1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
1errières. « Il faut que la paix, ce soit vivre. » Par tout un livre libéré de souvenirs héroïques, peut-être trop grands po
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Breton, Manifeste du surréalisme (juin 1925)
2e : « Surréalisme, n.m. Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, so
3 on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pens
4de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. » (
5 attitude littéraire aujourd’hui concevable. Mais par quelles tricheries plus ou moins conscientes M. Breton peut-il précon
6ue j’y vois ne me seraient-elles perceptibles que par le fait d’une fortuite coïncidence entre l’univers du poète et le mie
7xploitation de matériaux de démolition abandonnés par Dada S.A. Ce n’est pas ainsi que nous sortirons d’une anarchie dont l
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
8elà du but. Le Tarramagnou voit son œuvre sabotée par des meneurs ; il tente en vain de ressaisir les foules : déjà elles h
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
9annonce comme le siècle de la découverte du monde par l’Europe intellectuelle. Grand siècle de critique pour lequel nos con
10ont le défaut de n’être pas suffisamment motivées par des faits et des documents. Pour beaucoup, l’Orient n’est qu’un préte
11qui définit ce que les autres entendent vaguement par Orient : l’Asie est le subconscient du monde, formule qui, je pense,
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Prévost, Tentative de solitude (septembre 1929)
12ui, le contrôle de nous-mêmes ne joue que soutenu par le contrôle que les autres nous imposent », dit un héros de Mauriac.
13 de Mauriac. C’est un « homme seul » qu’a peint « par le dedans » M. Jean Prévost, en un saisissant raccourci psychologique
14ui veut éliminer de soi tout ce qui est déterminé par l’extérieur, — ce fou que nous portons tous en nous, — il [p. 1157] l
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
15es exalte, les affole. Les plus beaux types créés par Unamuno sont ces femmes dures et passionnées, Raquel et Catherine, ou
16’imposent comme types, c’est encore et uniquement par leur obsédante volonté. Car on imagine difficilement un art plus dépo
7 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
17dictoires s’affrontent comme des vagues soulevées par une même tempête. L’unité de notre temps est en profondeur : c’est un
18égoïstes. Égoïstes avec une profonde conviction ; par vertu. Ce qui n’a rien d’étonnant : ils ne sont que les projections d
19t son dégoût, un Montherlant s’abandonne au salut par la violence. Une sensualité moins énervée lui permet de brutaliser qu
20es fragmentaires la matière de quelques pamphlets par quoi il se raccroche au monde. Mais il a touché [p. 315] certains bas
21urs. Et le mal est si cruellement isolé, commenté par ceux qui le portent en eux qu’il en paraît plus incurable. Ces jeunes
22ondements d’une éthique. Presque tous sont hantés par la peur d’une morale qui « déforme », qui mutile une tendance naturel
23que nous niions toute vérité, nous étions dominés par le sens d’une réalité morale absolue que certains d’entre nous eussen
24 : c’est le surréalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que prétendent mener les surréal
25une borne que pour sauter plus loin. Ainsi, c’est par humilité qu’on renoncera à la vertu, sous prétexte qu’elle pousse à l
26 sous prétexte qu’elle pousse à l’orgueil ; c’est par sincérité qu’on mentira, puisque parfois nous sommes spontanément por
27ns des ensembles rationnels. Nous ne pensons plus par ensembles 7  : symptôme de fatigue. Mais tout cela : dégoût universel
28r se libérer de l’universelle hypocrisie accompli par des générations qui ne lèguent aux suivantes que leur lassitude : sac
29 sachons au contraire profiter des démonstrations par l’absurde de quelques problèmes moraux et littéraires  8 , à quoi bea
30, en compose d’un seul coup une grande misère, et par ce moyen nous met tout d’abord en présence, non de nous-mêmes, mais d
8 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
31es suivant le rythme d’un songe, sans cesse brisé par les élans alternés ou confondus du désir et de la prière. On sort len
9 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
321926) s C’est le récit de la découverte de Dieu par une jeune fille élevée dans l’athéisme. Invraisemblablement ignorante
33s’abandonne à « la vie », laquelle — un peu aidée par l’auteur — lui révèlera peu à peu le sens divin de la destinée. Ce li
10 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cocteau, Rappel à l’ordre (mai 1926)
34) Sans doute faudrait-il préciser ce qu’il entend par ordre, et montrer que si cet ordre l’écarte de Dada, il ne le conduit
11 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
35rofession est de détruire le désir qu’elle excite par curiosité passagère, il monologue. « Oui, je le redirai, tous mes ess
12 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
36qui actionne notre esprit » après avoir été créée par lui, — comme la poésie. C’est ainsi que le problème de l’Urbanisme se
37pectives régulières recoupées à 200 et 400 mètres par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des auto
38annexée à la ville. « C’est un spectacle organisé par l’Architecture avec les ressources de la plastique qui est le jeu de
13 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
39ne leçon constructive des expériences entreprises par les générations précédentes. Parce qu’elles se sont souvent enlisées
40propos, il faut souhaiter que M. Fernandez aborde par ce biais l’œuvre de Gide, qui plus qu’aucune autre me paraît liée à c
41ne certaine mesure, au genre de critique pratiqué par Fernandez. Périlleuse situation que la sienne, en effet, où l’on cour
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Les Bestiaires (septembre 1926)
42ctuel que l’on sent. C’est dire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composition ou de perfection
43st dire que le livre vaut par son allure plus que par des qualités de composition ou de perfection formelle. Pour quelques-
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jacques Spitz, La Croisière indécise (décembre 1926)
44mbarque dans une croisière de vacances, qui finit par un naufrage dans la littérature, le navire succombant sous les allégo
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
45ngue au cœur de la vie occidentale apparaît mieux par la comparaison de l’idéal asiatique avec le nôtre. Mais je crois que
17 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
46qui flotte dans l’air nous proposerait de débuter par l’inévitable discours sur les difficultés du temps, en général, et su
47un exercice mensuel à votre faculté d’indulgence. Par contre, nous nous empressons de vous laisser le soin de juger si nous
48s divergentes, mais qu’un ruban rouge et vert lie par la grâce d’une volonté sans doute divine… p. 3 a. « Avant-propos
18 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
49oins calculés », écrit Gide. D’où l’on peut tirer par une sorte de passage à la limite que les faits justifient : sincérité
50ns mon esprit, c’est le frein lui-même, bientôt — par un mouvement normal de l’attention — et fatalement c’est à la découve
51as à moi-même, mais à la destruction de moi-même. Par les fissures, un instant, j’ai pu soupçonner des profondeurs; mais dé
52des limites assez étroites empiriquement fournies par le sens de son intérêt propre, une analyse sincère ne puisse faire dé
53 retient d’imposer aux héros ce rythme volontaire par lequel un Balzac les fait vivre. Ce serait fausser quelque chose à le
54ac.) La valeur morale de M. Godeau serait définie par l’aspect seul qu’il souffrirait de garder lui-même à son propre regar
55odèle. Dirais-je que c’est ma sincérité d’y aller par les moyens les plus efficaces ? Mais on nommera cela de l’hypocrisie.
19 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
56gon ne se croie pas tenu de justifier ses visions par le moyen d’une métaphysique aussi prétentieuse qu’incertaine. Son aff
57hilosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par la description réaliste ou imaginée d’une boîte de nuit, d’une devant
20 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
58 intentions du récit et de les exprimer seulement par un geste, une nuance du paysage, une image qu’on garde comme un press
21 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
59 le plus sympathique. « Officiellement comblé, et par dedans… comment bien dire ? inquiet ? aride ? heureux ? » pour lui, c
22 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
60’un réalisme trop amer et celui du roman lyrique, par l’équilibre qu’il maintient entre ces deux inconscients : l’époque et
23 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
61es générations nouvelles et leurs maîtres soit lu par tous ceux qui cherchent à s’orienter dans la crise moderne. M. Daniel
62 moins de prudence mais aussi de lucidité. Séduit par Gide ; admirant Maurras sans l’aimer ; saluant en Valéry une réussite
63nique mais presque inhumaine ; secrètement attiré par les thèses extrémistes mais non dépourvues d’une sombre grandeur, des
64mbre grandeur, des surréalistes, et en même temps par cette solution universelle, la foi, il résume en lui cette inquiétude
24 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
65 se résument dans son avidité de puissance. C’est par l’argent qu’on domine notre âge : il devient grand industriel, assure
25 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
66 actuelle. Sous couleur de démasquer l’humain, et par l’acharnement angoissé qu’on y apporte, l’on en vient à une conceptio
67 les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche par la force de ce tourment ou de ce sauvage égoïsme ; mais qu’elle s’ach
26 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
68stions capitales posées ailleurs depuis longtemps par des maîtres comme Keyserling, Ferrero, commencent à être prises au sé
69ro, commencent à être prises au sérieux en France par quelques jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avoir échappé au surréali
27 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
70é au fond, à retrouver Patsy, l’Irlandaise perdue par cet improbable et sympathique Paterne. Sous le fallacieux prétexte d’
71l force un peu la dose de fantaisie, c’est plutôt par excès de facilité que par recherche. Vous voilà même tenté de l’en fé
72fantaisie, c’est plutôt par excès de facilité que par recherche. Vous voilà même tenté de l’en féliciter. Bien plus, vous d
28 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean-Louis Vaudoyer, Premières Amours (août 1927)
73supérieure aux deux autres, est une réussite rare par la justesse de l’observation autant que par la sympathie de l’auteur
74 rare par la justesse de l’observation autant que par la sympathie de l’auteur pour ses héros. Indulgence et regrets, un to
75 donner à ces œuvrettes une si exquise humanité : par lui le « charme » reprend quelques droits. p. 244 an. « Jean-Lou
29 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Bopp, Interférences (décembre 1927)
76e et familier (un brin pédant et un brin vulgaire par endroits, mais pour rire), des difficultés, hésitations, paresses, rê
30 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
77nt tous s’accordaient à dire qu’il ne péchait que par excès de bonne humeur printanière, Urbain donc, premier mauvais garço
78er mauvais garçon d’une race entre toutes bénie — par qui ? elle était anticléricale, on ne saurait le taire, — Urbain dorm
79 la chevelure rouge d’Urbain, et son nez, lequel, par ses dimensions remarquablement exagérées, lui valait le surnom de Bin
31 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
80elques heures, d’un sommeil triste, tout enfiévré par la crainte du réveil. Puis je suis revenu dans ces rues où je vous re
81ns les rues, sous la pluie. Les autobus passaient par groupes. Plusieurs fois, j’ai cru vous reconnaître dans la foule qui
82de numéro, je ne pouvais pas monter. Je finissais par vous voir partout. Chaque visage de femme révélait soudain un trait d
83ment brillants, je me pris à parler à haute voix, par bribes de phrases incohérentes. Je voyais avec une sombre joie les em
84outes choses s’éloignent de moi vertigineusement, par cette aube incolore. Il y a vingt-quatre heures donc, j’étais encore
32 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
85tié. » « Le véritable symbole n’est jamais prévu par l’auteur », écrivait Cocteau dans la préface des Mariés de la Tour Ei
86agramme un peu ordurière. Ainsi les rêves publiés par les surréalistes, donnés à la fois comme poèmes et comme dictées de l
87randes. Je ne saurais même indiquer aucun endroit par où elle pèche contre les principes chers à l’auteur du Secret profess
88e fait que je ne sais parler de lui autrement que par métaphores.) p. 85 g. « Orphée sans charme », Revue de Belles-Le
33 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
89eures durant… Mais la vision, rapidement entrevue par chacun dans son for le plus intérieur, d’une fuite en auto, nous rass
90de génie vint s’asseoir certaine nuit. Elle parla par la bouche de Lugin, sa langue dans la langue de Lugin : « Le rideau s
91ossoul de se perdre dans des jupons autrement que par métaphore. À la Chaux-de-Fonds, il y eut trente membres et cent doigt
92chose avait recommencé, qu’on appelle, sans doute par antiphrase, la vie. p. 94 h. « L’autre œil », Revue de Belles-L
34 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
93principe est simple : « Je vous aime » se traduit par trois ou quatre claques sur la poitrine ; et une crise intérieure par
94claques sur la poitrine ; et une crise intérieure par un court accès de danse de Saint-Guy. Art classique : la mort d’Hyppo
95tant qui battait de l’aile un dixième de seconde, par intermittences, se pose enfin sur l’écran : une danseuse sur une plaq
96acles qui suivent sont embrumés dans mon souvenir par le rayonnement de la robe, fleur qui s’ouvre pour dégager le mouvemen
97errement bourgeois, mais le corbillard est traîné par un dromadaire, d’ailleurs dételé. Les amis affligés mangent les couro
98ivant le corbillard. Aspects du paysage urbain vu par les poursuivants, arbres au ciel renversé, maisons obliques, montagne
99e question d’épuration des moyens. Rendre le plus par le moins, c’est le fait d’un art à sa maturité. Mais ce sont là criti
100tantia dont nos sens trop faibles — bornés encore par des habitudes nées des nécessités sociales — nous empêchent de découv
101iges que déclenche René Clair, verrons-nous, pris par surprise dans l’exploration ivre d’un projecteur, des signes fatidiqu
35 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
102me, vos glandes salivaires, pourtant si éprouvées par le repas dont vous sortez, que ces trois mots où se résume la défense
103connaît enfin une solitude défendue de tous côtés par ses rires scandaleux, quelques « goujateries » affectées par mépris d
104es scandaleux, quelques « goujateries » affectées par mépris de l’honneur, le mot de Cambronne prodigué et des phrases d’un
105u matin pâle des édifices, ne quitte plus, attiré par les premiers sophismes de l’aurore, ces corniches de craie où t’accou
106e sortie » ou compromis :   « Nous étions dominés par le sens d’une réalité morale absolue que certains d’entre nous eussen
107er. Son « nulle part » est sans dérobade possible par sous-entendu. Pas plus « ailleurs » que sur ce « globe d’attente » co
108aute.   [p. 137] 1er mai 1927. Mieux vaut pécher par ridicule que par scepticisme ; par excès que par défaut. L’enthousias
109 1er mai 1927. Mieux vaut pécher par ridicule que par scepticisme ; par excès que par défaut. L’enthousiasme trompe moins q
110ux vaut pécher par ridicule que par scepticisme ; par excès que par défaut. L’enthousiasme trompe moins que le bon sens. Do
111 par ridicule que par scepticisme ; par excès que par défaut. L’enthousiasme trompe moins que le bon sens. Don Quichotte es
112ment une dialectique dont l’objet fuit sans cesse par la quatrième dimension. Aragon et les surréalistes auront raison même
113be, pardon escuses, avec ce thème à condamnations par contumace. Il y a encore des gens pour qui les limites de l’anarchie
114 quoi nous en voulons, et finalement nous écraser par l’évidence définitive de notre absurdité. Car l’homme « s’est fait un
36 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
115ickpocket (fragment) (mai 1927) m … et je jure par Mercure, dieu du commerce, qu’on m’a appris à voler. Aristophane (« 
116ement… Je me levai sans payer, je partis [p. 182] par les rues, une joie violente commençait à m’envahir, contre laquelle j
117 l’on ne voyait d’abord qu’un bouquet transfiguré par la lumière et que reflétaient de nombreuses glaces. Les fenêtres que
118iterranée. Nous nous aimâmes en sifflotant encore par instants l’air de la dernière danse, mais nous avions aussi envie de
119s… » — Je vous entends, interrompit Saint-Julien, par pitié pour Isidore dont la sincérité tournait vite à l’agressif — eff
120aisanteries la dérision secrète qu’elles masquent par caprice. ............................................................
37 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
121s. Vous y entrez plein de mépris pour Paul Morand par qui découvrîtes le [p. 232] charme de ces lieux. Vous composez un coc
122’est refus de limiter le mal. Je vous vois envahi par des démons que vous prétendez m’interdire de nommer. Mais moi je part
123 Vous le savez. Alors vous les lâchez en liberté, par haine de cette esthétique ou de ce sens social, — et voilà qu’ils per
124être. Ou une maladie ? Ce n’est pas en l’ignorant par attitude que vous la guérirez. Au contraire, il s’agit de l’envisager
125ux sujet de conversation, au café. Dans un salon, par contre, c’est d’un ridicule écrasant : mais rien n’est plus facile qu
126us ferait bientôt renier le signe le plus certain par lequel ces « quelques-uns » peuvent encore se reconnaître. Quand bien
127; que la mienne m’aide à découvrir quelques êtres par le monde… Il ne s’agit plus de mépris ni d’adoration. J’ai défini une
38 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les derniers jours (juillet 1927)
128 cahiers politiques et littéraires » 17 , rédigés par Drieu la Rochelle et Emmanuel Berl, sont — avec la Revue de Belles-Le
39 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
129Ni que l’indignation provoquée sur tous les bancs par certains de nos articles nous épouvante. Notre retraite est toute « s
130 aucune qui ne soit connue d’avance et stérilisée par la loi, les mœurs et l’habitude. Nous n’avons aucun remords d’avoir d
131avoir troublé quelques bonnes petites somnolences par des cris intempestifs. Il y a des gens qui n’ont pas encore admis que
40 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
132ns le désert d’une époque déjà presque abandonnée par l’Esprit. À l’heure de toucher aux buts que sa civilisation poursuit
133tal est saisi d’un étrange malaise. Il soupçonne, par éclairs, qu’il y avait peut-être dans ces buts une absurdité fondamen
134donné à peu d’hommes de le faire : 7 000 voitures par jour, et la possibilité d’augmenter encore cette production. Ford est
135 [p. 193] soit conditionnée jusque dans le détail par une idée fixe primitive. Considérons-la sous cet angle. Il y a d’abor
136ide et tenace. Il s’efforce d’en réaliser l’objet par ses propres moyens, à un exemplaire ; puis, il fonde une usine pour m
137oit ce mythe extravagant du bonheur de l’humanité par la possession d’automobiles Ford. Et, comme il est très intelligent,
138ut créer la consommation. La réclame s’en charge. Par le procédé très simple de la répétition, on fait croire aux gens qu’i
139it relever les sophismes plus ou moins conscients par lesquels il prétend ramener le bénéfice de la production à celui du c
140e client fait la comparaison. Il est impressionné par la baisse, au point qu’il en oublie que cela ne l’intéresse plus réel
141 pas acheté du tout. Autrement dit, il est trompé par la baisse. L’industriel comptait. La tromperie est préméditée. Et le
142néralisant, une sorte de suicide du genre humain, par perte de son instinct de préservation, d’autorégulation et d’alternan
143ploi de leurs loisirs est prévu. Il est déterminé par la réclame, les produits Ford qu’il faut user, etc. Il a pour but vér
144availler pendant le temps convenable et à gagner, par ce moyen, de quoi vivre convenablement tout en restant maître de régl
145eur pour les hommes. » C’est le bonheur, le salut par l’auto. Philosophie réclame. « Ce que j’ai à cœur, aujourd’hui, c’est
146e progrès matériel n’est pas mauvais en soi. Mais par l’importance qu’il a prise dans notre vie, il détourne la civilisatio
147 un membre vivant dans le corps de la Nature, lié par les liens les plus subtils et les plus profonds à tous les autres mem
148généreux, le sentiment d’avoir inventé ou compris par soi-même, la liberté et une certaine durée normale et capricieuse dan
149es. Il ne comprend presque plus rien à l’Univers. Par la technique, l’Occidental a prétendu maîtriser la matière et parveni
150sommes plus dignes. Nous perdons, en l’acquérant, par l’effort de l’acquérir, les forces mêmes qui nous la firent désirer.
151ués de quelque sensibilité spirituelle deviennent par le seul fait de rester eux-mêmes dans un monde fordisé, des anarchist
152oient encore des vérités invisibles, qui gardent, par quelle grâce ? un peu de cette connaissance active de Dieu que nos sa
153 gens, jusqu’au jour où, comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». Irréguliers aux yeux du monde ; la proi
154n matérialiste de l’Occident. La logique, parlant par la bouche de Ford : « Inutile, donc à détruire. » Ford a raison, une
41 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
155éfaillances de la technique du roman sont sauvées par un style brillant, plein de trouvailles spirituelles, malicieuses ou
42 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Aragon, Traité du style (août 1928)
156 des révélations, ou mieux, qu’ils les favorisent par leurs écrits. Aragon, qui a le sens de l’amour, a dit conséquemment b
157’intéressent pas ou bien qui ne sont pas atteints par ces épithètes drôles ou quelconques. Mais la seconde partie du livre
43 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
158toute littérature voient leurs avances dédaignées par les communistes, gens d’action à jugements simples, qui les trouvent
44 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
159 dans l’action — révolutionnaire ou autre — rêvée par tant de jeunes hommes de l’après-guerre, Malraux l’a vécue, avant de
160urde retrouve ses droits. C’est ainsi que, masqué par l’enchaînement passionnant de [p. 1548] l’action, il se dégage de ce
45 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Louis II de Bavière ou Hamlet-Roi (décembre 1928)
161, donc la douleur ; ici, c’est l’absence d’amour, par refus de souffrir. Mais chez un être raffiné, la peur d’étreindre abo
46 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
162raque à Paris même… Il subjugue le jeune Français par ces évocations et l’espèce de fièvre qu’il y apporte. Mais plusieurs
163. Le désir de « plus vrai que le vrai » surexcité par l’insolence d’une psychologie qui rabaisse tout, peut conduire à préf
47 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
164 radical à sécrétion socialiste, qui a été établi par coup de force, que les libéraux ont admis, conformément à leurs maxim
165é devant la discussion précise de leurs principes par quoi se [p. 10] signalent bien souvent nos tolérants par inertie, je
166i se [p. 10] signalent bien souvent nos tolérants par inertie, je ne sais. Mais je m’attends à cent « réponses » de cette s
167onses » de cette sorte. Et je tiens à les classer par avance en deux catégories dont je vais régler le compte sommairement.
168pies. (Les religions, la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, l’Europe napoléonienne, la Russie d’après Karl Mar
169brouillent les faits et les principes. Tourmentés par les scrupules de leur conscience libérale, ils fuient la rigueur jusq
170 et d’outrages au bon sens peuvent être légitimés par le but final de notre institution-tabou.   p. 7 1. Je ne puis na
48 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
171oigneusement séparer les calculs du raisonnement, par une barre verticale, et où il y avait toujours des robinets qui coula
172tements à meubler. Et on multipliait le tapissier par le prix du mètre courant. Encore que je prenne les sentiments trop a
173ant gâtée. Et d’ailleurs, multiplier le tapissier par [p. 13] le prix du mètre courant n’est pas une fantaisie pour ce peti
174 ici ! » Dans la suite, on se chargea d’illustrer par d’innombrables exemples cet axiome qui devint la formule de mes premi
175ile de l’éducation jésuite ». Nous étions marqués par Numa Droz, par l’esprit petit-bourgeois, qui est une [p. 16] générali
176ion jésuite ». Nous étions marqués par Numa Droz, par l’esprit petit-bourgeois, qui est une [p. 16] généralisation de l’ava
177i est une [p. 16] généralisation de l’avarice, et par les dogmes démocratiques, qui sont une généralisation de la règle de
178, aussi profondément certes qu’un Voltaire le fut par les Jésuites : du moins ceux-ci lui laissèrent-ils assez de verdeur d
49 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
179 ? L’instituteur sous l’uniforme peut être défini par son incompréhension méthodique des hommes et son mépris pour les pays
180s êtres. Ces distributeurs automatiques (brevetés par le gouvernement) de la manne égalitaire — ne se prennent pas pour de
181On imagine à quoi peut mener l’enseignement donné par des êtres qui brouillent à ce point les méthodes. Simple remarque, pe
50 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
182e. Vous allez voir comment ils bafouillent leur « par cœur non compris ». Aux yeux de beaucoup de gens, la passion est aveu
183 On attribue à chacune un certain nombre d’heures par semaines, au jugé. On s’arrange pour faire tenir dans cette classific
184ndent les fonctionnaires responsables, vous savez par expérience que nous ne comprenons pas la plaisanterie et que notre te
185près la clôture ont à refaire l’étape. On obtient par ce moyen un peloton homogène, facile à surveiller. Mais en matière de
186 qualité et la quantité des réponses « fournies » par le prévenu (l’élève examiné) n’a qu’un lointain rapport avec la quali
187e. Ce phénomène déconcertant s’explique justement par cette psychologie de l’enfant dont je disais tout à l’heure que la co
188t caractérisée, aux yeux de l’étranger impartial, par sa culture intensive et extensive des veaux et des médiocres. 3.d.
189un aide-mémoire. Mais l’école veut qu’on commence par apprendre le résumé. D’ailleurs elle s’arrête là. Les manuels ne corr
190ire tenir les enfants immobiles et muets 6 heures par jour durant 8 ans. Il paraît que cela facilite le travail du maître.
191éité chez un peuple qui vraiment ne péchait point par l’excès de cette vertu. La discipline primaire forme des gobeurs et d
192 l’esprit démocratique telle qu’elle est comprise par les instituteurs — et elle ne peut être comprise autrement — est esse
193uelle est cette préparation à la vie qui commence par nous soustraire à l’influence de la [p. 31] vie ? Quelle est cette éd
194civique qui assure l’écrasement des plus délicats par les plus vulgaires ? 3.g. L’idéal du bon élève Le bon sens voudrait
195intacte au milieu des conditions anormales créées par l’école publique. Mais l’idéal de l’école est autre ; il est même tou
196 doute quelques « brillantes carrières » fournies par d’ex-forts-en-thèmes, voire par d’ex-instituteurs. À la vérité, il s’
197rières » fournies par d’ex-forts-en-thèmes, voire par d’ex-instituteurs. À la vérité, il s’agit de [p. 33] réussites qui, p
51 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
198es jusqu’ici sont en général judicieuses, dictées par le bon sens  7 , et retouchées par le pédantisme inhérent à toute sci
199euses, dictées par le bon sens  7 , et retouchées par le pédantisme inhérent à toute science. On a constaté que l’école act
200on fait apprendre à ces mêmes enfants, et réciter par cœur et à rebours, les noms des rues et places de leur ville, comme s
201e active, on prétend faire apprendre la grammaire par le moyen de gesticulations appropriées : foin de ces analyses de text
202usant, en leur laissant la possibilité de trouver par eux-mêmes ce qu’ils doivent apprendre. Mais qu’est-ce qu’une liberté
203trouver. Notez que cela revient au même, sauf que par la méthode nouvelle, on atteint un enfant plus profondément, on se gl
52 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
204le est glorifiée dans tous les banquets officiels par des orateurs émus et il y aurait une insigne hypocrisie à feindre de
205n’ait pas le temps d’écouter la nature qui répète par toutes ses voix, d’un milliard de façons, que c’est absurde. Pour qu’
53 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
206e échelle à cette « Trahison des clercs » décrite par M. Julien Benda. Notre époque paiera cher ce crime contre la civilisa
207la bêtise humaine qu’en tant qu’elle est cultivée par l’État), l’École, après avoir entraîné l’âme moderne dans ses collège
208llèges, l’y enferme et l’y laisse crever de faim. Par ce qu’elle enseigne à ignorer bien plus que par ce qu’elle enseigne à
209. Par ce qu’elle enseigne à ignorer bien plus que par ce qu’elle enseigne à connaître, elle constitue la plus grande force
54 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
210 point poser de questions dont ils n’aient appris par cœur la réponse. Regardez un écolier préparer ses devoirs, c’est frap
211rice. — Pas moins ! Elle est destinée à légitimer par la force de l’inertie et à perpétuer mécaniquement tout ce qui est de
212n hommage à vos maîtres respectés. La Démocratie, par le moyen de l’instruction publique, limite l’homme au citoyen. Il s’a
213ation deux temps : d’abord critiquer ce qui est — par la comparaison avec ce qui fut ou ce qui devrait être ; ensuite, prép
214elles qu’en soient d’ailleurs les réalisations —, par des hiérarchies rond-de-cuiresques dont l’origine est [p. 53] un pis-
55 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
215 beaucoup de personnes répondent oui, cela finira par créer un courant d’opinion. Et l’opinion publique mène le monde, para
216ordiale dans le Yoga correspond au garde-à-vous ! par quoi l’on impose au corps une immobilité absolue. L’un et l’autre de
217lancheur éclatante de l’amour… Que dirons-nous ?… Par la force des choses et de l’Esprit, l’homme sera-t-il sauvé de sa fol
218les. Ce travers a été développé jusqu’au ridicule par la démocratie. Les journaux, les cercles, les coulisses de parlements
56 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
219uve un peu plus loin d’autres souvenirs attristés par le temps, des visages qui ne sont plus tout à fait les mêmes, des bon
57 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Rolland de Renéville, Rimbaud le voyant (août 1929)
220re le plus monstrueusement pur qui se soit révélé par le truchement de la poésie française. — Livre un peu didactique, trop
221 trop attentif à sa propre démarche, mais inspiré par cet enthousiasme sacré que requiert l’œuvre de Rimbaud. [p. 251] Regr
222lité de sectaire contre l’interprétation proposée par Claudel et Isabelle Rimbaud ? Si Claudel s’est montré partial en fais
58 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
223 besoin de formuler cette ivresse ; autrement que par des cris. 5. Avec toutes les erreurs et turpitudes que cela comporte,
59 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929)
224 [p. 199] Souvenirs d’enfance et de jeunesse, par Philippe Godet (avril 1929) t Quand avec un air fin mais un ton con
225 l’on est désormais d’être absous avec le sourire par la clientèle des librairies romandes, en mal de cadeaux de Noël ou de
60 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
226l’on parla défense de l’Occident. L’ange s’enfuit par l’un des nombreux trous de leurs raisonnements. [p. 27] L’inspirati
61 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
227 quelle forme. Brusquement, nous voici « gagnés » par l’un des éléments de notre destin. La composante matérielle vient de
228 5 . Aussi la critique du matérialisme entreprise par certains philosophes des sciences fait-elle songer à l’activité de ce
229e scientifique » ? Nous avons été pris de vitesse par nos inventions matérielles et déjà nous sentons leurs lois peser sur
230ur de la science ne saurait être surmontée, sinon par la rigueur au moins égale d’une pensée qui par ailleurs participe de
231si « objectifs » que les faits physiques élaborés par la science. Mais, participant de notre volonté et de la grâce, ils éc
232on hindoue. Rêves, sans doute… Mais tout commence par des rêves. Et je ne vois rien d’autre. Quoiqu’il en soit d’ailleurs d
62 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henri Michaux, Mes propriétés (mars 1930)
233 des esprits singuliers, si vous croyez que c’est par l’extrême pointe du singulier que l’esprit pénètre dans la poésie, vo
234rrue mais raffinée, cette ivresse verbale jugulée par une constante mauvaise humeur, tout cela compose une atmosphère poéti
63 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Kikou Yamata, Saisons suisses (mars 1930)
235et sensuelle dont nos yeux helvètes les croyaient par trop dépourvues… Cette charmante « japanisation » est rehaussée d’une
64 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
236endroit, se soit laissé quelque peu impressionner par le fanatisme des disciples et imitateurs du « comte ». D’autres que l
237ien son compte. Et quant à l’orthodoxie instaurée par les surréalistes, elle appelle notre impertinence. Nous adorons aille
65 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
238 ne sais quoi de très important… Trois déceptions par jour ne peuvent qu’énerver le désir. Parfois j’imagine que le facteur
239nvaincre le réel de mystère. Montant au Rozsadomb par ce matin brûlant, je savais bien que j’obéissais à ce que nos psychol
240façade d’une chapelle ; mais la porte est fermée. Par une ouverture étroite on passe ensuite à une seconde terrasse plus va
241ce qui signifie le Prophète Chauve. Les Hongrois, par erreur, en ont fait Gül-Baba, ce qui signifie le Père des Roses. Moye
242tons. 5. Café amer En Hongrie l’on est assailli par le pittoresque, mais il s’agit de le déjouer au moyen de toutes sorte
243emaine qui suit Noël, — la plus sombre de l’année par les rues vides sous la pluie étrangère. Une porte basse s’ouvre sur u
244is des parois, la quatrième est occupée en partie par le comptoir (un écriteau porte simplement ce tarif : 5 pengö), en par
245u porte simplement ce tarif : 5 pengö), en partie par un poêle immense, à plusieurs étages et marches. Deux ou trois tables
246u Sujet à la recherche de son Objet, — en passant par la Hongrie. — Mais puisqu’enfin nous y voici, en cette Hongrie… Le to
247rant une demi-heure, saluées à l’entrée du Palais par les gardes présentant les armes. À ce salut, les quelques députés bou
248 . 9. Une lettre de Matthias Corvin « Matthias, par la grâce de Dieu roi de Hongrie. Bonjour, citoyens ! Si vous ne venez
249sance, ne se plaint de ce qu’il y a peu de poètes par le monde. C’est dans l’ordre des choses, et l’on sait qu’il suffit de
250ure hongroise n’est guère connue à l’étranger que par quelques pièces légères de Molnár, qui n’ont de hongrois que l’auteur
251ire de cette race me paraît bien avoir été donnée par le groupe important du Nyugât (l’Occident), revue fondée par deux gra
252pe important du Nyugât (l’Occident), revue fondée par deux grands poètes : André Ady et Michel Babits. Ady, le sombre et pa
253rrière la maison, un peintre tout en blanc arrive par les vignes, ah ! qu’il fait beau temps, l’horizon est aussi lointain
66 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
254me sera celle aussi de la découverte de Hölderlin par la France. La Mort d’Empédocle et les Poèmes de la folie ont paru sim
255it humain, parle aux dieux avec orgueil, et finit par succomber à son « hybris » : il se jette dans l’Etna pour mieux commu
256 drame, à des symboles nettement messianiques… Ce par quoi Hölderlin diffère le plus peut-être des poètes français, c’est q
257lus faible… Le grand poète n’est jamais abandonné par lui-même ; il peut au-dessus de lui-même, s’élever aussi loin qu’il l
258rd’hui ; ce sont les harmoniques éveillées en lui par la voix de Hölderlin qui ont dû l’inciter à l’acte recréateur qu’est
259l’acte recréateur qu’est la traduction d’un poète par un autre poète. Les quatrains sont ici précédés de Fragments dont je
260dans leur rythme seulement, — si ces mots séparés par des suites de points ne lui servaient qu’à noter des mètres, il appar
261 car on ne peut songer à remplacer ces mots-notes par des syllabes de valeur rythmique équivalente. Quoi qu’il en soit, et
67 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
262 se masse dans une confusion de violet sombre, et par la seule ligne dure de l’horizon s’oppose au ciel qui retire ses lueu
263lus émouvants, entre des collines basses grattées par les vents, aux arbres rares, mais aux replis si doucement intimes qu’
264, des vibrations tendues, horizontales, soutenues par un long souffle vif. J’observe que les paroles autant que les gestes
265les paroles autant que les gestes sont gouvernées par la seule logique d’un rythme constamment imprévu. Il s’agit moins de
266techniciens ou intellectuels. Les Français aiment par goût d’en bien parler. Les Suisses aiment avec une bonne ou une mauva
267 et la musique L’ouverture de Stravinsky exécutée par l’express de Transylvanie au sortir de la gare de Budapest, devient a
268ziganes ! Les Tziganes vinrent en Europe conduits par le noir Duc d’Égypte ; aussi les nomma-t-on gypsies. Pour leur nom al
269es, turques et chinoises, commentées et comparées par un folkloriste aux yeux ardents et au visage mongol. Il jouait des ph
270e soir-là, ai-je compris la Grande Plaine, et que par sa musique j’étais aux marches de l’Asie. En sortant du concert, j’ai
271e, voici qu’une autre vient d’ailleurs, entraînée par je ne sais quel vent sonore qui l’étire et l’égare, et l’enroule et d
272aut qu’on le conserve, au long d’un chemin effacé par le vent sur la plaine… Ils l’ont perdu comme un rêve au matin s’élude
273lle a l’air d’être en Italie sur sa presqu’île, — par cet instable bateau-mouche qui naguère emportait l’infortuné roi Char
274ie a parfois moins de hargne… Déjà je suis repris par le malaise que m’infligent les lieux faciles. Ô tristesse des crèmeri
275ent nos gestes. Imaginer ce qui se produirait, si par quelque Décret l’on élevait la Morale du domaine des actions à celui
276tir à l’air frais, mais chaque porte est obstruée par un douanier, tant qu’à la fin on me refoule dans mon compartiment. Es
277nes. Peut-être faut-il d’abord les découvrir tous par soi-même. Et c’est alors seulement qu’aux yeux de ceux qui surent dés
278ttends, j’appelle quelqu’un qui vienne me prendre par la main. Ainsi je quitte la Hongrie. Serait-ce là tout ce qu’elle m’a
279une révélation, non point de cet endroit, ni même par lui, — mais à cet endroit, en ce temps… Qui sait si tu ne l’as pas re
280 passer une nuit — rôder à la recherche de Gérard par les rues noires aux palais vides mais hantés, et dans les grands café
68 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
281 657] chaque fois adopté le soin de dégager comme par transparence le jugement implicite que, sur le plan de la qualité pur
282série de ses Approximations ; elles forment, tant par les sujets abordés que par le style des « approches », le livre le pl
283 ; elles forment, tant par les sujets abordés que par le style des « approches », le livre le plus significatif de son temp
284me même de sa pensée. Parfois certes, un peu gêné par la lenteur de certains méandres, aimerait-on les sentir moins insista
285ses d’approche parfois si éloignées, et progresse par des voies si subtiles qu’il ne doit qu’à un sens exceptionnel de l’or
69 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
286te, les livres de M. Maurois par exemple, publiés par la Revue de Belles-Lettres………… 18 La plupart des noctambules préfèr
287ù nous voyons Charles-Albert Cingria, transfiguré par un souffle épique, en train de décrire à Blaise Cendrars, son voisin
288la lune, hagard et fiévreux, mais comme abandonné par la grâce. Ce vagabondage désespéré dura plusieurs semaines, au terme
289ent. Un moment, il écouta sa mélopée. Puis envahi par un dernier feu, il se précipita dans sa chambre où il s’enferma, écri
290plus traître que nature avec sa large face mangée par une barbe en crin de cheval du diable. L’héroïne est belle [p. 167] c
291en retraite a des fenêtres basses, mais défendues par des rosiers sauvages. Laquelle des trois filles est donc la plus joli
292 Goethe en tout temps ; Rodolphe Toepffer (admiré par Goethe) ou Jérôme Cardan (xvie siècle) à certains moments.   Paris,
70 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
293hine, et la figure centrale de Garine, anarchiste par goût de l’expérience, conférait à tout le livre un caractère assez di
294s significatives, et dont le tragique est décuplé par la valeur qu’il prend dans l’esprit des héros. Un jeune Français a dé
295nt une espèce d’autorité en ne parlant jamais que par allusions et mots couverts. Il intimide un peu le lecteur qui ne se s
296ses secrets desseins. Au reste, le livre s’achève par sa mort, sans qu’on ait pu distinguer nettement à quels mobiles extér
297rken, comme Garine, est de ces êtres qui agissent par désespoir, parce que l’action, à tout prendre, est une défense contre
298eux et atteints jusque dans leur goût de l’action par un intellectualisme anarchique. Je tiens au contraire le cas Malraux
299air de famille qu’ont tous les personnages peints par Rembrandt, et qui permet de les identifier au premier coup d’œil, ce
71 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
300quitable. C’est le type du livre qui vaut surtout par l’attitude qu’il manifeste et commente. [p. 185] Son sujet : le voya
301aie que la grandeur. C’est sans doute qu’on les a par trop dupés ; ils ne marchent plus. La faute en est à l’idéologie bour
302ns une large mesure à éviter d’appeler les choses par leur nom, à préférer toujours le « distingué » et le « conforme » au
303ez Esders. » N’insistons pas sur ce Luther prêché par nos missions (c’est si vraisemblable !) mais un normalien se devrait
304a-t-on, s’arrêter à ces cris d’une révolte égarée par la haine ? C’est qu’ils caractérisent une attitude de plus en plus fr
305ue, s’il ne s’interdit nullement de rendre compte par des considérations psychologiques ou même sociologiques de ces surviv
306endroit d’un philosophe caractérisé, nous dit-on, par « sa terreur sincère de la vérité qui menace ». Mais partout ailleurs
307dante — ou alors le suicide d’un monde empoisonné par sa propre haine. Le séculariste « constructiviste » répondra qu’il cr
72 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
308stantes. La sculpture est brillamment représentée par un « Torse de femme » de Marcel Gimond, des animaux pleins d’innocenc
309ès à présent, un art protestant de fait, peut-on, par contre, le définir idéalement ? Il nous semble que cela supposerait d
310l’épanouissement d’un tel art seront conditionnés par un renouveau doctrinal. Car, et c’est un paradoxe qui n’étonnera pas
311lique, la même question, en remplaçant calvinisme par thomisme par exemple ? L’artiste catholique bénéficie certainement, p
73 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
312e fois de plus. Accueilli avec quelque perplexité par le public de la première conférence, sifflé à la seconde, ovationné à
313rnière, Keyserling, il faut le reconnaître, a su, par trois fois, tenir en haleine une salle énorme en parlant avec sérieux
314matériels réservés autrefois à ceux-là seuls qui, par leur naissance ou leur milieu, se trouvaient préparés pour en jouir c
315lisation. C’est ainsi que la pauvreté, considérée par les civilisations spiritualistes comme le bien suprême dont seuls que
316rmitière qui sauvera la condition humaine menacée par le matérialisme : c’est un idéal positif, immédiat parce qu’éternel.
74 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
317 Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931) g M. Maurice Baring est entré dans l’inti
318me plus inégal aussi, il ne lui est pas inférieur par l’intérêt humain, et sa qualité d’émotion n’est pas moins pure. C’est
319ravité. Maurice Baring exprime ce troisième sujet par deux vers de son ami Hilaire Belloc dont voici la traduction : L’amou
320u qui mène aux royaumes d’en-haut est contrecarré par le dieu de l’Amour. [p. 345] « Si vous désirez savoir comment cela s
321e est intérieur ; la passion ne s’y manifeste que par de très petits gestes qui, échappant soudain à des êtres d’ordinaire
322ur et contre le roman mondain — entendons mondain par le cadre et les personnages, non par l’inspiration. (Dans le cas de B
323dons mondain par le cadre et les personnages, non par l’inspiration. (Dans le cas de Baring, elle serait plutôt religieuse.
324jusqu’à sa dernière heure, d’aimer et de souffrir par son amour. C’était là choisir un sujet inévitablement tragique. Car s
325us l’avons dit, de son œuvre romanesque. Et c’est par tout ce qu’elle contient d’inexprimé qu’elle atteint en certains pass
326 pages — et qui s’explique si l’on a lu la phrase par quoi se termine un précédent livre de notre auteur : « La veille de l
327tre et qui lui parlent de leur foi se distinguent par une humanité charmante, « une façon naturelle de traiter les question
328 Comment Blanche ne se sentirait-elle pas attirée par la Rome papale, qui la console de la Rome de son mari et la venge de
329s quoi ? Nous laisserons-nous vraiment « tenter » par cette erreur de Baring ? Cherchons plutôt le secret d’une communion q
330ables. — Vous avez le droit de vous laisser mener par le remords au bord du désespoir, mais pas plus loin. Et c’est ainsi
75 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
331? Ne sont-ils pas plutôt des fonctionnaires payés par l’État et avides d’avancement ? Les écrits polémiques de Kierkegaard,
332 premier, dès ses origines, ne se donnèrent cours par contre qu’à la fin du second. Le Moment [p. 352] et les Attaques cont
333t exprimé le souhait formel que l’on n’ouvrît pas par ce roman la série de traductions de ses livres. Mais ce Journal, s’il
76 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
334 l’ironie légère qui conviennent. Plus encore que par leur valeur proprement littéraire et descriptive, elles nous paraisse
335 descriptive, elles nous paraissent intéressantes par tout ce qu’elles révèlent de la mentalité des écrivains et des peuple
336lles prêtaient le romantisme de leur décor ; ici, par l’effort de discipline qu’elles exigent de qui veut les vaincre, c’es
337la vie dangereuse, du risque, du triomphe conquis par la dureté. Mais l’a-t-il épuisé ? Il y a depuis Nietzsche un style al
77 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
338 [p. 623] Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931) j Dire de ce livre qu’il ne ressemble à rie
339ndeur morale si elle n’a pas connu, ne fût-ce que par sa puissance de sympathie, la misère physique et matérielle du monde
340t encore aujourd’hui pénétrer un monde revendiqué par le communisme, comme son bien propre. Mais il n’y a pas là de quoi no
341l’œuvre sociale, politique et religieuse suscitée par Kagawa. Nous savions que ce pasteur d’une petite paroisse presbytérie
342tout ce vaste empire moderne si rapidement envahi par la civilisation d’une Europe dont il rejette la religion 24 . Nous sa
343chapitres du premier tome risqueraient de lasser, par une multiplicité de notations touchant à la monotonie. Au reste, à me
344a à un nombre incalculable de stations. Regardant par la fenêtre, il vit d’affreux noms de gares tels que Tenman, Tamazukur
345n air étrange, quelque chose comme un océan battu par la tempête. Tandis que le train longeait les bords de la rivière Yodo
346mettre à l’abri de la véritable justice. Il finit par mettre Eiichi à la porte. Il lui reste la ressource de se faire insti
347rrable et cruelle vérité, pourtant fort émouvante par moments. C’est là qu’il retrouve Tsuruko, la belle jeune fille qu’il
348 parlé à son père, — mort maintenant, — tourmenté par l’emprise du militarisme et du capitalisme ; un asile de fous qui s’é
349êté son appui à une grève, et le récit se termine par une scène entre le procureur et le prévenu, qui vaut d’être citée :
350-vous renverser l’état social actuel, si ce n’est par une révolution ? Je vous demande de me dire clairement votre pensée à
351t penser aux grands Russes, à Tolstoï surtout. Et par tous les revirements intérieurs de ses personnages également. Quant à
352« heureusement, personne ne regardait, il se jeta par terre sur la route, criant à son corps : “Meurs !”, mais sans résulta
353 vivre fermement dans sa sphère actuelle, enrichi par la force de la mort. Tout était merveilleux, la mort, lui-même, la te
354sa résolution, il se sentait graduellement attiré par le Christ. Il se disait que ce n’était pas dans la mer qu’il fallait
355nts étaient ses meilleurs réconforts. Comment et par quoi mesurer la valeur chrétienne d’une âme ? L’action même est souve
356s, mais de la résoudre d’abord pour son compte et par un acte intérieur contraignant, un acte d’incarnation. Il y a là une
78 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
357 marquer une réaction toute personnelle provoquée par la dernière « manière » gidienne, et je m’excuse dès l’abord de la ra
358) — art qui tout ensemble se définit et se limite par l’épithète valéryenne d’exquis. On sait quels « jugements » Gide s’at
359is prêt à le concéder au-delà de ce qu’il espère. Par incompétence radicale. Ce qu’il faut certainement déplorer, c’est de
360es. Car ce qui naît de l’Évangile n’a de sens que par le jaillissement vers Dieu. Et tout précepte évangélique une fois dét
361gnificatives à cet égard. L’on est d’abord séduit par la finesse et la mesure de leur argumentation, par leur côté vraiment
362ar la finesse et la mesure de leur argumentation, par leur côté vraiment « non-prévenu », et puis, soudain, l’on s’impatien
363n jeune aviateur, Antoine de Saint-Exupéry. (Mais par quoi tiendra-t-il à les « équilibrer », un de ces jours, à les « gauc
79 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
364 [p. 640] Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931) a Si l’existence — le degré d’être —
365 propose le type le plus efficace. Et c’est ainsi par une nécessité organique — nous sommes nécessiteux — que son œuvre ent
366esure, forme, grandeur, ne sont guère définis que par leurs rapports mutuels et tirent de cette interdépendance leur valeur
367même, il vise à la plénitude élémentaire, définie par la loi, par son astre. L’homme chrétien au contraire, l’homme qui doi
368e à la plénitude élémentaire, définie par la loi, par son astre. L’homme chrétien au contraire, l’homme qui doit être surpa
369s’il ne retrouve pas de loi interne et de tension par le péché, il n’est plus qu’un être sans destinée, un « indiscret ». «
370que manifestation de son essence intime ressemble par quelque côté à un outrage, voire à une impudeur. » À l’opposition du
371que et du moderne, Kassner répondrait aujourd’hui par l’opposition de la grandeur mesurée et de l’indiscrétion journalistiq
372 qu’en elles-mêmes et comme à l’état sauvage, non par une explication qui les réduise et qui les domestique. Une pensée neu
80 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931)
373 [p. 804] Sarah, par Jean Cassou (novembre 1931) b Quelque chose d’espagnol dans la déma
374ur eux [p. 805] leurs forces. Le monde est habité par des êtres dont le « bonheur » consiste à ne pas se rendre compte de c
81 1932, Le Paysan du Danube. Note
375 [p. 9] Note Certain public égaré par les mœurs éditoriales attend des jeunes auteurs qu’ils se présentent
82 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
376 dans les journaux du soir, soit lentement doublé par le rapide de Bretagne. Ce long passage lumineux des vacances, traînée
377e est une de ces réalités qu’on reconnaît d’abord par leur frisson particulier. Mais il n’en faut pas plus pour ébranler le
378s, selon l’égarement du temps, tentèrent de vivre par elles-mêmes. Elles retirent les parcs qui les alliaient à la campagne
379u d’une convention qu’il serait temps de réviser, par « démesure » et « confusion » ? Car il est trop certain que le mot dé
380nique, les plus frappants apparaissent déterminés par la morale du titanisme. Or elle implique [p. 17] la réalité de la mét
381té est immuable, qu’elle n’est nullement atteinte par un mensonge occasionnel ; que ce mensonge, en définitive, ne change r
382lement un [p. 21] défaut qu’il convient de guérir par des moyens appropriés, par une politique ou par une morale. D’une par
383’il convient de guérir par des moyens appropriés, par une politique ou par une morale. D’une part l’on tient la déficience
384r par des moyens appropriés, par une politique ou par une morale. D’une part l’on tient la déficience pour essentielle ; de
385ns abstrait et moins sentimental ; cela se marque par un trait unique : il devient plus concret dans ses pensées. Il demeur
386ritable sentimental.   L’instinct mène au plaisir par l’acte ; le sentiment à la mélancolie, par le refus de l’acte. Il en
387laisir par l’acte ; le sentiment à la mélancolie, par le refus de l’acte. Il en résulte que la sensualité germanique est pl
388mordant à n’ordonner que des idées, trop soumises par leur nature et dépourvues de coquetteries. À force de se craindre dup
389sance qui déjà la frappe n’est pas même compensée par une réelle prise de conscience. Car voici bien le triomphe du sentime
83 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
390j’avais d’un romantisme viennois, je fus conduit, par une sorte de compromis sentimental, à l’Opéra où l’on donnait les Con
391st un duo des ténèbres et de la pureté où vibrent par instants les accords d’une harmonie surnaturelle. Et tout cela chanté
392e voyez parce que vous comprenez certaines choses par votre souffrance… Mais le temps approche où vous n’aurez plus besoin
393qui demande un long effort, et les Viennois sont, par nature et par attitude, des gens fatigués. — Pour moi, dit Gérard, je
394 long effort, et les Viennois sont, par nature et par attitude, des gens fatigués. — Pour moi, dit Gérard, je situe l’amour
395ûmes pas dissimuler nous trahit ; elle finit donc par accepter et vint à nous avec un sourire d’opérette : « Les Messieurs
396dieux qu’une créature aussi parfaite soit touchée par les mains outrageusement baguées de ces courtiers alourdis de « Knödl
397elle d’un ton de reproche, évidemment scandalisée par cette atteinte aux lois du genre le plus conventionnel qui soit. Géra
398 l’Octavie du golfe de Marseille, ou bien plutôt, par on ne sait quelle erreur d’images, — ce serait la gravité énigmatique
399ux et finissent aux pierres précieuses en passant par toutes les formes animales. L’âme du monde palpite dans cette confide
400e confidence. Il m’enseigne que la passion seule, par la souffrance qu’elle entraîne, nous révèle le sens réel de nos vies,
401ble surtout à un film où les épisodes s’appellent par le simple jeu des images, se voient par transparence l’un au travers
402appellent par le simple jeu des images, se voient par transparence l’un au travers de l’autre. Il dit : « Pour celui qui sa
403mard, qui semblait d’ailleurs endormi. En passant par la Freyung, nous vîmes un palais aux fenêtres illuminées. Des autos a
404ienerli ». Soudain les autos se mirent à ronfler. Par le grand escalier, au fond de la cour du palais, descendaient les inv
84 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
405ucement lumineux, une vasque et des buis éclairés par dedans. Côté jardin, côté « cour »… [p. 53] Mais de quoi s’agit-il d
406main les conclusions de philosophe, on m’entraîne par le bras vers les jardins. Des ballerines de l’opéra dansent autour d’
407— celui pourtant, depuis trente ans, qu’il résout par l’acte d’écrire… [p. 57] Moi je suis dans les buis, près des basses d
408ur soit bien-aimé… Oh ! qu’il y ait eu cette joie par un regard de jeune fille ! Tout peut encore être sauvé… Un accord bru
409s courant comme des reflets sur le parquet, venir par une salle vide où pénètre le ciel pâli. Transparents sous les lumière
410ndre. L’un m’a soufflé quelque chose dans la tête par la paille que je suçais : me voici sourd à la musique mais des sonori
411glacé du petit jour noie les buis qui s’éteignent par degrés. Un peu de nuage flotte sur le bassin, grand œil vide où paraî
412s ma tête aussi, des choses obscures se détendent par à-coups. Je vais marcher au long des trottoirs que le soleil lave à g
413un mouvement non dépourvu d’élégance, j’entends : par une certaine qualité de déception, qu’il nous propose. La joie du jou
85 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
414 ne sais quoi de très important… Trois déceptions par jour ne peuvent qu’énerver le désir. Parfois j’imagine que le facteur
415nvaincre le réel de mystère. Montant au Rozsadomb par ce matin brûlant, je savais bien que j’obéissais à ce que nos psychol
416façade d’une chapelle ; mais la porte est fermée. Par une ouverture étroite on passe ensuite à une seconde terrasse plus va
417ce qui signifie le Prophète Chauve. Les Hongrois, par erreur, en ont fait Gül-Baba, ce qui signifie le Père des Roses. Moye
418ons. v Café amer En Hongrie l’on est assailli par le pittoresque, mais il s’agit de le déjouer au moyen de toutes sorte
419emaine qui suit Noël, — la plus sombre de l’année par les rues vides sous la pluie étrangère. Une porte basse s’ouvre sur u
420is des parois, la quatrième est occupée en partie par le comptoir (un écriteau porte simplement ce tarif : 5 pengö), en par
421u porte simplement ce tarif : 5 pengö), en partie par un poêle immense, à plusieurs étages et marches. Deux ou trois tables
422u Sujet à la recherche de son Objet, — en passant par la Hongrie. — Mais puisqu’enfin nous y voici… (Le tombeau de Gül-Baba
423rant une demi-heure, saluées à l’entrée du Palais par les gardes présentant les armes. À ce salut, les quelques députés bou
4248] ix Une lettre de Matthias Corvin « Matthias, par la grâce de Dieu roi de Hongrie. Bonjour, citoyens ! Si vous ne venez
425nce, ne se plaint de ce qu’il y ait peu de poètes par le monde. C’est dans l’ordre des choses, et l’on sait qu’il suffit de
426ure hongroise n’est guère connue à l’étranger que par quelques pièces légères de Molnar, qui n’ont de hongrois que l’auteur
427ire de cette race me paraît bien avoir été donnée par le groupe important du Nyugât (l’Occident), revue fondée par ces deux
428pe important du Nyugât (l’Occident), revue fondée par ces deux grands poètes : André Ady et Michel Babits. Ady, le sombre e
429rrière la maison, un peintre tout en blanc arrive par les vignes, ah ! qu’il fait beau temps, l’horizon est aussi lointain
430 se masse dans une confusion de violet sombre, et par la seule ligne dure de l’horizon s’oppose au ciel qui retire ses lueu
431lus émouvants, entre des collines basses grattées par les vents, aux arbres rares, mais aux replis si doucement intimes qu’
432brations [p. 96] tendues, horizontales, soutenues par un long souffle vif. J’observe que les paroles autant que les gestes
433les paroles autant que les gestes sont gouvernées par la seule logique d’un rythme constamment imprévu. Il s’agit moins de
434techniciens ou intellectuels. Les Français aiment par goût du bavardage. Les Suisses aiment avec une bonne ou une mauvaise
435 et la musique L’ouverture de Stravinsky exécutée par l’express de Transylvanie au sortir de la gare de Budapest, devient a
436ziganes ! Les Tziganes vinrent en Europe conduits par le noir Duc d’Égypte ; aussi les nomma-t-on gypsies. Pour leur nom al
437es, turques et chinoises, commentées et comparées par un folkloriste aux yeux ardents et au visage mongol. Il jouait des ph
438e soir-là, ai-je compris la Grande Plaine, et que par sa musique j’étais aux marches de l’Asie. En sortant du concert, j’ai
439e, voici qu’une autre vient d’ailleurs, entraînée par je ne sais quel vent sonore qui l’étire et l’égare, et l’enroule et d
440aut qu’on le conserve, au long d’un chemin effacé par le vent sur la plaine… Ils l’ont perdu comme un rêve au matin s’élude
441lle a l’air d’être en Italie sur sa presqu’île, — par cet instable bateau mouche qui naguère emportait l’infortuné roi Char
442s petites gens plus de bonté… Déjà je suis repris par le malaise que m’infligent les lieux faciles. Ô tristesse des crèmeri
443ent nos gestes. Imaginer ce qui se produirait, si par quelque Décret l’on élevait la Morale du domaine des actions à celui
444tir à l’air frais, mais chaque porte est obstruée par un douanier, tant qu’à la fin on me refoule dans mon compartiment. Es
445nes. Peut-être faut-il d’abord les découvrir tous par soi-même. Et c’est alors seulement qu’aux yeux de ceux qui surent dés
446ttends, j’appelle quelqu’un qui vienne me prendre par la main. Ainsi je quitte la Hongrie. Serait-ce là tout ce qu’elle m’a
447une révélation, non point de cet endroit, ni même par lui, — mais à cet endroit, en ce temps. Qui sait si tu ne l’as pas re
448 passer une nuit — rôder à la recherche de Gérard par les rues noires aux palais vides mais hantés, et dans les grands café
86 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
449st plus [p. 122] difficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement
450] difficile de se faire comprendre par un sot que par un fou. » L’hiver dernier, m’occupant assez longuement d’un des poète
451es où le génie tourmente cet être faible, humilié par le [p. 123] monde. L’amour s’éloigne le premier, quand Hölderlin doit
452 dirait, qui ne connaît pas son auteur. Qui parle par sa bouche ? Il règne dans ses Hymnes une sérénité presque effrayante.
453vieux [p. 124] maniaque. Le buisson ardent quitté par le feu se dessèche. Ce qui fut Hölderlin signe maintenant Scardanelli
454e guide désigne familièrement l’image d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour. Trois petites fenêtres
455 terre… Mais que cette musique vulgaire, [p. 130] par quel hasard, donne l’accord qui m’ouvre un vrai silence : déjà je leu
87 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
456aison jaune, se retournent. Ce petit monde enclos par le pont et l’écluse, je m’en contenterai doucement. Comme si j’avais
457erousse aux yeux perçants, ex-nouveau riche ruiné par l’inflation, partage sa vie entre la vente des articles de sport et l
458rez-de-chaussée de sa demeure patricienne souffre par le fait des menées impérialistes de la France, il cherche une revanch
459ans une méditation à la fois distraite et nourrie par tout ce qui flotte dans l’air, rampe, gratte le sol, pique, bruisse e
460ts, ces formes et ces voies qui sont celles mêmes par où la pensée entre en contact avec tout le mobile et l’ineffable du m
461 d’Einsiedeln représentent assez bien à eux deux, par un hasard qui ne m’étonne guère, ce double mouvement de matérialisati
462aits que les professeurs allemands, et cependant, par une apparente contradiction, la mentalité du bourgeois de ce pays est
463res et à toute autre marque extérieure de deuil ; par contre je voudrais que l’on joue sur ma tombe : Schon die Abendglocke
464ainsi que Boehme, dans sa jeunesse. Il m’y ramène par un tour moins imprudent de la réflexion, avec ce même « réalisme » ex
465se : maintenant que nous avons clos cette journée par une récréation bien méritée), nous voulons aller dormir. Ainsi, dorme
466plus traître que nature avec sa large face mangée par une barbe en crin de cheval du diable. L’héroïne est belle comme une
467en retraite a des fenêtres basses, mais défendues par des rosiers sauvages. Laquelle des trois filles est donc la plus joli
468re noir d’une femme abandonnée dans sa tristesse. Par moments il y a la lune et le visage blanc de la femme debout contre l
469ine sans frontières où l’on connaît profondément. Par les yeux d’une femme étrangère, mes yeux possédaient sans mesure tout
470pératrices qui prient dans des chapelles envahies par les sapins. C’est dans une lettre de l’auteur de la Rose de Thuringe
471une fièvre une jubilation bonhomique qui commence par le cœur et se contente de ralentir doucement les idées. C’est un atte
88 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.3. Châteaux en Prusse
472uzaine de domestiques, homme et femmes, pénètrent par le fond, s’alignent debout. Les enfants sur un long canapé ; les hôte
473et le comte entre le premier, à grands pas, suivi par toute la famille et par les hôtes qui se précipitent pour atteindre l
474mier, à grands pas, suivi par toute la famille et par les hôtes qui se précipitent pour atteindre leur place en même temps
475evaux, pour l’un des onze villages du burgraviat. Par des chemins à peine tracés au [p. 174] ras de la plaine sablonneuse,
476et les subordonnés. Le travail aux champs se fait par équipes très nombreuses, à grand renfort de chevaux de trait, car la
477s » mal encornés. Le fusil déposé sur nos genoux, par habitude, ce sera pour tirer un chat qui rôde autour de la faisanderi
478ntrecarrée, découragée sournoisement. Nous créons par nos préceptes, et par toute notre ambiance éducatrice, un organe de l
479 sournoisement. Nous créons par nos préceptes, et par toute notre ambiance éducatrice, un organe de l’autonomie qui ne trou
480 guetteurs, dont on ressort ivre et comme possédé par les génies du monde végétal. Il y a une sorte de violence aussi dans
481étuellement syncopé du travail et du loisir, créé par l’économie citadine, ici s’apaise et laisse percevoir les rythmes nat
482t pour notre humanité que tant de systèmes prônés par [p. 184] les partisans du progrès, — le taylorisme par exemple. J’y v
483andeur, — cette race désarmée qui ne subsiste que par la force d’une vertu sans égale, sans espoir, — péril pour le monde !
484e au capital. Comme les autres ils ont été ruinés par la guerre, c’est-à-dire qu’ils n’ont plus de monnaie : cela n’a rien
485rs méfiances. Certains se sont faits communistes, par goût de l’énergie peut-être. J’ai vu des membres d’un parti national-
486rêve est de restaurer la Prusse du grand Frédéric par les méthodes de Lénine… Race de colonisateurs, dominant sur ces march
487pe depuis des siècles, mais séculairement menacés par l’Asie : ils lui résistent par leur pauvreté. Les magnats de Hongrie
488ulairement menacés par l’Asie : ils lui résistent par leur pauvreté. Les magnats de Hongrie sont déjà des pachas, et l’Occi
489lencieux, et sains, servants des terres conquises par les chevaliers teutoniques, qui sait s’ils n’auront pas demain leur c
89 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
490ù nous voyons Charles-Albert Cingria, transfiguré par un souffle épique, en train de décrire à Blaise Cendrars, son voisin
491la lune, hagard et fiévreux, mais comme abandonné par la grâce. Ce vagabondage désespéré dura plusieurs semaines, au terme
492ent. Un moment, il écouta sa mélopée. Puis envahi par un dernier feu, il se précipita dans sa chambre où il s’enferma, écri
90 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
493ointe. Les héros du Scandale, provinciaux énervés par la vie des bars de la capitale nous apparaissent incapables de transp
494ous voyons se complaire beaucoup de « protestants par tradition », pourtant cache assez mal la faiblesse d’un compromis fon
495qu’il est. Mais c’est parfois, bien au contraire, par leur succès et dans leur épanouissement qu’ils manifestent au jour le
496es, nos prédicateurs affirmaient le salut gratuit par la foi ; mais d’autre part nous prêtions des mains complices à des œu
497udrait une puissance décuplée, excessive, et qui, par la force des choses, tournerait bientôt en révolte, en insolence, en
498econnaissance éperdue de notre incapacité à faire par nous-mêmes le bien, dans l’abandon aux mains de Dieu, — aux violentes
499s. Si loin qu’en somme ils ne sont guère atteints par tout ceci. Mais quoi ? Le but ne fut jamais de démolir, mais bien plu
500rnes inspirées, comme le furent les plus grandes, par le sentiment tragique du péché et de la grâce souveraine. C’est cela
91 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
501 si grave subsiste et paraisse avoir été cultivée par Goethe, ne prouve-t-il pas suffisamment l’inauthenticité de son chris
502il prit aux réunions de « belles âmes » suscitées par l’apostolat du comte de Zinzendorf. C’était le temps du réveil sentim
503t mystique dans une Allemagne luthérienne ravagée par l’Aufklärung et le rationalisme. C’était le temps aussi du « Sturm un
504apé ; je courais trop vite pour lui, il m’a saisi par les cheveux. Il est sûrement à vos trousses aussi, j’espère voir le j
505 du Seigneur est le commencement de la sagesse. » Par quel concours de circonstances cette « sagesse » devint-elle chez Goe
506e dès lors recherchera dans une solitude aggravée par l’agacement que lui causent les effusions piétistes trop verbeuses d’
507nos sagesses. Goethe, prônant dans Faust le salut par l’effort humain au sein d’une nature harmonieuse — et quand bien même
508ticatholiques ou à des moments d’humeur provoqués par les bavardages piétistes. Ici, nous confesserons un doute. De quel dr
509ue les idées, les théories et les systèmes prônés par lui ne coïncident pas avec les idées, les théories et les systèmes do
510 humanité qui croit pouvoir fabriquer son bonheur par ses propres forces, notre devoir est net : nous avons à défendre et a
511issions nous sentir à la fois accusés et exhortés par un tel exemple. Que nous importe, dès lors, que ce Goethe exemplaire
92 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
512 ont trahi, et les cris de M. Benda sont couverts par la rumeur de la place. Dans toute la jeune génération littéraire et p
513le serait plus efficace si on la sentait inspirée par un principe spirituel capable de rendre une force offensive à cette p
514e de la Sorbonne, cette pensée fabriquée [p. 481] par des bourgeois, pour des bourgeois, destinée à défendre et illustrer l
515et payée — en la personne de ses grands maîtres — par l’État bourgeois. Les Chiens de garde 39 , tel est le titre de son p
516 aucune clarté au dessein général. Mais celui-ci, par bonheur, est très simple : Il n’y a point de questions plus grossièr
517. Nizan, la philosophie régnante est caractérisée par son refus d’aborder les questions dites vulgaires, qui conduiraient à
518 n’est pas si grave, que le monde n’est plus mené par les philosophes, qu’il accorde à leur activité une importance qu’elle
93 1932, Esprit, articles (1932–1962). À l’index (Première liste) : Candide (octobre 1932)
519andes pages de dessins inspirés à M. Hermann-Paul par l’actualité (peut-être même faudrait-il dire : par la nécessité) la p
520ar l’actualité (peut-être même faudrait-il dire : par la nécessité) la plus brûlante : Américains et Allemands chez nous. L
521e avarice ou de cette férocité spéciales décrites par Léon Bloy. Joli monde, comme disent les échotiers. Remercions Candide
94 1932, Esprit, articles (1932–1962). On oubliera les juges (novembre 1932)
522oux, dans les remarques à mon sens si importantes par lesquelles il inaugurait la rubrique au premier numéro, suggérait une
523ds en uniforme, vautrés sur un banc qui la divise par le milieu, fument des cigarettes en taquinant du pied la crosse de le
524 Ils n’auront pas à s’exprimer, d’ailleurs, sinon par la voix de leur président, et la mimique d’un jeune aviateur, dont la
525r si Martin, « objecteur de conscience », a donné par son acte la preuve d’une obéissance à Dieu qui devrait être celle de
526is de plus, que le monde fabriqué pour leur usage par les hommes de ce temps est à tous points de vue le plus irrespirable
527mieux, tant ils sont enrobés de crasse hypocrisie par la bureaucratie bourgeoise et militaire qu’ils engendrèrent légitimem
528 »). Cette vertu laïque et démodée, confectionnée par les idéologues de la Troisième République, a gardé parmi nous quelque
529eoise. Mais qu’elle se mêle un jour de s’affirmer par une personnalité, et par là même de ne plus coïncider avec les intérê
530iction formelle avec les actes juridiques déduits par voie de faits — si l’on peut [p. 300] dire — des mêmes principes. San
531ste. Dans un régime social où tout se tient, mais par la seule logique de la décomposition nécessaire de principes faux en
95 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Hic et nunc [éditorial] (novembre 1932)
532ier la révélation et la psychologie, pour réfuter par des raisons humaines ces démons que seule la prière peut délivrer d’e
533ine du « salut de grâce et bonté pure », du salut par la foi, par l’abandon aux mains du Dieu Vivant. En face de philosophe
534ut de grâce et bonté pure », du salut par la foi, par l’abandon aux mains du Dieu Vivant. En face de philosophes qui se moq
535it injustifiable si nous tentions de la justifier par des arguments, au lieu d’entrer sans plus tarder en obéissance révolu
96 1932, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Principe d’une politique du pessimisme actif (novembre 1932)
536en tant que saisie et vécue, c’est-à-dire assumée par l’homme. Sortir du paradoxe pour s’évader dans une synthèse quelconqu
537. 24] au plus profond du désespoir et de la nuit, par la foi seule, — qui ne vient pas de nous. Telle est la démarche parad
538nous disons le « monde-chrétien », nous exprimons par ces deux mots l’antinomie hors de laquelle toute méditation construct
539avent pas ce que c’est que la foi. Si l’on entend par vie non seulement la vie naturelle, mais l’ensemble des relations hum
540maines, la foi est ce qui rend la vie impossible (par ses exigences absolues), tandis qu’au contraire la politique est l’ar
541misme modéré, c’est-à-dire à un effort pour durer par des moyens humains, comme à l’abri des touches fulgurantes du Saint-E
542enir. Nous n’avons pas à nous garantir à l’avance par un programme, si « chrétien » qu’on le veuille. Un certain nombre de
97 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932)
543 [p. 144] Les Signes parmi nous, par C. F. Ramuz (janvier 1932) c Il est remarquable que ceux dont la fo
544bon, qu’elles tenaient trop de terre embrassée et par elle tout un pays et son peuple ; car « c’est ici le pays de la solid
545teurs de sa race. Il a cette même lenteur imposée par la nature, ce même besoin de précision utile. Ce n’est pas un art d’a
546 choses. Cet art, le sujet des Signes parmi nous, par sa simplicité même, le met en valeur mieux que tout autre récit de Ra
547t de toute explication intellectuelle, atteignant par la une unité de style tellement têtue qu’elle évoque peu à peu on ne
548s, j’en vois les défauts, le poncif ; ces détails par trop détaillés. Mais l’important, je pense, c’est qu’une page de Ramu
549t 6 , — un « arrêt dans une forme ». Cela se voit par l’étymologie. Aussi, par le passage à la limite : car la plus grande
550ne forme ». Cela se voit par l’étymologie. Aussi, par le passage à la limite : car la plus grande crise imaginable, c’est l
551ction principale.) Où tend notre action centuplée par les machines ? Où tendent nos métaphysiques et nos philosophies mal e
98 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
552as, c’est que précisément cette défense a réussi. Par contre ils veulent bien voir la révolte chez ceux-là qui la crient, e
553 reste notre intime tentation — permettra-t-elle, par la vivacité même du paradoxe, une prise de conscience plus juste et p
554iens. Mais notre optique n’est-elle point faussée par un état d’esprit qui voudrait que l’on considère ces deux hommes avan
555eux hommes avant tout comme des écrivains ? C’est par la chose écrite, par la lettre justement qu’ils s’opposent le plus. P
556 comme des écrivains ? C’est par la chose écrite, par la lettre justement qu’ils s’opposent le plus. Pourtant Rimbaud ne fu
557geable, s’agissant de deux êtres que l’on connaît par leurs écrits d’abord. Mais, pour en tenir un juste compte, il s’agit
558événement qui ne peut normalement se traduire que par une qualité nouvelle de silence. Encore faut-il que le destin favoris
559avorise concrètement cette assomption intérieure. Par quel « hasard » l’a-t-il provoquée chez Goethe ? Il est un fait de sa
560s peu une grave maladie, dont il ne fut sauvé que par l’intervention d’un médecin « alchimiste ». Retenons ceci : au seuil
561de notre condition. Et c’est seulement en passant par une application matérielle que la magie, se reniant en tant que spécu
562aissance », à cet acte de fécondation spirituelle par où l’homme pénètre dans la réalité mystique. Et cet acte ne peut se p
563n — qui triomphera désormais. Mais une action qui par avance désespère du seul succès qui pour Faust serait réel : la posse
564gard. L’âme, purifiée de sa « vieille dépouille » par l’effort aveuglant de la vie, pénètre dans le Nouveau Jour et contemp
565rès sévère ». Gagner 40 000 francs. Mourir obsédé par ce travail. Ainsi cette vie est bien d’un seul tenant ; une seule et
566s philistins. Le somnambule est désormais protégé par une cotte d’invisible silence. Vous pouvez lui parler sans le trouble
567 d’une telle yoga. Tout savoir doit être confirmé par un faire, qui le tait et l’exprime à la fois. Le « faire » de Rimbaud
568bat sur le travail « à mains », rage de revanche, par son excès même est encore une évasion hors du réel. En cela il est ro
569révolus, prenons garde de nous laisser convaincre par les seuls éclats d’un fanatisme à vrai dire splendide. (Qui me guérir
99 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Querelles de famille, par Georges Duhamel (mai 1932)
570 [p. 913] Querelles de famille, par Georges Duhamel (mai 1932) e L’ambiguïté, c’est du paradoxe détendu
100 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling (juillet 1932)
571 [p. 149] Ce chien, ton serviteur, par Rudyard Kipling (juillet 1932) f Traduit du chien par Kipling, et a
572dyard Kipling (juillet 1932) f Traduit du chien par Kipling, et adapté, voire recréé par Jacques Valette dans une langue
573uit du chien par Kipling, et adapté, voire recréé par Jacques Valette dans une langue insolite et touchante, ni petit nègre
574 des pauvres tout petits chiens qu’on habite tout par dehors et que personne s’occupe ». Dès la seconde page, c’est à pouss