1 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Henry de Montherlant, Chant funèbre pour les morts de Verdun (mars 1925)
1sacrifices ne lui devra-t-il pas offrir ainsi les romans « intéressants » ou « curieux » ; le « grand lyrisme » à la Chateaubr
2 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Lucien Fabre, Le Tarramagnou (septembre 1929)
2n province liquider des stocks américains. Et ses romans, c’est aussi une liquidation : les faits s’y pressent et s’y bouscule
3, passionné, contraint de suivre jusqu’au bout un roman de 500 pages comme Rabevel. Car si la liquidation des questions trait
4que Fabre, disciple de Valéry, puisse rédiger des romans si bouillonnants, si mal équarris. Certes, ce n’est pas lui qui se re
5met d’autres qui le sont moins. On n’écrit pas un roman en trois volumes sans y laisser des maladresses et des négligences. M
6a paix. M. Fabre avait là les éléments d’un grand roman : autour d’un [p. 1152] sujet de vaste envergure, et brûlant, une int
7on a presque l’impression qu’il a réussi ce grand roman… Qu’y manque-t-il ? Un style ? L’absence de style, n’est-ce pas le me
8 première partie, qui est confuse. Non pas que le roman soit mal construit, au contraire. Mais le tissu des faits se relâche
9, une entreprise bien téméraire de nos jours : un roman à thèse aussi intelligent que vivant. p. 1151 d. « Lucien Fabr
3 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Otto Flake, Der Gute Weg (septembre 1929)
10 résumer les nombreuses péripéties de son dernier roman sans exposer et discuter toutes les idées qu’elles illustrent. Les pe
4 1925, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Hugh Walpole, La Cité secrète (décembre 1929)
11n La Révolution russe va-t-elle usurper dans le roman d’aventures le rôle de la mer océane avec ses écumeurs ? Déjà un Mac
12, voir Dostoïevski. M. Walpole, lui, commence son roman quelques mois avant que n’éclate le sinistre, et s’arrête au moment o
13. M. Walpole, dont nous commençons aujourd’hui un roman bien différent, a [p. 1568] vu la Révolution sans romantisme, dans le
5 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Adieu, beau désordre… (mars 1926)
14es ancêtres des nouvelles générations de héros de roman, lesquels sont tous éperdument égoïstes. Égoïstes avec une profonde c
15in si général de s’incarner, dans le héros de son roman, de se voir vivre, dans son œuvre ? C’est ici la conception même de l
16éalisme. De l’acte gratuit commis par un héros de roman, à la vie gratuite que prétendent mener les surréalistes, il n’a fall
17emps pour une folie de s’emballer. La plupart des romans de jeunes qui se situent entre Gide et Aragon nous montrent le même p
6 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Pierre Jean Jouve, Paulina 1880 (avril 1926)
18uve semble avoir hésité entre plusieurs styles de roman. Un chapitre d’observation psychologique ironique et minutieuse, à la
19 classique » et prévue, l’originalité foncière du roman de Jouve reste indéniable : c’est son mouvement purement lyrique, sa
7 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Cécile-Claire Rivier, L’Athée (mai 1926)
20tation à coups d’exemples vivants qu’un véritable roman. La profusion souvent facile des incidents et le style volontairement
8 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Ramon Fernandez, Messages (juillet 1926)
21ans un essai sur l’Autobiographie [p. 125] et le Roman, dont pour ma part je suis loin d’admettre plusieurs thèses beaucoup
22t dans la plupart de ces essais : l’esthétique du roman. Fernandez en formule une théorie assez proche du cubisme littéraire,
9 1926, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926)
23Alfred Colling, L’Iroquois (décembre 1926) z Ce roman a le charme d’un automne, une amertume enveloppée, une atmosphère tro
10 1926, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Paradoxe de la sincérité (décembre 1926)
24aboutit naguère au surréalisme. Tous les héros de roman se sont mis à gesticuler « gratuitement ». Et les critiques d’abord d
11 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Bernard Barbey, La Maladère (février 1927)
25ère (février 1927) ac « Quel admirable sujet de roman, écrit Gide, au bout de quinze ans, de vingt ans de vie conjugale, la
26sa propre jeunesse. » C’est ici un autre sujet du roman, qui se mêle étroitement au premier… Mais combien cette analyse trahi
12 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Edmond Jaloux, Ô toi que j’eusse aimée… (mars 1927)
27éros plus confiant et secrètement incertain de ce roman. À la veille de se marier, Jérôme Parseval, journaliste parisien, ren
28vite le péril d’un réalisme trop amer et celui du roman lyrique, par l’équilibre qu’il maintient entre ces deux inconscients 
29tre deux êtres, personne, pas même eux ». Dans ce roman, comme dans l’Âge d’or, un désenchantement profond prend le masque d’
13 1927, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). René Crevel, La Mort difficile (mai 1927)
30que d’un goût du malheur ? Le sujet profond de ce roman, où l’on voit comment Pierre en vient à sacrifier Diane, son apaiseme
31es de Pierre ou de Diane, les gestes d’Arthur, le roman vit et nous touche par la force de ce tourment ou de ce sauvage égoïs
14 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Dans le Style (janvier 1927)
32, auteur de « Lewis et Irène » L’auteur de maint roman de caractère gras quitte Charing-Cross, songeant aux titres, aux tire
15 1927, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). La part du feu. Lettres sur le mépris de la littérature (juillet 1927)
33 de ce conte : c’est trop écrit. Vous dites de ce roman : c’est trop agréable. Vous dites d’un goût qu’on aurait pour Nietzsc
16 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Princesse Bibesco, Catherine-Paris (janvier 1928)
34issertations lyriques à leur propos. Mais dans ce roman, il n’y a plus seulement la femme, avec le miracle perpétuel de sa se
35a richesse. L’enfance de Catherine à Paris est du roman pur ; la tournée des cours de l’Europe centrale, qu’elle subit comme
36ue l’auteur du Perroquet Vert. Mais là-dessus, le roman repart dans une troisième action (l’amour de Catherine pour un aviate
37i la précède. Ces défaillances de la technique du roman sont sauvées par un style brillant, plein de trouvailles spirituelles
38vre ne réalise pas une synthèse plus organique du roman et des mémoires. Mais si son début permet de croire que le Perroquet
17 1928, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Malraux, Les Conquérants (décembre 1928)
39ionnant de [p. 1548] l’action, il se dégage de ce roman un désespoir sec, sans grimace. Cette intelligence et cette sensibili
18 1929, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). Jean Cassou, La Clef des songes (août 1929)
40coup de ces petites merveilles qui valent de gros romans « bien faits ». Car il y a toujours assez de vérité dans une histoire
19 1930, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Pour un humanisme nouveau » [Réponse à une enquête] (1930)
41, ne s’étendit guère au-delà des limites du monde roman. Le type de chevalier et ses succédanés militaires et wagnériens a to
20 1930, Bibliothèque universelle et Revue de Genève, articles (1925–1930). André Jullien du Breuil, Kate (avril 1930)
42ens de l’amour idéal — celui qui transfigure ? Le roman de M. Jullien de Breuil effleure un autre problème de non moindre val
21 1930, Revue de Belles-Lettres, articles (1926–1968). Les soirées du Brambilla-club (mai 1930)
43es au printemps. Ou encore : comme la lecture des romans anglais, les loisirs obsédés du jaloux, le travail jusqu’à l’aube, la
44honé au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fera-t-elle croire qu’il apporte un soin tout parti
22 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). André Malraux, La Voie royale (février 1931)
45ndre aujourd’hui d’un jeune écrivain. Son premier roman, Les Conquérants, décrivait la révolution communiste en Chine, et la
46édèrent l’aventure chinoise de l’auteur. C’est un roman plus dépouillé, plus inégal aussi à certains égards et qui cette fois
47auvage. Comme Les Conquérants, c’est une sorte de roman d’aventures significatives, et dont le tragique est décuplé par la va
23 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931)
48 [p. 344] Au sujet d’un grand roman : La Princesse Blanche par Maurice Baring (mai 1931) g M. Maurice B
49ige, Daphné Adeane. On vient de traduire un autre roman du même auteur 16 , et il nous aide à mieux définir le charme de cett
50… » Il y aurait beaucoup à dire pour et contre le roman mondain — entendons mondain par le cadre et les personnages, non par
51e celles de la vie courante, on peut dire que les romans [p. 346] « mondains » de Baring ne manquent pas à cette tâche, et c’e
52tion des passions humaines, et comme la morale du roman. Mais nous ne croyons pas qu’une œuvre de cette envergure comporte à
53sque bouleversante. Il est pourtant un endroit du roman où l’auteur intervient visiblement, force les faits, agit comme un « 
54manifeste cette tournure d’esprit au cours de ses romans. Le trait satirique, ailleurs presque imperceptible, est nettement ap
55rale courante. Presque tous les événements de son roman le contredisent. Ceci entraîne cela — bonheur ou catastrophe — non pa
56ir, mais pas plus loin. Et c’est ainsi que de ce roman au charme pénétrant et presque trop certain, sourd, comme dit Charles
24 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kierkegaard (mai 1931)
57mé le souhait formel que l’on n’ouvrît pas par ce roman la série de traductions de ses livres. Mais ce Journal, s’il est l’œu
25 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Littérature alpestre (juillet 1931)
58l’alpinisme. On commence à nous donner quelques « romans de l’air », et certains sont remarquables. Se trouvera-t-il un romanc
26 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Avant l’Aube, par Kagawa (septembre 1931)
59une nouvelle. C’est, en effet, sous la forme d’un roman dont le héros, Eiichi, est évidemment l’auteur lui-même, le récit de
27 1931, Foi et Vie, articles (1928–1977). Le protestantisme jugé (octobre 1931)
60 la jouissance présente. La structure même de ses romans est un indice révélateur, car quoi qu’on dise de la différence entre
61oi qu’on dise de la différence entre la vie et le roman, la composition de celui-ci dépend toujours de la manière de concevoi
62son essai, Frommel donnait ainsi le diagnostic du roman moderne ; ne serait-il pas frappant, en effet, d’appliquer ses derniè
28 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.1. La Tour de Hölderlin
63 île, des étudiants au crâne rasé se promènent un roman jaune à la main. L’un après l’autre, dans cette paresse de jour férié
29 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.2. Petit journal de Souabe
64esius ; un petit recueil des Upanishad ; quelques romans modernes.) Le pasteur suédois et le mage d’Einsiedeln représentent as
30 1932, Le Paysan du Danube. II. La lenteur des choses — II.5. Appendice. Les Soirées du Brambilla-Club, (1930)
65ampagnes au printemps. Ou encore : la lecture des romans anglais, les loisirs obsédés du jaloux, le travail jusqu’à l’aube, la
66honé au début de l’après-midi qu’il commençait un roman. Son absence nous fera-t-elle croire qu’il apporte quelque préciosité
31 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Romanciers protestants (janvier 1932)
67 littéraires de l’année 1931 soient allés à trois romans d’écrivains protestants : Pierre Bost, Jacques Chardonne et Jean Schl
68ous, qu’on put écrire de Saint-Saturnin qu’un tel roman exprime « toute la grandeur — et toute la misère — des protestants sa
69 de marquer ici d’une pierre blanche « l’année du roman protestant ». À la réflexion, l’on y a renoncé, pour des raisons d’or
70ment religieux : cela n’a point empêché ces trois romans de faire figure, aux yeux de beaucoup, de livres « bien protestants »
71ntent, ne pouvait s’exprimer que dans la forme du roman moraliste (forme qui par ailleurs flattait un penchant traditionnel d
72 l’observation scientifique. Reflet du siècle, le roman bientôt s’affaiblit à force de se compliquer, et tend à se réduire à
73ec Charles Dickens, Jenny Lind, Thorwaldsen). Les romans russes et les romans anglais du xixe siècle nous laissent entrevoir
74enny Lind, Thorwaldsen). Les romans russes et les romans anglais du xixe siècle nous laissent entrevoir ce que pourraient êtr
75 de la grâce souveraine. C’est cela qui donne aux romans de Dostoïevski ou d’Émily Brontë ces prolongements poétiques, ces per
32 1932, Foi et Vie, articles (1928–1977). Goethe, chrétien, païen (avril 1932)
76es activités, composerait des poèmes d’amour, des romans, des drames philosophiques, les meilleurs de son époque. Cela ne donn
33 1933, Foi et Vie, articles (1928–1977). « Histoires du monde, s’il vous plaît ! » (janvier 1933)
77similable, mais tout de même reconstituante ? Des romans, répondra-t-on, sans doute. Je ne suis pas du tout de cet avis. Et je
78 divertissement dans des fictions romanesques. Le roman est un genre bourgeois — et c’est peut-être par là qu’il plaît tant a
79llectuelles la plupart du temps, et le goût des « romans qui posent des problèmes ». On appelait cela de la « littérature diff
80. On voudrait être dirigé, plutôt qu’ébloui. ⁂ Le roman était un genre bourgeois, en ce sens que dans le monde bourgeois, pri
81e plus subversif dans les salons. « Se nourrir de romans », dans certains milieux, c’était le commencement de la fin, c’était
82t, annonça son intention de « casser les reins au roman », on put croire à un mouvement de mauvaise humeur, voire à une tenta
83blic. On n’a pas cessé pour autant de publier des romans nouveaux, mais le fait est que le seul grand succès, dans cet ordre,
84a nuit, chef-d’œuvre de « documentaire », mauvais roman… Autre signe : les jeunes maisons, fondées depuis deux ans, se spécia
34 1933, Esprit, articles (1932–1962). Comment rompre ? (mars 1933)
85nt appel aux écrivains : qu’ils nous écrivent des romans contre le bolchevisme, et l’on donnera 50 000 fr. au mieux pensant. E
35 1933, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Le Deuxième Jour de la Création, par Ilya Ehrenbourg (décembre 1933)
86blique désigne le Plan quinquennal. Voici donc le roman type de l’Édification socialiste. Bourré de petits faits vrais dont l
87ien sans la mystique. La force et le charme de ce roman sont ceux mêmes d’une jeunesse fruste, innocente jusque dans ses crua
36 1934, Politique de la Personne (1946). III. Idoles — 7. Comment rompre ?
88nt appel aux écrivains : qu’ils nous écrivent des romans contre le bolchevisme, et l’on donnera 50 000 francs au mieux pensant
37 1934, Foi et Vie, articles (1928–1977). Kasimir Edschmid, Destin allemand (octobre 1934)
89 de l’année. Je crois bien pouvoir l’affirmer. Le roman le plus fort, le mieux fait, le plus impressionnant, celui qui apport
90de, d’un auteur inconnu en France jusqu’ici, d’un roman qui veut dire quelque chose, — quelque chose qui ne plaira pas au pub
91 le sixième camarade. Voilà qui donne l’idée d’un roman d’aventures. Destin allemand est bien, entre autres, un roman d’avent
92tures. Destin allemand est bien, entre autres, un roman d’aventures, et même d’une intensité peu commune. Mais cet aspect-là,
93és — le sentiment d’une fraternité humaine que le roman d’André Malraux, qui porte précisément ce titre, était loin d’évoquer
94utant plus libre pour affirmer aujourd’hui que le roman d’Edschmid est d’une classe nettement supérieure. J’ajouterai même qu
38 1934, Esprit, articles (1932–1962). Préface à une littérature (octobre 1934)
95s’était faite complice. Nous avons vu déjà que le roman bourgeois servait à toutes fins capitalistes. Nous risquons de voir,
96imes à condamner sans nul recours, c’est celui du roman à thèse. Méfiance significative ! Les thèses de Bourget ne valaient p
97s buts, et préfère parler d’autre chose. Tous nos romans ne sont que diversions, idéalistes ou immoralistes, s’ils ne sont pas
39 1934, Esprit, articles (1932–1962). Sur une nouvelle de Jean Giono (novembre 1934)
98d, mon lecteur enthousiaste de Clochemerle, grand roman de la pissotière, croyez-vous que cet homme tout de même ne disait pa
40 1934, Hic et Nunc, articles (1932–1936). Précisions sur la mort du Grand Pan (avril 1934)
99. Il faut lire ce chef-d’œuvre qu’est son dernier roman, Adam et Ève. C’est toute la simple grandeur calvinienne retrouvée, —
41 1935, Esprit, articles (1932–1962). Albert Soulillou, Nitro (février 1935)
100ent simultanément le besoin de s’exprimer par des romans du format standard : 224 ou 600 pages exactement. Il me semble que ce
42 1935, Esprit, articles (1932–1962). Roger Breuil, Les uns les autres (avril 1935)
101 Marcel Arland. Sans doute a-t-il reconnu dans ce roman (paru quelque temps avant les Vivants) une intention toute voisine de
102s une « classe » définie par les sociologues. Son roman tendrait à prouver au contraire l’inexistence des classes dans la réa
43 1935, Esprit, articles (1932–1962). Kasimir Edschmid, Destin allemand (mai 1935)
103de la critique littéraire d’aujourd’hui. Voici un roman qui pose les questions les plus tragiques de l’heure avec une puissan
104amateurs de quelques dames lettrées. Pourtant, ce roman d’Edschmid aurait pu provoquer des polémiques révélatrices : il fait
105une admirable réussite littéraire, c’est aussi un roman d’aventures, et un roman d’idées, et une description étonnante de l’A
106ttéraire, c’est aussi un roman d’aventures, et un roman d’idées, et une description étonnante de l’Amérique qu’il nous reste
107. Je ne lui vois d’analogue que dans les derniers romans de Malraux. Même sens de la fraternité tragique, même goût des situat
44 1935, Esprit, articles (1932–1962). « L’Esprit n’a pas son palais » (octobre 1935)
108, et honoré en soi. Un écrivain fameux, gloire du roman français à l’étranger, vient confirmer de son côté que ce Palais de l
109hage qui rapporte. Publiez un poème, un essai, un roman, dans une revue « de haute tenue intellectuelle » vous ne serez pas p
45 1936, Penser avec les mains (1972). I. La commune mesure — I.11. La mesure nationale-socialiste
110ébut. Un peu plus tard, il envahira les films, le roman, le théâtre…   [p. 113] Rôle de l’écrivain et de l’artiste : « L’art
46 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.1. La pensée prolétarisée
111 de drames inoffensifs se nouent par jeu dans nos romans, trop de scribes inoffensifs nous singent la fureur, ou la révolte, l
112 intéresse André Gide lorsqu’il écrit son premier roman 64  : les moyens du romancier et la conscience qu’il en prend — plutô
47 1936, Penser avec les mains (1972). II. Penser avec les mains — II.2. Éléments d’une morale de la pensée
113erche de phrases toutes faites, ou de l’auteur de romans policiers combinant des situations cataloguées. Il ne s’agit dans tou
114ture, — celle du film, celle du journal, celle du roman, — qui est l’opium des peuples incroyants. La mauvaise qualité de la
48 1936, Esprit, articles (1932–1962). Vues sur C. F. Ramuz (mai 1936)
115d’école, qui domina et qui domine encore tous les romans à la Bourget, consiste à rattacher par convention, presque par accide
116ilise que des faits se range dans la catégorie du roman policier : il n’a pas de psychologie. Et la critique parle beaucoup d
117z un individu, qui constitue le vrai sujet de ses romans. Passage du Poète, — ou du Diable, (dans le Règne de l’esprit malin),
118souffrance (La Guérison des Maladies), etc. Et le roman n’a pas d’autre mouvement que le mouvement même des images propagées
119hésitent pas à prendre au sérieux l’intrigue d’un roman bourgeois. On [p. 163] s’est trop arrêté à l’insolite du style chez R
49 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. I. N’habitez pas les villes !
120monde, empruntant toutes les formes qu’on voudra, roman, essai, commentaires ou poèmes, la fiction n’étant plus qu’un alibi,
121iter de répondre au présent. [p. 130] À lire les romans d’aujourd’hui, disons « le roman » bourgeois pour simplifier, on croi
122130] À lire les romans d’aujourd’hui, disons « le roman » bourgeois pour simplifier, on croirait que les hommes ne peuvent pl
50 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. II. Pauvre province
123velles : elle se plaint de ce que les auteurs des romans qu’on lui donne à lire « passent à côté d’elle sans rien dire, sans m
124d, mon lecteur enthousiaste de Clochemerle, grand roman de la pissotière, croyez-vous que cet homme tout de même ne disait pa
125t état. Je retrouve toutes mes réactions dans son roman. Et de les voir aussi crûment avouées, m’oblige enfin à les considére
51 1937, Journal d’un intellectuel en chômage. III. L’été parisien
126se que les bourgeois, tandis que les duchesses de romans font encore les délices du peuple. Je regarde autour de moi ces homme
52 1937, Esprit, articles (1932–1962). Défense de la culture (janvier 1937)
127r aux tirages invraisemblables des Allemands ? Un roman historique en 3 volumes sur Paracelse, coûtant 25 marks, soit près de
128bout de deux ans le 93e mille. Les trois derniers romans d’un jeune auteur, Ernst [W]iechert, ont atteint 80, 75 et 100 milles
53 1937, Esprit, articles (1932–1962). La fièvre romanesque (janvier 1937)
129(janvier 1937) y Marcel Arland note à propos du roman d’un débutant : « Les personnages n’y semblent naître et se nourrir q
54 1937, Esprit, articles (1932–1962). Jean Blanzat, Septembre (janvier 1937)
130. 664] Jean Blanzat, Septembre (janvier 1937) z Roman d’une jalousie qui se crée son objet, par masochisme. Un jeune mari t
131ige de nouveau en URSS et en Allemagne.) Mais nos romans ne veulent plus de morale — à cause de « l’art » — et l’art consiste
132geste franc, il est clair qu’il n’y aurait pas de roman. Mais, nous dit-il : « le plus petit geste m’a toujours coûté ».
55 1937, Esprit, articles (1932–1962). Paul Vaillant-Couturier, Au service de l’Esprit (février 1937)
133(Les communistes) repoussent la pièce à thèse, le roman à thèse, la thématique obligatoire. Ils appellent le retour à l’art s
56 1937, Esprit, articles (1932–1962). Brève introduction à quelques témoignages littéraires (septembre 1937)
134e de textes qui paraîtront au cours de cet hiver. Romans, nouvelles, poèmes, essais sur le rôle de la littérature ou ses métho
57 1937, Esprit, articles (1932–1962). Martin Lamm, Swedenborg (septembre 1937)
135e. Il est totalement inutile de parler du dernier roman, dont tout le monde parle, parce qu’il n’apporte rien. On ne peut pas
58 1937, Esprit, articles (1932–1962). Neutralité oblige (octobre 1937)
136s, et de nos singularités sinon latines, du moins romanes. On se découvre en s’opposant, mais en s’opposant réellement, c’est-à
137que Ramuz eût écrit ce Chant de notre Rhône, si « roman », sans le voisinage germanique qui l’a contraint à formuler sa diffé
59 1938, Journal d’Allemagne. Avertissement
138iologues et des hommes politiques. De même que le roman psychologique, centré sur des héros individuels, a traduit la réalité
60 1938, Journal d’Allemagne. 1. Journal (1935-1936)
139e, j’ai pris contact avec le Séminaire de langues romanes où je vais enseigner. (Le semestre s’ouvrira au début de novembre.) D
140 geste timide : — « Et en l’honneur de nos études romanes, Sieg heil ! » Un court silence, puis il se reprend : — « Et aussi en
141 d’études, aide bénévole aux étudiants en langues romanes, voyages, bibliothèques créées ou enrichies, concerts… « Tout cela es
142és allemandes, le nombre des étudiants en langues romanes est tombé au dixième de ce qu’il était en 1932. Certes, il fallait co
143 cette question : « Pourquoi j’étudie les langues romanes ». Trois sur six donnent pour raison que la radio des Jeunesses hitlé
61 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
144nduit à rechercher les origines religieuses de ce roman, dont l’influence, du xiie siècle jusqu’à nos jours, se révèle exact
145nt assimilable à celle d’un mythe. Tristan est un roman « courtois ». La courtoisie est née dans le Midi au xiie siècle, sou
146l’amateur non initié des poèmes provençaux et des romans bretons, l’adultère de Tristan reste une faute parce qu’il est consom
147prisable. Mais Tristan, s’il enlève Iseut, vit un roman, et se rend admirable… Ce qui était « faute » et ne pouvait donner li
148nne ne peut plus le croire, à l’âge du film et du roman — nous sommes tous plus ou moins intoxiqués, — et cette nuance est dé
149s la connaissance du mythe primitif, le succès du roman et du film apparaissent comme les signes certains d’une décadence de
62 1938, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Victoire à Waterloo, par Robert Aron (février 1938)
150 après tout, c’est une histoire, un des meilleurs romans de l’année, et qui se fait lire avec le plus constant plaisir, d’auta
151t de la facilité, le même que donne la lecture de romans d’anticipation. Il y a bien plus que de l’ingéniosité dans ce livre :
63 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
152Livre premier Le mythe de Tristan 1. Triomphe du roman, et ce qu’il cache « Seigneurs, vous plaît-il d’entendre un beau cont
153ser pour le type idéal de la première phrase d’un roman. C’est le trait d’un art infaillible qui nous jette dès le seuil du c
154qu’établit à première vue le succès prodigieux du roman. Il est d’autres raisons, plus secrètes, d’y voir comme une définitio
155. L’amour heureux n’a pas d’histoire. Il n’est de roman que de l’amour mortel, c’est-à-dire de l’amour menacé et condamné par
156al. Mais l’enthousiasme que nous montrons pour le roman, et pour le film né du roman ; l’érotisme idéalisé diffus dans toute
157ous montrons pour le roman, et pour le film né du roman ; l’érotisme idéalisé diffus dans toute notre culture, dans notre édu
158s Occidentaux. On aurait vite dressé la liste des romans qui n’y font aucune allusion ; et le succès remporté par les autres,
159existe un grand mythe européen de l’adultère : le Roman de Tristan et Iseut. Au travers du désordre extrême de nos mœurs, dan
160] ⁂ Mais d’abord, dira-t-on, est-il exact que le roman de Tristan soit un mythe ? Et dans ce cas, n’est-ce pas détruire son
161ement : communes. L’œuvre d’art — poème, conte ou roman — se distingue donc radicalement du mythe. Sa valeur ne relève en eff
162ement sacré — voilant le secret qu’il exprime, le roman mythique de Tristan posséderait-il au même degré les qualités contrai
163le de contrainte absolue, n’interviennent dans le roman qu’à titre d’obstacle mythique et de figures rituelles de rhétorique.
164 ». Elle appelait une réaction vive. Le succès du Roman de Tristan fut donc d’ordonner la passion dans un cadre où elle pût s
165is de l’exigence mythique à laquelle répondait le Roman. Élargissant notre définition, nous appellerons mythe, désormais, cet
166de Tristan et Iseut, ce ne sera plus seulement le Roman, mais le phénomène qu’il illustre, et dont l’influence n’a pas cessé
167un tel mythe. Il se trahit dans la plupart de nos romans et de nos films, dans leurs succès auprès des masses, dans les compla
168e l’amour est une destinée (c’était le philtre du Roman) ; qu’il fond sur l’homme impuissant et ravi pour le consumer d’un fe
169 répugnance du lecteur à envisager mon projet. Le Roman de Tristan nous est « sacré » dans la mesure exacte où l’on estimera
170 si l’on se borne à considérer la donnée sèche du Roman. Elle n’en paraît pas moins vexante et « prosaïquement » restrictive.
171me ou un drame affreux… Enfin, c’est un drame, un roman. Et romantisme vient de roman… Le problème s’élargit magnifiquement —
172 c’est un drame, un roman. Et romantisme vient de roman… Le problème s’élargit magnifiquement — et mon cas empire d’autant. J
173nt de nous indiquer. 4. Le contenu manifeste du Roman de Tristan 3 Amors par force vos demeine ! Béroul. Tristan naît
174aucun des motifs allégués de l’action centrale du Roman. Et je les ai même soulignés. On a pu voir qu’ils se réduisent à fort
175ons l’occasion d’y revenir — on s’aperçoit que le Roman repose sur une série de contradictions énigmatiques. Une première rem
176 éditeurs récents de la légende : tout au long du Roman, Tristan paraît physiquement supérieur à tous ses adversaires et, par
177valerie contre Mariage Un moderne commentateur du Roman de Tristan et Iseut veut y voir un « conflit cornélien entre l’amour
178t-être n’a-t-on pas assez marqué à quel point les romans bretons la reflètent et la cultivent. Il est probable que la chevaler
179ement de se réaliser ? D’autre part, la chance du roman n’est-elle pas d’opposer la fiction d’un certain idéal de vie aux réa
180 tyranniques ? Plus d’une énigme que nous pose le Roman nous incite à chercher de ce côté les éléments d’une première solutio
181 solution d’une manière significative. En quoi le roman breton se distingue-t-il de la chanson de geste, qu’il supplanta dès
182eur. D’où naîtront des conflits de droit, dont le Roman offre plus d’un exemple. Reprenons l’épisode des trois barons « félon
183 exemple suffirait à démontrer que les auteurs du Roman avaient choisi en toute conscience pour la [p. 35] chevalerie « court
184mpagne. (Appendice 3.) Si Tristan, et l’auteur du Roman, partagent une telle manière de voir, la félonie et l’adultère sont e
185incompatible avec celle du mariage, on l’a vu. Le Roman ne manque pas une occasion de rabaisser l’institution sociale, d’humi
186courant à l’hypothèse, fort vraisemblable, que le Roman illustre un conflit de « religions », nous avons pu préciser et cerne
187ion se trouve simplement reculée. 7. L’amour du roman Si l’on se reporte à notre résumé de la légende, on ne peut manquer d
188dans les seules situations où elles permettent au roman de rebondir 8 . Cette remarque à son tour ne saurait constituer par
189nt ainsi parce qu’autrement il n’y aurait plus de roman. Mais cette réponse ne paraît convaincante qu’en vertu d’une coutume
190on fondamentale : pourquoi faut-il qu’il y ait un roman ? Et ce roman, précisément ? Question que l’on dira naïve, non sans u
191e : pourquoi faut-il qu’il y ait un roman ? Et ce roman, précisément ? Question que l’on dira naïve, non sans une inconscient
192e sorte de complicité les lie : la volonté que le roman continue, ou comme on dit, qu’il rebondisse. Supprimez cette volonté,
193d’où naît leur souffrance, c’est le démon même du roman tel que l’aiment les Occidentaux. [p. 39] Quel est le vrai sujet de
194, à la faveur de ce destin magique ? Dans tout le Roman, dans ces milliers de vers, je n’en ai trouvé qu’une seule trace. C’e
195ivant objet. D’où les obstacles multipliés par le Roman ; d’où l’indifférence étonnante de ces complices d’un même [p. 44] rê
196fond du mythe ? ⁂ Nous avons vu que le progrès du roman a pour principe les séparations et les revoirs successifs des amants
197e dégager cette dialectique de l’obstacle dans le Roman. Lorsque ce sont les circonstances sociales qui menacent les amants (
198rce qu’il fournit un prétexte à faire rebondir le roman. Tout autre est l’attitude du chevalier lorsque rien d’extérieur à eu
199ra la même dialectique entre les deux mariages du Roman : celui d’Iseut la Blonde avec le roi, et celui d’Iseut aux blanches
200aintenant le problème qui se posait à l’auteur du Roman primitif. De quel matériel symbolique — apte à cacher ce qu’il fallai
201probation sans condition de la part du lecteur de roman. La chevalerie, c’est la règle sociale que les élites du siècle rêven
202outume de la chevalerie fournira donc le cadre du Roman. Et nous avons marqué, en maint endroit, le caractère de « prétexte r
203tané. Et c’est pourquoi les plus belles scènes du Roman sont celles que les auteurs n’ont pas su commenter, et qu’ils décrive
204 Il n’y aurait pas de mythe, il n’y aurait pas de roman, si Tristan et Iseut pouvaient dire quelle est la fin qu’ils se prépa
205les hommes d’aujourd’hui. Le succès prodigieux du Roman de Tristan révèle en [p. 54] nous, que nous le voulions ou non, une p
206psychologie. Sans traverses à l’amour, point de « roman ». Or c’est le roman qu’on aime, c’est-à-dire la conscience, l’intens
207verses à l’amour, point de « roman ». Or c’est le roman qu’on aime, c’est-à-dire la conscience, l’intensité, les variations e
208ne vieille et grave mélodie Un résumé objectif du Roman nous a fait pressentir certaines contradictions. L’hypothèse d’une op
209ite à suivre en ses détours la logique interne du Roman puisse paraître vaguement injurieuse, je le sens bien, et m’en consol
210« physionomique » des formes et des structures du Roman, nous avons pu saisir le contenu originel du mythe, dans sa pureté fr
64 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
211« origine » sacrée des motifs caractéristiques du Roman. La quête de la fiancée lointaine, par exemple, se rattache au cérémo
212ion, qui est justement ce qui nous touche dans le Roman ? Parler de déviation de l’instinct, c’est ne rien dire puisqu’il s’a
213oûts qui avaient été ceux des Celtes. 16  » L’art roman et les langues romanes attestent l’importance de l’héritage celtique.
214ceux des Celtes. 16  » L’art roman et les langues romanes attestent l’importance de l’héritage celtique. Plus tard, ce furent d
215Antiquité ni dans les quelques siècles de culture romane qui succèdent à la renaissance carolingienne. Ou bien tout cela « tom
216ole donnent une idée : le Familier des Amants, le Roman des Sept Beautés… Il y a plus. À l’occasion de ces traités, les même
217obateur, le Bien connu : comment ne pas songer au Roman de la Rose ? Et le symbolisme chevaleresque se retrouve dans l’ouvrag
218e retrouve dans l’ouvrage de Nizami de Ganja : le Roman des Sept Beautés, qui conte les aventures de sept jeunes filles vêtue
219Un abîme sépare la forme et l’esprit de la poésie romane de la forme et de l’esprit de la poésie arabe. » Un autre savant, Doz
220n poèmes courtois et en lettres, le premier grand roman d’amour-passion de notre histoire. Jaufré Rudel va mourir dans les br
221ite sur une ancienne version arabe. Le périple du Roman de Barlaam et Josaphat est encore plus surprenant. Sous sa forme conn
222n’en reste pas moins que l’origine manichéenne du Roman est attestée par les fragments de son texte original (en langage ouig
223tuellement nouvelle. 11. De l’Amour courtois au roman breton Remontons maintenant du Midi vers le Nord : nous découvrons da
224nt du Midi vers le Nord : nous découvrons dans le roman breton — Lancelot, Tristan et tout le cycle arthurien — une transposi
225s avec les idées courtoises que naquit le premier roman courtois », écrit M. E. Vinaver. Ces légendes « exotiques », c’étaien
226on soit actuellement résolue : c’est bien le Midi roman qui a donné son style et sa doctrine de l’amour aux « romanciers » du
227e Troyes déclare tenir le fond et l’esprit de ses romans de la comtesse Marie de Champagne, célèbre par sa cour d’amour où le
228 le mariage fut condamné. Chrétien avait écrit un Roman de Tristan dont les manuscrits sont perdus. Béroul était Normand, Tho
229tous ces points, bornons-nous à remarquer que les romans bretons sont tantôt plus « chrétiens » et tantôt plus « barbares » qu
230s ne savons dans quelle mesure il a voulu que ses romans fussent des chroniques secrètes de l’Église persécutée (thèse de Rahn
231our la Sainte Cène. Cependant, même dans le grand roman de Lancelot (qui date de 1225 environ) le symbolisme et l’allégorie s
232 vraie barbarie est dans la conception moderne du roman, photographie truquée de faits insignifiants, alors que le roman bret
233phie truquée de faits insignifiants, alors que le roman breton procède d’une cohérence intime dont nous avons perdu jusqu’au
234ance mystique, ils n’ont pas introduit dans leurs romans que des erreurs. Ils ont traité un thème nouveau, celui de l’amour ph
235s d’amour, comme on le répète, mais de véritables romans. C’est qu’à la différence des poèmes provençaux, ils s’attachent à dé
236ne longue pénitence des amants. C’est pourquoi le roman finit « bien » — au sens de la mystique cathare — c’est-à-dire abouti
237spirituelles la formation d’un genre nouveau — le roman — qui ne [p. 142] deviendra proprement littéraire que par la suite, q
238t du xviie siècle. 12. Des mythes celtiques au roman breton Tristan nous apparaît comme le plus purement courtois des rom
239nous apparaît comme le plus purement courtois des romans bretons, en ce sens que la part épique — combats et intrigues — y est
240en même temps, Tristan est le plus « breton » des romans courtois, en ce sens qu’on y trouve incorporés des éléments religieux
241eux et plus exactement identifiables que dans les Romans de la Table ronde. ⁂ Hubert note très bien à propos de la littérature
242ent les prototypes assez exacts des situations du Roman de Tristan. Par exemple, dans l’idylle tragique de Diarmaid et Grainn
243urenchère, subsiste également dans Tristan et les Romans de la Table ronde. On y voit un grand nombre d’aventures débuter par
244⁂ Gaston Paris remarquait avec profondeur que le roman de Tristan et d’Yseut rend un son particulier, qui ne se trouve guère
245de l’action et le dénouement, tandis que dans les romans courtois, c’est la tragédie intérieure. Enfin, l’amour celtique (en d
246reton se soit si aisément adapté au symbolisme du roman courtois. Mais cette analogie reste purement formelle. Tout au plus d
247 recréer dans une vie ou dans une œuvre. 13. Du roman breton à Wagner, en passant par Gottfried La première recréation du m
248 vie. Mais il est non moins clair que le cadre du roman, son intrigue et ses thèmes directeurs se prêtaient au projet du poèt
249nt confondre avec la « science ». Tristan est un roman bien plus profondément et plus indiscutablement manichéen que la Divi
250etentir dans le mythe. Nous avons donc rejoint le Roman de Tristan et situé sa nécessité à telle date, à l’intersection de te
251° que la passion, vulgarisée de nos jours par les romans et par le film, n’est rien d’autre que le reflux et l’invasion anarch
65 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
252en fin de compte : à la sexualité. Or l’examen du Roman de Tristan et de ses sources historiques nous a conduit à renverser l
253 une aventure mystique Nous avons constaté que le Roman de Tristan est, à bien des égards, une première « profanation » de la
254icés que ceux du Midi. Le caractère distinctif du Roman est en effet de reposer sur une faute contre les lois d’amour courtoi
255de l’adultère consommé. De là que nous ayons un « roman » selon la formule moderne du genre, et non pas un simple poème. Il n
256de cause, on ne saurait plus parler d’un vulgaire roman d’adultère : l’infidélité d’Iseut, c’est l’hérésie, [p. 158] c’est la
257que — risquons un parallèle très général entre le Roman et l’aventure mystique. Quitte à rectifier par la suite les conclusio
258e semblent parfois étrangement confondues dans le Roman, il est toujours possible de reconnaître, à de tels traits, la tendan
259e monde, et le monde nous », gémit Iseut (dans le Roman en prose). Et Tristan de répondre : « Si le monde entier était orendr
260une sorte de blasphème s’il ne s’agissait dans le Roman que d’une passion d’amour sensuel : mais tout indique que nous sommes
261 situations les plus apparemment « mystiques » du Roman doivent être interprétées — si l’on ne veut pas errer gravement — à p
262s vu que les séparations des deux amants, dans le Roman, répondent à une nécessité tout intérieure de la passion. Iseut est u
263doit refuser la communion ! En un seul passage du Roman, l’orthodoxie triomphe provisoirement. C’est quand, le philtre ayant
264 confusion du Créateur et de la créature, dans le Roman : la fameuse « divinisation de la femme » selon la formule des manuel
265nc à zéro pour ce qui est du sens du mythe, et le Roman cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cessera
266du sens du mythe, et le Roman cesserait d’être un roman courtois ; ou bien l’amour courtois cesserait d’être ce qu’il fut, po
267anctifier par le mariage. Les amants mystiques du Roman chercheront donc l’intensité de la passion et non son apaisement heur
268position est dans le mystère de l’Incarnation. Le Roman est baigné par l’atmosphère celtique de l’orgueil chevaleresque : c’e
269ésie d’Occident procède de l’amour courtois et du roman breton qui en dérive. C’est à cette origine que notre poésie doit son
270’agissait-il d’amour profane — selon la lettre du Roman — ou d’un symbole de l’Éros lumineux, voire de l’Église d’Amour ? On
271s sa jeunesse et qu’il faisait ses délices de nos romans de chevalerie. Il rêvait de devenir le « meilleur chevalier du monde 
272 élans vers le Souverain Bien !… Se souvenant des romans français, François fit de la Pauvreté sa « Dame », et s’honora d’être
273ttestent que la rhétorique des troubadours et des romans courtois sont les sources directes du lyrisme franciscain, lequel à s
274ue. Sainte Thérèse raffolait dans sa jeunesse des romans de chevalerie (voir sa Vie par elle-même, chap II) ; elle eut même, p
275l’on se borne à la conception de l’amour dans les romans de chevalerie et dans les traités spirituels du xvie siècle, on obse
276Château intérieur. b) En Espagne, les auteurs de romans de chevalerie comme ceux des traités mystiques se caractérisent par l
277) Ce n’est pas dans les pauvres extravagances des romans de chevalerie mystique (la Gallarda Espirituel, El divino Escarraman)
278’évolution de sainte Thérèse, on constate que les romans de chevalerie ont eu sur elle une influence psychologique, et une inf
66 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
279Le meilleur point de départ nous est donné par le Roman de la Rose, écrit entre les années 1237 et 1280 environ. Il y a cent
280ction dite « réaliste ». Double mouvement dont le Roman de la Rose nous donne l’illustre témoignage. La Rose de Guillaume de
281 Guillaume de Lorris — dans la première partie du roman, dite courtoise — c’est l’amour de la femme idéale, vraie femme déjà
282u contraire, pour Jean de Meung, qui terminera le Roman, la Rose n’est plus que la volupté physique. Le réalisme le plus fran
283t — jusqu’à Pétrarque et bien au-delà : jusqu’aux romans allégoriques du xviie , jusqu’à la Nouvelle Héloïse… Et par Jean de M
284e succès (auprès du même public, souvent, que les romans idéalistes). C’étaient des historiettes grivoises colportées et repri
285ute l’Europe médiévale. Les fabliaux annoncent le roman comique, qui annonce le roman de [p. 205] mœurs, qui annonce le natur
286bliaux annoncent le roman comique, qui annonce le roman de [p. 205] mœurs, qui annonce le naturalisme polémique du dernier si
287e la chevalerie, jusqu’à Cervantès L’influence du roman breton est attestée par des centaines de textes à travers les xiiie ,
288its de Chrétien de Troyes. On traduit le [p. 207] Roman de Tristan dans toutes les langues d’Occident. L’Anglais Thomas Malor
289mboles. Cervantès ne cite point les très nombreux romans de « chevalerie célestielle » qu’on lisait de son temps avec passion
29039 . Il ne s’en prend, dans son Quichotte, qu’aux romans d’aventures profanes. Cette omission est mystérieuse. Elle militerait
291ique à la psychologie L’histoire du mythe dans le Roman, au xviie siècle français, peut se réduire, hélas, en une formule :
292 : la mystique se dégrade en pure psychologie. Le roman devient l’objet d’une littérature raffinée. D’Urfé, La Calprenède, Go
293 les induit simplement à composer d’interminables romans à clef. Polexandre est Louis XIII, Cyrus est le Grand Condé, Diane es
294ndé, Diane est Marie de Médicis, etc. Le sujet du roman demeure les « contrariétés » de l’amour, mais l’obstacle n’est plus l
295esque soupirant, et l’on voit Polexandre, dans le roman de Gomberville, parcourir comme un fou les cinq parties du monde pour
296rsque l’auteur est un champion du genre. C’est le roman allégorique du xviie siècle qui inventa le happy ending. Le vrai rom
297viie siècle qui inventa le happy ending. Le vrai roman courtois débouchait dans la mort, s’évanouissait dans une exaltation
298t la société qui l’emporte, et dès lors la fin du roman ne saurait être qu’un retour à ce qui n’est plus le roman : au bonheu
299 saurait être qu’un retour à ce qui n’est plus le roman : au bonheur. Les grands thèmes tragiques du mythe n’éveillent guère
300ut le reste. Au cinquième et dernier volume de ce roman que l’on n’ose nommer un roman-fleuve, puisqu’il n’est parcouru que p
301armes ne sont point inégaux à ceux de nos récents romans féeriques. Et la [p. 214] psychologie des écrivains français n’a pas
302été à ce point harmonisées. L’on n’imagine pas de roman mieux écrit ; plus strictement réglé, dans son progrès, sur les lois
303ndiscrets et de hasards immérités (comme sont les romans d’aujourd’hui). En un mot, l’Astrée est une œuvre. Elle suppose un mé
304ieux Boileau — le court Dialogue sur les Héros de Roman — pour réduire au silence et à l’oubli, jusque dans les manuels de no
305ècle, la féerie romanesque née de l’Astrée, et le roman comique, son parasite 142 . Il n’y eut plus qu’une dernière flamme, m
306tte joie majestueuse qui fait toute la douleur du Roman ». Car pour l’atteindre ou seulement la pressentir, il eût fallu pous
307fondes et qui n’est autre que le pétrarquisme. Le roman de Rousseau à proprement parler n’est pas une renaissance du mythe pr
308nts par un éditeur zélé à la troisième édition du roman : l’on y retrouve les situations que prévoyaient les leys de cortezia
309 rien du mystique ni du chevalier. Au surplus, le roman n’aboutit à la mort qu’après un renoncement à la passion, et cette mo
310de confesser un goût très vif pour le style de ce roman — seul comparable à l’Astrée sous ce rapport — et une admiration séri
311 rousseauisme » moral en attribuant à l’auteur du roman les croyances de ses personnages. Si Rousseau fut le premier à décrir
312’est la grande éclipse du mythe. Mais à partir du roman de Rousseau, qui naît comme en marge du siècle, nous allons parcourir
313traite de l’amour, ce petit volume n’est point un roman, et surtout n’est pas amusant comme un roman. C’est tout uniment une
314t un roman, et surtout n’est pas amusant comme un roman. C’est tout uniment une description exacte et scientifique d’une sort
315l venaient de provoquer la renaissance des études romanes.) « Singulière civilisation », dit-il. Et il rêve un peu là-dessus. O
316r chaste transforme l’hymne des troubadours en un roman 163 — ainsi les puissances du jour, évoquées par le premier acte, in
317agner — Anna Karénine, et presque tous les grands romans de l’ère victorienne, et surtout Tess des d’Urberville et Jude l’Obsc
318Urberville et Jude l’Obscur ; et de nos jours les romans platonisants d’un Charles Morgan. ⁂ Mais les chefs-d’œuvre, désormais
319 sur la descente du mythe dans les mœurs, que les romans de série, le théâtre à succès, enfin le film. Le vrai tragique de not
320, tant bourgeoises que « prolétariennes », par le roman, et le roman d’amour s’entend, traduit exactement l’envahissement de
321oises que « prolétariennes », par le roman, et le roman d’amour s’entend, traduit exactement l’envahissement de notre conscie
322ession de luxe et d’aventures exotiques que les « romans de gare » suffisent à [p. 255] satisfaire symboliquement. Que cela n’
323eut, l’épouse insatisfaite, oisive et lectrice de romans. Ici encore, deux morales s’affrontent. Les barons félons de la légen
324e ses contradictions intimes. En effet : point de roman sans obstacles. On les multiplie donc, sans souci d’une invraisemblan
325d insensible. Ainsi, pendant une heure ou deux le roman pourra rebondir et notre cœur haleter, et c’est ce que nous cherchons
326le à temps, ce qui amène par définition la fin du roman et du film : « et ils eurent beaucoup d’enfants » signifie qu’il n’y
327ent du bourgeois. Ainsi, dans le théâtre, dans le roman à succès et dans le film qui exploitent inlassablement la formule du
328s ce ton de désespoir ? Comment se fait-il que le roman qui triompha pendant trente ans, au xxe siècle, de toutes les autres
329ors ? Ne voit-on pas, dès les années 1930, que le roman a perdu toute sève ? qu’il ne retrouve une virulence provisoire qu’en
67 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
330 possession d’une femme. Et l’un des plus anciens romans que nous possédions, le Théagène et Chariclée d’Héliodore (iiie sièc
331t plus propre à restituer l’atmosphère de rêve du Roman de Tristan que les descriptions de tournois qu’on peut lire dans les
332mise en scène des tournois emprunte ses idées aux romans de la Table Ronde. Ainsi, au xve siècle, le Pas d’Armes dit de la Fo
333à la pèlerine » ; parfois il apparaît en héros de roman et s’appelle le chevalier au cygne ou porte les armes de Lancelot, de
334maculé de son sang. (Ainsi fait Lancelot dans les romans de la Table Ronde.) « L’atmosphère de passion qui entourait les tourn
335a douceur de vivre ». Les légendes épiques et les Romans de la Table Ronde multiplient les récits de tueries inouïes ; la gloi
336ébrile d’aventure, voilà le climat des principaux romans de cette période. Et cela signifie sans équivoque que les relations i
68 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
337l’amateur non initié des poèmes provençaux et des romans bretons, l’adultère de Tristan reste [p. 299] une faute 189 , mais il
338prisable. Mais Tristan, s’il enlève Iseut, vit un roman, et se rend admirable… Ce qui était « faute » et ne pouvait donner li
339nne ne peut plus le croire, à l’âge du film et du roman — nous sommes tous plus ou moins intoxiqués — et cette nuance est déc
340 la connaissance du mythe primitif, les succès du roman et du film apparaissent comme les signes certains d’une décadence de
341cles, ainsi que le font voir journellement films, romans et bandes dessinées. De fait, si l’amour romanesque triomphe d’une qu
69 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
342 certain que Béroul, Thomas, Eilhart, l’auteur du Roman en prose et celui de la Folie Tristan n’étaient pas initiés à cette t
343ordre. (Ibid., p. 80.) 3. Chansons de geste et romans courtois Les chansons de geste sont nées au xie siècle, et pas avant
344e marque la transition de l’épopée française au « roman » proprement dit. L’épisode d’amour nous intéresse d’autant plus qu’i
345uation fort analogue — dans sa forme — à celle du Roman de Tristan. Or il est évident que cette situation ne peut être qu’une
346inon peut-être du Japon médiéval (voir le célèbre roman Gengi), du Japon. Dans un très beau recueil posthume de poèmes et d’e
347s fidèles d’Amour dans les compositions lyriques, romans et épopées chevaleresques [p. 363] des troubadours (1856). C’est un l
70 1940, Mission ou démission de la Suisse. 3. Neutralité oblige, (1937)
348s, et de nos singularités sinon latines, du moins romanes. On se découvre en s’opposant, mais en s’opposant réellement, c’est-à
349que Ramuz eût écrit ce Chant de notre Rhône, si « roman », sans le voisinage germanique qui l’a contraint à formuler sa diffé
71 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Au sujet du Journal d’André Gide (janvier 1940)
350ndré Walter, et surtout dans La Porte étroite, ce roman janséniste et « cathare »… [p. 27] ⁂ D’autres causes d’erreur inter
72 1942, La Part du Diable (1982). IV. Le Diable dans nos Dieux et dans nos maladies
351e cultive en Occident. Depuis un siècle, tous les romans illustrent, avec d’autant moins d’art qu’ils y rencontrent plus de co
352oderne fut la littérature romantique, et dont les romans et les films sont les agents de diffusion. Cette obsession était deve
353tion qui l’apprennent par correspondance dans les romans et dans les magazines à gros tirage. Car cette insignifiance est en t
354. Ce composé ne saurait être aussi commun que les romans et l’opéra nous l’ont fait croire. Je mets en fait qu’il n’y a guère
355’est plus maîtrisé par l’homme en lui. Contre les romans et les films, et contre l’opinion courante du temps, qui voient le si
73 1944, Les Personnes du drame. I. Sagesse et folie de la personne — 4. Franz Kafka, ou l’aveu de la réalité
356 papiers les manuscrits presque complets de trois romans : le Procès, le Château, et Amérique. Le regard qu’il y porte sur le
357 plus de réalité que les vapeurs d’une héroïne de roman bourgeois. Le réalisme de Kafka réside dans la sobriété de sa vision,
358sé, autrement dit : du dépassé. C’est pourquoi le roman de Kafka suppose, du seul fait qu’il existe, une sorte de révélation,
359crits que son ami se refusait à publier — dont ce roman. Quels étaient les scrupules de Kafka ? « Il voulait son œuvre à l’éc
360au moins l’entrevision d’une foi — et pourtant le roman se termine par le triomphe atroce de la Loi, c’est-à-dire dans le dés
361dra jamais à rejoindre Monsieur le Comte. Tout le roman se passe au village, et se borne à décrire minutieusement les vaines
362 sagesse de Goethe Il semble bien que le Château, roman posthume, devait se terminer sur un échec de K. qui serait mort d’épu
74 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 6.. Le Journal d’André Gide
363ndré Walter, et surtout dans la Porte Étroite, ce roman janséniste et « cathare »… ⁂ D’autres causes d’erreur interviennent,
75 1944, Les Personnes du drame. III. Sincérité et authenticité — 7. Vues sur Ramuz
364d’école, qui domina et qui domine encore tous les romans à la Bourget, consiste à rattacher par convention, presque par accide
365ilise que des faits se range dans la catégorie du roman policier : il n’a pas de psychologie. Et la critique parle beaucoup d
366z un individu, qui constitue le vrai sujet de ses roman. Passage du Poète, ou passage du Diable (dans le Règne de l’esprit ma
367nce d’une femme (La Guérison des Maladies). Et le roman n’a pas d’autre mouvement que le mouvement même des images propagées
368pas à [p. 172] prendre au sérieux l’intrigue d’un roman bourgeois. On s’est trop arrêté à l’insolite du style chez Ramuz. Ce
369cieuses sur la syntaxe et sur la construction des romans de Ramuz. ⁂ Tout portrait représente un dialogue entre le peintre et
76 1944, Les Personnes du drame. IV. Une maladie de la personne — 8. Le Romantisme allemand
370crée à des analyses de rêves, Moritz écrivit deux romans auto-biographiques qui nous permettent de pénétrer l’intimité d’une e
371e passé. Moritz décrit ainsi le héros d’un de ses romans : « Il lui parut qu’il s’était échappé entièrement à lui-même et qu’i
77 1946, Journal des deux Mondes. 2. Journal d’attente
372à l’été. La lumière mûrit là-haut, sur le clocher roman de cette église mystérieusement demeurée, malgré la ville environnant
78 1946, Journal des deux Mondes. 8. Premiers contacts avec le nouveau monde
373s cinquante pages que je relis, cette note sur le roman me semble à retenir : « Au lieu de développer comme tout le monde une
79 1946, Journal des deux Mondes. 13. Virginie
374 de ma vie, je me sens tenté d’écrire la suite du roman. New York, fin d’année 1943 Note sur l’atonie générale. — Chacun
80 1946, Journal des deux Mondes. 15. Le choc de la paix
375e s’asseoir et l’on pose au café des problèmes de roman détective. Les Européens vus d’ici, au travers des questions qu’on m’
376lenway Wescott, qui vient de le démontrer dans un roman intitulé Appartements d’Athènes : le « bon Allemand », dit-il, est le
377 Chicago. C’est très long, je résume. Il écrit un roman inspiré de votre livre sur le Diable — est-ce bien cela ? — et il vou
81 1947, Doctrine fabuleuse. 6. L’ombre perdue
378à l’âme, qui est aussi bien le vague au corps. Le roman d’Hofmannsthal — contre épreuve — décrit le tourment d’une femme stér
379 il veut du vraisemblable… Il est retombé dans le roman insignifiant. 6 p. 56 3. Trois Essais sur la Théorie de la
82 1947, Doctrine fabuleuse. 8. Contribution à l’étude du coup de foudre
380 l’idée que l’on va vivre à son tour une scène de roman. Oui, l’idée seule a fait tous ces ravages, et non pas quelque dieu,
381 foudre sans ce désir que vous entretenez par vos romans… Mais ce n’est pas assez que d’une complaisance acquise. Il faut enco
382 songe que la femme du banquier était lectrice de romans — et sans doute de vos propres romans ?… Et ce coup de foudre, n’est-
383lectrice de romans — et sans doute de vos propres romans ?… Et ce coup de foudre, n’est-il pas tombé d’un ciel qu’il convient
83 1947, Vivre en Amérique. Prologue. Sentiment de l’Amérique
384is avant d’y venir vu tant de films et lu tant de romans américains : ils donnaient, je le sais aujourd’hui, des images vraies
84 1947, Vivre en Amérique. 2. Vie culturelle et religieuse
385ondant américain cherche à faire voir, il tend au roman. Sa gloire et son statut social éclipsent bien souvent ceux des grand
386d’inventions. Hollywood achète n’importe quoi, un roman non terminé, un bout de conversation, l’esquisse d’une histoire, un «
387méricain fournissent l’un des secrets de l’art du roman qu’illustra la génération des Dos Passos, Steinbeck et Hemingway, don
388réaliser » répondent le reportage américain et le roman. Et c’est pourquoi l’information, dans le sens large que je viens de
389ssions (ils les indiquent, et je note beaucoup de Roman Catholics). Passons maintenant [p. 100] dans Park Avenue. Des coupole
390ark Avenue. Des coupoles byzantines sur un porche roman : Saint-Barthélemy, l’église des riches, avec son chœur immense et fr
85 1947, Vivre en Amérique. 3. Vie privée
391 intéressante qui fait le sujet de nos plus beaux romans d’amour. Les obstacles au bonheur des amants, indispensables au dével
392le frigidaire et permettre à la femme de lire des romans — ou d’en écrire. Regardez maintenant le couple américain au restaura
393cence. Disons, pour fixer les idées, que les deux romans européens les moins pensables en Amérique seraient sans doute Adolphe
86 1947, Vivre en Amérique. 4. Conseil à un Français pour vivre en Amérique
394hansons, son théâtre d’avant-guerre, ses [p. 156] romans à succès et ses produits d’exportation, humains ou commerciaux, le fo
395 raffinement jusqu’à construire le chœur en style roman, et la nef en style ogival ; jusqu’à reproduire les tours non terminé
396 femmes [p. 165] vous font sur la foi de quelques romans, du sourire de Boyer, de la moustache de Menjou, et de l’intérêt réel
87 1948, Suite neuchâteloise. VI
397 Mais la littérature au sens étroit du terme — le roman, le poème, l’essai, le jeu d’idées — est restée chez nous pauvre ou n
398la tension des contraintes morales, dont vécut le roman victorien. Faut-il penser que cette culture fut trop mêlée, cette nat
88 1948, Suite neuchâteloise. VII
399un balcon d’hôtel à Vevey, à Montreux, patries du roman russe. Et le bleu de l’air matinal, l’argent transparent des montagne
89 1951, Preuves, articles (1951–1968). Culture et famine (novembre 1951)
400 pour un luxe, à la confondre avec la lecture des romans, c’est-à-dire avec ces brioches que la reine Marie-Antoinette conseil
90 1952, Preuves, articles (1951–1968). Le dialogue Europe-Amérique (août-septembre 1952)
401omics et whisky. Il est vrai que nous copions vos romans et vos danses. Mais vous n’avez même pas le sens de la lutte des clas
91 1952, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Contre la culture organisée (avril 1952)
402ats intégrer toutes les activités culturelles, le roman, le théâtre, la poésie, les sciences, à leur plan général de propagan
92 1952, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Le dialogue Europe-Amérique (juin-juillet 1952)
403omics et whisky. Il est vrai que nous copions vos romans et vos danses. Mais vous n’avez même pas le sens de la lutte des clas
93 1953, La Confédération helvétique. 6. Le peuple suisse et le monde
404ardt, tiennent le premier rang dans la poésie, le roman, la philosophie de l’histoire. De nos jours, la théologie allemande d
94 1955, Preuves, articles (1951–1968). Le Château aventureux : Passion, Révolution, Nation (mai 1955)
405et en prose [p. 6] dès la fin du même siècle : le Roman de Tristan et Iseult. Du Midi des Troubadours, inventeurs de notre ly
406tre lyrisme, au Nord des Trouvères, inventeurs du roman, puis à toute l’Europe littéraire, la transmission des thèmes, sujets
407 : nos plus grands érudits l’ont décrite. Mais le roman de Tristan ne fut pas imité par les seuls écrivains depuis près de hu
95 1956, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Le Prix européen de littérature n’a pas été donné en 1956 (juin-juillet 1956)
408t, le premier Prix européen couronna deux [p. 16] romans dont l’un venait d’être écrit en vue du concours, et dont l’autre ava
409deux talents neufs, permit la traduction des deux romans en un grand nombre de langues, et rapporta aux auteurs un total de dr
410e mais encore à la publication « spéculative » de romans ou de récits souvent moins valables en soi que par rapport à tel prix
96 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 4. Le Château aventureux
411n vers et en prose dès la fin du même siècle : le Roman de Tristan et Iseult. Du Midi des Troubadours, inventeurs de notre ly
412tre lyrisme, au Nord des Trouvères, inventeurs du roman, puis à toute l’Europe littéraire, la transmission des thèmes, sujets
413 : nos plus grands érudits l’ont décrite. Mais le roman de Tristan ne fut pas imité par les seuls écrivains depuis près de hu
97 1957, Preuves, articles (1951–1968). Sur un certain cynisme (septembre 1957)
414 A. — Vous les dites créateurs, mais peu font des romans. Vos critiques comme les nôtres réservent aux romanciers, aux auteurs
98 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur un patriotisme de la terre (mars 1958)
415nir. On le sent naître et balbutier déjà dans les romans de science-fiction, où la Terre, vue de loin, devient objet d’amour,
99 1958, Preuves, articles (1951–1968). Sur la prétendue décadence de l’Occident (avril 1958)
416’Histoire, la décadence de la chevalerie dans les romans qui fondent son prestige. Et combien [p. 46] de passions sont nées à
100 1959, Preuves, articles (1951–1968). Nouvelles métamorphoses de Tristan (février 1959)
417te définition rend compte de la plupart des vrais romans, par quoi j’entends non point les meilleures œuvres qu’on est convenu
418e, ou l’inverse. Ce qui est certain, c’est que le roman occidental n’a jamais décrit, jusqu’ici, de passion qui s’enflamme po
419se et de la mort enthousiasmante. I. Trois vrais romans d’amour-passion, au xxe siècle Trois œuvres où transparaît l’archéty
420 d’elles aussi a pu être décrite comme le dernier roman d’amour-passion de la littérature occidentale. Le Docteur Jivago de B
421récautions. Voici la fiche archétypique des trois romans, telle que leurs auteurs mêmes auraient pu l’établir, en se plaçant p
422cine. Le scandaleux héros (par antiphrase) de mon roman (éduqué en Europe, j’y insiste) n’épouse l’american way of life, en l
423la guerre, puis à pire. Je l’ai dit dans un vaste roman dont le personnage central, Ulrich von X., qui me ressemble comme un
424e lui dis pourtant mon amour sous le couvert d’un roman plein d’allusions et de symboles qu’elle comprendra. Et voici que l’o
425rale commune, la Société ou le Régime — ces trois romans trahissent une même ambiguïté quant à la vraie nature, sinon de leur
426ène inverse qui se produit à la lecture des trois romans : vous regardez longuement ce visage de femme et, peu à peu, c’est un
427texte. Comme le fera voir l’application aux trois romans de l’analyse mythologique proposée par L’Amour et l’Occident . II.
428 pas voiler ni excuser le caractère scandaleux du roman, car il apparaît essentiel, et l’auteur ne manque pas une occasion de
429ore (avec l’inceste), il n’y aurait ni passion ni roman véritables, au sens « tristanien » de ces termes. Car il manquerait e
430instant les différences profondes qui séparent ce roman sarcastique et pétulant de la sombre épopée, simple et drue, d’un Bér
431t drue, d’un Béroul. Qu’on ne s’y trompe pas : le roman de Tristan n’était pas moins choquant au xiie siècle que ne l’est au
432uteur en a-t-il conscience ? Certains épisodes du roman le donnent à croire, allusions aux péripéties et situations les plus
433r compensation le ton « férocement facétieux » du roman, son réalisme impitoyable et ses plaisanteries un peu folles, sauvées
434imé le narrateur, si elle avait été son Iseut, le roman réaliste eût fait place au poème et la satire sociale au lyrisme inté
435le mais aussi de tout horizon spirituel réduit le roman aux dimensions d’un tableau de mœurs à la Hogarth. On partage les irr
436ieux de chercher pourquoi l’époque où se passe le roman de Musil — veille de la guerre de 1914 — connut peut-être les dernier
437ignifiance, remplit la seconde partie de ce vaste roman. La réserve savante des descriptions, l’humour impitoyable des réflex
438i, au dernier moment, nous sépare ? Mais ici, le roman de Musil s’engage dans deux Voies divergentes : il nous en reste des
439idité de Musil s’attaque ici à la formule même du Roman et la détruit. Si la passion ne conduit pas à la mort, si le Jour peu
440de l’amour interdit échoue dans la réalité, et le Roman dans l’analyse psychologique la plus banale et déprimante. C’est pour
441ance du désir à l’extase partagée — mais aussi le roman au poème. Quelques instants avant sa mort, Musil travaillait à ce cha
442un amour trop réel pour oser dire son nom dans un roman ? L’amour heureux n’a pas d’histoire, chacun sait cela depuis qu’on é
443histoire, chacun sait cela depuis qu’on écrit des romans et qui passionnent. Mais cette convention littéraire, condamnant le m
444dité a seule retenu d’achever l’un des plus beaux romans de l’Europe de naguère. IV. La passion de Boris Pasternak Il résult
445ain, que les préférences du grand nombre vont aux romans écrits à la première personne et par une femme, décrivant des situati
446vente. En même temps paraissaient à New York deux romans écrits par des étrangers, Russes au surplus ; l’un décrivant des situ
447ns la liste des best-sellers américains, ces deux romans se disputent depuis des mois la première place. Il peut sembler d’ail
448siècles (depuis le xiie siècle exactement) qu’un roman soit vraiment un roman, et nous passionne ? Les préférences qu’avoue
449 siècle exactement) qu’un roman soit vraiment un roman, et nous passionne ? Les préférences qu’avoue le public interrogé dev
450lu. Or je vois triompher dans ce même public deux romans de l’amour-passion. Dira-t-on qu’il s’agit d’un refoulement ? Ou simp
451sincèrement choqué de m’en voir parler comme d’un roman d’amour. À vrai dire, ma thèse va plus loin : c’est « l’affaire Paste
452euple russe et le régime, drame préfiguré dans le roman lui-même, que j’interprète comme une affaire d’amour-passion. Voyons
453sion. Voyons les faits. Pasternak écrit un énorme roman (dont une partie seulement sera publiée) décrivant les prodromes de l
454u’il est, condamne ce livre. Il est normal que le roman condamné ne puisse paraître qu’en Europe. Il est normal que le jury d
455’éclata la crise, que les cent premières pages du roman, je me disais : — Tout se passe comme si cet homme était retenu dans
456nion des amants dans la mort… Il n’y a qu’un seul roman dans nos littératures ! Une seule passion dictant les mêmes péripétie
457 feu du couchant », et les scènes décisives de ce roman de poète sont toujours éclairées par le même soleil rouge sortant au
458ale. D’où la présence continuelle, dans nos trois romans tristaniens, de la Société et de ses conventions ; d’où la critique m
459ieux communicable, soit celle qui fait écrire des romans, celle dont la contagion rarement mortelle mais délicieuse atteint to
460tent à un Nabokov, à un Musil, d’aller dans leurs romans jusqu’au point périlleux où le scandale reste efficace tandis que la
461e reste efficace tandis que la censure hésite. Le Roman de Tristan n’apparut dans l’histoire qu’au temps où la réforme grégor
462i, mais l’élite culturelle de l’Europe. Ainsi, le roman de Pasternak ne vint au jour qu’au lendemain du « dégel » soviétique 
463du mythe. Tel est le « terrain » biologique où le roman trouve les meilleures chances à la fois de se déclarer et de propager
464ine le niveau psychologique et le style même d’un roman. Le Docteur Jivago, par exemple, est de beaucoup le plus traditionnel
465e, est de beaucoup le plus traditionnel des trois romans qu’on vient de considérer. L’ouvrage de Musil, au contraire, déploie