1 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
1ras et l’entraîne dans le bal. Vit-on jamais plus courtoise dérision du génie. Spectacle en vérité terriblement intéressant ! Le
2 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
2d’imagination ; correct et consciencieux, savant, courtois et libéral ; facilement étonné ; bourgeois jusque dans le respect cra
3 1936, Esprit, articles (1932–1962). Erskine Caldwell, Le Petit Arpent du Bon Dieu (novembre 1936)
3poser l’esprit gaulois aux conventions de l’amour courtois, et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposition avec
4 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
4ilable à celle d’un mythe. Tristan est un roman « courtois ». La courtoisie est née dans le Midi au xiie siècle, sous l’influen
5a chasteté. Mais nous avons montré que le symbole courtois de l’amour pour une Dame spirituelle, amour évidemment incompatible a
6ificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident nouveau, im
5 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
7n vrai amour pour l’autre. L’analyse des légendes courtoises nous a révélé que Tristan n’aime pas Iseut mais l’amour même, et au-d
8 perdue. C’est l’émouvante formule de la fidélité courtoise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans le mariag
9e un retour au monde réel, tandis que la fidélité courtoise ne signifiait qu’une évasion. Dans le mariage, c’est à l’autre d’abor
10dant, si les conclusions de notre examen du mythe courtois sont justes, il faudra corriger sensiblement ce schéma de l’Occident
6 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
11pe historique donné : l’élite sociale, la société courtoise et pénétrée de chevalerie du xiie et du xiiie siècle. Ce groupe est
12t la cultivent. Il est probable que la chevalerie courtoise ne fut guère qu’un idéal. Les premiers auteurs qui en parlent ont [p.
13élon sera celui qui révèle les secrets de l’amour courtois. Ce seul exemple suffirait à démontrer que les auteurs du Roman avaie
14 en toute conscience pour la [p. 35] chevalerie « courtoise » contre le droit féodal. Mais nous avons d’autres raisons de le croi
15ption de la fidélité et du mariage, selon l’amour courtois, est seule capable d’expliquer certaines contradictions frappantes du
16it. Selon la thèse officiellement admise, l’amour courtois est né d’une réaction à l’anarchie brutale des mœurs féodales. On sai
17eurs de querelles infinies et de guerres, l’amour courtois oppose une fidélité indépendante du mariage légal et fondée sur le se
18loi supérieure du donnoi, c’est-à-dire de l’amour courtois. (Donnoi, ou domnei en provençal, désigne la relation de vasselage in
19ors du mariage et contre lui. Mais cette fidélité courtoise présente un trait des plus curieux : elle s’oppose, autant qu’au mari
20l la livre à Marc : c’est que la règle de l’amour courtois s’oppose à ce qu’une telle passion « tourne à réalité », c’est-à-dire
21le, masque et complice énigmatique de la fidélité courtoise. Il choisit en toute liberté, car nous avons marqué plus haut qu’étan
22 les martyrise ? Répondre : ainsi le veut l’amour courtois, ce n’est pas encore répondre sur le fond, car il s’agit de savoir po
23eur ? Mais c’est tout un, car le démon de l’amour courtois qui inspire au cœur des amants les ruses d’où naît leur souffrance, c
24l’existence concrète du mari, méprisé par l’amour courtois. Occasion de prouesse classique et de rebondissements faciles. L’exis
25s caché de l’épée). C’est une victoire de l’idéal courtois sur la robuste tradition celtique qui affirmait l’orgueil de vivre. C
7 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
26om par ailleurs bien connu : la cortezia, l’amour courtois. [p. 78] 6. L’amour courtois : Troubadours et Cathares Que toute la
27 cortezia, l’amour courtois. [p. 78] 6. L’amour courtois : Troubadours et Cathares Que toute la poésie européenne soit issue d
28uler une hypothèse sur l’origine de la rhétorique courtoise, les spécialistes l’accablent des plus aigres ironies, en France surt
29e prononcer. Ce qui revient à dire que la lyrique courtoise dont il s’occupe reste à ses yeux et jusqu’à plus ample informé « un
30ivantes. D’une part, l’hérésie cathare et l’amour courtois se développent simultanément, dans le temps (xiie siècle) comme dans
31ès « où les chevaliers et les femmes du pays sont courtois », et c’est aussi « Dame Louve, qui m’a si bien conquis, que, par Die
32me de la séparation, le leitmotiv de tout l’amour courtois : Dieu ! comment se peut-il faire Que plus m’est loin, plus la désir
33nc moins « claire » et moins « pure », du lyrisme courtois. 8. Objections Des deux chapitres qui précèdent, se dégagent, presq
34rce (ou l’une des sources principales) du lyrisme courtois ; 2° que les troubadours n’ont jamais dit qu’ils suivaient cette reli
35s du dogme qu’il faut chercher dans la rhétorique courtoise, mais bien le développement lyrique et psalmodique des symboles fonda
36lité hérétique des lieux communs de la rhétorique courtoise devient sensible dès que l’on compare ces lieux communs à ceux de la
37s auteurs récents ont objecté que jamais un poète courtois n’avait « vendu la mèche » même une fois converti à l’orthodoxie cath
38ymbolisme même dogmatique à l’origine. 3. L’Amour courtois serait une idéalisation de l’amour charnel C’est la thèse la plus cou
39hssler, qui veut voir, lui aussi, dans la lyrique courtoise une expression de sentiments religieux de l’époque 53 , Jeanroy écrit
40obligé de reconnaître l’équivoque des expressions courtoises et leurs résonances mystiques. « II est certain — doit-il avouer — qu
41u être mes scrupules à l’origine — que le lyrisme courtois fut au moins inspiré par l’atmosphère religieuse du catharisme 57 . C
42 d’opposer à l’interprétation religieuse de l’art courtois. Or il se trouve que, dès le ixe siècle, une synthèse non moins « im
43les plus frappantes analogies avec les métaphores courtoises. ⁂ [p. 112] Lorsque Sismondi avança l’hypothèse d’une influence arab
44 d’Alep, troubadours de l’Amour suprême, chantres courtois de l’Idée voilée, objet aimé mais en même temps symbole du Désir divi
45est d’ailleurs pas sans rapport avec la situation courtoise — nous retrouvons en Occident et dans le Proche-Orient les mêmes prob
46 Jean de la Croix. ⁂ Une brève revue des thèmes « courtois » de la mystique arabe fera sentir à quelles profondeurs le paralléli
47dalousie, le nom même de l’amour qui va s’appeler courtois dans le Midi, puis remonter vers le Nord celtique, à la rencontre de
48preuves » de l’influence andalouse sur les poètes courtois ne sont plus à faire 61 . Et je pourrais ici remplir des pages de cit
49des clercs, ni dans le parler vulgaire. La poésie courtoise est née de cette rencontre. Et c’est ainsi qu’au dernier confluent d
50’amour-passion. 10. Vue d’ensemble du phénomène courtois Revenant après de longues années sur les problèmes soulevés par les p
51erminée. (Rapports entre le soufisme et la poésie courtoise des Arabes ; influence de Freud sur l’école surréaliste.) Les polémiq
52depuis quinze ans par les spécialistes de l’amour courtois, du catharisme et du manichéisme, et peut-être l’expérience vécue aut
53t qu’il est possible, la problématique de l’amour courtois — parce que je la crois vitale pour l’Occident moderne, et pour notre
54ivent d’abord, puis publient largement, en poèmes courtois et en lettres, le premier grand roman d’amour-passion de notre histoi
55sion à l’aimée est la marque naturelle d’un homme courtois. ») Voici la Chasteté : Celui qui se dispose à aimer d’amour sensuel
56ivre de la tyrannie du désir en portant le Désir (courtois) à l’extrême : Par excès de désir, je crois que je me l’enlèverai, s
57odèles avaient chanté. « Ce n’est plus de l’amour courtois, si on le matérialise ou si la Dame se rend comme récompense », écrit
58es ambiguïtés ménagées par le « service » d’amour courtois, Cercamon n’hésite pas à écrire en mettant les points sur les i : « 
59 à de telles précisions de langage, la rhétorique courtoise et son système de vertus, de péchés, de louanges et d’interdits, deme
60eu et place de conclusions définitives. — L’amour courtois ressemble à l’amour encore chaste — et d’autant plus brûlant — de la
61e — si rien ne suffit à l’« expliquer » — l’amour courtois. Au terme de l’espèce de contre-enquête à laquelle je viens de me liv
62u-dessus de mes premières constatations : l’amour courtois est né au xiie siècle, en pleine révolution de la psyché occidentale
63ntime, perpétuellement nouvelle. 11. De l’Amour courtois au roman breton Remontons maintenant du Midi vers le Nord : nous déco
64ne transposition romanesque des règles de l’amour courtois et de sa rhétorique à double sens. « C’est du contact des légendes ex
65 du contact des légendes exotiques avec les idées courtoises que naquit le premier roman courtois », écrit M. E. Vinaver. Ces lége
66 les idées courtoises que naquit le premier roman courtois », écrit M. E. Vinaver. Ces légendes « exotiques », c’étaient les vie
67normands reçurent le code et le secret de l’amour courtois 79 . Chrétien de Troyes déclare tenir le fond et l’esprit de ses roma
68g, dieu du ciel lumineux. Et bien que la doctrine courtoise rejoignît et fît resurgir d’anciennes traditions autochtones, elle n’
69  ? Ou simplement, une « profanation » des thèmes courtois, que les trouvères auraient utilisés sans grands scrupules à d’autres
70es allégories illustrant la morale et la mystique courtoise (comme j’inclinerais à le penser). Toutes les hypothèses sont permise
71e la faute. (Et j’entends bien la faute au sens « courtois », non pas au sens de la morale chrétienne.) Les ouvrages de Chrétien
72 comme de Tristan — c’est le péché contre l’amour courtois, la possession physique d’une femme réelle, la « profanation » de l’a
73ton Tristan nous apparaît comme le plus purement courtois des romans bretons, en ce sens que la part épique — combats et intrig
74 temps, Tristan est le plus « breton » des romans courtois, en ce sens qu’on y trouve incorporés des éléments religieux et mythi
75e la mythologie celtique s’est transmise au cycle courtois non par des voies proprement religieuses, mais par le culte plus prof
76 d’isoler l’élément non celtique, donc proprement courtois qui provoqua, au xiie siècle, la constitution de notre mythe. Qu’on
77tion et le dénouement, tandis que dans les romans courtois, c’est la tragédie intérieure. Enfin, l’amour celtique (en dépit de l
78se soit si aisément adapté au symbolisme du roman courtois. Mais cette analogie reste purement formelle. Tout au plus devait-ell
79uffiront à faire concevoir l’originalité du mythe courtois. On y trouve exprimé et commenté en termes étonnamment modernes le pr
80es le principe de cohésion qu’apporte la mystique courtoise aux éléments religieux, sociologiques ou épiques, hérités [p. 146] du
81’autel catholique au Christ, s’opère le sacrement courtois : les amants « communient » dans la passion. En lieu et place du mira
82son des corps. C’est ici le jugement de la morale courtoise, dans toute la virulence de son manichéisme, qui triomphe du jugement
83s’opère dans les expressions poétiques de l’amour courtois lorsqu’on passe du Midi des troubadours au Nord plus barbare des trou
84 parfois étrangement semblable à celui de l’amour courtois. Nos grandes littératures sont pour une bonne partie des laïcisations
8 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
85ards, une première « profanation » de la mystique courtoise et de ses sources (néo-platonisme, manichéisme, soufisme). La mythifi
86aient pas toujours très bien saisi l’enseignement courtois dans sa pureté, soit qu’ils aient été entraînés par l’ardeur propreme
87 de reposer sur une faute contre les lois d’amour courtois, puisque tout le drame vient de l’adultère consommé. De là que nous a
88re et parfois équivoque traduction de la mystique courtoise. (Il arrive que les situations les plus apparemment « mystiques » du
89s du mythe, et le Roman cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cesserait d’être ce qu’il fut, pour se met
90serait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cesserait d’être ce qu’il fut, pour se mettre à ressembler à ce que n
91les Toute la poésie d’Occident procède de l’amour courtois et du roman breton qui en dérive. C’est à cette origine que notre poé
92 exemple non moins frappant de l’usage des thèmes courtois. On sait que saint François d’Assise avait appris le français dans sa
93t que la rhétorique des troubadours et des romans courtois sont les sources directes du lyrisme franciscain, lequel à son tour d
94nspiration, n’en sont que plus « érotiques » ou « courtoises » de langage : Mon cœur se fond comme la glace au feu lorsque étroit
95im de m’unir à l’Amour. 112 5. La Rhétorique courtoise chez les mystiques espagnols Si maintenant nous parcourons les textes
96plus précieuses, la rhétorique entière de l’amour courtois. À défaut d’une anthologie qui tiendrait décidément trop de place 113
97tilise constamment, et même raffine la rhétorique courtoise. S’agit-il d’influences littéraires ? Ou de courants hérétiques soute
98tuelle étaient tous fortement imbus de rhétorique courtoise et [p. 179] chevaleresque. La question a d’ailleurs été traitée, par
99ne. [C’est moi qui souligne.] c) Surtout l’amour courtois et l’amour divin s’exaltent l’un et l’autre dans la même conception h
100gir ». [Ici, je ferai quelques réserves : l’amour courtois, dans sa pureté première, aime pour souffrir, pour « pâtir »…] d) Ce
101ercher la synthèse de l’amour divin et de l’amour courtois, mais chez les troubadours provençaux du xiie siècle. Les plus fécon
102e : le langage passionnel vient d’une littérature courtoise née dans l’ambiance d’une certaine hérésie ; mais cette hérésie, à so
103s [p. 185] courantes sont celles de la rhétorique courtoise. Que les mystiques s’en emparent sans hésiter ne signifie donc pas du
104à nous, c’est l’histoire de la déchéance du mythe courtois dans la vie « profanée ». C’est le récit des tentatives de plus en pl
9 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
105a pas grand-peine à jalonner l’évolution du mythe courtois dans la morale des peuples d’Occident : l’on peut admettre qu’elle es
106 Croisade des Albigeois a saccagé la civilisation courtoise du Languedoc, dispersant les derniers troubadours. Que va devenir la
107art des cas : dès le xive siècle, la littérature courtoise s’est détachée de ses racines mystiques ; elle s’est alors trouvée ré
108e Lorris — dans la première partie du roman, dite courtoise — c’est l’amour de la femme idéale, vraie femme déjà mais femme inacc
109te des Siciliens. Dans quelle mesure cette poésie courtoise du Sud s’inspira-t-elle des troubadours ? La question est encore obsc
110ymbolique. Tel est le secret paradoxal de l’amour courtois : guindé et froid quand il ne vante que la femme, mais tout ardent de
111un tel cri, où s’avoue le dernier secret du mythe courtois, c’est le signe d’une grâce reçue. Ce qui peut arracher à l’espoir va
112 hérétique des « parfaits » qui inspira la poésie courtoise. C’est donc bien elle, qui, peu à peu, contamina par le moyen d’une l
113but du xiie siècle, en plein triomphe de l’amour courtois, l’on voit paraître cette tendance contraire, celle qui glorifiera la
114alisme, en fin de compte, que l’idéal des épopées courtoises ? Il me paraît que la « gauloiserie » n’est qu’un pétrarquisme à rebo
11536 — l’esprit gaulois aux conventions de l’amour courtois et à y voir la conception naturaliste de l’amour, en opposition avec
116ois premiers vers exaltent la femme selon le mode courtois, tandis que le quatrième réfute d’un trait brutal ces éloges. Autre c
117ier le moins du monde ses lieux communs de poésie courtoise 137 . Dante a vengé d’avance les troubadours en mettant en Enfer des
118aissait la signification réelle de la littérature courtoise, et raillait non sans désespoir les rêveries de ses contemporains, ad
119avons Roméo et Juliette qui est la seule tragédie courtoise, et la plus belle résurrection du mythe avant le Tristan de Wagner. T
120e moins qu’on pourrait le croire à une doctrine « courtoise » de l’amour. Entre un monisme qui assimile l’esprit à la matière (ou
121siècle qui inventa le happy ending. Le vrai roman courtois débouchait dans la mort, s’évanouissait dans une exaltation au-delà d
122 c’est une des exigences fondamentales de l’amour courtois (l’un des articles des Leys d’Amors). Et que cette exigence est polém
123e un amour par devoir. C’est le plus pur langage courtois. Mais voyez la curieuse contradiction ; auparavant, il voulait le rep
124nterprétée par un « moderne » dans la perspective courtoise de l’amour réciproque malheureux. Ainsi devient-elle la formule même
125ancolie de nature essentiellement trouble. L’Éros courtois voulait nous libérer de la vie matérielle par la mort ; et l’Agapè ch
126e le terrain, il s’enfuit. Or la règle de l’amour courtois faisait du viol précisément le crime des crimes, la félonie sans rémi
127parce qu’il subit la sensualité et désire l’idéal courtois, les données de l’œuvre de Sade, et les raisons précises de sa révolt
128er les preuves de l’évidente renaissance du thème courtois — donc de l’amour réciproque malheureux — chez tous les romantiques a
129érence entre la cristallisation et l’idéalisation courtoise tient en ceci : Stendhal sait qu’il y aura décristallisation (retour
130ie siècle, et [p. 248] reproduit le code d’amour courtois en appendice. (Raynouard et Fauriel venaient de provoquer la renaissa
131r s’affranchir des liens sensuels : or la passion courtoise n’avait pas d’autre but, et son langage n’avait pas d’autre clé. Perd
132-à-dire totalement invertis par rapport à l’amour courtois. La religion des troubadours se prêtait aux complicités les plus sour
133 dans tous les domaines Le mythe sacré de l’amour courtois, au xiie siècle, avait eu pour fonction sociale d’ordonner et de pur
134sacrée, ils se résolvent en littérature. Le mythe courtois, mieux que tout autre, se prêtait à ce processus, puisqu’il n’avait p
10 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
135ensemble de mœurs et de coutumes dont la mystique courtoise a créé les symboles. Or passion signifie souffrance. Notre notion de
136es de sainte Thérèse les plus imbus de rhétorique courtoise) écrit dans son Ley de Amor : « Ne pense pas que le combat de l’amour
137la vie pour l’aimé. » ⁂ On a vu que la rhétorique courtoise traduit, à l’origine, la lutte du Jour et de la Nuit. La mort y joue
138té médiévale !) Or s’il est vrai que cette morale courtoise ne parvint guère à transformer les mœurs privées des hautes classes,
139crifiées à celles de l’esthétique ou de l’honneur courtois. « En 1415, Henri V d’Angleterre va à la rencontre des Français avant
140tes pour esquiver ses engagements. La casuistique courtoise en offre d’excellents. Cette casuistique « ne régit pas seulement la
141rque le mieux le caractère particulier de l’idéal courtois, radicalement contradictoire avec la « dure réalité » de l’époque : i
142s instincts érotiques et guerriers et de la règle courtoise idéale : c’est le terrain nettement circonscrit de la lice où se joue
143ns que les conventions de la guerre et de l’amour courtois ont marqué les coutumes occidentales d’une empreinte qui ne s’effacer
144 sexuelle dénote un recul sensible des influences courtoises, une dépréciation du mythe tragique. Le platonisme des petites cours
145a réponse du xiie siècle avait été la chevalerie courtoise, son éthique et ses mythes romanesques. La réponse du xviie siècle a
11 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
146a chasteté. Mais nous avons montré que le symbole courtois de l’amour pour une Dame (spirituelle), amour évidemment incompatible
147ificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident nouveau, im
12 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
148n vrai amour pour l’autre. L’analyse des légendes courtoises nous a révélé que Tristan n’aime pas Iseut mais l’amour même, et au-d
149 perdue. C’est l’émouvante formule de la fidélité courtoise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans le mariag
150e un retour au monde réel, tandis que la fidélité courtoise ne signifiait qu’une évasion. Dans le mariage, c’est à l’autre, en mê
151croira cependant Novalis, renouvelant la mystique courtoise et les vieilles traditions celtiques. En même temps, elle échappe à l
152dant, si les conclusions de notre examen du mythe courtois sont justes, il faudra corriger sensiblement ce schéma de l’Occident
13 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
153 d’une belle image d’honneur princier et de vertu courtoise, et créait l’illusion de l’ordre. (Ibid., p. 80.) 3. Chansons de g
154(Ibid., p. 80.) 3. Chansons de geste et romans courtois Les chansons de geste sont nées au xie siècle, et pas avant comme l’
155et 1180 selon Bédier) contient un épisode d’amour courtois. Elle est écrite dans un dialecte intermédiaire entre le français et
156que cette situation ne peut être qu’une invention courtoise (elle tranche nettement sur le reste de la légende qui est cléricale
157permet de mesurer l’influence décisive de l’amour courtois sur les auteurs du cycle breton. Voici la donnée : le duc Girard de R
158homonyme) — enfin dans les deux légendes, l’amour courtois et sa fidélité triomphent idéalement du mariage et de sa fidélité, en
159es guerres sans fin. — Voici deux autres textes « courtois ». Ils nous permettent également de concevoir que Béroul et Thomas n’
160) (Note de 1971.) [p. 359] 5. Mystique et amour courtois Dans un appendice à son beau livre sur la Théologie mystique de saint
161position à tout amour charnel » (p. 195). L’amour courtois serait au contraire « l’expression poétique de la concupiscence » (p.
162 360] mœurs ? S’il fallait inférer des métaphores courtoises « grossières » aux mœurs des troubadours, ma déduction serait inverse
163 l’on veut déduire d’un tel « refus » que l’Amour courtois était purement sensuel, la déduction vaudrait aussi pour sainte Thérè
164’amour des êtres. Certes : « la pureté de l’amour courtois sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les unit ».
165ique les unit ». Mais il faut voir que les amants courtois ne sont séparés sur la terre qu’en vertu de cet amour mystique qui le
166ulement communier. d) Pour démontrer que l’amour courtois est sensuel, M. Gilson cite encore une strophe de Thibaut de Champagn
167la question d’une influence possible de l’hérésie courtoise sur la mystique franciscaine. Il commence par nier toute communicatio
168tharisme à la mystique chrétienne par la poétique courtoise « À la fin du xiie siècle et au début du xiiie , nous voyons se mult
169sions, dans une curieuse mesure, à la littérature courtoise ». Leurs poèmes d’amour divin sont connus, publiés et traduits aujour
170 manifeste dans les formes rhétoriques du lyrisme courtois, et cette littérature influencera Maître Eckhart, puis Ruysbroeck, pu
171es thèmes, les mètres, les expressions de l’amour courtois… Parfois, le premier vers semble traduit d’un poème provençal ou fran
172se, qu’un « abîme sépare » le catharisme, l’amour courtois, et la mystique européenne ? 13. Sur le sadisme Je trouve une confi
14 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
173 sont autres que les dogmes. — Ça existe, l’amour courtois !… dites-vous. Mais voilà, je le « vide de sa riche, émouvante réalit
174reproche inverse : celui d’avoir donné de l’amour courtois une description si enthousiaste qu’à la fin, la conception chrétienne
175 pas de décrire les différents aspects de l’amour courtois, mais seulement cet aspect, à mon sens décisif, que je rapporte au ca
176épassée, je n’aurais pas écrit mon livre. L’amour courtois, ça existe tellement que j’en ai fait la cause principale de la crise
177une certaine conception « dissonante » de l’amour courtois tel qu’il put être vécu au xiie siècle, mais une certaine compréhens
15 1946, Journal des deux Mondes. 10. Solitudes et amitiés
178 Une journée à l’OWI. — André Breton, superbement courtois, patient comme un lion bien décidé à ignorer les barreaux de sa cage,
16 1947, Doctrine fabuleuse. 15. Antée ou La terre
179rnières séances, je me suis risqué à une allusion courtoise à sa légende bien connue. Il est entré dans une fureur terrible, a ca
17 1955, Preuves, articles (1951–1968). Le Château aventureux : Passion, Révolution, Nation (mai 1955)
180 dans le Midi de la France la poésie et la morale courtoises, dont le thème unique est l’amour. Peu après (à Lyon, en 1143), les c
18 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 4. Le Château aventureux
181 dans le Midi de la France la poésie et la morale courtoises, dont le thème unique est l’amour. Peu après (à Lyon, en 1143), les c
19 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 4. Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
182our grec » 27 . Il s’oppose plus encore à l’amour courtois, essentiellement fidèle. « L’amour psychique est existence dans le te
183ne le terrain et s’enfuit. Or la règle de l’amour courtois faisait du viol précisément le crime des crimes, la félonie sans rémi
184 au christianisme, et plus encore à la chevalerie courtoise. Du point de vue de la psychologie individuelle, l’antériorité de Tri
20 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 7. La personne, l’ange et l’absolu ou Le dialogue Occident-Orient
185 ce que l’on a désigné historiquement comme amour courtois et amour mystique. Car l’amour tend à la transfiguration de la figure
21 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 8. L’amour même
186aginer la possession. (C’est un aspect de l’amour courtois, non le plus spécifique, ni le plus insolite). Mais s’il précède le d
22 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Annexes — iii. Post-scriptum
187eil procédé fût aussi l’un des secrets de l’amour courtois. La forme tantrique ou courtoise de l’érotisme peut être [p. 279] int
188ecrets de l’amour courtois. La forme tantrique ou courtoise de l’érotisme peut être [p. 279] interprétée de deux manières, soit q
23 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (I) (avril 1961)
189our grec » 98 . Il s’oppose plus encore à l’amour courtois, essentiellement fidèle. « L’amour psychique est existence dans le te
24 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (II) (mai 1961)
190e le terrain, et s’enfuit. Or la règle de l’amour courtois faisait du viol précisément le crime des crimes, la félonie sans rémi
191 au christianisme, et plus encore à la chevalerie courtoise. Du point de vue de la psychologie individuelle, l’antériorité de Tri
25 1961, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La personne, l’ange et l’absolu, ou le dialogue Occident-Orient (avril 1961)
192 ce que l’on a désigné historiquement comme amour courtois et amour mystique. Car l’amour tend à la transfiguration de la figure
26 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. I. Le paysage historique, ou comment se forme une fédération — I.2. « L’histoire suisse commence avec Guillaume Tell »
193ndes écoles théologiques, le printemps de l’amour courtois, la chevalerie et les Communes. Tous ces mouvements profonds de l’âme
27 1966, Preuves, articles (1951–1968). André Breton (novembre 1966)
194 Une journée à l’OWI. — André Breton, superbement courtois, patient comme un lion bien décidé à ignorer les barreaux de sa cage,
195l se contentait d’un ou deux coups d’épingle très courtois, ou d’une épithète gouailleuse, et le disciple, flatté hier encore au
28 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.10. Le Dialogue des cultures
196amour est née dans le Midi de la France : l’amour courtois. Or, elle est née de la rencontre imprévue et parfaitement imprévisib
29 1970, Lettre ouverte aux Européens. I. L’unité de culture
197’un Perceval, dans un style à la fois cistercien, courtois et fort probablement cathare (manichéen), mais surtout celte. c) Pre
30 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
198atharisme, toujours liée à l’évocation de l’amour courtois. La renaissance cathare au xxe siècle J’observe ici que ceux qui n
199hares étaient troubadours » ; et b) la rhétorique courtoise fut le langage secret de l’hérésie. Voilà qui est insoutenable en fac
200er plus fécondes pour la compréhension de l’amour courtois dans sa genèse socio-religieuse que la masse des travaux tenus pour «
201un ciel d’aube, horizon spirituel de tout l’amour courtois — j’écris pour une revue de jeunes une esquisse de l’opposition passi
202e des hérésies gnostiques et l’hérésie de l’amour courtois — est devenue dans le milieu des érudits quelque chose comme une caus
203n sût ou non, à ce moment-là, au sujet de l’amour courtois. Ils le prirent sur le ton légèrement excédé du spécialiste qui est p
204c, et qui a présenté les troubadours et la poésie courtoise comme autant d’échos de l’hérésie cathare. Hypothèse certainement ing
205erçantes du Midi, aux environs de 1165, la poésie courtoise connaît déjà plus d’un demi-siècle d’existence. Cette théorie repose
206nds essentiellement, que des données de la poésie courtoise… Pour le coup, me voilà tenté de retourner le compliment à cet émine
207données élémentaires de l’hérésie et de la poésie courtoise, j’entends leurs dates et leurs aires de diffusion, tant géographique
208ent pour les commerçants de Carcassonne ? L’amour courtois, comme son nom l’indique, se chantait dans les cours, non dans les ma
209d’Amour — Dame des pensées ; et sur la rhétorique courtoise comme langage congénial de ce culte unique. Dans son excellent petit
210er le culte de la Sagesse, sa Dame. « Sa mystique courtoise… serait bien la réplique en terre germanique de la « piété fleurie »
211ux qui reviendront me démontrer que la rhétorique courtoise ne pouvait pas traduire une mystique sapientiale, je répondrai qu’ils
212 du Saint-Esprit (p. 164). Son recours aux formes courtoises tendrait donc à montrer que celles-ci sont sans liens spécifiques ni
213urtout la valeur d’une assimilation entre l’amour courtois des troubadours et une définition de la « passion> » issue tout en
214 Davenson conteste toute assimilation entre amour courtois et amour-passion, disons entre Bernard de Ventadour et Wagner, et il
215fait tous les grands troubadours. Enfin, le roman courtois de Flamenca porte des traces certaines de catharisme, tandis que le R
216s orientales (voir plus haut p. 102) et la morale courtoise. Mais à propos de Flamenca, précisément, on voit René Nelli amorcer u
217 nature et la fonction de l’asag dans la conduite courtoise, et il se voit amené à en deviner le secret dans la « Joie d’amour »
218ables scènes décrites dans les deux grands romans courtois. Flamenca et Jaufré, dans les Romans de la Table Ronde et dans le Par
219 sur l’asag et sa liaison essentielle avec le joy courtois. 1° C’est dans et par l’asag que la rencontre de la cortezia des trou
220 le désir sans fin ». On voit ici comment l’amour courtois et le catharisme, tout en restant des hérésies distinctes — et j’adme
221 lié dès l’origine aux autres thèmes de la poésie courtoise tels que Guillaume de Poitiers les « invente » entre 1110 et 1120, ma
222ur Les origines et la formation de la littérature courtoise en Occident, se pose l’une des questions les plus ardues qui soient d
223religieux. Ce processus unique, d’où naît l’amour courtois, nous pouvons le suivre à la trace sous deux de ses aspects les mieux
224e de saint Bernard mais aussi de celui de l’amour courtois dans sa phase la plus idéalisée » 239 . Du Poitevin Guillaume et de s
225 du zadjal arabe, et les grands thèmes de l’amour courtois : la soumission du chevalier par allégeance d’amour pur à la dame, l’
226iques » aide à comprendre la naissance du lyrisme courtois dans l’œuvre de Guillaume, il est un second facteur formel dont l’act
227eire Cardenal condamnera les facilités de l’amour courtois et ridiculisera ses poètes plaintifs « qui chantent comme s’ils avaie
228 exactement contemporaines des premières chansons courtoises de Guillaume IX (environ 1110) ; elles sont toutes perdues, en dépit
229ois, dans le même temps qu’y descendait la poésie courtoise, née à Poitiers et dans le Limousin des Ventadour. Imprécation fina
230que ». Il n’y aurait donc « nul besoin d’un mythe courtois pour expliquer la passion » 246 . En [p. 413] somme, pour n’avoir pas
231ute sociale, mais aussi pour recréer la situation courtoise d’amour de loin (tout vaut mieux que la vie quotidienne partagée). Si
232t de garder Iseut pour lui, il violerait le tabou courtois. S’il couchait avec elle mariée à Marc, il violerait le tabou de l’in
233n Irlande, la scène du bain. Mais c’est la poésie courtoise et le roman breton qui, désormais, vont sensibiliser hommes et femmes
234t pas amour, qui tourne à réalité. Cette sentence courtoise signifie que fin amors est jouissance du désir, non du plaisir ; mais