1 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
1y prend vite goût. [p. 316] Cela tourne alors en passion de détruire, en haine de toute stabilité, de toute forme. Attitude pa
2 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
2façait dans l’ombre. Jouve a rêvé une histoire de passion mystique et de crime, intense et tragique comme un couchant d’automne
3, pour suivre la naissance et l’embrasement de la passion de Paulina. Le Péché ; le Couvent ; la rechute et le crime ; et l’étr
4lyrisme et s’agite sur un fond sombre et riche de passions inconscientes qui donnent à tous les actes une signification plus pro
5dées vieilles comme Rousseau sur les droits de la passion, — et dans sa trame quelques chapitres inspirés presque littéralement
3 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
6tyle volontairement sec permettent de suivre sans passion ni fatigue le développement un peu théorique mais intelligent d’un pr
4 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
7: « tout ce qui est au-delà du calcul… Ce sera la passion du siècle ». p. 797 v. « Le Corbusier : Urbanisme (G. Crès, Pari
5 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
8 mythe cohérent » vers quoi tend notre esprit. La passion apparaît dans notre ordre social « comme une adroite fêlure ». Notre
9oût de la destruction et de l’anarchie, exempt de passion, divertissement suprême de l’incertitude… » p. 811 aa. « André M
6 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
10ion, qui se cherche partout des prétextes, et une passion farouche pour la liberté, qui font de cet ombrageux personnage une ma
7 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
11us la lueur d’un incendie, deux visages tordus de passion. Cette fin est admirable, dont la brutalité si longtemps désirée déli
8 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
12de choses d’art comme on fait dans Proust, si les passions qu’il nous peint sont ici tant soit peu russes, et là, gidiennes. Il
9 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
13nt que la raison n’intervienne, mouvements de nos passions à nous-mêmes inavoués, rêves éveillés. Tout un système de valeurs lyr
10 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
14érature sur la vie, mais d’avoir su en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine » qui seul peut redonner quel
11 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
15 quand ils appellent la mort, parce qu’ils ont la passion et l’incommunicable secret de l’invention.   Il nous faut des entrepr
16olent d’une immense fleur palpitante au parfum de passions, c’est une atmosphère toute chargée d’éclairs qui nous atteignent san
17aériennes. On n’acceptera plus que des valeurs de passion. Balayez ces douanes de l’esprit, proclamez le grand Libre-Échange, v
12 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
18couvris une nuit, au moment de m’endormir, que ma passion du vol n’était qu’une longue vengeance. Ne m’avait-on pas dérobé des
13 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
19rd la vision de l’auto routière : naissance de sa passion froide et tenace. Il s’efforce d’en réaliser l’objet par ses propres
20tion, avec cette netteté et cette décision qu’une passion contenue peut donner à l’homme d’action. Enfin, le voici en mesure de
21vre heureux sans auto. Voilà l’affaire lancée. La passion de Ford se donne libre cours. Il ne s’agit plus maintenant que de lui
22e l’Esprit. Rien n’est gratuit. Nous payons notre passion de posséder la matière du prix de la seule possession véritable, la c
14 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
23ristiques du temps — argent, races — et ses rares passions, qui sont la domination et la démolition, l’organisation et le sabota
15 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
24r non compris ». Aux yeux de beaucoup de gens, la passion est aveuglante : cela tient pour une bonne part à ce que ces personne
25yeux faibles. Il serait plus juste de dire que la passion n’a qu’une clairvoyance intéressée : mais celle-là est la plus vive.
16 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Jullien du Breuil, Kate (avril 1930)
260) bf Ce récit d’une élégante minceur décrit la passion d’une jeune fille de la grande bourgeoisie pour une gamine qui lui se
17 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
27térêts. Mais, en Hongrie, le nationalisme est une passion toute nue, qui exprime l’être profond de la race. On ne discute pas c
28ouffrances vraies, n’est-ce point le climat de la passion ? — C’est celui de la Hongrie 14 . 9. Une lettre de Matthias Corvin
18 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
29ne inénarrable confusion de sentimentalisme et de passion, et c’est là son miracle. Si tu n’as pas le sens de la musique, conse
30hère de nomadisme, et ces vents vastes ; et cette passion de vivre au-dessus de ses moyens — c’est-à-dire au-dessus du Moyen —
19 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
31 absurde d’y chercher l’origine non seulement des passions amoureuses, mais de la plupart des entreprises démesurées qu’enregist
32 un clin d’œil assassin vers le parterre agité de passions contradictoires. Durant les entr’actes, une fanfare de paysans bleu d
20 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
33ociété anglaise. Tout le drame est intérieur ; la passion ne s’y manifeste que par de très petits gestes qui, échappant soudain
34tains, peut-être, verront-là une condamnation des passions humaines, et comme la morale du roman. Mais nous ne croyons pas qu’un
21 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
35ystère des choses les attire moins que le jeu des passions et des intérêts sociaux. Or, en face de la montagne, l’homme est seul
22 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
36-ci les expressions changeantes qu’y imprimait la passion. Il lui semblait qu’il faisait une étude pratique de désordre mental
37iser. Parmi les innombrables sentiments : doutes, passions, conflits qu’il met en jeu, c’est toujours l’absence absolue d’hypocr
23 1932, Le Paysan du Danube. a. Le sentiment de l’Europe centrale
38Paul, la dialectique selon Hegel, et peut-être la passion de Kierkegaard. Mais alors M. Truc parle des « brumes nordiques » ! C
24 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.1. Un soir à Vienne avec Gérard
39lpite dans cette confidence. Il m’enseigne que la passion seule, par la souffrance qu’elle entraîne, nous révèle le sens réel d
25 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.2. Une « tasse de thé » au Palais C…
40 sacrée et l’ascèse adorable que seule invente la passion. Ils reviennent. Tombé de mon silence parmi les bavardages, où irai-j
26 1932, Le Paysan du Danube. I. Le Paysan du Danube — I.3. Voyage en Hongrie
41térêts. Mais, en Hongrie, le nationalisme est une passion toute nue, qui exprime l’être profond de la race. On ne discute pas c
42ouffrances vraies, n’est-ce point le climat de la passion ? — C’est celui de la Hongrie 9 . [p. 88] ix Une lettre de Matthi
43ne inénarrable confusion de sentimentalisme et de passion, et c’est là son miracle. Si tu n’as pas le sens de la musique, conse
44hère de nomadisme, et ces vents vastes ; et cette passion de vivre « au-dessus de ses moyens » — c’est-à-dire au-dessus du Moye
27 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
45 un clin d’œil assassin vers le parterre agité de passions contradictoires. Durant les entractes, une fanfare de paysans bleu de
28 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
46 absurde d’y chercher l’origine non seulement des passions amoureuses, mais de la plupart des entreprises démesurées qu’enregist
29 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
47ieille opposition du sacrifice cornélien et de la passion racinienne, — opposition qui se prolonge et trouve son expression mod
30 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Penser dangereusement (juin 1932)
48rains qu’ils ont tort de penser ceci ou cela avec passion. Il faut encore leur donner d’autres objets de passion. Ou bien il fa
49on. Il faut encore leur donner d’autres objets de passion. Ou bien il faut leur rappeler des vérités d’un ordre tel que leur se
50 existence — si elles existent — rende vaines les passions égarées, rende visible l’origine de l’égarement, rende efficace et cr
31 1932, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le silence de Goethe (mars 1932)
51région où seul accède celui qui sait préserver sa passion au sein d’une interminable patience. N’est-ce point ce tréfonds dont
52 sera plus qu’un profond renoncement ; même si la passion l’occupe un temps, c’est l’action, la Tätigkeit — le grand mot goethé
32 1933, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Histoires du monde, s’il vous plaît ! » (janvier 1933)
53 en le fuyant, il cherche à l’expliquer, avec une passion nouvelle. Nous avons vu paraître, il y a quelque dix ans, les premièr
33 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
54christianisme et sa nouveauté menaçante. ⁂ Que la passion qui nous arrache ce cri, nous rende aussi lucides et efficaces ! Nous
34 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — b. Ridicule et impuissance du clerc qui s’engage
55ommun. C’est condamner ou absoudre après coup des passions collectives sur lesquelles nulle doctrine ne peut mordre. Ou pis enco
35 1934, Politique de la Personne (1946). Introduction — e. En dernier ressort
56iques. Aux heures où l’on y plonge, la vanité des passions » politiques apparaît sous un jour nouveau : on voit bien qu’elles so
36 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 1. Destin du siècle ou vocation personnelle ?
57lle qu’elle soit, une servitude particulière, une passion qui est bien à lui, une vocation. Si l’on admet facilement de nos jou
58ge, de prétextes et d’arguments au service de nos passions, au secours de notre misère matérielle. Mais elles ne pénètrent jamai
37 1934, Politique de la Personne (1946). I. Primauté du spirituel ? — 2. Personne ou individu ? (d’après une discussion)
59n la raison et l’intelligence que le corps et les passions. L’Esprit auquel je crois est justement celui que l’homme ne peut con
38 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 7. Comment rompre ?
60christianisme et sa nouveauté menaçante. ⁂ Que la passion qui nous arrache ce cri, nous rende aussi lucides et efficaces ! Nous
39 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 10. Fascisme
61la première fois, dans l’histoire de l’Europe, la passion unitaire se donna libre cours. L’ancêtre du fascisme, c’est Louis XIV
40 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 13. Triomphe de la Personne, (Aphorismes)
62omphe de la Personne (Aphorismes) Doctrines et passions Je parle, dans ce livre, de philosophie politique et de doctrines soc
63 ? me disent les politiciens. Les intérêts et les passions. La politique que vous définissez ne sert ni les uns ni les autres. E
41 1934, Politique de la Personne (1946). IV. Problèmes de la révolution personnaliste — 14. Tactique personnaliste
64niser les mêmes formations de combat, exciter des passions sans rapport aux idéaux qu’il s’agit d’imposer, — et ce sont les même
65ux qu’il s’agit d’imposer, — et ce sont les mêmes passions, — discourir dans les mêmes lieux et prétendre aux faveurs du même « 
66Ils ne conçoivent, en effet, d’autre force que la passion électorale. Si nous briguions leurs avantages, nous serions plus niga
42 1934, Politique de la Personne (1946). V. À la fois libre et engagé — Le protestantisme créateur de personnes
67la barbarie, mais qui flatte les instincts et les passions, et satisfait le rêve nostalgique d’un retour à la nature, d’une frat
68 principal à la Réforme, ce fut l’absolutisme, la passion unitaire et centralisatrice, tant chez les papes que chez les princes
43 1934, Politique de la Personne (1946). Appendices — iv. Qu’est-ce que la politique ?
69rvice non point d’un idéal communautaire, mais de passions et d’intérêts sans grande portée. Pour réfuter le colonel de la Rocqu
44 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Destin du siècle ou vocation personnelle ? (février 1934)
70lle qu’elle soit, une servitude particulière, une passion qui est bien à lui, une vocation. Si l’on admet facilement de nos jou
71ge, de prétextes et d’arguments au service de nos passions, au secours de notre misère matérielle. Mais elles ne pénètrent jamai
45 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Nécessité de Kierkegaard (août 1934)
72n peut dire : les marxistes le nient avec plus de passion que les bourgeois n’apportent à l’affirmer. D’un côté, nous voyons un
73ant l’effroi du choix concret, du risque, dans la passion du désespoir total. Maintenant, tu vas témoigner de la puissance que
46 1934, Esprit, articles (1932–1962). Préface à une littérature (octobre 1934)
74uencent leurs lecteurs au hasard, aux hasards des passions du jour, sans soupçonner les conséquences, économiques ou religieuses
47 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
75te autre affection » (entendons : dégagé de toute passion, comme aussi de toute responsabilité !) ; il note bien que ce sentime
48 1935, Esprit, articles (1932–1962). André Rouveyre, Singulier (janvier 1935)
76ion. Deux êtres très divers se sont unis dans une passion grave, exigeante, à l’écart d’une société hostile, dans une ascèse mo
49 1935, Esprit, articles (1932–1962). Roger Breuil, Les uns les autres (avril 1935)
77la communauté qui peut s’instituer par le jeu des passions, ou les liens du métier, ou certains accidents heureux, entre des jeu
50 1935, Esprit, articles (1932–1962). Kasimir Edschmid, Destin allemand (mai 1935)
78élatrices : il fait comprendre enfin dans quelles passions profondes le mouvement hitlérien est né et a pris son élan. C’est une
51 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
79dépendants. Que les clercs refusent d’épouser les passions politiques ou sociales qui selon eux mènent le monde à sa perte ; qu’
80précises ». Et que le monde suive le cours de ses passions ! Pour sa part, il s’en lave les mains. Pilate fut le premier clerc p
81 d’élégance, — et l’abandonnent libéralement à sa passion ? Mais en face de Pilate : « Voici l’homme » ! Et que dit cet homme ?
52 1935, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Les trois temps de la Parole (mai 1935)
82 Dieu seul, et nullement de nos efforts, que nous passions de notre temps à ce temps des apôtres, ou à ce temps de la Parole fai
53 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Quatre indications pour une culture personnaliste (février 1935)
83e ont tolérées en marge du culte de l’argent : la passion, le bonheur, l’aventure, la sécurité, l’esthétisme… Presque toutes ce
54 1935, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). La situation politique en France (octobre 1935)
84s de Service public. Nos Morts, les Martyrs de la Passion française, la Bonne Nouvelle des Volontaires Nationaux, leur Œuvre en
85quels on n’arrive pas à distinguer de volonté, de passion nette, d’idée maîtresse, que pourra-t-il résulter d’autre qu’une conf
55 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.1. Le problème de la culture
86chose possible, c’est de repartir avec une grande passion sévère dans une direction toute nouvelle. Repartir, ce n’est pas réfo
56 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.3. Fatalités du rationalisme bourgeois
87bertin, se fait passer pour libertaire ? C’est la passion qui entraîne les hommes, et qui séduit leur générosité ou leur basses
88; quand le combat s’apaise et quand retombent les passions, l’agressivité primitive se retourne soudain contre l’homme. La raiso
57 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.4. Hegel, Comte, Marx, ou la rationalisation
89il manié par des mains ouvrières au service d’une passion aventureuse, comme c’était le cas chez Descartes ou chez les Encyclop
90s qui devraient la combattre, mais dont la débile passion se satisfait à moindre risque dans l’illusion d’une liberté tout « in
58 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.7. Sur le déclin du Moyen Âge
91l’œuvre a condensé toute la sagesse et toutes les passions de son temps ? Dante répond admirablement à cette question par son tr
92dont chaque phrase est tendue comme un arc par la passion de servir l’Éternel, Luther dira, d’un tour proverbial : « Voilà un é
59 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.8. Décadence des lieux communs
93on meurtrière de termes dangereusement chargés de passion et de préjugés, tels que patriotisme, nationalisme, impérialisme… ⁂ T
60 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.10. La mesure soviétique
94ue plus riche et plus vivante, apte à décrire les passions, et la nature, et la diversité des êtres. Il fallait désormais recour
61 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.11. La mesure nationale-socialiste
95atrice.) Personne n’a davantage que l’Allemand la passion de la vie communautaire ; jamais cette passion n’avait été davantage
96la passion de la vie communautaire ; jamais cette passion n’avait été davantage frustrée qu’au cours des quinze années de lutte
62 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.12. Leçon des dictatures
97des partis dictatoriaux eux-mêmes. De là toute la passion avec laquelle ils parlent de la nécessité d’un homme nouveau — en All
63 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.13 Commune mesure et acte de foi
98cules qu’elles soient au regard de l’histoire, la passion même dont nous les chargeons, tout cela vient uniquement de la fin à
99issimulent bien plus qu’elles ne traduisent notre passion fondamentale, la fin dernière vers quoi tend notre vie, et qui seule
64 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.14. L’appel à la commune mesure, ou l’Europe du xxe siècle
100 liberté de se plaindre, mais de se plaindre sans passion profonde. La misère n’est encore qu’à la porte, mais on dirait qu’il
65 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
10174] Ou qu’il y avait de l’honneur à justifier les passions d’une classe ou d’une nation. Mais l’esprit n’a pas de pouvoir, s’il
102 d’ordonnance. Et cette vision flatte aussitôt la passion de sécurité de ceux qui, par ailleurs, confondraient volontiers dicta
103 la correction des manières ou des pensées ou des passions, contre le style, contre le rythme singulier qui trahit en chacun de
66 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
104 démoniaque », cette nostalgie de l’infini ou des passions sauvages que rêvent les faibles, mais un acte de présence, d’informat
105 mais au contraire d’aller jusqu’à la fin de leur passion, là où l’on touche les vraies bornes de l’homme, la mort, la destruct
106to matériel, d’une coercition policière, ou d’une passion vulgaire ; ou enfin comme un refus de donner ses raisons, une espèce
107 prudences que l’on sait. Un style né de la seule passion de s’engager. Que chaque phrase indique la volonté d’atteindre un but
108vant tout devenir cette idée, et le théâtre de sa passion. Voilà qui peut mener plus loin que l’activisme, et avec plus de cons
109 incarnation s’opère au prix d’un héroïsme, d’une passion [p. 239] solitaire et féconde. Telle est la loi du monde, et il est a
67 1936, Esprit, articles (1932–1962). Culture et commune mesure (novembre 1936)
110ue plus riche et plus vivante, apte à décrire les passions, et la nature et la diversité des êtres. Il fallait désormais recouri
111des partis dictatoriaux eux-mêmes. De là toute la passion avec laquelle ils parlent de la nécessité d’un homme nouveau — en All
112 liberté de se plaindre, mais de se plaindre sans passion profonde. La misère n’est encore qu’à la porte, mais on dirait qu’il
68 1936, Esprit, articles (1932–1962). Henri Petit, Un homme veut rester vivant (novembre 1936)
113 », et ce sous-titre, vers la fin : « Retour à la passion ». Et maintenant nos routes se joignent. p. 331 t. « Henri Petit
69 1936, Esprit, articles (1932–1962). Note sur nos notes (novembre 1936)
114r son compte, y répondre. Elles jaillissent d’une passion de construire, d’une vision grande du but commun. Bien écrit, mal écr
70 1936, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Kierkegaard en France (juin 1936)
115ans la plus grande mollesse spirituelle » l’amère passion de faire mourir un témoin de la vérité ? Si tu veux ce résultat… appr
116mé, fais-toi alors le porte-parole des idées, des passions qui sont dans l’air, avec l’enthousiasme d’une éloquence chaude et en
71 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Qu’est-ce que la politique ? (juin 1936)
117rvice non point d’un idéal communautaire, mais de passions et d’intérêts sans grande portée. Pour réfuter le colonel de la Rocqu
118ains, ni surtout de l’intelligence, mais bien des passions égoïstes et courtes, ou des sentiments [p. 6] incontrôlés, — c’est-à-
72 1936, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Les Jacobins en chemise brune (décembre 1936)
119mnez notre centralisme, notre nationalisme, notre passion unitaire, notre éloquence démagogique, et vous ne voyez même pas que
120s pour la rendre populaire, il faut la lier à des passions que l’on puisse exciter immédiatement : c’est ainsi que les Juifs dev
73 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. I. N’habitez pas les villes !
121emitaine pour grandes personnes.) On discute avec passion des mesures à prendre pour occuper les sans-travail, ou tout au moins
122ospérité même. (Double « censure » opérée par les passions politiques et par les croyances morales.) Voici donc le dilemme : ou
123ites astuces, d’airs entendus dès qu’il s’agit de passions. Trop difficile quand elle est belle (Claudel ne peut pas devenir pop
124. — Je lis le Goethe de Gundolf avec une sorte de passion jalouse pour l’homme, avec ce même « intérêt personnel » que j’ai sen
74 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
125, de raison cartésienne, de soif de Justice et de passion libertaire, ce grand mot sera prononcé, proclamé, acclamé par les tra
75 1937, Esprit, articles (1932–1962). Défense de la culture (janvier 1937)
126es concerts, bref, se cultive avec cette sorte de passion que le Français réserve, présentement, sous son régime de liberté, à
76 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
127 provisoire aux grands errants de l’esprit et des passions occidentales : Bâle et Genève au temps de la Réforme, Érasme, Holbein
128fier nos pays. Il y aura de nouveau du jeu, de la passion, des communications fécondes entre les êtres, une circulation des cul
77 1937, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Une idée de Law (janvier 1937)
129n’étaient constamment traversées par celles d’une passion contraire, qui est l’honneur. Car il est clair que l’honneur seul — o
78 1937, L’Ordre nouveau, articles (1933–1938). Historique du mal capitaliste (janvier 1937)
130roit vivre en eux, et par eux, les risques et les passions absentes de son existence. Et le spectacle mélodramatique offert par
79 1938, Journal d’Allemagne. Avertissement
131lle traduit les relations d’une personne avec les passions collectives. Demain peut-être, il n’y aura plus que des manifestes, d
80 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
132rrogeait. La plupart des soirées libres, nous les passions en commun à l’auberge du village… Je le sens tout rajeuni : il est re
133 faut l’étudier de très près, sur place, avec une passion froide. Car il y va de toute notre culture. Comment sauver au plus se
134cours qui m’a révélé « leur » secret, pour peu de passion que j’y mette, on m’apprend que je suis hitlérien ! C’est que les hom
81 1938, Journal d’Allemagne. iii. Les jacobins en chemise brune
135mnez notre centralisme, notre nationalisme, notre passion unitaire, notre éloquence démagogique, et vous ne voyez même pas que
136s pour la rendre populaire, il faut la lier à des passions que l’on puisse exciter immédiatement : c’est ainsi que les juifs dev
82 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
137 [p. 652] La passion contre le mariage (septembre 1938) an Avertissement Les pages qui
138à une forme toute nouvelle de l’amour humain : la passion. Ignorée des Anciens, ou considérée par eux comme une maladie, la pas
139iens, ou considérée par eux comme une maladie, la passion sera désormais le grand sujet d’exaltation de la littérature occident
140t ses instincts asservissants. L’apparition de la passion d’Amour devait donc transformer radicalement le jugement porté sur l’
141nt le sous-entendu est à peu près [p. 656] que la passion est l’épreuve suprême, que tout homme doit un jour la connaître, et q
142écue que par ceux qui « ont passé par là ». Or la passion et le mariage sont par essence incompatibles. Leurs origines et leurs
143c’est-à-dire l’inconscience pourrait fournir à la passion une espèce de modus vivendi, et tous ces livres aggravant au contrair
144 se marie encore « sans y croire ». Le rêve de la passion possible agit comme une distraction permanente, anesthésiant les révo
145t les révoltes de l’ennui. On n’ignore pas que la passion serait un malheur — mais on pressent que ce serait un malheur plus be
146 son « petit bonheur »… Ou l’ennui résigné, ou la passion : tel est le dilemme qu’introduit dans nos vies l’idée moderne du bon
147isation de l’attrait sexuel, sa transformation en passion. Et c’est de là que nous vient, par la littérature, cette idée [p. 66
148 idée [p. 660] toute moderne et romantique que la passion est une noblesse morale, qu’elle nous met au-dessus des lois. Celui q
149le nous met au-dessus des lois. Celui qui aime de passion accède à une humanité plus haute, où les barrières sociales, entre au
150auté de l’amour sur l’ordre social établi. Que la passion profane soit une absurdité, une forme d’intoxication, une « maladie d
151te nuance est décisive. Le moderne, l’homme de la passion, attend de l’amour fatal quelque révélation, sur lui-même ou la vie e
152primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujours l’aventure. C’est ce qui va changer ma vie, l’enrichir
153libre un homme qui se possède. Mais l’homme de la passion cherche au contraire à être possédé, dépossédé, jeté hors de soi, dan
154t ce n’est qu’un début — un homme qui se prend de passion pour une femme qu’il est seul à voir belle, est présumé neurasthéniqu
155té-standard : elle définit d’avance l’objet de la passion — dépersonnalisé dans cette mesure — et disqualifie le mariage, si l’
156à Gable ou à Taylor !) Ainsi la « liberté » de la passion relève des statistiques publicitaires. L’homme qui croit désirer « so
157 « mariage d’amour » moderne : le mariage avec la passion ! Mais aussitôt paraît une anxiété dans l’entourage (ou le public) :
158 qu’on perd en la possédant. Alors commence une « passion » nouvelle. On s’ingénie à renouveler l’obstacle et le combat. On ima
159er et pour exalter ce désir aux proportions d’une passion consciente, intense, infiniment intéressante… Or c’est la douleur seu
160 Or c’est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c’est pourquoi l’on aime souffrir et faire souffrir. Lorsque Tris
161lus rien ne s’oppose à leur union, le génie de la passion dépose entre leurs corps une épée nue. Descendons quelques siècles et
162 lui révéler son secret, il n’est d’au-delà de la passion que dans une passion nouvelle, — dans le tourment nouveau de la pours
163et, il n’est d’au-delà de la passion que dans une passion nouvelle, — dans le tourment nouveau de la poursuite d’apparences tou
164ugitives. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin terrestre — et c’est par là que cette passio
165re sans fin terrestre — et c’est par là que cette passion se détachait des rythmes du désir charnel ; mais tandis que pour Tris
166e délivrer qu’en échappant au monde fini. Mais la passion dite « fatale » — c’est l’alibi — où se complaisent les modernes, ne
167 664] Mais Don Juan ne connaît pas d’Iseut, ni de passion inaccessible, ni de passé ni d’avenir, ni de déchirements voluptueux.
168me pas ce qui lui résiste. ⁂ Aimer, au sens de la passion, c’est alors le contraire de vivre ! C’est un appauvrissement de l’êt
169rs se ramènent au schéma monotone des ruses de la passion pour s’« entretenir », — des ruses d’une passion débile pour s’invent
170 passion pour s’« entretenir », — des ruses d’une passion débile pour s’inventer de plus secrets obstacles. Je songe à la psych
171d’amour actif. ⁂ Je n’entends pas ici attaquer la passion : je me borne à la décrire et à la « réciter » comme dit Montaigne, s
172it faire voir, par quelques traits, comment cette passion développe un certain nombre de fatalités psychologiques dont les effe
173n de l’une ou de l’autre, il faut admettre que la passion ruine l’idée même du mariage dans une époque où l’on tente la gageure
174, sur les valeurs élaborées par une éthique de la passion. Certes, il serait excessif d’estimer que la plupart de nos contempor
175uteurs donnent quelques lignes à la louange de la passion, ou tout au moins affectent de la tolérer : pour des raisons trop fac
176 même parfois jusqu’à ce paradoxe de présenter la passion amoureuse comme le couronnement d’un hymen idéalement réalisé (d’aprè
177 ne remonte pas le courant de toute l’époque ; la passion a toujours existé, elle existera donc toujours, et nous ne sommes pas
178ait pas s’organiser sans un constant recours à la passion des premiers révolutionnaires : or c’était cette passion précisément
179 des premiers révolutionnaires : or c’était cette passion précisément que l’on entendait « liquider ». D’où l’absolue nécessité
180niale de la jeunesse. La décadence du mythe de la passion dans la patrie du romantisme entraînait d’autre part des conséquences
181 donner pour seul objet légitime et possible à la passion : l’idée de Nation symbolisée par le Führer. D’abord on prive la femm
182 indépendants des « goûts » individuels, donc des passions. À chacun sa « fiche de mariage ». Alors la science matrimoniale trou
183s indispensables à la reconstitution du mythe. La passion, officiellement éliminée, disqualifiée, et définie comme simple défic
184u besoin « spirituel », et donc artificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passio
185le de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident nouveau, imprévisible, naîtra dans les laborat
83 1938, Esprit, articles (1932–1962). L’amour action, ou de la fidélité (novembre 1938)
186es raisons de le consentir. J’ai voulu décrire la passion comme une entité historique, née dans un temps et dans des lieux déte
187e serait pas négligeable. Mais peut-on décrire la passion ? On ne décrit pas une forme d’existence sans y participer, fût-ce mê
188cela peut avoir un sens : approuver ou rejeter la passion. Combien serait vaine l’attitude intellectuelle qui se définirait ell
189définirait elle-même comme une condamnation de la passion : il suffit, pour l’apercevoir, d’observer que la passion, quelle qu’
190: il suffit, pour l’apercevoir, d’observer que la passion, quelle qu’elle soit, ne peut ni ne veut « avoir raison ». Contre ell
191s l’instant qu’on parle raison. Car l’homme de la passion est justement celui qui choisit d’être dans son tort, aux yeux du mon
192chapper au démon que l’on fixe ? Pour attaquer la passion dans l’amour, il faudrait développer une violence spirituelle qui tue
193per une violence spirituelle qui tue mieux que la passion d’amour : celle au moins de l’orthodoxie contre l’hérésie primitive,
194r que la Croisade, au total, fut un échec dont la passion sut profiter.) C’est qu’avant tout et après tout, à l’origine et à la
195tout et après tout, à l’origine et à la fin de la passion, il n’y a pas une « erreur » sur l’homme ou Dieu — a fortiori pas une
196 l’homme, qui veut être lui-même son dieu 93 . La passion brûle dans notre cœur sitôt que le serpent au sang-froid — le cynique
197ela seul qu’il s’agit, pour qui veut surpasser la passion. Quant à stériliser le milieu culturel où la passion plonge ses racin
198sion. Quant à stériliser le milieu culturel où la passion plonge ses racines, il est probable que l’État s’en chargera, c’est s
199ne du salut). À vues humaines, la guérison de nos passions viendra de l’État, ce Sauveur anonyme qui assumera le poids de toutes
200 Mais je ne pouvais écrire un livre entier sur la passion sans achever ma description par ce trait qui enfin la situe, non dans
201ait qui enfin la situe, non dans l’abstrait où la passion ne peut exister — et alors en parler n’est qu’une farce — mais dans l
202 Si je ne vois pas de raison qui tienne contre la passion véritable, il m’apparaît en second lieu que la raison n’est guère plu
203aison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la passion, comme étant la suprême valeur du « stade esthétique » de la vie ; pu
204Dieu est « essentiellement malheureux », et cette passion chrétienne est la seule vérité, et tous nos « devoirs » humains (dont
205ut ce qui porte une chance de grandeur. (Comme la passion !) ⁂ Les moralistes et certains sociologues (dont Engels) ont essayé
206 raison et l’intérêt : quand ils n’auront plus de passions, quand ils cesseront de préférer l’erreur comme telle, quand ils cess
207 construction. « Absurde » au moins autant que la passion, elle se distingue de la passion par un refus constant de subir ses r
208ns autant que la passion, elle se distingue de la passion par un refus constant de subir ses rêves, par un besoin constant d’ag
209t toutes les raisons du monde de dire oui à cette passion éblouissante, — dire non en vertu de l’absurde, en vertu d’une promes
210re clair. Tristan lui aussi fut fidèle ! Et toute passion véritable est fidèle. (Pour ne rien dire des successives fidélités de
211appelle Iseut, mais à sa plus profonde et secrète passion. Le mythe s’empare de l’« instinct de mort » inséparable de toute vie
212t » moderne, et qui détient l’intime secret de la passion, au-delà de ce que les psychologues peuvent y lire. ⁂ « Notre engagem
213 — et non plus de la vie pour la mort (c’était la passion de Tristan). ⁂ L’amour fidèle de Tristan détruisait son bonheur et sa
214itial et juré de « cultiver » les illusions de la passion, de leur rendre un culte secret, et d’en attendre un mystérieux surcr
215foudre », et encore moins à la « fatalité » de la passion. Le « coup de foudre » est sans doute une légende accréditée par Don
216réditée par Don Juan, comme la « fatalité » de la passion est accréditée par Tristan. Excuse et alibi qui ne peuvent tromper qu
217e, l’homme qui se domine, ce n’est pas faute de « passion » (au sens de tempérament) mais c’est qu’il aime, justement, et qu’en
218e mariage comme cette institution qui contient la passion non plus par la morale, mais par l’amour. [p. 249] 6. Les paradoxes
219doxes de l’Occident Ces quelques remarques sur la passion et le mariage mettent en lumière l’opposition fondamentale de l’Éros
220 principe de correction que nos recherches sur la passion peuvent établir. ⁂ Les Orientaux caractérisent l’Europe par l’importa
221il est vrai que ces trois termes : christianisme, passion, dynamisme, correspondent aux trois traits dominants de la psyché occ
222e n’est pas le christianisme qui a fait naître la passion, mais c’est une hérésie d’origine orientale. Cette hérésie s’est répa
223 la manière la plus précise, historiquement, à la passion 103 . Comme la passion, le goût de la guerre procède d’une conception
224cise, historiquement, à la passion 103 . Comme la passion, le goût de la guerre procède d’une conception de la vie ardente qui
225ique, ne saurait être un seul instant ramené à la passion. L’attitude humaine qu’il révèle est l’antithèse exacte de la passion
226humaine qu’il révèle est l’antithèse exacte de la passion : c’est une affirmation de la valeur des choses créées, de la matière
227 une application de l’esprit au monde visible. La passion ni la foi hérétique dont elle est née ne sauraient proposer comme but
228s par une volonté exactement contraire à celle de passion. Ce qui peut induire en erreur, et ce qui a introduit de fait une fat
229et en particulier de la technique. C’est alors la passion nationale et guerrière qui va devenir le principal moteur de la reche
230le génie technique. La guerre mécanisée évacue la passion ; et la technique en devenant mortelle, trahit les ambitions dont ell
231ongtemps cultivé la religion antichrétienne de la passion. ⁂ Faut-il conclure que la passion serait la tentation orientale de l
232rétienne de la passion. ⁂ Faut-il conclure que la passion serait la tentation orientale de l’Occident ? S’il est vrai qu’elle n
233 notre chance dramatique est d’avoir résisté à la passion par des moyens prédestinés à l’exalter. Telle fut la tension permanen
234, de la personne, du mariage, — et du refus de la passion. Elle suppose l’acceptation du différent, et donc de l’incomplet, la
235 la fidélité, et donne des chances nouvelles à la passion. C’est notre vie et notre mort. Et c’est pourquoi la crise moderne du
236 l’évasion, l’envahissement de la culture par les passions nationalistes : tout ce qui tend à ruiner la personne. Mais ce sont l
237la personne. Il se peut que les excès mêmes de la passion provoquent et recréent des résistances, c’est-à-dire des formes nouve
238rès tout, n’est-ce pas encore une tentation de la passion que ce souci des lendemains qui obsède aujourd’hui tant de fronts ? N
239 Je l’ai dit et j’y insiste encore : condamner la passion en principe, ce serait vouloir supprimer l’un des pôles de notre tens
2404] qui « condamne » de la sorte et a priori toute passion, c’est qu’il n’en a connu aucune, et qu’il est en deçà du conflit. Po
241dire dans le drame passionnel. Mais au-delà de la passion vécue jusqu’à l’impasse mortelle, que pouvons-nous désormais entrevoi
242selon le monde. Ici l’obstacle indispensable à la passion est d’une nature à tel point subjective, singulière et incomparable,
243ns ici à l’extrême limite, à l’origine pure de la Passion, — mais du même coup nous sommes jetés au cœur même de la foi chrétie
244ui rien que de fini 108 … » Ainsi l’extrême de la passion, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’ê
245, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’être présente, mais sous l’incognito le plus jaloux : car
246logie de la foi, l’on peut alors concevoir que la passion — quel que soit l’ordre où elle se manifeste — ne trouve son au-delà
247oivent une autre vocation, épousent Régine, et la passion revit dans leur mariage, mais alors « en vertu de l’absurde ». Et ils
248n aspect particulier du mouvement de retour de la passion, tel que l’a décrit Kierkegaard. Au sommet de l’ascension spirituelle
249l nous raconte dans le langage de la plus ardente passion, saint Jean de la Croix connaît que l’âme atteint un état de présence
250âce et d’obéissance. Et le désir de la plus haute passion se voit alors comblé sans cesse dans l’acte même d’obéir, en sorte qu
251logie de la foi, l’on peut alors concevoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et ac
84 1938, Esprit, articles (1932–1962). Suite à « La passion contre le mariage » (décembre 1938)
252 [p. 256] Suite à « La passion contre le mariage » (décembre 1938) aq Nous annoncions deux lettre
253premiers de ceux qui se sont attaqués à la fausse passion) et la réponse de Rougemont. La voici : Au sujet de la lettre du R.
85 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Avertissement
254. C’est une descente aux cercles successifs de la passion. Le dernier livre indique une attitude humaine diamétralement opposée
255opposée, et par là il achève la description de la passion, car on ne connaît que les choses dépassées, ou du moins celles dont
256scours ; mais ils redoutent que l’on définisse la passion, pour peu de rigueur que l’on y apporte. La plupart, estime Laclos, «
257 cynique, et ceux qui n’ont jamais connu la vraie passion s’étonneront de m’y voir consacrer tout un livre. Les uns diront qu’à
258 ou même guérir ? ⁂ Je suis parti d’un type de la passion telle que la vivent les Occidentaux, d’une forme extrême, exceptionne
259 comprendre dans nos vies le sens et la fin de la passion. Il est donc entendu que j’ai simplifié. Pourquoi perdre son temps et
86 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Préface à l’édition de 1956
260alisme accru. Décrire le conflit nécessaire de la passion et du mariage en Occident, tel était mon dessein central ; et cela re
261 ans en Amérique m’a fait voir que le mythe de la Passion — dégradée en simple romance — n’est pas près d’épuiser ses effets ;
87 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
262onde du couple. C’est moins l’amour comblé que la passion d’amour. Et passion signifie souffrance. Voilà le fait fondamental. M
263t moins l’amour comblé que la passion d’amour. Et passion signifie souffrance. Voilà le fait fondamental. Mais l’enthousiasme q
264en nous et autour de nous glorifie à tel point la passion que nous en sommes venus à voir en elle une promesse de vie plus viva
265t de la souffrance, une béatitude ardente. Dans « passion » nous ne sentons plus « ce qui souffre » mais « ce qui est passionna
266 mais « ce qui est passionnant ». Et pourtant, la passion d’amour signifie, de fait, un malheur. La société où nous vivons et d
267ce même qu’éprouvera le lecteur à reconnaître que passion et adultère se confondent le plus souvent dans la société qui est la
268preuve de ce fait paradoxal : que nous voulons la passion et le malheur à [p. 17] condition de ne jamais avouer que nous les vo
269es autres, les complaisances qu’ils éveillent, la passion même qu’on apporte à les condamner quelquefois, tout cela dit assez à
270ituations comiques ou cyniques. Droit divin de la passion, psychologie mondaine, succès du trio au théâtre — soit qu’on idéalis
271certaines confusions de nos mœurs. Étymologie des passions, moins décevante que celle des mots, puisqu’elle trouve dans notre ex
272pour exprimer le fait obscur et inavouable que la passion est liée à la mort, et qu’elle entraîne la destruction pour ceux qui
273leurs forces. C’est que nous voulons sauver cette passion, et que nous chérissons ce malheur, cependant que nos morales officie
274 faire admettre un contenu antisocial, qui est la passion. Le mot « contenu » prend ici toute sa force : la passion de Tristan
275 Le mot « contenu » prend ici toute sa force : la passion de Tristan et d’Iseut est littéralement « contenue » par les règles d
276rimer dans le demi-jour du mythe. Car en tant que passion qui veut la Nuit et qui triomphe dans une Mort transfigurante, elle r
277re un gentleman — perdra ses dernières vertus, la passion « contenue » dans le mythe primitif se répandra dans la vie quotidien
278re de la société, mais l’ardeur même de la sombre passion qui exige un aveu masqué. Le mythe, au sens strict du terme, se const
279succès du Roman de Tristan fut donc d’ordonner la passion dans un cadre où elle pût s’exprimer en satisfactions symboliques. (A
280 dans ses rites.) Or si ce cadre disparaît, cette passion n’en subsiste pas moins. Elle est toujours aussi dangereuse pour la v
281nce n’a pas cessé de s’étendre jusqu’à nos jours. Passion de la nature obscure, dynamisme excité par l’esprit, possibilité préf
282’amours miraculeuses. Le mythe agit partout où la passion est rêvée comme un idéal, non point redoutée comme une fièvre maligne
283lecteur ! faut-il croire que cela signifie que la passion n’est point sacrée pour toi ? Ou simplement que les hommes d’aujourd’
284’aujourd’hui ne sont pas moins débiles dans leurs passions que dans leurs gestes de réprobation ? À défaut d’ennemis déclarés, o
285uses faussement sacrées : cette littérature de la passion, cette publicité qu’on lui fait, cette « vogue » d’allure commerciale
286oublier la sévère réalité. Dresser le mythe de la passion dans sa violence primitive et sacrée, dans sa pureté monumentale, com
287 choisir vaillamment entre la Norme du Jour et la Passion de la Nuit ; dresser cette figure de la Mort des Amants qu’exalte l’a
288iage blanc de Tristan. En effet, le « droit de la passion », au sens où l’entendent les modernes, permettrait à Tristan d’enlev
289le de l’amour courtois s’oppose à ce qu’une telle passion « tourne à réalité », c’est-à-dire aboutisse à l’« entière possession
290eut venir cette préférence pour ce qui entrave la passion, pour ce qui empêche le « bonheur » des amants, les sépare et les mar
291our un ouvrage romanesque donné, de la nature des passions qu’il veut flatter. C’est dire que l’on acceptera le « coup de pouce 
292icences fourniront les prétextes nécessaires à la passion que l’on désire éprouver. Ainsi, le vrai sujet d’une œuvre est révélé
293 le vrai sujet d’une œuvre, la vraie nature de la passion qu’elle met en jeu. Il faut sentir qu’ici tout est symbole, tout se t
294La séparation des amants ? Oui, mais au nom de la passion, et pour l’amour de l’amour même qui les tourmente, pour l’exalter, p
295u mythe : le danger qu’il exprime et voile, cette passion qui ressemble au vertige… Mais ce n’est plus l’heure de se détourner.
296it vaine : on ne condamne pas le vertige. Mais la passion du philosophe n’est-elle point de méditer dans le vertige ? Il se peu
297 choisis. Mais ils ont bu le philtre, et voici la passion. Une tendresse va-t-elle naître et les unir, à la faveur de ce destin
298 morale se fait jour, ce n’est qu’au moment où la passion faiblit. Et le premier effet de cette amitié naissante n’est pas du t
299te définition qu’un poète ait jamais donnée de la passion ! À lui seul, ce vers exprime tout, et avec une force de langage qui
300re n’agisse plus, les amants seront repris par la passion, jusqu’au point qu’ils en perdront la vie, « lui par elle, elle par l
301 ! La séparation des amants résulte ainsi de leur passion même, et de l’amour qu’ils portent à leur passion plutôt qu’à son con
302passion même, et de l’amour qu’ils portent à leur passion plutôt qu’à son contentement, plutôt qu’à son vivant objet. D’où les
303ouvent parlé, et la création de l’obstacle par la passion des deux héros (confondant ici ses effets avec ceux de l’exigence rom
304st-il qu’un prétexte, nécessaire au progrès de la passion, ou n’est-il pas lié à la passion d’une manière beaucoup plus profond
305u progrès de la passion, ou n’est-il pas lié à la passion d’une manière beaucoup plus profonde ? N’est-il pas l’objet même de l
306p plus profonde ? N’est-il pas l’objet même de la passion, — si l’on descend au fond du mythe ? ⁂ Nous avons vu que le progrès
307e) et à risquer sa vie (il se sait épié). Mais la passion est alors si violente, si animale pourrait-on dire, qu’il oublie la d
308ar-dessus tout. C’est le plus propre à grandir la passion. Notons aussi qu’en cette extrémité, la volonté de se séparer revêt u
309êt une valeur [p. 46] affective plus forte que la passion même. La mort, qui est le but de la passion, la tue. Mais l’épée nue
310ue la passion même. La mort, qui est le but de la passion, la tue. Mais l’épée nue n’est pas encore l’expression décisive du dé
311on décisive du désir sombre, de la fin même de la passion (au double sens du mot fin). L’admirable épisode des épées échangées
312 prend un sens symbolique : l’action empêche la « passion » d’être totale, car la passion, c’est « ce que l’on subit » — à la l
313tion empêche la « passion » d’être totale, car la passion, c’est « ce que l’on subit » — à la limite, c’est la mort. En d’autre
314es termes cette action est un nouveau délai de la passion, c’est-à-dire un retard de la Mort. ⁂ On retrouvera la même dialectiq
315z cela : Madame Tristan ! C’est la négation de la passion, au moins de celle dont nous nous occupons. L’ardeur amoureuse sponta
316e spontané, d’animal et d’actif. Victoire de la « passion » sur le désir. Triomphe de la mort sur la vie. ⁂ Ainsi donc cette pr
317ce n’est plus l’obstacle qui est au service de la passion fatale, mais au contraire il est devenu le but, la fin désirée pour e
318venu le but, la fin désirée pour elle-même. Et la passion n’a donc joué qu’un rôle d’épreuve purificatrice, on dirait presque d
319 dernier. L’amour de l’amour même dissimulait une passion beaucoup plus terrible, une volonté profondément inavouable — et qui
320 et la revanche de « ce qu’ils subissaient » — la passion initiée par le philtre. Au fond le plus secret de leur cœur, c’était
321t de leur cœur, c’était la volonté de la mort, la passion active de la Nuit qui leur dictait ses décisions fatales. 10. Le Ph
322a nécessité même qui l’a créé. Le sens réel de la passion est tellement effrayant et inavouable, que non seulement ceux qui la
323oujours, mais de manière à égarer le jugement. La passion interdite, l’amour inavouable, se créent un système de symboles, un l
324ci quel sera son rôle. Il s’agit de dépeindre une passion dont la violence fascinante ne peut être acceptée sans scrupule. Elle
325 emprise » magique, se verra condamné à rendre la passion moins inhumaine plus acceptable aux yeux du moraliste. Inférieur en c
326est-ce alors que le philtre ? C’est l’alibi de la passion. C’est ce qui permet aux malheureux amants de dire : « Vous voyez que
327rême. Mais la foule dit : ce sont des fous. Et la passion que le romancier désire flatter chez l’auditeur paraît, d’ordinaire,
328« la Nuit obscure » avec la plus sévère et lucide passion, c’est qu’ils avaient le gage, par la foi, qu’une Volonté toute perso
329e !… [p. 53] 11. L’amour réciproque malheureux Passion veut dire souffrance, chose subie, prépondérance du destin sur la per
330mer l’amour plus que l’objet de l’amour, aimer la passion pour elle-même, de l’amabam amare d’Augustin jusqu’au romantisme mode
331ppement : c’est la liaison ou la complicité de la passion, du goût de la mort qu’elle dissimule, et d’un certain mode de connaî
332. Pourquoi l’homme d’Occident veut-il subir cette passion qui le blesse et que toute sa raison condamne ? Pourquoi veut-il cet
333mythe originel, redescendons à l’expérience de la passion telle que la vivent les hommes d’aujourd’hui. Le succès prodigieux du
334 l’intensité, les variations et les retards de la passion, son crescendo jusqu’à la catastrophe — et non point sa rapide flambé
335ains moments, on sent percer dans l’excès de leur passion une espèce de haine de l’aimé. Wagner l’a vue, bien avant Freud et le
336nde, amoureuse et sauvage ! Double malheur de la passion qui fuit le réel et la Norme du Jour, malheur essentiel de l’amour :
337 la vraie fin, le désir désiré dès le début de la passion, la revanche sur le destin qui fut subi et qui est enfin racheté. Cet
338mariage. Nous savons, par la fin du mythe, que la passion est une ascèse. Elle s’oppose à la vie terrestre d’une manière d’auta
339re goût de la guerre. Enfin, s’il est vrai que la passion, et le besoin de la passion, sont des aspects de notre mode occidenta
340 s’il est vrai que la passion, et le besoin de la passion, sont des aspects de notre mode occidental de connaissance, il faut e
341u qu’elles aient une commune origine — ces deux « passions » parlent un même langage, et chantent peut-être dans notre âme la mê
88 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
342ontanée, analogue à certains égards à celle de la passion dans notre mythe, beaucoup penseront que voilà qui suffit… Donnons un
343 la dialectique passionnelle. Il faut bien que la passion se serve des corps, et qu’elle utilise leurs lois. Mais la constatati
344des… » D’où vient alors cette glorification de la passion, qui est justement ce qui nous touche dans le Roman ? Parler de dévia
345 Nuit » qu’il chante, c’est le Jour incréé. Et sa passion, c’est le culte d’Éros, le Désir qui méprise Vénus, même quand il sou
346s. Le nouveau symbole de l’Amour ce n’est plus la passion infinie de l’âme en quête de lumière, mais c’est le mariage du Christ
347 droit de conclure que cette forme d’amour nommée passion doit normalement se développer au sein des peuples qui adorent Éros ?
348euples d’Occident — ne devraient pas connaître la passion, ou tout au moins la traiter d’incroyance ? Or l’Histoire nous oblige
349mme le plaisir, la simple volupté physique. Et la passion — au sens tragique et douloureux — non seulement y est rare, mais enc
350mariage qui est en butte au mépris, tandis que la passion est glorifiée dans la mesure même où elle est déraisonnable, où elle
351vin heureux). Amour humain malheureux. Hédonisme, passion rare et méprisée. Christianisme Communion (pas d’union essentielle)
352prochain. (Mariage heureux.) Conflits douloureux, passion exaltée. [p. 75] Le principe d’explication de ce tableau est assez
353 qui tout d’un coup se trouve là pour traduire la passion nouvelle ? On ne saurait trop souligner le caractère miraculeux de ce
354 jamais ils ne trahiront le secret de leur grande passion — comme s’il s’agissait d’une foi, et d’une foi initiatique ? Renonc
355 agents, nous passons maintenant au mystère d’une passion proprement religieuse, d’une conception mystique fortement attestée d
356ut penser que les troubadours étaient mus par des passions moins puériles… «  J’entrelace des mots rares, sombres et colorés, pe
357sie baignait dans l’atmosphère la plus chargée de passions. Les actions que nous rapportent les chroniqueurs du temps sont parmi
358i, qui nuance notre schéma : si les erreurs de la passion — au sens précis que je donne à ce mot — sont d’origine religieuse et
359e de ce que nous appelions le « narcissisme de la passion » (à propos de Tristan, chap. VIII du Livre Ier ). c) Le Familier de
360rendre un exemple entre cent — l’auteur décrit la passion terrible qui l’envoûte : Mes concitoyens, étonnés de me voir esclave
361es plus grands docteurs subissent et souffrent la passion au moins autant qu’ils ne parviennent à la transmuer en vertus et en
362u temps où se nouent la légende et le mythe de la passion mortelle : Tristan. À cette montée puissante et comme universelle de
363ie rhénane, une Europe tout entière enfin, où les passions « religieuses » et la théologie n’occupaient tout de même pas le plus
364’amour, au lieu d’exprimer seulement l’élan de la passion dans sa pureté mystique. Le point de départ de Lancelot — comme de Tr
365vait-elle favoriser la confusion moderne entre la passion de Tristan et la pure sensualité. Quelques citations de Thomas, le pl
366 l’humanité. Mais sitôt absorbé, le philtre de la passion place ses victimes dans un au-delà de toute morale, qui ne saurait êt
367boutit point au jour de Dieu mais à la nuit de la passion, non point au salut de la personne mais bien à sa dissolution. Tout l
368ment courtois : les amants « communient » dans la passion. En lieu et place du miracle eucharistique, de la transsubstantiation
369ginel, dans une vision cathare du monde. Aimer de passion pure, même sans contact physique (l’épée entre les corps et les sépar
370 déterminée. D’où l’on pourra déduire : 1° que la passion, vulgarisée de nos jours par les romans et par le film, n’est rien d’
371ier. ⁂ Il s’en faut d’ailleurs de beaucoup que la passion et le mythe de la passion n’agissent que dans nos vies privées. La my
372eurs de beaucoup que la passion et le mythe de la passion n’agissent que dans nos vies privées. La mystique d’Occident est une
373ies privées. La mystique d’Occident est une autre passion dont le langage métaphorique est parfois étrangement semblable à celu
89 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
374 [p. 155] Livre III Passion et mystique 1. Position du problème On a souvent tenté d’expliquer l
375us a conduit à renverser le rapport. C’est ici la passion mortelle qu’il faut « ramener » à une mystique, plus ou moins conscie
376onnaître au moins, sa position. Qu’on parte de la passion ou de la mystique pour tenter de ramener l’une à l’autre, ce que l’on
377re sens. S’il n’y avait en jeu, dans le cas de la passion, que des facteurs physiologiques, on ne comprendrait plus rien au myt
378ui peuvent la rassasier. Mais nous voyons ici une passion dont la nature est justement de refuser tout ce qui pourrait la satis
379 la mystique à elle seule, rend-elle compte de la passion ? Il faudrait alors expliquer pourquoi c’est dans l’amour sexuel, et
380s amants ne se veulent responsables de rien, leur passion étant inavouable tant aux yeux de la société (qui la réprouve comme u
381emplation de l’amour seul. Un trait profond de la passion — et de la mystique en général — paraît ici. « On est seul avec tout
382un fait d’observation purement psychologique : la passion n’est nullement cette vie plus riche dont rêvent les adolescents ; el
383sphème s’il ne s’agissait dans le Roman que d’une passion d’amour sensuel : mais tout indique que nous sommes ici sur la via my
384, répondent à une nécessité tout intérieure de la passion. Iseut est une femme aimée, mais elle est aussi autre chose, le symbo
385 une fois, ce qui se trouve en question, c’est la passion d’amour, et non l’amour purement profane et naturel. Voici, me semble
386iques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non son apaisement heureux. Plus leur passion est vive et plus ell
387 passion et non son apaisement heureux. Plus leur passion est vive et plus elle les détache des choses créées, et plus facileme
388la Croix. Les amants se plaignent parfois de leur passion et maudissent le poison fatal, cause de leurs terribles souffrances.
389ar force les demeine. » Mais finalement, c’est la passion totale qu’ils accueilleront comme la révélation dernière, dans la mor
390tures : ils ne les retrouvent pas au-delà de leur passion et de son ascèse. Ils ignorent ce mouvement de retour au monde si car
391un détachement parfait : « Lorsqu’on mortifie les passions, l’âme ne reçoit plus d’aliment des créatures ; et de cette façon, el
392plie d’obscurité, et destituée des objets que les passions lui présentaient. » (Nuit obscure, III.) (Et l’on peut certes rapproc
393. D’où le désir final du risque pour lui-même, la passion de la passion sans terme, la volonté de la mort sans retour. L’on s’a
394r final du risque pour lui-même, la passion de la passion sans terme, la volonté de la mort sans retour. L’on s’aperçoit, à cet
395gion déjà morte, de même notre littérature et nos passions utilisent par abus, et sans le savoir, un langage dont la seule mysti
396de voir dans cette même phrase l’expression de la passion qu’il aime : celle qu’on goûte et savoure en soi, dans une sorte d’in
397us élevé par le plus bas, la mystique pure par la passion humaine. Elle a fondé cette « science » nouvelle sur l’observation du
398 4. Les Mystiques orthodoxes et le langage de la passion Le fait central de toute vie religieuse de forme et de contenu chréti
399qu’il ne sera pas porté à s’exprimer en termes de passion. Et c’est bien ce que l’Histoire démontre. « Chez les mystiques eckha
400 profanisé » par la littérature et adopté par les passions humaines. Car c’est sa rhétorique qui se trouve être la plus apte à t
401qui blesse sans tuer. Le « salut » de l’amour. La passion qui « isole » du monde et des êtres. La passion qui décolore tout aut
402a passion qui « isole » du monde et des êtres. La passion qui décolore tout autre amour. Se plaindre d’un mal que l’on préfère
403rique et psychologique. Car : 1° le langage de la passion — tel qu’on le retrouve chez les mystiques — n’est pas, à l’origine,
404’Église. Mais la voie de l’homme séparé, c’est la passion — et la passion est partout dans leurs œuvres, tandis qu’elle est abs
405 voie de l’homme séparé, c’est la passion — et la passion est partout dans leurs œuvres, tandis qu’elle est absente de celles d
406ignifie donc pas du tout qu’ils « subliment » des passions sensuelles, mais simplement que l’expression habituelle de ces passio
407ais simplement que l’expression habituelle de ces passions, créée d’ailleurs par une mystique, convient à l’expression de l’amou
408ses limites. D’où il résulte que le langage de la passion humaine selon l’hérésie correspond au langage de la passion divine se
409maine selon l’hérésie correspond au langage de la passion divine selon l’orthodoxie. On se trouve donc en présence d’une contin
410expressions courantes telles que « aveuglé par la passion », « fou d’amour » — mais l’excès de l’esprit sur l’instinct. « L’amo
411à du nécessaire et au-delà de la satisfaction. La passion, l’amour de l’amour, c’est au contraire l’élan qui va au-delà de l’in
412trouvent liés. Et n’est-elle pas typique de toute passion, cette volonté de s’exprimer, de se décrire comme pour mieux jouir de
413alors que mentir pour sauver l’essence même de la passion !) 2° Si Jean de la Croix, et même Ruysbroek, et saint François, sont
414 intoxiqués. L’intoxiqué est la victime non de sa passion, mais de l’agent matériel qu’elle utilise pour s’exalter. Si l’origin
415lle utilise pour s’exalter. Si l’origine de cette passion est un désir, conscient ou non, [p. 187] d’échapper à la condition te
416Éros prisonnier de l’instinct. De là vient que la passion « enthousiaste », la joy d’amor des troubadours, devait fatalement ab
417r des troubadours, devait fatalement aboutir à la passion humaine malheureuse. Cet amour impossible laissait au cœur des hommes
418our » qu’ils se mirent à aimer pour elle-même. La passion des « parfaits » voulait la mort divinisante. La soif qu’elle laisse
419ment. Intoxication par l’esprit. L’histoire de la passion d’amour, dans toutes les grandes littératures, du xiiie siècle jusqu
90 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
420r, historiquement, qu’elle a donné sa langue à la passion. Si la littérature peut se vanter d’avoir agi sur les [p. 191] mœurs
421s’ils n’avaient jamais entendu parler d’amour ? ⁂ Passion et expression ne sont guère séparables. La passion prend sa source da
422assion et expression ne sont guère séparables. La passion prend sa source dans cet élan de l’esprit qui par ailleurs fait naîtr
423 dépasse l’instinct, dès qu’elle devient vraiment passion, elle tend du même mouvement à se raconter elle-même, que ce soit pou
424a Nature triomphe de l’Esprit, et la raison de la passion. Chacune de ces parties aura sa descendance. De Lorris, nous irons pa
425ung, la tradition antique — celle qui condamne la passion comme une « maladie de l’âme » — se transmettra aux parties basses de
426 Aucun doute ne demeure possible : l’Amour est la passion mystique. Mais encore faut-il définir le rôle de l’amour naturel dans
427i doit étonner chez Pétrarque : cette inoubliable passion animant pour la première fois les symboles des troubadours d’un souff
428aptisera plus tard le mal du siècle : Des autres passions, je ressens des assauts fréquents, mais courts, momentanés. Ce mal-là
429e tout cela en particulier. C’est le « vague des passions » préromantique. Et voici l’appel à la mort : Que s’ouvre donc la ge
430 cruelle mort » une Vie nouvelle, et pour qu’à la passion ne manque pas le sublime, voici la divinisation. Pétrarque demande co
431rs : la gauloiserie Imposer un style à la vie des passions — ce rêve de tout le moyen âge païen tourmenté par la loi chrétienne 
432erie célestielle » qu’on lisait de son temps avec passion 139 . Il ne s’en prend, dans son Quichotte, qu’aux romans d’aventures
433se que la littérature, si fort qu’elle flatte les passions du cœur, n’offre qu’une résistance à peu près nulle aux attaques de l
434 donc au cœur même d’un ordre intolérant — que la passion devait trouver sa revanche la plus éclatante. On connaît le curieux s
435 est le premier auteur qui ait voulu soumettre la passion à la raison, sinon à la [p. 216] morale. Il serait donc le premier qu
436sique, pensera-t-on : la volonté triomphant de la passion. Mais la suite de la comédie, même si nous ignorions les ruses du myt
437liberté — qu’il allègue — mais pour l’amour de la passion. À tel prix que ce soit, il faut rompre mes chaînes De crainte qu’un
438 de l’amour malheureux, nous le savons, c’est une passion inavouable. L’originalité de Corneille demeure d’avoir voulu combattr
439lle demeure d’avoir voulu combattre et nier cette passion dont il vivait, et ce mythe même que réinventent ses deux plus belles
440iberté est devenue l’agent le plus efficace de la passion qu’elle prétendait guérir. D’où la tension inégalée de ce « théâtre d
441lesse du « raisonnement » qui se voit opposé à la passion de la Nuit ! « Ce n’est point une nécessité qu’il y ait du sang et de
442nde, que les acteurs en soient héroïques, que les passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette tristesse majest
443 mystique (manichéenne) qui est à l’origine de la passion et de son mythe : du moins faut-il bien reconnaître que cette croyanc
444pè chrétienne veut sanctifier la vie ; mais les « passions excitées » par Racine, cette « tristesse » à laquelle il nous invite
445bandon au « mal du siècle » (sécularisation de la passion) ne peut conduire Racine qu’au jansénisme, c’est-à-dire à la forme de
446 secret, et sans se l’avouer. Mais la crise de sa passion pour une femme qui fut peut-être la Champmeslé, et les premières atte
447iment de ses trop longues complaisances. C’est la passion, c’est sa propre passion, qu’il châtie en vouant à la mort la fille d
448 complaisances. C’est la passion, c’est sa propre passion, qu’il châtie en vouant à la mort la fille de Minos, et sa victime !
449 punit par personnes interposées en refusant à la passion de Phèdre toute réciprocité de la part d’Hippolyte. Or Phèdre était é
450la femme qu’il aime, il se venge de l’objet de sa passion, et il se démontre à lui-même que cette passion est condamnable sans
451a passion, et il se démontre à lui-même que cette passion est condamnable sans appel. Mais je l’ai dit, Racine à l’époque de Ph
452ère qui, condamnant l’inceste, rend impossible la passion. Et voici comment il s’y prend : en rendant Hippolyte amoureux d’Aric
453e opprimer sans l’accuser. J’appelle faiblesse la passion qu’il ressent malgré lui pour Aricie, qui est la fille et la sœur des
454 savants !) Mais ce n’est pas l’inceste, c’est la passion qui intéresse — au sens fort — Racine. L’autre moyen qu’il a trouvé p
455 [p. 225] passent pour de vraies faiblesses ; les passions n’y sont présentées aux yeux que pour démontrer tout le désordre dont
456t cause… » On est loin du dessein d’« exciter les passions » pour « plaire » à un besoin de « tristesse majestueuse ». On est to
457pompes, le sentiment. Aussi bien, l’analyse de la passion telle que la conduit un Descartes, sa réduction à des catégories psyc
458Spinoza néglige « l’obstacle ». Dans le fait, nos passions humaines sont toujours liées à des passions contraires, notre amour t
459, nos passions humaines sont toujours liées à des passions contraires, notre amour toujours lié à notre haine, et nos plaisirs à
460notre moi distinct. Et de là vient l’ardeur de la passion. Et de là vient que le désir d’union totale se lie indissolublement a
461u désir de la mort qui libère. C’est parce que la passion n’existe pas sans la douleur qu’elle nous rend désirable notre perte.
462t en sexe. À vrai dire, tout obstacle détruit, la passion n’a plus où se prendre. Et l’on parle de « passionnettes ». Le dieu d
463 n’aboutit à la mort qu’après un renoncement à la passion, et cette mort de Julie est chrétienne — autant qu’il peut dépendre d
464lin : Hier soir, j’ai longuement réfléchi sur la passion. Sans doute, la passion de l’amour suprême ne trouve jamais son accom
465onguement réfléchi sur la passion. Sans doute, la passion de l’amour suprême ne trouve jamais son accomplissement ici-bas ! Com
466pour ce monde… Maximes de Novalis : Toutes les passions finissent comme une tragédie, tout ce qui est limité finit par la mor
467eist « le seul accomplissement » possible d’une « passion d’amour suprême » à laquelle se refusait son corps. Mais les poètes n
468tale, ce mouvement perpétuel du romantisme, cette passion qui ruine sans relâche tous les objets qu’elle peut concevoir et dési
469paces d’une autre vie », c’est le chant pur de la passion de la Nuit. Mais il n’est point d’aube mystique à l’horizon spirituel
470offrait une image. Lui pourtant l’ignorait, et sa passion était naïve et forte. René et surtout Oberman ne peuvent même plus cr
471tion du mythe. Voici un homme que le besoin de la passion tourmente : il a découvert dans son « âme », c’est-à-dire dans son go
472. Mais il est obligé de constater que ce désir de passion, et la passion elle-même dans le monde où il vit, sont condamnés par
473bligé de constater que ce désir de passion, et la passion elle-même dans le monde où il vit, sont condamnés par la raison et pa
474r passionné une simple erreur. « Non point que la passion se trompe souvent, précise-t-il, mais elle est en soi une erreur… Le
475infortune. » Et encore : « Une âme faite pour les passions sent d’abord que cette vie heureuse (le mariage) l’ennuie, et peut-êt
476tallisation, donc de l’erreur. Ce qui explique la passion, à son avis, c’est une erreur favorable au désir. « Ce phénomène, dit
477 le type d’une solution verbale ? Car dire que la passion est une erreur — elle l’est parfois — ce n’est pas encore expliquer c
478écrit cela (dans Tristan et Isolde) savait que la passion est quelque chose de plus que l’erreur : qu’elle est une décision fon
479tent obscurément, sous le couvert d’un refus, aux passions qui tendent à sa perte.) En composant Tristan, Wagner a violé le tabo
480rme de l’épreuve qu’il va leur imposer — c’est la passion — ils ont déjà pressenti l’autre mort, celle qui est le seul accompli
481e leur amour. Le deuxième acte est le chant de la passion des âmes prisonnières des formes. Tous les obstacles surmontés, quand
482r : le traître Mélot 162 blesse Tristan. Mais la passion a désormais vaincu, elle vole au jour son apparente victoire : de cet
483’extase de la « joie la plus haute ». Initiation, passion, accomplissement mortel : ces trois moments mystiques auxquels Wagner
484le drame ne peut pas tout dire, la religion de la passion étant « essentiellement lyrique ». Dès lors la musique seule sera cap
485e éperdument contradictoire, contrapuntique de la passion de la Nuit — qui est l’appel au Jour incréé. La définition même de la
486ant se vulgarise et se démocratise. Le droit à la passion des romantiques devient alors la vague obsession de luxe et d’aventur
487prit pour s’affranchir des liens sensuels : or la passion courtoise n’avait pas d’autre but, et son langage n’avait pas d’autre
488re clé. Perdus et oubliés cette clé et ce but, la passion dont le besoin revient nous tourmenter n’est plus qu’une maladie de l
489s son cadre social l’influence anarchisante de la passion. Car celle-ci survivait à toute mystique, par la grâce équivoque du r
490e. La tentative de normalisation bourgeoise de la passion, visant à recréer une expression conventionnelle, donc admissible par
491n lui donne le nom romantique de « fatalité de la passion ». Et les tenants du conformisme n’ont pas tort de l’assimiler à la «
492ès le xiiie siècle, une rhétorique profane de la passion. Et c’est la diffusion de ce langage par la littérature romanesque qu
493 peut qu’être recréé par un effort contraire à la passion, c’est-à-dire par une action, une mise en ordre, une purification — u
494n [p. 261] dieu. Voilà le mouvement dernier de la passion, dont l’exaspération s’appelle la guerre. 21. La passion dans tous
495dont l’exaspération s’appelle la guerre. 21. La passion dans tous les domaines Le mythe sacré de l’amour courtois, au xiie s
496r et de purifier les puissances anarchiques de la passion. Une mystique transcendante orientait secrètement, polarisait vers l’
497 263] voudra, mais tout de même le triomphe d’une passion profanée. Mais bien au-delà du mariage et du domaine de la sexualité
498es, sentiment national, tout devient prétexte à « passion » et déjà s’exalte en « mystiques ». C’est que nous sommes devenus in
91 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
499Parallélisme des formes Du désir à la mort par la passion, telle est la voie du romantisme occidental ; et nous y sommes tous e
500ont la mystique courtoise a créé les symboles. Or passion signifie souffrance. Notre notion de l’amour, enveloppant celle que n
501a hauteur d’un rite, la violence débordante de la passion l’exige. À moins que les émotions ne se laissent encadrer dans des fo
502stan telle que nous la définissions : exprimer la passion dans toute sa force, mais en la voilant religieusement, de manière à
503 les romans de la Table Ronde.) « L’atmosphère de passion qui entourait les tournois explique l’hostilité de l’Église pour ces
504it aboutir de nos jours à l’annihilation de toute passion guerrière, à mesure que les hommes desservant les machines se feraien
505ulture font un effort pour recréer le mythe de la passion, c’est-à-dire pour rendre à la puissance anarchique un cadre et des m
506— ce déchaînement des instincts collectifs et des passions catastrophiques. Que reprochent les stratèges modernes aux généraux d
507t définir l’âge classique. Certes la guerre et la passion demeurent des maux inévitables, et d’ailleurs secrètement désirés ; m
508des rangs, apports territoriaux et financiers… La passion n’y joue plus le moindre rôle. L’amour lui-même, d’ailleurs, va deven
509 Juan succède à Tristan, la volupté perverse à la passion mortelle. Et la guerre en même temps se « profanise » : aux Jugements
510 laissent pas de doute sur ce qui flatte la vraie passion de l’homme du moyen âge. Gloire du sang ! Mais le xviiie siècle cons
511i la totale « profanation » de la guerre et de sa passion sacrée : c’est Law, le financier de la Régence [p. 282] qui la propos
512arte, c’est-à-dire le retour dans la guerre de la passion catastrophique. Du point de vue proprement militaire, qu’apportait la
513qu’apportait la Révolution ? « Un déchaînement de passion inconnu avant elle », répond Foch. L’hérésie de l’ancienne école, pré
514tion. Or la Nation, c’est la transposition de la passion sur le plan collectif. À vrai dire, il est plus facile de le sentir q
515 sentir que de l’expliquer rationnellement. Toute passion, dira-t-on, suppose deux êtres, et l’on ne voit pas à qui s’adresse l
516eux êtres, et l’on ne voit pas à qui s’adresse la passion assumée par la Nation… Nous savons toutefois que la passion d’amour,
517sumée par la Nation… Nous savons toutefois que la passion d’amour, par exemple est en son fond un narcissisme, auto-exaltation
518’Iseut. Car la brûlure intense et dévorante de la passion le divinise, et comme Wagner l’a vu, l’égale au monde. « Mon regard r
519ravi s’aveugle… Seul je suis — Moi le monde… » La passion veut que le moi devienne plus grand que tout, aussi seul et puissant
520 qu’un déplacement d’accent. Ensuite, que veut la passion nationale ? L’exaltation de la force collective ne peut mener qu’à ce
521isque de mort, et la mort même, à l’abandon de sa passion. « La liberté ou la mort », hurlaient les Jacobins à l’heure où [p. 2
522 l’Empire. La bataille de Valmy fut gagnée par la passion contre la « science exacte ». C’est au cri de Vive la Nation ! que le
523’elles allaient mettre en jeu des sentiments, des passions, c’est-à-dire des éléments de force jusqu’alors inexploités. » ⁂ Il s
524la période qui va de 1848 à 1870. Après quoi, les passions nationales, provisoirement apaisées, le céderont pendant quarante ans
525ces manifestations glorieuses et puissantes de la passion des peuples qui s’appellent : Valmy, Saragosse, Tarancon, Moscou, Lei
526par une dernière tentative de mythification de la passion. Réaction que l’on n’oserait pas comparer à la chevalerie, bien qu’el
527pavillon couvrait les intérêts de l’État, non les passions ou l’honneur des élites. Et l’État ne jouait plus guère que le rôle h
528accumulé en Occident des siècles de culture de la passion. La guerre de 1914 fut l’un des résultats les plus notables de cette
529omme et à l’instinct ; elle se retourne contre la passion même dont elle est née. Et c’est cela, non l’envergure des massacres,
530tifs, mécanisés, eut pour effet de neutraliser la passion proprement belliqueuse des combattants. Il ne s’agissait plus de viol
531re 185 , celle-ci ne figurant plus l’exutoire des passions, mais une sorte d’immense castration de l’Europe. c) La guerre total
532exprime plus l’instinct sexuel normal, ni même la passion qui l’utilise et le transcende, mais seulement cette perversion de la
533transcende, mais seulement cette perversion de la passion — d’ailleurs fatale, nous l’avons vu ailleurs — qu’est le « complexe
534 le « complexe de castration ». [p. 292] 11. La passion transportée dans la politique Chassée du champ de la guerre chevalere
535de symboles, mais un secteur de bombardement — la passion a cherché et trouvé d’autres modes d’expression en actes. Elle y étai
536 plus d’obstacles absolus, donc exaltants pour la passion ; d’autre part, dans les pays totalitaires, le dressage des jeunes pa
537 dans le même sens : elles déçoivent le besoin de passion, héréditaire ou acquis par la culture ; elles détendent ses ressorts
538Sachlichkeit des Allemands). L’on vit bien que la passion romantique ne trouvait plus de quoi se composer un mythe ; ne trouvai
539sé d’être le lieu par excellence où se réalise la passion. Celle-ci paraît se détacher de son support. Nous sommes entrés dans
540si la guerre totale anéantit toute possibilité de passion, la politique ne fait que transposer les passions individuelles au ni
541 passion, la politique ne fait que transposer les passions individuelles au niveau de l’être collectif. Tout ce que l’éducation
542onnifiée. C’est la Nation (ou le Parti) qui a des passions. C’est elle (ou lui) qui assume désormais la dialectique de l’obstacl
543nnels, à l’extérieur et au sommet le potentiel de passion s’accroît de jour en jour. L’eugénisme triomphe dans la morale qui co
544emands : Procréez ! — et c’est une négation de la passion ; mais il dit aux peuples voisins : — Nous sommes trop nombreux dans
545onc des terres nouvelles ! — et c’est la nouvelle passion. Ainsi toutes les tensions supprimées à la base viennent s’accumuler
546ie la mort. Et comme on le voit dans le cas de la passion d’amour, ce but est non seulement nié avec vigueur par les intéressés
547 ce nouveau parallélisme entre la politique et la passion. L’ascèse collectivisée, ce sont les restrictions que l’État impose a
548esure d’orchestrer la grandiose catastrophe de la passion devenue totalitaire ? ⁂ Ceci nous mène au seuil d’une conclusion que
549 l’on suive l’évolution du mythe occidental de la passion dans l’histoire de la littérature ou dans l’histoire des méthodes de
550e, né de la guerre, à la menace permanente que la passion et l’instinct de mort font peser sur toute société. La réponse du xii
551pendant, je ne pense pas que le drainage de toute passion par la Nation soit autre chose qu’une mesure de détresse. C’est repou
552égration physique et morale, et le problème de la passion sera supprimé avec la civilisation qui l’a fait naître ; Ou bien ce s
92 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
553t ses instincts asservissants. L’apparition de la passion d’Amour devait donc transformer radicalement le jugement porté sur l’
554nes, dont le sous-entendu est à peu près : que la passion est l’épreuve suprême, que tout homme doit un jour la connaître, et q
555écue que par ceux qui « ont passé par là ». Or la passion et le mariage sont par essence incompatibles. Leurs origines et leurs
556’est-à-dire l’inconscience, pourrait fournir à la passion une espèce de modus vivendi, et tous ces livres, aggravant au contrai
557 se marie encore « sans y croire ». Le rêve de la passion possible agit comme une distraction permanente, anesthésiant les révo
558t les révoltes de l’ennui. On n’ignore pas que la passion serait un malheur — mais on pressent que ce serait un malheur plus be
559e son « petit bonheur »… Ou l’ennui résigné ou la passion : tel est le dilemme qu’introduit dans nos vies l’idée moderne du bon
560re, cette idée toute moderne et romantique que la passion est une noblesse morale, qu’elle nous met au-dessus des lois et des c
561essus des lois et des coutumes. Celui qui aime de passion accède à une humanité plus haute, où les barrières sociales s’évanoui
562auté de l’amour sur l’ordre social établi. Que la passion profane soit en réalité une forme d’intoxication, une « maladie de l’
563te nuance est décisive. Le moderne, l’homme de la passion, attend de l’amour fatal quelque révélation, sur lui-même ou la vie e
564primitive. De la poésie à l’anecdote piquante, la passion c’est toujours l’aventure. C’est ce qui va changer ma vie, l’enrichir
565homme qui se possède. Mais [p. 305] l’homme de la passion cherche au contraire à être possédé, dépossédé, jeté hors de soi, dan
566t ce n’est qu’un début — un homme qui se prend de passion pour une femme qu’il est seul à voir belle, est un névrosé qui s’igno
567té-standard : elle définit d’avance l’objet de la passion — dépersonnalisé dans cette mesure — et disqualifie le mariage, si l’
568tar la plus obsédante. Ainsi la « liberté » de la passion relève des statistiques publicitaires. [p. 306] L’homme qui croit dés
569 « mariage d’amour » moderne : le mariage avec la passion ! Mais aussitôt paraît une anxiété dans l’entourage (ou le public) :
570 on la perd en la possédant. Alors commence une « passion » nouvelle. On s’ingénie à renouveler l’obstacle et le combat. On ima
571er et pour exalter ce désir aux proportions d’une passion consciente, intense, infiniment intéressante… Or c’est la douleur seu
572 Or c’est la douleur seule qui rend consciente la passion, et c’est pourquoi l’on aime souffrir, et faire souffrir. Lorsque Tri
573lus rien ne s’oppose à leur union, le génie de la passion dépose entre leurs corps une épée nue. Descendons quelques siècles et
574ns lui révéler son secret, il n’est au-delà de la passion que dans une passion nouvelle — dans le tourment nouveau de la poursu
575cret, il n’est au-delà de la passion que dans une passion nouvelle — dans le tourment nouveau de la poursuite d’apparences touj
576ugitives. Il était de la nature essentielle de la passion mystique d’être sans fin — et c’est par là que cette passion se détac
577tique d’être sans fin — et c’est par là que cette passion se détachait des rythmes du désir charnel ; mais tandis que pour Tris
578e délivrer qu’en échappant au monde fini. Mais la passion dite « fatale » — c’est l’alibi —, où se complaisent les modernes, ne
579tion. Mais Don Juan ne connaît pas d’Iseut, ni de passion inaccessible, ni de passé ni d’avenir, ni de déchirements voluptueux.
580me pas ce qui lui résiste. ⁂ Aimer, au sens de la passion, c’est alors le contraire de vivre ! C’est un appauvrissement de l’êt
581rs se ramènent au schéma monotone des ruses de la passion pour s’« entretenir », — des ruses d’une passion débile pour s’invent
582 passion pour s’« entretenir », — des ruses d’une passion débile pour s’inventer de plus secrets obstacles. Je songe à la psych
583d’amour actif. ⁂ Je n’entends pas ici attaquer la passion : je me borne à la décrire et à la « réciter » comme dit Montaigne, s
584it faire voir, par quelques traits, comment cette passion développe un certain nombre de fatalités psychologiques dont les effe
585n de l’une ou de l’autre, il faut admettre que la passion ruine l’idée même du mariage dans une époque où l’on tente la gageure
586, sur les valeurs élaborées par une éthique de la passion. Certes, il serait excessif d’estimer que la plupart de nos contempor
587uteurs donnent quelques lignes à la louange de la passion, ou tout au moins affectent de la tolérer : pour des raisons trop fac
588 même parfois jusqu’à ce paradoxe de présenter la passion amoureuse comme le couronnement d’un hymen idéalement réalisé (d’aprè
589 ne remonte pas le courant de toute l’époque ; la passion a toujours existé, elle existera donc toujours, et nous ne sommes pas
590ait pas s’organiser sans un constant recours à la passion des premiers révolutionnaires : or c’était cette passion précisément
591 des premiers révolutionnaires : or c’était cette passion précisément que l’on entendait « liquider ». D’où l’absolue nécessité
592niale de la jeunesse. La décadence du mythe de la passion dans la patrie du romantisme entraînait d’autre part des conséquences
593 donner pour seul objet légitime et possible à la passion l’idée de Nation symbolisée par le Führer. D’abord on priva la femme
594 indépendants des « goûts » individuels, donc des passions. À chacun sa « fiche de mariage ». Alors la science matrimoniale eût
595u besoin « spirituel », et donc artificiel, de la passion. Alors le cycle de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passio
596le de l’amour courtois sera fermé. L’Europe de la passion aura vécu. Un Occident nouveau, imprévisible, naîtra dans les laborat
597d’effet dans un monde qui a gardé, sinon la vraie passion, du [p. 319] moins la nostalgie de la passion, devenue congénitale à
598aie passion, du [p. 319] moins la nostalgie de la passion, devenue congénitale à l’homme occidental. Le mariage qui se fondait
93 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VII. L’amour action, ou de la fidélité
599es raisons de le consentir. J’ai voulu décrire la passion comme une entité historique, née dans un temps et dans des lieux déte
600te n’est pas négligeable. Mais peut-on décrire la passion ? On ne décrit pas une forme d’existence sans y participer, fût-ce mê
601cela peut avoir un sens : approuver ou rejeter la passion. Combien serait vaine l’attitude intellectuelle qui se définirait ell
602définirait elle-même comme une condamnation de la passion : il suffit, pour l’apercevoir, d’observer que la passion, quelle qu’
603: il suffit, pour l’apercevoir, d’observer que la passion, quelle qu’elle soit, ne peut ni ne veut « avoir raison ». Contre ell
604s l’instant qu’on parle raison. Car l’homme de la passion est justement celui qui choisit d’être dans son tort, aux yeux du mon
605que l’on fixe d’un œil fasciné ? Pour attaquer la passion dans l’amour il [p. 323] faudrait développer une violence spirituelle
606er une violence spirituelle qui tuât mieux que la passion d’amour : celle au moins de l’orthodoxie contre l’hérésie primitive,
607r que la Croisade, au total, fut un échec dont la passion sut profiter.) C’est qu’avant tout et après tout, à l’origine et à la
608tout et après tout, à l’origine et à la fin de la passion, il n’y a pas une « erreur » sur l’homme ou Dieu — a fortiori pas une
609l’homme, qui veut être lui-même son dieu 200 . La passion brûle dans notre cœur sitôt que le serpent au sang-froid — le cynique
610ela seul qu’il s’agit, pour qui veut surpasser la passion. Quant à stériliser le milieu culturel où la passion plonge ses racin
611sion. Quant à stériliser le milieu culturel où la passion plonge ses racines, il est probable que l’État s’en chargera, c’est s
612ne du salut). À vues humaines, la guérison de nos passions viendra de l’État, ce Sauveur anonyme qui assumera le poids de toutes
613 Mais je ne pouvais écrire un livre entier sur la passion sans achever ma description par ce trait qui enfin la situe, non dans
614ait qui enfin la situe, non dans l’abstrait où la passion ne peut exister — et alors en parler n’est qu’un jeu — mais dans le c
615 Si je ne vois pas de raison qui tienne contre la passion véritable, il m’apparaît en second lieu que la raison n’est guère plu
616aison plus qu’eux tous, lui qui d’abord exalte la passion, comme étant la suprême valeur du « stade esthétique » de la vie ; pu
617Dieu est « essentiellement malheureux », et cette passion chrétienne est la seule vérité, et tous nos « devoirs » humains (dont
618ut ce qui porte une chance de grandeur. (Comme la passion !) Les moralistes et certains sociologues ont essayé de prouver que l
619 raison et l’intérêt : quand ils n’auront plus de passions, quand ils cesseront de préférer l’erreur comme telle, quand ils cess
620avons vu, la gauloiserie n’étant pas moins que la passion une évasion hors du réel, une façon de l’idéaliser. Dans les deux cas
621 construction. « Absurde » au moins autant que la passion, elle se distingue de la passion par un refus constant de subir ses r
622ns autant que la passion, elle se distingue de la passion par un refus constant de subir ses rêves, par un besoin constant d’ag
623t toutes les raisons du monde de dire oui à cette passion éblouissante, — dire non en vertu de l’absurde, en vertu [p. 333] d’u
624re clair. Tristan lui aussi fut fidèle ! Et toute passion véritable est fidèle. (Pour ne rien dire des successives fidélités de
625appelle Iseut, mais à sa plus profonde et secrète passion. Le mythe s’empare de l’« instinct de mort » inséparable de toute vie
626t » moderne, et qui détient l’intime secret de la passion, au-delà de ce que les psychologues peuvent y lire. « Notre engagemen
627 — et non plus de la vie pour la mort (c’était la passion de Tristan). L’amour de Tristan et d’Iseut c’était l’angoisse d’être
628itial et juré de « cultiver » les illusions de la passion, de leur rendre un culte secret, et d’en attendre un mystérieux surcr
629foudre », et encore moins à la « fatalité » de la passion. Le « coup de foudre » est sans doute une légende accréditée par Don
630réditée par Don Juan, comme la « fatalité » de la passion est accréditée par Tristan. Excuse et alibi qui ne peuvent tromper qu
631ère le mythe et veut croire aux révélations de la passion. [p. 341] On objecte alors que le mariage ne serait plus que le « to
632e, l’homme qui se domine, ce n’est pas faute de « passion » (au sens de tempérament) mais c’est qu’il aime, justement, et qu’en
633e mariage comme cette institution qui contient la passion non plus par la morale, mais par l’amour. 6. Les paradoxes de l’Occ
634doxes de l’Occident Ces quelques remarques sur la passion et le mariage mettent en lumière l’opposition fondamentale de l’Éros
635 principe de correction que nos recherches sur la passion peuvent établir. ⁂ Les Orientaux caractérisent l’Europe par l’importa
636il est vrai que ces trois termes : christianisme, passion, dynamisme, correspondent aux trois traits dominants de la psyché occ
637e n’est pas le christianisme qui a fait naître la passion, mais c’est une hérésie d’origine orientale. Cette hérésie s’est répa
638 la manière la plus précise, historiquement, à la passion. Comme la passion, le goût de la guerre procède d’une conception de l
639s précise, historiquement, à la passion. Comme la passion, le goût de la guerre procède d’une conception de la vie ardente qui
640ique, ne saurait être un seul instant ramené à la passion. L’attitude humaine qu’il révèle est l’antithèse exacte de la passion
641humaine qu’il révèle est l’antithèse exacte de la passion : c’est une affirmation de la valeur des choses créées, de la matière
642 une application de l’esprit au monde visible. La passion ni la foi hérétique dont elle est née ne sauraient proposer comme but
643ar une volonté exactement contraire à celle de la passion. Ce qui peut induire en erreur, et ce qui a introduit de fait une fat
644et en particulier de la technique. C’est alors la passion (guerrière) qui va devenir le principal moteur de la recherche mécani
645le génie technique. La guerre mécanisée évacue la passion, et la technique en devenant mortelle, trahit les ambitions dont elle
646ivé la religion para ou même antichrétienne de la passion. ⁂ Faut-il conclure que la passion serait la tentation orientale de l
647rétienne de la passion. ⁂ Faut-il conclure que la passion serait la tentation orientale de l’Occident ? S’il est vrai qu’elle n
648 notre chance dramatique est d’avoir résisté à la passion par des moyens prédestinés à l’exalter. Telle fut la tentation perman
649é, de la personne, du mariage — et du refus de la passion. Elle suppose l’acceptation du différent, et donc de l’incomplet, la
650lité et donne des chances nouvelles à [p. 346] la passion. C’est notre vie et notre mort. Et c’est pourquoi la crise moderne du
651 l’évasion, l’envahissement de la culture par les passions nationalistes : tout ce qui tend à ruiner la personne. Mais ce sont l
652la personne. Il se peut que les excès mêmes de la passion provoquent des résistances, c’est-à-dire des formes nouvelles, ramena
653rès tout, n’est-ce pas encore une tentation de la passion que ce souci des lendemains qui obsède aujourd’hui tant de fronts ? N
654 Je l’ai dit et j’y insiste encore : condamner la passion en principe, ce serait vouloir supprimer l’un des pôles de notre tens
655in qui « condamne » de la sorte et a priori toute passion, c’est qu’il n’en a connu aucune, et qu’il est en deçà du conflit. Po
656dans le drame passionnel 209 . Mais au-delà de la passion vécue jusqu’à [p. 348] l’impasse mortelle, que pouvons-nous désormais
657selon le monde. Ici l’obstacle indispensable à la passion est d’une nature à tel point subjective, singulière et incomparable,
658ns ici à l’extrême limite, à l’origine pure de la passion — mais du même coup nous sommes jetés au cœur même de la foi chrétien
659ui rien que de fini » 210 … Ainsi l’extrême de la passion, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’ê
660, la mort d’amour, initie une vie nouvelle, où la passion ne cesse d’être présente, mais sous l’incognito le plus jaloux : car
661logie de la foi, l’on peut alors concevoir que la passion — quel que soit l’ordre où elle se manifeste — ne trouve son au-delà
662oivent une autre vocation, épousent Régine, et la passion revit dans leur mariage, mais alors « en vertu de l’absurde ». Et ils
663n aspect particulier du mouvement de retour de la passion, tel que l’a décrit Kierkegaard. Au sommet de l’ascension spirituelle
664l nous raconte dans le langage de la plus ardente passion, saint Jean de la Croix connaît que l’âme atteint un état de présence
665âce et d’obéissance. Et le désir de la plus haute passion se voit alors comblé sans cesse dans l’acte même d’obéir, en sorte qu
666logie de la foi, l’on peut alors concevoir que la passion, née du mortel désir d’union mystique, ne saurait être dépassée et ac
94 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
667rendre compte ; toute notre vie est fondée sur la passion, et nous voulons la paix, la tranquillité ! Je suis moi-même le plus
668dours, une manière d’exprimer la violence de leur passion, une sorte d’antiphrase. Mais encore une fois, si l’on veut déduire d
669 une parfaite confirmation de ma définition de la passion opposée à l’amour naturel. 10. Passion et Ascèse Dans le Tristan de
670on de la passion opposée à l’amour naturel. 10. Passion et Ascèse Dans le Tristan de Gottfried de Strasbourg, la grotte où se
671re de la religion d’Amour, en transporta toute la passion dans l’Église et l’orthodoxie, auxquelles il demeura toujours fidèle.
95 1939, La Vie protestante, articles (1938–1961). Nicolas de Flue et la tradition réformée (1er septembre 1939)
672conseil suffira, et son autorité, pour calmer les passions déchaînées. Le Solitaire est donc devenu la principale force morale e
96 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Don Juan (juillet 1939)
673thme dionysiaque. ⁂ Or si le don juanisme est une passion de l’esprit et non pas comme nous aimions le croire, une exultation d
674on de l’instinct, tout porte à supposer que cette passion n’est pas toujours liée au sexe. Et même il faut se demander si la se
675devient une menace pour la vie. En dérivant cette passion vers le plaisir, la société se trouve lui ménager des satisfactions q
676osséderait à tout jamais, digne enfin de sa vraie passion ! Il traque sans relâche tout ce qui bouge, tout ce qui s’arrête, tou
677par delà toutes les règles du jeu, il faut qu’une passion se révèle ; ou la mort, ou la vie éternelle. Il faut donc que Don Jua
97 1939, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La Poésie scientifique en France au xviᵉ siècle, par Albert-Marie Schmidt (septembre 1939)
678citations très fécondes. Encore y faudrait-il une passion de culture que les facilités de l’après-guerre ont passablement dépri
98 1940, Mission ou démission de la Suisse. 1. Le protestantisme créateur de personnes
679la barbarie, mais qui flatte les instincts et les passions, et satisfait le rêve nostalgique d’un retour à la nature, d’une frat
680 principal à la Réforme, ce fut l’absolutisme, la passion unitaire et centralisatrice, tant chez les papes que chez les princes
99 1940, Mission ou démission de la Suisse. 3. Neutralité oblige, (1937)
681 provisoire aux grands errants de l’esprit et des passions occidentales : Bâle et Genève au temps de la Réforme, Érasme, [p. 119
682fier nos pays. Il y aura de nouveau du jeu, de la passion, des communications fécondes entre les êtres, une circulation des cul
100 1940, Mission ou démission de la Suisse. 4. La Suisse que nous devons défendre
683. C’est parce que les premiers Suisses avaient la passion de leurs libertés civiles et quotidiennes qu’ils ont voulu se libérer
684’ordre il s’agissait. Or, prenons-y garde : cette passion maladive pour les choses « simples », elle tend à supprimer toute pos