1 1920, Articles divers (1924–1930). La Tour de Hölderlin (15 juillet 1929)
1s, et pendant des heures récite des odes grecques au murmure de l’eau ; la Princesse de Homburg lui a fait cadeau d’un pia
2ix l’appellent, combien sont dignes de s’attendre au don du langage sacré ? Cette langue de feu qui s’est posée sur Hölder
3erlin et qui l’a consumé… Digne ? — Un adolescent au visage de jeune fille qui rimait sagement des odes à la liberté… Et v
4ive qui est celle d’une longue île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre,
5nt l’image d’une femme par le nom qu’elle portait au mystère de l’amour… Trois petites fenêtres ornées de cactus miséreux,
6fleuris qui trempent… Tout est familier, paisible au soleil. Il passait des heures à cette fenêtre, à marmotter. Vingt-sep
7Chapitre : je vois s’y engager chaque jour le fou au profil de vieille femme qui promène doucement dans cette calme Tubing
8ncolie. Les étudiants le rencontrent, qui montent au [p. 356] Séminaire protestant : il leur fait de grandes révérences…  
9savent pas bien ramer et qui lisent des magazines au fil de l’eau, ce qui est le comble des vacances. À une table voisine,
10rce trop étroit avec le ciel, les dieux le vouent au malheur. » Ô cette chambre, où pénètre la facilité atroce de cette fi
2 1924, Articles divers (1924–1930). M. de Montherlant, le sport et les Jésuites (9 février 1924)
11s. Le rapprochement est peut-être prématuré, tout au plus peut-on dire qu’à l’heure présente déjà, son œuvre, comme celle
12 » des « grands corps athlétiques ». Sur le stade au soleil se déploient les équipes, et l’équipier Montherlant les contem
13t toute la morale, et les qualités indispensables au bon équipier deviennent les qualités du parfait citoyen : juste visio
14 artificiellement moderne que ce lyrisme sobre et prenant : « Si l’on s’échauffe, s’échauffer sur de la précision. » On évitera
15 un peu brutal, il saura le dompter, et atteindre au classicisme véritable. Voici un constructeur, un entraîneur, et qui j
3 1924, Articles divers (1924–1930). Conférence de Conrad Meili sur « Les ismes dans la peinture moderne » (30 octobre 1924)
16Est-il besoin de souligner l’importance de telles prises de contact entre artiste et public ? p. 6 b. « Conférence Meil
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
17rdun, et ce « haut ton de vie » qu’ils trouvaient au front. D’une phrase, il justifie son livre : « Ranimons ces horreurs
18trop descendre ». N’est-ce pas une éclatante mise au point ? Et venant de l’auteur du Songe, d’un de ces hommes qui « desc
19escendirent » du front dans notre paix lassée, ne prend-elle pas une pathétique signification ? Pourtant ici encore transpara
20est l’autre qui impose son absolu. Une soumission au réel durement consentie, voilà ce que nous admirons dans le Chant fun
21s, dont il est capable et qu’il lui faudra livrer au « feu de vérité » qui [p. 382] brûle dans son temple intérieur, s’il
5 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Colin, Van Gogh (août 1925)
22nt s’en effraie lui-même : « Il y a quelque chose au dedans de moi. Qu’est-ce que c’est donc ? » Ses premiers dessins sont
23illira enfin, dans l’éblouissement d’Arles, jusqu’au jour où cette consomption frénétique terrassant un corps minable, il
6 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
24aîné, ébahi, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des q
25 des négligences. Mais on ne demande pas non plus au puissant boxeur sur le ring d’être bien peigné. Rabevel, c’était un
7 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Les Appels de l’Orient (septembre 1929)
26ême que la France interrogeant l’Europe du xviiiᵉ prenait surtout conscience de son propre génie, l’Europe d’aujourd’hui semble
27ie grecque. D’autres attribuent cette supériorité au machinisme, et la déplorent. Plusieurs jeunes songent que dans une Eu
8 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Almanach 1925 (septembre 1925)
28avec les derniers champions du naturalisme puisqu’au début Fischer publia Zola et Ibsen, Tolstoï, Hauptmann et Maeterlinck
29sen, Tolstoï, Hauptmann et Maeterlinck. On trouve au tableau des auteurs édités depuis lors les grands noms de la littérat
9 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
30es types d’après-guerre d’une étrange vérité. Aux prises avec les problèmes sociaux et le luxe le moins apaisant, tournés vers
10 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Miguel de Unamuno, Trois nouvelles exemplaires et un prologue (septembre 1929)
31d est vraiment un étonnant esprit. Pour présenter au public français cette œuvre « d’importance européenne », croyez-vous
32un intérêt très profond : elles nous transportent au cœur de préoccupations des plus modernes, problème de la réalité litt
33’une volonté presque inhumaine torture et conduit au crime. Et s’ils s’imposent comme types, c’est encore et uniquement pa
11 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ernest Seillière, Alexandre Vinet, historien de la pensée française (octobre 1929)
34s réserves sont de peu d’importance si l’on songe au service que M. Seillière nous rend en réintroduisant dans l’actualité
12 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Gravitations (décembre 1929)
35on lyrisme cosmique. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. « Jules Supervielle :
36e. On est plus près de l’infini au fond de soi qu’au fond du ciel. p. 1560 l. « Jules Supervielle : Gravitations (NRF
13 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
37st ainsi qu’interviennent les trois Anglais mêlés au drame. M. Walpole leur a dévolu le soin d’entrer tantôt dans un foyer
14 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
38ic reste le témoin souvent sceptique ou railleur. Au cœur de la crise de notre civilisation, il y a un problème de morale
39aisirs rares ; et les dissonances les plus aiguës prennent la place d’honneur dans des esthétiques construites en hâte à l’usage
40, secouant son dégoût, un Montherlant s’abandonne au salut par la violence. Une sensualité moins énervée lui permet de bru
41re de quelques pamphlets par quoi il se raccroche au monde. Mais il a touché [p. 315] certains bas-fonds de l’âme où s’éve
42l’âme où s’éveille un désenchantement qui l’amène au besoin d’une mystique. Et pour finir, l’un des derniers venus, Marcel
43 un qui s’est complu dans son dégoût ; mais jusqu’au point d’y percevoir comme un appel du Dieu perdu. Il avoue enfin la c
44e se laisser glisser que de construire. Et l’on y prend vite goût. [p. 316] Cela tourne alors en passion de détruire, en hai
45 absolue que certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Cette lassitude facile à juger du dehors n’était p
46 de malaises, de révoltes plus ou moins complètes au gré des tempéraments. Le geste de Lafcadio généralisé : c’est le surr
47 veillé. L’amour moderne, nerveux, saugrenu jusqu’au sadisme, trop lucide, est un amour de fatigués (Les Nuits, l’Europe g
48l’égard de soi-même la méthode de l’Évangile qui, prenant à plein poing toutes ces petites misères, en compose d’un seul coup u
15 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
49 Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926) p Au creux des couleurs assourdies d’un divan le soir, tandis que les fenê
50 crime ; et l’étrange apaisement d’une vieillesse au soleil. Jouve semble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un
51conscients. Certaines proses mystiques de Paulina au couvent valent les meilleurs poèmes de l’auteur de Tragiques et de Vo
16 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alix de Watteville, La Folie de l’espace (avril 1926)
52lques autres plaisirs pour civils : mettez-le aux prises avec une petite cité patricienne dont il devra portraiturer les genti
17 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, Mon corps et moi (mai 1926)
53 le véritable désordre. Une intelligence parvenue au point où elle « ne semble avoir rien d’autre à faire que son propre p
18 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Le Corbusier, Urbanisme (juin 1926)
54est ainsi que le problème de l’Urbanisme se place au croisement [p. 798] des préoccupations esthétiques et sociales d’aujo
55métries de verre et de ciment blanc, flamboyantes au soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espace
56soleil. Les vingt-quatre gratte-ciels de la Cité, au centre, s’espacent autour d’un aérodrome-gare circulaire, prismes per
57s par les plans fuyants des rues immenses livrées au 100 à l’heure des autos. Les maisons habitées ne sont plus que des en
58os cités congestionnées, ce serait peut-être tuer au soleil des germes de révolution. Déjà des ingénieurs se sont mis à ca
19 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
59ons qui sont en train d’ôter sa valeur littéraire au genre le plus encombré et le plus impur qui soit. On n’a pas ménagé l
60est peut-être inhérent, dans une certaine mesure, au genre de critique pratiqué par Fernandez. Périlleuse situation que la
20 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
61ffrir, il ne sait plus de quels souvenirs ; jusqu’au soir où la douleur nette d’un amour réveillé l’envahit. Et Closain re
21 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, La Tentation de l’Occident (décembre 1926)
62rdre. Nous humilions sans trêve notre sensibilité au profit de ce « mythe cohérent » vers quoi tend notre esprit. La passi
63 absurdité essentielle » que le Chinois distingue au cœur de la vie occidentale apparaît mieux par la comparaison de l’idé
64 pour « réussir » — à quoi, grands dieux ? — nous prenons chaque jour une conscience plus claire de la vanité de nos buts, « ca
65de la vanité de nos buts, « capables d’agir jusqu’au sacrifice, mais pleins de dégoût devant la volonté d’action qui tord
22 1926, Articles divers (1924–1930). Conférence de René Guisan « Sur le Saint » (2 février 1926)
66testant : la notion de « Saint » et son évolution au cours des siècles. Primitivement, le Saint est un homme que Dieu a mi
67quand il s’agit d’adapter des traditions antiques au dogme en formation. Au Moyen Âge l’évolution se continue dans le même
68er des traditions antiques au dogme en formation. Au Moyen Âge l’évolution se continue dans le même sens. On spécialise le
23 1926, Articles divers (1924–1930). Conférences d’Aubonne (7 avril 1926)
69 l’Association chrétienne d’étudiants eurent lieu au printemps, et non plus à Sainte-Croix, mais à Aubonne. Un plein succè
70des conférences, les Objections des intellectuels au Dieu chrétien, fut introduit par M. Raymond de Saussure, psychanalyst
71t le soir avant pour les milieux d’ouvriers noirs au Cap. Sans toucher à des questions de partis, avec une passion contenu
72particulière à ces rencontres. Rien de plus aéré, au moral comme au physique. Chacun dit ce qu’il pense sans se préoccuper
73ces rencontres. Rien de plus aéré, au moral comme au physique. Chacun dit ce qu’il pense sans se préoccuper d’être bien pe
24 1926, Articles divers (1924–1930). Confession tendancieuse (mai 1926)
74aiblesses, tant d’autres désirs contradictoires ; au gré du temps, d’un sourire, d’un sommeil, tant de bonheurs ou de dégo
75s, la vie, comme ils disent. Je me suis abandonné au jeu du hasard, jusqu’au jour où l’on me fit comprendre qu’il n’est qu
76ent. Je me suis abandonné au jeu du hasard, jusqu’au jour où l’on me fit comprendre qu’il n’est que le jeu de sauter folle
77c’est ainsi par feintes que je progressais, jusqu’au jour où je m’avouai un trouble que je me refusai pourtant à nommer pe
78ai pourtant à nommer peur de rire. Cette amertume au fond de tous les plaisirs, cette envie de rire quand il m’arrivait un
79e de Dieu, à la base. J’aurai garde de m’y perdre au début d’une recherche qui n’a que ce but de me rendre mieux apte à vi
80fatigue générale qui fausse tout, et qui s’oppose au perfectionnement de l’esprit, puisqu’elle ne permet que des associati
81u, premier gage du divin… Reprendre l’offensive — au soir, je m’amuserai à mettre des étiquettes sur mes actes… Déjà je se
82es du large !… Tiens, j’écoute le vent ; je pense au monde. Chant des horizons, images qui s’éclairent… Je vais écrire aut
83 guider ce corps et cet esprit… Créer, ou glisser au plaisir ? Êtes-vous belle, mon amie, — et vous, ma vie ? Certes, mais
84uxe, ne pas aimer son plaisir ? Je reste candidat au salut. p. 144 f. « Confession tendancieuse », Les Cahiers du m
25 1926, Articles divers (1924–1930). Les Bestiaires, de Henry de Montherlant (10 juillet 1926)
85upté », je me sens envahi par un rythme impérieux au point qu’il faut que certaines voix en moi taisent leur protestation,
26 1926, Articles divers (1924–1930). Soir de Florence (13 novembre 1926)
86re les deux façades longues que la ville présente au couchant, dans ce corridor de lumière où elle accueille le ciel — et
87ng’Arno trop vaste et nu, les voitures revenaient au pas des Cascine. Vers sept heures, il n’y en eut presque plus. Nous é
88étions seuls sur le pavé qui exhalait sa chaleur, au long des quais sans bancs pour notre lassitude. Florence s’éloignait
89mon. Nous marchions vers ces hauts arbres clairs, au tournant du fleuve, parmi les dissonances mélancoliques des lumières
90nie plus reposante. Cette imparfaite accoutumance au monde de sensations inconnues où nous étions baignés nous promettait
91 gué. Plus proches, les syllabes nous parviennent au ras du fleuve sombre. Nul désir en nous de comprendre ce lamento. Le
92. Penser serait sacrilège, comme une barre droite au travers d’un tableau. Nos yeux ont regardé longtemps — où va l’âme du
93el de l’est, et une façade parfaite répond encore au couchant. San Miniato sur sa colline. Derrière nous, les arbres se br
94sommeil de plante vaguement heureuse d’être pliée au vent qui ne parle jamais. Nous fûmes si près de choir dans ton silenc
95ni, pour être seul parmi la foule, lève les yeux, au plus beau ciel du monde. p. 547 h. « Soir de Florence », La Se
27 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Avant-propos (décembre 1926)
96ce en retour. Certes, nous ne demandons pas qu’on prenne toutes nos obscurités pour des profondeurs. Et nous n’allons pas proc
97boîter le pas, mais seulement de retenir sa place au spectacle qu’ils offrent et de les considérer avec sympathie. Il est
28 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
98incérité (décembre 1926) b Nous voyons un mythe prendre corps parmi les ruines de ce temps. Il fallait bien tirer quelque ver
99M. Brémond ne s’est pas encore mêlé de l’affaire. Au reste, on n’a pas attendu les éclaircissements du subtil abbé pour n’
100ent littéraire, celui-là même qui aboutit naguère au surréalisme. Tous les héros de roman se sont mis à gesticuler « gratu
101e plan moral. Telle action peut paraître gratuite au lecteur parce qu’il ne sait pas tout sur le personnage. Mais quant à
102 Premier exemple. — Je m’assieds à mon bureau, je prends une feuille blanche, je vais écrire ce que je trouve en moi (sentimen
103telle sensation physique de bonheur, dans une rue au coucher du soleil, des phares d’automobiles étoilent le brouillard, l
104 qui se proposaient à mon souvenir ont été passés au crible de la minute où je me penchais sur mon passé. Ou, pour user d’
105véritablement se mentir à soi-même, et surtout se prendre à ses propres mensonges ? Peut-être juste assez pour qu’ils vous aide
106te assez pour qu’ils vous aident 3 — mais jamais au point d’oublier la vérité qu’on désirait qu’ils cachent pour un momen
107 de sincérité, c’est-à-dire une sincérité tournée au vice, invertie, qui retient de l’oser. [p. 22] Petite anthologie ou
108 devenait inintelligible en même temps qu’odieux. Au hasard de quelques lectures, je pris note des passages suivants (les
109mps qu’odieux. Au hasard de quelques lectures, je pris note des passages suivants (les paraphraser serait d’une ingratitude
110r serait d’une ingratitude insigne — ils marquent au reste fort bien les jalons de cette recherche) : Puissiez-vous avoue
111sait une ferveur nouvelle, et chaque être un plus prenant sourire. Cependant que ma joie — un état de grâce, un amour — ne pouv
112ours possibles. C’est ainsi que fidèle à soi-même au plus profond de l’être, on entretient comme une arrière-pensée sagace
113onçoit que ce constant et secret assujettissement au moi idéal exige une politique des sentiments plus subtile et, je pens
114Constater une faiblesse, c’est toujours un peu en prendre son parti. La sincérité crée en nous un fait accompli. J’appelle hypo
29 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Louis Aragon, Le Paysan de Paris (janvier 1927)
115 de fanfaronnade et d’intense désespoir, on songe au Frank de La Coupe et les Lèvres, à qui ses compagnons criaient : « Te
116i permet à l’auteur de divaguer de la philosophie au lyrisme le plus échevelé en passant par la description réaliste ou im
30 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
117 ferait se meurtrir l’un l’autre. Pourtant, jusqu’au bout, il semble qu’un mot, un geste décisif, ou certaine amitié de la
118 un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combien cette analyse trahit Barbey : son art est juste
31 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Guy de Pourtalès, Montclar (février 1927)
119ur qu’il ira demander la souffrance indispensable au perfectionnement de son âme. Et qu’importe si les Allemands qui, fréq
32 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
120ux, j’y vois un signe charmant d’amitié de l’aîné au plus jeune, lequel envoie l’un de ses personnages pour remercier ; (p
121de si l’Auber de Jean Cassou ne va pas s’attabler au café en face des personnages de Jaloux. Et peut-être que la comtesse
122faire ces confidences qu’elle livre si facilement au héros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille
123comme dans l’Âge d’or, un désenchantement profond prend le masque d’une aimable mélancolie. C’est la sourde tristesse des cho
33 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Notre inquiétude (avril 1927)
124e sans cesse l’inquiétude autant que la sérénité… Au reste, n’est-elle pas de M. Rops lui-même, cette phrase qui formule a
34 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Lecache, Jacob (mai 1927)
125 : il devient grand industriel, assure sa fortune au prix du peu cynique reniement de ses origines. Le vieux père s’effond
126t pittoresque dans la description du milieu juif, prend une âpre rapidité avec l’ascension de Jacob et ses luttes. On pardonn
35 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Paul Éluard, Capitale de la douleur (mai 1927)
127heureux. » Il y a aussi un certain tragique, mais au filet si acéré qu’on ne sent presque pas sa blessure. Mais c’est ici
36 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Drieu la Rochelle, La Suite dans les idées (mai 1927)
128ulpe avec une saine rudesse. « Il s’examine jusqu’au ventre de sa mère et cognoit que dès lors il a esté corrompu et infec
129tres comme Keyserling, Ferrero, commencent à être prises au sérieux en France par quelques jeunes gens. Il faut louer Drieu d’
130mme Keyserling, Ferrero, commencent à être prises au sérieux en France par quelques jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avo
131 jeunes gens. Il faut louer Drieu d’avoir échappé au surréalisme en tant qu’il n’est que le triomphe de la littérature sur
132 en garder une passion pour la pureté, un « jusqu’au boutisine » qui seul peut redonner quelque vitalité à notre civilisat
37 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Girard, Connaissez mieux le cœur des femmes (juillet 1927)
133nant le titre sur un air sentimental, bien décidé au fond, à retrouver Patsy, l’Irlandaise perdue par cet improbable et sy
134don de Buibuis, qui parle toujours de Weber… Mais au fait, si vous n’aviez pas lu ce livre ? Ah ! sans hésiter, je vous fe
38 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Rainer Maria Rilke (décembre 1927)
135ternelle « stratégie littéraire », de gazetiers ; au cœur de ces sujets qui paraît-il, ne sont pas d’actualité : la solitu
39 1927, Articles divers (1924–1930). Conférence d’Edmond Esmonin sur « La révocation de l’Édit de Nantes » (16 février 1927)
136ur juger la Révocation. M. Esmonin, lui, se place au point de vue de l’historien scrupuleux, qui juge d’après les textes,
137nesse. Le roi, « un niais en matière religieuse » au dire de sa belle-sœur, la princesse palatine, se laisse facilement co
138es protestants. Aussi ne s’effraye-t-on pas trop, au début, de l’émigration des fidèles qui suivent leurs pasteurs proscri
139 malgré des félicitations arrachées par Louis XIV au pape, les catholiques sont loin d’être unanimes à louer la Révocation
140 qui n’ont commis d’autre crime que de « déplaire au roi » vont reprendre de plus belle : la guerre civile succède aux dra
40 1927, Articles divers (1924–1930). Jeunes artistes neuchâtelois (avril 1927)
141t-elle redevenir le centre artistique qu’elle fut au siècle passé ? Allons-nous assister à un regroupement de ses forces c
142 les plus modernes, et sont bien situés pour n’en prendre que le meilleur ; mais l’émulation, l’atmosphère de combat nécessaire
143is l’émulation, l’atmosphère de combat nécessaire au développement de certains jeunes tempéraments leur fait défaut dans l
144 ses enfants… » Car le fils prodigue, s’il rentre au foyer dans une Rolls-Royce et fortune faite, tout le monde s’accorde
145 d’art diplômé. Premier péché contre l’histoire : au seuil d’un article consacré aux jeunes artistes neuchâtelois, je vous
146ent de vitalité combative qui manque trop souvent au Neuchâtelois. S’il casse des vitres, ce n’est pas seulement pour le p
147mais les autres sont soulagés. Et ne fût-ce qu’en prenant une initiative comme celle de Neuchâtel 1927 7 il aura bien mérité
148ler une idée. Voyez son portrait de Meili : il ne prend pas le sujet par l’intérieur, mais il taille ce visage dans une pâte
149 mièvres, sous l’œil méfiant des fascistes qui le prennent pour un agitateur russe, à cause de sa chevelure, sans doute ! On ne
150 dans l’œuvre de Bouvier. Sa technique qui paraît au premier abord masquer ses intentions, en réalité les exprime par ses
151e singuliers chemins d’accès. Ce qui d’abord vous prend et vous retient dans un tableau de Bouvier, c’est toujours une sorte
152tit bonhomme de chemin sans se douter qu’il avait pris quelques années d’avance sur ses contemporains. Un jour les jeunes le
153 avec les siens. Vous retournez une toile appuyée au mur, c’est un Renoir… Retournez-en une autre, ce doit être un dessin
41 1927, Articles divers (1924–1930). Dés ou la clef des champs (1927)
154ul. Le café est un lieu anonyme bien plus propice au rêve que ma chambre où m’attendent tous les soirs quand je rentre du
155 sur mon esprit. [p. 98] Non que cela m’intéresse au fond : les faits-divers, rien de moins divers. Mais je suis pris dans
156 faits-divers, rien de moins divers. Mais je suis pris dans l’absurde réseau des lignes, et cette mécanique me restitue chaq
157rdonna-t-il. La surprise vainquit ma timidité, je pris les dés et les jetai sans hésiter. Il compta de nouveau, puis avec un
158rdemment vers la conclusion d’un hasard qui opère au commandement de la main. Ce soir-là, une confiance me possédait, tell
159x aux amants quand ils n’ont plus que des baisers au goût d’adieu, et l’avenir où se mêlent incertaines, une tendresse épe
160tre, [p. 104] je ne saurai jamais rien… (sinon qu’au lendemain je n’avais plus un sou). Je n’ai jamais revu l’étranger. Qu
42 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Billets aigres-doux (janvier 1927)
161auté froide ? Oui, mais à qui s’adresser. Automne au sourire absent, Or luisant, terreau qui fume… Et tu laisses, ô col ro
43 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conte métaphysique : L’individu atteint de strabisme (janvier 1927)
162sens de l’éternel rendait pourtant considérables, au sens étymologique du terme. Il loucha vers le néant, retourna ses poc
44 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Dans le Style (janvier 1927)
163, sifflant comme un fusil automatique, fait balle au cerveau du poète qui meurt de sommeil naturel. Le tunnel sous la Manc
45 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Lettre du survivant (février 1927)
164 fait très froid dans ma chambre : le feu n’a pas pris, et d’ailleurs cela n’en vaut plus la peine. (Veuillez ne pas voir da
165s les plus atrocement inutiles. La première fois, au théâtre. Dans l’ombre, j’ai suivi le drame sur vos traits seulement ;
166 couple heureux et banal, votre sourire répondant au mien, comme on voit au dénouement des films populaires et sur des car
167l, votre sourire répondant au mien, comme on voit au dénouement des films populaires et sur des cartes postales illustrées
168d aux genoux, odeur de vieille fumée, et ce refus au sommeil qui meurtrit jusqu’à l’âme.)   Convulsions d’oriflammes sur
169mps que j’ignorais vous aimer. En sortant du bal, au vestiaire, je vous avais entendue donner un rendez-vous au thé du Pri
170ire, je vous avais entendue donner un rendez-vous au thé du Printemps. J’ai rôdé dans la joie féminine des grands magasins
171our la première fois… Je me disais encore : Si je prends cet ascenseur et que je la croise en route dans l’ascenseur descendan
172 la foule qui se précipitait, mais je n’avais pas pris de numéro, je ne pouvais pas monter. Je finissais par vous voir parto
173dans les couloirs implacablement brillants, je me pris à parler à haute voix, par bribes de phrases incohérentes. Je voyais
174. Il y a vingt-quatre heures donc, j’étais encore au bal. Cette constatation machinale ne correspond à rien dans mon espri
175cette sournoise recherche de tout ce qui me navre au plus intime de mon être… Le revolver est chargé, sur cette table. (Je
46 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Orphée sans charme (février 1927)
176s comme poèmes et comme dictées de l’inconscient, au fond desquels on a si vite fait de distinguer les quelques préoccupat
47 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’autre œil (février 1927)
177 fardée, l’haleine mauvaise, édentée et tâchant à prendre un accent anglais d’un comique assez macabre. Ses derniers sectateurs
178 d’une maîtresse jadis belle et diserte qui tombe au ruisseau en prononçant de séniles calembours… Pénétrés d’horreur, les
179Pénétrés d’horreur, les Bellettriens avaient fui. Au détour d’une ivresse, ils rencontrèrent une créature évadée d’anciens
180nce de Cinématoma Cinq Bellettriens furent commis au soin d’engendrer cet adorable monstre. Ils se réunissent parfois auto
181onstate que jamais « la Montagne » ne saura venir au prophète, même s’il se nomme Mossoul. Pourtant, au milieu de ce palud
48 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Entr’acte de René Clair, ou L’éloge du Miracle (mars 1927)
182te jusqu’à éclater, tandis que des villes passent au fond à toute vitesse. Rigueur voluptueuse d’une colonnade, puis un je
183du paysage urbain vu par les poursuivants, arbres au ciel renversé, maisons obliques, montagnes russes. (J’ai regretté que
184ence que le nôtre. Les gens rient à l’enterrement au ralenti, à l’éclatement des têtes de poupées, à la conclusion. Ce n’e
185forme un homme en chien, cela n’a rien d’étonnant au cinéma. C’est la photographie d’une chose qui ne serait étonnante que
186xemple, l’éclosion d’une rose, un homme qui court au ralenti, certaines coïncidences de mouvements… C’est une réalité quot
187 prodiges que déclenche René Clair, verrons-nous, pris par surprise dans l’exploration ivre d’un projecteur, des signes fati
49 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Louis Aragon, le beau prétexte (avril 1927)
188. Hoffmann. I (Notes écrites en décembre 1925, au sortir d’une conférence sur le Salut de l’humanité.)   Ce soir en moi
189 condamné à mort et à l’éternité. Le Diable avait pris des avocats dont les plaidoyers, tissus des mensonges les plus beaux
190 juron mélodramatique, d’une voix torturée, hurle au Pape et au Diable un anathème sanglant. Louis Aragon, avocat de l’inf
191dramatique, d’une voix torturée, hurle au Pape et au Diable un anathème sanglant. Louis Aragon, avocat de l’infini, annonc
192es phrases d’un fascinant éclat : « Ô grand Rêve, au matin pâle des édifices, ne quitte plus, attiré par les premiers soph
193 absolue que certains d’entre nous eussent acheté au prix d’un martyre… Nos jugements se rendaient sans cesse à l’échelle
194xtrême moyenne d’où sont exclues toutes grandeurs au profit de fuites lâches qu’on veut nommer renoncements ! Jouant tout
195n nous sert des cocktails (un Musset triple-sec). Au lieu du cynisme verbeux 1830, une théorie du scandale pour le scandal
196ser dire comme Aragon sans ridicule. Et ce que je prenais pour le ton prophétique, ne serait-ce pas plutôt une sorte de donquic
197s la plus belle, — ce qui tressaille et m’atteint au vif, c’est tout de même un désespoir en quoi je ne vais pas m’empêche
198qui s’associe à tant d’objets de votre mépris, en prenant le contre-pied de tout ce qu’il inspire ? Alors que cette réaction mê
199l y a de plus français ; que c’est elle qui donne au surréalisme ce petit côté jacobin si authentiquement, si déplorableme
200éplorablement français. Et puisque nous en sommes au surréalisme, ce produit parisien qui, comme tout ce qui est parisien,
201 examens de conscience toujours ratés — on ne m’y prendra plus ! — morales américaines et hygiéniques en tous genres, instructi
202ouissement violent d’une immense fleur palpitante au parfum de passions, c’est une atmosphère toute chargée d’éclairs qui
203 chargée d’éclairs qui nous atteignent sans cesse au cœur et nous revêtent miraculeusement d’aigrettes de folies et de joi
50 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Quatre incidents (avril 1927)
204 incidents (avril 1927) l La maîtresse d’École Au printemps pur comme une joue, École errait, École suivait une femme d
205t de l’une à l’autre deux séries de profils jusqu’au soleil toujours de face. Il ne vit plus que la foule des yeux bleus,
206ent un fauteuil et un violon, pour qu’il en joue, au printemps, s’il savait … [p. 152] R.S.V.P. À Max-Marc-Jean Jacob R
207triste baisa cette main cruelle… et quitta le bal au matin. Il neigeait dans les rues sourdes comme un songe de son enfanc
51 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Récit du pickpocket (fragment) (mai 1927)
208eau minérale devant son étrange convive, celui-ci prit la parole sans plus de cérémonie : « La jeunesse, Monsieur…, la jeune
209tteint la vie. On s’y maintient cinq ans, dix ans au plus. Après, c’est un long adieu et le corps se fige à mesure que l’e
210 et d’insouciance dans le bonheur de la saison. — Au soir, mon père savait tout. Il effleura mon front de ses lèvres sans
211 musique. » La femme en bleu dansait en regardant au plafond. Après deux tangos, nous montions ensemble dans une chambre d
212ance. Ne m’avait-on pas dérobé des années de joie au profit d’une [p. 183] vertu que tout en moi reniait obscurément. Je s
213la gloire de l’Église. (Ici, il but une gorgée et prit un temps.) » Je vous fais grâce, poursuivit-il, de la chronique de ma
214s élémentaires qui ne manquent jamais de succéder au moindre vol. » J’ajouterai, cher Monsieur, que l’analyse psychologiqu
215e moindre geste convenu dans le genre « révolté » prend une saveur de raillerie assez amère. Et peut-être apprendrez-vous à d
52 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Conseils à la jeunesse (mai 1927)
216rlait naguère, tu mangeras avec appétit une poule au riz arrosée d’un savoureux “demi” de Lavaux. » Seulement, il y a tout
217fait surtout de la sacro-sainte Raison utilitaire au service des sacro-saints Principes au nom desquels tout se ligue aujo
218 utilitaire au service des sacro-saints Principes au nom desquels tout se ligue aujourd’hui pour anéantir la seule chose q
53 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
219e pensée tendre pour un ami poète. « L’autre jour au Grand Écart… » dit quelqu’un. À ce coup, l’évocation de Cocteau fait
220d’Éluard 14 . Et des phrases, des cris, des mots. Au défaut de l’ivresse naissante se glisse un poème où vous aimiez à la
221 à la folie votre douleur. Narcisse1 se contemple au miroir de son monocle. Au petit matin, il se noie dans un verre à liq
222 Narcisse1 se contemple au miroir de son monocle. Au petit matin, il se noie dans un verre à liqueur. Poisson dans l’eau,
223r. Poisson dans l’eau, plumes dans le vent, poète au bar, le paradis n’est pas si cher. Il y en a aussi qui posent pour le
224ence tue la connaissance. (« Connaissance » étant pris avec son sens le plus profond, qui est proche du sens biblique. Il ne
225 fièvre, pour en circonscrire les effets. J’avoue prendre à cette étude un intérêt bien vif. Et cela fournit un merveilleux suj
226ela fournit un merveilleux sujet de conversation, au café. Dans un salon, par contre, c’est d’un ridicule écrasant : mais
227ation.) Mais non, cher ami, voici qu’une envie me prend de vous conter un peu cette histoire. Seulement, allons ailleurs ; il
54 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Adieu au lecteur (juillet 1927)
228 [p. 256] Adieu au lecteur (juillet 1927) q Nous passons la main au central de Genève,
229u lecteur (juillet 1927) q Nous passons la main au central de Genève, fidèles à la tradition — en ceci au moins. Nous no
230un peu là, du grand Arthur-Alfred-Albert [p. 258] au non moins grand Tanner. (On a fait ses preuves, quoi !) Et puis, qui
231uriosité des plus blasés. Lecteur, fais confiance au Central de Genève. Souviens-toi de la grandeur de ses traditions et n
55 1928, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le péril Ford (février 1928)
232d’en croire nos yeux. I. L’homme qui a réussi Je prends Henry Ford comme un symbole du monde moderne, et le meilleur, parce q
233t de ma critique pour faciliter l’accusation : je prends pour la juger ce que l’époque m’offre de mieux réussi. Voici la vie d
234 chemin de Damas » (comme il dit sans qu’on sache au juste quelle dose d’« humour » il met dans l’expression), c’est la re
235ouze ans, j’aperçus cette machine de route, jusqu’au jour présent, ma grande et constante ambition a été de construire une
236lus puissant industriel du monde ; le plus riche, au point qu’il peut parler d’égal à égal avec beaucoup d’États ; le plus
237n ajoute à cela le plaisir qu’on éprouve toujours au récit de succès mirobolants, et le charme un peu facile mais fort goû
238ur montre le chemin qu’ils seront bien obligés de prendre tôt ou tard. Il est préférable qu’ils s’y engagent dès aujourd’hui ré
239onomiste. Ford, perfection de l’industriel, offre au monde moderne le premier exemple de son achèvement intégral. Il a att
240énéfice de la production à celui du consommateur. Prenons cette petite phrase qui n’a l’air de rien : « Nul ne contestera que,
241a comparaison. Il est impressionné par la baisse, au point qu’il en oublie que cela ne l’intéresse plus réellement. Il cro
242ne une apparence de liberté, c’est pour mieux les prendre dans son engrenage. L’emploi de leurs loisirs est prévu. Il est déter
243roduire peut très bien envahir un cerveau moderne au point d’en exclure toute considération de finalité. Mais cet aveuglem
244articulière, et cent autres pareilles, composent, au total, la grande Liberté idéale et mettent de l’huile dans les rouage
245la vie quotidienne. Cette Liberté idéale réduite au rôle d’huile dans les rouages, n’est-ce pas charmant et prometteur ?
246on attitude ne porte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et se
247e porte un nom philosophique : c’est au plus pur, au plus naïf matérialiste que nous avons affaire ici. Et ses prétentions
248philosophie. Mais, sans qu’on s’en doute, cela en prend la place. Les facultés de l’âme, inutilisées, s’atrophient. Pourvu, d
249ses conditions. Dans cette mécanique bien huilée, au mouvement si régulier qu’il en devient insensible et que la fatigue s
250 et qu’il sent immuable comme la mort le restitue au monde vers 5 heures du soir, dans la détresse des dernières sirènes.
251 du soir, dans la détresse des dernières sirènes. Au monde, c’est-à-dire à une nature dont l’usine lui a fait oublier jusq
252ence, et à une liberté qu’il s’empresse d’aliéner au profit de plaisirs tarifés, soumis plus subtilement encore que son tr
253tériel l’a laissé oublier les valeurs de l’esprit au point qu’il n’éprouve plus même cette carence ; seulement, peu à peu,
254elles que le développement de la technique impose au monde moderne. Ces êtres, d’une espèce de plus en plus rare, qui save
255 en rencontre encore parmi les jeunes gens, jusqu’au jour où, comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». I
256comme on dit, sans doute par ironie, « la vie les prend ». Irréguliers aux yeux du monde ; la proie d’on ne sait quelles forc
257rigueur de la nécessité — puisqu’elle est inutile au grand dessein matérialiste de l’Occident. La logique, parlant par la
258pressante : chercher s’il est possible d’échapper au fatal dilemme. Premiers pas vers la solution : l’existence du dilemme
56 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
259s, grand seigneur médiatisé, vaguement prétendant au trône de Pologne, est plutôt d’un mémorialiste. Madame Bibesco y mont
57 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Marguerite Allotte de la Fuye, Jules Verne, sa vie, son œuvre (juin 1928)
260 sont réellement dans la lune, ou bien descendent au fond des mers adorer la Liberté et jouer de l’orgue sous les yeux de
261isons de correction se jetaient sur ces volumes « au travers desquels ils respiraient l’air du monde ». N’en ferons-nous p
58 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Naville, La Révolution et les intellectuels (novembre 1928)
262 Breton. Mais à condition d’aller plus loin et de prendre une connaissance positive de ce qu’il y a sous cette réalité. Il est
263tain que s’ils avaient le courage de se soumettre au concret de l’esprit, ils comprendraient que le « service dans le temp
59 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
2647] André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928) au Ce récit de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud du
265it de la révolution cantonaise en 1925 nous place au nœud du monde moderne : on y voit s’affronter en quelques hommes d’ac
266d’ouvriers armés, toute cette Chine qui s’éveille au sein même de la lutte qui met aux prises l’Europe et le monde du Paci
267ui s’éveille au sein même de la lutte qui met aux prises l’Europe et le monde du Pacifique. On retrouvera ici beaucoup des idé
268aux veut sans issues : l’angoisse que fait naître au cœur du monde contemporain l’absurdité de ses ambitions. Écoutons Gar
269 exprimer en un tel drame, et voici André Malraux au premier rang des romanciers contemporains. p. 1547 au. « André
60 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Daniel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928)
270niel-Rops, Le Prince Menteur (décembre 1928) aw Au hasard d’une rencontre, l’auteur de ce récit se lie avec un inconnu q
61 1928, Articles divers (1924–1930). Un soir à Vienne avec Gérard (24 mars 1928)
271passé imaginaire, ou peut-être pour essayer de se prendre encore au rêve de valse qu’on était venu chercher parce que cela vaud
272e, ou peut-être pour essayer de se prendre encore au rêve de valse qu’on était venu chercher parce que cela vaudrait bien
273idée qu’on s’en fait. Le Ring, trop large, ouvert au vent glacial, crée autour du centre de la ville une insécurité qui fa
274lle une insécurité qui fait songer à la Russie et au sifflement des balles perdues d’une révolution. Sept heures du soir :
275 plus manquait le rendez-vous que j’avais demandé au hasard d’arranger. Mais le thème de la Barcarolle s’empare de tout mo
276ut mon être — ainsi d’autres deviennent patriotes au son d’une fanfare militaire, ainsi je m’abandonne au rêve d’un monde
277son d’une fanfare militaire, ainsi je m’abandonne au rêve d’un monde que suscite en moi seul peut-être cette plainte heure
278 que moi, il n’entend pas ma question. L’envie me prend d’aller le rejoindre. Me voici tout abandonné à l’évocation d’un amou
279, me répondit-il, que seul vous venez d’atteindre au monde des êtres véritables. Nous nous rencontrons. Vous me voyez parc
280enir entre la réalité de ma vision et mon cerveau pris au défaut de sa carapace de principes et d’évidences opaques. Nous so
281entre la réalité de ma vision et mon cerveau pris au défaut de sa carapace de principes et d’évidences opaques. Nous sortî
282d refusa obstinément de progresser. Gérard dut le prendre sous le bras, et les paires de pinces s’accrochèrent désespérément à
283 plus. Vous le savez, je n’ai aimé qu’une femme — au plus deux, en y réfléchissant bien, mais peut-être était-ce la même s
284les choses — et c’est cela seul qui donna un sens au monde. — Mais je bavarde, je philosophe, et vous allez me dire que c’
285gentils, messieurs ! » Il n’y avait plus qu’à lui prendre chacun un bras, une femme pour deux hommes — et ce fut bien dans cett
286is « Mehlspeis-Schlagobers » 10 . Heureusement qu’au Moulin-Rouge, souterrain où nous nous engouffrâmes dans un grand brui
287es. Gérard bâillait : « Voilà ce que c’est que de prendre des femmes au hasard, disait-il. Je sens très bien que nous allons no
288 : « Voilà ce que c’est que de prendre des femmes au hasard, disait-il. Je sens très bien que nous allons nous ennuyer ter
289t ne savent plus ce que c’est que le plaisir. Ils prennent au hasard des liqueurs qui n’ont pas été préparées pour leur soif. Il
290nt plus ce que c’est que le plaisir. Ils prennent au hasard des liqueurs qui n’ont pas été préparées pour leur soif. Ils n
291rains livrés à la démocratie des plaisirs achetés au détail dans une foire éclatante de faux luxe. La misère est de voir i
292rtîmes, après avoir délivré le homard qui, laissé au vestiaire, y était l’objet de vexations diverses et de curiosités gro
293tables. Cette nuit-là nous rencontrâmes des anges au coin des ruelles, des oiseaux nous parlèrent, bientôt dissous dans le
294ne boutique à « Würstel » où nous nous arrêtâmes. Au léger sifflement du bec de gaz sans manchon qui éclairait la boutique
295e depuis quelques semaines, il avait dû le mettre au caviar. Il en demanda donc une petite portion et la fit prendre au ho
296. Il en demanda donc une petite portion et la fit prendre au homard avec toutes sortes de soins. Les chauffeurs regardaient d’u
297demanda donc une petite portion et la fit prendre au homard avec toutes sortes de soins. Les chauffeurs regardaient d’un œ
298autos se mirent à ronfler. Par le grand escalier, au fond de la cour du palais, descendaient les invités du bal. Des femme
299 autres. Une femme aux cheveux noirs en bandeaux, au teint pâle, l’air d’autrefois. Il avait murmuré : Marie Pleyel. Quand
62 1928, Articles divers (1924–1930). Miroirs, ou Comment on perd Eurydice et soi-même » (décembre 1928
300i-même. « Il se ramène en soi, n’ayant plus où se prendre » comme parle un de nos classiques. Repoussé par le monde parce qu’il
301e et de sentiments. Il découvre une sorte de rire au coin de sa bouche dans les moments de pire découragement ; et beaucou
302 en méditations éléates. Le sommeil l’en délivre. Au matin il court se voir : il est laid. Lâchement il se prend en pitié.
303n il court se voir : il est laid. Lâchement il se prend en pitié. Ces séances lui font du mal, l’énervent, mais l’aveu qu’il
304cend en face de lui par l’ascenseur, elle le suit au long des trottoirs, il l’aperçoit entre des souliers, des [p. 39] éti
305[p. 39] étiquettes, des poupées ; elle le précède au restaurant, le nargue brièvement au passage des autos, le ridiculise
306le le précède au restaurant, le nargue brièvement au passage des autos, le ridiculise chez le coiffeur. Déjà, c’est avec u
307’il est parmi les autres. Mais s’il lui arrive de prendre son image pour celle de n’importe quel passant, il se sent comme sépa
308 voie une de ces marques. Stéphane a oublié jusqu’au mot de prière.      Orphée perd Eurydice par scepticisme, par esprit
309, après quelques alcools et un échange de pensées au même titre avec une amie d’une beauté de plus en plus frappante, il c
63 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Avant-propos
310-lui le Guguss  2 , des bretzels, sa petite amie, au secours ! Car j’ai encore deux mots à dire. Dès qu’une voix s’élève p
311t à ces excès de langage. Je les renvoie en corps au chapitre 5 où je traiterai de cet aspect du problème que l’on peut ap
312on publique dans ses réalisations actuelles, puis au terme de ce recensement lamentable, je poserai la question de savoir
313stion de savoir si tant de laideurs et d’outrages au bon sens peuvent être légitimés par le but final de notre institution
64 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 1. Mes prisons
314sier par le prix du mètre courant. Encore que je prenne les sentiments trop au sérieux pour faire ici du sentiment, je suis s
315ourant. Encore que je prenne les sentiments trop au sérieux pour faire ici du sentiment, je suis sensible au charme de ce
316eux pour faire ici du sentiment, je suis sensible au charme de cette fantaisie. Mais ce qui fait très bien dans un Cahier
317nfance insouciante ? Qu’est-ce qui ressemble plus au souci quotidien des grandes personnes ? Mais l’enfance est ailleurs.
318 n’en fut que plus malfaisante. L’école me rendit au monde, vers l’âge de dix-huit ans, crispé et méfiant, sans cesse en g
319e la science appliquée. On nous faisait voir tout au long de notre histoire le Progrès constant de l’humanité vers les lum
65 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 2. Description du monstre
320r le gouvernement) de la manne égalitaire — ne se prennent pas pour de la petite bière. Ils ont conscience d’appartenir à une él
321 me poussait un peu, je crois que je m’oublierais au point d’insinuer que les instituteurs galonnés causent autant de tort
322rais de la peine à d’excellents garçons. Revenons au civil. J’ai fait allusion au lieutenant-instituteur qui veut faire de
323ts garçons. Revenons au civil. J’ai fait allusion au lieutenant-instituteur qui veut faire de la pédagogie avec sa section
324asse de la société. Mais l’esprit petit-bourgeois pris abstraitement et tel qu’il se manifeste dans l’école primaire est un
325able virus de mesquinerie, et devrait être soigné au même titre que certaines autres maladies dites « sociales ». Je revie
326n frisson de dégoût au moment de passer la porte, au son de la cloche : l’odeur de goudron et d’urinoirs qui imprègne les
66 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 3. Anatomie du monstre
327 chacune un certain nombre d’heures par semaines, au jugé. On s’arrange pour faire tenir dans cette classification le plus
328articipants du Tour de Science doivent s’inscrire au terme de chaque trimestre. Ceux qui arrivent après la clôture ont à r
329la qualité et la quantité des efforts « fournis » au cours du trimestre. Ce phénomène déconcertant s’explique justement pa
330igner qu’il s’agit, mais de soumettre les esprits au contrôle de l’État, voyons donc, — n’avez-vous pas honte de vous fair
331 la science dans sa réalité, puis qu’on se réfère au résumé comme à un aide-mémoire. Mais l’école veut qu’on commence par
332t toutes les [p. 28] particularités, toutes les « prises » où pourrait s’accrocher l’intérêt. Ils dispensent de tout contact d
333es à la compromission sociale établie) et cueilli au passage un grade universitaire, prennent leur essor de chérubins du p
334ie) et cueilli au passage un grade universitaire, prennent leur essor de chérubins du parti au cours de ces nombreux banquets de
335que l’école est publique, obligatoire, et soumise au contrôle de l’État. Alors ? Ou bien vous acceptez le régime — mais au
67 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 4. L’illusion réformiste
336gageure de réformer l’école primaire sans toucher au principe de l’instruction publique. Les réformes qu’ils ont proposées
337tats, on les fait trouver. Notez que cela revient au même, sauf que par la méthode nouvelle, on atteint un enfant plus pro
338 ce milieu l’enfant ne tarde pas à se développer… Prenez un enfant de 6 ans… Mettez ensemble trois enfants… Je reconnais que l
339me officiel qui pourrait bien un jour l’atteindre au cœur, et je vois tout ce que cela entraînerait, dans une ruine d’où r
340… Je songe à un enseignement sans école. Je songe au maître antique, dont toute la personne était un enseignement, et qui
68 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 5. La machine à fabriquer des électeurs
341quement irréalisable. Ici, je demanderai poliment au lecteur de vouloir bien ne point trop faire la bête, sinon je me verr
342l faut bien se représenter qu’elle n’était encore au xviiie siècle qu’une utopie de partisans. Il ne serait guère plus fo
343rtains qu’il ne manque à cette plaisanterie, pour prendre corps, que l’appui intéressé d’un groupement politico-financier. Et i
69 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 6. La trahison de l’instruction publique
344ison de l’instruction publique (Ici, le procureur prit un ton plus grave).   L’école s’est vendue à des intérêts politiques.
345ime contre la civilisation. Elle ne croit plus qu’au péché contre les lois sociales, eh bien ! elle apprendra que le seul
346 d’un peu de bon sens et d’information pour jouer au prophète, on nous promet de tous côtés de belles catastrophes. Je sui
347on propre poids dans l’abrutissement ou se laisse prendre à des théories non point fumeuses, comme le veut le cliché, mais sché
348igieuse de ce temps. L’instruction religieuse qui prend les enfants au sortir de l’école primaire, arrive trop tard. Elle sèm
70 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). 7. L’instruction publique contre le progrès
349les forces de réaction collaborent à leur manière au progrès, elles corrigent, stimulent, vivifient. L’École se contente d
350e moyen de l’instruction publique, limite l’homme au citoyen. Il s’agit donc de dépasser le citoyen, de retrouver l’homme
351u passé ne signifie pas que l’on désire un retour au passé. Mais la considération de régimes anciens peut nous amener à co
352. 53] un pis-aller, dont la méthode est le tirage au flanc lucratif, dont l’esprit est la jalousie rancie armée de pédanti
353e sommez de dire comment, maintenant, je vais m’y prendre pour préparer les temps nouveaux. Énorme question. Aurai-je la naïvet
354tuel, d’une même mentalité. Elle s’est développée au xviiie dans l’aristocratie qui n’y voyait qu’un jeu. Durant tout le
355ur d’inconscience, si je puis dire. Alors ce sera au tour de l’instinct d’intégrer la raison. Je crois que nous approchons
356. Il eût fallu certes une imagination prodigieuse au dit sujet pour se représenter même très vaguement notre actuelle civi
71 1929, Les Méfaits de l’instruction publique (1972). Appendice. Utopie
357 l’importance primordiale dans le Yoga correspond au garde-à-vous ! par quoi l’on impose au corps une immobilité absolue.
358correspond au garde-à-vous ! par quoi l’on impose au corps une immobilité absolue. L’un et l’autre de ces exercices montre
359haque matin l’enfant parvenait à mettre sa pensée au garde-à-vous durant quelques instants, il s’épargnerait de longs éner
360chose longuement contemplée que de mille aperçues au passage. Ab uno disce omnes. Une minute de concentration intense déga
361ourquoi l’aristocratie de l’esprit est nécessaire au bien public. Certains proposent en rougissant de leur hardiesse quelq
362ent criminelles. Ce travers a été développé jusqu’au ridicule par la démocratie. Les journaux, les cercles, les coulisses
363 nouvelle attitude de l’âme. Mais ces méthodes ne prendraient tout leur sens et toute leur efficace que dans [p. 66] un système rel
364e vulgarité de mes attaques. Ce qui est vulgaire, au plein sens du mot, c’est le genre distingué de la bourgeoisie qui se
72 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Sherwood Anderson, Mon père et moi et Je suis un homme (janvier 1929)
365n air connaisseur que c’est bien composé. J’avoue prendre cette autobiographie tellement au sérieux que j’ai été bien étonné du
366é. J’avoue prendre cette autobiographie tellement au sérieux que j’ai été bien étonné du passage où il rappelle qu’il écri
73 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jules Supervielle, Saisir (juin 1929)
367Ce petit livre de poèmes est comme une initiation au silence. Il faut s’en approcher avec une douceur patiente, et le lais
368it dans une autre lumière : « Tout semblait vivre au fond d’un insistant regard. » Le poète des Gravitations est ici desce
74 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
369te quoi, cet [p. 249] air dangereux et tendre que prennent les hommes en liberté. Mais ils ne sont jamais méchants, et seulement
75 1929, Journal de Genève, articles (1926–1982). Panorama de Budapest (23 mai 1929)
370s, et tout cela finira bien par s’arranger, comme au dernier acte d’une opérette. Ce peuple s’est résigné avec une facilit
371ésigné avec une facilité incroyable à la défaite, au marxisme, au chômage, lequel semble d’ailleurs correspondre à son éta
372ne facilité incroyable à la défaite, au marxisme, au chômage, lequel semble d’ailleurs correspondre à son état d’esprit le
373cœur noir, la nouvelle… « Savez-vous qu’on nous a pris les deux tiers de notre pays ?… Non, non, jamais ! » La rue est sale
374inscriptions cascadantes, à l’orientale (on pense au mot bazar, qui sonne rouge et jaune aussi). Soudain se dresse une éno
375lots de glace qui descendent lentement le fleuve. Au cœur [p. 2] de Buda la Turque s’élève la montagne de pierre de St-Gel
376 la ville un soir qu’elle s’amuse. Vous avez dîné au paprika chez des gens qui vous ont reçu comme un cadeau de Dieu, — c’
377singulièrement les rapports sociaux. On vous mène au Théâtre, vous n’y comprenez rien, mais le charme des voix hongroises
76 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). « Belles-Lettres, c’est la clé des champs… » (janvier 1929)
378 pour entrer en religion : rond de cuir ou poète (au sens le plus large de ces mots.) (Mais je tiens à le leur dire ici :
77 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Prison. Ailleurs. Étoile de jour (mars 1929)
379ffeuille et se fane prisonnier d’une saison morte au tombeau des fleurs obscures les mains de l’absence se ferment sur le
380n désir à sa naissance L’étoile qui l’accueille au sommet ravi d’un silence c’est le miroir d’une absence mais le signe
381is le signe de sa grâce Dans l’or vert évanouie au cœur éclatant du jour scintillera l’invisible gage d’un amour perdu.
78 1929, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). L’ordre social. Le Libéralisme. L’inspiration (novembre 1929)
382itait ses ailes non sans une ingénue fierté. Mais au courant d’air s’enrhuma le grand-papa. On craignit de le perdre. — « 
383ture de l’inspiration, un doute lui vint. Il alla au cinéma. On donnait un film voluptueux. Il aima l’héroïne, mais sans e
79 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
384la liberté de l’esprit et les lois de la matière. Pris entre une anarchie et une fatalité également funestes, également déme
385hénon et le courage de Mucius Scevola. On croyait au progrès, sous n’importe quelle forme. Brusquement, nous voici « gagné
386 d’un « humanisme scientifique » ? Nous avons été pris de vitesse par nos inventions matérielles et déjà nous sentons leurs
387 de notre raison. Les faits mystiques — qu’on les prenne en l’état brut où notre pensée le plus souvent les a laissés — sont a
388on du gentleman. Le rabais est notable. On solde. Au rayon des idéaux de confection voici le Citoyen du Monde, voici le Bo
389main. Être véritablement homme, c’est avoir accès au divin. Que sert de parler d’humanisme « chrétien » ? L’humanisme est
390 nouvel homme. Tout humanisme véritable conduit « au seuil » : et qu’irions-nous lui demander de plus, s’il laisse en blan
80 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henri Michaux, Mes propriétés (mars 1930)
391 peut que vous les trouviez médiocrement riantes, au premier coup d’œil, assez dénuées de ces effets faciles qu’on aime à
81 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Léon Pierre-Quint, Le Comte de Lautréamont et Dieu (septembre 1930)
392nt, c’est sa « révolte absolue », forcenée, jusqu’au rire dément, — ses injures de Caliban littérateur. Dans un chapitre e
393st pas avec un Dieu pour rire que Rimbaud est aux prises, et il n’a cure de cette littérature que Ducasse s’épuise à parodier.
394randiloquence « anti-littéraire » et des révoltes au hasard d’un Maldoror. Elle demande une pensée forte et orientée plutô
82 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie I (octobre 1930)
395bh à Albert Gyergyai. [p. 405] 1. Le dormeur au fil de l’eau Où s’asseoir ? Le pont est encombré de jambes de dormeus
396e : « Bonsoir, Monsieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me
397sieur, je suis fatigué, je vais au lit… » C’était au vestiaire, il enfilait une manche de pardessus, me donnait l’autre à
398serrer, la main n’étant pas encore sortie… Dormir au fil de l’eau, entre l’étrange nuit d’un autre bal et cette perspectiv
399uit d’un autre bal et cette perspective de voyage au hasard et commencé dans l’insomnie — vrai voyage à dormir debout… ………
400et déjà nous passons sous de hauts ponts sonores, au long d’un quai tout fleuri de terrasses ; on nous déverse dans cette
401ns les bazars, aux étalages des fêtes populaires, au fond des boutiques de vieux en province, dans les combles d’un châtea
402 faut se taire pour écouter ce qu’il entend. 3. Au tombeau de Gül-Baba Dans Bude il y a des ruelles qui sentent encore l
403ontré en passant des murs brunis qui rougeoyaient au sommet du Rozsadomb — la Colline des Roses. Une ancienne mosquée, dis
404 renoncé à convaincre le réel de mystère. Montant au Rozsadomb par ce matin brûlant, je savais bien que j’obéissais à ce q
405t je grimpais gravement comme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. On passe une bar
406mme je ferai, je pense, au jour de mon pèlerinage au Temple de l’Objet inconnu. On passe une barrière, une cour vide ; on
407nconnu. On passe une barrière, une cour vide ; on prend le sentier qui monte en zigzag à travers des jardins dont les arbuste
408 là qu’on entre. Murs nus. Un catafalque de bois, au milieu, recouvert d’un très beau tapis mince, ou bannière, avec des c
409 est racontée sur un papier jauni encadré et fixé au mur. Gul-Baba est le dernier héros musulman qui ait fait parler de lu
410t français. J'expliquais donc que je ne voyage qu’au hasard, et pour rien ni personne. Sur quoi : « Monsieur a du temps à
411fois perdre conserve ici le sens qu’il [p. 411] a pris dans ce monde, — j’entends : leur monde, avec leurs « problèmes du pl
412es avec des verres et des bouteilles sont placées au hasard dans l’espace vide où tourne la fumée des cigares. Assis sur l
413ant, la réalité d’un pays apparaissant en général au voyageur de ma sorte sous ses modalités sentimentales plus que docume
414à Bude, est une place vraiment royale. Vide, elle prend toute sa hauteur. Silencieuse, solennelle de nudité, entre le Palais
415 époque, beaucoup ont dû louer des taxis démodés, au tarif [p. 415] inférieur. Des chauffeurs vautrés, la casquette de tra
416nt pas perdu le sentiment qu’ils sont en scandale au monde moderne. Voilà ce qu’on ne dit pas dans les dépêches d’agence :
417s ne renient pas leur romantisme. Quelle revanche prendrait la Hongrie, sur une Carte du Tendre d’après le Traité de Trianon ! Ce
418toyens ! Si vous ne venez pas tous vous présenter au roi, vous perdrez la tête. Donné à Bude. Le roi. » 10. Visite à Bab
419 Kassák, nettement internationaliste de doctrine, au lyrisme neuf et parfois sauvage, social ou futuriste, et dont la « fu
420i poète, et très belle), nous inscrivons nos noms au charbon sur le mur chaulé, Gachot prend des photos, Gyergyai fouille
421ons nos noms au charbon sur le mur chaulé, Gachot prend des photos, Gyergyai fouille la plaine à la longue-vue et rêve qu’il
422ne à la longue-vue et rêve qu’il y est, je grimpe au cerisier sauvage, derrière la maison, un peintre tout en blanc arrive
83 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hölderlin, La Mort d’Empédocle et Poèmes de la folie (octobre 1930)
423dans la profondeur ». Comment ne point songer ici au génie qui, dans le même temps, figure l’antithèse de Hölderlin : l’« 
84 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Voyage en Hongrie II (novembre 1930)
424 emmêler les cheveux, glacer le masque et appuyer au front comme une caresse indéfinie de la puissance. Soir de voyage, to
425 et par la seule ligne dure de l’horizon s’oppose au ciel qui retire ses lueurs. Ciel blanc, où très peu d’or rose s’évano
426bscurité qui sent l’enfer. Je ne pense plus qu’ « au souffle »… Mais alors tout s’allume et voici la nuit des faubourgs de
427ont arrêtés dans cette plaine. Mais c’est le soir au camp, perpétuel. [p. 581] Une lassitude de steppe brûlante, des ondu
428e », dans un sens vaste et mystique, elle le doit au charme égyptien du peuple errant qui lui donna sa musique nationale 1
429m’empêchera pas de m’y sentir au bout d’un monde, au bord extrême de l’Europe. Le hasard a voulu que j’y entende, un soir,
430 comparées par un folkloriste aux yeux ardents et au visage mongol. Il jouait des phrases simples, tragiques, à peine modu
431peur aux femmes, cet objet dont [p. 584] parfois, au comble de la turbulence de tes jeux, un violon décrit vite quelque ch
432tout d’un monde où si peu vaut qu’on le conserve, au long d’un chemin effacé par le vent sur la plaine… Ils l’ont perdu co
433vent sur la plaine… Ils l’ont perdu comme un rêve au matin s’élude, — et leur musique seule s’en souvient. Trésor si pur q
434de l’abandon — car voici qu’à son tour il s’égare au bras d’une erreur inconnue, ton fantôme éternel, ton « Désir désiré »
435rtes aveugles (j’avais peur du bruit de mes pas). Au hasard, j’ai suivi des sentiers dans les champs de maïs, épiant la ve
436 d’être n’importe où… évadé ? Mais soudain, c’est au silence que je me heurte, comme réveillé dans l’absurdité d’être n’im
437 la débauche. Notre liberté de penser est absurde au regard des contraintes que subissent nos gestes. Imaginer ce qui se p
438ons de vivre. La maladie aussi. Rien ne ressemble au voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dé
439u voyage comme la maladie. C’est la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifi
440t la même angoisse au départ, le même dépaysement au retour. « Il revient de loin » signifie qu’il vient d’être très malad
441ble. J’attends, j’appelle quelqu’un qui vienne me prendre par la main. Ainsi je quitte la Hongrie. Serait-ce là tout ce qu’elle
442imer ; les autres, aimer pour connaître, alors qu’au point de perfection, aimer et connaître sont un seul et même acte. Pe
443s, pieux mensonges du cœur qui traduisent, à tout prendre, une vérité particulière plus importante que cette vérité générale do
444 rêve, d’une plaine, d’un couchant plus grandiose au ciel et sur la terre plus secret que dans ton pays. Tu attendais une
85 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Charles Du Bos, Approximations, 4ᵉ série (novembre 1930)
445’aussi près qu’il m’était possible, non seulement au point de vue, mais à la complexion, à la nature même de l’auteur, — l
446s a placé cette parfaite définition de sa manière au seuil de la 4ᵉ série de ses Approximations ; elles forment, tant par
447 le créateur. Car une telle conscience appartient au critique avant tout, et c’est pourquoi il fait de la [p. 658] critiqu
86 1930, Articles divers (1924–1930). Le prisonnier de la nuit (avril 1930)
448où tu m’attends mais je sais comment tu pleurais. Au carrefour des cris perdus j’écoute encore une voix nue qui vient de d
449désert qu’un sol dur aux genoux tends les mains au vent captif délivre un souffle tes lèvres battent doucement écoute-le
450air s’entrouvre un feu rose éclôt voici ton heure au regard le plus pur je suis à toi dans le triomphe du silence sereine
451r te voir ? Maintenant je suis seul à redescendre au jour dans l’aube sans refuges… [p. 12] VI Prisonnier de la nuit mai
452ffeuille et se fane prisonnier d’une saison morte au tombeau des fleurs obscures les mains de l’absence se ferment sur le
87 1930, Articles divers (1924–1930). Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930)
453 [p. 4] Au sujet « d’un certain esprit français » (1er mai 1930) p 1. Un petit
454ns ?)      2. En vérité, ce temps est peu propice au mépris et à l’adoration : où que se portent nos regards, ils rencontr
455, professeurs, journalistes, spécialistes de tout au monde ; des jeunes gens qui ont fait leurs études à la Nouvelle Revu
456des philosophes sans pente ni grandeur ; (Je mets au concours ce problème, d’ailleurs insoluble : « Peut-on discerner avec
457fets, et qui paraît affecter d’un commun penchant au libertinage mental trois phénomènes littéraires partout ailleurs dive
458s désirent également donner une solution décisive au problème de l’homme ; ils manquent également de cette énergie créatri
459bien ! Mais qu’ensuite on fasse appel à Valéry ou au Surhomme, jamais absent d’ici, et je reprends ma liberté. Beausire ad
460 une autre histoire.      10. Nous voici parvenus au point où cessent d’eux-mêmes nos bavardages. J’ai senti mes oreilles
461ce petit écrit d’un mouvement naturel nous ramène au centre des seuls problèmes qui ne soient pas insignifiants, voilà qui
88 1930, Articles divers (1924–1930). « Vos fantômes ne sont pas les miens… » [Réponse à l’enquête « Les vrais fantômes »] (juillet 1930)
462ous avons vu des amateurs de pittoresque essayer, au hasard, des incantations tout juste bonnes à évoquer la basse pègre d
89 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
463e vous la laisse, la Légion d’honneur. Quand vous prenez un taxi passé onze heures, c’est double tarif, et pourquoi ? Regardez
464 vous, si vous êtes seul, un fantôme, d’office, a pris place. On lie bien vite connaissance, pourvu qu’on sache un peu d’all
465en taxi, « nous deux le fantôme » comme on disait au village où je suis né, qui n’est pas ma patrie. Ce soir-là, le fantôm
466à, le fantôme ayant envie de manger ferme a donné au chauffeur l’adresse d’un ogre. C’est tout près parce que j’ai peur. E
467 parce que je me réjouis. La Maison des Ogres est au 53 rue de Rennes ; je ne vous le confie pas sans un secret tremblemen
468ones et aiguës, comme la pluie dans les campagnes au printemps. Ou encore : comme la lecture des romans anglais, les loisi
469vre la liberté. (Je pense à la boussole autant qu’au sens moral.) Le goût de se perdre est un des plus profonds mystères d
470e basse, rougeoyante, campagnarde. ⁂ La sauce est au rôti ce que le style à la pensée. Il arrive qu’on parle, en art culin
471Francis de Miomandre n’est pas là. Il a téléphoné au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fer
472 de neige. On la sent prête à fondre de tendresse au premier regard. Mais non, trop bien élevée, elle se ressaisit, pense
473 n’est pas là, mais bien Dollonne, ce qui revient au même. Une femme fatale et un grand incompris sont là. Enfin, Jean Cas
474t des participants ; calculez l’âge du capitaine. Au dessert, chacun y va de son petit miracle. Jaloux et Dick conversent
475Ce vagabondage désespéré dura plusieurs semaines, au terme desquelles, épuisé de corps et d’âme, et n’ayant pas écrit une
476se à l’intérieur d’une enceinte de toiles tendues au devant d’un petit théâtre. La rampe est d’un bleu stellaire, un bleu
477de bruits de lavabos et de coups de cloche débile au corridor, — à Paris. Bientôt… [p. 168] Mais il est temps de mettre à
90 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
478gards et qui cette fois ne montre pas l’homme aux prises avec l’humanité civilisée, mais avec la nature la plus sauvage. Comme
479 dont le tragique est décuplé par la valeur qu’il prend dans l’esprit des héros. Un jeune Français a décidé d’aller fouiller
480ut. » Refus des « conditions » de la vie sociale, au profit d’une volonté de puissance dont l’objet demeure assez incertai
481 mystère qui entoure Perken durant tout le récit, au travers des aventures des deux explorateurs aux prises avec les fièvr
482u travers des aventures des deux explorateurs aux prises avec les fièvres de la forêt tropicale, puis avec les sauvages Moïs,
483rêt tropicale, puis avec les sauvages Moïs, donne au personnage un relief étonnant, mais contribue à créer des obscurités
484 ne se sent pas complice de ses secrets desseins. Au reste, le livre s’achève par sa mort, sans qu’on ait pu distinguer ne
485gissent par désespoir, parce que l’action, à tout prendre, est une défense contre la mort — la mort partout présente « comme l’
486ts par Rembrandt, et qui permet de les identifier au premier coup d’œil, ce « commun dénominateur » d’expression et de mas
487dément ressemblant du maître ? Ainsi apparaissent au travers des actions et des discours d’un Garine, d’un Perken, les tra
91 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Sécularisme (mars 1931)
488 qui était avant tout un art. La nôtre ayant voix au forum discute autant qu’elle n’invente ou qu’elle ne stylise. On peut
489ns et les massacres en Chine, les emprisonnements au Tonkin. Et non Bouddha 13 . — La liberté est un pouvoir réel et une v
490ose quelque chose d’assez hideusement provincial, au pire sens du terme. M. Nizan se refuse à montrer aucune compensation 
491érer toujours le « distingué » et le « conforme » au vrai. Mais n’est-il pas grand temps de dépasser une réaction de vulga
492abriel Marcel dans une belle conférence prononcée au Foyer des étudiants protestants, et que la Nouvelle Revue des jeunes
493icg, philosophe officiel des lumières. De quelles prises, en effet, dispose cet idéalisme ? se demande M. G. Marcel. L’orguei
494nt : il y a lieu de s’attrister. Si vous demandez au philosophe de quel droit il pratique cet étrange sectionnement, il au
92 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Une exposition d’artistes protestants modernes (avril 1931)
495t admirative. Le titre de l’exposition, si l’on y prend bien garde, éludait dans une certaine mesure la question délicate de
496és de style ? — On s’y serait attendu. Une visite au salon de la rue de Vaugirard nous invite à renoncer à ces clichés. Pa
497 lyrisme de couleurs. Zingg avec un « Enterrement au Pays de Montbéliard » grave et serein. Deux petits Lotiron font un co
93 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Conférences du Comte Keyserling (avril 1931)
498’École de la Sagesse de Darmstadt vient de donner au Trocadéro trois conférences sur les problèmes fondamentaux de la civi
499incu d’une spiritualité dont il annonce le réveil au sein même du triomphe des machines, Keyserling apparaît comme un type
94 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
500 [p. 344] Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai
501ns visible, mais dont la présence constante donne au livre toute sa gravité. Maurice Baring exprime ce troisième sujet par
502umain. Si le rôle de l’art est d’affiner nos âmes au contact de réalités plus pures que celles de la vie courante, on peut
503re est sans doute de faire sentir et « réaliser » au lecteur le tragique de la durée d’une vie. M. Baring nous fait suivre
504plus que de faire comprendre la réalité. Et c’est au cours des quarante pages qu’il consacre à la « conversion » au cathol
505quarante pages qu’il consacre à la « conversion » au catholicisme de la princesse Blanche. Arrêtons-nous un peu à l’examen
506 religieuses. Mais le mot conviction ne doit être pris ici qu’au sens le plus conventionnel. Car à une tante anglaise qui lu
507. Mais le mot conviction ne doit être pris ici qu’au sens le plus conventionnel. Car à une tante anglaise qui lui exprime
508 Princesse Blanche, ce sont deux prêtres 19 qui, au moment décisif, viennent apporter ce dur message à l’âme de celle qui
509 En voici la conclusion. (C’est Blanche qui parle au Père Michaël.) Vous comprenez tout à présent. Je vous demande seulem
510is pas plus loin. Et c’est ainsi que de ce roman au charme pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles Du
511là la tristesse que Baring excelle à suggérer, qu’au deuxième mouvement, au mouvement lent, du Quintette, Schumann a enclo
512ing excelle à suggérer, qu’au deuxième mouvement, au mouvement lent, du Quintette, Schumann a enclose et embaumée ». « Tri
95 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
513ort de l’Évêque Mynster qui avait été très estimé au Danemark et que Kierkegaard lui-même avait aimé et honoré, comme ami
96 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
514 émanent. La montagne est un merveilleux réactif, au contact duquel certains traits de caractères nationaux s’accusent d’u
515 heures et de la vie : l’existence perd sa fièvre au cours des longues heures silencieuses qui s’égrènent une à une dans l
516boles de l’Éternité ». Du panthéisme d’un Shelley au mysticisme d’un Ruskin, c’est un cantique d’adoration spirituelle que
517r cette atmosphère, sinon l’on risque beaucoup de prendre froid. La glace est proche, la solitude énorme, mais voyez avec quell
518jours ces victoires. » Nous empruntons ces lignes au très bel essai que Robert de Traz intitula Nietzsche et les hauteurs
519i triomphe, et non plus la « virtu ». L’héroïsme, au vieux sens du mot, ne trouve plus où s’exercer. Et ce n’est guère qu’
520ne trouve plus où s’exercer. Et ce n’est guère qu’au plus obscur de certains cœurs, et dans le secret de certains renoncem
97 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
521, parce que leur dénuement était ce qu’il y avait au monde, de plus proche de sa grandeur. L’existence et l’action de Kaga
522624] L’autobiographie de Toyohiko Kagawa, publiée au Japon sous le titre d’Au-delà de la ligne de la mort, en Amérique, en
523 et de la jeunesse de notre héros ; mais ce récit prend fin au moment où Kagawa débouche dans la vie publique et politique. E
524s négligent volontiers ce qui les rend semblables au commun des mortels ; bref, plus ou moins inconsciemment, ils contribu
525ultiplicité de notations touchant à la monotonie. Au reste, à mesure qu’on avance, l’on comprend mieux les raisons de la p
526ponerie d’estampe ! Voici un échantillon du pays, au travers duquel nous emmène Kagawa : Il appuya son front chaud et mal
527bre pour les suicides, et qu’il avait vu un jour, au théâtre, à Kobé, le drame du suicide de Akaneya et Sankatsu, sa bien-
528’une discussion vive avec des étudiants chrétiens au sujet d’un de leurs camarades, Eiichi se décide soudain à quitter l’U
529à lui-même, et il éclata en sanglots. Soudain, il prit une décision. Il quitterait l’Université pour se plonger dans la vie
530 il décida de vendre ses livres. Mais son retour au foyer provoque des scènes terribles avec son père, riche commerçant q
531artagé entre deux désirs. L’un était de se sauver au plus vite de cet horrible endroit et de jeter les principes philanthr
532e, à la fin, pas bien éloigné du vulgaire. » Mais au même moment une autre voix intérieure disait : « La bonté est le sel
533rientation de sa vie : Il avait vu mourir Sanuki au logement ouvrier, et il ne pensait pas que la mort de son père fût pa
534Eiichi essaya de garder tout son sang-froid, mais au cimetière du Temple de Zuigan, quand les prêtres de douze temples et
535n écoutant la mystérieuse musique funèbre, Eiichi prit une résolution. Désormais, rompant tout lien avec le passé, comme on
536 décidé de se suicider. Mais un soir qu’il prêche au carrefour, la maladie qui depuis longtemps l’enfiévrait, le terrasse,
537 car il professe avec fanatisme la non-résistance au mal. Bientôt il prend figure de saint parmi le peuple qui le respecte
538ec fanatisme la non-résistance au mal. Bientôt il prend figure de saint parmi le peuple qui le respecte, l’exploite et subit
539e que tous les hommes sont coupables. Ceci acquit au Procureur toute la sympathie d’Eiichi… Si c’est à des tâches aussi in
540as à se rendre intéressant à lui-même en poussant au noir le tableau, ou au contraire en s’excitant sur ses belles actions
541tait ressuscité de l’abîme du désespoir et revenu au monde merveilleux. [p. 631] Il résolut de vivre fermement dans sa sph
542 acceptait tout. Il décida de vivre fermement, de prendre courage et de lutter bravement à l’avenir, et pour cela il accepterai
543 ici, c’est de voir le reste du chapitre consacré au récit des actes qu’immédiatement Eiichi produit en témoignage de sa c
544vangile selon saint Matthieu, du premier chapitre au dernier, priant continuellement pour obtenir la grâce de devenir capa
545mblables, tel est le signe et la mesure certaine. Au cours d’un livre où il se peint, aux prises avec toutes les formes du
546certaine. Au cours d’un livre où il se peint, aux prises avec toutes les formes du mal, jamais vous ne surprendrez [p. 632] da
547de prétexte pour n’y point réfléchir. Mais à tout prendre, cet ennui traduit ou marque notre paresse et notre lâcheté naturelle
98 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Gide ou le style exquis (à propos de Divers) (octobre 1931)
548Père jésuite qui tenta de soutenir la controverse prit une leçon de distinguo magistrale et cruellement ironique. Je ne tien
549ont les tours que nous joue la morale lorsque, se prenant pour fin, elle s’érige en dialectique indépendante. Si des sophismes
550s. Tout, ainsi, devient inextricable. Les Lettres au cours desquelles Gide répond à ses critiques sont tout à fait signifi
551 ce n’est pas à moi-même que je m’intéresse, mais au conflit de certaines idées, dont mon âme n’est que le théâtre, et où
552ient le laisser supposer qu’il écrivit en préface au livre récent d’un jeune aviateur, Antoine de Saint-Exupéry. (Mais par
99 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
553vu de Genève » qu’il nous faudrait. M. Martinet a pris pour épigraphe la citation suivante, empruntée à M. Thibaudet justeme
554ience éteinte ne la dirige plus et qu’elle flotte au hasard, sans but et sans attaches, cherchant uniquement à se satisfai
555imple, c’est qu’elle était peut-être plus chaste. Au temps où le domaine intérieur du recueillement et de l’adoration lui
556t notre époque est prodigue, ne s’étalaient point au grand jour, il y avait pour elles une autre issue : la prière en port
557l’expression, loin des oreilles des hommes, jusqu’au trône de Dieu. Il n’en est plus ainsi maintenant ; l’âme est restée s
558timent contredit à la pensée, la pensée contredit au sentiment, et, dans leur tumulte intérieur, les forces vives de l’êtr
100 1931, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Les Éléments de la grandeur humaine, par Rudolf Kassner (octobre 1931)
559 a Si l’existence — le degré d’être — se mesure au pouvoir d’incarner sa vérité, le mal du siècle c’est l’impuissance. L
560 l’impuissance. La proie de désirs divergents qui prennent rarement assez de violence pour nous déchirer jusqu’au salut, et dont
561rement assez de violence pour nous déchirer jusqu’au salut, et dont la composante réelle tend vers zéro, c’est d’une philo
562iscursif, relativement, celui qui donne son titre au recueil, les mots-clés : mesure, forme, grandeur, ne sont guère défin
563rpassé, vit dans la démesure, et lorsqu’il « veut prendre mesure de lui-même, il se sent aussitôt incomplet et coupable. Il est
564Il serait curieux d’en suivre la filiation, jusqu’au Soulier de Satin de Claudel : ce serait une sorte de généalogie du ré