1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
1e la question ne se pose pas, puisque nous sommes chrétiens. (Mais le christianisme, religion missionnaire, ne peut nous donner q
2e « suppléer à l’éducation historique des peuples chrétiens qui n’ont pas eu de Moyen Âge », nous pourrons amener l’Asie à compre
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
3ent eut « l’autorité d’un verdict essentiellement chrétien sur le mysticisme naturiste ». Il ne pouvait trouver mieux que Vinet.
4l insiste sur le fait que Vinet se déclarait « un chrétien sans épithète ». Croit-il éluder [p. 1198] ainsi le protestantisme de
5, Vinet l’avait trouvé. Mais sa position purement chrétienne — un mysticisme de cadre solidement moral, c’est-à-dire rationnel, di
3 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
6 y a aussi des sortes de calembours… [p. 86] Art chrétien, a-t-on dit 5 . Certes, cette pièce n’est pas dépourvue de certaines
7selon Max Jacob, permettraient seules de taxer de chrétienne une œuvre d’art. Mais, d’autre part, cette équivoque des symboles, ce
4 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
8s profondes ou délicates qui ne sont pas devenues chrétiennes. » « Le salut pour nous n’est nulle part. » Nulle part, pensais-je :
5 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
9taines de milliers de lecteurs, dans une Europe « chrétienne », applaudissent sans réserve aux thèses de cet orgueilleux et naïf m
6 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
10 accès au divin. Que sert de parler d’humanisme « chrétien » ? L’humanisme est de l’homme, le christianisme est du nouvel homme.
7 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
11onstitue à ses yeux cette anomalie : un astronome chrétien. Comment un astronome peut-il croire à l’Incarnation ou aller à la Me
12me, de l’imperfection du monde. Je pense que tout chrétien conscient des problèmes de ce temps, souscrirait aux critiques que M.
13 du monde moderne, clame-t-on de toutes parts aux chrétiens. Assez parlé de Vérité, ce sont des réussites qu’il nous faut. Saluon
14ut. Saluons enfin le règne de l’homme ! » Mais le chrétien, qui sait un peu ce qu’est ce monstre, se demande, songeant à l’Europ
8 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
15stants ». Mais, dira-t-on, il y a tous les sujets chrétiens ! C’est bien là que nous voulions en venir : le dogme ne doit être qu
16ur d’un art protestant, c’est de n’être qu’un art chrétien. p. 274 e. Organisée par le Foyer des étudiants protestants, 46,
9 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
17absolu et honteux. C’est ainsi encore que l’idéal chrétien de l’amour du prochain a tourné pratiquement à la méfiance systématiq
10 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
18cisme (le milieu protestant étant nul), ni la foi chrétienne en général (du fait précisément que les mobiles humains sont ici enti
11 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
19le pour Kierkegaard était : Comment deviendrai-je chrétien ? Seul un protestant pouvait trouver pareille formule. Le héros de la
20er ce « héros de la foi », ce maître de la pensée chrétienne tragique, paradoxale et virulente. Qu’une telle œuvre commence son ac
12 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
21e fermant, est-il réellement impossible à une âme chrétienne d’atteindre la grandeur morale si elle n’a pas connu, ne fût-ce que p
22nte dans ces deux volumes, témoignent que l’amour chrétien peut encore aujourd’hui pénétrer un monde revendiqué par le communism
23, elle accuse formellement la grande majorité des chrétiens. Tant mieux si ce livre nous passionne. Il faudrait surtout qu’il nou
24ime (je dirais même sentimentale), et avec sa foi chrétienne. Il peut livrer sans crainte le secret d’une telle action ; sans crai
25ques fort curieuse, où les doctrines bouddhistes, chrétiennes, matérialistes et socialistes s’opposent dans des termes inusités pou
26la suite d’une discussion vive avec des étudiants chrétiens au sujet d’un de leurs camarades, Eiichi se décide soudain à quitter
27tèrent en pensant à la pauvreté de sentiments des chrétiens ; il pensait aussi que lui-même, à la fin du mois, devrait gagner sa
28éconforts. Comment et par quoi mesurer la valeur chrétienne d’une âme ? L’action même est souvent trompeuse. Mais la qualité du r
29 incroyant, ceci peut sembler vague. Mais le sens chrétien primitif n’est-il pas, avant tout, le sens de la pauvreté ? Qu’un Kag
13 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
30e me refuse à reconnaître aucune [p. 726] réalité chrétienne à cette dernière catégorie. (On sait qu’il y a dans le monde moderne
14 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
31taire, définie par la loi, par son astre. L’homme chrétien au contraire, l’homme qui doit être surpassé, vit dans la démesure, e
32e péché est la mesure du démesuré, et que pour le chrétien il n’est pas d’autre grandeur ». Ainsi le chrétien existe en tant que
33hrétien il n’est pas d’autre grandeur ». Ainsi le chrétien existe en tant que le péché crée une tension entre lui et Dieu. Mais
34la conversion qui figure l’acte par excellence du chrétien, hors duquel il n’est pour lui ni mesure, ni grandeur, ni forme, mais
15 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
35cheux. Telles, peut-être, se délimitent la notion chrétienne et la notion antique de l’homme ; telles, dans une certaine mesure, l
36] En ceci, le monde de l’Europe centrale est plus chrétien que le monde latin — si l’on considère ses manières de sentir et de p
37 son tour plus audacieux, et pour tout dire, plus chrétien que le monde de l’Europe centrale. L’intelligence est sentimentale
16 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
38nte ou catholique, que d’une inspiration vraiment chrétienne. Car c’est à juste titre, croyons-nous, qu’on put écrire de Saint-Sat
39ir qu’une pudeur — lui fait éviter toute allusion chrétienne, au point qu’en tels endroits où la vraisemblance voudrait que le nom
40un conformisme bourgeois plutôt que de l’héroïsme chrétien ? En particulier, sommes-nous toujours assez conscients des fondement
41ue très indirectement d’une atmosphère proprement chrétienne. Or voici que les faits confirment cette vue théorique : Loti, Schlum
42ne notion de « correction » bourgeoise. Nullement chrétienne d’ailleurs, puisqu’elle récusait à la fois la charité, le risque, l’a
43ons-nous quelque jour en France surgir une poésie chrétienne d’inspiration évangélique ? Souhaitons qu’il n’y faille pas les conjo
17 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
44 [p. 304] Goethe, chrétien, païen (avril 1932) n Imaginez un membre de l’Académie des sciences
45ristianisme. Mais le plus grand Occidental fut-il chrétien ? Nous ne saurions, surtout dans Foi et Vie, aborder cette question s
46 un problème que la conscience intellectuelle des chrétiens ne peut et ne doit éviter. Goethe est une de ces « questions au chris
47science. ⁂ [p. 305] Goethe s’est toujours affirmé chrétien, mais d’une façon si particulière que les ennemis du christianisme, d
48thenticité de son christianisme ? Qu’est-ce qu’un chrétien que l’athéisme annexe avec une pareille aisance ? La question serait
49ermettent d’imaginer ce qu’eût pu être le pendant chrétien du Werther : — « J’ai souffert et me voilà libre à nouveau, écrit Goe
50 ici exagérer la responsabilité qui incombe aux « chrétiens » eux-mêmes, tels qu’ils apparurent à ce jeune homme plein d’une exig
51[p. 307] langage qui trop souvent caractérise les chrétiens, affirmons que nous ne savons presque rien de Dieu, ou plutôt qu’il e
52pables pour admettre dans la communauté de la foi chrétienne l’homme qui a pu dire qu’il s’inclinait devant le Christ comme devant
53gesse large et optimiste si contraire au scandale chrétien, que gît la faiblesse religieuse de sa position. Ce qui, plus que tou
54t à sa rencontre — Goethe nous apparaît comme non chrétien, comme antichrétien, mais d’une toute autre sorte que ne l’ont cru no
55doute. De quel droit refusons-nous donc d’appeler chrétien, un homme qui se prétendit tel en maintes occasions, de la façon la p
56rs que Dieu seul juge. Si nous refusons le nom de chrétien à cet homme [p. 309] dont l’éthique, en définitive, apparaît comme fo
57mporte, dès lors, que ce Goethe exemplaire soit « chrétien » ou « païen » ? Nous n’avons pas besoin d’avoir raison (contre lui,
18 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
58lle évolution peut paraître favorable à la pensée chrétienne. La pensée protestante, en particulier, s’est toujours montrée soucie
59 ou marxisme. Ce qui revient à dire que seuls les chrétiens, en tant que chrétiens, non pas en tant que bourgeois, s’ils le sont,
60vient à dire que seuls les chrétiens, en tant que chrétiens, non pas en tant que bourgeois, s’ils le sont, ont des raisons réelle
61message évangélique. Et je demande maintenant aux chrétiens s’ils le savent eux-mêmes ; s’ils prouvent qu’ils le savent. S’ils n’
62« révolution permanente » qui doit être l’état du chrétien vis-à-vis de lui-même et de son passé. C’est le danger qui nous purif
63ra déracinée. » Et c’est en quoi, du point de vue chrétien, le marxisme radical constitue un progrès sur la libre-pensée : il fo
19 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
64n’y a qu’un rapport de trahison entre la religion chrétienne et la religion de l’Écho de Paris. « Nous avons proposé un maître à c
65 que cela ; c’est une tout autre théologie que la chrétienne, simplement. C’est la théologie païenne par excellence, celle de l’Ét
20 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
66a démarche paradoxale, « dialectique », de la vie chrétienne : elle rejette tout espoir qui ne serait pas le seul espoir ; toute p
67en vertu du même ordre des choses, la dialectique chrétienne rejette tout désespoir qui ne serait pas le seul désespoir réel : cel
68iction et de l’« agonie », est au centre du monde chrétien, parce qu’elle est le signe même de notre condition. Et lorsque nous
69 final, réplique morne et désespérée du millenium chrétien. Nous n’en sommes pas là : Hic et nunc, nous voici, protestants, en f
70 qu’ici nous défendrons ; intenable comme le fait chrétien lui-même, — s’il n’est pas attesté dans l’acte de la foi. Qu’est-ce d
71à nous garantir à l’avance par un programme, si « chrétien » qu’on le veuille. Un certain nombre de compromissions nous sont à j
21 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
72e « l’arrière-monde » et le rejette, en ceci plus chrétienne, plus tragique que l’époque romantique (Nietzsche plus chrétien que s
73 tragique que l’époque romantique (Nietzsche plus chrétien que son idée du christianisme). Plus goethéenne aussi. Mais gardons-n
74autres points de vision qu’humains. La révélation chrétienne déborde notre condition, si elle la comble par ailleurs. Ce critère d
22 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
75Jouhandeau est-elle très catholique, ou même très chrétienne ? La dialectique paulinienne postule que bien et mal appartiennent au
23 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
76s un équilibre final, morne réplique du millénium chrétien. Les autres, avec Proudhon, refusent toute synthèse, toute solution m
77nner jusqu’au bout le courage. Je parle de la foi chrétienne où je veux être, de ce suprême « choix » qui ne vient pas de moi, mai
24 1932, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La pluie et le beau temps (Dialogue dans une tête) (1932)
78n peu, vous finirez par démontrer qu’il faut être chrétien pour comprendre quoi que ce soit à la pluie et au beau temps. Lord A
79 Sonnette, si vous étiez païenne ou si vous étiez chrétienne, vous sauriez ce que c’est que le beau temps. Si vous étiez païenne e
25 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
80t pour lui l’ordre, le commandement. Mais que les chrétiens, fatigués de la lutte, viennent à croire qu’il est une autre façon de
81 tirer bénéfice pour la foi, — bien plus, que les chrétiens considèrent cette paix comme un bien supérieur à la lutte, qu’ils l’o
82essait, c’était un aspect nécessaire de l’« ordre chrétien » du monde. Nous ne l’avons pas cru longtemps, — le temps de nous sou
83s c’est un parti de gens qui, ayant peut-être été chrétiens, veulent en tirer des intérêts, abusent de ce qu’ils considèrent comm
84de négliger. Il n’y a pas, en vérité, de « forces chrétiennes » spécifiques constituées, existant en elles-mêmes, qui auraient été
85eurs complicités avec les « forces du monde ». Le chrétien ne connaît pas d’autre force réelle que celle de la foi. Or cette uni
86n, il ne peut s’en targuer pour fonder un « ordre chrétien » ; et s’il le fonde, c’est en réalité sur une tout autre force que c
87 optimistes encore. Toutes ces formules d’« ordre chrétien » ont été plus ou moins réalisées, et constituent dans leur ensemble,
88ises qui se crurent en droit d’édicter un « ordre chrétien », se fondaient toutes, et se fondent encore, sur une conception anti
89oi il y a un imposteur dans tout homme qui se dit chrétien. (Je ne dis pas cela d’un point de vue antichrétien.) Mais c’est auss
90ne suprême imposture dans tout programme prétendu chrétien, dans toute politique humaine organisée — fût-ce à la gloire de Dieu 
91l’industrie lourde au gouvernement d’une nation « chrétienne » revendiquer dans leurs discours la défense des « valeurs » chrétien
92er dans leurs discours la défense des « valeurs » chrétiennes, pour appuyer des décrets-lois. L’on voit des clergymen prier pour le
93à ceci ] : Chose plus atroce encore, [sic] l’idée chrétienne, l’idée religieuse, l’idée même de Dieu est abolie… » Ne pouvant supp
94e faire rayonner. » — L’idée de propriété, l’idée chrétienne 5 , les hautes valeurs, les vérités saintes, — l’Académie d’entraide
95u vienne me dire : je ne crois pas à vos paroles, chrétiens menteurs ! — et je lui répondrai : [p. 915] Ta révolte est la mienne,
96utre plus profonde : celle de voir qualifier de « chrétienne » une « idée » qui sert l’injustice établie. Tu ne crois pas à ces pa
97i les crois-tu soudain, quand ils se donnent pour chrétiens ? ⁂ Quand, par la maladie du monde, la « chrétienté » se trouve menac
98e force de même ordre. Assez de cette « politique chrétienne » où l’on embarque une prétendue foi dans les plus discutables déterm
99e est affaire de systèmes ; mais l’ordre, pour le chrétien, sera toujours de vouloir sur le champ le plus juste. Car ce qui mani
100if, reste le lieu d’obéissance privilégié pour le chrétien, mais ne se confond pas avec l’enjeu de son salut. Tel est le paradox
26 1933, Esprit, articles (1932–1962). Protestants (mars 1933)
101 peut d’ailleurs paraître suspecte, à beaucoup de chrétiens.) C’est ainsi que Ferdinand Fried déclarait récemment dans l’importan
102soudre cette question, d’ailleurs essentiellement chrétienne : « Quelle est votre attitude vis-à-vis de votre prochain ? Lui laiss
103ition simpliste de problèmes vieux comme le monde chrétien a du moins le mérite de débarrasser le protestantisme américain de so
104es les tentatives réformistes ou révolutionnaires chrétiennes qui se manifestent en Amérique. On remarque dans la liste de ses coll
105tains articles du Semeur, organe de la fédération chrétienne d’étudiants. Mais il y a là le germe d’un mouvement qui demain peut s
27 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Solutions pratiques ? (mars 1933)
106 la confirme et l’illustre. Or, la force, pour le chrétien, quelle est-elle ? Il se trouve que nul homme n’est en mesure de la d
107une telle force. Et voilà bien la seule acception chrétienne du mot « positif ». Pour les uns, « positif », c’est ce qui rapporte.
108apporte. Pour les autres, ce qui rassure. Pour le chrétien, ce sera tout ce qui trouble en vérité les hommes et les délivre de l
109 sont rien. On dirait, à entendre parler certains chrétiens, que la foi est une espèce d’inspiration flottante, difficile à local
110s humaines comportaient, en général, une solution chrétienne et des solutions humaines, également prévisibles et classées d’avance
111ui exige sa réalisation. » Nature du « savoir » chrétien Nous marchons dans la nuit, ne connaissant, de par notre nature, ni l
112du cours de l’histoire terrestre. Voici alors les chrétiens qui viennent nous parler d’une Révélation. Est-ce donc qu’une grande
113 41] À celui qui demande : que dois-je faire ? le chrétien n’a donc rien à répondre, en principe. Il ne peut que renvoyer à la s
114ent dès qu’on regarde l’homme dans la perspective chrétienne. Ce n’est plus l’homme qui pose des questions, mais c’est Dieu, seul
115r toutes les solutions fabriquées par la « pensée chrétienne », et qui voudraient donner aux hommes une bonne conscience tout à fa
28 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Dialectique des fins dernières (juillet 1933)
116ait : nos dialectiques humaines et la dialectique chrétienne sont séparées par la mort éternelle. Qu’un philosophe, qu’un moralist
29 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Spirituel d’abord (juillet 1933)
117al. Aucune confusion non plus, entre le spirituel chrétien et notre personnalisme. Le spirituel de L’Ordre nouveau veut être hum
118rit dont parle la théologie, réalité qui, pour le chrétien, reste d’un ordre radicalement hétérogène à tout ordre terrestre.   V
30 1933, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Petites notes sur les vérités éternelles (1932-1933)
119critiques de M. Goguel ? 3. Si notre civilisation chrétienne n’est pas détruite par le bolchévisme, elle reprendra sa marche en av
120pensée. Peut-on dire que notre civilisation soit chrétienne ? Peut-on dire que pour le chrétien la perspective d’un nouveau progr
121sation soit chrétienne ? Peut-on dire que pour le chrétien la perspective d’un nouveau progrès, d’une « marche en avant » de la
122erche et de respect pour le passé, les invariants chrétiens tels que le développement de la pensée moderne nous aide en toute loy
123humilité » ? Il me semble qu’alors les invariants chrétiens pourraient bien apparaître comme les constantes de déformation de l’É
124ait par exemple, de démontrer que tel « invariant chrétien » est toute autre chose que l’Évangile ? ou bien si, au contraire, ce
31 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — e. En dernier ressort
125eveux. Il faut que du dehors un bras se tende. Le chrétien sait que ce bras s’est tendu. La foi est un ordre reçu, obéi et ordon
126 de son existence, le motif absolu de l’action du chrétien, la justification de cette action et la vision de ses buts immédiats.
127limiter au domaine « privé ». Mais la position du chrétien dans le monde d’aujourd’hui est trop exceptionnelle — sinon même scan
128les arguments « humains ». Comment veut-on que le chrétien échappe à cette espèce d’équivoque ? Dès qu’il fait de la politique,
129d’ailleurs d’être trompeuse. Le rôle de la pensée chrétienne n’est pas, je crois, de supprimer les difficultés de cet ordre, encor
130l’on ignore notre vraie condition. Mais l’état du chrétien dans ce monde est justement de connaître sans cesse, dans l’angoisse
32 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 2. Personne ou individu ? (d’après une discussion)
131ra que la vocation ainsi comprise est une réalité chrétienne, qui n’a pas de sens pour l’incroyant. Je ne puis l’accorder sans de
132l’anarchie. La vocation telle que l’entendent les chrétiens est imprévisible. Or les lois ont pour utilité principale de prévoir.
33 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 3. Précédence ou primauté de l’économique dans le marxisme ? (Introduction à un débat dans un cercle privé)
133’agit là d’une gigantesque caricature de réalités chrétiennes, qui n’ont d’existence que pour la personne humaine, et qui supposent
134gence irréductible qui existe entre la conception chrétienne et la conception marxiste-hégélienne de la réalité humaine et de l’hi
34 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 4. Ni ange ni bête : ni gauche ni droite, (Fondements théologiques d’une action politique)
135peut se fonder une politique qui mérite le nom de chrétienne. Je la vois caractérisée par deux traits qui nous serviront de critèr
136pté, il s’agit de l’exécuter. L’ordre reçu par le chrétien est dans l’instant, hic et nunc ; l’ordre imposé par une politique es
137c non seulement possible, mais nécessaire, que le chrétien prenne position en présence des partis politiques. S’il rejette les p
138et la seule direction possible de toute politique chrétienne : « L’homme seul (devant Dieu) est au-dessus de la collectivité 20 . 
139tuation personnelle devant Dieu. Non seulement le chrétien pourra et devra collaborer avec tous les « mouvements » politiques qu
140e nécessaire — voilà peut-être définie l’attitude chrétienne en politique : une révolution sans illusions. p. 79 18. Réponse
35 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 5. Sur la devise du Taciturne
141a démarche paradoxale, « dialectique », de la vie chrétienne : elle rejette tout espoir qui ne serait pas le seul espoir, toute pr
142en vertu du même ordre des choses, la dialectique chrétienne rejette tout désespoir qui ne [p. 86] serait pas le seul désespoir ré
143iction et de l’« agonie », est au centre du monde chrétien, parce qu’elle est le signe même de notre condition. Et lorsque nous
144s un équilibre final, morne réplique du millenium chrétien. Nous voici donc en face de deux solutions synthétiques « possibles »
145 attitude politique [p. 89] que puisse adopter le chrétien : la politique du pessimisme actif, — ou si l’on veut de l’activisme
146eux attitudes : les adorer ou les fracasser. Tout chrétien est iconoclaste. C’est là le premier temps de son action rénovatrice.
147néfices provisoires qu’il dispense. Une politique chrétienne doit d’abord condamner toutes les « solutions » que nous avons divini
148 compromis pour être compatible avec une attitude chrétienne. À l’origine permanente de toute action vraiment évangélique, il n’y
149à nous garantir à l’avance par un programme, si « chrétien » qu’on le veuille. Un certain nombre de compromissions nous sont à j
36 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 6. Note sur un certain humour
150 : ils se moquent bien de vos sollicitudes » ! Un chrétien n’entre pas dans ces astuces à courte vue. Il a une raison intraitabl
151te phrase, — sur son humour à deux tranchants. Le chrétien ne peut pas prendre totalement au tragique le problème de l’aménageme
152a vie. Mais c’est là un sérieux subordonné, et le chrétien peut sans cesse le mettre en question. Il n’en va pas de même pour l’
153solue à des problèmes insondablement relatifs. Le chrétien sait pour quoi et pour Qui il combat. Bien plus, il sait que l’affair
154e ne peut pas accepter. Entre le communiste et le chrétien, il y a cet humour dernier, irréductible, et qui joue toujours aux dé
155a perdu. Si je crève de faim, tout sera perdu. Le chrétien dit : tout est déjà perdu, et bien plus que vous ne croyez, mais auss
37 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 7. Comment rompre ?
156t pour lui l’ordre, le commandement. Mais que les chrétiens, fatigués de la lutte, viennent à croire qu’il est une autre façon de
157 tirer bénéfice pour la foi, — bien plus, que les chrétiens considèrent cette paix comme un bien supérieur à la lutte, qu’ils l’o
158essait, c’était un aspect nécessaire de l’« ordre chrétien » du monde. Nous ne l’avons pas cru longtemps, — le temps de nous sou
159s c’est un parti de gens qui, ayant peut-être été chrétiens, veulent en tirer des intérêts, abusent de ce qu’ils considèrent comm
160de négliger. Il n’y a pas, en vérité, de « forces chrétiennes » spécifiques, constituées, existant en elles-mêmes, qui auraient été
161eurs complicités avec les « forces du monde ». Le chrétien ne connaît pas d’autre force réelle que celle de la foi. Or cette uni
162n, il ne peut s’en targuer pour fonder un « ordre chrétien », et s’il le fonde, c’est en réalité sur une tout autre force que ce
163optimistes encore. Toutes ces formules d’ « ordre chrétien » ont été plus ou moins réalisées, [p. 104] et constituent dans leur
164ises qui se crurent en droit d’édicter un « ordre chrétien », se fondaient toutes, et se fondent encore, sur une conception anti
165oi il y a un imposteur dans tout homme qui se dit chrétien. (On ne peut dire cela que d’un point de vue chrétien.) Mais c’est au
166tien. (On ne peut dire cela que d’un point de vue chrétien.) Mais c’est aussi pourquoi, il y a une suprême imposture dans tout p
167ne suprême imposture dans tout programme prétendu chrétien, dans toute politique humaine organisée — fût-ce à la gloire de Dieu 
168l’industrie lourde au gouvernement d’une nation « chrétienne » revendiquer dans leurs discours la défense des « valeurs » chrétien
169er dans leurs discours la défense des « valeurs » chrétiennes, pour appuyer des décrets-lois. L’on voit des clergymen [p. 106] prie
170u’à ceci] : Chose plus atroce encore [sic] l’idée chrétienne, l’idée religieuse l’idée même de Dieu est abolie… » Ne pouvant suppo
171e faire rayonner. » — L’idée de propriété, l’idée chrétienne 28 , les hautes valeurs, les vérités saintes, — l’Académie [p. 107] d
172 vienne me dire : je ne crois pas à, vos paroles, chrétiens, menteurs ! — et je lui répondrai : Ta révolte est la mienne, mon hum
173utre plus profonde : celle de voir qualifier de « chrétienne » une « idée » qui sert l’injustice établie. Tu ne crois pas à ces pa
174i les crois-tu soudain, quand ils se donnent pour chrétiens ? ⁂ Quand, par la maladie du monde, la « chrétienté » se trouve menac
175e force de même ordre. Assez de cette « politique chrétienne » où l’on embarque une prétendue foi dans les plus discutables déterm
176e est affaire de systèmes ; mais l’ordre, pour le chrétien, sera toujours de vouloir sur le [p. 109] champ le plus juste. Car ce
177if, reste le lieu d’obéissance privilégié pour le chrétien, mais ne se confond pas avec l’enjeu de son salut. Tel est le paradox
38 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 8. Humanisme et christianisme
178umanistes le nieront. Ils me diront que, là où le chrétien parle de salut, eux se bornent à revendiquer le bonheur des hommes, l
179, immanent. [p. 113] Les humanistes accusent les chrétiens d’une sorte de lâcheté. Ils les accusent d’avoir recours à une réalit
180 christianisme est contre l’homme. 2. À cela, les chrétiens répondent : Comment l’homme s’aimerait-il lui-même mieux que Dieu, so
181ur l’homme, sont [p. 114] semblables, aux yeux du chrétien, à ce fameux baron de Crac qui prétendait se tirer hors d’un puits en
182ux de certains humanistes, peut-être. Aux yeux du chrétien, non ; le conflit est plus grave, car le rejet de l’humanisme constit
183l’humaniste d’endosser le reproche de lâcheté. Le chrétien le considère comme un homme qui refuse d’accepter, dans toute sa viol
184mais qui se coupent perpendiculairement. Chez les chrétiens, volonté de se soumettre à ce qui juge la vie. Chez les humanistes, v
185mettra d’assurer ce bien absolu qu’est sa vie. Le chrétien cherche à obéir aux ordres de sa foi, fût-ce même au mépris de sa vie
186— et toute l’histoire des martyrs en témoigne. Un chrétien est un être qui joue tout sur la foi, c’est-à-dire sur l’invisible, c
187 vraisemblance. Prenons des exemples concrets. Un chrétien qui contracte une assurance sur la vie n’agit pas comme chrétien à ce
188ntracte une assurance sur la vie n’agit pas comme chrétien à cet instant et dans cet acte ; il agit en humaniste. Il témoigne de
189ce. Ce mot peut nous fournir un autre exemple. Un chrétien qui s’écrie : c’est providentiel ! chaque fois que lui échoit un « bo
190solue est la vie, non l’obéissance. Et de même un chrétien qui dit, parlant des autres ou parlant en général : ceci est bon, mor
191ttitude qui se mêle constamment à l’existence des chrétiens eux-mêmes. Ce n’est pas à dire que l’humanisme n’ait pas ses doctrine
192éconde. Mais en face de ce triomphe humaniste, le chrétien ne pourrait-il pas relever maintenant la vraie défense de l’homme, — 
193nge ou bête ? Sera-t-il encore un homme ? L’homme chrétien est à la fois ange et bête. Dans ce conflit perpétuel, il trouve sa j
39 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 9. Antimarxiste parce que chrétien
194 [p. 119] IX Antimarxiste parce que chrétien 36 Je crois qu’il est tout à fait illégitime de s’occuper du marxis
195 doit dire plus : l’issue terrestre de l’aventure chrétienne est connue depuis le Christ, elle a été prédite par l’Évangile et l’A
196numérer les réactions que je crois être celles du chrétien en présence des thèses communistes. Il y a des adversaires que l’on n
197nt facile d’opposer terme à terme les expressions chrétiennes et les expressions communistes, tant sur le plan éthique que sur le p
198riel qui se retrouve à tous les moments de la vie chrétienne, le marxiste oppose son idéal d’assurance matérielle. Il dit à l’ouvr
199vice, l’amour du prochain. Le travail est pour le chrétien un pur exercice. Il n’a pas de valeur en soi. Il n’est pas une vertu,
200onnel. Il est à cet égard le contraire du service chrétien, lequel est d’abord sacrifice au bien de l’autre en tant qu’autre, sa
201é transcendante. Je m’étonne toujours de voir des chrétiens s’extasier devant « le magnifique élan qui soulève la jeunesse russe
202ui de l’amour du prochain. Il est évident pour un chrétien que cet amour est inconcevable et impossible, est une pure hypocrisie
203autre communion humaine. Il faut, hélas ! que les chrétiens l’aient bien oublié, pour qu’ils admirent avec nostalgie l’enthousias
204 de côté, aujourd’hui, le problème de la personne chrétienne en face du collectif marxiste. C’est l’opposition qu’on remarque le p
205dis bien le sens, la direction. Le sens de la vie chrétienne est vertical, le sens de la vie marxiste est horizontal. Le sens de l
206vie marxiste est horizontal. Le sens de la vie du chrétien c’est de sortir de sa vie individuelle pour s’ordonner au transcendan
207ci pour elle-même : notre règne arrive ! Mais les chrétiens le savent-ils encore ? Savent-ils encore que, pour entrer dans le Roy
208talement, christianisme et marxisme, c’est que le chrétien croit à l’éternité instantanée, tandis que le marxiste croit à une se
209mun de doctrine entre un communiste sincère et un chrétien obéissant. Ils parleront toujours de choses radicalement différentes,
210 Le grand service que le marxisme peut rendre aux chrétiens, est là. Il a fait apparaître aux yeux d’une chrétienté qui s’endorma
211der à l’autre monde. [p. 127] Trop longtemps les chrétiens ont cru pouvoir utiliser la morale de ce monde, qui est une morale d’
212rant. Il serait temps que nos bourgeois vaguement chrétiens s’en rendent compte clairement. Nous avons longtemps cru que le « poi
213s de voir que sans la foi, tout ce que disent les chrétiens à la suite du Christ « retombe à plat », comme l’écrivait récemment A
214rxisme, n’aboutirait, pratiquement, qu’à faire du chrétien un mauvais marxiste, sans cesse soupçonné de « sabotage idéaliste » p
215iste » par les camarades du parti, — ou un de ces chrétiens incertains, dont justement l’incertitude a provoqué l’inévitable et j
40 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 10. Fascisme
216disciplinaire de l’homme. Le marxisme est pour le chrétien un adversaire plus noble, plus représentatif de l’athéisme conséquent
217isons de cette double résistance sont claires. Un chrétien resté fidèle à la doctrine de la Réforme 48 sait que le premier comm
41 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 11. D’un Cahier de revendications
218 un équilibre final, triste réplique du millenium chrétien. Les autres, avec Proudhon, refusent toute synthèse, toute solution m
219nner jusqu’au bout le courage. Je parle de la foi chrétienne où je veux être, de ce suprême « choix » qui ne vient pas de moi, mai
42 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 12. Communauté révolutionnaire
220’un vienne en aide à l’autre (c’est la définition chrétienne du « prochain »), soit que tous deux, apportant des aptitudes différe
221nte extrême de la vocation, c’est-à-dire, pour un chrétien, la fidélité de l’homme à persévérer dans sa mission particulière en
43 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
222es opinions ? Allons, ils ne sont pas sérieux. Un chrétien a le droit de faire cette observation simpliste, qui soulève générale
223’on considère comme une tricherie. Et pourquoi le chrétien a-t-il ce droit ? Parce qu’il est plus actif que les autres ? Non, hé
224autres ? Non, hélas ! Mais parce que, en tant que chrétien, il accepte qu’on lui retourne le reproche. Il accepte, en vertu même
44 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
225transformer substantiellement dans le vocabulaire chrétien. Car voici le moment décisif de notre histoire. La Grèce individualis
226 nouveau. Prenons le cas de l’esclave qui devient chrétien. Alors que l’État romain lui déniait toute activité libre et spontané
227nversion. Tel est l’homme neuf, créé par l’Église chrétienne. Ce n’est pas l’individu grec, puisqu’il se soucie davantage de servi
228même terme qui va servir aux premiers philosophes chrétiens à désigner la réalité de l’homme dans un monde christianisé. Car cet
229le de la personne, sont bel et bien des créations chrétiennes ou, pour mieux dire, des créations de l’Église chrétienne. Voici donc
230es ou, pour mieux dire, des créations de l’Église chrétienne. Voici donc définis par leurs origines, et dans leur genèse historiqu
231e la distinction entre l’homme naturel et l’homme chrétien. Ces hases étant posées, faisons dans nos pensées un petit saut de qu
232ste. Il fallait le prévoir. En effet, la personne chrétienne était une sorte de paradoxe : elle unissait l’individu libre et la pe
233roclamer les droits et les devoirs de la personne chrétienne — c’est la Réforme. Nous touchons au cœur même du sujet. Qu’on m’ente
234rme, Calvin n’ajoute rien à la réalité de l’homme chrétien, du membre de l’Église, mais il apporte une précision capitale à la d
235r un individu dans le plan de l’État. La personne chrétienne, ce sera le rôle que Dieu attribue à chaque homme dans Son plan. Note
236roite, alors qu’il est du diable, et que c’est en chrétiens que nous avons maintenant à nous défendre, dans cette guerre qui nous
237it qu’une telle religion hait mortellement la foi chrétienne, tournée vers le pardon, le futur éternel, le rachat du péché d’origi
238a contamination totalitaire. Mais du point de vue chrétien, il faut alors rappeler que la personnalité, si grande soit-elle, dev
239n sa pureté, le centre et l’axe même de la notion chrétienne de la personne, à la fois libre et engagée. Il en résulte que la Réfo
240« occasionnel », mais dans le sens du hic et mine chrétien. Or il se trouve qu’ici et maintenant, notre situation ressemble fort
241z nous, par une espèce de croisade intérieure. Le chrétien est celui [p. 222] qui n’a pas d’autre ennemi à craindre que l’ennemi
45 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iii. Groupements personnalistes
242sprit » d’Esprit est d’inspiration spécifiquement chrétienne. La revue a d’ailleurs franchement pris position dans un numéro spéci
243n numéro spécial intitulé : Rupture entre l’ordre chrétien et le désordre établi. Elle n’en reste pas moins le lieu de rencontre
46 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
244 [p. 415] Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934) r Combien existe-t-il en France de personnes intelligent
245 catastrophes dictatoriales va réveiller quelques chrétiens. Leur office n’est-il pas de rappeler aux peuples où se trouvent les
246sé, tout compromis ? Il est certain que la pensée chrétienne n’a jamais eu plus impérieuse ni plus nette vocation. Le lieu, les mo
247visibles qu’ils ne le furent jamais. Si la pensée chrétienne existe, c’est à ce seul niveau où pensée et action se confondent. Si
248tion ? Ou verra-t-on que le service que la pensée chrétienne doit rendre n’est un service rendu au monde que si d’abord il est obé
249nt pas les catastrophes qui devraient effrayer le chrétien, mais le risque plus immédiat de faillir à sa vocation. [p. 418] Ces
250’hui, d’introduction à deux essais de philosophes chrétiens : L’Homme du ressentiment, de Max Scheler 44 , Position et approches
251nt. Pour Nietzsche, on s’en souvient 46 , l’amour chrétien n’est que « la fine fleur du ressentiment » que les natures faibles v
252Je ne connais pas de plus salutaire leçon pour un chrétien d’aujourd’hui que ce chapitre impitoyable et précis. Voici sa thèse c
253s d’elles) ; un égalitarisme qui renie la réalité chrétienne de la vocation… Je suis loin d’épuiser la liste. L’extrême gravité qu
254ces perversions de l’Évangile vient de ce que les chrétiens s’y sont laissés prendre. C’est tout le procès de la morale laïque, o
255vertu de riche, mais qui retient encore le pathos chrétien que renferme le mot. Ces quelques lignes décrivent assez bien le mou
256el, une poussée de ressentiment contre l’héroïsme chrétien ; à l’origine de l’amour de l’humanité, il y a, comme Fichte l’avait
257re Dieu. L’homme du ressentiment, ce n’est pas le chrétien, c’est le bourgeois dont la morale usurpe l’apparence évangélique, en
258d’une « présence » et d’une « fidélité » vraiment chrétienne. « Philosopher, c’est apprendre à mourir », disait le triste Cicéron,
259 d’une éthique de l’être qu’il est urgent que les chrétiens opposent à la « morale des commerçants » — comme disait Nietzsche — q
47 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notice biographique [Kierkegaard] (août 1934)
260exprimaient pas encore la totalité de son message chrétien, et qu’il ne pouvait pas en assumer l’entière responsabilité devant D
261à la mort parce qu’elle accomplissait sa vocation chrétienne. ⁂ On a comparé Kierkegaard à Nietzsche, à Dostoïevski, à Pascal. Lui
262t clairement que nul homme ne peut jamais se dire chrétien. Cette position paradoxale a permis [p. 604] les interprétations les
263le pour Kierkegaard était : Comment deviendrai-je chrétien ? Seul, un protestant pouvait trouver pareille formule… L’œuvre la pl
48 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
264le, puisqu’elles impliquent le martyre des braves chrétiens, comme si la religion, de toute éternité, n’était pas au contraire la
265 risquer cette expression : le rire de la charité chrétienne. « Le christianisme a découvert une misère dont l’homme ignore, comme
266au dénombrer tout l’horrible, et tout épuiser, le chrétien se rit du bilan ! » Pourquoi ce rire scandaleux ? Parce que « la crai
267» peut-elle encore, sérieusement, caractériser le chrétien moyen de ce temps ? C’est ici que l’ironie de Kierkegaard tourne son
268ierkegaard tourne son aiguillon contre le « monde chrétien », celui qui se réclame de l’esprit, ou qui fait profession de l’appe
269à cause du Christ. Il suppose, sans autre, que le chrétien souffre pour sa doctrine… » Et c’est la tragi-comédie du christianism
270comédie du christianisme de la chrétienté. Pauvre chrétien moyen, qu’as-tu souffert pour ta doctrine ? Tu souffres, il est vrai,
271 question brûlante, c’est de savoir si toi, tu es chrétien, ou bien tu vitupères les sans-Dieu de Russie. Mais sais-tu bien de q
272 « Le Nouveau Testament suppose sans autre que le chrétien souffre pour sa doctrine… » (Mais non ! il souffre simplement de ce q
273est s’enfoncer dans le néant. Seule la révolte du chrétien est position, obéissance. Si donc l’appel de Dieu isole du monde un h
274ant, « sous le regard de Dieu », comme disent les chrétiens. (Est-ce facile ? ou bien même possible ? Est-ce un effet de notre ch
275nsongères de ce temps à l’utopie d’une communauté chrétienne, par l’artifice indispensable, mais peut-être aussi tout formel, de l
276sse, c’est de la mienne. Kierkegaard s’adresse au chrétien, comme au seul responsable parmi nous. Il sait bien qu’en tous temps,
277 Dieu », car nul siècle, comme tel, ne fut jamais chrétien, mais bien plutôt de ce qu’elle est sans maîtres, c’est-à-dire sans m
49 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
278 L’Occidental rationaliste naît dans une ambiance chrétienne qui le rassure d’une manière vague et suffisante quant aux intentions
279ute âme un peu cultivée, fournit à la prédication chrétienne un lyrisme qu’elle n’osait plus aller chercher dans l’invective proph
280question. Un seul, peut-être, a pressenti le sens chrétien de la Nature, c’est Benjamin Constant : on l’accusa de panthéisme. Co
281 nouveau » — réalité de foi ? ⁂ Seule, l’attitude chrétienne dit « oui » au monde avec une intrépide plénitude. Alors que la raiso
50 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Éditorial (juillet 1934)
282voulait Calvin, le contenu des dogmes de l’Église chrétienne. Cette indifférence est si profonde qu’elle rend parfois inefficaces
283mort à soi-même, vient définir à nouveau l’Église chrétienne comme le lieu où la Parole est prêchée, on voit des pasteurs qui, cha
284derons le simple effort de confronter la doctrine chrétienne telle que les bons docteurs de la Réforme nous l’enseignent, avec l’e
285ement orgueilleuses ont cruellement privé tant de chrétiens de bonne volonté. Scientifiquement, il y faudrait de gros volumes. Ma
51 1934, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Taille de l’homme, par C. F. Ramuz (avril 1934)
286opposition cosmique du monde marxiste et du monde chrétien. Ramuz fait au communisme certains reproches que d’autres ont déjà fo
287 est l’aveu de son choix. Mais Berdiaeff parle en chrétien, et Ramuz ne veut encore parler qu’en homme. Est-ce possible ? Et peu
288peut aussi bien se faire dans l’immanence. La foi chrétienne dépasse-t-elle vraiment l’homme ? N’est-elle pas bien plutôt ce qui l
52 1934, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le Procès, par Franz Kafka (mai 1934)
289’angoisse même. Est-ce pur hasard si la théologie chrétienne rend compte de presque toutes les situations de ce livre ? Cette Loi
53 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Communauté révolutionnaire (février 1934)
290ne en aide à l’autre (c’est [p. 18] la définition chrétienne du « prochain »), soit que tous deux, apportant des aptitudes différe
54 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
291e humain, ne peut être vraiment dangereux pour un chrétien qui sait en qui il croit. Et pour les autres, qu’importe qu’ils perde
292ncroyant pour nous rappeler que le salut, pour le chrétien, n’est pas dans le Progrès indéfini de notre histoire, mais qu’il est
293ond. Et toujours [p. 254] bon à rappeler, à ces « chrétiens » que terrorise l’idée même que le christianisme veut leur mort, pour
294e qui doit être surmonté » ? Il n’y a pas que les chrétiens pour ne pas croire assez à ce qu’ils croient, ou s’imaginent croire.
295’imaginent croire. Le repentir ! Le remords ! Le chrétien ne pense pas à son prochain, il est beaucoup trop occupé de soi-même 
296nnerait la synthèse de ces contradictions. La vie chrétienne est pleine de contradictions, elle aussi, mais Paul les a toutes rass
297 C’est pourquoi, lorsque Paul critique la vie des chrétiens de son temps, il parle avec autorité, tandis que les critiques de Nie
298 cieux à la pauvreté spirituelle. Mais le premier chrétien cultivé et spirituel a donné au christianisme sa rhétorique et sa dia
299exemple : Nietzsche croit découvrir que la notion chrétienne du Dieu paternel dérive de la notion « de la famille patriarcale ». C
55 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Les trois temps de la Parole (mai 1935)
300t tentés de croire que tout l’effort de la pensée chrétienne doit être de remonter l’Histoire, de se transporter en imagination au
301mes » — le mot est bien faible — qui se posent au chrétien en tout temps : mort à soi-même, obéissance, attente active du Christ
302ssance, attente active du Christ vivant, pensée « chrétienne ». Et ces témoins, ces vis-à-vis, nous jugent, ce n’est pas nous qui
56 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
303 (cartésien ?), et de la quotidienne “expérience” chrétienne. » (Tome III, p. 287.) Et ceci : « Un homme ne peut se dépouiller de
304ire table rase de ce qu’il appelle « l’expérience chrétienne ». [p. 161] Un étudiant. — Tenez, je tombe sur le passage dont vous
305 homme ne peut se dépouiller de son humanité ; un chrétien ne peut se dégager de sa “divinité” (au sens où saint Chrysostome pre
306’ailleurs, un partisan impénitent de l’expérience chrétienne, de sa piété vécue et chaque jour expérimentée tout à nouveau ! J’ai
307is humaine et divine ! — que reste-t-il de la vie chrétienne ? Je vous le demande ! Mme Nicodème (sèchement). — C’est exactement
308thien (agressif). — Ôtez la soi-disant expérience chrétienne : eh bien, il reste simplement le message existentiel de la Parole de
309aine politesse bourgeoise stérilise toute réalité chrétienne. Cependant, les esprits s’échauffaient peu à peu. Les répliques se fa
310 disait et répétait sans cesse Kierkegaard ? Être chrétien, c’est devenir contemporain de Jésus-Christ dans son abaissement. Con
311a foi les anime, l’événement central de notre vie chrétienne. Elles sont, avec les sacrements, la promesse de l’accomplissement en
57 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Recherches philosophiques (septembre 1935)
312els révolutionnaires, qu’ils soient humanistes ou chrétiens, marxistes ou personnalistes. Désormais, la philosophie cessera d’êtr
58 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les mystiques allemands du xiiiᵉ au xixᵉ siècle, par Jean Chuzeville (octobre 1935)
313alors de savoir s’il existe une mystique vraiment chrétienne, une mystique qui ne soit pas cette « transgression » et cet oubli de
59 1935, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). René Guisan : un clerc (1935)
314de la primauté de l’esprit. Peut-être que le seul chrétien peut comprendre, existentiellement, que cette exigence de service, ce
60 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.6. L’Arche de l’Alliance
315ndeur poétique inégalée. (La poésie de l’Occident chrétien sera grande dans la mesure où elle sera biblique ou grecque, sublime
316é de sa patrie par les Romains, persécuté par les chrétiens pour avoir méconnu le Christ, puis par les ennemis totalitaires du Ch
317n’est-il pas le produit d’un abandon de la mesure chrétienne en tant qu’instituée et sacrée ? Notre culture moderne serait-elle né
61 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.11. La mesure nationale-socialiste
318r personnelle. (Caricature politique de la notion chrétienne de personne.)   Mission historique d’une partie de la population, co
62 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
319stion. Qu’il soit en théorie philanthrope ou même chrétien, la coutume du temps veut que l’on s’enrichisse : modeste, il s’y con
63 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
320prétendons l’organiser pour notre usage. L’ascèse chrétienne est une lutte contre le péché même, en son principe, lutte qui se sai
64 1936, Esprit, articles (1932–1962). Francfort, 16 mars 1936 (avril 1936)
321 invincible… « Une ère nouvelle commence ici. » ⁂ Chrétiens, retournez aux catacombes ! Votre « religion » est vaincue, vos cérém
65 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
322: l’Incarnation de la Parole. Les grands docteurs chrétiens l’ont su ; et Paracelse ; et les poètes du xvie siècle ; puis Goethe
66 1936, Esprit, articles (1932–1962). Henri Petit, Un homme veut rester vivant (novembre 1936)
323 le débat plus profond d’un humaniste avec la foi chrétienne, telle qu’il songe que ses pères l’ont eue. Nos lecteurs se souvienne
324ger. Il faudrait au contraire que vienne l’homme. Chrétien, je ne puis voir dans l’émouvant effort d’Henri Petit pour sauver d’u
67 1936, Esprit, articles (1932–1962). André Gide, Retour de l’URSS (décembre 1936)
325ne situation qu’on ne peut comparer qu’à celle du chrétien anticlérical. Seulement, la dissociation de la foi et des œuvres de l
326te de foi. Ou mieux : un négatif de l’acte de foi chrétien. Si l’enfant se brûle, ou si Staline ne peut le sauver qu’au prix de
68 1936, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Sur une page de Bossuet (ou Tradition et Révélation) (janvier 1936)
327la main le critère dernier de toute « formulation chrétienne », les Évangiles et les écrits apostoliques. Mais mon propos est ici
69 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sur l’esprit incarné (février 1936)
328x intérêts politiques) évoque précisément pour un chrétien l’opposition de Pilate et des docteurs nationalistes juifs qui criaie
70 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
329hraseurs ou de braves gens se réclament de la foi chrétienne — « chose inquiète, inquiétante », disait Luther — il a voulu poser h
71 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). L’Art poétique ou Qu’il faut penser avec les mains (décembre 1936)
330e, la vocation de l’homme, la charité cosmique du chrétien (identiquement), c’est alors d’embrasser d’un seul geste, de réunir,
72 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. I. N’habitez pas les villes !
331alisme, bourgeoisie égoïste, guerre. Mais le vrai chrétien est avec les petits. Résumé de ce que la Bible dit des travailleurs :
332C’est lui qui est mauvais, non pas la Bible. Être chrétien, c’est aimer son prochain comme Jésus nous aime. Si tous les hommes é
333comme Jésus nous aime. Si tous les hommes étaient chrétiens, il n’y aurait plus d’exploitation ni de guerre !… La péroraison a ét
334e qu’il a dit ! Comment donc ? Ai-je affaire à un chrétien ou même à un protestant ? J’essaie de le faire parler. Je lui dis : O
335arler. Je lui dis : Oui, c’est la vérité pour les chrétiens, mais tout le monde ne pense pas comme ça ici ? — Il me regarde un pe
73 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
336. L’orateur avait dit que la différence entre les chrétiens et les incroyants, ce n’est pas que les chrétiens se conduisent mieux
337chrétiens et les incroyants, ce n’est pas que les chrétiens se conduisent mieux que les autres, mais c’est qu’ils se confient en
338ses têtes »… 17 décembre 1934 Le grand tort des chrétiens, c’est qu’ils prennent au sérieux l’incroyance de leurs contemporains
339omique profond, lugubre et déprimant que celui du chrétien honteux, honteux d’une foi qu’il n’a pas ! Car s’il l’avait, il n’aur
340e D. H. Lawrence. Tout ce qui n’est pas d’origine chrétienne, dans le socialisme, se fonde sur cette superstition [p. 207] bourgeo
341 qu’ils sont encore les seuls [p. 220] à croire « chrétienne » — il faut bien dire que le parti communiste est une sinistre trahis
74 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. III. L’été parisien
342 classes ». Il me semble que seuls les romanciers chrétiens — Dostoïevski, Lagerlöf ou Ramuz — ont su prendre la vie des hommes «
343« J’entends crier de toutes parts à l’impiété. Le chrétien est impie en Asie, le musulman en Europe, le papiste à Londres, le ca
75 1937, Foi et Vie, articles (1928–1977). Luther et la liberté (À propos du Traité du serf arbitre) (avril 1937)
344simplement connues !) par nos contemporains, même chrétiens. Il s’en faut de beaucoup, de presque tout, que les arguments d’un Ér
345udissent ouvertement, mais encore jusque chez les chrétiens, ces arguments se voient réinventés, admis, parfois même prêchés. Le
346exégétiques discutables, suffit à établir pour le chrétien la vérité d’un paradoxe que Luther n’a pas inventé, mais qui est au c
347 c’est vouloir l’éternité de son destin. (Pour le chrétien, c’est accepter, en acte, l’éternelle prévision du Dieu qui sauve.) L
348ne épreuve radicale de la vie. Au « tu dois » des chrétiens, qui est prononcé par Dieu, Nietzsche oppose le « je veux » de l’homm
76 1937, Esprit, articles (1932–1962). Défense de la culture (janvier 1937)
349écrivain de classe ! L’essai de Gedat intitulé Un chrétien découvre les problèmes du monde approche du 300e mille un an après sa
77 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Éluard, L’Évidence poétique (juin 1937)
350nté [p. 481] proprement eschatologique des poètes chrétiens et des romantiques allemands, c’est la volonté de réintégration génér
78 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
351lisme et du néo-platonisme sous l’égide de la foi chrétienne. Entreprise en tous points comparable à celle d’un Pic de la Mirandol
352es mystiques, orientaux ou occidentaux, païens ou chrétiens, hétérodoxes ou orthodoxes. Je n’ai pas la prétention de traiter un s
353videmment à la négation absolue du personnalisme, chrétien ou humaniste. Ce serait — je simplifie — le cas des mystiques orienta
79 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). De la propriété capitaliste à la propriété humaine et Manifeste au service du personnalisme, par Emmanuel Mounier (février 1937)
354— et si utile sa lecture pour tous les possédants chrétiens — elle ne revêt sa signification totale que dans l’ensemble de la con
80 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
355angui. Le pasteur a parlé de l’héroïsme. Le héros chrétien n’est pas celui qui meurt glorieusement pour la puissance de sa race,
356ment sur au moins quelques siècles d’histoire. Le chrétien seul meurt dans la certitude, parce que [p. 32] sa foi lui a révélé l
357égime les valeurs qui nous sont vitales ? Pour un chrétien, il y va de bien plus : de la forme que pourra revêtir la prédication
358ligions. Il fallait cette épreuve du feu pour les chrétiens embourgeoisés. 7 mars 1936 Comme je traversais la place de l’Opéra,
359urnal. Je n’ai ajouté que ceci, en conclusion : « Chrétiens, retournez aux catacombes ! Votre “religion” est vaincue, vos cérémon
360Barth et la théologie dialectique, l’ensemble des chrétiens luthériens et calvinistes qui refusent de laisser « mettre au pas » l
361fermant Niemöller ils abattront la résistance des chrétiens : ils se figurent que le christianisme est un parti.) La vérité est a
362e leur en sait aucun gré. Le Parti n’aime pas les chrétiens. Ils sont là comme l’œil de Caïn dans la tombe, — la tombe autarchiqu
363lle n’est que le premier affrontement de l’Église chrétienne et d’un système « total » dont les chefs ont beau jeu de prouver qu’o
81 1938, Journal d’Allemagne. 2. Conclusion 1938
364l adversaire du régime demeure, en fait, l’Église chrétienne ; c’est-à-dire qu’à la religion de la Nation et de la Race ne s’oppos
82 1938, Journal d’Allemagne. i. Instruction spirituelle donnée aux étudiants hitlériens, (Extrait de lettre d’un étudiant allemand)
365nen weltanschaulichen Stosstrupp). La conception chrétienne et la marxiste sont l’une et l’autre libérales, parce qu’individualis
366ts de devises et des traîtres au peuple… Même les chrétiens qui ont le loyal désir de servir le peuple — et il y en a — doivent ê
367t demandèrent l’autorisation de se retirer, étant chrétiens. Suit le récit de plusieurs entrevues prolongées avec les responsable
83 1938, La Vie protestante, articles (1938–1961). Le temps des fanatiques (25 novembre 1938)
368s les amateurs de clés de l’Apocalypse disent aux chrétiens : Voici la Bête ! Et la guerre que vous ferez contre elle, au nom du
369 la guerre à Hitler ! Ils persécutent les Églises chrétiennes. Lutter contre eux, c’est embrasser le parti du Bien. » Et nous voici
370i les attaquent, n’y aurait-il par hasard que des chrétiens ? Quand on me dit que les communistes sont des sans-Dieu, je ne dis p
371vraiment et d’abord d’un sursaut de la conscience chrétienne ? Où peut aller cette « croisade » qui réjouit tant M. Staline… Alors
372s amis, que vous n’en parlez pas vous-mêmes ? Les chrétiens qui se lancent dans une croisade ne le font-ils que pour sauver l’Égl
373on ne déduise pas de ces propos qu’à mon avis les chrétiens doivent se taire, se retirer dans une neutralité plaintive, et laisse
374nt impures. Surtout, que l’on nous laisse, à nous chrétiens, le privilège de plus en plus dangereux de reconnaître les péchés du
375ervice de grandes religions adversaires de la foi chrétienne : Prolétariat, Empire, Race, Droits de l’Homme, Argent. Donc il n’y a
376r de guerres saintes. Et notre dernier mot, comme chrétiens, ne peut pas être « la guerre sainte » ni davantage « la paix à tout
377t par les mains de quelques tyrans, on demande au chrétien comme jadis au Prophète : « Sentinelle, que dis-tu de la nuit ? — La
84 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
378 « essentiellement malheureux », et cette passion chrétienne est la seule vérité, et tous nos « devoirs » humains (dont le bonheur
379l, pour l’avoir toléré… (Seul le Christ a vécu en chrétien !) Et comment réfuter ce furieux ? Les incroyants sont renvoyés aux a
380e du moi glorifié. L’amour fidèle dans le mariage chrétien témoigne que la volonté de Dieu, même quand elle ruine notre bonheur,
381sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa pleine stature : il est l’affirm
382dra corriger sensiblement ce schéma de l’Occident chrétien. Tout d’abord : ce n’est pas le christianisme qui a fait naître la pa
383ne vie secrète. L’amour-passion n’est pas l’amour chrétien, ni même le « sous-produit du christianisme » ou le « changement d’ad
384lit de l’hérésie qui en résulta avec l’orthodoxie chrétienne. Première correction d’importance. [p. 250] Ensuite, il est urgent d
385al ? Ou quelque influence indirecte de l’ambition chrétienne définie par l’Apôtre (Romains 8), et qui tendrait à restaurer le Cosm
386loi primitive, troublée par le péché ? La volonté chrétienne de transformer le pécheur dans son âme et dans sa conduite a entraîné
387. L’esprit catastrophique de l’Occident n’est pas chrétien 105 . Il est tout au contraire manichéen. C’est ce qu’ignorent commun
388sme et l’Occident, comme si tout l’Occident était chrétien. Si donc l’Europe succombe à son mauvais génie, ce sera pour avoir tr
389 la prise sur le concret dans ses limitations. Le chrétien prend le monde tel qu’il est, et non point tel qu’il peut le rêver. S
390ême coup nous sommes jetés au cœur même de la foi chrétienne ! Car voici : cet homme mort au monde, tué par l’amour infini, devra
85 1938, Esprit, articles (1932–1962). Suite à « La passion contre le mariage » (décembre 1938)
391oint en appeler à Lawrence pour appuyer une thèse chrétienne. p. 256 aq. « Suite à “La passion contre le mariage” », Esprit,
86 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
392, comme beaucoup le pensent, la conception dite « chrétienne » du mariage qui cause tout notre tourment, ou au contraire, est-ce u
87 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
393leurs croyances, des formes très diverses, tantôt chrétiennes, tantôt bouddhistes ou musulmanes. Dans un hymne manichéen récemment
394te incantation d’un mythe ? 3. Agapè ou l’amour chrétien Prologue de l’Évangile de Jean : « Au commencement était la Parole,
395 de tout le christianisme, et le foyer de l’amour chrétien que l’Écriture nomme agapè. Événement sans précédent, et « naturellem
396créatures ignorées par son dieu. Mais le Dieu des chrétiens — et lui seul, parmi tous les dieux que l’on connaît — ne s’est pas d
397Éros cherchait le dépassement à l’infini. L’amour chrétien est obéissance dans le présent. Car aimer Dieu, c’est obéir à Dieu qu
398me. » C’est ainsi dans l’amour du prochain que le chrétien se réalise et s’aime lui-même en vérité. Pour l’Agapè, point de fusio
399ui adorent Éros ? Et qu’au contraire, les peuples chrétiens [p. 74] — historiquement les peuples d’Occident — ne devraient pas co
400ettaient le concubinat 19 . Tandis que le mariage chrétien, en devenant un sacrement, imposait une fidélité insupportable à l’ho
401nverti par force. Engagé malgré lui dans un cadre chrétien, mais privé des secours d’une foi réelle, un tel homme, fatalement, d
402des influences religieuses, néo-platoniciennes et chrétiennes dénaturées… Mais ces « affirmations hardies » ont aussitôt dressé con
403e monisme eschatologique, tandis que l’orthodoxie chrétienne, décrétant la damnation éternelle du Diable et des pécheurs endurcis,
404es — jaïnisme, bouddhisme, essénisme, gnosticisme chrétien — l’Église cathare se divisait en deux groupes : les « Parfaits » (pe
405ces : « Il n’y a certainement pas de sermons plus chrétiens que les leurs, et leurs mœurs étaient pures… » Ce jugement rachète en
406 s’étonne de voir ce saint docteur qualifier de « chrétienne » une prédication qui nie plusieurs des dogmes fondamentaux de son Ég
407 fort différentes de celles qui fondent la morale chrétienne orthodoxe. La condamnation de la chair, où certains croient voir aujo
408ains croient voir aujourd’hui une caractéristique chrétienne, est en fait d’origine manichéenne et « hérétique ». Car il est essen
409, pour prendre un exemple moderne, le « sentiment chrétien » que l’on reconnaît chez un Baudelaire est autre chose qu’une transp
410la confuse combinaison de doctrines plus ou moins chrétiennes, manichéennes et néo-platoniciennes eût-il pu naître une rhétorique a
411t son opposition sournoise ou déclarée au concept chrétien du mariage. Mais il nous resterait indifférent s’il n’avait gardé dan
412e par sa cour d’amour où le mariage fut condamné. Chrétien avait écrit un Roman de Tristan dont les manuscrits sont perdus. Béro
413Et c’est dans le fonds celtibérique que l’hérésie chrétienne des « purs » a puisé certains traits de sa mythologie. Que celle-ci a
414marquer que les romans bretons sont tantôt plus « chrétiens » et tantôt plus « barbares » que les poèmes des troubadours, dont il
415u sens « courtois », non pas au sens de la morale chrétienne.) Les ouvrages de Chrétien de Troyes [p. 141] ne sont pas seulement d
416gion brittonique : elle s’est formée dans un pays chrétien, romanisé, puis colonisé par les Irlandais » 85 . Le miracle est cepe
417 chevalerie féodale ; des apparences d’orthodoxie chrétienne ; une sensualité parfois très complaisante ; enfin la fantaisie indiv
418ui permet de comparer l’architecture d’une église chrétienne et celle du temple de l’amour ; c) il décide que le mariage de Trist
419la force de ce terme, et spécialement une hérésie chrétienne historiquement déterminée. D’où l’on pourra déduire : 1° que la pass
88 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
420gnification toute différente de celle du repentir chrétien. Et bien que l’orthodoxie et l’hérésie semblent parfois étrangement c
421ble à la créature imparfaite ; tandis que pour le chrétien l’amour divin est un malheur recréateur. Loin de nier l’amour profane
422ntaire dans l’endura. Au contraire, les mystiques chrétiens voient dans les actes et les œuvres qui découlent de l’état mystique
423ist s’est incarné, c’est-à-dire abaissé. Ainsi le chrétien ne se jette pas dans l’illusion d’une mort d’amour transfigurante, ma
424ée dans les mœurs comme poésie, que les mystiques chrétiens utiliseront ses métaphores devenues profanes comme si elles étaient t
425al de toute vie religieuse de forme et de contenu chrétiens, c’est l’événement de l’Incarnation. Dès que l’on s’écarte un tant so
426pathologique ». L’amour, pour lui, c’est la vertu chrétienne de l’agapè, forte comme la mort, mais non point ivre ; intime, mais h
427e, mais l’amour plotinien n’est nullement l’agapè chrétienne ; c’est l’Éros grec, qui est jouissance, et jouissance d’une naturell
428is encore elle figure la pureté même du sentiment chrétien dans sa chasteté et sa simplicité élémentaires, sans exaltation ni aj
429mour spirituel est initial, et non final. Pour le chrétien, la mort à soi-même est le début d’une vie plus réelle ici-bas, non l
430istinguer la mystique des Cathares et la doctrine chrétienne de l’amour. ⁂ Mais Eckhart ne fut pas en odeur de sainteté. Le pape J
431tiellement à Dieu, comme le soutient l’orthodoxie chrétienne, il en résulte que l’amour de l’âme pour Dieu est, dans ce sens préci
432ait autre chose que la nature — c’est la mystique chrétienne qui vient le reprendre pour en revêtir l’Agapè ! ⁂ Quant à la psychol
433e dans ses formes sublimées. Le cycle de l’ascèse chrétienne ramène l’âme à l’obéissance heureuse, c’est-à-dire à l’acceptation de
89 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
434ement, est-elle [p. 195] bien proche d’une vision chrétienne réaliste. Nous aurons l’occasion d’y revenir.) 3. Sicile, Italie, B
435e de tout le moyen âge païen tourmenté par la loi chrétienne — c’est la secrète volonté qui devait donner naissance au mythe. Mais
436le premier témoignage d’un conflit que le mariage chrétien était censé résoudre. On y voit l’âme récemment séparée de son corps
437rer de la vie matérielle par la mort ; et l’Agapè chrétienne veut sanctifier la vie ; mais les « passions excitées » par Racine, c
438ns Bérénice par une « censure » morale évidemment chrétienne d’origine. [p. 222] Racine ne peut ni ne veut être pleinement lucide.
439aux lois de la raison du siècle, reniant l’absolu chrétien. Les « mérites » et [p. 226] non plus la grâce imprévisible décident
440oncement à la passion, et cette mort de Julie est chrétienne — autant qu’il peut dépendre de Rousseau. (Il insiste longuement, dan
441e [p. 253] de Parsifal, et par-dessous l’imagerie chrétienne, dans le Saint Graal, la pierre sacrée des Iraniens et des Cathares,
90 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
442 « essentiellement malheureux », et cette passion chrétienne est la seule vérité, et tous nos « devoirs » humains (dont le bonheur
443l, pour l’avoir toléré… (Seul le Christ a vécu en chrétien !) Et comment réfuter ce furieux ? Les incroyants sont renvoyés aux a
444sauvé par Agapè Alors l’amour de charité, l’amour chrétien, qui est Agapè, paraît enfin dans sa pleine stature : il est l’affirm
445dra corriger sensiblement ce schéma de l’Occident chrétien. Tout d’abord : ce n’est pas le christianisme qui a fait naître la pa
446ne vie secrète. L’amour-passion n’est pas l’amour chrétien, ni même le « sous-produit du christianisme » ou le « changement d’ad
447lit de l’hérésie qui en résulta avec l’orthodoxie chrétienne. Première correction d’importance. [p. 343] Ensuite, il est urgent d
448al ? Ou quelque influence indirecte de l’ambition chrétienne définie par l’Apôtre (Romains, 8), et qui tendrait à restaurer le Cos
449loi primitive, troublée par le péché ? La volonté chrétienne de transformer le pécheur dans son âme et dans sa conduite a entraîné
450. L’esprit catastrophique de l’Occident n’est pas chrétien 208 . Il est tout au contraire manichéen. C’est ce qu’ignorent commun
451sme et l’Occident, comme si tout l’Occident était chrétien. Si donc l’Europe succombe à son mauvais génie, ce sera pour avoir tr
452 la prise sur le concret dans ses limitations. Le chrétien prend le monde tel qu’il est, et non point tel qu’il peut le rêver. S
453ême coup nous sommes jetés au cœur même de la foi chrétienne ! Car voici : cet homme mort au monde, tué par l’amour infini, devra
91 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
454 philosophie de Motse (taoïste) — la seule un peu chrétienne, qui a pour fondement quelque chose qui se rapproche du mot « amour »
455 il n’y a pas de problème mystique au sens où les chrétiens l’entendent. Ce qu’ils ont à expérimenter… c’est l’immanence d’un Die
456mière touche de l’amour divin, à la conversion du chrétien. Gottfried de Strasbourg peignant l’amour de Rivalen pour Blanchefleu
457 12. Les Béguines : du catharisme à la mystique chrétienne par la poétique courtoise « À la fin du xiie siècle et au début du x
92 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
458iption si enthousiaste qu’à la fin, la conception chrétienne que je lui oppose « paraît quelque peu exsangue ». Je pourrais essaye
459 Dans ma dissonance obstinée, je considère que le chrétien, c’est un [p. 763] homme qui choisit sans retour, et qui décide de re
93 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Propos sur la religion, par Alain (avril 1939)
460 ». Je voudrais au moins l’indiquer. [p. 705] Un chrétien sait que sa foi n’est nullement le contraire du doute intellectuel, m
461 le pense aussi. (Voyez le racisme.) Mais pour le chrétien, « la foi est la substance des choses espérées ». Ce qu’un esprit com
462s rencontré que des hommes « religieux », non des chrétiens vivant selon la foi et capables de lui faire pressentir que ses obser
94 1940, Mission ou démission de la Suisse. 1. Le protestantisme créateur de personnes
463urd’hui sur l’Église, et sur la civilisation dite chrétienne, incitent beaucoup de nos contemporains à se tourner vers le passé po
464pleur de l’attaque qui se prépare contre le monde chrétien, beaucoup, jusque parmi les incroyants, sentent le besoin de reprendr
465transformer substantiellement dans le vocabulaire chrétien. [p. 21] Car voici le moment décisif de notre histoire. La Grèce ind
466 nouveau. Prenons le cas de l’esclave qui devient chrétien. Alors que l’État romain lui déniait toute activité libre et spontané
467nversion. Tel est l’homme neuf, créé par l’Église chrétienne. Ce n’est pas l’individu grec, puisqu’il se soucie davantage de servi
468même terme qui va servir aux premiers philosophes chrétiens à désigner la réalité de l’homme dans un monde christianisé. Car cet
469le de la personne, sont bel et bien des créations chrétiennes ou, pour mieux dire, des créations de l’Église chrétienne. Voici donc
470es ou, pour mieux dire, des créations de l’Église chrétienne. Voici donc définis par leurs origines, et dans leur genèse historiqu
471e la distinction entre l’homme naturel et l’homme chrétien. Ces bases étant posées, faisons dans nos pensées [p. 26] un petit sa
472ste. Il fallait le prévoir. En effet, la personne chrétienne était une sorte de paradoxe : elle unissait l’individu libre et la pe
473roclamer les droits et les devoirs de la personne chrétienne — c’est la Réforme. Nous touchons au cœur même du sujet. Qu’on m’ente
474rme, Calvin n’ajoute rien à la réalité de l’homme chrétien, du membre de l’Église, mais il apporte une précision capitale à la d
475r un individu dans le plan de l’État. La personne chrétienne, ce sera le rôle que Dieu attribue à [p. 32] chaque homme dans Son pl
476roite, alors qu’il est du diable, et que c’est en chrétiens que nous avons maintenant à nous défendre, dans cette guerre qui nous
477it qu’une telle religion hait mortellement la foi chrétienne, tournée vers le pardon, le futur éternel, le rachat du péché d’origi
478tte défense spirituelle sur la notion de « Suisse chrétienne », [p. 47] défions-nous de certains élans qui nous feraient tomber à
479 du temporel et du spirituel. Parler d’une Suisse chrétienne quand beaucoup de Suisses, et des plus influents, sont incroyants, ce
480ire au césaro-papisme. Si le mot d’ordre « Suisse chrétienne » doit être lancé, ce ne peut être que par les Églises seules, et non
481t non par un parti ou par une ligue. Une « Suisse chrétienne », ce serait une Suisse dont les citoyens seraient chrétiens, ou tout
482, ce serait une Suisse dont les citoyens seraient chrétiens, ou tout au moins accepteraient en bonne conscience des directions ch
483 accepteraient en bonne conscience des directions chrétiennes dans leurs activités. En l’attendant, et en la préparant, sachons mai
484a contamination totalitaire. Mais du point de vue chrétien, il faut alors rappeler que la personnalité, si grande soit-elle, dev
485n sa pureté, le centre et l’axe même de la notion chrétienne de la personne, à la fois libre et engagée. Il en résulte que la Réfo
486« occasionnel », mais dans le sens du hic et nunc chrétien. Or il se trouve qu’ici et maintenant, notre situation ressemble fort
487z nous, par une espèce de croisade intérieure. Le chrétien est celui qui n’a pas d’autre ennemi à craindre que l’ennemi qu’il po
95 1940, Mission ou démission de la Suisse. 2. La bataille de la culture
488re, par les communautés de l’Église primitive. Le chrétien primitif est un homme qui, du fait de sa conversion, se trouve chargé
489encore, au temps de la Réformation, l’Institution chrétienne de Jean Calvin. Mais dans l’époque moderne, les Églises ont paru, ell
96 1940, Mission ou démission de la Suisse. 4. La Suisse que nous devons défendre
490l me suffise de remarquer que si nous étions plus chrétiens, nous serions beaucoup plus tolérants dans ce domaine, nous aurions b
491us agacé que n’importe qui par certaine façon peu chrétienne de comparer toujours les défauts pratiques du protestantisme avec les
492finiment diverses. Là encore, si nous étions plus chrétiens, nous serions moins farouchement égalitaires. Nous serions beaucoup p
493 exceptionnelle. Sans doute faut-il être vraiment chrétien pour respecter sans nulle arrière-pensée la vocation d’autrui. Car se
494ère-pensée la vocation d’autrui. Car seul un vrai chrétien connaît et aime le secret de la liberté, que Vinet nous révèle en écr
495té réelle dans notre monde que grâce à la foi des chrétiens, et à leur action politique. Et vous voyez qu’au bout du compte, et «
496nt basées sur notre foi non point politique, mais chrétienne ? Oui, comment justifier encore, dans cette guerre-ci, [p. 149] aux y
497 traités nous y forcent. Et certes, aux yeux d’un chrétien et d’un Suisse, les traités ne seront jamais de simples chiffons de p
498a mission de la Suisse, ou mieux, d’un terme plus chrétien, sa vocation. C’est très facile à dire en quelques mots. La vocation
499’ai voulu profiter de cette rencontre de jeunesse chrétienne pour vous parler de la vocation de la Suisse. Qui, en effet, mieux qu
500vocation de la Suisse. Qui, en effet, mieux qu’un chrétien, mieux qu’un protestant calviniste, pourrait savoir de quoi l’on parl
501’une vocation de la Suisse, si ce n’était à nous, chrétiens Suisses ? C’est pourquoi je voudrais consacrer cette dernière partie
502nsuite, sur les moyens de réaliser notre vocation chrétienne en tant que Suisses. Quand on parle d’une vocation de la Suisse vis-à
503ux qui crient à l’utopie. Eh bien, j’estime qu’un chrétien est l’homme qui doit savoir mieux que tout autre qu’une vocation est
504e de foi. Il n’en va pas autrement dans la vie du chrétien. [p. 159] Nous ne pouvons jamais partir que de ce que nous sommes, c’
505 foi l’y ajoute. Pourquoi un incroyant devient-il chrétien, et se met-il un beau jour à vivre en chrétien, au lieu de vivre pour
506il chrétien, et se met-il un beau jour à vivre en chrétien, au lieu de vivre pour lui-même ? C’est parce qu’il a lu la Bible par
507individu ou le pays qui se reconnaît une vocation chrétienne doit sans nul doute partir des faits — sous peine de divaguer dans l’
508, et troisièmement en faisant tout cela comme des chrétiens. 1. Travaillons tout d’abord à la défendre, c’est-à-dire à la faire c
509ène à mon troisième et dernier point. C’est comme chrétiens que nous devons travailler à cette défense, à cette illustration de l
510 illustration de l’idée suisse. Je m’explique. Le chrétien a le devoir d’agir, d’agir dans le monde et pour le monde, dans la ci
511tiquement du haut de la chaire ! Or l’action d’un chrétien, placé par sa naissance dans la communauté des Suisses, doit naturell
512les citoyens. Mais la mission spéciale du citoyen chrétien, ce sera de dégager de ces données communes un sens spirituel, une vo
513 communes un sens spirituel, une vocation. Car le chrétien est, si l’ose dire, un spécialiste de la vocation. Cette action parti
514la vocation. Cette action particulière du citoyen chrétien sera dans l’intérêt de la Suisse, certes. Mais elle sera d’abord obéi
515e point, qui est capital. Nous ne devons pas être chrétiens parce [p. 165] que nous sommes Suisses, mais nous devons être de bon
516devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Je tiens à dissiper ici toute équivoque. Il ne manque pas de
517 dire qu’un bon citoyen suisse a le devoir d’être chrétien, comme si ce devoir était la conséquence obligatoire d’un très ardent
518devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens [p. 166] d’abord. Gardons-nous du Schweizerchristentum ! À ces Schwei
97 1940, La Vie protestante, articles (1938–1961). « Dieu premier servi » (26 avril 1940)
519ais il existe d’autres pays où la foi d’un soldat chrétien pourrait avoir des effets exactement contraires. Elle pourrait amener
520lus brûlante de l’époque : celle de l’attitude du chrétien en face de ses devoirs civiques et militaires. Là-dessus, quelques re
521ffaire privée », ainsi que le prétendait Marx. Le chrétien a le devoir d’agir au nom de sa foi, d’agir dans le monde et pour le
522tiquement du haut de la chaire ! Or l’action d’un chrétien placé par sa naissance dans la communauté des Suisses doit naturellem
523ui se trouvent être communes à tous les citoyens, chrétiens ou non. La mission spéciale du citoyen chrétien, ce sera de dégager d
524 chrétiens ou non. La mission spéciale du citoyen chrétien, ce sera de dégager de ces données communes un sens spirituel, une vo
525 un sens spirituel, une vocation positive. Car le chrétien est, si j’ose dire, un spécialiste de la vocation. Cette action parti
526la vocation. Cette action particulière du citoyen chrétien sera dans l’intérêt de la Suisse, certes. Mais elle sera d’abord obéi
527e point, qui est capital. Nous ne devons pas être chrétiens parce que nous sommes Suisses et que la Suisse est officiellement un
528isses et que la Suisse est officiellement un pays chrétien. Mais nous devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétien
529devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Or, je constate qu’on entretient chez nous d’assez graves éq
530ndre, qu’un bon citoyen suisse a le devoir d’être chrétien, comme si ce devoir était la conséquence obligatoire d’un très ardent
531devons être de bons Suisses parce que nous sommes chrétiens d’abord. Gardons-nous du Schweizer Christentum ! À ces Schweizer Chri
98 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
532à quel point l’« anti-christianisme » de Gide est chrétien dans ses déterminations ? Je crois qu’on s’est trop laissé prendre à
533e, hérité malgré tout de cette première éducation chrétienne, l’a mis en garde contre certaines altérations, les plus fréquentes,
534 consiste à se délivrer de cela même que certains chrétiens désireraient lui « révéler ». Le problème de la conversion devient po
535« Je ne suis ni protestant ni catholique, je suis chrétien tout simplement. » Position caractéristique du protestantisme libéral
536Kierkegaard, lui aussi, répétait : je ne suis pas chrétien. Mais c’était par désir de sauver une conception pure de la foi, dont
99 1942, La Part du Diable (1982). Introduction. Que la connaissance du vrai danger nous guérit des fausses peurs
537plus beau, c’est que cela réussit : ils devinrent chrétiens. Nous suivions le groupe qui se dirigeait vers les salons. Et je pens
538gereux de dire la vérité en général, et la vérité chrétienne en particulier. Dangereux pour celui qui la dit ! Si nous voulons êtr
539reux pour celui qui la dit ! Si nous voulons être chrétiens, soit, mais sachons de quel prix cela se paye. Il y a dix-neuf siècle
100 1942, La Part du Diable (1982). II. Hitler ou l’alibi
540a lutte qu’il mène contre les Églises et le monde chrétien n’est qu’un premier avertissement à nous armer pour le Combat final,
541it qu’une telle religion hait mortellement la foi chrétienne, tournée vers le pardon, le futur éternel, le rachat du péché d’origi
542s qu’il n’allume plus de bûchers [p. 78] pour les chrétiens, et que ceux-ci tolèrent les hérétiques) c’est la mort sous les balle