1 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
1le un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel Arland, — plus jeune,
2 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
2ans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne, émouvan
3s de famille freudiens, ou d’analyses de démences mystiques ; mais tout cela est sublimé dans un monde poétique où il paraît inco
4alienne de Stendhal ; si d’autre part l’évolution mystique de Paulina semble parfois un peu trop « classique » et prévue, l’orig
5lle des événements inconscients. Certaines proses mystiques de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Trag
3 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
6e tout, procédant d’un goût de l’absolu à la fois mystique et anarchique : ce sont bien les grands traits de notre inquiétude. (
4 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
7fut Rilke. Rilke y apparaît comme une de ces âmes mystiques et raffinées telles qu’on en découvre chez certaines femmes et l’on y
5 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
8itatives barbes. Je viens d’entendre la voix d’un mystique. Que si l’on vient nous empêtrer de dogmes bassement ingénieux : « Si
9uand ils ont montré à l’origine de telle doctrine mystique une exaltation nerveuse ou des troubles organiques. Ils opposent à ce
6 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
10 cause, plus vides que la mort. Toutes ces choses mystiques, c’est-à-dire réelles, c’est-à-dire agissantes, que nulle poésie même
7 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
11ord. Alors les hommes hurleront un affreux besoin mystique. Vous réveillerez-vous pour les désaltérer, dieux de l’Orient et de l
8 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
12ulture des facultés physiques, intellectuelles et mystiques. Toute leur force vient du Yoga. Et tout le Yoga repose sur la concen
9 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)
13del s’est montré partial en faisant de Rimbaud, « mystique à l’état sauvage », un catholique qui s’ignore, il n’est pas plus adm
10 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
14, je dis : Belles-Lettres est essentiellement une mystique. Mais parce que je suis de sang-froid, je ne puis dire grand-chose de
11 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
15urs participe de la liberté : j’entends la pensée mystique. L’expérience mystique a la même extension que l’humanité. On n’en sa
16erté : j’entends la pensée mystique. L’expérience mystique a la même extension que l’humanité. On n’en saurait dire autant de no
17en saurait dire autant de notre raison. Les faits mystiques — qu’on les prenne en l’état brut où notre pensée le plus souvent les
18 nouveau sous l’aspect d’une culture des facultés mystiques ; d’une technique spirituelle 8 indépendante de toute fin religieuse
12 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
19elque chose de « moderne », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa mu
20 » de la vie n’est-il pas comparable à ce que les mystiques appellent leur désert, — cette zone vide qu’il faut traverser avant d
13 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
21ique. Mais rien n’est plus hasardeux qu’une telle mystique, — rien n’est plus incertain que son objet. Comme il est déchirant en
14 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
22rps du Christ déjà presque transfiguré en symbole mystique sur le ciel vert du plus grand jour de l’Histoire. On a beaucoup rema
15 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
23qu’il dit spiritualité, nous pensons connaissance mystique. p. 287 f. « Conférences du Comte Keyserling », Foi et Vie, Pari
16 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
24 contemplaient d’en bas ; non pas en curieux : en mystique. Pareille attitude ne surprendra pas un moderne ; mais elle est uniqu
17 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
25Eiichi produit en témoignage de sa conversion. En mystique véritable, il évite rigoureusement les expressions sentimentales ou r
18 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931)
26 il risque de les priver par là de cette autorité mystique, absolue et naïve où gît leur profonde raison d’être. C’est pourquoi
19 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
27qui pour les autres paraissaient purement [p. 40] mystiques… Mais vous savez, « les autres » n’y comprennent jamais rien, dès qu’
20 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
28elque chose de « moderne », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa mu
29 » de la vie n’est-il pas comparable à ce que les mystiques appellent leur désert, — cette zone vide qu’il faut traverser avant d
21 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
30e avec mystère des objets que nous touchons, — ce mystique avec naturel de ce qui nous est invisible. Tous deux orientent la réf
22 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
31que tableau d’un domaine et d’une famille dont la mystique se révèle au cours d’un épisode central traité en profondeur, — roman
23 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
32endorf. C’était le temps du réveil sentimental et mystique dans une Allemagne luthérienne ravagée par l’Aufklärung et le rationa
33nt à ce jeune homme plein d’une exigeante ferveur mystique. « Mes rapports avec les dévots, — écrit-il de Strasbourg — ne sont p
34’un Jacobi. Mais ce « reste », cette connaissance mystique, il ne tardera pas à découvrir qu’on n’y atteint qu’en outrepassant l
24 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
35utres — ou parfois les mêmes — d’avoir sécrété la mystique du capitalisme américain. Les uns l’accusent de livrer le monde au Ma
25 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
36e pouvoir de le susciter dans son œuvre, comme le mystique dans sa prière. Et c’est pourquoi le poète, Ramuz, l’homme qui vit co
26 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
37itable. Et si, comme chez Goethe, c’est une forme mystique, celle du terrible « Meurs et deviens ! », et s’il l’assume en connai
38pirituelle par où l’homme pénètre dans la réalité mystique. Et cet acte ne peut se produire que dans le plus profond silence de
39de la spéculation et de l’existence, de l’au-delà mystique et de l’immédiat éthique. Et quels sont les plus grands Occidentaux ?
40si que le voyant audacieux qui écrivit les chœurs mystiques du Second Faust peut aussi faire figure de sage officiel parmi les ph
27 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). À prendre ou à tuer (décembre 1932)
41: lutte contre le capitalisme, le fascisme, leurs mystiques et leurs créations politiques (nationalisme, SDN, etc.), condamnation
42it. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous retrouvez que trop bien dans les vôtres ! Déjà
28 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le Deuxième Jour de la Création, par Ilya Ehrenbourg (décembre 1933)
43s les faits, même en Russie, ne sont rien sans la mystique. La force et le charme de ce roman sont ceux mêmes d’une jeunesse fru
29 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Liberté ou chômage ? (mai 1933)
44poque. C’est qu’il a tout infecté, ou presque. La mystique bourgeoise du travail-vertu, associée à une conception purement quant
45rement quantitative de l’activité, n’est plus une mystique de classe : elle est devenue quasi universelle. Que le « travailleur 
46cette seule raison 4 . On ne voit pas en quoi la mystique quinquennale porterait remède à cette perversion. L’engouement que pr
30 1933, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La Légion étrangère soviétique (juin 1933)
47 là ce qu’on appelle sa révolution ! 3° Raisons mystiques Car il y a parmi eux des mystiques. Ils sont rares : ils ont compris
48! 3° Raisons mystiques Car il y a parmi eux des mystiques. Ils sont rares : ils ont compris le marxisme. Ils considèrent avec d
31 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 2. Personne ou individu ? (d’après une discussion)
49l’entretien des personnes. Privé de toute dignité mystique, il doit devenir un simple organe d’économie et de distribution des t
32 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 9. Antimarxiste parce que chrétien
50t. Nous avons longtemps cru que le « point de vue mystique » pouvait servir à la vie dans le monde, même sans la foi. Nous avons
33 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 10. Fascisme
51’antifascisme est en passe de devenir la nouvelle mystique de la gauche. Cette mystique est d’autant plus vive qu’elle se dévelo
52 devenir la nouvelle mystique de la gauche. Cette mystique est d’autant plus vive qu’elle se développe — provisoirement — à l’ab
53ils concrets — à l’abri de toutes précisions. Une mystique n’est jamais puissante que dans le vague. Or, celle-ci s’alimente à l
54onde des ligues antifascistes 40 , on cultive une mystique antifasciste, les intellectuels se déchaînent : déjà la nervosité des
34 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 11. D’un Cahier de revendications
55: lutte contre le capitalisme, le fascisme, leurs mystiques et leurs créations politiques, condamnation de l’individu, de la « pe
56it. On me dira sans doute que je me perds dans ma mystique ? Allez, vous ne vous retrouvez que trop bien dans les vôtres ! Déjà
35 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
57s les plus pratiques… Mais eux, ils veulent de la mystique, des discours et des revendications « excitantes ». Toute la politiqu
58n niveau concret. D’où sa vitalité et son pouvoir mystique. On dit souvent (surtout les intellectuels de gauche) que le Français
36 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
59iers de petits Führer — mais c’est l’État et sa « mystique » qui les créent. On ne leur laisse d’initiative que dans les cadres
37 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — i. Liberté ou chômage ?
60poque. C’est qu’il a tout infecté, ou presque. La mystique bourgeoise du travail-vertu, associée à une conception purement quant
61rement quantitative de l’activité, n’est plus une mystique de classe : elle est devenue quasi universelle. Que le « travailleur 
62ette seule raison 75 . On ne voit pas en quoi la mystique quinquennale porterait remède à cette perversion. L’engouement que pr
38 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iii. Groupements personnalistes
63ui l’empêcheront toujours d’agir et de créer : la mystique parlementaire et le marxisme — l’une trop française, au mauvais sens
64s le domaine de la pensée ; refus du nationalisme mystique, considéré comme une captation, au profit de l’État et de la finance,
65ouvel esprit communautaire, fondé non pas sur une mystique de race, de classe ou de parti, mais sur un sens concret des responsa
39 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Grammaire de la personne (janvier 1934)
66’est mort que pour renaître dans le collectif. La mystique de la masse ou du groupe qui domine la moitié de l’Europe, n’a pas d’
40 1934, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plans de réforme (octobre 1934)
67ée par une « oligarchie de profiteurs ». Mais les mystiques fascistes ne la sauveront pas : il faut rééduquer les citoyens. Je ci
68outir qu’au « fascisme ». Mais à un fascisme sans mystique, pas même populaire. Jules Romains y insiste : ce plan n’est qu’un pr
41 1935, Foi et Vie, articles (1928–1977). Notes en marge de Nietzsche (mars 1935)
69’intensité » de la vie ? Ne voyons-nous pas cette mystique de « l’intensité prise comme but », [p. 255] c’est-à-dire cette mysti
70té prise comme but », [p. 255] c’est-à-dire cette mystique de la vie prise comme but de la vie, et même de la religion, s’introd
71onscience, notion humaine de la justice, science, mystique de la vie, droit au bonheur, etc., l’idée de la toute-puissance et de
42 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Soirée chez Nicodème (mai 1935)
72 renfort d’images impressionnantes, de métaphores mystiques, d’influx spirituel dans le vieil homme, de grâce infuse et de radioa
43 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ni gauche ni droite (août 1935)
73 » Nation et peuple se confondaient alors dans la mystique de la révolution. Aujourd’hui l’on se voit sommé de choisir entre un
74pposition n’est pas dans les faits, mais dans les mystiques. Que valent ces mystiques détachées du réel ? Je vois à gauche la peu
75es faits, mais dans les mystiques. Que valent ces mystiques détachées du réel ? Je vois à gauche la peur de Chiappe, et à droite,
76 tort disent les gauches ; et c’est à cause de la mystique. Et Staline, disent les droites, a tort : car nous voulons une armée
77rer les grands mots d’ordre populaires, au nom de mystiques sans puissance contre les menaces réelles, — qui sont la guerre et l’
44 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Paracelse, par Frédéric Gundolf (septembre 1935)
78 a-t-on souvent tendance à le rejeter du côté des mystiques, où cependant il n’a que faire, avec son goût de l’expérience et de l
45 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Recherches philosophiques (septembre 1935)
79s de E. Weil sur l’histoire, de M. Souriau sur la mystique de la joie, les esquisses phénoménologiques du Dr Minkowski, les appr
46 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les mystiques allemands du xiiiᵉ au xixᵉ siècle, par Jean Chuzeville (octobre 1935)
80 [p. 599] Les mystiques allemands du xiiiᵉ au xixᵉ siècle, par Jean Chuzeville (octobre 1935)
81la curiosité moderne les témoignages écrits de la mystique médiévale ou renaissante. Notre optique actuelle doit fatalement les
82t nous incite à séparer ce qui était lié chez les mystiques : la vision de foi et les symboles concrets qui essayent de l’envelop
83pper pour la transmettre. Nous estimons alors les mystiques selon les critères du lyrisme moderne, qui ne préjugent pas nécessair
84 plupart d’entre nous à récuser la Vérité que les mystiques ont prétendu traduire, ce qui reviendrait à les taxer de mythomanie.
85. La question est alors de savoir s’il existe une mystique vraiment chrétienne, une mystique qui ne soit pas cette « transgressi
86s’il existe une mystique vraiment chrétienne, une mystique qui ne soit pas cette « transgression » et cet oubli de nos limites,
87, la traduction ferme et coulante. La plupart des mystiques que M. Chuzeville nous présente sont inconnus du public français, Nov
88 sans doute de le voir figurer dans un choix de « mystiques », alors qu’il est le premier défenseur de l’expérience v . Mais la b
89ns autant que Novalis de figurer parmi les grands mystiques modernes. Mais sans doute M. Chuzeville s’est-il laissé guider dans s
90 que dégageât sans équivoque la confrontation des mystiques et de la mentalité moderne. p. 599 u. « Les mystiques allemands
47 1935, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). « Le plus beau pays du monde » (octobre 1935)
91nalisme existe parce qu’on l’enseigne ; c’est une mystique, un idéal abstrait, un orgueil. Il existe dans la mesure où on l’exal
48 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). À propos du 14 juillet (juillet-août 1935)
92 fait les gros bailleurs de fonds. Erreur sur la mystique : la lutte des « nationaux » contre les « populaires » ne fait que pr
49 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
93recouvrir de plus en plus exactement la carte des mystiques qui divisent la France depuis 150 ans. Il n’y a plus une gauche génér
94 populaire et un Front national, où se confondent mystique et politique, et entre deux la débandade des radicaux, en tout cas le
95yers de la vie publique, et si d’autre part leurs mystiques se sont à ce point modifiées, il importe plus que jamais de définir l
96e M. de la Rocque. Le fascisme, en effet, est une mystique de la jeunesse ; Service public nous propose, au contraire, une mysti
97 ; Service public nous propose, au contraire, une mystique d’anciens combattants. Le fascisme est anti-capitaliste (en théorie),
50 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.3. Fatalités du rationalisme bourgeois
98ornichon : le communisme des bourgeois, c’est une mystique, un lyrisme, ou une croyance au chambardement libérateur. On comprend
51 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.8. Décadence des lieux communs
99s et les articles de journaux, avec État, nation, mystique raciale, peuple et coutumes, ou terre natale, esprit de clocher, etc.
100 chose : les mêmes choses sous d’autres noms, des mystiques et des dictateurs. Les lieux communs sont morts et embaumés : déjà, o
52 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.10. La mesure soviétique
101de l’avenir d’un peuple qui dispose de ressources mystiques aussi puissantes. Peut-être était-ce inévitable. Peut-être les bienfa
53 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.11. La mesure nationale-socialiste
102ions d’électeurs communistes. Il a compris que la mystique était plus forte que les intérêts, d’autant plus forte que la misère
103s. Ils n’avaient pas même de bottes ! Et c’est la mystique « nationale » qui fit la force de l’armée du Rhin. Mais surtout Hitle
104mée du Rhin. Mais surtout Hitler a compris que la mystique la plus puissante sur le peuple, serait celle qui lui offrirait la pr
105u à l’honneur national menacé, c’est-à-dire à des mystiques, contre toute critique « désintéressée ». Il fallait d’abord donner l
54 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.14. L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle
106llon d’une angoisse qu’on apprend à fuir dans les mystiques collectives. Et pour le reste, on se rassure par de faciles raillerie
107ne mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là encore, derrière les grandes façades aux symbole
108qu’ils n’ont pas encore pu s’en affranchir par la mystique au point de ne plus redouter la pauvreté. (Les civilisations à princi
55 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
109tits, dans leur obsession d’assurances, dans leur mystique de la richesse, dans leur recours à l’idée d’homme moyen pour justifi
56 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
110de l’avenir d’un peuple qui dispose de ressources mystiques aussi puissantes. Peut-être était-ce inévitable. Peut-être les bienfa
111n d’une angoisse que l’on apprend à fuir dans les mystiques collectives. Et l’on [p. 267] se rassure en attendant par de faciles
112ne mesure des États neufs, c’est au contraire une mystique conquérante. Mais là encore, derrière les grandes façades aux symbole
57 1936, Esprit, articles (1932–1962). André Gide, Retour de l’URSS (décembre 1936)
113nce marxiste eût réussi ? Sa croyance est d’ordre mystique, contredite par les faits connus. C’est une espèce d’acte de foi. Ou
58 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Dictature de la liberté, par Robert Aron (mars 1936)
114e critique qui « contingentât » l’importation des mystiques étrangères. Oui, mais on ne se défend qu’en attaquant. Sachons gré à
59 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Plébiscite et démocratie (avril 1936)
115une nation unitaire, centralisée, une solide base mystique et étatique pour les conquêtes futures, militaires ou pacifiques. Dan
60 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Du socialisme au fascisme (novembre 1936)
116 entre les mains de l’État, il faut l’appui d’une mystique qui paralyse les éléments d’opposition. C’est la mystique de « l’unio
117 qui paralyse les éléments d’opposition. C’est la mystique de « l’union sacrée », autrement dit, le nationalisme. [p. 22] En vé
118confiance disciplinée, à toute épreuve. Seule une mystique nationaliste la lui donnera. Ainsi la formule socialiste : tout par l
61 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Les Jacobins en chemise brune (décembre 1936)
119a fonder un parti unitaire qui s’appuiera sur une mystique renouvelée du Pangermanisme. C’est ici que s’insère le racisme. Et l’
62 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
120ent, quand elle exprime une réalité sentimentale, mystique ou sensuelle, qui ne saurait se traduire en termes de raison. Mais je
121grands journaux d’information. On leur impose une mystique confectionnée à l’usage des moujiks… Quel est l’homme sain qui oserai
63 1937, Esprit, articles (1932–1962). Journal d’un intellectuel en chômage (fragments) (juin 1937)
122ent, quand elle exprime une réalité sentimentale, mystique ou sensuelle, qui ne saurait se traduire en termes de raison. Mais je
64 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Éluard, L’Évidence poétique (juin 1937)
123s objets, artificiels, créés ! (arts, techniques, mystique). Éluard parle, comme nous, de « construire un monde à la taille de l
65 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
124ention extrême à Swedenborg du vivant de ce grand mystique. L’excellente analyse qu’il nous donne des principaux écrits de son c
125. Si étranger qu’on le connaisse aux spéculations mystiques, et aux problèmes théologiques qui s’y rattachent étroitement, c’est
126ion très raisonnable, à des « rêveries » purement mystiques. On s’imagine couramment que la doctrine théosophique de Swedenborg e
127uablement cohérente. En somme, les grands traités mystiques de Swedenborg — dont l’influence fut si profonde sur les meilleurs es
128révèle un parti pris assez brutal de réduction du mystique à l’illusoire. Par exemple, il relate une des premières extases de S.
129de même que celles qu’on note chez la plupart des mystiques, doivent être considérées comme des pseudo-hallucinations, qui, à la
130tu dormitive »… 2. Les auteurs qui s’occupent des mystiques et, en général, d’objets religieux qui leur paraissent inquiétants po
131eudo-hallucinatoire » des plus fréquents chez les mystiques, et qui « expliqueraient » physiologiquement le chemin de Damas et be
132tein… Tout ceci tendait à prouver que le problème mystique n’est nullement justiciable de « la science » d’aucune époque, et qu’
133t du moi, qui est sans conteste celui de tous les mystiques, orientaux ou occidentaux, païens ou chrétiens, hétérodoxes ou orthod
134 humaniste. Ce serait — je simplifie — le cas des mystiques orientales, dont l’influence est loin d’être négligeable chez les jeu
135facés. c’est ce que Madame Guyon appelle “la mort mystique”. L’âme ne vit plus désormais [p. 788] de sa vie propre, c’est Dieu q
136 profonde raison d’être. Or il semble bien que la mystique occidentale, catholique ou protestante (Swedenborg était luthérien 72
66 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
137ir cette conscience aux proportions nouvelles des mystiques qui régissent l’Europe d’aujourd’hui. Notre chance et nos risques son
67 1938, Journal d’Allemagne. 2. Conclusion 1938
138ir à concentrer l’économie, il faut l’appui d’une mystique, qui paralyse les éléments d’opposition. Tout « étatisme » (au sens a
139 confiance disciplinée, à toute épreuve. Seule la mystique nationaliste la lui donnera. Ainsi le socialisme « nationalise » l’éc
140urarmés, c’est celui qui dispose de la plus forte mystique qui doit fatalement triompher. Et en s’armant autant que l’État total
141que perdrait ses meilleures forces morales : sa « mystique » de la liberté. Il n’y a de solution pratique que dans un vaste effo
68 1938, Journal d’Allemagne. ii. Plébiscite et démocratie. (À propos des « élections » au Reichstag, 29 mars 1936)
142une nation unitaire, centralisée, une solide base mystique et étatique pour les conquêtes futures, militaires ou pacifiques. Dan
69 1938, Journal d’Allemagne. iii. Les jacobins en chemise brune
143a fonder un parti unitaire qui s’appuiera sur une mystique renouvelée du Pangermanisme. C’est ici que s’insère le racisme. Et l’
70 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
144ituel vers le monde incréé de la Lumière. L’Amour mystique, dont le symbole était la « Dame des pensées » dans la lyrique des tr
145l’a magnifiquement montré Wagner. C’est cet Amour mystique, bientôt sécularisé et « profané » par la littérature, qui donne nais
146 occidentale. Son vocabulaire sera repris par les mystiques orthodoxes. Sa rhétorique, d’origine sacrée, transformera peu à peu n
147 conséquences dans les domaines les plus divers : mystique, littérature, guerre, mariage. C’est l’influence actuelle du mythe ma
148t encore du fait que l’on ignore la signification mystique de ses symboles, et que ceux-ci ne paraissent plus révélateurs que d’
149er de pécher et le remords, devient soudain vertu mystique (dans le symbole), puis se dégrade (dans la littérature) en aventure
150on d’un roturier à la chevalerie était un symbole mystique bien plutôt qu’une dérogation aux coutumes du droit féodal. Mais là-d
151-même ou la vie en général : dernier relent de la mystique primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujo
152ui. Pitoyables victimes d’un mythe dont l’horizon mystique s’est refermé depuis longtemps. Pour Tristan, Iseut n’était rien que
153. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin terrestre — et c’est par là que cette passion se déta
154 des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est plus qu’une sensation, — n’aboutit pas. On reto
71 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
155ité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour po
156se un moi purifié, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’acc
157 pour ce monde. [p. 243] Partant d’une déraison « mystique » (si l’on veut), indifférente, sinon hostile au bonheur et à l’insti
158ain que l’Occidental christianisé se distingue du mystique Oriental par son pouvoir d’approfondir l’être créé dans ce qu’il a de
159nt de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’in
160evoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et accomplie que par la rencontre d’un autr
72 1938, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Une révolution refoulée (juillet 1938)
161be de l’expérience : il s’agissait d’affirmer une mystique, mais de ne faire que les réformes qu’imposait la pression des « mass
162s d’autres voies, et les trouve. Encore un peu de mystique Front populaire, encore quelques réformes à contretemps, à contre-fin
73 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Avertissement
163nt ses effets dans les domaines les plus divers : mystique, littérature, art de la guerre, morale du mariage. ⁂ L’agrément de pa
74 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
164de son affreuse réalité ? Tourner la situation en mystique ou en farce, c’est toujours avouer qu’elle est insupportable… Mal mar
165este au-delà de tout repentir possible ! Certains mystiques ont fait plus qu’avouer : ils ont su et se sont expliqués. Mais s’ils
166ce, n’est-ce pas l’acte même, et l’audace, de nos mystiques les plus lucides ? Érotique au sens noble, et mystique : que l’une [p
167ues les plus lucides ? Érotique au sens noble, et mystique : que l’une [p. 58] de l’autre soit cause ou effet, ou qu’elles aient
75 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
168nous que Platon et les druides, une sorte d’unité mystique du monde indo-européen se dessine comme en filigrane à l’arrière-plan
169n lui-même s’en trouve transformé. Tandis que les mystiques païennes le sublimaient jusqu’à en faire un dieu, et en même temps le
170ures expressions. J’entends parler d’une forme de mystique à la fois dualiste dans sa vision du monde, et moniste dans son accom
171éorique réalisation historique Paganisme Union mystique (amour divin heureux). Amour humain malheureux. Hédonisme, passion ra
172 formes catholiques, toutes les reviviscences des mystiques païennes capables de le « libérer ». C’est ainsi que les doctrines se
173 manière la plus complexe à la grande renaissance mystique. D’autre part, elles trouvaient des complaisances profondes dans la m
174e connaissait pas toujours l’origine et la portée mystique de valeurs qu’elle prenait pour une mode et qu’elle accommodait à ses
175 la fois historique et archétypique, psychique et mystique, concret et symbolique, ou si l’on veut littéraire et religieux. Les
176n’est-ce point déjà la Divinité en soi des grands mystiques hétérodoxes, le Dieu d’avant la Trinité dont nous parlent la Gnose et
177 le Cantique des Cantiques, le ton est réellement mystique. Les érudits nous ressassent leur formule : il n’y aurait là, « tout
178— : n’y trouve-t-on pas la démarche précise de la mystique négative, et ses métaphores invariables ? Je l’aime et la recherche
179e passion proprement religieuse, d’une conception mystique fortement attestée dans la vie même des âmes. Essayons à nouveau de r
180t des exemples topiques ; celui, entre autres, du mystique Suso : « La vie de la chrétienté médiévale est, dans toutes ses manif
181me à prétentions d’au-delà. [p. 102] Même chez un mystique de l’envergure d’un Henri Suso, le sublime nous semble parfois frôler
182ue des expressions courtoises et leurs résonances mystiques. « II est certain — doit-il avouer — que les idées religieuses d’une
183 veut voir un trait biographique, détient un sens mystique évident : « Ce que le corps me refuse, l’âme me l’octroie » (par exem
184vera davantage dans une hiérarchie d’abstractions mystiques, figurant d’abord la philosophie, puis la Science, puis la Science sa
185 serait excessif de [p. 108] soutenir que l’idéal mystique sur quoi elle se fondait à l’origine fût toujours et partout observé 
186 je donne à ce mot — sont d’origine religieuse et mystique, il est certain qu’elles se trouvent flatter, par cela même qu’elles
187et nous engage dans un nouveau chapitre. 9. Les mystiques arabes Comment de la confuse combinaison de doctrines plus ou moins c
188 dès le ixe siècle, dans l’Islam, d’une école de mystiques poètes qui devaient avoir plus tard pour principales illustrations Al
189hevaleresque, dont les titres de quelques traités mystiques de cette école donnent une idée : le Familier des Amants, le Roman de
190 ne peut aimer que le fini. Il en résulta que les mystiques furent obligés de recourir à des symboles [p. 113] dont le sens resta
191inité. Or le langage érotico-religieux des poètes mystiques tendait à établir cette confusion du Créateur et de la créature. Et l
192 le verrons, mutatis, mutandis, au cas des grands mystiques occidentaux, de Maître Eckhart à Jean de la Croix. ⁂ Une brève revue
193. ⁂ Une brève revue des thèmes « courtois » de la mystique arabe fera sentir à quelles profondeurs le parallélisme trouve ses or
194la Vérité, « appellation s’adressant à des amants mystiques qui s’entendent dans une idéalisation, commune » et fondent ainsi une
195on le manichéisme iranien, dont s’inspiraient les mystiques de l’école illuminative de Sohrawardi, une jeune fille éblouissante a
196 toi-même ! » Or selon certains interprètes de la mystique des troubadours, la Dame des pensées ne serait autre que la part spir
197 prend garde au sens liturgique du salut. f) Les mystiques arabes insistent sur la nécessité de garder le secret de l’Amour divi
198ge de la mort d’amour est le leitmotiv du lyrisme mystique des Arabes. Ibn Al-Faridh : Le repos de l’amour est une fatigue, son
199ur ne peut en vivre. C’est ici le cri même de la mystique occidentale mais aussi du lyrisme provençal et de Tristan. C’est l’or
200n avec l’Être absolu. Aussi Moïse est-il pour les mystiques arabes le symbole du plus grand Amant, puisqu’en exprimant le désir d
201ogies la nature des relations possibles entre une mystique, une conception religieuse, ou simplement une théorie de l’homme — et
202ommes » ou Parfaits, puis oppose à la cortezia la mystique de l’Amour divin. De nombreux commentaires du Cantique des Cantiques
203 de Poitiers — jusqu’au Paraclet d’Héloïse. Cette mystique épithalamique se retrouve à la fois chez Bernard de Clairvaux, Hughes
204’interdit maintenu sur la femme de chair. L’union mystique avec cette divinité féminine devient alors une participation à la pui
205aussi des disciplines profondes élaborées par des mystiques lointaines à la fois dans le temps et dans l’espace. 4. Une technique
206 femme est commune d’ailleurs à tous les courants mystiques du moyen âge indien… Le tantrisme est par excellence une technique, b
207 fondamentalement il soit une métaphysique et une mystique… La méditation éveille certaines forces occultes qui dorment en chaqu
208eillées, transforment le corps humain en un corps mystique. » 66 Il s’agit, par le cérémonial du yoga tantrique (contrôle de la
209 pur principe, sans visage et sans nom. Une école mystique du tantrisme tardif, le Sahajiyâ, « amplifie l’érotique rituelle jusq
210 l’amour sans le faire, à rechercher l’exaltation mystique et la béatitude à travers une Elle qu’il s’agit de « servir » en post
211’amour. — En contraste indéniable avec ces textes mystiques et cette abstruse technique psycho-physiologique, [p. 130] citons mai
212mes qui seront repris par presque tous les grands mystiques de l’Occident. Il nous semble parfois se réduire à des fadaises sophi
213 de simples allégories illustrant la morale et la mystique courtoise (comme j’inclinerais à le penser). Toutes les hypothèses so
214t inférieurs aux troubadours dans la connaissance mystique, ils n’ont pas introduit dans leurs romans que des erreurs. Ils ont t
215mer seulement l’élan de la passion dans sa pureté mystique. Le point de départ de Lancelot — comme de Tristan — c’est le péché c
216Il a choisi la voie terrienne, il a trahi l’Amour mystique, il n’est pas « pur ». Seuls les « purs » et les vrais « sauvages » c
217 pourquoi le roman finit « bien » — au sens de la mystique cathare — c’est-à-dire aboutit à la double mort volontaire. 84 Ains
218olonté secrète, mais infaillible, des deux amants mystiques. Dans les légendes celtiques, c’est l’élément épique qui commande l’a
219nt modernes le principe de cohésion qu’apporte la mystique courtoise aux éléments religieux, sociologiques ou épiques, hérités [
220e : il nous échappe doublement, étant poétique et mystique. Mais nous savons maintenant d’où vient le mythe, et où il mène. Et p
221rs hérétiques très dangereusement voisins de la « mystique du cœur ». Théologien, poète, et conscient de ses choix, Gottfried ré
222te toute la dialectique qui sera celle des grands mystiques du xiiie et du xviie siècle : les trois voies purgative, illuminati
223pérégrinations. Les religions antiques, certaines mystiques du Proche-Orient, l’hérésie qui les fit revivre en Languedoc, le cont
224 passion n’agissent que dans nos vies privées. La mystique d’Occident est une autre passion dont le langage métaphorique est par
76 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
225 [p. 155] Livre III Passion et mystique 1. Position du problème On a souvent tenté d’expliquer le mysticisme
226 la passion mortelle qu’il faut « ramener » à une mystique, plus ou moins consciente et précise. Il est certain que ce seul exem
227tait cru en mesure de trancher au détriment de la mystique. À vrai dire, je ne suis pas très sûr que ce problème comporte une so
228, sa position. Qu’on parte de la passion ou de la mystique pour tenter de ramener l’une à l’autre, ce que l’on admet impliciteme
229marqué depuis longtemps l’analogie des métaphores mystiques et amoureuses. Mais d’une entière analogie des mots, peut-on conclure
230les plus convaincantes, que tout intoxiqué est un mystique qui s’ignore 96 . Or, qu’elle soit physique, ou morale, toute intoxic
231animaux ne s’intoxiquent pas 97 … Inversement, la mystique à elle seule, rend-elle compte de la passion ? Il faudrait alors expl
232nstinct sexuel que l’on a tenté de « ramener » la mystique, et cela bien avant Freud et son école. Voici donc le dilemme que pos
233 et d’une œuvre antérieure à l’essor de la grande mystique orthodoxe, que nous aurons les meilleures chances de surprendre à l’é
234 « choses bizarres »… 2. Tristan : une aventure mystique Nous avons constaté que le Roman de Tristan est, à bien des égards, u
235en des égards, une première « profanation » de la mystique courtoise et de ses sources (néo-platonisme, manichéisme, soufisme).
236s situations romanesques la progression d’une vie mystique. Certains « moments » relèvent de la pure tradition cathare, d’autres
237d’autres peuvent être rapprochés d’une expérience mystique plus générale, et qu’on retrouve identique, dans sa forme, aussi bien
238d’Iseut, c’est l’hérésie, [p. 158] c’est la vertu mystique des « purs », c’est une vertu, selon les auteurs de la légende. Et la
239 se révèle toute comparaison entre deux formes de mystique — et d’autant plus qu’ici l’un des termes en présence se trouve dénat
240rallèle très général entre le Roman et l’aventure mystique. Quitte à rectifier par la suite les conclusions trop téméraires où n
241 poison de son sang. C’est le type même du départ mystique, de l’abandon à l’aventure surnaturelle. C’est la quête de l’âme péch
242mais encore éloquents ! Rudiments d’une recherche mystique, qui ne laisse oublier ni la lyre ni l’épée symbolique du défi à la s
243r seul. Un trait profond de la passion — et de la mystique en général — paraît ici. « On est seul avec tout ce qu’on aime », écr
244out ce qu’on aime », écrira plus tard Novalis, ce mystique de la Nuit et de la Lumière secrète. Cette maxime traduit d’ailleurs,
245ligieux du premier ordre et un poème où l’élément mystique revêt les formes les plus rudimentaires ? Certes, ce serait une sorte
246n autre point de comparaison. On sait combien les mystiques espagnols ont coutume d’insister sur le récit de leurs souffrances. P
247’une impure et parfois équivoque traduction de la mystique courtoise. (Il arrive que les situations les plus apparemment « mysti
248 arrive que les situations les plus apparemment « mystiques » du Roman doivent être interprétées — si l’on ne veut pas errer grav
249ivin aux métaphores, qui convient pour les grands mystiques.) Ceci dit, nous pouvons retrouver dans le mythe plus d’un aspect des
250er dans le mythe plus d’un aspect des souffrances mystiques. On se souvient de la plainte du troubadour : Dieu ! comment se peut
251ration voulue… Nous rejoignons alors la situation mystique (par l’autre extrême) : plus Tristan aime, et plus il se veut séparé,
252le croiront les siècles à venir — les similitudes mystiques que nous venons de dégager ne seraient plus que de l’ordre du langage
253l, le principe véritable de l’opposition des deux mystiques. L’orthodoxe aboutit au « mariage spirituel » de Dieu et de l’âme, dè
254boutit à le sanctifier par le mariage. Les amants mystiques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non son apaise
255 mort volontaire dans l’endura. Au contraire, les mystiques chrétiens voient dans les actes et les œuvres qui découlent de l’état
256s les actes et les œuvres qui découlent de l’état mystique les critères de sa vérité 99 . C’est du moins le mouvement constant d
257mouvement qui fait défaut, théoriquement, à toute mystique fondée sur l’Éros lumineux. Mais il faut indiquer la dernière limite,
258atériel d’un processus de divinisation. Les vrais mystiques, tout au contraire, sont la prudence même, la rigueur même, l’obéissa
259abus, et sans le savoir, un langage dont la seule mystique définissait le sens valable. Plus d’une fois, l’ambiguïté du mythe no
260dresser à sa Dame. L’amant habitué aux métaphores mystiques, qu’il entend à leur sens profane, sera tenté de voir dans cette même
261r « expliquer » le plus élevé par le plus bas, la mystique pure par la passion humaine. Elle a fondé cette « science » nouvelle
262deux cas. Or d’où venaient ces métaphores ? D’une mystique, comme nous l’avons vu — mais déguisée, persécutée, puis oubliée. À t
263e, et passée dans les mœurs comme poésie, que les mystiques chrétiens utiliseront ses métaphores devenues profanes comme si elles
264ns. Par exemple, là où la science proclame que la mystique résulte d’une sublimation de l’instinct, il suffira de changer le sen
265nct » en question résulte d’une profanation de la mystique primitive. ⁂ Cependant, la conscience moderne montre une si grande ré
266es objections courantes. Car enfin, dira-t-on, la mystique, au moins dans une de ses tendances, ne s’est-elle pas prêtée à toute
267la première du langage de l’Éros païen ? 4. Les Mystiques orthodoxes et le langage de la passion Le fait central de toute vie r
268ur sexuel. À l’inverse, on peut observer chez les mystiques les plus « christocentriques » une propension à s’adresser à Dieu dan
269eux grands courants que nous retrouverons dans la mystique universelle. Ils seront d’ailleurs rarement purs dans telle ou telle
270se est claire. Le premier courant est celui de la mystique unitive : il tend à la fusion totale de l’âme et de la divinité. Le s
271é. Le second courant peut être appelé celui de la mystique épithalamique : il tend au mariage de l’âme et de Dieu, et suppose do
272emier exemple à l’ouvrage de Rudolf Otto intitulé Mystique occidentale-orientale 101 . L’auteur compare, puis oppose le fondate
273 L’auteur compare, puis oppose le fondateur de la mystique allemande au xive siècle. Maître Eckhart, et le mystique hindou Sank
274 allemande au xive siècle. Maître Eckhart, et le mystique hindou Sankara. Ce qui est intéressant pour notre objet, c’est que Ru
275istingue l’Orient de l’Occident en ramenant leurs mystiques respectives à l’Éros et à l’Agapè, d’une manière assez analogue à cel
276r le fait qu’il existe au moyen âge une tradition mystique parallèle à celle de Sankara. « Mystique de l’ivresse sentimentale — 
277radition mystique parallèle à celle de Sankara. « Mystique de l’ivresse sentimentale — écrit Otto — à la faveur de laquelle le J
278faire son maître. Plotin lui aussi prêche l’amour mystique, mais l’amour plotinien n’est nullement l’agapè chrétienne ; c’est l’
279de l’homme fervent. » Pour Eckhart, la vraie voie mystique n’est pas celle qui, s’élevant d’un état de sentiment, mènerait à une
280 n’est donc pas, conclut Otto, la plus haute joie mystique qui figure pour Eckhart l’expression authentique [p. 171] de l’union
281kara. » Voici donc, semble-t-il, deux pôles de la mystique universelle très nettement caractérisés. L’Orient (c’est-à-dire Sanka
282es par lesquels nous avons tenté de distinguer la mystique des Cathares et la doctrine chrétienne de l’amour. ⁂ Mais Eckhart ne
283 côté de « l’Orient », c’est-à-dire du côté d’une mystique essentiellement unitive, et par cela même hérétique… Ce qui est certa
284ificatif de constater que Eckhart souleva dans la mystique flamande une opposition très violente, et sur les chefs précis dont O
285c’est bien ce que l’Histoire démontre. « Chez les mystiques eckhartiens — écrit l’abbé Paquier 106 — je ne sais si l’on rencontr
286e la distinction essentielle qu’apparaît, dans la mystique du Nord, le langage « épithalamique ». « Voici donc venu l’irrésistib
287t possible une confrontation. Mais la lecture des mystiques franciscains, dès le xiiie siècle, nous eût fourni un autre exemple
288tour devait influencer si profondément le langage mystique des siècles suivants. Souviens-toi, ô créature, que ta nature est ce
289our. 112 5. La Rhétorique courtoise chez les mystiques espagnols Si maintenant nous parcourons les textes des grands mystiqu
290 maintenant nous parcourons les textes des grands mystiques espagnols, sainte Thérèse et saint Jean de la Croix au xvie siècle,
291 principaux thèmes communs aux troubadours et aux mystiques orthodoxes : « Mourir de ne pas mourir. » 114 La « brûlure suave »
292sans compter que le jugement matérialiste sur les mystiques est plus révélateur de l’obsession de ceux qui le portent que de l’ob
293ge de la passion — tel qu’on le retrouve chez les mystiques — n’est pas, à l’origine, celui des sens et de la nature, mais il est
294 tout d’abord, soulignons bien que le langage des mystiques ne saurait être confondu avec la nature profonde de l’expérience qu’i
295us purement, sa nature ? » 115 Tous les [p. 178] mystiques, et sainte Thérèse la première, se plaignent de n’avoir pas de mots n
296ésitent encore lorsqu’il s’agit d’attribuer à tel mystique fort bien connu, et orthodoxe par-dessus le marché (Ruysbroek ou sain
297ces certaines. « On a souvent signalé le goût des mystiques pour la littérature chevaleresque. Sainte Thérèse raffolait dans sa j
298rs de romans de chevalerie comme ceux des traités mystiques se caractérisent par le même réalisme quand ils sacrifient le sentime
299es pauvres extravagances des romans de chevalerie mystique (la Gallarda Espirituel, El divino Escarraman) qu’il faut chercher la
300ymbolisme et de leur terminologie passent dans la mystique du xiiie siècle par l’intermédiaire de saint François d’Assise. [p
301u’il cachait autre chose que la nature — c’est la mystique chrétienne qui vient le reprendre pour en revêtir l’Agapè ! ⁂ Quant à
302que les mouvements de la chair attirée par l’élan mystique en ses débuts (Nuit obscure, I, v. 3), ne s’exagère pas plus qu’il ne
303 métaphores empruntées au langage courant par les mystiques n’est pas sans d’étroites relations avec leur doctrine de l’union ou
304nte de celles d’Eckhart. Voilà pourquoi ce fut la mystique orthodoxe — la moins suspecte de troubles complaisances ! — qui se vi
305nt impliqués. Par exemple, dans le cas du langage mystique : sommes-nous en présence d’une matérialisation du spirituel — et cel
306nte Thérèse parle sans cesse d’amour — donc cette mystique est une érotomane qui s’ignore. » Mais nous avons vu que sainte Thérè
307ire les amants « passionnés » sont sans doute des mystiques qui s’ignorent… Ainsi les arguments s’annulent. Nous ne savons rien d
308, et devient langage commun. Maintenant, quand un mystique veut exprimer ses expériences ineffables, il est contraint de se serv
309s sont celles de la rhétorique courtoise. Que les mystiques s’en emparent sans hésiter ne signifie donc pas du tout qu’ils « subl
310ituelle de ces passions, créée d’ailleurs par une mystique, convient à l’expression de l’amour spirituel qu’ils vivent. Et elle
311re la donnée première. 7. Libération finale des mystiques Cette décision tout arbitraire, il est temps de la prendre ici, et de
312 reste pas moins que celui-ci est postérieur à la mystique pseudo-chrétienne des Cathares. 3° C’est sans doute à tort qu’à la pr
313ort qu’à la proposition : « Tout érotomane est un mystique qui s’ignore », on a cru pouvoir répondre : « Ou l’inverse. » Il se p
314inverse. » Il se peut que les épigones des grands mystiques 122 nous apparaissent parfois comme des érotomanes qui s’ignorent. M
315l’on est en droit d’y voir le rudiment d’un appel mystique, il n’en reste pas moins que l’intoxiqué est avant tout l’esclave de
316ffaiblit, et qui finit dans l’idiotie. Les grands mystiques, tout au contraire, insistent sur la nécessité de dépasser l’état de
317 à mieux agir, à mieux aimer. Surtout, les grands mystiques s’accordent à voir le terme de leur ascension dans la liberté souvera
318 termes différents la même chose : il faut que le mystique arrive « à se passer du don », à ne plus le désirer pour lui-même. Da
319là des transes et au-delà de l’ascèse, l’aventure mystique culmine dans un état d’extrême « désintoxication » de l’âme. Dans la
320ce de l’Éros, mais fécondité de l’Agapè. Ainsi la mystique orthodoxe apparaît-elle enfin comme la voie purgative par excellence,
321me de l’Incarnation qui distingue radicalement la mystique orthodoxe de l’hérétique. C’est lui qui donne un sens tout différent
322ble union avec la femme ; gardant de ses origines mystiques on ne sait quoi de divin, de faussement transcendant — une illusion d
323 que fait l’Éros, pour remplacer la transcendance mystique par une intensité émue. Mais grandiloquentes ou plaintives, les figur
77 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
324t simplifications.) En esquissant la courbe de la mystique classique, nous avons pu décrire une assomption du mythe. C’était la
325souvent troublants : nous l’avons vu à propos des mystiques. [p. 194] Mais en l’absence de preuves presque impossibles à établir
326ttérature courtoise s’est détachée de ses racines mystiques ; elle s’est alors trouvée réduite à une simple forme d’expression, c
327lus du tout religieuse : Ce n’est plus une ascèse mystique, mais un raffinement de l’esprit, qui doit amener l’amant à mériter l
328oute ne demeure possible : l’Amour est la passion mystique. Mais encore faut-il définir le rôle de l’amour naturel dans cette pe
329 poésie plus adéquate que nulle autre à servir la mystique orthodoxe. Et cette dernière ne manquera pas d’y puiser ses meilleure
330menés à redécouvrir le sens original des légendes mystiques. Mais alors ils ne peuvent se servir que d’une mythologie toute catho
331s sectes néo-manichéennes. 8. L’Astrée : de la mystique à la psychologie L’histoire du mythe dans le Roman, au xviie siècle
332çais, peut se réduire, hélas, en une formule : la mystique se dégrade en pure psychologie. Le roman devient l’objet d’une littér
333[p. 215] perfection, n’est qu’un sous-produit des mystiques créatrices de formes et de mythes ? Et qu’elle suppose, pour fleurir
334 — comme il apparaît de nos jours ? Alors que les mystiques et les religions prennent au contraire une grande vigueur dans les ré
335. Il y manque l’aspect nocturne, l’épanouissement mystique dans la vie infinie de la Nuit. Il y manque ce que l’on pourrait appe
336ndé à contester la vérité dernière de la croyance mystique (manichéenne) qui est à l’origine de la passion et de son mythe : du
337e en un seul cas, d’ailleurs le seul prévu par ce mystique : si la cause extérieure est un Dieu auquel notre âme pourrait s’iden
338aint-Preux, malgré son beau nom, n’a plus rien du mystique ni du chevalier. Au surplus, le roman n’aboutit à la mort qu’après un
339est à partir de l’état d’âme sentimental — et non mystique 153 — des amants de la Nouvelle Héloïse que le romantisme va tâcher
340oïse que le romantisme va tâcher de rejoindre une mystique primitive qu’il ignore, mais dont il redécouvre, par éclairs, la vert
341 à jamais insatiable. C’est toute l’aventure des mystiques unitives qui de nouveau prend son départ dans la conscience occidenta
342e inspiré par le souvenir des Cathares et de leur mystique fut composé par l’un des plus purs romantiques : c’est l’épopée des A
343« endieusement » des troubadours, l’endiosada des mystiques espagnols, la joy d’amor dans son délire dionysiaque. Il en jaillit p
344la passion de la Nuit. Mais il n’est point d’aube mystique à l’horizon spirituel, ni de véritable joie d’amour au sommet de ces
345te, et plus proche qu’on ne pourrait croire de la mystique négative. La plupart reviendront aux illusions de l’amour humain, san
346lture, et spécialement de la littérature, puisque mystique et religion, pour lui, sont mortes. Mais il est obligé de constater q
347 vengeance, brutale, accidentelle, privée de sens mystique. Or la Minne suprême inspire à Brangaine l’erreur qui doit sauver l’A
348ssion, accomplissement mortel : ces trois moments mystiques auxquels Wagner, par une géniale simplification, a su réduire les tro
349-vivre obscurcissant la connaissance, toute cette mystique que l’on s’empresse de qualifier de bouddhiste, Wagner n’avait pas à
350rouve privé de son cadre sacral, et que le secret mystique qu’il exprimait en le voilant se vulgarise et se démocratise. Le droi
351ents de cette littérature à concevoir une réalité mystique, une ascèse, un effort de l’esprit pour s’affranchir des liens sensue
352par rapport à l’ivresse divine que chantaient les mystiques arabes. L’exemple du théâtre « parisien » détient une signification p
353nte de la passion. Car celle-ci survivait à toute mystique, par la grâce équivoque du romantisme. L’hérédité — ou ce qu’on nomma
354a volonté même de le nier. L’ambiguïté du langage mystique de l’hérésie devait faire naître, dès le xiiie siècle, une rhétoriqu
355tant de vitalité qu’une vache. » ⁂ Cette nouvelle mystique de la « Vie » a pu donner naissance à de belles œuvres littéraires. M
356l’artificiel — rhétorique idéalisante, éthique et mystique du « parfait » — l’on prétend s’enfoncer dans le flot primitif de l’i
357ier les puissances anarchiques de la passion. Une mystique transcendante orientait secrètement, polarisait vers l’au-delà les no
358ermes de l’amour humain, bien qu’entendus au sens mystique. Ce sens évanoui restait une rhétorique. Elle pouvait exprimer nos in
359’avait laissé dans la conscience une connaissance mystique réprouvée, puis perdue. Telle fut la chance de la littérature en Occi
360rulence provisoire qu’en se mettant au service de mystiques partisanes ? Serait-ce la fin du romantisme ? Le spectacle de nos mœu
361ient prétexte à « passion » et déjà s’exalte en « mystiques ». C’est que nous sommes devenus incapables de faire la part du feu,
78 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
362u — d’un ensemble de mœurs et de coutumes dont la mystique courtoise a créé les symboles. Or passion signifie souffrance. Notre
363lit ! » Il ne faudra pas s’étonner si les auteurs mystiques reprennent ces métaphores devenues banales, et les transposent selon
79 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
364t encore du fait que l’on ignore la signification mystique de ses symboles, et que ceux-ci ne paraissent plus révélateurs que d’
365er de pécher et le remords, devient soudain vertu mystique (dans le symbole), puis se dégrade (dans la littérature) en aventure
366-même ou la vie en général : dernier relent de la mystique primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujo
367ui. Pitoyables victimes d’un mythe dont l’horizon mystique s’est refermé depuis longtemps. Pour Tristan, Iseut figurait le symbo
368. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin — et c’est par là que cette passion se détachait des
369 des amants « ravis » s’est dégradé en perdant sa mystique. Le ravissement n’est plus qu’une sensation — n’aboutit pas. On retom
80 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
370ité du mythe, et de Tristan. C’est un narcissisme mystique, mais qui s’ignore, naturellement, et qui croit être un vrai amour po
371se un moi purifié, « innocent » ! De ces origines mystiques, la « fidélité passionnée » n’a gardé parmi nous que l’illusion d’acc
372ment pris pour ce monde. Partant d’une déraison « mystique » (si l’on veut), indifférente, sinon hostile au bonheur et à l’insti
373comme le croira cependant Novalis, renouvelant la mystique courtoise et les vieilles traditions celtiques. En même temps, elle é
374nt de l’amour, et c’est ce qu’il nomme le mariage mystique. L’âme se comporte alors à l’endroit de son amour avec une sorte d’in
375evoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et accomplie que par la rencontre d’un autr
81 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
376pero et Van Gulik.) (Note de 1971.) [p. 359] 5. Mystique et amour courtois Dans un appendice à son beau livre sur la Théologie
377ns un appendice à son beau livre sur la Théologie mystique de saint Bernard (Paris, 1934, p. 193 à 216), M. Étienne Gilson exami
378xamine le problème d’une influence possible de la mystique cistercienne sur les troubadours. En effet, « chronologiquement parla
379r l’opposition évidente entre la courtoisie et la mystique de saint Bernard n’est pas seulement, comme l’a vu M. Gilson, celle d
380otre auteur — sur l’objet et la nature de l’amour mystique tel que le conçoit saint Bernard : c’est un amour spirituel, par oppo
381r n’est pas spirituel. — Mais plus tard, d’autres mystiques catholiques, sainte Thérèse et saint Jean de la Croix, reprendront be
382 sans être transcendant, il n’y a pas de problème mystique au sens où les chrétiens l’entendent. Ce qu’ils ont à expérimenter… c
383s sépare les amants, au lieu que celle de l’amour mystique les unit ». Mais il faut voir que les amants courtois ne sont séparés
384ont séparés sur la terre qu’en vertu de cet amour mystique qui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique orthodoxe
385ui les unit à la divinité ! Au contraire, l’amour mystique orthodoxe n’unit pas de cette façon, mais fait seulement communier.
386un Asin Palacios sur une possible influence de la mystique soufiste dans la Comédie, il peut être intéressant de mentionner la t
387du templarisme albigeois, qui par un dédoublement mystique de l’âme et du corps, étaient censés avoir les deux sexes, hommes en
388 influence possible de l’hérésie courtoise sur la mystique franciscaine. Il commence par nier toute communication directe de l’u
389 barbare. 12. Les Béguines : du catharisme à la mystique chrétienne par la poétique courtoise « À la fin du xiie siècle et au
390sies voisines d’une part, le franciscanisme et la mystique du cœur de saint Bernard de Clairvaux d’autre part. Le nom de « bégui
391Eckhart, puis Ruysbroeck, puis Suso et les autres mystiques flamands et rhénans. Les poèmes de la béguine Hadewych d’Anvers (mili
392e sépare » le catharisme, l’amour courtois, et la mystique européenne ? 13. Sur le sadisme Je trouve une confirmation de mon a
82 1939, La Vie protestante, articles (1938–1961). Nicolas de Flue et la tradition réformée (1er septembre 1939)
393 le miracle du jeûne prolongé de Nicolas. Seul le mystique luthérien Sébastien Franck dit à la fin de sa chronique : « Qu’il n’a
83 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
394tir du xiie siècle, et par l’effet de confusions mystiques, l’exaltation de cet amour naturel est subitement considérée comme ve
84 1940, Mission ou démission de la Suisse. 1. Le protestantisme créateur de personnes
395iers de petits Führer — mais c’est l’État et sa « mystique » qui les créent. On ne leur laisse d’initiative que [p. 49] dans les
85 1940, Mission ou démission de la Suisse. 3. Neutralité oblige, (1937)
396 cette conscience aux proportions nouvelles des « mystiques » qui régissent l’Europe d’aujourd’hui. Notre chance et nos risques s
86 1940, Mission ou démission de la Suisse. 5. Esquisses d’une politique fédéraliste
397t cela prend l’allure d’une réaction contre les « mystiques » et les mythes, apparemment contradictoires, de la révolution europé
87 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
398nent dire au dessert leur couplet. Ce complexe de mystique paysanne, de goût de « l’authentique », de musique russe, d’avant-gar
88 1942, La Part du Diable (1982). II. Hitler ou l’alibi
399, fêtes, orgies ou jeûnes, disciplines morales ou mystiques, prières ou rites, sont les moyens qu’a trouvés l’homme pour capter s
89 1942, La Part du Diable (1982). III. Le Diable démocrate
400chrétiens comme Niemöller, ou de révolutionnaires mystiques. Après tout, dira-t-on, c’est normal, car la démocratie n’est rien en
90 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
401e l’eritis sicut dii, créées par quelques-uns des mystiques les plus grands, gnostiques ou platoniciens. Sous des formes vulgaris
402il n’y a guère plus de grands amants que de vrais mystiques, la passion étant au sentimentalisme normal ce que la mystique est à
403passion étant au sentimentalisme normal ce que la mystique est à la religion moyenne. Mais la passion comme la mystique sont de
404t à la religion moyenne. Mais la passion comme la mystique sont de ces attitudes capitales dont les très rares moments de pureté
405hez tout être passionné l’illusion d’un transport mystique dans l’au-delà du bien et du mal. Une vraie passion rend proprement e
406 religion, ou comme on s’engagerait dans une voie mystique. On renonce au monde, on s’enclot avec l’image de l’objet aimé. Mais
407r lui cacher un incident qui eût trahi son délire mystique ; mais qu’elle ne voulait pas que ses laquais fussent mis dans le cas
408ent à s’exprimer que par les paradoxes du langage mystique : joie consumante, feu qui glace, tortures aimées, ardeur cruelle, —
409. Il faudrait une abnégation dont les plus grands mystiques furent seuls capables. Il faudrait surtout conserver la règle d’or de
91 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 1. Le silence de Goethe
410véritable. Si, comme chez Goethe, c’est une forme mystique, celle du terrible « Meurs et deviens ! » et s’il l’assume en connais
411pirituelle par où l’homme pénètre dans la réalité mystique. Et cet acte ne peut se produire que dans le plus profond silence de
412de la spéculation et de l’existence, de l’au-delà mystique et de l’immédiat éthique. Et quels sont les plus grands Occidentaux ?
413si que le voyant audacieux qui écrivit les chœurs mystiques du Second Faust peut aussi faire figure de sage officiel parmi les ph
92 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 7. Vues sur Ramuz
414Laveaux et de la vallée méridionale, une certaine mystique raciale : c’est tout cela que symbolise le verre à pied saisi dans le
415mouvement du croquis. Et dans la lampe, il y a la mystique de l’objet utile : l’ustensile, si caractéristique d’un certain réali
93 1944, Les Personnes du drame. IV. Une maladie de la personne — 8. Le Romantisme allemand
416 [p. 201] Le Romantisme allemand I Le Rêve et la mystique La conscience claire est la première conquête spirituelle des hommes
417e Siècle des Lumières. Ainsi renaissent nos soifs mystiques élémentaires après un siècle de science positiviste. [p. 202] Est-il
418ssi un monde supérieur, c’est entrer dans la voie mystique. Si la plupart des romantiques n’ont pas choisi en toute clarté — rus
419 nous porte à penser qu’ils sont plus proches des mystiques que des psychanalystes. Lorsqu’ils se demandent si le rêve est connai
420mulent le problème crucial qui se pose à tous les mystiques. C’est aussi le problème crucial de toute définition de la personne.
421 plus grand intérêt à préciser le parallèle entre mystique et romantisme. Au départ, cette même attention prêtée aux signes, aux
422ses pleines de sens » dont nous parlent aussi les mystiques. Une autre analogie assez frappante, c’est le rôle de la rhétorique c
423e de la rhétorique chez les poètes du rêve et les mystiques. Le philosophe G. von Schubert, comme plus tard le poète Jean-Paul, i
424at de veille. D’autre part l’on sait bien que les mystiques hindous, musulmans, ou chrétiens, ont de tous temps réinventé les mêm
425monde ineffable qui est proprement le domaine des mystiques. Toute expérience mystique ou romantique présuppose l’existence d’un
426rement le domaine des mystiques. Toute expérience mystique ou romantique présuppose l’existence d’un centre ou d’un tréfonds div
427ici le paradoxe — nous voyons bien que les grands mystiques, et après eux les grands romantiques, passent leur vie à en parler, à
428oindre irrévérence : nul n’est plus verbeux qu’un mystique, si ce n’est un romantique allemand. Car l’un et l’autre ont l’ambiti
429saurait être dit… Et pourtant si : romantiques et mystiques sont persuadés que, nonobstant leur impuissance à traduire l’inconsci
430vulgarisée de nos jours qu’on en oublie l’origine mystique. « Le poète et le rêveur sont passifs, ils écoutent le langage d’une
431 du Silence et de l’indicible dont nous parlaient mystiques et romantiques : c’est la négation et la mort du monde des formes et
432êve s’identifie avec le terme de toute expérience mystique : c’est « la pure présence ineffable », la « contemplation sans objet
433xil que nous trouvons à l’origine des expériences mystiques les plus diverses, d’où naît-il, dans quel souvenir d’une patrie heur
434graphie des romantiques quelques lumières sur les mystiques proprement dits, tout au moins sur les causes humaines du sentiment d
435e pré-mystique. (Ou faut-il dire d’une expérience mystique privée de la grâce, réduite à ses aspects purement humains ?) Le poin
436commise que par son existence même. Un philosophe mystique tel que Ignaz Troxler n’hésitera pas à élargir le processus jusqu’à y
437est que la tendance à la dilatation panthéiste ou mystique de l’être revêt presque toujours la forme d’un vœu de mort. Le sommei
438ssive à soi-même est l’ambition de tous les vrais mystiques. Mais pourquoi voudrait-on mourir ? La biographie de la plupart des r
439e. Et peut-être pourrait-on dire que l’expérience mystique générale ne devient proprement chrétienne que dans le cas où l’être a
440joie devant la mort de Tristan et d’Isolde… III Mystique et personne L’exemple des romantiques allemands illustre une relation
94 1946, Journal des deux Mondes. 8. Premiers contacts avec le nouveau monde
441de la Voie Négative et du Désert dont parlent les mystiques ? Homéopathie spirituelle : traitement par l’absence-de-quelque-chose
95 1946, Esprit, articles (1932–1962). Épilogue (novembre 1946)
442thésie. Aussi n’ont-ils pas de philosophes, ni de mystiques, mais beaucoup de paradis artificiels à bon marché : l’alcool et Holl
96 1947, Doctrine fabuleuse. 16. Le feu
443les monstres et le feu. Et à la voie négative des mystiques, témoins du Vide parmi nous, la voie qui mène au Commencement de tout
97 1947, Vivre en Amérique. 1. Vie politique
444ul profit des Russes, la guerre des classes et la mystique de la révolution sanglante. Mais le danger qui guette l’Amérique, c’e
98 1947, Vivre en Amérique. 2. Vie culturelle et religieuse
445Centre Absolu dont je vois annoncée la « causerie mystique » en fin de la liste des services religieux, dans le New York Times d
446 Wallace, le vice-président, surnommé le « timide mystique », déclarant après son installation qu’il va se retirer à la campagne
447 Comment imaginer, parmi ces gens « décents », un mystique, un ascète, un grand spirituel, un fou de Dieu, un martyr — un pécheu
99 1947, Vivre en Amérique. 4. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
448thésie. Aussi n’ont-ils pas de philosophes, ni de mystiques, mais beaucoup de paradis artificiels à bon marché : l’alcool et Holl
100 1948, L’Europe en jeu. Trois discours suivis de Documents de La Haye. I
449 de conscience et de signification : le saint, le mystique, le martyr. Tandis que le héros américain ou russe sera l’homme le pl
450utionnaire ou un apôtre, un amant passionné ou un mystique, un polémiste ou un guerrier, un maniaque ou un inventeur. Son bien e
451e ? Pour ma part, j’entretiens une croyance toute mystique au sujet de la vocation. Je crois qu’un être est maintenu en vie par
452Malgré tout, je veux dire malgré la contagion des mystiques totalitaires, qui affecte une certaine part de nos esprits, l’Europe
453esprit critique, ce scepticisme, s’appliquent aux mystiques de l’État et du Parti divinisé, aux idéaux purement profanes et sécul
454ous proposent l’URSS et les USA. Vis-à-vis de ces mystiques et de ces idéaux, c’est notre sens d’un absolu qui dépasse l’homme et