1 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
1 leur sujet trop pittoresque. « Honneur et longue fidélité aux taureaux braves et simplets d’esprit ! Qu’ils paissent éternellem
2 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
2d’un adieu et calculer rapidement le retour à une fidélité plus profonde. Fidélité à sa loi individuelle, quelles merveilleuses
3apidement le retour à une fidélité plus profonde. Fidélité à sa loi individuelle, quelles merveilleuses duperies cela suppose. M
3 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
4es sentiments, à un manque de caractère aussi. La fidélité véritable est une œuvre d’art qui demande un long effort, et les Vien
5rd, je situe l’amour dans un monde où la question fidélité ou inconstance ne se pose plus. Vous le savez, je n’ai aimé qu’une fe
4 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
6es. Mais il faudrait mettre en balance une longue fidélité peut-être orgueilleuse, puisque Goethe tenait ses faiblesses pour des
5 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 12. Communauté révolutionnaire
7e la vocation, c’est-à-dire, pour un chrétien, la fidélité de l’homme à persévérer dans sa mission particulière en dépit de tout
6 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
8but unique des Réformateurs était de restaurer la fidélité de l’Église à la Parole de Dieu. Jamais ils n’ont admis d’être présen
7 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iv. Qu’est-ce que la politique ?
9de droite. À gauche, on fait volontiers passer la fidélité au parti avant la fidélité au bien commun de la nation. Ainsi, quand
10t volontiers passer la fidélité au parti avant la fidélité au bien commun de la nation. Ainsi, quand tout va bien, quand la mach
8 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
11 que le désespoir, l’espérance, la présence ou la fidélité. Certes, l’exemple de la phénoménologie a ouvert la voie à une nouvel
12us donner l’exemple d’une « présence » et d’une « fidélité » vraiment chrétienne. « Philosopher, c’est apprendre à mourir », dis
13l’être, à condition qu’elle soit soutenue par une fidélité que l’auteur définit comme « une présence activement perpétuée ». Et
9 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kasimir Edschmid, Destin allemand (octobre 1934)
14fonde de leur nation, que Pillau définit comme la fidélité, et de tout sacrifier à cette fidélité. À mesure qu’ils s’éloignent d
15t comme la fidélité, et de tout sacrifier à cette fidélité. À mesure qu’ils s’éloignent de leur patrie, cette image grandit en e
16pires solides, des valeurs morales stables, de la fidélité. Les blancs seuls savent tenir une parole, se sacrifier à une cause d
10 1934, Esprit, articles (1932–1962). Définition de la personne (décembre 1934)
17st rien devant sa vocation, qu’un doute ; mais la fidélité de la personne n’est pas vaine. Dans la très confuse partie que nous
11 1935, Esprit, articles (1932–1962). Kasimir Edschmid, Destin allemand (mai 1935)
18ous affirmer que par le sacrifice. » Sacrifice et fidélité, voilà ce qui définit leur dernière dignité d’Allemands dans les tort
12 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.1. Le problème de la culture
19de l’importance qu’il y aurait à la traduire avec fidélité. En d’autres termes, si l’on néglige le langage, on néglige la cultur
13 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.6. L’Arche de l’Alliance
20omble la mesure. Ce n’est pas la richesse mais la fidélité. Ce ne sont pas les moyens en eux-mêmes mais les moyens mesurés par l
21 fin. C’est pourquoi sa pauvreté même garantit la fidélité de la culture du peuple hébreu. C’est une ascèse : il s’agit de détru
14 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.13 Commune mesure et acte de foi
22 qui se détruisent d’elles-mêmes, malgré toute la fidélité de ceux qui sacrifient leur vie pour les maintenir, parce qu’elles po
15 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
23soumettre nos jugements les plus intimes avec une fidélité [p. 150] pesante et très sévère. Il s’agit, pour parler un langage po
16 1936, Esprit, articles (1932–1962). Francfort, 16 mars 1936 (avril 1936)
24en moi ! — un seul cri des masses confessant leur fidélité lui répondit. » Cri désignant ici la clameur instantanée de 30 000 ho
17 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
25el, — par quoi j’entends d’orientation intime, de fidélité essentielle, en un mot, de finalité. D’où résultent nécessairement un
18 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Qu’est-ce que la politique ? (juin 1936)
26de droite. À gauche, on fait volontiers passer la fidélité au parti avant la fidélité au bien commun de la nation. Ainsi, quand
27t volontiers passer la fidélité au parti avant la fidélité au bien commun de la nation. Ainsi, quand tout va bien, quand la mach
19 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
28en moi ! — un seul cri des masses confessant leur fidélité lui répondit. » Je n’oublierai plus ce « cri », cette clameur instan
20 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
29logiques, ou de plaisanteries vaudevillesques. La fidélité dans le mariage paraît légèrement ridicule : elle prend figure de con
30a perdu la seule chose nécessaire : le sens de la fidélité. Car voici la fidélité : c’est l’acceptation décisive d’un être en so
31nécessaire : le sens de la fidélité. Car voici la fidélité : c’est l’acceptation décisive d’un être en soi, limité et réel, que
21 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
32 [p. 231] L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938) ap I. Nécessité d’un parti pris À l’heure où cet o
33cun cynisme, peut servir de point de départ à une fidélité réelle ; et je ne dis pas à une fidélité qui soit une recette de « bo
34rt à une fidélité réelle ; et je ne dis pas à une fidélité qui soit une recette de « bonheur », mais bien à une fidélité qui soi
35 soit une recette de « bonheur », mais bien à une fidélité qui soit possible, n’étant pas compromise en germe par un calcul forc
36erme par un calcul forcément inexact. 4. Sur la fidélité On fausse l’éthique du mariage en faisant de la promesse de fidélité
37l’éthique du mariage en faisant de la promesse de fidélité un problème, alors que le problème ne devrait se [p. 239] poser qu’à
38problème est de savoir comment Lui obéir.) Car la fidélité est sans raisons — ou elle n’est pas — comme tout ce qui porte une ch
39 Car pour ceux du siècle présent, je pense que la fidélité se définit comme la moins naturelle des vertus, et la plus désavantag
40 Bonheur ». À leurs yeux et dans leur langage, la fidélité conjugale est le succès d’un effort « inhumain ». Leur revendication
41ie, s’y oppose diamétralement. Ils considèrent la fidélité comme une discipline imposée (aux humeurs et désirs spontanés) par un
42. 240] social soutient encore, en fait, l’idée de fidélité. Mais l’obstacle n’est pas sérieux, on le tourne de tous les côtés. V
43tionaliste ou hédoniste, je ne parlerai que d’une fidélité observée en vertu de l’absurde, parce qu’on s’y est engagé, simplemen
44sonne même des époux. Il faut bien voir que cette fidélité est à contre-courant des valeurs aujourd’hui vénérées par presque tou
45e de qualités possible. Elle nie que le but de la fidélité soit le bonheur. Elle affirme scandaleusement que c’est avant tout l’
46second lieu la volonté de faire une œuvre. Car la fidélité n’est pas du tout une espèce de conservatisme. Elle est plutôt une co
47he à dominer, non pas à fuir. Je dis qu’une telle fidélité fonde la personne. Car la personne se manifeste comme une œuvre, au s
48 et aux mêmes conditions, dont la première est la fidélité à quelque chose qui n’était pas, mais que l’on crée. Personne, œuvre,
49tait pas, mais que l’on crée. Personne, œuvre, et fidélité : les trois mots ne sont point séparables ou concevables isolément. E
50r. Ainsi, dans la plus humble vie, la promesse de fidélité introduit une chance de faire œuvre, et d’accéder au plan de la perso
51sa chance immédiate de grandeur, et c’est dans la fidélité « absurde » qu’elle pourra la réaliser : quand il y aurait toutes les
52t qui soit le contraire d’une ardeur exaltée ? La fidélité dont je parle est une folie, mais la plus sobre et quotidienne. Une f
53le est fidèle. (Pour ne rien dire des successives fidélités de nos « liaisons », et de tous ces Tristans qui ne sont au vrai que
54 ces paroles : « Je suis toi-même ! » Ainsi de la fidélité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ig
55érieure, la « joie suprême » d’Isolde agonisante. Fidélité qui consume la vie, mais qui consume aussi la faute, et divinise un m
56é, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’accéder à une vie
57a fiancée perdue. C’est l’émouvante formule de la fidélité courtoise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans
58ise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans le mariage est au contraire un engagement absolument pris pour c
59elle exige un retour au monde réel, tandis que la fidélité courtoise ne signifiait qu’une évasion. Dans le mariage, c’est à l’au
60pas à son moi d’abord, que celui qui aime voue sa fidélité. Et tandis que la fidélité de Tristan était un perpétuel refus, une v
61celui qui aime voue sa fidélité. Et tandis que la fidélité de Tristan était un perpétuel refus, une volonté d’exclure et de nier
62iversité, d’empêcher le monde d’envahir l’âme, la fidélité des époux est l’accueil de la créature, la volonté d’accepter l’autre
63 est, dans son intime singularité. Insistons : la fidélité dans le mariage ne peut pas être cette attitude négative qu’on imagin
64 serait une preuve d’indigence et non d’amour. La fidélité veut bien plus : elle veut le bien de l’être aimé, et lorsqu’elle agi
65fie la personne. À ce terme, on découvrira que la fidélité dans le mariage est la loi d’une vie nouvelle ; et non point de la vi
66iniser. Et c’est ce qu’atteste l’expérience de la fidélité dans le mariage. Car cette fidélité se fonde justement sur le refus i
67érience de la fidélité dans le mariage. Car cette fidélité se fonde justement sur le refus initial et juré de « cultiver » les i
68ncrète de la relation des égaux. L’exercice de la fidélité envers une femme accoutume à considérer les autres femmes d’une maniè
69. Au contraire de l’homme érotique, l’homme de la fidélité ne cherche plus à voir dans une femme seulement ce corps intéressant
70déconcertée, au lieu de se faire obsédante, et la fidélité se garantit par la lucidité qu’elle développe. L’emprise du mythe fai
71onne. En d’autres termes, on pourrait dire que la fidélité se garantit elle-même contre l’infidélité, du simple fait qu’elle hab
72l a de particulier. C’est tout le secret de notre fidélité. La sagesse orientale cherche la connaissance dans l’abolition progre
73init en même temps les conditions profondes de la fidélité, de la personne, du mariage, — et du refus de la passion. Elle suppos
74cette volonté centrale, ou en dévie, compromet la fidélité, et donne des chances nouvelles à la passion. C’est notre vie et notr
75u’elle n’y succombe point) retrouve le sens d’une fidélité gagée au moins sur des institutions solides, à la mesure de la person
76es décisions toujours actuelles qui fondent notre fidélité. Quoi qu’il arrive, heur ou malheur, le sort du monde nous importe bi
77e par cette action d’obéissance qui est la vie de fidélité. Vivre alors « comme tout le monde », mais « en vertu de l’absurde »,
78est peut-être que cette œuvre était le lieu de sa fidélité la plus réelle. Pourquoi chercher ailleurs que dans la vocation vraim
79s heureux. Mais l’horizon n’est plus le même. Une fidélité gardée au nom de ce qui ne change pas comme nous, révèle peu à peu so
22 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
80n conduit Iseut au roi parce qu’il est lié par la fidélité du chevalier ; — les amants se séparent, au terme des trois années da
81ècle, si exigeants dès qu’il s’agit d’honneur, de fidélité au suzerain, laissent passer sans un mot de commentaire tant d’action
82res motifs allégués. En effet, si la morale de la fidélité au suzerain exige que Tristan livre à Marc la fiancée qu’il alla quér
83’autres raisons de le croire. La conception de la fidélité et du mariage, selon l’amour courtois, est seule capable d’expliquer
84finies et de guerres, l’amour courtois oppose une fidélité indépendante du mariage légal et fondée sur le seul amour. Il en vien
85’excusés, magnifiés comme exprimant une intrépide fidélité à la loi supérieure du donnoi, c’est-à-dire de l’amour courtois. (Don
86é entre l’amant-chevalier et sa Dame, ou domina.) Fidélité incompatible avec celle du mariage, on l’a vu. Le Roman ne manque pas
87’aiment hors du mariage et contre lui. Mais cette fidélité courtoise présente un trait des plus curieux : elle s’oppose, autant
88Tristan choisira donc, dans ce cas, d’observer la fidélité féodale, masque et complice énigmatique de la fidélité courtoise. Il
89ité féodale, masque et complice énigmatique de la fidélité courtoise. Il choisit en toute liberté, car nous avons marqué plus ha
90 est vrai qu’ils sont, l’un envers l’autre, d’une fidélité exemplaire. Mais le malheur, c’est que l’amour qui les « demeine » n’
23 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
91 chrétien, en devenant un sacrement, imposait une fidélité insupportable à l’homme naturel. Supposons le cas du converti par for
92mmage musical. Il lui jure à genoux une éternelle fidélité, comme on fait à un suzerain. En gage d’amour, la dame donnait à son
93(échangé par Tristan et Iseut) est le signe d’une fidélité qui justement n’est pas celle des corps. Soulignons enfin ce fait cap
94us de la cortezia : humilité, loyauté, respect et fidélité envers la Dame, sont ici rapportées expressément au refus de l’amour
95brûlés. On sait qu’Iseut, soupçonnée de trahir sa fidélité au roi Marc, s’offre au jugement par un mouvement d’orgueil et de déf
24 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
96ons, les amants échangent l’anneau de l’éternelle fidélité et du secret. La soumission ne sera donc qu’apparente. Et le jugement
25 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
97ine de se plaindre d’être trop enchaîné par cette fidélité — alors qu’on voit tout au contraire qu’il désespère de ne point l’êt
98 que ma mort donnerait à l’humanité un exemple de fidélité éternelle, et qu’elle instaurerait, en quelque sorte, la possibilité
26 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
99sa naissance. « Droit de butin, droit d’attaque — fidélité à la parole donnée sont régis par des règles semblables à celles qui
100courtes fiançailles, et que le droit du mari à la fidélité de l’épouse ne revêtait pas ce caractère absolu qu’il avait pris dans
27 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
101logiques, ou de plaisanteries vaudevillesques. La fidélité dans le mariage paraît légèrement ridicule : elle prend figure de con
102a perdu la seule chose nécessaire : le sens de la fidélité. Car voici la fidélité : c’est l’acceptation décisive d’un être en so
103nécessaire : le sens de la fidélité. Car voici la fidélité : c’est l’acceptation décisive d’un être en soi, limité et réel, que
28 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
104 [p. 322] Livre VII L’amour action, ou de la fidélité 1. Nécessité d’un parti pris À l’heure où cet ouvrage touche à sa co
105cun cynisme, peut servir de point de départ à une fidélité réelle ; et je ne dis pas à une fidélité qui soit une recette de « bo
106rt à une fidélité réelle ; et je ne dis pas à une fidélité qui soit une recette de « bonheur », mais bien à une fidélité qui soi
107 soit une recette de « bonheur », mais bien à une fidélité qui soit possible, n’étant pas compromise en germe par un calcul forc
108erme par un calcul forcément inexact. 4. Sur la fidélité On fausse l’éthique du mariage en faisant de la promesse de fidélité
109l’éthique du mariage en faisant de la promesse de fidélité un problème, alors que le problème ne devrait se poser qu’à partir de
110problème est de savoir comment Lui obéir.) Car la fidélité est sans raisons — ou elle n’est pas — comme tout ce qui porte une ch
111 Car pour ceux du siècle présent, je pense que la fidélité se définit comme la moins naturelle des vertus, et la plus désavantag
112». À leurs [p. 331] yeux et dans leur langage, la fidélité conjugale est le succès d’un effort « inhumain ». Leur revendication
113ie, s’y oppose diamétralement. Ils considèrent la fidélité comme une discipline imposée (aux humeurs et désirs spontanés) par un
114’ordre social soutient encore, en fait, l’idée de fidélité. Mais l’obstacle n’est pas sérieux, on le tourne de tous les côtés. V
115tionaliste ou hédoniste, je ne parlerai que d’une fidélité observée en vertu de l’absurde, parce qu’on s’y est engagé, simplemen
116a personne des époux. Il faut bien voir que cette fidélité est à contre-courant des valeurs aujourd’hui vénérées par presque tou
117e de qualités possible. Elle nie que le but de la fidélité soit le bonheur. Elle affirme scandaleusement que c’est avant tout l’
118second lieu la volonté de faire une œuvre. Car la fidélité n’est pas du tout une espèce de conservatisme. Elle est plutôt une co
119he à dominer, non pas à fuir. Je dis qu’une telle fidélité fonde la personne. Car la personne se manifeste comme une œuvre, au s
120 et aux mêmes conditions, dont la première est la fidélité à quelque chose qui n’était pas, mais que l’on crée. Personne, œuvre
121était pas, mais que l’on crée. Personne, œuvre et fidélité : les trois mots ne sont point séparables ou concevables isolément. E
122r. Ainsi, dans la plus humble vie, la promesse de fidélité introduit une chance de faire œuvre, et de s’élever au plan de la per
123sa chance immédiate de grandeur, et c’est dans la fidélité « absurde » qu’elle pourra la réaliser : quand il y aurait toutes les
124t qui soit le contraire d’une ardeur exaltée ? La fidélité dont je parle est une folie, mais la plus sobre et quotidienne. Une f
125le est fidèle. (Pour ne rien dire des successives fidélités de nos « liaisons », et de tous ces Tristans qui ne sont au vrai que
126 ces paroles : « Je suis toi-même ! » Ainsi de la fidélité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ig
127érieure, la « joie suprême » d’Isolde agonisante. Fidélité qui consume la vie, mais qui consume aussi la faute, et divinise un m
128é, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’accéder à une vie
129a fiancée perdue. C’est l’émouvante formule de la fidélité courtoise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans
130ise ; une négation sans retour de la vie. Mais la fidélité dans le mariage est au contraire un engagement pris pour ce monde. Pa
131elle exige un retour au monde réel, tandis que la fidélité courtoise ne signifiait qu’une évasion. Dans le mariage, c’est à l’au
132mps qu’à son vrai moi, que celui qui aime voue sa fidélité. Et tandis que la fidélité de Tristan était un perpétuel refus, une v
133celui qui aime voue sa fidélité. Et tandis que la fidélité de Tristan était un perpétuel refus, une volonté d’exclure et de nier
134iversité, d’empêcher le monde d’envahir l’âme, la fidélité des époux est l’accueil de la créature, la volonté d’accepter l’autre
135 est, dans son intime singularité. Insistons : la fidélité dans le mariage ne peut pas être cette attitude négative qu’on imagin
136 serait une preuve d’indigence et non d’amour. La fidélité veut bien plus : elle veut le bien de l’être aimé, et lorsqu’elle agi
137fie la personne. À ce terme, on découvrira que la fidélité dans le mariage est la loi d’une vie nouvelle ; et non point de la vi
138diviniser. C’est ce qu’atteste l’expérience de la fidélité dans le mariage. Car cette fidélité se fonde justement sur le refus i
139érience de la fidélité dans le mariage. Car cette fidélité se fonde justement sur le refus initial et juré de « cultiver » les i
140ncrète de la relation des égaux. L’exercice de la fidélité envers une femme accoutume à [p. 339] considérer les autres femmes d’
141. Au contraire de l’homme érotique, l’homme de la fidélité ne cherche plus à voir dans une femme seulement ce corps intéressant
142déconcertée, au lieu de se faire obsédante, et la fidélité se garantit par la lucidité qu’elle développe. L’empire du mythe faib
143onne. En d’autres termes, on pourrait dire que la fidélité se garantit elle-même contre l’infidélité du simple fait qu’elle habi
144 mythe est né de rêves compensateurs — soit d’une fidélité contrainte et détestée, soit d’une jalousie masochiste, soit enfin d’
145l a de particulier. C’est tout le secret de notre fidélité. La sagesse orientale cherche la connaissance dans l’abolition progre
146init en même temps les conditions profondes de la fidélité, de la personne, du mariage — et du refus de la passion. Elle suppose
147cette volonté centrale, ou en dévie, compromet la fidélité et donne des chances nouvelles à [p. 346] la passion. C’est notre vie
148’elle n’y succombe point), retrouve le sens d’une fidélité gagée au moins sur des institutions solides, à la mesure de la person
149es décisions toujours actuelles qui fondent notre fidélité. Quoi qu’il arrive, heur ou malheur, le sort du monde nous importe bi
150e par cette action d’obéissance qui est la vie de fidélité. Vivre alors « comme tout le monde », mais « en vertu de l’absurde »,
151est peut-être que cette œuvre était le lieu de sa fidélité la plus réelle. Pourquoi chercher ailleurs que dans la vocation vraim
152. Mais l’horizon n’est plus le [p. 351] même. Une fidélité gardée au Nom de ce qui ne change pas comme nous, révèle peu à peu so
29 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
153in dans les deux légendes, l’amour courtois et sa fidélité triomphent idéalement du mariage et de sa fidélité, en même temps que
154idélité triomphent idéalement du mariage et de sa fidélité, en même temps que des liens féodaux. Mais les différences ne sont pa
155er d’autres nœuds, pour s’assurer davantage de la fidélité et de la constance de la personne aimée. C’est léser le droit des ama
30 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Don Juan (juillet 1939)
156 C’étaient les femmes qu’il n’avait pas eues, par fidélité à la sienne. Où est la tricherie ? Dans ce défi installée au cœur de
31 1940, Mission ou démission de la Suisse. 1. Le protestantisme créateur de personnes
157but unique des Réformateurs était de restaurer la fidélité de l’Église à la Parole de Dieu. Jamais ils n’ont admis d’être présen
32 1940, Mission ou démission de la Suisse. 4. La Suisse que nous devons défendre
158 de papier ! La Confédération reste fondée sur la fidélité à la parole jurée, le nom l’indique, et surtout en allemand : Eidgeno
33 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
159e l’autorité en soi, mais au contraire par grande fidélité à l’autorité de l’Évangile, fondement unique et suffisant de la seule
34 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
160changé, elle aussi. Quel sens aurait encore notre fidélité, quand elle s’oppose à la loi même de la Vie ? Est-il “ sincère ” de
161 ou l’Autre… ⁂ Cet « amour » qui détruit tant de fidélités, non par sa force, mais au contraire par les faiblesses qu’il autoris
162ir exceptionnel de concentration, c’est-à-dire de fidélité ; enfin le mépris des biens terrestres et du bonheur. Ce composé ne s
35 1942, La Part du Diable (1982). V. Le Bleu du Ciel
163 le sens des mots, il détruit la base même de nos fidélités. Il sait que partout où l’on appelle un chat un chat, le mal recule e
36 1942, La Vie protestante, articles (1938–1961). Perspectives d’avenir du protestantisme (2 janvier 1942)
164» comme on disait au xvie siècle. Et c’est notre fidélité même à la Réforme qui nous fait nous réjouir d’une perspective où nos
37 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 1. Le silence de Goethe
165is il faudrait alors mettre en balance une longue fidélité peut-être orgueilleuse, puisque Goethe tenait ses faiblesses pour des
38 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 6.. Le Journal d’André Gide
166e l’autorité en soi, mais au contraire par grande fidélité à l’autorité [p. 156] de l’Évangile, fondement unique et suffisant de
39 1946, Journal des deux Mondes. 16. Journal d’un retour
167mour plus large de l’humain, une conception de la fidélité qui ne soit plus exclusive de la curiosité, un accueil plus ferme et
40 1946, Foi et Vie, articles (1928–1977). Fédéralisme et œcuménisme (octobre 1946)
168e la communauté. Et la communauté est liée par sa fidélité à l’Éternel. Ainsi les droits et les devoirs du particulier ont le mê
41 1947, Doctrine fabuleuse. 9. Don Juan
169 C’étaient les femmes qu’il n’avait pas eues, par fidélité à la sienne. » Où est la tricherie ? Dans le défi, installé au cœur d
42 1947, Vivre en Amérique. 3. Vie privée
170ir exceptionnel de concentration, c’est-à-dire de fidélité ; enfin le mépris des biens terrestres et du bonheur… L’amour-passion
43 1948, Suite neuchâteloise. IV
171raste, son humanité singulière. Et maintenant, la fidélité même à cet exemple m’inciterait à ne point m’attarder. (J’entends enc
44 1953, La Confédération helvétique. 1. Le peuple et son histoire
172ou d’une nation. La Suisse ne subsiste que par la fidélité de ses cantons à une alliance indiscutée, donc sans terme prévu. C’es
173dition suisse : réalisme, sobriété, spiritualité, fidélité à l’Alliance primitive. Au solitaire laïque s’oppose trait pour trait
174er à un Empire désormais dénaturé », — un acte de fidélité à la mission perpétuelle des « gardiens du cœur de l’Europe ». La Réf
175ur offrir des garanties de durée. Prudemment, par fidélité à la continuité profonde de son histoire, la Suisse demanda et obtint
45 1953, La Confédération helvétique. 4. La famille et l’éducation
176rès la Seconde Guerre mondiale 29 . Cependant, la fidélité aux liens familiaux, aux parentés, aux cousinages, et d’autre part le
46 1953, La Confédération helvétique. 6. Le peuple suisse et le monde
177it moins d’un choix que d’une nécessité, et d’une fidélité contractuelle. De plus, à ces reproches d’ordre moral, la Suisse a ré
47 1953, Preuves, articles (1951–1968). Deux princes danois : Kierkegaard et Hamlet (février 1953)
178e « communication indirecte ». Et maintenant, par fidélité à la méthode de Kierkegaard, passons sans transition à l’« énoncé dir
48 1955, Preuves, articles (1951–1968). Le Château aventureux : Passion, Révolution, Nation (mai 1955)
179sein même du monde féodal, qui est le monde des « fidélités ». Tristan, pris de passion, viole tous les interdits moraux, sociaux
180i, perdu par moi ! » Vocation de souffrance et de fidélité jusqu’à la mort divinisante, mais un seul être a pris la place de tou
49 1956, Preuves, articles (1951–1968). Sur le rêve des sciences (décembre 1956)
181en crée d’autant plus qu’il est moins sûr de leur fidélité, ou de la sienne. (Ainsi Don Juan multiplie ses conquêtes.) Les nouve
50 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. I. Première partie. La Voie et l’Aventure — 1. Où les voies se séparent
182les dont il se croyait sûr, telles que courage et fidélité, obéissance, sacrifice, ordre et discipline, sont ici arrachées de le
51 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 3. La spire et l’axe
183s liens moraux et ce mépris des limites comme des fidélités, vont laisser l’homme désemparé, étranger à soi-même dans une cité tr
52 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 4. Le Château aventureux
184me du [p. 98] monde féodal qui est le monde des « fidélités ». Tristan pris de passion viole tous les interdits moraux, sociaux e
185i, perdu par moi ! » Vocation de souffrance et de fidélité jusqu’à la mort divinisante, mais un seul être a pris la place de tou
53 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Introduction. L’érotisme et les mythes de l’âme — c. Présence des mythes et leurs pouvoir dans divers ordres
186 se sent plus doué pour le malheur d’amour, ou la fidélité. La seconde raison tient au fait que l’amour est lié plus que toute a
187 même manière : non par leur « réalisme » ou leur fidélité aux apparences quotidiennes, mais par leur pouvoir d’expression du sa
54 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 2. Deux princes danois. Kierkegaard et Hamlet
188e « communication indirecte ». Et maintenant, par fidélité à la méthode de Kierkegaard, passons sans transition à l’« énoncé dir
55 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 3. Don Juan
189. C’étaient les femmes qu’il n’avait pas eues par fidélité à la sienne. » Où est la tricherie ? Dans le défi, installé au cœur d
56 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 4. Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
190ustifications de la rupture et d’assurances de sa fidélité. « Qui comprendra cette contradiction de la douleur : ne point se rév
57 1961, Vingt-huit siècles d’Europe. VII. L’Ère des fédérations. De l’Unité de culture à l’union politique — VII.4. L’Unité dans la diversité. Fondement de l’Union fédérale
191re. … Le mal du nationalisme ne réside ni dans sa fidélité aux traditions du passé, ni dans sa revendication de l’unité national
58 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (I) (avril 1961)
192ustifications de la rupture et d’assurances de sa fidélité. « Qui comprendra cette contradiction de la douleur : ne point se rév
59 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. IV. La Suisse, dans l’avenir européen
193 c’est à lui en premier lieu que doit aller notre fidélité ; que patrie et humanité ne s’excluent pas, voilà où réside le grand
60 1969, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). La région n’est pas un mini-État-nation (hiver 1969-1970)
194 demeurera longtemps encore le principal foyer de fidélité, particulièrement pour les peuples récemment émancipés et économiquem
61 1970, Lettre ouverte aux Européens. I. L’unité de culture
195taire et personnel et les valeurs d’honneur et de fidélité, la seconde apportant le sens du rêve, rédemption spirituelle de l’éc
196 les valeurs germaniques d’honneur guerrier et de fidélité au clan se composent avec les valeurs chrétiennes toutes contraires d
62 1970, Lettre ouverte aux Européens. IV. Vers une fédération des régions
197 demeurera longtemps encore le principal foyer de fidélité, particulièrement pour les peuples récemment émancipés et économiquem
63 1970, L’Un et le Divers ou la Cité européenne. II. La Cité européenne
198aire et personnel, et les valeurs d’honneur et de fidélité, la seconde apportant le sens du rêve et le grand thème de la Quête a
64 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
199nes féminins m’ont approuvé pour ma défense de la fidélité, tout en paraissant regretter que j’exclue la passion du mariage (ce
200ariage spirituel, aussi dites épithalamiques ? La fidélité que j’ai prônée, et que beaucoup confondent avec un règlement de poli
65 1972, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Suite des Méfaits (1972)
201t en inculquer les dogmes, tels que celui de la « fidélité inconditionnelle à l’idéologie de la croissance économique ». (p. 115
66 1977, L’Avenir est notre affaire. I. Système de la crise — 2. Le grand litige
202n d’État, et même, pour certains d’entre eux, par fidélité à leur mission ! C’est cette mission, et non pas eux, que je réprouve
67 1977, L’Avenir est notre affaire. II. De la prévision — 8. Deuxième histoire de fous : Hitler
203reconnaître les éléments religieux de leur propre fidélité au Parti, même lorsqu’ils le jugent scélérat (voir là-dessus L’Aveu d
68 1977, L’Avenir est notre affaire. III. Repartir de l’Homme — 9. Devenir soi-même
204: enracinement ou mobilité ; sécurité ou risque ; fidélité ou quête de l’inconnu ; tradition ou innovation… Distingué de la mas
69 1977, L’Avenir est notre affaire. III. Repartir de l’Homme — 10. Passage de la personne à la Cité
205t demeurer soumis au contrôle en tout temps de la fidélité de son service. Répartition : il y a de l’État, c’est-à-dire : une fo