1 1938, Esprit, articles (1932–1962). La passion contre le mariage (septembre 1938)
1était la « Dame des pensées » dans la lyrique des troubadours, suppose donc la chasteté, ou la non-possession des corps. D’Amor mou
2 il ennoblissait mais encore il anoblissait : les troubadours accédaient socialement au niveau de l’aristocratie, qui les traitait
2 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Préface à l’édition de 1956
3ons troublantes que j’observais entre cathares et troubadours : eux n’en sont pas troublés, faute de « preuves » suffisantes. Plusi
4 II, traitant du xiie siècle, du catharisme, des troubadours, et de Tristan. C’est là le principal de cette nouvelle version. Pour
3 1939, L’Amour et l’Occident (1972). I. Le mythe de Tristan
5t au suzerain. Le chevalier breton, tout comme le troubadour méridional, se reconnaît le vassal d’une Dame élue. Mais en fait, il
4 1939, L’Amour et l’Occident (1972). II. Les origines religieuses du mythe
6l’amour courtois. [p. 78] 6. L’amour courtois : Troubadours et Cathares Que toute la poésie européenne soit issue de la poésie de
7 la poésie européenne soit issue de la poésie des troubadours au xiie siècle, c’est ce dont personne ne saurait plus douter. « Oui
8e, c’est-à-dire que le poète, ne pouvant être que troubadour, était tenu de parler — et de l’apprendre s’il ne le savait pas — le
9l’apprendre s’il ne le savait pas — le langage du troubadour, qui n’a jamais été que le provençal. » 22 Qu’est-ce que la poésie
10 le provençal. » 22 Qu’est-ce que la poésie des troubadours ? L’exaltation de l’amour malheureux. « Il n’y a dans toute la lyriqu
11stitaz (d’amour vient chasteté) chante le [p. 79] troubadour toulousain Guilhem Montanhagol. L’amour suppose aussi un rituel : le
12» 25 Or, s’il est à ce point « évident » que les troubadours ne tiraient rien de la réalité sociale, il paraît non moins évident q
13: tout compte fait, cela ne se tient pas, car les troubadours, paraît-il, avaient trop peu de culture pour connaître cette poésie.
14. Je me refuse à supposer un seul instant que les troubadours furent des faibles d’esprit, tout juste bons à répéter sans se lasser
15e.) 7. Hérésie et poésie Doit-on considérer les troubadours comme des « croyants » de l’Église cathare, et comme des chantres de
16 tout contact avec l’autre sexe 40 et ces clairs troubadours, joyeux et fous, dit-on, chantant l’amour, le printemps, l’aube, les
17lusion unanime : rien de commun entre Cathares et troubadours ! Mais l’irrépressible intuition des « aventureux » que j’ai cités ré
18 démontrez-nous, dans ce cas, comment Cathares et troubadours auraient pu se côtoyer chaque jour sans se connaître, et vivre dans d
19is rien entreprendre. » Est-il imaginable que les troubadours aient vécu et chanté dans ce monde-là sans se soucier de ce que pensa
20 vivaient ? On a rétorqué à cela que les premiers troubadours sont apparus dans le Poitou et le Limousin, tandis que l’hérésie avai
21ssi que les cours les plus souvent citées par les troubadours comme particulièrement accueillantes, étaient celles des seigneurs de
22lus il se peut très bien que le seul fait que les troubadours les fréquentassent révèle tout au contraire les tendances [p. 90] hér
23ssent à l’infini. Est-ce pure coïncidence, si les troubadours comme les Cathares glorifient — sans toujours l’exercer — la vertu de
24s. Voyons plutôt les arguments adverses. Tous les troubadours, dira-t-on, ne furent pas dans le camp de l’hérésie. Plusieurs finire
25 que ce fût possible en soi, que tels d’entre les troubadours ignoraient les analogies de leur lyrisme et du dogme cathare, on n’au
26 la beauté, plutôt courant ? Et si l’on dit : ces troubadours ne parlent point de leurs croyances dans les poésies qui nous restent
27qui nous donne à penser, si l’on songe à tous les troubadours qui devaient subir un apparent « mariage » avec l’Église de Rome dont
28 viendra l’aube. Mais à la fin de la chanson, le troubadour a-t-il trahi ses vœux ? Ou bien a-t-il trouvé au sein de la nuit la L
29urs placée « en trop haut lieu » pour lui 46 , le troubadour souffrant de l’amour vrai ? Un seul baiser, un seul regard, un seul s
30ces principales) du lyrisme courtois ; 2° que les troubadours n’ont jamais dit qu’ils suivaient cette religion, ou que c’était d’el
31naître une rhétorique aussi précise que celle des troubadours. Je répondrai dans l’ordre à ces critiques. 1. Religion mal connue Si
32le remarquer. Parlant de la lyrique abstraite des troubadours du xiiie siècle et de la confusion qu’elle favorise, de Dieu et de l
33ans conséquences. Soit. Mais les théories que les troubadours développaient avec une si grave application, ne sont-elles pas aux an
34rtains vers de Pétrarque ? » 48 [p. 101] 2. Les troubadours gardent le secret À la thèse du catharisme secret des troubadours, pl
35ent le secret À la thèse du catharisme secret des troubadours, plusieurs auteurs récents ont objecté que jamais un poète courtois n
36rité » (p. 199). C’est dire que le « secret » des troubadours était en somme une évidence symbolique aux yeux des initiés et des sy
37 que jamais un Cathare converti n’ait dénoncé les troubadours comme propagateurs de l’hérésie ? La [p. 103] réponse me paraît aisée
3803] réponse me paraît aisée. Il est clair que les troubadours n’étaient nullement considérés comme des prédicateurs ni comme des mi
39iller ». (Op. cit., II, p. 16.) [p. 104] Mais le troubadour Alegret l’a fort bien dit : « Mon vers (poème) paraîtra insensé au so
40e lui poser une énigme » ? On peut penser que les troubadours étaient mus par des passions moins puériles… «  J’entrelace des mots
41mais elle demeure presque insoluble : comment les troubadours entendaient-ils leurs propres symboles ? Et d’une manière plus généra
42… Qu’on se rappelle ce seigneur jaloux qui tue le troubadour favori de sa femme, et fait servir le cœur de la victime sur un plat.
43t pourquoi vouloir à tout prix que les poèmes des troubadours comportent des notations « réalistes » et des descriptions précises d
44l érudit qu’il semblerait que toute la poésie des troubadours fût l’œuvre d’un seul auteur louant une Dame unique !) Où est alors c
45tit fait encore : deux des plus ardents parmi les troubadours à louer les beautés de leur Dame, Arnaut Daniel et l’Italien Guinizel
46s de débauche que beaucoup ont portées contre les troubadours — l’on sait au vrai peu de chose de leurs vies — nous rappellerons l’
47 encore chez leurs disciples peu disciplinés, les troubadours. Des accusations horrifiantes figurent à cet égard dans les registres
48naître une rhétorique aussi précise que celle des troubadours ? C’est l’argument que les romanistes ont coutume d’opposer à l’inter
49Hallaj, Ruzhbehan de Shiraz et Sohrawardi d’Alep, troubadours de l’Amour suprême, chantres courtois de l’Idée voilée, objet aimé ma
50 d’une pareille polémique s’appliquent au cas des troubadours, et plus tard, nous le verrons, mutatis, mutandis, au cas des grands
51 Or selon certains interprètes de la mystique des troubadours, la Dame des pensées ne serait autre que la part spirituelle et angél
52l de la femme aimée, et signifie ici Dieu. Or les troubadours nommaient aussi la Dame de leurs pensées d’un nom conventionnel ou se
53el), c’est un des thèmes constants du lyrisme des troubadours, puis de Dante et enfin de Pétrarque. Tous ces poètes attachent au « 
54ngiers (médisants, indiscrets, espions) et que le troubadour couvre d’invectives. Nos savants commentateurs ne savent trop que fai
55ue qu’on n’a pas prouvé l’influence arabe sur les troubadours, « et qu’on ne la prouvera pas ». Ce ton péremptoire fait sourire. De
56zadjal est celle-là même que reproduit le premier troubadour, Guillaume de Poitiers, dans cinq sur onze des poèmes de lui qui nous
57tes remarquablement identiques) entre Cathares et troubadours. Je me risquais à dire : il y a là quelque chose, et l’absence de rap
58, de l’abbaye de Fontevrault si proche du premier troubadour — c’est le comte Guillaume de Poitiers — jusqu’au Paraclet d’Héloïse.
59 d’amors, ses « rites » précis, la rhétorique des troubadours, sa morale de l’hommage et du service, sa « théologie » et ses disput
60t ses disputes théologiques, ses « initiés », les troubadours, et ses « croyants », le grand public cultivé ou non, qui écoute les
61», le grand public cultivé ou non, qui écoute les troubadours et fait leur gloire mondaine dans toute l’Europe. Or nous voyons cett
62cités plus haut (au chap. 8). Chose curieuse, les troubadours chez lesquels nous constatons cette contradiction ne s’en plaignent p
63riage était condamné par leur Église. Beaucoup de troubadours —  [p. 126] cela n’est pas douteux — étaient cathares ou, du moins, t
64erfection à la perfection », c’est-à-dire par les troubadours et par les croyants inquiets à la morale des Parfaits. Mais enfin, di
65] citons maintenant quelques chansons de « légers troubadours méridionaux », grands seigneurs amateurs ou jongleurs besogneux, que
66 à celui qui observe ses lois, dit le premier des troubadours connus, Guillaume, septième comte de Poitiers et neuvième duc d’Aquit
67nte dame du monde. (Arnaut Daniel.) (De même, le troubadour arabe Ibn Dawûd disait : « La soumission à l’aimée est la marque natu
68es de la première et de la seconde génération des troubadours (1120 à 1180 environ). Au xiiie siècle, ceux de la dernière générati
69u monde. Celui que l’on nomme parfois le dernier troubadour, Guiraut Riquier, donnera de ces vers le commentaire suivant : « Les
70e tu seras mon guide. Enfin, contre certains des troubadours qui sans doute abusaient trop souvent des ambiguïtés ménagées par le
71à écrire en mettant les points sur les i : «  Ces troubadours, en mêlant la vérité au mensonge, corrompent les amants, les femmes e
72anter ce que l’on pourrait encore tenir, chez les troubadours du Midi, pour une pure fantasmagorie sentimentale. [p. 134] ] 6. Exc
73exuels pour la plupart, comme le furent plusieurs troubadours. Il s’exprime dans des termes qui seront repris par presque tous les
74leterre 78 . Elle emmenait [p. 137] avec elle ses troubadours. C’est par elle et par eux entre autres que les trouvères anglo-norma
75sés sans grands scrupules à d’autres fins que les troubadours ? [p. 138] Dans l’attente de recherches plus approfondies sur tous ce
76 » et tantôt plus « barbares » que les poèmes des troubadours, dont ils sont cependant inspirés de la manière la plus incontestable
77d bien même les trouvères seraient inférieurs aux troubadours dans la connaissance mystique, ils n’ont pas introduit dans leurs rom
78 considérée comme une ascèse, le « mal aimé » des troubadours. Voici Tristan livré au plus cruel conflit, lorsqu’au soir de ses noc
79s de l’amour courtois lorsqu’on passe du Midi des troubadours au Nord plus barbare des trouvères, nous sommes en mesure de voir dor
5 1939, L’Amour et l’Occident (1972). III. Passion et mystique
80rances mystiques. On se souvient de la plainte du troubadour : Dieu ! comment se peut-il faire Que plus m’est loin plus la désire
81 et rien ne l’attire vers le bas… » (Maximes.) Le troubadour Arnaut Daniel parlait aussi de cet « excès de désir » qui enlève « to
82le à Dieu, à l’amour éternel. Mais supposez qu’un troubadour ait exprimé la même prière en feignant de l’adresser à sa Dame. L’ama
83 des Franciscains se répandit en Italie comme les troubadours s’étaient répandus dans le Midi de la France : par les routes, sur le
84s Fioretti 111 , attestent que la rhétorique des troubadours et des romans courtois sont les sources directes du lyrisme francisca
85nous à énumérer les principaux thèmes communs aux troubadours et aux mystiques orthodoxes : « Mourir de ne pas mourir. » 114 La
86amour divin et de l’amour courtois, mais chez les troubadours provençaux du xiie siècle. Les plus féconds éléments de leur doctrin
87angage passionnel nous vient de la rhétorique des troubadours. Rhétorique ambiguë par excellence : une dogmatique manichéenne y com
88passe les limites de l’amour naturel », disait le troubadour Guido Cavalcanti, au xiiie siècle. Or le [p. 186] fait de dépasser l
89ue la passion « enthousiaste », la joy d’amor des troubadours, devait fatalement aboutir à la passion humaine malheureuse. Cet amou
6 1939, L’Amour et l’Occident (1972). IV. Le mythe dans la littérature
90n courtoise du Languedoc, dispersant les derniers troubadours. Que va devenir la tradition d’Amour ? Il semble bien que, dès le xiv
91solide amitié se noue entre Rambaut de Vaqueiras, troubadour languedocien, et le puissant marquis Alberto Malaspina. Il semble bie
92ie. Une fois de plus, la carte de l’influence des troubadours se confond avec celle des hérésies. Un peu plus tard, le mouvement fr
93ette poésie courtoise du Sud s’inspira-t-elle des troubadours ? La question est encore obscure. On ne trouve à la cour de Palerme q
94lle rénove consciemment le langage symbolique des troubadours. Les Siciliens étaient tombés dans un douteux allégorisme : ils parla
95ient la Science sacrée. Sincérité bien propre aux troubadours, et toute contraire à celle qu’un moderne imagine ! Dante la définira
96eurs chez les poètes italiens le vrai mystère des troubadours, de même que c’est au crépuscule que se révèlent les sept couleurs do
97on animant pour la première fois les symboles des troubadours d’un souffle parfaitement païen, et non plus du tout hérétique ! On e
98poésie courtoise 137 . Dante a vengé d’avance les troubadours en mettant en Enfer des « chevaliers de Marie », moines italiens appe
99. Elle couvre la même étendue que l’influence des troubadours : l’Europe entière. Les Minnesänger (chanteurs de l’Amour) en Allemag
100emander s’il connaissait la tradition secrète des troubadours. Mais on peut relever ce fait : que Vérone fut un des principaux cent
101al. Racine, comme Pétrarque, était de la race des troubadours qui trahissent l’Amour pour l’amour : ceux-là finissent presque toujo
102seulement serait la délivrance — selon la foi des troubadours… 14. La Nouvelle Héloïse Paysan de Genève, Rousseau échappe à l’i
103, c’est l’état d’âme créé chez les imitateurs des troubadours par une doctrine qu’ils « sécularisaient », n’en connaissant que la r
104thousiasme est réel, c’est l’« endieusement » des troubadours, l’endiosada des mystiques espagnols, la joy d’amor dans son délire d
105les lois de l’amour chaste transforme l’hymne des troubadours en un roman 163 — ainsi les puissances du jour, évoquées par le prem
106s par rapport à l’amour courtois. La religion des troubadours se prêtait aux complicités les plus sournoises avec l’instinct, qu’el
7 1939, L’Amour et l’Occident (1972). V. Amour et guerre
107ng féodal comme le culte de la chasteté, chez les troubadours, s’oppose à l’exaltation érotique du xiie siècle. « Dans la conscien
8 1939, L’Amour et l’Occident (1972). VI. Le mythe contre le mariage
108lissait mais [p. 304] encore il anoblissait : les troubadours accédaient socialement au niveau de l’aristocratie qui les traitait c
109tidienne. La romance veut « l’amour de loin » des troubadours ; le mariage, l’amour du « prochain ». Si donc l’on s’est marié à cau
9 1939, L’Amour et l’Occident (1972). Appendices
110ence possible de la mystique cistercienne sur les troubadours. En effet, « chronologiquement parlant, les deux mouvements sont à pe
111 a donc supposé une filiation des cisterciens aux troubadours. M. Gilson réfute cette hypothèse en montrant : 1° que l’objet de l’a
112 n’est pas le même pour saint Bernard et pour les troubadours, ces derniers exaltant, selon lui, la sensualité naturelle ; 2° que l
11300). Certes, une opinion assez répandue prête aux troubadours une attitude idéaliste du même genre que celle de saint Bernard. Pour
114étaphores courtoises « grossières » aux mœurs des troubadours, ma déduction serait inverse de celle des savants modernes. Marcabru
115er d’être débarrassé de l’amour de Dieu. » Or les troubadours gémissent sous le joug de l’Amour. Donc cet amour n’est pas spirituel
116roix, reprendront bel et bien les expressions des troubadours, et souhaiteront d’être libérés des tourments de l’amour divin : c’es
117our divin : c’est là bien entendu, comme chez les troubadours, une manière d’exprimer la violence de leur passion, une sorte d’anti
118 ce dont M. Gilson ne saurait se réjouir. c) Les troubadours chantent l’amour malheureux. Mais l’amour divin des cisterciens obtie
119eure M. Gilson). On retrouve donc la situation du troubadour vis-à-vis de l’amour des êtres. Certes : « la pureté de l’amour court
120es, romans et épopées chevaleresques [p. 363] des troubadours (1856). C’est un lexique donnant la traduction d’environ 500 termes,
121xemple : « Arbres morts ». — Les catholiques. Les troubadours traitaient les membres du clergé catholique d’arbres automnals morts.
122 Il partageait l’engouement des Italiens pour les troubadours qui séjournaient fréquemment parmi eux (tels Peire Vidal, Peire d’Auv
123té, le régime de la grâce et de l’Amour. Certains troubadours le connurent. (Richard Cœur de Lion par exemple.) Les deux doctrines
10 1939, Esprit, articles (1932–1962). Autour de L’Amour et l’Occident (septembre 1939)
124au notre « tenson », comme on disait au temps des troubadours. Croyez-moi, je ne cherche pas à esquiver des objections précises 111
11 1940, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). Hommage à C. F. Ramuz (mai 1940)
125e non pas à la manière de Genève mais à celle des troubadours, voilà bien la constellation ramuzienne. Rien de plus « Suisse » que
12 1948, Suite neuchâteloise. V
126de l’ouest celtique ; le midi sec et enfiévré des troubadours ; et de l’autre côté de l’Europe, aux marches slaves, ces Burgs secre
13 1952, Preuves, articles (1951–1968). Le sens de nos vies, ou l’Europe (juin 1952)
127 nos littératures depuis des siècles — depuis les Troubadours — et grâce à la littérature, elle obsède nos rêves, elle met un « tou
14 1955, Preuves, articles (1951–1968). Le Château aventureux : Passion, Révolution, Nation (mai 1955)
128nd à la Dame des pensées, comme à la cortezia des Troubadours la mystique de l’amour divin d’un saint Bernard, et comme à l’histoir
129ècle : le Roman de Tristan et Iseult. Du Midi des Troubadours, inventeurs de notre lyrisme, au Nord des Trouvères, inventeurs du ro
130ècle, où la passion « naquit » avec la poésie des Troubadours, voit un premier retour de l’individualisme dans l’Occident christian
15 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. Deuxième partie. La Quête occidentale — 4. Le Château aventureux
131nd à la Dame des pensées, comme à la cortezia des Troubadours la mystique de l’amour divin d’un saint Bernard, et comme à l’histoir
132ècle : le Roman de Tristan et Iseult. Du Midi des Troubadours, inventeurs de notre lyrisme, au Nord des Trouvères, inventeurs du ro
133ècle, où la passion « naquit » avec la poésie des Troubadours, voit un premier retour de l’individualisme dans l’Occident christian
16 1959, Preuves, articles (1951–1968). Nouvelles métamorphoses de Tristan (février 1959)
134né, tel qu’il fut inventé au xiie siècle par les troubadours du Languedoc et romancé par les Bretons. C’était faire trop d’honneur
135 la distance nécessaire à « l’amour de loin » des troubadours. Mais quel est ce désir ? Est-il désir de l’autre, ou seulement Désir
17 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Introduction. L’érotisme et les mythes de l’âme — b. Naissance de l’érotisme occidental
136s romans (qui prennent leur nom de la Romania des troubadours), l’érotisme n’accède au niveau de la conscience occidentale qu’au dé
137es, qui redécouvrent en même temps le lyrisme des troubadours, et plusieurs dimensions du fait religieux. Kierkegaard, Baudelaire e
18 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Introduction. L’érotisme et les mythes de l’âme — f. Soulèvement des puissances animiques
138 jamais par le sentiment. Et subitement voici les troubadours et l’invention du désir sublimé, saint Bernard de Clairvaux et la mys
19 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 1. Nouvelles métamorphoses de Tristan
139[p. 49] qu’il fut inventé au xiie siècle par les troubadours du Languedoc et romancé par les Bretons. C’était faire trop d’honneur
140 la distance nécessaire à « l’amour de loin » des troubadours. Mais quel est ce désir ? Est-il désir de l’autre, ou seulement Désir
20 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 4. Dialectique des mythes I. Méditation au carrefour fabuleux
141re douleur ou joie. Le sentiment qu’expriment les troubadours est typiquement adolescent, et comme indépendant du sexe. S’il réussi
21 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. I. Première partie — 5. Dialectique des mythes II. Les deux âmes d’André Gide
142our « tourne à réalité » (comme s’exprimaient les troubadours) il saura bien en susciter de plus secrets. Dans l’œuvre écrite, la v
22 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. Annexes — iii. Post-scriptum
143trique (union sexuelle sacrée) et la cortezia des troubadours correspondent à ce second sens. Les épreuves que le tantrisme fait su
144 et tourné vers l’essence divine. La cortezia des troubadours décrit à mots couverts (mais bien assez précis, pour qui sait lire) c
23 1961, Preuves, articles (1951–1968). Dialectique des mythes : Le carrefour fabuleux (II) (mai 1961)
145re douleur ou joie. Le sentiment qu’expriment les troubadours est typiquement adolescent, et comme indépendant du sexe. S’il réussi
24 1965, La Suisse ou l’histoire d’un peuple heureux. III. La morale quotidienne et le climat de culture ou comment on vit dans une fédération
146pes, se constitue d’une manière autonome avec les troubadours du Languedoc, dès le xiie siècle, à Saint-Martial de Limoges, à Notr
147s. Je crois bien qu’Othon de Grandson, chevalier, troubadour tardif, tué en combat singulier en 1397, est le seul poète romand don
148rès vieux langage roman qui ressemble à celui des troubadours — les Flugi d’Aspermunt avaient pourtant motif de trouver en Guillaum
25 1966, Preuves, articles (1951–1968). André Breton (novembre 1966)
149ce qui peut nous rapprocher, l’amour-passion, les troubadours, la psychanalyse, Saint-John Perse, mais aussi de ce qui semblerait d
26 1967, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Civisme et culture (notamment artistique) (mai 1967)
150pes, se constitue d’une manière autonome avec les troubadours du Languedoc, dès le xiie siècle, à Saint-Martial de Limoges, à Notr
27 1970, Le Cheminement des esprits. II. Diagnostics de la culture — II.5. Pronostics 1969 (une interview)
151 les voûtes romanes et les flèches gothiques, les troubadours avec leurs poèmes d’un érotisme raffiné, les romanciers du cycle de l
28 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.1. Éducation, civisme et culture
152e d’une manière autonome au xiie siècle avec les troubadours du Languedoc, à [p. 90] Saint-Martial de Limoges, à Notre-Dame de Par
29 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.10. Le Dialogue des cultures
153rappelle à ce propos qu’au xiie siècle, pour les troubadours et les trouvères, trouver signifiait inventer… Une des premières cond
30 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.12. Fécondité des études régionales
154’École de Paris ; — de musique : le Languedoc des Troubadours, les Flandres, le Groupe des Six, l’École de Vienne ; — de littératur
31 1970, Lettre ouverte aux Européens. I. L’unité de culture
155t l’une des sources principales de la lyrique des Troubadours, donc de l’amour tel qu’on le parle et qu’on croit le sentir en Occid
156 nos littératures depuis des siècles — depuis les troubadours et le roman breton —, [p. 50] et grâce à la littérature, elle obsède
157ilo, se constitue d’une manière autonome avec les troubadours du Languedoc, dès le xiie siècle, à Saint-Martial de Limoges, à Notr
32 1972, L’Amour et l’Occident (1972). Post-scriptum
158s mêmes lieux et les mêmes temps de la poésie des troubadours et du vaste complexe d’hérésies que symbolise le nom de catharisme. T
159 d’Eugène Aroux et du Sâr Péladan : a) « tous les troubadours étaient cathares, tous les cathares étaient troubadours » ; et b) la
160dours étaient cathares, tous les cathares étaient troubadours » ; et b) la rhétorique courtoise fut le langage secret de l’hérésie.
161 religieuse issue aux xiie et xiiie siècles des troubadours languedociens. Ce livre, qui a pour titre « L’Amour et l’Occident »,
162es croisés envahisseurs, et lié par la langue aux troubadours, mais qui n’aime guère qu’un étranger vienne se mêler de cette immens
163ue les deux tiers de mes lectures sur Cathares et Troubadours, depuis que je travaille le sujet, je les ai faits après la sortie de
164 querelle au sujet des rapports entre cathares et troubadours [p. 376] — ou mieux entre le complexe des hérésies gnostiques et l’hé
165cher à ma thèse véritable, laquelle demeure : que troubadours et cathares ne peuvent être compris séparément, hors du grand phénomè
166 écho dans le grand public, et qui a présenté les troubadours et la poésie courtoise comme autant d’échos de l’hérésie cathare. Hyp
167ui donc, hormis Mme Pernoud, a jamais cru que les troubadours composaient pour les commerçants de Carcassonne ? L’amour courtois, c
168uses » que le catharisme ait précédé les premiers troubadours ? Hélas, l’Église n’en demandait pas tant : dès 1017 à Orléans, 1020
169On se rabat alors sur « la basse extraction » des troubadours, pauvres jongleurs et baladins dont on ne saurait imaginer qu’ils aie
170 toute possibilité de rencontre entre cathares et troubadours, me paraissent frappées de la même faiblesse congénitale : elles rais
171 Même René Nelli se laisse aller à écrire que les troubadours « attendaient que l’Amour leur donnât une valeur qui ne leur apparten
172les 43 auteurs qu’il cite dans son anthologie des Troubadours (Tome II, les Poètes). Quelle est la proportion des « jongleurs », de
173ux bien que Jeanroy ait compté près de cinq cents troubadours (dont on ne connaît souvent que le nom), et que les jongleurs aient p
174t-elle, le dogme marial « exclut » la Gnose… Un troubadour mystique : Henri Suso Ici, l’exemple du grand mystique souabe Henri S
175rmanique de la « piété fleurie » que les derniers troubadours du Languedoc avaient vouée à la Vierge, ou à cette Clémence qui, croi
176i m’agrée », comme dit un trouvère après tous les troubadours, et Suso : « ein suesses we… ein ellende froede » (une douleur douce…
177olu, à l’infini : le senen qui est le dezirar des troubadours, et qui sera le Sehnen de Wagner. (Et même les « mots crus » ne manqu
178ccitane. Bien entendu, cela ne prouve pas que les troubadours parlaient de la Sophia quand ils louaient leur Dame ; mais cela prouv
179spirituel lui a permis de devancer les érudits. Troubadours et Cathares Dans un tout autre climat de compréhension intellectuelle
180résume dans son précieux petit livre intitulé Les Troubadours (1961 et 1971) l’argument de notre « tenson », inauguré par d’assez v
181out conflue, se mêle et se confond, non seulement troubadours et cathares, mais courtoisie occitane et légendes celtiques (le Midi
182eur d’une assimilation entre l’amour courtois des troubadours et une définition de la « passion> » issue tout entière à travers
183entadour et Wagner, et il conclut que « faire des troubadours les chantres de l’amour réciproque malheureux, eux dont le maître mot
184e je vois est inverse : Joy est le maître mot des troubadours et ce n’est pas la joie au sens français du mot. Je crains que le con
185le grand ouvrage de René Nelli sur L’Érotique des troubadours (1963) que l’on puisera les éléments d’une vision plus authentique. J
186ation à la mort », on peut aussi soutenir que les troubadours « mouraient d’amour comme nous mourons de soif » (p. 73). Il n’en res
187pour Guilhem Montanhagol « comme pour les anciens troubadours, le thème de la mort-par-désir — pour conventionnel qu’il soit — est
188t, aller à Dieu, n’est-ce pas un thème commun aux troubadours, aux mystiques arabes, et sans nul doute à plus d’une hérésie dualist
189 S’il en est bien ainsi, ni les cathares ni les troubadours ne sont très loin de l’endura d’amour dont meurt Tristan et où Isolde
190Weil écrit merveilleusement : « Quelques vers des troubadours ont su exprimer la joie d’une manière si pure qu’à travers elle trans
191ur mourir de désirer », en passant par les grands troubadours du xii e siècle et les grands romantiques allemands, il existe une co
192siècle), « où il nous est conté que la dame de ce troubadour, apprenant qu’il avait été tué dans un combat, alla s’enfermer dans u
193consacrés tantôt au catharisme 233 et tantôt aux troubadours 234 que j’ai trouvé les plus précises et sensibles confirmations ou
194 mes hypothèses sur la nature des relations entre troubadours et cathares aux xiie et xiiie siècles. Alors que Davenson ne craint
195nt ne permet de saisir la moindre collusion entre troubadours et cathares » (Op. cit., p. 144), René Nelli rappelle non seulement l
196les deux doctrines ont coexisté » (L’Érotique des troubadours, p. 228) ; mais il ajoute ceci qui est non moins évident : « En 1250,
197té de Foix, qui accueillaient et protégeaient les troubadours étaient, à la veille de la Croisade, sinon « parfaites » du moins « c
198croyantes » (Op. cit., p. 229). Une quinzaine de troubadours ont été cathares ou à tout le moins « catharisants », parmi lesquels
199 canons du Concile de Trente mis en vers.) Chaque troubadour cathare — et peu m’importe leur nombre dès lors qu’il y en a au moins
200athisant comme le pense Nelli, il fut en tout cas troubadour : il y a donc « collusion » là encore. Le troubadour (tardif et catho
201ubadour : il y a donc « collusion » là encore. Le troubadour (tardif et catholique) Matfre Ermengau, dans son Bréviaire d’Amour, r
202médire ». Or c’est ce qu’ont fait tous les grands troubadours. Enfin, le roman courtois de Flamenca porte des traces certaines de c
203 ne nous décrit la rencontre d’un Parfait et d’un troubadour dans le même château » (Croisade contre les Albigeois, p. 60), et que
204 cathares « qui accueillaient et protégeaient les troubadours » (E. T., pp. 228-229) 236 . Bien mieux, la rencontre d’un cathare dé
205 mieux, la rencontre d’un cathare déclaré et d’un troubadour s’est attestée au moins une fois dans un même homme, Guillaume de Dur
206ent : les différences qui les séparent des autres troubadours, quand il y en a, ne correspondent nullement à leurs croyances respec
207ves. Il faudrait admettre, dès lors, que tous les troubadours ont été cathares ou qu’aucun d’eux ne l’a été. Or il est évident que
208 d’eux ne l’a été. Or il est évident que tous les troubadours n’ont pas été cathares. » Nelli en conclut que « leurs idées religieu
209en ce sens on pourrait bien soutenir que tous les troubadours nolens volens furent cathares, comme on peut dire que Victor Hugo, Ba
210ans le même phénomène quand il s’atteste chez les troubadours, comme Cercamon (1135-1145) : Rien ne me fait plus envie Qu’un objet
211 le trajet de cette recherche dans L’Érotique des troubadours. La Joie d’amour, ou Joy d’amors en occitan, est un mot masculin dont
212rficerent actum carnalem. (Cité in L’Érotique des troubadours, p. 272.) (« S’ils se révèlent incapables de se coucher dans un lit,
213et par l’asag que la rencontre de la cortezia des troubadours et du gnosticisme des cathares s’avère non seulement possible, mais à
214, soient différents de part et d’autre : chez les troubadours, exalter le désir ; chez les gnostiques, en triompher (ascétisme des
215raiter tous les poètes d’amour qui suivront — les troubadours — « et après eux, des centaines et des milliers de poètes de l’Europe
216vençal, avec lesquels on confond de nos jours les troubadours — mais Dante, qui s’y connaît, les nomme « limousins ». La descendanc
217is champenois, son fils Richard Cœur de Lion, bon troubadour, ses filles Marie de Champagne et Aëlis de Blois, qui tiendront cour
218tenir que Robert pratiquait l’asag avant tous les troubadours, et avant que Guillaume en parle dans un vers, opposons Bezzola, ici
219llaume ; pour notre salut par l’amour, diront les troubadours classiques… Je me rends, je me livre à Elle ! Grâce pure, indicible
220e du Poitou, neuvième duc d’Aquitaine, et premier troubadour d’Europe. Guillaume commence par imiter, dans une intention parodique
221illaume IX et de toute la première génération des troubadours, qui est poitevine, limousine, gasconne et charentaise par Cercamon,
222tre le grand mystique Al-Hallaj et le premier des troubadours arabes, Ibn Dawûd, vers la fin du IXe siècle. Tous les deux sont les
223logie du phénomène avec celui des relations entre troubadours et cathares, et ses implications morales et religieuses. — Ils veulen
224incrédulité à contretemps. Quand ils disent : tel troubadour a écrit exactement le contraire de ce qu’un Parfait devait professer,
225erce spirituel avec l’Islam ; des cathares et des troubadours ; de l’ascétisme et du brûlant désir ; du mysticisme délirant et de l
226t, dans votre bouquin, il n’y a pas seulement les troubadours, et ces cathares qui furent ou non leurs frères. Pourquoi revenir si
227 plus sérieux. Certes, il n’y a pas seulement les troubadours, mais il y eut d’abord les troubadours, parce qu’il y a d’abord la po
228lement les troubadours, mais il y eut d’abord les troubadours, parce qu’il y a d’abord la poésie, puis le sentiment qu’elle a su di
229a la morale. (J’y reviendrai.) Il y a d’abord les troubadours parce qu’il y a d’abord l’expression, et surtout l’expression lyrique
33 1975, Bulletin du Centre européen de la culture, articles (1951–1977). Rôle de la modernité dans les relations Europe-Monde (hiver 1975-1976)
230es de sentir et de rêver, à travers la poésie des troubadours [p. 8] et le roman celtique ; la synthèse de ces grands phénomènes cu
231tions répétées de l’Église contre la cortezia des Troubadours. Oui, « tout est venu à l’Europe », mais désormais, tout en viendra,