1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
1rétion à louer une grande œuvre qu’on trouvera la mesure de son admiration et le gage de sa légitimité. Nul doute que les Troi
2 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
2is on a si souvent l’impression qu’ils battent la mesure devant un orchestre qui, sans eux, jouerait aussi bien, aussi mal. Qu
3usser le rythme des jours et des nuits [p. 318] à mesure que se développe une civilisation mécanicienne. (Les machines n’ont p
3 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
4 Après, c’est un long adieu et le corps se fige à mesure que l’esprit s’établit sur ses positions. Or donc, j’avais vingt ans.
4 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
5e mépris pour ses réalisations actuelles donne la mesure de ce que vous attendez d’elle. Pour dire le fond de ma pensée, je cr
5 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
6eut donner à l’homme d’action. Enfin, le voici en mesure de produire des quantités énormes d’autos. Seulement, pour pouvoir co
6 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
7uls à s’accommoder parce qu’ils l’ont établi à la mesure exacte de leurs besoins. Nous ne croyions plus aux démons, mais à la
7 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
8: tous les enfants doivent à tout instant être en mesure 1° d’ingurgiter la même quantité de « matière » ; 2° d’en rendre comp
9dent que Sylvie est supérieure à Victoria dans la mesure où l’invention est supérieure à l’imitation. Mais Victoria montre une
8 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
10’est-ce pas, mes agneaux. C’est justement dans la mesure où je participais de l’écoeurant optimisme bourgeois que je m’accommo
9 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
11us éduquer. D’ailleurs elle y est obligée dans la mesure où elle réalise son ambition : soustraire les enfants à l’Église et à
12ion à outrance du monde, je répondrai que dans la mesure où cette exigence est satisfaite naît un nouveau besoin qui est préci
10 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
13dire, pour lui, calculables, chiffrables. Dans la mesure où il y parvient, il tue les existences particulières, ou bien c’est
11 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
14méthodes de concentration analogues, même dans la mesure sans doute faible où la nature des enfants le supporte, on économiser
15consciencieux, certes, mais sont-ils dans la même mesure conscients des fins qu’on assigne à leur activité ? Un peu de rigueur
12 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
16tres n’est compréhensible et légitime que dans la mesure où la poésie est compréhensible et légitime. 4. Je suis de sang-froid
13 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
17ocle, au contraire est celui qui passe toutes les mesures de l’esprit humain, parle aux dieux avec orgueil, et finit par succom
14 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
18 à chaque problème, l’« hypostasiant » en quelque mesure, elle risque de nous laisser l’image d’un auteur plus conscient de se
15 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
19ui « signifient » plus qu’elles ne « sont ». L’on mesure ici l’écart d’avec la littérature d’avant-guerre, qui était avant tou
16 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
20 couleur et de la vie. Nous reprenions toutes les mesures, tout redevenait neuf : les mots « forme », « couleur », « architectu
17 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
21ce. Aussi notre bonheur humain n’est-il en aucune mesure le signe de la vérité. Personne, peut-être, n’a répété avec autant de
18 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
22de notations touchant à la monotonie. Au reste, à mesure qu’on avance, l’on comprend mieux les raisons de la popularité d’une
23 sainteté, mais toujours ils s’accompagnent d’une mesure parfaite dans l’appréciation. Il semble qu’il n’ait aucune peine à se
24e pose sur ses semblables, tel est le signe et la mesure certaine. Au cours d’un livre où il se peint, aux prises avec toutes
19 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
25s, mais dont lui-même se révèle dépourvu dans une mesure qui est celle, exactement, de son art, — considérable. Art de ruses,
26ard. L’on est d’abord séduit par la finesse et la mesure de leur argumentation, par leur côté vraiment « non-prévenu », et pui
20 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
27e 1931) a Si l’existence — le degré d’être — se mesure au pouvoir d’incarner sa vérité, le mal du siècle c’est l’impuissance
28philosophie » et son extrême conséquence. Dans la mesure même où Kassner se montre disciple de Kierkegaard, sa pensée paraît r
29i qui donne son titre au recueil, les mots-clés : mesure, forme, grandeur, ne sont guère définis que par leurs rapports mutuel
30peut atteindre la grandeur parce qu’il possède la mesure au sein d’un tout fini : famille, dieux, nature. Il ne se recherche p
31vit dans la démesure, et lorsqu’il « veut prendre mesure de lui-même, il se sent aussitôt incomplet et coupable. Il est donc p
32 Il est donc possible de dire que le péché est la mesure du démesuré, et que pour le chrétien il n’est pas d’autre grandeur ».
33nce du chrétien, hors duquel il n’est pour lui ni mesure, ni grandeur, ni forme, mais seulement chimères et incohérence. Que l
34 considère en effet l’homme moderne, l’homme sans mesure naturelle : s’il ne retrouve pas de loi interne et de tension par le
21 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
35, et qui crée sa réponse — en vain. Le sentiment mesure une défaillance de l’être. Mais ici, deux interprétations deviennent
36 que la latine. Elle tourne en sentiments dans la mesure où elle refuse de s’accomplir pleinement. L’Italien fait l’amour et n
22 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
37avec des femmes qui élargissent des sourires à la mesure exacte de leur générosité. Vos boîtes de nuit sont [p. 43] des sortes
38lus rien. » Des bugles agonisaient, aux dernières mesures d’un tango. Notre encombrante conquête revint s’asseoir auprès de nou
23 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
39à l’intimité de mon regard avec les choses que je mesure ma jeunesse : dans ces campagnes solitaires, je promène un adolescent
40 d’une femme étrangère, mes yeux possédaient sans mesure tout ce que l’anxiété de la vie nous dérobe : la nudité, la plénitude
41 la grandeur du cœur humain, c’est de donner sans mesure un amour dont notre vie, peut-être, n’a que faire. ⁂ Le reste de la v
24 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
42, camisards et prophètes, nous condamnent dans la mesure où elles furent authentiques. Mais d’autre part certaines « célébrité
25 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
43révèle. Cette attitude s’accuse de plus en plus à mesure que Goethe avance en âge. Nous voici à ces années de la vieillesse, d
26 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
44des reproches démesurés. Certes 40 . Mais dans la mesure, si faible soit-elle, où la philosophie actuelle exerce une action, n
27 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
45nous apporte, pour l’anniversaire de la Marne, la mesure de ce qu’on pourrait appeler la politique des « laquais de forges ».
28 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
46es pratiques ; son office est de résoudre dans la mesure de l’utile des difficultés naturelles. Mais la foi, bien souvent, ne
47que ; il est bien clair qu’elle condamne, dans la mesure où ces idolâtries sont suspendues à la réussite matérielle ou à des s
29 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
48sa fascinante et grandiose monotonie. Art dont la mesure ne doit pas être cherchée dans le pittoresque, ni dans l’ingéniosité,
30 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
49hoses un écrivain, et se soucia de l’être dans la mesure seulement où il portait en tous les domaines de son activité une appl
50du temps, qui paraît dans ces deux expériences, à mesure qu’on les abstrait de toute la littérature dont elles enveloppèrent l
31 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling (juillet 1932)
51s de joie. Les enfants comprendront-ils ? Dans la mesure seulement où le plan de dépoétisation de leur monde confié aux Manuel
32 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Éloge de l’imprudence, par Marcel Jouhandeau (septembre 1932)
52e déclarer leurs références, leurs poids et leurs mesures, enfin leur choix ? L’Occident cultive l’anarchie nominaliste la plus
53son œuvre romanesque. Un Kierkegaard critique ses mesures morales, en donne la référence : ce Dieu terrible. Et sa vertu est ch
33 1933, Esprit, articles (1932–1962). Protestants (mars 1933)
54estantisme se doit d’être révolutionnaire dans la mesure même où il reste fidèle à lui-même, c’est-à-dire dans la mesure où, c
55 il reste fidèle à lui-même, c’est-à-dire dans la mesure où, constamment, il reproduit la démarche de ses fondateurs : le reto
34 1933, Esprit, articles (1932–1962). Loisir ou temps vide ? (juillet 1933)
56homme dit « j’agis », et il trouve dans l’acte sa mesure, son rythme et sa joie. Une totalité. Et s’il divise alors le temps d
57rvit. Je veux dire que nous en pâtissons dans une mesure qui n’est pas celle de la condamnation portée sur notre race. On peut
58 nécessités anonymes naissent et grandissent à la mesure exacte de nos démissions personnelles : genèse des mythiques lois de
59 jeu sa vie, à la risquer jusqu’à la perdre si la mesure de notre acte nous dépasse. « Primauté du spirituel » n’a pas d’autre
60ôt d’inflation mécanique, si l’on convient que la mesure du travail ne peut être prise ailleurs que dans la capacité humaine d
35 1933, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Solutions pratiques ? (mars 1933)
61le est-elle ? Il se trouve que nul homme n’est en mesure de la donner à son frère : c’est la foi. Tout au plus pouvons-nous, p
62 savent que le Christ leur promet la lumière à la mesure de leur obéissance. Ils n’ont donc pas reçu une révélation ésotérique
63ation éthique, un étalon universel fournissant la mesure exacte du bien et du mal en toute chose. La révélation qu’ils ont reç
36 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Pétrarque, par Charles-Albert Cingria (avril 1933)
64 faire croire qu’un texte est intéressant dans la mesure même où il est dépourvu de pittoresque, c’est à dire, dans ce cas, de
37 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Saint-Évremond ou L’humaniste impur, par Albert-Marie Schmidt (octobre 1933)
65st-elle en déca ou au-delà du désespoir, dans les mesures humaines ou dans la folie divine ? Il semble bien que Saint-Évremond
38 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Liberté ou chômage ? (mai 1933)
66st condamnée à une espèce de dégradation, dans la mesure même où son effort pratique aboutit : au lieu de créer de la liberté,
67il est neutralisé jusque vers 1929-1930, dans une mesure à vrai dire décroissante, par de multiples facteurs temporaires 3 qu
68lace dans les desseins de l’homme au labeur qu’on mesure et tarife. Et l’on s’est mis à calculer avec les hommes, comme s’ils
39 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Spirituel d’abord (juillet 1933)
69t pouvoir politique, militaire, juridique dans la mesure où il est efficace et valable, se ramène à un pouvoir spirituel. C’es
70Une révolution s’accomplit matériellement dans la mesure où son privilège spirituel a rompu d’avance la résistance : elle va d
40 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — c. Le vrai pouvoir des intellectuels et son usage
71 à la crise présente : l’homme moderne a perdu la mesure de l’humain. Le seul devoir des intellectuels, dans la situation qui
72ssance. [p. 21] C’est dans cette recherche d’une mesure de l’homme et d’une définition concrète de l’humain qu’il faut voir l
73op haut, agit trop bas : c’est qu’elle a perdu la mesure. Elle a perdu le sens du niveau proprement humain. Cela éclate dans s
41 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — e. En dernier ressort
74us parle de la personne : il veut qu’elle soit la mesure de tout, mais il ajoute qu’elle est très [p. 29] rare, et il nous lai
42 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 1. Destin du siècle ou vocation personnelle ?
75n. Mais aussi chacun de nous a un destin, dans la mesure où chacun de nous possède une raison d’être, quelle qu’elle soit, une
76miques ou sociales, sont toujours justes, dans la mesure où nous démissionnons de notre rôle d’hommes responsables et créateur
77 d’hommes responsables et créateurs. Leur rigueur mesure exactement notre dégénérescence. Le philosophe Léon Chestov disait un
43 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 2. Personne ou individu ? (d’après une discussion)
78u paradoxale, que ces lois perdent en puissance à mesure qu’elles gagnent en généralité. À mesure qu’elles s’éloignent du foye
79ssance à mesure qu’elles gagnent en généralité. À mesure qu’elles s’éloignent du foyer vivant. Mais, de la sorte, le centre de
80consciemment, diraient les psychologues — dans la mesure où ils agissent sous l’impulsion d’un absolu 12 . Je connais plusieur
44 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 3. Précédence ou primauté de l’économique dans le marxisme ? (Introduction à un débat dans un cercle privé)
81ité relative subsiste encore de nos jours dans la mesure où cet état de mensonge subsiste lui-même. Que nous soyons marxistes
82du et la suppression de l’État, sont sans commune mesure avec les moyens qu’il met en œuvre. Ou mieux encore : les moyens du m
45 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 4. Ni ange ni bête : ni gauche ni droite, (Fondements théologiques d’une action politique)
83e la contrainte armée, de l’ordre immuable, de la mesure (ou hiérarchie) sociale imposée. C’est une doctrine pessimiste, une p
84ion fatale. C’est une doctrine optimiste, dont la mesure n’est pas dans le présent injuste, mais dans le futur libérateur. Pol
46 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 5. Sur la devise du Taciturne
85es pratiques ; son office est de résoudre dans la mesure de l’utile des difficultés naturelles. Mais la foi, bien souvent, ne
47 1934, Politique de la Personne (1946). II. Principes d’une politique du pessimisme actif — 6. Note sur un certain humour
86érêts terrestres. Il les prend au sérieux dans la mesure où il croit : c’est une des conséquences de sa foi que de s’occuper s
48 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 8. Humanisme et christianisme
87positions qui n’existent, en réalité, que dans la mesure où l’on est décidé à refuser tous les conflits concrets et les décisi
88’homme à son créateur, pour rebâtir un monde à la mesure de l’individu considéré comme autonome, et « calculable » humainement
49 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 9. Antimarxiste parce que chrétien
89hristianisme. J’ajoute aussitôt que c’est dans la mesure même où je le repousse, que je suis amené à me méfier du communisme.
90 vertu absolue, qui a sa fin en elle-même, et qui mesure la dignité de l’homme. On me dira que j’exagère, que le travail du br
91ion de moraliste. Nos actes ne valent que dans la mesure où ils sont faits pour Dieu, c’est-à-dire par Dieu. Sinon il suffirai
50 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 12. Communauté révolutionnaire
92t, mais un acte. L’homme devient personne dans la mesure où il se manifeste concrètement, d’une façon qui lui est particulière
51 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
93: cette jeunesse reste sobre devant la mort, à la mesure de sa violence devant la vie. Sobre et prodigue. Grattez un peu le co
94e est un total indécomposable, et que l’effort le mesure d’avance et à chaque moment, comme tel, c’est-à-dire comme un tout. C
95era « à mort », portant en lui à chaque moment la mesure d’un effort infini. p. 173 56. Cela signifie : une vocation con
52 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 14. Tactique personnaliste
96nnées ; 4° « Une révolution est sanglante dans la mesure où elle est mal préparée. » 60 C’est dire que le sang versé par les
97 60 C’est dire que le sang versé par les émeutes mesure toujours l’imperfection du travail doctrinal de la révolution. À cet
98e pauvreté. Pauvre, mais d’une pauvreté qui ne se mesure pas à l’aune des bourgeois, qui se révèle par les témoignages de la l
53 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
99ervice, et engagés au service du prochain dans la mesure précisément où ils se sentent libérés par leur foi dans le Christ, le
54 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — i. Liberté ou chômage ?
100st condamnée à une espèce de dégradation, dans la mesure même où son effort pratique aboutit : au lieu [p. 227] de créer de la
101il est neutralisé jusque vers 1929-1930, dans une mesure à vrai dire décroissante, par de multiples facteurs temporaires 74 q
102lace dans les desseins de l’homme au labeur qu’on mesure et tarife. Et l’on s’est mis à calculer avec les hommes, comme s’ils
55 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — ii. Loisir ou temps vide ?
103homme dit « j’agis », et il trouve dans l’acte sa mesure, son rythme et sa joie. Une totalité. Et s’il divise alors le temps d
104rvit. Je veux dire que nous en pâtissons dans une mesure qui n’est pas celle de la condamnation portée sur notre race. On peut
105 nécessités anonymes naissent et grandissent à la mesure exacte de nos démissions personnelles : genèse des mythiques lois de
106 jeu sa vie, à la risquer jusqu’à la perdre si la mesure de notre acte nous dépasse. « Primauté du spirituel » n’a pas d’autre
107ôt d’inflation mécanique, si l’on convient que la mesure du travail ne peut être prise ailleurs que dans la capacité humaine d
56 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iii. Groupements personnalistes
108ts se manifesteront de plus en plus visiblement à mesure que le développement de la crise confirmera leurs prévisions. Mais il
57 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iv. Qu’est-ce que la politique ?
109mps contradictoires, ou en tous cas, sans commune mesure. 5. Pour nous, personnalistes, c’est tout le contraire : la vraie po
110éfinition de la politique que tout homme, dans la mesure où il agit personnellement, se trouve engagé par là-même dans la vrai
58 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Destin du siècle ou vocation personnelle ? (février 1934)
111. Mais aussi chacun de nous a un destin ; dans la mesure où chacun de nous possède une raison d’être, quelle qu’elle soit, une
112miques ou sociales, sont toujours justes, dans la mesure où nous démissionnons de notre rôle d’hommes responsables et créateur
113 d’hommes responsables et créateurs. Leur rigueur mesure exactement notre dégénérescence. Le philosophe Léon Chestov disait un
59 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Deux essais de philosophes chrétiens (mai 1934)
114utumes du citoyen moderne ont perdu toute commune mesure. Que se passerait-il si un beau jour le public se mettait à l’école d
60 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notice biographique [Kierkegaard] (août 1934)
115 Sa première œuvre eut un immense succès ; mais à mesure qu’il se fit mieux comprendre, le public s’écarta, effrayé. Lorsqu’en
61 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
116606] chose qui légitime ce scepticisme ou cette « mesure »… Sinon la foi des uns, fatalement, va triompher de la mauvaise hume
117ible en ces parages, le sacrifice y tient lieu de mesure, parce qu’il est un acte, incontestable. Telle est la nouvelle grande
118able. Telle est la nouvelle grandeur, la nouvelle mesure de l’esprit. Nous irons donc à ce grand solitaire, à ce témoin extrêm
119lifié qu’il n’est plus rien qu’obéissance dans la mesure où il agit, et pénitence dans la mesure où sa vocation le dépasse ? S
120e dans la mesure où il agit, et pénitence dans la mesure où sa vocation le dépasse ? Si Kierkegaard condamne la foule, ce n’es
62 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kasimir Edschmid, Destin allemand (octobre 1934)
121idélité, et de tout sacrifier à cette fidélité. À mesure qu’ils s’éloignent de leur patrie, cette image grandit en eux, prend
63 1934, Esprit, articles (1932–1962). Préface à une littérature (octobre 1934)
122l ordre. Ce pouvoir, nous le connaissons, dans la mesure où nous sommes humains. Mais cette mesure est peut-être assez faible.
123dans la mesure où nous sommes humains. Mais cette mesure est peut-être assez faible. Et c’est pourquoi nous avons tant de pein
124 . Que pourrait-elle lui opposer ? Où donc est la mesure de l’homme irréductible, au nom de quoi elle dirait non ? Elle n’a pa
125ce — que si elle ordonne ses œuvres à une commune mesure [p. 29] humaine. Mais notre siècle est justement le siècle de la déca
126os « hommes d’action » d’autres normes et d’autre mesure que l’argent, ce symbole unique de la puissance sans visage. Dire que
127venu impensable, c’est avouer qu’il n’y a plus de mesure commune à la pensée et à l’action, — hors la monnaie. Un monde sans m
128e et à l’action, — hors la monnaie. Un monde sans mesure, comme le nôtre, est aussi un monde sans grandeur. Telle est notre mé
129ns grandeur. Telle est notre médiocrité. La seule mesure extérieure qui subsiste est à nos yeux la plus dégradante qui soit. I
130s ce principe, nous aurons trouvé du même coup la mesure du monde nouveau. Cette mesure concrète, cette référence universelle,
131vé du même coup la mesure du monde nouveau. Cette mesure concrète, cette référence universelle, ce principe de grandeur que no
132a vocation créatrice, — c’est la personne. Que la mesure de tout soit désormais dans la personne, et non plus dans les intérêt
133e de la personne. Ceux qui n’ont pas en eux cette mesure de l’homme, que pourraient-ils voir d’autre, dans le monde où nous so
134pel aux dictateurs ? Mais ceux qui connaissent la mesure connaîtront bientôt l’ordre et la culture que nous voulons. Nous rejo
135munauté vivante. L’écrivain sera créateur dans la mesure où il obéira à sa seule vocation personnelle : mais dans cette mesure
136à sa seule vocation personnelle : mais dans cette mesure-là, il assumera son risque ! D’autant plus personnel, d’autant plus r
137oblèmes qu’elle incarne, parce qu’elle tiendra la mesure de l’humain et qu’elle créera dans la perspective commune. Restaurer
64 1934, Esprit, articles (1932–1962). Définition de la personne (décembre 1934)
138i se veut purement descriptive est exacte dans la mesure où elle décrit notre dégradation. L’erreur est simplement de nommer h
139’ordre politique. Et l’extension de cette science mesure assez exactement l’ampleur de notre défection au monde et à nous-même
140e pouvons connaître cette humanité, sinon dans la mesure où nous sommes agissants. L’acte seul témoigne de l’acte, et joue en
141emps, mais aussi nous permettent d’en prendre une mesure humaine. Toute présence est un éclair d’éternité qui rompt le temps p
142vocation reçue et obéie. Je suis personne dans la mesure où mon action relève de ma vocation, fût-ce au prix de la vie de mon
143rationalisme et le collectivisme, elle prend pour mesure de tout la présence effective de l’homme. À l’évolutionnisme objectif
144est que l’expression, de plus en plus abstraite à mesure qu’on s’élève à des nombres plus grands, du pouvoir prochain de la pe
65 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
145lence. Ordre géométrique, loi des choses muettes, mesure des apparences permanentes : le cours des astres et les arêtes du cri
146 de l’esprit qui connaît son pouvoir et son acte, mesure la grandeur du danger, sait qu’il s’y offre armé, et connaît ses retr
147uisse jamais trouver un mortel ». Mais depuis ! À mesure que le sort se faisait plus clément, qui conduisait un homme aux soli
66 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Éditorial (juillet 1934)
148» affirme son attachement au libre examen dans la mesure où cela le dispense de répondre d’une façon précise et autorisée aux
67 1934, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Taille de l’homme, par C. F. Ramuz (avril 1934)
149elle qu’il est grand, qu’il donne et manifeste sa mesure, qu’il apparaît véritablement qualifié. La mode est au marxisme et au
150onde à la taille de l’homme. Il sait aussi que la mesure de cette taille est dans une foi, dans « quelque chose qui dépasse l’
68 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Communauté révolutionnaire (février 1934)
151t, mais un acte. L’homme devient personne dans la mesure où il se manifeste concrètement, d’une façon qui lui est particulière
69 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Destin du siècle ou destin de l’homme ? (mai 1934)
152sance. La société que veut L’Ordre nouveau a pour mesure fondamentale cette réalité de la personne responsable. Tout notre sys
70 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plans de réforme (octobre 1934)
153signaler en passant que L’Ordre nouveau serait en mesure d’y répondre un peu mieux ? 13 Montagnon constate le marasme. Déat
154elle, et en attendant d’y parvenir, à ménager les mesures de transition qui paraîtront nécessaires. » Est-ce là le langage des
71 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
155e triomphe des puissances d’audace ordonnée et de mesure, celles de l’intelligence… C’est dire que l’esprit créateur y doit êt
156e triomphe des puissances d’audace ordonnée et de mesure » que le Palais-Bourbon, pour les raisons qu’on sait, honore d’une fa
157 les prophètes — et non les techniciens — sont en mesure de conduire l’action, si conduire c’est savoir où l’on va. Seuls les
72 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Les trois temps de la Parole (mai 1935)
158a Bible, nous n’avons pas à nous préoccuper outre mesure d’exactitude historique, archéologique, etc. La plus grande fantaisie
73 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
159Cène. Certes, ces paroles nous condamnent dans la mesure où nous les prononçons sans foi, hors de toute « crainte et trembleme
160moins, comme le Baptême et comme la Cène, dans la mesure où la foi les anime, l’événement central de notre vie chrétienne. Ell
74 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Paracelse, par Frédéric Gundolf (septembre 1935)
161et à chercher ce qu’est l’homme, et quelle est sa mesure dans l’univers qu’il a cru concevoir ! p. 445 r. « Paracelse, pa
75 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). « Le plus beau pays du monde » (octobre 1935)
162 un idéal abstrait, un orgueil. Il existe dans la mesure où on l’exalte. Le patriotisme, c’est le contraire : il existe dans l
163sme, c’est le contraire : il existe dans la seule mesure où il va de soi ; il faut qu’il reste un lien obscur, informulé, un f
164 amour à un autre, car où est l’étalon, où est la mesure commune, et qui connaît le modèle idéal ? Le malfaisant nationalisme
76 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Un exemple de tactique révolutionnaire chez Lénine (janvier 1935)
165et principalement notre régime politique, dans la mesure où il heurte les intérêts des catégories les plus diverses de la popu
166e classe, mais à l’établissement d’un régime à la mesure de la vocation humaine, c’est L’Ordre nouveau. Nos fondements spiritu
77 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Quatre indications pour une culture personnaliste (février 1935)
167te culture, c’est de monter la garde autour de la mesure vivante d’une civilisation. Par « mesure », nous voulons désigner le
168r de la mesure vivante d’une civilisation. Par « mesure », nous voulons désigner le principe normatif d’une civilisation ; no
169noré de sacrifices quotidiens. C’est ainsi que la mesure des civilisations antiques était l’homme dans la cité ; que la mesure
170ions antiques était l’homme dans la cité ; que la mesure du monde capitaliste est l’argent, qui est une fausse mesure ; que la
171onde capitaliste est l’argent, qui est une fausse mesure ; que la mesure du monde socialiste serait la production quantitative
172 est l’argent, qui est une fausse mesure ; que la mesure du monde socialiste serait la production quantitative ou statistique,
173serait la production quantitative ou statistique, mesure non moins fausse que l’argent ; que la mesure enfin d’une civilisatio
174ue, mesure non moins fausse que l’argent ; que la mesure enfin d’une civilisation nouvelle ne peut être que la personne. Une m
175sation nouvelle ne peut être que la personne. Une mesure vivante, ce n’est pas un étalon fixe. C’est un principe dynamique, c’
176manente et féconde. Nous voyons aussitôt que la « mesure » du monde de l’argent est une fausse mesure culturelle. Car c’est ic
177la « mesure » du monde de l’argent est une fausse mesure culturelle. Car c’est ici d’un chiffre que dépendent la puissance, et
178le socialisme. La fausseté, la stérilité de notre mesure culturelle devait provoquer l’invention d’une série de pseudo-mesures
179s riche aussi de possibilités exceptionnelles. La mesure antique est vivante, mais elle porte en elle-même le germe de sa mort
180plus jalouse de ses droits que de ses charges, la mesure meurt, se mécanise, et toute tension disparaît. Il faut que la révolt
181ves vienne recréer une tension par en bas 22 . La mesure d’une société personnaliste est au contraire infiniment vivante : car
182ximum créateur. La personne est par excellence la mesure d’une société ouverte. La société personnaliste a pour fin l’extensio
183r fin. Si cette fin se confond réellement avec la mesure universelle, — la personne, — la méthode ne saurait être que l’exerci
184ent articulé, c’est-à-dire dominé par une commune mesure.   3. — La culture ayant une mesure commune avec l’économique, le soc
185r une commune mesure.   3. — La culture ayant une mesure commune avec l’économique, le social et le politique, la création int
186uelque plan étatique, mais à partir d’une commune mesure et pour des fins dernières identiques.   4. — L’autorité culturelle n
187ui saura s’imposer et gouverner conformément à la mesure au nom de laquelle elle s’est constituée. Non seulement la Révolution
188le nie et ruine le fondement même de la personne, mesure par excellence d’une société ouverte. L’erreur de Nietzsche est manif
78 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). L’Édit de Nantes et sa Révocation (mars-avril 1935)
189 régime actuel pour camoufler l’Édit de Nantes en mesure pacificatrice et pour dissimuler le fait patent de la similitude des
79 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
190ndieu : « Les révolutions sont sanglantes dans la mesure où elles sont mal préparées ». Service public est un livre dangereux,
80 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Conversation avec un SA (décembre 1935)
191s pas combattre votre conception du monde dans la mesure où elle se veut héroïque, comme celle des fascistes d’ailleurs, ou mê
81 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.1. Le problème de la culture
192ts, c’est que l’on doute en réalité de la commune mesure de la culture et de l’importance qu’il y aurait à la traduire avec fi
193age, la négation de la culture, la négation de sa mesure vivante et de la dignité de ses grands prêtres, les « clercs » dit-on
82 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.2. D’une culture qui parle dans le vide
194culture ne « rend » plus. Elle n’est plus à notre mesure, elle nous offre des nourritures de luxe, et nous avons besoin de pai
195is pouvoirs, libérés eux aussi du contrôle et des mesures de l’esprit, se débattent dans l’opportunisme, ballottés entre l’opin
196 de la culture qu’elle prétend remplacer. Dans la mesure où la culture bourgeoise est liée aujourd’hui aux conditions économiq
197re est travail, revendication constructive ; elle mesure à la fois la pensée et l’action. Elle est comme la mesure vivante de
198 la fois la pensée et l’action. Elle est comme la mesure vivante de la société rénovée. Mais la situation se renverse au siècl
83 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.3. Fatalités du rationalisme bourgeois
199choses en les organisant, elle les a réduites aux mesures de l’utilité générale. C’est dans cette guerre d’usure, millénaire, q
200 qu’elle comporte : la réduction de l’homme à des mesures chiffrées.   Mais la raison n’est pas seulement cet instrument de not
201vit. Là encore, [p. 45] elle est légitime dans la mesure où elle s’ordonne à un idéal plus « humain », j’entends plus favorabl
202notre lutte contre la mort. Imposer l’ordre et la mesure humaine à l’anarchie des forces naturelles, voilà l’affirmation, ou p
84 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.4. Hegel, Comte, Marx, ou la rationalisation
203es d’action comme tels, voilà l’aboutissement des mesures rationnelles qui furent un temps celles du Progrès. Et nous voici rev
85 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.5. Importance de la notion de commune mesure
204 [p. 55] V Importance de la notion de commune mesure Ce raccourci d’une évolution séculaire est sans nul doute stylisé : o
205nnaître cette logique interne, c’est se mettre en mesure de prédire les développements de la culture. L’histoire a toujours co
206mportance décisive de ce que j’appelle la commune mesure de la pensée et de l’action. On voit que cette commune mesure est l’e
207 pensée et de l’action. On voit que cette commune mesure est l’essence même de toute culture. Car si la pensée et l’action se
208 qu’il n’y a vraiment culture que là où règne une mesure commune. Car sans mesure il n’est pas de grandeur, ni par conséquent
209ture que là où règne une mesure commune. Car sans mesure il n’est pas de grandeur, ni par conséquent de valeur. On voit enfin
210deur réelle résident dans la vérité de la commune mesure régnante. Mais un exemple ne saurait suffire quand il s’agit d’un phé
211ains aspects fondamentaux de la notion de commune mesure. Le type à peu près idéal d’une mesure à la fois souveraine et vraie,
212de commune mesure. Le type à peu près idéal d’une mesure à la fois souveraine et vraie, nous le trouverons chez les anciens Hé
213casion de saisir d’un coup d’œil l’instant où une mesure, pourtant vraie, se corrompt. L’anarchie de notre langage révélera l’
214 révélera l’anarchie spirituelle d’un monde où la mesure est morte. Enfin les tentatives de rénovation qui sont en cours en UR
215at : une culture unifiée par la force, et dont la mesure actuelle est une tactique au service de la force commune, et non pas
86 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.6. L’Arche de l’Alliance
216aint-Martin (L’Homme de désir.) J’ai parlé d’une mesure « vraie ». Mais quels sont les critères objectifs de la vérité que j’
217ue j’ai en vue ? Quelles sont les « notes » de la mesure vraie ? Je répondrai par deux définitions que l’exemple du peuple héb
218e à bien concrétiser. Et d’abord, je dirai qu’une mesure est vraie lorsqu’elle consiste dans le rappel constant des fins que p
219 constant des fins que poursuit la culture. Vraie mesure, ce sous-entendu clairement perçu par tous les clercs, qui rapporte t
220Je m’en tiens donc à ce critère formel : la vraie mesure réside d’abord dans la conscience permanente d’une finalité commune à
221œuvres. [p. 60] En second lieu, je dirai qu’une mesure vérifiée par ce critère formel doit être en même temps vérifiée par s
222é intrinsèque. On pourrait concevoir en effet une mesure qui satisfasse au critère téléologique, et qui pourtant ne porte pas
223permanente. On pourrait concevoir par exemple une mesure imposée par l’État et qui se révèle incapable d’épouser, pour le vivi
224 critères n’existent pas ou cessent d’exister, la mesure d’une société se détruit d’elle-même, fatalement. C’est le cas présen
225elle-même, fatalement. C’est le cas présent de la mesure bourgeoise, nous le verrons, et ce fut le cas de la mesure qui domina
226urgeoise, nous le verrons, et ce fut le cas de la mesure qui domina l’Europe du Moyen Âge. ⁂ L’histoire du monde n’a pas connu
227a, une vocation démesurée où il a pris son unique mesure. S’il est vrai qu’un prophète authentique est un homme sans biographi
228 l’Arche sont les tables de la loi. La Loi est la mesure sacrée. C’est elle qui rappelle à la fois l’origine et la fin du peup
229manente de toute action et de toute pensée. Vraie mesure, donc, et mesure commune. On porte l’arche au-devant des armées, dans
230action et de toute pensée. Vraie mesure, donc, et mesure commune. On porte l’arche au-devant des armées, dans la guerre, comme
231terdit pendant les guerres civiles : c’est que la mesure est indivisible. Dieu est au ciel, sa loi est sur la terre, et les pr
232eur. Car ce qui est grand, c’est ce qui comble la mesure. Ce n’est pas la richesse mais la fidélité. Ce ne sont pas les moyens
233poésie de l’Occident chrétien sera grande dans la mesure où elle sera biblique ou grecque, sublime dans la mesure [p. 64] où l
234où elle sera biblique ou grecque, sublime dans la mesure [p. 64] où la synthèse des deux traditions sera dominée par l’élément
235 de sa pauvreté même qu’à cause de l’absolu de sa mesure et de la promesse qu’elle portait. Mais la Promesse enfin s’est incar
236e Alliance, pour tous les peuples. Et dès lors la mesure n’est plus dans l’observance de la Loi qui conduit au Messie, mais bi
237devenu le peuple sans foyer, sans limites et sans mesure. Les richesses mêmes qu’il prodigue aujourd’hui à la culture dans tou
238-même, n’est-il pas le produit d’un abandon de la mesure chrétienne en tant qu’instituée et sacrée ? Notre culture moderne ser
87 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.7. Sur le déclin du Moyen Âge
239’elle fit naître témoignent de sa primauté. Et la mesure du Moyen Âge, c’est justement cette primauté théologique. L’étudier e
240et aux législateurs, le latin. La décadence de la mesure catholique 24 — et je ne dis pas de l’Église de Rome, mais bien de s
241igure la persistance de l’esprit romain, est la « mesure » qui permet d’estimer la conduite des choses humaines, en tant que l
242u’hommes simplement, c’est la vertu qui est notre mesure ; lorsque nous agissons en citoyens : la loi ; lorsque nous agissons
243et telle que la fixèrent les classiques, comme la mesure actuelle au xiiie siècle. Le titre même de son traité nous met en ga
244« signes » latins, selon lui, ne sont vraiment la mesure commune qu’en tant qu’ils vivent dans les divers idiomes vulgaires et
245inelle. Les « simplicissima signa » ne sont ainsi mesure actuelle que s’ils participent réellement à la vie de la culture, en
246é sur le sens du langage dont dépend l’action. La mesure latine n’est valable qu’en tant qu’elle s’incarne et agit dans le lan
247ce qui donne à Dante cette conscience aiguë de la mesure à sauvegarder. Déjà s’avance le très subtil faussaire Pétrarque. Car
248e de symbole, le premier péché qualifié contre la mesure latine. C’est Pétrarque qui, le premier, déclare que l’idiome italien
249conformité aux meilleurs modèles antiques 28 . La mesure cesse d’être un outil. Elle se distingue de son action pratique. Elle
250commencée. ⁂ Il faut placer cette « crise » de la mesure latine aux débuts du xive siècle. La coïncidence est frappante : c’e
251’un très sûr instinct — par un refus d’user de la mesure linguistique commune aux chancelleries et à l’Église : la requête est
252: les rédacteurs de la requête ont compris que la mesure latine a cessé d’être réellement commune. Et quand Guillaume de Nogar
253u plus grand clerc du monde, il fonde la nouvelle mesure, il inaugure la révolution 30 . La décadence de la mesure accélère to
254il inaugure la révolution 30 . La décadence de la mesure accélère toujours la scission entre la pensée et l’action — dont elle
255le : la Réforme. Considérée du point de vue de la mesure linguistique, la Renaissance n’est qu’un essai de restauration artifi
256ics et solennels 32 . » Ainsi le glissement de la mesure est accompli : ce qui était le sous-entendu indiscuté, la règle vive
257évolution spirituelle est définie : en face de la mesure ancienne qui se survit en tyrannie stérile et idolâtre, affirmer une
258vit en tyrannie stérile et idolâtre, affirmer une mesure nouvelle, une mesure qui ramène d’un même mouvement l’Église, la poli
259le et idolâtre, affirmer une mesure nouvelle, une mesure qui ramène d’un même mouvement l’Église, la politique et la culture à
260l’efficace. Ce n’est plus celui qui se sert d’une mesure adorée pour elle-même, mais c’est celui qui recrée une mesure en se m
261e pour elle-même, mais c’est celui qui recrée une mesure en se mettant au service de la foi. Luther à Worms et à Augsbourg, vo
262r nourrir une paix fardée 33  ». Ce conflit de la mesure stérilisée, idolâtrée, et de la mesure recréée, c’est dans le débat q
263flit de la mesure stérilisée, idolâtrée, et de la mesure recréée, c’est dans le débat qui opposa Calvin au cardinal Sadolet qu
88 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.8. Décadence des lieux communs
264onversion personnelle, application d’une série de mesures économiques, transmutations de toutes les valeurs morales, etc. Et to
265ant. Et leurs conseils paraissent obscurs dans la mesure où ils se veulent scrupuleux. C’est pourquoi la plupart renoncent à e
266u que le sens des fins vienne à faiblir et que la mesure commune cesse d’être effectivement perçue et observée, l’on assiste à
267p. 83] donnera donc de nouveaux fabriqués à notre mesure, — et quelle misérable mesure ! « Slogans » publicitaires, mots d’ord
268x fabriqués à notre mesure, — et quelle misérable mesure ! « Slogans » publicitaires, mots d’ordre politiques, tels sont les e
269es, quel que soit leur régime politique. Ainsi la mesure n’est plus cette loi qui vit en l’homme réel et personnel, cette alli
89 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.9. Tentatives de restauration d’une commune mesure
270. 85] IX Tentatives de restauration d’une commune mesure Au cours des analyses historiques qui précèdent, nous avons vu commen
271t, apparaissent et se défont en même temps que la mesure qui les anime. Car la mesure est le constant rappel des fins communes
272en même temps que la mesure qui les anime. Car la mesure est le constant rappel des fins communes à la pensée et à l’action. E
273arnent, soit qu’ils la créent contre une ancienne mesure défaillante (prophètes et révolutionnaires) soit qu’ils la maintienne
274urent les plus grands de ce siècle, quelle est la mesure qui nous permet de porter un tel jugement ? Si nous disons qu’ils ont
275se n’avait plus d’idéal. L’argent était devenu la mesure effective et pourtant il n’unifiait rien, et ne rappelait aucune fin
276és et des cultures, de ce que je nomme la commune mesure, le spectacle des deux plus grandes révolutions du xxe siècle suffir
277 là deux tentatives colossales pour restaurer une mesure commune. Le seul mot de totalitaire qui qualifie les deux régimes fon
278poque. Ils ont refait au moins provisoirement une mesure, en imposant une fin commune à l’action et à la pensée. Et dans ce se
279s qu’il s’agit de construire. Mais que valent ces mesures imposées ? Quelle est la vérité des fins qu’elles servent ? Et si ces
90 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.10. La mesure soviétique
280 [p. 89] X La mesure soviétique La plupart des erreurs que l’on commet lorsqu’on se mêle d
281terres immenses, [p. 90] n’eussent pas adopté des mesures très différentes de celles que décréta Lénine. Mais d’autre part, on
282iert surtout la pensée — doivent s’ordonner à une mesure commune en vue de réaliser cette fin commune qu’est l’univers sociali
283l’univers socialisé. ⁂ On connaît le nom de cette mesure, son incarnation très visible et ses moyens d’action ou même de contr
284e contrainte : c’est le plan 41 . J’insiste : la mesure effective à quoi s’ordonne toute la construction russe n’est plus la
285els, tout au moins, de mes deux définitions de la mesure 42 . À vrai dire, l’aspect schématique que revêtent toutes les entrep
286si dans l’histoire universelle, on trouverait une mesure commune qui apparaisse à première vue plus strictement, plus arithmét
287nais. L’assimilation de la culture (et donc de sa mesure) au Plan, est même si radicale, ou si naïve, que les Soviets en sont
288notre examen de la valeur du Plan considéré comme mesure culturelle, sans plus tenir compte de ces énormités peut-être inévita
289ennal nos deux critères objectifs de vérité de la mesure. 1° Le Plan joue-t-il parmi les communistes russes le rôle d’un perma
290s les pays capitalistes. L’avantage d’une commune mesure donnant un sens aux moindres tâches individuelles, qu’elle situe dans
291it être, en tous les domaines, le caractère d’une mesure vivante ? L’idéal du Plan soviétique, qui est le monde intégralement
292té des êtres. Il fallait désormais recourir à une mesure qualitative que le Plan ne pouvait fournir, n’ayant pas voulu en prév
293t tenter l’esprit. Il serait vain de le nier : la mesure imposée par le Plan et qui régit encore l’action pratique des communi
294communistes, est d’ores et déjà combattue par une mesure spirituelle toute différente, et à certains égards, contraire. C’est
295ogiquement de Marx, et dont il entendait faire la mesure commune de la pensée et de l’action : « Donnez d’abord le pain à tous
296— devait résulter une scission, et le désir d’une mesure plus vivante. La scission vient de s’opérer, et seule l’inquisition i
297ues réussit à masquer son étendue. Le désir d’une mesure plus vivante se manifeste bien souvent à l’insu de ceux qu’il tourmen
298x de salaires merveilleux 45 . Il découvre que la mesure qu’on voulait imposer à son orgueil n’est encore qu’une immense caric
299ie de concevoir une illusion, une démesure ou une mesure qui fasse battre pendant cinq ans le cœur d’un peuple. Cela suffira s
300nous être utile pour une future construction : la mesure pseudo-marxiste que les Soviets proposent en exemple s’est avérée, ap
301 ; et j’ajouterai : de critique méfiante, dans la mesure où les jeunes [p. 101] communistes viennent à nous avec cette morgue
91 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.11. La mesure nationale-socialiste
302 [p. 103] XI La mesure nationale-socialiste L’élite française s’est fait depuis quelques ann
303versité et peuple : la guerre était partout et la mesure commune nulle part. Hitler parut et dit : Je suis le Parti, je suis l
304ande à venir. C’était l’incarnation de la commune mesure, la fin de l’angoisse, et l’inauguration d’un Troisième Empire religi
305llemagne, l’Allemagne, c’est Hitler. » — Voilà la mesure, et son incarnation visible à tous. « La nation est le contenu et la
306ir d’action 49 . » — Voilà les fins auxquelles la mesure doit conduire, avec une rigueur fanatique, — ce fanatisme traduisant
307leur d’un dessein millénaire. ⁂ Comment une telle mesure va-t-elle pouvoir régir l’ensemble des activités intellectuelles ? Co
308 bien qu’à l’esprit des usagers de la culture, la mesure prétendue universelle. Or cette mesure étant en fait celle qui a régl
309ulture, la mesure prétendue universelle. Or cette mesure étant en fait celle qui a réglé d’abord l’action, et l’action de mass
92 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.12. Leçon des dictatures
310ns leur essai de créer, par la force, une commune mesure pour la pensée et pour l’action.   La démonstration que j’ai esquiss
311s situations de départ différentes, prouve que la mesure [p. 117] réelle dans l’un et l’autre cas, n’est pas la doctrine, mais
312a technique de l’action sur les masses. C’est une mesure partielle, valable pour la seule action au cours de laquelle elle s’e
313i sont censées configurer la culture. 2° Or cette mesure partielle a peu de chances de créer une communion vraiment vivante. E
314sprit est la suivante : ou bien il se soumet à la mesure faite pour régler l’action (entendez l’action politique), c’est-à-dir
315t une menace permanente de sabotage de la commune mesure. Ce processus est déjà commencé dans les deux dictatures rivales, et
316cer par l’extérieur, si nous voulons rétablir une mesure commune à la pensée et à l’action. Car un ordre extérieur n’est solid
93 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.13 Commune mesure et acte de foi
317 [p. 121] XIII Commune mesure et acte de foi Parmi toutes les mesures que les hommes ont su donner
318II Commune mesure et acte de foi Parmi toutes les mesures que les hommes ont su donner à leurs pensées et à leurs actes, certai
319 clercs, l’idolâtrie, la simonie. Il est d’autres mesures qui se détruisent d’elles-mêmes, malgré toute la fidélité de ceux qui
320i dénonce leur insuffisance. Tel fut le cas de la mesure rationaliste qui conduisit la bourgeoisie à son triomphe, puis à sa n
321triomphe, puis à sa négation ; tel est le cas des mesures politiques que s’imposent les dictatures. Du court destin de la cultu
322e et unique constatation : celle de l’échec d’une mesure rigoureuse, monumentale, effectivement commune, mais partielle. J’ai
323qué ailleurs la maxime qui paraît justifier cette mesure et qui explique son insuffisance : « Commençons par le matériel ! 53
324 Il faut faire maintenant le dernier pas : si une mesure se révèle trop étroite, c’est que la fin qu’elle prépare et symbolise
325hose. Ainsi l’action va d’un côté, réglée par une mesure autoritaire, — l’argent, le Plan, l’État, le Chef — et l’esprit va d’
326ime tout, qui exige tout, et qui impose à tout la mesure de son espérance ? Car il ne s’agit de rien d’autre, à chaque instant
327seul exemple. Juger le système soviétique, ou la mesure soviétique, ce n’est pas discuter telle ou telle modalité de son appl
328it bien aboutir là. Car si l’on peut vérifier une mesure au moyen de critères formels, — c’est à quoi je me suis employé au co
329ui ne soit un acte de foi. Juger le système ou la mesure soviétique, c’est uniquement, et après tout comme avant tout, faire o
330ée et de l’action. Tout le problème de la commune mesure se ramène alors à ceci : quelle est cette vérité dernière assez certa
331s conditions, et en vertu de notre destinée, à la mesure soviétique ou à la mesure hitlérienne, c’est qu’elles sont extérieure
332de notre destinée, à la mesure soviétique ou à la mesure hitlérienne, c’est qu’elles sont extérieures à la personne. Elles sou
333, mais non pas pour l’homme total. Elles sont des mesures de propagande, non pas d’éducation réelle. Elles poursuivent et incar
334actique. Enfin, et du seul fait qu’elles sont des mesures de propagande, elles sont précisément trop simples. Elles se définiss
335otre être lorsqu’il tend activement vers elle. La mesure que nous cherchons ne peut donc être définie qu’en relation avec la v
336ppel du but final. Cette méthode [p. 128] sera la mesure que nous cherchons : à la fois intime et active, réglant la pensée et
337Mais il reste à tirer de notre examen de quelques mesures anciennes ou actuelles, la conclusion précise en vue de quoi nous som
94 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.14. L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle
338 [p. 129] XIV L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle Je ne connais qu’un moyen de résister à
339emples de civilisations anciennes fondées sur des mesures déterminées, et tirant justement de ces mesures ce que nous appelons
340s mesures déterminées, et tirant justement de ces mesures ce que nous appelons leur grandeur. L’Inde ancienne, la Grèce d’Homèr
341ui symbolisaient leur grandeur. Et l’histoire des mesures communes ordonnées à ces grands desseins, et ordonnant toutes choses
342[p. 130] organismes en lesquels s’incarnèrent des mesures, selon les temps et les lieux, ou les astres. C’est pourquoi j’ai bor
343e à celle de quelques incarnations ou symboles de mesures communes. J’ai choisi ces signes à dessein aussi divers et précis que
344 Plan russe, le concept de Führer. Cependant, une mesure n’est rien, et ses symboles ne signifient rien, si l’on oublie les fi
345nce d’un grand dessein, c’est l’incarnation d’une mesure commune à tous les ordres et qui les harmonise. Il était nécessaire d
346aussi les mécanismes ou les fatalités de quelques mesures, et leurs rapports avec les fins qu’elles ont servies ou qu’elles ent
347s ou qu’elles entendent servir. La question de la mesure d’une civilisation est sans nul doute la question-mère de toute probl
348vu qu’elle ne comporte pas de réponse en soi. Une mesure n’est en soi ni vraie ni fausse ; elle n’est que plus ou moins fidèle
349cte de foi — déterminera notre jugement sur cette mesure. ⁂ Si nous voulons restaurer une mesure dans notre civilisation défai
350sur cette mesure. ⁂ Si nous voulons restaurer une mesure dans notre civilisation défaite, il nous faudra donc commencer par ce
351 faudra donc commencer par ce qui détermine toute mesure : il nous faudra commencer par la fin ! Et non pas emprunter ici ou l
352fins qui ne sont pas les nôtres. On ne refait une mesure qu’en retrouvant une foi. Mais on ne retrouve une foi qu’en discernan
353 en résulte et s’en souvient. L’ersatz de commune mesure, dans les régimes bourgeois capitalistes, c’était l’argent. Mais le c
354c’était l’argent. Mais le crédit s’écroule, et la mesure devient le manque d’argent. C’est cette angoisse avant tout qui expli
355 urgentes, enfin solides, de s’aimer ? La commune mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là
356 ne peut survivre bien longtemps à la ruine de la mesure spirituelle qui avait déterminé sa forme et défini ses buts lointains
357reur possible, et à elle seule, que toute commune mesure est morte parmi nous, et que nulle mesure vraie n’est encore restauré
358commune mesure est morte parmi nous, et que nulle mesure vraie n’est encore restaurée. Le régime libéral n’a plus la force de
359 une grandeur quelconques dépendent à la fois des mesures, et du lieu et du temps où on les mesure. Seuls donc les groupes de f
360ois des mesures, et du lieu et du temps où on les mesure. Seuls donc les groupes de forces ou d’hommes, exactement situés dans
361ns le temps ou l’espace, peuvent en appeler à une mesure commune. Seul l’homme déterminé par ses relations prochaines et activ
362lations prochaines et actives peut se sentir à la mesure des temps nouveaux. Sinon, il n’est qu’angoisse et arbitraire, isolem
363niverselle, religieuse : l’attente d’une nouvelle mesure, d’une nouvelle image du monde où l’homme s’éprouve de nouveau réel,
364; [p. 139] ou bien nous recréerons notre commune mesure originale, à la faveur d’une révolution qui nous apporte au moins l’é
365 56 . [p. 140] Nos fins sont d’autres fins, et la mesure qui doit les incarner ne sera inventée que par nous. Non seulement no
366rce personnelle, celle que donne la vérité. Notre mesure commune ne sera pas collective, extérieure à notre personne : cela n’
367lus individuelle : on ne peut pas ressusciter des mesures mortes. Je dis qu’elle sera personnelle, qu’elle sera la mesure de l’
368 Je dis qu’elle sera personnelle, qu’elle sera la mesure de l’homme en tant qu’il se possède dans ses relations actives avec t
95 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — Préambule
369tre, vers ce que je pressens, vers cette nouvelle mesure que l’élan seul pour la saisir va préciser. [p. 146] ⁂ Il m’a semblé
370e notre crise et de la décomposition des vieilles mesures, il y avait une crise de l’esprit, et une défection de la culture ; e
371rte quel homme d’envisager tous les aspects de la mesure que nous ne faisons que pressentir. C’est pourquoi, laissant dans les
372t devenu pour moi comme un symbole de la nouvelle mesure. Il s’agira maintenant d’en [p. 147] éclaircir le sens, d’en dégager
373firmer le sens encore obscur que nous avons d’une mesure nouvelle. Essai d’éthique de la pensée — qui est peut-être une scienc
96 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
374lémique, et qu’en ce sens elle est exacte dans la mesure où elle provoque. Tournons sa pointe vers un adversaire qui va se dés
375 ; pour les autres, elle figure la force même que mesure la balance, et qui se passerait aussi bien de ce contrôle. Non point
376e contrôle. Non point qu’aucune force existe sans mesures, mais le choix qui importe est celui-ci : préfère-t-on lire la mesure
377x qui importe est celui-ci : préfère-t-on lire la mesure à l’aiguille, au terme d’une opération correcte, ou préfère-t-on la l
378minismes figurant à ses yeux la vérité en soi, la mesure de toutes les mesures, et le correctif nécessaire à toute opinion per
379es yeux la vérité en soi, la mesure de toutes les mesures, et le correctif nécessaire à toute opinion personnelle. Lorsqu’un cl
380alances, et pendant qu’on y est, aux poids et aux mesures, car eux aussi naquirent d’un acte autorisé. Si des penseurs se sont
381, en effet. Vous les voyez parfois, perdant toute mesure, s’élancer dans des envolées délirantes qui les portent jusqu’aux éto
382cle. Elle en figura tout ensemble le bon goût, la mesure, et la suprême astuce. Toutefois le danger d’un écart, par ailleurs c
97 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
383par une voie négative, l’intuition d’une nouvelle mesure. Maintenant il faut repartir, il faut prouver, comme Diogène le mouve
384ut prouver, comme Diogène le mouvement, que cette mesure existe, qu’elle a un sens. Or, pour qu’une chose, ou une action ou un
385que réalité en mouvement, comme par exemple notre mesure nouvelle, on peut décrire la situation d’où le mouvement résulte, ou
386c’est concevoir et reconnaître dès maintenant une mesure nouvelle, une mesure qui soit commune à la pensée et à l’action, à l’
387connaître dès maintenant une mesure nouvelle, une mesure qui soit commune à la pensée et à l’action, à l’élite et au peuple qu
388élite devrait aider. C’est surtout incarner cette mesure [p. 196] par des actes, et transformer le monde à son image. Voilà sa
389e désigne ma formule, et dont je dis qu’il est la mesure, le fondement de la culture apte à régir une communauté nouvelle ? Il
390retrouver dans tel ouvrage qui s’ordonnerait à la mesure que nous cherchons. [p. 203] Première vertu : le réalisme Tout le m
391res de l’époque. Il paraît même décroître dans la mesure où croît la quantité des discours, des journaux. Ce serait donc le pr
392mme l’étend même à tout ce qui l’entoure, dans la mesure où il voudrait l’humaniser. Tout être vivant porte le nom qu’Adam lui
393e qui se sait sans fin dans cette vie, et dont la mesure n’est jamais dans aucun résultat en soi, mais seulement dans l’acte r
394 — Ils nous disent tous d’aller à notre vie. La mesure occidentale Depuis quelques milliers d’années que les peuples édifien
395 qu’ils n’ont imaginé qu’un assez petit nombre de mesures communes réglant leur vie, leur pensée, leur action, leur lutte contr
396 par le roi ; et nous voyons les Russes bâtir une mesure matérielle et les Allemands une mesure populaire, qui ne sont encore
397 bâtir une mesure matérielle et les Allemands une mesure populaire, qui ne sont encore que des raisons d’État, perfectionnées
398 [p. 229] somme, il n’y a guère que deux types de mesures : le principe spirituel ou le cadre institutionnel. Le grand prestige
399re et d’une économie qui n’osent plus déclarer de mesure commune depuis cent cinquante ans déjà. Nous assistons à des essais d
400 pas à situer, à baptiser, l’incarnation de cette mesure spirituelle. L’Arche de l’Alliance, l’Église, le César, le Roi, le Di
401tateur, l’État : voilà des signes matériels de la mesure. Est-il possible de leur opposer dès maintenant un signe aussi grandi
402tre génération. C’est le principe spirituel de la mesure qu’il nous faut tout d’abord définir, et le signe naîtra ensuite. Or
403unautaire, que nous appelons. Incarnation de la mesure occidentale : la personne Je ne reprendrai pas ici la distinction fon
404242] tiens cet « excès » pour plus sérieux que la mesure même qu’il s’agit d’éprouver une dernière fois. L’esprit de l’homme s
405Dieu, notre acte est seulement restaurateur. À la mesure de sa violence, il tente de rétablir les créatures dans leur état inc
406 pense en puissance d’acte le lieu de la nouvelle mesure communautaire. Enfin j’ai essayé de circonscrire le point central, le
98 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
407n des faits qu’elle veut appréhender ; dans cette mesure, il est exact de dire qu’elle s’ordonne par avance à sa fin. On n’ima
408ccupent si mal, [p. 159] et de plus en plus mal à mesure que le « pratique » s’éloigne davantage du concret pour se confondre
409es vérifications d’une algèbre conventionnelle. À mesure que cette psychologie s’assure davantage de ses lois, elle tend à les
410lle, dans sa fascinante monotonie. Un art dont la mesure ne doit pas être cherchée dans le pittoresque, ni dans l’ingéniosité,
99 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
411 [p. 251] Culture et commune mesure (novembre 1936) s I. La culture soviétique Lorsqu’on critique les
412out la pensée — doivent s’ordonner à une [p. 254] mesure commune en vue de réaliser cette fin commune qu’est l’univers sociali
413l’univers socialisé. ⁂ On connaît le nom de cette mesure, son incarnation très visible et ses moyens d’action ou même de contr
414de contrainte : c’est le Plan 55 . Ainsi donc, la mesure effective à quoi s’ordonne toute la construction russe n’est plus la
415nner. L’assimilation de la culture (et donc de sa mesure) au Plan est même si radicale, si naïve, que les Soviets en sont venu
416notre examen de la valeur du Plan considéré comme mesure culturelle, sans plus tenir compte de ces énormités peut-être inévita
417s les pays capitalistes. L’avantage d’une commune mesure donnant un sens aux moindres tâches individuelles qu’elle situe dans
418it être, en tous les domaines, le caractère d’une mesure vivante ? L’idéal du Plan soviétique, qui est le monde intégralement
419té des êtres. Il fallait désormais recourir à une mesure qualitative que le Plan ne pouvait fournir, n’ayant pas voulu en prév
420t tenter l’esprit. Il serait vain de le nier : la mesure imposée par le Plan et qui régit encore l’action pratique des communi
421communistes, est d’ores et déjà combattue par une mesure spirituelle toute différente, et à certains égards, contraire. C’est
422ogiquement de Marx, et dont il entendait faire la mesure commune de la pensée et de l’action : « Donnez d’abord le pain à tous
423— devait résulter une scission, et le désir d’une mesure plus vivante. La scission vient de s’opérer, et seule l’inquisition i
424ues réussit à masquer son étendue. Le désir d’une mesure plus vivante se manifeste bien souvent à l’insu de ceux qu’il tourmen
425x de salaires merveilleux 58 . Il découvre que la mesure qu’on voulait imposer à son orgueil n’est encore qu’une immense caric
426ie de concevoir une illusion, une démesure ou une mesure qui fasse battre pendant cinq ans le cœur d’un peuple. Cela suffira s
427nous être utile pour une future construction : la mesure pseudomarxiste que les Soviets proposent en exemple s’est avérée, apr
428ide, et j’ajouterai de critique méfiante, dans la mesure où les jeunes communistes viennent à nous avec cette morgue que l’on
429 leur tentative de créer par la force une commune mesure pour la pensée et l’action. La démonstration que j’ai esquissée à pro
430s situations de départ différentes, prouve que la mesure réelle, dans l’un et l’autre cas n’est pas la doctrine mais la techni
431a technique de l’action sur les masses. C’est une mesure partielle, valable pour la seule action au cours de laquelle elle s’e
432i sont censées configurer la culture. 2. Or cette mesure partielle ne peut pas réussir à créer [p. 262] une communion vraiment
433cer par l’extérieur, si nous voulons rétablir une mesure commune à la pensée et à l’action. Car un ordre extérieur n’est solid
434ns actuelle. [p. 264] III. L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle Je ne connais qu’un moyen de résister à
435emples de civilisations anciennes fondées sur des mesures déterminées, et tirant justement de ces mesures ce que nous appelons
436s mesures déterminées, et tirant justement de ces mesures ce que nous appelons leur grandeur. L’Inde ancienne, la Grèce d’Homèr
437ui symbolisaient leur grandeur. Et l’histoire des mesures communes ordonnées à ces grands desseins et ordonnant toutes choses à
438s ou des organismes en lesquels s’incarnèrent des mesures, selon les temps et les lieux, ou les astres. Cependant, une mesure n
439temps et les lieux, ou les astres. Cependant, une mesure n’est rien, et ses symboles ne signifient rien, si l’on oublie les fi
440nce d’un grand dessein, c’est l’incarnation d’une mesure commune à tous les ordres et qui les harmonise. La question de la mes
441es ordres et qui les harmonise. La question de la mesure d’une civilisation est sans nul doute la question mère de toute probl
442 mère de toute problématique culturelle. Mais une mesure n’est en soi ni vraie ni fausse ; elle n’est que plus ou moins fidèle
443ur cette fin déterminera notre jugement sur cette mesure. Si donc nous voulons restaurer une civilisation défaite, il faudra c
444e, il faudra commencer par ce qui détermine toute mesure : il faudra commencer par la fin ! Et non pas emprunter ici ou là, da
445 en résulte et s’en souvient. L’ersatz de commune mesure, dans les régimes bourgeois capitalistes, c’était l’argent. Mais le c
446c’était l’argent. Mais le crédit s’écroule, et la mesure devient le manque d’argent. C’est cette angoisse avant tout qui expli
447t urgentes, enfin solides de s’aimer ? La commune mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là
448s signifie sans erreur possible que toute commune mesure est morte parmi nous, et que nulle mesure vraie n’est encore restauré
449commune mesure est morte parmi nous, et que nulle mesure vraie n’est encore restaurée.   [p. 268] 3. L’appel. De ces deux Eur
450 une grandeur quelconques dépendent à la fois des mesures et du lieu et du temps où on les mesure. Seuls donc les groupes de fo
451fois des mesures et du lieu et du temps où on les mesure. Seuls donc les groupes de forces ou d’hommes, exactement situés dans
452ns le temps ou l’espace, peuvent en appeler à une mesure commune. Seul l’homme déterminé par ses relations prochaines et activ
453lations prochaines et actives peut se sentir à la mesure des temps nouveaux. Sinon il n’est qu’angoisse et arbitraire, isoleme
454lle religieuse, l’attente d’une nouvelle [p. 270] mesure, d’une nouvelle image du monde où l’homme s’éprouve de nouveau réel,
455voisins ; — ou bien nous recréerons notre commune mesure originale, à la faveur d’une révolution qui nous apporte au moins l’é
456 impénétrable. Nos fins sont d’autres fins, et la mesure qui doit les incarner ne sera inventée que par nous. Non seulement no
457rce personnelle, celle que donne la vérité. Notre mesure commune ne sera pas collective, extérieure à notre personne : cela n’
458lus individuelle : on ne peut pas ressusciter des mesures mortes. Je dis qu’elle sera personnelle, qu’elle sera la mesure de l’
459 Je dis qu’elle sera personnelle, qu’elle sera la mesure de l’homme en tant qu’il se possède dans ses relations actives avec t
100 1936, Esprit, articles (1932–1962). Henri Petit, Un homme veut rester vivant (novembre 1936)
460ces : trois semaines qu’il va consacrer à prendre mesure de sa vie. Il choisit pour cela de l’écrire, de « jouer sa provision
461justice dans la description du médiocre, de cette mesure constamment observée — voilà sa ruse— et qui nourrit enfin, comme san