1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1 [p. 354] La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929) n « Je lui ai raconté qu’il habite une
2uillet 1929) n « Je lui ai raconté qu’il habite une chaumière au bord d’un ruisseau, qu’il dort les portes ouvertes, et p
3i ai raconté qu’il habite une chaumière au bord d’un ruisseau, qu’il dort les portes ouvertes, et pendant des heures récit
4sseau, qu’il dort les portes ouvertes, et pendant des heures récite des odes grecques au murmure de l’eau ; la Princesse de
5les portes ouvertes, et pendant des heures récite des odes grecques au murmure de l’eau ; la Princesse de Homburg lui a fai
6nt des heures récite des odes grecques au murmure de l’eau ; la Princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un piano dont il
7 odes grecques au murmure de l’eau ; la Princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un piano dont il a coupé les cordes, mais
8l’eau ; la Princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un piano dont il a coupé les cordes, mais pas toutes, en sorte que plu
9eau ; la Princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un piano dont il a coupé les cordes, mais pas toutes, en sorte que plusi
10s tant aller là-bas, cette folie m’apparaît comme une chose si douce et si grande… » 11 Et Bettina terminant sa lettre su
11ont il a cassé les cordes, c’est vraiment l’image de son âme ; j’ai voulu attirer là-dessus l’attention du médecin, mais i
12’attention du médecin, mais il est plus difficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver dernier, m’o
13 il est plus difficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’
14fficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’un des poètes a
15u. » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’un des poètes auxquels notre temps doit vouer l’attention la plus grav
16 » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’un des poètes auxquels notre temps doit vouer l’attention la plus grave
17L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’un des poètes auxquels notre temps doit vouer l’attention la plus grave — ca
18ion la plus grave — car il vécut dans ces marches de l’esprit humain qui confinent peut-être à l’Esprit et dont certains d
19i confinent peut-être à l’Esprit et dont certains des plus purs d’entre nous se préparent à tenter le climat, — j’avais rêv
20à tenter le climat, — j’avais rêvé sur ce passage de l’émouvante Bettina, rêvé sans doute assez profondément pour qu’aujou
21sard qui m’amène à Tubingue ne soit pas seulement un hasard… Hier, c’était la Pentecôte. La fête de la plus haute poésie.
22nt un hasard… Hier, c’était la Pentecôte. La fête de la plus haute poésie. Mais dans ce siècle, où tant de voix l’appellen
23 où tant de voix l’appellent, combien sont dignes de s’attendre au don du langage sacré ? Cette langue de feu qui s’est po
24s’attendre au don du langage sacré ? Cette langue de feu qui s’est posée sur Hölderlin et qui l’a consumé… Digne ? — Un ad
25posée sur Hölderlin et qui l’a consumé… Digne ? — Un adolescent au visage de jeune fille qui rimait sagement des odes à la
26ui l’a consumé… Digne ? — Un adolescent au visage de jeune fille qui rimait sagement des odes à la liberté… Et voici dans
27cent au visage de jeune fille qui rimait sagement des odes à la liberté… Et voici dans sa vie cette double venue de l’amour
28 liberté… Et voici dans sa vie cette double venue de l’amour et du chant prophétique, confondant leurs flammes. Dix années
29e premier, quand Hölderlin doit quitter la maison de Madame Gontard 12 , déchirement à peine sensible dans son œuvre. Car
30n œuvre. Car ce poète n’est peut-être que le lieu de sa poésie, — d’une poésie, l’on dirait, qui ne connaît pas son auteur
31poète n’est peut-être que le lieu de sa poésie, — d’une poésie, l’on dirait, qui ne connaît pas son auteur. Qui parle par
32ète n’est peut-être que le lieu de sa poésie, — d’une poésie, l’on dirait, qui ne connaît pas son auteur. Qui parle par sa
33ui parle par sa bouche ? Il règne dans ses Hymnes une sérénité presque effrayante. Vient le temps où le sens de son monolog
34ité presque effrayante. Vient le temps où le sens de son monologue entre terre et ciel lui échappe. Il jette encore quelqu
35vieux Démon ! — je te rappelle — Ou bien envoie — un héros — Ou bien — la sagesse. » Mais le feu s’éteint — l’esprit souff
36au moment où meurt Diotima, Hölderlin errant loin d’elle (dans la région de Bordeaux croit-on), est frappé d’insolation ;
37ima, Hölderlin errant loin d’elle (dans la région de Bordeaux croit-on), est frappé d’insolation ; sa folie d’un coup l’en
38(dans la région de Bordeaux croit-on), est frappé d’insolation ; sa folie d’un coup l’envahit. C’est une sorte de vieillar
39aux croit-on), est frappé d’insolation ; sa folie d’un coup l’envahit. C’est une sorte de vieillard qui reparaît en Allema
40x croit-on), est frappé d’insolation ; sa folie d’un coup l’envahit. C’est une sorte de vieillard qui reparaît en Allemagn
41’insolation ; sa folie d’un coup l’envahit. C’est une sorte de vieillard qui reparaît en Allemagne. Et durant trente années
42n ; sa folie d’un coup l’envahit. C’est une sorte de vieillard qui reparaît en Allemagne. Et durant trente années, ce pauv
43 pauvre corps abandonné vivra dans la petite tour de Tubingue, chez un charpentier — vivra très doucement, inexplicablemen
44donné vivra dans la petite tour de Tubingue, chez un charpentier — vivra très doucement, inexplicablement, une vie monoton
45pentier — vivra très doucement, inexplicablement, une vie monotone de vieux maniaque. Le buisson ardent quitté par le feu s
46rès doucement, inexplicablement, une vie monotone de vieux maniaque. Le buisson ardent quitté par le feu se dessèche. Ce q
47Ce qui fut Hölderlin signe maintenant Scardanelli des quatrains qu’il donne aux visiteurs venus pour contempler la victime
48ne aux visiteurs venus pour contempler la victime d’un miracle. — C’était l’époque des amateurs de ruines. Je suis descend
49 aux visiteurs venus pour contempler la victime d’un miracle. — C’était l’époque des amateurs de ruines. Je suis descendu
50mpler la victime d’un miracle. — C’était l’époque des amateurs de ruines. Je suis descendu au bord de l’eau, un peu au-dess
51ime d’un miracle. — C’était l’époque des amateurs de ruines. Je suis descendu au bord de l’eau, un peu au-dessous de la ma
52urs de ruines. Je suis descendu au bord de l’eau, un peu au-dessous de la maison, en attendant [p. 355] l’heure d’ouvertur
53ssous de la maison, en attendant [p. 355] l’heure d’ouverture. Il y a là une station de canots de louage où j’ai vite déco
54attendant [p. 355] l’heure d’ouverture. Il y a là une station de canots de louage où j’ai vite découvert un « Friedrich Höl
55. 355] l’heure d’ouverture. Il y a là une station de canots de louage où j’ai vite découvert un « Friedrich Hölderlin » à
56eure d’ouverture. Il y a là une station de canots de louage où j’ai vite découvert un « Friedrich Hölderlin » à côté d’un
57tation de canots de louage où j’ai vite découvert un « Friedrich Hölderlin » à côté d’un « Hyperion ». En cherchant, je tr
58 vite découvert un « Friedrich Hölderlin » à côté d’un « Hyperion ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche
59ite découvert un « Friedrich Hölderlin » à côté d’un « Hyperion ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche »
60yperion ». En cherchant, je trouverais bien aussi un « Nietzsche » à fond plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. S
61ouverais bien aussi un « Nietzsche » à fond plat. Des saules se penchent vers l’eau lente. Sur l’autre rive qui est celle d
62 vers l’eau lente. Sur l’autre rive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaun
63ers l’eau lente. Sur l’autre rive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à
64 Sur l’autre rive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un a
65gue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre, dans cette paresse de jour
66à la main. L’un après l’autre, dans cette paresse de jour férié, les clochers de la ville sonnent deux heures. Allons. Un
67e, dans cette paresse de jour férié, les clochers de la ville sonnent deux heures. Allons. Un de ces corridors de vieille
68clochers de la ville sonnent deux heures. Allons. Un de ces corridors de vieille maison souabe, hauts et sombres, qui para
69chers de la ville sonnent deux heures. Allons. Un de ces corridors de vieille maison souabe, hauts et sombres, qui paraîtr
70 sonnent deux heures. Allons. Un de ces corridors de vieille maison souabe, hauts et sombres, qui paraîtraient immenses s’
71traient immenses s’ils n’étaient à demi encombrés d’armoires. Un couloir, la chambre. L’homme qui me conduit est le propri
72nses s’ils n’étaient à demi encombrés d’armoires. Un couloir, la chambre. L’homme qui me conduit est le propriétaire actue
73onnaître ces portraits ? — (et comme je considère un ravissant médaillon de marbre) — Ça, c’est Diotima. » On rougirait à
74? — (et comme je considère un ravissant médaillon de marbre) — Ça, c’est Diotima. » On rougirait à moins. — « Je ne puis p
75» On rougirait à moins. — « Je ne puis pas parler de lui, ici à Francfort, écrivait Bettina, car aussitôt l’on se met à ra
76ses sur son compte, simplement parce qu’il a aimé une femme, pour écrire Hyperion, et pour les gens d’ici, aimer, c’est seu
77ier… » — Et puis plus tard on encadre les lettres des amants, on propose le couple à l’admiration des écoliers en promenade
78s des amants, on propose le couple à l’admiration des écoliers en promenade, et le guide désigne familièrement l’image d’un
79menade, et le guide désigne familièrement l’image d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour… Trois peti
80nade, et le guide désigne familièrement l’image d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour… Trois petites
81d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour… Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux, une pipe q
82mystère de l’amour… Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux, une pipe qui traîne sur l’appui ; le jardinet avec s
83Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux, une pipe qui traîne sur l’appui ; le jardinet avec son banc et ses lilas
84Tout est familier, paisible au soleil. Il passait des heures à cette fenêtre, à marmotter. Vingt-sept ans dans cette chambr
85 Vingt-sept ans dans cette chambre, avec le bruit de l’eau et cette complainte de malade épuisé après un grand accès de fi
86ambre, avec le bruit de l’eau et cette complainte de malade épuisé après un grand accès de fièvre… L’agrément de ce monde
87 l’eau et cette complainte de malade épuisé après un grand accès de fièvre… L’agrément de ce monde, je l’ai vécu. Les joi
88 complainte de malade épuisé après un grand accès de fièvre… L’agrément de ce monde, je l’ai vécu. Les joies de la jeunes
89puisé après un grand accès de fièvre… L’agrément de ce monde, je l’ai vécu. Les joies de la jeunesse, voilà si longtemps,
90 L’agrément de ce monde, je l’ai vécu. Les joies de la jeunesse, voilà si longtemps, si longtemps qu’elles ont fui. Avril
91en, je n’aime plus vivre. Il y avait encore plus de paix que maintenant. La grande allée sur l’île n’existait pas, en fac
92’existait pas, en face, ni les maisons. Il voyait des prairies et des collines basses, de l’autre côté de l’eau jaune et ve
93n face, ni les maisons. Il voyait des prairies et des collines basses, de l’autre côté de l’eau jaune et verte… Quel est do
94s. Il voyait des prairies et des collines basses, de l’autre côté de l’eau jaune et verte… Quel est donc ce sommeil « dans
95 prairies et des collines basses, de l’autre côté de l’eau jaune et verte… Quel est donc ce sommeil « dans la nuit de la v
96et verte… Quel est donc ce sommeil « dans la nuit de la vie » — et cet aveu mystérieux : « La perfection n’a pas de plaint
97 et cet aveu mystérieux : « La perfection n’a pas de plainte »… Vivait-il encore ? Ce lieu soudain m’angoisse. Mais le gar
98. Il ne vient pas tant de visiteurs, et seulement de 2 à 4… Une rue étouffée entre des maisons pointues et les contreforts
99ent pas tant de visiteurs, et seulement de 2 à 4… Une rue étouffée entre des maisons pointues et les contreforts de l’Églis
100rs, et seulement de 2 à 4… Une rue étouffée entre des maisons pointues et les contreforts de l’Église du Chapitre : je vois
101fée entre des maisons pointues et les contreforts de l’Église du Chapitre : je vois s’y engager chaque jour le fou au prof
102 je vois s’y engager chaque jour le fou au profil de vieille femme qui promène doucement dans cette calme Tubingue le secr
103ène doucement dans cette calme Tubingue le secret d’une épouvantable mélancolie. Les étudiants le rencontrent, qui montent
104e doucement dans cette calme Tubingue le secret d’une épouvantable mélancolie. Les étudiants le rencontrent, qui montent au
105t au [p. 356] Séminaire protestant : il leur fait de grandes révérences…      La rumeur et le cliquetis d’une grande terra
106randes révérences…      La rumeur et le cliquetis d’une grande terrasse de café au bord du Neckar, sous les marronniers. À
107ndes révérences…      La rumeur et le cliquetis d’une grande terrasse de café au bord du Neckar, sous les marronniers. À qu
108  La rumeur et le cliquetis d’une grande terrasse de café au bord du Neckar, sous les marronniers. À quatre heures, l’orch
109s. À quatre heures, l’orchestre s’est mis à jouer des ringues charmantes, jazz et clarinette, chansons de Mai. Les bateaux
110 ringues charmantes, jazz et clarinette, chansons de Mai. Les bateaux qui dérivent dans le voisinage se rapprochent, tourn
111ime pas les jeunes Doktors à lunettes, en costume de bain, qui pagayent vigoureusement, les dents serrées. (« Weg zur Kraf
112 »). J’aime les bateaux plats et incertains, avec des Daphnés dedans, qui ne savent pas bien ramer et qui lisent des magazi
113edans, qui ne savent pas bien ramer et qui lisent des magazines au fil de l’eau, ce qui est le comble des vacances. À une t
114pas bien ramer et qui lisent des magazines au fil de l’eau, ce qui est le comble des vacances. À une table voisine, des ad
115s magazines au fil de l’eau, ce qui est le comble des vacances. À une table voisine, des adolescents balafrés font des sign
116il de l’eau, ce qui est le comble des vacances. À une table voisine, des adolescents balafrés font des signes énergiques à
117 est le comble des vacances. À une table voisine, des adolescents balafrés font des signes énergiques à une compagnie de ca
118 une table voisine, des adolescents balafrés font des signes énergiques à une compagnie de cavaliers qui passe devant la st
119adolescents balafrés font des signes énergiques à une compagnie de cavaliers qui passe devant la statue d’Eberhard le Barbu
120lafrés font des signes énergiques à une compagnie de cavaliers qui passe devant la statue d’Eberhard le Barbu. Des bourgeo
121compagnie de cavaliers qui passe devant la statue d’Eberhard le Barbu. Des bourgeois se rient contre par-dessus leurs chop
122s qui passe devant la statue d’Eberhard le Barbu. Des bourgeois se rient contre par-dessus leurs chopes. « Gemütlichkeit ».
123tout cela existe dans le même monde ? (Il est bon de poser parfois de ces grandes questions naïves.) Lui aussi a vécu dans
124dans le même monde ? (Il est bon de poser parfois de ces grandes questions naïves.) Lui aussi a vécu dans cette ville, tou
125t seuls… Et puis, il lui est arrivé quelque chose de terrible, où il a perdu son âme. Et puis il n’est revenu qu’un vieux
126où il a perdu son âme. Et puis il n’est revenu qu’un vieux corps radotant. — Qu’en pensez-vous, bonnes gens ?… Il a eu tor
127out le monde s’accorde à trouver malsain ce genre de tentatives : cela ne peut que mal finir. Ceux du bon sens hochent la
128a tête et citent la phrase la plus malencontreuse de Pascal : le « Qui veut faire l’ange… » a autorisé des générations de
129Pascal : le « Qui veut faire l’ange… » a autorisé des générations de « bourgeois cultivés » à faire la bête dès qu’il s’agi
130i veut faire l’ange… » a autorisé des générations de « bourgeois cultivés » à faire la bête dès qu’il s’agit de l’âme. Dan
131geois cultivés » à faire la bête dès qu’il s’agit de l’âme. Dans la bouche de certains, cela prend l’air de je ne sais que
132la bête dès qu’il s’agit de l’âme. Dans la bouche de certains, cela prend l’air de je ne sais quelle revanche du médiocre
133âme. Dans la bouche de certains, cela prend l’air de je ne sais quelle revanche du médiocre dont ils se sentent bénéficiai
134mme cela on est mieux pour donner le coup de pied de l’âne… Écoutons plutôt Bettina — la vérité est plus humaine, est plus
135té est plus humaine, est plus divine, quand c’est une telle femme qui la confesse : « Celui qui entre en commerce trop étro
136 » Ô cette chambre, où pénètre la facilité atroce de cette fin d’après-midi, ces musiquettes et ces parfums de fleurs et d
137ambre, où pénètre la facilité atroce de cette fin d’après-midi, ces musiquettes et ces parfums de fleurs et d’eau… elle es
138 fin d’après-midi, ces musiquettes et ces parfums de fleurs et d’eau… elle est tellement d’ailleurs… Faut-il donc que l’un
139midi, ces musiquettes et ces parfums de fleurs et d’eau… elle est tellement d’ailleurs… Faut-il donc que l’un des deux soi
140e est tellement d’ailleurs… Faut-il donc que l’un des deux soit absurde, de ces mondes à mes yeux soudain simultanés ?…    
141urs… Faut-il donc que l’un des deux soit absurde, de ces mondes à mes yeux soudain simultanés ?…      Le tragique de la fa
142à mes yeux soudain simultanés ?…      Le tragique de la facilité, c’est qu’elle n’est qu’un oubli. Et pourtant, comme elle
143e tragique de la facilité, c’est qu’elle n’est qu’un oubli. Et pourtant, comme elle paraît ici bien établie, triomphante,
144à beau fixe. Pourquoi troubler le miroir innocent de ces eaux, ces âmes indulgentes à leur banalité ? Est-ce qu’ils ne sou
145n, peut-être, seulement, quand l’amour leur donne une petite fièvre, — cette semaine de leur jeunesse où ils ont cru presse
146our leur donne une petite fièvre, — cette semaine de leur jeunesse où ils ont cru pressentir de grandes choses généreuses
147emaine de leur jeunesse où ils ont cru pressentir de grandes choses généreuses autour d’eux… Cela s’oublie. Et l’amour, to
148ru pressentir de grandes choses généreuses autour d’eux… Cela s’oublie. Et l’amour, tout justement, nous fait comprendre,
149aire, par quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre
150e : déjà je leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! Tout redevient autour de moi insuffisant, transitoire, allusi
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
151 [p. 63] M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924) a M. de Mon
152le sport et les Jésuites (9 février 1924) a M. de Montherlant est considéré par plusieurs comme l’un des héritiers de B
153ontherlant est considéré par plusieurs comme l’un des héritiers de Barrès. Le rapprochement est peut-être prématuré, tout a
154 considéré par plusieurs comme l’un des héritiers de Barrès. Le rapprochement est peut-être prématuré, tout au plus peut-o
155u’à l’heure présente déjà, son œuvre, comme celle de Barrès, nous offre plus qu’un agrément purement littéraire : une leço
156 œuvre, comme celle de Barrès, nous offre plus qu’un agrément purement littéraire : une leçon d’énergie. Il se pique de n’
157s offre plus qu’un agrément purement littéraire : une leçon d’énergie. Il se pique de n’avoir pas connu, jusqu’à ce jour au
158us qu’un agrément purement littéraire : une leçon d’énergie. Il se pique de n’avoir pas connu, jusqu’à ce jour au moins, c
159ent littéraire : une leçon d’énergie. Il se pique de n’avoir pas connu, jusqu’à ce jour au moins, cette inquiétude libérat
160e inquiétude libératrice que produit la recherche de la vérité. Dès son premier livre, il s’est montré tout entier, il a b
161s, où les jeunes gens se faisaient, avec sérieux, des âmes exceptionnellement compliquées, qui s’exprimaient en une langue
162eptionnellement compliquées, qui s’exprimaient en une langue plus compliquée encore et nuancée jusqu’à l’ennui. La guerre a
163uancée jusqu’à l’ennui. La guerre a donné le coup de grâce à cet esthétisme énervant qu’on appelle symbolisme ; et elle a
164bolisme ; et elle a donné naissance à la doctrine de M. de Montherlant, qui en est sortie toute formée et casquée pour la
165e ; et elle a donné naissance à la doctrine de M. de Montherlant, qui en est sortie toute formée et casquée pour la lutte
166 est sortie toute formée et casquée pour la lutte de l’après-guerre. ⁂ Deux philosophies, affirme-t-il, se disputent le mo
167 affirme-t-il, se disputent le monde. L’une vient de l’Orient, et insinue dans le monde [p. 64] romain les virus du christ
168 monde [p. 64] romain les virus du christianisme, de la Réforme, de la Révolution et du Romantisme, les concepts de libert
169romain les virus du christianisme, de la Réforme, de la Révolution et du Romantisme, les concepts de liberté et de progrès
170, de la Révolution et du Romantisme, les concepts de liberté et de progrès, l’humanitarisme, le bolchévisme. L’autre philo
171tion et du Romantisme, les concepts de liberté et de progrès, l’humanitarisme, le bolchévisme. L’autre philosophie est cel
172me, le bolchévisme. L’autre philosophie est celle de l’antique Rome, qui a inspiré le catholicisme, la Renaissance, le tra
173; — en face : l’Ordre romain. Or l’ordre, pour M. de Montherlant comme pour Maurras, est ce qu’il importe de sauvegarder,
174therlant comme pour Maurras, est ce qu’il importe de sauvegarder, avant tout autre principe. Jusqu’ici, rien d’original da
175, est ce qu’il importe de sauvegarder, avant tout autre principe. Jusqu’ici, rien d’original dans cette conception simpliste
176arder, avant tout autre principe. Jusqu’ici, rien d’original dans cette conception simpliste du monde, qui n’est en rien d
177 simpliste du monde, qui n’est en rien différente de celle de l’Action française ; remarquons toutefois cette séparation,
178e du monde, qui n’est en rien différente de celle de l’Action française ; remarquons toutefois cette séparation, que Maurr
179anisme étant dans le même camp que la Réforme. M. de Montherlant n’est décidément pas philosophe. Peut-être ne lui a-t-il
180ne lui a-t-il manqué pour le devenir que le temps de méditer : il a quitté le collège jésuite pour la tranchée, puis « le
181la tranchée, puis « le sport l’a saisi aux pattes de la guerre encore contus de huit coups de griffes et chaud de l’étrein
182t l’a saisi aux pattes de la guerre encore contus de huit coups de griffes et chaud de l’étreinte du fauve merveilleux ».
183x pattes de la guerre encore contus de huit coups de griffes et chaud de l’étreinte du fauve merveilleux ». Il n’a pas eu
184e encore contus de huit coups de griffes et chaud de l’étreinte du fauve merveilleux ». Il n’a pas eu le temps de se ressa
185te du fauve merveilleux ». Il n’a pas eu le temps de se ressaisir, le sport prolongeant pour lui, d’une façon obsédante, l
186s de se ressaisir, le sport prolongeant pour lui, d’une façon obsédante, le rythme de la guerre. Du moins a-t-il ainsi évi
187de se ressaisir, le sport prolongeant pour lui, d’une façon obsédante, le rythme de la guerre. Du moins a-t-il ainsi évité
188ngeant pour lui, d’une façon obsédante, le rythme de la guerre. Du moins a-t-il ainsi évité le choc fatal pour tant d’autr
189vons tous. Écœuré du désordre général, il cherche des remèdes, et nous tend les premiers qui lui tombent sous la main : le
190et la morale romaine. Dans sa hâte salvatrice, M. de Montherlant ne s’est même pas demandé si ces deux contrepoisons pouva
191justifier, ce qui n’a pas été sans quelques tours de passe-passe de logique, admirablement masqués d’ailleurs par des faço
192ui n’a pas été sans quelques tours de passe-passe de logique, admirablement masqués d’ailleurs par des façons cavalières u
193 de logique, admirablement masqués d’ailleurs par des façons cavalières un peu intimidantes. Toute une partie du Paradis à
194ment masqués d’ailleurs par des façons cavalières un peu intimidantes. Toute une partie du Paradis à l’ombre des épées 1
195 des façons cavalières un peu intimidantes. Toute une partie du Paradis à l’ombre des épées 1 , son dernier livre, est con
196timidantes. Toute une partie du Paradis à l’ombre des épées 1 , son dernier livre, est consacrée à « fondre dans une unité
197 son dernier livre, est consacrée à « fondre dans une unité supérieure » l’antinomie de l’esprit catholique et de l’esprit
198 « fondre dans une unité supérieure » l’antinomie de l’esprit catholique et de l’esprit sportif. « On se fait son unité co
199upérieure » l’antinomie de l’esprit catholique et de l’esprit sportif. « On se fait son unité comme on peut », avoue-t-il
200oue-t-il franchement. Il me semble bien paradoxal de vouloir unir dans une même philosophie la morale jésuite, faite de rè
201 Il me semble bien paradoxal de vouloir unir dans une même philosophie la morale jésuite, faite de règles et de contraintes
202ans une même philosophie la morale jésuite, faite de règles et de contraintes imposées dans le but de restreindre la liber
203philosophie la morale jésuite, faite de règles et de contraintes imposées dans le but de restreindre la liberté et l’initi
204 de règles et de contraintes imposées dans le but de restreindre la liberté et l’initiative individuelles, et la morale de
205berté et l’initiative individuelles, et la morale des sports anglais, morale qui veut former des hommes maîtres d’eux-mêmes
206morale des sports anglais, morale qui veut former des hommes maîtres d’eux-mêmes, c’est-à-dire libres. Et cela me semble d’
207nglais, morale qui veut former des hommes maîtres d’eux-mêmes, c’est-à-dire libres. Et cela me semble d’autant plus parado
208eux-mêmes, c’est-à-dire libres. Et cela me semble d’autant plus paradoxal que M. de Montherlant est justement un des premi
209 Et cela me semble d’autant plus paradoxal que M. de Montherlant est justement un des premiers Français qui ait compris qu
210lus paradoxal que M. de Montherlant est justement un des premiers Français qui ait compris que le but du sport n’est pas l
211 paradoxal que M. de Montherlant est justement un des premiers Français qui ait compris que le but du sport n’est pas la pe
212itive. Mais on peut oublier la partie doctrinaire de cette œuvre, elle ne lui est pas indispensable : « Ces simplification
213rales, et j’avoue bien volontiers qu’il n’est pas une opinion sur le monde à laquelle je ne préfère le monde ». Je préfère
214ne préfère le monde ». Je préfère à la dogmatique de M. de Montherlant son admirable lyrisme de poète du stade. En un styl
215fère le monde ». Je préfère à la dogmatique de M. de Montherlant son admirable lyrisme de poète du stade. En un style d’un
216atique de M. de Montherlant son admirable lyrisme de poète du stade. En un style d’une fermeté presque brutale parfois, un
217rlant son admirable lyrisme de poète du stade. En un style d’une fermeté presque brutale parfois, un style de sportif, mai
218 admirable lyrisme de poète du stade. En un style d’une fermeté presque brutale parfois, un style de sportif, mais qu’on s
219dmirable lyrisme de poète du stade. En un style d’une fermeté presque brutale parfois, un style de sportif, mais qu’on sent
220n un style d’une fermeté presque brutale parfois, un style de sportif, mais qu’on sent humaniste et poète, un style à la f
221e d’une fermeté presque brutale parfois, un style de sportif, mais qu’on sent humaniste et poète, un style à la fois bref
222e de sportif, mais qu’on sent humaniste et poète, un style à la fois bref et chaud, imagé et réaliste, M. de Montherlant c
223le à la fois bref et chaud, imagé et réaliste, M. de Montherlant chante cette « violence ordonnée et calme » des « grands
224rlant chante cette « violence ordonnée et calme » des « grands corps athlétiques ». Sur le stade au soleil se déploient les
225pes, et l’équipier Montherlant les contemple, ému de « cette ivresse qui naît de l’ordre », et aussi parfois, de la pensée
226nt les contemple, ému de « cette ivresse qui naît de l’ordre », et aussi parfois, de la pensée que « sur ces corps de l’en
227 ivresse qui naît de l’ordre », et aussi parfois, de la pensée que « sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix
228t aussi parfois, de la pensée que « sur ces corps de l’entre-deux-guerres, … cinq sur dix sont désignés… ». Voici passer u
229es, … cinq sur dix sont désignés… ». Voici passer un coureur : « À peine a-t-il touché la piste d’herbe, c’est une allégre
230ser un coureur : « À peine a-t-il touché la piste d’herbe, c’est une allégresse héroïque qu’infuse à son corps la douce ma
231: « À peine a-t-il touché la piste d’herbe, c’est une allégresse héroïque qu’infuse à son corps la douce matière. L’air et
232foulée, bondissante et posée, est pleine du désir de l’air. Danse-t-il sur une musique que je n’entends pas ? » — Mais plu
233sée, est pleine du désir de l’air. Danse-t-il sur une musique que je n’entends pas ? » — Mais plus que le corps en mouvemen
234us que le corps en mouvement, c’est la domination de la raison sur ce corps qui est exaltante, et c’est cette domination q
235ion qui est le but véritable du sport. On accepte une règle ; on l’assimile, à tel point qu’elle n’est plus une entrave à l
236e ; on l’assimile, à tel point qu’elle n’est plus une entrave à la violence animale déchaînée dans le corps du joueur à la
237du joueur à la vue de la prairie rase où rebondit un ballon. Si l’on considère la vie sociale comme un jeu sérieux dont on
238un ballon. Si l’on considère la vie sociale comme un jeu sérieux dont on respecte les règles, non plus comme une lutte sau
239rieux dont on respecte les règles, non plus comme une lutte sauvage et déloyale, la morale d’équipe devient toute la morale
240us comme une lutte sauvage et déloyale, la morale d’équipe devient toute la morale, et les qualités indispensables au bon
241nt les qualités du parfait citoyen : juste vision de la réalité, abnégation, sentiment du devoir de chacun envers l’ensemb
242on de la réalité, abnégation, sentiment du devoir de chacun envers l’ensemble (Montherlant insiste plutôt sur le sentiment
243mble (Montherlant insiste plutôt sur le sentiment des hiérarchies que sur celui de la solidarité, comme bien l’on pense). E
244ôt sur le sentiment des hiérarchies que sur celui de la solidarité, comme bien l’on pense). Enfin, enseignement plus génér
245ien l’on pense). Enfin, enseignement plus général de la morale sportive : « la règle de rester en dedans de son action, ap
246t plus général de la morale sportive : « la règle de rester en dedans de son action, application de l’immense axiome formu
247 morale sportive : « la règle de rester en dedans de son action, application de l’immense axiome formulé par Hésiode et qu
248le de rester en dedans de son action, application de l’immense axiome formulé par Hésiode et qui gouverna le monde ancien 
249tié est plus grande que le tout ». Le sport comme un apprentissage de la vie : tout servira plus tard : Ô garçons, il y a
250de que le tout ». Le sport comme un apprentissage de la vie : tout servira plus tard : Ô garçons, il y a un brin du myrte
251vie : tout servira plus tard : Ô garçons, il y a un brin du myrte civique tressé dans vos couronnes de laurier. Vous n’êt
252n brin du myrte civique tressé dans vos couronnes de laurier. Vous n’êtes pas couronnés d’olivier. La main connaît la main
253s couronnes de laurier. Vous n’êtes pas couronnés d’olivier. La main connaît la main dans la prise du témoin. L’épaule con
254allon. Le regard connaît le regard dans la course d’équipe. Le cœur connaît la présence muette et sûre. Toutes ces choses
255 ne sont pas dites en vain. Stades que parcourent de jeunes et purs courages, donnez-moi votre silence jusqu’à l’heure. Qu
256e silence jusqu’à l’heure. Que je taise votre mot de ralliement, paradis à l’ombre des épées. Rien de moins artificiellem
257 taise votre mot de ralliement, paradis à l’ombre des épées. Rien de moins artificiellement moderne que ce lyrisme sobre e
258de ralliement, paradis à l’ombre des épées. Rien de moins artificiellement moderne que ce lyrisme sobre et prenant : « Si
259t prenant : « Si l’on s’échauffe, s’échauffer sur de la précision. » On évitera ainsi tout niais romantisme. Je sais bien
260 le sport ainsi compris, plus que l’apprentissage de la vie, est l’apprentissage de la guerre, dira-t-on. M. de Montherlan
261ue l’apprentissage de la vie, est l’apprentissage de la guerre, dira-t-on. M. de Montherlant répondra : non, car la faible
262, est l’apprentissage de la guerre, dira-t-on. M. de Montherlant répondra : non, car la faiblesse est le péché capital pou
263« La faiblesse est mère du combat. » C’est donc à un lacédémonisme renouvelé que nous conduirait cette « éthique du sport 
264us conduirait cette « éthique du sport » tempérée de raison. Ce qu’on en peut retenir, c’est la méthode, car je crois qu’e
265ocratie que l’Église romaine, quoi qu’en pense M. de Montherlant. Et voici, ô paradoxe, qu’il rejoint Kant, Kant qui écrit
266 qu’il rejoint Kant, Kant qui écrit : « C’est sur des maximes, non sur la discipline, qu’il faut fonder la conduite des jeu
267 sur la discipline, qu’il faut fonder la conduite des jeunes gens : celle-ci empêche les abus, mais celles-là forment l’esp
268e les abus, mais celles-là forment l’esprit. » M. de Montherlant illustre sa propre pensée de cette citation d’un dominica
269it. » M. de Montherlant illustre sa propre pensée de cette citation d’un dominicain : « Formez des jeunes filles assez for
270rlant illustre sa propre pensée de cette citation d’un dominicain : « Formez des jeunes filles assez fortes pour pouvoir t
271ant illustre sa propre pensée de cette citation d’un dominicain : « Formez des jeunes filles assez fortes pour pouvoir tou
272nsée de cette citation d’un dominicain : « Formez des jeunes filles assez fortes pour pouvoir tout lire, et il n’y aura plu
273our pouvoir tout lire, et il n’y aura plus besoin de roman catholique. » C’est ce qu’on pourrait appeler une « morale cons
274man catholique. » C’est ce qu’on pourrait appeler une « morale constructive » : porter l’effort sur ce qui doit être, et ce
275qui doit être, et ce qui ne doit pas être tombera de soi-même. Ainsi l’athlète à l’entraînement ne s’épuise-t-il pas à com
276s : il développe ses qualités, le reste s’arrange de soi-même. ⁂ [p. 65] M. de Montherlant, qui a quitté le stade, se rend
277tés, le reste s’arrange de soi-même. ⁂ [p. 65] M. de Montherlant, qui a quitté le stade, se rendra mieux compte à distance
278uitté le stade, se rendra mieux compte à distance de la contradiction sur laquelle est bâtie son œuvre. L’intéressant sera
279 laquelle est bâtie son œuvre. L’intéressant sera de voir ce qu’il sacrifiera, de la morale sportive ou de la morale jésui
280. L’intéressant sera de voir ce qu’il sacrifiera, de la morale sportive ou de la morale jésuite. Mais enfin, voici un homm
281oir ce qu’il sacrifiera, de la morale sportive ou de la morale jésuite. Mais enfin, voici un homme, et non plus seulement
282ortive ou de la morale jésuite. Mais enfin, voici un homme, et non plus seulement un homme de lettres. Un homme en qui s’é
283Mais enfin, voici un homme, et non plus seulement un homme de lettres. Un homme en qui s’équilibrent déjà l’enthousiasme d
284n, voici un homme, et non plus seulement un homme de lettres. Un homme en qui s’équilibrent déjà l’enthousiasme d’une jeun
285homme, et non plus seulement un homme de lettres. Un homme en qui s’équilibrent déjà l’enthousiasme d’une jeunesse saine e
286Un homme en qui s’équilibrent déjà l’enthousiasme d’une jeunesse saine et la retenue de l’âge mûr, cette « limitation » qu
287 homme en qui s’équilibrent déjà l’enthousiasme d’une jeunesse saine et la retenue de l’âge mûr, cette « limitation » que l
288l’enthousiasme d’une jeunesse saine et la retenue de l’âge mûr, cette « limitation » que lui ont enseigné le sport et les
289lus proche que la sensualité vaguement chrétienne de tel autre écrivain catholique. Et son lyrisme, encore un peu brutal,
290che que la sensualité vaguement chrétienne de tel autre écrivain catholique. Et son lyrisme, encore un peu brutal, il saura l
291autre écrivain catholique. Et son lyrisme, encore un peu brutal, il saura le dompter, et atteindre au classicisme véritabl
292ter, et atteindre au classicisme véritable. Voici un constructeur, un entraîneur, et qui joue franc jeu. S’il faut lutter
293 au classicisme véritable. Voici un constructeur, un entraîneur, et qui joue franc jeu. S’il faut lutter contre lui, nous
294il observera les règles. Saluons-le donc du salut des équipes avant le match : « En l’honneur d’Henry de Montherlant, hip,
295salut des équipes avant le match : « En l’honneur d’Henry de Montherlant, hip, hip, hurrah ! » p. 63 a. « M. de Month
3 1924, Articles divers (1924–1930). Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)
296 [p. 6] Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1
297r, dans la salle du Lyceum, M. Conrad Meili parla des écoles qui représentent la peinture française, des débuts du xixe si
298es écoles qui représentent la peinture française, des débuts du xixe siècle à nos jours. Partis du classicisme de David et
299u xixe siècle à nos jours. Partis du classicisme de David et d’Ingres, les peintres français ont accompli, durant le xixe
300le à nos jours. Partis du classicisme de David et d’Ingres, les peintres français ont accompli, durant le xixe siècle, un
301es français ont accompli, durant le xixe siècle, une exploration merveilleuse dans les domaines du romantisme, du naturali
302 dans les domaines du romantisme, du naturalisme, de l’impressionnisme, pour aboutir enfin dans ces impasses : cubisme et
303i revenus, après 125 ans, à peu près à leur point de départ. Mais leurs recherches n’ont pas été vaines. Ils en reviennent
304s n’ont pas été vaines. Ils en reviennent chargés de chefs-d’œuvre, et plus conscients de leurs moyens d’expression. Très
305nent chargés de chefs-d’œuvre, et plus conscients de leurs moyens d’expression. Très maîtres de leur technique (contrairem
306chefs-d’œuvre, et plus conscients de leurs moyens d’expression. Très maîtres de leur technique (contrairement à ce que pen
307cients de leurs moyens d’expression. Très maîtres de leur technique (contrairement à ce que pense souvent le public), ils
308nse souvent le public), ils préparent l’avènement d’un classicisme nouveau. M. Meili a mis en évidence cette courbe de la
309e souvent le public), ils préparent l’avènement d’un classicisme nouveau. M. Meili a mis en évidence cette courbe de la pe
310 nouveau. M. Meili a mis en évidence cette courbe de la peinture moderne avec une netteté et un relief remarquable. Les œu
311évidence cette courbe de la peinture moderne avec une netteté et un relief remarquable. Les œuvres de cet artiste, qu’on a
312courbe de la peinture moderne avec une netteté et un relief remarquable. Les œuvres de cet artiste, qu’on a pu voir à la R
313 une netteté et un relief remarquable. Les œuvres de cet artiste, qu’on a pu voir à la Rose d’Or témoignaient de ces mêmes
314iste, qu’on a pu voir à la Rose d’Or témoignaient de ces mêmes qualités : car la façon de peindre correspond à la façon de
315témoignaient de ces mêmes qualités : car la façon de peindre correspond à la façon de penser du peintre. Souhaitons d’ente
316s : car la façon de peindre correspond à la façon de penser du peintre. Souhaitons d’entendre encore M. Meili. Est-il beso
317spond à la façon de penser du peintre. Souhaitons d’entendre encore M. Meili. Est-il besoin de souligner l’importance de t
318haitons d’entendre encore M. Meili. Est-il besoin de souligner l’importance de telles prises de contact entre artiste et p
319M. Meili. Est-il besoin de souligner l’importance de telles prises de contact entre artiste et public ? p. 6 b. « C
320besoin de souligner l’importance de telles prises de contact entre artiste et public ? p. 6 b. « Conférence Meili »
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
321enry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925) a Henry de Montherlant, héritier d’une tradition
322un (mars 1925) a Henry de Montherlant, héritier d’une tradition chevaleresque, mène sa vie comme une ardente aventure. L
323 (mars 1925) a Henry de Montherlant, héritier d’une tradition chevaleresque, mène sa vie comme une ardente aventure. Les
324 d’une tradition chevaleresque, mène sa vie comme une ardente aventure. Les épisodes s’appellent : collège, guerre, sport…
325ieu à la guerre et aux jeux, avant de partir pour de nouvelles conquêtes. Terriblement lucide, ce regard en arrière. Month
326 dur pour ses erreurs plus encore que pour celles de l’adversaire, ce qui est beaucoup dire. Il y avait dans le Paradis je
327Il y avait dans le Paradis je ne sais quel relent de barbarie, un assez malsain goût du sang. Tout cela s’est purifié dans
328ns le Paradis je ne sais quel relent de barbarie, un assez malsain goût du sang. Tout cela s’est purifié dans le Chant fun
329Tout cela s’est purifié dans le Chant funèbre. Et une phrase telle que « … Nous sommes sûrs de ne pas nous tromper en nous
330bre. Et une phrase telle que « … Nous sommes sûrs de ne pas nous tromper en nous inquiétant de faire, à notre place modest
331es sûrs de ne pas nous tromper en nous inquiétant de faire, à notre place modeste, si peu que ce soit pour la paix », c’es
332modeste, si peu que ce soit pour la paix », c’est une affirmation [p. 381] qui d’un coup condamne beaucoup d’antérieures pr
333our la paix », c’est une affirmation [p. 381] qui d’un coup condamne beaucoup d’antérieures protestations belliqueuses. Il
334r la paix », c’est une affirmation [p. 381] qui d’un coup condamne beaucoup d’antérieures protestations belliqueuses. Il n
335irmation [p. 381] qui d’un coup condamne beaucoup d’antérieures protestations belliqueuses. Il nous montre « des Français
336ures protestations belliqueuses. Il nous montre « des Français qui pensent ces carnages inévitables, avec un bref soupir s’
337ançais qui pensent ces carnages inévitables, avec un bref soupir s’y résignent, puis tablent sur eux, et d’autres qui tien
338puis tablent sur eux, et d’autres qui tiennent qu’une telle attitude est responsable de ces carnages ». Naguère il était de
339ui tiennent qu’une telle attitude est responsable de ces carnages ». Naguère il était des premiers ; il s’affirme aujourd’
340t responsable de ces carnages ». Naguère il était des premiers ; il s’affirme aujourd’hui des seconds. C’est pour avoir con
341 il était des premiers ; il s’affirme aujourd’hui des seconds. C’est pour avoir contemplé Verdun, en tête à tête avec le gé
342ir contemplé Verdun, en tête à tête avec le génie de la mort. Mais alors, à quoi sert d’exalter, d’une si émouvante sorte,
343avec le génie de la mort. Mais alors, à quoi sert d’exalter, d’une si émouvante sorte, les soldats déjà légendaires de Ver
344ie de la mort. Mais alors, à quoi sert d’exalter, d’une si émouvante sorte, les soldats déjà légendaires de Verdun, et ce
345 de la mort. Mais alors, à quoi sert d’exalter, d’une si émouvante sorte, les soldats déjà légendaires de Verdun, et ce « h
346 si émouvante sorte, les soldats déjà légendaires de Verdun, et ce « haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une p
347dats déjà légendaires de Verdun, et ce « haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une phrase, il justifie son livre
348e « haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une phrase, il justifie son livre : « Ranimons ces horreurs pour les v
349« haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une phrase, il justifie son livre : « Ranimons ces horreurs pour les voul
350eurs pour n’en pas trop descendre ». N’est-ce pas une éclatante mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces
351st-ce pas une éclatante mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « descendirent » du front d
352e mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « descendirent » du front dans notre paix lassée,
353mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « descendirent » du front dans notre paix lassée, n
354e au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « descendirent » du front dans notre paix lassée, ne p
355u front dans notre paix lassée, ne prend-elle pas une pathétique signification ? Pourtant ici encore transparaît un doute,
356e signification ? Pourtant ici encore transparaît un doute, parfois : « On craint d’être injuste en décidant si… cette abs
357ncore transparaît un doute, parfois : « On craint d’être injuste en décidant si… cette absence de haine ; cette épouvante,
358aint d’être injuste en décidant si… cette absence de haine ; cette épouvante, devant la guerre… proviennent de plus d’huma
359 épouvante, devant la guerre… proviennent de plus d’humanité ou de moins de santé ». À maintes reprises, dans cette œuvre
360vant la guerre… proviennent de plus d’humanité ou de moins de santé ». À maintes reprises, dans cette œuvre d’affirmation,
361uerre… proviennent de plus d’humanité ou de moins de santé ». À maintes reprises, dans cette œuvre d’affirmation, une tell
362 de santé ». À maintes reprises, dans cette œuvre d’affirmation, une telle inquiétude, un amer « à quoi bon » percèrent so
363maintes reprises, dans cette œuvre d’affirmation, une telle inquiétude, un amer « à quoi bon » percèrent soudain… Mais Mont
364 cette œuvre d’affirmation, une telle inquiétude, un amer « à quoi bon » percèrent soudain… Mais Montherlant se redresse v
365s quels buts ? On verra plus tard. L’urgent c’est d’avancer. Et l’on atteindra peut-être ces régions élevées où les élémen
366ix qu’il appelle, c’est autre chose que l’absence de guerre, c’est une paix que travaillerait le levain des vertus guerriè
367 c’est autre chose que l’absence de guerre, c’est une paix que travaillerait le levain des vertus guerrières. « Il faut que
368uerre, c’est une paix que travaillerait le levain des vertus guerrières. « Il faut que la paix, ce soit vivre. » Par tout u
369 « Il faut que la paix, ce soit vivre. » Par tout un livre libéré de souvenirs héroïques, peut-être trop grands pour la pa
370a paix, ce soit vivre. » Par tout un livre libéré de souvenirs héroïques, peut-être trop grands pour la paix, c’est vers d
371 va porter son ardeur. Il va chercher le souvenir de l’aventure antique, et dans ce qui fut Rome ou la Grèce, revivre sa t
372n. Toute son œuvre pourrait se définir : la lutte d’un tempérament avec la réalité. Tantôt c’est l’un qui veut plier l’aut
373 Toute son œuvre pourrait se définir : la lutte d’un tempérament avec la réalité. Tantôt c’est l’un qui veut plier l’autre
374is —, tantôt c’est l’autre qui impose son absolu. Une soumission au réel durement consentie, voilà ce que nous admirons dan
375e que nous admirons dans le Chant funèbre. Ce mot de grandeur revient souvent lorsqu’on parle de cette œuvre : je ne sais
376e mot de grandeur revient souvent lorsqu’on parle de cette œuvre : je ne sais s’il faut en voir la raison dans la force de
377ne sais s’il faut en voir la raison dans la force de la personnalité révélée ou dans la noblesse de sa soumission. Pérille
378ce de la personnalité révélée ou dans la noblesse de sa soumission. Périlleuse carrière de la grandeur où Montherlant est
379la noblesse de sa soumission. Périlleuse carrière de la grandeur où Montherlant est entré de plain-pied, en même temps que
380 carrière de la grandeur où Montherlant est entré de plain-pied, en même temps que dans la guerre. Que de sacrifices ne lu
381plain-pied, en même temps que dans la guerre. Que de sacrifices ne lui devra-t-il pas offrir ainsi les romans « intéressan
382l est capable et qu’il lui faudra livrer au « feu de vérité » qui [p. 382] brûle dans son temple intérieur, s’il veut rest
383dans son temple intérieur, s’il veut rester digne de son rôle et vraiment le coryphée d’une génération casquée. Feu consum
384 rester digne de son rôle et vraiment le coryphée d’une génération casquée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’u
385ester digne de son rôle et vraiment le coryphée d’une génération casquée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’une
386oryphée d’une génération casquée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’une pureté si rare en notre siècle, qu’elle
387squée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’une pureté si rare en notre siècle, qu’elle paraît parfois, lorsque la
388uée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’une pureté si rare en notre siècle, qu’elle paraît parfois, lorsque la to
389e comme cette « flamme pensante » dans l’Ossuaire de Douaumont. Puis la vie l’exalte de nouveau d’un large vent de joie.
390ire de Douaumont. Puis la vie l’exalte de nouveau d’un large vent de joie. p. 380 a. « Henry de Montherlant : Chant f
391e de Douaumont. Puis la vie l’exalte de nouveau d’un large vent de joie. p. 380 a. « Henry de Montherlant : Chant fun
392. Puis la vie l’exalte de nouveau d’un large vent de joie. p. 380 a. « Henry de Montherlant : Chant funèbre pour les
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
393on, Manifeste du surréalisme (juin 1925) b Sous une « vague de rêves », la logique, dernier agent de liaison de nos espri
394e du surréalisme (juin 1925) b Sous une « vague de rêves », la logique, dernier agent de liaison de nos esprits, va péri
395une « vague de rêves », la logique, dernier agent de liaison de nos esprits, va périr. C’est du moins ce que proclame M. B
396 de rêves », la logique, dernier agent de liaison de nos esprits, va périr. C’est du moins ce que proclame M. Breton en un
397érir. C’est du moins ce que proclame M. Breton en un manifeste dont la pseudo-nouveauté nous retiendra moins que la signif
398r notre poncif moderne, — si propre à égarer dans d’ingénieuses métaphores quiconque chercherait une idée là-dessous, — ne
399ns d’ingénieuses métaphores quiconque chercherait une idée là-dessous, — ne réussit pas toujours chez Breton à masquer la b
400it pas toujours chez Breton à masquer la banalité de la pensée. D’autant plus que les rares passages où il expose directem
401s chez Breton à masquer la banalité de la pensée. D’autant plus que les rares passages où il expose directement les princi
402s passages où il expose directement les principes de sa « révolution » semblent au contraire tirés de quelque terne manuel
403 de sa « révolution » semblent au contraire tirés de quelque terne manuel de philosophie ou de psychanalyse. Ces principes
404mblent au contraire tirés de quelque terne manuel de philosophie ou de psychanalyse. Ces principes ? Ils se laissent hélas
405e tirés de quelque terne manuel de philosophie ou de psychanalyse. Ces principes ? Ils se laissent hélas résumer en un cou
406 Ces principes ? Ils se laissent hélas résumer en un court article de dictionnaire : « Surréalisme, n.m. Automatisme psych
407Ils se laissent hélas résumer en un court article de dictionnaire : « Surréalisme, n.m. Automatisme psychique pur par lequ
408utomatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manièr
409’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de l
410, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en
411it de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé p
412ière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en deho
413el de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation
414e. » (p. 42). Le Surréalisme ne serait-il donc qu’une sorte de méthode des textes généralisée ? Point du tout ! Il paraît q
4152). Le Surréalisme ne serait-il donc qu’une sorte de méthode des textes généralisée ? Point du tout ! Il paraît qu’il est
416éalisme ne serait-il donc qu’une sorte de méthode des textes généralisée ? Point du tout ! Il paraît qu’il est la seule att
417scientes M. Breton peut-il préconiser l’existence d’une littérature fondée sur de tels principes ? Le Rêve est la seule ma
418ientes M. Breton peut-il préconiser l’existence d’une littérature fondée sur de tels principes ? Le Rêve est la seule matiè
419éconiser l’existence d’une littérature fondée sur de tels principes ? Le Rêve est la seule matière poétique. Dans le monde
420le matière poétique. Dans le monde du Rêve autant de cellules isolées que de rêveurs. Toute poésie est incommunicable, le
421s le monde du Rêve autant de cellules isolées que de rêveurs. Toute poésie est incommunicable, le poète étant un simple st
422. Toute poésie est incommunicable, le poète étant un simple sténographe de ses rêves. Soit. De ces faits, je tire cette co
423ommunicable, le poète étant un simple sténographe de ses rêves. Soit. De ces faits, je tire cette conclusion pratique : in
424e étant un simple sténographe de ses rêves. Soit. De ces faits, je tire cette conclusion pratique : inutile de publier des
425aits, je tire cette conclusion pratique : inutile de publier des poèmes. Éluard le comprenait, qui écrivit : « Quand les l
426re cette conclusion pratique : inutile de publier des poèmes. Éluard le comprenait, qui écrivit : « Quand les livres se lir
427t, qui écrivit : « Quand les livres se liront-ils d’eux-mêmes, sans le secours des lecteurs ? Quand les hommes se comprend
428livres se liront-ils d’eux-mêmes, sans le secours des lecteurs ? Quand les hommes se comprendront-ils individuellement ? »
429ront-ils individuellement ? » Que M. Breton donne des « recettes pour faire un poème » cette mystification est [p. 776] dan
430? » Que M. Breton donne des « recettes pour faire un poème » cette mystification est [p. 776] dans la logique de ses princ
431 cette mystification est [p. 776] dans la logique de ses principes, mais je lui conteste le droit de faire suivre son mani
432e de ses principes, mais je lui conteste le droit de faire suivre son manifeste de proses — Poisson soluble — qui servent
433i conteste le droit de faire suivre son manifeste de proses — Poisson soluble — qui servent d’illustration à sa défense de
434nifeste de proses — Poisson soluble — qui servent d’illustration à sa défense de la poésie pure. Les beautés que j’y vois
435ne me seraient-elles perceptibles que par le fait d’une fortuite coïncidence entre l’univers du poète et le mien ? Je comp
436 me seraient-elles perceptibles que par le fait d’une fortuite coïncidence entre l’univers du poète et le mien ? Je compren
437l’univers du poète et le mien ? Je comprends trop de choses dans ces poèmes qui devraient m’être parfaitement impénétrable
438étrables. Je crois même voir que M. Breton serait un très curieux poète s’il ne s’efforçait de donner raison aux 75 pages
439 serait un très curieux poète s’il ne s’efforçait de donner raison aux 75 pages où il voulut nous persuader que tout poème
440il voulut nous persuader que tout poème doit être une dictée non corrigée du Rêve. Je reconnais à chaque ligne de Poisson s
441non corrigée du Rêve. Je reconnais à chaque ligne de Poisson soluble cette « vieillerie poétique » qui, avoue Rimbaud, ent
442 poétique » qui, avoue Rimbaud, entre encore pour une grande part dans l’« alchimie du verbe » ; et je ne puis m’empêcher d
443’« alchimie du verbe » ; et je ne puis m’empêcher d’accuser Breton de préméditation… À quoi sert, dès lors, tout cet appar
444rbe » ; et je ne puis m’empêcher d’accuser Breton de préméditation… À quoi sert, dès lors, tout cet appareil psychologique
445 si scolaire ? À donner le change sur la pauvreté d’un art purement formel. Car c’est ici le tragique de cette mystificati
446i scolaire ? À donner le change sur la pauvreté d’un art purement formel. Car c’est ici le tragique de cette mystification
447un art purement formel. Car c’est ici le tragique de cette mystification : la plupart des surréalistes n’ont rien à dire,
448donc en doctrine leur impuissance. « Il n’y a pas de pensée hors les mots » (Aragon). Aussi se paient-ils de métaphores co
449sée hors les mots » (Aragon). Aussi se paient-ils de métaphores comme d’autres de raisonnements. Plaisante ironie, si cett
450 Aussi se paient-ils de métaphores comme d’autres de raisonnements. Plaisante ironie, si cette attitude n’était qu’une pro
451s. Plaisante ironie, si cette attitude n’était qu’une protestation contre nos poncifs intellectuels. Mais elle risque bien
452 nos poncifs intellectuels. Mais elle risque bien de nous en rendre un peu plus esclaves. Car depuis Freud — dont ils se r
453lectuels. Mais elle risque bien de nous en rendre un peu plus esclaves. Car depuis Freud — dont ils se réclament imprudemm
454emment, — on sait ce que c’est que la « liberté » d’un esprit pur de tout finalisme ! Surréalisme S.A., entreprise pour l’
455ment, — on sait ce que c’est que la « liberté » d’un esprit pur de tout finalisme ! Surréalisme S.A., entreprise pour l’ex
456t ce que c’est que la « liberté » d’un esprit pur de tout finalisme ! Surréalisme S.A., entreprise pour l’exploitation de
457 Surréalisme S.A., entreprise pour l’exploitation de matériaux de démolition abandonnés par Dada S.A. Ce n’est pas ainsi q
458S.A., entreprise pour l’exploitation de matériaux de démolition abandonnés par Dada S.A. Ce n’est pas ainsi que nous sorti
459r Dada S.A. Ce n’est pas ainsi que nous sortirons d’une anarchie dont les causes semblent avant tout morales. Les tendance
460Dada S.A. Ce n’est pas ainsi que nous sortirons d’une anarchie dont les causes semblent avant tout morales. Les tendances e
461semblent avant tout morales. Les tendances encore un peu vagues d’un groupe tel que Philosophies laissent pressentir des r
462 tout morales. Les tendances encore un peu vagues d’un groupe tel que Philosophies laissent pressentir des révolutions plu
463out morales. Les tendances encore un peu vagues d’un groupe tel que Philosophies laissent pressentir des révolutions plus
464n groupe tel que Philosophies laissent pressentir des révolutions plus réelles. On souhaite qu’après faillite faite, les su
465es surréalistes trouvent à montrer leur talent en des jeux moins lassants. Dada, éclat de rire d’un désespoir exaspéré, com
466t en des jeux moins lassants. Dada, éclat de rire d’un désespoir exaspéré, commandait une certaine sympathie. L’agaçant, a
467en des jeux moins lassants. Dada, éclat de rire d’un désespoir exaspéré, commandait une certaine sympathie. L’agaçant, ave
468éclat de rire d’un désespoir exaspéré, commandait une certaine sympathie. L’agaçant, avec les surréalistes, c’est que — pou
469avec les surréalistes, c’est que — pour reprendre un mot de Cocteau — ils « embaument de vieilles anarchies ». L’ironie qu
470s surréalistes, c’est que — pour reprendre un mot de Cocteau — ils « embaument de vieilles anarchies ». L’ironie qui sauva
471our reprendre un mot de Cocteau — ils « embaument de vieilles anarchies ». L’ironie qui sauva Dada du ridicule le cède ici
472L’ironie qui sauva Dada du ridicule le cède ici à un ton de mage qui ne fera plus longtemps impression. C’est grand dommag
473e qui sauva Dada du ridicule le cède ici à un ton de mage qui ne fera plus longtemps impression. C’est grand dommage pour
474 dommage pour les lettres françaises qui risquent d’y perdre au moins deux grands artistes : Aragon, Éluard. Sans oublier
475: Aragon, Éluard. Sans oublier Breton, enchanteur des images qui peuplent les ténèbres. p. 775 b. « André Breton : Man
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
476Colin, Van Gogh (août 1925) c Le nouveau volume de la collection des « Maîtres de l’art moderne » est au moins le cinqui
477août 1925) c Le nouveau volume de la collection des « Maîtres de l’art moderne » est au moins le cinquième ouvrage publié
478 Le nouveau volume de la collection des « Maîtres de l’art moderne » est au moins le cinquième ouvrage publié en France su
479e sur Van Gogh, depuis 1922. Il contient pourtant des vues assez neuves. M. Colin s’est contenté de narrer les faits de la
480nt des vues assez neuves. M. Colin s’est contenté de narrer les faits de la vie de Vincent, mais d’une telle manière que d
481uves. M. Colin s’est contenté de narrer les faits de la vie de Vincent, mais d’une telle manière que des conclusions criti
482olin s’est contenté de narrer les faits de la vie de Vincent, mais d’une telle manière que des conclusions critiques s’en
483té de narrer les faits de la vie de Vincent, mais d’une telle manière que des conclusions critiques s’en dégagent avec évi
484 de narrer les faits de la vie de Vincent, mais d’une telle manière que des conclusions critiques s’en dégagent avec éviden
485e la vie de Vincent, mais d’une telle manière que des conclusions critiques s’en dégagent avec évidence. Van Gogh fut une p
486itiques s’en dégagent avec évidence. Van Gogh fut une proie du génie. L’homme tel que nous le peint Paul Colin, est peu int
487 est peu intéressant. On en a connu bien d’autres de ces jeunes gens prétentieux et sincères qui se croient une vocation,
488eunes gens prétentieux et sincères qui se croient une vocation, végètent dans des œuvres d’évangélisation, fondent des grou
489ncères qui se croient une vocation, végètent dans des œuvres d’évangélisation, fondent des groupes dissidents. Le miracle,
490se croient une vocation, végètent dans des œuvres d’évangélisation, fondent des groupes dissidents. Le miracle, c’est que
491égètent dans des œuvres d’évangélisation, fondent des groupes dissidents. Le miracle, c’est que le plus sauvage génie ait c
492racle, c’est que le plus sauvage génie ait choisi un être de cette espèce pour le tourmenter et le transfigurer. Vincent s
493’est que le plus sauvage génie ait choisi un être de cette espèce pour le tourmenter et le transfigurer. Vincent s’en effr
494fraie lui-même : « Il y a quelque chose au dedans de moi. Qu’est-ce que c’est donc ? » Ses premiers dessins sont de gauche
495t-ce que c’est donc ? » Ses premiers dessins sont de gauches copies de Millet. Mais son manque de talent ne le rebute pas.
496c ? » Ses premiers dessins sont de gauches copies de Millet. Mais son manque de talent ne le rebute pas. Une divine violen
497sont de gauches copies de Millet. Mais son manque de talent ne le rebute pas. Une divine violence le travaille. Elle jaill
498llet. Mais son manque de talent ne le rebute pas. Une divine violence le travaille. Elle jaillira enfin, dans l’éblouisseme
499vaille. Elle jaillira enfin, dans l’éblouissement d’Arles, jusqu’au jour où cette consomption frénétique terrassant un cor
500u jour où cette consomption frénétique terrassant un corps minable, il ne restera plus que les flammes, les soleils et aus
501ue les flammes, les soleils et aussi les grimaces de douleur de ses tableaux. Il faut louer Paul Colin de n’avoir rien cac
502mes, les soleils et aussi les grimaces de douleur de ses tableaux. Il faut louer Paul Colin de n’avoir rien caché des médi
503douleur de ses tableaux. Il faut louer Paul Colin de n’avoir rien caché des médiocrités de cette vie : les reproductions q
504x. Il faut louer Paul Colin de n’avoir rien caché des médiocrités de cette vie : les reproductions qui suivent sa courte bi
505 Paul Colin de n’avoir rien caché des médiocrités de cette vie : les reproductions qui suivent sa courte biographie fourni
506ions qui suivent sa courte biographie fournissent un meilleur motif à l’admiration que tout le lyrisme dont on a voulu cha
507risme dont on a voulu charger la « vie héroïque » de Vincent. M. Colin n’a pas cherché à expliquer ce miracle. Il nous lai
508l nous laisse à notre émotion devant le spectacle d’une œuvre qui ne dut rien à l’homme, d’une œuvre de pur génie. Vincent
509nous laisse à notre émotion devant le spectacle d’une œuvre qui ne dut rien à l’homme, d’une œuvre de pur génie. Vincent Va
510 spectacle d’une œuvre qui ne dut rien à l’homme, d’une œuvre de pur génie. Vincent Van Gogh, génie sans talent. p. 103
511pectacle d’une œuvre qui ne dut rien à l’homme, d’une œuvre de pur génie. Vincent Van Gogh, génie sans talent. p. 1033
512’une œuvre qui ne dut rien à l’homme, d’une œuvre de pur génie. Vincent Van Gogh, génie sans talent. p. 1033 c. « Pau
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
513, « Prix Goncourt », curieux homme. Il se livre à des travaux de précision : il calcule un plan, un poème. Il écrit un livr
514court », curieux homme. Il se livre à des travaux de précision : il calcule un plan, un poème. Il écrit un livre sur Einst
515 se livre à des travaux de précision : il calcule un plan, un poème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valé
516 à des travaux de précision : il calcule un plan, un poème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valéry, St Jo
517récision : il calcule un plan, un poème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valéry, St John Perse. On le vit
518n plan, un poème. Il écrit un livre sur Einstein, des articles sur Valéry, St John Perse. On le vit naguère en province liq
519ohn Perse. On le vit naguère en province liquider des stocks américains. Et ses romans, c’est aussi une liquidation : les f
520des stocks américains. Et ses romans, c’est aussi une liquidation : les faits s’y pressent et s’y bousculent ; de temps à a
521tion : les faits s’y pressent et s’y bousculent ; de temps à autre une notation d’artiste ou de psychologue se glisse dans
522faits s’y pressent et s’y bousculent ; de temps à autre une notation d’artiste ou de psychologue se glisse dans leur flot. Vo
523s’y pressent et s’y bousculent ; de temps à autre une notation d’artiste ou de psychologue se glisse dans leur flot. Voilà
524et s’y bousculent ; de temps à autre une notation d’artiste ou de psychologue se glisse dans leur flot. Voilà le lecteur e
525lent ; de temps à autre une notation d’artiste ou de psychologue se glisse dans leur flot. Voilà le lecteur entraîné, ébah
526 le lecteur entraîné, ébahi, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la l
527ahi, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions
528ionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions traitées
529de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions traitées est rapide, elle est complète aussi. On s’étonne d
530 est rapide, elle est complète aussi. On s’étonne de ce que Fabre, disciple de Valéry, puisse rédiger des romans si bouill
531lète aussi. On s’étonne de ce que Fabre, disciple de Valéry, puisse rédiger des romans si bouillonnants, si mal équarris.
532 ce que Fabre, disciple de Valéry, puisse rédiger des romans si bouillonnants, si mal équarris. Certes, ce n’est pas lui qu
533 maître — : « La marquise sortit à cinq heures ». Une telle platitude est presque indispensable, mais il s’en permet d’autr
534permet d’autres qui le sont moins. On n’écrit pas un roman en trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligen
535crit pas un roman en trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligences. Mais on ne demande pas non plus au pu
536n trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligences. Mais on ne demande pas non plus au puissant boxeur sur l
537mande pas non plus au puissant boxeur sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était un portrait balzacien du brasseur
538sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était un portrait balzacien du brasseur d’affaires. Le sujet du Tarramagnou, c
539abevel, c’était un portrait balzacien du brasseur d’affaires. Le sujet du Tarramagnou, c’est « la nouvelle mise en servitu
540 la nouvelle mise en servitude du peuple rustique de France ». En effet — le phénomène n’est pas particulier à la France —
541s paysans sont en train de redevenir serfs, serfs des syndicats et des capitalistes des villes. Mais dans une de ces provin
542 train de redevenir serfs, serfs des syndicats et des capitalistes des villes. Mais dans une de ces provinces du Midi où le
543ir serfs, serfs des syndicats et des capitalistes des villes. Mais dans une de ces provinces du Midi où le souvenir des lut
544ndicats et des capitalistes des villes. Mais dans une de ces provinces du Midi où le souvenir des luttes religieuses encore
545ats et des capitalistes des villes. Mais dans une de ces provinces du Midi où le souvenir des luttes religieuses encore vi
546 dans une de ces provinces du Midi où le souvenir des luttes religieuses encore vivace fait que les paysans gardent une méf
547ieuses encore vivace fait que les paysans gardent une méfiance frondeuse vis-à-vis du gouvernement, le libérateur va se lev
548du gouvernement, le libérateur va se lever. C’est un descendant de Roland le Camisard, ce « Tarramagnou », ce « petit homm
549t, le libérateur va se lever. C’est un descendant de Roland le Camisard, ce « Tarramagnou », ce « petit homme de la terre 
550le Camisard, ce « Tarramagnou », ce « petit homme de la terre », qui va susciter un formidable mouvement de protestation c
551, ce « petit homme de la terre », qui va susciter un formidable mouvement de protestation contre les lois tyranniques. Le
552 terre », qui va susciter un formidable mouvement de protestation contre les lois tyranniques. Le succès grandit rapidemen
553du but. Le Tarramagnou voit son œuvre sabotée par des meneurs ; il tente en vain de ressaisir les foules : déjà elles huent
554 œuvre sabotée par des meneurs ; il tente en vain de ressaisir les foules : déjà elles huent sa modération. Alors il va se
555ent sa modération. Alors il va se jeter au-devant des troupes accourues, il meurt en clamant la paix. M. Fabre avait là les
556n clamant la paix. M. Fabre avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et br
557clamant la paix. M. Fabre avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûl
558e avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûlant, une intrigue puissa
559avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûlant, une intrigue puissant
560ts d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûlant, une intrigue puissante, des personnages
561n [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûlant, une intrigue puissante, des personnages d’une belle richesse psychologiqu
562te envergure, et brûlant, une intrigue puissante, des personnages d’une belle richesse psychologique. En fermant le livre o
563 brûlant, une intrigue puissante, des personnages d’une belle richesse psychologique. En fermant le livre on a presque l’i
564rûlant, une intrigue puissante, des personnages d’une belle richesse psychologique. En fermant le livre on a presque l’impr
565qu’il a réussi ce grand roman… Qu’y manque-t-il ? Un style ? L’absence de style, n’est-ce pas le meilleur style pour un ro
566nd roman… Qu’y manque-t-il ? Un style ? L’absence de style, n’est-ce pas le meilleur style pour un romancier ? C’est plutô
567nce de style, n’est-ce pas le meilleur style pour un romancier ? C’est plutôt, je crois, une certaine harmonie générale da
568style pour un romancier ? C’est plutôt, je crois, une certaine harmonie générale dans le récit et le ton, surtout dans la p
569n soit mal construit, au contraire. Mais le tissu des faits se relâche parfois, et les arêtes de la construction apparaisse
570tissu des faits se relâche parfois, et les arêtes de la construction apparaissent trop nues. Chef-d’œuvre ou pas chef-d’œu
571œuvre d’ailleurs, il reste que le Tarramagnou est un livre émouvant, d’une saine puissance. Il reste que Lucien Fabre a te
572l reste que le Tarramagnou est un livre émouvant, d’une saine puissance. Il reste que Lucien Fabre a tenté, et en somme, r
573reste que le Tarramagnou est un livre émouvant, d’une saine puissance. Il reste que Lucien Fabre a tenté, et en somme, réus
574te que Lucien Fabre a tenté, et en somme, réussi, une entreprise bien téméraire de nos jours : un roman à thèse aussi intel
575t en somme, réussi, une entreprise bien téméraire de nos jours : un roman à thèse aussi intelligent que vivant. p. 11
576ssi, une entreprise bien téméraire de nos jours : un roman à thèse aussi intelligent que vivant. p. 1151 d. « Lucie
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
577 [p. 1152] Les Appels de l’Orient (septembre 1929) e Le xxᵉ siècle s’annonce comme le siècle
5781929) e Le xxᵉ siècle s’annonce comme le siècle de la découverte du monde par l’Europe intellectuelle. Grand siècle de c
579u monde par l’Europe intellectuelle. Grand siècle de critique pour lequel nos contemporains accumulent les documents. La l
580mporains accumulent les documents. La littérature de ces dernières années n’est qu’une forme de reportage international. L
581. La littérature de ces dernières années n’est qu’une forme de reportage international. L’Europe menant cette immense enquê
582rature de ces dernières années n’est qu’une forme de reportage international. L’Europe menant cette immense enquête manife
583ant l’Europe du xviiiᵉ prenait surtout conscience de son propre génie, l’Europe d’aujourd’hui semble chercher dans une con
584 surtout conscience de son propre génie, l’Europe d’aujourd’hui semble chercher dans une confrontation avec l’Orient, plut
585énie, l’Europe d’aujourd’hui semble chercher dans une confrontation avec l’Orient, plutôt qu’une réelle connaissance de l’O
586r dans une confrontation avec l’Orient, plutôt qu’une réelle connaissance de l’Orient, une conscience d’elle-même. C’est pe
587 avec l’Orient, plutôt qu’une réelle connaissance de l’Orient, une conscience d’elle-même. C’est peut-être pour provoquer
588t, plutôt qu’une réelle connaissance de l’Orient, une conscience d’elle-même. C’est peut-être pour provoquer cette confront
589e réelle connaissance de l’Orient, une conscience d’elle-même. C’est peut-être pour provoquer cette confrontation seulemen
590uer cette confrontation seulement qu’on a imaginé un péril oriental, car il semble bien que dans le domaine de la culture
591 oriental, car il semble bien que dans le domaine de la culture le péril n’existe que pour autant qu’on en parle, la vraie
592n en parle, la vraie « question asiatique » étant une question politique. On peut prévoir que si le bouddhisme jouit un jou
593tique. On peut prévoir que si le bouddhisme jouit un jour d’un renouveau, c’est à quelques savants européens qu’il le devr
594n peut prévoir que si le bouddhisme jouit un jour d’un renouveau, c’est à quelques savants européens qu’il le devra, tandi
595peut prévoir que si le bouddhisme jouit un jour d’un renouveau, c’est à quelques savants européens qu’il le devra, tandis
596ques savants européens qu’il le devra, tandis que d’un mouvement inverse, le christianisme débarrassé de son déguisement g
597es savants européens qu’il le devra, tandis que d’un mouvement inverse, le christianisme débarrassé de son déguisement gré
598un mouvement inverse, le christianisme débarrassé de son déguisement gréco-latin retournera vers ses sources pour s’y retr
599a vers ses sources pour s’y retremper. Les appels de l’Orient, ce sont les Keyserling, les Guénon, qui les font entendre,
600. Ceci convenu, il faut reconnaître que l’enquête des Cahiers du Mois donne un fort intéressant tableau des multiples réact
601connaître que l’enquête des Cahiers du Mois donne un fort intéressant tableau des multiples réactions de l’Europe placée d
602Cahiers du Mois donne un fort intéressant tableau des multiples réactions de l’Europe placée devant le dilemme Orient-Occid
603 fort intéressant tableau des multiples réactions de l’Europe placée devant le dilemme Orient-Occident. Réactions qui, dis
604 enquête rejoint parfois celle qu’ouvrit la Revue de Genève sur « l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André G
605celle qu’ouvrit la Revue de Genève sur « l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André Gide en particulier). Car
606 « l’Avenir de l’Europe. » (Cf. les deux réponses d’André Gide en particulier). Car la plupart des enquêtés se font de l’O
607particulier). Car la plupart des enquêtés se font de l’Orient une représentation vague [p. 1153] et poétique. « Orient…, t
608. Car la plupart des enquêtés se font de l’Orient une représentation vague [p. 1153] et poétique. « Orient…, toi qui n’as q
609[p. 1153] et poétique. « Orient…, toi qui n’as qu’une valeur de symbole », a dit A. Breton. C’est de cet Orient qu’il s’agi
610t poétique. « Orient…, toi qui n’as qu’une valeur de symbole », a dit A. Breton. C’est de cet Orient qu’il s’agit, et Jean
611u’une valeur de symbole », a dit A. Breton. C’est de cet Orient qu’il s’agit, et Jean Schlumberger le définit encore : « …
612sé à l’esprit occidental, tout ce qui peut servir d’antidote à sa fièvre et à sa logique. » On confond Japon et Arabie, In
613» On confond Japon et Arabie, Indes et Chine sous une dénomination qui n’a de sens que par rapport à l’Europe. Il serait va
614bie, Indes et Chine sous une dénomination qui n’a de sens que par rapport à l’Europe. Il serait vain de tenter un classeme
615e sens que par rapport à l’Europe. Il serait vain de tenter un classement parmi les réponses d’une extraordinaire diversit
616 par rapport à l’Europe. Il serait vain de tenter un classement parmi les réponses d’une extraordinaire diversité — peut-ê
617t vain de tenter un classement parmi les réponses d’une extraordinaire diversité — peut-être trop nombreuses — qui compose
618vain de tenter un classement parmi les réponses d’une extraordinaire diversité — peut-être trop nombreuses — qui composent
619rents, si différentes même les conclusions tirées de points de vue semblables, qu’un esprit analytique et organisateur d’o
620onclusions tirées de points de vue semblables, qu’un esprit analytique et organisateur d’occidental se perdra ici dans un
621mblables, qu’un esprit analytique et organisateur d’occidental se perdra ici dans un ensemble kaléidoscopique d’idées et d
622e et organisateur d’occidental se perdra ici dans un ensemble kaléidoscopique d’idées et de jugements contradictoires, et
623al se perdra ici dans un ensemble kaléidoscopique d’idées et de jugements contradictoires, et de termes dont le sens chang
624a ici dans un ensemble kaléidoscopique d’idées et de jugements contradictoires, et de termes dont le sens change avec l’éc
625pique d’idées et de jugements contradictoires, et de termes dont le sens change avec l’échelle de valeurs de l’écrivain. É
626, et de termes dont le sens change avec l’échelle de valeurs de l’écrivain. Énumérons pourtant quelques-uns des points de
627mes dont le sens change avec l’échelle de valeurs de l’écrivain. Énumérons pourtant quelques-uns des points de vue les plu
628rs de l’écrivain. Énumérons pourtant quelques-uns des points de vue les plus riches ou les mieux définis. Pour Valéry, la s
629ou les mieux définis. Pour Valéry, la supériorité de l’Europe réside dans sa « puissance de choix », dans le génie d’abstr
630upériorité de l’Europe réside dans sa « puissance de choix », dans le génie d’abstraction qui a produit la géométrie grecq
631ide dans sa « puissance de choix », dans le génie d’abstraction qui a produit la géométrie grecque. D’autres attribuent ce
632t la déplorent. Plusieurs jeunes songent que dans une Europe vieillie, les parfums puissants de l’Asie sauront encore éveil
633e dans une Europe vieillie, les parfums puissants de l’Asie sauront encore éveiller de beaux rêves. Il y a ceux qui repous
634rfums puissants de l’Asie sauront encore éveiller de beaux rêves. Il y a ceux qui repoussent une Asie ignorante du thomism
635eiller de beaux rêves. Il y a ceux qui repoussent une Asie ignorante du thomisme et ceux qui pensent inévitable le choc de
636u thomisme et ceux qui pensent inévitable le choc de deux mondes, et que seule une intime connaissance mutuelle l’adoucira
637t inévitable le choc de deux mondes, et que seule une intime connaissance mutuelle l’adoucira. Il y a ceux qui à la suite d
638me, religion missionnaire, ne peut nous donner qu’une supériorité provisoire et qui porte en son principe le germe de sa de
639 provisoire et qui porte en son principe le germe de sa destruction.) Il y a enfin ceux qui refondent et combinent toutes
640ses, conclusions ou interrogations, ont le défaut de n’être pas suffisamment motivées par des faits et des documents. Pour
641le défaut de n’être pas suffisamment motivées par des faits et des documents. Pour beaucoup, l’Orient n’est qu’un prétexte
642n’être pas suffisamment motivées par des faits et des documents. Pour beaucoup, l’Orient n’est qu’un prétexte à variations
643t des documents. Pour beaucoup, l’Orient n’est qu’un prétexte à variations sur le thème favori. M. Massis, par exemple, qu
644ri. M. Massis, par exemple, qui cependant produit un grand nombre de citations à l’appui de ses sophismes, ne se livre pas
645ar exemple, qui cependant produit un grand nombre de citations à l’appui de ses sophismes, ne se livre pas moins à des déd
646l’appui de ses sophismes, ne se livre pas moins à des déductions in abstracto qui le mènent à des conclusions de ce genre :
647ins à des déductions in abstracto qui le mènent à des conclusions de ce genre : si nous trouvons le moyen de « suppléer à l
648ions in abstracto qui le mènent à des conclusions de ce genre : si nous trouvons le moyen de « suppléer à l’éducation hist
649nclusions de ce genre : si nous trouvons le moyen de « suppléer à l’éducation historique des peuples chrétiens qui n’ont p
650s le moyen de « suppléer à l’éducation historique des peuples chrétiens qui n’ont pas eu de Moyen Âge », nous pourrons amen
651historique des peuples chrétiens qui n’ont pas eu de Moyen Âge », nous pourrons amener l’Asie à comprendre la religion rom
652 si étroitement particularisé pourtant, à l’usage des Latins…). Quant aux Orientalistes, qui, eux, apportent des documents,
653s…). Quant aux Orientalistes, qui, eux, apportent des documents, savent de quoi ils parlent, ils se récusent lorsqu’il s’ag
654listes, qui, eux, apportent des documents, savent de quoi ils parlent, ils se récusent lorsqu’il s’agit de conclure. Un éc
655uoi ils parlent, ils se récusent lorsqu’il s’agit de conclure. Un écrivain grec, M. Embiricos, a trouvé la formule qui déf
656nt, ils se récusent lorsqu’il s’agit de conclure. Un écrivain grec, M. Embiricos, a trouvé la formule qui définit ce que l
657, je pense, réunira tous les suffrages. Et chacun d’en tirer de nouvelles raisons de maudire l’Orient ou chercher la guéri
658 réunira tous les suffrages. Et chacun d’en tirer de nouvelles raisons de maudire l’Orient ou chercher la guérison de nos
659frages. Et chacun d’en tirer de nouvelles raisons de maudire l’Orient ou chercher la guérison de nos fièvres. Mais nous au
660isons de maudire l’Orient ou chercher la guérison de nos fièvres. Mais nous aurons entrevu peut-être pour la première fois
661s entrevu peut-être pour la première fois le rôle de l’Europe [p. 1154] « conscience du monde », entre une Amérique affolé
662l’Europe [p. 1154] « conscience du monde », entre une Amérique affolée de vitesse, édifiant ses gratte-ciels comme des tour
663conscience du monde », entre une Amérique affolée de vitesse, édifiant ses gratte-ciels comme des tours de Babel, et une A
664folée de vitesse, édifiant ses gratte-ciels comme des tours de Babel, et une Asie immobile dans sa méditation éternelle.
665itesse, édifiant ses gratte-ciels comme des tours de Babel, et une Asie immobile dans sa méditation éternelle. p. 1152
666ant ses gratte-ciels comme des tours de Babel, et une Asie immobile dans sa méditation éternelle. p. 1152 e. « Les App
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
667 [p. 1156] Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929) f « Dès que nous sommes seuls, nous somme
668929) f « Dès que nous sommes seuls, nous sommes des fous. Oui, le contrôle de nous-mêmes ne joue que soutenu par le contr
669mes seuls, nous sommes des fous. Oui, le contrôle de nous-mêmes ne joue que soutenu par le contrôle que les autres nous im
670r le contrôle que les autres nous imposent », dit un héros de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le dedans 
671rôle que les autres nous imposent », dit un héros de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le dedans » M. Jean
672s nous imposent », dit un héros de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le dedans » M. Jean Prévost, en un sa
673 qu’a peint « par le dedans » M. Jean Prévost, en un saisissant raccourci psychologique. « Tout homme normal est fait de p
674ourci psychologique. « Tout homme normal est fait de plusieurs fous qui s’annulent », écrit-il. Ce fou qui veut être soi p
675fou qui veut être soi purement, qui veut éliminer de soi tout ce qui est déterminé par l’extérieur, — ce fou que nous port
676s il l’a poussé impitoyablement dans sa recherche d’un absolu qui se trouve être le néant. Pour finir il « l’écrabouille »
677il l’a poussé impitoyablement dans sa recherche d’un absolu qui se trouve être le néant. Pour finir il « l’écrabouille ».
678ute expérience, elle n’en est pas moins probante. Une œuvre d’art que ce petit livre ? C’est avant tout une démonstration ;
679œuvre d’art que ce petit livre ? C’est avant tout une démonstration ; mais, puissante de sûreté et d’évidence, elle a cette
680st avant tout une démonstration ; mais, puissante de sûreté et d’évidence, elle a cette beauté froide et massive d’un théo
681 une démonstration ; mais, puissante de sûreté et d’évidence, elle a cette beauté froide et massive d’un théorème de Spino
682d’évidence, elle a cette beauté froide et massive d’un théorème de Spinoza. Une ironie dure, la densité du style révèlent
683évidence, elle a cette beauté froide et massive d’un théorème de Spinoza. Une ironie dure, la densité du style révèlent se
684le a cette beauté froide et massive d’un théorème de Spinoza. Une ironie dure, la densité du style révèlent seules l’écriv
685eauté froide et massive d’un théorème de Spinoza. Une ironie dure, la densité du style révèlent seules l’écrivain ; et auss
686’écrivain ; et aussi quelques sentences : « C’est de la faiblesse de nos yeux que frissonnent les étoiles. » p. 1156
687ussi quelques sentences : « C’est de la faiblesse de nos yeux que frissonnent les étoiles. » p. 1156 f. « Jean Prévos
10 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
688nationale qu’Ibsen voulait placer sous les arches de la vieille société », pour reprendre la pittoresque définition de M.
689ciété », pour reprendre la pittoresque définition de M. A. [p. 1163] Eloesser dans l’Almanach du 25ᵉ anniversaire. Les rév
690ï, Hauptmann et Maeterlinck. On trouve au tableau des auteurs édités depuis lors les grands noms de la littérature européen
691au des auteurs édités depuis lors les grands noms de la littérature européenne d’avant-guerre mêlés à ceux des maîtres du
692lors les grands noms de la littérature européenne d’avant-guerre mêlés à ceux des maîtres du renouveau idéaliste allemand
693ittérature européenne d’avant-guerre mêlés à ceux des maîtres du renouveau idéaliste allemand et viennois, Hesse, Hofmannst
694nd et viennois, Hesse, Hofmannsthal… Les extraits de ces auteurs qui composent l’Almanach Fischer donnent une juste idée d
695 auteurs qui composent l’Almanach Fischer donnent une juste idée de ce que fut la littérature d’avant-garde entre 1900 et 1
696mposent l’Almanach Fischer donnent une juste idée de ce que fut la littérature d’avant-garde entre 1900 et 1910. Depuis, l
697nnent une juste idée de ce que fut la littérature d’avant-garde entre 1900 et 1910. Depuis, la maison paraît s’être un peu
698tre 1900 et 1910. Depuis, la maison paraît s’être un peu embourgeoisée… Disons plutôt que voici venu le temps de la moisso
699ourgeoisée… Disons plutôt que voici venu le temps de la moisson, — le temps des éditions d’Œuvres complètes. p. 1162
700que voici venu le temps de la moisson, — le temps des éditions d’Œuvres complètes. p. 1162 g. « S. Fischer Verlag : Al
701u le temps de la moisson, — le temps des éditions d’Œuvres complètes. p. 1162 g. « S. Fischer Verlag : Almanach 1925
11 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
702g-froid. Et si l’on a pu reprocher à ses tableaux de l’Europe qu’il vient de parcourir quelque superficialité, du moins fa
703 reprocher à ses tableaux de l’Europe qu’il vient de parcourir quelque superficialité, du moins faut-il le louer d’avoir c
704quelque superficialité, du moins faut-il le louer d’avoir conservé une vision générale de notre temps et un évident besoin
705alité, du moins faut-il le louer d’avoir conservé une vision générale de notre temps et un évident besoin d’impartialité. S
706-il le louer d’avoir conservé une vision générale de notre temps et un évident besoin d’impartialité. Son art bénéficie de
707ir conservé une vision générale de notre temps et un évident besoin d’impartialité. Son art bénéficie de cette vision. Je
708sion générale de notre temps et un évident besoin d’impartialité. Son art bénéficie de cette vision. Je ne saurais résumer
709 évident besoin d’impartialité. Son art bénéficie de cette vision. Je ne saurais résumer les nombreuses péripéties de son
710. Je ne saurais résumer les nombreuses péripéties de son dernier roman sans exposer et discuter toutes les idées qu’elles
711 les meilleurs arguments. Et peu à peu surgissent d’une accumulation de petites touches précises des types d’après-guerre
712es meilleurs arguments. Et peu à peu surgissent d’une accumulation de petites touches précises des types d’après-guerre d’u
713ments. Et peu à peu surgissent d’une accumulation de petites touches précises des types d’après-guerre d’une étrange vérit
714nt d’une accumulation de petites touches précises des types d’après-guerre d’une étrange vérité. Aux prises avec les problè
715ccumulation de petites touches précises des types d’après-guerre d’une étrange vérité. Aux prises avec les problèmes socia
716petites touches précises des types d’après-guerre d’une étrange vérité. Aux prises avec les problèmes sociaux et le luxe l
717tites touches précises des types d’après-guerre d’une étrange vérité. Aux prises avec les problèmes sociaux et le luxe le m
718 la Russie, vers le passé, vers l’Orient, tentant des amours nouvelles et les fuites les plus folles hors de la réalité, il
719s les plus folles hors de la réalité, ils forment un cortège pittoresque et désolant à celui qui, revenu de l’étranger dan
720rtège pittoresque et désolant à celui qui, revenu de l’étranger dans le désordre de son pays, suivra obstinément le « bon
721 celui qui, revenu de l’étranger dans le désordre de son pays, suivra obstinément le « bon chemin » de la santé et de la r
722de son pays, suivra obstinément le « bon chemin » de la santé et de la raison. C’est à lui que va la sympathie de l’auteur
723ivra obstinément le « bon chemin » de la santé et de la raison. C’est à lui que va la sympathie de l’auteur et la nôtre.
724 et de la raison. C’est à lui que va la sympathie de l’auteur et la nôtre. p. 1163 h. « Otto Flake : Der Gute Weg (S.
12 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
725Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929) j M. Valéry Larbaud est vraiment un étonn
726eptembre 1929) j M. Valéry Larbaud est vraiment un étonnant esprit. Pour présenter au public français cette œuvre « d’im
727. Pour présenter au public français cette œuvre « d’importance européenne », croyez-vous qu’il aille s’abandonner à l’émot
728u’il aille s’abandonner à l’émotion communicative de qui découvre un sommet ? Point. Précision, modération dans le jugemen
729ndonner à l’émotion communicative de qui découvre un sommet ? Point. Précision, modération dans le jugement, humour léger,
730éger, notation suggestive, telles sont les vertus de sa critique. Ce n’est que dans sa discrétion à louer une grande œuvre
731critique. Ce n’est que dans sa discrétion à louer une grande œuvre qu’on trouvera la mesure de son admiration et le gage de
732à louer une grande œuvre qu’on trouvera la mesure de son admiration et le gage de sa légitimité. Nul doute que les Trois n
733n trouvera la mesure de son admiration et le gage de sa légitimité. Nul doute que les Trois nouvelles exemplaires ne susci
734 que les Trois nouvelles exemplaires ne suscitent un intérêt très profond : elles nous transportent au cœur de préoccupati
735êt très profond : elles nous transportent au cœur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité littéraire,
736elles nous transportent au cœur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité littéraire, problème de la pers
737œur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité littéraire, problème de la personnalité. Leur Prologue pou
738rnes, problème de la réalité littéraire, problème de la personnalité. Leur Prologue pourrait presque aussi bien être celui
739r Prologue pourrait presque aussi bien être celui d’une pièce de Pirandello. N’annonce-t-il pas que les personnages des tr
740Prologue pourrait presque aussi bien être celui d’une pièce de Pirandello. N’annonce-t-il pas que les personnages des trois
741ourrait presque aussi bien être celui d’une pièce de Pirandello. N’annonce-t-il pas que les personnages des trois nouvelle
742irandello. N’annonce-t-il pas que les personnages des trois nouvelles « sont réels, très réels, de la réalité la plus intim
743ges des trois nouvelles « sont réels, très réels, de la réalité la plus intime, de celle qu’ils se donnent eux-mêmes dans
744 réels, très réels, de la réalité la plus intime, de celle qu’ils se donnent eux-mêmes dans leur pure volonté d’être ou de
745u’ils se donnent eux-mêmes dans leur pure volonté d’être ou de ne pas être… ». Mais les héros de Pirandello, s’ils veulent
746onnent eux-mêmes dans leur pure volonté d’être ou de ne pas être… ». Mais les héros de Pirandello, s’ils veulent être, sub
747lonté d’être ou de ne pas être… ». Mais les héros de Pirandello, s’ils veulent être, subissent, une fois qu’ils sont, le g
748issent, une fois qu’ils sont, le grand malentendu de la personnalité. Tandis que chez Unamuno une volonté d’action les pos
749tendu de la personnalité. Tandis que chez Unamuno une volonté d’action les possède, les exalte, les affole. Les plus beaux
750personnalité. Tandis que chez Unamuno une volonté d’action les possède, les exalte, les affole. Les plus beaux types créés
751erine, ou cet Alexandro Gomez cynique et puissant de confiance en soi, qu’une volonté presque inhumaine torture et conduit
752Gomez cynique et puissant de confiance en soi, qu’une volonté presque inhumaine torture et conduit au crime. Et s’ils s’imp
753r obsédante volonté. Car on imagine difficilement un art plus dépouillé de détail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de
754ar on imagine difficilement un art plus dépouillé de détail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies,
755ment un art plus dépouillé de détail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies, d’une classique sobriét
756é de détail extérieur ou d’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et
757 d’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantique
758’enjolivure. La lecture de ces trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantiques,
759es trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantiques, laisse la même impression d
760 trois tragédies, d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantiques, laisse la même impression de g
761 d’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantiques, laisse la même impression de grandeur désolée
762’une classique sobriété mais d’une brutalité et d’une ironie romantiques, laisse la même impression de grandeur désolée qu’
763une ironie romantiques, laisse la même impression de grandeur désolée qu’un Greco. Mais il n’y a pas les couleurs, ni l’am
764 laisse la même impression de grandeur désolée qu’un Greco. Mais il n’y a pas les couleurs, ni l’amère volupté des formes.
765ais il n’y a pas les couleurs, ni l’amère volupté des formes. Une sensation de barre d’acier sur la nuque. p. 1164 j
766 pas les couleurs, ni l’amère volupté des formes. Une sensation de barre d’acier sur la nuque. p. 1164 j. « Miguel d
767urs, ni l’amère volupté des formes. Une sensation de barre d’acier sur la nuque. p. 1164 j. « Miguel de Unamuno : T
768’amère volupté des formes. Une sensation de barre d’acier sur la nuque. p. 1164 j. « Miguel de Unamuno : Trois nouv
13 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
769197] Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929) k Peut-être n’est-il pas trop ta
770-être n’est-il pas trop tard pour parler du Vinet de M. Seillière, de ce nouveau chapitre qu’il vient d’ajouter à sa grand
771s trop tard pour parler du Vinet de M. Seillière, de ce nouveau chapitre qu’il vient d’ajouter à sa grande étude sur les r
772 M. Seillière, de ce nouveau chapitre qu’il vient d’ajouter à sa grande étude sur les rapports du christianisme et du roma
773. M. Seillière cherchait dans l’époque romantique un témoin dont le jugement eut « l’autorité d’un verdict essentiellement
774tique un témoin dont le jugement eut « l’autorité d’un verdict essentiellement chrétien sur le mysticisme naturiste ». Il
775que un témoin dont le jugement eut « l’autorité d’un verdict essentiellement chrétien sur le mysticisme naturiste ». Il ne
776l’œuvre du penseur vaudois la substance originale de la plupart des idées dont lui-même s’est fait le moderne champion. Po
777erne champion. Pour ce qui concerne le Vinet juge des romantiques, il n’a pas eu trop de peine à l’annexer à son propre cor
778le Vinet juge des romantiques, il n’a pas eu trop de peine à l’annexer à son propre corps de doctrines critiques. Dirai-je
779s eu trop de peine à l’annexer à son propre corps de doctrines critiques. Dirai-je pourtant que je crains qu’il n’ait été
780ue inconsciemment, à gauchir légèrement la pensée de Vinet pour lui ajuster sa terminologie particulière ? Mais par ailleu
781ais par ailleurs Vinet déborde le « sellièrisme » de tout son mysticisme protestant. Et cela n’est pas sans gêner M. Seill
782i il insiste sur le fait que Vinet se déclarait « un chrétien sans épithète ». Croit-il éluder [p. 1198] ainsi le protesta
783Croit-il éluder [p. 1198] ainsi le protestantisme de Vinet ? Ne voit-il pas que rien n’est plus protestant qu’une telle at
784 Ne voit-il pas que rien n’est plus protestant qu’une telle attitude ? Mais ces réserves sont de peu d’importance si l’on s
785nt qu’une telle attitude ? Mais ces réserves sont de peu d’importance si l’on songe au service que M. Seillière nous rend
786ne telle attitude ? Mais ces réserves sont de peu d’importance si l’on songe au service que M. Seillière nous rend en réin
787it trouvé. Mais sa position purement chrétienne — un mysticisme de cadre solidement moral, c’est-à-dire rationnel, dit M.
788s sa position purement chrétienne — un mysticisme de cadre solidement moral, c’est-à-dire rationnel, dit M. Seillière — me
789lière — me paraît infiniment plus forte que celle d’un Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité est plus réellement p
790ère — me paraît infiniment plus forte que celle d’un Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité est plus réellement pro
791nt plus forte que celle d’un Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité est plus réellement profonde, son point d’appui
792 plus forte que celle d’un Maurras ou que celle d’un Maritain. Son unité est plus réellement profonde, son point d’appui p
793Son unité est plus réellement profonde, son point d’appui plus central. Pour notre époque déchirée entre un thomisme et un
794ui plus central. Pour notre époque déchirée entre un thomisme et un nihilisme exaspérés, pour notre nouveau mal du siècle,
795. Pour notre époque déchirée entre un thomisme et un nihilisme exaspérés, pour notre nouveau mal du siècle, il n’est peut-
796tre nouveau mal du siècle, il n’est peut-être pas de pensée plus vivante, ni de plus tonique que celle de ce « Pascal prot
797pensée plus vivante, ni de plus tonique que celle de ce « Pascal protestant ». p. 1197 k. « Ernest Seillière : Alex
14 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)
798e et la mort « où se reflète le passage incessant d’oiseaux de la mer ? » « Quel est cet homme dont l’âme fait des signes
799rt « où se reflète le passage incessant d’oiseaux de la mer ? » « Quel est cet homme dont l’âme fait des signes solennels 
800e la mer ? » « Quel est cet homme dont l’âme fait des signes solennels ? » Une voix lente aux méandres songeurs, une simpli
801et homme dont l’âme fait des signes solennels ? » Une voix lente aux méandres songeurs, une simplicité qui n’est pas famili
802lennels ? » Une voix lente aux méandres songeurs, une simplicité qui n’est pas familière. C’est bien la poésie d’une époque
803ité qui n’est pas familière. C’est bien la poésie d’une époque tourmentée dans sa profondeur, mais qui se penche sans vert
804é qui n’est pas familière. C’est bien la poésie d’une époque tourmentée dans sa profondeur, mais qui se penche sans vertige
805se penche sans vertige sur ses abîmes. Simplicité de notre temps ! Au-dessus de la trépidation immense des machines, un Sa
806ses abîmes. Simplicité de notre temps ! Au-dessus de la trépidation immense des machines, un Saint-John-Perse, un Supervie
807notre temps ! Au-dessus de la trépidation immense des machines, un Saint-John-Perse, un Supervielle parlent avec des mots d
808Au-dessus de la trépidation immense des machines, un Saint-John-Perse, un Supervielle parlent avec des mots de tous les jo
809dation immense des machines, un Saint-John-Perse, un Supervielle parlent avec des mots de tous les jours aux vivants et au
810 un Saint-John-Perse, un Supervielle parlent avec des mots de tous les jours aux vivants et aux morts : Mère, je sais très
811-John-Perse, un Supervielle parlent avec des mots de tous les jours aux vivants et aux morts : Mère, je sais très mal comm
812… Cette chose haute à la voix grave qu’on appelle un père dans les maisons. » Comme Valéry, ce poète sait « des complicité
813dans les maisons. » Comme Valéry, ce poète sait « des complicités étranges pour assembler un sourire ». Comme Max Jacob il
814te sait « des complicités étranges pour assembler un sourire ». Comme Max Jacob il lui arrive de situer une anecdote purem
815mbler un sourire ». Comme Max Jacob il lui arrive de situer une anecdote purement poétique dans un monde qu’il s’est créé.
816ourire ». Comme Max Jacob il lui arrive de situer une anecdote purement poétique dans un monde qu’il s’est créé. Jamais ban
817ive de situer une anecdote purement poétique dans un monde qu’il s’est créé. Jamais banal, il est parfois facile : la desc
818pourtant l’autel et le surréalisme l’ont enrichie d’images…). Je cite des noms : y a-t-il influence ou seulement co-généra
819le surréalisme l’ont enrichie d’images…). Je cite des noms : y a-t-il influence ou seulement co-génération ? Pour peu qu’il
820seulement co-génération ? Pour peu qu’ils sortent des cafés littéraires, nos poètes respirent le même air du temps. Leur or
821lité se retrouve dans la manière dont ils tentent de fuir l’inquiétude où ils baignent. Celui-ci vient à peine de quitter
822nent. Celui-ci vient à peine de quitter l’air dur des pampas. « Le voilà qui s’avance, foulant les hautes herbes du ciel. »
823 J’avoue que l’univers intérieur où il lui arrive de graviter me trouble mieux que son lyrisme cosmique. On est plus près
824me cosmique. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. « Jules Supervielle : Gravita
15 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Simone Téry, L’Île des bardes (décembre 1929)
825 [p. 1567] Simone Téry, L’Île des bardes (décembre 1929) m L’Irlande contemporaine offre un spectacle
826(décembre 1929) m L’Irlande contemporaine offre un spectacle bien passionnant : celui de la renaissance d’une littératur
827raine offre un spectacle bien passionnant : celui de la renaissance d’une littérature nationale à la fois cause et effet d
828ctacle bien passionnant : celui de la renaissance d’une littérature nationale à la fois cause et effet de la libération po
829acle bien passionnant : celui de la renaissance d’une littérature nationale à la fois cause et effet de la libération polit
830ne littérature nationale à la fois cause et effet de la libération politique. Cause, puisque pour mener à chef cette libér
831ause, puisque pour mener à chef cette libération, un Yeats, un A.E., bien d’autres, ont su payer de leur personne. Effet,
832que pour mener à chef cette libération, un Yeats, un A.E., bien d’autres, ont su payer de leur personne. Effet, puisque l’
833n, un Yeats, un A.E., bien d’autres, ont su payer de leur personne. Effet, puisque l’héroïsme d’une révolution en faveur d
834payer de leur personne. Effet, puisque l’héroïsme d’une révolution en faveur du passé, révolution tout de même, ne pouvait
835yer de leur personne. Effet, puisque l’héroïsme d’une révolution en faveur du passé, révolution tout de même, ne pouvait pr
836, révolution tout de même, ne pouvait produire qu’une littérature très neuve de forme et traditionaliste d’inspiration, com
837ne pouvait produire qu’une littérature très neuve de forme et traditionaliste d’inspiration, comme fut celle des Yeats, Sy
838ittérature très neuve de forme et traditionaliste d’inspiration, comme fut celle des Yeats, Synge, Joyce même… Trois noms
839et traditionaliste d’inspiration, comme fut celle des Yeats, Synge, Joyce même… Trois noms qui permettent, je crois, de par
840 Joyce même… Trois noms qui permettent, je crois, de parler d’un grand siècle littéraire irlandais ; ce que d’ailleurs Mll
841e… Trois noms qui permettent, je crois, de parler d’un grand siècle littéraire irlandais ; ce que d’ailleurs Mlle Simone T
842 Trois noms qui permettent, je crois, de parler d’un grand siècle littéraire irlandais ; ce que d’ailleurs Mlle Simone Tér
843 et conserver dans l’admiration son sens critique de Parisienne. C’est une sympathie malicieuse qui anime ses amusants por
844admiration son sens critique de Parisienne. C’est une sympathie malicieuse qui anime ses amusants portraits et ses commenta
845es amusants portraits et ses commentaires parfois un peu copieux ; mais elle a la vertu de rendre contagieuse la curiosité
846res parfois un peu copieux ; mais elle a la vertu de rendre contagieuse la curiosité de l’auteur à l’endroit de cette âme
847lle a la vertu de rendre contagieuse la curiosité de l’auteur à l’endroit de cette âme irlandaise en laquelle s’allient un
848oit de cette âme irlandaise en laquelle s’allient une fantaisie et un réalisme également lyriques. p. 1567 m. « Simo
849irlandaise en laquelle s’allient une fantaisie et un réalisme également lyriques. p. 1567 m. « Simone Téry : L'Île
16 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
850 Révolution russe va-t-elle usurper dans le roman d’aventures le rôle de la mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac Orl
851-t-elle usurper dans le roman d’aventures le rôle de la mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac Orlan, un Kessel ont do
852le rôle de la mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac Orlan, un Kessel ont donné de beaux exemples du parti que peut ti
853mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac Orlan, un Kessel ont donné de beaux exemples du parti que peut tirer le nouveau
854écumeurs ? Déjà un Mac Orlan, un Kessel ont donné de beaux exemples du parti que peut tirer le nouveau romantisme de ce ch
855les du parti que peut tirer le nouveau romantisme de ce chaos. Salmon a même tenté d’en écrire l’épopée dans Prikaz, cette
856uveau romantisme de ce chaos. Salmon a même tenté d’en écrire l’épopée dans Prikaz, cette traduction française de l’énorme
857 l’épopée dans Prikaz, cette traduction française de l’énorme cri de délivrance du peuple fou. Belles étincelles échappées
858rikaz, cette traduction française de l’énorme cri de délivrance du peuple fou. Belles étincelles échappées d’un brasier. P
859vrance du peuple fou. Belles étincelles échappées d’un brasier. Pour les causes de l’incendie, voir Dostoïevski. M. Walpol
860ance du peuple fou. Belles étincelles échappées d’un brasier. Pour les causes de l’incendie, voir Dostoïevski. M. Walpole,
861tincelles échappées d’un brasier. Pour les causes de l’incendie, voir Dostoïevski. M. Walpole, lui, commence son roman que
862bien. Quel sujet plus riche pouvait-on rêver pour un psychologue de la puissance de Walpole, que l’âme russe — cette âme r
863t plus riche pouvait-on rêver pour un psychologue de la puissance de Walpole, que l’âme russe — cette âme russe qui pour l
864vait-on rêver pour un psychologue de la puissance de Walpole, que l’âme russe — cette âme russe qui pour le Parisien reste
865e ». M. Walpole, dont nous commençons aujourd’hui un roman bien différent, a [p. 1568] vu la Révolution sans romantisme, d
866 vu la Révolution sans romantisme, dans le détail de la vie d’une ville. Il sait qu’un grand mouvement est la résultante d
867olution sans romantisme, dans le détail de la vie d’une ville. Il sait qu’un grand mouvement est la résultante de millions
868ution sans romantisme, dans le détail de la vie d’une ville. Il sait qu’un grand mouvement est la résultante de millions de
869 dans le détail de la vie d’une ville. Il sait qu’un grand mouvement est la résultante de millions de petits. Voici naître
870. Il sait qu’un grand mouvement est la résultante de millions de petits. Voici naître la révolution dans un cœur, puis dan
871’un grand mouvement est la résultante de millions de petits. Voici naître la révolution dans un cœur, puis dans une famill
872llions de petits. Voici naître la révolution dans un cœur, puis dans une famille. Et une fois le grand bouleversement acco
873oici naître la révolution dans un cœur, puis dans une famille. Et une fois le grand bouleversement accompli dans la « Cite
874 bouleversement accompli dans la « Cite secrète » de la vie privée, quelques regards sur la foule suffisent pour en précis
875 mêlés au drame. M. Walpole leur a dévolu le soin d’entrer tantôt dans un foyer, tantôt dans une église, pour constater qu
876alpole leur a dévolu le soin d’entrer tantôt dans un foyer, tantôt dans une église, pour constater que la foule ne réagit
877e soin d’entrer tantôt dans un foyer, tantôt dans une église, pour constater que la foule ne réagit pas autrement que les i
878trement que les individus. L’auteur, qui est l’un de ces Anglais, tombe malade avec à propos et perd connaissance chaque f
879 », d’ailleurs assez peu choquants, que le revers de grandes qualités de réalisation d’idées en faits ou en situations dra
880 peu choquants, que le revers de grandes qualités de réalisation d’idées en faits ou en situations dramatiques. Je donnera
881 que le revers de grandes qualités de réalisation d’idées en faits ou en situations dramatiques. Je donnerai tous les essa
882tuations dramatiques. Je donnerai tous les essais de M. de Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secr
883ns dramatiques. Je donnerai tous les essais de M. de Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secrète. P
884e Voguë sur l’âme slave pour deux ou trois scènes de la Cité secrète. Pour celle-ci par exemple (caché dans un réduit, Mar
885té secrète. Pour celle-ci par exemple (caché dans un réduit, Markovitch, l’idéaliste, surprend sa femme, la vertueuse Véra
886aliste, surprend sa femme, la vertueuse Véra avec un des Anglais) : Ils s’embrassaient comme des gens qui auraient eu fai
887ste, surprend sa femme, la vertueuse Véra avec un des Anglais) : Ils s’embrassaient comme des gens qui auraient eu faim to
888 avec un des Anglais) : Ils s’embrassaient comme des gens qui auraient eu faim toute leur vie… Markovitch, derrière sa vit
889ière sa vitre, tremblait si fort qu’il avait peur de trébucher et de faire du bruit. Il songea : — C’est la fin pour moi.
890remblait si fort qu’il avait peur de trébucher et de faire du bruit. Il songea : — C’est la fin pour moi. Puis : — Quelle
891 le moujik devant le bolchevik violant sa patrie. Une effroyable acceptation, mais elle peut se muer instantanément en révo
892ermine l’avenir le plus proche. Il n’y a pas même des forces endormies dans l’âme russe : mais des possibilités, à chaque i
893même des forces endormies dans l’âme russe : mais des possibilités, à chaque instant, d’explosion. Le géant russe est un en
894 russe : mais des possibilités, à chaque instant, d’explosion. Le géant russe est un enfant : va-t-il rire, va-t-il pleure
895à chaque instant, d’explosion. Le géant russe est un enfant : va-t-il rire, va-t-il pleurer ? m’embrasser ou me tuer ? Il
896est encore ébahi du fracas, le juif survient avec une méthode simplifiée pour l’exploitation des ruines. On sait le reste.
897t avec une méthode simplifiée pour l’exploitation des ruines. On sait le reste. Tout cela, Walpole ne le dit pas. Mais ses
898 ne le dit pas. Mais ses personnages le suggèrent de toute la force du trouble qu’ils créent en nous : Markovitch par exem
899nt en nous : Markovitch par exemple, ou Sémyonov, un cynique secrètement tourmenté qui enchantera M. Gide. p. 1567
17 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
900e sait quoi. On a mis le bonheur devant soi, dans un progrès mal défini, et l’on court après sans fin. Même ceux qui ont p
901 sans fin. Même ceux qui ont perdu la croyance en un bonheur possible ou désirable subissent cette rage désespérée de cour
902ible ou désirable subissent cette rage désespérée de course pure, vers ailleurs, vers autre chose. À certains signes — dém
903s, vers autre chose. À certains signes — démences de fatigués, prophétismes, excessives lassitudes ou faim de violences —
904gués, prophétismes, excessives lassitudes ou faim de violences — on sent l’approche de quelque chose, catastrophe ou révél
905situdes ou faim de violences — on sent l’approche de quelque chose, catastrophe ou révélation, brusque échappée sur des pa
906, catastrophe ou révélation, brusque échappée sur des pays nouveaux ou chute irrémédiable. Peut-être pouvons-nous choisir e
907able. Peut-être pouvons-nous choisir encore entre un ressaisissement profond et la ruine. Mais certes, il est temps qu’une
908profond et la ruine. Mais certes, il est temps qu’une lueur de conscience inquiète quelques chefs, montre à quelques meneur
909 la ruine. Mais certes, il est temps qu’une lueur de conscience inquiète quelques chefs, montre à quelques meneurs aveugle
910uelques chefs, montre à quelques meneurs aveugles d’une société affolée et ridiculement opportuniste où mène la pente de n
911lques chefs, montre à quelques meneurs aveugles d’une société affolée et ridiculement opportuniste où mène la pente de notr
912lée et ridiculement opportuniste où mène la pente de notre civilisation. Meneurs et chefs : des économistes, [p. 312] des
913a pente de notre civilisation. Meneurs et chefs : des économistes, [p. 312] des financiers, des industriels. Il y a encore
914ion. Meneurs et chefs : des économistes, [p. 312] des financiers, des industriels. Il y a encore les hommes politiques, mai
915chefs : des économistes, [p. 312] des financiers, des industriels. Il y a encore les hommes politiques, mais on a si souven
916vent l’impression qu’ils battent la mesure devant un orchestre qui, sans eux, jouerait aussi bien, aussi mal. Quant aux me
917jouerait aussi bien, aussi mal. Quant aux meneurs de l’opinion publique, il est trop tard pour les éduquer, il faudrait ba
918ait balayer. Je parle en général, sachant bien qu’un Romier, un Bainville, quelques autres, sont parmi les plus conscients
919. Je parle en général, sachant bien qu’un Romier, un Bainville, quelques autres, sont parmi les plus conscients de ce temp
920, quelques autres, sont parmi les plus conscients de ce temps ; mais si l’on songe aux bataillons de pâles opportunistes s
921s de ce temps ; mais si l’on songe aux bataillons de pâles opportunistes sans culture qui se chargent de gaver les masses
922 pâles opportunistes sans culture qui se chargent de gaver les masses du pain quotidien de la bêtise de tous les partis, o
923se chargent de gaver les masses du pain quotidien de la bêtise de tous les partis, on comprendra ce que je veux dire. Il f
924e gaver les masses du pain quotidien de la bêtise de tous les partis, on comprendra ce que je veux dire. Il faudrait balay
925ions nouvelles. Toute la jeune littérature décrit un type d’homme profondément antisocial, glorifie une morale résolument
926velles. Toute la jeune littérature décrit un type d’homme profondément antisocial, glorifie une morale résolument anarchis
927un type d’homme profondément antisocial, glorifie une morale résolument anarchiste. Ceux qui s’essayent à l’action, c’est e
928st encore pour cultiver leur moi. Ils y cherchent un fortifiant, je ne sais quelle excitation, quelle révélation ou quel o
929xcitation, quelle révélation ou quel oubli. C’est un dilettantisme qu’ils ont peut-être appris dans Barrès. Il leur manque
930 ont peut-être appris dans Barrès. Il leur manque une certitude foncière, une foi en la valeur de l’action. C’est pourquoi
931ns Barrès. Il leur manque une certitude foncière, une foi en la valeur de l’action. C’est pourquoi ils ne peuvent prétendre
932nque une certitude foncière, une foi en la valeur de l’action. C’est pourquoi ils ne peuvent prétendre à l’action sociale
933’est aussi pourquoi l’on ne saurait accorder trop d’importance à leurs tentatives morales, si singulières soient-elles — d
934 le témoin souvent sceptique ou railleur. Au cœur de la crise de notre civilisation, il y a un problème de morale à résoud
935ouvent sceptique ou railleur. Au cœur de la crise de notre civilisation, il y a un problème de morale à résoudre, une cons
936Au cœur de la crise de notre civilisation, il y a un problème de morale à résoudre, une conscience individuelle à recréer.
937a crise de notre civilisation, il y a un problème de morale à résoudre, une conscience individuelle à recréer. Nous y empl
938isation, il y a un problème de morale à résoudre, une conscience individuelle à recréer. Nous y employer, pour l’heure, c’e
939oyer, pour l’heure, c’est la seule façon efficace de servir. ⁂ On se complaît à répéter que nous vivons dans le chaos des
940 complaît à répéter que nous vivons dans le chaos des idées et des doctrines, et qu’il n’existe pas d’esprit du siècle, hor
941épéter que nous vivons dans le chaos des idées et des doctrines, et qu’il n’existe pas d’esprit du siècle, hors un certain
942des idées et des doctrines, et qu’il n’existe pas d’esprit du siècle, hors un certain « confusionnisme ». Mais sous les [p
943s, et qu’il n’existe pas d’esprit du siècle, hors un certain « confusionnisme ». Mais sous les [p. 313] épaves de tous les
944« confusionnisme ». Mais sous les [p. 313] épaves de tous les vieux bateaux, il y a une seule mer. Nos agitations contradi
945[p. 313] épaves de tous les vieux bateaux, il y a une seule mer. Nos agitations contradictoires s’affrontent comme des vagu
946Nos agitations contradictoires s’affrontent comme des vagues soulevées par une même tempête. L’unité de notre temps est en
947oires s’affrontent comme des vagues soulevées par une même tempête. L’unité de notre temps est en profondeur : c’est une un
948es vagues soulevées par une même tempête. L’unité de notre temps est en profondeur : c’est une unité d’inquiétude. Barrès
949 L’unité de notre temps est en profondeur : c’est une unité d’inquiétude. Barrès et Gide : ils ont construit des édifices t
950e notre temps est en profondeur : c’est une unité d’inquiétude. Barrès et Gide : ils ont construit des édifices très diffé
951 d’inquiétude. Barrès et Gide : ils ont construit des édifices très différents de style, et dont les façades s’opposent ave
952 : ils ont construit des édifices très différents de style, et dont les façades s’opposent avec hostilité. Dans l’intérieu
953çades s’opposent avec hostilité. Dans l’intérieur des deux maisons pourtant se débattent les mêmes brouilles de famille ent
954maisons pourtant se débattent les mêmes brouilles de famille entre Art et Morale, Pensée et Action… Ces deux moralistes ad
955la libération du moi paraissent bien les ancêtres des nouvelles générations de héros de roman, lesquels sont tous éperdumen
956ssent bien les ancêtres des nouvelles générations de héros de roman, lesquels sont tous éperdument égoïstes. Égoïstes avec
957n les ancêtres des nouvelles générations de héros de roman, lesquels sont tous éperdument égoïstes. Égoïstes avec une prof
958uels sont tous éperdument égoïstes. Égoïstes avec une profonde conviction ; par vertu. Ce qui n’a rien d’étonnant : ils ne
959 profonde conviction ; par vertu. Ce qui n’a rien d’étonnant : ils ne sont que les projections du moi de leurs auteurs. Or
960étonnant : ils ne sont que les projections du moi de leurs auteurs. Or l’égoïsme est vertu cardinale pour le créateur. Mai
961r le créateur. Mais quel est ce besoin si général de s’incarner, dans le héros de son roman, de se voir vivre, dans son œu
962ce besoin si général de s’incarner, dans le héros de son roman, de se voir vivre, dans son œuvre ? C’est ici la conception
963énéral de s’incarner, dans le héros de son roman, de se voir vivre, dans son œuvre ? C’est ici la conception même de la li
964re, dans son œuvre ? C’est ici la conception même de la littérature, telle qu’elle apparaît chez les émules de Barrès comm
965ttérature, telle qu’elle apparaît chez les émules de Barrès comme chez ceux de Gide, qu’il faut préciser. L’éthique et l’e
966pparaît chez les émules de Barrès comme chez ceux de Gide, qu’il faut préciser. L’éthique et l’esthétique convergent dans
967ue et l’esthétique convergent dans la littérature d’aujourd’hui, et plusieurs déjà reconnaissent ne pas pouvoir les sépare
968r. On n’écrit plus pour s’amuser : ni pour amuser un public. Un livre est une action, une expérience. Et, le plus souvent,
969it plus pour s’amuser : ni pour amuser un public. Un livre est une action, une expérience. Et, le plus souvent, sur soi-mê
970s’amuser : ni pour amuser un public. Un livre est une action, une expérience. Et, le plus souvent, sur soi-même. On écrit p
971i pour amuser un public. Un livre est une action, une expérience. Et, le plus souvent, sur soi-même. On écrit pour cultiver
972 pour l’éprouver et le prémunir, pour y découvrir des possibilités neuves, — pour le libérer. Il n’est pas question de rech
973 neuves, — pour le libérer. Il n’est pas question de rechercher ici les origines historiques d’une conception qui, de plus
974estion de rechercher ici les origines historiques d’une conception qui, de plus en plus, se révèle à la base de tous les p
975tion de rechercher ici les origines historiques d’une conception qui, de plus en plus, se révèle à la base de tous les prob
976ception qui, de plus en plus, se révèle à la base de tous les problèmes modernes en littérature. Jacques Rivière s’y appli
977en littérature. Jacques Rivière s’y appliqua dans un de ses derniers articles 2 . Il rendait responsable de tout le « mal
978littérature. Jacques Rivière s’y appliqua dans un de ses derniers articles 2 . Il rendait responsable de tout le « mal »,
979ses derniers articles 2 . Il rendait responsable de tout le « mal », le Romantisme — et c’est plus que probable. Mais il
980e — et c’est plus que probable. Mais il en tirait une raison nouvelle de le condamner, et nous ne pouvons le suivre jusque-
981e probable. Mais il en tirait une raison nouvelle de le condamner, et nous ne pouvons le suivre jusque-là : il est vain de
982nous ne pouvons le suivre jusque-là : il est vain de dire qu’une époque s’est trompée, puisqu’elle seule permet la suivant
983vons le suivre jusque-là : il est vain de dire qu’une époque s’est trompée, puisqu’elle seule permet la suivante qui peut-ê
984seule permet la suivante qui peut-être retrouvera une nouvelle face de la vérité. Bornons-nous à noter le phénomène, puis à
985ivante qui peut-être retrouvera une nouvelle face de la vérité. Bornons-nous à noter le phénomène, puis à en suivre quelqu
986 conséquences. Connaissance intégrale et culture de soi, telle peut être l’épigraphe [p. 314] de toute la littérature mod
987ture de soi, telle peut être l’épigraphe [p. 314] de toute la littérature moderne. Il n’a pas fallu longtemps aux Français
988et le monde : l’ennui est venu avant l’épuisement des combinaisons possibles. Exaltation méthodique de nos facultés de plai
989des combinaisons possibles. Exaltation méthodique de nos facultés de plaisir : déjà nous en sommes à cultiver certaines do
990 possibles. Exaltation méthodique de nos facultés de plaisir : déjà nous en sommes à cultiver certaines douleurs, plaisirs
991les dissonances les plus aiguës prennent la place d’honneur dans des esthétiques construites en hâte à l’usage de sensibil
992 les plus aiguës prennent la place d’honneur dans des esthétiques construites en hâte à l’usage de sensibilités surmenées.
993ans des esthétiques construites en hâte à l’usage de sensibilités surmenées. Dégoût, parce que tout a été essayé. Dégoût,
994crée que contre quelque chose, contre soi, contre une difficulté.) Dégoût de la vie, dégoût du bonheur, dégoût de soi, — on
995chose, contre soi, contre une difficulté.) Dégoût de la vie, dégoût du bonheur, dégoût de soi, — on l’étend vite à la soci
996lté.) Dégoût de la vie, dégoût du bonheur, dégoût de soi, — on l’étend vite à la société entière. Dégoût d’une civilisatio
997i, — on l’étend vite à la société entière. Dégoût d’une civilisation qui aboutit logiquement à cet épuisant et forcené gas
998 — on l’étend vite à la société entière. Dégoût d’une civilisation qui aboutit logiquement à cet épuisant et forcené gaspil
999lut n’est nulle part… » « Je comprends la révolte des autres et quelles prières cela fait à Dieu » disait Drieu La Rochelle
1000ien se remettre à manger, tout de même nous avons un corps, et c’est très beau, Breton, de crier « Révolution toujours » —
1001 nous avons un corps, et c’est très beau, Breton, de crier « Révolution toujours » — tant qu’il y a des gens pour vous fai
1002de crier « Révolution toujours » — tant qu’il y a des gens pour vous faire du pain ; et c’est très beau, Aragon, de ne plus
1003 vous faire du pain ; et c’est très beau, Aragon, de ne plus rien attendre du monde, mais on voudrait que de moins de glor
1004plus rien attendre du monde, mais on voudrait que de moins de gloriole s’accompagnât votre ultimatum à Dieu. Mais, secouan
1005 attendre du monde, mais on voudrait que de moins de gloriole s’accompagnât votre ultimatum à Dieu. Mais, secouant son dég
1006otre ultimatum à Dieu. Mais, secouant son dégoût, un Montherlant s’abandonne au salut par la violence. Une sensualité moin
1007Montherlant s’abandonne au salut par la violence. Une sensualité moins énervée lui permet de brutaliser quelque peu les « g
1008violence. Une sensualité moins énervée lui permet de brutaliser quelque peu les « grands problèmes », et le voilà reparti
1009es « grands problèmes », et le voilà reparti dans un égoïsme triomphant, pur du désir d’action qui empêtrait Barrès dans d
1010 reparti dans un égoïsme triomphant, pur du désir d’action qui empêtrait Barrès dans des dilemmes où l’art trouvait mal sa
1011, pur du désir d’action qui empêtrait Barrès dans des dilemmes où l’art trouvait mal sa nourriture. Drieu La Rochelle tente
1012ence et le désespoir (c’est l’amour), et, déchiré de contradictions, tire du désordre de ses certitudes fragmentaires la m
1013, et, déchiré de contradictions, tire du désordre de ses certitudes fragmentaires la matière de quelques pamphlets par quo
1014sordre de ses certitudes fragmentaires la matière de quelques pamphlets par quoi il se raccroche au monde. Mais il a touch
1015nde. Mais il a touché [p. 315] certains bas-fonds de l’âme où s’éveille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mys
1016[p. 315] certains bas-fonds de l’âme où s’éveille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir,
1017’éveille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, —
1018veille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, — pl
1019ène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, — plus jeune, il n’a pas fait la guerr
1020 même désenchantement précoce, sans la brusquerie de ses aînés. Encore un qui s’est complu dans son dégoût ; mais jusqu’au
1021 précoce, sans la brusquerie de ses aînés. Encore un qui s’est complu dans son dégoût ; mais jusqu’au point d’y percevoir
1022’est complu dans son dégoût ; mais jusqu’au point d’y percevoir comme un appel du Dieu perdu. Il avoue enfin la cause secr
1023 dégoût ; mais jusqu’au point d’y percevoir comme un appel du Dieu perdu. Il avoue enfin la cause secrète des inquiétudes
1024el du Dieu perdu. Il avoue enfin la cause secrète des inquiétudes modernes : la perte d’une foi. Il a besoin de Dieu, mais
1025cause secrète des inquiétudes modernes : la perte d’une foi. Il a besoin de Dieu, mais il attend en vain sa Révélation : «
1026use secrète des inquiétudes modernes : la perte d’une foi. Il a besoin de Dieu, mais il attend en vain sa Révélation : « C’
1027études modernes : la perte d’une foi. Il a besoin de Dieu, mais il attend en vain sa Révélation : « C’est peut-être que je
1028e regarder chercher, absorbant son attention dans une sincérité si voulue qu’elle va parfois à l’encontre de son dessein. ⁂
1029ncérité si voulue qu’elle va parfois à l’encontre de son dessein. ⁂ Décidément nous sommes malades dans les profondeurs. E
1030lus incurable. Ces jeunes gens n’en finissent pas de peindre leur déséquilibre. Il serait temps de faire la critique des m
1031pas de peindre leur déséquilibre. Il serait temps de faire la critique des méthodes et des façons de vivre autant que de p
1032éséquilibre. Il serait temps de faire la critique des méthodes et des façons de vivre autant que de penser qui les ont amen
1033serait temps de faire la critique des méthodes et des façons de vivre autant que de penser qui les ont amenés aux positions
1034s de faire la critique des méthodes et des façons de vivre autant que de penser qui les ont amenés aux positions qu’on vie
1035ue des méthodes et des façons de vivre autant que de penser qui les ont amenés aux positions qu’on vient d’esquisser. Mais
1036nser qui les ont amenés aux positions qu’on vient d’esquisser. Mais on trouve tout dans les livres des jeunes, dites-vous,
1037 d’esquisser. Mais on trouve tout dans les livres des jeunes, dites-vous, le pire et le meilleur, toutes les vieilleries mo
1038tachée à chercher dans le seul moi les fondements d’une éthique. Presque tous sont hantés par la peur d’une morale qui « d
1039chée à chercher dans le seul moi les fondements d’une éthique. Presque tous sont hantés par la peur d’une morale qui « défo
1040une éthique. Presque tous sont hantés par la peur d’une morale qui « déforme », qui mutile une tendance naturelle, qui éla
1041e éthique. Presque tous sont hantés par la peur d’une morale qui « déforme », qui mutile une tendance naturelle, qui élague
1042 la peur d’une morale qui « déforme », qui mutile une tendance naturelle, qui élague, qui opère un choix parmi les éléments
1043ile une tendance naturelle, qui élague, qui opère un choix parmi les éléments mêlés de la personnalité. Toute tendance qu’
1044ague, qui opère un choix parmi les éléments mêlés de la personnalité. Toute tendance qu’ils découvrent en eux est non seul
1045à leurs yeux, mais « tabou » ; et c’est vertu que de favoriser son expansion. — Mais je trouve en moi ordre et désordre, r
1046 l’emportent, il est plus facile et plus enivrant de se laisser glisser que de construire. Et l’on y prend vite goût. [p.
1047facile et plus enivrant de se laisser glisser que de construire. Et l’on y prend vite goût. [p. 316] Cela tourne alors en
1048vite goût. [p. 316] Cela tourne alors en passion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude parfa
1049ela tourne alors en passion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude parfaitement folle, mais c’
1050passion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude parfaitement folle, mais c’est justement de quo
1051Attitude parfaitement folle, mais c’est justement de quoi se glorifient ses tenants, ils y voient la suprême liberté. Le d
1052 la suprême liberté. Le désir se précisait en moi de commettre enfin l’acte vraiment indéfendable de tout point de vue… J’
1053i de commettre enfin l’acte vraiment indéfendable de tout point de vue… J’avais goûté à l’alcool singulièrement perfide de
1054… J’avais goûté à l’alcool singulièrement perfide de perdre ce que nous chérissons… Nous apprîmes à mépriser les longues v
1055heureuses que nous avions jusqu’alors enviées, et une nuit, nous fîmes le procès de toutes les jouissances humaines. L’espè
1056’alors enviées, et une nuit, nous fîmes le procès de toutes les jouissances humaines. L’espèce de sincérité terroriste dan
1057ocès de toutes les jouissances humaines. L’espèce de sincérité terroriste dans laquelle nous nous obstinions nous menait n
1058urellement à repousser avec horreur tout argument d’utilité, et bien que nous niions toute vérité, nous étions dominés par
1059ons toute vérité, nous étions dominés par le sens d’une réalité morale absolue que certains d’entre nous eussent acheté au
1060s toute vérité, nous étions dominés par le sens d’une réalité morale absolue que certains d’entre nous eussent acheté au pr
1061 que certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Cette lassitude facile à juger du dehors n’était pas ce qu
1062ue certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Cette lassitude facile à juger du dehors n’était pas ce qu’i
1063aît inutile et vain ? Je cite ces phrases, tirées d’un récit d’ailleurs admirable 4 , de Louis Aragon, pour marquer l’abou
1064t inutile et vain ? Je cite ces phrases, tirées d’un récit d’ailleurs admirable 4 , de Louis Aragon, pour marquer l’abouti
1065rases, tirées d’un récit d’ailleurs admirable 4 , de Louis Aragon, pour marquer l’aboutissement d’une évolution qui a son
10664 , de Louis Aragon, pour marquer l’aboutissement d’une évolution qui a son origine dans l’œuvre de Gide. Entre les Nourri
1067, de Louis Aragon, pour marquer l’aboutissement d’une évolution qui a son origine dans l’œuvre de Gide. Entre les Nourritur
1068nt d’une évolution qui a son origine dans l’œuvre de Gide. Entre les Nourritures terrestres, les Caves du Vatican et Dada,
1069ican et Dada, il y a place pour tous les chaînons d’inquiétude, de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré de
1070il y a place pour tous les chaînons d’inquiétude, de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments
1071pour tous les chaînons d’inquiétude, de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de
1072aises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de Lafcadio généralisé : c’est le surréalisme.
1073moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de Lafcadio généralisé : c’est le surréalisme. De l’acte gratuit commis
1074te de Lafcadio généralisé : c’est le surréalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que pr
1075’est le surréalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que prétendent mener les surréalist
1076urréalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que prétendent mener les surréalistes, il n’
1077 les surréalistes, il n’a fallu que le temps pour une folie de s’emballer. La plupart des romans de jeunes qui se situent e
1078alistes, il n’a fallu que le temps pour une folie de s’emballer. La plupart des romans de jeunes qui se situent entre Gide
1079ur une folie de s’emballer. La plupart des romans de jeunes qui se situent entre Gide et Aragon nous montrent le même pers
1080Gide et Aragon nous montrent le même personnage : un être sans foi, à qui une sorte de « sincérité » interdit de commettre
1081rent le même personnage : un être sans foi, à qui une sorte de « sincérité » interdit de commettre aucun acte volontaire et
1082me personnage : un être sans foi, à qui une sorte de « sincérité » interdit de commettre aucun acte volontaire et raisonné
1083ns foi, à qui une sorte de « sincérité » interdit de commettre aucun acte volontaire et raisonné parce que ce serait fauss
1084 que ce serait fausser quelque chose ; à la merci des circonstances extérieures qu’il méprise toutes également ; n’attendan
1085l méprise toutes également ; n’attendant rien que de ses impulsions et contemplant avec une lucidité parfois douloureuse s
1086nt rien que de ses impulsions et contemplant avec une lucidité parfois douloureuse ses propres actes dont il s’étonne mais
1087ropres actes dont il s’étonne mais qu’il se garde de juger 5 . Il y a véritablement une littérature de l’acte gratuit, qu
1088qu’il se garde de juger 5 . Il y a véritablement une littérature de l’acte gratuit, qui restera caractéristique de notre é
1089e juger 5 . Il y a véritablement une littérature de l’acte gratuit, qui restera caractéristique de notre époque. [p. 317
1090re de l’acte gratuit, qui restera caractéristique de notre époque. [p. 317] Mais Gide est responsable d’une autre méthode
1091notre époque. [p. 317] Mais Gide est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie »,
1092tre époque. [p. 317] Mais Gide est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et
1093époque. [p. 317] Mais Gide est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et qui co
109417] Mais Gide est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et qui consiste à po
1095de est responsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et qui consiste à pousser à l’e
1096ponsable d’une autre méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et qui consiste à pousser à l’extrême cer
1097re méthode de culture de soi, « d’intensification de la vie », et qui consiste à pousser à l’extrême certaines « vertus »,
1098usqu’à l’absurde. Surenchère morale dont le début de la Tentative amoureuse offrait déjà une singulière préfiguration : Ce
1099t le début de la Tentative amoureuse offrait déjà une singulière préfiguration : Certes ce ne seront ni les lois importunes
18 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
1100ean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926) p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que les fenêtres s’ouv
1101(avril 1926) p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que les fenêtres s’ouvraient vers le ciel de
1102vril 1926) p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que les fenêtres s’ouvraient vers le ciel de Fl
1103 tandis que les fenêtres s’ouvraient vers le ciel de Florence… « Du sang, de la volupté et de la mort », un titre s’effaça
1104 s’ouvraient vers le ciel de Florence… « Du sang, de la volupté et de la mort », un titre s’effaçait dans l’ombre. Jouve a
1105 le ciel de Florence… « Du sang, de la volupté et de la mort », un titre s’effaçait dans l’ombre. Jouve a rêvé une histoir
1106orence… « Du sang, de la volupté et de la mort », un titre s’effaçait dans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion m
1107», un titre s’effaçait dans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme u
1108’effaçait dans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d
1109 Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne, émouvante enc
1110n mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne, émouvante encore après tant d’autres, comme chaqu
1111t de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne, émouvante encore après tant d’autres, comme chaque soir un no
1112nte encore après tant d’autres, comme chaque soir un nouveau ciel. Il l’a transcrite en brèves notations lyriques suivant
1113te en brèves notations lyriques suivant le rythme d’un songe, sans cesse brisé par les élans alternés ou confondus du dési
1114 en brèves notations lyriques suivant le rythme d’un songe, sans cesse brisé par les élans alternés ou confondus du désir
1115é par les élans alternés ou confondus du désir et de la prière. On sort lentement d’une chambre bleue qui est le mystère m
1116ondus du désir et de la prière. On sort lentement d’une chambre bleue qui est le mystère même, pour suivre la naissance et
1117dus du désir et de la prière. On sort lentement d’une chambre bleue qui est le mystère même, pour suivre la naissance et l’
1118e même, pour suivre la naissance et l’embrasement de la passion de Paulina. Le Péché ; le Couvent ; la rechute et le crime
1119uivre la naissance et l’embrasement de la passion de Paulina. Le Péché ; le Couvent ; la rechute et le crime ; et l’étrang
1120 la rechute et le crime ; et l’étrange apaisement d’une vieillesse au soleil. Jouve semble avoir hésité entre plusieurs st
1121a rechute et le crime ; et l’étrange apaisement d’une vieillesse au soleil. Jouve semble avoir hésité entre plusieurs style
1122 Jouve semble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un chapitre d’observation psychologique ironique et minutieuse
1123ble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un chapitre d’observation psychologique ironique et minutieuse, à la Ste
1124sité entre plusieurs styles de roman. Un chapitre d’observation psychologique ironique et minutieuse, à la Stendhal, succè
1125 ironique et minutieuse, à la Stendhal, succède à des effusions haletantes ou à une relation [p. 531] cinématographique. Ma
1126Stendhal, succède à des effusions haletantes ou à une relation [p. 531] cinématographique. Mais tout cela baigne dans le mê
1127t cela baigne dans le même lyrisme et s’agite sur un fond sombre et riche de passions inconscientes qui donnent à tous les
1128me lyrisme et s’agite sur un fond sombre et riche de passions inconscientes qui donnent à tous les actes une signification
1129ssions inconscientes qui donnent à tous les actes une signification plus profonde. (Il serait aisé de montrer quel parti Jo
1130 une signification plus profonde. (Il serait aisé de montrer quel parti Jouve a su tirer des complexes de famille freudien
1131erait aisé de montrer quel parti Jouve a su tirer des complexes de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ;
1132montrer quel parti Jouve a su tirer des complexes de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout ce
1133a su tirer des complexes de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un mo
1134des complexes de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un monde poétiqu
1135ences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un monde poétique où il paraît inconvenant d’introduire le jargon de la
1136é dans un monde poétique où il paraît inconvenant d’introduire le jargon de la science moderne.) Si nous reconnaissons à l
1137e où il paraît inconvenant d’introduire le jargon de la science moderne.) Si nous reconnaissons à la base de cette œuvre i
1138science moderne.) Si nous reconnaissons à la base de cette œuvre inégale des idées vieilles comme Rousseau sur les droits
1139us reconnaissons à la base de cette œuvre inégale des idées vieilles comme Rousseau sur les droits de la passion, — et dans
1140 des idées vieilles comme Rousseau sur les droits de la passion, — et dans sa trame quelques chapitres inspirés presque li
1141quelques chapitres inspirés presque littéralement d’une anecdote italienne de Stendhal ; si d’autre part l’évolution mysti
1142elques chapitres inspirés presque littéralement d’une anecdote italienne de Stendhal ; si d’autre part l’évolution mystique
1143és presque littéralement d’une anecdote italienne de Stendhal ; si d’autre part l’évolution mystique de Paulina semble par
1144e Stendhal ; si d’autre part l’évolution mystique de Paulina semble parfois un peu trop « classique » et prévue, l’origina
1145rt l’évolution mystique de Paulina semble parfois un peu trop « classique » et prévue, l’originalité foncière du roman de
1146ique » et prévue, l’originalité foncière du roman de Jouve reste indéniable : c’est son mouvement purement lyrique, sa pro
1147purement lyrique, sa progression accordée à celle des événements inconscients. Certaines proses mystiques de Paulina au cou
1148énements inconscients. Certaines proses mystiques de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiqu
1149de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vous êtes des hommes. p. 530 p. « 
1150u couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vous êtes des hommes. p. 530 p. « Pierre Jean
1151 les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vous êtes des hommes. p. 530 p. « Pierre Jean Jouve : Paulina
1152s poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vous êtes des hommes. p. 530 p. « Pierre Jean Jouve : Paulina 1880 (NRF, Par
19 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926)
1153 [p. 531] Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926) q Un artiste de grand talent à qui la guerre
1154Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926) q Un artiste de grand talent à qui la guerre a fait perdre le goût des thé
1155 La Folie de l’espace (avril 1926) q Un artiste de grand talent à qui la guerre a fait perdre le goût des théories d’éco
1156rand talent à qui la guerre a fait perdre le goût des théories d’écoles et de quelques autres plaisirs pour civils : mettez
1157 qui la guerre a fait perdre le goût des théories d’écoles et de quelques autres plaisirs pour civils : mettez-le aux pris
1158re a fait perdre le goût des théories d’écoles et de quelques autres plaisirs pour civils : mettez-le aux prises avec une
1159 plaisirs pour civils : mettez-le aux prises avec une petite cité patricienne dont il devra portraiturer les gentilshommes
1160 vieilles dames à principes. Voilà, n’est-ce pas, un amusant sujet de conte moral, avec ses personnages un peu conventionn
1161 principes. Voilà, n’est-ce pas, un amusant sujet de conte moral, avec ses personnages un peu conventionnels et l’invraise
1162musant sujet de conte moral, avec ses personnages un peu conventionnels et l’invraisemblance assez piquante de ses péripét
1163onventionnels et l’invraisemblance assez piquante de ses péripéties. Quel dommage que l’auteur l’ait alourdi d’une idéolog
1164ripéties. Quel dommage que l’auteur l’ait alourdi d’une idéologie, souvent plus généreuse que neuve, et qui eût gagné à êt
1165péties. Quel dommage que l’auteur l’ait alourdi d’une idéologie, souvent plus généreuse que neuve, et qui eût gagné à être
1166se en action plutôt qu’en commentaires. Le talent de Mme de Watteville paraît mieux à l’aise dans la description du milieu
1167ction plutôt qu’en commentaires. Le talent de Mme de Watteville paraît mieux à l’aise dans la description du milieu patric
1168cription du milieu patricien que dans la création d’un caractère de grand peintre. Pourtant, malgré des longueurs, on ne l
1169iption du milieu patricien que dans la création d’un caractère de grand peintre. Pourtant, malgré des longueurs, on ne lir
1170ieu patricien que dans la création d’un caractère de grand peintre. Pourtant, malgré des longueurs, on ne lira pas sans pl
1171d’un caractère de grand peintre. Pourtant, malgré des longueurs, on ne lira pas sans plaisir ce livre où l’on voit un homme
1172on ne lira pas sans plaisir ce livre où l’on voit un homme appeler en vain le vent du large, parmi des gens qui craignent
1173 un homme appeler en vain le vent du large, parmi des gens qui craignent de s’enrhumer. p. 531 q. « Alix de Watteville
1174in le vent du large, parmi des gens qui craignent de s’enrhumer. p. 531 q. « Alix de Watteville : La Folie de l’espac
20 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Wilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926)
1175ilfred Chopard, Spicilège ironique (mai 1926) r Un léger flirt avec la muse, parce que c’est dimanche, parce qu’il pleut
1176ur charmant du Pédagogue et l’Amour — sourit avec une grâce un peu frileuse et se permet de bâiller en public. On connaît l
1177t du Pédagogue et l’Amour — sourit avec une grâce un peu frileuse et se permet de bâiller en public. On connaît le danger…
1178ourit avec une grâce un peu frileuse et se permet de bâiller en public. On connaît le danger… p. 661 r. « Wilfred C
21 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
1179ire Rivier, L’Athée (mai 1926) s C’est le récit de la découverte de Dieu par une jeune fille élevée dans l’athéisme. Inv
1180ée (mai 1926) s C’est le récit de la découverte de Dieu par une jeune fille élevée dans l’athéisme. Invraisemblablement
1181) s C’est le récit de la découverte de Dieu par une jeune fille élevée dans l’athéisme. Invraisemblablement ignorante de
1182ée dans l’athéisme. Invraisemblablement ignorante de toute religion jusqu’à vingt ans, Denise s’abandonne à « la vie », la
1183 ans, Denise s’abandonne à « la vie », laquelle — un peu aidée par l’auteur — lui révèlera peu à peu le sens divin de la d
1184r l’auteur — lui révèlera peu à peu le sens divin de la destinée. Ce livre à thèse est plutôt une argumentation à coups d’
1185divin de la destinée. Ce livre à thèse est plutôt une argumentation à coups d’exemples vivants qu’un véritable roman. La pr
1186ivre à thèse est plutôt une argumentation à coups d’exemples vivants qu’un véritable roman. La profusion souvent facile de
1187t une argumentation à coups d’exemples vivants qu’un véritable roman. La profusion souvent facile des incidents et le styl
1188u’un véritable roman. La profusion souvent facile des incidents et le style volontairement sec permettent de suivre sans pa
1189cidents et le style volontairement sec permettent de suivre sans passion ni fatigue le développement un peu théorique mais
1190e suivre sans passion ni fatigue le développement un peu théorique mais intelligent d’un problème que l’on pressent trop c
1191e développement un peu théorique mais intelligent d’un problème que l’on pressent trop complètement résolu dès les premièr
1192développement un peu théorique mais intelligent d’un problème que l’on pressent trop complètement résolu dès les premières
1193premières pages, mais qu’il faut louer Mme Rivier d’avoir posé courageusement. Dirai-je que l’abus des points d’exclamatio
1194 d’avoir posé courageusement. Dirai-je que l’abus des points d’exclamation — trait commun à presque toutes les femmes-auteu
1195sé courageusement. Dirai-je que l’abus des points d’exclamation — trait commun à presque toutes les femmes-auteur, et qui
1196mmes-auteur, et qui plaît aux lectrices — m’agace un peu ? C’est une vétille. p. 661 s. « C.-C. Rivier : L’Athée (P
1197 qui plaît aux lectrices — m’agace un peu ? C’est une vétille. p. 661 s. « C.-C. Rivier : L’Athée (Payot, Lausanne) 
22 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
1198Jean Cocteau a réuni ce qui me paraît le meilleur de son œuvre : ses récits de critique et d’esthétique (Le Coq et l’Arleq
1199i me paraît le meilleur de son œuvre : ses récits de critique et d’esthétique (Le Coq et l’Arlequin, la Noce massacrée, le
1200meilleur de son œuvre : ses récits de critique et d’esthétique (Le Coq et l’Arlequin, la Noce massacrée, le Secret profess
1201d par ordre, et montrer que si cet ordre l’écarte de Dada, il ne le conduit pas pour autant à l’Académie. Disons pour alle
1202Académie. Disons pour aller vite que sa recherche de l’ordre révèle simplement [p. 662] une volonté de construire jusque d
1203a recherche de l’ordre révèle simplement [p. 662] une volonté de construire jusque dans le grabuge, qu’il aime pour les mat
1204de l’ordre révèle simplement [p. 662] une volonté de construire jusque dans le grabuge, qu’il aime pour les matériaux qu’o
1205r les matériaux qu’on en peut tirer. L[e] malheur de Cocteau est qu’il se veuille poète. Il ne l’est jamais moins qu’en ve
1206ofessionnel, petit catéchisme cubiste qui dépasse de beaucoup les limites de cette école, et qu’il eut le tort à notre sen
1207hisme cubiste qui dépasse de beaucoup les limites de cette école, et qu’il eut le tort à notre sens de vouloir illustrer d
1208de cette école, et qu’il eut le tort à notre sens de vouloir illustrer de pédants exercices poétiques. Mais quelle intelli
1209’il eut le tort à notre sens de vouloir illustrer de pédants exercices poétiques. Mais quelle intelligence, et dont l’auda
1210s. Mais quelle intelligence, et dont l’audace est de se vouloir plus juste que bizarre. Il sait bien d’ailleurs que les mi
1211urs que les miracles les plus étonnants sont ceux de la lumière. « Le mystère se passe en plein jour et à toute vitesse. »
1212et à toute vitesse. » Telle est bien la nouveauté de son théâtre et de l’art qu’il défend en peinture, en musique. Suppres
1213. » Telle est bien la nouveauté de son théâtre et de l’art qu’il défend en peinture, en musique. Suppression du clair-obsc
1214nture, en musique. Suppression du clair-obscur et de la pénombre. Ôter la pédale à la poésie. (« Le poète ne rêve pas, il
1215pas, il compte. ») Six projecteurs convergent sur une machine luisante et tournante. L’esprit de Cocteau est une arme admir
1216t sur une machine luisante et tournante. L’esprit de Cocteau est une arme admirable de précision, d’élégance mécanique et
1217ne luisante et tournante. L’esprit de Cocteau est une arme admirable de précision, d’élégance mécanique et de rapidité. Il
1218nante. L’esprit de Cocteau est une arme admirable de précision, d’élégance mécanique et de rapidité. Il lassera, parce que
1219t de Cocteau est une arme admirable de précision, d’élégance mécanique et de rapidité. Il lassera, parce que c’est toujour
1220e admirable de précision, d’élégance mécanique et de rapidité. Il lassera, parce que c’est toujours le même déclic. Coctea
1221 charme et toute grâce vaporeuse. Mais ses fleurs de cristal, si elles sont sans parfum, ne se faneront pas. p. 661
23 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
1222émoignages ne manquent pas sur la détresse morale de la génération surréaliste. Mais tandis que la plupart en sont encore
1223iste. Mais tandis que la plupart en sont encore à des symboles équivoques et, quoi qu’ils en disent, « artistiqués », — ils
1224, « artistiqués », — ils n’osent plus le mensonge de l’art, et pas encore la vérité pure — Crevel décrit sans aucune trans
1225ansposition romanesque le trouble caractéristique de sa génération. Terrible aveu d’impuissance, il n’a plus même la force
1226e caractéristique de sa génération. Terrible aveu d’impuissance, il n’a plus même la force de l’hypocrisie. Isolé dans un
1227ble aveu d’impuissance, il n’a plus même la force de l’hypocrisie. Isolé dans un hôtel perdu, avec son corps qui se souvie
1228’a plus même la force de l’hypocrisie. Isolé dans un hôtel perdu, avec son corps qui se souvient — « mémoire, l’ennemie »
1229s qui se souvient — « mémoire, l’ennemie » — avec une intelligence dont la triste profession est de détruire le désir qu’el
1230ec une intelligence dont la triste profession est de détruire le désir qu’elle excite par curiosité passagère, il monologu
1231l’élan vital qui nous crée sans cesse : l’analyse de sa solitude le laisse en face de quelques réactions physiologiques do
1232s physiologiques dont la pauvreté le rejette dans une angoisse qu’il nomme « élan mortel ». Cette inversion de tout ce qui
1233isse qu’il nomme « élan mortel ». Cette inversion de tout ce qui est constructif et créateur, voilà je pense le véritable
1234t créateur, voilà je pense le véritable désordre. Une intelligence parvenue au point où elle « ne semble avoir rien d’autre
1235 parvenue au point où elle « ne semble avoir rien d’autre à faire que son propre procès », une [p. 663] intelligence qui
1236arvenue au point où elle « ne semble avoir rien d’autre à faire que son propre procès », une [p. 663] intelligence qui se dé
1237oir rien d’autre à faire que son propre procès », une [p. 663] intelligence qui se dégoûte, tel est le spectacle que nous
1238Ah ! Seigneur, donnez-nous la force et le courage de contempler nos corps et nos cœurs sans dégoût implorait Baudelaire.
1239 implorait Baudelaire. Encore avait-il le courage de prier… p. 662 u. « René Crevel : Mon corps et moi », Bibliothèqu
24 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
1240us disons adieu aux charmes troubles et inhumains de la nature. Il s’agit de créer à notre vie moderne un décor utile et b
1241mes troubles et inhumains de la nature. Il s’agit de créer à notre vie moderne un décor utile et beau. Or « la grande vill
1242la nature. Il s’agit de créer à notre vie moderne un décor utile et beau. Or « la grande ville, phénomène de force en mouv
1243or utile et beau. Or « la grande ville, phénomène de force en mouvement, est aujourd’hui une catastrophe menaçante pour n’
1244 phénomène de force en mouvement, est aujourd’hui une catastrophe menaçante pour n’avoir pas été animée de l’esprit de géom
1245catastrophe menaçante pour n’avoir pas été animée de l’esprit de géométrie… Elle use et conduit lentement l’usure des mill
1246menaçante pour n’avoir pas été animée de l’esprit de géométrie… Elle use et conduit lentement l’usure des milliers d’êtres
1247 géométrie… Elle use et conduit lentement l’usure des milliers d’êtres humains ». Elle n’est plus adaptée aux conditions no
1248lle use et conduit lentement l’usure des milliers d’êtres humains ». Elle n’est plus adaptée aux conditions nouvelles de t
1249 Elle n’est plus adaptée aux conditions nouvelles de travail ou de repos, ni dans son plan ni dans le détail des rues. Con
1250us adaptée aux conditions nouvelles de travail ou de repos, ni dans son plan ni dans le détail des rues. Congestion : « un
1251l ou de repos, ni dans son plan ni dans le détail des rues. Congestion : « un cheval arrête 1 000 chevaux-vapeurs ». Et pou
1252n plan ni dans le détail des rues. Congestion : « un cheval arrête 1 000 chevaux-vapeurs ». Et pourtant « la ville est une
1253000 chevaux-vapeurs ». Et pourtant « la ville est une image puissante qui actionne notre esprit » après avoir été créée par
1254i, — comme la poésie. C’est ainsi que le problème de l’Urbanisme se place au croisement [p. 798] des préoccupations esthét
1255me de l’Urbanisme se place au croisement [p. 798] des préoccupations esthétiques et sociales d’aujourd’hui. Pour résoudre l
1256. 798] des préoccupations esthétiques et sociales d’aujourd’hui. Pour résoudre la crise de notre civilisation sous cet asp
1257et sociales d’aujourd’hui. Pour résoudre la crise de notre civilisation sous cet aspect comme sous les autres, il nous fau
1258ect comme sous les autres, il nous faut mieux que des dictateurs : des Architectes, de l’esprit et de la matière. Si Le Cor
1259s autres, il nous faut mieux que des dictateurs : des Architectes, de l’esprit et de la matière. Si Le Corbusier réalise so
1260 faut mieux que des dictateurs : des Architectes, de l’esprit et de la matière. Si Le Corbusier réalise son plan, ce sera
1261 des dictateurs : des Architectes, de l’esprit et de la matière. Si Le Corbusier réalise son plan, ce sera plus fort que M
1262rt que Mussolini (lequel s’est d’ailleurs inspiré de lui dans son fameux discours aux édiles de Rome). Urbanisme est une
1263nspiré de lui dans son fameux discours aux édiles de Rome). Urbanisme est une étude technique et un pamphlet dont l’argum
1264meux discours aux édiles de Rome). Urbanisme est une étude technique et un pamphlet dont l’argumentation serrée éclate par
1265s de Rome). Urbanisme est une étude technique et un pamphlet dont l’argumentation serrée éclate parfois en boutades morda
1266e parfois en boutades mordantes, en brèves fusées de lyrisme. C’est d’une verve puissante jusque dans la statistique. On e
1267des mordantes, en brèves fusées de lyrisme. C’est d’une verve puissante jusque dans la statistique. On en sort convaincu o
1268s mordantes, en brèves fusées de lyrisme. C’est d’une verve puissante jusque dans la statistique. On en sort convaincu ou b
1269 On en sort convaincu ou bouleversé, enthousiasmé d’avoir trouvé la formule même de tant d’aspirations modernes. Voici san
1270ersé, enthousiasmé d’avoir trouvé la formule même de tant d’aspirations modernes. Voici sans aucun doute un des livres les
1271thousiasmé d’avoir trouvé la formule même de tant d’aspirations modernes. Voici sans aucun doute un des livres les plus re
1272nt d’aspirations modernes. Voici sans aucun doute un des livres les plus représentatifs de l’époque de Lénine, du fascisme
1273d’aspirations modernes. Voici sans aucun doute un des livres les plus représentatifs de l’époque de Lénine, du fascisme, du
1274aucun doute un des livres les plus représentatifs de l’époque de Lénine, du fascisme, du ciment armé. « Notre monde comme
1275un des livres les plus représentatifs de l’époque de Lénine, du fascisme, du ciment armé. « Notre monde comme un ossuaire
1276 du fascisme, du ciment armé. « Notre monde comme un ossuaire est couvert des détritus d’époques mortes. Une tâche nous in
1277armé. « Notre monde comme un ossuaire est couvert des détritus d’époques mortes. Une tâche nous incombe, construire le cadr
1278 monde comme un ossuaire est couvert des détritus d’époques mortes. Une tâche nous incombe, construire le cadre de notre e
1279suaire est couvert des détritus d’époques mortes. Une tâche nous incombe, construire le cadre de notre existence… construir
1280rtes. Une tâche nous incombe, construire le cadre de notre existence… construire les villes de notre temps ». Et je déplie
1281e cadre de notre existence… construire les villes de notre temps ». Et je déplie ce plan d’une « ville contemporaine ». Pu
1282les villes de notre temps ». Et je déplie ce plan d’une « ville contemporaine ». Pures géométries de verre et de ciment bl
1283s villes de notre temps ». Et je déplie ce plan d’une « ville contemporaine ». Pures géométries de verre et de ciment blanc
1284n d’une « ville contemporaine ». Pures géométries de verre et de ciment blanc, flamboyantes au soleil. Les vingt-quatre gr
1285lle contemporaine ». Pures géométries de verre et de ciment blanc, flamboyantes au soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels d
1286boyantes au soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-gare circulaire,
1287te-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-gare circulaire, prismes perdus dans le silence de l’azur
1288-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-gare circulaire, prismes perdus dans le silence de l’azur a
1289e-gare circulaire, prismes perdus dans le silence de l’azur au-dessus des rumeurs de la ville. Puis s’étendent les quartie
1290rismes perdus dans le silence de l’azur au-dessus des rumeurs de la ville. Puis s’étendent les quartiers de résidence ; les
1291s dans le silence de l’azur au-dessus des rumeurs de la ville. Puis s’étendent les quartiers de résidence ; les jardins su
1292umeurs de la ville. Puis s’étendent les quartiers de résidence ; les jardins suspendus à tous les étages soulignent de ver
1293es jardins suspendus à tous les étages soulignent de verdure l’horizontale des toitures en terrasses. Des perspectives rég
1294us les étages soulignent de verdure l’horizontale des toitures en terrasses. Des perspectives régulières recoupées à 200 et
1295 verdure l’horizontale des toitures en terrasses. Des perspectives régulières recoupées à 200 et 400 mètres par les plans f
1296coupées à 200 et 400 mètres par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des autos. Les maisons habitée
1297uyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des enceintes transparen
1298 des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des enceintes transparentes, et minces en regard de leur hauteur, entoura
1299s, et minces en regard de leur hauteur, entourant de leurs multiples « redents » des terrains de jeux et des parcs, la nat
1300hauteur, entourant de leurs multiples « redents » des terrains de jeux et des parcs, la nature annexée à la ville. « C’est
1301urant de leurs multiples « redents » des terrains de jeux et des parcs, la nature annexée à la ville. « C’est un spectacle
1302urs multiples « redents » des terrains de jeux et des parcs, la nature annexée à la ville. « C’est un spectacle organisé pa
1303 des parcs, la nature annexée à la ville. « C’est un spectacle organisé par l’Architecture avec les ressources de la plast
1304e organisé par l’Architecture avec les ressources de la plastique qui est le jeu de formes sous la lumière ». Cristallisat
1305vec les ressources de la plastique qui est le jeu de formes sous la lumière ». Cristallisation d’un rêve de joie et de rai
1306 jeu de formes sous la lumière ». Cristallisation d’un rêve de joie et de raison où de grandes ordonnances élèvent leur ch
1307eu de formes sous la lumière ». Cristallisation d’un rêve de joie et de raison où de grandes ordonnances élèvent leur chan
1308rmes sous la lumière ». Cristallisation d’un rêve de joie et de raison où de grandes ordonnances élèvent leur chant. Utopi
1309a lumière ». Cristallisation d’un rêve de joie et de raison où de grandes ordonnances élèvent leur chant. Utopie ! Oui, si
1310Cristallisation d’un rêve de joie et de raison où de grandes ordonnances élèvent leur chant. Utopie ! Oui, si notre civili
1311 pour créer avec ses moyens matériels formidables des ensembles soumis aux lois de l’esprit et de la vie sociale, non plus
1312tériels formidables des ensembles soumis aux lois de l’esprit et de la vie sociale, non plus à un opportunisme anarchique.
1313bles des ensembles soumis aux lois de l’esprit et de la vie sociale, non plus à un opportunisme anarchique. Tirer des lign
1314lois de l’esprit et de la vie sociale, non plus à un opportunisme anarchique. Tirer des lignes droites, est le propre de l
1315ale, non plus à un opportunisme anarchique. Tirer des lignes droites, est le propre de l’homme. Toutes les civilisations fo
1316archique. Tirer des lignes droites, est le propre de l’homme. Toutes les civilisations fortes l’ont osé. Créer un espace a
1317 Toutes les civilisations fortes l’ont osé. Créer un espace architectural lumineux à la place de nos cités congestionnées,
1318ongestionnées, ce serait peut-être tuer au soleil des germes de révolution. Déjà des ingénieurs se sont mis à calculer la r
1319es, ce serait peut-être tuer au soleil des germes de révolution. Déjà des ingénieurs se sont mis à calculer la réalisation
1320tre tuer au soleil des germes de révolution. Déjà des ingénieurs se sont mis à calculer la réalisation de ce phénomène de h
1321 ingénieurs se sont mis à calculer la réalisation de ce phénomène de haute poésie — la « ville contemporaine ». Un labeur
1322ont mis à calculer la réalisation de ce phénomène de haute poésie — la « ville contemporaine ». Un labeur précis et anonym
1323ène de haute poésie — la « ville contemporaine ». Un labeur précis et anonyme concourt obscurément à cette parfaite expres
1324scurément à cette parfaite expression du triomphe de l’homme sur la Nature. Architecture : « tout ce qui est au-delà du ca
25 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
1325ssages (juillet 1926) w Je ne crois pas exagéré de dire qu’en publiant ce recueil d’essais, M. Fernandez a donné la prem
1326ois pas exagéré de dire qu’en publiant ce recueil d’essais, M. Fernandez a donné la première œuvre importante du mouvement
1327a donné la première œuvre importante du mouvement de construction et de synthèse qui se dessine chez les jeunes écrivains
1328 œuvre importante du mouvement de construction et de synthèse qui se dessine chez les jeunes écrivains d’aujourd’hui. La «
1329synthèse qui se dessine chez les jeunes écrivains d’aujourd’hui. La « critique philosophique » qu’il voudrait inaugurer « 
1330qu’il voudrait inaugurer « ne se contenterait pas d’étudier les œuvres pour elles-mêmes dans leur signification historique
1331ification historique ou technique, mais tâcherait d’épouser le dynamisme spirituel qu’elle révèle, puis de les situer dans
1332ouser le dynamisme spirituel qu’elle révèle, puis de les situer dans l’univers humain ». M. Fernandez a tout le talent qu’
1333e talent qu’il faut pour lui faire acquérir droit de cité. Voici enfin un critique qui sait tirer une leçon constructive d
1334our lui faire acquérir droit de cité. Voici enfin un critique qui sait tirer une leçon constructive des expériences entrep
1335t de cité. Voici enfin un critique qui sait tirer une leçon constructive des expériences entreprises par les générations pr
1336un critique qui sait tirer une leçon constructive des expériences entreprises par les générations précédentes. Parce qu’ell
1337ées dans leurs recherches, il ne les condamne pas d’un « Jugement » sans issue sinon vers le passé catholique ; mais tenan
1338s dans leurs recherches, il ne les condamne pas d’un « Jugement » sans issue sinon vers le passé catholique ; mais tenant
1339non vers le passé catholique ; mais tenant compte de leur effort, il puise dans l’échec même de leurs analyses les élément
1340compte de leur effort, il puise dans l’échec même de leurs analyses les éléments de sa synthèse, qui se trouve ainsi conti
1341 dans l’échec même de leurs analyses les éléments de sa synthèse, qui se trouve ainsi continuer leur œuvre, comme une déco
1342, qui se trouve ainsi continuer leur œuvre, comme une découverte couronne une série d’expériences négatives. La critique de
1343ntinuer leur œuvre, comme une découverte couronne une série d’expériences négatives. La critique de ces expériences négativ
1344ur œuvre, comme une découverte couronne une série d’expériences négatives. La critique de ces expériences négatives est co
1345ne une série d’expériences négatives. La critique de ces expériences négatives est contenue surtout dans ses essais sur Pr
1346it temps que l’on dénonce la confusion romantique de l’art avec la vie, qui empoisonne et la morale et l’esthétique modern
1347iter que M. Fernandez aborde par ce biais l’œuvre de Gide, qui plus qu’aucune autre me paraît liée à cette confusion. Mais
1348 par ce biais l’œuvre de Gide, qui plus qu’aucune autre me paraît liée à cette confusion. Mais s’il est bien établi que les l
1349confusion. Mais s’il est bien établi que les lois de la vie sont essentiellement différentes des lois de l’œuvre d’art, il
1350s lois de la vie sont essentiellement différentes des lois de l’œuvre d’art, il ne s’en suit pas forcément que l’on doit ni
1351 la vie sont essentiellement différentes des lois de l’œuvre d’art, il ne s’en suit pas forcément que l’on doit nier toute
1352’œuvre et le moi, comme le fait M. Fernandez dans un essai sur l’Autobiographie [p. 125] et le Roman, dont pour ma part j
1353125] et le Roman, dont pour ma part je suis loin d’admettre plusieurs thèses beaucoup trop absolues. M. Fernandez tente d
1354thèses beaucoup trop absolues. M. Fernandez tente de prouver par exemple que l’œuvre d’art ne peut être un moyen de connai
1355rouver par exemple que l’œuvre d’art ne peut être un moyen de connaissance personnelle. Après quoi il écrit : « II y a, en
1356r exemple que l’œuvre d’art ne peut être un moyen de connaissance personnelle. Après quoi il écrit : « II y a, en fait, de
1357 quoi il écrit : « II y a, en fait, deux manières de se connaître, à savoir se concevoir et s’essayer. » Fort bien, mais l
1358essayer. » Fort bien, mais l’œuvre n’est-elle pas une façon particulière de s’essayer ? Je ne puis amorcer ici une discussi
1359ais l’œuvre n’est-elle pas une façon particulière de s’essayer ? Je ne puis amorcer ici une discussion de ces thèses subti
1360articulière de s’essayer ? Je ne puis amorcer ici une discussion de ces thèses subtiles, d’autant que la position de l’aute
1361s’essayer ? Je ne puis amorcer ici une discussion de ces thèses subtiles, d’autant que la position de l’auteur dans cet es
1362 de ces thèses subtiles, d’autant que la position de l’auteur dans cet essai me paraît encore ambiguë : on peut se demande
1363 peut se demander s’il nie vraiment l’interaction de la vie et de l’art, ou s’il la condamne plutôt, à cause des confusion
1364nder s’il nie vraiment l’interaction de la vie et de l’art, ou s’il la condamne plutôt, à cause des confusions qu’il y déc
1365 et de l’art, ou s’il la condamne plutôt, à cause des confusions qu’il y décèle. Le meilleur morceau du livre est l’essai s
1366eau du livre est l’essai sur Proust et sa théorie des « intermittences du cœur » dont Fernandez donne une critique décisive
1367s « intermittences du cœur » dont Fernandez donne une critique décisive. Et c’est justement par opposition à la conception
1368tement par opposition à la conception proustienne de la personnalité — « mosaïque de sensations juxtaposées » — qu’il défi
1369ption proustienne de la personnalité — « mosaïque de sensations juxtaposées » — qu’il définit sa propre théorie de la « ga
1370s juxtaposées » — qu’il définit sa propre théorie de la « garantie des sentiments », où l’on est en droit de voir le germe
1371 qu’il définit sa propre théorie de la « garantie des sentiments », où l’on est en droit de voir le germe d’un moralisme no
1372« garantie des sentiments », où l’on est en droit de voir le germe d’un moralisme nouveau qui se fonderait solidement sur
1373ntiments », où l’on est en droit de voir le germe d’un moralisme nouveau qui se fonderait solidement sur les données moder
1374iments », où l’on est en droit de voir le germe d’un moralisme nouveau qui se fonderait solidement sur les données moderne
1375 se fonderait solidement sur les données modernes de la psychologie et de la philosophie. Pour nous prémunir contre le pou
1376ent sur les données modernes de la psychologie et de la philosophie. Pour nous prémunir contre le pouvoir d’analyse — une
1377philosophie. Pour nous prémunir contre le pouvoir d’analyse — une analyse qui retient les éléments de la personnalité moin
1378 Pour nous prémunir contre le pouvoir d’analyse — une analyse qui retient les éléments de la personnalité moins le « princi
1379 d’analyse — une analyse qui retient les éléments de la personnalité moins le « principe unificateur » — que la psychologi
1380a psychologie freudienne et proustienne a porté à un point si dangereux, il nous propose l’expérience d’un Newman, les exe
1381 point si dangereux, il nous propose l’expérience d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « p
1382oint si dangereux, il nous propose l’expérience d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « pen
1383us propose l’expérience d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « penser dans le train de l’a
1384 propose l’expérience d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « penser dans le train de l’act
1385rience d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « penser dans le train de l’action, faire de l
1386ence d’un Newman, les exemples d’un Meredith et d’un Stendhal, qui ont su « penser dans le train de l’action, faire de la
1387 d’un Stendhal, qui ont su « penser dans le train de l’action, faire de la psychologie à la volée », et donc connaître l’h
1388 ont su « penser dans le train de l’action, faire de la psychologie à la volée », et donc connaître l’homme dans l’élan qu
1389sa véritable unité. Je me borne à signaler encore un thème qui revient dans la plupart de ces essais : l’esthétique du rom
1390ais : l’esthétique du roman. Fernandez en formule une théorie assez proche du cubisme littéraire, et qu’il serait bien util
1391du cubisme littéraire, et qu’il serait bien utile d’adopter, si l’on veut éviter les confusions qui sont en train d’ôter s
1392tient surtout à sa forme : il est parfois agaçant de pressentir sous l’expression trop technique ou obscure, une richesse
1393ntir sous l’expression trop technique ou obscure, une richesse d’idées neuves et fortes, mais péniblement comprimées. Ce dé
1394xpression trop technique ou obscure, une richesse d’idées neuves et fortes, mais péniblement comprimées. Ce défaut de form
1395et fortes, mais péniblement comprimées. Ce défaut de forme est peut-être inhérent, dans une certaine mesure, au genre de c
1396être inhérent, dans une certaine mesure, au genre de critique pratiqué par Fernandez. Périlleuse situation que la sienne,
1397 sienne, en effet, où l’on court le double risque de paraître trop littéraire aux philosophes, et trop philosophe aux litt
1398osophe aux littérateurs. Il manque à M. Fernandez un certain recul par rapport à ses idées, on le sent un peu gauche encor
1399certain recul par rapport à ses idées, on le sent un peu gauche encore dans les positions conquises. Il n’empêche que son
1400s conquises. Il n’empêche que son livre manifeste une belle unité de pensée, et qu’il propose quelques directions très nett
1401n’empêche que son livre manifeste une belle unité de pensée, et qu’il propose quelques directions très nettes de synthèse.
1402 et qu’il propose quelques directions très nettes de synthèse. Avec une œuvre comme Plaisir des Sports de Jean Prévost, et
1403quelques directions très nettes de synthèse. Avec une œuvre comme Plaisir des Sports de Jean Prévost, et les essais politiq
1404 nettes de synthèse. Avec une œuvre comme Plaisir des Sports de Jean Prévost, et les essais politiques de Drieu la Rochelle
1405synthèse. Avec une œuvre comme Plaisir des Sports de Jean Prévost, et les essais politiques de Drieu la Rochelle, les Mess
1406 Sports de Jean Prévost, et les essais politiques de Drieu la Rochelle, les Messages de Fernandez sont les premières contr
1407ais politiques de Drieu la Rochelle, les Messages de Fernandez sont les premières contributions à l’établissement d’une ét
1408ont les premières contributions à l’établissement d’une éthique adaptée aux besoins modernes. p. 124 w. « Ramon Ferna
1409t les premières contributions à l’établissement d’une éthique adaptée aux besoins modernes. p. 124 w. « Ramon Fernande
26 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
1410ptembre 1926) x J’éprouve quelque gêne à porter un jugement littéraire sur ce nouveau tome des mémoires de Montherlant :
1411porter un jugement littéraire sur ce nouveau tome des mémoires de Montherlant : dans ce récit plus encore que dans les œuvr
1412ement littéraire sur ce nouveau tome des mémoires de Montherlant : dans ce récit plus encore que dans les œuvres précédent
1413ins l’œuvre d’art que l’auteur ; dans ce portrait de Montherlant toréador, à seize ans, c’est surtout le Montherlant actue
1414ire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composition ou de perfection formelle. Pour quelques-uns
1415vre vaut par son allure plus que par des qualités de composition ou de perfection formelle. Pour quelques-uns de ces trait
1416llure plus que par des qualités de composition ou de perfection formelle. Pour quelques-uns de ces traits d’énergie ou de
1417tion ou de perfection formelle. Pour quelques-uns de ces traits d’énergie ou de savante sensualité, pour ces insolences jo
1418fection formelle. Pour quelques-uns de ces traits d’énergie ou de savante sensualité, pour ces insolences jolies et les su
1419lle. Pour quelques-uns de ces traits d’énergie ou de savante sensualité, pour ces insolences jolies et les subites violenc
1420les subites violences, qui composent la séduction de cet « homme de la Renaissance », pour quelques descriptions des prair
1421lences, qui composent la séduction de cet « homme de la Renaissance », pour quelques descriptions des prairies espagnoles
1422e de la Renaissance », pour quelques descriptions des prairies espagnoles pleines de simple grandeur, j’ai supporté mille f
1423ques descriptions des prairies espagnoles pleines de simple grandeur, j’ai supporté mille fastidieux détails techniques et
1424i supporté mille fastidieux détails techniques et des délires taurologiques avec lesquels, pour communier, il faudrait sans
1425désinvolture. Elle est tonique comme le spectacle des athlètes. Et c’est elle avant tout que j’admire dans ces Bestiaires,
1426t longue fidélité aux taureaux braves et simplets d’esprit ! Qu’ils paissent éternellement dans les prairies célestes, pou
1427ment dans les prairies célestes, pour avoir donné une grande gloire aux jeunes hommes ! » Mais ce jeune homme qui écrivit n
142898] certaines pages magnifiques et sobres, jetées de haut avec la nonchalance des vrais puissants, je compte qu’il saura f
1429ues et sobres, jetées de haut avec la nonchalance des vrais puissants, je compte qu’il saura fonder sa gloire future sur de
1430je compte qu’il saura fonder sa gloire future sur des valeurs plus humaines. p. 397 x. « Henry de Montherlant : Les Be
27 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jacques Spitz, La Croisière indécise (décembre 1926)
1431lques idées graves en leur présentant les miroirs de personnages cocasses à souhait, qui manifestent, avec un certain manq
1432onnages cocasses à souhait, qui manifestent, avec un certain manque de conviction et des poses de mannequins, les tendance
1433 souhait, qui manifestent, avec un certain manque de conviction et des poses de mannequins, les tendances contradictoires
1434ifestent, avec un certain manque de conviction et des poses de mannequins, les tendances contradictoires d’un individu. C’e
1435avec un certain manque de conviction et des poses de mannequins, les tendances contradictoires d’un individu. C’est pour t
1436oses de mannequins, les tendances contradictoires d’un individu. C’est pour traiter ce sujet pirandellien qu’on s’embarque
1437es de mannequins, les tendances contradictoires d’un individu. C’est pour traiter ce sujet pirandellien qu’on s’embarque d
1438aiter ce sujet pirandellien qu’on s’embarque dans une croisière de vacances, qui finit par un naufrage dans la littérature,
1439 pirandellien qu’on s’embarque dans une croisière de vacances, qui finit par un naufrage dans la littérature, le navire su
1440que dans une croisière de vacances, qui finit par un naufrage dans la littérature, le navire succombant sous les allégorie
1441le livre soit réellement amusant, et qu’il trouve une sorte d’unité vivante dans le rythme des désirs jamais simultanés de
1442oit réellement amusant, et qu’il trouve une sorte d’unité vivante dans le rythme des désirs jamais simultanés de ses petit
1443l trouve une sorte d’unité vivante dans le rythme des désirs jamais simultanés de ses petits héros. M. Spitz cherche à fair
1444vante dans le rythme des désirs jamais simultanés de ses petits héros. M. Spitz cherche à faire sourire, on le sent ; pour
1445nt l’on sourit : il faut bien croire qu’il y a là un talent, charmant, glacé, spirituellement « poétique ». p. 810 y.
28 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
1446Iroquois (décembre 1926) z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère trop claire où les
1447oquois (décembre 1926) z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère trop claire où les c
1448mbre 1926) z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère trop claire où les cris se font u
1449 le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère trop claire où les cris se font un peu aigres et les coule
1450e, une atmosphère trop claire où les cris se font un peu aigres et les couleurs fluides. Toute la tendresse que ranime un
1451s couleurs fluides. Toute la tendresse que ranime un soleil lointain va tourner en cruelle mélancolie. Pourquoi, Henri de
1452 Henri de Closain, quitter le domaine enchanté où des [p. 811] amis très fins, précieux poètes, dissertent sur leurs fantai
1453ur fatigué se reprend à souffrir, il ne sait plus de quels souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveil
1454els souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveillé l’envahit. Et Closain rencontre, dans l’inévitable b
1455s souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveillé l’envahit. Et Closain rencontre, dans l’inévitable bar
1456osain rencontre, dans l’inévitable bar, le couple de juifs espagnols qui va l’entraîner avec son mauvais cœur, dans une av
1457ls qui va l’entraîner avec son mauvais cœur, dans une aventure incertaine et douloureuse ; enfin Orpha, sa maîtresse, le fu
1458ssion ironique qui lui convient, mais ici mêlée à une émotion plus grave, qui transparaît parfois et nous fait regretter qu
1459uteur ne se soit pas mieux abandonné à son sujet, d’un pathétique assez neuf. p. 810 z. « Alfred Colling : L’Iroquo
1460eur ne se soit pas mieux abandonné à son sujet, d’un pathétique assez neuf. p. 810 z. « Alfred Colling : L’Iroquois
29 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
1461 [p. 811] André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926) aa Un Chinois écrit d’Europe à un França
1462, La Tentation de l’Occident (décembre 1926) aa Un Chinois écrit d’Europe à un Français qui lui répond de Chine. Nous so
1463 l’Occident (décembre 1926) aa Un Chinois écrit d’Europe à un Français qui lui répond de Chine. Nous sommes loin du ton
1464 (décembre 1926) aa Un Chinois écrit d’Europe à un Français qui lui répond de Chine. Nous sommes loin du ton des Lettres
1465inois écrit d’Europe à un Français qui lui répond de Chine. Nous sommes loin du ton des Lettres persanes : le Chinois s’ét
1466 qui lui répond de Chine. Nous sommes loin du ton des Lettres persanes : le Chinois s’étonne non sans quelque aigreur, et c
1467étonne non sans quelque aigreur, et critique avec un mépris tranquille ; le Français riposte sans conviction, et sous sa d
1468ste sans conviction, et sous sa défense on devine une détresse. C’est encore une vision de l’Occident qui naît de ce petit
1469s sa défense on devine une détresse. C’est encore une vision de l’Occident qui naît de ce petit livre si dense, si inquiéta
1470e on devine une détresse. C’est encore une vision de l’Occident qui naît de ce petit livre si dense, si inquiétant. Le Chi
1471e. C’est encore une vision de l’Occident qui naît de ce petit livre si dense, si inquiétant. Le Chinois voit dans l’Europe
1472e, si inquiétant. Le Chinois voit dans l’Europe « une barbarie attentivement ordonnée, où l’idée de la civilisation et cell
1473 « une barbarie attentivement ordonnée, où l’idée de la civilisation et celle de l’ordre sont chaque jour confondues ». No
1474t ordonnée, où l’idée de la civilisation et celle de l’ordre sont chaque jour confondues ». Nous cherchons à conquérir non
1475 humilions sans trêve notre sensibilité au profit de ce « mythe cohérent » vers quoi tend notre esprit. La passion apparaî
1476 passion apparaît dans notre ordre social « comme une adroite fêlure ». Notre morale est entièrement subordonnée à l’action
1477cadres — perpétuel conflit du réel avec nos rêves de puissance : notre ambition la plus haute échoue. La tristesse règne s
1478tesse règne sur nos villes. (Neurasthénie, ce mal de l’Occident.) Et notre vertu suprême, aussi, est douloureuse : le sacr
1479té essentielle » que le Chinois distingue au cœur de la vie occidentale apparaît mieux par la comparaison de l’idéal asiat
1480vie occidentale apparaît mieux par la comparaison de l’idéal asiatique avec le nôtre. Mais je crois que toute intelligence
1481ritiques du Chinois et sympathiser avec son idéal de culture. Il n’y a pas là deux points de vue irréductibles, du moins M
1482es, du moins M. Malraux a fait parler son Chinois de telle façon qu’ils ne le paraissent point. Et alors le relativisme an
1483lativisme angoissant qui semblait devoir résulter de cette confrontation, s’évanouit : c’est bien plutôt une unité supérie
1484tte confrontation, s’évanouit : c’est bien plutôt une unité supérieure de l’esprit humain que nous découvrons, et qui nous
1485évanouit : c’est bien plutôt une unité supérieure de l’esprit humain que nous découvrons, et qui nous permettra de juger à
1486humain que nous découvrons, et qui nous permettra de juger à notre tour certaines démences qui enfièvrent l’Europe. [p. 8
1487à quoi, grands dieux ? — nous prenons chaque jour une conscience plus claire de la vanité de nos buts, « capables d’agir ju
1488us prenons chaque jour une conscience plus claire de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais ple
1489aque jour une conscience plus claire de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais pleins de dégoût
1490 plus claire de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d’act
1491« capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d’action qui tord aujourd’hui notre race… ».
1492acrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d’action qui tord aujourd’hui notre race… ». Et peut-être n’est-il pas d
1493ourd’hui notre race… ». Et peut-être n’est-il pas de position plus périlleuse, puisqu’elle risque de ne laisser subsister
1494s de position plus périlleuse, puisqu’elle risque de ne laisser subsister en nous qu’un « étrange goût de la destruction e
1495qu’elle risque de ne laisser subsister en nous qu’un « étrange goût de la destruction et de l’anarchie, exempt de passion,
1496ne laisser subsister en nous qu’un « étrange goût de la destruction et de l’anarchie, exempt de passion, divertissement su
1497en nous qu’un « étrange goût de la destruction et de l’anarchie, exempt de passion, divertissement suprême de l’incertitud
1498e goût de la destruction et de l’anarchie, exempt de passion, divertissement suprême de l’incertitude… » p. 811 aa. «
1499archie, exempt de passion, divertissement suprême de l’incertitude… » p. 811 aa. « André Malraux : La Tentation de l’
30 1926, Journal de Genève, articles (1926–1982). Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)
1500illet 1926) a Il y a dans le monde intellectuel une « Question d’Orient » dont on ne peut plus méconnaître l’urgence. Des
1501 Il y a dans le monde intellectuel une « Question d’Orient » dont on ne peut plus méconnaître l’urgence. Des prophètes — h
1502ent » dont on ne peut plus méconnaître l’urgence. Des prophètes — hindous à demi-européanisés ou germains désillusionnés —
1503« crépuscule du monde occidental », et, au-dessus des ruines prochaines de nos cités mécaniciennes, ils rallument le mirage
1504occidental », et, au-dessus des ruines prochaines de nos cités mécaniciennes, ils rallument le mirage d’un Orient paradisi
1505 nos cités mécaniciennes, ils rallument le mirage d’un Orient paradisiaque d’où nous viendraient une fois de plus la sages
1506os cités mécaniciennes, ils rallument le mirage d’un Orient paradisiaque d’où nous viendraient une fois de plus la sagesse
1507 ils rallument le mirage d’un Orient paradisiaque d’où nous viendraient une fois de plus la sagesse et la lumière. De réce
1508raient une fois de plus la sagesse et la lumière. De récentes enquêtes ont dénoncé certaines des confusions sur quoi se fo
1509mière. De récentes enquêtes ont dénoncé certaines des confusions sur quoi se fondent ces poétiques espérances ou ces craint
1510 pourtant subsistent encore. Or, le nouveau livre de M. de Traz 1 , par les précisions importantes qu’il apporte sur les r
1511ant subsistent encore. Or, le nouveau livre de M. de Traz 1 , par les précisions importantes qu’il apporte sur les rapport
1512isions importantes qu’il apporte sur les rapports de l’Orient et de l’Europe, me paraît destiné à lever plusieurs des plus
1513tes qu’il apporte sur les rapports de l’Orient et de l’Europe, me paraît destiné à lever plusieurs des plus tenaces de ces
1514 de l’Europe, me paraît destiné à lever plusieurs des plus tenaces de ces confusions. M. de Traz a visité l’Égypte, ses hab
1515paraît destiné à lever plusieurs des plus tenaces de ces confusions. M. de Traz a visité l’Égypte, ses habitants, ses tomb
1516 plusieurs des plus tenaces de ces confusions. M. de Traz a visité l’Égypte, ses habitants, ses tombeaux et son passé, en
1517 et son passé, en curieux avide du secret dernier des choses, lucide, avec une sorte d’acharnement, comme seul il sait l’êt
1518 avide du secret dernier des choses, lucide, avec une sorte d’acharnement, comme seul il sait l’être aujourd’hui sans que c
1519secret dernier des choses, lucide, avec une sorte d’acharnement, comme seul il sait l’être aujourd’hui sans que cela nuise
1520 l’être aujourd’hui sans que cela nuise en rien à un don de sympathie qui est parfois la plus subtile de ses ruses de psyc
1521 aujourd’hui sans que cela nuise en rien à un don de sympathie qui est parfois la plus subtile de ses ruses de psychologue
1522 don de sympathie qui est parfois la plus subtile de ses ruses de psychologue. C’est parce que son livre, aux petits chapi
1523thie qui est parfois la plus subtile de ses ruses de psychologue. C’est parce que son livre, aux petits chapitres à la foi
1524hapitres à la fois si concis et achevés, n’est ni un album de vues pittoresques, ni le journal plus ou moins lyrique auque
1525à la fois si concis et achevés, n’est ni un album de vues pittoresques, ni le journal plus ou moins lyrique auquel nous on
1526l nous ont habitués les voyageurs en Orient, mais une suite de coups d’œil aigus sur l’âme orientale de l’islam, que nous l
1527 habitués les voyageurs en Orient, mais une suite de coups d’œil aigus sur l’âme orientale de l’islam, que nous l’avons lu
1528ne suite de coups d’œil aigus sur l’âme orientale de l’islam, que nous l’avons lu avec un intérêt si soutenu et parfois —
1529me orientale de l’islam, que nous l’avons lu avec un intérêt si soutenu et parfois — je pense à certaines pages sur Jérusa
1530pages sur Jérusalem qui touchent particulièrement une sensibilité protestante — si passionné. Nul n’est moins oriental que
1531ante — si passionné. Nul n’est moins oriental que de Traz, et c’est ce qui donne à ses notations tout leur prix. Elles ne
1532tout leur prix. Elles ne nous renseignent pas sur une partie orientale de lui-même, comme c’est si souvent le cas, mais bie
1533 ne nous renseignent pas sur une partie orientale de lui-même, comme c’est si souvent le cas, mais bien sur l’Orient. Enco
1534 meilleurs documents sur l’Orient sont les œuvres des Orientaux. L’intérêt d’un livre comme celui-ci est plus dans l’opposi
1535l’Orient sont les œuvres des Orientaux. L’intérêt d’un livre comme celui-ci est plus dans l’opposition des deux mondes que
1536Orient sont les œuvres des Orientaux. L’intérêt d’un livre comme celui-ci est plus dans l’opposition des deux mondes que d
1537n livre comme celui-ci est plus dans l’opposition des deux mondes que dans la peinture elle-même de l’Orient. Tandis que s’
1538on des deux mondes que dans la peinture elle-même de l’Orient. Tandis que s’accumulent les traits qui composent le portrai
1539mulent les traits qui composent le portrait moral de l’Oriental, celui de l’Européen se précise dans la même mesure, — et
1540 composent le portrait moral de l’Oriental, celui de l’Européen se précise dans la même mesure, — et aussi la figure de l’
1541précise dans la même mesure, — et aussi la figure de l’auteur : car il n’est guère de comparaison valable qu’entre individ
1542 aussi la figure de l’auteur : car il n’est guère de comparaison valable qu’entre individus, et comme type d’individu euro
1543araison valable qu’entre individus, et comme type d’individu européen Robert de Traz ne pouvait trouver mieux que lui-même
1544z ne pouvait trouver mieux que lui-même. S’il dit des Égyptiens : « Le mensonge, autant qu’une politesse, leur paraît une b
1545S’il dit des Égyptiens : « Le mensonge, autant qu’une politesse, leur paraît une beauté », c’est pour affirmer par contrast
1546Le mensonge, autant qu’une politesse, leur paraît une beauté », c’est pour affirmer par contraste une « préférence irréduct
1547t une beauté », c’est pour affirmer par contraste une « préférence irréductible pour le vrai ». Ce qui lui permet de voir p
1548ce irréductible pour le vrai ». Ce qui lui permet de voir profond dans cet islam qu’il qualifie de « religion du fil de l’
1549met de voir profond dans cet islam qu’il qualifie de « religion du fil de l’eau », ou de « prodigieux stupéfiant », tandis
1550ans cet islam qu’il qualifie de « religion du fil de l’eau », ou de « prodigieux stupéfiant », tandis que « l’attrait du c
1551u’il qualifie de « religion du fil de l’eau », ou de « prodigieux stupéfiant », tandis que « l’attrait du christianisme es
1552ge ». « Ils mettent leur âme en veilleuse, dit-il des rêveurs orientaux. De leur immense paresse, jusqu’à leur mysticisme,
1553r âme en veilleuse, dit-il des rêveurs orientaux. De leur immense paresse, jusqu’à leur mysticisme, partout c’est une démi
1554e paresse, jusqu’à leur mysticisme, partout c’est une démission qu’ils désirent. Du difficile oubli de soi-même nous avons
1555une démission qu’ils désirent. Du difficile oubli de soi-même nous avons fait une vertu. Eux, ils l’ont rendu facile et en
1556t. Du difficile oubli de soi-même nous avons fait une vertu. Eux, ils l’ont rendu facile et en ont fait un plaisir. » Et en
1557vertu. Eux, ils l’ont rendu facile et en ont fait un plaisir. » Et encore ceci que je trouve si juste : « Ce qui définit l
1558e la fidélité. » Ses remarques sur la psychologie de l’Égyptien ne sont pas moins subtiles et le mènent à cette constatati
1559on fondamentale que « notre intelligence et celle de l’Oriental ne sont pas superposables ». Dès lors, comment collaborer,
1560 se sentir si loin de l’Oriental, les conclusions de M. de Traz — si tant est qu’on peut conclure en une matière si comple
1561ntir si loin de l’Oriental, les conclusions de M. de Traz — si tant est qu’on peut conclure en une matière si complexe — s
1562e M. de Traz — si tant est qu’on peut conclure en une matière si complexe — sont plutôt optimistes. Il ne paraît pas croire
1563sont plutôt optimistes. Il ne paraît pas croire à un péril oriental très pressant, ni surtout que nous ayons à chercher là
1564r là-bas notre salut. « La seule leçon à attendre des musulmans, c’est que le spectacle de leur décadence nous enseigne com
1565 à attendre des musulmans, c’est que le spectacle de leur décadence nous enseigne comment éviter la nôtre. » La place me m
1566 manque pour parler comme j’aurais voulu le faire des deux autres parties du volume, d’une importance moins actuelle, mais
1567voulu le faire des deux autres parties du volume, d’une importance moins actuelle, mais d’une qualité d’art peut-être supé
1568ulu le faire des deux autres parties du volume, d’une importance moins actuelle, mais d’une qualité d’art peut-être supérie
1569 du volume, d’une importance moins actuelle, mais d’une qualité d’art peut-être supérieure. Les méditations sur les ruines
1570u volume, d’une importance moins actuelle, mais d’une qualité d’art peut-être supérieure. Les méditations sur les ruines de
1571une importance moins actuelle, mais d’une qualité d’art peut-être supérieure. Les méditations sur les ruines de la Haute-É
1572t-être supérieure. Les méditations sur les ruines de la Haute-Égypte révèlent en de Traz un philosophe de l’histoire aux v
1573ons sur les ruines de la Haute-Égypte révèlent en de Traz un philosophe de l’histoire aux vues larges et pourtant réaliste
1574les ruines de la Haute-Égypte révèlent en de Traz un philosophe de l’histoire aux vues larges et pourtant réalistes, aux h
1575la Haute-Égypte révèlent en de Traz un philosophe de l’histoire aux vues larges et pourtant réalistes, aux hypothèses hard
1576s et pourtant réalistes, aux hypothèses hardies — de la hardiesse de ce bon sens qui est le plus éloigné du sens commun —
1577alistes, aux hypothèses hardies — de la hardiesse de ce bon sens qui est le plus éloigné du sens commun — mais qui reste t
1578igné du sens commun — mais qui reste trop méfiant de tout romantisme pour édifier aucun système. Le livre se termine par u
1579ur édifier aucun système. Le livre se termine par un voyage à Jérusalem : le christianisme n’est-il pas le plus beau don d
1580 : le christianisme n’est-il pas le plus beau don de l’Orient à l’Europe ? Il y a là des pages d’un accent très noble et c
1581 plus beau don de l’Orient à l’Europe ? Il y a là des pages d’un accent très noble et courageux mêlé, parfois, d’une certai
1582 don de l’Orient à l’Europe ? Il y a là des pages d’un accent très noble et courageux mêlé, parfois, d’une certaine amertu
1583on de l’Orient à l’Europe ? Il y a là des pages d’un accent très noble et courageux mêlé, parfois, d’une certaine amertume
1584’un accent très noble et courageux mêlé, parfois, d’une certaine amertume, où de Traz quitte le ton mesuré qu’il s’impose
1585n accent très noble et courageux mêlé, parfois, d’une certaine amertume, où de Traz quitte le ton mesuré qu’il s’impose d’o
1586rageux mêlé, parfois, d’une certaine amertume, où de Traz quitte le ton mesuré qu’il s’impose d’ordinaire. Mais j’avoue qu
1587e, où de Traz quitte le ton mesuré qu’il s’impose d’ordinaire. Mais j’avoue que m’a parfois un peu gêné cette présence de
1588’impose d’ordinaire. Mais j’avoue que m’a parfois un peu gêné cette présence de la mort qu’il fait sentir partout aux lieu
1589’avoue que m’a parfois un peu gêné cette présence de la mort qu’il fait sentir partout aux lieux mêmes où naquit la religi
1590aux lieux mêmes où naquit la religion du « Prince de la vie »… Qu’on ne croie pas, d’ailleurs, que l’attitude presque cons
1591eurs, que l’attitude presque constamment critique de M. de Traz diminue l’intérêt vivant de son livre : cette impartialité
1592que l’attitude presque constamment critique de M. de Traz diminue l’intérêt vivant de son livre : cette impartialité même,
1593t critique de M. de Traz diminue l’intérêt vivant de son livre : cette impartialité même, cette façon de se placer en face
1594 son livre : cette impartialité même, cette façon de se placer en face des choses, tout près, mais sans jamais s’y perdre
1595a personnalité peut-être mieux que ne le feraient une suite de pages lyriques toujours un peu stylisées. Il apparaît, ici,
1596lité peut-être mieux que ne le feraient une suite de pages lyriques toujours un peu stylisées. Il apparaît, ici, comme le
1597 le feraient une suite de pages lyriques toujours un peu stylisées. Il apparaît, ici, comme le type du voyageur intelligen
1598me le type du voyageur intelligent, qui n’accepte d’être séduit que pour « mieux comprendre », assez « fidèle » à ses orig
1599 à ses origines pour garder dans ses dépaysements un point de vue fixe, d’où comparer et, parfois, juger ; préférant obsti
1600arder dans ses dépaysements un point de vue fixe, d’où comparer et, parfois, juger ; préférant obstinément à la légende le
1601t à la légende le vrai, même amer, non par défaut d’un sens artistique dont plusieurs de ses morceaux attestent la délicat
1602à la légende le vrai, même amer, non par défaut d’un sens artistique dont plusieurs de ses morceaux attestent la délicates
1603on par défaut d’un sens artistique dont plusieurs de ses morceaux attestent la délicatesse, mais parce qu’il sait y trouve
1604parce qu’il sait y trouver les seuls motifs réels d’exaltation. p. 1 a. « Le Dépaysement oriental », Journal de Genèv
31 1926, Articles divers (1924–1930). Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)
1605 [p. 2] Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926) c M. René Guisan, pro
1606» (2 février 1926) c M. René Guisan, professeur de théologie à Lausanne et directeur de la Revue de théologie et de phil
1607, professeur de théologie à Lausanne et directeur de la Revue de théologie et de philosophie, inaugura lundi soir à l’Aula
1608 de théologie à Lausanne et directeur de la Revue de théologie et de philosophie, inaugura lundi soir à l’Aula, devant un
1609Lausanne et directeur de la Revue de théologie et de philosophie, inaugura lundi soir à l’Aula, devant un très nombreux pu
1610philosophie, inaugura lundi soir à l’Aula, devant un très nombreux public, la série des conférences que nous promet le gro
1611 l’Aula, devant un très nombreux public, la série des conférences que nous promet le groupe neuchâtelois des « Amis de la p
1612onférences que nous promet le groupe neuchâtelois des « Amis de la pensée protestante ». M. Guisan avait choisi un sujet qu
1613que nous promet le groupe neuchâtelois des « Amis de la pensée protestante ». M. Guisan avait choisi un sujet qui permet d
1614e la pensée protestante ». M. Guisan avait choisi un sujet qui permet de façon particulièrement frappante la comparaison d
1615nte ». M. Guisan avait choisi un sujet qui permet de façon particulièrement frappante la comparaison des points de vue cat
1616e façon particulièrement frappante la comparaison des points de vue catholique et protestant : la notion de « Saint » et so
1617oints de vue catholique et protestant : la notion de « Saint » et son évolution au cours des siècles. Primitivement, le Sa
1618 la notion de « Saint » et son évolution au cours des siècles. Primitivement, le Saint est un homme que Dieu a mis à part p
1619au cours des siècles. Primitivement, le Saint est un homme que Dieu a mis à part par grâce pour qu’il serve. Mais très vit
1620u’il serve. Mais très vite on étend l’appellation de saint à ceux qui par leur élévation morale ou leurs souffrances sembl
1621cutée, le martyre devient le signe par excellence de la sainteté. Le peuple, encore païen, voit dans la vénération des pèl
1622 Le peuple, encore païen, voit dans la vénération des pèlerins pour les tombes de leurs saints une forme d’adoration de die
1623t dans la vénération des pèlerins pour les tombes de leurs saints une forme d’adoration de dieux protecteurs. Cette croyan
1624tion des pèlerins pour les tombes de leurs saints une forme d’adoration de dieux protecteurs. Cette croyance se répand, fav
1625èlerins pour les tombes de leurs saints une forme d’adoration de dieux protecteurs. Cette croyance se répand, favorisée pa
1626 les tombes de leurs saints une forme d’adoration de dieux protecteurs. Cette croyance se répand, favorisée par la souples
1627orisée par la souplesse dont fait preuve l’Église d’alors quand il s’agit d’adapter des traditions antiques au dogme en fo
1628dont fait preuve l’Église d’alors quand il s’agit d’adapter des traditions antiques au dogme en formation. Au Moyen Âge l’
1629preuve l’Église d’alors quand il s’agit d’adapter des traditions antiques au dogme en formation. Au Moyen Âge l’évolution s
1630s le même sens. On spécialise les « compétences » des saints, ou de leurs reliques qui se multiplient prodigieusement. Alor
1631 On spécialise les « compétences » des saints, ou de leurs reliques qui se multiplient prodigieusement. Alors éclate la pr
1632ent prodigieusement. Alors éclate la protestation de la Réforme. Honorons les saints pour l’exemple de leur vie : mais Chr
1633de la Réforme. Honorons les saints pour l’exemple de leur vie : mais Christ est le seul médiateur à qui doit s’adresser le
1634sser le culte, en son cœur, du croyant. Le centre de gravité religieux est replacé en Christ. — Comment l’Église catholiqu
1635 choses antérieur. Donc l’Église continue à faire des saints, tandis que ce terme n’a plus qu’un sens relatif pour nous pro
1636faire des saints, tandis que ce terme n’a plus qu’un sens relatif pour nous protestants. Est-ce là nous juger ? Les cathol
1637e là nous juger ? Les catholiques nous reprochent d’avoir méconnu l’élément de grandeur morale que les saints maintiennent
1638oliques nous reprochent d’avoir méconnu l’élément de grandeur morale que les saints maintiennent dans l’Église. M. Guisan
1639se. M. Guisan va très loin dans ses concessions à de telles critiques. Mais c’est pour affirmer avec d’autant plus de forc
1640e telles critiques. Mais c’est pour affirmer avec d’autant plus de force que « en situant tout le devoir chrétien dans l’a
1641ques. Mais c’est pour affirmer avec d’autant plus de force que « en situant tout le devoir chrétien dans l’accomplissement
1642ns l’accomplissement scrupuleux, joyeux et fidèle de la vocation, le protestantisme affirme qu’il existe divers ordres de
1643protestantisme affirme qu’il existe divers ordres de sainteté ». Cette mère qui s’est sacrifiée aux siens, n’était-ce pas
1644ère qui s’est sacrifiée aux siens, n’était-ce pas une sainte, comme ce missionnaire et cette diaconesse ? S’il n’y a pas de
1645missionnaire et cette diaconesse ? S’il n’y a pas de saints protestants, il existe des saints dans le protestantisme. Mais
1646? S’il n’y a pas de saints protestants, il existe des saints dans le protestantisme. Mais il n’est pas de fin aux œuvres de
1647 saints dans le protestantisme. Mais il n’est pas de fin aux œuvres de Dieu. La sainteté parfaite ne commence qu’aux limit
1648otestantisme. Mais il n’est pas de fin aux œuvres de Dieu. La sainteté parfaite ne commence qu’aux limites les plus hautes
1649rfaite ne commence qu’aux limites les plus hautes de la vertu. Dans ce sens, il ne peut exister de saint véritable. Il n’y
1650tes de la vertu. Dans ce sens, il ne peut exister de saint véritable. Il n’y a pas de saints, mais il faut être parfait. T
1651 ne peut exister de saint véritable. Il n’y a pas de saints, mais il faut être parfait. Tel est l’enseignement de Jésus, t
1652mais il faut être parfait. Tel est l’enseignement de Jésus, telle est la pensée qu’a voulu restaurer le protestantisme. La
1653manque pour louer comme il conviendrait la clarté d’un exposé solidement documenté, et le scrupule d’historien et de chrét
1654nque pour louer comme il conviendrait la clarté d’un exposé solidement documenté, et le scrupule d’historien et de chrétie
1655 d’un exposé solidement documenté, et le scrupule d’historien et de chrétien qui permet à M. Guisan de montrer le point de
1656lidement documenté, et le scrupule d’historien et de chrétien qui permet à M. Guisan de montrer le point de vue adverse av
1657d’historien et de chrétien qui permet à M. Guisan de montrer le point de vue adverse avec autant de compréhension et de sy
1658an de montrer le point de vue adverse avec autant de compréhension et de sympathie que le sien propre. Cela donne à ses co
1659nt de vue adverse avec autant de compréhension et de sympathie que le sien propre. Cela donne à ses conclusions cette sécu
1660 ses conclusions cette sécurité dont trop souvent un brillant appareil dialectique ne sait produire que l’illusion. C’est
1661e du fameux scrupule protestant, qui ne peut être un danger lorsqu’il n’est, comme ici, que la loyauté d’un esprit animé p
1662danger lorsqu’il n’est, comme ici, que la loyauté d’un esprit animé par une foi agissante. p. 2 c. « Conférence Gui
1663nger lorsqu’il n’est, comme ici, que la loyauté d’un esprit animé par une foi agissante. p. 2 c. « Conférence Guisa
1664, comme ici, que la loyauté d’un esprit animé par une foi agissante. p. 2 c. « Conférence Guisan », Suisse libérale,
32 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
1665 [p. 2] Conférences d’Aubonne (7 avril 1926) d Pour la première fois cette année, les conf
1666our la première fois cette année, les conférences de l’Association chrétienne d’étudiants eurent lieu au printemps, et non
1667nnée, les conférences de l’Association chrétienne d’étudiants eurent lieu au printemps, et non plus à Sainte-Croix, mais à
1668emps, et non plus à Sainte-Croix, mais à Aubonne. Un plein succès a répondu à cette innovation. Le sujet de la première pa
1669ein succès a répondu à cette innovation. Le sujet de la première partie des conférences, les Objections des intellectuels
1670 cette innovation. Le sujet de la première partie des conférences, les Objections des intellectuels au Dieu chrétien, fut i
1671a première partie des conférences, les Objections des intellectuels au Dieu chrétien, fut introduit par M. Raymond de Sauss
1672psychanalyste distingué, qui se fit avec beaucoup d’intelligence l’avocat du diable, en montrant que tous les faits religi
1673igieux admettent à côté de l’explication mystique une explication scientifique. C’est donc à la seule volonté de choisir. M
1674ation scientifique. C’est donc à la seule volonté de choisir. M. le pasteur Bertrand de Lyon, répondit en exposant les exi
1675trand de Lyon, répondit en exposant les exigences de l’Évangile en face de la pensée moderne, et fut impressionnant de vig
1676 face de la pensée moderne, et fut impressionnant de vigueur dialectique et de largeur d’idées. Une soirée consacrée à la
1677, et fut impressionnant de vigueur dialectique et de largeur d’idées. Une soirée consacrée à la Fédération vint interrompr
1678pressionnant de vigueur dialectique et de largeur d’idées. Une soirée consacrée à la Fédération vint interrompre les discu
1679ant de vigueur dialectique et de largeur d’idées. Une soirée consacrée à la Fédération vint interrompre les discussions phi
1680ovoquées par ces deux travaux. Avec la conférence de M. Jean Cadier, un jeune pasteur français, on descendit — ou l’on mon
1681ux travaux. Avec la conférence de M. Jean Cadier, un jeune pasteur français, on descendit — ou l’on monta suivant M. A. Lé
1682it — ou l’on monta suivant M. A. Léo — du domaine de la pensée pure dans celui de l’action. M. Cadier montra le conflit de
1683 A. Léo — du domaine de la pensée pure dans celui de l’action. M. Cadier montra le conflit de la théologie moderne avec l’
1684ns celui de l’action. M. Cadier montra le conflit de la théologie moderne avec l’action religieuse en s’appuyant sur des e
1685oderne avec l’action religieuse en s’appuyant sur des expériences faites pendant le réveil de la Drôme, dont il est l’un de
1686yant sur des expériences faites pendant le réveil de la Drôme, dont il est l’un des artisans les plus actifs. Pour remplac
1687s pendant le réveil de la Drôme, dont il est l’un des artisans les plus actifs. Pour remplacer un travail promis par M. A.
1688l’un des artisans les plus actifs. Pour remplacer un travail promis par M. A. Reymond malheureusement indisposé, M. Pierre
1689nd malheureusement indisposé, M. Pierre Maury fit une causerie émouvante sur l’Évolution religieuse de Jacques Rivière, qui
1690une causerie émouvante sur l’Évolution religieuse de Jacques Rivière, qui se trouva préciser bien des points laissés en su
1691e de Jacques Rivière, qui se trouva préciser bien des points laissés en suspens dans la première partie de la conférence. P
1692points laissés en suspens dans la première partie de la conférence. Puis M. A. Brémond, étudiant en théologie, présenta de
1693nd, étudiant en théologie, présenta deux ouvriers de Paris, Clerville et Janson, dont il a eu l’occasion de partager les c
1694ris, Clerville et Janson, dont il a eu l’occasion de partager les conditions de vie et qui nous parlèrent l’un de la Réali
1695ont il a eu l’occasion de partager les conditions de vie et qui nous parlèrent l’un de la Réalité prolétarienne, l’autre d
1696 les conditions de vie et qui nous parlèrent l’un de la Réalité prolétarienne, l’autre de la Mentalité prolétarienne. Brém
1697rlèrent l’un de la Réalité prolétarienne, l’autre de la Mentalité prolétarienne. Brémond conclut en montrant la nécessité
1698nclut en montrant la nécessité et les difficultés d’une action missionnaire dans ces milieux, comme M. Terrisse l’avait fa
1699lut en montrant la nécessité et les difficultés d’une action missionnaire dans ces milieux, comme M. Terrisse l’avait fait
1700risse l’avait fait le soir avant pour les milieux d’ouvriers noirs au Cap. Sans toucher à des questions de partis, avec un
1701s milieux d’ouvriers noirs au Cap. Sans toucher à des questions de partis, avec une passion contenue d’hommes qui ont vu, q
1702vriers noirs au Cap. Sans toucher à des questions de partis, avec une passion contenue d’hommes qui ont vu, qui ont souffe
1703Cap. Sans toucher à des questions de partis, avec une passion contenue d’hommes qui ont vu, qui ont souffert, et qui ne se
1704es questions de partis, avec une passion contenue d’hommes qui ont vu, qui ont souffert, et qui ne se payent plus de mots
1705nt vu, qui ont souffert, et qui ne se payent plus de mots ni d’utopies, Clerville, Janson et Brémond ont su arracher leurs
1706ont souffert, et qui ne se payent plus de mots ni d’utopies, Clerville, Janson et Brémond ont su arracher leurs auditeurs
1707Janson et Brémond ont su arracher leurs auditeurs de leur lit de préjugés pour les placer véritablement en face de la « ré
1708émond ont su arracher leurs auditeurs de leur lit de préjugés pour les placer véritablement en face de la « réalité prolét
1709que nos syndicats. Cercle vicieux, l’augmentation des salaires. Ce que nous voulons, c’est élever l’homme au-dessus de la p
1710 que nous voulons, c’est élever l’homme au-dessus de la plus dégradante condition, et nous n’y arriverons que par un trava
1711radante condition, et nous n’y arriverons que par un travail d’éducation lent et souvent dangereux. Vous, étudiants, venez
1712dition, et nous n’y arriverons que par un travail d’éducation lent et souvent dangereux. Vous, étudiants, venez à nous pou
1713s écopons, tant pis. » Cinq conférences et autant de cultes en trois jours, cela peut paraître excessif à qui n’a pas conn
1714que. Chacun dit ce qu’il pense sans se préoccuper d’être bien pensant et les Romands recouvrent l’usage de la parole, puis
1715re bien pensant et les Romands recouvrent l’usage de la parole, puis on va se dégourdir sur un ballon ou bien l’on poursui
1716l’usage de la parole, puis on va se dégourdir sur un ballon ou bien l’on poursuit hors du village une discussion toujours
1717r un ballon ou bien l’on poursuit hors du village une discussion toujours trop courte. Et les repas réunissent tout le mond
1718 monde dans la gaieté la plus charmante. On y vit un ouvrier en maillot rouge assis entre un banquier et un philosophe au
1719 On y vit un ouvrier en maillot rouge assis entre un banquier et un philosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de
1720vrier en maillot rouge assis entre un banquier et un philosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de professeurs sui
1721is entre un banquier et un philosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de professeurs suisses et français. Miracle q
1722anquier et un philosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de professeurs suisses et français. Miracle qui nous fit
1723hilosophe au milieu d’une centaine d’étudiants et de professeurs suisses et français. Miracle qui nous fit croire un insta
1724 suisses et français. Miracle qui nous fit croire un instant à la fameuse devise de la Révolution. p. 2 d. « Confér
1725ui nous fit croire un instant à la fameuse devise de la Révolution. p. 2 d. « Conférences d’Aubonne », Suisse libér
33 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
1726 [p. 44] L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926) e Cette conférence s’ouvrit par
17271926 (mai 1926) e Cette conférence s’ouvrit par une bise qu’on peut bien dire du diable et se termina sous le plus beau s
1728 du diable et se termina sous le plus beau soleil de printemps. Libre à qui veut d’y voir un symbole. On ne saurait exagér
1729e plus beau soleil de printemps. Libre à qui veut d’y voir un symbole. On ne saurait exagérer l’importance des conditions
1730au soleil de printemps. Libre à qui veut d’y voir un symbole. On ne saurait exagérer l’importance des conditions météorolo
1731r un symbole. On ne saurait exagérer l’importance des conditions météorologiques du succès d’une telle rencontre : tout all
1732portance des conditions météorologiques du succès d’une telle rencontre : tout alla froidement jusqu’à ce que la bise tomb
1733rtance des conditions météorologiques du succès d’une telle rencontre : tout alla froidement jusqu’à ce que la bise tombée
1734à ce que la bise tombée permît à « l’atmosphère » de s’établir. Alors le miracle apparut, grandit. Le miracle, c’est l’esp
1735acle apparut, grandit. Le miracle, c’est l’esprit d’Aubonne. C’est ce miracle tout ce qu’il y a de plus protestant — mais
1736uire ailleurs qu’en terre romande. C’est l’esprit de liberté, tout simplement. Mais précisons : [p. 45] c’est bien plus qu
1737récisons : [p. 45] c’est bien plus que la liberté de défendre sa petite hérésie personnelle et de s’affirmer aux dépens d’
1738erté de défendre sa petite hérésie personnelle et de s’affirmer aux dépens d’autrui, — c’est la liberté dans la recherche.
1739e hérésie personnelle et de s’affirmer aux dépens d’autrui, — c’est la liberté dans la recherche. Chose plus rare qu’on ne
1740nse, à Aubonne on se sent prêt à tout lâcher pour une vérité nouvelle, on tient moins à convaincre qu’à se convaincre. Aprè
1741 convaincre qu’à se convaincre. Après les exposés de Janson, de Brémond, j’en sais plusieurs qui ont ainsi « lâché » pas m
1742 qu’à se convaincre. Après les exposés de Janson, de Brémond, j’en sais plusieurs qui ont ainsi « lâché » pas mal de préju
1743en sais plusieurs qui ont ainsi « lâché » pas mal de préjugés en matières sociales. Mais ce qui est peut-être plus importa
1744on eut l’impression, durant les discussions entre de Saussure et Bertrand, que les orateurs exprimaient tour à tour les ob
1745 soi, qu’ils incarnaient les voix contradictoires d’un débat que tous menaient en eux-mêmes loyalement. Et ce désir d’arri
1746oi, qu’ils incarnaient les voix contradictoires d’un débat que tous menaient en eux-mêmes loyalement. Et ce désir d’arrive
1747ous menaient en eux-mêmes loyalement. Et ce désir d’arriver à quelque chose de définitif à la fois et d’intelligent, je le
1748loyalement. Et ce désir d’arriver à quelque chose de définitif à la fois et d’intelligent, je le mesure aussi à l’émotion
1749arriver à quelque chose de définitif à la fois et d’intelligent, je le mesure aussi à l’émotion qui accueillit l’étude de
1750e mesure aussi à l’émotion qui accueillit l’étude de Maury sur Jacques Rivière : combien reconnurent dans le tourment de c
1751es Rivière : combien reconnurent dans le tourment de cette âme leur propre recherche, — et dans ses lumineuses conquêtes s
1752 ses lumineuses conquêtes sur le doute, le modèle des réponses désirées. Tout cela, c’est l’atmosphère de la chapelle où on
1753 réponses désirées. Tout cela, c’est l’atmosphère de la chapelle où ont lieu travaux et méditations. Dehors, on honore la
1754vaux et méditations. Dehors, on honore la liberté d’un culte moins platonique : n’est-ce pas Léo qui prétendit qu’on ne pe
1755ux et méditations. Dehors, on honore la liberté d’un culte moins platonique : n’est-ce pas Léo qui prétendit qu’on ne peut
1756on ne peut juger les Associations qu’à leur façon de jouer le volley-ball ? Le Casino offrit pendant quelques nuits la vis
1757o offrit pendant quelques nuits la vision étrange d’une salle où les spectateurs étendus en pyjamas sur des paillasses att
1758offrit pendant quelques nuits la vision étrange d’une salle où les spectateurs étendus en pyjamas sur des paillasses attend
1759e salle où les spectateurs étendus en pyjamas sur des paillasses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièce in
1760 sur des paillasses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièce inexistante. Enfin le dernier soir, l’on vit a
1761ur des paillasses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièce inexistante. Enfin le dernier soir, l’on vit app
1762ses attendraient en vain le lever d’un rideau sur une pièce inexistante. Enfin le dernier soir, l’on vit apparaître un faki
1763tante. Enfin le dernier soir, l’on vit apparaître un fakir… Il y eut aussi une assemblée délibérative en pleine forêt, où
1764oir, l’on vit apparaître un fakir… Il y eut aussi une assemblée délibérative en pleine forêt, où Henriod debout sur un tron
1765libérative en pleine forêt, où Henriod debout sur un tronc coupé n’eut pas trop de toute sa souplesse pour maintenir l’équ
1766 Henriod debout sur un tronc coupé n’eut pas trop de toute sa souplesse pour maintenir l’équilibre des discussions et de s
1767 de toute sa souplesse pour maintenir l’équilibre des discussions et de sa propre personne. Et il y eut encore un dîner trè
1768sse pour maintenir l’équilibre des discussions et de sa propre personne. Et il y eut encore un dîner très démocratique pen
1769ions et de sa propre personne. Et il y eut encore un dîner très démocratique pendant lequel le philosophe Abauzit chanta «
1770 Abauzit chanta « les Crapauds » avec âme, appuyé d’une main sur l’épaule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air de
1771bauzit chanta « les Crapauds » avec âme, appuyé d’une main sur l’épaule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air des p
1772apauds » avec âme, appuyé d’une main sur l’épaule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air des phrases musicales. Apr
1773âme, appuyé d’une main sur l’épaule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air des phrases musicales. Après quoi Richar
1774ule de Janson, et de l’autre dessinant dans l’air des phrases musicales. Après quoi Richardot, entrant par la fenêtre, vint
1775attendu pour le manifester ! — et qu’il suffisait de souscrire à la brochure de la conférence 3 pour savoir tout ce que j
1776! — et qu’il suffisait de souscrire à la brochure de la conférence 3 pour savoir tout ce que je n’ai pas dit dans ces que
34 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
1777 (mai 1926) f Écrire, pas plus que vivre, n’est de nos jours un art d’agrément. Nous sommes devenus si savants sur nous-
1778 Écrire, pas plus que vivre, n’est de nos jours un art d’agrément. Nous sommes devenus si savants sur nous-mêmes, et si
1779re, pas plus que vivre, n’est de nos jours un art d’agrément. Nous sommes devenus si savants sur nous-mêmes, et si crainti
1780s-mêmes, et si craintifs en même temps, si jaloux de ne pas nous déformer artificiellement : nous comprenons que nos œuvre
1781 que nos œuvres, si elles furent faites à l’image de notre esprit, le lui rendent bien dans la suite ; c’est peut-être pou
1782t-être pourquoi nous accordons voix dans le débat d’écrire, aux forces les plus secrètes de notre être comme aux calculs l
1783s le débat d’écrire, aux forces les plus secrètes de notre être comme aux calculs les plus rusés. Nous choisissons les idé
1784usés. Nous choisissons les idées comme on choisit un amour dont on est anxieux de prévoir l’influence, avant de s’y jeter,
1785ées comme on choisit un amour dont on est anxieux de prévoir l’influence, avant de s’y jeter, et dont on craint de ressort
1786’influence, avant de s’y jeter, et dont on craint de ressortir trop différent. Amour de soi, qui nous tourmente obscurémen
1787dont on craint de ressortir trop différent. Amour de soi, qui nous tourmente obscurément et nous obsède de craintes et de
1788oi, qui nous tourmente obscurément et nous obsède de craintes et de réticences dont nous ne comprenons pas toujours l’obje
1789urmente obscurément et nous obsède de craintes et de réticences dont nous ne comprenons pas toujours l’objet. Peur de perd
1790ont nous ne comprenons pas toujours l’objet. Peur de perdre le fil de la conscience de soi, peur de subir l’empreinte impr
1791enons pas toujours l’objet. Peur de perdre le fil de la conscience de soi, peur de subir l’empreinte imprévisible des chos
1792s l’objet. Peur de perdre le fil de la conscience de soi, peur de subir l’empreinte imprévisible des choses. Amour de soi…
1793ur de perdre le fil de la conscience de soi, peur de subir l’empreinte imprévisible des choses. Amour de soi… Mais moi, qu
1794ce de soi, peur de subir l’empreinte imprévisible des choses. Amour de soi… Mais moi, qui suis-je ? Par ces trois mots comm
1795 subir l’empreinte imprévisible des choses. Amour de soi… Mais moi, qui suis-je ? Par ces trois mots commence le drame de
1796ui suis-je ? Par ces trois mots commence le drame de toute vie. Ha ! Qui je suis ? Mais je le sens très bien ! je sens trè
1797ici, je tape du pied — ces désirs, ce corps… J’ai un passé à moi, un milieu, des amis, ce tic. Mais encore, tant d’autres
1798pied — ces désirs, ce corps… J’ai un passé à moi, un milieu, des amis, ce tic. Mais encore, tant d’autres forces et tant d
1799désirs, ce corps… J’ai un passé à moi, un milieu, des amis, ce tic. Mais encore, tant d’autres forces et tant d’autres faib
1800’autres désirs contradictoires ; au gré du temps, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégoûts étranges vien
1801utres désirs contradictoires ; au gré du temps, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégoûts étranges vienne
1802 contradictoires ; au gré du temps, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégoûts étranges viennent m’habiter
1803ontradictoires ; au gré du temps, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégoûts étranges viennent m’habiter ;
1804, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégoûts étranges viennent m’habiter ; je ne sais plus… Je suis beauco
1805 où l’on me fit comprendre qu’il n’est que le jeu de sauter follement d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une
1806rendre qu’il n’est que le jeu de sauter follement d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une fatigue profonde ;
1807ndre qu’il n’est que le jeu de sauter follement d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une fatigue profonde ; je
1808ue le jeu de sauter follement d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une fatigue profonde ; je devins si faible e
1809e jeu de sauter follement d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une fatigue profonde ; je devins si faible et dému
1810 d’une habitude dans une autre. Il ne me resta qu’une fatigue profonde ; je devins si faible et démuni, livré aux regards d
1811 je devins si faible et démuni, livré aux regards d’une foule absurde, bienveillante, repue, — tous paraissaient détenir u
1812e devins si faible et démuni, livré aux regards d’une foule absurde, bienveillante, repue, — tous paraissaient détenir un s
1813bienveillante, repue, — tous paraissaient détenir un secret très simple, et un peu narquois ils me considéraient avec une
1814us paraissaient détenir un secret très simple, et un peu narquois ils me considéraient avec une pitié curieuse : je me sen
1815ple, et un peu narquois ils me considéraient avec une pitié curieuse : je me sentis nu, tout le monde devait voir en moi un
1816je me sentis nu, tout le monde devait voir en moi une tare que j’étais seul à ignorer, était-ce ma fatigue seulement qui me
1817les, si cruellement présentes et dures ? La cause de cette inadaptation, je la soupçonnais si grave, si fondamentale que j
1818damentale que je préférais me leurrer à combattre des imperfections de détail dont je m’exagérais l’importance. Et c’est ai
1819référais me leurrer à combattre des imperfections de détail dont je m’exagérais l’importance. Et c’est ainsi par feintes q
1820 que je progressais, jusqu’au jour où je m’avouai un trouble que je me refusai pourtant à nommer peur de rire. Cette amert
1821 trouble que je me refusai pourtant à nommer peur de rire. Cette amertume au fond de tous les plaisirs, cette envie de rir
1822ant à nommer peur de rire. Cette amertume au fond de tous les plaisirs, cette envie de rire quand il m’arrivait un ennui,
1823mertume au fond de tous les plaisirs, cette envie de rire quand il m’arrivait un ennui, cette incapacité à jouir de mes vi
1824plaisirs, cette envie de rire quand il m’arrivait un ennui, cette incapacité à jouir de mes victoires, à pleurer sur mes d
1825 il m’arrivait un ennui, cette incapacité à jouir de mes victoires, à pleurer sur mes déboires, ce malaise seul liait les
1826me temps que je le découvrais, dans tout mon être une force aveugle de violence s’était levée. Ce fut elle qui m’entraîna s
1827 découvrais, dans tout mon être une force aveugle de violence s’était levée. Ce fut elle qui m’entraîna sur les stades où
1828confiance sourde aux contradictions intimes exige un acte victorieux. Autour de cette brutalité s’organisaient brusquement
1829organisaient brusquement les éléments désaccordés de ce moi que j’avais tant choyé. « Maintenant, m’écriai-je — c’était un
1830s tant choyé. « Maintenant, m’écriai-je — c’était un des premiers jours du printemps — l’heure est venue de la violence. J
1831ant choyé. « Maintenant, m’écriai-je — c’était un des premiers jours du printemps — l’heure est venue de la violence. Jeune
1832s premiers jours du printemps — l’heure est venue de la violence. Jeunes tempêtes, lavez, bousculez ! La parole est aux in
1833dominateurs par quoi l’homme ne se distingue plus de l’animal. Louée soit ma force et tout ce qui l’exalte, et tout ce qui
1834t tout ce qui la dompte, tout ce qui sourd en moi de trop grand pour ma vie — toute ma joie ! » [p. 146] Ce n’était plus
1835vie — toute ma joie ! » [p. 146] Ce n’était plus une douleur rare que j’aimais dans ces brutalités, c’était ma liberté agi
1836tés, c’était ma liberté agissante. J’allais plier des résistances à mon gré, agir sur les choses… Vers le soir, l’ardeur to
1837r ? dans quel sens ? Provisoirement j’étais sauvé d’un désordre où l’on glisse vers la mort. L’important, c’est de ne pas
1838? dans quel sens ? Provisoirement j’étais sauvé d’un désordre où l’on glisse vers la mort. L’important, c’est de ne pas se
1839e où l’on glisse vers la mort. L’important, c’est de ne pas se défaire. Mais rien n’était résolu. Me voici devant quelques
1840 problèmes dont je sais qu’il est absolument vain de prétendre les résoudre, mais que je dois feindre d’avoir résolus : c’
1841 prétendre les résoudre, mais que je dois feindre d’avoir résolus : c’est ce qui s’appelle vivre. Problème de Dieu, à la b
1842 résolus : c’est ce qui s’appelle vivre. Problème de Dieu, à la base. J’aurai garde de m’y perdre au début d’une recherche
1843vivre. Problème de Dieu, à la base. J’aurai garde de m’y perdre au début d’une recherche qui n’a que ce but de me rendre m
1844, à la base. J’aurai garde de m’y perdre au début d’une recherche qui n’a que ce but de me rendre mieux apte à vivre plein
1845à la base. J’aurai garde de m’y perdre au début d’une recherche qui n’a que ce but de me rendre mieux apte à vivre pleineme
1846erdre au début d’une recherche qui n’a que ce but de me rendre mieux apte à vivre pleinement. En priant, je m’arrête parfo
1847eureux : « J’ai donc la foi ? » Mais c’est encore une question… Je crois qu’il ne faut pas attendre immobile dans sa prière
1848 ne faut pas attendre immobile dans sa prière, qu’une révélation vienne chercher l’âme qui se sent misérable. Je ne recevra
1849r l’âme qui se sent misérable. Je ne recevrai pas une foi, mais peut-être arriverai-je à la vouloir, et c’est le tout. S’il
1850verai-je à la vouloir, et c’est le tout. S’il est une révélation, c’est en me rendant plus parfait que je lui préparerai le
1851a consiste à retrouver l’instinct le plus profond de l’homme, la vertu conservatrice qui ne peut dicter que les gestes les
1852ur cela seul qu’ils sont naturels : la nature est un champ de luttes, de tendances vers la destruction et vers la construc
1853eul qu’ils sont naturels : la nature est un champ de luttes, de tendances vers la destruction et vers la construction ; c’
1854sont naturels : la nature est un champ de luttes, de tendances vers la destruction et vers la construction ; c’est un méla
1855rs la destruction et vers la construction ; c’est un mélange à doses égales de mort et de vie. Et c’est à l’intelligence d
1856la construction ; c’est un mélange à doses égales de mort et de vie. Et c’est à l’intelligence de faire primer la vie, pui
1857tion ; c’est un mélange à doses égales de mort et de vie. Et c’est à l’intelligence de faire primer la vie, puisque n’est
1858ales de mort et de vie. Et c’est à l’intelligence de faire primer la vie, puisque n’est pas encore parfait cet instinct qu
1859rfait cet instinct qui est la Vertu. Ma vertu est de chercher cette Vertu ; de me replacer dans le sens de ma vie ; de ren
1860 la Vertu. Ma vertu est de chercher cette Vertu ; de me replacer dans le sens de ma vie ; de rendre toutes mes forces comp
1861hercher cette Vertu ; de me replacer dans le sens de ma vie ; de rendre toutes mes forces complices de mon destin. D’abord
1862e Vertu ; de me replacer dans le sens de ma vie ; de rendre toutes mes forces complices de mon destin. D’abord donc, chois
1863de ma vie ; de rendre toutes mes forces complices de mon destin. D’abord donc, choisir Mes instincts, ensuite, les éduquer
1864hoisir Mes instincts, ensuite, les éduquer, selon des lois établies par le concours de l’expérience et d’un sentiment de co
1865 éduquer, selon des lois établies par le concours de l’expérience et d’un sentiment de convenance en quoi se composent le
1866 lois établies par le concours de l’expérience et d’un sentiment de convenance en quoi se composent le plaisir et la consc
1867ois établies par le concours de l’expérience et d’un sentiment de convenance en quoi se composent le plaisir et la conscie
1868par le concours de l’expérience et d’un sentiment de convenance en quoi se composent le plaisir et la conscience de Mes li
1869 en quoi se composent le plaisir et la conscience de Mes limites. Je m’attache particulièrement [p. 147] à retrouver ces l
1870la vie moderne, mécanique, nous les fait oublier, d’où cette fatigue générale qui fausse tout, et qui s’oppose au perfecti
1871 fausse tout, et qui s’oppose au perfectionnement de l’esprit, puisqu’elle ne permet que des associations suivant les dire
1872tionnement de l’esprit, puisqu’elle ne permet que des associations suivant les directions de moindre résistance. Mais je ne
1873ermet que des associations suivant les directions de moindre résistance. Mais je ne m’emprisonnerai pas dans ces limites.
1874mprisonnerai pas dans ces limites. Ma liberté est de les porter plus loin sans cesse, de battre mes propres records. De ce
1875a liberté est de les porter plus loin sans cesse, de battre mes propres records. De ce lent effort naît une modestie que j
1876s loin sans cesse, de battre mes propres records. De ce lent effort naît une modestie que je m’enorgueillis un peu de conn
1877attre mes propres records. De ce lent effort naît une modestie que je m’enorgueillis un peu de connaître ; et de cette volo
1878ie que je m’enorgueillis un peu de connaître ; et de cette volonté d’un meilleur moi, une certaine méfiance vis-à-vis de m
1879ueillis un peu de connaître ; et de cette volonté d’un meilleur moi, une certaine méfiance vis-à-vis de ma sincérité. La s
1880illis un peu de connaître ; et de cette volonté d’un meilleur moi, une certaine méfiance vis-à-vis de ma sincérité. La sin
1881onnaître ; et de cette volonté d’un meilleur moi, une certaine méfiance vis-à-vis de ma sincérité. La sincérité m’apparaît
1882 sincérité. La sincérité m’apparaît parfois comme un arrêt artificiel dans ma vie, une vue stupide sur mon état qui peut m
1883ît parfois comme un arrêt artificiel dans ma vie, une vue stupide sur mon état qui peut m’être dangereuse. (On donne corps
1884tat qui peut m’être dangereuse. (On donne corps à une faiblesse en la nommant ; or je ne veux plus de faiblesses 4 .) Et de
1885 une faiblesse en la nommant ; or je ne veux plus de faiblesses 4 .) Et demain peut-être, agir dans le monde, si je m’en s
1886 rendu digne. L’époque nous veut, comme elle veut une conscience. Je fais partie d’un ensemble social et dans la mesure où
1887t, comme elle veut une conscience. Je fais partie d’un ensemble social et dans la mesure où j’en dépends, je me dois de m’
1888 comme elle veut une conscience. Je fais partie d’un ensemble social et dans la mesure où j’en dépends, je me dois de m’em
1889ial et dans la mesure où j’en dépends, je me dois de m’employer à sa sauvegarde ou à sa transformation. Mais il y faut une
1890sauvegarde ou à sa transformation. Mais il y faut une doctrine, me dit-on. L’avouerai-je, quand je médite sur une doctrine
1891ne, me dit-on. L’avouerai-je, quand je médite sur une doctrine possible, sur une systématisation de mes petites certitudes
1892e, quand je médite sur une doctrine possible, sur une systématisation de mes petites certitudes 5 , j’éprouve vite le senti
1893ur une doctrine possible, sur une systématisation de mes petites certitudes 5 , j’éprouve vite le sentiment d’être dans un
1894etites certitudes 5 , j’éprouve vite le sentiment d’être dans un débat étranger à ce véritable débat de ma vie : comment s
1895tudes 5 , j’éprouve vite le sentiment d’être dans un débat étranger à ce véritable débat de ma vie : comment surmonter [p.
1896’être dans un débat étranger à ce véritable débat de ma vie : comment surmonter [p. 148] un malaise sans cesse renaissant,
1897able débat de ma vie : comment surmonter [p. 148] un malaise sans cesse renaissant, comment m’adapter à l’existence que m’
1898 lois du monde, et comment augmenter ma puissance de jouir, en même temps que ma puissance d’agir. Que tout cela s’agite s
1899uissance de jouir, en même temps que ma puissance d’agir. Que tout cela s’agite sur fond de néant, je le comprends par écl
1900 puissance d’agir. Que tout cela s’agite sur fond de néant, je le comprends par éclairs, mais une secrète espérance m’empo
1901 fond de néant, je le comprends par éclairs, mais une secrète espérance m’emporte de nouveau, premier gage du divin… Repren
1902dre l’offensive — au soir, je m’amuserai à mettre des étiquettes sur mes actes… Déjà je sens un sourire, — en songeant à ce
1903mettre des étiquettes sur mes actes… Déjà je sens un sourire, — en songeant à ces raisonnements que je me tiens — plisser
1904ant à ces raisonnements que je me tiens — plisser un peu mes lèvres, et s’affirmer à mesure que je le décris. Mais comme u
1905 s’affirmer à mesure que je le décris. Mais comme un écho profond, une attirance aussi d’anciennes folies… Combat, oscilla
1906ure que je le décris. Mais comme un écho profond, une attirance aussi d’anciennes folies… Combat, oscillations silencieuses
1907. Mais comme un écho profond, une attirance aussi d’anciennes folies… Combat, oscillations silencieuses dans ma demi-consc
1908mi-conscience. Joie, dégoût, lueurs éteintes dans une nuit froide. Les notes d’un chant qui voudrait s’élever. Puis enfin l
1909, lueurs éteintes dans une nuit froide. Les notes d’un chant qui voudrait s’élever. Puis enfin la marée de mes désirs. Qu’
1910lueurs éteintes dans une nuit froide. Les notes d’un chant qui voudrait s’élever. Puis enfin la marée de mes désirs. Qu’il
1911 chant qui voudrait s’élever. Puis enfin la marée de mes désirs. Qu’ils viennent battre ce corps triste, qu’ils l’emporten
1912ennent battre ce corps triste, qu’ils l’emportent d’un flot fou ! Revenez, mes joies du large !… Tiens, j’écoute le vent ;
1913nent battre ce corps triste, qu’ils l’emportent d’un flot fou ! Revenez, mes joies du large !… Tiens, j’écoute le vent ; j
1914iens, j’écoute le vent ; je pense au monde. Chant des horizons, images qui s’éclairent… Je vais écrire autre chose que moi,
1915 chose que moi, je vais m’oublier, me perdre dans une vie nouvelle : (Créer, c’est se surpasser). J’entends des phrases qu’
1916nouvelle : (Créer, c’est se surpasser). J’entends des phrases qu’il ne faut pas encore comprendre, — tout est si fragile —
35 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
1917 [p. 335] Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926) g Je ferme les Bestiaires, e
1918 Bestiaires, et me tirant hors de ce « long songe de violence et de volupté », je me sens envahi par un rythme impérieux a
1919 me tirant hors de ce « long songe de violence et de volupté », je me sens envahi par un rythme impérieux au point qu’il f
1920e violence et de volupté », je me sens envahi par un rythme impérieux au point qu’il faut que certaines voix en moi taisen
1921x en moi taisent leur protestation, étouffées par des forces qui se lèvent. Car telle est la vertu de ce livre, qu’on l’épr
1922 des forces qui se lèvent. Car telle est la vertu de ce livre, qu’on l’éprouve d’abord trop vivement pour le juger. L’aute
1923d trop vivement pour le juger. L’auteur l’appelle un « poème solaire », l’éditeur un roman, parce que ça se vend mieux. Ce
1924’auteur l’appelle un « poème solaire », l’éditeur un roman, parce que ça se vend mieux. Ce récit des premiers combats de t
1925ur un roman, parce que ça se vend mieux. Ce récit des premiers combats de taureaux du jeune Montherlant est en réalité un n
1926e ça se vend mieux. Ce récit des premiers combats de taureaux du jeune Montherlant est en réalité un nouveau tome de ses m
1927s de taureaux du jeune Montherlant est en réalité un nouveau tome de ses mémoires lyriques. Une œuvre d’une seule coulée,
1928 jeune Montherlant est en réalité un nouveau tome de ses mémoires lyriques. Une œuvre d’une seule coulée, presque sans int
1929réalité un nouveau tome de ses mémoires lyriques. Une œuvre d’une seule coulée, presque sans intrigue, sans cette orchestra
1930 nouveau tome de ses mémoires lyriques. Une œuvre d’une seule coulée, presque sans intrigue, sans cette orchestration de t
1931ouveau tome de ses mémoires lyriques. Une œuvre d’une seule coulée, presque sans intrigue, sans cette orchestration de thèm
1932, presque sans intrigue, sans cette orchestration de thèmes qui faisait la richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme,
1933 de thèmes qui faisait la richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était péri
1934e thèmes qui faisait la richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était pérille
1935a richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était périlleux : si particulier,
1936richesse du Songe, mais d’une ligne plus ferme, d’une unité plus pure aussi. Le sujet était périlleux : si particulier, il
1937et était périlleux : si particulier, il prêtait à des abus de pittoresque, de couleur locale, de détails techniques ou de f
1938périlleux : si particulier, il prêtait à des abus de pittoresque, de couleur locale, de détails techniques ou de fastidieu
1939articulier, il prêtait à des abus de pittoresque, de couleur locale, de détails techniques ou de fastidieuses explications
1940ait à des abus de pittoresque, de couleur locale, de détails techniques ou de fastidieuses explications nécessaires, défau
1941sque, de couleur locale, de détails techniques ou de fastidieuses explications nécessaires, défauts auxquels Montherlant n
1942e dans l’allure puissante à la fois et désinvolte de son récit. On a souvent parlé d’excès de lyrisme à propos des premier
1943is et désinvolte de son récit. On a souvent parlé d’excès de lyrisme à propos des premiers ouvrages de Montherlant. Cette
1944sinvolte de son récit. On a souvent parlé d’excès de lyrisme à propos des premiers ouvrages de Montherlant. Cette fois-ci,
1945d’excès de lyrisme à propos des premiers ouvrages de Montherlant. Cette fois-ci, on le traite de naturaliste. Mais comment
1946rages de Montherlant. Cette fois-ci, on le traite de naturaliste. Mais comment montrer des taureaux sans que cela sente un
1947on le traite de naturaliste. Mais comment montrer des taureaux sans que cela sente un peu l’étable ? L’étonnant, c’est de v
1948 comment montrer des taureaux sans que cela sente un peu l’étable ? L’étonnant, c’est de voir à quel point Montherlant res
1949ue cela sente un peu l’étable ? L’étonnant, c’est de voir à quel point Montherlant reste poète jusque dans la description
1950poète jusque dans la description la plus réaliste de la vie animale. Et n’est-ce pas justement parce qu’il est poète qu’il
1951t poète qu’il peut atteindre à pareille intensité de réalisme. Une perpétuelle palpitation de vie anime ce livre et lui do
1952 peut atteindre à pareille intensité de réalisme. Une perpétuelle palpitation de vie anime ce livre et lui donne un rythme
1953ntensité de réalisme. Une perpétuelle palpitation de vie anime ce livre et lui donne un rythme tel qu’il s’accorde d’emblé
1954le palpitation de vie anime ce livre et lui donne un rythme tel qu’il s’accorde d’emblée avec ce qu’il y a de plus bondiss
1955irecte sur notre énergie physique. Partout rôdent des présences animales. Tandis que sur la plaine s’élève le long beugleme
1956ndis que sur la plaine s’élève le long beuglement des taureaux et le ohéohéohé des bouviers « comme un chant mystérieux ent
1957e le long beuglement des taureaux et le ohéohéohé des bouviers « comme un chant mystérieux entendu au-dessus de la mer », i
1958des taureaux et le ohéohéohé des bouviers « comme un chant mystérieux entendu au-dessus de la mer », il y a toujours dans
1959ers « comme un chant mystérieux entendu au-dessus de la mer », il y a toujours dans un coin du tableau des ruades, des che
1960tendu au-dessus de la mer », il y a toujours dans un coin du tableau des ruades, des chevaux qui partent tout droit, la tê
1961la mer », il y a toujours dans un coin du tableau des ruades, des chevaux qui partent tout droit, la tête dressée, des vach
1962 y a toujours dans un coin du tableau des ruades, des chevaux qui partent tout droit, la tête dressée, des vachettes qui se
1963 chevaux qui partent tout droit, la tête dressée, des vachettes qui se mordillent et se frôlent amoureusement, des chiens «
1964es qui se mordillent et se frôlent amoureusement, des chiens « qui vous faufilent des douceurs au bas des jambes », jusqu’à
1965nt amoureusement, des chiens « qui vous faufilent des douceurs au bas des jambes », jusqu’à ces chats qui griffent et lèche
1966s chiens « qui vous faufilent des douceurs au bas des jambes », jusqu’à ces chats qui griffent et lèchent alternativement,
1967ent et lèchent alternativement, « en vraies bêtes de désir ». Une intelligence si profonde de la vie animale suppose entre
1968nt alternativement, « en vraies bêtes de désir ». Une intelligence si profonde de la vie animale suppose entre l’homme et l
1969es bêtes de désir ». Une intelligence si profonde de la vie animale suppose entre l’homme et la bête une sympathie que Mon
1970e la vie animale suppose entre l’homme et la bête une sympathie que Montherlant note à plusieurs reprises. C’est « par la d
1971e à plusieurs reprises. C’est « par la divination de cet amour qu’Alban (le jeune héros du récit) sent ce que sent la bête
1972raiment que ce qu’on aime, et les victorieux sont d’immenses amants » 6 . Mais envers les taureaux cet amour tourne en ado
1973 les taureaux cet amour tourne en adoration ou en une véritable horreur sacrée. Voici Alban devant une bête qu’il devra com
1974 une véritable horreur sacrée. Voici Alban devant une bête qu’il devra combattre le lendemain : « Salaud, cochon, saligaud
1975aligaud ! » Il l’apostrophait ainsi tout bas, sur un ton révérenciel, et comme on déroule une litanie. Sous les grands cil
1976 bas, sur un ton révérenciel, et comme on déroule une litanie. Sous les grands cils brillants, lustrés par la lumière desce
1977cendante, les prunelles laiteuses du dieu avaient un reflet bleu clair, soudain inquiètes à l’approche de l’inconnu. Null
1978reflet bleu clair, soudain inquiètes à l’approche de l’inconnu. Nulle part mieux que dans la description des taureaux ne
1979nconnu. Nulle part mieux que dans la description des taureaux ne se manifeste ce passage du réalisme le plus hardi à un ly
1980 manifeste ce passage du réalisme le plus hardi à un lyrisme plein de simple grandeur. Voici la mort du taureau dit « le M
1981sage du réalisme le plus hardi à un lyrisme plein de simple grandeur. Voici la mort du taureau dit « le Mauvais Ange » :
1982ureau dit « le Mauvais Ange » : La bête chancela de l’arrière-train, tenta de se raidir, enfin croula sur le flanc, accom
1983e » : La bête chancela de l’arrière-train, tenta de se raidir, enfin croula sur le flanc, accomplissant sa destinée. Quel
1984sa destinée. Quelques secondes encore elle cligna des yeux et on vit sa respiration. Puis ses pattes se tendirent peu à peu
1985on. Puis ses pattes se tendirent peu à peu, comme un corps qu’on gonflerait à la pompe, tandis que dans cet agrandissement
1986ement les articulations grinçaient, avec le bruit d’un câble de navire qu’on serre sur un treuil. Elle arriva avec emphase
1987ent les articulations grinçaient, avec le bruit d’un câble de navire qu’on serre sur un treuil. Elle arriva avec emphase à
1988rticulations grinçaient, avec le bruit d’un câble de navire qu’on serre sur un treuil. Elle arriva avec emphase à la cime
1989vec le bruit d’un câble de navire qu’on serre sur un treuil. Elle arriva avec emphase à la cime de son spasme, comme l’hom
1990sur un treuil. Elle arriva avec emphase à la cime de son spasme, comme l’homme à la cime de son plaisir, et comme lui, ell
1991 à la cime de son spasme, comme l’homme à la cime de son plaisir, et comme lui, elle y resta immobile. Et son âme divine s
1992t ses jeux, et les génisses, et la chère plaine. De tels passages qui abondent dans les Bestiaires font pardonner bien d’
1993les Bestiaires font pardonner bien d’autres pages de vrais délires taurologiques. Quand le lyrisme de Montherlant décolle
1994 de vrais délires taurologiques. Quand le lyrisme de Montherlant décolle de la réalité, c’est tout de suite une orgie d’év
1995logiques. Quand le lyrisme de Montherlant décolle de la réalité, c’est tout de suite une orgie d’évocations antiques, de r
1996erlant décolle de la réalité, c’est tout de suite une orgie d’évocations antiques, de rapprochements superstitieux, de gran
1997olle de la réalité, c’est tout de suite une orgie d’évocations antiques, de rapprochements superstitieux, de grands symbol
1998st tout de suite une orgie d’évocations antiques, de rapprochements superstitieux, de grands symboles païens, et l’on se p
1999ations antiques, de rapprochements superstitieux, de grands symboles païens, et l’on se perd dans un syncrétisme effarant,
2000, de grands symboles païens, et l’on se perd dans un syncrétisme effarant, où Mithra, Jésus, les taureaux et Alban confond
2001es taureaux et Alban confondent leurs génies dans une sorte de cauchemar de soleil et de sang. On peut penser ce qu’on veut
2002x et Alban confondent leurs génies dans une sorte de cauchemar de soleil et de sang. On peut penser ce qu’on veut de ce pa
2003nfondent leurs génies dans une sorte de cauchemar de soleil et de sang. On peut penser ce qu’on veut de ce paganisme exalt
2004s génies dans une sorte de cauchemar de soleil et de sang. On peut penser ce qu’on veut de ce paganisme exalté, tout ivre
2005e soleil et de sang. On peut penser ce qu’on veut de ce paganisme exalté, tout ivre de la fumée des sacrifices sanglants.
2006r ce qu’on veut de ce paganisme exalté, tout ivre de la fumée des sacrifices sanglants. Pour ma part, je le trouve assez p
2007eut de ce paganisme exalté, tout ivre de la fumée des sacrifices sanglants. Pour ma part, je le trouve assez peu humain et
2008je le trouve assez peu humain et comme obsédé par une idée de violence tonique certes, mais décidément un peu pauvre pour f
2009uve assez peu humain et comme obsédé par une idée de violence tonique certes, mais décidément un peu pauvre pour fonder un
2010 idée de violence tonique certes, mais décidément un peu pauvre pour fonder une religion. Mais ce n’est peut-être qu’un rê
2011certes, mais décidément un peu pauvre pour fonder une religion. Mais ce n’est peut-être qu’un rêve de poète. Il y a un autr
2012r fonder une religion. Mais ce n’est peut-être qu’un rêve de poète. Il y a un autre Montherlant, plutôt stoïcien, celui-là
2013 une religion. Mais ce n’est peut-être qu’un rêve de poète. Il y a un autre Montherlant, plutôt stoïcien, celui-là. Et c’e
2014is ce n’est peut-être qu’un rêve de poète. Il y a un autre Montherlant, plutôt stoïcien, celui-là. Et c’est un moraliste d
2015ce n’est peut-être qu’un rêve de poète. Il y a un autre Montherlant, plutôt stoïcien, celui-là. Et c’est un moraliste de gran
2016 Montherlant, plutôt stoïcien, celui-là. Et c’est un moraliste de grande race, qui peut nous mener à des hauteurs où devie
2017 plutôt stoïcien, celui-là. Et c’est un moraliste de grande race, qui peut nous mener à des hauteurs où devient naturel ce
2018n moraliste de grande race, qui peut nous mener à des hauteurs où devient naturel ce cri de sagesse orgueilleuse : « Qu’avo
2019us mener à des hauteurs où devient naturel ce cri de sagesse orgueilleuse : « Qu’avons-nous besoin d’un autre amour que ce
2020 de sagesse orgueilleuse : « Qu’avons-nous besoin d’un autre amour que celui que nous donnons ? » ⁂ Il est impossible de n
2021e sagesse orgueilleuse : « Qu’avons-nous besoin d’un autre amour que celui que nous donnons ? » ⁂ Il est impossible de ne
2022agesse orgueilleuse : « Qu’avons-nous besoin d’un autre amour que celui que nous donnons ? » ⁂ Il est impossible de ne voir d
2023ue celui que nous donnons ? » ⁂ Il est impossible de ne voir dans les Bestiaires qu’une évocation de l’Espagne et du génie
2024 est impossible de ne voir dans les Bestiaires qu’une évocation de l’Espagne et du génie taurin. Ce qui perce à chaque page
2025e de ne voir dans les Bestiaires qu’une évocation de l’Espagne et du génie taurin. Ce qui perce à chaque page, ce qui peu
2026ue page, ce qui peu à peu obsède dans l’inflexion des phrases, ce qui s’élève en fin de compte de tous ces tableaux de viol
2027xion des phrases, ce qui s’élève en fin de compte de tous ces tableaux de violence et de passion, c’est la présence d’un t
2028qui s’élève en fin de compte de tous ces tableaux de violence et de passion, c’est la présence d’un tempérament. À l’inver
2029fin de compte de tous ces tableaux de violence et de passion, c’est la présence d’un tempérament. À l’inverse de tant d’au
2030eaux de violence et de passion, c’est la présence d’un tempérament. À l’inverse de tant d’autres qui s’analysent sans fin,
2031ux de violence et de passion, c’est la présence d’un tempérament. À l’inverse de tant d’autres qui s’analysent sans fin, a
2032, c’est la présence d’un tempérament. À l’inverse de tant d’autres qui s’analysent sans fin, avant que d’être, Montherlant
2033tant d’autres qui s’analysent sans fin, avant que d’être, Montherlant impose un tempérament lyrique d’une puissance contag
2034nt sans fin, avant que d’être, Montherlant impose un tempérament lyrique d’une puissance contagieuse. Il y a là de quoi fa
2035d’être, Montherlant impose un tempérament lyrique d’une puissance contagieuse. Il y a là de quoi faire oublier des défauts
2036être, Montherlant impose un tempérament lyrique d’une puissance contagieuse. Il y a là de quoi faire oublier des défauts qu
2037nt lyrique d’une puissance contagieuse. Il y a là de quoi faire oublier des défauts qui tueraient tout autre que lui. Cert
2038ance contagieuse. Il y a là de quoi faire oublier des défauts qui tueraient tout autre que lui. Certes, il ne soulève direc
2039quoi faire oublier des défauts qui tueraient tout autre que lui. Certes, il ne soulève directement aucun des grands problèmes
2040 que lui. Certes, il ne soulève directement aucun des grands problèmes de l’heure. La violence même qui sourd dans son être
2041ne soulève directement aucun des grands problèmes de l’heure. La violence même qui sourd dans son être intime l’en empêche
2042rd dans son être intime l’en empêche, le préserve des états d’incertitude douloureux, où ces problèmes viennent se poser à
2043n être intime l’en empêche, le préserve des états d’incertitude douloureux, où ces problèmes viennent se poser à l’esprit,
2044problèmes viennent se poser à l’esprit, profitant de son désaccord avec la vie. Ni métaphysicien, ni logicien, dit-il d’Al
2045vec la vie. Ni métaphysicien, ni logicien, dit-il d’Alban — (de lui-même) — il n’« accroche » pas à ce qui est triste ou e
2046 Ni métaphysicien, ni logicien, dit-il d’Alban — (de lui-même) — il n’« accroche » pas à ce qui est triste ou ennuyeux, qu
2047ce qui est triste ou ennuyeux, que ce soit l’idée de la mort ou les soucis politiques, sociaux, etc., et il ne met de la g
2048es soucis politiques, sociaux, etc., et il ne met de la gravité que dans les choses voluptueuses, je n’ai pas dit les chos
2049’ai pas dit les choses sentimentales. Le tragique de la vie ne lui échappe pas. Il en parle, il le chante avec pathétique.
2050 le chant fini, il n’y pense plus. On comprend qu’une telle attitude agace des gens qui se soucient avant tout de trouver d
2051nse plus. On comprend qu’une telle attitude agace des gens qui se soucient avant tout de trouver des réponses de l’intellig
2052ttitude agace des gens qui se soucient avant tout de trouver des réponses de l’intelligence ou de la foi aux inquiétudes p
2053ce des gens qui se soucient avant tout de trouver des réponses de l’intelligence ou de la foi aux inquiétudes profondes de
2054ui se soucient avant tout de trouver des réponses de l’intelligence ou de la foi aux inquiétudes profondes de leurs âmes s
2055tout de trouver des réponses de l’intelligence ou de la foi aux inquiétudes profondes de leurs âmes séparées de Dieu. Mont
2056telligence ou de la foi aux inquiétudes profondes de leurs âmes séparées de Dieu. Montherlant est aux antipodes de ceux-là
2057 aux inquiétudes profondes de leurs âmes séparées de Dieu. Montherlant est aux antipodes de ceux-là « qui cherchent en gém
2058s séparées de Dieu. Montherlant est aux antipodes de ceux-là « qui cherchent en gémissant ». Mais cette personnalité dont
2059». Mais cette personnalité dont il manifeste avec une magnifique insolence les forces créatrices, ne vaut-elle pas d’être é
2060insolence les forces créatrices, ne vaut-elle pas d’être élevée en témoignage pour notre exaltation ? Comme la vue des ath
2061n témoignage pour notre exaltation ? Comme la vue des athlètes en action, un tel livre communique une puissance physique, u
2062exaltation ? Comme la vue des athlètes en action, un tel livre communique une puissance physique, un mouvement vers la vie
2063e des athlètes en action, un tel livre communique une puissance physique, un mouvement vers la vie ardente qui peut entraîn
2064, un tel livre communique une puissance physique, un mouvement vers la vie ardente qui peut entraîner l’âme dans un élan d
2065vers la vie ardente qui peut entraîner l’âme dans un élan de grandeur. N’est-ce point une solution aussi ? Plutôt que d’ou
2066vie ardente qui peut entraîner l’âme dans un élan de grandeur. N’est-ce point une solution aussi ? Plutôt que d’oublier de
2067er l’âme dans un élan de grandeur. N’est-ce point une solution aussi ? Plutôt que d’oublier de vivre à force d’y vouloir tr
2068r. N’est-ce point une solution aussi ? Plutôt que d’oublier de vivre à force d’y vouloir trouver un sens, ne vaudrait-il p
2069e point une solution aussi ? Plutôt que d’oublier de vivre à force d’y vouloir trouver un sens, ne vaudrait-il pas autant
2070ion aussi ? Plutôt que d’oublier de vivre à force d’y vouloir trouver un sens, ne vaudrait-il pas autant s’abandonner parf
2071ue d’oublier de vivre à force d’y vouloir trouver un sens, ne vaudrait-il pas autant s’abandonner parfois à ces forces obs
2072s obscures qui nous replacent dans l’intelligence de l’instinct universel et nous élèvent à une vie plus âpre et violemmen
2073ligence de l’instinct universel et nous élèvent à une vie plus âpre et violemment contractée, par la grâce de l’éternel Dés
2074 plus âpre et violemment contractée, par la grâce de l’éternel Désir ? p. 335 g. « Les Bestiaires, roman, par Henry d
36 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
2075 [p. 547] Soir de Florence (13 novembre 1926) h Des cris mouraient vers les berges du
2076 [p. 547] Soir de Florence (13 novembre 1926) h Des cris mouraient vers les berges du fleuve jaune, entre les deux façade
2077e la ville présente au couchant, dans ce corridor de lumière où elle accueille le ciel — et derrière, elle devient plus se
2078 derrière, elle devient plus secrète. Vers l’est, des collines fluides et roses. De l’autre [p. 548] côté, c’est le vide, o
2079crète. Vers l’est, des collines fluides et roses. De l’autre [p. 548] côté, c’est le vide, où s’en vont lentement les eaux
2080 trop vaste et nu, les voitures revenaient au pas des Cascine. Vers sept heures, il n’y en eut presque plus. Nous étions se
2081euls sur le pavé qui exhalait sa chaleur, au long des quais sans bancs pour notre lassitude. Florence s’éloignait derrière
2082romenade désertée. Sur les eaux, comme immobiles, des nuages rouges et le vert dur des berges : un malaise montait dans l’a
2083comme immobiles, des nuages rouges et le vert dur des berges : un malaise montait dans l’air plus frais, avec l’odeur du li
2084es, des nuages rouges et le vert dur des berges : un malaise montait dans l’air plus frais, avec l’odeur du limon. Nous ma
2085nt du fleuve, parmi les dissonances mélancoliques des lumières et des odeurs, espérant entrer là-bas dans je ne sais quelle
2086rmi les dissonances mélancoliques des lumières et des odeurs, espérant entrer là-bas dans je ne sais quelle harmonie plus r
2087reposante. Cette imparfaite accoutumance au monde de sensations inconnues où nous étions baignés nous promettait pourtant
2088s où nous étions baignés nous promettait pourtant une connaissance plus intime de certaine tristesse. Seule une maison blan
2089 promettait pourtant une connaissance plus intime de certaine tristesse. Seule une maison blanche est arrêtée tout près de
2090aissance plus intime de certaine tristesse. Seule une maison blanche est arrêtée tout près de l’eau. Mais ce n’est pas d’el
2091est arrêtée tout près de l’eau. Mais ce n’est pas d’elle que vient cette chanson jamais entendue qui nous accompagne depui
2092hanson jamais entendue qui nous accompagne depuis un moment sur le chemin de l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avan
2093ui nous accompagne depuis un moment sur le chemin de l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avant d’un char tiré par des
2094s un moment sur le chemin de l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avant d’un char tiré par des bœufs blancs. Comme une
2095de l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avant d’un char tiré par des bœufs blancs. Comme une apparition. (Tu parlais d
2096 l’autre rive. Il y a un homme debout à l’avant d’un char tiré par des bœufs blancs. Comme une apparition. (Tu parlais de
2097 y a un homme debout à l’avant d’un char tiré par des bœufs blancs. Comme une apparition. (Tu parlais de chromos, de romant
2098’avant d’un char tiré par des bœufs blancs. Comme une apparition. (Tu parlais de chromos, de romantisme… nous voici dans un
2099s bœufs blancs. Comme une apparition. (Tu parlais de chromos, de romantisme… nous voici dans une réalité bien plus étrange
2100cs. Comme une apparition. (Tu parlais de chromos, de romantisme… nous voici dans une réalité bien plus étrange.) Une atmos
2101arlais de chromos, de romantisme… nous voici dans une réalité bien plus étrange.) Une atmosphère de triste volupté emplit n
2102… nous voici dans une réalité bien plus étrange.) Une atmosphère de triste volupté emplit notre monde à ce chant. L’odeur d
2103ns une réalité bien plus étrange.) Une atmosphère de triste volupté emplit notre monde à ce chant. L’odeur du fleuve est s
2104bœufs blancs, les roues peintes du char, l’Italie des poètes… Mais ce pays tout entier pâmé dans une beauté que saluent tan
2105ie des poètes… Mais ce pays tout entier pâmé dans une beauté que saluent tant de souvenirs n’a d’autre nom que celui de l’i
2106dans une beauté que saluent tant de souvenirs n’a d’autre nom que celui de l’instant, ô mélodieuse lassitude. Vivre ainsi
2107ns une beauté que saluent tant de souvenirs n’a d’autre nom que celui de l’instant, ô mélodieuse lassitude. Vivre ainsi simpl
2108luent tant de souvenirs n’a d’autre nom que celui de l’instant, ô mélodieuse lassitude. Vivre ainsi simplement. Sans pensé
2109 Vivre ainsi simplement. Sans pensée, perdus dans un soir de n’importe où, un soir de la Nature… L’homme chante une plaint
2110insi simplement. Sans pensée, perdus dans un soir de n’importe où, un soir de la Nature… L’homme chante une plainte inouïe
2111Sans pensée, perdus dans un soir de n’importe où, un soir de la Nature… L’homme chante une plainte inouïe de pureté. Deux
2112sée, perdus dans un soir de n’importe où, un soir de la Nature… L’homme chante une plainte inouïe de pureté. Deux phrases
2113’importe où, un soir de la Nature… L’homme chante une plainte inouïe de pureté. Deux phrases rapides ondulent dans l’air lo
2114r de la Nature… L’homme chante une plainte inouïe de pureté. Deux phrases rapides ondulent dans l’air lourd. Le chant desc
2115ennent au ras du fleuve sombre. Nul désir en nous de comprendre ce lamento. Le ciel est un silence qui s’impose à nos pens
2116sir en nous de comprendre ce lamento. Le ciel est un silence qui s’impose à nos pensées. Ici la vie n’a presque plus de se
2117impose à nos pensées. Ici la vie n’a presque plus de sens, comme le fleuve. Elle n’est qu’odeurs, formes mouvantes, remous
2118 musiques sourdes. Penser serait sacrilège, comme une barre droite au travers d’un tableau. Nos yeux ont regardé longtemps
2119rait sacrilège, comme une barre droite au travers d’un tableau. Nos yeux ont regardé longtemps — où va l’âme durant ces mi
2120it sacrilège, comme une barre droite au travers d’un tableau. Nos yeux ont regardé longtemps — où va l’âme durant ces minu
2121ide, parfums à peine sensibles, bruissement vague des roseaux aux feuilles sèches… Puis la brume est venue comme une envie
2122ux feuilles sèches… Puis la brume est venue comme une envie de sommeil. Une lampe dans la maison blanche nous a révélé proc
2123s sèches… Puis la brume est venue comme une envie de sommeil. Une lampe dans la maison blanche nous a révélé proche la nui
2124is la brume est venue comme une envie de sommeil. Une lampe dans la maison blanche nous a révélé proche la nuit. Nous nous
2125 nous sommes retournés vers la ville.      Fleurs de lumières sur les champs sombres du ciel de l’est, et une façade parfa
2126Fleurs de lumières sur les champs sombres du ciel de l’est, et une façade parfaite répond encore au couchant. San Miniato
2127ières sur les champs sombres du ciel de l’est, et une façade parfaite répond encore au couchant. San Miniato sur sa colline
2128ine. Derrière nous, les arbres se brouillent dans une buée sans couleurs, nous quittons un mystère à jamais impénétrable po
2129illent dans une buée sans couleurs, nous quittons un mystère à jamais impénétrable pour l’homme, nous fuyons ces bords où
2130pour l’homme, nous fuyons ces bords où conspirent des ombres informes et des harmonies troubles de parfums et de courbes co
2131ns ces bords où conspirent des ombres informes et des harmonies troubles de parfums et de courbes compliquées. Nous secouon
2132ent des ombres informes et des harmonies troubles de parfums et de courbes compliquées. Nous secouons un sortilège pénétra
2133 informes et des harmonies troubles de parfums et de courbes compliquées. Nous secouons un sortilège pénétrant comme cette
2134 parfums et de courbes compliquées. Nous secouons un sortilège pénétrant comme cette brume, une vie étrangère, une paix qu
2135ecouons un sortilège pénétrant comme cette brume, une vie étrangère, une paix qui n’est pas humaine, et qui nous laisse gou
2136e pénétrant comme cette brume, une vie étrangère, une paix qui n’est pas humaine, et qui nous laisse gourds et faibles, car
2137ds et faibles, caressant en nous la lâche volupté de sentir l’esprit se défaire et couler sans fin vers un sommeil à l’ode
2138entir l’esprit se défaire et couler sans fin vers un sommeil à l’odeur fade de fleuve, un sommeil de plante vaguement heur
2139et couler sans fin vers un sommeil à l’odeur fade de fleuve, un sommeil de plante vaguement heureuse d’être pliée au vent
2140ans fin vers un sommeil à l’odeur fade de fleuve, un sommeil de plante vaguement heureuse d’être pliée au vent qui ne parl
2141s un sommeil à l’odeur fade de fleuve, un sommeil de plante vaguement heureuse d’être pliée au vent qui ne parle jamais. N
2142e fleuve, un sommeil de plante vaguement heureuse d’être pliée au vent qui ne parle jamais. Nous fûmes si près de choir da
2143ui nous enivrait, promettant à nos sens, fatigués de l’esprit qui les exerce, des voluptés plus faciles — pour infuser dan
2144 à nos sens, fatigués de l’esprit qui les exerce, des voluptés plus faciles — pour infuser dans nos corps charmés d’un repo
2145lus faciles — pour infuser dans nos corps charmés d’un repos sans rêves une langueur dont on ne voudrait plus guérir… Mais
2146s faciles — pour infuser dans nos corps charmés d’un repos sans rêves une langueur dont on ne voudrait plus guérir… Mais n
2147user dans nos corps charmés d’un repos sans rêves une langueur dont on ne voudrait plus guérir… Mais nous voyons la ville d
2148debout dans ses lumières. Architectures ! langage des dieux, ô joies pour notre joie mesurées, courbes qu’épousent nos ferv
2149rbes qu’épousent nos ferveurs, angles purs, repos de l’esprit qui s’appuie sur son œuvre ! La sérénité de cette façade éle
2150l’esprit qui s’appuie sur son œuvre ! La sérénité de cette façade élevée lumineuse sur le ciel fut le signe d’un équilibre
2151 façade élevée lumineuse sur le ciel fut le signe d’un équilibre retrouvé. Un grand pont de fer, près de nous, érigeait l’
2152açade élevée lumineuse sur le ciel fut le signe d’un équilibre retrouvé. Un grand pont de fer, près de nous, érigeait l’im
2153sur le ciel fut le signe d’un équilibre retrouvé. Un grand pont de fer, près de nous, érigeait l’image de la lutte et des
2154t le signe d’un équilibre retrouvé. Un grand pont de fer, près de nous, érigeait l’image de la lutte et des forces humaine
2155grand pont de fer, près de nous, érigeait l’image de la lutte et des forces humaines, et rendait sous des coups un son qui
2156er, près de nous, érigeait l’image de la lutte et des forces humaines, et rendait sous des coups un son qui nous évoqua les
2157 la lutte et des forces humaines, et rendait sous des coups un son qui nous évoqua les rumeurs de villes d’usines. Il y ava
2158et des forces humaines, et rendait sous des coups un son qui nous évoqua les rumeurs de villes d’usines. Il y avait la vie
2159sous des coups un son qui nous évoqua les rumeurs de villes d’usines. Il y avait la vie des hommes pour demain, et il étai
2160oups un son qui nous évoqua les rumeurs de villes d’usines. Il y avait la vie des hommes pour demain, et il était beau d’y
2161les rumeurs de villes d’usines. Il y avait la vie des hommes pour demain, et il était beau d’y songer un peu avant de nous
2162t la vie des hommes pour demain, et il était beau d’y songer un peu avant de nous abandonner à l’oubli luxueux des rues. L
2163s hommes pour demain, et il était beau d’y songer un peu avant de nous abandonner à l’oubli luxueux des rues. Le long de l
2164un peu avant de nous abandonner à l’oubli luxueux des rues. Le long de l’Arno, les façades sont jaunes et roses près de l’e
2165es formes devinées dans l’espace nous environnent d’une obscure confiance. Livrons-nous aux jeux des hommes-qui-font-des-g
2166 formes devinées dans l’espace nous environnent d’une obscure confiance. Livrons-nous aux jeux des hommes-qui-font-des-gest
2167nt d’une obscure confiance. Livrons-nous aux jeux des hommes-qui-font-des-gestes. Les autos répètent sans fin les notes mêl
2168tes. Les autos répètent sans fin les notes mêlées d’une symphonie qui va peut-être composer tous les bruits de la ville en
2169s. Les autos répètent sans fin les notes mêlées d’une symphonie qui va peut-être composer tous les bruits de la ville en un
2170mphonie qui va peut-être composer tous les bruits de la ville en un chant immense. Il passe une possibilité de bonheur par
2171peut-être composer tous les bruits de la ville en un chant immense. Il passe une possibilité de bonheur par personne et le
2172 bruits de la ville en un chant immense. Il passe une possibilité de bonheur par personne et les devantures ne cherchent qu
2173lle en un chant immense. Il passe une possibilité de bonheur par personne et les devantures ne cherchent qu’à vous plaire.
2174t qu’à vous plaire. Chaque ruelle croisée propose un mystère qu’on oublie pour celui des regards étrangers. Et voici la pl
2175roisée propose un mystère qu’on oublie pour celui des regards étrangers. Et voici la place régulière, les galeries, les caf
2176 qui pleure délicieusement jusque dans les gestes des passantes. Sous cette agitation aimable et monotone nous allons voir
2177e et monotone nous allons voir courir l’arabesque des sentiments et le mouvement perpétuel de l’amour. Plaisir de se sentir
2178rabesque des sentiments et le mouvement perpétuel de l’amour. Plaisir de se sentir engagé dans un système d’ondes de force
2179nts et le mouvement perpétuel de l’amour. Plaisir de se sentir engagé dans un système d’ondes de forces qui tisse la nuit
2180tuel de l’amour. Plaisir de se sentir engagé dans un système d’ondes de forces qui tisse la nuit vibrante, intérêts, polit
2181mour. Plaisir de se sentir engagé dans un système d’ondes de forces qui tisse la nuit vibrante, intérêts, politesses, poli
2182aisir de se sentir engagé dans un système d’ondes de forces qui tisse la nuit vibrante, intérêts, politesses, politiques,
2183tiques, regards, musiques — cette vie rapide dans un décor qui est le rêve éternisé des plus voluptueuses intelligences —
2184vie rapide dans un décor qui est le rêve éternisé des plus voluptueuses intelligences — tous les tableaux dans le noir des
2185es intelligences — tous les tableaux dans le noir des musées ! — et si tu veux soudain le son grave de l’infini, pour être
2186des musées ! — et si tu veux soudain le son grave de l’infini, pour être seul parmi la foule, lève les yeux, au plus beau
37 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
2187 [p. 3] Avant-propos (décembre 1926) a Une mauvaise humeur qui flotte dans l’air nous proposerait de débuter par
2188ise humeur qui flotte dans l’air nous proposerait de débuter par l’inévitable discours sur les difficultés du temps, en gé
2189 celles en particulier qu’implique la publication de notre revue. Mais nous savons, tout comme M. Coué, que ce serait de m
2190is nous savons, tout comme M. Coué, que ce serait de mauvaise méthode. Et, comme M. Coué, nous nous persuadons que tout ir
2191jamais, nous semble-t-il, notre revue a sa raison d’être. La vie d’aujourd’hui, on le sait, nous oblige à nous affirmer ou
2192mble-t-il, notre revue a sa raison d’être. La vie d’aujourd’hui, on le sait, nous oblige à nous affirmer ou à refuser de n
2193le sait, nous oblige à nous affirmer ou à refuser de nous affirmer avec une netteté qui a pu paraître parfois quelque peu
2194 nous affirmer ou à refuser de nous affirmer avec une netteté qui a pu paraître parfois quelque peu impertinente. Le fait e
2195 que nous éprouvons irrésistiblement l’obligation d’être nous-mêmes. Et, disons-le tout de suite, c’est en cela uniquement
2196s n’est-ce pas la meilleure raison pour nos aînés de chercher plus patiemment encore à nous comprendre et de nous accorder
2197rcher plus patiemment encore à nous comprendre et de nous accorder une confiance sans laquelle nous ne saurions aller, et
2198ment encore à nous comprendre et de nous accorder une confiance sans laquelle nous ne saurions aller, et qui, nous [p. 4] v
2199ndons pas qu’on prenne toutes nos obscurités pour des profondeurs. Et nous n’allons pas procéder à quelque sensationnelle r
2200ns pas procéder à quelque sensationnelle révision des valeurs. Nous savons bien que nous ne faisons que passer, après tant
2201s, ce sont les jeunes qui passent… » Pas question de les saluer ni d’emboîter le pas, mais seulement de retenir sa place a
2202unes qui passent… » Pas question de les saluer ni d’emboîter le pas, mais seulement de retenir sa place au spectacle qu’il
2203e les saluer ni d’emboîter le pas, mais seulement de retenir sa place au spectacle qu’ils offrent et de les considérer ave
2204e retenir sa place au spectacle qu’ils offrent et de les considérer avec sympathie. Il est bien facile de s’écrier : « Apr
2205les considérer avec sympathie. Il est bien facile de s’écrier : « Après moi, le déluge ! », et de se détourner de ce qu’on
2206cile de s’écrier : « Après moi, le déluge ! », et de se détourner de ce qu’on a coutume d’appeler notre « désordre ». Mais
2207 : « Après moi, le déluge ! », et de se détourner de ce qu’on a coutume d’appeler notre « désordre ». Mais on est toujours
2208uge ! », et de se détourner de ce qu’on a coutume d’appeler notre « désordre ». Mais on est toujours le fils de quelqu’un…
2209 notre « désordre ». Mais on est toujours le fils de quelqu’un… Et, peut-être, la considération du « déluge » peut-elle fa
2210ses…   Nous ne proposerons pas, lecteur bénévole, un exercice mensuel à votre faculté d’indulgence. Par contre, nous nous
2211eur bénévole, un exercice mensuel à votre faculté d’indulgence. Par contre, nous nous empressons de vous laisser le soin d
2212té d’indulgence. Par contre, nous nous empressons de vous laisser le soin de juger si nous avons de quoi faire les modeste
2213tre, nous nous empressons de vous laisser le soin de juger si nous avons de quoi faire les modestes…   Être nous-mêmes, av
2214ns de vous laisser le soin de juger si nous avons de quoi faire les modestes…   Être nous-mêmes, avons-nous dit, c’est à l
2215use en publiant cette revue. Nous ne sommes pas « une revue littéraire de plus » ; nous ne voulons pas être « l’expression
2216 plus » ; nous ne voulons pas être « l’expression de la jeunesse romande ». Nous sommes autre chose. [p. 5] (Belles-Lettre
2217 plus qu’on puisse dire, c’est que vous le saurez un peu mieux quand vous aurez lu nos huit numéros. Il faut que notre rev
2218 indéfinissable, comme toute chose vivante… Gerbe de fleurs disparates, aux tiges divergentes, mais qu’un ruban rouge et v
2219fleurs disparates, aux tiges divergentes, mais qu’un ruban rouge et vert lie par la grâce d’une volonté sans doute divine…
2220, mais qu’un ruban rouge et vert lie par la grâce d’une volonté sans doute divine… p. 3 a. « Avant-propos », Revue de
2221mais qu’un ruban rouge et vert lie par la grâce d’une volonté sans doute divine… p. 3 a. « Avant-propos », Revue de Be
38 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
2222 [p. 13] Paradoxe de la sincérité (décembre 1926) b Nous voyons un mythe prendre corps p
2223e de la sincérité (décembre 1926) b Nous voyons un mythe prendre corps parmi les ruines de ce temps. Il fallait bien tir
2224us voyons un mythe prendre corps parmi les ruines de ce temps. Il fallait bien tirer quelque vertu d’une anarchie dont on
2225 de ce temps. Il fallait bien tirer quelque vertu d’une anarchie dont on ne veut pas avouer qu’elle est plus nécessaire —
2226e ce temps. Il fallait bien tirer quelque vertu d’une anarchie dont on ne veut pas avouer qu’elle est plus nécessaire — pro
2227us trompant nous-mêmes, sous le prétexte toujours de probité intellectuelle ou de courage moral, nous avons élevé à la hau
2228le prétexte toujours de probité intellectuelle ou de courage moral, nous avons élevé à la hauteur d’une vertu première — e
2229u de courage moral, nous avons élevé à la hauteur d’une vertu première — et qui légitime tous les dénis de morale à quoi n
2230de courage moral, nous avons élevé à la hauteur d’une vertu première — et qui légitime tous les dénis de morale à quoi nous
2231e vertu première — et qui légitime tous les dénis de morale à quoi nous obligeaient en réalité on sait quel dégoût, et cer
2232n réalité on sait quel dégoût, et certains désirs de grabuge moins avouables, — la sincérité, masque fier et un peu doulou
2233e moins avouables, — la sincérité, masque fier et un peu douloureux des défaitismes les plus subtils comme des plus pures
2234 — la sincérité, masque fier et un peu douloureux des défaitismes les plus subtils comme des plus pures et loyales inquiétu
2235douloureux des défaitismes les plus subtils comme des plus pures et loyales inquiétudes. Sincérité, le mal du siècle. Tout
2236ale : tant qu’à la fin la notion [p. 14] concrète de sincérité s’évanouit en mille définitions tendancieuses et contradict
2237e ; envers votre idéal ou envers les fluctuations de votre moi ? Votre sincérité est-elle consentement immédiat à toute im
2238me telle qu’elle est » (Rivière), ou encore refus de choisir, volonté de tout conserver en soi ? Ou bien une attitude en q
2239 » (Rivière), ou encore refus de choisir, volonté de tout conserver en soi ? Ou bien une attitude en quelque sorte scienti
2240oisir, volonté de tout conserver en soi ? Ou bien une attitude en quelque sorte scientifique, à la fois curieuse et désinté
2241cientifique, à la fois curieuse et désintéressée, de naturaliste de l’âme ? Heureusement que M. Brémond ne s’est pas encor
2242la fois curieuse et désintéressée, de naturaliste de l’âme ? Heureusement que M. Brémond ne s’est pas encore mêlé de l’aff
2243reusement que M. Brémond ne s’est pas encore mêlé de l’affaire. Au reste, on n’a pas attendu les éclaircissements du subti
2244bé pour n’y plus rien comprendre. ⁂ Qu’on imagine un personnage de tableau se mettre à décrire ce qu’il voit autour de lui
2245us rien comprendre. ⁂ Qu’on imagine un personnage de tableau se mettre à décrire ce qu’il voit autour de lui — et l’étonne
2246ectateur. Pour parler avec un peu de clairvoyance de ce dont nous avons vécu jusqu’à tel jour de notre jeunesse, il faudra
2247yance de ce dont nous avons vécu jusqu’à tel jour de notre jeunesse, il faudrait pouvoir sauter hors de soi. Seule, une mé
2248e, il faudrait pouvoir sauter hors de soi. Seule, une méthode d’observation et de déduction passablement sèche pourrait nou
2249it pouvoir sauter hors de soi. Seule, une méthode d’observation et de déduction passablement sèche pourrait nous donner l’
2250 hors de soi. Seule, une méthode d’observation et de déduction passablement sèche pourrait nous donner l’illusion et peut-
2251donner l’illusion et peut-être certains bénéfices de cette opération idéale. En même temps, la froideur d’une telle méthod
2252ette opération idéale. En même temps, la froideur d’une telle méthode atténuerait dans une certaine mesure — parce que néc
2253te opération idéale. En même temps, la froideur d’une telle méthode atténuerait dans une certaine mesure — parce que nécess
2254aine mesure — parce que nécessaire — ce qu’il y a de déplaisant dans l’effort d’un esprit pour se dégager de confusions au
2255ssaire — ce qu’il y a de déplaisant dans l’effort d’un esprit pour se dégager de confusions aussi perfides et si profondém
2256aire — ce qu’il y a de déplaisant dans l’effort d’un esprit pour se dégager de confusions aussi perfides et si profondémen
2257laisant dans l’effort d’un esprit pour se dégager de confusions aussi perfides et si profondément mêlées à ses plus chères
2258ères sont aussi les moins calculés », écrit Gide. D’où l’on peut tirer par une sorte de passage à la limite que les faits
2259 calculés », écrit Gide. D’où l’on peut tirer par une sorte de passage à la limite que les faits justifient : sincérité = s
2260», écrit Gide. D’où l’on peut tirer par une sorte de passage à la limite que les faits justifient : sincérité = spontanéit
2261 sincérité spontanée, vertu moderne en qui renaît un mythe rousseauiste, inspire, explique un vaste domaine de la littérat
2262i renaît un mythe rousseauiste, inspire, explique un vaste domaine de la littérature contemporaine. Cette sorte-là de sinc
2263 rousseauiste, inspire, explique un vaste domaine de la littérature contemporaine. Cette sorte-là de sincérité, on la nomm
2264e de la littérature contemporaine. Cette sorte-là de sincérité, on la nomme gratuité. Lafcadio poussant Fleurissoire « pou
2265fait est que ce geste symbolique a déclenché tout un mouvement littéraire, celui-là même qui aboutit naguère au surréalism
2266ui aboutit naguère au surréalisme. Tous les héros de roman se sont mis à gesticuler « gratuitement ». Et les critiques d’a
2267iculer « gratuitement ». Et les critiques d’abord de s’indigner. Aujourd’hui, on les voit assez enchantés de l’affaire : «
2268ndigner. Aujourd’hui, on les voit assez enchantés de l’affaire : « Gratuit ! » déclarent-ils chaque fois qu’ils ne compren
2269audrait s’entendre. Et, ici encore, prenons garde de confondre le plan littéraire avec le plan moral. Telle action peut pa
2270e personnage. Mais quant à l’auteur, il n’y a pas de gratuité. Le geste le plus incongru du héros n’est jamais que le résu
2271us incongru du héros n’est jamais que le résultat d’un mécanisme inconscient, aussi révélateur du personnage que ses actio
2272 incongru du héros n’est jamais que le résultat d’un mécanisme inconscient, aussi révélateur du personnage que ses actions
2273concertées. Rien n’est gratuit que relativement à un système restreint de références. [p. 16] Il résulte de semblables co
2274t gratuit que relativement à un système restreint de références. [p. 16] Il résulte de semblables considérations, dans le
2275tème restreint de références. [p. 16] Il résulte de semblables considérations, dans le domaine de la morale, que le meill
2276lte de semblables considérations, dans le domaine de la morale, que le meilleur moyen de se livrer à ses déterminants, c’e
2277ns le domaine de la morale, que le meilleur moyen de se livrer à ses déterminants, c’est de mener la vie gratuite que récl
2278leur moyen de se livrer à ses déterminants, c’est de mener la vie gratuite que réclament les surréalistes. Le contraire de
2279uite que réclament les surréalistes. Le contraire de la liberté. D’autre part, on veut donner à l’acte gratuit une valeur
2280té. D’autre part, on veut donner à l’acte gratuit une valeur morale en disant qu’il révèle ce qu’il y a de plus secret dans
2281 a de plus secret dans la personnalité. Ce serait un moyen de connaissance plus intégrale de soi. Mais pour être moins pit
2282s secret dans la personnalité. Ce serait un moyen de connaissance plus intégrale de soi. Mais pour être moins pittoresque
2283Ce serait un moyen de connaissance plus intégrale de soi. Mais pour être moins pittoresque et plus « entachée d’utilitaris
2284is pour être moins pittoresque et plus « entachée d’utilitarisme », la décision réfléchie, aussi peu gratuite que possible
2285ision réfléchie, aussi peu gratuite que possible, d’un Julien Sorel, est-elle moins révélatrice du fond de l’âme humaine ?
2286ion réfléchie, aussi peu gratuite que possible, d’un Julien Sorel, est-elle moins révélatrice du fond de l’âme humaine ? Q
2287e du fond de l’âme humaine ? Que si l’on s’étonne de me voir donner ici la préférence à l’acte volontaire, ou mieux : inté
2288suffisamment son rôle en se bornant à nous donner de nous-mêmes une connaissance plus intense et plus émouvante ; mais la
2289on rôle en se bornant à nous donner de nous-mêmes une connaissance plus intense et plus émouvante ; mais la morale, plutôt
2290se et plus émouvante ; mais la morale, plutôt que de nous constater, doit nous construire — selon le mode le plus libre, l
2291r exemple. — Je m’assieds à mon bureau, je prends une feuille blanche, je vais écrire ce que je trouve en moi (sentiments,
2292tions, obscurités, etc.). Supposons que j’éprouve un désir d’action vive, un élan vers certain but précis. [p. 17] Ou bie
2293scurités, etc.). Supposons que j’éprouve un désir d’action vive, un élan vers certain but précis. [p. 17] Ou bien j’aurai
2294. Supposons que j’éprouve un désir d’action vive, un élan vers certain but précis. [p. 17] Ou bien j’aurais juste le temp
2295 précis. [p. 17] Ou bien j’aurais juste le temps de le noter avant de partir. Ou bien je me mettrai à l’analyser plus lon
2296ent. Mais alors je le fausse, puisque je le prive de la puissance de se délivrer en gestes, en conséquences matérielles. C
2297je le fausse, puisque je le prive de la puissance de se délivrer en gestes, en conséquences matérielles. Ce n’est plus l’é
2298s. Ce n’est plus l’élan pur que je décris : c’est un élan freiné dans mon esprit, c’est le frein lui-même, bientôt — par u
2299on esprit, c’est le frein lui-même, bientôt — par un mouvement normal de l’attention — et fatalement c’est à la découverte
2300frein lui-même, bientôt — par un mouvement normal de l’attention — et fatalement c’est à la découverte d’une faiblesse que
2301l’attention — et fatalement c’est à la découverte d’une faiblesse que j’aboutis : ce quelque chose qui m’a retenu d’accomp
2302attention — et fatalement c’est à la découverte d’une faiblesse que j’aboutis : ce quelque chose qui m’a retenu d’accomplir
2303e que j’aboutis : ce quelque chose qui m’a retenu d’accomplir ce que l’élan appelait.   Second exemple. — J’éprouve le be
2304ppelait.   Second exemple. — J’éprouve le besoin de faire le point : à quoi en suis-je, qui suis-je ? Je revois des actes
2305oint : à quoi en suis-je, qui suis-je ? Je revois des actes accomplis, je revis plus ou moins fortement des sentiments que
2306actes accomplis, je revis plus ou moins fortement des sentiments que je crois avoir éprouvés à tel moment de mon passé. Par
2307ntiments que je crois avoir éprouvés à tel moment de mon passé. Parfois — rarement —, je parviens à me souvenir de certain
2308. Parfois — rarement —, je parviens à me souvenir de certaines sensations profondes et indéfinies (telle sensation physiqu
2309profondes et indéfinies (telle sensation physique de bonheur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles
2310finies (telle sensation physique de bonheur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles étoilent le brouil
2311ue de bonheur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles étoilent le brouillard, les visages se cachent d
2312ur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles étoilent le brouillard, les visages se cachent dans des fo
2313oilent le brouillard, les visages se cachent dans des fourrures, personne ne sait la richesse de ta vie…). J’écris ces chos
2314 dans des fourrures, personne ne sait la richesse de ta vie…). J’écris ces choses. Puis, dans un ancien carnet de notes, j
2315hesse de ta vie…). J’écris ces choses. Puis, dans un ancien carnet de notes, je retrouve un être si différent. Les gestes
2316. J’écris ces choses. Puis, dans un ancien carnet de notes, je retrouve un être si différent. Les gestes et les sentiments
2317Puis, dans un ancien carnet de notes, je retrouve un être si différent. Les gestes et les sentiments qui se proposaient à
2318oposaient à mon souvenir ont été passés au crible de la minute où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’une image
2319te où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’une image plus précise, cette minute est baignée d’une lueur de triste
2320 où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’une image plus précise, cette minute est baignée d’une lueur de tristesse
2321’une image plus précise, cette minute est baignée d’une lueur de tristesse ou de sérénité qui métamorphose le paysage du p
2322ne image plus précise, cette minute est baignée d’une lueur de tristesse ou de sérénité qui métamorphose le paysage du pass
2323lus précise, cette minute est baignée d’une lueur de tristesse ou de sérénité qui métamorphose le paysage du passé. Ainsi
2324te minute est baignée d’une lueur de tristesse ou de sérénité qui métamorphose le paysage du passé. Ainsi de certains déco
2325énité qui métamorphose le paysage du passé. Ainsi de certains décors modernes : vous changez l’éclairage, et la chaumière
2326ion : ce daltonisme du souvenir. [p. 18] Si l’un de ces deux procédés peut m’apprendre quelque chose, c’est bien le secon
2327e quelque chose, c’est bien le second. La qualité des souvenirs qu’il me livre me renseigne assez exactement, non sur mon p
2328ait atteindre « la vérité sur soi » en se servant de la méthode indiquée dans le premier exemple. C’est un cas limite, j’e
2329a méthode indiquée dans le premier exemple. C’est un cas limite, j’en conviens. Pourtant, n’est-ce pas le schéma de tout u
2330, j’en conviens. Pourtant, n’est-ce pas le schéma de tout un genre littéraire moderne, cette espèce de confession romancée
2331onviens. Pourtant, n’est-ce pas le schéma de tout un genre littéraire moderne, cette espèce de confession romancée dont le
2332de tout un genre littéraire moderne, cette espèce de confession romancée dont les livres de Bopp, d’Arland, de Soupault et
2333tte espèce de confession romancée dont les livres de Bopp, d’Arland, de Soupault et surtout de René Crevel ont donné les e
2334e de confession romancée dont les livres de Bopp, d’Arland, de Soupault et surtout de René Crevel ont donné les exemples l
2335ssion romancée dont les livres de Bopp, d’Arland, de Soupault et surtout de René Crevel ont donné les exemples les plus ré
2336 livres de Bopp, d’Arland, de Soupault et surtout de René Crevel ont donné les exemples les plus récents et significatifs 
2337us ces livres évoquent assez précisément la forme d’un entonnoir. La vie serait le liquide tourbillonnant à l’intérieur. U
2338 ces livres évoquent assez précisément la forme d’un entonnoir. La vie serait le liquide tourbillonnant à l’intérieur. Un
2339e serait le liquide tourbillonnant à l’intérieur. Un arrêt (l’auteur se met à se regarder vivre, le personnage à douter du
2340se regarder vivre, le personnage à douter du sens de sa vie) et les forces centripètes l’emportent peu à peu, une aspirati
2341 et les forces centripètes l’emportent peu à peu, une aspiration vers le bas produit une agitation accélérée et folle, puis
2342ent peu à peu, une aspiration vers le bas produit une agitation accélérée et folle, puis tout finit dans un râle, brusqueme
2343gitation accélérée et folle, puis tout finit dans un râle, brusquement c’est le vide. Centre de soi, l’aspiration du néant
2344t dans un râle, brusquement c’est le vide. Centre de soi, l’aspiration du néant. J’ai revu à l’envers le film de mon passé
2345aspiration du néant. J’ai revu à l’envers le film de mon passé : ce qui était élan devient recul, et l’évocation de mes dé
2346: ce qui était élan devient recul, et l’évocation de mes désirs anciens ne me restitue qu’un dégoût. J’ai cru que je pourr
2347évocation de mes désirs anciens ne me restitue qu’un dégoût. J’ai cru que je pourrais me regarder sans rien toucher en moi
2348e n’assiste pas à moi-même, mais à la destruction de moi-même. Par les fissures, un instant, j’ai pu soupçonner des profon
2349s à la destruction de moi-même. Par les fissures, un instant, j’ai pu soupçonner des profondeurs; mais déjà c’est le chaos
2350 Par les fissures, un instant, j’ai pu soupçonner des profondeurs; mais déjà c’est le chaos. Mon corps et moi, le livre si
2351le chaos. Mon corps et moi, le livre si poignant de René Crevel, est la démonstration la plus cynique que je connaisse de
2352la démonstration la plus cynique que je connaisse de ces ravages du sincérisme. Dans la solitude qu’il s’acharne à [p. 19]
2353ofondir — il était venu y chercher quelque raison de vivre, il voulait se voir le plus purement (« cette curiosité donnée
2354s purement (« cette curiosité donnée comme raison d’une perpétuelle attente »), — ce que l’auteur découvre c’est ce « merv
2355purement (« cette curiosité donnée comme raison d’une perpétuelle attente »), — ce que l’auteur découvre c’est ce « merveil
2356uteur découvre c’est ce « merveilleux contraire » de l’élan vital qu’il nomme élan mortel — générateur de l’incurable tris
2357l’élan vital qu’il nomme élan mortel — générateur de l’incurable tristesse qui rôde dans certaine littérature d’aujourd’hu
2358able tristesse qui rôde dans certaine littérature d’aujourd’hui. J’ai dit : ravages du sincérisme. C’est plus exactement f
2359plus exactement faillite qu’il faudrait. Faillite de toute introspection, en littérature et en morale. Impossibilité de fa
2360ction, en littérature et en morale. Impossibilité de faire mon autoportrait moral : je bouge tout le temps. Danger de fair
2361toportrait moral : je bouge tout le temps. Danger de faire mon autoportrait moral : je me compose plus laid que nature. Fa
2362e suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il imagine d’éprouver. » Non. Car à supposer que l’analyse nous crée, elle ne nous
2363dentes). Rivière définissait la sincérité comme « un perpétuel effort pour créer son âme telle qu’elle est ». Il voyait da
2364 est ». Il voyait dans cet effort sur soi le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu mais avant tout u
2365st ». Il voyait dans cet effort sur soi le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu mais avant tout un
2366s cet effort sur soi le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaît
2367cet effort sur soi le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaître.
2368 le gage d’un enrichissement, d’une consolidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaître. Cependant, n’est
2369d’une consolidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaître. Cependant, n’est-ce pas lui-même qui ajoutait
2370solidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaître. Cependant, n’est-ce pas lui-même qui ajoutait que l’hom
2371ncère « en vient à ne plus pouvoir même souhaiter d’être différent », ce qui est la négation de tout progrès moral. De la
2372haiter d’être différent », ce qui est la négation de tout progrès moral. De la sincérité envisagée comme moyen de connaiss
2373 », ce qui est la négation de tout progrès moral. De la sincérité envisagée comme moyen de connaissance, le cas extrême d’
2374grès moral. De la sincérité envisagée comme moyen de connaissance, le cas extrême d’un Crevel nous montre assez ce qu’il f
2375sagée comme moyen de connaissance, le cas extrême d’un Crevel nous montre assez ce qu’il faut [p. 20] penser 2 . Il ne s’e
2376gée comme moyen de connaissance, le cas extrême d’un Crevel nous montre assez ce qu’il faut [p. 20] penser 2 . Il ne s’en
2377 penser 2 . Il ne s’en suit pas que contenue dans des limites assez étroites empiriquement fournies par le sens de son inté
2378assez étroites empiriquement fournies par le sens de son intérêt propre, une analyse sincère ne puisse faire découvrir que
2379ement fournies par le sens de son intérêt propre, une analyse sincère ne puisse faire découvrir quelques richesses et ne se
2380 découvrir quelques richesses et ne serve parfois de contrôle efficace. Mais les bénéfices sont maigres en regard des dang
2381ficace. Mais les bénéfices sont maigres en regard des dangers que la sincérité du noli me tangere fait courir, tant dans le
2382r, tant dans le domaine littéraire que dans celui de l’action. En littérature : refus de construire, de composer ; impuiss
2383ue dans celui de l’action. En littérature : refus de construire, de composer ; impuissance à inventer. Car inventer, c’est
2384e l’action. En littérature : refus de construire, de composer ; impuissance à inventer. Car inventer, c’est se porter à l’
2385 Car inventer, c’est se porter à l’extrême pointe de soi, et, d’un élan, se dépasser ; c’est créer une différence. Pourquo
2386r, c’est se porter à l’extrême pointe de soi, et, d’un élan, se dépasser ; c’est créer une différence. Pourquoi les romanc
2387 c’est se porter à l’extrême pointe de soi, et, d’un élan, se dépasser ; c’est créer une différence. Pourquoi les romancie
2388 de soi, et, d’un élan, se dépasser ; c’est créer une différence. Pourquoi les romanciers modernes ont-ils tant de mal à cr
2389s romanciers modernes ont-ils tant de mal à créer des personnages ? C’est parce qu’une sorte de sincérité les retient d’imp
2390t de mal à créer des personnages ? C’est parce qu’une sorte de sincérité les retient d’imposer aux héros ce rythme volontai
2391 créer des personnages ? C’est parce qu’une sorte de sincérité les retient d’imposer aux héros ce rythme volontaire par le
2392C’est parce qu’une sorte de sincérité les retient d’imposer aux héros ce rythme volontaire par lequel un Balzac les fait v
2393imposer aux héros ce rythme volontaire par lequel un Balzac les fait vivre. Ce serait fausser quelque chose à leurs yeux.
2394serait fausser quelque chose à leurs yeux. Le cas des Faux-Monnayeurs le montre clairement. En morale : défaitisme quand il
2395lairement. En morale : défaitisme quand il s’agit de gestes qui pourraient entraîner des effets imprévisibles, « réalisme 
2396uand il s’agit de gestes qui pourraient entraîner des effets imprévisibles, « réalisme » décourageant, et, bientôt, incapac
2397 réalisme » décourageant, et, bientôt, incapacité d’agir efficacement. (Il faut, pour sauter, une confiance dans l’élan qu
2398acité d’agir efficacement. (Il faut, pour sauter, une confiance dans l’élan qui échappe à toute analyse préalable et sans q
2399paraît impossible, absurde.) Enfin, désagrégation de la personnalité, car l’analyse la plus savante, comme l’a fort bien d
2400u moi, moins le principe unificateur ». [p. 21] De quelques sophismes libérateurs La fonction de l’homme est aussi bien
24011] De quelques sophismes libérateurs La fonction de l’homme est aussi bien de croire que de constater. F. Raub. La sinc
2402ibérateurs La fonction de l’homme est aussi bien de croire que de constater. F. Raub. La sincérité obstinée d’un Rivièr
2403 fonction de l’homme est aussi bien de croire que de constater. F. Raub. La sincérité obstinée d’un Rivière n’a plus rie
2404ue de constater. F. Raub. La sincérité obstinée d’un Rivière n’a plus rien de spontané. En quoi est-ce encore de la sinc
2405 de constater. F. Raub. La sincérité obstinée d’un Rivière n’a plus rien de spontané. En quoi est-ce encore de la sincér
2406 La sincérité obstinée d’un Rivière n’a plus rien de spontané. En quoi est-ce encore de la sincérité ? Trop sincère, pas s
2407 n’a plus rien de spontané. En quoi est-ce encore de la sincérité ? Trop sincère, pas sincère. Ou bien si l’on prétend que
2408la sincérité est la recherche, puis l’acceptation de toute tendance du moi, je réponds que le mensonge est sincère aussi,
2409mensonge est sincère aussi, qui révèle mon besoin de mentir. Il devient dès lors impossible de faire rien qui ne soit sinc
2410 besoin de mentir. Il devient dès lors impossible de faire rien qui ne soit sincère. Peut-on véritablement se mentir à soi
2411pour qu’ils vous aident 3 — mais jamais au point d’oublier la vérité qu’on désirait qu’ils cachent pour un moment. « L’ar
2412lier la vérité qu’on désirait qu’ils cachent pour un moment. « L’art est un mensonge, mais un bon artiste n’est pas menteu
2413sirait qu’ils cachent pour un moment. « L’art est un mensonge, mais un bon artiste n’est pas menteur », dit Max Jacob. « Ê
2414ent pour un moment. « L’art est un mensonge, mais un bon artiste n’est pas menteur », dit Max Jacob. « Être sincère, c’est
2415ire à la vie, n’est-ce pas être sincère aussi que de s’y prêter ? Or, il vous tire aussitôt de l’indétermination violente
2416ssi que de s’y prêter ? Or, il vous tire aussitôt de l’indétermination violente qu’est la sincérité selon Rivière. La sinc
2417ans le vide qu’exige toute foi ; c’est la volonté de sincérité, c’est-à-dire une sincérité tournée au vice, invertie, qui
2418foi ; c’est la volonté de sincérité, c’est-à-dire une sincérité tournée au vice, invertie, qui retient de l’oser. [p. 22]
2419 sincérité tournée au vice, invertie, qui retient de l’oser. [p. 22] Petite anthologie ou que le « style » est de l’homm
2420[p. 22] Petite anthologie ou que le « style » est de l’homme même J’en étais à peu près à ce point de mes notes — à ce poi
2421 de l’homme même J’en étais à peu près à ce point de mes notes — à ce point de mon dégoût pour ce que beaucoup continuaien
39 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
2422 [p. 123] Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927) ab « Je n’admets pas qu’on reprenne mes parole
2423s, qu’on me les oppose. Ce ne sont pas les termes d’un traité de paix. Entre moi et vous, c’est la guerre. » Voilà pour le
2424 qu’on me les oppose. Ce ne sont pas les termes d’un traité de paix. Entre moi et vous, c’est la guerre. » Voilà pour les
2425les oppose. Ce ne sont pas les termes d’un traité de paix. Entre moi et vous, c’est la guerre. » Voilà pour les critiques,
2426ur temps à recenser les incohérences pittoresques de ce petit livre. Quant à ceux que certaines envolées magnifiques et ha
2427nthousiasmer il leur réserve mieux encore : après une kyrielle d’injures qui ne font pas honneur à l’imagination d’autres f
2428il leur réserve mieux encore : après une kyrielle d’injures qui ne font pas honneur à l’imagination d’autres fois si prest
2429 paraphrasent ce que je dis ». Il y a chez Aragon une folie de la persécution, qui se cherche partout des prétextes, et une
2430ent ce que je dis ». Il y a chez Aragon une folie de la persécution, qui se cherche partout des prétextes, et une passion
2431e folie de la persécution, qui se cherche partout des prétextes, et une passion farouche pour la liberté, qui font de cet o
2432écution, qui se cherche partout des prétextes, et une passion farouche pour la liberté, qui font de cet ombrageux personnag
2433et une passion farouche pour la liberté, qui font de cet ombrageux personnage une manière de Rousseau surréaliste. Devant
2434 la liberté, qui font de cet ombrageux personnage une manière de Rousseau surréaliste. Devant cette ostentation de révolte,
2435 qui font de cet ombrageux personnage une manière de Rousseau surréaliste. Devant cette ostentation de révolte, ce mélange
2436de Rousseau surréaliste. Devant cette ostentation de révolte, ce mélange de fanfaronnade et d’intense désespoir, on songe
2437. Devant cette ostentation de révolte, ce mélange de fanfaronnade et d’intense désespoir, on songe au Frank de La Coupe et
2438ntation de révolte, ce mélange de fanfaronnade et d’intense désespoir, on songe au Frank de La Coupe et les Lèvres, à qui
2439ses compagnons criaient : « Te fais-tu le bouffon de ta propre détresse ? » Tant d’insistance dans le mauvais goût ne m’em
2440fais-tu le bouffon de ta propre détresse ? » Tant d’insistance dans le mauvais goût ne m’empêchera pas de le dire, Aragon
2441nsistance dans le mauvais goût ne m’empêchera pas de le dire, Aragon possède le tempérament le plus hardi et le plus origi
2442 le tempérament le plus hardi et le plus original de la jeune littérature française. Il le proclame « J’appartiens à la gr
2443e. Il le proclame « J’appartiens à la grande race des torrents ». Génie inégal s’il en fut, voici parmi trop de talents int
2444nts ». Génie inégal s’il en fut, voici parmi trop de talents intéressants, un écrivain qui s’impose avec des qualités et d
2445en fut, voici parmi trop de talents intéressants, un écrivain qui s’impose avec des qualités et des défauts pareillement é
2446lents intéressants, un écrivain qui s’impose avec des qualités et des défauts pareillement énormes. Il faut remonter loin d
2447ts, un écrivain qui s’impose avec des qualités et des défauts pareillement énormes. Il faut remonter loin dans notre littér
2448tre littérature pour trouver semblable domination de la langue. Et parmi les modernes, il bat tous les records de l’image,
2449e. Et parmi les modernes, il bat tous les records de l’image, ce qui nous vaut avec des bizarreries fatigantes et quelques
2450ous les records de l’image, ce qui nous vaut avec des bizarreries fatigantes et quelques sombres délires, des pages d’un ly
2451zarreries fatigantes et quelques sombres délires, des pages d’un lyrisme inouï. Que Louis Aragon ne se croie pas tenu de ju
2452fatigantes et quelques sombres délires, des pages d’un lyrisme inouï. Que Louis Aragon ne se croie pas tenu de justifier s
2453tigantes et quelques sombres délires, des pages d’un lyrisme inouï. Que Louis Aragon ne se croie pas tenu de justifier ses
2454isme inouï. Que Louis Aragon ne se croie pas tenu de justifier ses visions par le moyen d’une métaphysique aussi prétentie
2455ie pas tenu de justifier ses visions par le moyen d’une métaphysique aussi prétentieuse qu’incertaine. Son affaire, c’est
2456 pas tenu de justifier ses visions par le moyen d’une métaphysique aussi prétentieuse qu’incertaine. Son affaire, c’est l’a
2457ir vaste et profond comme l’époque. « Voulez-vous des douleurs, la mort ou des chansons ? » On a l’hallucination du décor d
2458 l’époque. « Voulez-vous des douleurs, la mort ou des chansons ? » On a l’hallucination du décor des capitales, créatrice d
2459ou des chansons ? » On a l’hallucination du décor des capitales, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une vérita
2460l’hallucination du décor des capitales, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une véritable « mythologie moderne
2461hallucination du décor des capitales, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une véritable « mythologie moderne »
2462u décor des capitales, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une véritable « mythologie moderne ». Le Paysan de
2463es, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une véritable « mythologie moderne ». Le Paysan de Paris est une suite
2464, créatrice d’un merveilleux de chaque instant, d’une véritable « mythologie moderne ». Le Paysan de Paris est une suite de
2465d’une véritable « mythologie moderne ». Le Paysan de Paris est une suite de promenades dont la composition n’est pas sans
2466le « mythologie moderne ». Le Paysan de Paris est une suite de promenades dont la composition n’est pas sans rappeler celle
2467logie moderne ». Le Paysan de Paris est une suite de promenades dont la composition n’est pas sans rappeler celle des Nuit
2468dont la composition n’est pas sans rappeler celle des Nuits d’Octobre de Nerval ; forme qui permet à l’auteur de divaguer d
2469mposition n’est pas sans rappeler celle des Nuits d’Octobre de Nerval ; forme qui permet à l’auteur de divaguer de la phil
2470d’Octobre de Nerval ; forme qui permet à l’auteur de divaguer de la philosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par
2471 Nerval ; forme qui permet à l’auteur de divaguer de la philosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par la descript
2472n passant par la description réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le
2473passant par la description réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le mei
2474r la description réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur liv
2475ription réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur livre de l’a
2476ption réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur livre de l’aute
2477ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur livre de l’auteur d’Anicet. C
2478 imaginée d’une boîte de nuit, d’une devanture, d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur livre de l’auteur d’Anicet. C’e
2479 d’un parc public. Ce n’est pas le meilleur livre de l’auteur d’Anicet. C’est pourtant [p. 124] un des plus significatifs
2480ublic. Ce n’est pas le meilleur livre de l’auteur d’Anicet. C’est pourtant [p. 124] un des plus significatifs du romantism
2481vre de l’auteur d’Anicet. C’est pourtant [p. 124] un des plus significatifs du romantisme nouveau. J’ai nommé Rousseau, Ne
2482 de l’auteur d’Anicet. C’est pourtant [p. 124] un des plus significatifs du romantisme nouveau. J’ai nommé Rousseau, Nerval
2483. J’ai nommé Rousseau, Nerval Musset : mais voyez un Rousseau sans tendresse, un Nerval sans pudeur, un Musset ivre non pl
2484l Musset : mais voyez un Rousseau sans tendresse, un Nerval sans pudeur, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’
2485n Rousseau sans tendresse, un Nerval sans pudeur, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démon
2486e, un Nerval sans pudeur, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-être
2487erval sans pudeur, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-être mortell
2488r, un Musset ivre non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-être mortelles. p. 123
2489 non plus de vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-être mortelles. p. 123 ab. « Louis Arago
2490e vin de France, mais d’alcools pleins de démons, de drogues peut-être mortelles. p. 123 ab. « Louis Aragon : Le Pays
40 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
2491ladère (février 1927) ac « Quel admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjuga
2492ujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la décristallisation progressive et récip
2493, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la décristallisation progressive et réciproque des con
2494e, la décristallisation progressive et réciproque des conjoints. » On sait que Beyle appelait cristallisation une fièvre d’
2495nts. » On sait que Beyle appelait cristallisation une fièvre d’imagination qui orne de beautés illusoires l’objet de l’amou
2496ait que Beyle appelait cristallisation une fièvre d’imagination qui orne de beautés illusoires l’objet de l’amour. Mais le
2497cristallisation une fièvre d’imagination qui orne de beautés illusoires l’objet de l’amour. Mais les jeunes gens de ce tem
2498magination qui orne de beautés illusoires l’objet de l’amour. Mais les jeunes gens de ce temps ne cultivent point cette fi
2499lusoires l’objet de l’amour. Mais les jeunes gens de ce temps ne cultivent point cette fièvre. Et comme la morale ne sait
2500vre. Et comme la morale ne sait plus leur imposer de feindre encore ce que le cœur ne ressent plus, il suffit de quelques
2501 encore ce que le cœur ne ressent plus, il suffit de quelques mois aux jeunes époux de la Maladère pour se déprendre de le
2502plus, il suffit de quelques mois aux jeunes époux de la Maladère pour se déprendre de leurs rêves. Un malentendu grandit e
2503aux jeunes époux de la Maladère pour se déprendre de leurs rêves. Un malentendu grandit entre eux dans leur isolement, ine
2504 de la Maladère pour se déprendre de leurs rêves. Un malentendu grandit entre eux dans leur isolement, inexplicable et mal
2505solement, inexplicable et mal avoué. L’on songe à une fatalité intérieure qui les ferait se meurtrir l’un l’autre. Pourtant
2506un l’autre. Pourtant, jusqu’au bout, il semble qu’un mot, un geste décisif, ou certaine amitié de la saison suffirait à di
2507re. Pourtant, jusqu’au bout, il semble qu’un mot, un geste décisif, ou certaine amitié de la saison suffirait à dissiper l
2508e qu’un mot, un geste décisif, ou certaine amitié de la saison suffirait à dissiper le charme perfide qui les tourmente. M
2509ais il faudrait d’abord qu’ils se soient délivrés d’eux-mêmes pour que ce mot, ce geste, soient possibles. C’est d’Armande
2510our que ce mot, ce geste, soient possibles. C’est d’Armande surtout qu’on les attendrait, plus franche d’allure. On ne sai
2511rmande surtout qu’on les attendrait, plus franche d’allure. On ne sait ce qui la retient : son amour ? son manque d’amour 
2512e sait ce qui la retient : son amour ? son manque d’amour ? Pour Jacques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un déf
2513r ? son manque d’amour ? Pour Jacques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un défaitisme sentimental qui l’empêtre d
2514? son manque d’amour ? Pour Jacques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un défaitisme sentimental qui l’empêtre de r
2515 Jacques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un défaitisme sentimental qui l’empêtre de réticences, et le fait joue
2516acques, il souffre d’une incurable adolescence, d’un défaitisme sentimental qui l’empêtre de réticences, et le fait jouer
2517scence, d’un défaitisme sentimental qui l’empêtre de réticences, et le fait jouer bien maladroitement son rôle d’homme… « 
2518es, et le fait jouer bien maladroitement son rôle d’homme… « Captif de sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du r
2519er bien maladroitement son rôle d’homme… « Captif de sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du roman, qui se mêle
2520omme… « Captif de sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combie
2521e… « Captif de sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combien cett
2522tte analyse trahit Barbey : son art est justement de voiler les intentions du récit et de les exprimer seulement par un ge
2523st justement de voiler les intentions du récit et de les exprimer seulement par un geste, une nuance du paysage, une image
2524entions du récit et de les exprimer seulement par un geste, une nuance du paysage, une image qu’on garde comme un pressent
2525 récit et de les exprimer seulement par un geste, une nuance du paysage, une image qu’on garde comme un pressentiment. Ce n
2526er seulement par un geste, une nuance du paysage, une image qu’on garde comme un pressentiment. Ce n’est qu’à force de disc
2527ne nuance du paysage, une image qu’on garde comme un pressentiment. Ce n’est qu’à force de discrétion dans les moyens qu’i
2528ce de discrétion dans les moyens qu’il parvient à une certaine puissance de l’effet, aux dernières pages. Il règne dans la
2529es moyens qu’il parvient à une certaine puissance de l’effet, aux dernières pages. Il règne dans la Maladère une étrange h
2530t, aux dernières pages. Il règne dans la Maladère une étrange harmonie entre le climat des sentiments et celui des campagne
2531 la Maladère une étrange harmonie entre le climat des sentiments et celui des campagnes désolées où ils se développent. Pay
2532 harmonie entre le climat des sentiments et celui des campagnes désolées où ils se développent. Paysages tristes et sans vi
2533iolence, autour de ces êtres dont la détresse est d’autant plus cruelle qu’elle est contenue sous des dehors trop polis. U
2534t d’autant plus cruelle qu’elle est contenue sous des dehors trop polis. Une fois fermé le livre de Barbey, on oublie la ju
2535us des dehors trop polis. Une fois fermé le livre de Barbey, on oublie la justesse de son analyse pour n’évoquer plus que
2536s fermé le livre de Barbey, on oublie la justesse de son analyse pour n’évoquer plus que des visions où se condense le sen
2537a justesse de son analyse pour n’évoquer plus que des visions où se condense le sentiment du récit. Dans le Cœur gros, c’ét
2538le sentiment du récit. Dans le Cœur gros, c’était un parc avant l’orage, le rose sombre d’une joue brûlante et fraîche dan
2539os, c’était un parc avant l’orage, le rose sombre d’une joue brûlante et fraîche dans le vent. Et dans la Maladère, un arb
2540, c’était un parc avant l’orage, le rose sombre d’une joue brûlante et fraîche dans le vent. Et dans la Maladère, un arbre
2541nte et fraîche dans le vent. Et dans la Maladère, un arbre coupé découvrant le manoir perdu, des fumées sur un paysage d’h
2542adère, un arbre coupé découvrant le manoir perdu, des fumées sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie,
2543 coupé découvrant le manoir perdu, des fumées sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visages
2544uvrant le manoir perdu, des fumées sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visages tordus de p
2545s sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visages tordus de passion. Cette fin est admirable,
2546sur un paysage d’hiver et soudain sous la lueur d’un incendie, deux visages tordus de passion. Cette fin est admirable, do
2547 sous la lueur d’un incendie, deux visages tordus de passion. Cette fin est admirable, dont la brutalité si longtemps dési
2548la brutalité si longtemps désirée délivre Jacques d’un passé obsédant, d’une jeunesse trop complaisante à son tourment.
2549 brutalité si longtemps désirée délivre Jacques d’un passé obsédant, d’une jeunesse trop complaisante à son tourment. p
2550emps désirée délivre Jacques d’un passé obsédant, d’une jeunesse trop complaisante à son tourment. p. 256 ac. « Berna
2551ps désirée délivre Jacques d’un passé obsédant, d’une jeunesse trop complaisante à son tourment. p. 256 ac. « Bernard
41 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
2552mmes, écrire ne soit que le recensement passionné de leur vie, ou l’aveu déguisé d’une insatisfaction qu’elle leur laisse.
2553ensement passionné de leur vie, ou l’aveu déguisé d’une insatisfaction qu’elle leur laisse. Montclar est l’auteur de vers
2554sement passionné de leur vie, ou l’aveu déguisé d’une insatisfaction qu’elle leur laisse. Montclar est l’auteur de vers de
2555action qu’elle leur laisse. Montclar est l’auteur de vers de jeunesse auxquels il ne tient guère, et l’on comprend que ce
2556u’elle leur laisse. Montclar est l’auteur de vers de jeunesse auxquels il ne tient guère, et l’on comprend que ce journal
2557joindra dans l’armoire aux souvenirs. Cette façon de ne pas y tenir, qu’il manifeste en toute occasion de sa vie est peut-
2558ne pas y tenir, qu’il manifeste en toute occasion de sa vie est peut-être ce qui nous le rend le plus sympathique. « Offic
2559ux ? » pour lui, comme pour Barnabooth, il s’agit de « déjouer le complot de la commodité ». Mais plus voluptueux que phil
2560our Barnabooth, il s’agit de « déjouer le complot de la commodité ». Mais plus voluptueux que philosophe, c’est à l’amour
2561r la souffrance indispensable au perfectionnement de son âme. Et qu’importe si les Allemands qui, fréquente sont ae , pour
2562ands qui, fréquente sont ae , pour notre plaisir, un peu plus viennois que naturel s’il parle de choses d’art comme on fai
2563isir, un peu plus viennois que naturel s’il parle de choses d’art comme on fait dans Proust, si les passions qu’il nous pe
2564eu plus viennois que naturel s’il parle de choses d’art comme on fait dans Proust, si les passions qu’il nous peint sont i
2565Il se connaît assez pour savoir ce qui est en lui de l’homme même, ou de l’amateur distingué, — et ne peut pas nous trompe
2566pour savoir ce qui est en lui de l’homme même, ou de l’amateur distingué, — et ne peut pas nous tromper là-dessus. Il se c
2567ut pas nous tromper là-dessus. Il se connaît avec une sorte de froideur que l’on dirait désintéressée si elle n’avait pour
2568s tromper là-dessus. Il se connaît avec une sorte de froideur que l’on dirait désintéressée si elle n’avait pour effet de
2569n dirait désintéressée si elle n’avait pour effet de souligner, plus que ses succès, certaines faiblesses qu’il recherche
2570faiblesses qu’il recherche secrètement, parce que de ces « ratages » naît le perpétuel besoin d’évasion qui est la conditi
2571e que de ces « ratages » naît le perpétuel besoin d’évasion qui est la condition de son progrès moral. C’est ainsi qu’il c
2572e perpétuel besoin d’évasion qui est la condition de son progrès moral. C’est ainsi qu’il consent, non sans une impercepti
2573rogrès moral. C’est ainsi qu’il consent, non sans une imperceptible satisfaction, l’aveu d’une fondamentale indifférence du
2574, non sans une imperceptible satisfaction, l’aveu d’une fondamentale indifférence du cœur qui contraste avec une vie volup
2575non sans une imperceptible satisfaction, l’aveu d’une fondamentale indifférence du cœur qui contraste avec une vie voluptue
2576damentale indifférence du cœur qui contraste avec une vie voluptueuse et assez désordonnée. Pourtant, entre Montclar et Ame
2577désordonnée. Pourtant, entre Montclar et Ameline, un amour se noue, qui commence où souvent l’on finit. Et peut-être l’amo
2578etites blessures. Ce n’est pas le moins troublant d’une telle vie, cette sagesse un peu sombre qui s’en dégage, sagesse qu
2579ites blessures. Ce n’est pas le moins troublant d’une telle vie, cette sagesse un peu sombre qui s’en dégage, sagesse qui v
2580le moins troublant d’une telle vie, cette sagesse un peu sombre qui s’en dégage, sagesse qui veut « que nous appelions les
2581ar elle sait « qu’entre les êtres, le bonheur est un lien sans durée. Seule la souffrance ou de secrètes anomalies ont un
2582ur est un lien sans durée. Seule la souffrance ou de secrètes anomalies ont un pouvoir d’éternité. » Il est juste, ce me s
2583 Seule la souffrance ou de secrètes anomalies ont un pouvoir d’éternité. » Il est juste, ce me semble, d’insister sur ce q
2584ouffrance ou de secrètes anomalies ont un pouvoir d’éternité. » Il est juste, ce me semble, d’insister sur ce qui forme da
2585pouvoir d’éternité. » Il est juste, ce me semble, d’insister sur ce qui forme dans le récit de cette vie comme une arrière
2586semble, d’insister sur ce qui forme dans le récit de cette vie comme une arrière-pensée inquiète et un peu hautaine. Que l
2587sur ce qui forme dans le récit de cette vie comme une arrière-pensée inquiète et un peu hautaine. Que la composition de cet
2588de cette vie comme une arrière-pensée inquiète et un peu hautaine. Que la composition de cette réminiscence soit assez fac
2589e inquiète et un peu hautaine. Que la composition de cette réminiscence soit assez facile et « artiste » on hésite à en fa
2590site à en faire reproche à l’auteur. Cette espèce de modestie de l’allure est rare autant que sympathique, dans le temps q
2591ire reproche à l’auteur. Cette espèce de modestie de l’allure est rare autant que sympathique, dans le temps que sévit l’i
2592ant, qu’elle ne laisse point oublier que ce livre d’une résonance si humaine, est mieux que charmant, — douloureux et dési
2593t, qu’elle ne laisse point oublier que ce livre d’une résonance si humaine, est mieux que charmant, — douloureux et désinvo
42 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
2594 1927) af M. Edmond Jaloux offre l’exemple rare d’un homme que son évolution naturelle a rapproché, dans sa maturité, de
2595927) af M. Edmond Jaloux offre l’exemple rare d’un homme que son évolution naturelle a rapproché, dans sa maturité, des
2596volution naturelle a rapproché, dans sa maturité, des jeunes générations, en sorte que l’espèce de romantisme à la Nerval a
2597té, des jeunes générations, en sorte que l’espèce de romantisme à la Nerval auquel il aboutit coïncide avec un mouvement d
2598tisme à la Nerval auquel il aboutit coïncide avec un mouvement dont lui-même s’est plu à relever les indices chez ses jeun
2599 ses jeunes contemporains, et qu’il vient appuyer de son autorité de critique et surtout de son expérience déjà riche de r
2600emporains, et qu’il vient appuyer de son autorité de critique et surtout de son expérience déjà riche de romancier. Son re
2601nt appuyer de son autorité de critique et surtout de son expérience déjà riche de romancier. Son regard se promène sur le
2602 critique et surtout de son expérience déjà riche de romancier. Son regard se promène sur le même monde où se plaisent nos
2603ent nos jeunes poètes cosmopolites, mais il garde une certaine discrétion, cet air de rêverie d’un homme qui en sait long…
2604s, mais il garde une certaine discrétion, cet air de rêverie d’un homme qui en sait long… Et, certes, il faut être un peu
2605garde une certaine discrétion, cet air de rêverie d’un homme qui en sait long… Et, certes, il faut être un peu mage pour p
2606rde une certaine discrétion, cet air de rêverie d’un homme qui en sait long… Et, certes, il faut être un peu mage pour por
2607 homme qui en sait long… Et, certes, il faut être un peu mage pour porter tant de richesses avec cette mélancolique grâce.
2608es avec cette mélancolique grâce. Si quelques-uns de ses bijoux sont taillés comme ceux de Giraudoux, j’y vois un signe ch
2609uelques-uns de ses bijoux sont taillés comme ceux de Giraudoux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeun
2610ux sont taillés comme ceux de Giraudoux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un d
2611mme ceux de Giraudoux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages
2612de Giraudoux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages pour reme
2613mitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages pour remercier ; (pouvait-il mieux trouver qu’un René
2614ges pour remercier ; (pouvait-il mieux trouver qu’un René Dubardeau pour cette ambassade). Parfois l’on se demande si l’Au
2615va pas s’attabler au café en face des personnages de Jaloux. Et peut-être que la comtesse Rezzovitch a rencontré M. Paul M
2616ncontré M. Paul Morand, mais elle a dû le trouver un peu froid, n’aura pas été tentée de lui faire ces confidences qu’elle
2617dû le trouver un peu froid, n’aura pas été tentée de lui faire ces confidences qu’elle livre si facilement au héros plus c
2618t au héros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille de se marier, Jérôme Parseval, journaliste pari
2619et secrètement incertain de ce roman. À la veille de se marier, Jérôme Parseval, journaliste parisien, rencontre une femme
2620 Jérôme Parseval, journaliste parisien, rencontre une femme qui incarne aussitôt à ses yeux tout ce qu’il attend de l’amour
2621 incarne aussitôt à ses yeux tout ce qu’il attend de l’amour. Une confidence, un baiser, et il ne la reverra jamais. Il ai
2622sitôt à ses yeux tout ce qu’il attend de l’amour. Une confidence, un baiser, et il ne la reverra jamais. Il aime encore sa
2623 tout ce qu’il attend de l’amour. Une confidence, un baiser, et il ne la reverra jamais. Il aime encore sa femme, « mais c
2624is. Il aime encore sa femme, « mais comme on aime une petite maison de province quand on a failli hériter de Chenonceaux ».
2625 sa femme, « mais comme on aime une petite maison de province quand on a failli hériter de Chenonceaux ». Peu à peu l’imag
2626tite maison de province quand on a failli hériter de Chenonceaux ». Peu à peu l’image d’Irène Rezzovitch s’idéalise et gag
2627ailli hériter de Chenonceaux ». Peu à peu l’image d’Irène Rezzovitch s’idéalise et gagne la puissance d’une merveilleuse o
2628Irène Rezzovitch s’idéalise et gagne la puissance d’une merveilleuse obsession. II lui écrit de longues lettres, [p. 388]
2629ène Rezzovitch s’idéalise et gagne la puissance d’une merveilleuse obsession. II lui écrit de longues lettres, [p. 388] san
2630ssance d’une merveilleuse obsession. II lui écrit de longues lettres, [p. 388] sans les envoyer. Il apprend sa mort, et qu
2631tre aimé. Enfin, divorcé, seul, il la revoit dans une vision prestigieuse et désolée… M. Jaloux a trouvé là un sujet qui co
2632on prestigieuse et désolée… M. Jaloux a trouvé là un sujet qui convient admirablement à son art, où s’unissent aujourd’hui
2633dmirablement à son art, où s’unissent aujourd’hui un réalisme discret mais précis et le sens de ce qu’il y a en nous d’ess
2634rd’hui un réalisme discret mais précis et le sens de ce qu’il y a en nous d’essentiel, de ce qui détermine nos actes avant
2635et mais précis et le sens de ce qu’il y a en nous d’essentiel, de ce qui détermine nos actes avant que la raison n’intervi
2636s et le sens de ce qu’il y a en nous d’essentiel, de ce qui détermine nos actes avant que la raison n’intervienne, mouveme
2637tes avant que la raison n’intervienne, mouvements de nos passions à nous-mêmes inavoués, rêves éveillés. Tout un système d
2638sions à nous-mêmes inavoués, rêves éveillés. Tout un système de valeurs lyriques et sentimentales que la raison ignore ou
2639s-mêmes inavoués, rêves éveillés. Tout un système de valeurs lyriques et sentimentales que la raison ignore ou tyrannise a
2640ère à ce devoir sacré ». M. Jaloux évite le péril d’un réalisme trop amer et celui du roman lyrique, par l’équilibre qu’il
2641e à ce devoir sacré ». M. Jaloux évite le péril d’un réalisme trop amer et celui du roman lyrique, par l’équilibre qu’il m
2642ieux que quiconque aujourd’hui faire éclater dans un cadre très moderne où s’agitent des personnages spirituellement dessi
2643e éclater dans un cadre très moderne où s’agitent des personnages spirituellement dessinés un de ces drames tout intérieurs
2644’agitent des personnages spirituellement dessinés un de ces drames tout intérieurs dont il dit : « Personne ne peut juger
2645itent des personnages spirituellement dessinés un de ces drames tout intérieurs dont il dit : « Personne ne peut juger du
2646, pas même eux ». Dans ce roman, comme dans l’Âge d’or, un désenchantement profond prend le masque d’une aimable mélancoli
2647même eux ». Dans ce roman, comme dans l’Âge d’or, un désenchantement profond prend le masque d’une aimable mélancolie. C’e
2648 d’or, un désenchantement profond prend le masque d’une aimable mélancolie. C’est la sourde tristesse des choses qui vous
2649’or, un désenchantement profond prend le masque d’une aimable mélancolie. C’est la sourde tristesse des choses qui vous éch
2650une aimable mélancolie. C’est la sourde tristesse des choses qui vous échappent, des amours impossibles, des histoires dont
2651a sourde tristesse des choses qui vous échappent, des amours impossibles, des histoires dont on ne sait pas la fin ni le se
2652hoses qui vous échappent, des amours impossibles, des histoires dont on ne sait pas la fin ni le sens véritable, mais seule
2653, lettres perdues, aveux incompris, et peut-être, un quiproquo de destinées… Le tragique du peut-être ; (comme dans l’une
2654dues, aveux incompris, et peut-être, un quiproquo de destinées… Le tragique du peut-être ; (comme dans l’une des dernières
2655ées… Le tragique du peut-être ; (comme dans l’une des dernières phrases de Sylvie : « Là était le bonheur, peut-être… »). M
2656ut-être ; (comme dans l’une des dernières phrases de Sylvie : « Là était le bonheur, peut-être… »). Mais le ton reste si l
2657irituel, fantaisiste — (cette touche pour peindre un personnage épisodique : « Il confondait la rose et la pivoine, l’oran
2658 la rose et la pivoine, l’orange et l’ananas… »). Une telle œuvre, dense, sans obscurité, riche et décantée, profonde et dé
2659onde et délicieuse, gagnera à son auteur beaucoup d’amis inconnus. p. 387 af. « Edmond Jaloux : Ô toi que j’eusse a
43 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
2660rise moderne. M. Daniel Rops unit en lui à l’état de velléités contradictoires que son intelligence très nuancée maintient
2661es que son intelligence très nuancée maintient en une sorte d’instable équilibre, les tendances que ses contemporains ont p
2662 intelligence très nuancée maintient en une sorte d’instable équilibre, les tendances que ses contemporains ont poussées à
2663contemporains ont poussées à l’extrême avec moins de prudence mais aussi de lucidité. Séduit par Gide ; admirant Maurras s
2664ées à l’extrême avec moins de prudence mais aussi de lucidité. Séduit par Gide ; admirant Maurras sans l’aimer ; saluant e
2665admirant Maurras sans l’aimer ; saluant en Valéry une réussite unique mais presque inhumaine ; secrètement attiré par les t
2666ré par les thèses extrémistes mais non dépourvues d’une sombre grandeur, des surréalistes, et en même temps par cette solu
2667 par les thèses extrémistes mais non dépourvues d’une sombre grandeur, des surréalistes, et en même temps par cette solutio
2668mistes mais non dépourvues d’une sombre grandeur, des surréalistes, et en même temps par cette solution universelle, la foi
2669ette inquiétude qui fait la grandeur et la misère de l’époque — et qu’il avoue préférer à une certitude trop vite atteinte
2670la misère de l’époque — et qu’il avoue préférer à une certitude trop vite atteinte, où sa jeunesse ne verrait qu’une abdica
2671 trop vite atteinte, où sa jeunesse ne verrait qu’une abdication. Il décrit la « génération nouvelle » avec une intelligent
2672cation. Il décrit la « génération nouvelle » avec une intelligente sympathie et un sens rare des directions générales. « Ha
2673ion nouvelle » avec une intelligente sympathie et un sens rare des directions générales. « Hamlétisme », pouvoir aigu d’an
2674» avec une intelligente sympathie et un sens rare des directions générales. « Hamlétisme », pouvoir aigu d’analyse qui cond
2675irections générales. « Hamlétisme », pouvoir aigu d’analyse qui conduit à la dispersion autant qu’à l’approfondissement du
2676sion autant qu’à l’approfondissement du moi, soif de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la
2677dissement du moi, soif de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchiqu
2678oif de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : ce sont bien le
2679f de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : ce sont bien les
2680t et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : ce sont bien les grands t
2681ue et anarchique : ce sont bien les grands traits de notre inquiétude. (Mais peut-être M. Rops a-t-il trop négligé le rôle
2682 négligé le rôle extérieur, que je crois décisif, des conditions de la vie moderne.) Après avoir défini quelques « position
2683e extérieur, que je crois décisif, des conditions de la vie moderne.) Après avoir défini quelques « positions en face de l
2684 les plus parfaites qui s’offrent aux jeunes gens d’aujourd’hui. Il [p. 564] constate que l’une (celle de Gide) ne fait qu
2685ujourd’hui. Il [p. 564] constate que l’une (celle de Gide) ne fait que différer notre inquiétude, tandis que l’autre « ne
2686 angoisse qu’en y substituant ce qui ne vient que de Dieu : la Foi ». Acculée à la rigueur d’un choix presque impossible,
2687ient que de Dieu : la Foi ». Acculée à la rigueur d’un choix presque impossible, notre incertitude paraît sans remède. Mai
2688nt que de Dieu : la Foi ». Acculée à la rigueur d’un choix presque impossible, notre incertitude paraît sans remède. Mais,
2689, M. Daniel Rops n’a-t-il pas cédé à la tentation de créer des dilemmes irréductibles, suprême et inconsciente ruse d’un i
2690el Rops n’a-t-il pas cédé à la tentation de créer des dilemmes irréductibles, suprême et inconsciente ruse d’un inquiet qui
2691emmes irréductibles, suprême et inconsciente ruse d’un inquiet qui veut le rester ? Ces deux solutions peuvent se résumer
2692mes irréductibles, suprême et inconsciente ruse d’un inquiet qui veut le rester ? Ces deux solutions peuvent se résumer en
2693foi. Dès lors sont-elles vraiment les deux termes d’un dilemme, l’une n’étant que le chemin qui mène à l’autre ? Car la fo
2694i. Dès lors sont-elles vraiment les deux termes d’un dilemme, l’une n’étant que le chemin qui mène à l’autre ? Car la foi
2695ue le chemin qui mène à l’autre ? Car la foi naît de l’inquiétude autant que de la grâce, et régénère sans cesse l’inquiét
2696utre ? Car la foi naît de l’inquiétude autant que de la grâce, et régénère sans cesse l’inquiétude autant que la sérénité…
2697 autant que la sérénité… Au reste, n’est-elle pas de M. Rops lui-même, cette phrase qui formule admirablement les exigence
2698ui formule admirablement les exigences conjointes de l’inquiétude et de la foi : « Si tu as trouvé Dieu, il te reste à le
2699ement les exigences conjointes de l’inquiétude et de la foi : « Si tu as trouvé Dieu, il te reste à le chercher encore… »
44 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
2700689] Bernard Lecache, Jacob (mai 1927) ah Voici un livre dur et sans grâces, qui ne manque pas d’une beauté assez brutal
2701ci un livre dur et sans grâces, qui ne manque pas d’une beauté assez brutale, pour nous choquer et s’imposer pourtant. M.
2702 un livre dur et sans grâces, qui ne manque pas d’une beauté assez brutale, pour nous choquer et s’imposer pourtant. M. Lec
2703urtant. M. Lecache présente le problème juif avec une obstination à ne rien cacher qui le mène profond. Une famille juive d
2704obstination à ne rien cacher qui le mène profond. Une famille juive dans le Marais. Le père est un tailleur, biblique, aust
2705nd. Une famille juive dans le Marais. Le père est un tailleur, biblique, austère et probe, qui n’a d’ambition que pour ses
2706 un tailleur, biblique, austère et probe, qui n’a d’ambition que pour ses enfants. Jacob, l’aîné se révolte. Sensualité, i
2707ité : les caractères se résument dans son avidité de puissance. C’est par l’argent qu’on domine notre âge : il devient gra
2708ssure sa fortune au prix du peu cynique reniement de ses origines. Le vieux père s’effondre de honte et de douleur. « On v
2709niement de ses origines. Le vieux père s’effondre de honte et de douleur. « On vend de l’étoffe… eux ils se vendent ! » Ma
2710es origines. Le vieux père s’effondre de honte et de douleur. « On vend de l’étoffe… eux ils se vendent ! » Mais Jacob a r
2711père s’effondre de honte et de douleur. « On vend de l’étoffe… eux ils se vendent ! » Mais Jacob a renié ses parents, non
2712oresque dans la description du milieu juif, prend une âpre rapidité avec l’ascension de Jacob et ses luttes. On pardonne bo
2713eu juif, prend une âpre rapidité avec l’ascension de Jacob et ses luttes. On pardonne bon nombre de platitudes et de vulga
2714on de Jacob et ses luttes. On pardonne bon nombre de platitudes et de vulgarités pour les derniers chapitres, denses, viol
2715s luttes. On pardonne bon nombre de platitudes et de vulgarités pour les derniers chapitres, denses, violents, et dont le
2716, on connaît mon orgueil : osez donc me condamner d’être plus fort que cette bourgeoisie fatiguée, et de suivre le destin
2717être plus fort que cette bourgeoisie fatiguée, et de suivre le destin que vous m’avez assigné à force de m’humilier et de
2718 que vous m’avez assigné à force de m’humilier et de me craindre. » p. 689 ah. « Bernard Lecache : Jacob (NRF, Paris)
45 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
2719 Crevel, La Mort difficile (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actue
2720difficile (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous couleur
2721icile (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous couleur de d
2722e tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle. Sous couleur de démasquer l’humain, et par l’a
2723rnement angoissé qu’on y apporte, l’on en vient à une conception de la sincérité qui me paraît proprement inhumaine. Tout d
2724é qu’on y apporte, l’on en vient à une conception de la sincérité qui me paraît proprement inhumaine. Tout dire, vraiment 
2725inhumaine. Tout dire, vraiment ? C’est l’exigence d’une détresse cachée ; elle fait bientôt considérer toute joie comme il
2726humaine. Tout dire, vraiment ? C’est l’exigence d’une détresse cachée ; elle fait bientôt considérer toute joie comme illus
2727sincérité ne serait-elle à son tour que le masque d’un goût du malheur ? Le sujet profond de ce roman, où l’on voit commen
2728ncérité ne serait-elle à son tour que le masque d’un goût du malheur ? Le sujet profond de ce roman, où l’on voit comment
2729le masque d’un goût du malheur ? Le sujet profond de ce roman, où l’on voit comment Pierre en vient à sacrifier Diane, son
2730écrivait Mon Corps et Moi. Quand l’analyse féroce de Crevel fouille les pensées de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur
2731nd l’analyse féroce de Crevel fouille les pensées de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche
2732féroce de Crevel fouille les pensées de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche par la force
2733lle les pensées de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche par la force de ce tourment ou de
2734’Arthur, le roman vit et nous touche par la force de ce tourment ou de ce sauvage égoïsme ; mais qu’elle s’acharne sur le
2735vit et nous touche par la force de ce tourment ou de ce sauvage égoïsme ; mais qu’elle s’acharne sur le détail dégoûtant e
2736elle s’acharne sur le détail dégoûtant et mesquin de certain milieu bourgeois, et l’on voit bien que l’auteur n’est pas en
2737n voit bien que l’auteur n’est pas encore détaché de la matière pour en tirer une œuvre d’art. La sincérité audacieuse mai
2738st pas encore détaché de la matière pour en tirer une œuvre d’art. La sincérité audacieuse mais sans bravade qui donne à ce
2739ore détaché de la matière pour en tirer une œuvre d’art. La sincérité audacieuse mais sans bravade qui donne à ce livre sa
2740 mais sans bravade qui donne à ce livre sa valeur de document humain, nuit à sa valeur littéraire. Je n’aime guère ce styl
2741ttéraire. Je n’aime guère ce style abstrait, semé de redites et d’expressions toutes faites qui trahissent une écriture hâ
2742’aime guère ce style abstrait, semé de redites et d’expressions toutes faites qui trahissent une écriture hâtive. Mais il
2743tes et d’expressions toutes faites qui trahissent une écriture hâtive. Mais il y a dans l’œuvre de René Crevel un sens de l
2744ent une écriture hâtive. Mais il y a dans l’œuvre de René Crevel un sens de la douleur et un sérieux humain qui forcent la
2745e hâtive. Mais il y a dans l’œuvre de René Crevel un sens de la douleur et un sérieux humain qui forcent la sympathie.
2746. Mais il y a dans l’œuvre de René Crevel un sens de la douleur et un sérieux humain qui forcent la sympathie. p. 690
2747s l’œuvre de René Crevel un sens de la douleur et un sérieux humain qui forcent la sympathie. p. 690 ai. « René Creve
46 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
2748 [p. 693] Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927) aj Nocturnes aux caresses coupantes comme cer
2749resses coupantes comme certaines herbes. Capitale de la douleur ak , ce sont de belles syllabes sereines, et dans cette vi
2750aines herbes. Capitale de la douleur ak , ce sont de belles syllabes sereines, et dans cette ville, Éluard est le plus séd
2751e plus séduisant, le plus dangereusement gracieux des noctambules. Rêves éveillés, entre deux gorgées d’un élixir dont il v
2752s noctambules. Rêves éveillés, entre deux gorgées d’un élixir dont il voudrait bien nous faire croire que le diable [p. 69
2753noctambules. Rêves éveillés, entre deux gorgées d’un élixir dont il voudrait bien nous faire croire que le diable [p. 694]
2754ire que le diable [p. 694] est l’auteur. Beaucoup d’oiseaux volètent, se balancent au bord des verres, se posent sur les c
2755cent au bord des verres, se posent sur les cordes d’une lyre dont ils font grésiller l’accord, une patte en l’air, becquèt
2756nt au bord des verres, se posent sur les cordes d’une lyre dont ils font grésiller l’accord, une patte en l’air, becquètent
2757rdes d’une lyre dont ils font grésiller l’accord, une patte en l’air, becquètent le cœur d’une femme qui va les étrangler d
2758 l’accord, une patte en l’air, becquètent le cœur d’une femme qui va les étrangler doucement. Ces vers sont de jolies flèc
2759’accord, une patte en l’air, becquètent le cœur d’une femme qui va les étrangler doucement. Ces vers sont de jolies flèches
2760mme qui va les étrangler doucement. Ces vers sont de jolies flèches empoisonnées. Quelque chose, tout de même, de laqué, d
2761lèches empoisonnées. Quelque chose, tout de même, de laqué, d’élégant, de « bien français » ; et le mot sang n’évoque ici
2762oisonnées. Quelque chose, tout de même, de laqué, d’élégant, de « bien français » ; et le mot sang n’évoque ici qu’une tac
2763Quelque chose, tout de même, de laqué, d’élégant, de « bien français » ; et le mot sang n’évoque ici qu’une tache de coule
2764 bien français » ; et le mot sang n’évoque ici qu’une tache de couleur, plus sentimental que cruel. « J’ai la beauté facile
2765çais » ; et le mot sang n’évoque ici qu’une tache de couleur, plus sentimental que cruel. « J’ai la beauté facile et c’est
2766la beauté facile et c’est heureux. » Il y a aussi un certain tragique, mais au filet si acéré qu’on ne sent presque pas sa
2767sque pas sa blessure. Mais c’est ici qu’il s’agit de ne pas confondre inexplicable avec incompréhensible. p. 693 aj
47 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
2768chelle, La Suite dans les idées (mai 1927) al « De quoi s’agit-il ? de détruire ou de rafistoler ? » Entre ces deux tent
2769s les idées (mai 1927) al « De quoi s’agit-il ? de détruire ou de rafistoler ? » Entre ces deux tentations, cédant à l’u
2770i 1927) al « De quoi s’agit-il ? de détruire ou de rafistoler ? » Entre ces deux tentations, cédant à l’une autant qu’à
2771’une autant qu’à l’autre, Drieu s’examine. Encore un ? Non, enfin un. Tous les autres y ont apporté de secrètes complaisan
2772 l’autre, Drieu s’examine. Encore un ? Non, enfin un. Tous les autres y ont apporté de secrètes complaisances, ou une arri
2773un ? Non, enfin un. Tous les autres y ont apporté de secrètes complaisances, ou une arrière-pensée d’apologie, ou même sim
2774utres y ont apporté de secrètes complaisances, ou une arrière-pensée d’apologie, ou même simplement un besoin d’être aimés
2775 de secrètes complaisances, ou une arrière-pensée d’apologie, ou même simplement un besoin d’être aimés qui faussaient leu
2776une arrière-pensée d’apologie, ou même simplement un besoin d’être aimés qui faussaient leurs voix pour les rendre plus to
2777e-pensée d’apologie, ou même simplement un besoin d’être aimés qui faussaient leurs voix pour les rendre plus touchantes.
2778ndre plus touchantes. Celui-ci bat sa coulpe avec une saine rudesse. « Il s’examine jusqu’au ventre de sa mère et cognoit q
2779une saine rudesse. « Il s’examine jusqu’au ventre de sa mère et cognoit que dès lors il a esté corrompu et infect et adonn
2780alvin). Le tableau n’est pas beau, mais on y sent une « patte » qui révèle encore dans le fond quelque chose de solide, d’a
2781te » qui révèle encore dans le fond quelque chose de solide, d’authentique. J’aime cette violence de redressement où je di
2782vèle encore dans le fond quelque chose de solide, d’authentique. J’aime cette violence de redressement où je distingue bie
2783e de solide, d’authentique. J’aime cette violence de redressement où je distingue bien autre chose que les « éclats de l’i
2784où je distingue bien autre chose que les « éclats de l’impuissance ». Un plus délicat eut compris que certains des morceau
2785 autre chose que les « éclats de l’impuissance ». Un plus délicat eut compris que certains des morceaux très divers qui co
2786sance ». Un plus délicat eut compris que certains des morceaux très divers qui composent ce livre sont bien mauvais, à côté
2787eut encore s’en tirer, du moins l’avoue-t-il avec une franchise qui la rend sympathique. Et puis, tout de même, on est bien
2788hique. Et puis, tout de même, on est bien heureux de rencontrer chez les jeunes écrivains français un homme qui ait à ce p
2789 de rencontrer chez les jeunes écrivains français un homme qui ait à ce point le sens de l’époque, une vision si claire et
2790ains français un homme qui ait à ce point le sens de l’époque, une vision si claire et si tragique de la civilisation d’Oc
2791 un homme qui ait à ce point le sens de l’époque, une vision si claire et si tragique de la civilisation d’Occident. Les qu
2792 de l’époque, une vision si claire et si tragique de la civilisation d’Occident. Les questions capitales posées ailleurs d
2793ision si claire et si tragique de la civilisation d’Occident. Les questions capitales posées ailleurs depuis longtemps par
2794ns capitales posées ailleurs depuis longtemps par des maîtres comme Keyserling, Ferrero, commencent à être prises au sérieu
2795nce par quelques jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avoir échappé au surréalisme en tant qu’il n’est que le triomphe de la
2796u surréalisme en tant qu’il n’est que le triomphe de la littérature sur la vie, mais d’avoir su en garder une passion pour
2797ue le triomphe de la littérature sur la vie, mais d’avoir su en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine
2798littérature sur la vie, mais d’avoir su en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine » qui seul peut redon
2799 d’avoir su en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine » qui seul peut redonner quelque vitalité à notr
2800otre civilisation, — et je sais bien que c’est là un des signes de sa décadence. Il y a du chirurgien chez ce soldat deven
2801e civilisation, — et je sais bien que c’est là un des signes de sa décadence. Il y a du chirurgien chez ce soldat devenu « 
2802ion, — et je sais bien que c’est là un des signes de sa décadence. Il y a du chirurgien chez ce soldat devenu « scribe » e
2803rtain, brutal : mais faisons-lui confiance, voici un homme d’aujourd’hui, presque sans pose, et décidé à mépriser le bluff
2804utal : mais faisons-lui confiance, voici un homme d’aujourd’hui, presque sans pose, et décidé à mépriser le bluff. p. 6
48 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
2805 [p. 114] Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927) am Quand vous avez fermé ce petit livre, vous
2806it livre, vous partez en chantonnant le titre sur un air sentimental, bien décidé au fond, à retrouver Patsy, l’Irlandaise
2807 sympathique Paterne. Sous le fallacieux prétexte d’une flânerie de saison, vous vous attardez aux terrasses des cafés. Pe
2808ympathique Paterne. Sous le fallacieux prétexte d’une flânerie de saison, vous vous attardez aux terrasses des cafés. Peut-
2809terne. Sous le fallacieux prétexte d’une flânerie de saison, vous vous attardez aux terrasses des cafés. Peut-être va-t-el
2810nerie de saison, vous vous attardez aux terrasses des cafés. Peut-être va-t-elle revenir avec son Johannes laqué. Ah ! comm
2811Ah ! comme vous sauriez lui plaire, maintenant qu’une si triomphante tendresse vous possède ! Justement, voici Pierre Girar
2812 voici Pierre Girard : lui seul connaît l’adresse de Patsy, mais il ne veut pas vous la donner. Alors pour vous venger, vo
2813s sérieux. Il sourit. Vous ajoutez que le lyrisme des noms géographiques vous fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer
2814e des noms géographiques vous fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Cl
2815aphiques vous fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Clerc, Mrs. Balfo
2816que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Clerc, Mrs. Balfour. Vous parlez de « pro
2817la Negri, Charly Clerc, Mrs. Balfour. Vous parlez de « procédés lassants ». Pierre Girard n’écoute plus : il pense à des V
2818sants ». Pierre Girard n’écoute plus : il pense à des Vénézuéliennes ou à Gérard de Nerval. Bientôt vous vous calmez. Car i
2819d’hui que ce globe dans son voyage « est arrivé à un endroit de l’éther où il y a du bonheur ». Vous reconnaissez que Pier
2820e globe dans son voyage « est arrivé à un endroit de l’éther où il y a du bonheur ». Vous reconnaissez que Pierre Girard e
2821onheur ». Vous reconnaissez que Pierre Girard est un peu responsable de cette douceur de vivre. Déjà vous ne niez plus sa
2822nnaissez que Pierre Girard est un peu responsable de cette douceur de vivre. Déjà vous ne niez plus sa drôlerie, son aisan
2823re Girard est un peu responsable de cette douceur de vivre. Déjà vous ne niez plus sa drôlerie, son aisance. Vous accordez
2824ôlerie, son aisance. Vous accordez que s’il force un peu la dose de fantaisie, c’est plutôt par excès de facilité que par
2825ance. Vous accordez que s’il force un peu la dose de fantaisie, c’est plutôt par excès de facilité que par recherche. Vous
2826 peu la dose de fantaisie, c’est plutôt par excès de facilité que par recherche. Vous voilà même tenté de l’en féliciter.
2827facilité que par recherche. Vous voilà même tenté de l’en féliciter. Bien plus, vous découvrez dans ses fantoches une mali
2828ter. Bien plus, vous découvrez dans ses fantoches une malicieuse et fine psychologie. Mais à ce mot, son visage s’assombrit
2829sychologie. Mais à ce mot, son visage s’assombrit un peu. « Tous nos ennuis nous seraient épargnés si nous ne regardions q
2830ent épargnés si nous ne regardions que les jambes des femmes » dit-il, pour vous apprendre ! — sans se douter que rien ne s
2831proche M. Piquedon de Buibuis, qui parle toujours de Weber… Mais au fait, si vous n’aviez pas lu ce livre ? Ah ! sans hési
2832s lu ce livre ? Ah ! sans hésiter, je vous ferais un devoir de ce plaisir. Un devoir !… Car hélas, l’on n’est pas impunéme
2833vre ? Ah ! sans hésiter, je vous ferais un devoir de ce plaisir. Un devoir !… Car hélas, l’on n’est pas impunément concito
2834 hésiter, je vous ferais un devoir de ce plaisir. Un devoir !… Car hélas, l’on n’est pas impunément concitoyen de cet oncl
2835… Car hélas, l’on n’est pas impunément concitoyen de cet oncle Abraham qui interdit à Paterne son neveu de fumer le matin,
2836et oncle Abraham qui interdit à Paterne son neveu de fumer le matin, de sortir la [p. 115] nuit, et qui lui fait jurer sur
2837i interdit à Paterne son neveu de fumer le matin, de sortir la [p. 115] nuit, et qui lui fait jurer sur la Bible de ne pas
2838[p. 115] nuit, et qui lui fait jurer sur la Bible de ne pas entrer dans les cafés. Et puis, c’est égal, ce soir, tout cela
2839out cela est sans importance, car voici « l’heure des petits arbres pourpres, l’heure où dans les bibliothèques désertes gl
2840l’heure où dans les bibliothèques désertes glisse un grand souffle oblique plein de fraîcheur et de pardon. » p. 114
2841es désertes glisse un grand souffle oblique plein de fraîcheur et de pardon. » p. 114 am. « Pierre Girard : Connais
2842se un grand souffle oblique plein de fraîcheur et de pardon. » p. 114 am. « Pierre Girard : Connaissez mieux le cœu
49 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)
2843 (août 1927) an Ces trois nouvelles n’ont guère de commun entre elles que la forme : ce sont de lentes réminiscences, de
2844uère de commun entre elles que la forme : ce sont de lentes réminiscences, des évocations intérieures, — et dans l’abandon
2845s que la forme : ce sont de lentes réminiscences, des évocations intérieures, — et dans l’abandon de leurs méandres, peu à
2846, des évocations intérieures, — et dans l’abandon de leurs méandres, peu à peu, se précisent les circonstances d’une avent
2847andres, peu à peu, se précisent les circonstances d’une aventure ancienne. Entre hier et demain : Une femme « encore jeun
2848dres, peu à peu, se précisent les circonstances d’une aventure ancienne. Entre hier et demain : Une femme « encore jeune »
2849 d’une aventure ancienne. Entre hier et demain : Une femme « encore jeune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’u
2850t demain : Une femme « encore jeune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un hom
2851demain : Une femme « encore jeune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme
2852e femme « encore jeune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme médite à c
2853eune » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme médite à côté du corps de so
2854ne » se souvient d’un danseur de ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme médite à côté du corps de son a
2855ses vingt ans, d’une aventure qui aurait pu être… Un homme médite à côté du corps de son ami suicidé pour une femme qu’ils
2856i aurait pu être… Un homme médite à côté du corps de son ami suicidé pour une femme qu’ils ont aimé tous deux (L’Amie du M
2857me médite à côté du corps de son ami suicidé pour une femme qu’ils ont aimé tous deux (L’Amie du Mort.) Ou bien c’est le ré
2858ous deux (L’Amie du Mort.) Ou bien c’est le récit d’un été de vacances, quand les premières inquiétudes du désir viennent
2859s deux (L’Amie du Mort.) Ou bien c’est le récit d’un été de vacances, quand les premières inquiétudes du désir viennent tr
2860(L’Amie du Mort.) Ou bien c’est le récit d’un été de vacances, quand les premières inquiétudes du désir viennent troubler
2861 premières inquiétudes du désir viennent troubler de ravissantes amours d’adolescents. Et c’est Un vieil été. Cette nouvel
2862 du désir viennent troubler de ravissantes amours d’adolescents. Et c’est Un vieil été. Cette nouvelle, très supérieure au
2863ler de ravissantes amours d’adolescents. Et c’est Un vieil été. Cette nouvelle, très supérieure aux deux autres, est une r
2864te nouvelle, très supérieure aux deux autres, est une réussite rare par la justesse de l’observation autant que par la symp
2865eux autres, est une réussite rare par la justesse de l’observation autant que par la sympathie de l’auteur pour ses héros.
2866esse de l’observation autant que par la sympathie de l’auteur pour ses héros. Indulgence et regrets, un ton qui permet le
2867e l’auteur pour ses héros. Indulgence et regrets, un ton qui permet le tact dans la hardiesse. On reste ravi de tant d’adr
2868i permet le tact dans la hardiesse. On reste ravi de tant d’adresse sous un air de facilité qui serait presque de la nonch
2869 le tact dans la hardiesse. On reste ravi de tant d’adresse sous un air de facilité qui serait presque de la nonchalance.
2870a hardiesse. On reste ravi de tant d’adresse sous un air de facilité qui serait presque de la nonchalance. M. Vaudoyer res
2871esse. On reste ravi de tant d’adresse sous un air de facilité qui serait presque de la nonchalance. M. Vaudoyer ressuscite
2872dresse sous un air de facilité qui serait presque de la nonchalance. M. Vaudoyer ressuscite ces adolescences [p. 245] avec
2873audoyer ressuscite ces adolescences [p. 245] avec une tendre minutie, avec une sorte d’amoureuse application du souvenir, d
2874olescences [p. 245] avec une tendre minutie, avec une sorte d’amoureuse application du souvenir, d’une séduction certaine.
2875 [p. 245] avec une tendre minutie, avec une sorte d’amoureuse application du souvenir, d’une séduction certaine. C’est un
2876ec une sorte d’amoureuse application du souvenir, d’une séduction certaine. C’est un art de détails ; mais si délicat et d
2877 une sorte d’amoureuse application du souvenir, d’une séduction certaine. C’est un art de détails ; mais si délicat et d’un
2878tion du souvenir, d’une séduction certaine. C’est un art de détails ; mais si délicat et d’une si subtile convenance avec
2879 souvenir, d’une séduction certaine. C’est un art de détails ; mais si délicat et d’une si subtile convenance avec son obj
2880ine. C’est un art de détails ; mais si délicat et d’une si subtile convenance avec son objet qu’il en saisit sans mièvreri
2881e. C’est un art de détails ; mais si délicat et d’une si subtile convenance avec son objet qu’il en saisit sans mièvrerie n
2882il en saisit sans mièvrerie ni vulgarité la grâce un peu trouble et l’insidieuse mélancolie. Un détail piqué adroitement,
2883 grâce un peu trouble et l’insidieuse mélancolie. Un détail piqué adroitement, papillon dont frémissent encore les ailes i
2884 ; l’évocation toute nervalienne en sa nostalgie, de la jeune étrangère dont on rêve à quinze ans ; et voici ce je ne sais
2885« cette vague poésie involontaire, intermittente, un peu émiettée, éventée, que je trouve dans une ancienne réalité ressus
2886nte, un peu émiettée, éventée, que je trouve dans une ancienne réalité ressuscitée… » Sachons gré à M. Vaudoyer d’avoir su
2887 réalité ressuscitée… » Sachons gré à M. Vaudoyer d’avoir su donner à ces œuvrettes une si exquise humanité : par lui le «
2888é à M. Vaudoyer d’avoir su donner à ces œuvrettes une si exquise humanité : par lui le « charme » reprend quelques droits.
50 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
2889anique, il faudra opposer l’excellent petit livre d’Edmond Jaloux. C’est un recueil de divers articles et essais, dont cer
2890er l’excellent petit livre d’Edmond Jaloux. C’est un recueil de divers articles et essais, dont certains — le Message de R
2891ent petit livre d’Edmond Jaloux. C’est un recueil de divers articles et essais, dont certains — le Message de Rilke — sont
2892rs articles et essais, dont certains — le Message de Rilke — sont du meilleur Jaloux, de ce Jaloux qui sait parler mieux q
2893 — le Message de Rilke — sont du meilleur Jaloux, de ce Jaloux qui sait parler mieux que personne des poètes scandinaves e
2894, de ce Jaloux qui sait parler mieux que personne des poètes scandinaves et des romantiques allemands parce qu’il partage a
2895rler mieux que personne des poètes scandinaves et des romantiques allemands parce qu’il partage avec eux ce goût du rêve pr
2896loux, qui a rencontré plusieurs fois Rilke, trace de lui un portrait qu’on dirait, en peinture, très « interprété ». Non p
2897ui a rencontré plusieurs fois Rilke, trace de lui un portrait qu’on dirait, en peinture, très « interprété ». Non pas une
2898dirait, en peinture, très « interprété ». Non pas une photographie morale, mais une sorte de synthèse de l’homme et de l’ho
2899terprété ». Non pas une photographie morale, mais une sorte de synthèse de l’homme et de l’homme dans son œuvre, qui est pe
2900. Non pas une photographie morale, mais une sorte de synthèse de l’homme et de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être p
2901e photographie morale, mais une sorte de synthèse de l’homme et de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être plus vraie qu
2902 morale, mais une sorte de synthèse de l’homme et de l’homme dans son œuvre, qui est peut-être plus vraie que le vrai, je
2903ilkienne que ne fut Rilke. Rilke y apparaît comme une de ces âmes mystiques et raffinées telles qu’on en découvre chez cert
2904enne que ne fut Rilke. Rilke y apparaît comme une de ces âmes mystiques et raffinées telles qu’on en découvre chez certain
2905 en découvre chez certaines femmes et l’on y voit une préciosité sentimentale qui touche à la névrose ou bien simplement un
2906entale qui touche à la névrose ou bien simplement une clairvoyance exceptionnelle, suivant que l’on juge au nom d’une scien
2907ce exceptionnelle, suivant que l’on juge au nom d’une science ou au nom de l’esprit. « Pour moi qui aime plus que tout la p
2908ompris que cet univers dont je rêvais n’était pas un objet de songe mais d’expérience ». Mais une telle « expérience », je
2909e cet univers dont je rêvais n’était pas un objet de songe mais d’expérience ». Mais une telle « expérience », je crois, n
2910dont je rêvais n’était pas un objet de songe mais d’expérience ». Mais une telle « expérience », je crois, ne peut être se
2911t pas un objet de songe mais d’expérience ». Mais une telle « expérience », je crois, ne peut être sensible qu’à des êtres
2912xpérience », je crois, ne peut être sensible qu’à des êtres pour qui elle est en somme inutile : parce qu’ils possèdent déj
2913dent déjà, au moins [p. 788] obscurément, le sens des réalités sur lesquelles s’opère l’expérience. On ne prouve la religio
2914religion qu’aux convertis — qui n’ont plus besoin de preuves. Il reste qu’un livre comme celui-ci tend un merveilleux pièg
2915s — qui n’ont plus besoin de preuves. Il reste qu’un livre comme celui-ci tend un merveilleux piège sentimental à la raiso
2916preuves. Il reste qu’un livre comme celui-ci tend un merveilleux piège sentimental à la raison raisonnante. Et qu’il nous
2917ental à la raison raisonnante. Et qu’il nous mène un peu plus loin que la sempiternelle « stratégie littéraire », de gazet
2918in que la sempiternelle « stratégie littéraire », de gazetiers ; au cœur de ces sujets qui paraît-il, ne sont pas d’actual
2919 « stratégie littéraire », de gazetiers ; au cœur de ces sujets qui paraît-il, ne sont pas d’actualité : la solitude, la m
2920 au cœur de ces sujets qui paraît-il, ne sont pas d’actualité : la solitude, la maladie, la peur. p. 787 ao. « Edmond
51 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
292191] Léon Bopp, Interférences (décembre 1927) ap Un jeune auteur raconte dans une lettre à une amie comment il a écrit, s
2922(décembre 1927) ap Un jeune auteur raconte dans une lettre à une amie comment il a écrit, sur commande, une Promenade dan
29237) ap Un jeune auteur raconte dans une lettre à une amie comment il a écrit, sur commande, une Promenade dans le Midi. Ré
2924ttre à une amie comment il a écrit, sur commande, une Promenade dans le Midi. Récit alerte et familier (un brin pédant et u
2925Promenade dans le Midi. Récit alerte et familier (un brin pédant et un brin vulgaire par endroits, mais pour rire), des di
2926Midi. Récit alerte et familier (un brin pédant et un brin vulgaire par endroits, mais pour rire), des difficultés, hésitat
2927t un brin vulgaire par endroits, mais pour rire), des difficultés, hésitations, paresses, rêves, réactions physiques, etc.,
2928êves, réactions physiques, etc., qui accompagnent une création littéraire. Bien sûr, c’est cela, le malaise d’écrire. Bopp
2929tion littéraire. Bien sûr, c’est cela, le malaise d’écrire. Bopp est très intelligent. Et plein de verve, et pas embarrass
2930ise d’écrire. Bopp est très intelligent. Et plein de verve, et pas embarrassé du tout pour vous lâcher un beau pavé mathém
2931verve, et pas embarrassé du tout pour vous lâcher un beau pavé mathématique au milieu d’une effusion « lyrique », histoire
2932vous lâcher un beau pavé mathématique au milieu d’une effusion « lyrique », histoire de n’avoir pas l’air dupe. Mais il a d
2933ue au milieu d’une effusion « lyrique », histoire de n’avoir pas l’air dupe. Mais il a des façons parfois bien désobligean
2934 », histoire de n’avoir pas l’air dupe. Mais il a des façons parfois bien désobligeantes de voir juste. Et quand son bonhom
2935 Mais il a des façons parfois bien désobligeantes de voir juste. Et quand son bonhomme se plaint de ce que son œuvre lui a
2936es de voir juste. Et quand son bonhomme se plaint de ce que son œuvre lui apparaît en même temps que « fatale », « si arbi
2937u phénomène littéraire. La « Promenade » du héros de Bopp est une sorte de pensum. Cela rend peut-être moins convaincantes
2938littéraire. La « Promenade » du héros de Bopp est une sorte de pensum. Cela rend peut-être moins convaincantes certaines de
2939. La « Promenade » du héros de Bopp est une sorte de pensum. Cela rend peut-être moins convaincantes certaines de ses rema
2940Cela rend peut-être moins convaincantes certaines de ses remarques sur l’inspiration. D’autre part la simplicité de l’obje
2941ues sur l’inspiration. D’autre part la simplicité de l’objet était nécessaire à la sécurité de cette sorte d’analyse, — en
2942plicité de l’objet était nécessaire à la sécurité de cette sorte d’analyse, — encore que Bopp ait prouvé dans son Amiel qu
2943jet était nécessaire à la sécurité de cette sorte d’analyse, — encore que Bopp ait prouvé dans son Amiel qu’il était de ta
2944re que Bopp ait prouvé dans son Amiel qu’il était de taille à affronter d’autres dédales ! Mais il a su mettre plus de cho
2945onter d’autres dédales ! Mais il a su mettre plus de choses qu’il n’y paraît d’abord dans ces 50 pages. Beaucoup sont exce
2946aucoup sont excellentes et leur facilité même est une réussite. Léon Bopp, c’est le combat d’un tempérament avec l’esprit d
2947même est une réussite. Léon Bopp, c’est le combat d’un tempérament avec l’esprit de géométrie. Un scientisme assez insolen
2948me est une réussite. Léon Bopp, c’est le combat d’un tempérament avec l’esprit de géométrie. Un scientisme assez insolent
2949p, c’est le combat d’un tempérament avec l’esprit de géométrie. Un scientisme assez insolent et les joyeuses révoltes de s
2950mbat d’un tempérament avec l’esprit de géométrie. Un scientisme assez insolent et les joyeuses révoltes de sa verve « inte
2951cientisme assez insolent et les joyeuses révoltes de sa verve « interfèrent » en lui. Et aussi (presque imperceptible, mai
2952aussi (presque imperceptible, mais ici décisive), une secrète complaisance à se regarder vivre qui est bien d’aujourd’hui —
2953ète complaisance à se regarder vivre qui est bien d’aujourd’hui — entre autres. p. 791 ap. « Léon Bopp : Interférence
52 1927, Articles divers (1924–1930). Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)
2954 [p. 8] Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1
2955] Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927) i Le sujet que M. Esmonin, pro
2956 Le sujet que M. Esmonin, professeur à la Faculté des lettres de Grenoble, traita mardi soir à la Grande salle des Conféren
2957e M. Esmonin, professeur à la Faculté des lettres de Grenoble, traita mardi soir à la Grande salle des Conférences, devant
2958 de Grenoble, traita mardi soir à la Grande salle des Conférences, devant un très bel auditoire, est un des plus passionnan
2959di soir à la Grande salle des Conférences, devant un très bel auditoire, est un des plus passionnants et des plus controve
2960es Conférences, devant un très bel auditoire, est un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de
2961Conférences, devant un très bel auditoire, est un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceu
2962ès bel auditoire, est un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceux, aussi, où il est le pl
2963un des plus passionnants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceux, aussi, où il est le plus difficile de reste
2964ants et des plus controversés de l’histoire. L’un de ceux, aussi, où il est le plus difficile de rester impartial. M. Lomb
2965 L’un de ceux, aussi, où il est le plus difficile de rester impartial. M. Lombard, recteur de l’Université, en introduisan
2966ifficile de rester impartial. M. Lombard, recteur de l’Université, en introduisant le conférencier, a fait allusion aux di
2967cation. M. Esmonin, lui, se place au point de vue de l’historien scrupuleux, qui juge d’après les textes, les causes et le
2968 causes et les effets vérifiables, et non d’après un système préconçu. (Cette attitude est plus rare qu’on ne le croit, de
2969 (Cette attitude est plus rare qu’on ne le croit, de nos jours.) M. Esmonin montra avec beaucoup de clarté comment, entre
2970avec beaucoup de clarté comment, entre 1578, date de la proclamation de l’Édit, et 1685, date de la Révocation, la France
2971arté comment, entre 1578, date de la proclamation de l’Édit, et 1685, date de la Révocation, la France passa de la plus gr
2972 date de la proclamation de l’Édit, et 1685, date de la Révocation, la France passa de la plus grande liberté à la plus gr
2973, et 1685, date de la Révocation, la France passa de la plus grande liberté à la plus grande tyrannie. En proclamant la li
2974religieuse, Henry IV mettait le royaume à la tête de la civilisation ; en interdisant aux réformés d’exercer leur religion
2975 de la civilisation ; en interdisant aux réformés d’exercer leur religion, mais en même temps de quitter le pays, Louis XI
2976ormés d’exercer leur religion, mais en même temps de quitter le pays, Louis XIV commit un des actes les plus vexatoires qu
2977n même temps de quitter le pays, Louis XIV commit un des actes les plus vexatoires que l’histoire ait enregistrés. Après a
2978ême temps de quitter le pays, Louis XIV commit un des actes les plus vexatoires que l’histoire ait enregistrés. Après avoir
2979 que l’histoire ait enregistrés. Après avoir fait un tableau de la France de l’Édit, victorieuse dans la guerre de Trente
2980oire ait enregistrés. Après avoir fait un tableau de la France de l’Édit, victorieuse dans la guerre de Trente Ans, l’orat
2981e la France de l’Édit, victorieuse dans la guerre de Trente Ans, l’orateur expose comment on en vint à la Révocation. C’es
2982tion. C’est d’abord l’influence du clergé, jaloux de ses droits considérables encore ; puis ce sont les conseillers intime
2983re ; puis ce sont les conseillers intimes du roi, un jésuite, le Père Lachaise, un archevêque libertin, Harlay de Champval
2984ers intimes du roi, un jésuite, le Père Lachaise, un archevêque libertin, Harlay de Champvallon, et surtout Madame de Main
2985ibertin, Harlay de Champvallon, et surtout Madame de Maintenon. Tous ces gens conciliant fort bien leurs intérêts immédiat
2986t fort bien leurs intérêts immédiats à leur désir de gagner le ciel, persuadent Louis XIV que la Révocation serait une œuv
2987el, persuadent Louis XIV que la Révocation serait une œuvre digne du Roy Soleil et capable de lui faire pardonner les erreu
2988n serait une œuvre digne du Roy Soleil et capable de lui faire pardonner les erreurs de sa jeunesse. Le roi, « un niais en
2989eil et capable de lui faire pardonner les erreurs de sa jeunesse. Le roi, « un niais en matière religieuse » au dire de sa
2990e pardonner les erreurs de sa jeunesse. Le roi, « un niais en matière religieuse » au dire de sa belle-sœur, la princesse
2991e roi, « un niais en matière religieuse » au dire de sa belle-sœur, la princesse palatine, se laisse facilement convaincre
2992 les statistiques faussées peuvent faire croire à une très forte diminution du nombre des protestants. Aussi ne s’effraye-t
2993aire croire à une très forte diminution du nombre des protestants. Aussi ne s’effraye-t-on pas trop, au début, de l’émigrat
2994ants. Aussi ne s’effraye-t-on pas trop, au début, de l’émigration des fidèles qui suivent leurs pasteurs proscrits. On esp
2995’effraye-t-on pas trop, au début, de l’émigration des fidèles qui suivent leurs pasteurs proscrits. On espère bien converti
2996eurs pasteurs proscrits. On espère bien convertir de gré ou de force tous ceux qui resteront « Les enfants seront du moins
2997urs proscrits. On espère bien convertir de gré ou de force tous ceux qui resteront « Les enfants seront du moins catholiqu
2998ues, si les pères sont hypocrites », écrit Madame de Maintenon. Mais bientôt l’on voit la France se dépeupler ; des indust
2999. Mais bientôt l’on voit la France se dépeupler ; des industries sont presque anéanties ; les conséquences funestes de l’ac
3000ont presque anéanties ; les conséquences funestes de l’acte de révocation commencent à se révéler politiques (guerre de la
3001e anéanties ; les conséquences funestes de l’acte de révocation commencent à se révéler politiques (guerre de la confessio
3002cation commencent à se révéler politiques (guerre de la confession d’Augsbourg) et surtout morales : car malgré des félici
3003 à se révéler politiques (guerre de la confession d’Augsbourg) et surtout morales : car malgré des félicitations arrachées
3004sion d’Augsbourg) et surtout morales : car malgré