1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1u d’un piano dont il a coupé les cordes, mais pas toutes, en sorte que plusieurs touches sonnent encore, et c’est là-dessus qu
2 avec son banc et ses lilas fleuris qui trempent… Tout est familier, paisible au soleil. Il passait des heures à cette fenêt
3 Il y a pourtant cette petite chambre… Est-ce que tout cela existe dans le même monde ? (Il est bon de poser parfois de ces
4tions naïves.) Lui aussi a vécu dans cette ville, tout semblable à ces théologiens aux yeux voilés, aux pantalons trop court
5ilés, aux pantalons trop courts, qui se promènent tout seuls… Et puis, il lui est arrivé quelque chose de terrible, où il a
6néreuses autour d’eux… Cela s’oublie. Et l’amour, tout justement, nous fait comprendre, dans le temps même qu’il nous entr’o
7 leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! Tout redevient autour de moi insuffisant, transitoire, allusif. Tout se re
8 autour de moi insuffisant, transitoire, allusif. Tout se remet à signifier l’absence.      p. 354 n. « La Tour de Höld
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
9Barrès. Le rapprochement est peut-être prématuré, tout au plus peut-on dire qu’à l’heure présente déjà, son œuvre, comme cel
10la vérité. Dès son premier livre, il s’est montré tout entier, il a bravement affirmé son unité. Car le temps n’est plus, où
11 doctrine de M. de Montherlant, qui en est sortie toute formée et casquée pour la lutte de l’après-guerre. ⁂ Deux philosophie
12urras, est ce qu’il importe de sauvegarder, avant tout autre principe. Jusqu’ici, rien d’original dans cette conception simp
13rs par des façons cavalières un peu intimidantes. Toute une partie du Paradis à l’ombre des épées 1 , son dernier livre, est
14able : « Ces simplifications valent ce que valent toutes les simplifications, qu’on les appelle ou non idées générales, et j’a
15e sauvage et déloyale, la morale d’équipe devient toute la morale, et les qualités indispensables au bon équipier deviennent
16e monde ancien : La moitié est plus grande que le tout ». Le sport comme un apprentissage de la vie : tout servira plus tard
17ut ». Le sport comme un apprentissage de la vie : tout servira plus tard : Ô garçons, il y a un brin du myrte civique tress
18uipe. Le cœur connaît la présence muette et sûre. Toutes ces choses ne se font pas en vain. Le chef se dresse entre les dix qu
19échauffer sur de la précision. » On évitera ainsi tout niais romantisme. Je sais bien ce qu’on objectera : le sport ainsi co
20ormez des jeunes filles assez fortes pour pouvoir tout lire, et il n’y aura plus besoin de roman catholique. » C’est ce qu’o
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
21elent de barbarie, un assez malsain goût du sang. Tout cela s’est purifié dans le Chant funèbre. Et une phrase telle que « …
22ères. « Il faut que la paix, ce soit vivre. » Par tout un livre libéré de souvenirs héroïques, peut-être trop grands pour la
23e qui fut Rome ou la Grèce, revivre sa tradition. Toute son œuvre pourrait se définir : la lutte d’un tempérament avec la réa
24phée d’une génération casquée. Feu consumateur de toute faiblesse, flamme d’une pureté si rare en notre siècle, qu’elle paraî
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
25primer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pens
26de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthé
27 tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. » (p. 42). Le Surréalisme ne sera
28orte de méthode des textes généralisée ? Point du tout ! Il paraît qu’il est la seule attitude littéraire aujourd’hui concev
29u Rêve autant de cellules isolées que de rêveurs. Toute poésie est incommunicable, le poète étant un simple sténographe de se
30ison aux 75 pages où il voulut nous persuader que tout poème doit être une dictée non corrigée du Rêve. Je reconnais à chaqu
31r Breton de préméditation… À quoi sert, dès lors, tout cet appareil psychologique si scolaire ? À donner le change sur la pa
32e que c’est que la « liberté » d’un esprit pur de tout finalisme ! Surréalisme S.A., entreprise pour l’exploitation de matér
33ons d’une anarchie dont les causes semblent avant tout morales. Les tendances encore un peu vagues d’un groupe tel que Philo
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
34 fournissent un meilleur motif à l’admiration que tout le lyrisme dont on a voulu charger la « vie héroïque » de Vincent. M.
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
35git, et Jean Schlumberger le définit encore : « … tout ce qui est opposé à l’esprit occidental, tout ce qui peut servir d’an
36« … tout ce qui est opposé à l’esprit occidental, tout ce qui peut servir d’antidote à sa fièvre et à sa logique. » On confo
37on.) Il y a enfin ceux qui refondent et combinent toutes ces opinions ; et ceux qui avouent n’en point avoir, sincérité trop r
38nt n’en point avoir, sincérité trop rare… Presque toutes les réponses, conclusions ou interrogations, ont le défaut de n’être
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
39vost, en un saisissant raccourci psychologique. « Tout homme normal est fait de plusieurs fous qui s’annulent », écrit-il. C
40 veut être soi purement, qui veut éliminer de soi tout ce qui est déterminé par l’extérieur, — ce fou que nous portons tous
41 ». L’expérience est terminée. Artificielle comme toute expérience, elle n’en est pas moins probante. Une œuvre d’art que ce
42 Une œuvre d’art que ce petit livre ? C’est avant tout une démonstration ; mais, puissante de sûreté et d’évidence, elle a c
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
43ies de son dernier roman sans exposer et discuter toutes les idées qu’elles illustrent. Les personnages discutent certes, mais
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
44 par ailleurs Vinet déborde le « sellièrisme » de tout son mysticisme protestant. Et cela n’est pas sans gêner M. Seillière.
45lectuelles et morales du grand vaudois. Vraiment, tout ce qui semble viable et humain dans la critique moderne du romantisme
10 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
46’embrassaient comme des gens qui auraient eu faim toute leur vie… Markovitch, derrière sa vitre, tremblait si fort qu’il avai
47pour l’exploitation des ruines. On sait le reste. Tout cela, Walpole ne le dit pas. Mais ses personnages le suggèrent de tou
48 le dit pas. Mais ses personnages le suggèrent de toute la force du trouble qu’ils créent en nous : Markovitch par exemple, o
11 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
49 devient frappant dans les générations nouvelles. Toute la jeune littérature décrit un type d’homme profondément antisocial,
50 derniers articles 2 . Il rendait responsable de tout le « mal », le Romantisme — et c’est plus que probable. Mais il en ti
51e de soi, telle peut être l’épigraphe [p. 314] de toute la littérature moderne. Il n’a pas fallu longtemps aux Français pour
52sage de sensibilités surmenées. Dégoût, parce que tout a été essayé. Dégoût, parce qu’on se connaît trop, et que plus rien n
53positions qu’on vient d’esquisser. Mais on trouve tout dans les livres des jeunes, dites-vous, le pire et le meilleur, toute
54s des jeunes, dites-vous, le pire et le meilleur, toutes les vieilleries morales et immorales, tous les paradoxes, le chaos, e
55hoix parmi les éléments mêlés de la personnalité. Toute tendance qu’ils découvrent en eux est non seulement légitime à leurs
56 tourne alors en passion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude parfaitement folle, mais c’est ju
57sion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude parfaitement folle, mais c’est justement de quoi se g
58e commettre enfin l’acte vraiment indéfendable de tout point de vue… J’avais goûté à l’alcool singulièrement perfide de perd
59ors enviées, et une nuit, nous fîmes le procès de toutes les jouissances humaines. L’espèce de sincérité terroriste dans laque
60ous menait naturellement à repousser avec horreur tout argument d’utilité, et bien que nous niions toute vérité, nous étions
61 tout argument d’utilité, et bien que nous niions toute vérité, nous étions dominés par le sens d’une réalité morale absolue
62faire abstraction du plan intellectuel sur lequel tout apparaît inutile et vain ? Je cite ces phrases, tirées d’un récit d’a
63merci des circonstances extérieures qu’il méprise toutes également ; n’attendant rien que de ses impulsions et contemplant ave
64re pour expliquer ce besoin de porter à son excès toute chose, au-delà de toutes limites. « Il n’y a que les excès qui mérite
65oin de porter à son excès toute chose, au-delà de toutes limites. « Il n’y a que les excès qui méritent notre enthousiasme ».
66plus par ensembles 7  : symptôme de fatigue. Mais tout cela : dégoût universel, désir de violences, gratuité des pensées et
67ratuité des pensées et des actes, rêves éveillés, tout cela ne dérive-t-il pas d’une fatigue immense. Nous voyons se fausser
68stincts, la conscience de nos limites naturelles, tout ce qui servirait de frein à notre glissade vers des folies. ⁂ Recréer
69 parmi leurs instincts, ni de les améliorer  10 . Tout ceci est assez nouveau. (Après tant de cocktails, quelle saveur a l’e
70 ceux dont Vinet disait qu’ils s’en vont « épiant toutes les émotions de l’âme, et lui multipliant ses douleurs en les lui nom
71 méthode de l’Évangile qui, prenant à plein poing toutes ces petites misères, en compose d’un seul coup une grande misère, et
72 coup une grande misère, et par ce moyen nous met tout d’abord en présence, non de nous-mêmes, mais de Dieu. » p. 311 o
12 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
73u à une relation [p. 531] cinématographique. Mais tout cela baigne dans le même lyrisme et s’agite sur un fond sombre et ric
74diens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un monde poétique où il paraît inconvenant d’in
13 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
75dans l’athéisme. Invraisemblablement ignorante de toute religion jusqu’à vingt ans, Denise s’abandonne à « la vie », laquelle
76des points d’exclamation — trait commun à presque toutes les femmes-auteur, et qui plaît aux lectrices — m’agace un peu ? C’es
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
77lumière. « Le mystère se passe en plein jour et à toute vitesse. » Telle est bien la nouveauté de son théâtre et de l’art qu’
78aître catholique.) Certes, il bannit le charme et toute grâce vaporeuse. Mais ses fleurs de cristal, si elles sont sans parfu
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
79e qu’il nomme « élan mortel ». Cette inversion de tout ce qui est constructif et créateur, voilà je pense le véritable désor
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
80rer des lignes droites, est le propre de l’homme. Toutes les civilisations fortes l’ont osé. Créer un espace architectural lum
81iomphe de l’homme sur la Nature. Architecture : « tout ce qui est au-delà du calcul… Ce sera la passion du siècle ». p. 7
17 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
82es situer dans l’univers humain ». M. Fernandez a tout le talent qu’il faut pour lui faire acquérir droit de cité. Voici enf
83 il ne s’en suit pas forcément que l’on doit nier toute communication directe entre l’œuvre et le moi, comme le fait M. Ferna
18 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
84me le spectacle des athlètes. Et c’est elle avant tout que j’admire dans ces Bestiaires, presque malgré leur sujet trop pitt
19 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
85is se font un peu aigres et les couleurs fluides. Toute la tendresse que ranime un soleil lointain va tourner en cruelle méla
20 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
86on ; notre individualisme en naît logiquement, et toutes nos catégories artificielles et nécessaires. Mais le monde échappe to
87’idéal asiatique avec le nôtre. Mais je crois que toute intelligence européenne libre peut souscrire aux critiques du Chinois
21 1926, Journal de Genève, articles (1926–1982). Le Dépaysement oriental (16 juillet 1926)
88ue de Traz, et c’est ce qui donne à ses notations tout leur prix. Elles ne nous renseignent pas sur une partie orientale de
89é du sens commun — mais qui reste trop méfiant de tout romantisme pour édifier aucun système. Le livre se termine par un voy
90ême, cette façon de se placer en face des choses, tout près, mais sans jamais s’y perdre ou se confondre en elles, révèle sa
22 1926, Articles divers (1924–1930). Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)
91rmer avec d’autant plus de force que « en situant tout le devoir chrétien dans l’accomplissement scrupuleux, joyeux et fidèl
23 1926, Articles divers (1924–1930). L’Atmosphère d’Aubonne : 22-25 mars 1926 (mai 1926)
92météorologiques du succès d’une telle rencontre : tout alla froidement jusqu’à ce que la bise tombée permît à « l’atmosphère
93racle, c’est l’esprit d’Aubonne. C’est ce miracle tout ce qu’il y a de plus protestant — mais oui, M. Journet — et je ne cro
94s qu’en terre romande. C’est l’esprit de liberté, tout simplement. Mais précisons : [p. 45] c’est bien plus que la liberté d
95 rare qu’on ne pense, à Aubonne on se sent prêt à tout lâcher pour une vérité nouvelle, on tient moins à convaincre qu’à se
96es sur le doute, le modèle des réponses désirées. Tout cela, c’est l’atmosphère de la chapelle où ont lieu travaux et médita
97nriod debout sur un tronc coupé n’eut pas trop de toute sa souplesse pour maintenir l’équilibre des discussions et de sa prop
98ire à la brochure de la conférence 3 pour savoir tout ce que je n’ai pas dit dans ces quelques notes. p. 44 e. « L’A
24 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
99suis-je ? Par ces trois mots commence le drame de toute vie. Ha ! Qui je suis ? Mais je le sens très bien ! je sens très bien
100rer, était-ce ma fatigue seulement qui me rendait toutes choses si méticuleusement insupportables, si cruellement présentes et
101is. Mais en même temps que je le découvrais, dans tout mon être une force aveugle de violence s’était levée. Ce fut elle qui
102istingue plus de l’animal. Louée soit ma force et tout ce qui l’exalte, et tout ce qui la dompte, tout ce qui sourd en moi d
103. Louée soit ma force et tout ce qui l’exalte, et tout ce qui la dompte, tout ce qui sourd en moi de trop grand pour ma vie
104t tout ce qui l’exalte, et tout ce qui la dompte, tout ce qui sourd en moi de trop grand pour ma vie — toute ma joie ! » [p
105t ce qui sourd en moi de trop grand pour ma vie — toute ma joie ! » [p. 146] Ce n’était plus une douleur rare que j’aimais d
106 peut-être arriverai-je à la vouloir, et c’est le tout. S’il est une révélation, c’est en me rendant plus parfait que je lui
107 Sur moi d’abord. Il ne faut plus que je respecte tout en moi. Je ne suis digne que par ce que je puis devenir. Se perfectio
108de me replacer dans le sens de ma vie ; de rendre toutes mes forces complices de mon destin. D’abord donc, choisir Mes instinc
109t oublier, d’où cette fatigue générale qui fausse tout, et qui s’oppose au perfectionnement de l’esprit, puisqu’elle ne perm
110jouir, en même temps que ma puissance d’agir. Que tout cela s’agite sur fond de néant, je le comprends par éclairs, mais une
111es phrases qu’il ne faut pas encore comprendre, — tout est si fragile — mais je sais quelle légèreté puissante, quelle confi
25 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
112in du tableau des ruades, des chevaux qui partent tout droit, la tête dressée, des vachettes qui se mordillent et se frôlent
113aud, cochon, saligaud ! » Il l’apostrophait ainsi tout bas, sur un ton révérenciel, et comme on déroule une litanie. Sous le
114peut penser ce qu’on veut de ce paganisme exalté, tout ivre de la fumée des sacrifices sanglants. Pour ma part, je le trouve
115à de quoi faire oublier des défauts qui tueraient tout autre que lui. Certes, il ne soulève directement aucun des grands pro
116lle attitude agace des gens qui se soucient avant tout de trouver des réponses de l’intelligence ou de la foi aux inquiétude
26 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
117e tristesse. Seule une maison blanche est arrêtée tout près de l’eau. Mais ce n’est pas d’elle que vient cette chanson jamai
118eintes du char, l’Italie des poètes… Mais ce pays tout entier pâmé dans une beauté que saluent tant de souvenirs n’a d’autre
119u, puis perdent dans la nuit leurs lignes graves. Toutes ces formes devinées dans l’espace nous environnent d’une obscure conf
27 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
120 la publication de notre revue. Mais nous savons, tout comme M. Coué, que ce serait de mauvaise méthode. Et, comme M. Coué,
121hode. Et, comme M. Coué, nous nous persuadons que tout ira très bien. Les circonstances l’exigent, d’ailleurs, plus que jama
122etour. Certes, nous ne demandons pas qu’on prenne toutes nos obscurités pour des profondeurs. Et nous n’allons pas procéder à
123reste cette chose unique et indéfinissable, comme toute chose vivante… Gerbe de fleurs disparates, aux tiges divergentes, mai
28 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
124 Votre sincérité est-elle consentement immédiat à toute impulsion spontanée (Gide), ou « perpétuel effort pour créer son âme
125(Rivière), ou encore refus de choisir, volonté de tout conserver en soi ? Ou bien une attitude en quelque sorte scientifique
126. Le fait est que ce geste symbolique a déclenché tout un mouvement littéraire, celui-là même qui aboutit naguère au surréal
127aître gratuite au lecteur parce qu’il ne sait pas tout sur le personnage. Mais quant à l’auteur, il n’y a pas de gratuité. L
128ais. C’est l’objection classique et irréfutable à toute introspection : ce daltonisme du souvenir. [p. 18] Si l’un de ces de
129’en conviens. Pourtant, n’est-ce pas le schéma de tout un genre littéraire moderne, cette espèce de confession romancée dont
130as produit une agitation accélérée et folle, puis tout finit dans un râle, brusquement c’est le vide. Centre de soi, l’aspir
131s exactement faillite qu’il faudrait. Faillite de toute introspection, en littérature et en morale. Impossibilité de faire mo
132bilité de faire mon autoportrait moral : je bouge tout le temps. Danger de faire mon autoportrait moral : je me compose plus
133Gide : « L’analyse psychologique a perdu pour moi tout intérêt du jour où je me suis avisé que l’homme éprouve ce qu’il imag
134ent, d’une consolidation de l’individu mais avant tout un moyen de se connaître. Cependant, n’est-ce pas lui-même qui ajouta
135ter d’être différent », ce qui est la négation de tout progrès moral. De la sincérité envisagée comme moyen de connaissance,
136r sauter, une confiance dans l’élan qui échappe à toute analyse préalable et sans quoi le saut paraît impossible, absurde.) E
137sincérité est la recherche, puis l’acceptation de toute tendance du moi, je réponds que le mensonge est sincère aussi, qui ré
138eur », dit Max Jacob. « Être sincère, c’est avoir toutes les pensées » (Rivière). Mais on ne peut se maintenir dans cet état.
139vous pousse à faire le saut dans le vide qu’exige toute foi ; c’est la volonté de sincérité, c’est-à-dire une sincérité tourn
140mes pas, nous nous créons. Certains se refusent à toute intervention qui altérerait leur moi ; ils ne souhaitent que d’être l
141lors qu’une [p. 24] symphonie de joies émanait de toute la vie : chaque chose proposait une ferveur nouvelle, et chaque être
142 qu’elle m’ouvrait, avec tant de rires amis, vers tout ce que momentanément je choisissais de laisser — et des baisers à tou
143e, masque ambigu d’une liberté plus précieuse que toute certitude… Ô vérité, ma vérité, non pas ce que je suis, mais ce que d
144ma vérité, non pas ce que je suis, mais ce que de toute mon âme je veux être !… p. 13 b. « Paradoxe de la sincérité »,
29 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
145Cette façon de ne pas y tenir, qu’il manifeste en toute occasion de sa vie est peut-être ce qui nous le rend le plus sympathi
146 nous appelions les âmes à la vie après seulement toutes les morts du plaisir », car elle sait « qu’entre les êtres, le bonheu
30 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
147ncontre une femme qui incarne aussitôt à ses yeux tout ce qu’il attend de l’amour. Une confidence, un baiser, et il ne la re
148s passions à nous-mêmes inavoués, rêves éveillés. Tout un système de valeurs lyriques et sentimentales que la raison ignore
149essé notre orgueilleuse raison à nous tromper sur tout ce qui est profond en nous, et elle ne manque guère à ce devoir sacré
150onnages spirituellement dessinés un de ces drames tout intérieurs dont il dit : « Personne ne peut juger du drame qui se jou
31 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
151n autant qu’à l’approfondissement du moi, soif de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois
152sement du moi, soif de tout et pourtant mépris de tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : c
32 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
153evel, La Mort difficile (mai 1927) ai Le jeu de tout dire est une des plus tragiques inventions de l’inquiétude actuelle.
154 la sincérité qui me paraît proprement inhumaine. Tout dire, vraiment ? C’est l’exigence d’une détresse cachée ; elle fait b
155ne détresse cachée ; elle fait bientôt considérer toute joie comme illusoire et livre l’individu pieds et poings liés à l’obs
156 style abstrait, semé de redites et d’expressions toutes faites qui trahissent une écriture hâtive. Mais il y a dans l’œuvre d
33 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
157s fatigue ; que c’est une vraie manie de nommer à tout propos d’Annunzio, Pola Negri, Charly Clerc, Mrs. Balfour. Vous parle
158rer dans les cafés. Et puis, c’est égal, ce soir, tout cela est sans importance, car voici « l’heure des petits arbres pourp
34 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)
159rémissent encore les ailes intactes ; l’évocation toute nervalienne en sa nostalgie, de la jeune étrangère dont on rêve à qui
35 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
160qui se contentent du mot fumeux pour caractériser tout lyrisme germanique, il faudra opposer l’excellent petit livre d’Edmon
161 au nom de l’esprit. « Pour moi qui aime plus que tout la poésie, écrit Jaloux, aussitôt que je vis Rilke, je compris que ce
36 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
162elligent. Et plein de verve, et pas embarrassé du tout pour vous lâcher un beau pavé mathématique au milieu d’une effusion «
37 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
163 une part, la dispersion des efforts artistiques. Tout ce monde d’amateurs de découvertes, de snobs, de marchands de tableau
164être appelés jeunes, c’est par leurs œuvres avant tout. D’autre part je préfère la légende à l’histoire comme la peinture à
165ors et personnages semblent d’une matière idéale. Tout est lisse et parfait. Trop parfait seulement. Il manque à ces recompo
166e « simplicité précieuse », il sait la conférer à tout ce qu’il touche, qu’il décore une bannière, fabrique une poupée, comp
167streindre à la voluptueuse rigueur latine, et qui tout en s’épurant dans des formes claires a su les renouveler. Il nous app
168ai dire j’en vois peu parmi les jeunes qui vouent tout leur amour à la peinture pure. Je crois même que, Paul Donzé touché à
169istesse qui ne s’affiche pas, mais s’insinue dans toute sa palette, ce charme enfin, ce je ne sais quoi qu’on cherche en vain
170ue l’on consente en effet à telle déformation, et tout devient satisfaisant. Ce lyrique, ce mystique exige pour être compris
171ntres de ce pays pour qui la couleur existe avant tout. Mais la nostalgie de Bouvier l’entraîne à mille lieues des jardins d
172 beau dessin, qui ont du poids et nulle lourdeur, tout cela communique une impression de puissance domptée et qui semble se
173l est artisan, dans le beau sens ancien du terme, tout comme son frère Charles Barraud, qui lui, passe ses journées à vendre
174les, moins intensément réalistes, plus fins, mais tout aussi habiles dans l’utilisation du clair-obscur qui simplifie et ren
175 Harder, qui est mort jeune, sans avoir pu donner toute sa mesure. Il a laissé surtout des dessins, d’une sûreté un peu tradi
176lpteur qui saura s’imposer. Léon Perrin a compris tout le parti qu’on pouvait tirer des principes cubistes dans un art dont
177e Corbusier 8 , Meili, Evard, Perrin, manifestent toutes une recherche de la simplicité savante et de la perfection du métier,
38 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
178 que je savais très clairement que je gagnerais à tout coup. L’étranger se mit à discourir. Et dans mon ivresse, ses paroles
179e à ta course aveugle ; tu n’aurais pas trouvé ça tout seul, avec tes airs pessimistes. De nouveau, d’un coup de dés, je bou
180egarde avec inquiétude, parce que je ne suis plus tout à fait le même. Puis elle me laisse, parce que le lait va monter. Alo
39 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
181ain donc, premier mauvais garçon d’une race entre toutes bénie — par qui ? elle était anticléricale, on ne saurait le taire, —
182, jeune fille, roulait gentiment sur ses pointes, tout scintillement pudiquement dissimulé. Vers 1 heure, elle éclaira d’une
40 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
183 Quand enfin l’orchestre s’arrêta, je me trouvais tout près de vous. Mon ami me fit un signe discret, et déjà il se préparai
184e me soulevait le cœur. L’aube parut. On éteignit toutes les lampes, et les couples charlestonnaient plus furieusement dans l’
185 J’ai dormi quelques heures, d’un sommeil triste, tout enfiévré par la crainte du réveil. Puis je suis revenu dans ces rues
186ontradictoires… Un autobus de luxe s’était arrêté tout près de moi. Je vis un visage à l’intérieur se pencher vers la vitre…
187regarder, à cause d’une incertitude qui redonnait tout son empire à ma timidité. Peut-être était-ce vous. Je ne saurai jamai
188s des regards angoissés, avides, implorants. Oh ! toutes les femmes que j’ai fait souffrir cette nuit d’un long regard de damn
189agments de rêves et les personnages des affiches, tout en marchant sans fin dans les couloirs implacablement brillants, je m
190pels d’autos dans la ville, mais il me semble que toutes choses s’éloignent de moi vertigineusement, par cette aube incolore.
191p. 72] ce rongement, cette sournoise recherche de tout ce qui me navre au plus intime de mon être… Le revolver est chargé, s
41 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
192es pétales de roses dans du cristal taillé, selon toutes les règles de l’art, mais que l’essence obtenue, si elle est de rose,
42 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
193nt Jérôme et Jean Tharaud ! » Il y a des soirs où tout ça semble idiot. Il y a des soirs où une idée de la responsabilité s’
194in : « Le rideau se lève sur un miroir qui occupe toute la largeur de la scène. Titre : Socrate et Narcisse, un acte à grande
43 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
195Hyppolite se passe en coulisse. Mais Phèdre avoue tout « devant le cadavre encore tout chaud ». Affreux. Aussi : « Elle mour
196Mais Phèdre avoue tout « devant le cadavre encore tout chaud ». Affreux. Aussi : « Elle mourut. » On voit que cette bande es
197 éclater, tandis que des villes passent au fond à toute vitesse. Rigueur voluptueuse d’une colonnade, puis un jeu d’échec ser
198tte éteint tous les personnages et lui-même. ⁂ Le tout ne dure pas 20 minutes. Et c’est heureux. Nous manquons d’entraînemen
199ansplanter », un certain naturel est de rigueur ; toute bizarrerie détourne du véritable miracle auquel nous assistons. Mais
44 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
200aines morales d’extrême moyenne d’où sont exclues toutes grandeurs au profit de fuites lâches qu’on veut nommer renoncements !
201es lâches qu’on veut nommer renoncements ! Jouant tout sur une révélation possible, ou la naissance d’un prophète qui rappre
202de colère où le thermomètre eût indiqué 39° selon toute vraisemblance. Et voici Aragon revêtu d’une dignité tragique qu’il tr
203seulement transposé dans notre siècle et chez qui tout est devenu de quelques degrés plus violent, plus acerbe, plus profond
204nt, plus acerbe, plus profond. En somme, et avant tout, un écrivain, un bel écrivain, comme on dit. Et qui sait tirer un adm
205ne la peine de l’écraser, — c’est qu’il symbolise tout cet état d’esprit « bien Parisien » dont de récentes statistiques de
206à dire des bêtises. Cf. certaines remarques — pas toutes — de novembre 1926.   2 mai 1927. « Nous avons dressé notre orgueille
207 [p. 139] III Il y a des gens qui croient avoir tout dit quand ils ont montré à l’origine de telle doctrine mystique une e
208ontaigne, Descartes, Schiller, Voltaire, etc., et tout ce qui leur correspond dans l’ordre politique par exemple. Parce que
209ets de votre mépris, en prenant le contre-pied de tout ce qu’il inspire ? Alors que cette réaction même est ce qu’il y a de
210es au surréalisme, ce produit parisien qui, comme tout ce qui est parisien, hait Paris mais ne saurait vivre ailleurs… Mais
211ison même encore s’ils ont tort, envers et contre toutes les critiques qu’on pourrait leur adresser, parce que ces « maudits »
212n perpétuelle une perpétuelle insurrection contre tout ce qui prétendait nous empêcher de vivre, de rêver et de souffrir : c
213e amoureuse ; nous cherchions cette Révolution de toutes nos forces et séductions, comme on cherche cette femme à travers tout
214éductions, comme on cherche cette femme à travers toutes les femmes. C’était un vice, la révolution-vice. Mais on ne vit, on n
215esse, mais voyons des affaires plus sérieuses. Et tout est dit. Ah ! c’est vrai, il allait oublier, il y a encore cette hist
216tante au parfum de passions, c’est une atmosphère toute chargée d’éclairs qui nous atteignent sans cesse au cœur et nous revê
45 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
217passant près de lui le sourire d’amitié mortel de tout ce qui n’arrive jamais. Il s’est trompé, ce n’est pas elle. Il pensa
218 vers le soleil du haut-lac. Justement, voici que tout va s’ouvrir, qu’un monde s’est ouvert devant lui. Et l’eau n’est pas
46 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
219e de leur vie, car ils aimaient en moi par-dessus tout la vertu que je leur devais. Pourtant, je ne détournai pas mes yeux d
220 bonheur de la saison. — Au soir, mon père savait tout. Il effleura mon front de ses lèvres sans une parole quand je vins lu
221e et pleura. Alors une rage s’empara de mon corps tout entier, je criai un juron, claquai la porte et courus dans ma chambre
222eaux, des nuages, une avenue et ses autos rouges, tout un couchant de grand port de la Méditerranée. Nous nous aimâmes en si
223c un enthousiasme juvénile, c’est-à-dire cynique, toutes les offres du hasard, ce poète immoral et malicieux. » Je ne sais dan
224années de joie au profit d’une [p. 183] vertu que tout en moi reniait obscurément. Je sentais bien que le ressort secret de
225e de l’agacer en maint endroit. « Une chose avant tout me frappe — dit-il, lâchant tout de suite ses compliments, ce qui est
47 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
226 la sensibilité, l’atrophie du sens critique sous toutes ses formes : raison, jugement, simple bon sens, et l’ignorance systém
227ervice des sacro-saints Principes au nom desquels tout se ligue aujourd’hui pour anéantir la seule chose qui reste à nos yeu
48 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
228is ces noms, ces opinions, ces titres de livres : tout cela jaillit, s’entrechoque, s’annule. Poussière. Ma vie est ailleurs
229 renversent. Des présences tellement intenses que tout se fond catastrophiquement dans l’infini de la seconde. Des peurs san
230de. Des peurs sans cause, plus vides que la mort. Toutes ces choses mystiques, c’est-à-dire réelles, c’est-à-dire agissantes,
231la mentalité scolaire et primaire en particulier, toute connaissance véritable du monde.) Littérature : un vice ? Peut-être.
49 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
232derne, merveilleuse mécanique sévère et dénuée de tout secours de l’Esprit. Mais un jour viendra où les hommes se révolteron
50 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
233s retirons : et ce n’est pas que nous ayons brûlé toutes nos cartouches. Ni que l’indignation provoquée sur tous les bancs par
234e nos articles nous épouvante. Notre retraite est toute « statutaire » — si l’on ose dire. Elle nous permet donc de considére
235 eut quelques découvertes qui nous consolèrent de tout le reste.   Et maintenant voici Genève et son mystère. Car chaque ann
236isible. Que nous apportera le Central de Genève ? Tout est possible : la guerre et la paix, la tradition, l’anarchie, l’iron
51 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
237re, une organisation générale de la vie mondiale. Toutes les forces du temps y concourent obscurément ; et, pour peu que cela
238r de certaines évidences, on préfère affirmer que tout est incompréhensible. L’homme moderne recule devant l’évidence de la
239ssi. Son succès sans précédent le met à l’abri de toutes les attaques, du point de vue technique. L’organisation de ses usines
240ophie de ceux qui n’en veulent pas Nous avons dit tout à l’heure quel fut le but de la vie de Ford, sa « grande et constante
241a « grande et constante ambition ». Il semble que toute sa carrière — pensée, méthode, technique — [p. 193] soit conditionnée
242 soit l’état du marché. » Il semble que cela soit tout à l’avantage du client. Mais cherchons un peu les causes réelles de c
243et que, sans cette baisse, il n’eût pas acheté du tout. Autrement dit, il est trompé par la baisse. L’industriel comptait. L
244 envahir un cerveau moderne au point d’en exclure toute considération de finalité. Mais cet aveuglement fondamental n’empêche
245agner, par ce moyen, de quoi vivre convenablement tout en restant maître de régler à sa guise le détail de sa vie privée. Ce
246quels on cultive, on fabrique, on transporte. » « Toute notre gloire est dans nos œuvres, dans le prix que nous payons à la t
247pas assez aux raisons que nous avons de le faire. Tout notre système de concurrence, tout notre effort de création, tout le
248s de le faire. Tout notre système de concurrence, tout notre effort de création, tout le jeu de nos facultés semblent dirigé
249me de concurrence, tout notre effort de création, tout le jeu de nos facultés semblent dirigés uniquement vers la production
250plus ou moins intéressés, optimisme d’homme à qui tout réussit, messianisme de la machine, méconnaissance glorieuse des forc
251onnaissance glorieuse des forces spirituelles, le tout [p. 197] agrémenté d’humour et exposé avec un simplisme qui emporte à
252-pensée sournoise que, si cela ratait, on gardait toutes les autres chances. J’accorderai que le progrès matériel n’est pas ma
253admirer mutuellement leur culture », dit Ford. Et tout est dit ! Le simplisme arrogant avec lequel, de nos jours, on tranche
254que chose de très sympathique et pas dangereux du tout. On n’en fait pas une philosophie. Mais, sans qu’on s’en doute, cela
255ubsiste le peu de morale nécessaire aux affaires, tout ira bien. (On pense que les formes de la morale peuvent exister sans
52 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Marguerite Allotte de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)
256, mais les poètes. Or Jules Verne fut poète avant tout — et ce livre le fera bien voir aux sceptiques. Il a aimé la science
53 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
257 en France — vers la politique. Or ces ennemis de toute littérature voient leurs avances dédaignées par les communistes, gens
54 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
258émeuvent les masses de coolies, d’ouvriers armés, toute cette Chine qui s’éveille au sein même de la lutte qui met aux prises
259 une forme abstraite et poétique. Mais cette fois tout est concrétisé en hommes, en meurtres, en décrets. Qu’il décrive la v
260cet aveu de Garine est décisif : « La Révolution… tout ce qui n’est pas elle est pire qu’elle… » Expérience faite, l’absurde
55 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
261té par l’insolence d’une psychologie qui rabaisse tout, peut conduire à préférer un mensonge qui n’est, hélas, qu’une déform
56 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
262s un tour de tourniquet anéantissait cette Vienne tout occupée à ressembler à l’idée qu’on s’en fait. Le Ring, trop large, o
263anger. Mais le thème de la Barcarolle s’empare de tout mon être — ainsi d’autres deviennent patriotes au son d’une fanfare m
264tants les accords d’une harmonie surnaturelle. Et tout cela chanté dans une langue que je comprends mal. Je me penche vers u
265. L’envie me prend d’aller le rejoindre. Me voici tout abandonné à l’évocation d’un amour tragiquement mêlé à des forces inc
266 le pouvoir de cette musique. Voici que vous êtes tout près de comprendre… Mon voisin avait parlé tout haut ; personne pourt
267s tout près de comprendre… Mon voisin avait parlé tout haut ; personne pourtant ne se détournait. Comment pouvais-je être le
268pour une élégance très moderne. Il n’y avait dans toute sa personne [p. 106] rien de positivement démodé ; je n’eus même pas
269onner pour quoi que ce soit. Cette ville, qui est toute caresses, a peur de l’étreinte… C’est d’ailleurs une chose que je com
270. De terreur, le homard avait rougi : il conserva toute la nuit une magnifique couleur orangée. Gérard semblait habitué à ces
271 était-ce la même sous deux attributs différents. Toutes les femmes qui m’ont retenu un instant, c’était parce qu’elles évoqua
272fant était charmante, comme elles le sont presque toutes dans cette ville, — du type que Gérard et Théo nommaient « biondo et
273usqu’à l’insensibilité et l’Illusion étendait sur toutes choses une aile d’ombre flatteuse aux caprices redoutables. Cette nui
274aux nous parlèrent, bientôt dissous dans le vent. Tout était reflet, passages, allusions. Plus tard, dans un petit bar laqué
275entiments qui montre vivantes dans la même minute toutes les incarnations d’un amour dont l’être éternel apparaît peu à peu, à
276ec une liberté magnifique et angoissante. Il mêle tout dans le temps et l’espace. Cent années et tous les visages aimés revi
277es aimés revivent dans cette coupe de songes avec toutes leurs illusions, — illusions des formes passagères que nous croyons s
278 ainsi la lune et sa moitié d’ombre. Et parce que tout revit en un instant dans cette vision, il connaît enfin la substance
279connaît enfin la substance véritable et unique de toutes ses amours, il communie avec quelque chose d’éternel. Tous les drames
280t finissent aux pierres précieuses en passant par toutes les formes animales. Pour lui, les choses n’ont d’intérêt que par les
281e vie résume celte vie entière et fait allusion à tout ce qu’il y a sous le soleil, et même ailleurs. Croyez-moi, ce qu’il f
282c’est une Vie simultanée de Gérard, qui tiendrait toute en une heure, en un lieu, en une vision. »      Nous sortîmes. Seules
283e petite portion et la fit prendre au homard avec toutes sortes de soins. Les chauffeurs regardaient d’un œil las, trop las po
284 d’un pied sur l’autre dans de la neige fondante, tout en croquant une de ces saucisses à la moutarde qu’on appelle ici « Fr
285solences sur les chapeaux noirs de ses cavaliers. Tout cela s’empila dans des autos ; en dix minutes, il n’y eut plus person
286sortie des invités, sur une femme qui s’en allait toute seule vers une auto à l’écart des autres. Une femme aux cheveux noirs
287es journaux du matin, des triporteurs passèrent à toute vitesse, m’éclaboussant de neige et de titres dépourvus de sens. Je d
57 1928, Articles divers (1924–1930). Miroirs, ou Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928
288e de travail, de façon à pouvoir s’y surprendre à tout instant. Cet exercice — essayez ! — ne tarde pas à devenir obsédant.
289peu plus tard, ce fut un jour de grand soleil sur toutes les verreries de la capitale. Les fenêtres battaient. Le soleil et « 
58 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
290la science apprise à l’école appauvrit l’homme de tout ce que son ignorance respectait, et ne lui donne à la place que des l
291 assez différent, moins philosophique et point du tout technique. J’apporte un témoignage personnel, une réaction de tempéra
292mpérament. Je marque d’autre part la nécessité de tout cela qui me blesse, la liaison fatale avec la démocratie, de tout ce
293 blesse, la liaison fatale avec la démocratie, de tout ce qui moleste ma liberté et sans doute celle [p. 8] de beaucoup d’au
294 va voir comment. De pareils souvenirs légitiment toutes les haines. Je serai méchant, parce que j’en ai gros sur le cœur. D’a
295es raisons. Hors le domaine de [p. 9] l’amour, où tout se confond miraculeusement, gémir n’est pas un argument. Je demande l
296e d’après Karl Marx, le vol des frères Wright, et tout bêtement, c’est le cas de le dire : l’instruction publique.) Résumé :
297 la question de droit. Certains, en effet, tirent toute leur force dans les discussions de la tranquillité avec laquelle ils
59 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
298es belles analyses logiques, et grammaticales, où tout retombait droit… Et de ces beaux problèmes d’arithmétique où il falla
299arnets hebdomadaires, et une semonce à nous gâter toute une journée. Une journée d’enfant gâtée. Et d’ailleurs, multiplier le
300e dans un rêve, des matins de dimanche sonores et tout propres, la cuiller d’huile de foie de morue avant le repas, et le mo
301te, ce souci qui renaît chaque jour, je pense que tout cela tient trop de place dans notre enfance. À cinq ans, j’avais appr
302ont 4, ou : tous les hommes doivent être égaux en tout. Deux fois deux quatre, c’est stérile, mais ça ne fait de mal à perso
303e, mais ça ne fait de mal à personne, et de plus, toutes choses égales d’ailleurs, dans un certain domaine, c’est vrai. (Il y
304ce vrai que tous les hommes doivent être égaux en tout ? Et la première réponse fut : Il faut que ce soit vrai, pour que la
305les de la science appliquée. On nous faisait voir tout au long de notre histoire le Progrès constant de l’humanité vers les
306herie, c’est-à-dire avec des titres pour mépriser toute valeur simplement humaine, et une honte secrète qui exaspérait ce mép
60 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
307n ordre absolument fortuit, de manière à prévenir toute concentration de l’esprit. b) plan d’études. On a divisé l’enseigneme
308be la totalité de la science [p. 24] nécessaire à tout citoyen, dans une vue aussi large que simplifiée. Remarquons qu’il su
309 par cette psychologie de l’enfant dont je disais tout à l’heure que la connaissance n’est pas exigée de ceux qui établissen
310qui justifie les moyens et à quoi l’on subordonne tout, plaisir, goût du travail, qualité du travail, santé, liberté, sens d
311e exigence théorique : tous les enfants doivent à tout instant être en mesure 1° d’ingurgiter la même quantité de « matière 
312ières et des compteurs à gaz. Mais ils se fâchent tout rouge quand on leur dit que la Suisse est caractérisée, aux yeux de l
313re main, rien qui soit authentique. Ils négligent toutes les [p. 28] particularités, toutes les « prises » où pourrait s’accro
314 Ils négligent toutes les [p. 28] particularités, toutes les « prises » où pourrait s’accrocher l’intérêt. Ils dispensent de t
315pourrait s’accrocher l’intérêt. Ils dispensent de tout contact direct avec ce dont ils traitent. Or la valeur éducative des
316e cela facilite le travail du maître. Il se peut. Tout dépend de ce qu’on attend de ce travail. Je doute qu’il soit de natur
317hématique et superficielle que la discipline perd tout son sens éducatif et n’est plus qu’une entrave énervante, un système
318ystème de vexations mesquines, propres à étouffer toute spontanéité chez un peuple qui vraiment ne péchait point par l’excès
319mer le petit citoyen : il faut que l’enseignement tout entier soit occasion de développer les vertus sociales de l’élève. « 
320ence sournoise, admiration des forts en gueule, — tout cela qui deviendra plus tard socialisme ou morgue bourgeoise, esprit
321. Mais l’idéal de l’école est autre ; il est même tout contraire. On ne peut pas exiger qu’il soit tout de noblesse, de vert
322 tout contraire. On ne peut pas exiger qu’il soit tout de noblesse, de vertu et de grandeur. Mais on peut s’étonner de voir
323e, qu’ils constituent une inversion méthodique de toutes les lois divines et humaines. C’est-à-dire : une méthode d’abâtardiss
61 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
324 [p. 35] 4. L’illusion réformiste Bien entendu, tout cela a été dit. (Un peu autrement, j’en conviens). On n’a pas attendu
325 de l’école nouvelle ». On appelle école nouvelle tout établissement où l’on s’efforce d’enseigner selon des principes tirés
326 des enfants, c’est-à-dire : en contradiction sur toute la ligne avec l’enseignement officiel. Les promoteurs de ces mouvemen
327s  7 , et retouchées par le pédantisme inhérent à toute science. On a constaté que l’école actuelle est fondée sur une remarq
328ve la main, — au lieu de demander ce qu’on croit. Tout porte à craindre qu’à la faveur du tumulte l’un ou l’autre proclamant
329ncontinent ce verbe en action et ne disparaisse à tout jamais dans les campagnes, tirant le meilleur parti possible de l’exe
330 vaut l’enfant-citoyen. Moi, je voudrais l’enfant tout court. Or il paraît que c’est très dangereux. Néanmoins, je soupçonne
331rait bien un jour l’atteindre au cœur, et je vois tout ce que cela entraînerait, dans une ruine d’où renaîtrait peut-être l’
332ment sans école. Je songe au maître antique, dont toute la personne était un enseignement, et qui n’avait pas des élèves, mai
333 dont les classes sont de vraies foires ; ils ont toute mon amitié. Cela me permet de leur faire [p. 39] remarquer d’autant p
334la faveur d’une équivoque. Cette équivoque frappe tout essai de réforme. Qu’il y ait là cependant une possibilité pratique d
62 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
335 qu’on n’ait pas le temps de se rendre compte que tout cela est absurde. Pour qu’on n’ait pas le temps d’écouter la nature q
336t pas le temps d’écouter la nature qui répète par toutes ses voix, d’un milliard de façons, que c’est absurde. Pour qu’on n’ai
337embrassée une fois, une seule fois, sait bien que tout le reste est absurde. [p. 42] Et voilà pour les sœurs siamoises. Con
338 Institutrice qu’un rendu. Car dans ce monde-là « tout se paye » comme ils disent avec une satisfaction sordide et mal dissi
339fabriquer des électeurs (si possible radicaux, en tout cas démocrates). Je me souviens d’un dessin humoristique publié en 19
340es. La machine scolaire, elle, dévore des enfants tout vifs et rend des citoyens à l’œil torve. Durant l’opération, tous les
341ue… Mais les gouvernements savent ce qu’ils font. Tout se tient, comme vous dites, sans doute pour m’ôter l’envie de bouscul
342gitime. Je lui donne raison par définition. Après tout, peu m’importent les idéologies politiques, et peu m’importerait que
343e des valeurs d’âme auxquelles je tiens plus qu’à tout. Ma haine de la démocratie est l’aboutissement de l’évolution dont je
344. On ne manquera pas d’insinuer qu’à l’origine de tout ceci il y a surtout de la [p. 45] nervosité, de petites douleurs de j
63 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
345 sa trahison — mais encore elle tend à développer tout ce qu’il y a de spécifiquement malfaisant dans l’esprit moderne. C’es
346toyen bagnard auquel il est promis. Mais elle tue tout ce qui lui donnerait l’envie de se libérer — et peut-être les moyens.
347ssance de crétinisation lente, standardisation de toutes les mesquineries naturelles (je ne fais le procès de la bêtise humain
64 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
348me que sa nature ne l’entraîne dans une direction tout opposée. C’est très malin d’avoir inventé un instrument de progrès :
349en continue pas moins de consommer, ronfler et de tout empester. Et peu à peu le public perçoit que « l’instrument de progrè
350a force de l’inertie et à perpétuer mécaniquement tout ce qui est depuis Numa Droz. Conservatrice, et non pas réactionnaire,
351donc de dépasser le citoyen, de retrouver l’homme tout entier. Je distingue dans cette opération deux temps : d’abord critiq
352avoir remplacé les hiérarchies de tradition, avec tout le vaste arrière-fond de poésie et de grandeur que ce mot comporte — 
353ire, un grand courant d’air à créer qui emportera toutes ces statistiques et ces journaux, il en restera toujours assez pour a
354our allumer des feux de joie, etc. Bon. Supposons tout cela fait. Respirons. Mais déjà vous m’attendez à ce tournant et vous
355s l’aristocratie qui n’y voyait qu’un jeu. Durant tout le xixe elle est descendue dans la bourgeoisie et dans le peuple ; e
356tiques, et dans ceux de l’École, mais encore dans toute la conduite moderne de la vie. C’est notre américanisme et c’est notr
357er lieu de le démasquer et de le pourchasser dans toutes les démarches de notre vie. Mais cette première tâche constitue un pr
358 de ces triades. Son rationalisme nie l’être sous toutes ses formes, traduit tout en relations et veut rendre toutes relations
359alisme nie l’être sous toutes ses formes, traduit tout en relations et veut rendre toutes relations conscientes, c’est-à-dir
360 formes, traduit tout en relations et veut rendre toutes relations conscientes, c’est-à-dire, pour lui, calculables, chiffrabl
361t que le véritable progrès veut qu’on s’attaque à tout ce qui entrave cet avènement. C’est pourquoi je réclame l’expulsion d
65 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
362Elle dénature le sens de la liberté. Elle détruit tout ce qui permettait d’échapper à la mécanique. Bref, elle perpétue ce m
363engendre pas, il ajuste. Quand nous aurons épuisé toutes les combinaisons de vitesse et d’ennui à quoi présentement nous usons
364mbules s’éveilleront du cauchemar où les plongent toutes vos drogues : presse, ciné, faux-luxe, suffrage universel, instructio
365archistes et des utopistes. J’appelle anarchiste, tout ce qui est violemment et intégralement humain. L’anarchie est un degr
366p. 59] d’intensité dans la vie, non pas un parti. Tout extrémiste, de droite comme de gauche, se trouve être dans une certai
367e mesure un anarchiste s’il défend son opinion de toutes ses forces. Mais c’est un anarchiste de la mauvaise espèce, un anarch
368 stupidement rassurée que vous vous dites : c’est tout à fait moi ! — Détrompez-vous. Vous ne savez pas ce que c’est que lib
369ais il est dans l’ordre qu’elle beugle longuement tout en le suivant. Que faire, diront les gens de bonne volonté dont mon i
370facultés physiques, intellectuelles et mystiques. Toute leur force vient du Yoga. Et tout le Yoga repose sur la concentration
371 et mystiques. Toute leur force vient du Yoga. Et tout le Yoga repose sur la concentration. En vérité, toute force résulte d
372t le Yoga repose sur la concentration. En vérité, toute force résulte d’une concentration, dans quelque domaine que ce soit.
373es deux mots sont bien dangereux et impopulaires. Tout comme ce qu’ils désignent d’ailleurs. Tant mieux. Il y a beaucoup de
374ervements. Il n’y a pas là de quoi se tordre. Car tout cela nous donnerait des années de liberté, en même temps qu’un peu de
375nce. Je ne sais s’il est très exagéré de dire que tout homme gagnerait à posséder une plus grande puissance intellectuelle,
376lleure mémoire, une sensibilité plus aiguisée. En tout cas, c’est à cultiver ces facultés atrophiées que devrait s’employer
377e pure, ils mesurent des sensibilités secondes et tout un arc-en-ciel de sentiments dont les accords imitent la blancheur éc
378titude de l’âme. Mais ces méthodes ne prendraient tout leur sens et toute leur efficace que dans [p. 66] un système religieu
379ais ces méthodes ne prendraient tout leur sens et toute leur efficace que dans [p. 66] un système religieux. Pour quiconque a
380s questions confessionnelles enrayent et faussent tout. Imaginez une culture spirituelle indépendante de toute destination r
381 Imaginez une culture spirituelle indépendante de toute destination religieuse particulière. On peut faire des haltères et re
66 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
382t tranquille, anglo-saxonne et peu à peu entraîne tout un branle-bas d’évocations hautes en couleur, de rêves, de visages, t
383ves saisissantes sur l’époque. Anderson est avant tout un poète, un homme qui aime inventer et que cela console des nécessit
384que de gosses à laquelle nous nous livrons, voilà tout, moi et les autres”, me disais-je parfois, et il y avait des moments
385is presque à me convaincre que si je m’approchais tout à coup par derrière d’un homme ou d’une femme quelconque, et disais “
386dessus, bras dessous en riant de nous-mêmes et de tout le reste, nous amusant comme des fous ». Mais non, on ne le secouera
67 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
387égagée et qu’elle voit dans une autre lumière : « Tout semblait vivre au fond d’un insistant regard. » Le poète des Gravitat
388 » n’est-ce point l’acte essentiel de la poésie ? Toute poésie véritable n’est-elle pas proprement « saisissante » ? Mais le
68 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
389ristés par le temps, des visages qui ne sont plus tout à fait les mêmes, des bonheurs qui signifient plus de désespoir qu’il
390parfois dans les maisons des grands bourgeois, où tout, soudain, devient plus terne. Mais bien vite un intermède bouffon, im
391qui ne serait fait que de ces intermèdes ; pur de tout souci de vraisemblance extérieure ; qui ne serait qu’invention, qui i
69 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Julien Benda, La Fin de l’Éternel (novembre 1929)
392es à sa mise en demeure. Je suis loin de partager toutes les idées de M. Benda, sur le plan philosophique en particulier, où j
393, un polémiste qui joue de la raison ratiocinante tout comme si elle n’était pas le contraire de la Raison de Spinoza. Nul m
394uter à M. Benda, c’est son dur amour de la vérité tout court. Celle-là même qui paraît anarchique dans un monde où tout est
395le-là même qui paraît anarchique dans un monde où tout est bon à quelque chose, où rien plus n’est tenu pour vrai que relati
70 1929, Journal de Genève, articles (1926–1982). Panorama de Budapest (23 mai 1929)
396lles de l’Opéra aussi sont en grosses lettres, et tout cela finira bien par s’arranger, comme au dernier acte d’une opérette
397on renouvelle de temps à autre, à lire des potins tout en essuyant une moustache de crème fouettée ? Budapest : une vague de
398Hongrie, des portraits de lord Rothermere, et sur toutes les portes le fameux : « Non ! non ! jamais ! » Officiers élégants, t
399ux : « Non ! non ! jamais ! » Officiers élégants, tout de noir vêtus, belles femmes aux voix agréablement rauques… Sortez po
400, d’or et de violet. Puis une rue de pierre grise toute boursouflée de prétentions munichoises. Puis un palais gothique 1880,
401e plus un Européen ne sait le faire, et dansent à tout propos de folles « czardas » qui deviennent tourbillonnantes et finis
402ue puérils et nostalgie des grandeurs de naguère, tout cela compose un visage romantique et ardent dont le voyageur s’éprend
71 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
403tte ivresse ; autrement que par des cris. 5. Avec toutes les erreurs et turpitudes que cela comporte, Belles-Lettres est une l
404dire ici : Les Anciens Bellettriens qui ont perdu toute foi ne connaîtront pas de pardon. Car ils ont vu, et s’ils n’ont pas
72 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)
405e, mais l’anecdote bien tournée, des noms connus. Tout est sur le même plan ; le dessin d’ailleurs est élégant. Mais comme t
406an ; le dessin d’ailleurs est élégant. Mais comme tout cela manque de chair. Et de rêve. Est-ce qu’en ce temps-là on ne se n
73 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
407ences d’affranchi, dont les philosophes demeurent tout intimidés. Et nous vîmes le matérialisme mener son morne triomphe. Ce
408ère d’intentions morales. Elle-même cependant est tout occupée à minéraliser l’esprit. La tâche urgente d’un nouvel humanism
409 ; d’une technique spirituelle 8 indépendante de toute fin religieuse particulière, antérieure à n’importe quel dogme. Je ne
410de la méditation hindoue. Rêves, sans doute… Mais tout commence par des rêves. Et je ne vois rien d’autre. Quoiqu’il en soit
411décrire une tentation qui le guette et à laquelle tout humanisme paraît enclin : celle de créer un modèle de l’homme. Peut-ê
412ation de cette idole qu’est l’Homme pour l’homme. Toute décadence invente un syncrétisme. Rome eut celui des dieux ; nous aur
413de l’homme, le christianisme est du nouvel homme. Tout humanisme véritable conduit « au seuil » : et qu’irions-nous lui dema
74 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henri Michaux, Mes propriétés (mars 1930)
414nçaise. Mais vous ne tarderez pas à remarquer que tout, ici, est original, indigène, tant l’allure des sentiers qui vous mèn
415erbale jugulée par une constante mauvaise humeur, tout cela compose une atmosphère poétique très dense et active. Depuis lon
75 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
416té ingénue et précieuse, toujours prête à épouser tout le sensible d’un paysage pour peu qu’elle y découvre une secrète pare
417’avec un jeu de noirs et de gris l’on pût recréer toute la ferveur d’un coucher de soleil. Des formes purifiées, un relief ne
76 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
418ns sous de hauts ponts sonores, au long d’un quai tout fleuri de terrasses ; on nous déverse dans cette foule et ces musique
419e n’a mon adresse, je n’attends rien d’ailleurs ; tout à ma chance hongroise en ce premier réveil — délivré. Chez moi je sui
420voir jamais vu, et dont nous savons seulement que tout y a son écho le plus pur. Le voyage trompe un temps cette angoisse. J
421’irai chercher moi-même, me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si tant d’erreurs ne c
422 Inconnu ! — Ô Destin sans repos et qui me voue à toutes les magies ! [p. 408] Les désirs les plus incompréhensibles s’emparen
423sibles s’emparent de moi comme des superstitions. Tout mon avoir se fond dans une loterie qui peut-être n’a pas de gros lot,
424réel. Mais nous vous montrerons notre Hongrie, ou tout au moins ce qu’il en reste. Sur quoi l’on m’entraîna dans un musée sa
425ards lucides qu’il arrive qu’on porte sur la vie, tout d’un coup, à trois heures de l’après-midi par exemple, — non sans ang
426Alors que dans ce domaine, plus visiblement qu’en tout autre, un non-conformisme intransigeant serait la seule conduite féco
427se. Eh bien oui : je me ferai un mérite de perdre tout mon temps, si toutefois perdre conserve ici le sens qu’il [p. 411] a
428et provoquer une crise, bref, sans le payer cher. Tout cela est langage de bourse. Pour moi, je poursuivrai mon discours en
429oresque, mais il s’agit de le déjouer au moyen de toutes sortes de ruses et de scepticismes, dont le plus simple consiste à tr
430nnantes, dans une gloire de dorures, — et massées tout autour, frileuses dans leurs dessous roses, les filles qui chantent u
431car on ne choisit pas un sujet : on est sujet. Et tout ceci n’est rien que le voyage du Sujet à la recherche de son Objet, —
432, est une place vraiment royale. Vide, elle prend toute sa hauteur. Silencieuse, solennelle de nudité, entre le Palais du Rég
433, et quelques gardes. Traversant dans sa longueur toute l’immense place, les automobiles passèrent lentement, l’une après l’a
434r leurs idées sociales, pareils aux chauffeurs de toutes les villes, conduisent dans la cour d’honneur ces reliques incroyable
435spectateurs. Reliques ? Elles conservent du moins toute leur efficace. Voici le Prince Primat, les doigts levés. On se signe.
436igne. Et voici venir à pied de son palais proche, tout seul, un archiduc. On salue profondément, en silence (cliquetis des r
437Mais, en Hongrie, le nationalisme est une passion toute nue, qui exprime l’être profond de la race. On ne discute pas cet amo
438ue qu’efficace. Et sans lendemain. Ce mélange, en toutes choses, d’enfantillage et de grandeur, d’imaginations absurdes et de
439 cerisier sauvage, derrière la maison, un peintre tout en blanc arrive par les vignes, ah ! qu’il fait beau temps, l’horizon
440ps, l’horizon est aussi lointain qu’on l’imagine, tout a de belles couleurs, le poète sourit en lui-même, il y a une enfance
77 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
441ujourd’hui. C’est qu’elle est de demain plutôt, — tout comme Nietzsche qui en fut obsédé. Empédocle est de ces mythes tels q
442nel ; Empédocle, au contraire est celui qui passe toutes les mesures de l’esprit humain, parle aux dieux avec orgueil, et fini
443oin qu’il le veut. On peut tomber dans la hauteur tout comme dans la profondeur ». Comment ne point songer ici au génie qui,
78 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
444aresse indéfinie de la puissance. Soir de voyage, tout enfiévré d’orgueil errant, de conquêtes vagues… Tout ce qui est de la
445t enfiévré d’orgueil errant, de conquêtes vagues… Tout ce qui est de la terre renonce à s’affirmer en détails précis, se mas
446e toujours — et moi, parmi les reflets fuyants de toutes sortes de faces et de paysages soudainement invisibles, je distingue
447t de couleurs, mais aussi une forme symbolique de tout… Enfin, tellement inconnu et tellement fascinant à la fois, qu’il me
448llement fascinant à la fois, qu’il me préserve de tout amour pour quelque bien particulier où je serais tenté de me complair
449. Je ne pense plus qu’ « au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des faubourgs de Pest, au-dessous de nous.
450s à oublier ce qui est lent ou fixe ou pas-à-pas. Tout s’épanouit dans un monde rythmé, fusant, tournoyant, sans frontières.
451nce au-dessus du gouffre. Je vole sur place, mais tout se met à fuir, alors il faut voler plus vite pour rattraper ces appar
452parences adorables… Si je « lâchais » un instant, toutes choses disparaîtraient… Le vertige (la peur et l’amour du vertige). Q
453 se lève, et des tambours et des cris modulés, et toute la frénésie d’un grand souffle qui se serait mis à tourbillonner sur
454s supporterait difficilement l’ampleur qu’ont ici toutes choses, cette atmosphère de nomadisme, et ces vents vastes ; et cette
455Ce qu’en raconte la musique — tu vas l’entendre à toutes les terrasses de Debrecen. Debrecen est une sorte de ville indescript
456as ce faux confort que nous n’avons qu’au prix de tout ce qu’à Debrecen je viens admirer. On aime les Hongrois comme on aime
457ondes bibliothèques et son quartier universitaire tout rajeuni dans des jardins luisants ne m’empêchera pas de m’y sentir au
458lus haute que profonde ne fut l’attente, et lâche tout. C’est l’âme qui joue aux montagnes russes, mais voici que le petit t
459nd d’une Inde. Ils l’ont égaré, comme ils égarent tout d’un monde où si peu vaut qu’on le conserve, au long d’un chemin effa
460r qu’on ne doit même pas savoir qu’on le possède… Tout près d’ici, peut-être, mais invisible. Lève-toi, pars, et sans vider
461 de collines pointues, rives basses, verdoyantes, toutes fraîches de musiquettes et de baigneuses ; quais de Balaton-Füred aux
462, petits professeurs entourés de leur famille, et toutes ces Magda, toutes ces Maritza rieuses et déjà presque [p. 585] belles
463rs entourés de leur famille, et toutes ces Magda, toutes ces Maritza rieuses et déjà presque [p. 585] belles dans leurs petits
464 des restes de volcans — blanches sous la lune et toutes lustrées de rêches végétations. J’ai traversé l’angoisse lunaire des
465on. Où vas-tu, les mains vides, faiblement ? Ah ! toutes les actions précises et courageuses, tout ce qui t’appelle là-bas, ma
466 Ah ! toutes les actions précises et courageuses, tout ce qui t’appelle là-bas, maintenant, maintenant, où tu n’es pas — et
467ais je ne trouvais pas la pente de mon esprit, et tout en le parcourant avec une soif qui annonçait le désert, je traçais de
468en quel endroit du temps tu vis, — c’en est fait, toutes choses ont revêtu cet air inaccoutumé qui signale que tu es parti. Vo
469uffiraient-ils à l’indiquer quand je m’en parle ? Tout en donnant le change à celles de mes pensées qui exigent des apparenc
470la main. Ainsi je quitte la Hongrie. Serait-ce là tout ce qu’elle m’a donné ? Cette notion plus vive d’un univers où la prés
471exions, pieux mensonges du cœur qui traduisent, à tout prendre, une vérité particulière plus importante que cette vérité gén
79 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
472leux et assuré de la qualité, qui est ce qu’avant tout l’on doit admirer chez M. Du Bos. Et dans l’allure des phrases, le ry
473étiques, il lui rend l’humilité et la dignité qui tout ensemble lui conviennent. On le conçoit, ce n’est pas là se rendre la
474une telle conscience appartient au critique avant tout, et c’est pourquoi il fait de la [p. 658] critique en présence des ob
80 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
475rouge, professeurs, journalistes, spécialistes de tout au monde ; des jeunes gens qui ont fait leurs études à la Nouvelle R
476us ne risquons pas d’être tués par des statues !) Tout d’un coup, trois hommes qui ont du cran. Deux qui viennent : Bernanos
477s « milieux » littéraires, l’un parce qu’il croit tout à fait, l’autre parce qu’il ne croit pas du tout, le troisième parce
478 tout à fait, l’autre parce qu’il ne croit pas du tout, le troisième parce qu’il croit ou ne croit pas selon les sautes brus
479des pamphlets qu’on la lui rend ? Je le trouve en tout cas bien tonique, celui que Beausire et Simond viennent d’écrire au s
480s furent achevées, les murs s’élevèrent, et quand tout fut terminé, l’on interdit l’entrée du palais à nos trois amis (qui p
481qui leur permettrait d’envisager ce problème dans toute son ampleur et sa force. » Ainsi Beausire nous montre un Barrès tout
482 sa force. » Ainsi Beausire nous montre un Barrès tout crispé sur quelques certitudes et quelques doutes immédiatement utili
483r sa révolte. Il y a bien quelques outrances dans tout ceci. Mais je voudrais que s’en offusquent ceux-là seuls que l’outran
484utrancière habileté contemporaine écœure plus que tout. Plutôt donc que de discuter ces thèses, je voudrais suivre leurs pro
485le et le clair génie que l’on sait se chargent de tout réduire à la raison, y compris la Révolution, thème rhétorique, y com
486à situer la position d’attaque de nos auteurs : « Tout créateur néglige sa personnalité » et « Kant est un peu plus redoutab
487ent sa vérité — une vérité qu’il doit se créer de toute sa volonté, telle inéluctablement qu’elle est en Dieu — et soit qu’il
81 1930, Articles divers (1924–1930). « Vos fantômes ne sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)
488 absurde. Des fantômes d’une autre sorte, ceux-là tout rayonnants d’allusions indéfinies, naissent autour de moi quand la pa
489 pittoresque essayer, au hasard, des incantations tout juste bonnes à évoquer la basse pègre du monde spirituel. Ce n’est pa
490tre conscience. C’est un effort de création — car toute découverte du monde spirituel revêt pour nous, normalement, l’aspect
82 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
491e parfois d’être spirituelle, devient tragique ou tout simplement germanique. L’Allemagne, c’est la Poésie, et la France c’e
492e a donné au chauffeur l’adresse d’un ogre. C’est tout près parce que j’ai peur. En même temps c’est très loin parce que je
493resque. D’abord je crains que la notion n’en soit toute relative aux modes de « vie » bourgeois ; et puis la, comédie n’est p
494 rôti, et en cuisine littéraire, de pensers mis à toutes sauces. Si M. Thibaudet connaissait l’hôte de céans, il proposerait c
495nce nous fera-t-elle croire qu’il apporte un soin tout particulier à le parfaire ? — il est bientôt minuit. Mon fantôme est
496t de la consistance, et dans son trouble apparaît toute parcourue d’adorables roseurs boréales. Hoffmann n’est pas là, mais b
497e où il s’enferma, écrivit dans une grande fièvre tout le Stabat Mater, sa plus belle œuvre, sur le thème des pleurs de la v
498e de ses larmes le seuil de la prison paternelle, tout en coulant un clin d’œil assassin vers le parterre agité de passions
499, j’aimerais lire un peu. Mes auteurs ? Goethe en tout temps ; Rodolphe Toepffer (admiré par Goethe) ou Jérôme Cardan (xvie
83 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
500 anarchiste par goût de l’expérience, conférait à tout le livre un caractère assez directement autobiographique. La philosop
501z incertain. Ce mystère qui entoure Perken durant tout le récit, au travers des aventures des deux explorateurs aux prises a
502qui agissent par désespoir, parce que l’action, à tout prendre, est une défense contre la mort — la mort partout présente « 
503 qu’une « fraternité désespérée » devant la mort. Tout cela, dira-t-on, compose une figure originale certes, mais à tel poin
84 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
504C’est qu’aujourd’hui le moindre chien écrasé pose toute la question sociale. Ainsi, sommes-nous amenés à donner une « importa
505ec la littérature d’avant-guerre, qui était avant tout un art. La nôtre ayant voix au forum discute autant qu’elle n’invente
506louange d’ailleurs que d’ironie, qu’elle touche à tout dans l’homme et dans la société. Elle a l’absence de scrupules des ge
507cidentale se trouve « décantée jusqu’à l’essence, tout ce qui allongeait la sauce évaporé. Il demeure un résidu impitoyable,
508ont occidentales, les habitants, eux, viennent de tout l’Orient. « On pense à une Genève de l’Islam. » Il semble, à lire not
509r, que ce mélange de représentants de ne ordre de toutes les races compose quelque chose d’assez hideusement provincial, au pi
510t lui faire un grief plus grave : elle subordonne toute réforme à une préalable révolution économique qui paraît de plus en p
511ncipation de la civilisation moderne à l’égard de toute autorité divine qui est le trait dominant de notre époque » — pour re
512ermis de nos jours… bref, que la science a changé tout cela. C’est précisément à ce sécularisme que répond M. Gabriel Marcel
513t idéalisme ? se demande M. G. Marcel. L’orgueil tout d’abord, je n’hésite pas à le déclarer. On m’arrêtera en me faisant o
514tretient n’est l’Esprit de personne. Je répondrai tout [p. 188] d’abord que c’est ou que cela veut être l’Esprit de tout le
515 que la démocratie dont cet idéalisme n’est après tout qu’une transposition recèle de flatterie. Ce n’est pas tout : en fait
516e transposition recèle de flatterie. Ce n’est pas tout : en fait l’idéaliste se substitue inévitablement à l’Esprit — et cet
517est né et dont on ne saurait prévoir les avatars. Tout cela, disons-le nettement, est d’une singulière incohérence. Et il es
518n somme, de l’imperfection du monde. Je pense que tout chrétien conscient des problèmes de ce temps, souscrirait aux critiqu
85 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
519igine protestante était un vice rédhibitoire pour toute carrière artistique, un facteur de stérilité ou tout au moins de séch
520e carrière artistique, un facteur de stérilité ou tout au moins de sécheresse. Et voici que s’alignent sur une même affiche
521veilleux, on mettait notre volonté aimante, entre toutes les pages, sur toutes les choses. Nous écrivions aux auteurs, nous re
522otre volonté aimante, entre toutes les pages, sur toutes les choses. Nous écrivions aux auteurs, nous recevions des livres, de
523ivres, des lettres. Van Gogh, en qui nous aimions tout : le pasteur, le peintre et le fou, semait en nous toutes les curiosi
524 le pasteur, le peintre et le fou, semait en nous toutes les curiosités de la couleur et de la vie. Nous reprenions toutes les
525sités de la couleur et de la vie. Nous reprenions toutes les mesures, tout redevenait neuf : les mots « forme », « couleur »,
526et de la vie. Nous reprenions toutes les mesures, tout redevenait neuf : les mots « forme », « couleur », « architecture ».
527e lumineuse, et le « Douarnenez » de Mac-Avoy est tout animé de blancs vivants. Très plaisant « Essai pour une Italie protes
528mandé non sans ironie où était le calvinisme dans tout ceci. Eussent-ils posé, à propos d’un salon d’art catholique, la même
86 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
529ent ennuyeux » — un idéal de risque qui redonne à toutes choses leur vivante réalité. Mais tout ceci, à quoi nous ne pouvons q
530edonne à toutes choses leur vivante réalité. Mais tout ceci, à quoi nous ne pouvons qu’applaudir, ne saurait être pour nous
87 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
531éments dont l’antagonisme fait le fond de presque toutes les grandes œuvres romanesques : une individualité et un milieu socia
532e, mais dont la présence constante donne au livre toute sa gravité. Maurice Baring exprime ce troisième sujet par deux vers d
533charger ces critiques d’une tâche impossible. Car toute la valeur de l’œuvre de Baring réside dans sa durée, dans son atmosph
534rien de plus que ce qu’admet la société anglaise. Tout le drame est intérieur ; la passion ne s’y manifeste que par de très
535tôt religieuse.) Il est incontestable que l’art a tout à gagner à se choisir un cadre étroit, voire même conventionnel. Raci
536Baring nous fait suivre de sa naissance à sa mort toute l’existence de Blanche Clifford, sa vie de jeune fille, son mariage a
537le prince Roccapalumba, puis avec un jeune lord ; toute l’existence d’une femme qui ne cesse, jusqu’à sa dernière heure, d’ai
538e sa grandeur, et le plus tonique 17 , — il en va tout autrement de l’histoire d’une vie sentimentale. La durée est l’élémen
539’avons dit, de son œuvre romanesque. Et c’est par tout ce qu’elle contient d’inexprimé qu’elle atteint en certains passages
540 : du moment qu’on allait à l’église le dimanche, tout était bien ; inutile d’en demander plus. » Parlant de son pasteur pré
541entation, induits en discussion. Je sais bien que tout changement de confession ramène les mêmes arguments qui retiennent l’
542 la seule solution possible qu’elle n’est plus du tout exemplaire et ne peut servir ni le catholicisme (le milieu protestant
543 vertu d’une loi organique, inéluctable, amorale, tout à fait indépendante de nos appréciations. [p. 350] Nous sommes nature
544bonheur avec notre bien, et à taxer d’immoralisme tout acte qui entraîne des ruines humaines. Mais la vérité, elle, est indi
545anche qui parle au Père Michaël.) Vous comprenez tout à présent. Je vous demande seulement de prier pour moi, car j’ai parf
546araît intolérable. — Elle l’est presque, mais pas tout à fait. Il faut l’accepter. Songez à l’agonie du Jardin des Oliviers.
547si, est « par-delà », — cette joie « qui surpasse toute connaissance ». p. 344 g. « Au sujet d’un grand roman : La Princ
88 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
548ixe siècle, du plus méconnu peut-être, en France tout au moins, — du plus actuel, je dirais même du plus urgent de tous. So
89 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
549criptive, elles nous paraissent intéressantes par tout ce qu’elles révèlent de la mentalité des écrivains et des peuples don
550ventionnel, un élément de pittoresque, un sublime tout fait, dont on agrémente des digressions sur l’ordre social. Mlle Enge
551e la montagne, l’homme est seul. Sénancour, c’est tout autre chose. Lui, cherche un refuge. « Dans l’isolement des cimes ou
552 . La littérature anglaise, au contraire, a donné toute une suite de chefs-d’œuvre lyriques à sujets alpestres. « Toute une t
553e de chefs-d’œuvre lyriques à sujets alpestres. « Toute une tradition d’individualisme lui frayait la voie », note fort juste
554ie anglaise en de véritables « élévations ». Mais tout ce lyrisme n’est pas dépourvu de grandiloquence ni de pieuse fadeur.
555itude énorme, mais voyez avec quelle tranquillité tout repose dans la lumière… » Vous avez reconnu ce ton souverain. Pour la
556de celui qui les a conquises, physiquement aussi. Toute l’œuvre de Nietzsche est pleine de repères alpestres. « Comme ces vue
557at à la nature alpestre. Il contient en puissance toute une morale de l’effort individuel et désintéressé, un constructivisme
90 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
558fonds de la ville de Kobé et peu à peu élargies à tout ce vaste empire moderne si rapidement envahi par la civilisation d’un
559re, mais bien le signe d’une absence d’hypocrisie tout à fait insolite, et qui dans certains cas, paraîtra presque scandaleu
560aisons de la popularité d’une telle œuvre : c’est toute la vie du Japon actuel qu’elle concrétise sous nos yeux. Certes, ce n
561ffreux noms de gares tels que Tenman, Tamazukuri, tout à fait dans le genre d’Osaka, écrits sur des lampes carrées. Entre le
562tter l’Université. Ce passage nous le montre déjà tout entier : subit et absolu dans ses déterminations, farouchement idéali
563es beaux sentiments lorsqu’il s’y mêle des motifs tout matériels. Ses larmes augmentèrent en pensant à la pauvreté de senti
564union d’évangélisation dont la description serait toute entière à citer, dans son inénarrable et cruelle vérité, pourtant for
565 Le jour des funérailles, Eiichi essaya de garder tout son sang-froid, mais au cimetière du Temple de Zuigan, quand les prêt
566t en silence à la suite de la procession funèbre, toutes ses relations avec son père se déroulèrent comme un panorama devant s
567réalité, et il pleura de crainte et de tristesse. Tout inspirait le respect : le bruit discordant des cymbales, les psalmodi
568e, Eiichi prit une résolution. Désormais, rompant tout lien avec le passé, comme on franchit le pas de la mort, il lutterait
569du capitalisme ; un asile de fous qui s’étend sur toute la terre. Sans se préoccuper si c’était le monde ou lui-même qui étai
570 bientôt à la vie, mais cette fois pour se donner tout entier à la misère des bas-fonds de Kobé. Il fait siennes toutes les
571 la misère des bas-fonds de Kobé. Il fait siennes toutes les épreuves d’un peuple misérable, des pires brutes qu’il recueille
572e vie et de pathétique, sobre et directe plus que tout ce qu’on a pu [p. 629] lire de plus vécu sur ces milieux. Finalement,
573s hommes sont coupables. Ceci acquit au Procureur toute la sympathie d’Eiichi… Si c’est à des tâches aussi inutiles que les p
574gulière de l’âme qu’elle révèle. Une âme qui sent tout avec force et délicatesse, éprouve tous les penchants humains, s’y so
575 vivant, tenté, et décrivant ses tentations comme toutes naturelles, il surmonte les obstacles avec un contentement modeste et
576 lui et décide de sa conversion : Il se décida à tout accepter, oui, tout. Il accepterait la vie et toutes ses manifestatio
577 conversion : Il se décida à tout accepter, oui, tout. Il accepterait la vie et toutes ses manifestations dans le temps. Il
578out accepter, oui, tout. Il accepterait la vie et toutes ses manifestations dans le temps. Il était ressuscité de l’abîme du d
579sphère actuelle, enrichi par la force de la mort. Tout était merveilleux, la mort, lui-même, la terre, les pierres, le sable
580dessins, les roses, les lèvres rouges des filles, tout était surprenant, même le sang caillé, le péché et le cœur souillé, t
581même le sang caillé, le péché et le cœur souillé, tout était étonnement. Il acceptait tout. Il décida de vivre fermement, de
582cœur souillé, tout était étonnement. Il acceptait tout. Il décida de vivre fermement, de prendre courage et de lutter bravem
583bravement à l’avenir, et pour cela il accepterait tout de l’existence. Il accepterait aussi la religion avec le courage du s
584n ruisseau, il passa trois heures et demie à lire tout l’Évangile selon saint Matthieu, du premier chapitre au dernier, pria
585 cours d’un livre où il se peint, aux prises avec toutes les formes du mal, jamais vous ne surprendrez [p. 632] dans ses yeux
586coup de prétexte pour n’y point réfléchir. Mais à tout prendre, cet ennui traduit ou marque notre paresse et notre lâcheté n
587ais le sens chrétien primitif n’est-il pas, avant tout, le sens de la pauvreté ? Qu’un Kagawa nous force à méditer chrétienn
91 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
588es quelques notes voudraient marquer une réaction toute personnelle provoquée par la dernière « manière » gidienne, et je m’e
589 (celles du serpent qui charme à froid) — art qui tout ensemble se définit et se limite par l’épithète valéryenne d’exquis.
590 trop subtil les vaniteux verdicts d’une moralité toute faite. Je ne me récrie pas et ne compte nullement désigner l’auteur d
591trale et cruellement ironique. Je ne tiens pas du tout à imiter ce Père. Nul besoin de citer à la barre d’un jugement dernie
592qu’ils reculent devant l’audace de conclusions en toute logique inévitables. Car ce qui naît de l’Évangile n’a de sens que pa
593’a de sens que par le jaillissement vers Dieu. Et tout précepte évangélique une fois détaché de la grâce se décompose avec v
594ence en sophismes, ou bien engendre des chimères. Tout, ainsi, devient inextricable. Les Lettres au cours desquelles Gide ré
595cours desquelles Gide répond à ses critiques sont tout à fait significatives à cet égard. L’on est d’abord séduit par la fin
596. Que rien de ce qu’il écrit ne l’engage [p. 728] tout entier. Qu’il n’est que spectateur de ses antagonismes. Dès lors, la
597sur ses bases sociales et religieuses. Ah ! comme tout cela est juste et net, parfaitement exprimé et mûri. Mais comme aussi
598t, parfaitement exprimé et mûri. Mais comme aussi tout cela manque d’enthousiasme, d’« endieusement », selon l’étymologie de
92 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
599exilé, non réfugié, mais d’éducation et de nature toute française. M. Thibaudet ajoute à ce propos : On m’a fait observer t
600 Genevois, au contraire ! Mais n’oublions pas que toute l’œuvre de Loti est faite du morcellement et de l’adaptation d’un liv
601hez Pierre Loti, à ce spectacle étrange d’une vie toute pleine de nobles penchants et d’affections élevées, tandis que déjà l
602s unes des autres, mais elles s’étalent à la fois toutes ensemble. Dès l’année 1886, où il publiait son essai, Frommel donnai
603es ne le furent jamais. Serait-ce la civilisation toute seule qui les aurait travaillées à ce point et les aurait ainsi fouil
604utrefois, est retombée sur la terre et l’anime de tout l’effort qu’elle portait sur les choses invisibles. La vie, désormais
93 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
605e philosophie de l’existence personnelle qu’avant tout nous avons besoin. Kierkegaard nous en propose le type le plus effica
606le de Kierkegaard, sa pensée paraît réfractaire à toute description, car elle opère sur des mythes concrets plutôt que sur de
607andeur parce qu’il possède la mesure au sein d’un tout fini : famille, dieux, nature. Il ne se recherche pas soi-même, il vi
608s idées et des combinaisons d’idées mais créer de tout son être spirituel des faits nouveaux et vrais, dans un certain style
609plexe. (« … les bavards ne tirent pas d’eux-mêmes toutes les paroles qu’ils profèrent ; ils les reçoivent des [p. 643] prophèt
94 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931)
610ah est donc un recueil de contes romantiques, cas tout à fait rare dans la littérature française, et qui comporte en soi que
611 important d’un tel livre me paraît résider avant tout dans l’ordre des faits qu’il met en jeu, dans la problématique qu’il
612n un peu forcée que le cœur s’accorde en dépit de tout, tandis que l’esprit demeure évasif et lucide devant les conditions q
95 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
613e imposant tour à tour le cynisme ou la bonhomie, tout cela baigne dans une inguérissable nostalgie, celle d’un grand accord
614ont de réalité qu’en un cœur, lorsqu’il aime 1  ? Tout devenait incompréhensible et certain, l’amour n’existait pas ailleurs
615ndre-sur-noblesse à Saint-Masoch-en-Démonie, mais tout se mêlait glorieusement dans un humour inénarrable et dans les pleurs
616ar la métamorphose a pour effet certain de rendre tout légalisme inefficace — il n’y a jugement possible que du même, — et l
617, accessoirement, notre salut.   Parmi les traits tout quotidiens de la mentalité germanique, les plus frappants apparaissen
618, cela ne saurait présenter que des inconvénients tout pratiques, strictement limités à la victime. Car il reste sous-entend
619 climat et d’ambitions collectives, ensemble que, tout indépendamment des réalités économiques et politiques, l’on peut nomm
620es. Selon l’une, cette déficience est inhérente à toute réalité humaine ; elle est la marque même de sa validité, la preuve d
621un monde de l’unité (en vérité de l’unification à tout prix) est un monde « sécularisé » jusque dans ses modes les plus inti
622n’est réel que pour celui qui veut s’en arracher. Toute délectation détruit son objet, et bientôt détruit jusqu’aux sens sur
623rait, qui la tue. Le sentimentalisme n’est pas du tout le contraire du rationalisme (mais nous vivons sur des distinctions d
624t ces deux attitudes de l’esprit sont parallèles. Toutes deux ont leur origine dans un perpétuel et anxieux besoin de dire les
625ilisante perfection. L’intelligence latine aurait tout à gagner à se laisser berner et houspiller au jeu des sentiments. Ell
96 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
626Mais un tour de tambour anéantissait cette Vienne tout occupée à ressembler à l’idée qu’on s’en fait. [p. 34] Le Ring, trop
627ais le thème de la Barcarolle s’empare bientôt de tout mon être — ainsi d’autres deviennent patriotes au son d’une fanfare m
628tants les accords d’une harmonie surnaturelle. Et tout cela chanté dans une langue que je comprends mal. Je me penche vers u
629. L’envie me prend d’aller le rejoindre. Me voici tout abandonné à l’évocation d’un amour tragiquement mêlé à des [p. 36] fo
630 le pouvoir de cette musique. Voici que vous êtes tout près de comprendre… Mon voisin avait parlé tout haut ; personne pourt
631s tout près de comprendre… Mon voisin avait parlé tout haut ; personne pourtant ne se détournait. Comment pouvais-je être le
632pour une élégance très moderne. Il n’y avait dans toute sa personne rien de positivement démodé ; je n’eus même pas le sentim
633onner pour quoi que ce soit. Cette ville, qui est toute caresses, a peur de l’étreinte… C’est d’ailleurs une chose que je com
634. De terreur, le homard avait rougi : il conserva toute la nuit une magnifique couleur orangée. Gérard semblait habitué à ces
635 était-ce la même sous deux attributs différents. Toutes les femmes qui m’ont retenu un instant, c’était parce qu’elles évoqua
636fant était charmante, comme elles le sont presque toutes dans cette ville, — du type que Gérard et Théo nommaient « biondo e g
637usqu’à l’insensibilité et l’illusion étendait sur toutes choses une aile d’ombre flatteuse aux caprices redoutables. Cette nui
638aux nous parlèrent, bientôt dissous dans le vent. Tout n’était que reflet, passages, allusions. [p. 46] Plus tard, dans un
639erposent, restituant vivantes dans la même minute toutes les incarnations d’un amour dont l’être éternel peu à peu transparaît
640iberté magnifique et angoissante. Il [p. 47] mêle tout dans le temps et l’espace. Cent années et tous les visages aimés revi
641 ainsi la lune et sa moitié d’ombre. Et parce que tout revit en un instant dans cette vision, il connaît enfin la substance
642t finissent aux pierres précieuses en passant par toutes les formes animales. L’âme du monde palpite dans cette confidence. Il
643 vie résume cette vie entière, et fait allusion à tout ce qu’il y a sous le soleil, et même ailleurs. Croyez-moi, vous pourr
644ire une Vie simultanée de Gérard : elle tiendrait toute en une heure, en un lieu, en une vision. »   Nous sortîmes. Seules de
645e petite portion et la fit prendre au homard avec toutes sortes de soins. Les chauffeurs regardaient d’un œil las, trop las po
646ais d’un pied sur l’autre dans la neige fondante, tout en croquant une de ces saucisses à la moutarde qu’on appelle ici « Fr
647solences sur les chapeaux noirs de ses cavaliers. Tout cela s’empila dans les autos ; en un quart d’heure, il n’y eut plus p
648sortie des invités, sur une femme qui s’en allait toute seule vers une voiture à l’écart des autres. Une femme aux cheveux no
649es journaux du matin, des triporteurs passèrent à toute vitesse, m’éclaboussant de neige et de titres dépourvus de sens. Je d
97 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
650iniment à la présentation des acteurs. Ah ! jeter tout cela dans quelque vaudeville dont une poésie insolente et ivre tirera
651ers sur le vent de printemps : la poésie est dans toutes les anthologies, l’habit classique, l’accent profond et nasillard d’o
652nie ne font qu’une rumeur informe, insignifiante. Tout se dégrade en amabilités. N’oublions pas que l’on a réuni tant de ric
653 donne à elle-même un défilé de mannequins. Comme tout ce qui n’a pas de raison, voilà qui est plein de significations troub
654gne, je suis seul, comme ceux qui se souviennent. Tout est lumière dans cet espace, jeu silencieux [p. 58] de lustres, de gl
655 vers moi un regard d’ardente confiance qui était tout ce qu’on ne pouvait dire, — qui était, dans un suprême délice de libé
656 ait eu cette joie par un regard de jeune fille ! Tout peut encore être sauvé… Un accord brusque de rumeurs à travers une po
657t à vivre, dangereusement. Ô fête d’une époque où tout ce qui vaut qu’on l’aime oscille entre l’ivresse et la neurasthénie,
658es caresses déchirantes, — mais ici l’on aime que tout soit exprimé en symboles gantés de blanc. Nous sommes fous, mais il y
659Ébranle un peu ces lambris d’or, tu vois bien que tout cède aux regards de l’ivresse. Un coude nu s’appuie à mon épaule, je
660rtige. Voici que cèdent les amarres des pelouses, tout le jardin monte sans fin [p. 62] dans le frisson désespéré de l’aube,
98 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
661ns sous de hauts ponts sonores, au long d’un quai tout fleuri de terrasses ; on nous déverse dans cette foule et ces musique
662e n’a mon adresse, je n’attends rien d’ailleurs ; tout à ma chance hongroise en ce premier réveil — délivré. Chez moi je sui
663voir jamais vu, et dont nous savons seulement que tout y a son écho le plus pur. Le voyage trompe un temps cette angoisse. J
664’irai chercher moi-même, me suis-je dit, je ferai toutes les avances, les plus exténuantes, et qui sait si tant d’erreurs ne c
665s en Amérique.) Grands dieux ! je le vois bien, à tout prix il vous faut un prétexte avouable… On me demandera donc toujours
666 inconnu ! — Ô Destin sans repos et qui me voue à toutes les magies ! Les désirs les plus incompréhensibles s’emparent de moi
667sibles s’emparent de moi comme des superstitions. Tout mon avoir se fond dans une loterie qui peut-être n’a pas de gros lot,
668réel. Mais nous vous montrerons notre Hongrie, ou tout au moins ce qu’il en reste. Sur quoi l’on m’entraîna dans un musée sa
669ards lucides qu’il arrive qu’on porte sur la vie, tout d’un coup, à trois heures de l’après-midi par exemple, — non sans ang
670alors que dans ce domaine, plus visiblement qu’en tout autre, un non-conformisme intransigeant serait la seule conduite féco
671se. Eh bien oui : je me ferai un mérite de perdre tout mon temps, si toutefois perdre conserve ici le sens qu’il a pris dans
672et provoquer une crise, bref, sans le payer cher. Tout cela est langage de bourse. Pour moi, je poursuivrai mon discours en
673oresque, mais il s’agit de le déjouer au moyen de toutes sortes de ruses et de scepticismes, dont le plus simple consiste à tr
674nnantes, dans une gloire de dorures, — et massées tout autour, frileuses dans leurs dessous roses, les filles qui chantent u
675car on ne choisit pas un sujet : on est sujet. Et tout ceci n’est rien que le voyage du Sujet à la recherche de son Objet, —
676, est une place vraiment royale. Vide, elle prend toute sa hauteur. Silencieuse, solennelle de nudité, entre le Palais du Rég
677, et quelques gardes. Traversant dans sa longueur toute l’immense place, les automobiles passèrent lentement, l’une après l’a
678r leurs idées sociales, pareils aux chauffeurs de toutes les villes, conduisent dans la cour d’honneur ces reliques incroyable
679spectateurs. Reliques ? Elles conservent du moins toute leur efficace. Voici le Prince Primat, les doigts levés. On se signe.
680igne. Et voici venir à pied de son palais proche, tout seul, un archiduc. On salue profondément, en silence (cliquetis des r
681Mais, en Hongrie, le nationalisme est une passion toute nue, qui exprime l’être profond de la race. On ne discute pas cet amo
682ue qu’efficace. Et sans lendemain. Ce mélange, en toutes choses, d’enfantillage et de grandeur, d’imaginations absurdes et de
683eine nature », un peu au-dessus de la plaine, pas tout à fait dans le ciel, là où doivent vivre ceux qui « chantent ». L’apr
684 cerisier sauvage, derrière la maison, un peintre tout en blanc arrive par les vignes, ah ! qu’il fait beau temps, l’horizon
685ps, l’horizon est aussi lointain qu’on l’imagine, tout a de belles couleurs, le poète sourit en lui-même, il y a une enfance
686aresse indéfinie de la puissance. Soir de voyage, tout enfiévré d’orgueil errant, de conquêtes vagues… Tout ce qui est de la
687t enfiévré d’orgueil errant, de conquêtes vagues… Tout ce qui est de la terre renonce à s’affirmer en détail précis, se mass
688e toujours — et moi, parmi les reflets fuyants de toutes sortes de faces et de paysages soudainement invisibles, je distingue
689t de couleurs, mais aussi une forme symbolique de tout… Enfin, tellement inconnu et tellement fascinant à la fois, qu’il me
690llement fascinant à la fois, qu’il me préserve de tout amour pour quelque bien particulier où je serais tenté de me complair
691r. Je ne pense plus qu’« au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des faubourgs de Pest, au-dessous de nous.
692s à oublier ce qui est lent ou fixe ou pas à pas. Tout s’épanouit dans un monde rythmé, fusant, tournoyant, sans frontières.
693nce au-dessus du gouffre. Je vole sur place, mais tout se met à fuir, alors il faut voler plus vite pour rattraper ces appar
694parences adorables… Si je « lâchais » un instant, toutes choses disparaîtraient… Le vertige (la peur et l’amour du vertige). Q
695 se lève, et des tambours et des cris modulés, et toute la frénésie d’un grand souffle qui se serait mis à tourbillonner sur
696s supporterait difficilement l’ampleur qu’ont ici toutes choses, cette atmosphère de nomadisme, et ces vents vastes ; et cette
697Ce qu’en raconte la musique — tu vas l’entendre à toutes les terrasses de Debrecen. Debrecen est une sorte de grande ville ind
698as ce faux confort que nous n’avons qu’au prix de tout ce qu’à Debrecen je viens admirer. On aime les Hongrois comme on aime
699ondes bibliothèques et son quartier universitaire tout rajeuni dans des jardins luisants ne m’empêchera pas de m’y sentir au
700 que profonde [p. 104] ne fut l’attente, et lâche tout. C’est l’âme qui joue aux montagnes russes, mais voici que le petit t
701nd d’une Inde. Ils l’ont égaré, comme ils égarent tout d’un monde où si peu vaut qu’on le conserve, au long d’un chemin effa
702r qu’on ne doit même pas savoir qu’on le possède… Tout près d’ici, peut-être, mais invisible. Lève-toi, pars, et sans vider
703nes pointues, rives [p. 106] basses, verdoyantes, toutes fraîches de musiquettes et de baigneuses ; quais de Balaton-Füred aux
704, petits professeurs entourés de leur famille, et toutes ces Magda, toutes ces Maritza rieuses et déjà presque belles dans leu
705rs entourés de leur famille, et toutes ces Magda, toutes ces Maritza rieuses et déjà presque belles dans leurs petits sweaters
706107] restes de volcans — blanches sous la lune et toutes lustrées de rêches végétations. J’ai traversé l’angoisse lunaire des
707on. Où vas-tu, les mains vides, faiblement ? Ah ! toutes les actions précises et courageuses, tout ce qui t’appelle là-bas, ma
708 Ah ! toutes les actions précises et courageuses, tout ce qui t’appelle là-bas, maintenant, maintenant, où tu n’es pas — et
709ais je ne trouvais pas la pente de mon esprit, et tout en le parcourant avec une soif qui annonçait le désert, je traçais de
710en quel endroit du temps tu vis, — c’en est fait, toutes choses ont revêtu cet air inaccoutumé qui signale que tu es parti. Vo
711uffiraient-ils à l’indiquer quand je m’en parle ? Tout en donnant le change à celles de mes pensées qui exigent des apparenc
712la main. Ainsi je quitte la Hongrie. Serait-ce là tout ce qu’elle m’a donné ? Cette notion plus vive d’un univers où la prés
713exions, pieux mensonges du cœur qui traduisent, à tout prendre, une vérité particulière plus importante que cette vérité gén
99 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
714u d’un piano dont il a coupé les cordes, mais pas toutes, en sorte que plusieurs touches sonnent encore, et c’est là-dessus qu
715 avec son banc et ses lilas fleuris qui trempent. Tout est familier, paisible au soleil. Il passait des heures devant cette
716 Il y a pourtant cette petite chambre… Est-ce que tout cela existe dans le même monde ? (Il est bon de poser parfois de ces
717tions naïves.) Lui aussi a vécu dans cette ville, tout semblable à ces théologiens aux yeux voilés, aux pantalons trop court
718ilés, aux pantalons trop courts, qui se promènent tout seuls… Et puis, il lui est arrivé quelque chose de terrible, où il a
719néreuses autour d’eux… Cela s’oublie. Et l’amour, tout justement, nous fait comprendre, dans le temps même qu’il nous entrou
720 leur échappe — je t’échappe ô douceur de vivre ! Tout redevient autour de moi insuffisant, transitoire, allusif. Tout se re
721 autour de moi insuffisant, transitoire, allusif. Tout se remet à signifier l’absence. (1929) p. 121 14. Bettina von Ar
100 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
722geur les intéresse, elles s’accoudent au parapet, tout près d’ici. Vont-elles sentir que je les regarde ? Vraiment la plus p
723un gros collier de verre bleu… Elle lève les yeux tout droit vers moi, une seconde, parle vite à sa compagne, rougit. Elles
724quelque bienveillance lorsqu’il a compris. Est-ce tout ? Il y a encore l’absence de la fille, élément considérable dans l’at
725s campagnes solitaires, je promène un adolescent. Tout l’après-midi j’ai rôdé, marchant, m’arrêtant pour écouter et respirer
726illages exultaient de clarté devant le ciel pâli. Tout vivait autour de moi dans une sorte d’ivresse lente et majestueuse, e
727se, et bientôt je me pris à composer des phrases, tout en allant comme [p. 138] en rêve sur l’herbe où s’étouffait tout brui
728comme [p. 138] en rêve sur l’herbe où s’étouffait tout bruit. « Ô crépuscule adolescent, disais-je, chasseur au cœur battant
729 réveillé. Mais tandis qu’ici j’écris, je me sens tout baigné encore de cette fièvre amoureuse ; et tout est mythe de nouvea
730tout baigné encore de cette fièvre amoureuse ; et tout est mythe de nouveau. Mythes de l’ombre et des frontières, sortis de
731piers, un tome de Meister, un paquet de tabac, le tout dans une couverture sous mon bras. La ville s’éveille et s’aère. Je m
732e quatre ou cinq phrases mais en tenant compte de tout ce qui bouge. Il importe de s’arrêter longuement sous tous les prétex
733une méditation à la fois distraite et nourrie par tout ce qui flotte dans l’air, rampe, gratte le sol, pique, bruisse exquis
734lles mêmes par où la pensée entre en contact avec tout le mobile et l’ineffable du monde. Cure de sommeil, de rêves et de fe
735signe. J’ai pourtant dans la tête et dans la peau toute cette matinée d’air, l’odeur de l’ombre sous les feuilles, et cette a
736main ? Car voici bien le monde qu’on nous a fait. Tout encombré d’idées sans corps, de corps stupides, — de nihilistes et de
737, — de nihilistes et de boxeurs, si vous voulez — tout encombré de larves et de systèmes qui ne correspondent à rien ni dans
738 par excellence, — il devient aussitôt patent que toute réalité spirituelle a sa correspondance dans la matière, ou bien n’es
739la signification. (L’état de l’âme et du corps où tout nous apparaît en relations concrètes.) 31 mai 1929 Personne n’a fab
740l’époque de ma mort, pour supporter ces frais ; à tout le moins, les mille marks que paie la Caisse de décès y [p. 147] suff
741le dans ma chambre et dans les corridors, pendant toute la nuit, et qu’on n’y regarde pas à quelques kilowatts. Je veux être
742 papier. Je renonce aux couronnes mortuaires et à toute autre marque extérieure de deuil ; par contre je voudrais que l’on jo
743nse : comme elles sont tout de suite en fuite, de tout leur maintien, quand elles ne sont pas provocantes.) Elle baisse les
744e dois faire le ménage ces jours, la peau devient toute sèche et je n’ai même pas pu me faire les ongles… » Elle voudrait res
745(Je crois qu’il y a dans cette armoire un cordial tout indiqué en l’occurrence.) Ainsi vivait l’Allemagne d’hier — celle de
746lexion, avec ce même « réalisme » exemplaire, que tout, ici, conspire à m’inculquer. Que Goethe ait été « initié », ne saura
747squ’aux détails de l’intendance des domaines. Là, toute démarche de la pensée s’accorde à des pentes variées et réelles, aux
748t bien trompés. Pas trace ici de « merveilleux ». Tout ce qui, sous d’autres climats, fait effervescence et fuse en l’air, i
749es feuilles de buvard entre les pages, à cause de toutes ces larmes. Maintenant, parlez-moi du modernisme éternel de cette pla
750èce de joie qui attrape la fièvre dans mon corps. Toute cette journée baignée de l’air des collines, il semble que mon sang c
751sais-je même ? La fille [p. 153] au collier bleu… Tout d’un coup le sommeil me vide les jambes. La nuit se ferme à l’imagina
752à l’imagination, cette nuit qu’il eût fallu vivre tout entière et qui n’est plus bonne qu’à dormir… Alors j’ai eu ce regard
753igne vers son magazine — pas trop doux, hein !… » Tout cela est très juste ; la vie doit être ainsi : parfaitement compréhen
754 : parfaitement compréhensible et d’une vulgarité toute naturelle. Il faut aller dormir. [p. 154] Rose de Tannenbourg L’esp
755e de ses larmes le seuil de la prison paternelle, tout en coulant un clin d’œil assassin vers le parterre agité de passions
756e dans une campagne nocturne. Mais plus douce que toutes choses est la rencontre sous un arbre noir d’une femme abandonnée dan
757lune s’en va, il y a ce haut corps obscur qui vit tout près de moi dans son véritable silence, les yeux clos. L’arbre, en sa
758femme étrangère, mes yeux possédaient sans mesure tout ce que l’anxiété de la vie nous dérobe : la nudité, la plénitude et l
759s pas si vous avez connu ce contentement large de tout l’être devant un verre de vin allemand que l’on boit à petites gorgée
760rès de ce qu’il y a de plus pur dans la nature et toutes sortes de sensualités et de gourmandises qui s’éveillent, en sont com
761s, je crois, oui je crois bien que je sens la vie tout le temps… 15 juillet 1929 Le père Reinecke me félicite de ma bonne
762oisir, — va s’asseoir de l’autre côté du couloir, tout au bord d’une banquette. Mais je la [p. 166] vois encore en regardant
763nte. « Et pendant que l’aîné des frères racontait tout ce qui était arrivé, un parfum de millions de roses se répandit dans
764s ? Un soudain excès de l’amour s’est libéré dans tout mon être et s’élance vers ces vies proches. Oh ! s’ils savaient, s’il
765s étrange et plus pesant que nulle part. Me voici tout environné de ville. Où trouver ici la lenteur des choses ? Où le dési