1 1957, L’Aventure occidentale de l’homme. I. Première partie. La Voie et l’Aventure — 2. Où le drame se noue
1nation progressive (ou même instantanée, selon le Zen). Pour le chrétien, l’expérience du chemin se confond avec celle de l
2 1959, Preuves, articles (1951–1968). Rudolf Kassner et la grandeur (juin 1959)
2x néophytes les moines bouddhistes de la secte du Zen. Pourtant, le thème profond, omniprésent, de l’œuvre, c’est à l’inver
3t plus favorable au Livre de Job et aux proverbes Zen qu’à Lamartine ou même à Rilke, reconnaîtront dans les dialogues et l
4ais maintenant expliciter. Kassner, Rilke et le Zen Une amitié des plus complexes, pour ne pas dire ambivalente, a lié lo
5rtent. L’essai porte un titre curieux : Rilke, le Zen et moi 85 et il est curieusement décousu. À propos de l’influence q
6ctrine. Beaucoup plus tard, il entendit parler du Zen, qui n’est resté qu’un nom pour lui. Mais dans le recueil d’hommages
7cité), le rapprochement que je suggérais entre le Zen et sa propre pensée l’a frappé : Cela resta fixé dans ma mémoire, éc
8s, je fusse informé de l’existence d’une école du Zen dont les maîtres parviendraient à ceci : atteindre le but sans le voi
9 yeux fermés… Je pressentais maintenant ce que le Zen signifiait et dans quel rapport il pouvait être avec mon œuvre, qui c
10ela ne doit-il pas avoir le but en lui-même ?… Le Zen, le tir aveugle, est acte, mais cet acte est en outre notre pensée la
11ltime, et le dirai-je, la pensée sans limite… Le Zen suppose la dissolution, l’éclatement de tout le conceptuel. Le point
12est en même temps le Tout… Que signifie encore le Zen, sinon l’élimination de la fortune, au sens antique, c’est-à-dire de
13 Sens. Si je m’en tiens à cette interprétation du Zen, Denis de Rougemont a raison ; il y a du Zen, en fait, dans tous mes
14n du Zen, Denis de Rougemont a raison ; il y a du Zen, en fait, dans tous mes écrits, à commencer par cette « Morale de la
15eule force de l’Imagination. Et il poursuit : Le Zen nie le Dieu personnel, il ne le nie pas au nom du rationalisme, oh !
16 plus gnostique qu’orthodoxe… Ne tire-t-il pas le Zen de son côté ? Il ajoute d’ailleurs aussitôt qu’on ne saurait croire u
17enter après coup « comme un extravagant maître du Zen » ! Il n’a que faire d’une doctrine ou d’un système ; mais peut-être,
18n. Ce qui lui semble, en fin de compte, relier au Zen sa propre pensée physiognomonique, c’est que l’un et l’autre se souci
19mme existence, ce qui donne une parfaite question Zen, la question dernière, peut-être, pour les hommes auxquels la Langue
20que son vol solitaire a conquis. « Voilà qui est Zen, conclut Kassner, ou solution d’un problème Zen par le poète, par la
21t Zen, conclut Kassner, ou solution d’un problème Zen par le poète, par la langue, la langue vivante des images, non des co
22epts. » C’est ainsi, finalement, par le détour du Zen, que le Kassner des derniers temps de sa vie a pu relier son monde et
23mme Kassner avait sans doute pris connaissance du Zen par le précieux petit livre d’Herrigel sur L’Art chevaleresque du tir
24alogues et Paraboles dans ces paroles d’un maître Zen sur le tir à l’arc : [p. 70] Celui qui est capable de tirer avec l’é
25 danse sans danse, le tir à l’arc se fond dans le Zen. Mais voici le plus remarquable. Il semble que Kassner ne se soit pa
26 allemand qui est allé au Japon pour s’initier au Zen en s’entraînant au tir à l’arc. Vos flèches manquent de portée (fait
27as de citer tantôt Kassner, tantôt les maîtres du Zen, au risque de confondre leurs énigmes et leurs réponses non moins éni
28alement reconnu. J’ai dit que l’image d’un maître Zen m’était venue en écoutant parler Kassner. Et voici ce qu’il dit lui-m
29 parfois, cela touche le noir. De là mon « Tireur Zen », mon Zen… L’arc est toujours tendu. Et oui, bien sûr, pourquoi ne p
30ela touche le noir. De là mon « Tireur Zen », mon Zen… L’arc est toujours tendu. Et oui, bien sûr, pourquoi ne pas penser i
31 l’hiver dernier, venant de lire son essai sur le Zen et [p. 71] Rilke, je lui aurais posé des questions qu’il laisse à jam
32réponse. Je lui aurais dit sans doute : le but du Zen est de nous libérer du moi conscient, mais le sens dernier de votre œ
33éalité qui est liberté de la personne, à celle du Zen qui est négation du personnel ? Ou plutôt, saurez-vous nous faire voi
3 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 6. Rudolf Kassner et la grandeur humaine
34x néophytes les moines bouddhistes de la secte du Zen. Pourtant, le thème profond, omniprésent, de l’œuvre, c’est à l’inver
35t plus favorable au Livre de Job et aux proverbes Zen qu’à Lamartine ou même à Rilke, reconnaîtront dans les dialogues et l
36ais maintenant expliciter. Kassner, Rilke et le Zen Une amitié des plus complexes, pour ne pas dire ambivalente, a lié lo
37rtent. L’essai porte un titre curieux : Rilke, le Zen et moi 85 et il est curieusement décousu. À propos de l’influence q
38ctrine. Beaucoup plus tard, il entendit parler du Zen, qui n’est resté qu’un nom pour lui. Mais dans le recueil d’hommages
39ité), le rapprochement1 que je suggérais entre le Zen et sa propre pensée l’a frappé : Cela resta fixé dans ma mémoire, éc
40s, je fusse informé de l’existence d’une école du Zen dont les maîtres parviendraient à ceci : atteindre le but sans le voi
41 yeux fermés… Je pressentais maintenant ce que le Zen signifiait et dans quel rapport il pouvait être avec mon œuvre, qui c
42ela ne doit-il pas avoir le but en lui-même ?… Le Zen, le [p. 201] tir aveugle, est acte, mais cet acte est en outre notre
43time, et, le dirai-je, la pensée sans limite… Le Zen suppose la dissolution, l’éclatement de tout le conceptuel. Le point
44est en même temps le Tout… Que signifie encore le Zen, sinon l’élimination de la fortune, au sens antique, c’est-à-dire de
45 Sens. Si je m’en tiens à cette interprétation du Zen, Denis de Rougemont a raison ; il y a du Zen, en fait, dans tous mes
46n du Zen, Denis de Rougemont a raison ; il y a du Zen, en fait, dans tous mes écrits, à commencer par cette « Morale de la
47eule force de l’Imagination. Et il poursuit : Le Zen nie le Dieu personnel, il ne le nie pas au nom du rationalisme, oh !
48 plus gnostique qu’orthodoxe… Ne tire-t-il pas le Zen de son côté ? Il ajoute d’ailleurs aussitôt qu’on ne saurait croire u
49enter après coup « comme un extravagant maître du Zen » ! Il n’a que faire d’une doctrine ou d’un système ; mais peut-être,
50n. Ce qui lui semble, en fin de compte, relier au Zen sa propre pensée physiognomonique, c’est que l’un et l’autre se souci
51mme existence, ce qui donne une parfaite question Zen, la question dernière, peut-être, pour les hommes auxquels la Langue
52ce que son vol solitaire a conquis. Voilà qui est Zen, conclut Kassner, ou solution d’un problème Zen par le poète, par la
53t Zen, conclut Kassner, ou solution d’un problème Zen par le poète, par la langue, la langue vivante des images, non des co
54cepts. C’est ainsi, finalement, par le détour du Zen, que le Kassner des derniers temps de sa vie a pu relier son monde et
55mme Kassner avait sans doute pris connaissance du Zen par le fameux petit livre d’Herrigel sur L’Art chevaleresque du tir à
56alogues et Paraboles dans ces paroles d’un maître Zen sur le tir à l’arc : Celui qui est capable de tirer avec l’écaille d
57 danse sans danse, le tir à l’arc se fond dans le Zen. Mais voici le plus remarquable. Il semble que Kassner ne se soit pa
58 allemand qui est allé au Japon pour s’initier au Zen en s’entraînant au tir à l’arc. « Vos flèches manquent de portée (fai
59as de citer tantôt Kassner, tantôt les maîtres du Zen, au risque de confondre leurs énigmes et leurs réponses non moins éni
60alement reconnu. J’ai dit que l’image d’un maître Zen m’était venue en écoutant parler Kassner. Et voici ce qu’il dit lui-m
61 parfois, cela touche le noir. De là mon « Tireur Zen », mon Zen… L’arc est toujours tendu. Eh oui, bien sûr, pourquoi ne p
62ela touche le noir. De là mon « Tireur Zen », mon Zen… L’arc est toujours tendu. Eh oui, bien sûr, pourquoi ne pas penser i
63 l’hiver dernier, venant de lire son essai sur le Zen et Rilke, je lui aurais posé des questions qu’il laisse à jamais sans
64réponse. Je lui aurais dit sans doute : le but du Zen est de nous libérer du moi conscient, mais le sens dernier de votre œ
65éalité qui est liberté de la personne, à celle du Zen qui est négation du personnel ? Ou plutôt, saurez-vous nous faire voi
4 1961, Comme toi-même. Essais sur les mythes de l’amour. II. Deuxième partie — 7. La personne, l’ange et l’absolu ou Le dialogue Occident-Orient
66nt Un dialogue mal engagé L’Occident découvre le Zen au moment où les couvents Zen se vident au Japon. (Mais il y a beauco
67ccident découvre le Zen au moment où les couvents Zen se vident au Japon. (Mais il y a beaucoup plus de chrétiens japonais
68rfois spirituelle) du continent, un interprète du Zen fait écho : « La négation de l’Atman énoncée par les premiers bouddhi
69 n’y a rien de semblable à l’âme. 103  » Un texte Zen chinois surenchérit : « Y a-t-il un enseignement à donner au peuple ?
70rétiens cherchent l’extase. Quant aux bouddhistes zen, on dirait qu’ils s’en tiennent à la stase pure et simple : faire fac
71n ceci : « Ainsi que Bodhidharma (le fondateur du Zen) l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstr
72ue Bodhidharma (le fondateur du Zen) l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstruses telles que Di
73ons abstruses telles que Dieu, la Vérité ; ce que Zen demande au disciple, c’est de voir sa propre physionomie. » Ou, comme
74elle », dit Çantideva. Et Suzuki, qui enseigna le Zen à toutes les Amériques dégoûtées de l’Occident, et de plus en plus à
5 1961, La Nouvelle Revue française, articles (1931–1961). La personne, l’ange et l’absolu, ou le dialogue Occident-Orient (avril 1961)
75 Un dialogue mal engagé L’Occident découvre le Zen au moment où les couvents Zen se vident au Japon. (Mais il y a beauco
76ccident découvre le Zen au moment où les couvents Zen se vident au Japon. (Mais il y a beaucoup plus de chrétiens japonais
77rfois spirituelle) du continent, un interprète du Zen fait écho : « La négation de l’Atman énoncée par les premiers bouddhi
78l n’y a rien de semblable à l’âme. 70  » Un texte Zen chinois surenchérit : « Y a-t-il un enseignement à donner au peuple ?
79rétiens cherchent l’extase. Quant aux bouddhistes Zen, on dirait qu’ils s’en tiennent à la stase pure et simple : faire fac
80n ceci : « Ainsi que Bodhidharma (le fondateur du Zen) l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstr
81ue Bodhidharma (le fondateur du Zen) l’a déclaré, Zen ne se soucie pas de disserter sur des notions abstruses telles que Di
82ons abstruses telles que Dieu, la Vérité ; ce que Zen demande au disciple, c’est de voir sa propre Physionomie. » Or comme
83elle » dit Shantideva. Et Suzuki, qui enseigna le Zen à toutes les Amériques dégoûtées de l’Occident, et de plus en plus à
6 1968, Les Cahiers protestants, articles (1938–1968). Pour une morale de la vocation (1968)
84s tard, j’ai découvert que la secte bouddhiste du Zen fait grand usage du Tir et de la méditation sur cet art. Il s’agit du
85 sur cet art. Il s’agit du tir à l’arc. Le tireur zen doit arriver à s’identifier au but (à la cible), à avoir ce but en so
7 1970, Le Cheminement des esprits. III. Champs d’activité — III.10. Le Dialogue des cultures
86 l’Asie, les dialogues du Bouddha et les koans du Zen exemplifiaient un autre style, moins logique et moins contrôlé, plus
8 1973, Journal de Genève, articles (1926–1982). « Denis de Rougemont, l’amour et l’Europe » (3-4 mars 1973)
87grands auteurs d’Asie, comme Suzuki, le « pape du Zen » japonais, ou Raja Rao, le romancier hindou — répondre à ma place et
9 1977, L’Avenir est notre affaire. III. Repartir de l’Homme — 11. Les variétés de l’expérience communautaire
88e, couvents du Tibet, sanghas bouddhistes, écoles zen, confréries manichéennes et mandéennes, et dans notre ère européenne,