. Au tombeau de Gül-Baba Dans Bude il y a des ruelles qui sentent encore l
224ontré en passant des murs brunis qui rougeoyaient au sommet du Rozsadomb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, dis
225 renoncé à convaincre le réel de mystère. Montant au Rozsadomb par ce matin brûlant, je savais bien que j’obéissais à ce q
226t je grimpais gravement comme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. On passe une bar
227mme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. On passe une barrière, une cour vide ; on
228 là qu’on entre. Murs nus. Un catafalque de bois, au milieu, recouvert d’un très beau tapis mince, ou bannière, avec des c
229 est racontée sur un papier jauni encadré et fixé au mur. Gul-Baba est le dernier héros musulman qui ait fait parler de lu
230t français. J'expliquais donc que je ne voyage qu’au hasard, et pour rien ni personne. Sur quoi : « Monsieur a du temps à
231es avec des verres et des bouteilles sont placées au hasard dans l’espace vide où tourne la fumée des cigares. Assis sur l
232ant, la réalité d’un pays apparaissant en général au voyageur de ma sorte sous ses modalités sentimentales plus que docume
233 époque, beaucoup ont dû louer des taxis démodés, au tarif [p. 415] inférieur. Des chauffeurs vautrés, la casquette de tra
234nt pas perdu le sentiment qu’ils sont en scandale au monde moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’agence :
235toyens ! Si vous ne venez pas tous vous présenter au roi, vous perdrez la tête. Donné à Bude. Le roi. » 10. Visite à Bab
236 Kassák, nettement internationaliste de doctrine, au lyrisme neuf et parfois sauvage, social ou futuriste, et dont la « fu
237i poète, et très belle), nous inscrivons nos noms au charbon sur le mur chaulé, Gachot prend des photos, Gyergyai fouille
238ne à la longue-vue et rêve qu’il y est, je grimpe au cerisier sauvage, derrière la maison, un peintre tout en blanc arrive
66 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
239dans la profondeur ». Comment ne point songer ici au génie qui, dans le même temps, figure l’antithèse de Hölderlin : l’« 
67 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
240 emmêler les cheveux, glacer le masque et appuyer au front comme une caresse indéfinie de la puissance. Soir de voyage, to
241 et par la seule ligne dure de l’horizon s’oppose au ciel qui retire ses lueurs. Ciel blanc, où très peu d’or rose s’évano
242bscurité qui sent l’enfer. Je ne pense plus qu’ « au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des faubourgs de
243ont arrêtés dans cette plaine. Mais c’est le soir au camp, perpétuel. [p. 581] Une lassitude de steppe brûlante, des ondu
244e », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa musique nationale 1
245m’empêchera pas de m’y sentir au bout d’un monde, au bord extrême de l’Europe. Le hasard a voulu que j’y entende, un soir,
246 comparées par un folkloriste aux yeux ardents et au visage mongol. Il jouait des phrases simples, tragiques, à peine modu
247peur aux femmes, cet objet dont [p. 584] parfois, au comble de la turbulence de tes jeux, un violon décrit vite quelque ch
248tout d’un monde où si peu vaut qu’on le conserve, au long d’un chemin effacé par le vent sur la plaine… Ils l’ont perdu co
249vent sur la plaine… Ils l’ont perdu comme un rêve au matin s’élude, — et leur musique seule s’en souvient. Trésor si pur q
250de l’abandon — car voici qu’à son tour il s’égare au bras d’une erreur inconnue, ton fantôme éternel, ton « Désir désiré »
251rtes aveugles (j’avais peur du bruit de mes pas). Au hasard, j’ai suivi des sentiers dans les champs de maïs, épiant la ve
252 d’être n’importe où… évadé ? Mais soudain, c’est au silence que je me heurte, comme réveillé dans l’absurdité d’être n’im
253 la débauche. Notre liberté de penser est absurde au regard des contraintes que subissent nos gestes. Imaginer ce qui se p
254ons de vivre. La maladie aussi. Rien ne ressemble au voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dé
255u voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifi
256t la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifie qu’il vient d’être très malad
257imer ; les autres, aimer pour connaître, alors qu’au point de perfection, aimer et connaître sont un seul et même acte. Pe
258 rêve, d’une plaine, d’un couchant plus grandiose au ciel et sur la terre plus secret que dans ton pays. Tu attendais une
68 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
259’aussi près qu’il m’était possible, non seulement au point de vue, mais à la complexion, à la nature même de l’auteur, — l
260s a placé cette parfaite définition de sa manière au seuil de la 4ᵉ série de ses Approximations ; elles forment, tant par
261 le créateur. Car une telle conscience appartient au critique avant tout, et c’est pourquoi il fait de la [p. 658] critiqu
69 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
262en taxi, « nous deux le fantôme » comme on disait au village où je suis né, qui n’est pas ma patrie. Ce soir-là, le fantôm
263à, le fantôme ayant envie de manger ferme a donné au chauffeur l’adresse d’un ogre. C’est tout près parce que j’ai peur. E
264 parce que je me réjouis. La Maison des Ogres est au 53 rue de Rennes ; je ne vous le confie pas sans un secret tremblemen
265ones et aiguës, comme la pluie dans les campagnes au printemps. Ou encore : comme la lecture des romans anglais, les loisi
266vre la liberté. (Je pense à la boussole autant qu’au sens moral.) Le goût de se perdre est un des plus profonds mystères d
267e basse, rougeoyante, campagnarde. ⁂ La sauce est au rôti ce que le style à la pensée. Il arrive qu’on parle, en art culin
268Francis de Miomandre n’est pas là. Il a téléphoné au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fer
269 de neige. On la sent prête à fondre de tendresse au premier regard. Mais non, trop bien élevée, elle se ressaisit, pense
270 n’est pas là, mais bien Dollonne, ce qui revient au même. Une femme fatale et un grand incompris sont là. Enfin, Jean Cas
271t des participants ; calculez l’âge du capitaine. Au dessert, chacun y va de son petit miracle. Jaloux et Dick conversent
272Ce vagabondage désespéré dura plusieurs semaines, au terme desquelles, épuisé de corps et d’âme, et n’ayant pas écrit une
273se à l’intérieur d’une enceinte de toiles tendues au devant d’un petit théâtre. La rampe est d’un bleu stellaire, un bleu
274de bruits de lavabos et de coups de cloche débile au corridor, — à Paris. Bientôt… [p. 168] Mais il est temps de mettre à
70 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
275ut. » Refus des « conditions » de la vie sociale, au profit d’une volonté de puissance dont l’objet demeure assez incertai
276 mystère qui entoure Perken durant tout le récit, au travers des aventures des deux explorateurs aux prises avec les fièvr
277rêt tropicale, puis avec les sauvages Moïs, donne au personnage un relief étonnant, mais contribue à créer des obscurités
278 ne se sent pas complice de ses secrets desseins. Au reste, le livre s’achève par sa mort, sans qu’on ait pu distinguer ne
279ts par Rembrandt, et qui permet de les identifier au premier coup d’œil, ce « commun dénominateur » d’expression et de mas
280dément ressemblant du maître ? Ainsi apparaissent au travers des actions et des discours d’un Garine, d’un Perken, les tra
71 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
281 qui était avant tout un art. La nôtre ayant voix au forum discute autant qu’elle n’invente ou qu’elle ne stylise. On peut
282ns et les massacres en Chine, les emprisonnements au Tonkin. Et non Bouddha 13 . — La liberté est un pouvoir réel et une v
283ose quelque chose d’assez hideusement provincial, au pire sens du terme. M. Nizan se refuse à montrer aucune compensation 
284érer toujours le « distingué » et le « conforme » au vrai. Mais n’est-il pas grand temps de dépasser une réaction de vulga
285abriel Marcel dans une belle conférence prononcée au Foyer des étudiants protestants, et que la Nouvelle Revue des jeunes
286nt : il y a lieu de s’attrister. Si vous demandez au philosophe de quel droit il pratique cet étrange sectionnement, il au
72 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
287és de style ? — On s’y serait attendu. Une visite au salon de la rue de Vaugirard nous invite à renoncer à ces clichés. Pa
288 lyrisme de couleurs. Zingg avec un « Enterrement au Pays de Montbéliard » grave et serein. Deux petits Lotiron font un co
73 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
289’École de la Sagesse de Darmstadt vient de donner au Trocadéro trois conférences sur les problèmes fondamentaux de la civi
290incu d’une spiritualité dont il annonce le réveil au sein même du triomphe des machines, Keyserling apparaît comme un type
74 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
291 [p. 344] Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai
292ns visible, mais dont la présence constante donne au livre toute sa gravité. Maurice Baring exprime ce troisième sujet par
293umain. Si le rôle de l’art est d’affiner nos âmes au contact de réalités plus pures que celles de la vie courante, on peut
294re est sans doute de faire sentir et « réaliser » au lecteur le tragique de la durée d’une vie. M. Baring nous fait suivre
295plus que de faire comprendre la réalité. Et c’est au cours des quarante pages qu’il consacre à la « conversion » au cathol
296quarante pages qu’il consacre à la « conversion » au catholicisme de la princesse Blanche. Arrêtons-nous un peu à l’examen
297. Mais le mot conviction ne doit être pris ici qu’au sens le plus conventionnel. Car à une tante anglaise qui lui exprime
298 Princesse Blanche, ce sont deux prêtres 19 qui, au moment décisif, viennent apporter ce dur message à l’âme de celle qui
299 En voici la conclusion. (C’est Blanche qui parle au Père Michaël.) Vous comprenez tout à présent. Je vous demande seulem
300is pas plus loin. Et c’est ainsi que de ce roman au charme pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles Du
301là la tristesse que Baring excelle à suggérer, qu’au deuxième mouvement, au mouvement lent, du Quintette, Schumann a enclo
302ing excelle à suggérer, qu’au deuxième mouvement, au mouvement lent, du Quintette, Schumann a enclose et embaumée ». « Tri
75 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
303ort de l’Évêque Mynster qui avait été très estimé au Danemark et que Kierkegaard lui-même avait aimé et honoré, comme ami
76 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
304 émanent. La montagne est un merveilleux réactif, au contact duquel certains traits de caractères nationaux s’accusent d’u
305 heures et de la vie : l’existence perd sa fièvre au cours des longues heures silencieuses qui s’égrènent une à une dans l
306boles de l’Éternité ». Du panthéisme d’un Shelley au mysticisme d’un Ruskin, c’est un cantique d’adoration spirituelle que
307jours ces victoires. » Nous empruntons ces lignes au très bel essai que Robert de Traz intitula Nietzsche et les hauteurs
308i triomphe, et non plus la « virtu ». L’héroïsme, au vieux sens du mot, ne trouve plus où s’exercer. Et ce n’est guère qu’
309ne trouve plus où s’exercer. Et ce n’est guère qu’au plus obscur de certains cœurs, et dans le secret de certains renoncem
77 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
310, parce que leur dénuement était ce qu’il y avait au monde, de plus proche de sa grandeur. L’existence et l’action de Kaga
311624] L’autobiographie de Toyohiko Kagawa, publiée au Japon sous le titre d’Au-delà de la ligne de la mort, en Amérique, en
312s négligent volontiers ce qui les rend semblables au commun des mortels ; bref, plus ou moins inconsciemment, ils contribu
313ultiplicité de notations touchant à la monotonie. Au reste, à mesure qu’on avance, l’on comprend mieux les raisons de la p
314ponerie d’estampe ! Voici un échantillon du pays, au travers duquel nous emmène Kagawa : Il appuya son front chaud et mal
315bre pour les suicides, et qu’il avait vu un jour, au théâtre, à Kobé, le drame du suicide de Akaneya et Sankatsu, sa bien-
316’une discussion vive avec des étudiants chrétiens au sujet d’un de leurs camarades, Eiichi se décide soudain à quitter l’U
317 il décida de vendre ses livres. Mais son retour au foyer provoque des scènes terribles avec son père, riche commerçant q
318artagé entre deux désirs. L’un était de se sauver au plus vite de cet horrible endroit et de jeter les principes philanthr
319e, à la fin, pas bien éloigné du vulgaire. » Mais au même moment une autre voix intérieure disait : « La bonté est le sel
320rientation de sa vie : Il avait vu mourir Sanuki au logement ouvrier, et il ne pensait pas que la mort de son père fût pa
321Eiichi essaya de garder tout son sang-froid, mais au cimetière du Temple de Zuigan, quand les prêtres de douze temples et
322 décidé de se suicider. Mais un soir qu’il prêche au carrefour, la maladie qui depuis longtemps l’enfiévrait, le terrasse,
323 car il professe avec fanatisme la non-résistance au mal. Bientôt il prend figure de saint parmi le peuple qui le respecte
324e que tous les hommes sont coupables. Ceci acquit au Procureur toute la sympathie d’Eiichi… Si c’est à des tâches aussi in
325as à se rendre intéressant à lui-même en poussant au noir le tableau, ou au contraire en s’excitant sur ses belles actions
326tait ressuscité de l’abîme du désespoir et revenu au monde merveilleux. [p. 631] Il résolut de vivre fermement dans sa sph
327 ici, c’est de voir le reste du chapitre consacré au récit des actes qu’immédiatement Eiichi produit en témoignage de sa c
328vangile selon saint Matthieu, du premier chapitre au dernier, priant continuellement pour obtenir la grâce de devenir capa
329mblables, tel est le signe et la mesure certaine. Au cours d’un livre où il se peint, aux prises avec toutes les formes du
78 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
330s. Tout, ainsi, devient inextricable. Les Lettres au cours desquelles Gide répond à ses critiques sont tout à fait signifi
331 ce n’est pas à moi-même que je m’intéresse, mais au conflit de certaines idées, dont mon âme n’est que le théâtre, et où
332ient le laisser supposer qu’il écrivit en préface au livre récent d’un jeune aviateur, Antoine de Saint-Exupéry. (Mais par
79 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
333ience éteinte ne la dirige plus et qu’elle flotte au hasard, sans but et sans attaches, cherchant uniquement à se satisfai
334imple, c’est qu’elle était peut-être plus chaste. Au temps où le domaine intérieur du recueillement et de l’adoration lui
335t notre époque est prodigue, ne s’étalaient point au grand jour, il y avait pour elles une autre issue : la prière en port
336l’expression, loin des oreilles des hommes, jusqu’au trône de Dieu. Il n’en est plus ainsi maintenant ; l’âme est restée s
337timent contredit à la pensée, la pensée contredit au sentiment, et, dans leur tumulte intérieur, les forces vives de l’êtr
80 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
338 a Si l’existence — le degré d’être — se mesure au pouvoir d’incarner sa vérité, le mal du siècle c’est l’impuissance. L
339rement assez de violence pour nous déchirer jusqu’au salut, et dont la composante réelle tend vers zéro, c’est d’une philo
340iscursif, relativement, celui qui donne son titre au recueil, les mots-clés : mesure, forme, grandeur, ne sont guère défin
341Il serait curieux d’en suivre la filiation, jusqu’au Soulier de Satin de Claudel : ce serait une sorte de généalogie du ré
81 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
342rd de mes voisins. Ainsi d’autres fois j’ai vibré au passage des rapides de l’Europe centrale ; non pas de cette jubilatio
343tés de 19, Versailles, Trianon, convenaient mieux au rococo des sentiments qu’à l’hypocrite gravité des politiques. Ce pro
344our cédé à la tentation du pittoresque et défini, au goût du temps, les frontières de certains pays dont on venait à peine
345s examen. Mais une exacte traduction ne servirait au fond qu’à déplacer le prétexte d’un malentendu plus tenace. Lorsqu’on
346ion désespérée. Malentendus sans cesse renaissant au contact des éléments inférieurs de deux mondes dont la synthèse const
347 parce qu’elle [p. 18] impose un ordre arbitraire au prix d’un désordre. Mais à l’Allemand, cette sorte-là de mensonge n’e
348aturellement avec ce qu’il impose. Confusion liée au mouvement le plus profond de l’âme allemande, qui la porte à la créat
349qui nous quitte, ou nous surprend, ou bien encore au fond de l’être nous déchire et nous ressuscite. À la naissance du sen
350ent plus concret dans ses pensées. Il demeure lié au réel, dans ce qu’il imagine ; aussi, dans ce qu’il veut. Il se sent m
351erdu, en véritable sentimental.   L’instinct mène au plaisir par l’acte ; le sentiment à la mélancolie, par le refus de l’
352t tout à gagner à se laisser berner et houspiller au jeu des sentiments. Elle perd son mordant à n’ordonner que des idées,
353a provoquent, l’animent et la rendent rayonnante, au lieu que le plaisir ou la fuit, ou la tue. La sensualité adore la bêt
354remières gouttes tombaient et le tonnerre roulait au loin mais je n’avais plus peur. Pourtant je vis des larmes dans ses y
82 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
355e, ou peut-être pour essayer de se prendre encore au rêve de valse qu’on était venu chercher parce que cela vaudrait bien
356n s’en fait. [p. 34] Le Ring, trop large, ouvert au vent glacial, crée autour du centre de la ville une insécurité qui fa
357lle une insécurité qui fait songer à la Russie et au sifflement des balles perdues d’une révolution. Sept heures du soir :
358 plus manquait le rendez-vous que j’avais demandé au hasard d’arranger. Mais le thème de la Barcarolle s’empare bientôt de
359ut mon être — ainsi d’autres deviennent patriotes au son d’une fanfare militaire, ainsi je m’abandonne au rêve d’un monde
360son d’une fanfare militaire, ainsi je m’abandonne au rêve d’un monde que suscite en moi seul peut-être cette plainte heure
361, me répondit-il, que seul vous venez d’atteindre au monde des êtres véritables. Nous nous rencontrons. Vous me voyez parc
362entre la réalité de ma vision et mon cerveau pris au défaut de sa carapace de principes et d’évidences opaques. Nous sortî
363 plus. Vous le savez, je n’ai aimé qu’une femme — au plus deux, en y réfléchissant bien, mais peut-être était-ce la même s
364des objets — et c’est cela seul qui donne un sens au monde. — Mais je bavarde, je philosophe, et vous allez me dire que c’
365ts rouges en expliquant qu’elle devait les donner au hasard, à une jolie femme qui passerait seule. Nous nous arrêtâmes no
366ois « Mehlspeis-Schlagobers 6  ». Heureusement qu’au Moulin-Rouge, souterrain où nous nous engouffrâmes dans un grand brui
367 : « Voilà ce que c’est que de prendre des femmes au hasard, [p. 42] disait-il. Je sens très bien que nous allons nous enn
368nt plus ce que c’est que le plaisir. Ils prennent au hasard des liqueurs qui n’ont pas été préparées pour leur soif. Ils n
369mes, non sans avoir délivré le homard qui, laissé au vestiaire, y était l’objet de vexations diverses et de curiosités gro
370tables. Cette nuit-là nous rencontrâmes des anges au coin des ruelles, des oiseaux nous parlèrent, bientôt dissous dans le
371d’un kiosque à « Würstel » où nous nous arrêtâmes Au léger sifflement du bec de gaz sans manchon qui éclairait la boutique
372e depuis quelques semaines, il avait dû le mettre au caviar. Il en demanda donc une petite portion et la fit prendre au ho
373demanda donc une petite portion et la fit prendre au homard avec toutes sortes de soins. Les chauffeurs regardaient d’un œ
374autos se mirent à ronfler. Par le grand escalier, au fond de la cour du palais, descendaient les invités du bal. Des femme
375 autres. Une femme aux cheveux noirs en bandeaux, au teint pâle, l’air d’autrefois. Il avait murmuré : Marie Pleyel. Quand
83 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
376 [p. 51] Une « tasse de thé » au Palais C… Il fait fausse route, celui qui considère la chose mondain
377égarent parfois dans un silence qui s’approfondit au long de corridors capitonnés [p. 52] d’amarante, du côté des collecti
378e, du côté des collections de vieux Venise, jusqu’au petit salon où il y a deux Bellini. Et que dire des portraits, des va
379sait ? — qu’une femme s’appuie… Il faudrait aller au bar installé dans une petite salle où trépigne un orchestre russe, et
380’autre jour que les Suisses les avaient tous tués au Morgarten ! — et mes Juifs de grogner d’aise. La noblesse germanique
381t de fauteuil en divan, portant de petits animaux au museau pointu sur leurs épaules naguère divines. Je pars à l’aventure
382 silencieux, regardent quelque chose qui se passe au centre de la pièce. Il y a là dans un espace vide un piano à l’aile l
383et secoue ses mèches, Elizabeth Schumann, adossée au piano, [p. 55] chante un lied du maître, sourit à son plaisir… C’est
384annsthal qui apparaît comme ses œuvres naissent : au carrefour de la célébrité, de l’élégance et d’une musique de Strauss.
385ensées. Mais quelle approche me saisit ? Parfois, au cœur des grandes fêtes, une sphère de silence descend, s’arrête quelq
386-être un air de dégoût, par mégarde… On se presse au bar assourdissant et les visages se prennent à vivre, dangereusement.
387e la nuit qui nous possède encore, nous assistons au miracle hostile. Elle se tait. Alors je me tourne vers ce visage très
388n jour de balayage, il reste deux chapeaux melons au vestiaire, et quelques valets gris. Une corde de violon saute dans sa
389bscures se détendent par à-coups. Je vais marcher au long des trottoirs que le soleil lave à grande eau, et me laisser all
84 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
390ge en Hongrie À Albert Gyergyai i Le dormeur au fil de l’eau Où s’asseoir ? Le pont est encombré de jambes de dormeus
391e : « Bonsoir, Monsieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me
392sieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me donnait l’autre à
393serrer, la main n’étant pas encore sortie… Dormir au fil de l’eau, entre l’étrange nuit du bal et cette perspective invrai
394 et cette perspective invraisemblable d’un voyage au hasard commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… Le mo
395et déjà nous passons sous de hauts ponts sonores, au long d’un quai tout fleuri de terrasses ; on nous déverse dans cette
396ns les bazars, aux étalages des fêtes populaires, au fond des boutiques de vieux en province, dans les combles d’un châtea
397ut se taire pour écouter ce qu’il entend. iii Au tombeau de Gül-Baba Dans Bude il y a des ruelles qui sentent encore l
398ontré en passant des murs brunis qui rougeoyaient au sommet du Rozsadomb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, dis
399 renoncé à convaincre le réel de mystère. Montant au Rozsadomb par ce matin brûlant, je savais bien que j’obéissais à ce q
400t je grimpais gravement comme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. Voici que ce j’a
401mme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. Voici que ce j’ai vu. On passe une barrièr
402 là qu’on entre. Murs nus. Un catafalque de bois, au milieu, recouvert d’un très beau tapis mince, ou bannière, avec des c
403 est racontée sur un papier jauni encadré et fixé au mur. Gül-Baba est le dernier héros musulman qui ait fait parler de lu
404s. [p. 75] J’expliquais donc que je ne voyage qu’au hasard, et pour rien ni personne. Sur quoi : « Monsieur a du temps à
405tables avec des verres et bouteilles sont placées au hasard dans l’espace vide où tourne la fumée des cigares. [p. 78] Ass
406ant, la réalité d’un pays apparaissant en général au voyageur de ma sorte sous ses modalités sentimentales plus que docume
407 beaucoup ont dû louer des taxis démodés, [p. 83] au tarif inférieur. Des chauffeurs vautrés, la casquette de travers sur
408nt pas perdu le sentiment qu’ils sont en scandale au monde [p. 86] moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’
409toyens ! Si vous ne venez pas tous vous présenter au roi, vous perdrez la tête. Donné à Bude. Le roi. » x Visite à Bab
410 Kassak, nettement internationaliste de doctrine, au lyrisme neuf et parfois sauvage, social ou futuriste, et dont la « fu
411i poète, et très belle), nous inscrivons nos noms au charbon sur le mur chaulé, Gachot prend des photos, Gyergyai fouille
412ne à la longue-vue et rêve qu’il y est, je grimpe au cerisier sauvage, derrière la maison, un peintre tout en blanc arrive
413 emmêler les cheveux, glacer le masque et appuyer au front comme une caresse indéfinie de la puissance. Soir de voyage, to
414 et par la seule ligne dure de l’horizon s’oppose au ciel qui retire ses lueurs. Ciel blanc, où très peu d’or rose s’évano
415obscurité qui sent l’enfer. Je ne pense plus qu’« au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des faubourgs de
416ont arrêtés dans cette plaine. Mais c’est le soir au camp, perpétuel. Une lassitude de steppe brûlante, des ondulations lo
417e », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa musique nationale 1
418ra pas de m’y sentir au bout d’un [p. 103] monde, au bord extrême de l’Europe. Je ne sais quel hasard a voulu que j’y ente
419 comparées par un folkloriste aux yeux ardents et au visage mongol. Il jouait des phrases simples, tragiques, à peine modu
420feraient peur aux femmes, cet Objet dont parfois, au comble de la turbulence de tes jeux, un violon décrit vite quelque ch
421tout d’un monde où si peu vaut qu’on le conserve, au long d’un chemin effacé par le vent sur la plaine… Ils l’ont perdu co
422vent sur la plaine… Ils l’ont perdu comme un rêve au matin s’élude, — et leur musique [p. 105] seule s’en souvient. Trésor
423de l’abandon — car voici qu’à son tour il s’égare au bras d’une erreur inconnue, ton fantôme éternel, ton « Désir désiré »
424rtes aveugles (j’avais peur du bruit de mes pas). Au hasard, j’ai suivi des sentiers dans les champs de maïs, épiant la ve
425re n’importe où… évadé ? Mais soudain, c’est au silence que je me heurte, comme réveillé dans l’absurdité d’être n’im
426 la débauche. Notre liberté de penser est absurde au regard des contraintes que subissent nos gestes. Imaginer ce qui se p
427ons de vivre. La maladie aussi. Rien ne ressemble au voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dé
428u voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifi
429t la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifie : qu’il vient [p. 110] d’être
430qui se résout dans une synthèse, comme toujours : au point de perfection, aimer et connaître sont un seul et même acte. Pe
431 rêve, d’une plaine, d’un couchant plus grandiose au ciel et sur la terre plus secret que dans ton pays. Tu attendais une
85 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
432s, et pendant des heures récite des odes grecques au murmure de l’eau ; la princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un pia
433ix l’appellent, combien sont dignes de s’attendre au don du langage sacré ? Cette langue de feu qui s’est posée sur Hölder
434erlin et qui l’a consumé… Digne ? — Un adolescent au visage de jeune fille qui rimait sagement des odes à la liberté… Et v
435ive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre,
436nt l’image d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour. Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux,
437fleuris qui trempent. Tout est familier, paisible au soleil. Il passait des heures devant cette fenêtre, à marmotter. Tren
438Chapitre : je vois s’y engager chaque jour le fou au profil de vieille femme qui promène doucement dans cette calme [p. 12
439ncolie. Les étudiants le rencontrent, qui montent au Séminaire protestant : il leur fait de profondes révérences…   La rum
440savent pas bien ramer et qui lisent des magazines au fil de l’onde, au comble des vacances. À la table voisine, des adoles
441mer et qui lisent des magazines au fil de l’onde, au comble des vacances. À la table voisine, des adolescents balafrés fon
442rce trop étroit avec le ciel, les dieux le vouent au malheur. » Ô cette chambre, où pénètre la facilité atroce de la fin d
86 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
443ne rivière, des forêts. Les rues sont vides jusqu’au cœur de la ville, où l’attend une ample demeure. Et maintenant le chi
444robes. Le nageur les intéresse, elles s’accoudent au parapet, tout près d’ici. Vont-elles sentir que je les regarde ? Vrai
445Elles rient et s’en vont, et avant de disparaître au coin d’une maison jaune, se retournent. Ce petit monde enclos par le
446t les joies de l’esprit. Quand le négoce installé au rez-de-chaussée de sa demeure patricienne souffre par le fait des men
447t avec bonne humeur la meilleure cuisine possible au Wurtemberg, et de ces gâteaux compliqués qu’elle orne d’un quatrain d
448nt souvent les servantes de la bourgeoisie. Quant au chien, de l’espèce dite « Schnautzer », il montre un poil de couleur
449me laisse errer dans la campagne. La petite ville au crépuscule, couchée en rond entre les collines, secrète sous un voile
450mai 1929 « J’ai mes brouillards et mon beau temps au dedans de moi », remarque Pascal, asservi au seul climat de l’âme. Po
451emps au dedans de moi », remarque Pascal, asservi au seul climat de l’âme. Pour moi, c’est ma jeunesse et ma vieillesse qu
452e lointains horizons, puis de nouveau m’enfonçant au hasard dans la forêt. Vers le soir, j’étais bien perdu. La lumière mo
453t. « Ô crépuscule adolescent, disais-je, chasseur au cœur battant, que poursuis-tu dans le mystère des orées d’ombre ? » E
454pas [p. 139] devant moi, une biche dresse la tête au ras des herbes, se lève, saute sur place, — n’est plus là. — J’ai pou
455nnées, sur ses terrasses étroites, déjà brûlantes au matin, dominant la ville, ses bruits de chars, ses cris d’enfants. Je
456e la matinée vide devant moi. Merveille de penser au fil du désordre lent de la vie d’un jardin, dans l’odeur des feuilles
457 rampe, gratte le sol, pique, bruisse exquisement au vent. Ainsi se créent peu à peu dans l’esprit ces formes [p. 141] vég
458e jardin éveille en elle une allégresse semblable au frémissement des hautes branches. L’architecture, dit Goethe, est une
459 distinguera des choses nouvelles dans l’espace. (Au poète de les nommer.) 22 mai 1929 (Après avoir relu ce que j’écriva
460avoir relu ce que j’écrivais hier.) Il s’agirait, au fond, d’amener la pensée à la plus insistante vénération du réel. Tel
461ème de mes songeries souabes. Mettons un peu cela au net. Paracelse s’occupait d’extraire l’ens des corps, tandis que Swed
462ences, depuis les petites ailes dans le dos jusqu’au groin antigaz ! Ah ! Diogène, Diogène ! cesse de chercher un homme. T
463 [p. 148] 10 juin 1929 Tennis avec la jolie fille au collier de perles bleues. Après la partie, où l’on s’est renvoyé auta
464mbler aux girls de son magazine, et me voit comme au cinéma. Moi, je crois entendre Gretchen (dans la scène du jardin, du
465sen. On ne me permet pas d’entrer. 11 juin 1929 Au rebours des classiques français, livrés à l’Enseignement, Goethe est
466 peuple de rêveurs. Dans les Affinités électives, au moment le plus dramatique, celui de la noyade pendant le feu d’artifi
467e beaux cris raciniens ? Elle envoie le capitaine au château puis songe qu’il a oublié la clef de l’armoire aux confitures
468e sortirai dans les rues vides, je monterai jusqu’au signal, voir le pays sous la lune, je choisirai une maison isolée, la
469rger… pour… ? Le sais-je même ? La fille [p. 153] au collier bleu… Tout d’un coup le sommeil me vide les jambes. La nuit s
470se à l’intérieur d’une enceinte de toiles tendues au devant d’un petit théâtre. La rampe a des feux stellaires, couleur d’
471t passé cette nuit ? Plusieurs choses sont douces au désir de celui qui marche dans une campagne nocturne. Mais plus douce
472et nos mains ne s’étaient point touchées, lorsque au point du jour je vis pâlir la jeune femme. Elle comprit que j’allais
473nt très douces, et lorsque mes paupières cédaient au sommeil, je croyais qu’elle était un arbre, ou bien une prairie. (Je
474 la journée commence, avec les pas de la servante au corridor.) Début de juillet 1929 Écrivez donc une nouvelle alleman
475’étais attablé ce soir-là dans l’Auberge du Cerf, au premier, les pieds contre mon schnautzer enfin calmé (il avait harcel
476 l’air citadin. Allons bon, félicitons l’hôtesse. Au reste il s’agit bel et bien d’une question de nourriture, — la questi
477nt pour le corps. J’ai pensé aux gens des villes, au décor de leur « vie ». J’ai vu clairement qu’ils sont en péril d’inan
478ères du sommeil. Ou bien descends les bras collés au corps dans l’onde apaisée du souvenir. Sois riche d’avoir ce que tu e
479t [p. 165] bouts de cigares. Des ouvrières aussi, au regard irrité. Deux d’entre elles ont fait mine de s’asseoir, en face
480 une grande jeune fille nette aux yeux bleu-vert, au teint de princesse d’Andersen. Oh ! qu’elle vienne s’asseoir ici ! Ma
481ment… La fumée des cigares lui fait peut-être mal au cœur, et aussi la curiosité sournoise des ouvriers, des deux femmes q
482ssait autour du char de la princesse qu’on menait au bûcher. Alors vinrent d’un seul vol onze grands cygnes blancs. Ils se
483ons de roses se répandit dans les airs, tandis qu’au sommet du bûcher paraissait une blanche et lumineuse fleur qui resple
484-je donné ma vie ! Encore un peu, qu’on me laisse au regret de vos paysages, de vos filles, qu’on me laisse au remords de
485t de vos paysages, de vos filles, qu’on me laisse au remords de vous avoir quittées pour cette ville à présent sans [p. 16
87 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.3. Châteaux en Prusse
486 [p. 170] Châteaux en Prusse Au loin passaient des voiles claires parmi les blés violents ; le ciel p
487 odeurs de la forêt, et le moteur halète [p. 171] au ralenti, dans la fraîcheur sobre. L’on s’éveille enfin du long voyage
488uche et à droite entre des hêtres rouges, piquées au loin de massifs éclatants, le gravier d’une allée fait son bruit luxu
489x du rivage : sur les montures à poil on s’élance au galop dans les flots. Un formidable soleil fait resplendir les dunes
490suivons, le long des grèves, dans les blés. Midi. Au haut de l’escalier monumental, — une armature de fer forgé supportant
491ges du burgraviat. Par des chemins à peine tracés au [p. 174] ras de la plaine sablonneuse, — et parfois hors des pistes,
492eule bâtisse de pierre parmi les fermes de brique au toit de chaume. Un appel : l’inspecteur paraît sur son seuil au garde
493ume. Un appel : l’inspecteur paraît sur son seuil au garde à vous, et débite son rapport en deux minutes. Puis on entre fu
494ation la plus concrète de l’égarement des esprits au siècle dernier. Qui dit style d’abord dit sacrifice à une vue de l’es
495 on l’aura retrouvé dans les poches d’un uniforme au retour de la campagne de France.) Les Mémoires, en français, d’un des
496tôt fictif de la responsabilité. Nous développons au vrai un hamlétisme. Notre préparation à l’autonomie de l’individu dem
497car il ne fallait pas effrayer le gibier sensible au moindre son de voix humaine. (Tout cela c’était pour préparer quelque
498t ici dans une atmosphère goethéenne d’utilité, — au sens élevé et civilisateur du terme. La notion moderne de superflu, q
499 à décrire vos satiétés, quand elle ne se met pas au service d’un régime de surenchère désespérée des sensations de luxe,
500ue ceux-là justement qui donnent sa raison d’être au labeur des journées. Nous voici délivrés de la grande bourgeoisie, de
501el état soit souhaitable ? La question me paraît, au concret, dépourvue de sens. Mais au nom de la dignité humaine, je dem
502s une utopie. Impossible de passer du latifundium au pavillon de banlieue. Au « majorat » succédera sans doute un organism
503de passer du latifundium au pavillon de banlieue. Au « majorat » succédera sans doute un organisme du type des kolkhozes s
504sse terrienne, dans son ensemble, reste étrangère au capital. Comme les autres ils ont été ruinés par la guerre, c’est-à-d
505rien en attendre, qu’un corps de janissaires tout au plus. [p. 188] Mais ces hommes durs, silencieux, et sains, servants
506pe, qu’elle redoute encore, mais qui forge sa loi au secret de son désespoir… Bastions de l’Occident ? — Duquel ? Ou bien
507ions de l’Occident ? — Duquel ? Ou bien race liée au seul goût de sa puissance ? Il y a plus qu’un passé d’héroïsme dans c
88 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
508à, le fantôme ayant envie de manger ferme a donné au chauffeur l’adresse d’un ogre. C’est tout près parce que j’ai peur. E
509 parce que je me réjouis. La Maison des Ogres est au 53, rue de Rennes ; je ne vous le confie pas sans un secret trembleme
510ones et aiguës, comme la pluie dans les campagnes au printemps. Ou encore : la lecture des romans anglais, les loisirs obs
511e basse, rougeoyante, campagnarde. ⁂ La sauce est au rôti comme le style à la pensée. Il arrive qu’on parle, en art culina
512Francis de Miomandre n’est pas là. Il a téléphoné au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fer
513 de neige. On la sent prête à fondre de tendresse au premier regard. Mais non, trop bien élevée, elle se ressaisit, pense
514t des participants ; calculez l’âge du capitaine. Au dessert, chacun y va de son petit miracle. Edmond Jaloux et Dick conv
515Ce vagabondage désespéré dura plusieurs semaines, au terme desquelles, épuisé de corps et d’âme, et n’ayant pas écrit une
89 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
516eurs ils donnent à notre intelligence plus avide, au fond, de formules adroites que de drames vivants. Saint-Saturnin enfi
517maine et d’une famille dont la mystique se révèle au cours d’un épisode central traité en profondeur, — roman-plongée pour
518deur — lui fait éviter toute allusion chrétienne, au point qu’en tels endroits où la vraisemblance voudrait que le nom de
519voudrait que le nom de Dieu fût invoqué (je pense au testament de la mère par exemple), c’est au « sort » que l’on s’en re
520pense au testament de la mère par exemple), c’est au « sort » que l’on s’en remet, ni plus ni moins que dans un drame anti
521ès et dans leur épanouissement qu’ils manifestent au jour leurs faussetés et qu’ils se trouvent, aux yeux de l’esprit, le
522un moralisme tout semblable à celui des athées, — au lieu qu’il eût fallu du premier coup le dénoncer, comme radicalement
523de la foi ; soit des œuvres d’édification morale, au sens littéral du terme : tendance stoïcienne ; soit des œuvres de rév
524 libérale prétendit conserver, fut bientôt réduit au rôle d’une censure tatillonne et qui flattait curieusement certaine n
525t peureuse. Elle « craint » la vérité ; non point au sens de ce verbe qui signifie la révérence, mais comme on craint le r
526e l’esprit » dont les ravages ne prendront fin qu’au jour où nous aurons compris que la santé est dans l’humilité de la pr
527ns d’espérer. Car si la forme artistique adéquate au libéralisme fut l’analyse d’états d’âme dans le doute, il est permis
528lon l’immensité de sa grandeur » comme il est dit au dernier psaume. p. 56 m. « Romanciers protestants », Foi et Vie
90 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
529ne doit éviter. Goethe est une de ces « questions au christianisme » comme dit Barth, une de ces questions qui nous sont p
530à libre à nouveau, écrit Goethe à un ami en 1768, au sortir d’une grave maladie — ; cette calcination a été très profitabl
531l de Strasbourg — ne sont pas très fréquents ici. Au début, je m’étais tourné passionnément vers eux ; mais il semble que
532ive, car elle remonte à Heine. Elle est un mythe, au moyen duquel on peut faire de l’agitation et de la propagande antirel
533 la raison péremptoire qu’il n’y a plus de païen, au sens antique du mot, depuis que la venue du Christ a modifié la natur
534espèce de sagesse large et optimiste si contraire au scandale chrétien, que gît la faiblesse religieuse de sa position. Ce
91 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
535ose étrange, et que l’on eût difficilement prévue au lendemain de la guerre, c’est sur la notion — et la pratique — du ser
536e suite la même chose, sans ajouter aucune clarté au dessein général. Mais celui-ci, par bonheur, est très simple : Il n’
537phie présente qui dit et croit qu’elle se déroule au profit de l’homme, est-elle dirigée réellement, et non plus en discou
538ucune raison de ne pas leur donner de réponses ». Au fond, M. Nizan reproche à nos philosophes d’exclure de leurs recherch
539ret (ce qui n’est encore qu’une formule), l’homme au singulier des philosophes, on sait ce qu’en vaut l’aune : ce n’est qu
540nstitue un progrès sur la libre-pensée : il force au choix, à la prise de conscience. [p. 484] La révolution menaçante vi
92 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
541git-il encore de « faire durer le plaisir » jusqu’au bout et à tout prix ? [p. 195] Au niveau de jugement où nous place M
542i elle n’était avant tout veule, plate et sénile, au point de perdre toute efficacité dès la 2e page. Il semble que M. Pau
543ue M. Paul s’adresse exclusivement à ce bourgeois au faciès atroce que M. Abel Faivre nous montre, chaque semaine, non san
93 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
544nt manifeste ? Ce serait faire la part trop belle au monde, que nous refusons. Mais il peut être utile d’en dégager ce que
545ortantes par lesquelles il inaugurait la rubrique au premier numéro, suggérait une méthode d’« observation affectueuse » d
546inant du pied la crosse de leur fusil (baïonnette au canon). On a parqué le public dans le fond : des étudiants surtout, q
547 puissante et prophétique d’André Philip ont posé au régime la question de confiance ; et qu’ils l’ont posée sur un plan o
94 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Hic et nunc [éditorial] (novembre 1932)
548 scandale, et tente lâchement de réduire le divin au « surhumain » (c’est-à-dire au « trop humain »), le transcendant au t
549e réduire le divin au « surhumain » (c’est-à-dire au « trop humain »), le transcendant au temporel, il y a lieu et ordre d
550c’est-à-dire au « trop humain »), le transcendant au temporel, il y a lieu et ordre d’attester que nous n’avons rien mérit
95 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
551teur et seul espoir, seulement accessible [p. 24] au plus profond du désespoir et de la nuit, par la foi seule, — qui ne v
552 : espoir et promesse de la foi, — et la foi naît au cœur du désespoir. Mais, d’autre part, en vertu du même ordre des cho
553ernel de la contradiction et de l’« agonie », est au centre du monde chrétien, parce qu’elle est le signe même de notre co
554ive reste vaine, évasive et mortelle. Nous sommes au monde, nous ne sommes pas du monde. Toute construction politique qui
555it même d’être né, c’est-à-dire d’avoir été « mis au monde ». 2° L’hérésie optimiste constate au contraire que « nous somm
556optimiste constate au contraire que « nous sommes au monde pour quelque chose », mais elle oublie que ce quelque chose, no
557 américain. Les uns l’accusent de livrer le monde au Malin, les autres — ou parfois les mêmes — de vouloir fonder dans ce
558mériteront jamais le Pardon ; ils mériteront tout au plus d’être eux-mêmes pardonnés. Ce qui nous assure le Pardon, c’est
559rminations physiques et morales. Doit-on conclure au refus de toute activité politique ? Ce serait admettre que les deux t
560droit de conclure qu’à partir de concepts réduits au même ordre, [p. 27] mais ce n’est pas ici du concept de la foi que no
561 l’armature catholique, qui condamne cette Église au réformisme modéré, c’est-à-dire à un effort pour durer par des moyens
562cyclique Quadragesimo anno), tout à fait étranger au réalisme « tragique » de l’Évangile, et qui même, dans certains cas e
563pour nous de rendre cette vie possible, mais tout au plus d’abattre les obstacles à la foi, les idoles, les synthèses dans
564 une sorte de jeu, ou mieux d’humour, qui se mêle au tragique quotidien comme un rappel de la seule grandeur transcendante
565ndeur transcendante. Nous ne sommes pas condamnés au succès, mais à l’obéissance jusqu’à l’absurde et au martyre, à l’« ag
566 succès, mais à l’obéissance jusqu’à l’absurde et au martyre, à l’« agonie » entre la Promesse et le péché, entre la foi e
96 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
567é « cet artiste raffiné » d’avoir su « se ravaler au niveau des simples. » Non, Ramuz ne descend pas au peuple, on devrait
568u niveau des simples. » Non, Ramuz ne descend pas au peuple, on devrait dire plutôt qu’il y remonte. Son art vient de plus
569el et spirituel. (La révolution russe en tournant au marxisme, a provisoirement confondu ces notions.) Le communisme ramuz
570 est au-delà de la vie ». Le communisme qui règne au jugement dernier et qui régnait aux Origines, car la Fin et le Commen
571es du récit, surimpressions, changements de temps au cours d’une phrase, sont ici largement mis en œuvre mais toujours ave
97 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
572enir un juste compte, il s’agit de le subordonner au problème personnel de ces vies, à leur équation d’existence, pourrait
573le compte certaine « originalité » dans l’ordre — au mieux — esthétique, je ne m’en étonnerai point. Il s’agit simplement,
574tion d’un médecin « alchimiste ». Retenons ceci : au seuil de l’initiation, chez Goethe, il n’y a pas une révolte, il y a
575leurs, l’alternance des trois états, visible tout au long de l’œuvre, prouve que la question se pose sans cesse à nouveau
576t. C’est ainsi que la magie reniée extérieurement au profit d’une expression « utile », renaît comme libérée intérieuremen
577on « utile », renaît comme libérée intérieurement au « jour nouveau ». L’âme parvient à cette « connaissance », à cet acte
578ien je dois expier tout cela ! » Faust se reprend au seuil de la mort. Mais la vie ne lui sera plus qu’un profond renoncem
579re physiologique ; le dessin se simplifiera jusqu’au schème unique, le rythme se précipitera jusqu’à l’explosion, l’histoi
580usqu’à l’explosion, l’histoire se purifiera jusqu’au mythe. La donnée initiale est bien la même : c’est l’attrait d’une vi
581et va d’un mouvement rigoureusement logique jusqu’au système de sa folie. Mais l’irruption de cette « magie » est si viole
582 ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher et la réalité rugueuse à étreindre. »
583remplit : l’envahissement de la magie aboutissant au renoncement et à l’action. Le second Rimbaud est vraiment le même que
584nts. » Dès les premiers instants de son accession au monde spirituel, il s’est mis en état de défense et de lenteur. Il av
585bandonner aux bienheureuses violences de l’orage, au repos de la démesure. On rit de ses allures compassées, des solennell
586ministre de trente-deux ans, adonné vers ce temps au plus dur effort d’organisation de son silence intérieur. Période de r
587 et ma production comme purement symboliques, et, au fond, il m’est assez indifférent d’avoir fait des pots ou des assiett
588u l’exigence dernière de la magie : son reniement au profit de l’action. Insistons sur ce terme de profit, qu’on ne saurai
589t-elle encore de ces évasions ? Elle les reproche au christianisme, avec moins de raison d’ailleurs (puisque le christiani
590reste que les temps nous pressent de toutes parts au choix, jusque dans nos admirations, nous pressent d’affecter toute ch
98 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Querelles de famille, par Georges Duhamel (mai 1932)
591essés aux Princes des Prêtres, à MM. les Députés, au Chef du Gouvernement. L’on s’étonne que M. Duhamel n’ait [p. 915] joi
592mel n’ait [p. 915] joint à son recueil une épître au Préfet de Police sur les Embarras de Paris. Sujet de pastiche facile 
99 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
593férence définitive, c’est-à-dire facile, accordée au Bien par exemple, mais que dans chaque instant de l’existence le mal
594paulinienne postule que bien et mal appartiennent au règne de la loi (de la morale). Et c’est la foi qui en libère, non pa
595 naît où meurt la foi, et meurt là où vit la foi. Au bien vulgaire des moralistes, Jouhandeau oppose le mal ; à celui-ci l
100 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
596s’irritent de nos cris. Il est vrai que certains, au lendemain de la guerre, ont trop souvent crié au loup, par goût des a
597 au lendemain de la guerre, ont trop souvent crié au loup, par goût des atmosphères tragiques. Littérature et mauvais cara
598ration si simple. La révolution est une nécessité au sens le plus banal du terme, et aussi à son sens de « misère qui appe
599lement indéfini de changements, justiciables tout au plus de la statistique. ⁂ Mais les marxistes répugnent à nous suivre
600emande : que signifie « sauver le monde » ? Rien. Au sens fort du mot, le « salut » n’est pas à débattre sur le plan de l’
601i plus nous, mais je. À la question « Prenez-vous au sérieux vos idées, y croyez-vous ? » les hommes de ce temps n’aiment
602e. Je crois que seule la foi peut en donner jusqu’au bout le courage. Je parle de la foi chrétienne où je veux être, de ce
603choisit, me saisit. Je parle de cette seule chose au monde qui n’ait pas besoin d’arguments pour juger les idoles du monde